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( 20 mai, 2020 )

Victoire !

 

Communiqué de Renaissance Catholique

 

Dès la nouvelle connue les réseaux sociaux se sont enflammés. La cathosphère embrasée. Les tweets ont fusé. Les familles se sont embrassées. Les prêtres fidèles, confinés, ont sabré le champagne. Une liesse que ne peuvent comprendre ceux qui ont fait de leur ventre leur dieu s’est emparée des catholiques pour qui : « Le culte de la sainte Eucharistie (constitue) comme la source et l’origine de la vraie piété chrétienne » (Mediator Dei, Pie XII, 20 novembre 1947). Par un arrêté du 18 mai le Conseil d’Etat venait d’ordonner au gouvernement de « lever l’interdiction générale et absolue de réunion dans les lieux de culte » dénonçant : « une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de culte ». Était ainsi réduit à néant l’article 10 § III du décret No 2020-548 décrétant : « Les établissements de culte sont autorisés à rester ouverts. Tout rassemblement ou réunion en leur sein est interdit ». Le gouvernement dispose d’un délai de huit jours pour revoir sa copie.

La vie est un combat

Ce jugement faisait suite à plusieurs requêtes déposées par des personnes privées mais aussi, globalement, par l’ensemble de ce qu’il est convenu d’appeler le monde de la Tradition, par référence à la liturgie romaine traditionnelle : sociétés religieuses, associations, personnalités politiques ou intellectuelles, etc. Il convient d’abord, de rendre hommage aux requérants et à leurs avocats pour leur action, dont le succès était tout sauf certain. Ensuite, il faut observer que ce rétablissement de la liberté de culte a été le fruit d’une véritable bataille judiciaire et non le résultat d’un dialogue de l’épiscopat avec les autorités gouvernementales. Une partie du monde catholique s’était enthousiasmée à l’écoute du discours aux Bernardins d’Emmanuel Macron le 9 avril 2018, omettant d’arrêter son attention sur cette déclaration sans ambiguïté :  « Je demanderai ( …) de respecter absolument et sans compromis aucun toutes les lois de la République. C’est cela la laïcité, ni plus ni moins, une règle d’airain pour notre vivre-ensemble qui ne souffre aucun compromis ». On a connu propos plus empathiques !

Un épiscopat globalement absent

Il eut paru logique que l’épiscopat français fût à la pointe de ce combat pour le rétablissement de la liberté de culte. Il n’en a rien été. Mgr Aupetit, archevêque de Paris, avait annoncé après que des policiers fussent entrés, en armes, dans une église de Paris qu’il se préparait à « prendre la parole et aboyer très fort ». Pas le moindre petit jappement ne semble être parvenu à l’oreille du gouvernement qui, quelques jours plus tard, renouvelait son interdiction du culte public. Nous serions plutôt au Temps des chiens muets pour reprendre le titre de la passionnante autobiographie de Mgr Seitz, évêque de Kontum au Viet-Nam. Pas un seul évêque ni un seul prêtre diocésain ne figure parmi les requérants de l’arrêté du 18 mai même si quelques évêques et prêtres ont assumé des positions courageuses à rebours de la démission générale. Le fait est là. Incontournable. Massif. Le 18 mai au soir, un communiqué de la Conférence des Evêques de France a « pris acte » de la décision. On eut pu espérer que la CEF se réjouisse du rétablissement de la liberté de culte en France. Que nenni ! Elle se contente de prendre acte de ce fait, comme elle prendrait acte de l’augmentation du prix des poireaux. Dans le même communiqué la CEF se réjouit que cette décision aille dans le sens des demandes de la lettre de Mgr de Moulins-Beaufort à Emmanuel Macron le 15 mai dernier. Comment se dit « mouche du coche » en latin ?

Tout cela laissera des traces. Le mépris que les pouvoirs publics ont affiché vis-à-vis des représentants de l’épiscopat les a meurtris. Les humiliations contre les catholiques sont quotidiennes. Ainsi Olivier Véran, notre « sympathique » ministre de la santé, s’est énervé du temps consacré à la liberté de culte (30’) lors des débats sur le déconfinement à l’Assemblée nationale. Stupéfaits les évêques de France découvrent que leur parole ne pèse quasiment plus rien dans le débat public. Le rôle qui leur est dévolu dans le « Nouveau monde » est de célébrer des obsèques dans les lieux prestigieux que bâtirent nos ancêtres et de chanter les louanges des défunts, quels qu’aient été leurs comportements antérieurs (vie dissolue, promotion de l’avortement, appartenance à des sectes maçonniques condamnées par l’Église, etc.) Cette prise de conscience est cruelle. Une autre ne l’est pas moins. C’est celle d’une partie des fidèles, qu’il est simpliste mais utile, et pas complétement faux, de qualifier de conciliaires. Beaucoup se sont sentis abandonnés par leurs pasteurs. La confiance s’est effritée. Après avoir observé que leurs amis paroissiens des communautés traditionnelles vivaient un confinement liturgique, physique ou virtuel, disons plus audacieux, que dans leurs paroisses ils constatent que la liberté de culte leur est rendue grâce à l’action de ces mêmes communautés ou de leurs proches. Certains s’interrogent. D’autres ont déjà franchi le pas, rejoignant les dites communautés.

Deux conceptions différentes

C’est fondamentalement sur sa relation au monde que se partage, depuis longtemps et durablement encore, l’Église qui est en France. Deux visions s’affrontent. Une vision initiée par Léon XIII et son encyclique sur le ralliement (Au milieu des sollicitudes, 16 février 1892) de conciliation avec les pouvoirs publics et de refus des conflits. Ce fut, en 1905, la position des évêques de France qui étaient prêts à accepter la mise en place des associations cultuelles avant que saint Pie X par l’encyclique Vehementer Nos du 11 février 1906 ne l’interdise absolument. L’autre vision trouve ses racines dans l’histoire longue de notre pays. Le monde traditionnel est, par nature, moins consensuel avec les pouvoirs publics issus de la Révolution française, que le monde conciliaire. Il vibre davantage à la devise de sainte Jeanne d’Arc : « Messire Dieu premier servi » qu’à la déclaration de clôture du concile Vatican II par le pape Paul VIle 7 décembre 1965 : « Nous, plus que quiconque nous avons le culte de l’homme ». Les coups de matraque et les coups de crosse sont constitutifs de sa culture. Il sait que la promulgation de la fête de sainte Jeanne d’Arc comme fête nationale, en 1920, n’a pas été que le fruit de l’action du Saint-Esprit mais aussi la conséquence des 10 000 jours de prison endurés par les camelots du roi. Quant à celui qui restera devant l’histoire comme la figure de proue de la résistance traditionaliste, Mgr Marcel Lefebvre, chacun sait les avanies qu’il dut subir.

