( 25 juin, 2019 )

Pourquoi la France doit défendre ses îles Éparses qu’Emmanuel Macron voudrait brader à vil prix

 

Lu sur Boulevard Voltaire.

Nous pouvons ajouter que l’influence indienne se fait aussi très présente à Madagascar. L’armée indienne y étant présente. LR

 

Connaissez-vous les îles Éparses ? Sans doute pas ou seulement par ouï-dire et sans aucun espoir de vous y rendre un jour. Composées des îles Europa, Bassas da India et Juan de Nova d’une part, situées dans le canal du Mozambique, et les îles Glorieuses et Tromelin d’autre part, situées respectivement au nord et à l’est de Madagascar, elles constituent l’un des cinq districts des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF). Ces îles inhabitées, exclusivement occupées par des fonctionnaires français (gendarmes, ingénieurs, personnels techniques), appartiennent à la France qui y exerce sa pleine souveraineté depuis 1897, bien qu’elle en découvrît certaines dès le XVIIIe siècle.

Au moment de l’indépendance de Madagascar, en 1960, la France décida de conserver ces îles dans son giron, tant pour des motifs économiques (à elles seules, elles forment 640.400 km2 de zone économique exclusive [ZEE]) que géostratégiques, leur position sur une importante route maritime permettant de relier l’Asie et le Moyen-Orient à l’Europe et l’Amérique, lui offrant, qui plus est, une façade maritime non négligeable.

Vierges de toute pollution méga-touristique et industrielle, elles sont considérées comme une des plus importantes réserves naturelles au monde, compte tenu d’une faune (notamment aviaire) extrêmement diversifiée et d’une flore luxuriante (mangrove). Parsemées de stations météorologiques, elles sont idéalement placées pour étudier les cyclones tropicaux qui tourmentent régulièrement le sud-ouest de l’océan Indien.

Mais leur convoitise par les Comores, l’île Maurice et Madagascar qui, chacune, en revendiquent l’appartenance au prix d’infinies arguties historiques, juridiques, géostratégiques, n’en finit pas d’être excitée par la présence supposée d’importants gisements de pétrole (estimés à plus de dix années de consommation française, selon Wikipédia).

Pourtant, en dépit des incommensurables richesses de ces joyaux du bout du monde, le président de la République s’est récemment engagé, devant Andry Rajoelina, le chef de l’État malgache, à les lui « restituer », lors même que, du propre aveu du ministre des Affaires étrangères malgache, « Madagascar, aujourd’hui, n’a pas les moyens de sécuriser cette zone » (!). Tananarive excipe du contenu de deux résolutions non contraignantes de 1979 et 1980 émises par l’Assemblée générale de l’ONU pour fonder son droit à la souveraineté sur ces miettes d’empire (pas plus de 40 km2 de terres émergées), résolutions implicitement validées par la Cour internationale de justice dans son avis consultatif du 25 février 2019 (différend similaire portant sur la licéité internationale du détachement de l’archipel des Chagos au moment de l’indépendance de Maurice en 1968).

Assurément, Emmanuel Macron, mû par une sentimentalité impolitique largement dictée par son tropisme mondialiste, commet une grave erreur en abandonnant ce patrimoine insulaire à un des pays parmi les plus pauvres de la planète (trois quarts de ses 25 millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté), structurellement caractérisé par une économie de la rapine et qui est à l’Afrique australe ce que l’Algérie est au Maghreb, un grenier sous-exploité de richesses agricoles et minières. L’île serait, d’ailleurs, sous dépendance commerciale chinoise depuis un accord de pêche conclu, le 5 septembre 2018, entre l’Agence malgache de développement économique (AMDP) et un consortium d’investisseurs chinois, ouvrant sa ZEE (et demain celle des îles Éparses ?) aux bateaux chinois (sans parler de leurs techniques).

La France devrait donc conserver ses îles, tant pour protéger les pêcheurs malgaches que pour préserver les ressources halieutiques et assurer ses positions diplomatiques, à l’heure où se dessine la création d’une Communauté de l’océan Indien qui marquerait une montée en puissance de la sous-région par rapport à l’actuelle Commission de l’océan Indien.

Aristide Leucate

 Docteur en droit, journaliste et essayiste
Pourquoi la France doit défendre ses îles Éparses qu’Emmanuel Macron voudrait brader à vil prix dans actualités
( 24 juin, 2019 )

Vincent Lambert : acharnement pour son « euthanazie ».

Communiqué de l‘AGRIF

J’ai entendu ce matin sur France-Info l’abondant bavardage de François Lambert qui, tout au long de l’affaire, n’a cessé de bénéficier d’une vaste complaisance médiatique.

Or le fait d’être le demi-neveu de Vincent ne lui confère en l’occurrence strictement aucune responsabilité familiale, ni autorité, ni légitimité.

 À ses habituels propos fielleux contre le père et la mère de Vincent, il a ce matin ajouté l’expression de ses convictions anti-homophobes et aussi anti peine de mort. Comprenne qui pourra ! Propos totalement hors sujet mais France Info a pourtant retransmis ce galimatias d’incohérence.

