( 12 décembre, 2018 )

Macron vers sa fin politique

 

Communiqué de l’AGRIF

 

Un certain malaise se dégageait hier au soir devant l’intervention télévisée d’Emmanuel Macron.

Nous ne pouvions nous empêcher de penser à ces robots présentateurs d’émission fabriqués pour la télévision chinoise ou encore à la fixité flamboyante du regard des « accrocs » à la cocaïne. Rien de tel sans doute, et probablement plus le fait d’un regard trop nerveusement rivé sur le prompteur de lecture.

Mais manifestement l’homme est à bout de souffle . Embourbé dans ses obsessions idéologiques d’écololâtre euro-mondialiste et enfoncé dans ses multiples dénis de réalité.

Considérons-les successivement .

  • Sur son « mea culpa » ?

 Le débat moraliste sur la réalité de la sincérité de sa repentance n’a strictement aucun intérêt.

  • Sur les auteurs des violences ?

Rien pour rectifier le gros mensonge de la logomachie politico-policière sur la convergence dans la casse de « l’ultra-gauche » et de « l’ultra-droite ». Ces derniers seraient-ils des génies de l’invisibilité et de l’insaisissabilité ? En a-t-on interpellé beaucoup ou même quelques-uns brisant des vitrines, pillant et vidant des magasins ?

Pourquoi taire que les plus violents et les plus aguerris des émeutiers sont en effet de la faune de l’ultra-gauche, « antifas » et autres « black-bloc » ?

Pourquoi taire que les pillards venus des « quartiers » comme on dit, – mais de quels quartiers ?- n’ont généralement pas des accents (basque, bourguignon et autres) de la diversité culturelle française mais relèvent plutôt du modèle rapeux de racisme anti-blanc de Nick Conrad ?

Hélas, on sait où vont certains goûts « culturels » d’Emmanuel Macron.

  • Sur les mesures d’urgence économiques et sociales.

Mr Macron, certes dans la continuité des régimes précédents, n’a nullement remis en cause la politique d’un État qui, tel les deux médecins Diaforus campés par Molière dans « le malade imaginaire », ne cesse de pratiquer des saignées fiscales pour en réinjecter ensuite ailleurs une moindre quantité pour laisser finalement l’économie cadavérique.

Les mesures annoncées, comment les financera-t-on ?

Avec quelles économies par ailleurs ?

Et par exemple, pas un mot sur l’ultra-dispendieuse gabegie des « politiques de la ville », d’un coût faramineux pour l’État et les collectivités territoriales, avec leurs budgets engloutis dans les constants saccages des banlieues.

- En revanche, aucune annonce sur le retour à la nécessaire indexation des retraites sur l’inflation et, pas davantage, sur la non moins nécessaire fin du plafonnement des allocations familiales. Comme si ce n’étaient pas deux mesures fondamentales de justice sociale et de reconstruction sociale.

- On ne peut bien sûr qu’approuver le retour à la défiscalisation des heures supplémentaires et le refus du rétablissement de l’I.S.F, impôt en effet mythique pour la gauche mais bien plus coûteux qu’il ne rapporte.

Mais le maintien en l’état de l’I.S.F.I. (impôt sur la fortune immobilière) est si mal conçu qu’il est trop souvent une cause de ruine pour des propriétaires strictement sans revenus.

- Mais pourquoi donc aucune annonce pour la soumission des richissimes G.A.F.A. à la fiscalité nationale ?

Pourquoi ce refus de prélever sur la fortune anonyme et vagabonde ?

  • Sur les questions de l’immigration.

Alors que le même jour la France venait d’approuver à Marrakech le « pacte sur les migrations » de l’ONU, pas un mot sur cela d’Emmanuel Macron ! Pacte, dit-on, non contraignant mais pour le moins de forte pression incitative et très contestable notamment dans l’absence de référence à un principe de véritable réciprocité.

Finalement.

C’est un homme nullement convaincu à l’évidence de l’efficacité de ce qu’il a proposé hier aux Français en général et aux gilets jaunes en particulier qui s’est adressé à eux.

Écrira-t-il l’acte V de la tragédie « Les gilets jaunes » en annonçant la dissolution de la Chambre ou sa propre démission ?

On peut penser qu’il en serait soulagé.

L’AGRIF

70 boulevard Saint-Germain
75005 PARIS
01 40 46 96 31

( 12 décembre, 2018 )

Le prince Jean de France et la noblesse Européenne se mobilisent pour la défense de la planète

 

Lu sur le blog « La Couronne »

 

Ce jeudi 6 décembre, Son Altesse royale le prince Jean de France s’est rendu à Vevey en Suisse, afin d’assister à une grande soirée internationale consacrée à la défense de la planète et de l’environnement “Less Saves The Planet” .

 

Organisé par Monsieur Fadi Abou et placé sous le parrainage du Dauphin de France, cette soirée exceptionnelle a rassemblé, les grandes familles de la noblesse Européenne qui soucieuse de l’état de notre environnement et consciente de leurs devoirs envers les générations futures, ont souhaité se mobiliser afin d’œuvrer collectivement aux grand défis qui préoccupent désormais toutes les nations, la défense de la planète et de son environnement.  Parmi les nombreux invités, de grands noms du gotha étaient venus rejoindre, le fils de Monseigneur le comte de Paris, était notamment présent : l’Archiduc Imre de Habsbourg-Lorraine avec son épouse l’Archiduchesse Kathleen de Habsbourg-Lorraine, le prince Léka II d’Albanie et le prince Gabriel de la Rochefoucauld.

 

Son Altesse royale, le prince Jean de France, qui a fait de la défense de l’environnement un véritable cheval de bataille, avait pu s’entretenir cet été avec le maire de Monaco, Georges Marsan, sur ce sujet. Cette soirée a amorcé le début d’un magnifique projet que le prince Jean de France souhaite mener à bien pour l’avenir de notre planète et de nos enfants.

