( 4 mai, 2019 )

27 avril 1994 : le début du naufrage de l’Afrique du Sud

 

Lu sur « Le Salon Beige »

 

En Afrique du Sud, le 27 avril 1994, il y a donc 25 ans, se tinrent  les premières élections multiraciales. Grâce à elles, l’enfer de l’apartheid allait être oublié et le paradis sur terre allait advenir puisque,  des fontaines de la démocratie non raciale allaient couler le lait et le miel. Alléluia !

Vingt-cinq ans plus tard, les illusions ont été dissipées et le pays a sombré :

    • Taux de chômage officiel, 27,7% (taux officieux 40%).
    • Chômage des jeunes âgés de 15 à 34 ans, 38,8% selon le  taux officiel.
    • PIB en chute libre : 3,5% en 2011 ; 2,6% en 2012 ; 1,9% en 2013 ; 0,6% en 2016 ; 1,3% en 2017 et 0,8% en 2018, alors qu’il faudrait 7% durant plusieurs décennies pour simplement stabiliser la pauvreté.
    • Economie entrée en récession technique depuis  2018.
    • Revenu de la tranche la plus démunie de la population noire inférieur de près de 50% à celui qu’il était sous le régime blanc d’avant 1994.
    • Un habitant sur trois survivant  grâce aux aides sociales, le Social Grant.
    • A l’exception de l’agriculture, branche encore contrôlée par les Blancs, tous les secteurs économiques sud-africains sont en recul ou en faillite, à commencer par les industries de main d’œuvre (textile, vêtement, chaussures), qui n’ont pu résister aux importations chinoises. Quant aux secteurs de la mécanique dans lesquels, avant 1994, l’Afrique du Sud produisait la majeure partie des pièces dont ses industries avaient besoin, ils sont moribonds.
    • Les mines ont sombré. En raison des pertes de production et des coûts d’exploitation en hausse constants, nombre de puits secondaires ont fermé, entraînant  la  mise à pied de dizaines de milliers de mineurs. Pour maintenir la production, il aurait fallu investir des sommes colossales, mais le climat social, la corruption et l’insécurité ont découragé les investisseurs qui ont préféré faire glisser leurs activités vers des pays moins incertains.
    • L’industrie minière est pénalisée par les coupures de courant à répétition car la compagnie publique Eskom, littéralement pillée par ses nouveaux dirigeants nommés par l’ANC a vécu sur l’héritage laissé par le régime blanc sans procéder aux investissements indispensables. Résultat : les mines qui représentent aujourd’hui 10% du PIB sud-africain, qui emploient 8% de la population active et qui sont le premier employeur du pays avec 500.000 emplois directs, ont  perdu plus de 300.000 emplois depuis 1994.
    • La criminalité  fait de l’Afrique du Sud un des pays les plus dangereux au monde.
    • L’exceptionnel maillage médical a disparu.

Face à ce désastre, regardons en arrière. En 1994, quand, après avoir menti à son peuple, le président De Klerk hissa au pouvoir un Nelson Mandela bien incapable de le conquérir par les armes, il légua à l’ANC la première économie du continent, un pays doté d’infrastructures de communication et de transport à l’égal des pays développés, un secteur financier moderne et prospère, une large indépendance énergétique, une industrie diversifiée, des capacités techniques de haut niveau et la première armée africaine.

Libérée de l’ « oppression raciale », la « nouvelle Afrique du Sud » fut immédiatement la proie du parti prédateur ANC dont les cadres, aussi incapables que corrompus, eurent comme objectif principal leur propre enrichissement. Caricature du corrompu, le président Zuma fut évincé par un coup d’Etat interne à l’ANC qui mit au pouvoir  le vice-président Cyril Ramaphosa. A cette occasion, le monde médiatique entonna son habituel péan: débarrassée du « maffieux » Zuma remplacé par le « vertueux »  Ramaphosa, l’Afrique du Sud allait pouvoir renouer avec l’héritage de  Nelson Mandela.

Or, comme je l’ai dit à l’époque, en dehors du fait qu’un Venda allait remplacer un Zulu, cette révolution de palais n’allait rien changer au pays. A un Jacob Zuma lié au gang indien Gupta, succédait en effet l’ex syndicaliste Cyril Ramaphosa qui avait trahi ses camarades mineurs en se vendant au patronat blanc. C’est en effet dans les conseils d’administration des sociétés minières au sein desquels il fut adoubé pour contrer les revendications des mineurs dont il avait été le représentant avant 1994, qu’il édifia sa colossale fortune !!!

Pris entre les pressions des milieux d’affaires pro-occidentaux dont il était la créature, et celles des tendances radicales-racialistes lourdes qui constituent le fonds de commerce de l’ANC et des partisans de Julius Malema, le nouveau président se trouva vite paralysé. Et, comme d’habitude, il utilisa l’habituel joker des politiciens de l’ANC aux abois, à savoir la dénonciation du bouc-émissaire représenté par les fermiers blancs.

25 ans après les premières élections multiraciales, et comme l’a dit avec justesse Julius Malema: « En Afrique du Sud, la situation est pire que sous l’apartheid  la seule chose qui a changé, c’est qu’un gouvernement blanc a été remplacé par un gouvernement de Noirs ». Avec une différence cependant : avant 1994 les Noirs ne mouraient pas de faim, ils étaient gratuitement soignés et éduqués, l’électricité fonctionnait, les pénuries d’eau étaient inconnues et la police faisait son travail.

