( 7 mars, 2019 )

Paris 12 mars Hervé Juvin aux Mardis de Politique magazine, une conférence à ne pas manquer, !

 

 

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Rendez-vous à partir de 19 h 00
Conférence à 19 h 30 précises
PAF : 10 € -  Etudiants et chômeurs : 5 €
Salle Messiaen, 3 rue de la Trinité  Paris 9° 
Métro La Trinité, Saint-Lazare
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Politique magazine, 1 rue de Courcelles Paris 8°
T. 01 42 57 43 22
( 7 mars, 2019 )

Communiqué de « Vosges Royales »

 

 La prochaine réunion-débat  des Vosges royales

 aura pour thème

 

 « Les royalistes et les élections : comportements divers »

 

Vous êtes attendu lundi 11 mars 2019 à Golbey,

salle Barbelouze (face à l’hôtel de ville) à 19h00.

( 4 mars, 2019 )

Toujours plus comique : Aurélien Taché compare le voile islamique au serre-tête catholique

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

La République en marche toujours plus loin, toujours plus fort. Les sites satiriques peinent à se renouveler, ont l’angoisse de la page parce qu’il faut bien le dire : certains politiques leur font une concurrence déloyale éhontée. Ainsi un député vient de comparer le voile islamique au serre-tête catholique : Le Gorafi en avait rêvé, Aurélien Taché l’a osé. Mis en difficulté par Zineb El Rhazoui qui lui demandait son avis sur les fillettes de 11 ou 12 ans voilées, c’est la seule parade qu’il a trouvée. Parce qu’il est bien connu qu’un peu partout dans le monde, de nombreuses jeunes filles catholiques ne peuvent pas sortir sans leur serre-tête. Sur les réseaux sociaux, le hashtag « #Prisonnière du serre-tête à Versailles » fait florès, des jeunes résistantes ayant préféré la barrette ou l’élastique pour se coiffer auraient même été aspergées d’acide ou assassinées.

Même Marlène Schiappa – c’est dire ! – a trouvé que c’était un peu fort de café : « Il faut cesser ce relativisme qui nous fait mettre sur le même plan des choses qui sont opposées. » C’est l’hôpital qui se moque de la charité, pourrait rétorquer son petit camarade, eu égard à sa propre sortie sur LMPT et les islamistes. Le postulat de base est, d’ailleurs, le même : le problème, c’est LA religion, quelle qu’elle soit, avec cette différence près que si l’on a réussi à mater le catholicisme, l’islam plus jeune et plus fougueux commet encore quelques « incartades » avec lesquelles il faut être indulgent, compte tenu du traitement discriminatoire dont tant de musulmans font l’objet dans notre pays. Contrairement aux catholiques, en tous points favorisés comme chacun sait : on peut donc, avec eux, se défouler à loisir sans se gêner.

Et tant pis si laïcité et féminisme, qui sont au cœur de leurs propos, ont l’une (« il faut rendre à César ce qui est à César ») et l’autre (« il n’y a plus ni grec, ni juif, ni esclave, ni homme libre, ni homme, ni femme, car vous êtes tous en Jésus-Christ ») fleuri sur ce terreau chrétien qu’est l’Occident.

Notons, au passage, que si le catholicisme est immédiatement appelé à la rescousse pour relativiser les écarts islamistes, l’inverse, en revanche, n’est pas vrai, l’amalgame ne fonctionnant que dans un sens : il n’est de pédophiles, par exemple, que dans le clergé catholique.

Agnès Thill qui, eu égard à ses positions contraires à la doxa sur la PMA, subit les persécutions de son propre camp – Aurélien Taché en tête, signataire de la lettre exhortant leur président de groupe à faire montre de « fermeté » à son endroit – ironise sur Twitter : « Ouh la la… le coup du serre-tête des petites filles catholiques… et du voile islamiste… par notre Fouquier Tinville d’opérette… Aurelien Taché des excuses ? Une commission des conflits ? #2poids2mesures ? Bah nul n’est parfait ! »

C’est surtout Aurélien Taché qui devrait songer à ôter son propre serre-tête idéologique, qui tend à lui comprimer le cerveau et lui atrophier les neurones.