Ces débats ne datent pas d’aujourd’hui. Déjà, en 1905 Jean Jaurés notait : « Nos adversaires nous ont-ils répondu ? Ont-ils opposé doctrine à doctrine, idéal à idéal ? Ont-ils eu le courage de dresser contre la pensée de la Révolution l’entière pensée catholique qui revendique pour Dieu, pour le Dieu de la révélation chrétienne, le droit non seulement d’inspirer et de guider la société spirituelle, mais de façonner la société civile ? Non, ils se sont dérobés ; ils ont chicané sur des détails d’organisation. Ils n’ont pas affirmé nettement le principe même qui est comme l’âme de l’Église ». Enfin, ce jugement du Conseil d’Etat met en lumière et confirme la montée en puissance dans l’Église de France de ceux que Yann Raison du Cleuziou a appelé les « catholiques observants ». Le combat de la foi, aujourd’hui, ne semble plus mené prioritairement par les évêques, en corps, hormis quelques exceptions mais par des laïcs et des communautés religieuses, fidèles à la grande Tradition de l’Église.

Jean-Pierre Maugendre

Renaissance Catholique
25 A rue Montebello
78000 VERSAILLES
Tél : 01 39 51 97 03

( 12 mai, 2020 )

Référé-liberté contre le décret interdisant le culte public

 

 

Communiqué

 

Jeudi 7 mai, le Premier ministre a confirmé le déconfinement de la population française et des activités au 11 mai prochain.

Le culte public reste pourtant interdit. 

Cette interdiction porte gravement atteinte à la liberté de culte, liberté à valeur constitutionnelle. Elle constitue en outre une ingérence manifeste de l’Etat qui, alors que les églises sont ouvertes, s’immisce illégalement dans l’exercice du culte au mépris de la laïcité. 

Le 11 mai, la population sera déconfinée et pourra circuler à nouveau librement sur la voie publique. Les écoles primaires, les bibliothèques, médiathèques et de nombreux musées vont rouvrir. Pourtant, l’exercice du culte public restera interdit tout comme la possibilité d’enterrer dignement nos morts.

Les citoyens français, laïcs et pasteurs que nous sommes ne peuvent se résoudre à des mesures violant à ce point leurs droits fondamentaux.

C’est pourquoi nous nous associons sans réserve au recours qui est déposé par les quatre instituts religieux mentionnés ci-après, auprès du Conseil d’État, contre le décret qui vient de paraître formalisant ces annonces des 28 avril et 7 mai, afin que le juge des référés fasse cesser ces atteintes gravement illégales à la liberté fondamentale du culte.

Pour la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, l’abbé Benoît Paul-Joseph, Supérieur du District de France

Pour l’Institut du Bon Pasteur, l’abbé Philippe Laguérie, Fondateur et Supérieur général émérite

Pour l’Institut du Christ-Roi-Souverain-Prêtre, le Chanoine Louis Valadier, Provincial de France

Pour la Fraternité Saint-Vincent Ferrier, le Très Révérend Père Louis-Marie de Blignières, Fondateur et Prieur

Avec le soutien de :

  • Dom Louis-Marie, Père Abbé du monastère Sainte-Madeleine du Barroux
  • Père Marc, Prieur du monastère Sainte-Marie de La Garde
  • Jean de Tauriers, Président de l’association Notre-Dame de Chrétienté
  • Jean-Pierre Maugendre, Président de l’association Renaissance Catholique 
  • Guillaume Jourdain de Thieulloy, Directeur de publication du Salon Beige
  • Philippe Maxence, Rédacteur en chef de L’Homme Nouveau
( 9 avril, 2020 )

In memoriam : docteur Xavier Dor (30 janvier 1929 – 4 avril 2020)

 

 

Communiqué de RENAISSANCE CATHOLIQUE

 

Son bon sourire n’illuminera plus nos Universités d’été.

Nous n’entendrons plus sa voix chaleureuse nous dire, après qu’il nous eût chaleureusement serré les mains, et comme si nous étions les seuls à compter à ses yeux : « Oh ! Comme je suis heureux de vous voir ! » Alors qu’il n’avait fait que reconnaître notre voix, étant aux trois quart aveugle…

Il ne sera plus, à la face du monde, la si parfaite incarnation de la belle devise : « fortiter ac suaviter, courageusement et avec douceur », témoin exigeant et sacrifié de la radicalité de l’Évangile. Parce que nous le trouvions toujours devant nous chaque fois que la vie de l’enfant à naître était en danger, nous croyions, naïvement, qu’il serait éternellement avec nous. Il nous a quittés et nous ne parvenons pas à le croire. Il nous manque déjà.

Le docteur Xavier Dor, fondateur de l’association SOS Tout-Petits est décédé ce 4 avril, victime du corona virus, « mal qui répand la terreur, mal que le ciel en sa fureur inventa pour punir les crimes de la terre ». (Jean de La Fontaine in Les animaux malades de la peste)

SOS Tout-Petits

Dès la promulgation de la loi Veil, en 1975, le docteur Dor, pédiatre puis embryologiste, s’était engagé dans la défense de la vie humaine innocente, fondant en 1986 l’association SOS Tout-Petits. Parmi la nébuleuse pro-vie le charisme propre de l’association était de se rendre dans les lieux où avaient lieu les avortements afin de discuter, et prier, avec les patientes et le personnel médical, tout en leur distribuant des médailles miraculeuses. Ce mode d’action étant pénalement non répréhensible fut votée en 1993 une loi ad hominem, dite loi Neiertz, instituant un délit d’entrave à l’avortement. Si les actions du docteur Dor étaient prioritairement visées, aujourd’hui déconseiller à qui que ce soit : une amie, une parente, etc. de recourir à l’avortement est passible de poursuites. Il en fallait plus pour décourager cette âme de feu, habitant un corps pourtant chétif et frêle. Le docteur Dor poursuivit son action, s’éloignant seulement un peu physiquement des centres d’avortement. Onze condamnations s’ensuivirent aboutissant à cinq mois de prison pour avoir présenté à une jeune femme qui venait d’avorter des chaussons de bébé. Insupportable violence de la layette ! Qui dira qu’il n’y a pas de justice en France et que les prisons sont engorgées ? A cette occasion le docteur Dor demanda, en décembre 1997, à bénéficier du droit d’asile à la nonciature à Paris. Il fut refoulé à l’issue d’une journée de présence.

Trois leçons

Le docteur Dor nous a appris trois choses essentielles.

Tout d’abord : « La conscience n’est pas la lumière, elle est l’œil qui regarde la lumière. » Il existe une réalité objective du bien et du mal. L’homme a la responsabilitéde rechercher cette réalité qui s’appelle la loi naturelle. Il n’a pas à décider de ce qui est bien et de ce qui est mal.

Ensuite, il est essentiel de bien distinguer le pécheur et le péché. Ce qu’il faut condamner c‘est le péché. Quant au pécheur il faut implorer pour lui la miséricorde de Dieu. Cette miséricorde, dont nous savons qu’elle est sans limites, mais pas sans conditions.

