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( 14 septembre, 2021 )

Libre journal du lundi soir du 13 septembre 2021 : « Hommage à Dominique Paoli »

 

 


Michel Leblay, avec la participation d’Anne Collin et de Pierre-Alexandre Bouclay ainsi que l’assistance de Françoise, reçoit :

 

  • Thierry Delcourt, cadre dirigeant, patron du Libre journal des amitiés françaises
  • Laurent Artur du Plessis, géopolitologue, économiste, patron du Libre journal de la crise
  • Alain Lorans, prêtre, parton du Libre journal des traditions
  • Nicolas Stoquer, fondateur du Rassemblement pour la France, patron du Libre journal de la résistance française
  • Guillaume de Tanoüarn, prêtre, patron du Libre journal de chrétienté
  • Jean des Cars, historien
  • Salsa Bertin, journaliste, patron du Libre journal de la jeunesse
  • Vincent Meylan, rédacteur en chef de Point de Vue
  • Valérie d’Aubigny, critique littéraire jeunesse, patron du Libre journal de la transmission
  • Alain Sanders, journaliste, écrivain, éditeur, ex-patron du Libre journal de la résistance française
  • Hilaire de Crémiers, directeur de la Nouvelle revue universelle et conseiller éditorial de Politique magazine, suppléant pour le Libre journal de Jacques Trémolet de Villers
  • Philippe Conrad, historien, patron du Libre journal des historiens
  • Jean Sévillia, journaliste, historien
  • Patrick Simon, avocat, écrivain, patron d’Il était une fois…
  • Jean-Yves Le Gallou, journaliste, écrivain, président de Polémia
  • Carl Hubert, contributeur à Polémia, politologue

Thèmes : « Hommage à Dominique Paoli ; Chronique du grand large ; Chronique du courrier des auditeurs ; Rendez-vous politique de la réinformation »

Message de Pascale Maurer, patron du Libre journal des cultures et de l’exploration :

Je suis, comme nous tous, consternée et très triste de la disparition de Dominique Paoli. Je souhaite rendre hommage à son professionnalisme, à tout le temps qu’elle a consacré à la radio, à son souci de la moderniser comme le démontre la mise en place de la matinale. Sans oublier sa grande gentillesse et sa délicatesse. Chère Dominique, merci, vous allez beaucoup nous manquer.

Une Messe en hommage à Dominique Paoli sera dite par l’abbé Guillaume de Tanoüarn, lundi 20 septembre 2021 à 11 heures, en l’église Saint-Eugène Sainte-Cécile (4 rue du Conservatoire, 75009 Paris)

( 19 décembre, 2020 )

Les grandes manœuvres du clan du progrès

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

En ces temps de pandémie, la gouvernance publique est devenue folle, absurde, erratique, brownienne, ubuesque, irrationnelle et il serait lassant mais aisé de poursuivre. Cette gouvernance, toute incohérente qu’elle peut apparaître, a pourtant un cap et le suit tant bien que mal : une société transhumaniste où rien ne pourra s’interposer entre l’individu et les marchés et l’État, tant que ce dernier subsistera. L’abolition du corps intermédiaire qu’est la famille est une étape clef, comme un cap à doubler pour tracer sa route dans la course.

La France a signé la Convention internationale des droits de l’enfant en 1989 et doit répondre périodiquement aux questions de l’ONU sur l’application chez elle des dispositions de ce traité. Pour établir ces questions, l’ONU sollicite le monde associatif. Les associations du collectif Marchons enfants ! ont remis, en juillet dernier, une copie complète, fouillée, circonstanciée au comité ad hoc en charge de la synthèse. Celui-ci vient de publier son document. Hormis une question portant sur l’anonymat des fournisseurs de gamètes, toutes les violations probables du traité à commettre par la France dans le projet de révision de la loi de bioéthique sont passées à la trappe : exeunt les questions qui fâcheraient sur la PMA sans père et l’abolition de la filiation au profit de la fiction, la GPA, l’eugénisme des diagnostics préimplantatoires ou prénatals. Si l’ONU ne pose pas de questions gênantes, elle recevra des réponses dignes du bon docteur Pangloss : « Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ! » Les associations de Marchons enfants ! se sont indignées d’une telle autocensure et le font savoir. La gouvernance du « machin » laisse vraiment à désirer.

Dans un pays où le Parlement est censé contrôler l’exécutif, c’est le Président qui impose aux chambres législatives l’ordre du jour. Le programme de travail du Sénat vient de tomber : il devra examiner en seconde lecture le projet de révision de la loi de bioéthique à partir du 19 janvier 2021 en commission et du 2 février en séance. Ce projet de loi avait déjà fait l’objet d’une seconde lecture bâclée et antidémocratique au creux de l’été à l’Assemblée nationale. Est-il permis de s’interroger sur ce calendrier qui semble conçu pour éviter – entre et couvre-feu – de voir des cohortes de gens normaux braver le froid et une dévoyée (sur ordre, et pour réprimer au-delà de toute mesure ) ?

Une fois encore, ce pouvoir veut passer en force. Les circonstances compliquées que connaît le pays justifieraient que les priorités des parlementaires se réduisent, d’une part, à analyser et à voter les textes essentiels à la résolution des crises sanitaires, économiques, sociales et politiques qui accablent le pays et, d’autre part, à contrôler un exécutif doté de pouvoirs d’exception et dont certains des ministres pourraient, rappelons-le, être traduits devant la Cour de justice de la République pour leurs décisions irrationnelles.

Quelques esquisses, pour conclure.

Pour restaurer une gouvernance au service du bien commun, il faudrait au préalable constater que la Ve République est en soins palliatifs et qu’un tri est nécessaire dans les sujétions créées par les instances internationales et les traités.

Bien sûr, je suis complotiste de voir une collusion dans une convergence de cap « progressiste » qui n’est certainement qu’un simple hasard.

Attendons de savoir quelles seront les actions prévues par Marchons enfants ! pour s’opposer à cette loi et ce calendrier incompatibles avec l’état du pays.

Il y a aussi une bonne nouvelle : « La mère est une femme, le père est un homme » fait son entrée dans la Constitution hongroise, nonobstant l’ire de la bien-pensance universelle et patentée.

Rémy Mahoudeaux

( 20 juillet, 2020 )

Voici la seconde des cinq rubriques extraites de l’éditorial du n° 58 de la Nouvelle Revue Universelle, fondée par Jacques Bainville en 1920

 

 

 

2 – Les positions les plus contestées de Maurras ne doivent plus faire écran à ses découvertes majeures

Alors que le XIXe siècle – si « stupide » à tant d’égards ! – venait de s’achever sur de furieuses déchirures entre internationalisme exalté et nationalitarismes exacerbés, tous porteurs des barbaries tragiques qui exploseront au siècle suivant, Maurras, en quelques ouvrages majeurs – L’Avenir de l’intelligence, Enquête sur la monarchie, Kiel et Tanger… – a redonné définitivement à l’idée de nation sa dimension de mesure, par opposition à la démesure des empires – et son caractère protecteur : c’est là sa fonction la plus humaine, et la plus naturellement chrétienne, que plus tard, en 1937, il évoquera dès la première page de son grand texte sur la « politique naturelle ». Nous tenons à le souligner ici : il faut avoir lu, relu et médité ces textes, il y va de notre avenir.

Surgie aux premières années du XXe siècle, la pensée de Maurras surplombe de très haut les circonstances qui l’ont fait naître, pour devenir, à vue humaine, intemporelle. L’importance considérable de cette œuvre demeure pourtant largement occultée : souvent citée, mais généralement en toute méconnaissance de cause. Ce qui nous conduit, aujourd’hui, à deux ordres d’observations.

Il convient d’abord, que les positions prises par Maurras depuis l’Affaire Dreyfus, et surtout pendant la Deuxième Guerre mondiale – dont les motivations réelles sont extrêmement difficiles à apprécier avec justesse aujourd’hui – ne fassent plus écran à ses découvertes majeures, comme c’est encore trop souvent le cas. Il nous faut donc procéder, même si c’est une tâche ingrate et d’un intérêt de fond très relatif, à une élucidation complète de ces positions contestées, avec un sens très pointu du discernement.

Des ouvrages ou articles récents, ainsi que certaines interventions sur les réseaux sociaux, apportent des informations utiles, mais encore trop facilement assorties d’interprétations manquant notablement de jugement. Sur l’attitude de Maurras à cette époque, on ne peut exercer le regard critique qui s’impose qu’après avoir pris la peine de resituer dans leur contexte historique exact les faits établis.

Nous irons jusqu’au bout de cette démarche. Ce numéro de la NRU ne fait que les aborder brièvement, notamment dans l’entretien d’Alain Finkielkraut avec Michel De Jaeghere et Martin Motte, ainsi que dans le commentaire de Christian Tarente, sur un article donné à Causeur, le 16 décembre dernier, par Frédéric Rouvillois.