Addenda : Aurélien Taché a publié dimanche soir un communiqué de presse : « Je tiens à m’excuser si mes paroles ont pu blesser. »

Gabrielle Cluzel

 Ecrivain, journaliste
( 4 mars, 2019 )

Sont-ils tous irresponsables ?

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

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« Sortir de l’euro serait très risqué ; y rester dans les conditions actuelles l’est sans doute tout autant. » 

Une étude du Centre de Politique Européenne (CEP), un think tank allemand européiste et libéral, vient de confirmer, en le chiffrant, ce que tout le monde sait mais qu’il ne faut pas dire : la monnaie européenne nous a appauvris.

En effet, la disparition du franc aurait coûté, de 1999 à 2017, 56 000 euros à chaque Français. A comparer avec les deux extrêmes : l’Italie (perte de 73 605 euros par habitant pour avoir abandonné la lire) et l’Allemagne (gain de 23 116 euros pour avoir « renoncé » au mark). Les auteurs de l’étude soulignent volontiers la part de responsabilité de la France elle-même, de ses gouvernants donc qui ont privilégié la dévaluation (jusqu’en 1986) puis favorisé une désindustrialisation massive du pays avant et après le passage à l’euro, l’affaiblissant ainsi au point de le rendre incapable de profiter de la force de la nouvelle monnaie unique.

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On peut en effet se demander pourquoi, devant bien en prévoir les exigences, les gouvernements français, qui se sont succédé sous les présidences de MM. Mitterrand à Chirac dans les années 90, ont fait le choix de l’euro. Que ce soit illusion sur notre capacité de résilience ou idéologie européiste, le résultat est le même. On a voulu penser que l’Allemagne, soucieuse de sa réunification, donnait ainsi des gages en sacrifiant son mark sur l’autel de l’union alors qu’en réalité, vu la solidité structurelle de son tissu industriel, elle ne pouvait que profiter de la nouvelle donne – gagnant ainsi sur les deux tableaux. Aujourd’hui, la France est dans le piège : sortir de l’euro serait très risqué ; y rester dans les conditions actuelles l’est sans doute tout autant.

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Certains penseront que ce sont là les inconséquences fâcheuses d’un temps politique révolu. Qu’on se détrompe. Nous avons un exemple très actuel et très inquiétant pour l’avenir, car cela pourrait aussi nous coûter très cher. En janvier, l’annonce du désengagement de Casil Europe, l’actionnaire chinois (49,99%) de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, lequel actionnaire prétend désormais récupérer 500 millions d’euros (soit un gain d’environ 200 millions par rapport au prix d’achat de 2015), a prouvé que l’opération de privatisation (avalisée en son temps par M. Macron, alors ministre de l’Economie) risque de tourner au fiasco. L’inquiétant est que la leçon n’en soit pas tirée au plus haut niveau de l’Etat puisque M. Macron, nouvelle loi PACTE à l’appui, persiste dans son idéologie libérale de désengagement de l’Etat en privatisant d’autres sites stratégiques comme (et ce n’est qu’un exemple) Aéroports de Paris. L’opération de concession à un groupe privé pour soixante-dix années constituerait non seulement un non-sens économique et financier (pour quelques milliards d’euros, l’entreprise florissante qui rapporte jusqu’à 200 millions par an à l’État profitera à des investisseurs privés qu’il faudra encore dédommager à terme), mais aussi un non-sens sécuritaire (Aéroports de Paris est avec cent millions de passagers par an notre plus importante frontière et on ne peut raisonnablement imaginer que l’opérateur privé, qui ne recherche que le profit, ne privilégiera pas le commercial au détriment de la sécurité). Ce fol entêtement idéologique et libéral se cache derrière une motivation apparente dérisoire (gain immédiat de quelques milliards d’euros pour l’Etat).

