( 27 janvier, 2020 )

Mgr le Comte de Paris : « Il nous faut retrouver le temps du Politique »

 

 Lu sur le site de Mgr le Comte de Paris

 

Lorsque l’Union soviétique a disparu, la “fin de l’Histoire” devint une thèse à la mode, qui permit de broder avec optimisme sur les bienfaits de la mondialisation. Trente ans plus tard, il nous faut constater que l’histoire a continué de suivre son chemin. Comme toujours, l’Histoire résulte des relations entre les empires et les nations – des dialogues et des conflits qui se nouent et se dénouent au fil des alliances, des épreuves de force et des guerres.

 

On s’étonne, on s’effraie ou bien on se réjouit d’évènements réputés inouïs alors que des décisions qui paraissent soudaines s’inscrivent dans la continuité d’une histoire millénaire ou pluri-centenaire. En Chine comme en Russie, le communisme n’a pas été une finalité mais le moyen de réaffirmer, par la contrainte, une volonté de puissance impériale. Depuis trente ans comme depuis toujours, la Chine, comme la Russie, n’ont cessé d’agir selon leur propre ambition historique. Ne pas comprendre cette inscription des États dans le temps long, avant tout jugement sur leurs références doctrinales et leurs modes d’action, c’est se condamner à subir les événements.

 

Il est bien sûr possible de refuser tout regard sur le passé, en invoquant l’absolue nouveauté du monde moderne. Tout ce qui est important, voire décisif, semble fonctionner dans l’instant, en vue d’une utilité manifeste et d’un rendement immédiat : ce n’est plus la mémoire historique – religieuse, politique – et la mémoire humaine des techniques qui décident de nos choix mais les ordinateurs qui gèrent des flux incessants de données, de véhicules, de marchandises et, bien sûr, d’argent. A quoi bon penser selon le temps long, puisque les pulsations du monde se comptent en secondes ou en nanosecondes ? “Mobilité” est devenu un mot d’ordre contre lequel il paraît ridicule de s’insurger.

 

Voici vingt ans, l’impératif de rotation des capitaux, des produits ou des équipes managériales a même gagné nos institutions politiques, par le biais de la réduction à cinq ans du mandat présidentiel. Pourtant, au rebours de ce “bougisme”, l’Union européenne a voulu s’ériger en “marché unique” régi par des normes fixes, comme si les mouvements de l’histoire pouvaient se couler dans la machinerie complexe des traités et des règlements.

 

C’est ainsi que la France s’est retrouvée et se trouve encore dans une situation délicate. État-membre de l’Union européenne, elle a subi comme ses partenaires les grandes crises du continent – la dislocation de l’Union soviétique, l’éclatement de la Yougoslavie – sans parvenir à faire prévaloir pour l’ensemble du continent européen, les solutions qui lui inspiraient sa très longue histoire nationale. Face à l’Allemagne, elle s’est résignée à une posture défensive concrétisée par le traité de Maastricht, elle a suivi le mouvement dirigé par les États-Unis au Moyen-Orient et elle s’est désintéressée de la Russie alors en proie à une gestion chaotique. Assumée par des présidents de droite ou de gauche, la présidence quinquennale a favorisé des politiques à court terme en matière de relations internationales, le chef de l’État se consacrant aux affaires bruxelloises et à la politique intérieure. Ces tendances ont été aggravées par la confusion entre la fonction présidentielle et le rôle dévolu au Premier ministre alors que la Constitution de 1958 avait opéré une très nette distinction entre le président de la République – en charge de l’essentiel et assuré d’une durée spécifique dans l’exercice de ses fonctions – et le Premier ministre occupé à déterminer et à conduire la politique de la Nation pour la durée d’une législature.

 

Cette réduction du champ de la vision politique est inquiétante dans la mesure où, à l’encontre des prophéties à la mode voici trente ans, la mondialisation des techniques et la globalisation financière n’ont pas empêché les grandes puissances nationales ou impériales de jouer leur jeu sur la planète. La Chine place ses pions comme un joueur de go, selon une stratégie qui est à l’échelle du siècle. La Russie intervient à nouveau hors de ses frontières, selon ses ambitions nationales. Les États-Unis demeurent présents sur tous les théâtres selon leur conception traditionnelle du commerce et de la guerre. Partout l’histoire est en mouvement, par la volonté d’États qui inscrivent leurs actions dans les grandes espaces et dans le temps alors que la France, tenue par une Union européenne frappée d’inertie, ne sait pas comment jouer son rôle spécifique dans le concert des nations.

