• Accueil
  • > Recherche : jean pierre maugendre
( 9 septembre, 2021 )

Lettre aux catholiques du monde entier

 

Communiqué

 

Quel père, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre ? (Mt 7, 9)

Chers Frères et Sœurs dans le Christ,

C’est avec une immense tristesse que nous avons appris la décision du pape François d’abroger les principales dispositions du Motu Proprio Summorum Pontificum promulgué par le pape Benoît XVI, le 7 juillet 2007. Après des décennies de divisions et de querelles, ce Motu Proprio fut, pour tous les fidèles catholiques, une œuvre de paix et de réconciliation.

Rome viole la parole donnée par le pape Benoît XVI, avec brutalité et intransigeance, bien loin de l’accueil fraternel tant vanté.

La volonté affirmée du pape François, dans le Motu Proprio Traditionis Custodes du 16 juillet 2021 est de voir disparaître la célébration de la messe de la Tradition de l’Eglise. Cette décision nous plonge dans la consternation. Comment comprendre cette rupture avec le Missel traditionnel, réalisation « vénérable et antique » de la « loi de la foi », qui a fécondé tant de peuples, tant de missionnaires et tant de saints ? Quel mal font les fidèles qui souhaitent, simplement, prier comme le firent leurs pères depuis des siècles ? Peut-on ignorer que la messe tridentine convertit de nombreuses âmes, qu’elle attire des assemblées jeunes et ferventes, qu’elle suscite de nombreuses vocations, qu’elle a fait surgir des séminaires, des communautés religieuses, des monastères, qu’elle est la colonne vertébrale de nombreuses écoles, œuvres de jeunesse, catéchismes, retraites spirituelles et pèlerinages ?

Beaucoup d’entre vous, frères catholiques, prêtres, évêques, nous avez fait part de votre incompréhension et de votre profonde douleur : merci pour vos nombreux témoignages de soutien.

Favoriser la paix de l’Église afin de construire l’unité dans la charité, mais aussi amener les catholiques à renouer avec leur propre héritage en faisant découvrir au plus grand nombre les richesses de la tradition liturgique, trésor de l’Église, tels étaient les buts poursuivis par Summorum Pontificum. Le pape émérite Benoît XVI voit son œuvre de réconciliation détruite de son vivant.

Dans une époque imprégnée de matérialisme et déchirée par les divisions sociales et culturelles, la paix liturgique nous apparaît comme une nécessité absolue pour la foi et la vie spirituelle des catholiques dans un monde qui meurt de soif. La restriction drastique de l’autorisation de célébrer la Messe selon sa forme traditionnelle fera resurgir la méfiance, le doute et annonce le retour d’une querelle liturgique déchirante pour le peuple chrétien.

Nous l’affirmons solennellement, devant Dieu et devant les hommes : nous ne laisserons personne priver les fidèles de ce trésor qui est d’abord celui de l’Église. Nous ne resterons pas inactifs devant l’étouffement spirituel des vocations que prépare le Motu proprio Traditionis Custodes. Nous ne priverons pas nos enfants de ce moyen privilégié de transmission de la foi qu’est la fidélité à la liturgie traditionnelle.

Comme des fils à leur père, nous demandons au pape François de revenir sur sa décision, en abrogeant Traditionis Custodes et en rétablissant la pleine liberté de célébration de la messe tridentine, pour la gloire de Dieu et le bien des fidèles. Du pain plutôt que des pierres.

Le 8 septembre 2021, en la fête de la Nativité de la Très sainte Vierge Marie

Journaliste-Directrice de Blog – Jeanne Smits
Renaissance Catholique – Jean-Pierre Maugendre
Rédacteur en chef de l’Homme Nouveau – Philippe Maxence
Président de ND de Chrétienté – Jean de Tauriers
Editeur de presse – Guillaume de Thieulloy
Président de SOS Chrétiens d’Orient – Charles de Meyer
DG de SOS Chrétiens d’Orient – Benjamin Blanchard
Président de Paix Liturgique – Christian Marquant
Journaliste et essayiste – Michel de Jaeghere
Vice-Président de ND de Chrétienté – Hervé Rolland
LifeSiteNews – Maike Hickson
Ecrivain – Robert Hickson
Ecrivain – Roberto de Mattei
The Remnant – Michael Matt
Professeur- Marie-Pauline Deswarte
Docteur en Droit – Jean-Baptiste Pierchon
Docteur en Droit – Hugues Petit
Journaliste, Historien, écrivain – Jean Sévillia
Forum catholique – Xavier Arnaud
Journaliste – Laurent Dandrieu
Ecrivain, compositeur, chercheur – Henri Sire
Historien d’art – Jacques Charles-Gaffiot
Pdt Academia Christiana – Victor Aubert
AGRIF – Bernard Antony
Historien – Reynald Secher
Fondation de Service politique – François Billot de Lochner
Journaliste et écrivain – Anne Brassié
Avocat – Jérôme Triomphe
Professeur avocat eccl. – Cyrille Dounot
Professeur avocat eccl. – Thibault Colin
The European Conservative – Alvino-Mario Fantini
Christianitas – Paweł Milcarek
Ancien pdt de la Diète de Pologne – Marek Jurek
Maître de conférence – Philippe Pichot-Bravard
ULB Paris Assas – Philippe Lauvaux
Paris Assas – Claude Goyard
Ancien ministre, écrivain – Philippe de Villiers
Avocat – Max Guazzini
Haut fonctionnaire, écrivain – Pierre de Lauzun
Journaliste – Directeur de Blog -Yves Daoudal
Journaliste – Anne Le Pape
Journaliste – Jean-Marie Molitor
Summorum Pontificum Freiburg – Michael Hageböck

( 19 juillet, 2021 )

François: le pape de l’exclusion

 

Communiqué de « RENAISSANCE CATHOLIQUE »

 

La trêve aura été de courte durée : 2007-2021. Par le Motu proprio Traditionis custodes le pape François a relancé la guerre liturgique que son prédécesseur, par le Motu proprio Summorum pontificum, avait suspendue. Tout le monde s’accorde sur le sujet : la mesure est brutale. Ainsi les livres liturgiques postérieurs à Vatican II deviennent « la seule expression de la lex orandi du Rite romain », le missel antérieur à la réforme de 1970 ne pourra pas être utilisé régulièrement dans les églises paroissiales, aucun nouveau groupe ne pourra être constitué, c’est le Siège apostolique qui donnera aux prêtres diocésains l’autorisation de célébrer selon l’usus antiquior, etc. Jean-Marie Guénois a parfaitement formulé l’objectif de ces mesures : « réduire l’influence des traditionalistes ». Celle-ci, en effet, ne cesse de croître. Les « tradis » fournissent régulièrement environ 20% des ordinations sacerdotales annuelles en France et constituent une présence notable dans les diocèses, 5 à 6% du total des pratiquants dans notre pays selon Guillaume Cuchet (La Nef No 338), certainement plus en réalité, à cause du décrochage massif (30% selon Mgr Chauvet) de nombreux fidèles « conciliaires », sensiblement plus âgés que leurs homologues « tradis », suite à la pandémie du coronavirus.

Les raisons d’une exclusion                                                         

Chacun s’interroge. Pourquoi une mesure d’une telle dureté de la part d’un pape dont le moins que l’on puisse dire est que les chantiers qui devraient mobiliser toute son énergie ne manquent pas : scandales financiers à répétition, situation quasi schismatique de l’Eglise d’Allemagne, immense confusion doctrinale et liturgique, effondrement du denier de Saint Pierre, suites des scandales de pédophilie dans l’Eglise, gestion des orgies sexuelles au Vatican etc. ? 