Cet article reprenait l’essentiel de l’ouvrage du germaniste Michel Grunewald sur l’Action française et le nazisme De ‘la France d’abord’ à ‘la France seule’ (P. G. de Roux, 2019), un précieux instrument de travail par le volume de documents qu’il exploite. Cependant les appréciations qu’il porte sont parfois contestables, on peut en voir les effets dans l’article de Causeur. Frédéric Rouvillois tient à prouver que Maurras, victime de son âge et figé dans ses idées fixes, aurait, malgré lui, collaboré de facto avec les Allemands. Les limites de l’argumentation étonnent de la part d’un esprit apprécié et respecté dont on connaît la puissance de travail et la subtilité de réflexion. À peine caricaturée, sa logique pourrait conduire à des absurdités, comme estimer que les gaullistes, en affaiblissant la position de Pétain dans son face à face avec Hitler, « collaboraient » de facto avec l’ennemi… Mais, en rejetant toute caricature, l’important pour nous est de comprendre à la fois ce que Maurras avait réellement en tête, et les effets constatables de ses écrits.

Le deuxième ordre d’observations – à nos yeux le plus important – touche directement à ce que nous avons appelé le nouvel âge du maurrassisme. Si les grands ouvrages de Maurras ont acquis un caractère intemporel, il n’en va pas de même du mouvement qu’il a créé et du corps de doctrine qu’il a élaboré. Appuyés sur les intuitions fondamentales du Martégal, ils ont vu leur forme évoluer avec le temps, ce qui était aussi souhaitable qu’inévitable. Deux figures, par la force de leur personnalité, ont donné une dimension exemplaire à ces évolutions : Pierre Boutang et Pierre Debray. À l’un comme à l’autre, la Nouvelle Revue universelle a consacré un numéro spécial (Boutang, le n°45 d’octobre 2016, Debray le n°56 d’avril 2019.) Au second, particulièrement méconnu, la revue a dédié toute l’année 2019, « année Pierre Debray » qui se conclut dans ce numéro avec la publication, d’un texte datant de 1984 : Maurras socialiste ? L’œuvre de Boutang comme la réflexion de Debray apportent la preuve que les grandes intuitions maurrassiennes se prêtent parfaitement à de nouvelles analyses, exprimées dans un langage adapté aux réalités nouvelles, ou replacées dans des perspectives auxquelles Maurras n’avait pu s’attacher… car on n’a qu’une vie !

De là le projet qu’a eu la Nouvelle Revue universelle, à l’initiative de Philippe Lallement, fondateur du Café Histoire de Toulon, de montrer que si la pensée de Maurras est toujours vivante aujourd’hui, c’est à la fois parce qu’elle a su renouveler ses modes d’expression, et parce qu’elle apporte une réponse originale et pénétrante aux désarrois du monde actuel. Ce nouvel âge du maurrassisme que nous vivons aujourd’hui prend différents visages.

CHRISTIAN FRANCHET D’ESPÈREY,

rédacteur en chef de la Nouvelle Revue Universelle

Prochaine rubrique  : 3- Maurrassisme « intra-muros » et maurrassisme « hors les murs »

( 15 juillet, 2020 )

La fin de l’hégémonie américaine

 

Lu sur « Politique Magazine »

 

De la conquête inspirée du monde au repli prudent, les États-Unis ont fini par douter de leur rôle historique. Mais aucune nation ne peut vivre isolée : d’autres impérialismes émergent et menacent le Nouveau Monde.

Depuis la création de leur pays par des protestants européens rigoristes, les Américains sont convaincus d’être missionnés pour une « destinée manifeste ». Dieu leur a donné un rôle particulier, celui d’être le nouvel Israël. L’Angleterre, entre autres, avait décidé de se débarrasser de ces encombrants illuminés et leur avait demandé, dès le XVIIe siècle, d’exercer ailleurs leurs talents messianiques. C’est ce qu’ils firent dès leur arrivée sur la nouvelle terre promise.

Si l’on veut comprendre l’histoire des États-Unis et leur volonté d’hégémonie, il ne faut jamais perdre de vue ce point de départ historique, toujours très présent dans la culture américaine. Sa conséquence a rapidement été théorisée, par George Washington et bien d’autres : un jour l’Amérique dominera le monde parce que c’est sa destinée. Et cette domination devra s’accompagner d’une conversion des dominés aux valeurs chrétiennes, démocratiques et économiques qui ont fondé la constitution américaine.

Toutes les interventions extérieures des États-Unis, y compris celles qui s’appuyaient sur les mensonges les plus éhontés et les objectifs les plus mercantiles, devaient donc se parer des vertus de la morale et de la volonté divine. Bien sûr, d’autres peuples, d’autres armées s’appuieront sur l’aide divine : du Dieu le veut des croisés de 1099 au Gott mit uns de l’armée allemande, nombreux sont ceux qui ont voulu mettre Dieu avec eux, avec plus ou moins de sincérité. Mais pas au point d’en faire une sorte de fil rouge permanent pour dominer le monde.

Après la guerre d’indépendance, le XIXe siècle américain sera une période de prudentes avancées. L’isolationnisme prétendu des États-Unis ne fut au contraire qu’une alternance de consolidation et de progression à pas mesurés et limitée au continent américain. La situation n’était pas mûre pour une conquête plus importante.

La première guerre mondiale fut une avancée significative, mais freinée ensuite par la crise de 29 et par des moyens militaires encore limités. Auparavant, des interventions ponctuelles à Cuba ou aux Philippines auront été des ballons d’essai réussis par le truchement énergique de Théodore Roosevelt. L’Espagne catholique, et détestée à ce titre, devait être chassée de Cuba parce que trop près des États-Unis, et des Philippines, carrefour commercial essentiel sur la route de l’Asie. Les Américains s’appuieront d’ailleurs sur les Hollandais, autres protestants convaincus, dans la conquête commerciale de cette région.

Le temps du triomphe

À l’aube de la Seconde Guerre mondiale, de Monroe à Theodore Roosevelt, l’ensemble du continent américain est à peu près passé sous contrôle, mais guère plus, hormis quelques avancées ponctuelles en Asie. C’est donc 1945 qui verra l’accomplissement de la vocation universelle du « modèle américain ». À cette date, les États-Unis dominent le monde de façon écrasante, militairement et économiquement.

Le partage de l’Europe à Yalta permettra une mainmise idéologique et économique à peu près totale de l’Europe occidentale. Mainmise d’autant plus acceptée qu’elle signifie une protection décisive face au risque réel d’une invasion soviétique. La compétition avec le bloc communiste permet de réduire le débat à deux modèles : le libéralisme américain ou le communisme. C’est donc sans difficulté que le mode de vie américain va s’imposer en Europe, puis en Asie et, plus modestement, en Afrique. Les années 60 verront pêle-mêle l’exportation de la libération sexuelle, du jean et du coca-cola, trois symboles qui recouvrent bien sûr une réalité beaucoup plus large.

Les pays latins, encouragés par Vatican II et son « ouverture au monde » adhéreront sans beaucoup de résistance religieuse à cette révolution culturelle, contrairement d’ailleurs aux États-Unis où le courant protestant évangélique résiste davantage. L’opposition à l’avortement est ainsi beaucoup plus forte en Amérique qu’en Europe, mais sans remise en cause du modèle américain.

De façon générale, c’est le temps de « l’hégémonie bienveillante » pour le dominant et heureuse pour les dominés.

Les premières fissures vont apparaître avec la guerre du Vietnam. L’échec militaire et surtout moral va entamer la confiance aveugle de l’Amérique en elle-même. Les jeunes ne veulent pas partir et ceux qui y sont se droguent, c’est un choc très violent pour tout le pays. Mais l’histoire est un temps long et il faudra plusieurs décennies pour en mesurer toutes les conséquences.

Car des succès viendront compenser l’humiliante entrée des chars communistes à Saïgon. La reprise des relations avec la Chine est un coup de maître de Nixon, qui inquiète beaucoup Moscou. Dans le même temps l’Union soviétique perd ses pions en Amérique latine, voit ses alliés arabes vaincus par Israël et c’est le président Carter qui organise la réconciliation israélo-égyptienne.

L’apothéose est à venir avec la « guerre des étoiles » lancée par Reagan et que l’Union Soviétique ne pourra pas suivre, car ne peut être surendetté qui veut ! C’est au tour du bloc communiste de ne plus croire en lui, et les errements stratégiques du pauvre Gorbatchev accéléreront le processus. Le Mur tombe, l’Union soviétique suit de près et l’empire éclate, discrètement aidé par les Américains qui encouragent toutes les nouvelles indépendances possibles. L’ours fait toujours peur en raison de sa position géostratégique privilégiée et il faut le dépecer au maximum.