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Qu’on le veuille ou non, l’État reste le seul garant possible des intérêts nationaux, comme vient de le rappeler fort à propos le gouvernement du royaume des Pays-Bas qui a fait ce qu’il fallait pour garder la main sur le stratégique aéroport d’Amsterdam-Schipol. (Photo : Mark Rutte, 1er ministre des Pays-Bas)

Désengager l’État de certaines missions régaliennes constitue donc plus qu’une faute politique grave, une sorte de trahison ; tout comme, à l’inverse et en son temps, l’engager dans une voie monétaire douteuse et de toute façon exigeante sans s’en donner les moyens.

Louis-Joseph Delanglade

( 3 mars, 2019 )

Congrès de l’Action Française

 

 

Congrès

 

De La RESTAURATION NATIONALE

CENTRE ROYALISTE D’ACTION FRANÇAISE

9 Mars 2019 à Paris

De 9 h (accueil) à 19 h 30, suivi d’un dîner amical.

Réservé aux militants à jour de cotisation 2019

Renseignements : blanche.pupion@actionfrançaise.net

( 1 mars, 2019 )

Abus sexuels : une réunion pour (presque) rien

 

 

Communiqué de RENAISSANCE CATHOLIQUE

 

Du 21 au 24 février dernier, s’est déroulée à Rome, à la demande du pape François, une réunion de 190 cardinaux, évêques, supérieurs religieux, experts, etc. du monde entier afin de lutter contre les abus sexuels dans l’Église. À son issue, le pape François a prononcé un discours qui a déçu de nombreux observateurs et victimes.

 

Les faits

Depuis plusieurs années se multiplient les révélations à propos d’abus sexuels perpétrés par des clercs contre des adolescents. Faits longtemps couverts par la hiérarchie ecclésiastique, sous le prétexte de ne pas nuire à la réputation de l’institution. L’Irlande et les États-Unis ont été particulièrement frappés par ce phénomène qui a, de manière considérable, in fine, nuit à l’image de l’Église. Ainsi, la pratique religieuse s’est effondrée en Irlande et les vocations sacerdotales y ont quasiment disparu.

Les juridictions civiles, saisies de ces crimes, enquêtent sur les clercs coupables mais aussi sur leurs supérieurs qui les auraient couverts. Des condamnations ont été prononcées et, en particulier aux États-Unis, des sommes considérables ont dû être versées aux victimes. Chaque révélation est l’objet d’un lynchage médiatique en règle de la part des médias dominants.

 

Les causes

Les spécialistes n’établissent pas, paraît-il, de lien entre homosexualité et pédophilie. Peut-être. Néanmoins la réalité est brutale : aux États-Unis, 80 % des actes pédophiles sont de nature homosexuelle. Or depuis plusieurs décennies, la culture homosexuelle s’est étendue dans l’Église atteignant des proportions inimaginables. Le livre de Frédéric Martel, Sodoma, s’il n’est certainement ni désintéressé ni au dessus de tout soupçon, livre cependant un ensemble de faits qui ne font que confirmer les graves accusations portées contre certains évêques et prêtres par Mgr Vigano en août 2018. Ainsi, en août 2016, Mgr Martin, archevêque de Dublin, avait dû retirer ses séminaristes du séminaire national de Maynooth, reconnu comme foyer actif d’homosexualité militante. Le regard sur l’homosexualité a changé, le discours moral s’est amoindri, les règles d’ascèse et de prudence se sont estompées. L’Église a renoncé à s’opposer au monde et à une de ses revendications emblématiques : la légitimité puis l’exaltation de la culture gay. Tout le monde a en mémoire la fameuse formule du pape François : « Qui suis-je pour juger une personne gay… qui cherche le Seigneur avec bonne volonté ? » La seconde partie de la phrase est souvent oubliée mais change-t-elle quelque chose, quant au fond ? Enfin il est incontestable que le pape François est entouré ou a facilité la carrière de nombreux ecclésiastiques gay-friendly ou ayant protégé des prêtres soupçonnés d’abus sexuels : les cardinaux Mac Carrick et Cupich, NNSS Zanchetta, Ricca ou Barros.