Le seul fait de vouloir la mise à mort atroce de Vincent Lambert confèrerait-il donc à cet individu en mal de se faire valoir cette étonnante ouverture médiatique ?  

L’AGRIF

70 boulevard Saint-Germain
75005 PARIS
01 40 46 96 31

 

 

 

 

( 22 juin, 2019 )

LÉGALISONS DONC LE VOL ET L’ASSASSINAT !

 

Communiqué de l’AGRIF

 

J’entends fréquemment évoquer sur les medias l’argument selon lequel l’opposition à l’avortement ou à la mise à mort d’un Vincent Lambert serait motivée par les croyances religieuses.

Dans les deux cas, ne s’agit-il pas pourtant, d’évidence, d’un acte de suppression d’une vie, autrement dit de la mise à mort d’un être humain ?

Certes on peut considérer que tous les donneurs de mort ne sont pas nécessairement des assassins. Ainsi des soldats, des policiers voire, jadis, des bourreaux agissant pour la défense de la société et de la patrie.

Mais tuer un enfant dans le sein de sa mère, ou supprimer la vie d’un handicapé, c’est-à-dire contrevenir à l’impératif moral naturel de respect de la vie innocente, qu’est-ce donc sinon un meurtre ?

Et en quoi le fait de ne pas vouloir de ce meurtre relèverait-il obligatoirement de la croyance religieuse ?

Non, le refus du meurtre, comme celui du vol, cela relève simplement de la conscience morale que chaque être humain possède tant qu’elle n’est pas pervertie ou abolie par l’acceptation du mal.

Pour s’opposer à l’avortement ou à l’euthanasie, point n’est donc besoin d’être chrétien, juif, musulman, hindouiste ou zoroastrien. Les raisons religieuses du refus peuvent certes éclairer et corroborer la voix de la conscience morale.

Mais si c’est nécessairement et uniquement en raison de convictions ou croyances religieuses que l’on veut respecter la vie innocente, alors on voit mal comment la société pourrait logiquement continuer à réprimer par principe l’assassinat. D’ailleurs André Breton et les surréalistes si aimés de tous nos cultureux n’exaltaient-ils pas la beauté de l’acte gratuit consistant à tirer au hasard sur quelque individu ?

Prétendre qu’on ne s’opposerait à la légalisation de l’avortement, à la légalisation de l’élimination d’handicapés déclarés inconscients qu’en raison de croyances religieuses, c’est justifier la liberté de l’assassinat.

« Tu ne tueras pas »

« Tu ne voleras pas »

Cela, c’est périmé !

Cela n’est valable que pour les croyants !

Bernard Antony

L’AGRIF

70 boulevard Saint-Germain
75005 PARIS
01 40 46 96 31

( 22 juin, 2019 )

Trump et l’Iran, ou l’illisible stratégie

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Donald Trump a donné l’ordre d’attaquer l’Iran et puis s’est ravisé quelques minutes avant le début des bombardements. Ce que le New York Times avait révélé quelques heures auparavant a été confirmé par le président américain lui-même : dix minutes avant les frappes américaines contre trois sites iraniens, il a donné l’ordre à ses avions de faire demi-tour.

Il donne des détails dans ses tweets (son mode de communication international) et fait référence à un dialogue avec un des ses généraux : « J’ai demandé combien de personnes allaient mourir. 150 personnes, Monsieur, a répondu un général. Ce n’était pas proportionné à une attaque contre un drone. » »

On peut être sceptique sur la tenue réelle de ce dialogue, dix minutes avant un bombardement, et l’on peut plutôt supposer qu’il s’agit d’une démonstration de force sur le thème : « La prochaine fois, je le fais vraiment. »

Cette simili-attaque fait suite à la destruction d’un drone américain par des batteries iraniennes. Les Américains affirment que leur drone volait au-dessus des eaux internationales, tandis que les Iraniens soutiennent qu’il était dans leur espace aérien. Difficile de trancher pour le moment, mais on voit mal pourquoi les Iraniens prendraient le risque de déclencher une guerre qui risquerait d’être ravageuse pour leur pays.

Quelques jours auparavant, deux tankers avaient été attaqués dans le détroit d’Ormuz et avaient subi quelques dégâts sans faire de victimes. Les Américains ont diffusé une vidéo affirmant qu’elle était la preuve de l’implication iranienne. Un scepticisme général a accompagné cette affirmation. D’abord, cette vidéo de mauvaise qualité ne démontre pas grand-chose, et puis le monde s’est habitué aux manipulations américaines qui précèdent les conflits qu’ils choisissent de déclencher. Que ce soit au Kosovo, en Irak ou en Libye, les désinformations qui avaient accompagné ces guerres catastrophiques ont ensuite été avérées. On cherche encore les armes de destruction massive de Saddam Hussein…

Mais au-delà de la méthode utilisée, la vraie question, aujourd’hui, est de savoir ce que veut Donald Trump : veut-il attaquer l’Iran ou simplement le menacer ? Mais dans ce cas, pour l’obliger à quoi ? C’est lui qui a choisi de sortir de l’accord nucléaire qui avait pris des années de négociation alors que cet accord était respecté, comme l’ont souligné l’ensemble des dirigeants européens.