L’Amérique triomphe et bénéficie d’une domination sans partage. Un mot, lancé par le politologue américain Francis Fukuyama, fera date : il annonce « la fin de l’Histoire », c’est-à-dire le triomphe définitif de la démocratie libérale. Aveuglement euphorique déconcertant : tant que l’homme existe, il ne peut y avoir de fin de l’Histoire ni de triomphe définitif, des siècles de conflits sont là pour en témoigner.

C’est au contraire le déclin qui commence, lentement mais sûrement. L’invasion de l’Irak en 2003 va accélérer le processus. L’Amérique a menti pour ce qui sera l’intervention de trop. Celle d’Afghanistan avait été acceptée dans la foulée du 11 septembre et al-Qaïda y avait le gros de ses troupes. Auparavant le Kosovo n’avait que peu intéressé l’opinion américaine.

Le temps des échecs

L’Irak c’est autre chose. Son invasion relève de la doctrine interventionniste des néo-conservateurs, très présents autour de George Bush. Pour convaincre, il fallait mentir et le geste pitoyable de Colin Powell brandissant à l’ONU une petite fiole sensée contenir de l’anthrax fera le tour du monde et l’Amérique sera humiliée. Cette invasion était d’autant plus absurde qu’elle a renversé un régime sunnite pour installer un régime chiite devenu allié de l’Iran, grand ennemi de l’Amérique.

L’opinion américaine a très mal réagi : non seulement des milliers de soldats sont mort en Irak, alors que ce devait être une promenade de santé, mais le mensonge d’État, connu du monde entier, a été ressenti comme une honte. On ne plaisante pas avec le mensonge au pays de la bible, surtout lorsqu’il est public. De nombreux hommes politiques ont vu leur carrière s’arrêter net car ils avaient menti sur leur vie privée ou leurs revenus.

Pourtant Bill Clinton ne changera rien. Très influencé par sa femme Hillary, belliciste convaincue, il poursuivra cette politique hégémonique et interventionniste. L’Amérique mettra ainsi un soin tout particulier, avec l’aide active des Européens, à dépecer la Yougoslavie. La domination serbe dans la région devait cesser, pour cause de proximité excessive avec la Russie. Et puis, la fragmentation sert l’hégémon (le chef militaire de l’hégémonie), vieille doctrine géopolitique toujours valable.

Dans le même temps, Clinton poursuit sa politique antirusse, le fameux containment. La Géorgie fait l’objet d’une attention toute particulière. La CIA y est très présente et les dollars abondent. Les régions russophones du pays, l’Abkhazie et l’Ossétie du sud sont l’enjeu de conflits successifs où Géorgiens, soutenus par des conseillers américains, et séparatistes, aidés par les Russes, l’emportent tour à tour. En 2008, après de nouveaux conflits, l’armée russe envoie 15 000 hommes et règle le problème, montrant ainsi qu’elle n’acceptera pas le basculement dans l’OTAN (c’était l’objectif) d’un nouvel État limitrophe. Cela s’est passé à la fin du deuxième mandat de George Bush.

Dans cette affaire géorgienne, Américains et Russes ont été quasiment face à face. Lors de l’offensive russe d’août 2008 qui dura huit jours, les Américains ont hésité. Dick Cheney, le vice-président néo-conservateur voulait bombarder le tunnel par lequel les chars russes passaient à la frontière. Les avis étaient partagés autour de Bush qui a tranché : c’est non. Les Russes ont donc gagné cette manche.

Nul doute que l’échec cuisant en Irak a pesé et Bush ne voulait pas partir sur une nouvelle guerre. De toutes façons, bombarder directement des Russes lui semblait inconcevable.

Le syndrome irakien pèsera aussi sur Obama. Pourtant, il donnera son feu vert à Sarkozy et Cameron pour la catastrophique intervention en Libye en 2011. Sa secrétaire d’État Hillary Clinton l’y a beaucoup poussé. Mais la mosaïque tribale libyenne avait totalement échappé à l’Amérique qui se retirera après l’assaut contre son ambassade à Benghazi et l’assassinat de son ambassadeur en 2012.

Instruit par tous ces échecs (hormis les Balkans où la création du Kosovo sera le couronnement de l’agression de l’OTAN), Obama ne veut plus d’intervention. Il refusera de suivre François Hollande dans son désir fou de renverser Bachar el-Assad en Syrie et se contentera d’expédier les affaires courantes en Irak et en Afghanistan. La dernière tentative de la CIA pour déstabiliser un État se soldera par un nouvel échec en Ukraine. Poutine profitera du chaos créé pour récupérer la Crimée. La CIA recevra ensuite l’ordre de ne plus fournir d’armes aux nationalistes ukrainiens ni aux islamistes syriens.

Donald Trump a parfaitement compris tout cela. Ce n’est pas un bobo de la côte est, et il sent l’opinion américaine. Il sait qu’elle est lasse de ces interventions coûteuses dans des pays dont elle ne connaît pas le nom. La désindustrialisation a fait des ravages, le fermier du Middle-West veut qu’on s’occupe de lui et la paupérisation croissante des « petits blancs » crée une attente. Ce sera « America first » et la victoire.

La fin de l’hégémonie, bienveillante ou non, est même assumée : trop de boys au loin, trop d’États déstabilisés avec des conséquences imprévues, trop de dollars dépensés pour rien, enfin. C’est à point nommé qu’un sénateur révélera le coût de l’intervention en Afghanistan : 1000 milliards de dollars ! Et tout cela pour donner bientôt le pays aux talibans… Même l’Iran peut détruire la moitié des installations pétrolières saoudiennes sans recevoir une pluie de bombes.

Parallèlement, Trump veut mettre fin au multilatéralisme : trop d’organisations internationales coûteuses et inutiles. Il se retire et inquiète ses alliés : l’hégémon ne veut plus être l’hégémon. Mais il y a une limite très précise : rester la plus grande puissance du monde, sans les contraintes d’être le gendarme du monde. Et là, un nouvel adversaire se dresse : la Chine. Elle non plus n’a pas vocation à envoyer ses troupes, pourtant repeintes à neuf, aux quatre coins du monde : uniquement près de chez elle, pour l’instant du moins. La concurrence va faire rage et l’avenir dira si elle devient affrontement.

Antoine de LACOSTE

La fin de l’hégémonie américaine dans actualités logo_pm_01

( 1 juillet, 2020 )

Est-il opportun de s’accrocher à un homme aussi décrié ?

 

Lu sur « actionfrancaise.net »

 

Voici le premier papier d’une série de cinq rubriques extraites de l’éditorial du n° 58 de la Nouvelle Revue Universelle, fondée par Jacques Bainville en 1920.

Cela fait près de soixante-dix ans que Maurras a disparu. En janvier 1945, la justice française, à laquelle il n’a jamais tenté de se soustraire – à aucun prix il n’aurait émigré, l’idée de l’exil l’horrifiait : plutôt mourir sur place ! –, l’a condamné, puis a rejeté tous ses recours. Son image reste lourdement entachée par cette condamnation pénale, parfaitement injuste et injustifiable sur le fond, mais prononcée dans des circonstances ambiguës qui permettent encore de la prétendre « explicable ».

Au-delà ou plutôt en-deçà de cette condamnation, l’image de Maurras est marquée par son « antisémitisme d’État » remontant à l’affaire Dreyfus. Elle l’est aussi par ses positions après l’invasion allemande de 1940 : convaincu que Pétain était le seul à pouvoir maintenir l’unité des Français face à la puissance occupante, et que cette unité était la condition sine qua non d’un véritable relèvement de la France, il a été hostile aux actes de résistance qui brisaient cette unité, ce qui a servi de prétexte à l’accusation d’avoir de facto collaboré avec l’ennemi. Et dans le contexte de l’occupation militaire du pays par les Allemands, son antisémitisme purement politique a été, contre toute vraisemblance, présenté comme complice de la Shoah. Il faut balayer tout cela si l’on veut aujourd’hui parler, en toute vérité et sans complaisance, de ce qui nous paraît critiquable dans l’antisémitisme de Maurras.