Mais, tout cela appartient au passé car, entre 1994 et 2019, l’ANC, le mouvement de Nelson Mandela, a conduit l’Afrique du Sud vers un naufrage. Selon la Banque Mondiale, et bien que réalisant ¼ du PIB de tout le continent, le pays est aujourd’hui devenu un des 5 pays « les moins performants » d’Afrique, juste devant les Comores, Madagascar, le Soudan et le Swaziland…

En 25 ans de pouvoir, l’ANC a donc ruiné un pays prospère, le transformant en un Etat du « tiers-monde » dérivant dans un océan de pénuries, de corruption, de misère sociale et de violences.

Bernard LUGAN

( 4 mai, 2019 )

Kosovo, le plus gros bobard de la fin du XXe siècle ?

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Deux articles de Nicola Mirkovic et d’Antoine de Lacoste, publiés récemment sur ce site, saluent, à juste titre, celui du Monde diplomatique dans lequel Serge Halimi règle son compte à l’incroyable campagne de « bobards » à laquelle la quasi-totalité de la presse française a prêté son concours, pendant les 78 jours de la « guerre du Kosovo ». Il aura, en effet, fallu vingt ans pour que cette imposture et ses soutiens soient exposés crûment dans un organe de presse ayant pignon sur rue !

Cependant, l’attention portée exclusivement à ces 78 jours masque un fait plus important encore, à savoir que ces contre-vérités et inventions, aussi burlesques que criminelles, n’auraient pas été gobées par les opinions publiques si elles n’avaient été précédées de huit années d’un pilonnage tout aussi intense de fausses nouvelles visant à diaboliser la Serbie. Si cette désinformation a pu fonctionner si facilement, c’est qu’avait été instaurée dans nos médias une vision manichéenne dans laquelle les Serbes étaient le Mal absolu et leurs adversaires des anges purs.

Pendant la période des bombardements (dont le prétexte était un imaginaire risque de désastre humanitaire au Kosovo), quelques voix éclairées auxquelles il était impossible d’interdire l’accès aux médias, comme celle de Régis Debray, ont contribué à fissurer le mur de censure implicite derrière lequel les « bobards » se donnaient libre cours. Ces quelques voix qui réussirent à percer le mur de l’unanimisme complice ont permis, ensuite, à de vrais journalistes d’investigation comme Serge Halimi 1 et Pierre Péan 2de se glisser dans la brèche et de mettre au jour les manipulations sous-jacentes à cette sinistre propagande. Il n’en va pas de même concernant les bobards des huit années qui précédèrent. On a sans doute encore en tête la litanie des « informations » inventées de toutes pièces ou monstrueusement déformées (car les Serbes, naturellement, ne furent pas irréprochables !), mettant en scène les horreurs perpétrées par les Serbes, que nos médias ont déclinées sur tous les tons, en censurant impitoyablement toute contre-expertise (et pourtant, il en existait en abondance !) démontrant leur fausseté. Épuration ethnique des Croates puis des Kosovars, viols massifs, camps de la mort, incrimination de génocide à Srebrenica … la liste en est trop longue pour qu’on les rappelle ici. C’est sur ce terreau qu’ont pu prospérer les mystifications de la guerre du Kosovo, et ne pas le prendre en considération est se condamner à ne rien comprendre à l’hybris guerrière qui a saisi nos médias à cette occasion.

Sur tout cela, un quart de siècle plus tard, non seulement les opinions publiques restent totalement mystifiées, mais mieux : ces bobards continuent d’être entretenus dans nos médias, notamment à chaque fois qu’un ancien dirigeant serbe est traduit devant le Tribunal pénal international. Il est clair que tous ces bobards n’avaient qu’un but : préparer les opinions publiques à accepter, voire à désirer, l’agression militaire et le dépeçage de la Serbie. Non, le Kosovo n’est pas « le plus gros bobard de la fin du XXe siècle » ; ce n’en est que l’apothéose programmée. À quand la dénonciation, par Le Monde diplomatique, de la contribution des mêmes médias à cette « fabrication du consensus » ?

Notes:

  1. L’opinion ça se travaille, Agone, 2000
  2. Kosovo: Une guerre « juste » pour un État mafieux, Fayard 2013

    Maurice Pergnier

( 4 mai, 2019 )

L’URGENCE DE L’ACTION A MHARDEH

Communiqué de SOS CHRÉTIENS D’ORIENT

A quelques kilomètres d’Idleb, refuge de nombreux groupes terroristes20.000 chrétiens vivent dans la crainte. Jours après jours, les roquettes et les bombes, tirées au hasard, tombent sur Mhardeh et terrorisent les habitants.

Depuis 2016, nos équipes s’y relaient afin d’y rencontrer les habitants et d’évaluer leurs besoins. La présence de volontaires français procure également de l’espoir à ces chrétiens que tout le monde a oublié et dont personne ne parle.
 

« En ce début mai, le constat est alarmant. 
De nombreuses familles vivent dans des conditions extrêmes. »
Alexandre Goodarzy, chef de mission en Syrie. 

 

Nadwa, grand-mère endeuillée par la mort de son petit-fils de 15 ans, vit dans l’angoisse : « Je ne peux pas dormir la nuit. La peur m’accompagne partout où je vais. » Comme elle, Zarifa pleure ses deux fils. Elles se refusent à quitter Mhardeh mais au prix de grands sacrifices. Seules, elles peinent à subvenir à leurs besoins.
 

Afin d’enrayer rapidement cette crise, l’association lance un projet d’aide d’urgence pour les familles martyres. Celles-ci sont soutenues par des associations bénévoles mais il leur manque de tout.
 

Vous pouvez les aider ! 
Les dons collectés seront alloués en fonction des besoins immédiats.
 

