( 17 août, 2018 )

Quand Ionesco définit la seule forme de gouvernement qui ait été acceptée pendant des siècles par les Français

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

« Une seule forme de gouvernement a été acceptée pendant des siècles par les Français et ce fut la monarchie. Je crois que cette forme de gouvernement est la plus compatible ou la moins incompatible avec l’humeur ou les humeurs des Français. Inconsciemment, ils doivent rêver d’un Louis XIV, c’est-à-dire d’un souverain, ce qui est conforme au caractère individualiste et concret du Français; d’un souverain qui ne se poserait pas le problème de la légitimité de son pouvoir. Il le garderait. Ce qui rend les régimes forts, c’est justement de ne pas se poser ce problème. Par ailleurs, la monarchie, c’est une famille, et le roi un visage, une présence concrète. On peut discuter avec. Le Français aime discuter, le roi est là, il est le responsable, l’Etat, c’est lui. On finira bien par restaurer la monarchie, un jour, contre la dictature et contre l’anarchie. »

Eugène Ionesco

Article intitulé « Nos contemporains, les Gaulois », paru dans Le Figaro littéraire du 23 juin 1969 et repris dans l’ouvrage d’Eugène Ionesco intitulé Antidotes (Gallimard, 1977)

( 16 août, 2018 )

Kosovo, rumeurs de guerre et poker diplomatique : la tension continue de monter

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

Au Kosovo, nous n’en finissons pas de payer la criminelle agression de l’OTAN contre nos amis Serbes.

 

Le Kosovo est de nouveau en ébullition et les récentes manœuvres de l’OTAN à proximité des zones serbes et les rumeurs de prise de force de la centrale hydroélectrique serbe de Gazivoda n’ont fait que rajouter de l’huile sur le feu.

Depuis 2013, Serbes et Albanais ont signé un accord en vue de régler certains sujets pratiques. Cinq ans plus tard, la situation stagne et les Albanais n’ont toujours pas remis leur proposition d’organisation des municipalités serbes, point crucial de l’accord. Du coup, Washington s’impatiente, Bruxelles trépigne et les Albanais laissent la tension monter.

Pour les Serbes, la situation est difficile à tenir. Officiellement, le président serbe Aleksandar Vučić déclame que la Serbie n’abandonnera jamais le Kosovo mais les Occidentaux lui répondent que si la Serbie n’abandonne pas le Kosovo, elle ne rentrera jamais dans l’Union européenne. Vučić essaye de trouver une solution pour plaire aux atlantistes et au peuple serbe en même temps. C’est quasiment une mission impossible. Dernièrement, il a esquissé l’éventualité d’un partage de terres : Belgrade récupérerait la pointe nord du Kosovo, majoritairement peuplée de Serbes, et, en échange, les Albanais récupéreraient tout le reste du Kosovo et de la Métochie, et le sud-est de la Serbie, la vallée de Preševo, majoritairement peuplée d’Albanais. C’est, évidemment, une très mauvaise idée curieusement soutenue par le « président » du Kosovo, l’ex-terroriste de l’UÇK Hashim Thaçi, comme si le projet avait été conclu en coulisse et qu’ils le testaient ensemble auprès de leurs populations respectives.

L’église orthodoxe serbe a aussitôt dénoncé cette idée folle et rappelé que si Belgrade abandonne le sud du Kosovo, cela équivaudrait à un nouvel exode de 70.000 Serbes qui fuiront la politique d’albanisation et d’islamisation forcée. Cela serait aussi l’abandon de 140 églises, 10 monastères toujours en activité avec plus d’une centaine de religieux, 4 monuments serbes inscrits au patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO, sans parler des terres et des valeurs mobilières. Bref, la Serbie perdrait son cœur. Côté albanais, les nationalistes ne voient pas cela d’un bon œil non plus et, après avoir dû céder du territoire au Monténégro en début d’année, ils refusent de perdre le nord, d’autant que leur projet réel est d’englober, dans une grande Albanie, tout le Kosovo, une partie de la Macédoine, de la Serbie, de la Grèce et du Monténégro.