 

La réunion des évêques : un cataplasme sur une jambe de bois

À l’issue de cette réunion, le Saint-Père a prononcé un discours largement dominé par des considérations sociologiques. Les enfants sont victimes d’abus de la part de personnes…qui les fréquentent : famille, éducateurs, entraîneurs sportifs, prêtres, etc. Ce constat ne constitue pas une avancée conceptuelle majeure. Dans le même registre : ceux qui se noient sont généralement en contact avec un élément liquide ! Le pape dénonce ces « crimes abominables, l’abus de pouvoir, le mystère du mal », il en appelle à « transformer ce mal en opportunité de purification », etc. Bene ! Recte ! Optime ! Malheureusement ces bonnes intentions ne s’incarnent dans aucune mesure concrète. Il y a dans ces vœux pieux quelque chose de profondément pathétique. Ainsi, la limite d’âge des mineurs (14 ans, selon le droit canon) sera haussée mais on ne sait pas à quel niveau. Si « aucun abus ne doit jamais être couvert », on ignore les sanctions encourues par les éventuels coupables. Or ces sanctions existent et les mesures pour remédier à des situations de crise morale dans l’Église sont connues. En effet, ce n’est pas la première crise que vit l’Église. Les réformes grégorienne au XIe siècle et tridentine au XVIe siècle donnent les clés d’une vraie réforme de l’Église : rappels précis de la doctrine, mises au pas des évêques récalcitrants, formation sérieuse des candidats au sacerdoce, exigences ascétiques et mystiques, etc. En conclusion de l’encyclique Pascendi (8 septembre 1907) dénonçant et condamnant le modernisme, saint Pie X établit un vrai plan de bataille contre l’hérésie : revalorisation de la philosophie thomiste, exclusion des modernistes du sacerdoce et des chaires d’enseignement, interdiction de publier des ouvrages modernistes, mise en place de conseils de vigilance diocésains, obligation de prestation du serment antimoderniste pour les candidats au sacerdoce, etc. Aucune mesure de ce type n’est annoncée dans le document pontifical.

Mais, sur le fond, il y a bien pire. Un silence, complice, est fait sur l’homosexualité ou, plus bénignement, sur le non respect par de nombreux prêtres de la loi du célibat ecclésiastique. L’impression est donnée que l’Église ne s’intéresse en fait qu’aux perversions morales qui obtiennent le consensus de l’opinion publique et des médias dominants. À cet égard, le recours systématique aux juridictions civiles laisse pantois. C’est d’abord, pratiquement, nier l’existence d’un droit spécifique à l’Église, le droit canon, étroitement associé à son statut de société parfaite. L’Église semble avoir renoncé à juger, selon son droit propre, ses membres qui contreviendraient à ses lois sans se mettre en infraction avec la loi civile. Existe-t-il des tribunaux ecclésiastiques qui jugent, encore, des cas d’homosexualité ou de concubinage notoire à l’égard de prêtres ou d’évêques ? La question mérite d’être posée. Il faut ensuite être d’une désarmante candeur, d’une naïveté touchante, n’était l’importance des enjeux, pour faire une absolue confiance à la justice civile. En France, 30 % des magistrats sont syndiqués au Syndicat de la Magistrature, officine gauchiste dont la haine de l’Église est une ligne d’action constante. N’oublions pas, également, la présence massive de la franc-maçonnerie dans la magistrature. « J’ai confiance en la justice de mon pays », c’est beau comme l’antique, mais pas avant d’avoir bu trois verres de Muscadet.

 

Conclusion

Il est certain que cette réunion des évêques et le discours de François n’ont guère convaincu. « Le poisson pourrit par la tête » dit l’adage populaire, « L’escalier se balaie par le haut », enseignent les spécialistes en management. Tant que perdurera l’impunité canonique dont bénéficient évêques, cardinaux et prélats de Curie, aucune réforme de l’Église ne sera possible. Tant que l’homosexualité ne sera pas dénoncée et combattue comme un acte « intrinsèquement désordonné » (CEC § 2357), les abus sexuels se multiplieront. Enfin, parce que c’est la loi de la vie, il faudra des exemples. Ainsi, en 1627, François de Montmorency-Bouteville fut décapité pour avoir négligé le fait que le duel jusque-là interdit et toléré, devenait désormais, le cardinal de Richelieu gouvernant, interdit et…interdit.