Ce qui est sûr, c’est que la situation est maintenant explosive et peut dégénérer à tout moment. Or, une guerre avec l’Iran embraserait toute la région et personne ne peut mesurer les conséquences d’un tel conflit. L’inquiétude monte, y compris chez les plus fidèles alliés des Américains. Les Émirats arabes unis, bras armé des Saoudiens au Yémen, ont ainsi clairement fait savoir qu’une guerre avec l’Iran était inenvisageable. En fait, deux pays seulement appuieraient une attaque américaine : Israël et l’Arabie saoudite. Cette fois, c’est vraiment insuffisant : même les Britanniques et les Allemands sont plus que réticents. Et puis les Russes et les Chinois, dont l’avis ne comptait pas à l’époque du Kosovo ou de l’Irak, ont maintenant leur mot à dire.

Trump peut-il déclencher sa première guerre alors qu’il commence sa campagne électorale ? Cela paraît hautement improbable, mais il a, en tout cas, fabriqué une poudrière.
Antoine de Lacoste

( 19 juin, 2019 )

Vers une Contre-Révolution catholique ?

 

Communiqué de Renaissance Catholique


À
une semaine d’intervalle deux signaux, en apparence contradictoires, ont été émis par les catholiques de France.
D’une part, le score électoral très modeste de François-Xavier Bellamy aux élections européennes, même dans les isolats catholiques votant traditionnellement à droite de l’ouest parisien, atteste qu’une part notable de la bourgeoisie catholique accorde plus d’importance à la défense de ses intérêts matériels qu’aux principes moraux défendus par l’Église.
D’autre part, la nouvelle progression très sensible du nombre de participants  au pèlerinage de Pentecôte Paris-Chartres (14 000 participants, moyenne d’âge : 21 ans), atteste qu’une part siginificative, et la plus jeune, du catholicisme contemporain est capable de sacrifier trois journées de vacances pour prier, souffrir, être enseignée, vivre en autarcie une micro-chrétienté itinérante, participer à une liturgie sublime et immémoriale et écouter les paroles de feu et de combat d’un évêque, Mgr Léonard, archevêque émérite de Malines-Bruxelles, : qu’il n’aurait été possible d’entendre, il y a quelques décennies, que dans la bouche de… Mgr Lefebvre. Les fidèles de ce dernier rassemblant de leur côté 4 000 marcheurs dont 1 600 pour la colonne enfants-adolescents, aux mêmes dates, mais en sens inverse.

Deux catholicismes se font face

Deux catholicismes se font face. Un catholicisme vieillissant, sociologiquement installé, bourgeois, résiduel qui a d’autant plus pris son parti du monde tel qu’il est qu’il y a, confortablement, trouvé sa place. C’est le catholicisme institutionnel, dominant, de la conférence des évêques de France, de l’enseignement catholique, de la direction de l’ICES.
Là-contre, émerge, chaque jour plus puissant, un catholicisme que dans un passionnant essai, intitulé
Une contre-révolution catholique. Aux origines de la Manif Pour Tous, le sociologue Yann Raison du Cleuziou a qualifié de « catholicisme observant ». Ce catholicisme observant, autrefois on aurait dit « intransigeant », se fixe comme objectif prioritaire la transmission intégrale de la foi catholique et n’a pas renoncé à féconder la société civile des valeurs de l’Evangile. Il est un fait que depuis une cinquantaine d’années les deux structures privilégiées de transmission de la foi qu’étaient l’Eglise et l’école catholique ont largement renoncé à leur mission. Le catéchisme n’est plus enseigné, une liturgie désacralisée fait l’impasse sur la transcendance de Dieu et ses mystères, etc. N’ont réussi à transmettre le dépôt sacré de la foi, sauf exceptions, que les familles qui ont trouvé en elles-mêmes les ressorts moraux, intellectuels et spirituels de la transmission. À l’aune de ce constat, le catholicisme s’est réduit à une partie de la bourgeoisie catholique, accompagnée par quelques prêtres, qui avait les moyens intellectuels de résister à l’apostasie immanente des « nouveaux prêtres » selon l’expression de Michel de Saint-Pierre. Yann Raison du Cleuziou, comme avant lui Guillaume Cuchet dans Comment notre monde a cessé d’être chrétien, confirme que seules ces familles observantes ont transmis et transmettent encore la foi. Le catholicisme de gauche est mort, même si son cadavre bouge encore dans les officines épiscopales.