Il est trop tôt pour savoir qui tire les ficelles, mais il est certain qu’il se trame quelque chose et que Vučić va bientôt abattre ses cartes. Il a annoncé l’organisation d’un référendum et, en même temps, il va bientôt rencontrer Poutine, Trump et Macron, se rendre en Chine et de nouveau au Kosovo. En attendant, la tension continue de monter.Quelle que soit la prévision météorologique il est certain que la fin de l’été sera très chaude au Kosovo.

Nikola Mirkovic

 Responsable d’une association humanitaire
( 16 août, 2018 )

Le duc et la duchesse de Vendôme : 5ème naissance attendue

 

Nous l’avons appris par le blog « la Couronne »

 

L’annonce venant enfin d’être officialisée par « Point de vue » cette semaine,  nous avons le plaisir et la joie de vous annoncer que son Altesse Royale, Madame la Dauphine de France, est dans l’attente d’un heureux événement pour cet automne. Le bébé de la princesse Philoména et de Monseigneur le Prince Jean de France sera le 12e petit-enfant du Chef de la Maison Royale de France, Monseigneur le  Comte de Paris et de Madame la Duchesse de Montpensier.

Avec cette cinquième naissance annoncée pour le foyer du duc et de la duchesse de Vendôme, c’est la famille de France, qui, une fois de plus, va s’agrandir et c’est une grande joie pour nous tous, bien sûr, mais aussi pour tous les Français car la famille royale de France représente la stabilité et la pérennité de la Nation, qu’elle incarne. Avec la Famille de France, c’est tout le peuple français, dans son ensemble, qui replonge au cœur de ses racines, dans lesquelles il peut trouver la force de poursuivre l’aventure et d’affronter les périls qui l’assaillent.

Les royalistes lorrains adressent toutes leurs sincères félicitations au duc et à la duchesse de Vendôme et leurs souhaitent beaucoup de bonheur pour les semaines à venir.

( 15 août, 2018 )

L’armée syrienne s’attaque à la dernière région tenue par les islamistes

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

 

La région d’Idleb, située au nord-ouest de la Syrie, est la dernière tenue par les islamistes. Et ils y sont très nombreux. En effet, cette région est devenue, au fil des redditions, le réceptacle de tous les islamistes vaincus refusant les accords de réconciliation et exigeant d’être conduits sous protection russe vers Idleb.

Les Syriens n’étaient pas très emballés par cette stratégie mais les Russes les ont convaincus que c’était le seul moyen de reconquérir progressivement le terrain perdu en limitant les pertes. Mais maintenant que Deir ez-Zor, la Ghouta, Hama et Deraa ont successivement été reconquises, il faut bien s’attaquer à Idleb. Plusieurs dizaines de milliers de combattants islamistes y sont concentrés avec leurs familles pour la plupart. Toutes les tendances s’y retrouvent : les soi-disant modérés de l’ASL, des Frères musulmans, des salafistes, des Turkmènes, des cellules dormantes de Daech et – le gros morceau – Tahrir al-Cham, le nouveau nom d’Al-Nosra. Au milieu de tout cela, l’armée turque, bien embarrassée par la tournure que prennent les événements.

C’est peu dire que l’ordre n’a pas régné dans ce chaudron islamiste. Les règlements de comptes y ont été permanents, pour la plus grande joie de services secrets syriens qui y ont pris une part certaine. Les Turcs ont été également très actifs. Ils ont recruté et armé l’ASL, espérant qu’elle prendrait le contrôle de la région ; ils l’ont aussi utilisée comme chair à canon contre les Kurdes lors de la bataille d’Afrine, en mars dernier. Ses combattants se sont, d’ailleurs, comportés avec une cruauté rare.

Mais malgré leurs efforts, c’est Tahrir al-Cham qui domine la situation. Les services secrets turcs ont alors changé de tactique et se sont fixé pour objectif de fusionner l’ASL avec l’ensemble des groupes islamistes. Ils ont fait assassiner les principaux responsables de Tahrir al-Cham qui s’y opposaient et ont massivement armé l’ASL pour qu’elle devienne le fer de lance de cette fusion. L’objectif est, évidemment, de présenter un front uni contre l’armée syrienne et de dissuader celle-ci de lancer une grande offensive terrestre.