Enfin, le combat pour la défense de la vie humaine innocente revêt une dimension eschatologique. Ne sont pas en jeu que des forces naturelles. Ce combat met aux prises Satan lui-même avec la création. Ce que Satan hait en toute créature humaine, c’est qu’elle soit constituée à l’image de Dieu. Entraver la vie et son développement c’est ainsi réduire le nombre des élus appelés à partager la vision béatifique avec Dieu. Contre cette action proprement satanique il n’existe qu’un remède : « Cette sorte de démons ne se vainc que par la prière et la pénitence. » (Matt XVII,21)

Ses adversaires ont présenté le docteur Dor comme un ayatollah illuminé. Il n’y avait pas plus doux ni plus raisonnable que ce digne vieillard, très cultivé, d’une candeur désarmante qui nous a fait l’amitié et l’honneur de participer à quasiment toutes nos universités d’été depuis sa première venue en 1996. (Face à la culture de mort in Qui a peur du baptême de Clovis ?)

Le docteur Dor n’était pas un adepte de la langue de buis. A rebours de nombreux mouvements pro-vie toujours dans la surenchère sur leur positionnement « aconfessionnel et apolitique », il se voulait fièrement catholique et dénonçait, sans relâche, la franc-maçonnerie dans laquelle il voyait l’origine de toutes les législations diaboliques contre le respect de la loi naturelle : avortement, divorce, contraception, etc. Plusieurs fois il manifesta et pria devant le siège du Grand Orient de France, rue Cadet.  Le docteur Dor n’était pas l’homme des « accommodements raisonnables » ni d’une honnête médiocrité mondaine mais un cœur ardent, toujours jeune de l’éternelle jeunesse de la vérité.

Un nouvel intercesseur

Nous confions, dans la prière et l’espérance, la belle âme du docteur Dor à la miséricorde de Dieu. En d’autres temps c’est à Notre-Dame de Paris que se fussent célébrées les funérailles de ce héraut de l’Evangile de la vie avec grand concours de peuple et foule de cardinaux, évêques et archevêques. Pour l’heure, plus modestement, nous nous réjouirions d’un communiqué de la conférence des évêques de France pour saluer la mémoire de ce bon et fidèle serviteur…

Si nous avons perdu, ici-bas, un ami et un maître nous ne doutons pas d’avoir gagné, au ciel, un protecteur et un intercesseur. Requiescat In Pace.

Jean-Pierre Maugendre

Renaissance Catholique
25 A rue Montebello
78000 VERSAILLES
Tél : 01 39 51 97 03

( 4 avril, 2020 )

Pouvons-nous encore leur faire confiance ?

 

communiqué de Renaissance Catholique

 

« Au fond comme chef de l’Etat, deux choses lui avaient manqué : qu’il fût un chef ; qu’il y eût un Etat. » Ne les croirait-on pas écrites par un historien du futur, à propos de notre Jupiter élyséen, ces lignes qui sont, en réalité, le jugement peu amène que porte le général De Gaulle sur son prédécesseur, le président Lebrun, dans Les mémoires de guerre. Emmanuel Macron s’agite, visite les hôpitaux et les usines. Il parle beaucoup, sans doute trop. Il ne sait pas faire synthétique et impose à son public de longs monologues moralisateurs, en jamais moins de 25 minutes. Au lendemain du putsch des généraux, le général De Gaulle était intervenu à la télévision, le 23 avril 1961, pendant 6 minutes 20 secondes. Ce fut clair, direct et percutant :  j’ordonne, j’interdis, j’ai décidé, par tous les moyens. Trois jours plus tard le putsch était avorté, les condamnations pleuvaient, « l’ordre républicain était rétabli. »

Le fiasco du coronavirus

Le fait est que la France s’avère être un des pays les plus sévèrement touchés par la pandémie du coronavirus. Des pays comme Taiwan, la Corée du sud, le Japon ou l’Allemagne enregistrent un nombre bien moins important de victimes que la France. La recette gagnante semble être : fermeture des frontières / mise à disposition de tests et de masques / capacités hospitalières. Malheureusement, pour nous, notre pays, depuis le début, a joué à contre-emploi et à contre-temps. Par idéologie, les frontières n’ont pas été immédiatement fermées. Par mercantilisme les stocks de masques et de tests n’ont pas été entretenus et reconstitués. Par impéritie, depuis des décennies, le système de soin, qu’avec sa modestie habituelle notre classe dirigeante présentait comme le plus performant du monde, s’est avéré inadapté et obsolète. Après nous avoir expliqué que les masques ne servaient à rien, et que d’ailleurs elle ne savait pas en mettre un, la pétulante porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye – une toute jeune française naturalisée il y a moins de 4 ans – a dû opérer un retro pédalage spectaculaire, Emmanuel Macron ne se déplaçant plus sans son masque de combat. La réalité est que comme il n’y avait pas assez de masques disponibles, il était plus expédient d’affirmer qu’ils ne servaient à rien.

Auraient-ils changé ?

Le Président de la République et l’équipe gouvernementale en appellent à l’Union nationale… autour d’eux. Mais, sans doute en font-ils un peu trop : l’entourage du Président évoque ainsi, sans rire, sa « présence thaumaturge. » Bientôt Emmanuel 1er guérira les écrouelles ! De son côté Emmanuel Macron multiplie les mâles déclarations, brûlant aujourd’hui ce qu’il adorait hier. À l’entendre il aurait tiré les leçons de ces événements et en appelle à « produire davantage sur notre sol », « rebâtir notre souveraineté nationale », etc. Quelle créance accorder à ces propos ? Adaptant une réflexion d’Etienne Gilson on serait tenté de penser : « Qu’est-ce qu’un ministère d’union nationale ? C’est un ministère de mondialistes qui fait appel au dévouement des patriotes pour l’aider à tirer la France du péril où le mondialisme l’a mise et, l’en ayant tiré, continuer de la persécuter. » Le premier ministre arpente à grandes enjambées les allées du pouvoir soupirant : « C’est une catastrophe ! C’est une catastrophe ! » Le pouvoir politique se réfugie derrière l’autorité des comités Théodule et l’avis des experts, illustrant le propos de monsieur de Bonald :  Quand les esprités nés pour gouverner deviennent rares, on multiplie les délibérations et les conseils. Le vaisseau qui n’a plus de boussole se dirige à l’estime. » À aucun moment nos dirigeants ne se remettent en cause et en tirent les conséquences. Tout cela c’est de la faute à pas de chance et aux mauvais Français qui ne respectent pas le confinement.

Pouvons-nous encore leur faire confiance ? dans communiqués

Le Préfet de police de Paris, Lallement, manifestement un joyeux drille, vient d’expliquer avant de s’excuser, mais c’est toujours le premier mouvement qui est révélateur du fond des êtres, que les personnes hospitalisées l’avaient, en définitive, bien mérité puisque, manifestement, elles n’avaient pas respecté le confinement.

Enfin, en ce mois d’avril, presque un an après l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris aurons-nous la cruauté de rappeler que l’État, qui n’avait pas su prévenir l’incendie, s’engageait par la voix de son chef, à la rebâtir, dans un délai de cinq ans « plus belle encore ». Y a-t-il un inconscient prêt à prendre des paris sur cette reconstruction dans les délais annoncés ?

Ils n’ont pas changé.

Cependant, les vieux réflexes demeurent, laissant entrevoir la queue du chat et l’entourloupe en cours. Christophe Castaner, Ministre de l’Intérieur, demande de faire preuve de « pédagogie » et de « discernement » lors des contrôles de confinement dans ce qu’ils appellent les « quartiers populaires » et qui sont en fait des enclaves étrangères.  Pour les autres ni pédagogie, ni discernement : l’amende et la trique.