Mais d’abord une question qui n’a rien d’illégitime : même en supposant ces accusations sans fondement, est-il opportun, dans des conditions aussi défavorables, devant la constance, la convergence et la virulence de ces attaques, de continuer à se référer à lui ? Si nous sommes de ceux qui, à cette question, sans hésiter, répondent oui, ce n’est pas par attirance pathologique pour une cause perdue, ni par empathie pour la victime d’un déni de justice, pas non plus par intérêt pour un sujet de thèse universitaire, ni par inclination esthétique pour une figure d’un autre temps, et moins encore par entretien nostalgique du souvenir d’un cher disparu. Si nous estimons nécessaire de nous référer à ce Provençal destiné à devenir marin et dont seule la surdité a fait un Parisien, c’est parce que nous avons pris une claire conscience de l’importance des découvertes capitales que cet homme a effectuées et énoncées à l’orée du XXe siècle. S’opposant frontalement aux dogmes du siècle des Lumières et de la Révolution, il a, le premier, du moins avec cette hauteur de vue et cette puissance démonstrative, prouvé qu’il y avait une autre voie mieux à même d’assurer la prospérité de la France et le simple bonheur des Français. Et que, dans sa simplicité, son humilité même, cette voie revêtait une dimension universelle.

CHRISTIAN FRANCHET D’ESPÈREY,

rédacteur en chef de la Nouvelle Revue Universelle

( 19 juin, 2020 )

Maurrassiens et technocratie

 

Lu sur « actionfrancaise.net »

 

La technocrature, maladie sénile de la démocratie  : (14/15)

Nébuleuse maurrassienne et Technocratie

Si un mouvement politique à considéré la prise de pouvoir par la Technocratie «  normale  », c’est bien l’Action française. Depuis 1956, elle a été sensibilisée à la montée en puissance technocratique. C’était, a rappelé Christian Franchet d’Esperey dans une belle émission de Radio-courtoisie1, la grande idée de Pierre Debray lorsqu’il rendait compte dans Aspects de la France, des évolutions de la société industrielle. Par sa grande pédagogie, Il fit comprendre le «  phénomène technocratique  » à toute une génération d’étudiants monarchistes des camp CMRDS.

Pour Hilaire de Crémiers, Debray avait compris par Maurras que la technocratie n’était pas un pure produit de la société industrielle mais la complice nécessaire à l’idée et aux institutions républicaines dans beaucoup de pays, y compris en Union Soviétique. Une sorte de dénonciation avec quarante ans d’avance de ce que certains appellent la super-classe mondiale qui prétend diriger, car les «  technos  » pensent avoir le savoir du pouvoir et le pouvoir du savoir. Et maitre Trémolet de Villers de renchérir sur le phénomène du «  complot des éduqués  » qui cherchent où se placer pour trouver les places où coule l’argent publique, se cooptent en passant du public au privé, ne prennent pas le risque de se faire taxer de «  sale capitaliste  » mais profitent des résidences d’été, des voitures de fonction, des grands hôtels, des aéroports. A son tour Franchet d’Esperey rappelle que Debray fut le premier a mettre en évidence dans la Nomenklatura soviétique la rivalité entre les bureaucrates – disons l’élite politique – et les technocrates. En fait Debray avait été influencé par les analyses postmarxistes des revues Arguments et Socialisme et Barbarie. D’où son espérance de la montée d’une «  nouvelle classe ouvrière  » française pouvant faire revivre l’anarcho-syndicalisme avec lequel l’Action française des origines avait cherché la jonction. On ne trouvait ce langage nulle part ailleurs, d’autant qu’il était exprimé en totale fidélité maurrassienne.

Les boutangistes de l’hebdomadaire La Nation Française – ces maurrassiens séparés de la «  vieille maison  » – s’opposaient aussi au groupe social des technocrates mais sur d’autres bases. D’abord les influences des positions «  humanistes  » et anti-techniques de philosophes comme Heidegger et Gabriel Marcel. Ensuite la volonté de s’appuyer sur les «  poujadistes  », cette classe moyenne agressée par les développements de la société industrielle.

Les deux héritiers catholiques de Maurras ont montré une hostilité à l’égard de la société de consommation déracinante, massifiante et désacralisée. Leur opposition à la technocratie est différent de l’anti-synarchisle communiste et de celui des contre-révolutionnaires catholiques, même proche comme Louis Daménie. Depuis longtemps les maurrassiens s’attendent à une prise du pouvoir politique par les technocrates. Au point d’ailleurs qu’ils envisagèrent d’appuyer une stratégie royaliste sur ce groupe sociale.

Retournement et Technocratie

En 1980, les maurrassiens2 de la Nouvelle Action Française qui étaient entré en dissidence avec la ligne «  ralliée  » des Renouvinistes, avaient développé une réflexion stratégique novatrice sur la base du phénomène technocratique et celui de la «  société du spectacle  » dénoncée par Guy Debord.

Dans le n° 13 du laboratoire d’idées de La Revue Royaliste, le sociologue Michel Michel proposait «  un modèle  » stratégique basé sur une ligne politique différente de celle de Debray et des boutangistes, concernant la technocratie  : «  Une autre ligne est possible que nous inspire la pratique même des contre-révolutionnaires dans la situation créée dans le passé par la modification des élites du début de l’ère industrielle. Au début du XIX° siècle, le système de valeurs des contre-révolutionnaires semblait indissolublement lié à I ‘ancienne société féodale et s’appuyait sur I ‘aristocratie terrienne et les portions de la société qu’elle contrôlait. Pourtant, la pensée contre-révolutionnaire a su tout au long du XIX° siècle, conquérir des fractions importantes des «  nouvelles élites  », rechristianiser en partie une bourgeoisie voltairienne, etc…  De même, au début du XX° siècle, I’Action française a su présenter à des groupes non acquis (intellectuels, syndicalistes, «  producteurs  » de Valois, etc…) une synthèse leur permettant de s’accorder avec les groupes qui avaient conservé la sensibilité de l’ancienne France. Pourquoi donc ne pas rechercher à convertir une fraction des élites nouvelles de la technocratie, non à la sensibilité de la bourgeoisie conservatrice ni même à celle héritée de Ia société féodale, mais à ce que notre système d’analyse et de valeurs a de permanent ? » En d’autres termes Michel proposait d’infiltrer la Technocratie afin de retourner ses meilleurs éléments au profit de la restauration monarchique.

Appelons désignons la voie technocratique proposée par Michel, comme un modèle stratégique de type «  retournement  », cette tactique si chère au spécialiste du renseignement Vladimir Volkoff, ancien étudiant maurrassien rédacteur à Amitié Française Université. Le retournement appartient bien à la «  boite à outils  » maurrassienne. Le doctrinaire du néo-royalisme la revendiquait dès 1909  : «  Lorsque j’étais enfant, explique Maurras, le plus beau des faits d’armes, celui qui unissait la bravoure à l’utilité, me semblait devoir être d’accourir à toute bride sur la batterie ennemie, de hacher à leur poste les servants et les canonniers, puis, au lieu d’enclouer vainement les pièces conquises, de les retourner aussitôt pour leur faire jeter le désordre et la mort dans les lignes de l’adversaires.3  » Rêverie d’enfant que Maurras mettra en application pour retourner la jeune Action française alors républicaine – cette élite en fusion d’après l’historien Jean-Pierre Deschodt – au service du roi. Rêverie d’enfant qui deviendra modèle stratégique dans son texte trop méconnue Mademoiselle Monk4. Modèle stratégique que le maurrassien Patrick Buisson déploya auprès de Nicolas Sarkozi, au point de lui permettre d’acceder à la Présidence de la République en 2005. Car une stratégie n’a de valeur que déployée.

Débat de stratégie royaliste

Un débat s’instaura entre le maitre et l’élève, entre Pierre Debray et Michel sur le bienfondé du modèle proposé. Pour ce dernier «  De même qu’il y a aujourd’hui des enseignants contre l’école, des curés contre I ‘Eglise et des magistrats contre I ‘appareil judiciaire, on doit s’attendre à ce que les plus exigeants des technocrates ne soient plus des instruments dociles de la «  raison d’Etat  » technocratique. Pourquoi ne pas envisager d’être les promoteurs dans ce milieu d’une «  nouvelle synthèse  » et d’y organiser l’équivalent de ce que te syndicat de la magistrature a été pour le milieu judiciaire ? A I’ancienne synthèse, aujourd’hui en décomposition, fondée sur la dialectique entre une intelligentsia progressiste (eschatologie du progrès et de la «  libération de I’Homme  ») et une technocratie de la rationalité abstraite (mal) régulée par I’opinion publique€, nous proposons de substituer une nouvelle synthèse fondée sur une intelligentsia anti-progressiste (néo-traditionnaliste,… ) et une technocratie enracinée (service public des communautés concrètes), plus tard (peut-être) régulée par un pouvoir politique indépendant.  »

Pour sa part, dans Je Suis Français, Debray argumenta contre l’hypothèse du retournement technocratique  : «  En 1956 quand j’ai commencé à étudier le phénomène, je l’ai abordé sous un angle purement sociologique et non pas historique. A L’époque je parlais de bureau-technocratie. Ce qui prêtait à malentendu. Ainsi La Revue Royaliste semble s’imaginer que je refusais le progrès technique, que je versais dans le poujadisme et que je suivais trop servilement certaines analyses des «  gauchistes  » de Socialisme et Barbarie… Il est vrai que ce sont des marxistes dissidents qui ont été les premiers à nous alerter sur la véritable nature de la société soviétique et sur les transformations d’un capitalisme détaché du capital. Mais il fallait reprendre ces analyses, exactes au niveau des faits, en fonction de l’empirisme organisateur.  » Ce qu’il fit. Partant du constat de physique sociale de la création d’une Nomemklatura par le «  citoyen-général Bonaparte  », il contesta le modèle stratégique proposé par Michel.