Des lieux de rencontre

La Manif pour Tous, comme le Pèlerinage de Chrétienté à la Pentecôte, a été le lieu de rencontre de ces différentes familles « observantes » soit : la mouvance charismatique (Emmanuel, Béatitudes), les néo-classiques (communautés Saint-Jean, Saint-Martin), les traditionalistes (communautés Ecclesia Dei et Fraternité Saint Pie X). Les uns et les autres acceptent de vivre en opposition avec les valeurs dominantes de la société post moderne, par fidélité à la loi de Dieu. Le point de clivage le plus apparent entre ces différentes mouvances est, bien sûr, la question liturgique. Les jeunes générations sont, d’un côté comme de l’autre, moins sensibles à cette ligne de fracture sans doute amenée à s’estomper au fil du temps au bénéfice d’une liturgie réformée resacralisée voire de la liturgie traditionnelle. Aujourd’hui 25% des ordinations sacerdotales en France sont effectuées selon la forme extraordinaire du rite romain alors que les traditionalistes ne représentent que 3 ou 4 % des catholiques. De nombreux évêques, que leur histoire ne prédisposait guère à célébrer cette forme du rite romain, s’y mettent peu à peu. Citons Mgr Cattenoz à Avignon, Mgr Rey (de la communauté de l’Emmanuel) à Toulon, Mgr Aillet (de la communauté Saint-Martin) à Bayonne. La fécondité « vocationnelle » de la messe traditionnelle est un fait qui n’est plus à démontrer, uniquement contredit par l’essor de la communauté Saint-Martin. Ce tableau des catholiques observants serait incomplet si n’était notée leur relation « décomplexée » avec l’épiscopat français, fruit d’une histoire tumultueuse. La communauté Saint-Martin trouve son origine à Gênes car son fondateur, l’abbé Guérin, était persona non grata en France malgré son acceptation de la réforme liturgique. Pendant plusieurs années, de 1983 à 1989, les pèlerins de la Pentecôte à Chartres n’ont pas eu le droit de faire célébrer la messe dans la cathédrale. Tout est « oublié, pardonné » mais… Inexorablement, pour des raisons simplement biologiques, le poids des catholiques observants est amené à croître dans l’Eglise de France. Qui sauvera le diocèse de Montauban dont l’évêque, Mgr Ginoux, vient de confier à l’Homme Nouveau que la moyenne d’âge de son clergé est de 78 ans et que sur les 30 prêtres actifs de son diocèse la moitié sont étrangers, essentiellement africains ?

Quelle manifestation politique ?

L’émergence politique des catholiques observants s’est faite à l’occasion des manifestations pour la défense du mariage naturel. Traditionnellement ces catholiques étaient la chasse gardée du Front national. Les catholiques traditionalistes étaient nombreux au bureau politique du FN, la fête annuelle des BBR commençait par la célébration de la messe traditionnelle, le programme était très inspiré de la doctrine sociale de l’Eglise rappelant le caractère sacré de la vie humaine innocente, refusant la banalisation de l’avortement, promouvant le chèque scolaire, favorisant la liberté d’enseignement, etc. Sous la conduite de Marine Le Pen ce programme a été sensiblement édulcoré, le Rassemblement national ayant, désormais, sur l’avortement, l’euthanasie, la loi Léonetti des positions très politiquement correctes. Comme l’ont montré ses entretiens avôec Samuel Pruvost, dans son livre 2017 Les candidats à confesse, la présidente du Rassemblement national semble entretenir un lourd contentieux non avec la foi, dit-elle, mais avec les chrétiens, ce qui ne simplifie pas les choses.
François-Xavier Bellamy, figure nouvelle de la vie politique, vrai ou faux ingénu, l’avenir le dira, intellectuellement très supérieur à l’ensemble de ses rivaux a accepté une mission impossible : assumer des valeurs conservatrices et, disons sommairement, de droite à la tête d’une organisation politique qui depuis des décennies trompe ses électeurs. Signe patent de la confusion des esprits : le successeur, provisoire, de Laurent Wauquiez à la tête des Républicains est Jean Léonetti, promoteur de la loi portant son nom rendant possible l’arrêt de l’hydratation et de l’alimentation de Vincent Lambert contre laquelle s’est élevé… François-Xavier Bellamy. Le fait est que le résultat des élections européennes n’a en aucune façon constitué un frein aux «
avancées sociétales » puisque l’extension de la PMA est au menu de la rentrée parlementaire et que la GPA suivra inéluctablement.
Politiquement, ou plutôt électoralement, les catholiques observants se sentent un peu orphelins. Les sujets de société qui leur tiennent à cœur, car ce sont eux qui assurent la pérennité et la stabilité d’une société et d’une civilisation, ne leur semblent réellement portés par personne.

Vers un catholicisme religieux ?

Ces catholiques ont également conscience d’être une toute petite minorité (2% de pratique religieuse). Cependant l’émoi suscité par l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris a révélé qu’il existait encore, enfoui au fond de l’âme de bien des Français, un catholicisme latent, historique, identitaire et patrimonial. Est-ce que le défi de la contre-Révolution catholique pour les années à venir ne serait pas de faire évoluer cette religiosité d’inspiration catholique, somme toute essentiellement sociologique et affective, vers un catholicisme personnel et religieux. Voilà, peut-être, un bon sujet pour la prochaine réunion des évêques de France ?

Jean-Pierre Maugendre


Une contre-révolution catholique. Aux origines de La manif Pour Tous, Yann Raison du Cleuziou, éditions Seuil, 384 pages, 23 €

 

 

( 19 juin, 2019 )

Provocation dans le golfe Persique : qui veut vraiment la guerre ?

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

 

« On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps. » Voilà une phrase prophétique du président américain Abraham Lincoln, qui n’aura jamais été autant d’actualité qu’en 2019.