L’argument avancé par le Saint-Père est que ces communautés « doutant du Concile » mettraient en péril l’unité de l’Eglise dont le pape est le garant. L’argument, n’était la gravité du sujet, prêterait à sourire. Quelle unité de l’Eglise quand :

- il n’y a pas deux messes identiques célébrées dans deux églises différentes,

- dans un diocèse les divorcés remariés sont admis à la Sainte communion et pas dans l’autre,

- 69% des catholiques américains affirment ne pas croire à la présence substantielle du Christ sous les apparences du pain et du vin après la consécration ( enquête Pew Research Center-août 2019),

- en toute impunité des prêtres allemands bénissent dans leurs églises, pavoisées aux couleurs arc-en-ciel, des unions homosexuelles, etc.                                                                                                                

Le pape qui a signé la déclaration d’Abou Dhabi affirmant : « Les diversités des religions sont une sage volonté divine » écrit dans la lettre aux évêques accompagnant le Motu proprio : « Rester dans l’Eglise non seulement « avec le corps » mais aussi « avec le cœur » est une condition du salut ». On pense à la fable de La Fontaine : La chauve-souris et les deux belettes : « Je suis Oiseau : Voyez mes ailes/ Je suis souris : Vivent les rats. » Bien loin du Est. Est. Non. Non évangélique.

En outre, en quoi nuisent à l’unité de l’Eglise ceux qui, souvent convertis, assistent à la messe traditionnelle et souhaitent bénéficier d’une pastorale sacramentelle et catéchétique qui a fait ses preuves ? Pourquoi jeter l’opprobre sur eux ? Ils refuseraient le Concile. Pour être franc, l’immense majorité d’entre eux se fiche éperdument du Concile qui ne les intéresse pas et leur apparaît comme une lubie de vieillards idéologues et nostalgiques. Ce que ces fidèles demandent c’est une liturgie qui les porte vers Dieu et un enseignement moral et doctrinal qui leur permette de rester fidèles au Christ et donc de résister aux séductions d’une société apostate.

Laissez-nous faire l’expérience de la Tradition                                                     

Dans les années 70 l’intuition originelle et fondatrice de Mgr Lefebvre se résumait en une formule : « Laissez-nous faire l’expérience de la Tradition ». Cette expérience a été faite et les fruits en sont sous nos yeux. L’apostolat traditionnel, quel que soit son cadre institutionnel, est incontestablement fécond. Les communautés se sont développées, de nombreuses conversions s’y sont opérées. Des familles jeunes et nombreuses les font vivre. Les fameux lapins qui essayent de rester fidèles aux exigences du mariage chrétien, dont se moquait, dans un humour douteux, François.

Notons que, selon le pape, l’objectif des concessions liturgiques de ses prédécesseurs était de ramener les brebis égarées lefebvristes, « en temps voulu au rite romain promulgué par les saints Paul VI et Jean-Paul II ». Ce n’est manifestement pas ce qui s’est passé, à l’encontre de ce que craignaient certains dénonçant le « ralliement » inexorable des prêtres et des laïcs traditionnels qui chercheraient un accord juridique avec les autorités romaines. L’expérience ayant été un succès il est décidé de….mettre fin à l’expérience ??? Le Christ nous a demandé de juger l’arbre à ses fruits et de jeter au feu le figuier stérile. Pas l’arbre qui porte du fruit. Cinquante années après sa clôture les bons fruits du Concile ne seraient toujours pas apparus mais la récolte serait prochaine. Qui le croit ?

Fondamentalement ce Motu Proprio semble marquer la fin de la tentative de Benoît XVI d’établir une herméneutique de continuité entre le Concile Vatican II et l’enseignement antérieur de l’Eglise. La croyance en la continuité entre l’enseignement pré conciliaire et l’enseignement post conciliaire expliquait une forme de bienveillance vis à vis de la messe traditionnelle. En revanche l’hostilité militante de François envers la messe traditionnelle manifeste la conviction que l’Eglise conciliaire, pour reprendre l’expression du cardinal Benelli, est d’une autre nature que l’Eglise qui l’a précédée. On ne rejette pas avec cette violence ceux dont le seul tort est d’avoir cinquante ans de retard. En revanche on lutte farouchement contre ceux que l’on croit être les tenants d’une autre Eglise. Ainsi, paradoxalement, le pape François rejoint-il, sur ce point, les positions de la Fraternité Saint Pie X.

Il faut que tout change pour que rien ne change

Concrètement il semble que, dans la réalité, pas grand chose ne changera. Ce motu proprio est inapplicable. Il va geler la situation mais ne réduira pas l’influence des communautés traditionalistes. En effet :

- le pape a 85 ans et sa position est très affaiblie

- un certain nombre d’évêques sont contents de l’action des communautés traditionalistes

- certains évêques, en particulier en France, ont assez de soucis comme cela. Ils savent, par exemple, que retirer aux communautés traditionalistes l’usage des églises paroissiales serait inéluctablement susciter des manifestations, des occupations d’églises, etc. Plusieurs évêques, prudents, ont immédiatement dit que rien ne changerait dans leur diocèse.

Enfin il ne faut pas négliger le fait que l’opinion publique, catholique ou non, ne comprend pas les raisons de cet ostracisme alors qu’il n’est question, dans la bouche du Souverain Pontife, que de miséricorde, d’accueil, de pardon, de respect de l’autre, etc. L’éditorial étincelant de Michel Onfray, athée revendiqué, « Ite missa est » dans Le Figaro du 19 juillet est le signe manifeste de ces incompréhensions.

Dans une conférence à Paris le 25 juin dernier Mgr Schneider interrogé sur l’éventuelle suppression de Summorum Pontificum n’hésitait pas à déclarer :  »Les fidèles et les prêtres ont le droit à une liturgie qui est une liturgie de tous les saints (…). Par conséquent le Saint-Siège n’a pas le pouvoir de supprimer un héritage de toute l’Eglise, c’est un abus, ce serait un abus même de la part d’évêques. Dans ce cas, vous pouvez continuer de célébrer la messe même sous cette forme : c’est une forme d’obéissance (…), à tous les papes qui ont célébré cette messe ».  

On ne saurait conclure sans observer le sentiment de trahison que vivent les prêtres et les laïcs, attachés à la liturgie traditionnelle qui ont fait confiance aux autorités romaines, à qui on avait promis la liberté de culte et le respect de leurs convictions. Ils n’imaginaient sans doute pas que cette liberté serait celle de l’indien dans sa réserve…

Sans amertume, ni révolte nous assumons cette nouvelle épreuve dans la prière, sereins, confiants et déterminés, affermis chaque jour dans notre fidélité par les premières paroles de la messe traditionnelle : Introibo ad altare dei. Ad deum qui laetificat juventutem meam  Je monterai à l’autel du seigneur. Vers Dieu qui réjouit ma jeunesse ».                                  

Jean-Pierre Maugendre

( 9 juillet, 2021 )

Dernières nouvelles du moulag

 

Lu sur « Renaissance Catholique »

 

C’est à Bernard Chapuis dans un livre éponyme paru en 1982 que l’on doit l’émergence de ce néologisme : le moulag, qui serait un goulag mou, sans barreaux ni bourreaux mais tout aussi totalitaire que son ancêtre soviétique. Au-delà du totalitarisme hygiénique que chacun subit, notamment manifesté dans la suspension du culte public pendant plusieurs mois et l’interdiction des rites funéraires que toutes les civilisations avaient toujours rendus aux morts – notre modeste association est aujourd’hui aux prises avec différentes manifestations du moulag.