Ce débat fut interrompu par l’élection de François Mitterrand à la présidence de la république. Il n’en reste pas moins vrai que le dossier de retournement technocratique proposé par Michel Michel reste un modèle du genre digne de celui de la «  Stratégie nationaliste  » proposé en 1962 par Pierre Debray et qui lui aussi ne fut pas déployé.

C’est donc par l’intérêt constant qu’elle porte au phénomène technocratique et à sa prise de pouvoir politique, jusqu’à y voir prospectivement un potentiel stratégique, que l’Action française à jugé à minima «  normale  » la prise du pouvoir politique par Macron en 2017. Nous verrons qu’elle va même au-delà.

Germain Philippe ( à suivre)

1 «  Centenaire de la Revue Universelle fondée par Jacques Bainville en 1920  », Libre journal de Jacques Trémolet de Villers , émission du 28 mai 2020, Radio-Courtoisie, avec Jacques Trémolet de Villers, Hilaire de Crémiers, Christian Franchet d’Esperey.
2 Olivier Dard, «  « Des maorassiens aux maoccidents : réflexions sur un label et sa pertinence en lisant un essai récent », in Bernard Lachaise, Gilles Richard et Jean Garrigues (dir), Les territoires du politique. Hommages à Sylvie Guillaume, Presses universitaires de Rennes, 2012, pp. 167-176.
3 Charles Maurras, Préface de 1909 à Enquête sur la Monarchie, Les éditions du porte-glaive, 1986, p.5.
4 Le texte de Maurras est paru en 1902 dans la Gazette de France avant d’être repris en 1905 dans L’Avenir de l’intelligence sous le titre Mademoiselle Monk.

 

( 16 juin, 2020 )

‘‘PRESSE ET LIBRAIRIE

 

 

 

RECONQUETE 70 boulevard Saint Germain, 75005, Paris – Bimestriel. Abonnement : 50 €, 5,5 € le numéro.

 

C’est une revue de très bonne qualité éditée par le Centre Henri et André Charlier et Chétienté-Solidarité. Elle est dirigée par Bernard Antony. Dans ce numéro 366 (Mars-Avril 2020), nous trouvons entre autres un dossier sur Erdogan, le président actuel de la Turquie, un autre sur l’idéologie dite « Chrislam » et sur le marxisme toujours vivant, toujours malfaisant. Bien entendu, vous trouverez les chroniques habituelles concernant la culture de mort et la liste des récentes persécutions contre les Chrétiens…

Je vous engage à vous procurer ce numéro.

 

PRESENT Hors Série –– Si MINUTE m’était conté – 5 rue d’Amboise, 75002, Paris. www.present.fr, 5 €

 

Minute fut un grand hebdomadaire qui participa à tous les combats pour la France depuis sa création, le 6 avril 1962. 2.959 numéros sont parus. Il a cessé de paraître. Nous n’étions pas toujours d’accord avec lui, mais c’est toujours un malheur de voir disparaître un hebdomadaire de cette qualité. Le quotidien « Présent » a eu la bonne idée de lui consacrer un « hors série » rappelant l’histoire de ce journal, de sa création par Jean-François Devay à sa disparition. Il y est rappelé un grand nombre de journalistes qui ont participé à sa rédaction comme ADG, Roland Gaucher, Jean-Pierre Cohen, Pierre-Jean Vaillard, Patrick Buisson, Jean Boizeau, Jean Bourdier, Serge de Beketch, François Brigneau bien sur (on trouveras un grand texte de lui)… et les dessinateurs Konk, Pinatel, Miège, Aramis…. Toute une époque ! Il faut savoir que Minute se vendait, à sa plus belle époque, à 250.000 exemplaires.

Ce « Présent hors série » en un numéro « collector »,  à se procurer au plus vite.

 

BANDERILLES, POUR OUVRIR LES YEUX – Aphorismes et arrêts sur image – de Louis POZZO DI BORGO – Editions Godefroy de Bouillon,  242 pages – 25 €. En vente aux Editions (119 rue Lecourbe, 75015, Paris – godefroydebouillon.fr)

119 rue Lecourbe 75015 Paris

Voici encore un très beau livre de notre ami Louis Pozzo di Borgo. C’est un militant royaliste qui a toujours combattu pour « Dieu et le Roi » aussi bien dans cette province française d’Algérie, d’Oran plus précisément,  où il est né et vécu  jusqu’au jour où un pouvoir républicain séditieux la livra à des tortionnaires révolutionnaires islamistes. Il a gardé une grande nostalgie de sa terre natale. Il fut aussi le proche collaborateur du prince Henri, comte de Clermont puis comte de Paris, duc de France. Il fut, et reste toujours, un fidèle combattant de la cause française et donc royale. Dans ce livre, il nous livre un grand nombre d’aphorismes « qui sont plus que des formules de sagesse universelle, l’expression condensée de ses nombreuses expériences et de ses réflexions profondes » comme l’écrit très bien Hilaire de Crémiers dans Politique Magazine. Elles sont regroupées en 5 chapitres : La Famille, l’Histoire, la Politique, la Religion et la Société.

D’une lecture facile et agréable, pleine d’enseignements, voici un livre que vous devez lire et garder dans votre bibliothèque.

 

QUELLE ECOLOGIE POUR DEMAIN ?  – de Enzo SANDRE et Francis Venciton -  Editions de Flore, 162 pages – 210 €.  En vente aux éditions : 10 rue Croix des Petits Champs, 75001, Paris. editions@cercledeflore.fr

 

Livre de réflexions sur l’écologie des deux auteurs avec la participation d’autres personnalités. Il est préfacé par Jacques de Guillebon. L’écologie est un thème à la mode utilisée par de nombreux politiciens pour « gagner des suffrages » mais sans grand sérieux. Aussi, ce livre est utile pour faire le point. Utilisant la méthode de l’empirisme organisateur cher à Charles Maurras, les auteurs analysent l’histoire, les faits, les situations et proposent des solutions pour notre pays qui sont souvent peu compatibles avec la démagogie républicaine. Ce livre est à lire, à étudier et les auteurs attendent vos critiques, vos propositions, pour continuer à perfectionner nos analyses sur ce thème important qu’est l’écologie qui conditionne en grande partie notre avenir à tous.

 

PHILIPPE D’ORLEANS, comte de Paris – de Thibault GANDOULY -  Editions Via Romana -  386 pages – 24 €

 

Voici un très beau livre préfacé par le prince Jean de France, l’actuel comte de Paris. Thibault Gandouly nous retrace toute la vie de ce prince, de sa naissance en 1838 à son décès en 1894. Il est le petit fils du roi Louis-Philippe et s’il vécut une partie de sa vie en France, il connut l’exil sous la deuxième république, l’empire et la troisième lorsque celle-ci décida d’interdire le territoire français aux princes pouvant régner (lui et le Bonaparte). Après le décès du comte de Chambord, Henri V, et l’extinction de la branche ainée française des Bourbons, il eut la lourde tâche, avec l’accord du comte de Chambord, de prendre sa suite comme Chef de la Maison de France. Il aurait du régner sous nom de Philippe VII. Il s’acquitta fort bien de son rôle même si l’on peut contester sa stratégie électorale après coup mais il est toujours facile de « refaire l’histoire » ! Ce livre nous fait connaître un prince souvent méconnu qui aima passionnément la France et les Français, et qui aurait fait un très bon Roi et éviter à notre pays les tragédies que la république nous amena.

Lisez ce livre passionnant.

 

QUAND LA FRANCE ETAIT LA PREMIERE PUISSANCE DU MONDE  – de Raphaël CHAUVANCY -  VA Editions -  164 pages – 20 €

 

Voici un livre très intéressant qui démontre, contrairement à ce qui nous est enseigné par l’histoire « officielle », que la France, à la veille de la révolution dite française est la première puissance du monde. Elle l’est sur le plan militaire sur terre avec une armée puissante, bien équipée et bien commandée, et sur mer où elle vient de vaincre la puissante « Royal Navy ». Sa diplomatie est active, fort bien menée, neutralise l’Europe grâce à un savant jeu de bascule et d’influence. Le commerce est prospère, la flotte marchande française est présente partout. L’agriculture est florissante, la première d’Europe et son industrie rivalise avec celle de l’Angleterre dans tous les domaines et se développe rapidement (A titre d’exemple, la France produit en 1788 « de 130 à 140.000 tonnes de fonte et 90 à 100.000 tonnes de fer alors que la Grande Bretagne ne produit que 63.000 tonnes de fonte »). Par ailleurs, la France domine le monde intellectuel : le monde « parle français ». Il n’est pas étonnant que les anglais vont tout faire pour « aider voir provoquer » la révolution comme le démontre très bien Pierre Gaxotte : il fallait éliminer une puissance dangereuse pour elle. Elle y réussira car la France va s’écrouler avec la révolution suivie de Napoléon.