Ceux-ci sont multiples tant au niveau médical et matériel qu’alimentaire. Parmi les principaux postes d’affectation prévus, vous trouvez :

  • Des colis alimentaires contenant du sucre, de la farine et de l’huile
  • Des colis vestimentaires pour les femmes et enfants
  • Du matériel médical pour l’hôpital
  • Du matériel et équipement pour les chantiers de reconstruction en cours de validation

L’association agit pour les chrétiens de Mhardeh mais sans votre aide, nos volontaires ne parviendront pas à accomplir leur mission. L’an dernier, en raison de financements insuffisants, l’association a été obligée de réduire l’aide apportée à ces familles. Aujourd’hui grâce à vos dons, les visites et donations ont repris.
 

Nous devons poursuivre l’effort !
Par avance, merci pour votre aide !

Je soutiens les chrétiens de Mhardeh.

( 3 mai, 2019 )

Blanquer ne voit pas plus loin que le bout de son nez !

 

Lu sur Boulevard Voltaire cette très juste analyse

 

Échirolles, dans la banlieue de Grenoble. L’école Philippe-Grenier – du nom d’un député français, converti à l’islam, élu à Pontarlier en 1896 – est un établissement privé hors contrat musulman. Installée dans les locaux de la grande mosquée du lieu, elle accueille 45 élèves, du CP au CM2. Un établissement « discret », selon TF1, qui n’a cependant pas pu y entrer. Une école qui dispense une dizaine d’heures par semaine d’enseignement religieux, des cours d’arabe, de Coran, et une éducation aux principes islamiques, selon une mère d’élève. Un îlot musulman comme il en existe tant en France.

Jean-Michel Blanquer, qu’on peut penser bien informé, a dénoncé une école « salafiste ». En janvier dernier, le directeur de l’établissement et l’association qui le gère comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Grenoble, prévenus d’avoir tenté de se soustraire à un contrôle de l’Éducation nationale, l’école interdisant l’entrée des inspecteurs pendant environ une heure, le 4 décembre 2017, et d’avoir « dispensé un enseignement non conforme à l’instruction obligatoire malgré mise en demeure ». Le 12 février, le tribunal a ordonné la fermeture de l’école, sans exécution provisoire. L’établissement a fait appel, dont l’effet suspensif lui permet de continuer son activité. À l’audience, le procureur n’a pas manié la langue de bois : « C’est une école que l’on doit qualifier d’école salafiste. […] Les connaissances sont rabâchées, il n’y a pas de production orale et écrite, pas d’enseignement artistique, pas de travail de groupe, pas d’ouverture sur le monde, pas d’encouragement à développer l’esprit critique. C’est de l’obscurantisme, du lavage de cerveau. Cette école est nocive. »

C’est dans ce contexte que Jean-Michel Blanquer a utilisé le mot qui fâche. Salafiste. Un mot qui lui vaut un procès en diffamation de la part de l’établissement et de certains parents d’élèves. Un mot qui le met cependant, lui et ses comparses du ministère, en face de ses responsabilités.

La liberté de l’enseignement est fondamentale. Les parents ont le droit et le devoir de donner à leurs enfants une éducation conforme à ce qu’ils souhaitent, et ce n’est pas à l’État de s’y substituer. L’École républicaine, créée en 1880 pour asseoir le régime, a toujours lutté contre cette liberté fondamentale, dans un contexte d’antichristianisme dont on a oublié la violence. L’école publique est ce que l’on sait. L’enseignement privé sous contrat, à de belles exceptions près, est un enseignement public payant. Le hors-contrat se développe en dépit des difficultés qu’il rencontre, notamment de la part du ministère qui le voit d’un très mauvais œil. Rien de surprenant à ce que des musulmans profitent de cette liberté légitime pour créer leurs propres établissements.

Mais l’État, qui ne veut pas appréhender l’islam pour ce qu’il est, ne sait pas comment prendre le problème de ces établissements. L’argument de la laïcité n’a aucun poids, surtout dans un établissement privé. Et ces écoles coraniques se multiplient sur notre territoire. Celle-ci s’est trouvée épinglée, sans aucun doute parce qu’elle s’est fait remarquer par son activisme. Combien d’autres continuent d’endoctriner des enfants qui ne se sentiront jamais français ?

Le problème n’est pas celui de la liberté d’enseigner. Il réside dans la place de l’islam dans notre pays. En continuant à considérer qu’il s’agit d’une simple religion qui peut cohabiter avec d’autres religions, sans que l’État n’y mette le nez en raison de sa neutralité spirituelle, nous nous condamnons. On ne le répétera jamais assez : il s’agit d’un système de pensée holiste, qui englobe tous les aspects de la vie sociale, sans distinction aucune entre Dieu et César.

Ainsi, si le ministre a raison en traitant cette école de salafiste, et en mettant en œuvre les moyens nécessaires à sa fermeture, il ne voit pas plus loin que le bout de son nez en se limitant à cela. Mais peut-on demander à un adepte de la religion laïco-républicaine de comprendre que son dogme artificiel n’a aucune chance, mais vraiment aucune, d’atteindre ces gens-là ?

La réponse est dans la question.

François Teutsch

 Avocat
( 3 mai, 2019 )

Monseigneur le comte de Paris, accueille Emmanuel Macron au château royal d’Amboise

 

Lu sur le blog « La Couronne »

 

Ce jeudi 2 mai 2019, l’héritier des rois de France, Monseigneur le comte de Paris, accompagné de son épouse,  Madame la comtesse de Paris, de ses enfants, le prince Gaston de France et la princesse Antoinette de France, a reçu au château royal d’Amboise une rencontre diplomatique entre le président de la République française, M. Emmanuel Macron, et son homologue Italien M. Sergio Mattarella.

En fond de toile de cette rencontre inédite, sous l’égide de l’héritier de la Couronne de France et placé sous le sceau de la réconciliation franco-italienne, la célébration du 500e anniversaire de la mort de Léonard de Vinci.