 

Un événement couvert par de nombreux médias invités et présents ce soir-là. Vous pouvez découvrir quelques photos de cette soirée sur le site de Getty Images : ici 

( 11 décembre, 2018 )

Communiqué de la Restauration Nationale, Centre Royaliste d’Action Française

 

Le 11 Décembre 2018

 

 

 Soutien aux Gilets Jaunes :
Les cahiers de doléances contre l’oligarchie !

 

Toujours des miettes pour les Français en marge de la mondialisation heureuse, toujours ce même mépris du Peuple, et toujours ce double langage : annoncer qu’on va poser la question migratoire le jour où, sans débat public, on signe le pacte de Marrakech, qui organise le déferlement migratoire.

Les Gilets jaunes et, plus généralement, les Français, n’auront pas été dupes de l’exercice d’enfumage de Macron, lundi soir 10 décembre, qui, avec une rare indécence, la larme à l’œil, évoque « la mère de famille célibataire, veuve ou divorcée, qui ne vit même plus, qui n’a pas les moyens de faire garder les enfants et d’améliorer ses fins de mois et n’a plus d’espoir. Je les ai vues, ces femmes de courage pour la première fois disant cette détresse sur tant de ronds-points ! » Il les a vues ? Mais sur quel rond-point s’est-il rendu pour discuter avec elles ? Et qu’il n’avait pas déjà fait gazer ?

Certes, des mesures d’ « urgence économique et sociale » ont été annoncées : elles seront toutefois insuffisantes pour arrêter un mouvement parti des profondeurs du pays réel. Car si les plus démunis, salariés et retraités pauvres, notamment, ont besoin de ces aides financières tout simplement pour survivre, les Français, justement, ne veulent plus se contenter de survivre ! Ils ne veulent plus se satisfaire de la charité de l’oligarchie. Du reste, Bruxelles a déjà fait part de son inquiétude sur le coût de ces aides.

La répression aveugle qui s’abat sur les Français n’y changera rien. Macron, désormais, ne parle plus aux Français que par l’intermédiaire des gaz lacrymogènes, des flash ball et des blindés de la gendarmerie ornés du drapeau européen !

L’Action français appelle l’ensemble des Français à défendre, au sein des Gilets jaunes, leur dignité et leurs libertés. Elle appelle solennellement à la démission de Macron et à la rédaction, par les citoyens eux-mêmes, partout sur le territoire, de cahiers de doléances. Il leur appartient de faire directement entendre leur voix !

( 10 décembre, 2018 )

On ne saurait penser à tout

 

 

Lu sur « lafautearousseau »

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On sait bien aujourd’hui que l’arrivée à l’Elysée  de M. Macron ne relève pas du conte de fées mais a bien été voulue, décidée et programmée par la confluence d’intérêts financiers relayés par l’ensemble de médias forcément aux ordres.

Même si, complexité des choses et des gens oblige, M. Macron a pu faire illusion par certains propos et comportements de début de mandat, on ne peut que constater, pour le condamner, que sa politique actuelle répond aux voeux des élites mondialisées et des oligarques qui l’ont porté au pouvoir,  pour qui la France en tant que telle n’est qu’un pion parmi d’autres. Sa décision d’apposer sa signature au bas du pacte mondial sur les migrations n’en est que le dernier exemple. L’élection en mai 2019 des soixante-dix-neuf députés français au Parlement de Strasbourg constitue à l’évidence une prochaine étape, essentielle, de son engagement en faveur de la (dés)Union européenne. Une rhétorique binaire oppose déjà explicitement mais grossièrement les auto-proclamés « progressistes », dont M. Macron serait le héraut, aux « nationalistes » et autres stigmatisés et vilipendés de tout poil que sont populistes et eurosceptiques.

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La ficelle est un peu grosse, aussi M. Macron a-t-il besoin pour l’emporter de ratisser large, ce que montre le repas secret à l’Elysée, mardi 20 novembre, auquel assistaient le gratin des européistes (MM. Bayrou, Juppé, Raffarin, Moscovici, etc.) ; ce que prouve aussi son entêtement, jusqu’ à ces derniers jours, à conduire au pas de charge une « transition écologique » au plus près des moindres délires et exigences du clan écolo-européiste.

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Mais le rationalisme technocratique des équipes de M. Macron, qui devaient penser avoir tout prévu, s’est heurté à l’inimaginable, à l’impondérable, à l’imprévu : le facteur humain. Et voici nos ploucs de la France profonde (des territoires de l’hexagone diront certains) qui entrent en rébellion. Les premières reculades en forme d’annonces n’ont pas pour l’instant vraiment calmé les esprits. L’honnêteté intellectuelle conduit à dire qu’un mouvement aussi diffus, aussi foisonnant, aussi désidéologisé, un mouvement aussi contradictoire même dans ses revendications peut conduire à tout ou à rien : essoufflement d’une réaction minée par les violences, contre-attaque victorieuse du gouvernement sous prétexte de restaurer l’ordre, récupération politicienne par les boutefeux de M. Mélenchon, crise politique et dissolution de l’Assemblée, etc. Analystes et commentateurs se perdent en conjectures, de la jacquerie à la crise de régime : le vrai est qu’on n’en sait rien.