Olivier Véran déplore quant à lui « la réduction inquiétante du recours à l’IVG » pendant que la sénatrice Laurence Rossignol demande que l’avortement soit possible sans délai d’aménorrhée, puisque les difficultés psychologiques de cette période pourraient assimiler tout avortement à une IMG (Interruption Médicale de Grossesse) effectivement légale jusqu’à la naissance.

La focalisation sur l’hôpital public, au détriment de la médecine libérale et des cliniques privées, dans le traitement du coronavirus remet en mémoire ce célèbre slogan du théoricien du fascisme, Giovanni Gentile : « Tout pour l’État, tout par l’État, rien en dehors de l’État. » Ce même État qui, actionnaire principal de La Poste, laisse celle-ci décider unilatéralement de la cessation de la distribution du courrier. Il y a presque un siècle les hommes de l’Aéropostale Guillaumet, Mermoz et Saint-Exupéry défiaient la cordillère des Andes pour transporter le courrier ; aujourd’hui les agents du « service public » de La Poste sont aux abonnés absents à la demande de leur direction ou en grève, au nom du principe de précaution. La France qui gagnait parce qu’elle osait, a laissé la place à une France qui semble avoir oublié que : « Une civilisation repose sur ce qui est exigé des hommes, non sur ce qui leur est fourni. » A de Saint-Exupéry in Citadelle

Nous n’avons pas confiance

Tout au long du développement de la crise des gilets jaunes les déclarations se sont multipliées : Nous vous avons compris, rien ne sera plus comme avant, etc. Rien de fondamental n’a changé si ce n’est que l’État a fait quelques chèques. Les mêmes nous refont aujourd’hui exactement le même coup. Leur crédibilité est nulle. Le problème ce ne sont pas les hommes mais le Système. Qui osera le remettre en cause alors que beaucoup de nos contemporains ne peuvent plus supporter ni leurs maux ni leurs remèdes ? Quant à nous, disons-le tout net :  nous n’avons aucune confiance dans les responsables de notre déroute pour mener à bien les nécessaires réformes, parfois radicales, dont notre pays à besoin pour continuer d’exister.

Jean-Pierre Maugendre

Renaissance Catholique
25 A rue Montebello
78000 VERSAILLES
Tél : 01 39 51 97 03

( 19 juin, 2019 )

Vers une Contre-Révolution catholique ?

 

Communiqué de Renaissance Catholique


À
une semaine d’intervalle deux signaux, en apparence contradictoires, ont été émis par les catholiques de France.
D’une part, le score électoral très modeste de François-Xavier Bellamy aux élections européennes, même dans les isolats catholiques votant traditionnellement à droite de l’ouest parisien, atteste qu’une part notable de la bourgeoisie catholique accorde plus d’importance à la défense de ses intérêts matériels qu’aux principes moraux défendus par l’Église.
D’autre part, la nouvelle progression très sensible du nombre de participants  au pèlerinage de Pentecôte Paris-Chartres (14 000 participants, moyenne d’âge : 21 ans), atteste qu’une part siginificative, et la plus jeune, du catholicisme contemporain est capable de sacrifier trois journées de vacances pour prier, souffrir, être enseignée, vivre en autarcie une micro-chrétienté itinérante, participer à une liturgie sublime et immémoriale et écouter les paroles de feu et de combat d’un évêque, Mgr Léonard, archevêque émérite de Malines-Bruxelles, : qu’il n’aurait été possible d’entendre, il y a quelques décennies, que dans la bouche de… Mgr Lefebvre. Les fidèles de ce dernier rassemblant de leur côté 4 000 marcheurs dont 1 600 pour la colonne enfants-adolescents, aux mêmes dates, mais en sens inverse.

Deux catholicismes se font face

Deux catholicismes se font face. Un catholicisme vieillissant, sociologiquement installé, bourgeois, résiduel qui a d’autant plus pris son parti du monde tel qu’il est qu’il y a, confortablement, trouvé sa place. C’est le catholicisme institutionnel, dominant, de la conférence des évêques de France, de l’enseignement catholique, de la direction de l’ICES.
Là-contre, émerge, chaque jour plus puissant, un catholicisme que dans un passionnant essai, intitulé
Une contre-révolution catholique. Aux origines de la Manif Pour Tous, le sociologue Yann Raison du Cleuziou a qualifié de « catholicisme observant ». Ce catholicisme observant, autrefois on aurait dit « intransigeant », se fixe comme objectif prioritaire la transmission intégrale de la foi catholique et n’a pas renoncé à féconder la société civile des valeurs de l’Evangile. Il est un fait que depuis une cinquantaine d’années les deux structures privilégiées de transmission de la foi qu’étaient l’Eglise et l’école catholique ont largement renoncé à leur mission. Le catéchisme n’est plus enseigné, une liturgie désacralisée fait l’impasse sur la transcendance de Dieu et ses mystères, etc. N’ont réussi à transmettre le dépôt sacré de la foi, sauf exceptions, que les familles qui ont trouvé en elles-mêmes les ressorts moraux, intellectuels et spirituels de la transmission. À l’aune de ce constat, le catholicisme s’est réduit à une partie de la bourgeoisie catholique, accompagnée par quelques prêtres, qui avait les moyens intellectuels de résister à l’apostasie immanente des « nouveaux prêtres » selon l’expression de Michel de Saint-Pierre. Yann Raison du Cleuziou, comme avant lui Guillaume Cuchet dans Comment notre monde a cessé d’être chrétien, confirme que seules ces familles observantes ont transmis et transmettent encore la foi. Le catholicisme de gauche est mort, même si son cadavre bouge encore dans les officines épiscopales.

Des lieux de rencontre

La Manif pour Tous, comme le Pèlerinage de Chrétienté à la Pentecôte, a été le lieu de rencontre de ces différentes familles « observantes » soit : la mouvance charismatique (Emmanuel, Béatitudes), les néo-classiques (communautés Saint-Jean, Saint-Martin), les traditionalistes (communautés Ecclesia Dei et Fraternité Saint Pie X). Les uns et les autres acceptent de vivre en opposition avec les valeurs dominantes de la société post moderne, par fidélité à la loi de Dieu. Le point de clivage le plus apparent entre ces différentes mouvances est, bien sûr, la question liturgique. Les jeunes générations sont, d’un côté comme de l’autre, moins sensibles à cette ligne de fracture sans doute amenée à s’estomper au fil du temps au bénéfice d’une liturgie réformée resacralisée voire de la liturgie traditionnelle. Aujourd’hui 25% des ordinations sacerdotales en France sont effectuées selon la forme extraordinaire du rite romain alors que les traditionalistes ne représentent que 3 ou 4 % des catholiques. De nombreux évêques, que leur histoire ne prédisposait guère à célébrer cette forme du rite romain, s’y mettent peu à peu. Citons Mgr Cattenoz à Avignon, Mgr Rey (de la communauté de l’Emmanuel) à Toulon, Mgr Aillet (de la communauté Saint-Martin) à Bayonne. La fécondité « vocationnelle » de la messe traditionnelle est un fait qui n’est plus à démontrer, uniquement contredit par l’essor de la communauté Saint-Martin. Ce tableau des catholiques observants serait incomplet si n’était notée leur relation « décomplexée » avec l’épiscopat français, fruit d’une histoire tumultueuse. La communauté Saint-Martin trouve son origine à Gênes car son fondateur, l’abbé Guérin, était persona non grata en France malgré son acceptation de la réforme liturgique. Pendant plusieurs années, de 1983 à 1989, les pèlerins de la Pentecôte à Chartres n’ont pas eu le droit de faire célébrer la messe dans la cathédrale. Tout est « oublié, pardonné » mais… Inexorablement, pour des raisons simplement biologiques, le poids des catholiques observants est amené à croître dans l’Eglise de France. Qui sauvera le diocèse de Montauban dont l’évêque, Mgr Ginoux, vient de confier à l’Homme Nouveau que la moyenne d’âge de son clergé est de 78 ans et que sur les 30 prêtres actifs de son diocèse la moitié sont étrangers, essentiellement africains ?