 

Pourtant, il est urgent de ne plus attendre. La France a de nombreux atouts. Son existence millénaire lui donne une intelligence exceptionnelle des relations internationales et le fait qu’elle soit une grande nation sans volonté de puissance impériale devrait lui permettre de jouer un rôle décisif dans l’équilibre et la composition des États en vue des actions communes imposées par les impératifs sociaux et écologiques.

 

Une ambition nationale articulée aux enjeux mondiaux peut réunir les Français si nous parvenons à retrouver, par nos institutions politiques et administratives, le sens de la temporalité politique. Il suffit de reprendre les mots inscrits dans notre Constitution et de leur redonner sens. Il faut le temps de l’arbitrage, qui est celui de l’écoute et de la réflexion. Il faut le temps de la conduite au jour le jour de la politique nationale qui devrait être précédé, comme naguère, de la formulation des projets qui suppose la délibération des citoyens et le moment des choix démocratiques. Il faut la continuité de l’administration et des services publics pour que les citoyens soient assurés de vivre en sécurité selon une organisation générale qui vise leur bien-être.

 

La confusion des temps provoque la confusion des domaines et le mélange des fonctions. C’est ainsi que l’on perd toute possibilité d’influer sur le cours de l’Histoire. Il nous faut retrouver le temps du Politique, qui ne garantit pas le succès mais qui ouvre sur l’avenir.

Mgr le Comte de Paris : « Il nous faut retrouver le temps du Politique » dans Princes

Jean, Comte de Paris
Le site de Mgr le comte de Paris

 

( 26 janvier, 2020 )

Paul-Marie Coûteaux : « Sur presque tous les sujets, Emmanuel Macron joue contre les intérêts de la France »

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Nouveaux propos polémiques tenus par lors de son retour de Jérusalem. Le Président estime que la guerre d’Algérie peut avoir « le même statut que ce qu’avait la Shoah pour Chirac en 1995 ».

Au micro de Boulevard Voltaire, réaction de Paul-Marie Coûteaux, qui s’insurge contre ce Président qui multiplie « les critiques acerbes contre son pays » et « les bourdes diplomatiques ».

La guerre d’Algérie serait comparable à la Shoah, selon les mots d’Emmanuel Macron à un journaliste du Figaro lors de son retour d’Israël. Ces mots ont été très mal accueillis. Selon vous, qu’a voulu dire le président de la République ?

Les mots étaient les suivants « La guerre d’Algérie peut avoir le même statut que ce qu’avait la Shoah pour Chirac en 1995 ». La phrase est absurde. Une guerre n’a pas de statut si ce n’est celui de guerre. Cela n’a pas de rapport avec la Shoah.

Il avait déjà tenu des propos similaires pendant sa campagne présidentielle. J’ai été sidéré d’ailleurs que cela n’ait pas empêché son élection. Si les Français étaient encore conscients d’eux-même et avaient un sens de la dignité nationale, ils n’auraient pas élu un personnage qui accuse la France d’un crime contre l’humanité comme il l’a fait en Algérie à propos de ladite guerre d’Algérie. Depuis lors, Emmanuel Macron multiplie les critiques souvent acerbes contre son pays. Ce n’est d’abord absolument pas la fonction d’un président de la République. Ensuite, il émet souvent ces critique lors de voyages à l’étranger. Il déprécie son pays devant des puissances étrangères. Il l’a fait en Hongrie, en Slovénie, au Danemark. On ne compte plus ses bourdes diplomatiques, car ce sont bien des bourdes. Cela stupéfait tout le monde. Elles font rire, sourire ou consternent – selon le degré d’affection de chacun pour la France – un très grand nombre de chancelleries à travers le monde.

C’est un amateur. Tout le monde se rend compte que le président de la République n’est pas à la hauteur de sa fonction et qu’il n’est pas, d’une certaine façon, normalement constitué. Il n’est en tout cas pas intellectuellement normalement constitué. Tout est erratique et il contrôle toute l’information. Ses ministres sont épuisés, car il donne des ordres et des contre-ordres.