Mais que faire si les Syriens attaquent et ne se contentent plus de raids aériens ? Faire tirer sur les alliés des Russes est délicat, surtout si ceux-ci participent à l’offensive. C’est justement la grande inconnue et le comportement russe est observé à la loupe.

Pour Lavrov, le ministre des Affaires étrangères, pas d’hésitation : « Il est nécessaire de porter le coup fatal aux terroristes. » Mais pour Lavrentiev, l’envoyé spécial russe en Syrie, « pas question d’une opération d’envergure pour l’instant ». Il faut, évidemment, ménager la bonne entente avec le nouvel allié turc, surtout au moment où celui-ci est en froid avec les États-Unis.

Pour l’instant, c’est l’aviation, y compris russe, qui travaille. Et plutôt bien : un important dépôt de munitions de Tahrir al-Cham a été visé avec succès, faisant des dizaines de tués parmi les islamistes. Mais nous n’en sommes qu’au hors-d’œuvre d’une opération pendant laquelle Poutine et Erdoğan se parleront sûrement beaucoup.

Antoine de Lacoste

( 13 août, 2018 )

En Afrique, tout est toujours à recommencer…

 

Lu sur « le salon beige »

 

« Alors qu’ils sont inscrits dans la longue durée, les conflits africains sont paradoxalement analysés à travers une trilogie idéologique étroitement contemporaine : « déficit de développement », absence de « bonne gouvernance » et manque de démocratie.

Prisonniers de ces trois concepts européocentrés, journalistes et « experts » sont incapables de prendre la véritable mesure des crises africaines. Emblématiques à cet égard, les exemples de l’Ituri et du Mali sont étudiés dans ce numéro de l’Afrique Réelle.

En Ituri, le 13 juillet 2018, l’ONU a dénoncé des « violences barbares » commises, entre autres, par les miliciens Lendu. Quinze ans après l’opération française Artemis (juin à septembre 2003), en dépit de la présence de plusieurs milliers de casques bleus, et après les procès devant la CPI de La Haye de chefs miliciens impliqués dans les massacres des années 2000, tout a donc recommencé…

Comment aurait-il d’ailleurs pu en être autrement quand les tueries inter-ethniques y sont d’abord la reprise de mouvements précoloniaux ? La lutte pour les richesses naturelles n’est en effet pas la cause des actuels massacres, mais un facteur aggravant se surimposant à la longue durée historique régionale.

Voilà donc pourquoi aucun intervenant extérieur ne pourra régler la question de l’Ituri puisque c’est celle des relations séculaires entre les Lendu, les Héma, les Alur et les Bira. Voilà également pourquoi le « remède » électoral y sera sans effet.

Au Mali, les jihadistes ont perdu leurs sanctuaires sous les coups de boutoir de l’armée française. Contraints de réduire leurs capacités d’action, pourchassés nuit et jour et incapables de lancer des opérations coordonnées d’ampleur notable, il ne leur reste plus que le terrorisme. Ayant échoué à constituer un califat régional, eux qui voulaient dépasser les ethnies, sont tout au contraire contraints d’enraciner leur survie sur elles. Mais, ce faisant, ils ont réveillé les chaînes de solidarités et d’inimitiés séculaires dont ils se trouvent désormais prisonniers…

A supposer que les jihadistes soient définitivement éliminés, aucune paix durable ne sera pour autant instaurée au Mali puisque le problème de fond, celui de l’incompatibilité nord-sud, n’y sera pas réglé. Tous semblent avoir oublié qu’en 2012, c’est en effet sur la permanence de l’irrédentisme touareg que s’est opportunément greffé l’islamo-jihadisme.

En Ituri comme au Mali et en bien d’autres parties de l’Afrique, les interventions étrangères sont sans issue. Parce qu’elles ne sont pas en mesure de régler la question de la cohabitation de populations que tout sépare  et qui sont condamnées à vivre ensemble dans des Etats artificiels. Elles peuvent donc éteindre des incendies, mais, comme elles sont incapables de s’attaquer à leurs causes, tout est donc toujours à recommencer… »

Bernard Lugan

En Afrique, tout est toujours à recommencer… dans actualités

( 13 août, 2018 )

Camp Maxime Real del Sarte Université d’été 2018

 

150 nuances de Maurras :
des repères pour le XXIe siècle

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Cent cinquante ans après la naissance de Charles Maurras, la France a connu de nombreuses mutations, le contexte et les enjeux auxquels notre pays est confronté ont bien évidemment changés. Pour autant, demeure le souci du bien commun et de l’homme dans toutes ses dimensions.