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Reste quand même que la position de M. Macron sur la scène internationale, européenne surtout, semble pour l’instant plutôt affaiblie. Et pour un moment. Son ambition européenne, fortement liée au succès de ses réformes intérieures, risque de pâtir de ces scènes d’émeute et de ces reculades gouvernementales qui ternissent son image. « Macron n’est plus un problème pour moi, c’est le problème des Français » a ironisé M. Salvini.  Quelle que soit l’issue du mouvement des Gilets jaunes, il faudra du temps pour restaurer les images conjointes du président en France, de la France en Europe. On peut même espérer que soit mise en sourdine son agressivité verbale à l’égard de ceux qui ne confondent pas Europe et Union européenne. M. Macron, pour avoir privilégié le schéma idéologique euro-mondialiste et du coup ignoré la colère populaire contre ce même schéma, serait alors en situation d’échec au niveau européen. Si c’était le cas, on pourrait remercier les Gilets jaunes.…

( 9 décembre, 2018 )

Communiqué de la RESTAURATION NATIONALE, CENTRE ROYALISTE D’ACTION FRANCAISE

 

 

 

 Soutien aux Gilets Jaunes :


Les cahiers de doléances contre l’oligarchie !

 

La crise que traverse la France consacre la rupture entre les élites autoproclamées et le peuple. La classe dirigeante, au service de Bruxelles, ne croit plus en la France, ne veut plus de la France. Cette élite mondialiste, depuis des années, travaille à affaiblir notre pays et à nourrir la finance, accablant d’impôts directs ou indirects la plus grande masse des Français tout en exonérant les plus riches, taxant le diesel mais refusant de taxer les transactions financières, ne jurant que par l’attractivité des territoires mais vidant les campagnes de ses médecins, de ses écoles, de ses commerces et de ses services publics. Cette élite est en train, non pas de transformer le pays, mais de le détruire.

Le pacte mondial que Macron ira signer à Marrakech le 10 décembre prochain et qui planifie une invasion migratoire sans précédent, n’est que le dernier et éclatant symbole de ce que la République française est en réalité : le gouvernement DE L’OLIGARCHIE PAR L’OLIGARCHIE POUR L’OLIGARCHIE. Les Français ne sont plus dupes, ils le disent, ils le crient, ils le hurlent.

La classe dirigeante méprise ouvertement les Français, que « leur » président ne cesse d’insulter. Les Gilets Jaunes ont cristallisé leur mécontentement. Les Français ne font plus confiance aux partis. Ils ne veulent plus placer le destin du pays sous le contrôle de « représentants » qui ne cessent de leur expliquer qu’ils sont bêtes, racistes, incultes, réfractaires, aveugles, nazis, lépreux, séditieux et incapables. Le pouvoir en place ne représente plus rien, n’incarne plus rien. Diriger un pays ne consiste pas à être le client docile des banques sous contrôle européen !

Les Français veulent une démocratie directe, ajustée à leurs territoires. Des représentants proches d’eux, pas des députés hors sol.

L’Action française soutient la colère des Gilets Jaunes, car la République a failli une fois de plus. Elle en appelle donc à la démission, voire à la destitution de Macron, dont le gouvernement autocratique mène la France à sa perte. Elle en appelle à la constitution d’un Gouvernement d’Union Nationale.

Ce gouvernement d’union nationale devra lancer une consultation qui fera remonter de tout le pays les justes doléances des territoires, dans leur diversité. C’est sur cette base que l’on pourra refonder une administration soucieuse du Bien Commun, des régions prospères, des corps intermédiaires véritablement représentatifs. C’est sur cette base que l’on pourra refonder véritablement les institutions en se posant, enfin, la question centrale de l’autorité : la France a-t-elle besoin d’un ambitieux qui poursuit son rêve solitaire ou d’un chef arbitre au service de chaque citoyen ? La France a besoin d’un roi. Elle y viendra.

Le 9 Décembre 2018

( 9 décembre, 2018 )

L’existence de l’euro, cause première des « gilets jaunes »

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Démonstration magistrale de la nécessité de sortie de l’Euro. LR

 

Près de vingt ans après le lancement de l’euro, le 1er janvier 1999, la situation de la monnaie unique européenne est paradoxale. D’un côté, l’échec de ce projet est patent, étant reconnu par la plupart des économistes compétents, dont de très nombreux prix Nobel. De l’autre, ce sujet est maintenant tabou en France, au point qu’aucun responsable politique n’ose plus l’aborder de front. Comment s’explique une telle situation ?

Personne ne relie le mouvement actuel des « gilets jaunes » à l’échec de l’euro. Or, l’appauvrissement du plus grand nombre, dont il est le signe le plus manifeste, découle directement des politiques mises en œuvre pour tenter de sauver, coûte que coûte, la monnaie unique européenne. Il ne s’agit pas tant, ici, de la politique monétaire d’assouplissement quantitatif pratiquée par la Banque centrale européenne, peu efficace, au demeurant, pour relancer la production, mais des politiques budgétaires de hausse des impôts et de baisse des investissements publics, partout exigées par la Commission de Bruxelles. Celles-ci ont, certes, fini par redresser les comptes extérieurs de certains pays déficitaires. En revanche, ce fut au prix d’une « dévaluation interne », c’est-à-dire d’une diminution drastique des revenus, associée à un étranglement de la demande interne. Elles ont ainsi engendré un effondrement dramatique de la production dans la plupart des pays d’Europe du Sud et un taux de chômage resté très élevé, en dépit d’un exode massif des forces vives de ces pays.

La zone euro est désormais celle dont le taux de croissance économique est devenu le plus faible du monde. Les divergences entre les pays membres, loin d’avoir été réduites, se sont largement amplifiées. Au lieu de favoriser l’éclosion d’un marché européen des capitaux, la « monnaie unique » s’est accompagnée d’une montée de l’endettement, public et privé, de la majorité des nations. Or, l’existence même de l’euro, dont on pouvait autrefois encore discuter les effets, est maintenant devenu un sujet absolument tabou. Tandis que son lien avec le mécontentement actuel est manifeste, les partisans de l’euro font miroiter aux Français ses avantages largement illusoires (sauf la facilité de déplacement en Europe). Ils dressent un tableau apocalyptique de la situation économique qui prévaudrait en cas de sortie de la « monnaie unique », dans le but d’affoler des Français qui n’ont pas approfondi le sujet.