La preuve en est par l’actuelle tension agitant le golfe Persique, zone pour le moins stratégique, puisque c’est par là que passe une large partie de l’approvisionnement pétrolier du reste de la planète. Depuis que deux supertankers, l’un norvégien et l’autre japonais, ont été l’objet d’attaques, les Américains nous mentent-ils ?

Si tel était le cas, ce ne serait pas la première fois. Deux exemples parmi les plus récents ? Ces bébés koweïtiens assassinés dans leurs couveuses par la soldatesque irakienne, en 1990. Ces « armes de destruction massive » des mêmes Irakiens en 2003, fiole brandie par le général Powell en guise de preuve à l’appui, dans l’enceinte de l’ONU. Et encore doit-on en oublier.

Dans le registre maritime : ces deux navires de guerre américains, officiellement coulés les 2 et 4 août 1964, par les communistes du Vietnam du Nord dans la baie du Tonkin, mais officieusement sacrifiés par Washington, attentat « sous faux drapeau » finalement reconnu par la Maison-Blanche en 2005. Cela, même nos médias les plus frileux vis-à-vis de l’ami américain osent enfin l’évoquer. Comme quoi trop de mensonges finissent par tuer le mensonge. Les temps changent ; enfin…

Diversification de l’information oblige – merci les réseaux sociaux –, c’est grâce au site russe Sputnik France qu’on apprend que le premier à contredire la version des faits n’est autre que Yutaka Katada, armateur japonais d’un des deux bateaux en question, qui dément donc l’hypothèse états-unienne d’une mine collée sur le flanc du navire : Il s’agirait donc d’un missile. Mais tiré par qui ?

Le 16 juin, Le Figaro, quotidien pourtant peu connu pour son américanophobie galopante, campe globalement sur les mêmes positions. Selon un article de Georges Malbrunot, ancien otage en Irak et spécialiste réputé de la question, les vidéos produites par les USA « posent plus de questions qu’elles n’apportent de réponses ». Le même jour, semblable son de cloche chez Le Journal du dimanche : « Les images diffusées par Washington ne prouvent absolument rien?. »

Sur le site de BFM, la prudence est aussi de mise. C’est d’autant plus sage que l’on ne sait pas vraiment à qui « peut profiter le crime », pour reprendre l’expression consacrée.

Certes, une initiative iranienne, venue du plus haut sommet de l’État ou d’une de ses factions plus bellicistes, n’est pas à exclure. Mais L’Orient-Le jour, le quotidien libanais de référence en cette partie du monde, ne semble pas y croire : « Les seuls arguments que Washington et ses alliés peuvent utiliser pour accuser ouvertement Téhéran sont les menaces régulièrement avancées par les Iraniens, et surtout les Pasdarans, Gardiens de la révolution, de fermer le détroit d’Ormouz. » C’est mince.

Après, la piste israélienne ? Le très gouvernemental quotidien Tehran Times ne se donne même pas la peine de l’évoquer dans son édition du même 16 juin, préférant railler la politique du faucon Mike Pompeo, responsable de la politique étrangère américaine : « Le plus drôle de l’histoire est que Pompeo nous conseille d’user de diplomatie vis-à-vis de la diplomatie américaine. Dans sa bouche, c’est véritablement charmant. »

Une initiative américaine, alors ? En matière de provocation, ils n’ont évidemment de leçons à recevoir de personne. Mais il n’est pas forcément sûr que Donald Trump veuille déclarer une autre guerre en cette région du monde, dont les conséquences pourraient être catastrophiques pour tous, malgré les gesticulations d’un Mike Pompeo et de son comparse John Bolton, tous deux de l’espèce des évangélistes hystériques. Bref, rien n’est aussi simple, tel que récemment écrit en ces colonnes.

Ne demeure donc plus que l’hypothèse la moins invraisemblable : celle de Riyad. Il est vrai que

Mohammed ben Salmane, l’actuel prince héritier saoudien, dont les services, bien connus pour faire discrètement découper l’un de leurs compatriotes journalistes en rondelles dans une ambassade turque, auront, en matière d’actions « discrètes », inauguré comme une sorte de marque de fabrique en matière d’amateurisme.

Celle-là même dont ces deux attaques perpétrées dans le golfe Persique portent la marque…

Nicolas Gauthier

 Journaliste, écrivain

 

 

 

 

( 14 juin, 2019 )

Le « Front Révolutionnaire des Energumènes Autonomes Queer Souterrain.nes » menace

 

Lu sur le site de ‘L’Incorrect »

 La facade du cabinet du docteur Raphaël Nogier, militant contre la PMA, a été dégradée ce week-end par un groupuscule d’un nouveau genre, d’inspiration anarcho-libertaire, et brandissant la bannière QUEER. Retour sur les faits.

Les médias se sont légitimement émus tout le week-end des tags injurieux et menaçants retrouvés sur la maison de Latifa Ibn Ziaten, la mère de Imad Ibn Ziaten, l’un des soldats français tués par Mohamed Merah en 2012. Au même moment, un médecin lyonnais qui avait dirigé la rédaction d’un texte collectif s’opposant à la mise en place de la PMA a vu son cabinet médical vandalisé et des menaces le visant directement, explicitement inscrites.