Jean-Pierre Maugendre

( 1 mars, 2019 )

Des Gilets jaunes à la Monarchie royale. Partie 1 : Quand une grande part du peuple s’absente de la démocratie représentative.

 

Lu sur le blog de Jean-Philippe Chauvin

 

La révolte des Gilets jaunes n’est pas exactement une révolution, même si elle contient en elle des potentialités révolutionnaires, en particulier dans le désir de rupture avec des formes de la démocratie qui leur semblent faire la part trop belle aux classes dominantes : la démocratie parlementaire ou qualifiée de représentative est la plus dénoncée parce qu’elle paraît légitimer un « pays légal » sans devoirs réels à l’égard des électeurs. Dans le même temps, les manifestants du samedi et des ronds-points évoquent une possible dissolution de l’assemblée nationale (privilège réservé, par la constitution de la Cinquième, au président, ici celui-là même dont la démission est réclamée par ces mêmes manifestants) et le retour des Français aux urnes, démarche qui révèle un reste d’attachement à la « geste électorale parlementaire ». Cette apparente contradiction dans le discours revendicatif signale aussi le côté spontané et désordonné d’une révolte que personne n’attendait vraiment mais que beaucoup, inconsciemment ou non, espéraient, y compris nombre de royalistes. Ce qui est certain, c’est que la question de la démocratie et de ses applications, de ses formes mais aussi de son fond, de sa définition, est à nouveau posée, et qu’il serait bien dommage, là encore, que les royalistes ne participent pas à la réflexion sur ce sujet, en précisant leurs propre lecture et propositions.

Si l’on suit l’étymologie grecque du mot, la démocratie désigne « le pouvoir du peuple », dans un premier temps, mais il faut aller plus loin dans la définition : qu’est-ce que le peuple ? Son pouvoir ? Au-delà de la facile répétition incantatoire, approfondir le sens des mots, leur portée mais aussi leurs ambiguïtés, paraît nécessaire pour éviter les raccourcis et les manipulations.

 

 Des Gilets jaunes à la Monarchie royale. Partie 1 : Quand une grande part du peuple s'absente de la démocratie représentative. dans actualités couv22

 

Le peuple, en démocratie : à bien y regarder, et en particulier à travers l’histoire du monde athénien antique, il ne s’agit pas des habitants d’un endroit donné, de la cité en l’occurrence, mais des seuls citoyens, et l’appartenance à ce peuple des citoyens peut aussi, selon les Etats et le moment, fortement varier, selon des critères de sexe, d’âge ou d’enracinement filial. Aujourd’hui, la citoyenneté en France est liée à la nationalité, et à la condition d’âge, celle d’avoir au moins 18 ans. Mais l’abstention récurrente lors des dernières épreuves électorales, parfois atteignant et dépassant la moitié du corps civique, indique soit un désintérêt pour la Chose publique (la Res Publica, ou « République » au sens bodinien du terme), soit un désaveu pour le système partisan actuel, ce qui n’a ni le même sens ni la même valeur. « Le peuple s’absente », ainsi, de la démocratie représentative contemporaine, au risque de ne plus être reconnu et écouté par les tenants et élus du « Pays légal » selon la logique imparfaite du « les absents ont toujours tort ». Et quand les barricades se dressent, des ronds-points aux centres-villes, et que les éternels « laborieux de la Cité » enfilent un gilet fluo pour se rendre visibles des gouvernants, la réponse de la République ne peut être, dans un premier temps, que mépris et répression, puis peur et encore plus de répression (celles-ci s’accompagnant d’un Grand débat national sans débouchés réels), entamant un cycle infernal dont il n’est pas sûr que nous soyons encore sortis…

« Nous sommes le peuple », criaient les manifestants et les émeutiers, suscitant l’agacement des caciques de la démocratie représentative qui répliquaient, « c’est nous, le peuple, par la grâce des urnes, seule source de légitimité et de légalité » : de part et d’autre, l’incompréhension paraît totale, et durablement ancrée dans les esprits qui, à défaut toujours de surplomber les débats, s’échauffent jusqu’au risque de court-circuit.