Face à de tels arguments, il faut aujourd’hui montrer tout ce que l’euro a fait perdre à la France en matière de croissance économique (effondrement de ses parts de marché en Europe et dans le monde, affaiblissement dramatique de son appareil industriel). Les Français subissent déjà des reculs en matière de pouvoir d’achat, d’emploi, de retraite, de qualité des services publics, etc. Les politiques de « dévaluation interne », qui sont indispensables si l’on veut garder l’euro, n’ont pas encore été pleinement mises en œuvre chez nous, contrairement aux autres pays d’Europe du Sud, mais elles provoquent déjà des réactions de rejet. Le mouvement des « gilets jaunes » en est la conséquence directe.

Il faut donc expliquer à nos compatriotes que l’inconvénient majeur de l’euro, pour la France, est un taux de change trop élevé qui engendre, fatalement, une perte de compétitivité de notre économie, en majorant les prix et coûts salariaux français vis-à-vis de la plupart des pays étrangers. Évitons de brouiller les esprits avec l’idée d’une coexistence éventuelle entre un franc rétabli et une « monnaie 2 commune », pourvue de tous ses attributs, car c’est une voie sans issue : une telle monnaie ne pourrait se concevoir valablement que comme une simple « unité de compte », analogue à l’ancien ECU. Quant à la perte de souveraineté due à l’euro, si elle est indubitable, il s’agit d’un sujet théorique, loin des préoccupations des Français, ceux-ci étant surtout sensibles à leur situation concrète.

Faute d’avoir compris les vrais enjeux, beaucoup de nos compatriotes gardent ainsi, pour l’instant, une peur non dissipée vis-à-vis de tout bouleversement du statu quo, cependant que les partisans de l’euro poussent des cris d’orfraie à chaque fois que leur fétiche est remis en question. Que faire, dans ces conditions ? Face au mécontentement des Français, il est évident qu’aucune politique de redressement de la France ne sera possible si l’on ne parvient pas à recréer une monnaie nationale dont le taux de change soit adapté à notre pays. Mais il est également certain que ce changement doit être opéré dans des conditions qui soient à la fois viables et acceptées par le peuple français.

La première de ces conditions serait de préparer une transition harmonieuse vers un après-euro, si possible en discutant avec nos partenaires l’organisation d’un démontage concerté, mais sinon en prenant l’initiative de façon unilatérale après avoir mis en place les mesures conservatoires appropriées. La seconde serait de faire comprendre à nos compatriotes les avantages d’une « dévaluation monétaire » du franc retrouvé, accompagnée d’une politique économique cohérente, maîtrisant l’inflation, comme ce fut le cas en 1958 avec le général de Gaulle, puis en 1969 avec Georges Pompidou. Et l’inflation serait encore moins à redouter aujourd’hui en raison du sous-emploi de nos capacités de production. La perte inéluctable de pouvoir d’achat, résultant du renchérissement de certaines importations, ne serait que modeste et passagère, étant très rapidement compensée par le redémarrage de la production nationale. La dette publique de notre pays ne s’alourdirait pas, car elle serait automatiquement convertie en francs (selon la règle dite lex monetae qui prévaut en matière de finance internationale). La France et les Français recouvreraient ainsi les brillantes perspectives d’avenir que l’euro a, jusqu’à présent, constamment étouffées.

Tribune collective signée par Guy BERGER, Hélène CLÉMENT-PITIOT, Daniel FEDOU, Jean-Pierre GERARD, Christian GOMEZ, Jean-Luc GREAU, Laurent HERBLAY, Jean HERNANDEZ, Roland HUREAUX, Gérard LAFAY, Jean-Louis MASSON, Philippe MURER, Pascal PECQUET, Claude ROCHET, Jean-Jacques ROSA, Jacques SAPIR, Henri TEMPLE, Jean-Claude WERREBROUCK, Emmanuel TODD

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( 9 décembre, 2018 )

Paix, paix, où est la paix ?

 

Article paru dans le numéro de Novembre 2018 de POLITIQUE MAGAZINE

 

Comment le 11 novembre fut détourné de son sens et vers quel but.

 

Ce n’est pas celui qui dit : Seigneur, Seigneur, qui entrera dans le royaume des cieux ; chacun connaît la leçon évangélique. Quant à ceux qui disent : paix, paix, les vrais prophètes de l’Ancien Testament préviennent qu’il convient précisément de ne pas se laisser abuser par eux, car c’est là le langage distinctif qui signale les faux prophètes. C’est-à-dire ceux qui veulent se faire aimer des foules égarées, flatter leurs oreilles, endormir leurs cœurs et leurs esprits afin de mieux asseoir  leur pouvoir et d’en tirer la gloire personnelle dont ils vivent. Leur paix est si peu la paix véritable qu’à force de tromper et d’émousser la vigilance des bons, elle laisse prospérer les forces du mal jusqu’au moment où elles se déclarent telles qu’elles sont et se mettent à exercer leur ravage. Belle leçon, aussi vieille que l’humanité où la révélation biblique se rencontre avec la sagesse antique. Qui n’a lu Le Maître de la terre de Robert-Hugues Benson ? Son anti-héros est un modèle du genre. Il définit le faux prophète des temps modernes. Il tient le langage de la paix qui réconcilie toute l’humanité au-delà des nations, des religions, des différences de sexe, de race, de milieux sociaux, en assurant à chaque individu son épanouissement et à la collectivité sa prospérité dans la plus large fraternité. Quoi rêver de plus ? La terre devient le paradis. Les morts du passé, sacrifiés aux vieilles chimères des nations et des religions, n’ont finalement et heureusement servi qu’à créer et à rendre indispensable cette société nouvelle où chacun et tous ensemble recevront au-delà de leurs besoins. L’humanité est en attente de l’homme qui saura tenir le langage de cette seule et vraie modernité. Quand il paraît, quel frémissement ! Et lui sait bien quel il est.