Quelle manifestation politique ?

L’émergence politique des catholiques observants s’est faite à l’occasion des manifestations pour la défense du mariage naturel. Traditionnellement ces catholiques étaient la chasse gardée du Front national. Les catholiques traditionalistes étaient nombreux au bureau politique du FN, la fête annuelle des BBR commençait par la célébration de la messe traditionnelle, le programme était très inspiré de la doctrine sociale de l’Eglise rappelant le caractère sacré de la vie humaine innocente, refusant la banalisation de l’avortement, promouvant le chèque scolaire, favorisant la liberté d’enseignement, etc. Sous la conduite de Marine Le Pen ce programme a été sensiblement édulcoré, le Rassemblement national ayant, désormais, sur l’avortement, l’euthanasie, la loi Léonetti des positions très politiquement correctes. Comme l’ont montré ses entretiens avôec Samuel Pruvost, dans son livre 2017 Les candidats à confesse, la présidente du Rassemblement national semble entretenir un lourd contentieux non avec la foi, dit-elle, mais avec les chrétiens, ce qui ne simplifie pas les choses.
François-Xavier Bellamy, figure nouvelle de la vie politique, vrai ou faux ingénu, l’avenir le dira, intellectuellement très supérieur à l’ensemble de ses rivaux a accepté une mission impossible : assumer des valeurs conservatrices et, disons sommairement, de droite à la tête d’une organisation politique qui depuis des décennies trompe ses électeurs. Signe patent de la confusion des esprits : le successeur, provisoire, de Laurent Wauquiez à la tête des Républicains est Jean Léonetti, promoteur de la loi portant son nom rendant possible l’arrêt de l’hydratation et de l’alimentation de Vincent Lambert contre laquelle s’est élevé… François-Xavier Bellamy. Le fait est que le résultat des élections européennes n’a en aucune façon constitué un frein aux «
avancées sociétales » puisque l’extension de la PMA est au menu de la rentrée parlementaire et que la GPA suivra inéluctablement.
Politiquement, ou plutôt électoralement, les catholiques observants se sentent un peu orphelins. Les sujets de société qui leur tiennent à cœur, car ce sont eux qui assurent la pérennité et la stabilité d’une société et d’une civilisation, ne leur semblent réellement portés par personne.

Vers un catholicisme religieux ?

Ces catholiques ont également conscience d’être une toute petite minorité (2% de pratique religieuse). Cependant l’émoi suscité par l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris a révélé qu’il existait encore, enfoui au fond de l’âme de bien des Français, un catholicisme latent, historique, identitaire et patrimonial. Est-ce que le défi de la contre-Révolution catholique pour les années à venir ne serait pas de faire évoluer cette religiosité d’inspiration catholique, somme toute essentiellement sociologique et affective, vers un catholicisme personnel et religieux. Voilà, peut-être, un bon sujet pour la prochaine réunion des évêques de France ?

Jean-Pierre Maugendre


Une contre-révolution catholique. Aux origines de La manif Pour Tous, Yann Raison du Cleuziou, éditions Seuil, 384 pages, 23 €

 

 

( 1 mars, 2019 )

Abus sexuels : une réunion pour (presque) rien

 

 

Communiqué de RENAISSANCE CATHOLIQUE

 

Du 21 au 24 février dernier, s’est déroulée à Rome, à la demande du pape François, une réunion de 190 cardinaux, évêques, supérieurs religieux, experts, etc. du monde entier afin de lutter contre les abus sexuels dans l’Église. À son issue, le pape François a prononcé un discours qui a déçu de nombreux observateurs et victimes.

 

Les faits

Depuis plusieurs années se multiplient les révélations à propos d’abus sexuels perpétrés par des clercs contre des adolescents. Faits longtemps couverts par la hiérarchie ecclésiastique, sous le prétexte de ne pas nuire à la réputation de l’institution. L’Irlande et les États-Unis ont été particulièrement frappés par ce phénomène qui a, de manière considérable, in fine, nuit à l’image de l’Église. Ainsi, la pratique religieuse s’est effondrée en Irlande et les vocations sacerdotales y ont quasiment disparu.

Les juridictions civiles, saisies de ces crimes, enquêtent sur les clercs coupables mais aussi sur leurs supérieurs qui les auraient couverts. Des condamnations ont été prononcées et, en particulier aux États-Unis, des sommes considérables ont dû être versées aux victimes. Chaque révélation est l’objet d’un lynchage médiatique en règle de la part des médias dominants.

 

Les causes

Les spécialistes n’établissent pas, paraît-il, de lien entre homosexualité et pédophilie. Peut-être. Néanmoins la réalité est brutale : aux États-Unis, 80 % des actes pédophiles sont de nature homosexuelle. Or depuis plusieurs décennies, la culture homosexuelle s’est étendue dans l’Église atteignant des proportions inimaginables. Le livre de Frédéric Martel, Sodoma, s’il n’est certainement ni désintéressé ni au dessus de tout soupçon, livre cependant un ensemble de faits qui ne font que confirmer les graves accusations portées contre certains évêques et prêtres par Mgr Vigano en août 2018. Ainsi, en août 2016, Mgr Martin, archevêque de Dublin, avait dû retirer ses séminaristes du séminaire national de Maynooth, reconnu comme foyer actif d’homosexualité militante. Le regard sur l’homosexualité a changé, le discours moral s’est amoindri, les règles d’ascèse et de prudence se sont estompées. L’Église a renoncé à s’opposer au monde et à une de ses revendications emblématiques : la légitimité puis l’exaltation de la culture gay. Tout le monde a en mémoire la fameuse formule du pape François : « Qui suis-je pour juger une personne gay… qui cherche le Seigneur avec bonne volonté ? » La seconde partie de la phrase est souvent oubliée mais change-t-elle quelque chose, quant au fond ? Enfin il est incontestable que le pape François est entouré ou a facilité la carrière de nombreux ecclésiastiques gay-friendly ou ayant protégé des prêtres soupçonnés d’abus sexuels : les cardinaux Mac Carrick et Cupich, NNSS Zanchetta, Ricca ou Barros.