 

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La réponse n’est pas d’un seul côté, et dépasser ce vain clivage paraît nécessaire, non par une simple prise de recul mais par une prise de hauteur : si « le peuple » (dans l’acception démocratique) est bien le corps constitué et reconnu de l’ensemble des citoyens, il ne peut être limité aux seuls votants, tout comme il ne se résume pas aux seuls contestataires actifs du samedi après-midi. Le peuple est constitué des deux catégories évoquées ci-dessus, mais aussi de ceux qui, tiraillés entre les deux postures, oscillent d’un camp à l’autre, dans un mouvement de va-et-vient qui pourrait bien devenir une permanence du débat public, au fil des réformes promises par l’exécutif et, surtout, voulues par les instances européennes, lointaines et souvent inaccessibles (voire incompréhensibles faute d’être vraiment connues) la plupart du temps aux citoyens français. Cela risque bien d’entraîner une forme d’ingouvernabilité si le Pouvoir ne sort pas vite de cet affrontement permanent et de ce « débat », non moins permanent, institué par le mode de « gouvernement » du président actuel. La République, même cinquième et malgré ses fondations gaulliennes et « monarchiques », peut-elle se libérer de ce piège fatal ? Si elle reste ce qu’elle est devenue ces dernières décennies, la réponse est forcément négative.

Jean-Philippe CHAUVIN

(à suivre : du piège républicain à l’alternative monarchique)

( 27 février, 2019 )

Comment peut-on encore être royaliste en 2019 ? Introduction : Quand la République pousse au royalisme…

 

Lu sur le blog de Jean-Philippe Chauvin

 

Comment peut-on encore être royaliste aujourd’hui ? C’est la question que j’ai beaucoup entendu ces dernières semaines, au moment où les Gilets jaunes avaient rouvert la possibilité du débat, comme une faille dans le globalitarisme ambiant, et que, dans les manifestations, dans la rue comme dans les cafés, la parole reprenait, un temps, le pouvoir, avant qu’elle soit à nouveau confisquée par le Pouvoir macronien dans un tourbillon de discours présidentiels et de manipulations médiatiques. Une question à laquelle j’ai toujours volontiers répondu, parfois trop brièvement, et qu’il ne me paraît pas inutile de traiter à nouveau, ne serait-ce que pour dissiper quelques malentendus et avancer quelques arguments en faveur d’une Monarchie royale qui, bien qu’encore trop lointaine, reste une solution institutionnelle possible et, à mon avis, souhaitable.

Il y a évidemment une réponse a contrario à la question posée plus haut : comment peut-on encore être républicain alors que la République, depuis une quarantaine d’années, semble incapable de penser au-delà de l’élection suivante et de définir une politique d’Etat digne de ce nom, susceptible de relever les grands défis contemporains, qu’ils soient économiques, sociaux ou environnementaux ? Ces quatre dernières décennies sont celles des occasions manquées et des renoncements multiples, et cela s’est traduit par un recul sensible de la position de la France dans le monde, alors même que notre pays a des atouts considérables dans la compétition internationale contemporaine et sur la scène diplomatique mondiale. La France possède le deuxième espace maritime du monde, elle a une métropole et des territoires d’Outre-mer qui lui donnent une grande diversité, autant de milieux que d’humains, et de grandes possibilités, énergétiques, agricoles, touristiques ; elle fait partie des cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU et sa langue reste une des langues majeures de la diplomatie comme de la culture ; elle est une terre d’inventeurs et compte nombre d’écoles et d’universités mondialement reconnues ; etc. Mais la France est en République… C’est bien là le nœud du problème, de ce que l’ancien ministre Alain Peyrefitte nommait « le mal français ».