D’après les tracts retrouvés sur place par la police ce serait un nouveau groupuscule d’activistes qui en serait l’auteur. Ces tracts seraient en effet signés par l’acronyme FREAKS. Cette appellation  a une double signification. Il fait tout d’abord référence à un film datant de 1932 s’intitulant également Freaks, qui se traduit par « monstre » en anglais et qui mettait en scène des bêtes de foire se révoltant contre leur utilisation malsaine pour divertir le public. Mais au-delà de cette référence, FREAKS est l’acronyme de Front Révolutionnaire des Energumènes Autonomes Queer Souterrain.nes.

Ce serait alors une première action illégale d’un groupuscule constitué dont la cause défendue serait celle du particularisme sexuel. Ce groupe, qui affirme vouloir lutter contre toute forme d’oppression, revendique explicitement son action sur ses tracts :

« Aujourd’hui, dimanche 9 juin, nous avons décidé d’attaquer et de redécorer le cabinet du docteur Raphaël Nogier, un docteur LGBTQI+phobe fasciste » et se termine par des menaces explicites.

« Nous avons attaqué son local pour rappeler à toute personne qui souhaite nous opprimer […] que des personnes seront toujours déterminées à les trouver et les combattre ». Le texte finit par un « Vous n’aurez pas la paix ».

La boîte aux lettres du médecin ainsi que la façade de son cabinet médical ont été recouverts d’expressions  telles que « A bas la famille hétéronormée ! » et « Ni Papa, Ni Etat, Ni Patrie, Ni mari». Les signes dessinées à côté sont un mélange faisant explicitement référence à la théorie du genre ainsi qu’au « A » de l’Anarchie. La mention d’un groupe d’ « Autonomes » dans l’acronyme FREAKS indique bien la filiation idéologique anarcho-libertaire.

Il est possible de faire un rapprochement avec les différentes attaques menées depuis 2017 en Isère par le collectif anarchiste s’appelant « Les Individualités Sauvages », et ayant mené plusieurs sabotages dans la région grenobloise sur des infrastructures et notamment sur des locaux et véhicules appartenant à la gendarmerie. Systématiquement, les mêmes mots d’ordre revendicatifs, en écriture inclusive, étaient utilisés pour revendiquer ces actions. Le même mode revendicatif et décalé avait alors été employé pour signer leurs méfaits .

Il est possible de faire un rapprochement avec les différentes attaques menées depuis 2017 en Isère par le collectif anarchiste s’appelant « Les Individualités Sauvages »

Contactés, les services de police se sont contentés de nous affirmer qu’une enquête était actuellement en cours.

Concernant le docteur Nogier, celui-ci a fait l’objet du courroux de ces groupuscules en raison de son engagement à la tête de l’association Cosette et fondateur de l’association Cosette et Gavroche. Cette association avait été créée pour lutter contre le projet de loi Taubira sur le mariage pour tous et milite toujours aujourd’hui contre la Procréation Médicalement Assistée. Le docteur Raphaël Nogier a lancé le manifeste des médecins qui a recueilli 2000 signatures de confrères opposés à l’extension de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes.

 

C’est la première fois qu’un médecin se trouve directement visé pour des questions supposément idéologiques nous affirme le docteur Nogier. Celui-ci affirme n’avoir jamais eu de problèmes de toute sa carrière jusqu’en 2018. Le 15 septembre 2018, Raphaël Nogier organise des Etats Généraux Bis de la Santé. Ceux-ci ont réunis 250 personnes dont de nombreux philosophes, juristes etc…et 150 médecins.  Monsieur Nogier nous raconte avoir eu beaucoup de mal à l’organiser en termes de coûts financiers, de temps passé à trouver une salle disponible, de l’obligation de disposer d’un service d’ordre de 14 personnes. Néanmoins, après avoir rempli toutes les conditions nécessaires à l’organisation de cet évènement, l’hôtel a reçu de constantes pressions de groupes LGBT afin d’annuler la conférence. Si celle-ci s’est finalement déroulée sans encombres, la direction de l’hôtel a fait comprendre au docteur qu’elle ne pourrait plus s’engager à l’avenir à organiser ce genre de réunions.

Au-delà de la plainte que vient de déposer le docteur Nogier, celui-ci nous affirme qu’il n’est ni homophobe, ni régressif et ne se situe au service d’aucune idéologie. Il ne se veut qu’un homme de sciences, outré par le dévoiement dont fait désormais l’objet la médecine. En revanche, il affirme que le combat dans lequel il s’est engagé est un appel à sauver la médecine. Celle-ci nous dit-il, est faite pour soigner et non pour satisfaire les lu

( 13 juin, 2019 )

‘‘PRESSE ET LIBRAIRIE

 

 

LES GUERRES DU SAHEL, Des origines à nos jours – de Bernard LUGAN –  Editions Bernard Lugan – 259 pages – 29 €. BP 45, 42360, Panissières – www.bernard-lugan.com

 

Nos soldats sont en guerre au Sahel. Que s’y passe-t-il ? Les journalistes parlent et écrivent, la plupart sans avoir étudié tant soit peu le sujet. Pire, nos politiques, y compris ceux qui sont au pouvoir, semblent ignorer tout de ce qui s’y passe, sauf les opérations proprement dite. Pourtant, il faudrait mieux qu’ils sachent le pourquoi profond de cette guerre qui n’est pas, loin de là, qu’une opposition entre « islamistes » et « non islamistes ». Dans ce livre, Bernard Lugan – certainement l’un des plus grands spécialistes français de l’Afrique, sinon le plus grand – remet ce conflit dans sa perspective historique sans laquelle il n’est pas possible de comprendre les ressorts profonds de cette guerre aux multiples visages.