 

La réunion des évêques : un cataplasme sur une jambe de bois

À l’issue de cette réunion, le Saint-Père a prononcé un discours largement dominé par des considérations sociologiques. Les enfants sont victimes d’abus de la part de personnes…qui les fréquentent : famille, éducateurs, entraîneurs sportifs, prêtres, etc. Ce constat ne constitue pas une avancée conceptuelle majeure. Dans le même registre : ceux qui se noient sont généralement en contact avec un élément liquide ! Le pape dénonce ces « crimes abominables, l’abus de pouvoir, le mystère du mal », il en appelle à « transformer ce mal en opportunité de purification », etc. Bene ! Recte ! Optime ! Malheureusement ces bonnes intentions ne s’incarnent dans aucune mesure concrète. Il y a dans ces vœux pieux quelque chose de profondément pathétique. Ainsi, la limite d’âge des mineurs (14 ans, selon le droit canon) sera haussée mais on ne sait pas à quel niveau. Si « aucun abus ne doit jamais être couvert », on ignore les sanctions encourues par les éventuels coupables. Or ces sanctions existent et les mesures pour remédier à des situations de crise morale dans l’Église sont connues. En effet, ce n’est pas la première crise que vit l’Église. Les réformes grégorienne au XIe siècle et tridentine au XVIe siècle donnent les clés d’une vraie réforme de l’Église : rappels précis de la doctrine, mises au pas des évêques récalcitrants, formation sérieuse des candidats au sacerdoce, exigences ascétiques et mystiques, etc. En conclusion de l’encyclique Pascendi (8 septembre 1907) dénonçant et condamnant le modernisme, saint Pie X établit un vrai plan de bataille contre l’hérésie : revalorisation de la philosophie thomiste, exclusion des modernistes du sacerdoce et des chaires d’enseignement, interdiction de publier des ouvrages modernistes, mise en place de conseils de vigilance diocésains, obligation de prestation du serment antimoderniste pour les candidats au sacerdoce, etc. Aucune mesure de ce type n’est annoncée dans le document pontifical.

Mais, sur le fond, il y a bien pire. Un silence, complice, est fait sur l’homosexualité ou, plus bénignement, sur le non respect par de nombreux prêtres de la loi du célibat ecclésiastique. L’impression est donnée que l’Église ne s’intéresse en fait qu’aux perversions morales qui obtiennent le consensus de l’opinion publique et des médias dominants. À cet égard, le recours systématique aux juridictions civiles laisse pantois. C’est d’abord, pratiquement, nier l’existence d’un droit spécifique à l’Église, le droit canon, étroitement associé à son statut de société parfaite. L’Église semble avoir renoncé à juger, selon son droit propre, ses membres qui contreviendraient à ses lois sans se mettre en infraction avec la loi civile. Existe-t-il des tribunaux ecclésiastiques qui jugent, encore, des cas d’homosexualité ou de concubinage notoire à l’égard de prêtres ou d’évêques ? La question mérite d’être posée. Il faut ensuite être d’une désarmante candeur, d’une naïveté touchante, n’était l’importance des enjeux, pour faire une absolue confiance à la justice civile. En France, 30 % des magistrats sont syndiqués au Syndicat de la Magistrature, officine gauchiste dont la haine de l’Église est une ligne d’action constante. N’oublions pas, également, la présence massive de la franc-maçonnerie dans la magistrature. « J’ai confiance en la justice de mon pays », c’est beau comme l’antique, mais pas avant d’avoir bu trois verres de Muscadet.

 

Conclusion

Il est certain que cette réunion des évêques et le discours de François n’ont guère convaincu. « Le poisson pourrit par la tête » dit l’adage populaire, « L’escalier se balaie par le haut », enseignent les spécialistes en management. Tant que perdurera l’impunité canonique dont bénéficient évêques, cardinaux et prélats de Curie, aucune réforme de l’Église ne sera possible. Tant que l’homosexualité ne sera pas dénoncée et combattue comme un acte « intrinsèquement désordonné » (CEC § 2357), les abus sexuels se multiplieront. Enfin, parce que c’est la loi de la vie, il faudra des exemples. Ainsi, en 1627, François de Montmorency-Bouteville fut décapité pour avoir négligé le fait que le duel jusque-là interdit et toléré, devenait désormais, le cardinal de Richelieu gouvernant, interdit et…interdit.

Jean-Pierre Maugendre

( 5 décembre, 2018 )

27e Fête du livre, à Villepreux (78) – 9 Décembre 2018

 

 

À l’approche de Noël, comme chaque année, Renaissance Catholique réunit plus de 100 auteurs pour vous dédicacer leurs livres à Grand’Maisons (Villepreux, Yvelines – au nord de Versailles)

 Grand Messe chantée sur place à 10h30

Librairie générale, Librairie jeunesse, Livres d’occasion

Nouveautés de Renaissance Catholique et de l’Oeuvre Scolaire Saint Nicolas

 Stands de produits du terroir

Restauration, buvette

Garderie pour les petits enfants (à partir de 13 h)

NOUVEAUTÉ 2018 : Gagnez du temps ! Achetez vos livres en ligne (ici)  

Réservez également votre entrée en ligne (ici)

 

CONFÉRENCES

  • 14h30 : Eric ZEMMOUR, Destin Français. Quand l’Histoire se venge
  • 16h15 : François-Xavier BELLAMY, Demeure. Pour échapper à l’ère du mouvement perpétuel
  • 17h45 : Philippe DE VILLIERS, Le Mystère Clovis. Et c’est ainsi qu’est née la France

 