 

Comment peut-on encore être royaliste en 2019 ? Introduction : Quand la République pousse au royalisme... dans Articles de fond france-sur-mer

La simple comparaison historique suffit largement à comprendre aisément en quoi la Monarchie royale, malgré ses nombreux défauts et insuffisances, est plus avantageuse pour notre nation que la République qui, au long de ses cinq déclinaisons et malgré quelques beaux (mais courts) moments, n’a su que consommer, voire consumer, ce que la Monarchie royale avait constitué et épargné. C’est d’ailleurs quand la République imite la Monarchie qu’elle est la plus convaincante et la plus efficace, comme une sorte d’hommage du vice à la vertu !

Mais être royaliste ne signifie pas céder à la nostalgie facile et rassurante d’une ancienne forme institutionnelle qui a fait ses preuves mais a fini par s’évanouir dans la mémoire de nos contemporains et dans la fumée des révolutions françaises. Il convient de raisonner, au-delà de l’histoire, en politique, et démontrer, après mûre réflexion, tout l’intérêt d’une Monarchie royale pour notre pays comme pour ceux qui y vivent : une démonstration qui mérite, le plus tôt possible, le passage aux travaux pratiques…

 

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 Jean-Philippe CHAUVIN

 

(à suivre : le refus de la nostalgie et l’actualisation monarchiste)

 

 

( 26 février, 2019 )

Des victimes déçues ?

 

Voilà une très belle chronique de Gérard Leclerc qui dit les choses de manière juste

 

« Les victimes déçues par le Pape ». Ce titre résume les doléances rapportées par les médias à la suite du discours conclusif de François, dimanche à Rome, au terme du sommet exceptionnel sur les crimes sexuels contre les enfants dans l’Église. Sont-elles justifiées ? Il est pour le moins prématuré de prétendre qu’aucune mesure ne sera prise en ce qui concerne « la tolérance zéro, l’exclusion définitive des violeurs d’enfants et des agresseurs sexuels employés par l’Église » pour reprendre la protestation d’un porte-parole. Les conséquences pratiques de la réflexion menée en commun, et suite d’ailleurs aux témoignages poignants de plusieurs victimes, vont être formalisées de façon précise par l’administration du Saint-Siège. C’est à partir de leur étude, que l’on pourra exercer un jugement fondé sur leur crédibilité et leur efficacité.

Certes, on comprend la colère et l’impatience de ceux et celles qui ont été blessés à vie par des ministres consacrés. La monstruosité de telles atteintes constitue une profanation. Le Pape a trouvé les mots les plus durs pour les caractériser. Que l’on ait trop tardé est aussi une certitude. Que l’autorité ait été défaillante et coupable, cela est désormais reconnu dans l’Église. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faut négliger tout jugement prudentiel et historique pour comprendre ce qui s’est passé. Nous avons affaire à un phénomène universel qui n’a été révélé par les diverses institutions que dans les années 90.

Que le pape se réfère aux enquêtes des grandes formations internationales pour marquer ce caractère universel, ce n’est nullement pour noyer le poisson, comme le prétendent certains. Qu’il mentionne les fléaux que constituent l’inflation pornographique contemporaine, le tourisme sexuel à grande échelle, le fait que les abus contre les enfants se pratiquent en premier lieu dans le cercle familial, avec les proches, les entraîneurs et les éducateurs, ce n’est nullement pour se décharger de la responsabilité ecclésiale. C’est pour rappeler des réalités contemporaines massives dont l’ignorance produit un aveuglement généralisé. N’est-ce pas aussi pour les médias le moment d’un examen de conscience et d’une très impérative mise au point ?

Gérard LECLERC

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 26 février 2019.

( 26 février, 2019 )

Surveiller et punir

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

L’État français produit moins d’emplois, moins d’industrie, moins de richesses, moins de sécurité, moins de beauté mais toujours plus de rigueur morale. Comme le soulignait naguère Philippe Muray – en 1992, quand même… –, il y a une envie de pénal de plus en plus vive. Éliminons les discours de haine des réseaux sociaux ! réclame Mounir Mahjoubi, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances et du ministre de l’Action et des Comptes publics chargé du Numérique (et son titre seul fait reculer la haine), moins d’un an après qu’Édouard Philippe avait déclaré : « La France va “se battre” pour un projet législatif au niveau européen contraignant les opérateurs du Net, et notamment les réseaux sociaux, à retirer très rapidement le “torrent de boue” des contenus “haineux, racistes ou antisémites” ».