 

«Cette rencontre à Amboise, puis au Clos Lucé et à Chambord, est l’occasion de rappeler l’importance de notre patrimoine matériel et immatériel, signe d’une Europe unie autour de ses racines, ainsi que le rôle diplomatique du chef de la Maison royale de France, que la famille d’Orléans a toujours pris à cœur, y compris lorsque celle-ci était en exil. Le comte de Paris est le président d’honneur de la Fondation Saint Louis, propriétaire du château royal d’Amboise où le génial artiste Léonard de Vinci est enterré» précise Mgr le comte de Paris , dans un communiqué publié ce matin (à lire ici )

 

Arrivée à 11h23 au Château royal d’Amboise, les présidents français et italiens ont été accueillis par la Famille royale de France , l’animateur Stéphane Bern en compagnie de diverses personnalités locales et religieuses, la presse et la Garde républicaine.

 

Avec son épouse Brigitte et le ministre de la Culture Franck Riester, le président français s’est recueilli avec le président Italien M. Sergio Mattarella sur la tombe de Léonard de Vinci . Le génie de la Renaissance repose depuis la Révolution en la chapelle Saint-Hubert du château royal d’Amboise. Après cette visite au château royal d’Amboise, château qui incarne parfaitement la permanence de la couronne de France, les présidents français et Italien se sont rendus au Clos-Lucé pour un déjeuner officiel.

Voici les photos de l’arrivée des présidents français et italiens au Château d’Amboise en présence de la Maison royale de France et de l’animateur Stéphane Bern.

( 2 mai, 2019 )

Editorial du n° 353 de LA LORRAINE ROYALISTE

 

 

LE NATIONALISME, C’EST LA PAIX

 

 

Auteur d’un livre intitulé The Virtue of Nationalism, Yoram Hazony  est docteur en philosophie politique. Il est aussi théologien et il enseigne à l’Université de Jérusalem.

Qu’appelle-t-il un nationaliste ? : « J’appelle « nationaliste » quelqu’un qui souhaite vivre dans un monde constitué de nations indépendantes. » répond-il à un journaliste du Figaro-Magazine (Paul Sugy) qui l’interroge. Pour lui, le modèle nationaliste « permet à chaque nation de décider ses propres lois en vertu de ses traditions particulières. Un tel modèle assure à tous les pays de déployer leur génie à montrer que leurs institutions et leurs valeurs sont les meilleures. Un tel équilibre international ressemblerait à celui qui s’est établi en Europe après les traités de Westphalie signés en 1648 ».

Les nationalistes veulent à tout prix éviter la guerre qui tue et détruit car ils veulent le bien du pays et de ses habitants. Yoram Hazony dit très bien : « Le nationaliste, lui, dessine une frontière par terre et dit au reste du monde : « au-delà de cette limite, je renonce à faire imposer ma volonté. Je laisse mes voisins libres d’être différents ».

Le nationaliste est à opposer à l’impérialiste (1). Pour lui cet impérialisme nous vient de l’Empire romain qui voulait dominer le monde connu. Ce fut ensuite le Saint Empire Romain Germanique et la France a subit les tentatives de cet empire de l’envahir. C’est la raison pour laquelle les Rois de France ont toujours essayé d’empêcher l’unification de l’empire allemand. Cette politique fut menée avec succès ce qui valut à la France de ne pas être envahi, même en parti, durant près de deux siècles. L’autre grand danger, lui aussi impérialiste, fut le « califat musulman », qui revient ! Ajoutons qu’il fait remarquer que la France, rompant avec son passé, fut elle aussi « impérialiste » sous Napoléon, héritier de la révolution française : « Napoléon, dit-il, (…) n’avait pour but que d’imposer son modèle de gouvernement « éclairé » à tous les pays qu’il avait conquis : les Pays-Bas, l’Allemagne (2), l’Italie, l’Espagne, … Son projet, en somme, était le même que celui de l’Union européenne aujourd’hui : réunir tous les peuples sous une seule et même législation. » C’est exactement ce qu’un nationaliste ne veut pas : il est pour la liberté des peuples.

Yoram Hazony ajoute que cet « impérialisme » peut être idéologique et financier : c’est ce à quoi nous assistons en voyant qu’une certaine idéologie dite « démocratique » et libérale veut imposer à tous les pays du monde son mode d’existence, ce qui amène guerres, oppressions, massacres. Nous l’avons vu récemment au Moyen-Orient, en Lybie, en Afrique, en Asie… et en Europe.

Le monde est divers, les nations sont toutes différentes et c’est en le constatant et en les respectant toutes que nous pouvons arriver à un monde où les guerres, les oppressions pourraient être non point éradiquer (le monde n’est pas parfait !) mais au moins limitées. Le cas de l’Union Européenne est caricatural, notre écrivain dit très justement : « un gouvernement impérialiste comme celui de l’Union européenne tue toute forme de diversité dans l’œuf. Les élites bruxelloises sont persuadées de savoir déjà avec exactitude la façon dont le monde entier doit vivre. Il est pourtant manifeste que ce n’est pas le cas… »

Il ne s’agit pas de vivre chacun de son côté car « Des nations indépendantes sont tout à fait capables de se coordonner entre elles ». C’est exactement ce que nous pensons. Je dirai même que des nations indépendantes ont intérêts à avoir de bonnes relations entre elles pour éviter au maximum tout conflit. A l’opposé, si l’on tente de forcer les pays à vivre tous pareils, y compris en favorisant le mélange de populations, cela ne peut que conduire à terme à des explosions qui seront d’autant plus terrible qu’elles se dérouleront sur des mêmes territoires ; l’histoire nous le montre, une des dernières étant la disparition dans le sang de la fédération yougoslave.