Se sont déjà annoncés :
Serge ABAD-GALLARDO, Joëlle d’ABBADIE, R.P. ARGOUARC’H, Eugénie BASTIE, Francine BAY, Gérard BEDEL, François-Xavier BELLAMY, abbé Hervé BENOIT, Armand BERART, François BERGER, François BERT, Stéphanie BIGNON, François BILLOT DE LOCHNER, Anne-Laure BLANC, Père L-M. de BLIGNIERES, Philippe BORNET, Isabelle BRANCOURT, Anne BRASSIÉ, Jean-Christophe BUISSON, Arnaud de CACQUERAY VALMENIER, Christophe CARICHON, Jean des CARS, Capitaine CAVAL, Inès de CHANTÉRAC, Hélène CHARRIER, Jean-François CHEMAIN, Jean-Luc CHERRIER, Gabrielle CLUZEL, Père Paul COCARD, Christian COMBAZ, Guillaume CUCHET, CUSTOS, David DA SILVA, Laurent DANDRIEU, Michel DE JAEGHERE, Jean-François DEBIOL, abbé Cyrille DÉBRIS, Jacques DEBS, Patrick DELON, Michael DOR, Dr Xavier DOR, Bertrand DUNOUAU, Apolline DUSSART, Michel FAUQUIER, Rémi FONTAINE, Jean-Dominique FORMET, François FOUCART, Bernard GANTOIS, Hélène GAUTHIER BASTIEN-THIRY, Françoise GONDRÉE, Jean-Paul GOUREVITCH, Camille GUELLEC d’ABOVILLE, Régis GUILLEM, Daniel HABREKORN, Jean-Louis HAROUEL, Pierre HILLARD, Armand ISNARD, Abbé Benoît KNITTEL, Pierre de LAUZUN, Jean-Yves LE GALLOU, Frédéric LE MOAL, Emmanuel LECLERCQ, Dominique LORMIER, Agnès LOZIER, Xavier MARTIN, Danielle MASSON, Roberto de MATTEI, Jean-Pierre MAUGENDRE, Paul-André MAUR, Jean-Pax MÉFRET, Agnès MILLET-TAUNAY, François de MONTMARIN, abbé Guy PAGÈS, Alain PASCAL, Martin PELTIER, Héléna PERROUD, Jean-Christian PETITFILS, Marie PHILIPPE, Olivier PIACENTINI, Philippe PICHOT-BRAVARD, Pierre-Antoine PLAQUEVENT, Philippe PRÉVOST, Grégor PUPPINCK, Michèle REBOUL, Thomas RENAUD, Pierre-Joseph RUBINO, Dominique SABOURDIN-PERRIN, Reynald SECHER, Jean SÉVILLIA, Jeanne SMITS, abbé Guillaume de TANOÜARN, Frère THIERRY, Jean-Michel THOUVENIN, Jacques TREMOLET DE VILLERS, Abbé Patrick TROADEC, Ingrid d’USSEL, Christian VANNESTE, Joachim VÉLIOCAS, Marie-Hélène VERDIER, Mauricette VIAL-ANDRU, Gabrielle VIALLA, Philippe de VILLIERS, Éric ZEMMOUR…

( 4 janvier, 2017 )

PRESSE ET LIBRAIRIE – décembre 2016

 

 

LA NOUVELLE REVUE LORRAINE  - Bimestriel Lorrain – le numéro : 7 € – abonnement : 38 €. SEP Helenus, 23 allée des Grands Pâquis, 54183, Heillecourt.

 

Tous les Lorrains attendent impatiemment tous les deux mois l’arrivée dans leur boîte aux lettres de cette revue de très haute qualité aussi bien par ses articles que sa présentation. Enfin, il paraît qu’il y a encore de nos compatriotes qui ne sont pas abonnés, peut-être simplement par ignorance de l’existence de cette revue. Faites là connaître…

Dans ce dernier numéro, en dehors d’autres articles tous plus intéressants les uns que les autres, j’en retiendrai particulièrement deux (un d’Olivier Petit, l’autre de Pierre Gérard) consacrés à la bataille de Nancy du 5 janvier 1477, laquelle fut importante non seulement pour la Lorraine et la Bourgogne mais aussi pour la France et toute l’Europe.

A se procurer et à lire.

A noter que son fondateur et animateur, Jean-Marie Cuny, sera présent parmi nous le 29 janvier à la fête des Rois.

 

MARIE-IMMACULEE – bimestriel édité par l’Association Marie-Immaculée – M Olivier Jarry – 72bis rue de l’église, 57880, Guerting.

 

Jeune bimestriel (il en est à son numéro 9) paraissant en Lorraine. Il s’agit d’une revue catholique. Elle se veut un « lien entre tous les enfants de Marie, pour nous former et partager ce que nous vivons, nous encourager à rester fidèles : toujours nous tourner vers la Reine Immaculée ! »

Dans ce numéro, nous notons un article sur Saint Maximilien-Marie Kolbe, un sur le message de Notre-Dame à Fatima, un exemple de méditation des mystères lumineux du chapelet…

Pour se’ procurer un numéro, il suffit de le demander à l’association éditrice.

 

A PROPOS DE L’ISLAM, Quelques éléments de discernement – de Claude BEAULEON  – Editions de Chiré – 28 pages – 5 € + port à Editions de Chiré, BP 70001, Chiré-en-Montreuil ou www.chire.fr.

 

Voici une petite brochure très bien faite qui résume de manière claire ce qu’est l’Islam. L’auteur nous narre son histoire, de sa création par Mahomet –  qui a eu une vie pas très « recommandable -  à aujourd’hui, ses principes tirés du Coran et des hadiths. Il nous montre que pour cette religion, il n’y a pas de différences entre le politique et le religieux.

Un petit livre qui montre bien ce qu’est l’Islam qui prend une importance de plus en plus grande dans le monde et en particulier en France. A lire et faire lire car c’est une bonne introduction à la connaissance du monde musulman. Pour approfondir, il faut bien entendu lire des livres plus importants comme ceux de Bernard Antony sur le sujet.

 

 

LE PATRIOTISME EST-IL UN PECHE ? – de RENAISSANCE CATHOLIQUE – 434 pages – 23 € à Renaissance Catholique, 13 avenue de la Paix 92130 Issy-Les-Moulineaux – ou sur le site Renaissance Catholique

 

Ouvrage collectif. Acte de la XVI° université d’été de Renaissance Catholique. Vous trouverez ci-dessous la présentation de l’ouvrage :

L’État nation est aujourd’hui menacé par le démantèlement de sa souveraineté au profit d’institutions internationales, en même temps que par les déplacements de peuples suscités par les inégalités de développement. Peut-il et doit-il être défendu par les chrétiens ?

Une partie de la hiérarchie catholique a développé, dès avant la Deuxième Guerre mondiale, un discours hostile au nationalisme qui a contribué au désarmement des nations face au mondialisme et à l’immigration. Il aliène aujourd’hui à l’Église un grand nombre de patriotes qui voient dans le choix de considérer tous les hommes comme des enfants de Dieu, des « frères », la racine d’un universalisme négateur des appartenances nationales et destructeur des légitimes identités.

Le conflit n’est pas nouveau. Depuis que le christianisme est apparu sur terre, les chrétiens se sont interrogés sur les contradictions auxquelles les vouait leur double nature d’animal social, dépositaire d’un héritage et membre d’une communauté, et de fils de Dieu appelé à servir un Royaume qui n’est pas de ce monde. Une double allégeance les lie par la foi, à l’Évangile et à l’Église ; par leur nature, à la société à laquelle ils appartiennent et à laquelle la piété filiale, aussi bien que le souci de leurs descendants, leur commandent de prendre soin.

Les intervenants sont : Claude Rousseau, Philippe Conrad, Philippe Maxence, Jacques Trémolet de Villers, Jean Madiran, Philippe Prévost, Michel de Jaeghere, Abbé Bruno Schaeffer, Christophe Réveillard, Bruno Gollnisch, Jean-Pierre Maugendre.

 

 

CHANTS TRADITIONNELS DES PARAS tome 2 – Chœur MONTJOIE SAINT DENIS – 24 chants – 63 minutes – 20 € + 3 € de port à Chœur Montjoie Saint Denis, « Chez Valérie » 21 rue Campagne première, 75014 Paris ou sur le site du Chœur.

 

Encore un très beau CD du Célèbre Chœur Montjoie Saint Denis. CD de 63 minutes comprenant 24 chants accompagné d’un livret de 32 pages avec les textes des chants.