Le rôle de l’Action française n’a jamais été de réciter un catéchisme, mais bien plutôt de réfléchir aux conditions d’un redressement. Face aux défis que notre époque impose (Union européenne, PMA/GPA, immigration, écologie, question sociale etc.), la pensée maurrassienne fournit un certain nombre de repères.

Le cinquantième anniversaire de Mai 68 nous offre également l’occasion d’un regard rétrospectif sur une époque charnière dans la rupture anthropologique, qui a accouché de multiples velléités de transgression de la nature humaine (antispécisme, transhumanisme, etc.), qu’il nous importe de défendre comme condition du politique.

 

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( 13 août, 2018 )

Viktor Orbán a raison de dénoncer le libéralisme

 

Lu sur « Boulevard Voltaire » cet article qui correspond parfaitement à ce qu’il faut penser du libéralisme.

 

Au cours du récent discours qu’il a prononcé en Roumanie, Viktor Orbán a mis en avant l’idée selon laquelle, aujourd’hui, le libéralisme est l’ennemi principal des peuples, des nations et des cultures qui leur sont liées. En disant cela, Viktor Orbán fait preuve d’une grande cohérence, ce qui n’est pas très fréquent chez les « nationistes » (notre ami Henri Temple a proposé ce terme dans son ouvrage intitulé Théorie générale de la nation).

Le libéralisme est souvent associé, par les gens de droite, à la défense de la nation et de la culture nationale ; à tort, parce que la nation (je ne parle pas ici de la nation des révolutionnaires français, qui est constituée des seuls partisans de l’idéologie révolutionnaire, mais de la nation comprise comme une communauté culturelle et historique) est une communauté tandis que la société libérale n’est qu’un agrégat aléatoire d’individus. Le libéralisme philosophique/politique est d’abord et avant tout une idéologie individualiste (dont ont hérité les acteurs de la Révolution de 1789) qui a comme corollaires l’universalisme et le mondialisme ; il est, de ce seul fait, incompatible avec toute idée de communauté nationale telle que définie ci-dessus.

Certains m’opposeront sans doute que le libéralisme économique n’est pas incompatible avec le « nationisme », ce qui ne va pas de soi. En effet, s’il n’est pas certain que le libéralisme philosophique/politique ne soit qu’une construction intellectuelle visant à justifier le libéralisme économique, il n’y a aucun doute quant à la centralité de l’individualisme au sein de cette doctrine économique. Il est, d’ailleurs, intéressant de noter que tous les courants conservateurs qui l’ont adoptée se sont finalement convertis au libéralisme politique/philosophique, ce qui conforte la théorie de Michéa selon laquelle le libéralisme est comparable à un ruban de Möbius ayant deux faces qui n’en font qu’une seule.

Il est évident que le système économique fondé sur la libre initiative des entrepreneurs, la concurrence et le marché est le plus efficace de tous les systèmes économiques qui ont été expérimentés sur une durée significative ; néanmoins, il peut être dévastateur s’il n’est pas étroitement tenu en laisse par le pouvoir politique et surplombé par un ensemble de valeurs conservatrices (importance décisive d’une métapolitique conservatrice). Pour illustrer ce pouvoir dévastateur, il n’est besoin que d’évoquer l’immigration de masse que nous subissons depuis le début des années 1970, laquelle a été voulue par le patronat dès les années 1960 (cf. les mémoires d’Alain Peyrefitte). Récemment, la chancelière d’Allemagne a ouvert en grand les frontières de son pays pour satisfaire aux demandes du patronat libéral et, en France, le lobby hôtelier et les macronistes se félicitent ouvertement de la présence des migrants (avant eux, Pompidou, Giscard, Chirac, Sarkozy ont laissé entrer des populations étrangères pour satisfaire le même patronat). Pour les libéraux, le changement de population ne pose pas de problème parce que, pour eux, le territoire national (mais aussi celui de l’Union européenne) n’est que le lieu d’un marché ouvert à tous les flux.