C’est pour cela qu’il faut acquérir et diffuser ce livre bien que certains jugements de l’auteur portant en particulier sur des personnes puissent parfois être un peu contestés.

 

PROJET DE SOCIETE – de Frédéric WINKLER -  Edité par le Groupe d’Action Royaliste – 400 pages – 22 € – actionroyaliste.fr

 

Ce livre a été écrit par Frédéric Winkler avec les participations de P.P. Blancher, François-Philippe P. et Jean-Philippe Chauvin qui a rédigé la préface. Il s’agit d’un projet complet d’une « nouvelle société ». Il est d’abord fait le constat de la faillite d’un régime républicain dans tous les domaines. Il établit par la force un faux « ordre », supprimant toutes les libertés réelles, locales, sociales professionnelles… faisant « sortir de l’histoire » notre France, produisant un art débile, un urbanisme massifiant, inhumain… Bilan accablant pour nos républiques et ses politiciens. L’auteur s’attache ensuite à montrer comment nous pouvons restaurer notre pays, lui rendre sa puissance et ses libertés au peuple français. Des propositions concrètes sont faites, des projets envisagés mais cela n’est possible qu’avec un Roi, raison pour laquelle il faut se prendre en main et militer pour que la France royale voie le jour. Un livre passionnant qui ne peut que redonner espoir à tous les Français. Bien sur, nous pouvons contester certaines propositions, comme celles sur le nucléaire, mais il s’agit d’envisager notre avenir dans une France libre pour des Français libres.

A lire et à diffuser.

 

CHARLES MAURRAS  – de Jean-Baptiste GEFFROY -  Editions de Chiré – 64 pages – 7,50 €. Editons de Chiré, BP 70001, 86190, Chiré en Montreuil – www.chire.fr

 

Ce livre est sous-titré : De la République au Roi. Un apologiste de la Monarchie. L’auteur est un professeur émérite de la Faculté de droit de l’Université de Poitiers. Il est un collaborateur régulier des revues Lecture et Tradition et Lectures Françaises. Il démontre dans ce livre l’influence importante et la force de conviction de Charles Maurras. Il utilise pour cela les relations et les échanges qu’il eut avec l’écrivain académicien de grand talent que fut Jules Lemaître. Ce républicain convaincu, de 15 ans l’aîné de Maurras et qui devient un de ses amis, se laissa finalement convaincre et conclut à la nécessité de la monarchie. C’est avec cette force de conviction que Maurras sut convaincre énormément de personnes, qu’elles soient catholiques, protestantes, juives, incroyantes, républicaines, …

Un livre intéressant par son approche.

 

BLANQUER n’est pas celui que vous croyez  – de Claude MEUNIER-BERTHELOT -  Editions du Verbe Haut, BP 57, 54210, Saint Nicolas de Port – 15 €

 

Madame Claude Meunier-Berthelot est juriste de formation, diplômée de l’Université de Panthéon-Assas. Elle a fait toute sa carrière dans l’Education Nationale. Elle nous livre là son avis sur l’action du ministre Jean-Michel Blanquer que beaucoup considèrent comme un personnage de qualité, rompant avec le laxisme de ses prédécesseurs. Elle montre qu’il n’en est rien : ce ministre poursuit la politique désastreuse de ses prédécesseurs qui est de mettre en action petit à petit – depuis la fin des années 40 – le fameux plan communiste dit « Langevin-Wallon ». Ainsi, il poursuit la « primarisation » du collège, ne fait pas les réformes pouvant remettre à niveau l’enseignement de base des enfants en primaire, au contraire. Elle s’appuie sur les documents du ministère pour sa démonstration qui est probante.  Elle montre aussi qu’il veut imposer – comme les autres – la propagande républicaine, l’histoire anti française,  mais aussi le laïcisme le plus sectaire, très anti catholique en facilitant  la propagande LGBT, sur l’avortement… Toute cette partie est bien démontrée. Là où elle est moins convaincante, c’est lorsqu’elle critique l’accent mis sur l’enseignement dans les banlieues difficiles : elle dit que Blanquer veut y réaliser un « enseignement d’excellence », ce qui n’est pas le cas car il ne sera pas meilleur qu’ailleurs même s’il y a des classes avec moins d’effectif, ce qui n’est pas critiquable en soi. Là où elle est mauvaise, c’est lorsqu’elle critique les écoles « Espérance banlieues » qui vont, dit-elle, dans le sens de Blanquer. Or, ces écoles font un excellent travail et font ce que devraient faire l’éducation nationale : non seulement donner un enseignement de qualité mais aussi faire aimer la France à tous ces petits et cela contrairement à l’enseignement public. C’est comme cela que l’on peut espérer intégrer ces enfants dans notre nation.

 

LE FILS D’UN ROI  – film de Cheyenne-Marie CARON -  Edité par Hésiode – à commander à www.cheyennecarron.com 28 €  port compris

 

Cheyenne-Marie Caron est une cinéaste de grand talent qui est une des rares – sinon la seule -  à écrire l’intégralité de ses films, sans l’aide d’un scénariste. Nous lui devons déjà de très beaux films comme L’Apôtre (2014), Patrie (2015), Jeunesse aux cœurs ardents (2017)… Voici qu’elle nous en livre un nouveau qu’il faut voir : Le Fils d’un Roi. Il s’agit de l’histoire d’un fils d’ouvriers, Kevin. Il a 17 ans et il suit des cours dans un lycée de banlieue. Son meilleur ami, un marocain, lui parle des bienfaits de la monarchie dans son pays. Il en parle aussi en classe devant un professeur d’histoire très républicain. Peut-être par provocation, comme la révolution est au programme, ils proposent ensemble de faire un exposé. Dans leurs recherches, ils s’aperçoivent que les Français bénéficiaient sous la monarchie de beaucoup de libertés que la révolution a supprimées : possibilités de s’associer, de défendre leurs intérêts, qu’ils avaient beaucoup de jours de congé en plus des dimanches etc. Toutes choses que la révolution supprima ce qui entraîna la création du « prolétariat » exploité par les tenants du libéralisme. Il faut voir comment leur exposé fut très mal reçu et même écourté par un enseignant « catastrophé » au point d’en parler avec ses collègues… Il y a là une très bonne description de notre monde enseignant qui en arrive à croire la « propagande » qu’il diffuse mais… pas tous !

Mais de divulguons pas tous ce film qu’il faut vous procurer pour le visionner et le faire visionner à vos amis.

 

Jean NEDISCHER

 

Lectures actuelles

 

La plupart des lecteurs de la Lorraine Royaliste connaissent, bien sûr, la Diffusion de la Pensée Française, leur excellent catalogue de bons livres par eux diffusés et la revue Lectures Françaises (demandez leur catalogue : DPF 86190 Chiré en Montreuil).

Moins connu est l’AFC (Action Familiale et Scolaire) qui présente dans sa revue trimestrielle les thèmes particulièrement marquants d’une actualité qui restera marquée dans le temps. Le récent numéro est particulièrement intéressant (n°268). Les thèmes retenus sont essentiels : L’enterrement de Jacques Chirac : un scandale canonique ; l’Etat contre l’école à la maison ; 70 ans de combats pour la famille et l’école ; considérations sur le Service national… Et même une excellente étude sur les caractères humains et les tempéraments par l’excellent abbé John Brucciani … (commandez cet intéressant numéro à A.F.C. -BP 80833-75828 Paris cedex17. Envoi contre la somme de 15 euros).

La Nouvelle Revue Lorraine (n°57) (1) évoque, parmi la variété de ses articles, la lecture pour les temps de confinement… 

Jean-Marie Cuny

(1) 10,50 € le numéro. Abonnement (4 n°) : 38 €. S

( 10 juin, 2020 )

L’OBSERVATEUR

 

 

 

Abandon officiel des quartiers « sensibles » par l’Etat

 « Ce n’est pas une priorité que de faire respecter dans certains quartiers les fermetures de commerces et de faire cesser les rassemblements ». C’est Laurent Nuñez, secrétaire d’État à l’Intérieur qui le dit à propos des confinements non respectés dans certains quartiers de banlieues « difficiles ». Nous le disions depuis longtemps, nous avons maintenant la preuve que l’Etat n’a plus les moyens de faire respecter l’ordre dans certains quartiers. Ils sont aux mains des « dealers » et des islamistes, souvent alliés contre les représentants de l’Etat. C’est très grave et augure mal de l’avenir de notre pays car ces « zones sensibles » vont s’agrandir et se multiplier de plus en plus avec l’immigration qui s’accroit de jour en jour.