 

L’utopie à la tête de l’État

 

La France n’a pas de chef de l’État : un dirigeant qui veille concrètement sur les intérêts français et qui incarne la France dans son histoire et son avenir. En lieu et place, elle a un prophète, très exactement un faux prophète, qui vaticine à longueur de discours du haut de son autorité.

La paix est son leitmotiv lancinant. Quelle paix ? Nul ne sait. Celle qu’il décrète ou plutôt qu’il imagine au rebours de la réalité.

L’homme a réussi à transformer le 11 novembre en une célébration toute à sa gloire personnelle au nom de la paix dont il se fait le héraut. Plus de commémoration militaire ; plus de victoire des armes françaises ; plus de soldats français se battant et mourant pour leur pays, leur foyer, leur clocher, leur terre et leurs morts ; plus de chefs qui ont conçu avec toutes les difficultés du moment la défense et l’attaque ; plus de généraux, plus de maréchaux dont les noms ne figurent même pas dans les discours officiels, mis à l’écart tout simplement, évoqués  juste dans de petites phrases idiotes pour répondre aux plus médiocres polémiques à propos du maréchal Pétain qui reste pour l’historiographie militaire l’un des plus sûrs vainqueurs de la Grande Guerre et dont le nom serait, paraît-il, imprononçable…

Rien pour la réconciliation nationale, rien pour la nation, rien pour la gloire de la France historique. Le devoir de mémoire aurait été rempli par une « itinérance mémorielle », expression choisie sans doute pour éviter le mot vrai de « pèlerinage », et qui relève pour les gens avertis d’un vocabulaire d’initié et de pasteur méthodiste. Cette « itinérance mémorielle » devait manifester l’intérêt porté par le prophète aux lieux de mémoire, mais servait « en même temps » de prétextes à des rencontres avec le peuple français ; les morts prêtaient leur  caution aux propos de l’homme politique qui a besoin de se refaire une popularité auprès des électeurs.

La confusion des genres fut d’un effet pitoyable. L’Angleterre, la Pologne ont su mieux honorer leurs héros. Ils y ont mis la dignité qui convient.

 

Rassemblement autour de Macron

 

Puis ce fut le discours sous l’Arc de Triomphe, le jour du 11 novembre où quelques soixante-dix chefs d’État et de gouvernement se trouvèrent rassemblés. Pour écouter quoi ? Une homélie au style emphatique  d’un clerc de la religion pacifiste qui voile de patriotisme son utopie prétendument humaniste. Du Hugo et du mauvais, du sous-Briand, du piètre Sangnier : un enfilement de mots qui, prononcés sentencieusement, font le succès des sophistes et des rhéteurs…pour le malheur des peuples. L’évocation des morts, avec ce qu’il faut de trémolos, dissimulait dans une harangue amphigourique une série de pensées qui allaient toutes à la critique de ce qui fut l’histoire vraie et à l’exaltation d’un vague idéal de fraternité mondiale. C’était un « suicide », une « folie », des « fosses communes », de la « rancœur », de « l’humiliation », du « nationalisme » qui est « la trahison du patriotisme ». Mais, heureusement, grâce à Clemenceau, la France est devenue « la combattante du droit », « la combattante de la Liberté » ;  « La France serait toujours et à jamais le soldat de l’idéal. »

La leçon pour aujourd’hui ? C’est simple : renonçons au repli, au nationalisme, ouvrons large les esprits et les cœurs au grand idéal que propose hic et nunc…qui ? Eh bien, Macron !

Il faut  « se délivrer de nos guerres civiles », lutter contre le réchauffement climatique, l’obscurantisme, les injustices et les inégalités… Tout y est. Il y a, d’un côté, les bons qui sont « invités à mener ensemble le seul combat qui vaille : le combat de la paix, le combat d’un monde meilleur ».

Merkel avait l’air grave, Trump s’ennuyait, Poutine souriait. Tout le monde comprenait que Macron préparait sa prochaine campagne électorale européenne.

Le soir, il remit ça à son Forum de Paris sur la paix dont il dit qu’il « a vocation à se reproduire chaque année et à rassembler les chefs d’État et de gouvernement et je veux remercier toutes celles et ceux – ça, c’est dans la grammaire à la Macron ! – qui sont ici présents et qui se sont mobilisés (!) – mais également les représentants des organisations internationales, des organisations non gouvernementales, des pouvoirs locaux, des associations, des entreprises, des fondations, des intellectuels, des journalistes, des activistes, comme vous l’avez dit, chère Trisha, toutes celles et ceux (encore !) qui font aujourd’hui le monde et qui peuvent le changer ». Avez-vous remarqué ? Il n’y a plus de peuples ni de nations. Surtout il n’y a plus de France. Macron l’enterre le 11 novembre. Et si bien qu’il décide de faire inaugurer son Forum de Paris sur la paix par Angela Merkel à qui il donne en premier la parole. Evidemment Trump était absent !

 

Comment finit le rêve ?

 

Deux communiqués conçus par l’Élysée sanctionnaient ces belles visées d’avenir. Ils sont écrits, comme souvent, en patagon. Le premier fait intervenir le Président français et la Chancelière allemande dans les élections – « soi-disant » élections, dit le communiqué en son galimatias – qui se déroulent dans les régions de  Donetsk et de Louhansk en Ukraine. Le second réunit tout le gratin de la gouvernance internationale pour  souligner que le progrès et la paix « ne sont durables » qu’au moyen « d’approches multilatérales ».

Macron poursuit ainsi sa stratégie personnelle avec laquelle il pense mettre en défaut tous ceux qui ne s’y rangeraient pas.