Le libéralisme ignore la notion de bien commun (celui de l’ensemble des membres de la communauté nationale) ; les libéraux considèrent qu’il n’y a que des biens individuels et que les entrepreneurs ne doivent pas être limités dans leur recherche de l’enrichissement par les aspirations de ceux (très majoritaires aujourd’hui) que gêne la présence de plus en plus massive d’étrangers africains et maghrébins. Les libéraux, qui en ce début de XXIe siècle ont fait leur jonction avec les libertaires soixante-huitards (Alain Madelin, tout comme Daniel Cohn-Bendit, est partisan de l’ouverture totale des frontières), n’accordent aucune importance aux appartenances communautaires (nationales, régionales, familiales…) qui, selon eux, oppressent les individus (l’ineffable Yann Moix considère que toute réunion familiale relève de l’inceste !).

Viktor Orbán a raison de dénoncer le péril libéral ; c’est seulement en désignant clairement l’ennemi que l’on peut gagner la bataille.

Bruno Guillard

( 12 août, 2018 )

Le sud de la Syrie entièrement reconquis par l’armée

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

La résistance a cessé dans le sud de la Syrie. Les trois provinces de Deraa, Qouneitra et Soueïda ont été entièrement reconquises par l’armée et cette victoire est une étape importante dans cette guerre qui ravage la Syrie depuis sept ans.

La dernière poche islamiste était tenue par Daech à proximité du plateau du Golan. C’est à cause d’elle que d’autres combattants de l’État islamique venus de l’est avaient lancé un raid spectaculaire contre des villages druzes la semaine dernière, faisant plus de 250 morts. Surtout, une quarantaine de femmes et d’enfants ont été emmenés en otages afin de servir de monnaie d’échange.

Mais Russes et Syriens ont refusé toute négociation et la reconquête s’est achevée par la mort ou la fuite de centaines de combattants de Daech.

Un incident important s’est produit au cours de cette fuite : sept islamistes ont escaladé le plateau du Golan vers la frontière israélienne. Très vite repérés, ils ont été aussitôt abattus par des tirs de missiles de l’aviation de l’État hébreu. Ils étaient armés de fusils d’assaut, de grenades et de ceintures d’explosifs. En commentant cet événement, qui est une première, Israël a déclaré que, selon toute vraisemblance, ces hommes voulaient s’infiltrer dans le pays pour y commettre des attentats. Rien n’est moins sûr, en réalité. Jamais, jusqu’à présent, Israël ne s’était attaqué aux islamistes, quels qu’ils soient. De plus, chacun sait que les frontières israéliennes sont totalement infranchissables. Ils n’avaient donc aucune chance. Dès lors, il semble plus probable que ces sept combattants, fuyant l’avancée des troupes syriennes, aient espéré pouvoir compter, comme par le passé, sur la mansuétude d’Israël.

Mais les temps ont changé. Lieberman, le ministre de la Défense israélien, vient de se réjouir du retour des institutions syriennes le long du Golan et affirmé que Bachar el-Assad était le représentant de la Syrie. Il y a deux ans, le même Lieberman traitait Bachar de « boucher »…

Ce revirement israélien marque le succès spectaculaire de la diplomatie de Poutine. Il a reçu Netanyahou le 11 juillet et Sergueï Lavrov, son ministre des Affaires étrangères, a beaucoup parlé avec son homologue israélien.

Ce n’est donc pas un hasard si les Russes ont annoncé la création de plusieurs postes militaires sur le Golan, qui seront tenus par leur armée. C’est probablement Israël qui a exigé cela, certain, alors, que ni le Hezbollah libanais ni les Iraniens n’oseront aller contre la présence russe. Des Casques bleus de l’ONU vont également faire leur retour. On sait qu’ils ne servent généralement à rien, mais le symbole est là.

Dans le même temps, on parle d’un recul de 80 kilomètres des forces iraniennes. Israël juge cet effort insuffisant mais, là aussi, personne n’aurait parié sur une telle souplesse de l’Iran.