C’est un millénaire d’histoire qui est analysé, avec les conflits innombrables entre tributs nomades et sédentaires, lesquelles ne forment pas deux « blocs », mais sont eux-mêmes divisées. Ces profondes divisions, nous les retrouvons aujourd’hui, en particulier au Mali.

Pour comprendre ce qui se passe au Sahel, lisez ce livre et vous en saurez plus que beaucoup de nos commentateurs et hommes politiques.

LES QUATRE SAISONS – tome 3, LE PRINTEMPS – de Sophie CADIC, illustré par Apolline DUSSART - – 46 pages – Editions des Petits Chouans – DPF – BP 70001 – 86190 Chiré en Montreuil – www.petits-chouans.fr –  15 €

 

Nous vous avons présenté dans les numéros 351 et 352 de la Lorraine Royaliste les deux premiers tomes de cette très belle collection pour enfants. Le tome 3 est maintenant paru, il concerne le Printemps, après l’automne et l’hiver. Le jeune lecteur suivra ses héros – Roseline et Maximin – avec leurs parents et grands parents « dans leur vie quotidienne et l’apprentissage des coutumes locales de Provence. »  Le temps s’est refroidi, la nature change, paysages comme animaux. Ce livre fait découvrir la nature, l’amitié dans une belle écriture et de remarquables illustrations.

Très pédagogique, cet album, comme les précédents, aidera à apprendre à lire nos petits enfants.

 

COTIGNAC et la mission divine de la Francede Elise HUMBERT– 155 pages – Editions de CHIRE, BP 70001, 86190, Chiré-en-Montreuil. www.chire.fr –  18 €

 

A l’occasion du 500ème anniversaire des apparitions de Notre-Dame de Grâce, les Editions de Chiré ont eu la bonne idée de rééditer ce très beau livre d’Elise Humbert avec une préface de Michel du Tremblay et illustré de 16 pages de belles photos en couleur. Cotignac, en Provence, est un lieu inspiré avec les apparitions de la sainte Vierge Marie et de saint Joseph, ce qui est très rare. Nous voyons le rôle du Frère Fiacre qui vint y prier particulièrement pour que Louis XIII et Anne d’Autriche aient un héritier, le futur Louis XIV surnommé Louis « dieudonné ». Il est à noter que Louis XIV mais aussi beaucoup de nos rois vinrent se recueillir en ce lieu.

Un livre très bien écrit qu’il convient de lire.

 

Jean NEDISCHER

 

( 13 juin, 2019 )

Brigitte Bardot

 

« Je suis d’origine Lorraine. Le berceau des Bardot est à Ligny-en-Barrois » écrivait Brigitte Bardot en 2010 au réalisateur d’une image d’Epinal qui la représentait à divers moments de sa vie. Elle ajoutait : « La vie est une image et Epinal l’immortalise ». Sage comme une image, Brigitte ne l’a pas toujours été.

« Dieu créa la femme » est le titre du film célèbre qui lança cette jeune artiste qui devait devenir très populaire. Elle a été la figure féminine rêvée dans les années 1950/1960. D’abord mannequin particulièrement photogénique, elle a ensuite atteint au cinéma une renommée internationale avec 45 films et plus de 70 chansons. Brigitte dite B.B. n’a certes pas eut une vie exemplaire, elle a surtout été très admirée pour sa féminité, la grâce de ses mouvements, hérités de sa formation à la danse classique durant son adolescence. Ajoutons la douceur nonchalante naturelle des gestes et sa moue boudeuse.

Le père Louis Bardot, Meusien, originaire de Ligny-en-Barrois et sa mère donnèrent à Brigitte une éducation religieuse catholique. Elle a fait ses études à l’institut de la Tour, établissement catholique du XVIe arrondissement de Paris. Brigitte avait une sœur cadette Marie-Jeanne dite Mijanounée en 1938. BB est née en 1934. Malgré sa bonne éducation, elle n’a pas eu une vie forcément exemplaire, elle a surtout été très admirée pour sa féminité. Brigitte habite désormais « la Madrague » à Saint-Tropez acquise en 1958, ou elle s’est retirée depuis 2006 après 21 ans de carrière alors qu’elle était une des artistes françaises des plus célèbres au monde. C’est en 1973 que Brigitte abandonne le succès pour se consacrer à la défense des animaux. Actuellement, elle proteste contre l’égorgement des moutons, en dehors des règles sanitaires notamment lors des fêtes musulmanes. Ce qui lui vaut d’être condamnée par les tribunaux pour haine raciale…

Brigitte Bardot n’a pas sa langue dans sa poche. Elle déclare volontiers : « J’ai été élevée dans l’honneur, le patriotisme, l’amour et le respect de mon pays. Quand je vois ce qu’il est devenu, je suis assez désespérée. Quand je constate ce qu’ils ont fait d’un pays dont la richesse intellectuelle, la qualité du langage, de l’écriture, la primauté en matière d’architecture, de mode, d’élégance, de patrimoine rayonnant dans le monde entier, ça me déprime ! »

Jean-Marie CUNY

( 13 juin, 2019 )

Et voilà la PMA ! Cela passera peut-être comme une lettre à la poste… ou pas. Sont-ils prêts à ce risque-là ?