 

L’enfumage macronien

 Macron veut promouvoir la «souveraineté nationale et européenne». Or, il faut choisir : soit la souveraineté nationale qui signifie que la France retrouve sa souveraineté face au monde et d’abord, surtout, face à l’Union Européenne, soit elle reste aux ordres de la bureaucratie bruxelloise.

 

LA BANQUE CENTRALE EUROPEENNE N’EST PAS UN « PROGRES »

 La propagande européiste repart de plus belle. Aujourd’hui, un de leurs arguments est : s’il n’y avait pas la BCE, toute l’Europe serait en faillite, du moins celle qui a l’Euro pour monnaie. Ce n’est donc pas, déjà, toute l’Europe. En plus, la BCE n’a fait que reprendre le rôle des Banques centrales de chaque Etat en finançant les prêts de chaque pays et aidant des entreprises. Or, si la Banque de France émettait toujours des Francs, elle pourrait le faire. Qui plus est, la BCE prête à des banques qui prêtent aux pays. Il faudrait en finir avec cet intermédiaire, la banque de France restaurée et contrôlée par l’Etat lui prêterait directement comme cela se faisait avant la loi que Giscard a fait voter pour favoriser les banques lorsqu’il était ministre des finances. Alors, la France pourrait retrouver des marges de manœuvre sans dépendre de l’étranger. Non, la BCE n’est pas un « progrès », au contraire !

Et l’hypothèse émise de « corona bonds » est à rejeter car  elle soumettrait très rapidement toute notre économie, toute notre politique, à une direction internationale. C’est sans doute pourquoi Macron est pour !

 

 

TRAHISON « EUROPEISTE »

 Alors que nous voyons tous très pratiquement les résultats catastrophiques du libéralisme mondial, nous apprenons que les « dictateurs technocrates » de l’Union Européenne, après avoir engagé les négociations d’adhésion de la Macédoine du Nord et de l’Albanie, vient de conclure un nouvel accord de libre échange avec le Mexique. Nous « marchons sur la tête ». Il est vraiment temps de reprendre notre indépendance !

 

Lu dans LA NOUVELLE REVUE UNIVERSELLE

 « Les hommes ne seront vraiment libres et la République ne sera vraiment fondée sur la terre qu’à partir du moment où chacun aura le droit de choisir ses parents »

Jacques BAINVILLE

 

 

24 Avril

 Ce 24 avril, nous avons commémoré le 105° anniversaire du premier génocide du XX° siècle, le génocide arménien. Le quotidien sur la « toile » Breitz info rappelle à juste titre qu’un chercheur allemand avait découvert dans les archives du Vatican des documents montrant que « le massacre des chrétiens arméniens de Turquie ne serait pas d’origine religieuse, mais serait le fait de Turcs inspirés par les idéaux de la Révolution française ». Ils furent « formés », endoctrinés, si l’on peut dire, dans les universités françaises, à Paris. Cela n’est pas étonnant et ce ne serait pas les seuls : souvenons-nous des révolutionnaires russes (Lénine voulait, s’inspirant du génocide vendéen, des « colonnes infernales » partout en Russie. Les assassins vietnamiens, cambodgiens… furent formés à Paris ! Les nazis aussi se référés aux révolutionnaires français et n’oublions pas ce que disait fort justement le philosophe israélien Israël Eldat : « La dernière pierre que l’on arracha à la Bastille servit de première pierre aux chambres à gaz d’Auschwitz ». Tout un symbole du méfait de notre « révolution »

 

CITATION A RETENIR

 « Partout où il y a des patries, c’est-à-dire des groupes historiques ayant conscience de leur continuité et de leur unité, toute atteinte à la liberté et l’intégrité de ces patries est un attentat contre la civilisation, une rechute en barbarie. »

Jean Jaurès

 

LA VIE HUMAINE COMMENCE A LA CONCEPTION

 « Car maintenant, nous savons la vérité, grâce aux progrès de la génétique fondamentale, qui vient de l’établir scientifiquement d’une manière définitive et irréfutable : le #fœtus humain est depuis l’instant de sa conception un être pleinement humain. » Cardinal Robert Sarah.

Ajoutons que Véronique Lévy demande au Pape François de définir dogmatiquement que la vie humaine commence à la conception.

 

16 Mai, Jean-Philippe CHAUVIN écrit :

Il y a cent ans, le 16 mai 1920, Jeanne d’Arc était canonisée par le pape Benoît XV.
Léon Daudet écrit, dans « Vers le Roi » :

« Il n’y a rien, ici-bas, depuis le Sacrifice de la Passion, de plus beau, de plus pur, de plus miraculeux que l’histoire de Jeanne d’Arc, qui semble une suite des Evangiles, où le divin palpite dans l’Humain. Cette histoire est (…) un principe de salut, une étoile au-dessus de la Patrie. »
Et le pape Benoît XV avait déclaré en 1919 : « Nous trouvons si juste que le souvenir de Jeanne d’Arc enflamme l’amour des Français pour leur patrie, que nous regrettons de n’être français que par le cœur ».

( 8 mai, 2020 )

L’Action Française face à la question sociale. Partie 1 : La condamnation du libéralisme.

 

Lu sur le blog de Jean-Philippe Chauvin

 

L’histoire du royalisme, souvent ignorée par les monarchistes eux-mêmes alors qu’ils devraient être hommes de mémoire, est pleine de malentendus, de bruits et de fureurs, mais elle est aussi passionnante et beaucoup plus riche qu’on pourrait le croire au regard des manuels d’histoire ou des articles de presse, souvent ricaneurs ou polémiques, qui lui consacrent quelques pages. Depuis quelques années, de nombreux colloques ont étudié l’Action française, accompagnés de publications universitaires ou érudites fort intéressantes, mais il reste encore de nombreux chantiers historiques à explorer sur cette école de pensée qui fut aussi (et surtout ?) une presse et un mouvement inscrits dans leur temps, avec toutes les pesanteurs de celui-ci et les risques d’incompréhension. Ces études, d’ailleurs, liées sans doute à l’esprit et aux inquiétudes de notre époque, pourraient être utilement complétées par celles sur les stratégies des princes de la Famille de France et sur les « royalismes provinciaux », parfois moins doctrinaires sans en être moins intéressants. A quand de grandes thèses sur les parlementaires royalistes d’avant 1940 ou sur la presse royaliste « hors-AF », comme La Gazette de France, dans laquelle écrivirent Maurras et Daudet, ou Le Soleil, fort peu maurrassienne ? La revue Lys Rouge, publiée il y a quelques années par la Nouvelle Action Royaliste, a ouvert quelques pistes de recherche qui mériteraient de ne pas être refermées avant d’avoir été complètement explorées…

 

J’ai été amené il y a peu à m’intéresser à nouveau au sujet de l’Action française et la question sociale, fort bien traité par Bertrand Renouvin pour l’AF d’avant 1944 et abordé par Zeev Sternhell mais aussi par François Huguenin en quelques pages lumineuses, qu’il faudrait toutes citer. C’est un sujet passionnant, et qui aborde un pan de l’histoire politique et sociale de notre pays trop souvent négligé ou phagocyté par une certaine Gauche persuadée d’être la seule légitime à parler des ouvriers ou des salariés, à tel point que nombre de penseurs ou d’électeurs de Droite considèrent toute évocation du « social » comme une revendication gauchiste ou communiste…

 

Contrairement à une idée reçue, l’Action Française n’a pas méconnu la question sociale, mais elle l’inscrit dans sa critique globale du libéralisme, et Maurras se réfère à Frédéric Le Play et, plus encore peut-être, au marquis de La Tour du Pin, véritable théoricien du corporatisme et de la décentralisation, en déclarant « Ce n’est pas La Tour du Pin qui est d’Action française mais l’Action française qui est de La Tour du Pin ». Au cours de l’histoire du mouvement royaliste, d’autres apports, au-delà des trois précédents cités, viendront enrichir la doctrine sociale de l’AF et, non pas seulement l’actualiser, mais bien plutôt la préciser et la contextualiser, comme le fera un temps Georges Valois, mais aussi Nel Ariès ou Firmin Bacconnier après lui, et Pierre Debray plus près de nous. Mais, pour l’AF, la question sociale n’est pas dissociable de la question politique, encore plus que du domaine économique.