Victime de « harcèlement démocratique »

Tout d’abord nous sommes poursuivis en justice par l’association Stop homophobie pour avoir publié sur notre site internet le 13 juin 2019 un article intitulé : L’Eglise du Dieu vivant : la colonne et l’appui de la vérité condamnant ce qu’il est convenu d’appeler les unions civiles homosexuelles et signé de plusieurs cardinaux et évêques. L’audience est fixée au 18 octobre 2021.

Ensuite, alors que notre traditionnelle Université d’été devait avoir lieu au sanctuaire Notre-Dame de Montligeon dans l’Orne, la gendarmerie locale a informé le recteur de la basilique qu’en raison du sujet abordé : Naissance d’une religion : l’écolo-hygiénisme il n’était pas impossible que des opposants se manifestassent sur place. En tout état de cause la gendarmerie organiserait des rondes mais ne pouvait s’engager à assurer la sécurité du rassemblement. Ayant déjà subi une campagne médiatique au mois de novembre dernier, pour un prétendu rassemblement non autorisé par la préfecture, accusation qui s’est avérée fausse, le recteur, la mort dans l’âme, a dû renoncer à nous accueillir. Suite à ce désistement, contactée pour nous accueillir une communauté religieuse de l’ouest de la France a dû, malgré son accord préalable, y renoncer suite à l’opposition de l’ordinaire du lieu, en l’occurrence l’évêque du Mans. C’est donc à proximité de Poitiers à l’abbaye du Pin qu’aura lieu, si Dieu veut, notre prochaine Université d’été. Le cadre de cette ancienne abbaye cistercienne est superbe et renoue avec les heures les plus glorieuses de notre histoire.

Enfin, peut-être avez-vous éprouvé quelques difficultés à regarder sur Youtube le numéro 216 de l’émission Terres de mission que nous animons sur TV Libertés ? La raison en est que Youtube a suspendu pendant plusieurs jours toutes les émissions de TV Libertés au motif que des fake news sur les vaccins à l’occasion de la pandémie de Covid 19 y auraient été énoncées. Le sommaire de cette émission était en effet bien sulfureux puisqu’il s’agissait de traiter de la Pentecôte, de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre et de la personnalité de Mgr Vladimir Ghika.

Un bonheur n’arrivant jamais seul je découvre à l’occasion d’un entretien dans un établissement scolaire hors-contrat qu’une des écoles de cette congrégation enseignante vient d’être inspectée par une dizaine d’inspecteurs de l’Education nationale, arrivés sans prévenir, courtois mais prenants de multiples photos et scandalisés par le fait que l’on puisse encore faire lire des ouvrages de la bibliothèque verte ou rose à l’heure d’internet et de Harry Potter. Il semblerait que cette fois aucun élève n’ait été pris à part, seul, par un ou plusieurs inspecteurs ce qui est parfaitement illégal mais pratique courante lors de ces inspections. Il s’agirait, paraît-il, de prévenir le communautarisme et donc le terrorisme. Tous les titulaires d’une Carte Nationale d’Identité française qui se sont illustrés ces dernières années dans des actes terroristes étaient, semble-t-il, de purs produits de l’école publique, laïque, républicaine, gratuite et obligatoire. Ce fait permet à Gérald Darmanin de se répandre en disant qu’il ne comprend pas le lien que certains établissent entre terrorisme et immigration puisque la majorité des terroristes islamistes s’avèrent de nationalité française. A ce niveau-là affirmer que notre ministre de l’Intérieur est soit un abruti soit un individu malhonnête ce n’est pas émettre une opinion, c’est faire une simple observation clinique. Enfin, on cherche, en vain, le lien entre les inspections récurrentes et tatillonnes que subissent quasiment chaque année les écoles catholiques hors-contrats et le terrorisme islamiste. Jusqu’à présent ces écoles semblent, en effet, avoir fourni bien peu de candidats au djihad.

Le tableau serait incomplet si nous ne mentionnions l’agression physique dont a été victime, de la part de militants d’extrême-gauche, le 29 mai une paisible procession de paroissiens parisiens rendant hommage aux martyrs de la rue Haxo massacrés par la Commune de Paris.

Sans sombrer dans le syndrome de la maladie de la persécution, tout cela procède, peu ou prou, du « harcèlement démocratique » promu, en son temps, par « l’intègre » Jean-Christophe Cambadélis. Harcèlement juridique, médiatique, institutionnel et physique qui vise à réduire au silence et à l’inaction ce qui reste du « monde d’avant », qui n’a pas totalement rendu les armes à la religion consumériste dominante.

Un enjeu de civilisation                                                                         

Au nom d’utopies mortifères : les droits de l’homme sans Dieu, la laïcité comme constituant essentiel de l’identité française, la République comme unique concept politique légitime, etc. un totalitarisme mou s’installe dans l’indifférence du plus grand nombre. Alors que le Président de la République poursuit son œuvre de déconstruction de l’histoire de France et de négation de notre identité tous les moyens sont utilisés pour réduire au silence ceux qui, à leur place, cherchent à transmettre le flambeau de notre civilisation chrétienne et française. Tout cela ne doit pas nous décourager. Nous savons qu’un jour sur l’injustice des hommes resplendira la justice de Dieu. Nous avons aussi appris que : « Ce n’est pas l’espérance de la victoire, c’est la nécessité du combat qui fait le combattant chrétien : il sait bien que le royaume du Christ n’est pas de ce monde, que le témoignage de la vérité peut conduire au calvaire, et il place sa véritable espérance en la Résurrection. Son intransigeance temporelle envers le Mal ne se fonde pas sur la croyance qu’il vaincra le Mal, mais sur la conscience intime qui le meut qu’il ne pourrait consentir à aucune autre attitude sans déchoir, sans trahir, et sans perdre son âme. » Jean-Louis Lagor in « Le temps de l’imposture » (1947)

C’est tout simplement la pérennité de notre civilisation qui est en jeu aujourd’hui. Face à ce défi chacun est appelé à surmonter ses peurs et à ne pas confondre la légitime prudence avec la pusillanimité. Le 8 juin 1978 Alexandre Soljénitsyne avait prononcé une conférence remarquée à Harvard. Il y notait, sans ambages, dès le début de son intervention : « Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l’Ouest aujourd’hui pour un observateur extérieur ».La dureté des temps que nous vivons fait que tous les braves gens que nous sommes sont appelés, pour rester fidèles à leur vocation et à leurs Anciens, à devenir des gens braves. Que Dieu nous y aide !

                       Jean-Pierre Maugendre

( 11 avril, 2021 )

Église catholique : encore un mauvais chiffre

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

La date de est traditionnellement, dans l’Église catholique, celle des baptêmes d’adultes. En 2021, d’après un article de La Croix du 30 mars, ils auront été 3.639 à avoir été baptisés, contre 4.468 en 2020, soit une baisse de 18 % en un an. Bien sûr, la sanitaire et les contraintes liées à la pandémie du Covid-19 sont les grands responsables de cette baisse sensible du nombre de baptisés. Comme ils l’avaient été de la baisse de 30 % de la pratique religieuse observée par Mgr Chauvet, recteur-archiprêtre de la cathédrale Notre-Dame de , le 15 août dernier, entre le début du et cette date. C’est une Église exsangue et affaiblie qui émergera d’un confinement sans cesse prolongé sous des modalités diverses. Portant ainsi atteinte, dans l’indifférence générale, à la pleine de l’exercice du culte.