C’est la voix de la raison mais la raison n’est plus partagée par nos gouvernants complètement coupés des réalités, isolés dans leur « bulle » technocratique. Nous le voyons encore avec le feuilleton du « Brexit » où tout semble fait, aussi bien du côté de Thérésa May que des dirigeants européens, pour empêcher le Royaume Uni de quitter la galère européenne. Que ceci nous serve de leçons : quand nous quitterons cette « galère », il nous faudra dénoncer unilatéralement les traités européens sans nous soumettre à la procédure prévue (article 50 du traité de Lisbonne – reprise du projet de constitution européenne  refusée par les Français par référendum en 2005 – . Il faut quitter le plus rapidement possible l’Union européenne qui n’est pas réformable, contrairement  ce que pensent certains qui disent défendre les intérêts de la France

Pour cela, il faudra évidemment à la France un Etat qui soit réellement Français, nationaliste Français. Ce ne peut pas être le cas dans notre république apatride soumise aux pouvoirs de groupes de pression économique, financier, politiques… étrangers, internationalistes pour la plupart. Retrouver un pouvoir français au service de la France et des Français, c’est notre but. Nous devons y travailler !

Philippe SCHNEIDER

 

(1)   L’auteur emploi le mot « impérialiste ». Charles Maurras, lui, avait forgé le mot « nationalitariste » pour désigner ce même faux nationalisme qui ne correspond pas à la tradition royale française mais est proche du militarisme agressif révolutionnaire.

(2)   Les Allemagnes devrait-on plutôt dire à l’époque.

( 1 mai, 2019 )

Quand on commence à comparer le fœtus à un cancer…

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Trofim Denissovitch Lyssenko en a rêvé, la monocratie progressiste, endémique dans les entrailles des campus américains, l’a fait.

A l’University of California à  San Diego, on enseigne la biologie. Quoi de plus naturel diriez-vous. Les abeilles, la pollinisation, l’embryologie, les algues et tout ça. Sauf que là-bas, chez ces gens-là, comme chez nous d’ailleurs, on n’enseigne pas, on inculque. Pis, on éduque. Chez ces gens-là, le foetus dans le ventre de sa mère est didactiquement comparé à un cancer invasif. Que ne ferait-on  pour faire ingérer une matière indigeste à nos chères têtes blondes crédules. En effet, récemment, à l’occasion d’un cours, un professeur de cette université expliquait, diapositive à l’appui, le parallèle entre le fœtus et le cancer. Ainsi, comme pour un cancer, la “croissance fœtale” est “rapide“, ” incontrôlée“. Comme un cancer, le foetus «envahit le corps de la mère» et, comme un cancer, il «manipule l’immunité et restructure la vascularisation sanguine maternelles». Comparaison froidement scientifique, me direz-vous. Probablement.

Mais quel rapport avec ce brave Trofim diriez-vous ?

Orwel plus fort que Nostradamus, d’accord ; mais, Orwel c’est has been, faites entrer Trofim. Le lyssenkisme est la manipulation d’une méthode scientifique à des fins idéologiques, du nom de cet agronome de l’époque stalinienne géniteur d’une politique génétique destinée à améliorer le rendement agricole du blé, la « vernalisation », politique basée sur aucun fondement scientifique, qui accède néanmoins au rang de théorie officielle.

A l’instar de Lyssenko qui entend « appliquer la dialectique marxiste aux sciences de la nature », nos progressistes entendent quant à eux appliquer cette même dialectique aux sciences sociétales. De surcroît, il suffit de nos jours de remplacer marxiste, par féministe, progressiste ou multiculturaliste, et j’en passe et des plus morbides, et le commun des mortels aura un aperçu exhaustif de l’algorithme doctrinal qui sous-tend les avancées dites sociétales, toujours en totale symbiose avec les fumeuses valeurs républicaines.

Déjà au café de Flore, l’enfumage de la nomenklatura était en gestation avancée. On ne naît pas femme, on le devient, proférait la Simone. Mathieu Fawas est d’accord. Après le MacDo, le Kosovo et les séries américaines, les lubies progressistes outre-Atlantiques ne tarderont pas à métastaser au sein de la vieille Europe, au début par le biais de la propagande, puis par le biais législatif. L’avortement, qui devait rester une exception, dixit l’autre Simone, devenu droit intangible car « mon corps m’appartient », le mariage homosexuel, la théorie du genre, l’abécédaire LGBTQ+, la déshumanisation du fœtus, la PMA, l’antispécisme et bientôt le transhumanisme. Le féminisme à cet égard ne serait-il pas la première manifestation embryonnaire du transhumanisme ? Thème à méditer, vous avez trois heures.

N’empêche, l’on assiste à l’éternelle résurgence du lyssenkisme au service de l’idéologie dominante en totale contradiction avec le réel. In fine, du progressisme ou du fœtus on devine aisément lequel des deux est le plus malin.

Il y a bien longtemps, un vénérable confrère s’aventurait à dire que science sans conscience n’est que ruine de l’âme. De nos jours, la science est de plus en plus dévoyée au bénéfice d’une idéologie mortifère ; la conscience, individualiste et relativiste au service des minorités normatives. Et l’âme. L’âme ? Mais de quoi parlez-vous ?

Pierre Mylestin

 Médecin
( 1 mai, 2019 )

Monseigneur le comte de Paris, invité à La Ferté-Vidame

 

Lu sur le blog « la Couronne »

 

Le prince Jean d'Orléans, comte de Paris, Jean IV de France

 

Le jeudi 27 juin prochain, Le chef de la Maison royale de France, Monseigneur le comte de Paris inaugurera la nouvelle place de l’hôtel de ville de La Ferté-Vidame, en présence du maire de la ville et du sous-préfet d’Eure-et-Loir.