Le très délicat dossier du Golan est donc en passe d’être réglé. Trois sujets brûlants attendent maintenant Poutine : Idleb et ses milliers d’islamistes au nord-ouest, la présence turque et la présence américaine.

Antoine de Lacoste

( 26 juillet, 2018 )

ENSEMBLE, apprenons à aimer et protéger la vie !

 

Communiqué de la Fondation Lejeune

 

Chers amis,

Le rapport du Conseil d’Etat du 11 juillet sur la révision de loi de bioéthique a de quoi inquiéter.

Il préconise : la PMA pour tous (procréation médicalement assistée), la libéralisation de la recherche sur l’embryon humain, la création d’embryons transgéniques à des fins de gestation et l’accélération des pratiques eugéniques avec le diagnostic préimplantatoire (DPI) étendu aux diagnostics d’anomalies chromosomiques.

Ce n’est pas la conception de la vie que nous voulons transmettre aux jeunes générations !

 

La formation des consciences est urgente !Pour pouvoir défendre la valeur fondamentale de toute vie humaine depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle et parce que nous ne vivons que de votre soutien, j’en appelle une nouvelle fois à votre générosité.

Avec toute ma reconnaissance,

 

Thierry de La Villejégu

Directeur de la Fondation Jérôme Lejeune

 

SOUTENEZ-NOUS !

Ps : Tous vos dons sont défiscalisables ! Ils ne vous coûtent en réalité que le tiers de votre générosité !

Ps 2 : La Fondation Jérôme Lejeune agit pour les personnes atteintes d‘une déficience intellectuelle d’origine génétique. Au service des malades et de leur famille elle poursuit avec succès 3 objectifs : chercher, soigner, défendre.

( 25 juillet, 2018 )

Des mousquetaires du Roi aux barbouzes de la République.

 

Lu sur le blog de Jean-Philippe Chauvin

 

C’est parfois à ce qui peut sembler dérisoire de prime abord que l’on reconnaît un homme ou un régime politique, et qu’on le juge : ce n’est pas forcément juste mais c’est ainsi, et la politique, tout comme l’exercice de l’État, n’est pas un chemin de roses, même si les épines sont souvent bien là… L’affaire Benalla nous rappelle ces quelques vérités simples, et fournit l’occasion d’en tirer quelques leçons que la République se chargera sans doute d’oublier au prochain locataire de l’Elysée, avant l’affaire suivante : l’histoire sert-elle vraiment à quelque chose dans ce régime d’amnistie (celle qui accompagne l’amnésie) quinquennale, qui, d’une élection à l’autre, croit repartir à zéro, dans une sorte de « tabula rasa » permanente ?

M. Benalla révèle, à son corps défendant (sans jeu de mots au regard de sa fonction près du président Emmanuel Macron), les vices d’une République qui croit, sous la cinquième du nom, imiter la Monarchie quand elle n’en est que la caricature, parfois réussie, souvent affligeante, voire odieuse en certaines occasions. Ainsi, si l’on s’intéresse au cas des gardes du corps (ce qu’est M. Benalla, malgré la titulature de « conseiller » ou de « collaborateur du président » que la presse lui attribue) ou des serviteurs de l’État incarné, il y a une grande distance entre les mousquetaires du Roi (ou les Gardes suisses) et les barbouzes de la République qui, depuis le SAC gaulliste aux officines privées dites de sécurité, arpentent les allées du Pouvoir, voire du Parlement : le « pays légal » (qui semble avoir mieux résisté au passage du temps que le « pays réel », souvent difficile à définir ou à délimiter, et source de tous les phantasmes, élitaires ou populistes) évoque souvent de grands principes mais pratique « la petite vertu »

Des mousquetaires du Roi aux barbouzes de la République. dans actualités image du sparadrap