Tous les observateurs, même les plus bienveillants, auront été frappés par la différence de tonalité des discours épiscopaux selon leurs destinataires. Dialogue, courtoisie et soumission finale avec les autorités civiles. Mépris et violences verbales à l’encontre des réfractaires, ou réputés tels, aux ukases gouvernementaux. Accusés soit de mener « leur petit business dans leur coin » (Mgr Aupetit) soit « de mettre en danger la vie d’autrui », selon l’enquête en cours suite à l’éventuel non-respect des marques de distanciation sociale lors de l’office de la vigile pascale dans l’église Saint-Eugène-Sainte Cécile à Paris, le 3 avril. À noter que le diocèse de Paris, toujours solidaire des exclus, des , etc., a tenu à, immédiatement, se désolidariser du curé de la paroisse incriminée. Circonstance aggravante, Le Parisien a bien noté que le célébrant « donne l’hostie de la main directement dans la bouche des communiants ». Est-il incongru d’observer que le curé de Saint-Eugène a procédé, la nuit de Pâques, à dix baptêmes, dont, manifestement, plusieurs musulmans ? Ce sont des félicitations et non des remontrances que Mgr Aupetit devrait adresser à l’abbé Guelfucci s’il avait la foi et croyait aux grâces de salut d’un seul baptême ! Le porte-parole de la Conférence des évêques de France venant de rappeler à Apolline de Malherbe qu’il y a 50.000 églises en France, si chacune avait un curé comme celui de Saint-Eugène, cela ferait… 500.000 baptêmes.

Un jour que Dieu seul connaît, nous pourrons, de nouveau, rendre à Dieu le culte qui lui est dû sans contraintes ni restrictions. L’Église d’après ne sera pas, cependant, en France, selon la formule consacrée, l’Église d’avant en pire. Ce sera une Église nouvelle, encore réduite numériquement par la non-reprise de l’assistance physique aux offices d’une population, en particulier la plus âgée, qui aura compris que le virtuel était aussi réel que le physique. Dans ce monde nouveau, le poids de ce que Yann Raizon du Cleuziou a appelé les « catholiques observants » aura encore augmenté, certaines personnes peu observantes n’ayant pas repris le chemin des églises et d’autres ayant rejoint les plus observants après avoir constaté que seuls ces milieux – prêtres et laïcs – maintenaient des offices réguliers et dignes.

Concernant les baptêmes de cette année, on notera que quasiment la moitié des baptisés (55 %) sont issus de familles chrétiennes. En d’autres temps, ils auraient été baptisés dès la naissance. Ce chiffre éclaire d’une lumière crue le satisfecit que se décerne Mgr Jordy, archevêque de Tours et président de la Commission épiscopale pour la catéchèse et le catéchuménat : « Malgré la situation de pandémie, les confinements et déconfinements, ils sont plus de 3.500 encore cette année à être baptisés. » Bien franchement, il n’y a pas de quoi se vanter alors que le nombre de baptêmes est passé de 334.664, en 2008, à 231.165, en 2017. Est-il prévu de changer, un jour, une équipe et une méthode qui perdent ?

Jean-Pierre Maugendre

 Président de Renaissance Catholique
( 4 mars, 2021 )

La liberté d’expression à nouveau foulée aux pieds

 

Lu sur « actionfrancaise.net »

 

Renaissance catholique mis en examen

Nous apprenons avec consternation cette nouvelle effarante : Jean Pierre Maugendre, président fondateur de Renaissance Catholique que nous connaissons bien et qui est venu déjà présenter son action de défenseur des principes catholiques dans certaines de nos réunions d’Action Française est poursuivi par les tribunaux de la République pour avoir proclamé la doctrine de l’Église.  Nous nous foutons comme de nos dernières chaussettes du lobby homosexuel et autre LGBTQ+, dans la mesure où celui-ci ne vient pas nous interdire de penser autrement que lui. L’accusation de provocation à la discrimination qui est invoquée par les plaignants pourrait du reste se retourner contre eux, car ce qu’ils remettent en cause est la doctrine qui est à l’origine de la civilisation occidentale, ils peuvent la contester, mais souhaitent ils l’interdire et jeter les chrétiens en prison, comme il y a 2000 ans on les lapidait ou les livrait aux fauves dans les cirques romains ?

L’AF revendique la liberté d’expression pour tous, et le droit de contester les lois susceptibles de causer un grand désordre dans la société. Il peut y avoir débat, mais dès lors que la répression judiciaire s’abat sur un sujet qui fait divergence, ce sont les libertés publiques qui sont en jeu et c’est un devoir pour tous les hommes attachés aux libertés de se lever contre un procès inique. En outre, c’est contre Rome, ou sa représentation en France que devrait avoir lieu un tel procès et non contre un chrétien pratiquant qui se contente de rappeler la position officielle de l’Église. (NDLR)

« Mercredi 24 février Jean-Pierre Maugendre a été mis en examen, comme directeur de publication du site internet Renaissance catholique, par le juge d’instruction pour « provocation à la discrimination à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur orientation sexuelle ». Ceci fait suite à une plainte, avec constitution de partie civile, déposée par l’association Stop homophobie le 30 juillet dernier.

Il est reproché à Renaissance catholique d’avoir publié sur son site, le 13 juin 2019, un article intitulé :L’Église du Dieu vivant : la colonne et l’appui de la vérité (1 Tim 3 ‚15) tenant « notamment les propos suivants : « Les autorités civiles ne doivent pas établir d´unions civiles ou légales entre deux personnes du même sexe, qui clairement imitent l´union du mariage, même si de telles unions ne reçoivent pas le nom de mariage, puisque de telles unions encourageraient le péché grave pour les personnes concernées et seraient cause d´un grave scandale pour d´autres (cf. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles, 3 juin 2003) ».

Le texte incriminé était signé des cardinaux Burke, patron de l’Ordre de Malte, Pujats, archevêque émérite de Riga, et des évêques Peta, archevêque de Sainte-Marie en Astana, Lenga, archevêque émérite de Karaganda et Schneider évêque auxiliaire de Sainte-Marie en Astana.   L’association Stop homophobie fait partie de cette constellation d’associations dont la vocation est d’assurer « la veille en temps réel sur les réseaux sociaux et internet » et de lutter « contre les discriminations liées au sexe, au genre ou à l’orientation sexuelle ». Elle intervient en milieu scolaire et professionnel sur ces problématiques et mène des actions judiciaires. Cette association est largement subventionnée par la puissance publique, en particulier la région Ile-de-France dirigée par l’élue ex-LR Valérie Pécresse. Le site de la région Ile de France, sous le titre, « La lutte contre l’homophobie, une priorité pour la Régionsolidaire » mentionne Stop homophobie parmi les associations bénéficiant régulièrement de fonds publics – 1,1 millions d’Euros entre 2016 et 2020 pour 71 associations-.

Notre avocat sera maître Jérôme Triomphe, bien connu des défenseurs de la vie humaine innocente. Nous espérons vivement qu’au-delà de la mise en cause de notre modeste association de nombreux catholiques :

laïcs, prêtres et évêques comprendront que ce procès sera, en fait, celui de la liberté de l’Église à proclamer son enseignement moral, à la lumière de l’Évangile et à rappeler ses exigences, dans une société sécularisée. 

Avec l’aide de Dieu nous ne nous déroberons pas ! En ce temps de carême nous confions cette intention à la prière de nos amis, connus ou inconnus. Nous savons que demain, malgré le triomphe apparent des méchants, brillera sur ceux qui se tiennent au pied de la croix la lumière de Pâques. »

Olivier Perceval
Nous nous souvenons que Jean-Pierre MAUGENDRE est venu deux fois à notre invitation à Nancy pour y réaliser des conférences. Nous le soutenons totalement dans cette affaire.
( 4 février, 2021 )

Joe Biden, un président catholique, vraiment ?