 

La ville de La Ferté-Vidame, est attachée à l’histoire de la famille d’Orléans, puisque s’y trouve le célèbre château de La Ferté-Vidame. Ce château revient un temps par succession dans la famille d’Orléans, et Louis-Philippe, futur roi de France, ordonne la rénovation du Château avant que la révolution de 1848 mette fin prématurément au chantier.

 

Ce château, classé monument historique, depuis le 24 février 1976 pour les bâtiments (les ruines du château, les façades et toitures des communs, la grille d’honneur du château), ainsi que d’un classement le 26 février 1991 pour son parc et ses pavillons, fût ruiné à la Révolution française, il n’en reste aujourd’hui qu’une ruine impressionnante et un magnifique parc, classé lui aussi depuis 2007.

( 1 mai, 2019 )

Traditions militaires, la prochaine bataille ?

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Dans un rapport parlementaire rendu public le 27 mars, les députés Christophe Lejeune (LREM) et Bastien Lachaud (FI) s’attaquent aux traditions militaires sous prétexte de lutter contre les discriminations.

Les députés dénoncent le caractère religieux de certaines fêtes ancrées dans les traditions : « Nous croyons utile de veiller à un strict respect de la neutralité. La laïcité et la neutralité prémunissent de tout mélange des genres préjudiciable à la cohésion du groupe ». Leur objectif n’est pas seulement les traditions, ni la religion.

Contre la croix et le croissant ?

Pour eux « Les moyens généraux sont en effet trop souvent utilisés pour envoyer des invitations à des cérémonies catholiques. Il n’est pas rare que le courriel d’invitation à la messe en l’honneur du saint patron soit envoyé depuis la boite mail de l’unité ou depuis celle du commandant. » On se croirait revenu aux temps de l’affaire des fiches avec la chasse aux officiers allant à la messe. Dans cette logique, les députés devraient interdire les insignes avec des croix : latine (7e Brigade blindée, 1er RI, 1er RHP, …), lorraine (2e Brigade blindée, 9e DIMa, RICM, 13e DBLE, commandos marine, …). Les décorations, comme du temps des héritiers de la Révolution, devront uniquement être des croix à cinq branches sur le modèle de la Légion d’honneur. Ils ne devront pas oublier les autres symboles confessionnels comme le croissant, la croix d’Agadès ou l’étoile chérifienne. Car l’armée française respecte les croyances des soldats qui combattent dans ses rangs. La sacralisation de ses symboles n’est pas seulement l’expression de croyances, elle est légitimée par le sang des soldats. Le culte du sang et des morts est le ciment des armées. Il est sur les autels catholiques comme il est à l’Arc de triomphe dans sa forme d’autel (4 pieds et 1 plateau), les noms gravés sur ses faces et la flamme du Soldat inconnu régulièrement ranimée. « Sans le cérémonial, tout meurt » a dit Jean Cocteau, y compris l’autorité elle-même.

Les traditions militaires ne font que refléter celles du pays. Les éliminer serait comme détruire des forteresses immatérielles, effondrant un dispositif aussi invisible qu’indispensable de l’outil de défense. Comme le fait remarquer le Gal Pinard-Legry, président de l’Association de soutien à l’armée française : « C’est ignorer l’importance que revêt l’esprit de corps au combat et qui est fondé pour une large part sur le culte des valeurs et des traditions. » Il faut être bien étranger aux questions militaires pour ne pas mesurer ce que représente la Saint-Michel pour les parachutistes ou Noël pour les légionnaires.

Les grandes manœuvres contre les traditions

L’armée est régulièrement la cible d’offensives destinées à saper la cohésion des troupes, quelques exemples parmi les plus récents : novembre 2018, opération de débaptisation de la promotion Général Loustaunau-Lacau des élèves-officiers de l’Ecole spéciale militaire ; septembre, reconnaissance par le Président de la République « que Maurice Audin a été torturé puis exécuté ou torturé à mort par des militaires » ; mars, campagne contre les agissements sexistes au lycée militaire de St-Cyr-l’Ecole.

Encore une fois, ce sont les traditions de l’ESM qui sont dans le collimateur de ces deux députés : « On peut citer aussi la journée de cohésion, organisée au Mont Saint-Michel par les saint-cyriens, et qui donne lieu à un baptême du sabre ou du casoar. Dans une telle journée, dont l’acmé est manifestement cette cérémonie, on peut s’interroger sur la possibilité de s’éclipser pour manifester sa différence. Autre incongruité : la participation des saint-cyriens à une cérémonie d’accueil de l’anneau supposé de Jeanne d’Arc au Puy-du-Fou ! ». Les écoles sont les cibles privilégiées de ces attaques car les traditions militaires y sont enseignées et transmises aux plus jeunes, ceux qui formeront l’armée de demain. Leurs traditionnels bahutages excitent périodiquement les garants de valeurs républicaines. Ainsi lancée au sein de l’Assemblée nationale, cette offensive vient soutenir toutes les précédentes. Et ce n’est pas un hasard si elle s’en prend ainsi à certaines des plus anciennes mémoires françaises, en effet, ces traditions militaires sont entretenues par des “familles tradi”, transmises et entretenues à travers les générations, les plus anciens ayant quitté le service depuis longtemps restant en contact avec ceux qui sont sous les armes, ainsi qu’avec ceux qui s’y destinent. Ces lignées mémorielles, qui n’ont rien de confidentiel mais n’ont pas vocation à être médiatisées, assurent la transmission de valeurs professionnelles françaises transcendant les individus comme les institutions. En affaiblissant ces structures, c’est toute l’armée qui perdrait en efficacité, ces députés peuvent l’ignorer, pas ceux qui les commanditent.