Voici le but : « Nous partageons une  volonté fondamentale d’investir dans les citoyens du monde et de répondre à leurs besoins et à leurs attentes, ainsi que de relever les défis mondiaux. Nous sommes déterminés à travailler ensemble pour construire un avenir sain, prospère, durable et juste pour chacun ».

Que voulez-vous répondre au Maitre de la terre ? Ne doutez pas qu’il va poursuivre sur sa lancée. Peu lui chaut le souci des Français, leur épuisement, leur exaspération. Il tient à son idée fixe. Il est sûr de sa stratégie. Il s’est identifié à son utopie, il lutte pour elle, en fait pour lui. Il ignore que le briandisme fut la cause directe de 1940. Il n’envisage pas que ses discours et ses vues puissent mener la France à un désastre. Son monde se délite, sa chère Allemagne même s’en retire. Il continue…Jusqu’où ?

 

Hilaire de Crémiers

( 8 décembre, 2018 )

Paris le 11 décembre

Mardis de Politique magazine

une conférence du professeur Xavier Martin

Rendez-vous à partir de 19 h 00 - Conférence à 19 h 30 précises
Participation aux frais : 10 euros -  Etudiants et chômeurs : 5 euros

Salle Messiaen, 3 rue de la Trinité  Paris 9° - Métro La Trinité, Saint-Lazare

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Renseignements : Politique magazine, 1 rue de Courcelles Paris 8° – T. 01 42 57 43 22

( 8 décembre, 2018 )

Gilets jaunes : l’iniquité ne s’oublie jamais

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

 

François Teutsch met ici bien en évidence l’action trouble du gouvernement et de sa justice ! LR

 

Dure envers les faibles, faible envers les durs, la Justice française a durement sévi à l’encontre des gilets jaunes interpellés à Paris, samedi 4 décembre dernier. Lundi 6 décembre, le tribunal correctionnel de Paris a jugé en comparution immédiate 73 dossiers. Et le moins que l’on puisse dire est qu’il a appliqué avec zèle les instructions de la chancellerie.

Selon Le Point, le profil des prévenus n’a rien de remarquable. À part un individu relevant manifestement de la mouvance Black Blocs, portant un sweat-shirt marqué ACAB (All Cops Are Bastards – traduction inutile) et armé, les autres sont de simples manifestants qui ont eu le tort de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment.

Ils ont été déférés au tribunal parce qu’ils portaient sur eux des masques à gaz et des pétards. Le premier objet n’est pas une arme mais un équipement de protection contre les gaz lacrymogènes. Les seconds sont difficilement assimilables à des armes, sauf à considérer que les fêtards du 14 Juillet sortent armés dans nos rues. Rien de méchant, et surtout rien de pénalement répréhensible.

D’autres se voyaient reprocher des tags. On ne connaissait pas la Justice aussi sourcilleuse, quand nos rues sont souillées de telles inscriptions et que cette lèpre urbaine n’est jamais poursuivie, sans doute parce que la police ne passe pas au bon moment… Enfin, le montage d’une barricade a été retenu comme un acte délictueux. En revanche, n’ont été mis en évidence ni casse ni dégradations ni violence sur les forces de l’ordre.

Comment qualifier pénalement de tels faits ? La prévention était « d’avoir participé sciemment à un groupement en vue de la préparation caractérisée par un ou plusieurs faits matériels de violences volontaires contre les personnes ou dégradations de biens ». C’est-à-dire un délit d’intention, sans aucune caractérisation d’un passage à l’acte. Et la répression a été impitoyable. 72 condamnations pour 73 comparutions : du jamais-vu. La plupart à des peines de prison avec sursis assorties d’une interdiction de se rendre à Paris pendant plusieurs mois. Certaines condamnations à de la prison ferme.

Habituellement, la Justice pénale fait preuve d’une étonnante mansuétude à l’égard des manifestants. Elle n’a jamais condamné un chauffeur routier CGT bloquant une route. On ne sache pas qu’elle ait sévi contre les zadistes de Notre-Dame-des-Landes, autrement plus violents et dangereux que ces gilets jaunes. Elle ferme les yeux sur les auteurs de multiples dégradations quotidiennes dans nos villes. Quant aux peines prononcées, elles sont toujours assorties du sursis, y compris lorsque le prévenu a un casier judiciaire, et la prison ferme n’est de rigueur qu’en cas de multirécidive ou de faits spécialement graves.

L’affaire n’est pas anodine. À l’instar du sinistre Tribunal révolutionnaire, le tribunal de Paris a condamné des gens pour ce qu’ils pensaient et non pour ce qu’ils avaient fait. Pas besoin d’acte matériel, pas besoin de preuve. La conviction qu’il s’agit de séditieux suffit. Pendant ce temps, les vrais casseurs sont libres. Ceux qui, venus des banlieues, masqués et casqués, ou arborant les insignes de l’extrême gauche anarchiste, ont défiguré Paris, vandalisé l’Arc de Triomphe, brûlé et cassé, détruit et pillé ; ceux-là échappent à la rigueur judiciaire. Sans doute parce que leurs crimes servent les desseins d’un régime cynique qui, pour déconsidérer une colère légitime, les confond sciemment avec les manifestants pacifiques.

L’iniquité ne s’oublie jamais. Le pouvoir devrait se souvenir, lorsqu’il verse de l’huile sur le feu, que le retour de flamme pourrait être violent. Et nul ne souhaite que la situation dégénère en guerre civile. À moins que le cynisme…

François Teutsch

 Avocat
( 7 décembre, 2018 )

De la grande misère des communes françaises

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

La France rurale est étouffée par le prétendu aménagement du territoire. Au lieu de capitaliser sur le tissu social des communes, l’État s’acharne à le détruire. Peut-être parce que les communes sont un espace de liberté ? 