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Cela n’aura pas été long ! À peine élu président des États-Unis, a signé un décret permettant, de nouveau, au gouvernement américain de financer les ONG offrant des services d’avortement dans le monde. Les évêques américains se sont immédiatement élevés, par un communiqué du 28 janvier, contre cette décision « incompatible avec l’enseignement catholique ». Le catholique pratiquant Biden défait, ainsi, ce qu’avaient fait les presbytériens Trump et Reagan.

Qu’en pense Mgr Malle, évêque de Gap, qui s’émerveillait, sur son compte Twitter, le 8 novembre : « On rêve de cela, en France. Un président catholique pratiquant, ce n’est pas arrivé depuis de Gaulle. Et notez qu’il peut aller, LUI, à la messe » ? Nous voilà, ainsi, rendus, sous une plume épiscopale, au niveau zéro de la réflexion politique. En effet, c’est d’abord sur ses actions qu’un homme politique, en charge du bien commun, doit être apprécié. Ses convictions intimes, morales et religieuses ne regardent que lui, même si elles inspirent, normalement, ses actions. Or, un des drames de notre temps est la déconnexion, très marquée chez de nombreux élus catholiques, entre leurs convictions personnelles et leur action politique. La distinction de Max Weber entre « éthique de conviction » et « éthique de responsabilité », parfaitement intériorisée par le personnel politique catholique, fait que l’étiquette « catholique » ne signifie, généralement, plus grand-chose. Après cinquante années d’insistance sur une Église qui se voulait plus « dialoguante » qu’« enseignante », les résultats sont là, observables par tous : l’unité de foi et de morale qui fut longtemps un des apanages de l’Église catholique, face aux « variations des églises protestantes » (Bossuet) est à placer au rang des souvenirs. Signe manifeste, parmi tant d’autres, de la protestantisation de l’Église catholique.

Cette décision du président des États-Unis peut être rapprochée d’une déclaration de Mgr Wintzer, évêque de Poitiers, qui déclarait, le 28 avril 2017, en même temps qu’il annonçait qu’il voterait pour à l’élection présidentielle : « Personne ne reviendra sur la loi sur l’ ou sur le mariage pour tous, pas plus le FN que Macron. C’est un faux débat. » Le 14 juillet 2018, Mgr Wintzer était nommé chevalier de la Légion d’honneur. Certainement en raison de la gestion exemplaire de son diocèse… « Honni soit qui mal y pense », comme disent nos amis britanniques ! La question de l’avortement semblerait ainsi être exclue du débat politique, comme une fatalité contre laquelle on ne pourrait rien et qu’il faudrait accepter. Heureusement, il n’en est rien. Il n’existe pas de sens de l’Histoire, mais uniquement une Histoire faite par des hommes avec leurs limites, leurs faiblesses et leurs lâchetés, mais aussi leurs enthousiasmes, leurs élans et leurs héroïsmes. Ainsi, dans un entretien à International Family News, le 2 juillet 2020, l’ambassadeur de Hongrie auprès du Saint-Siège, Édouard de Habsbourg-Lorraine, déclarait que dans son pays, entre 2010 et 2018, le nombre des avortements avait baissé de 33,5 %. Notons, incidemment, que Viktor Orbán ne va pas à la messe puisqu’il est calviniste.

Face aux défis qui mettent en jeu la survie même de notre civilisation l’heure n’est pas à la distribution d’étiquettes, plus ou moins factices, mais à l’union de ceux qui ont en commun l’amour du Bien, du Beau, du Vrai, de la famille et de leurs patries charnelles.

Jean-Pierre Maugendre

 Président de Renaissance Catholique
( 18 novembre, 2020 )

LETTRE OUVERTE A MONSEIGNEUR AUPETIT

 

Lettre ouverte de Jean-Pierre Maugendre, Délégué Général de Renaissance Catholique

 

Monseigneur,
L’instant de la consternation passé vient celui de l’indignation et de l’analyse. Vous avez tenu hier sur radio Notre-Dame au micro de « Marie-Ange » des propos qu’il convient de rappeler pour l’histoire dénonçant : « les gens qui veulent en faire à leur tête », « communier sur la langue », les accusant de « faire n’importe quoi » et de poursuivre leur « petit business dans leur coin ». Il s’agirait de devenir « sérieux » et d’obéir.
Le code de droit canonique en vigueur prévoit en son canon 212 §3 que les laïcs : « ont le droit et même le devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l’Église et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauve l’intégrité de la foi et des mœurs et la révérence due aux pasteurs et en tenant compte de l’utilité commune et de la dignité des personnes ». C’est fort de ce droit, qui est même un devoir, que je me permets de m’adresser à vous.
J’observe tout d’abord que, durant cet entretien radiophonique, vous n’avez pas eu une parole de compréhension, ni de compassion, pour les catholiques qui ont simplement demandé publiquement, après l’interdiction de tout culte public par le gouvernement, une chose, a priori, banale : pouvoir assister à la messe ! Est-il incongru de penser que souhaiter assister à la messe et y communier n’est pas un « business » mais, pour un catholique, une aspiration légitime, une nécessité vitale et même un devoir ? Vous écrasez ces catholiques de votre mépris donnant la pathétique impression que vous cherchez à reprendre en main votre compagnie après que votre colonel vous a vertement signifié que vous ne teniez pas vos troupes. Votre intervention, brutale, au lendemain d’un contact avec M. Darmanin ne peut apparaître comme le simple fruit du hasard. Reviennent à mon esprit les propos du pape François condamnant le cléricalisme qui « condamne, sépare, frustre, méprise le peuple de Dieu ». Je crains que vous ne soyez tombé dans cette attitude, justement dénoncée par le Saint-Père.
Au mépris du droit vous jetez l’anathème sur les catholiques qui souhaitent communier dans la bouche. En effet, l’instruction de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements Redemptionis Sacramentum prévoit (n 92) « Tout fidèle a toujours le droit de recevoir, selon son choix, la sainte communion dans la bouche ». Ce que le père Rivoire confirmait dans un article récent : « Si un décret général prohibe, même ad tempus, la communion dans la bouche, il est invalide car, si l’évêque diocésain est le modérateur de toute la Liturgie dans son diocèse, par voie législative ou administrative, il ne peut agir contrairement à une loi supérieure (principe de la hiérarchie des normes, c. 135 § 2 du Code Droit Canonique). » (1) Aller contre ce droit c’est faire preuve d’un autoritarisme, dont on croyait que le concile Vatican II avait libéré l’Église.

Concernant le fait que la communion dans la bouche date du VI ème siècle, c’est un fait qu’il serait cependant honnête de compléter par le rappel, sur lequel les historiens s’accordent, que le mode de réception de la communion dans la main n’avait, alors, rien à voir avec ce qu’il est aujourd’hui : « On recevait la sainte Eucharistie sur la paume de la main droite et les fidèles n’avaient pas le droit de toucher la sainte hostie avec leurs doigts, mais ils devaient s’incliner la tête vers la paume de la main et prendre le sacrement directement avec la bouche, donc, dans une position d’inclinaison profonde et non debout »(2). Notons, sous l’aspect purement sanitaire, qu’aucune preuve n’a été apportée que la communion directement sur la langue serait plus dangereuse que la communion dans la main. D’innombrables témoignages attestent, en revanche, que la pratique de la communion dans la main a été l’occasion de sacrilèges et de profanations notamment par la dispersion d’infimes parcelles eucharistiques sur des mains qui ne peuvent être ensuite purifiées, comme le sont, à l’autel, celles du prêtre.