 

Lu sur Boulevard Voltaire cette analyse très juste de Gabrielle Cluzel

 

C’est parti. Édouard Philippe a promis la PMA. Le sociétal, c’est facile : quand on patine sur tous les dossiers, on fabrique du succès artificiel à bon marché. Il va réussir la « PMA », pensez, déjà son camp l’a applaudi à l’Assemblée.

Pourtant, tous les sondages le montrent, le sujet n’est pas du tout « prioritaire » pour les Français. Qu’importe. Ça plaît à une minorité qui le soutient et l’a porté.

Le plus croquignolet est qu’évidemment, Édouard Philippe se disait lui-même opposé à la PMA en 2013. Qu’importe. La mode est à l’écologie, et donc à la politique de l’éolienne. D’où vient le vent ? Il paraît que la population serait « prête ».

Un récent sondage de l’IFOP, publié ce jeudi matin, montre en effet que 6 Français sur 10 sont favorables à la PMA pour toutes. A-t-on vu, pourtant, une seule pancarte réclamant la PMA sur les ronds-points ? Qu’importe la contre-performance de François-Xavier Bellamy aux européennes, le dénigrement par un certain nombre de Républicains de ses options conservatrices qui auraient signé son échec : le sondage La Croix-IFOP indiquant que les catholiques auraient majoritairement voté Macron rassure. La réaction sera faible !

Sauf que.

Sauf que personne n’avait prévu la mobilisation du mariage pour tous. Et cette fois, les réseaux sont déjà là, structurés. Prêts à être mobilisés. Ils échoueront peut-être in fine, comme la dernière fois, mais Emmanuel Macron devrait se souvenir que François Hollande n’a jamais pu se représenter, et que cet épisode-là n’y est pas étranger.

Sauf que Les Républicains qui dénoncent ces choix passés sont ceux qui n’y avaient jamais adhéré, et que l’on traînait sur les tribunes, où ils se faisaient d’ailleurs siffler (comme Valérie Pécresse) par des manifestants méfiants. Ils ne sont donc en rien des témoins d’une évolution des mentalités à droite.

Sauf que l’électorat catholique « plus diplômé et âgé que la moyenne » – tel que décrit par Jérôme Fourquet dans La Croix -, qui aurait été « une des clés du score honorable » de LREM aux dernières élections, pourrait être troublé s’il va à la messe et écoute un tout petit peu son clergé prêcher sur le sujet. Rappelons, au passage, que 36 % des catholiques ont voté Bellamy ou Bardella : les plus jeunes et les plus déterminés, ceux que l’on a vus gambader lors de LMPT, avec, six ans plus tard, au vu de leur natalité dynamique, des effectifs augmentés.

Sauf que les Français n’ont peut-être pas la mémoire de poisson rouge qu’avec facilité et mépris on leur imagine souvent. Ils n’ont pas digéré la grossière entourloupe Maastricht. Dans un tout autre genre, ils n’apprécieront peut-être pas qu’on leur ait vendu, à l’époque, le mariage pour tous en leur jurant, croix de bois croix de fer, que cela ne déboucherait pas sur la PMA, vous n’y pensez pas… et que l’on nous susurre aujourd’hui, le même refrain, avec un autre couplet, pour la GPA : jamais ça !

Sauf que, dès que l’on n’utilise plus l’acronyme obscur PMA et le « pour toutes » orwellien qui repeint d’un vernis de justice lénifiant tout cela, la réalité et le bon sens reprennent leurs droits : un autre sondage récent de l’IFOP montre que, pour 82 % des Français, « un père et une mère ont des rôles différents et complémentaires », que pour eux, encore, « les enfants nés par PMA ont le droit d’avoir un père et une mère ».

Sauf que la droite conservatrice qui transcende le vote Bellamy et Bardella pourrait trouver là le terrain d’union, le ciment d’unification qui lui manquait et que certains appelaient de leurs vœux.

Sauf que les gilets jaunes eux-mêmes, que l’on dit peu sensibilisés aux sujets sociétaux, tout occupés qu’ils sont à survivre – encore qu’ils sachent mieux que tout le monde l’importance des solidarités familiales et du lien filial -, pourraient trouver fort de café qu’on leur fourgue une réforme qui alourdirait le budget de la Sécurité sociale – sachant qu’on créerait un précédent : celui d’un remboursement sans pathologie à la clé – alors que leurs hôpitaux ferment.

Imaginons que se réalise l’hypothèse, peu probable mais possible, souhaitée en tout cas tant par Éric Zemmour que Marion Maréchal, d’une convergence des luttes ? Cela mérite d’y réfléchir avant de se lancer…

Gabrielle Cluzel

 Ecrivain, journaliste
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