« Service de cardiologie de Sisteron, service d’urgence nocturne d’Embrun, maternité de Guingamp, service des soins de suite et de réadaptation de l’hôpital de Marcigny, service de pédiatrie hospitalière de Sedan, Ehpad du Theil-de-Bretagne, service de psychiatrie de Laragne-Montéglin, maternité de Châteaudun, etc. : voici la liste non-exhaustive des actes de décès signés par les Agences Régionales de Santé ce seul dernier mois ! ». Ce bilan dressé par l’éditorialiste de 36 000 communes, le mensuel de l’Association des Maires Ruraux de France (AMRF), dans son numéro de juin 2018, montre la disparition galopante des services de santé dans les petites et moyennes villes.

Services en moins, charges en plus

En réalité, tous les services publics (écoles, gares, centres des impôts, hôpitaux, bureaux de postes…) sont touchés par cette fuite. La colère, en septembre dernier, du congrès des maires ruraux (communes de moins de 3 500 habitants), qui menace de ne pas organiser les élections européennes, se comprend aisément. Pour ne pas affronter les critiques, le président Macron, contrairement à la promesse faite l’an dernier, n’est pas venu au congrès de l’AMF (association des maires de France) qui s’est tenu en novembre.

Ces suppressions rendent plus difficile la vie des habitants des petites agglomérations qui doivent multiplier les déplacements pour être soignés ou pour que leurs enfants puissent suivre leur scolarité. Les maires ne peuvent pas aider leurs concitoyens car leurs moyens financiers sont constamment réduits par l’État, notamment sous le quinquennat Hollande où des baisses de dotation drastiques ont fait perdre jusqu’à 13% du budget municipal. L’imbroglio autour de la suppression de la taxe d’habitation fait craindre le pire.

Résultat : la DGF (dotation globale de fonctionnement) attribuée aux communes rurales s’élève à 156 euros par habitant contre une moyenne nationale de 174.

Pourtant, la population concernée n’est pas négligeable : 21,4 millions d’habitants (un Français sur trois) résident dans une commune rurale.

Regroupement avant disparition ?

L’étranglement financier est accentué par le regroupement des communes au sein des EPCI (établissements publics de coopération intercommunale). Vanté pour être un moyen de réaliser des économies, le regroupement de communes entraîne souvent des frais de fonctionnement supplémentaires pour cette structure qui agrandit la distance entre citoyen et services publics.

Ainsi, la taxe sur les ordures ménagères a souvent fortement augmenté.

Le pouvoir au sein des EPCI est pratiquement toujours entre les mains du maire de la ville la plus peuplée alors qu’ils étaient censés, à l’origine, représenter toutes les communes. La loi du nombre ne favorise pas une répartition harmonieuse.

De toute façon, comme l’a dit en août dernier, au micro d’Europe 1, le député LREM de Paris Sylvain Maillard : « Garder ces maires de petites communes, de plus en plus isolées et sur qui pèsent de lourdes charges, n’est plus vraiment cohérent avec notre époque ». De nombreux élus sont complètement démunis devant les demandes de leurs administrés, ce qui explique que plus de mille édiles ont démissionné de leurs fonctions depuis les élections municipales de 2014. Près de la moitié n’a pas l’intention de se représenter au prochain scrutin, comme René Raimondi qui abandonne la mairie de Fos en écrivant le 29 novembre à ses électeurs: « Les collectivités territoriales peuvent aujourd’hui être perçues comme de simples variables d’ajustement des politiques nationales, voire des boucs émissaires. Les élus locaux, les maires en premier lieu, sont de moins en moins armés pour assurer le quotidien et rassurer leurs concitoyens ».

Pourtant, les maires sont les élus les plus appréciés des Français. Ils sont proches des gens et ils connaissent la réalité du terrain. Xavier Lacombe, maire de Peri, près d’Ajaccio, l’illustre par une image militaire : « Maire, c’est un rôle de voltigeur de tête, le premier dans une colonne qui prend la balle mais qui avertit et protège tout le monde et peut sauver la brigade ou la compagnie. » (La Corse, 30 novembre).

« Une révolution territoriale sans Révolution »

On assiste à une véritable « révolution territoriale sans Révolution », selon l’expression du professeur Gérard-François Dumont au colloque « Désertification et réanimation des territoires » organisé par la Fondation Res Publica le 27 février 2018. Les quatre lois (1) votées entre 2014 et 2017 (loi Maptam, loi sur la délimitation des régions, loi NOTRe, loi sur le statut de Paris) ont bouleversé l’architecture administrative française.

Il existe désormais vingt-deux métropoles formées par la transformation des EPCI regroupant plus de 400.000 habitants. Certaines sont de taille démesurée.

La métropole Aix-Marseille recouvrant l’ensemble des Bouches-du-Rhône, sauf le pays d’Arles dont les élus s’opposent à cette annexion, sa concordance avec le département devient de plus en plus évidente. Le Grand Paris, avec Paris et sa petite couronne, ressemble beaucoup à la région Ile-de-France.

Le département est désormais dirigé par un conseil départemental dont les membres sont élus en binômes, afin de garantir la parité hommes-femmes. Le canton n’est plus qu’une simple circonscription électorale et personne ne se sent représenté par ces duos artificiels.

Après la suppression de neuf régions, les régions actuelles sont complètement en dehors de toute réalité historique ou géographique. En Occitanie, le seuil de Naurouze séparera toujours les anciens Languedoc et Midi-Pyrénées.

Ce véritable charcutage s’est accompagné de multiples réattributions de responsabilités qui sont passées inaperçues aux yeux des Français. Du coup, le simple citoyen ne sait plus à qui se plaindre pour signaler un trou dans la chaussée de sa rue. L’administration paraît bien plus lointaine qu’autrefois. Elle est physiquement éloignée dans les régions qui ont fusionné et où joindre la capitale régionale nécessite un temps de trajet bien plus long qu’auparavant.