Bien franchement vous donnez à de nombreux fidèles la pénible impression de n’être que, pardonnez-moi l’expression, « le petit télégraphiste » de M. Darmanin, dans une obéissance servile aux autorités politiques qui n’est, malheureusement, pas nouvelle. La tradition est ancienne. Ainsi, au moment des lois de séparation de l’Église et de l’État, Mgr Turinaz, évêque de Nancy, fustigeait : « les catholiques qui sont dominés et aveuglés par une double passion, la passion de la servitude envers l’État et la passion des concessions perpétuelles et universelles ». (Cité par Jean Sévillia in Quand les catholiques étaient hors la loi, p 213). Je vous confesse, bien simplement, ne pas avoir un respect quasi religieux pour les lois de la République. Ce sont les lois de la République qui ont programmé le génocide vendéen, confisqué les biens de l’Église, expulsé les religieux, et qui aujourd’hui légalisent 200 000 avortements par an, l’IMG jusqu’à la naissance, la distribution gratuite de pilules contraceptives aux mineures, etc. Sans doute pourrez-vous comprendre que tous ces faits créent une certaine distanciation avec la sacralité de la loi républicaine.
Enfin, après avoir été médecin des corps vous voici médecin des âmes. A vos enfants qui vous demandent du pain vous jetez des pierres et cela dans un contexte de désastre spirituel et matériel sans équivalent dans l’histoire de notre pays. Il est beaucoup question de ne pas désunir la communauté chrétienne. Louable intention ! Cependant cette recherche de l’unité ne peut se réaliser dans la soumission inconditionnelle aux autorités politiques. Elle doit se faire dans la charité qui est l’amour de Dieu. Ces divisions dans la relation au monde et aux autorités politiques ne sont pas nouvelles. N’est-ce pas saint Grégoire de Naziance qui, déjà, déclarait à propos des évêques de son temps : « Nous servons le siècle et les exigences de la foule. Nous laissons notre bateau aller au gré du vent du moment ».
Simple catholique du rang je n’ai d’autre prétention par ces quelques lignes que de vous signifier que votre propos m’a blessé. Je crains malheureusement ne pas avoir été le seul.
Veuillez agréer, excellence, l’expression de mes sentiments affligés, sereins et déterminés mais respectueux in Christo.
Jean-Pierre Maugendre
Délégué Général

PJ : Concernant la communion dans la main, je me permets de vous adresser le livre de Mgr Schneider : Corpus Christi la communion dans la main au coeur de la crise de l’Eglise

(1) Homme nouveau No 1707 du 14 mars 2020
(2) Mgr Schneider (in Christus Vincit, Contretemps, p 276)
( 11 août, 2020 )

Sans l’histoire de Clovis, pas de sentiment national

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

En juillet 2010 se tenait la XIXe université d’été de Renaissance catholique, ayant pour thème l’identité nationale.

À l’occasion des 10 ans de cet événement, Boulevard Voltaire publie durant l’été, avec l’autorisation de Jean-Pierre Maugendre, président de Renaissance catholique, des extraits des actes du colloque dont le sujet demeure plus que jamais d’actualité.

Aujourd’hui, l’intervention d’Hilaire de Crémiers, fondateur du mensuel Politique Magazine et coauteur, en 2018, de l’ouvrage collectif Regards sur Maurras.

Le sentiment national a caractérisé les Français comme peuple très tôt, plus tôt que tous les autres, du moins en Europe. Il a uni ceux qui s’appelleront les Français, qui dans les premiers siècles s’appelaient les Francs. Ils étaient une minorité guerrière dans une société gallo-romaine qui existait encore. Ce sentiment est né de la manière dont les protagonistes de cette histoire se sont perçus eux-mêmes – ou dont, d’abord, ils ont été perçus par les clercs de l’époque. En quelque sorte, les Français, plus précisément ceux qui deviendront les Français, qui se sont vus associés, soit volontairement, soit plus ou moins brutalement sous les contraintes de l’Histoire, au destin commun, ont été amenés de manière singulière à s’entendre raconter leur histoire, à se la raconter à eux-mêmes et pour eux-mêmes. Et cela très tôt. Et cela sous l’influence primordiale des clercs, dans une Église gallo-romaine qui revendiquait l’exactitude de sa foi catholique.

La première histoire ou, plus exactement, le premier développement littéraire à prétention historique qui tente ce genre d’explication remonte, en effet, au VIe siècle, soit à ces fameux temps mérovingiens dont Augustin Thierry, au XIXe siècle, établira « les récits ». L’auteur en était Grégoire de Tours.

À l’encontre des sensibilités scrupuleuses, le sentiment d’appartenir à un peuple – on dira plus tard une nation – particulier, singulier, d’une certaine manière élu, entraîne Grégoire dans la manière de présenter son histoire à utiliser des procédés qui relèvent de l’amplification symbolique, mythique, poétique. […] Quand ce qui deviendra la France commence à se constituer, un sens se dégage de l’histoire et c’est ce sens que les historiens français au cours des siècles ont discerné, depuis le premier d’entre eux, notre Grégoire de Tours, jusqu’à aujourd’hui – avec, bien sûr, plus ou moins de rigueur. L’histoire devient significative ; c’est le vrai sens de l’histoire. Quand un peuple se raconte à lui-même sa propre histoire, il faut bien qu’elle ait un sens, une intelligibilité. Sinon les événements humains se perdent dans des méandres où l’on ne comprend plus rien. Et, finalement, on se dispute ; ce sont des querelles indéfinies. L’intelligence a besoin de repères ; les repères donnent le sens ; ils tracent un itinéraire. C’est extrêmement important. Car la France est peut-être le premier peuple d’Europe qui se soit ainsi, de façon aussi typique, préoccupé d’écrire sa propre histoire. Lorsque Grégoire de Tours raconte l’histoire de , il a une intention. Certes, il ne fait pas encore figurer dans son récit la Sainte Ampoule ; le baptême ne se confond pas avec le sacre que recevra, le premier, Pépin le Bref. En revanche, il est des pages extraordinairement significatives. […] Grégoire de Tours donne à l’événement une amplification prodigieuse, miraculeuse, pour le placer dans une perspective totalement signifiante. se trouve être compris, déjà à cette époque-là, comme le prince qui saura refaire de la Gaule, de ce qui était la Gaule romaine, un ensemble uni et de foi catholique. Cette histoire restera gravée dans le fond de l’esprit des clercs et alimentera leurs réflexions par la suite. Elle contribuera à produire ce qu’elle avait présenté comme acquis.

Ainsi, très tôt, une histoire et une manière de la raconter sont au départ de l’apparition, de la création d’un sentiment d’unité nationale proprement français, sans que cette expression soit employée, sans même que ce sentiment soit, à proprement parler, conçu philosophiquement ou politiquement. L’anachronisme serait abusif ; cependant, il existe une sorte de mythe fondateur qui s’ancre dans la religion, celle de la Gaule romaine qui est la religion catholique. Ce même mythe accompagne un dessein politique qui se cherche pendant de longs siècles et qui va aboutir avec les Capétiens. Ce dessein politique, comme tous les desseins véritablement politiques, s’est d’abord heurté à des difficultés qui paraissent insurmontables et, par conséquent, s’est fortifié et s’est imposé dans des épreuves. Ainsi va se forger cette conception politique nouvelle, politico-religieuse, qui accompagne et fait éclore avec le temps un sentiment nouveau d’appartenance à une communauté de destin, que l’on peut appeler justement, a posteriori, le sentiment national. S’il n’y avait pas eu les Capétiens, s’il n’y avait pas eu au fondement de tout la religion catholique, s’il n’y avait pas eu l’histoire de Clovis et tout ce qui a suivi, et si, donc, il n’y avait pas eu ces « mythes » fondateurs que les clercs ont constitués autour de ces grandes forces primordiales, il n’y aurait pas eu, dans la suite des siècles, de sentiment national français. Il est là, le sentiment national.