Et comme Mounir, SEMEFMACPCN, est un homme méthodique, il a mis au plan un plan inséré dans un canevas exhaustif, qui est en gros un instrument de torture sémantique, mais laissons-le en parler avec bonheur : « c’est pour cette raison que nous avons souhaité organiser le plan d’action au sein d’un canevas exhaustif de toutes les questions auxquelles nous devons apporter une solution ».

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Marlène Schiappa, secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations (ou, plus familièrement, SEEEFHLCD), et Mounir Mahjoubi, SEMEFMACPCN, justes et justiciers s’il en fut, réclament surtout le concours actif des citoyens pour faire régner la vertu : justice par tous ! Mounir a planifié dans son canevas que « toutes les plateformes ou sites mettant à disposition des espaces de discussion ou de partage de contenu proposent des outils de signalement facilement identifiables et mobilisables en quelques secondes par un utilisateur », le ministère se proposant de tester l’ergonomie des outils de signalement. En 2019, Anastasie est fonctionnaire et ses ciseaux, certifiés par l’Afnor, sont en acier équitable.

Quant à Marlène, elle est fière que la France réprime désormais le harcèlement en meute, voté en août dernier mais pousse un cri d’alarme : « C’est une loi très importante, mais pour qu’elle vive, il faut que chacun s’en saisisse, que des signalements soient faits, que des plaintes soient déposées… Il y en a encore trop peu. Et il faut que les services de police et de justice soient le plus réactifs possibles. » Dénoncez, les enfants ! comme dirait Macron. Soyez citoyens, surveillez-vous les uns les autres comme je vous surveille !

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Soyez vigilants, repoussez toujours plus loin les bornes de la vertu indignée et de l’amour blessé. Vous n’arrivez pas à faire condamner tous les antisémites ? Criminalisez l’antisionisme. La manœuvre paraît quand même un peu compliquée car cela ferait un délit d’opinion de plus (« L’antisionisme […] c’est autre chose [que l’antisémitisme] puisqu’il s’agit d’un positionnement politique consistant à critiquer la politique d’Israël », comme dit Laurent Nuñez) ? (photo ci-dessous)

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Laissez tomber l’antisionisme mais redéfinissez l’antisémitisme. Les députés du groupe d’étude sur l’antisémitisme soumettront donc à l’Assemblée nationale une résolution, à la portée non contraignante, déjà proclamée par Macron,  (un peu comme Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières), qui proposera une nouvelle définition de l’antisémitisme intégrant une forme d’antisionisme. « Il s’agit de faire avancer la reconnaissance de ce qu’est l’antisémitisme au XXIe siècle », explique Sylvain Maillard, député LREM et président du groupe.

De redéfinition contextuelle en redéfinition contextuelle, on arrivera à faire rentrer toutes les opinions contraires dans le champ des expressions haineuses. Puis on expliquera que le fait de ne pas activement promouvoir les bonnes opinions est le signe d’une restriction mentale suspecte. On sommera les gens d’adhérer au nouveau catéchisme et on excommuniera séance tenante tous ceux qui témoigneront de la moindre réserve. Marlène Schiappa, SEEEFHLCD, souligne ainsi l’existence d’une « convergence idéologique » entre La Manif Pour Tous et « les terroristes islamistes ». Tel que. Les réservés seront réputés haineux. Et cette république vertueuse, où Mounir Mahjoubi, SEMEFMACPCN, veut faire régner l’amour, aura réussi à étendre si loin le champ de la haine que l’État aura le droit de fouiller nos consciences.

En attendant, il tente péniblement de fouiller nos opinions avec le Grand Débat, qui ne pourra pas être représentatif, au vu de ses modalités et des taux de participation. Mais c’est sans importance : ceux qui ne participent pas sont sûrement des réfractaires, des séditieux, des haineux. ■

Philippe Mesnard

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