Le livret est préfacé du général d’armée Bruno Dary qui écrit « Nul doute que ce disque sera apprécié, tant par les anciens que par les jeunes, qui y retrouveront ou apprendront des chants parachutistes des différentes époques. Ils sont un peu de notre mémoire parachutiste et de notre amour pour la France. » Ajoutons que le livret en couleurs est magnifiquement illustré d’aquarelles originales du général Jean- Claude Lesquer, peintre de l’armée de Terre. Ces tableaux évoquent les combats et autres missions des troupes d’élite dont il fut. Le livret comporte toutes les paroles des chants afin de faciliter leur apprentissage.

Une splendide idée de cadeau pour tous ceux qui aiment nos bérets rouges, noirs (Air) et verts (Marine et Légion). La Lorraine Royaliste vous le conseille fortement.

 

Jean NEDISCHER

 

( 14 novembre, 2016 )

Nous ne sommes pas des extrémistes

Communiqué de « RENAISSANCE CATHOLIQUE »

 

Le noyau dirigeant des évêques de France vient de mener, par trois publications quasiment simultanées, une offensive en règle contre ce qu’il appelle l’extrême droite. Le quotidien officieux de l’épiscopat, La Croix, a ainsi adressé à tous ses abonnés un dossier de 98 pages intitulé : Extrême-Droite : écouter, comprendre, agir. La conférence des évêques de France a de son côté publié un document de 4 pages : 2017, année électorale : quelques éléments de réflexion et une brochure de 94 pages : Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique.

Dieu soit loué : Ce n’est pas aux gens d’Église qu’a été confié l’honneur français. Bernanos (Nous autres Français). Il s’agit clairement, pour l’épiscopat français, de générer des « antidotes au Front national ». Au-delà de ce parti politique sont ainsi stigmatisés tous les patriotes qui s’inquiètent de l’enjeu de civilisation que représente, pour une société de culture chrétienne, l’arrivée de millions de musulmans désireux de conserver, sur notre territoire, leurs croyances et leurs modes de vie. On ne peut également qu’être atterré par la conception contractualiste de la vie sociale manifestée dans ces documents. Notre propos n’est pas de mener ici une analyse de ces textes mais simplement de rappeler les faits suivants.

Une étiquette assassine

Nous récusons cette étiquette d’extrémiste qui nous vise. Nous ne l’acceptons pas fût-ce par indifférence ou par bravade. Il importe de la rejeter : non point pour nos personnes, qui s’en moquent, mais pour les réalités que nous défendons, pour les solutions que nous proposons, pour le combat spirituel et politique que nous menons. Extrémiste cela veut dire : excessif, immodéré, démesuré, outrancier, brutal, violent, dangereux. Les réalités nationales et religieuses que nous défendons ne sont ni outrées ni excessives.

Nous sommes d’abord des amoureux de la France charnelle, de ses terroirs et de ses clochers. Pour nous la France n’est ni une idée ni une idéologie, a fortiori universaliste. Nous nous reconnaissons héritiers et nous voulons transmetteurs.

Nous observons avec une infinie reconnaissance le rôle majeur de l’Église catholique dans la constitution et la naissance de la France. Elle a porté notre pays sur les fonts baptismaux de Reims et en a façonné les paysages et les mœurs, marquant son âme et son apparence d’un sceau indélébile qu’aucune force depuis plus de 1 500 ans, et tout particulièrement depuis 200 ans, n’est parvenue à effacer.

Nous récusons l’étiquette assassine d’extrême droite dont le seul objectif est d’assimiler les héritiers, indignes, de Clovis et de saint Louis, de Corneille et de Péguy, de Rivarol et de Barrés, de sainte Jeanne d’Arc et de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus au régime sanglant de l’Allemagne nationale- socialiste et à la bouffonnerie grandiloquente du fascisme italien mise en œuvre par le militant socialiste Benito Mussolini.

Nous sommes des héritiers

Nous sommes des manants attachés à leurs terres et à leurs traditions, aux tombeaux de leurs pères et à la langue de leurs anciens.

Notre catholicisme n’est point un catholicisme libéral ou de capitulation. Il est le catholicisme de la tradition et de l’espérance, celui qui est chez lui en France parce que c’est lui qui a fait la France.

Nous sommes forts de cet héritage passé. Nous le confions à nos enfants, charge à eux de lui rester fidèle, de l’enrichir et de le transmettre.

Nous croyons à l’existence d’un ordre naturel des choses contre les utopies contractualistes comme fondements de la vie en société. « La doctrine sociale catholique considère que tant la famille que la nation sont des sociétés naturelles et ne sont pas le fruit d’une simple convention » écrivait Jean-Paul II dans Mémoire et Identité.

Nous ne croyons pas que la loi civile doive obligatoirement s’adapter à l’évolution des mœurs. Face à l’augmentation exponentielle du nombre des viols faut-il dépénaliser cette pratique avant de la légaliser, voire en faire un droit du mâle à « jouir sans entraves » ?

Nous savons que l’homme, blessé dans sa nature depuis la chute originelle, a besoin de structures sociales fermes et justes qui l’aideront à faire le bien et éviter le mal : « Entre le faible et le fort, le riche et le pauvre, le maître et le serviteur, c’est la loi qui protège et la liberté qui opprime ». Henri Lacordaire (o.p.)

Nous croyons à la force de la vérité et de l’intelligence contre les mensonges et les utopies.

Nous œuvrons dans l’amitié française et l’espérance chrétienne.

Nous savons bien, au fond, que cette étiquette assassine d’extrémisme nous est attribuée, avec une évidente volonté de nuire, par la ténébreuse alliance des libéraux et des libertaires unis dans la même vision matérialiste et hédoniste de l’homme. Leur objectif est d’essayer de faire oublier que nous sommes, en fait, au centre- non pas au centre dérisoire de l’hémicycle parlementaire- mais au centre, car au cœur, de la tradition française sans laquelle il n’est pas d’avenir français.

Jean-Pierre Maugendre

( 15 octobre, 2016 )

Politique et Christianisme

Communiqué de « RENAISSANCE CATHOLIQUE »

 

 

Session de formation à Riaumont (62) pour les 16 – 25 ans, du vendredi 28 octobre au mardi 1er novembre

 

Conférences

  • Qu’est-ce que la politique ? Victoire De Jaeghere
  • Démocratie moderne et démocratie athénienne Gabrielle Benoit
  • La démocratie peut-elle devenir totalitaire ? Jean-Pierre Maugendre
  • L’Église et l’immigration Chanoine François-Xavier de Dainville
  • Étude des programmes des principaux partis politiques : Parti socialiste/Les Républicains Front National François Billot de Lochner
  • Les principes fondateurs d’une politique chrétienne Philippe Pichot-Bravard
  • Politique et religion. Qu’est-ce que la laïcité ?
  • Le rôle de l’État : gouverner ou adm inistrer ? Joseph Méot
  • Saint Louis roi très chrétien Père de Riaumont
  • Le nationalisme est-il un péché ? Madeleine Maugendre

Témoignages, Argumenter : 2 mn pour convaincre, Activités, Ateliers

Renseignements et inscription en ligne

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