Le grand malheur est que les Français ne le savent plus. Vouloir dissocier ces forces les unes des autres n’amènera, par la suite, que des catastrophes. Quand les Français se chercheront un destin et voudront exalter leur nation, être des nationaux, des nationalistes, des patriotes, en dédaignant ce qui fait le nœud de leur constitution originelle, les conséquences seront dramatiques. […]

Hilaire de Crémiers

 Fondateur de la revue Politique Magazine
( 28 juin, 2020 )

Pourquoi nous ne mettrons pas genou en terre

 

Relevé sur « Renaissance Catholique »

« Tous les prosternements du monde ne valent pas le bel agenouillement droit d’un homme libre ». (Charles Péguy in Mystère des saints innocents)

L’air du temps est aux prosternations. Les foules mahométanes, de plus en plus publiquement, sur toute la planète se prosternent, cinq fois par jour, pour la prière. Une nouvelle mode venue des États-Unis consiste pour des hommes blancs à s’agenouiller, devant des Noirs, pour leur demander pardon du « racisme systémique » dont ces derniers seraient victimes depuis des siècles. Au-delà de cette offensive racialiste c’est l’ensemble de la civilisation occidentale, d’imprégnation chrétienne, qui est mise en accusation par des « militants décoloniaux » qui dénoncent pêle-mêle un État « totalitaire, terroriste, esclavagiste et colonialiste ».

Quels sont les faits ?

La Tradition de l’Église catholique rappelle l’égale dignité de toutes les personnes humaines quelles que soient leur couleur de peau ou leur race. « Dieu ne fait pas acception des personnes, car tous les hommes ont la même dignité de créature à Son image et à Sa ressemblance » (CEC § 1934)

Les sociétés issues de colonisations menées par des nations catholiques ont toujours été des communautés dans lesquelles les populations d’origines ethniques diverses se mêlaient entre elles, sans que la loi n’institue de ségrégation raciale. L’Amérique latine, et en particulier le Brésil, constituent l’archétype de ces pays colorés dans lesquels le brassage des populations est la règle.

La colonisation protestante est d’une autre nature. Les Puritains du May Flower sont le nouveau peuple élu à qui le Seigneur a confié une nouvelle Terre promise. Les Indiens d’abord, les Noirs ensuite ne participent pas de ce destin. Les premiers sont massacrés, les seconds réduits en esclavage, déracinés puis soumis à la ségrégation raciale.

La traite négrière, dite transatlantique, s’étend du XV éme au XIX éme siécle et fournit en esclaves africains les plantations du Nouveau-Monde. Ce n’est certes pas l’épisode le plus glorieux de notre histoire. Cependant les travaux d’Olivier Pétré-Grenouilleau ont montré que la traite négrière se déploie selon trois axes. Une traite arabo-musulmane qui s’étend sur 13 siècles et concerne 17 millions de personnes. Une traite intra africaine qui remonte à la nuit des temps et concerne, au moins, 14 millions de personnes. Et enfin la traite transatlantique qui s’étend sur 4 siècles et concerne 11 millions de personnes. Pourquoi ne seraient cloués au pilori que les seuls descendants des acteurs de la traite transatlantique ? Le marché aux esclaves de Zanzibar n’était pas tenu par des commerçants berrichons !

Si l’esclavage en vint, peu à peu, à disparaître des usages de nombreux pays c’est à la suite des mouvements anti esclavagistes initiés à partir du XIX éme siècle en Europe. La France mène en Afrique, au XIX éme siècle, une lutte acharnée contre les empires négriers africains dont le plus célèbre est celui de Samory aux confins de la Guinée, du Mali et de la Côte d’Ivoire.

L’Afrique, en proie aux luttes inter tribales, à l’esclavage et aux maladies infectieuses est colonisée par les puissances européennes au XIX éme siècle. Cette colonisation instaure une période de paix qui permet une croissance démographique inconnue jusque-là. La population du continent passe de 100 millions d’habitants en 1900, à 275 millions en 1960. Cette croissance est facilitée par les progrès de la médecine dont on ne sache pas que la médecine traditionnelle africaine y ait joué un rôle majeur.

Ces œuvres ont été imparfaites, comme toutes les œuvres humaines. Cependant la France n’a pas à rougir de son action outre-mer. Un chiffre rappelé par Gabriel Cluzel dans son livre « Enracinés » devrait clôre le débat : sur 5 000 médecins déployés en Afrique, 400 y laissèrent leurs vies.

Quelques principes

Au-delà de ces faits peut-être n’est-il pas inutile de rappeler quelques principes.

Demander pardon pour les fautes que l’on a commises est une démarche fort louable mais elle concerne le fautif qui s’adresse aux personnes qu’il a lésées, blessées, etc. Dans notre civilisation la faute est personnelle, car le péché est personnel, c’est le pendant de la responsabilité.

La démarche racialiste en cours consiste à essentialiser chaque personne en fonction de sa race, qui plus est en l’opposant aux autres. Ce processus porte un nom : l’apartheid, qui assure le développement séparé des races, en refusant leur brassage. Depuis les temps de la domination blanche en République Sud-Africaine les « dominants » ont changé, le principe reste le même.

N’y a‑t-il pas une forme subtile de vanité, sous apparence de bien, pour l’homme moderne à battre sa coulpe sur la poitrine de ceux qui l’ont précédé, surtout quand ils ne sont plus là pour se défendre ou au moins expliquer, contextualiser comme on dit ? L’homme moderne ne se repent pas de ses fautes, il demande pardon pour les fautes des autres. C’est plus facile !

Se remettre debout

La France est sans doute un des pays les moins racistes du monde. Le Guyanais Gaston Monnervile fut président du Sénat, le bachaga Saïd Boualam vice-président de l’Assemblée nationale et le fils de mulâtre Alexandre Dumas fut, de son vivant, reconnu comme une des gloires de la littérature française. Des minorités actives, qui bénéficient de la complicité de la majorité de la caste politico-médiatique ont déclaré la guerre aux « Gaulois réfractaires ». Elles ont, avec elles ceux qui ont intériorisé le slogan pacifiste de Jean Giono : « Je préfère être un Allemand vivant qu’un Français mort », devenu : « Plutôt être un dhimmi vivant qu’un Français mort ». Cette guerre est d’abord profondément injuste – l’histoire de la France n’est pas celle des USA- et ensuite extrêmement dangereuse pour notre paix civile. Madame Michu et monsieur Bidochon vont finir par se lasser d’être méprisés par les petits marquis qui nous dirigent et culpabilisés par des agitateurs haineux dont ils se demandent bien en quoi ils pourraient bien être une chance pour la France.

Cependant, pour montrer notre bonne volonté, nous n’allons pas mettre un genou en terre, nous allons en mettre deux. Pour nous relever ! Par fidélité à nos Anciens et à l’appel de Dom Gérard Calvet, abbé du Barroux :

« Pour se relever, un peuple couché doit d’abord se mettre à genoux ».

Jean-Pierre Maugendre

( 20 mai, 2020 )

Victoire !