 

La question sociale ne naît pas exactement au XIXe siècle mais bien plutôt dès les années de la Révolution française, voire même dès le milieu du XVIIIe siècle quand Louis XV accepte (avant de se raviser quelques années plus tard) la libéralisation du commerce des grains (lois de mai 1763 et de juillet 1764), véritable coup d’envoi du libéralisme économique en France dont Turgot sera le représentant le plus emblématique à la suite de Montesquieu. Les lois d’Allarde et Le Chapelier, votées par l’Assemblée constituante en mars et juin 1791, défont le modèle social corporatif français (par la suppression des corporations, l’interdiction de s’associer et de faire grève, etc.), laissant l’ouvrier démuni face au pouvoir patronal et financier. A partir de ce moment-là, les travailleurs se retrouvent, au nom de la « liberté du travail » (qui n’est que celle de celui qui a les moyens d’en donner et de le financer, et non celle du travailleur même), soumis à la loi d’airain du capitalisme et de sa loi de l’offre et de la demande dans laquelle il n’apparaît plus que comme une variable d’ajustement. Comme l’explique l’historien maurrassien Pierre Gaxotte, la réaction est légitime face à ce libéralisme inique, et « tout le syndicalisme contemporain est une insurrection contre la loi Le Chapelier » : effectivement, le XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle constitueront une sorte de « rattrapage » social pour les salariés pour retrouver, d’une part une dignité déniée par l’exploitation des ouvriers par les puissances d’argent, et d’autre part des conditions de travail plus favorables à la bonne santé des salariés d’usine ou de mine. L’Action française condamne ce libéralisme esclavagiste et Maurras y consacrera quelques fortes pages lors des fusillades de Draveil et de Villeneuve-Saint-Georges ou lors de certaines grèves des années 1900, du temps de Clemenceau, prenant le parti des ouvriers et dénonçant la République antisociale : « La Révolution a supprimé les organisations ouvrières et confisqué leur patrimoine, c’est depuis lors que l’ouvrier souffre et se révolte. » Les ouvriers privés de reconnaissance, empêchés d’être propriétaires de leur métier et dépendants du bon-vouloir des patrons forment le prolétariat, pire encore que le précariat contemporain : « Situation sans analogie dans l’histoire. Le serf avait sa glèbe et l’esclave son maître. Le prolétaire ne possède pas sa personne, n’étant pas assuré du moyen de l’alimenter. Il est sans titre, sans état. Il est sauvage, il est nomade. » C’est cette « expropriation sociale », cette désaffiliation née des lois libérales de 1791, qui empêche les prolétaires de sortir de leur condition misérable et qui les pousse parfois à se révolter contre la société toute entière quand il leur faudrait concentrer leurs efforts et leurs attaques contre le système qui a favorisé cette situation indigne.

 

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Dans un article paru dans La Revue universelle en 1937, l’essayiste Thierry Maulnier synthétisera en quelques paragraphes la pensée d’AF sur la question sociale, s’appuyant sur les textes écrits et revendiqués hautement par le théoricien de l’Action française : « Ceux qui connaissent tant soit peu l’histoire de la pensée maurrassienne savent qu’elle fut orientée dès ses débuts contre ce qu’elle considérait comme le principal adversaire (…) : le libéralisme. Or, le libéralisme a deux faces, l’une politique, l’autre économique. Ces deux faces, l’analyse maurrassienne ne pouvait les séparer. (…) Si le libre jeu des volontés individuelles ne produit pas naturellement, en politique, le bien de la cité, il n’y a aucune raison pour que le libre jeu des volontés individuelles produise davantage, en économie, le bien de la cité.

« Non seulement la critique maurrassienne de l’individualisme devait conduire son auteur à dénoncer les ravages de l’économie sociale individualiste ; mais encore elle devait le rapprocher dans une certaine mesure des critiques socialistes, par une haine commune de l’individualisme régnant. S’il est deux idées qui dominent la philosophie maurrassienne, c’est bien, d’une part, l’idée du bien public, conçu comme différent de la somme des intérêts particuliers, supérieur à ces intérêts qui doivent plier devant lui ; c’est bien, d’autre part, l’idée qu’une société où les individus sont livrés à eux-mêmes est une société barbare, qui tend naturellement à l’anarchie et à la tyrannie des plus forts. » En rappelant ces vérités simples, Maurras, dans la ligne des catholiques sociaux et des contre-révolutionnaires du XIXe siècle, réfute la doctrine de l’éclatement individualiste qui sera synthétisée par Mme Thatcher sous la formule terrible « La société n’existe pas »… La démocratie française, fondée sur les individus plutôt que sur les personnes intégrées et enracinées, forme en fait ce que Marcel de Corte baptisera du nom de « dissociété ».

Jean-Philippe CHAUVIN

 

 

(à suivre)

( 28 avril, 2020 )

Pays réel / pays légal Postface après 50 ans [1]

 

Lu sur « Je Suis Français »

 

Ces remarquables analyses – et très utiles – seront publiées en 3 fois, ce jour et les deux suivants. Avec l’aimable accord de la Nouvelle Revue Universelle où elles sont parues précédemment – dernière livraison.  Pays réel / pays légal Postface après 50 ans [1] dans Articles de fond Logo-Je-Suis-Français-Copie-Copie-1

Michel-MICHEL-300x225 dans Articles de fond

Après un demi-siècle, je n’ai rien à retrancher de ce que j’ai écrit en 1971 sur Pays réel / pays légal.*

Mais j’ai quelques remarques à formuler…

1. Une distinction valable pour tous les régimes, mais devenue, depuis la Révolution, un divorce conflictuel

Pays réel / pays légal : la distinction recoupe l’informel et le formel. Du côté de l’informel, on a les coutumes et les mœurs de la société réelle étudiée par le sociologue ; du côté du formel, on a les lois et règlements étudiés par les juristes. Or les deux visions sont loin de se confondre. L’une est normative, l’autre pas : il n’y a de lois que parce qu’il y a transgression des lois. Les lois s’imposent (plus ou moins), alors que les mœurs se constatent (et s’imposent aussi mais par assimilation par les consciences).

En France — pays où la Sorbonne a, pendant des siècles, défini les critères de vérité pour toute la Chrétienté — le droit doit être fondé sur des principes théoriques abstraits. Bien plus que dans les pays anglo-saxons, par exemple. Bien entendu, la distinction entre pays réel et pays légal reste pertinente pour tous les régimes. Tant que ces principes relevaient d’une philosophie réaliste telle que le thomisme, cette double conception ne portait pas à conséquence (sinon par la présence d’une couche sociale de clercs, jurisconsultes, prud’hommes et parlementaires qui ont toujours instrumentalisé le droit pour défendre leur intérêts catégoriels).

Mais quand, à partir de la Révolution, le droit a dû se fonder sur les utopies des « grands principes républicains », le divorce s’est accentué, et ce, d’autant plus que les corps intermédiaires (provinces, corporations guildes, jurandes et paroisses) qui adaptaient les principes à la diversité du réel, ont été supprimés. Avec la Révolution, seul ce qui est en accord avec l’utopie de l’individu libre et égal a désormais droit de cité. Une institution sociale comme le bizutage, qui durait et se renouvelait depuis des siècles, et dont la fonction initiatique et intégratrice est évidente, devait nécessairement être interdite par le droit. Cette interdiction
contribua à transformer les communautés universitaires en mornes
usines à apprendre : le social ne peut sans dommages être réduit au fonctionnel.

Le génie de l’Action Française a été d’allier les tenants des vrais principes traditionnels avec les empiristes (« l’empirisme organisateur » contre ce qu’Auguste Comte appelait avec dédain la « métaphysique de l’âge révolutionnaire » et que Maurras appelait « les nuées ».

Mais là où la division s’aggrave, c’est que la République va se servir de la loi (au même titre que des médias) comme d’une arme pour changer le pays réel et le contraindre à entrer dans son moule idéologique. Pensons par exemple aux lois mémorielles qui répriment les plaisanteries interethniques, intersexuelles, interâges, etc. Pour le sociologue, ces plaisanteries ont pour fonction d’« apprivoiser » ces relations (comme « la parenté à plaisanterie » des ethnologues) : les modes de régulation sociale des sociétés traditionnelles s’avèrent plus efficaces que les règles issues d’une pseudo-rationalité fonctionnelle fondée sur une anthropologie rabougrie.

La meilleure société, disait Gustave Thibon, est celle qui a le maximum de mœurs et le minimum de lois. Or la société se judiciarise de façon exponentielle : lois, règlements, protocoles, « process » se multiplient aux dépens des mœurs (mis à mal par le « multiculturalisme »), de la conscience, du sens clinique ou du savoir-faire de l’artisan. [À suivre demain mercredi]

Michel MICHEL

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