La haine de l’ordre

Ainsi ces campagnes ne sont que l’expression de la vieille haine contre le monde militaire et l’ordre qu’il représente, en 2013 celle du compagnon de Cécile Duflot très fier de boycotter l’invitation au défilé du 14 Juillet pendant que la ministre distribue son quota de Légions d’honneur ; celle des porteurs de valises des terroristes du FLN pendant la guerre d’Algérie ; celle des militants communistes partant, au cours des hostilités, conseiller l’encadrement des camps viet-minhs au taux de mortalité supérieur à celui des camps nazis ; celle du PCF en 1939 avec les sabotages et désertions alors que le pays est en guerre.

Les traditions militaires ont été élaborées par ceux qui acceptent l’éventualité de la mort pour défendre le pays. Un risque qui n’est pas inhérent à toutes les professions. Bien éloigné des préoccupations matérielles ordinaires, il impose certaines règles moyennant la liberté d’adopter une conception surnaturelle de l’existence.

Les traditions militaires ne sont pas constituées d’éléments interchangeables au gré de majorités politiques volatiles. Elles ne sont pas adoptées par un quelconque vote, elles ne peuvent pas être mises à jour comme un simple logiciel, pas plus qu’elles ne seraient disponibles “sur étagère”. A l’instar des monuments, les traditions s’inscrivent dans la mémoire longue des peuples, résultat de consensus collectifs que le législateur ne peut que désorganiser. Les mêmes politiques qui ont supprimé les frontières pour mettre les soldats dans les rues relancent les hostilités contre les traditions militaires, la longue mémoire de l’armée, l’ossature de sa cohésion. Ils mènent l’attaque depuis l’Assemblée nationale avec un député de la majorité présidentielle. Ce n’est donc pas un combat de rencontre. 

Thierry de Cruzy

 

( 30 avril, 2019 )

« La monarchie permettrait de rétablir les équilibres et de garantir les libertés »

 

 

Le prince Jean de France, nouveau comte de Paris, est intervenu à plusieurs reprises dans le cours de la Semaine Sainte sur différents organes de presse – Le Figaro, L’écho républicain – pour dire son souci de la France, après l’incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris. C’est ce souci de la France, dégagé de toute visée électoraliste, qui guide la pensée du Prince et qu’il veut bien confier à Politique magazine.

Monseigneur, comment percevez-vous la campagne des européennes et l’alternative que pose Emmanuel Macron, « moi ou le chaos » ?

C’est un peu binaire comme vision des choses ! Il faut toujours faire attention aux formules chocs, qui sont là pour marquer les esprits. Il y a certainement d’autres voies, dont une, le concert des nations, qui est une expression qui me plait. Dans le monde tel qu’il est aujourd’hui, le concert des nations et le modèle de construction européenne qu’il suppose devraient être ce qui oriente la campagne. Il y a de nombreux enjeux, dans ces élections. Nous sommes le seul pays où la majorité en place, à chaque élection européenne, est élue de manière très inconfortable. L’Europe est-elle mal aimée, les Français, déjà inquiets pour eux-mêmes, sont-ils très inquiets vis-à-vis de cette instance supranationale qui paraît peu concrète et viser plus le consensus que le bien commun ? Pour le moment, on ressent surtout le désamour caractéristique des Français pour les élections.

Ils s’expriment autrement, par exemple avec les Gilets jaunes, qui ont montré que certains Français étaient au bord de l’exaspération à force de se sentir ignorés, voire méprisés : comment ressentez-vous l’état du pays ?

Les Gilets jaunes, si l’on met de côté les débordements qu’on connaît, expriment les multiples fractures qui existent en France, entre riches et pauvres, entre gens des villes et gens des champs, entre ceux qui sont “dans le système” et ceux qui sont hors système, entre ceux qui triment et ceux qui bénéficient de la conjoncture, etc. Ce sont ces oppositions telles qu’elles se sont creusées depuis une trentaine d’année qui surgissent, dans un ras-le-bol général où les Français réclament un travail décent, des écoles pour leurs enfants, une retraite qui leur permette de vivre après avoir donné du temps à leur pays, une couverture sociale suffisante, un environnement agréable et sécurisé… La base, quoi, alors que tout ceci est plutôt laissé de côté par une nomenklatura urbaine hors-sol qui ne comprend pas que ceux qui ne votent pas et ne manifestent pas puissent rêver d’autre chose que de leur projet.

N’y a-t-il pas aussi chez eux le refus d’une impuissance de l’État à agir sur la réalité ?

Il y a certainement une impuissance de l’État, puisque l’Union européenne a pris le pas sur le périmètre d’influence de l’État français. D’autre part, l’État ne s’intéresse plus au bien commun, ni au service de la France et des Français. Ce sont deux moteurs qui vont de concert.

Quand on ne maîtrise plus la monnaie ni la loi, ni la sécurité (80 zones de non-droit, outre les incivilités permanentes !), que reste-t-il ?…

Je suis d’accord, nous sommes désormais dans une France liquide dans une Europe sous influence comme dit Philippe de Villiers. Cette Europe autoproclamée a en fait été programmée pour et par les États-Unis.

Outre les Gilets jaunes et leur démonstrations spectaculaires, les enquêtes du Cevipof montrent, depuis dix ans, que les Français ont de moins en moins confiance dans le personnel politique. L’idée d’un gouvernement débarrassé des contraintes de la démocratie participative recueille même un assentiment assez fort. Y a-t-il une impossibilité institutionnelle, en France, à entendre ce genre de discours ?