 

Communiqué de Renaissance Catholique

 

Dès la nouvelle connue les réseaux sociaux se sont enflammés. La cathosphère embrasée. Les tweets ont fusé. Les familles se sont embrassées. Les prêtres fidèles, confinés, ont sabré le champagne. Une liesse que ne peuvent comprendre ceux qui ont fait de leur ventre leur dieu s’est emparée des catholiques pour qui : « Le culte de la sainte Eucharistie (constitue) comme la source et l’origine de la vraie piété chrétienne » (Mediator Dei, Pie XII, 20 novembre 1947). Par un arrêté du 18 mai le Conseil d’Etat venait d’ordonner au gouvernement de « lever l’interdiction générale et absolue de réunion dans les lieux de culte » dénonçant : « une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de culte ». Était ainsi réduit à néant l’article 10 § III du décret No 2020-548 décrétant : « Les établissements de culte sont autorisés à rester ouverts. Tout rassemblement ou réunion en leur sein est interdit ». Le gouvernement dispose d’un délai de huit jours pour revoir sa copie.

La vie est un combat

Ce jugement faisait suite à plusieurs requêtes déposées par des personnes privées mais aussi, globalement, par l’ensemble de ce qu’il est convenu d’appeler le monde de la Tradition, par référence à la liturgie romaine traditionnelle : sociétés religieuses, associations, personnalités politiques ou intellectuelles, etc. Il convient d’abord, de rendre hommage aux requérants et à leurs avocats pour leur action, dont le succès était tout sauf certain. Ensuite, il faut observer que ce rétablissement de la liberté de culte a été le fruit d’une véritable bataille judiciaire et non le résultat d’un dialogue de l’épiscopat avec les autorités gouvernementales. Une partie du monde catholique s’était enthousiasmée à l’écoute du discours aux Bernardins d’Emmanuel Macron le 9 avril 2018, omettant d’arrêter son attention sur cette déclaration sans ambiguïté :  « Je demanderai ( …) de respecter absolument et sans compromis aucun toutes les lois de la République. C’est cela la laïcité, ni plus ni moins, une règle d’airain pour notre vivre-ensemble qui ne souffre aucun compromis ». On a connu propos plus empathiques !

Un épiscopat globalement absent

Il eut paru logique que l’épiscopat français fût à la pointe de ce combat pour le rétablissement de la liberté de culte. Il n’en a rien été. Mgr Aupetit, archevêque de Paris, avait annoncé après que des policiers fussent entrés, en armes, dans une église de Paris qu’il se préparait à « prendre la parole et aboyer très fort ». Pas le moindre petit jappement ne semble être parvenu à l’oreille du gouvernement qui, quelques jours plus tard, renouvelait son interdiction du culte public. Nous serions plutôt au Temps des chiens muets pour reprendre le titre de la passionnante autobiographie de Mgr Seitz, évêque de Kontum au Viet-Nam. Pas un seul évêque ni un seul prêtre diocésain ne figure parmi les requérants de l’arrêté du 18 mai même si quelques évêques et prêtres ont assumé des positions courageuses à rebours de la démission générale. Le fait est là. Incontournable. Massif. Le 18 mai au soir, un communiqué de la Conférence des Evêques de France a « pris acte » de la décision. On eut pu espérer que la CEF se réjouisse du rétablissement de la liberté de culte en France. Que nenni ! Elle se contente de prendre acte de ce fait, comme elle prendrait acte de l’augmentation du prix des poireaux. Dans le même communiqué la CEF se réjouit que cette décision aille dans le sens des demandes de la lettre de Mgr de Moulins-Beaufort à Emmanuel Macron le 15 mai dernier. Comment se dit « mouche du coche » en latin ?

Tout cela laissera des traces. Le mépris que les pouvoirs publics ont affiché vis-à-vis des représentants de l’épiscopat les a meurtris. Les humiliations contre les catholiques sont quotidiennes. Ainsi Olivier Véran, notre « sympathique » ministre de la santé, s’est énervé du temps consacré à la liberté de culte (30’) lors des débats sur le déconfinement à l’Assemblée nationale. Stupéfaits les évêques de France découvrent que leur parole ne pèse quasiment plus rien dans le débat public. Le rôle qui leur est dévolu dans le « Nouveau monde » est de célébrer des obsèques dans les lieux prestigieux que bâtirent nos ancêtres et de chanter les louanges des défunts, quels qu’aient été leurs comportements antérieurs (vie dissolue, promotion de l’avortement, appartenance à des sectes maçonniques condamnées par l’Église, etc.) Cette prise de conscience est cruelle. Une autre ne l’est pas moins. C’est celle d’une partie des fidèles, qu’il est simpliste mais utile, et pas complétement faux, de qualifier de conciliaires. Beaucoup se sont sentis abandonnés par leurs pasteurs. La confiance s’est effritée. Après avoir observé que leurs amis paroissiens des communautés traditionnelles vivaient un confinement liturgique, physique ou virtuel, disons plus audacieux, que dans leurs paroisses ils constatent que la liberté de culte leur est rendue grâce à l’action de ces mêmes communautés ou de leurs proches. Certains s’interrogent. D’autres ont déjà franchi le pas, rejoignant les dites communautés.

Deux conceptions différentes

C’est fondamentalement sur sa relation au monde que se partage, depuis longtemps et durablement encore, l’Église qui est en France. Deux visions s’affrontent. Une vision initiée par Léon XIII et son encyclique sur le ralliement (Au milieu des sollicitudes, 16 février 1892) de conciliation avec les pouvoirs publics et de refus des conflits. Ce fut, en 1905, la position des évêques de France qui étaient prêts à accepter la mise en place des associations cultuelles avant que saint Pie X par l’encyclique Vehementer Nos du 11 février 1906 ne l’interdise absolument. L’autre vision trouve ses racines dans l’histoire longue de notre pays. Le monde traditionnel est, par nature, moins consensuel avec les pouvoirs publics issus de la Révolution française, que le monde conciliaire. Il vibre davantage à la devise de sainte Jeanne d’Arc : « Messire Dieu premier servi » qu’à la déclaration de clôture du concile Vatican II par le pape Paul VIle 7 décembre 1965 : « Nous, plus que quiconque nous avons le culte de l’homme ». Les coups de matraque et les coups de crosse sont constitutifs de sa culture. Il sait que la promulgation de la fête de sainte Jeanne d’Arc comme fête nationale, en 1920, n’a pas été que le fruit de l’action du Saint-Esprit mais aussi la conséquence des 10 000 jours de prison endurés par les camelots du roi. Quant à celui qui restera devant l’histoire comme la figure de proue de la résistance traditionaliste, Mgr Marcel Lefebvre, chacun sait les avanies qu’il dut subir.

Ces débats ne datent pas d’aujourd’hui. Déjà, en 1905 Jean Jaurés notait : « Nos adversaires nous ont-ils répondu ? Ont-ils opposé doctrine à doctrine, idéal à idéal ? Ont-ils eu le courage de dresser contre la pensée de la Révolution l’entière pensée catholique qui revendique pour Dieu, pour le Dieu de la révélation chrétienne, le droit non seulement d’inspirer et de guider la société spirituelle, mais de façonner la société civile ? Non, ils se sont dérobés ; ils ont chicané sur des détails d’organisation. Ils n’ont pas affirmé nettement le principe même qui est comme l’âme de l’Église ». Enfin, ce jugement du Conseil d’Etat met en lumière et confirme la montée en puissance dans l’Église de France de ceux que Yann Raison du Cleuziou a appelé les « catholiques observants ». Le combat de la foi, aujourd’hui, ne semble plus mené prioritairement par les évêques, en corps, hormis quelques exceptions mais par des laïcs et des communautés religieuses, fidèles à la grande Tradition de l’Église.

Jean-Pierre Maugendre

Renaissance Catholique
25 A rue Montebello
78000 VERSAILLES
Tél : 01 39 51 97 03

123
Page Suivante »
|