Quant aux économies, elles ne sont pas au rendez-vous. Le transport scolaire ayant été transféré du département à la région, les parents des Hautes-Alpes devront désormais verser 110€ pour le car de leurs enfants contre 15€ l’année précédente.

La recherche aberrante de l’excellence

Ces aberrations n’ont aucune importance pour la révolution territoriale qui a été voulue dans le but de répondre à la compétitivité internationale et à la mondialisation.

Le discours dominant depuis la fin des Trente Glorieuses énonce qu’il faut fournir aux « investisseurs » mondialisés l’organisation territoriale que l’on pense correspondre à leurs attentes, et que ce cadre doit être le plus large et le plus dense possible. L’économiste Olivier Bouba-Olga appelle cette pensée « la mythologie CAME (Compétitivité, Attractivité, Métropolisation, Excellence) ». L’État doit concentrer ses efforts sur quelques pôles d’excellence, renforçant les inégalités socio-spatiales. Toutes les politiques publiques sont sous-tendues par cette croyance depuis quarante ans, quel que soit le parti au pouvoir. Or, Bouba-Olga montre, notamment dans Dynamiques territoriales : éloge de la diversité, que des initiatives innovantes peuvent exister dans de petits territoires, quand ceux-ci sont bien équipés, mais elles ne sont pas assez connues. D’autre part, les fameux « investisseurs » ne sont pas toujours au rendez-vous des pôles d’excellence érigés pour eux.

Les nouvelles citadelles

Il serait faux de qualifier cette évolution de recentralisation. Tout à son rêve CAME, l’État abandonne carrément les zones non rentables pour la mondialisation : territoires ruraux, petites et moyennes villes.

Comme l’écrit le sénateur Pierre-Yves Collombat, fondateur de l’association des maires ruraux, dans le bulletin d’octobre de cette association, « Les territoires sans avenir doivent être abandonnés à leur destin, aux soins palliatifs de plus en plus maigres, tant qu’ils ne seront pas politiquement négligeables ».

Tout est mis dans les métropoles qui sont, comme le dit Christophe Guilluy dans Le Figaro du 18 novembre, « de nouvelles citadelles médiévales, avec une bourgeoisie qui se claquemure derrière ses remparts ». Cette population a un mode de vie différent du reste des Français : « Dans ces espaces clos, les habitants ont simplement besoin de liaisons pour sortir – avions, TGV – et la voiture est, pour eux, obsolète. » Les métropoles n’ont même pas de grands liens économiques avec le reste de la population : « Aujourd’hui, Paris est beaucoup plus éloigné de l’hinterland français que de Londres, Barcelone ou Amsterdam ». Les périphéries ne servent à rien pour construire le nouveau paradis mondialisé.

Les ploucs qui, selon Benjamin Griveaux, « fument des clopes et roulent en diesel » habitent loin de leurs lieux de travail et des administrations ? Ils n’ont qu’à utiliser internet et le téléphone portable. Mais les zones blanches, où les ondes ne passent pas, sont encore nombreuses, surtout en zones montagneuses. Et le contact direct est nécessaire pour expliquer des cas difficiles à un fonctionnaire ou à un médecin.

Sauver le maillage communal

La France a l’originalité d’avoir un maillage très étroit avec ses 36 000 communes héritées de la paroisse médiévale. Il y a là un atout important dont les technocrates ne se rendent pas compte. Les décisions parisiennes s’appliquent uniformément alors que notre pays est très divers. Si les municipalités étaient écoutées, des adaptations seraient possibles. Le meilleur exemple est l’obligation de limiter la vitesse à 80 km/h sur toutes les routes secondaires alors que des modulations étaient possibles selon la géographie locale.

Le regroupement systématique et autoritaire des communes est tout aussi absurde que la création de régions artificielles. Le découpage territorial est à refaire entièrement mais en gardant l’unité communale de base.

Le système électoral est à revoir car il n’est pas neutre. En PACA, la liste de Marion Maréchal-Le Pen avait obtenu plus de 42% des voix en 2015 mais ses élus au conseil régional n’ont été que 34% du total. Ces élections se font au scrutin de liste à la proportionnelle avec deux tours, ce qui empêche la représentation de nombreux courants d’idées politiques. Pour récompenser les socialistes de s’être désistés pour lui, Christian Estrosi, le président LR de la PACA, remplacé ensuite par Renaud Muselier, avait bien inventé une assemblée représentative consultative mais elle ne fonctionna jamais.

Le scrutin de liste est dangereux car il institue des élus hors-sol et entièrement soumis aux partis, et non pas des représentants du terrain.

Alors que la législation ne voit que les individus, elle devrait considérer l’espace et ses particularités aussi bien pour les élections que pour la fiscalité et les aides financières.

La France a besoin de diversité législative.

Les élus et les citoyens ont besoin de pouvoirs nouveaux et concrets ancrés d’abord sur la commune. Comme l’a écrit Alexis de Tocqueville dans De la démocratie en Amérique : « C’est dans la commune que réside la force des peuples libres ».

Tant que le Français des campagnes ne sera pas aussi bien considéré que le Français des villes, il faut s’attendre à ce que le mécontentement s’exprime de plus en plus fort dans les urnes, dans les réseaux sociaux et dans la rue.  ■

LOI n° 2014-58 du 27 janvier 2014 de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (dite loi Maptam).
LOI n° 2015-29 du 16 janvier 2015 relative à la délimitation des régions, aux élections régionales et départementales et modifiant le calendrier électoral.
LOI n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République (dite loi NOTRe).
LOI n° 2017-257 du 28 février 2017 relative au statut de Paris et à l’aménagement métropolitain.

Michel Franceschetti

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