Benalla, le sparadrap…

Les oppositions à M. Macron, qui se gardent bien d’évoquer la nature même d’un État ou celle de l’esprit du temps qui autorisent un M. Bellana, oublient de préciser que ce n’est pas (ou pas seulement) l’actuel locataire de l’Elysée qui peut être considéré comme responsable d’une situation qu’il a mal gérée devant l’Opinion, prise à témoin par tous les Tartuffes d’un système dont ils ont, pour la plupart, largement profité lorsque leurs partis respectifs tenaient le Pouvoir : les précédents quinquennats ou septennats ont tous été émaillés de scandales qui, parfois, ont atteint jusqu’au sommet de l’État, et les histoires d’écoutes, de crocs-en-jambes et de règlements de comptes, de fausses factures et d’emplois fictifs, de passe-droits et de pots-de-vin, etc. emplissent les colonnes des collections du Canard enchaîné et les archives nationales. A croire que la République, née avec le très corrompu Danton, ne peut se défaire de cet héritage maudit et renouer avec l’honneur, apanage d’une Monarchie, ce que Montesquieu avait souligné en son temps…

Alexandre Dumas comme Paul Féval ont, en littérature, rappelé cette vérité simple d’une fidélité au Roi qui n’est pas une idolâtrie mais service d’un homme-institution, du Roi-État, qui, lui-même, se doit de respecter les règles d’un honneur qui peut l’amener jusqu’au sacrifice suprême : l’honneur de la Monarchie est aussi à ce prix, et le roi Louis XVI en a assumé toutes les conséquences, d’ailleurs. Les provinces de France elles-mêmes participaient à cette conception ancienne de l’honneur, comme la Bretagne nous le rappelle à travers sa devise latine « Potius Mori quam Foedari », c’est-à-dire « Plutôt la mort que la souillure ».

Quand M. d’Artagnan sortait l’épée du fourreau ou arrêtait l’homme le plus riche du royaume, Nicolas Fouquet ; quand il se lançait à la conquête des remparts de Maëstricht sous lesquels il laissera sa vie, il servait son roi et la France, et n’en profitait pas pour « se servir », ou n’agissait pas par orgueil ou individualisme : sa cause était celle de l’État et son service gratuit, non pas privé mais public au sens premier du terme. « Tant vaut l’État, tant vaut sa raison », écrivait Maurras. Mais c’est aussi valable pour les raisons d’être et d’agir des personnels de celui-ci, et la République, qui repose sur le « mérite », confond trop souvent ce dernier avec une « méritocratie » qui en oublie ses propres devoirs politiques et sociaux parce que ne voulant voir que les qualités individuelles sans les conjuguer au nécessaire service de tous.

 

rpu mtro dans actualités

M. Macron qui, depuis son élection et dans un réflexe monarchique qu’on peut lui reconnaître sans déchoir, a voulu restaurer de la verticalité dans l’exercice de la magistrature suprême de l’État, se retrouve piégé par une République qui, fondamentalement, ne sait plus où se trouvent les règles élémentaires de l’honneur parce qu’elle n’en a jamais vu autre chose, dès ses premiers pas des années 1790, qu’une valeur « d’Ancien régime » sans intérêt et que l’on devait même dénoncer comme vestige du monde d’avant-République… C’était la vertu (républicaine) contre l’honneur (monarchique). Dans l’affaire qui porte son nom, M. Benalla, faute de voir le Pouvoir autrement que comme une chasse gardée dont il tenait quelques clés (y compris celles de l’Assemblée nationale…), a nui aux deux principes, et la République se retrouve à découvert…

Il y a eu (et il y en a sans doute encore), en République, quelques politiques et hommes d’État persuadés que les valeurs anciennes de l’honneur et du service devaient retrouver leur place dans l’exercice de l’État, au bénéfice de la France et des Français, parfois « malgré eux ». Mais ils furent plus des exceptions que la règle, et la République, par essence, penche toujours du côté de la facilité quand la Monarchie, elle, se voulait plus exigeante et pouvait l’être, n’étant pas la proie des féodalités qui, trop souvent aujourd’hui, imposent leurs mauvaises habitudes et leur idéologie indexée sur le rapport à l’argent et à son pouvoir discrétionnaire. Quand la République, du coup, en devient arbitraire, la Monarchie, les mains déliées mais « captive » de son honneur qui est aussi l’un de ses éléments de légitimité, peut rester ce que l’autorité suprême doit être, c’est-à-dire arbitrale !

Jean-Philippe CHAUVIN

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