Je ne sais pas s’il faut parler d’impossibilité institutionnelle, mais il y a une désaffection des Français pour leurs politiques, qui se sont détournés de leur vocation première et ont laissé le système confisquer tous les moyens d’expression, tous les sujets de débat, au point que la liberté en pâtit. Alors que c’est une liberté nécessaire de pouvoir s’exprimer et d’être entendu. Par ailleurs, dans un tel système, la seule déclinaison possible est une manière de despotisme, éclairé ou non, selon ce qu’en disent des Européens convaincus, comme M. Delors. Alors que « le Prince en ses conseils et le peuple en ses états », c’est-à-dire la monarchie, permettrait de rétablir les équilibres et de garantir les libertés, sans glisser vers le despotisme tel qu’il est aujourd’hui exercé dans les pays où les gouvernements sont dans l’idéologie globalisée du moment.

Cette crise de confiance, qui amène dans certains pays des réponses institutionnelles particulières, ne vient-elle pas aussi du fait que l’Union européenne doit faire face à deux gros problèmes, une immigration qui fracture les populations nationales et les divise en communautés hétérogènes, sans culture commune, et l’apparition d’un islam public très revendicatif réclamant que les cultures nationales s’adaptent à ses impératifs ?

L’islam s’accommode très bien de l’idéologie du moment qui entraîne une partition de la population française, en fonction de la religion, des communautés, des intérêts divergents. Cette partition lui permet d’avancer. On ne peut considérer sans inquiétude, voire une certaine angoisse, les pays musulmans aujourd’hui, et le sort réservé à ceux qui n’ont pas cette religion. “L’islam modéré” ne sera qu’une étape, et comme il y a plusieurs islams, on peut qu’être perplexe quant à ce que cela va donner. Il faut évidemment retrouver un socle commun, culturel, historique, religieux.

L’incendie de Notre Dame et les réactions qu’il a suscité prouvent-ils que ce socle commun existe et n’est que recouvert par la poussière des discours médiatiques ? La France se sent-elle toujours chrétienne dans ses racines sinon dans ses mœurs, avec son histoire et sa culture ?

J’aimerais penser qu’il s’agit en effet de quelque chose de profond, et que l’idéologie relative du moment ne fait que recouvrir ce socle. On voit que le fonds chrétien ressort, une foi culturelle dans laquelle ont baigné nos hommes politiques.

Comment le roi peut-il créer et maintenir la concorde nationale dans un pays où une part significative de la population est musulmane ?

L’inspiration lui viendra quand le moment sera venu ! Ensuite, si le roi est aussi le protecteur des chrétiens, la vertu exige que la foi musulmane puisse s’exprimer sans remettre en cause l’état de droit : ce sera là le point d’équilibre.

Monseigneur, comment ce roi protecteur des chrétiens peut-il travailler avec une église catholique en crise, d’une part, mais d’autre part très acquise aux valeurs de la république et à une interprétation de plus en plus humaniste du message de l’Évangile ?

L’Église doit régler clairement et fermement ses problèmes internes, c’est une chose. Sur le second point, depuis Léon XIII, pour ainsi dire, l’Église a changé sa politique générale, qui était de s’appuyer sur les chrétiens pour avancer dans l’espace public. Le nouveau système finit par la dissoudre : dans la lettre des évêques de France, « Retrouver le sens du politique », publiée avant les dernières élections présidentielles. Il n’y a quasiment aucune références théologiques et philosophiques… Il n’y a pas de chapitre sur le travail, alors que c’est une valeur de base pour les chrétiens. L’Église a été évincée, s’est évincée, de toutes les sphères où elle aurait pu et dû marquer sa différence. Son influence est devenue plus limitée.

Le roi, étant donné le tableau qu’on vient de dresser, devrait-il se borner aux fonctions régaliennes classiques (police, justice, armée, monnaie) ou, au moins pendant un temps de transition, tenir compte de l’importance considérable pris par l’État en France et de l’ampleur non moins considérable des problèmes que l’État n’a pas réglés, comme le désastre environnemental ?

Bien sûr, c’est nécessaire. Et les rois ont toujours été des têtes de pont en matière environnementale. Il faut s’inscrire sur le long terme. L’environnement, et les questions sociales, et j’ai sur ce sujet la même sensibilité que mon grand-père : le Prince doit s’intéresser à ces questions-là. C’est un élément fort de pouvoir travailler sur ces sujets. Et il n’y a que les Princes qui peuvent agir : seul le roi est capable de poursuivre le bien commun tout en respectant les populations. Mieux vaut être petit, cela dit, comme le dit le prince du Liechtenstein.

Aujourd’hui, la France n’est pas petite et le gouvernement d’une nation est enserré dans un tissu serré de relations internationales. Comment théoriser un pouvoir national aujourd’hui ?

La seule chose qui fonctionne, c’est le principe de subsidiarité, qui s’appuie sur la confiance : les hommes sont faits pour vivre ensemble et s’ils s’entendent ils vivent mieux. C’est ça, le bien commun. Aujourd’hui, on pousse l’homme, par l’individualisme, à assumer ses désirs jusqu’à ce qu’on lui supprime ses libertés. Ce qui gouverne nos sociétés, c’est la défiance, l’idée que l’homme est un loup pour l’homme. Il faut changer de philosophie politique. Et on en revient au concert des nations : le concert n’exclue pas les fausses notes mais il y a une partition, une liberté d’interprétation et une volonté de jouer ensemble, chacun avec son talent.

Monseigneur, comment voyez-vous votre rôle ici, en France, en 2019 ?

Déjà comme chef de famille, dans une relation apaisée. Et je veux m’impliquer plus dans la vie de mon pays, par la parole et par les actes, avec des relations plus fortes avec l’État et des structures intermédiaires, avec les populations. Je parlerai plus fréquemment, et j’espère que mes actes seront à la hauteur. C’est important que le chef de la Maison de France soit présent.   

Propos recueillis par Jean Viansson-Ponté et Philippe Mesnard

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