 

On présente souvent le président de la République comme quelqu’un avec une pensée complexe, peut-être trop complexe…

Elle n’est pas complexe, c’est de la choucroute philosophique. Sylvain Fort était une plume très correcte. Il arrivait alors à sortir des discours à peu près cohérents qui avaient leur force. Ce n’était plus du tout le cas quand il s’est pris d’écrire ses discours par lui-même Je prendrais juste en exemple le discours devant le Congrès réuni à Versailles en 2017, peu après son élection. Je défie à quiconque de comprendre quoi que ce soit à ce discours qui avait duré une heure et demi. D’ailleurs les députés étaient consternés et avaient renoncé à comprendre. Personne n’avait pu en retenir quoi que ce soit. C’était un mélange de Derrida, de Paul Ricoeur et de quantité de philosophes qu’il a très mal ingurgités.

 

 

L’initiative démocrate aux États-Unis qui voudrait empêcher Trump de finir son mandat vous inspire-t-elle pour la France ?

 

Ce que je disais sur Macron en matière de politique étrangère vaut pour tous les sujets, y compris en politique intérieure. On peut à ce titre prendre l’exemple des retraites. En multipliant les présentations absconses de sa réforme, plus personne n’y comprend rien. Moi-même, et j’ai pourtant été élève à l’ENA, je ne comprends plus rien à la réforme des retraites. Aussi bien que je ne peux même plus dire si je suis pour ou contre. Mais c’est voulu. Les Français se disent que si c’est flou, il y a un loup. De ce fait, ils descendent dans la rue. Il a ainsi toute légitimité à privatiser tout ce qu’il peut, en particulier tous les services publics. Le projet macronien consiste à privatiser des aéroports au réseau ferroviaire et à peu près tout ce qui lui tombe sous la main. Cela vaut pour en matière industrielle.  Thomsom n’est pas la seule affaire, Latecoere en est une autre. Il a lui-même fait venir Latecoere en France. Il laisse le patrimoine industriel français à des capitaux américains. Ensuite, ils deviennent majoritaires et emportent le morceau.

Avec Macron, C’est la trahison nationale à tous les étages !

Pour revenir à votre question. Il n’y a cependant pas en France de mécanisme institutionnel aussi précis que l’impeachment américain. Il y a certes la comparution pour trahison devant la Haute Cour de justice, mais il faudrait une majorité. Et dans l’état de l’opposition servile que nous connaissons, la perspective est impossible…En France, l’impeachment, est plutôt populaire. Au lieu de manifester contre les retraites, il faut arriver à créer une coordination des forces nationales. Tout le monde est le bienvenu. Il faut manifester pour exiger la démission du président de la République. Nous sommes déjà dans une situation pré-insurrectionnelle. On en arrive à placer des drapeaux algériens sur les toits des lycées français. C’est d’ailleurs la conséquence de ce qu’il dit à propos de la Shoah. Si la France a commis un crime comparable à la Shoah en Algérie, les Algériens sont fondés à venir se venger ici. Il donne une légitimité à ceux qui veulent détruire la France.

On ne compte par ailleurs plus le nombre de fois où l’État  s’assoit sur plusieurs articles de la Constitution. Ce fut le cas de l’article 23 avec l’affaire Delevoye, mais on ne les compte plus.

Sur à peu près tous les sujets, Macron joue systématiquement contre les intérêts de la France. On a rarement atteint un tel point de corruption du pouvoir d’État.

Paul-Marie Coûteaux

 Directeur des Cahiers de l’Indépendance
( 23 janvier, 2020 )

Ce 21 janvier, l’événement était à Dreux : le prince Jean, Comte de Paris, a rendu hommage à Louis XVI, en la chapelle royale Saint-Louis

 

 

Ce mardi 21 janvier, Leurs Altesses Royales, le Comte et la Comtesse de Paris ont assisté, en la chapelle royale Saint-Louis de Dreux, à une messe de requiem, célébrée pour le repos de l’âme du roi Louis XVI et de tous les martyrs de la Révolution française.

Ce 21 janvier, l’événement était à Dreux : le prince Jean, Comte de Paris, a rendu hommage à Louis XVI, en la chapelle royale Saint-Louis 21-janvier-2020-2-300x200

Après l’entrée solennelle de nos princes par la grande porte, au son de l’orgue, la célébration de cette messe de requiem a pu commencer, au cœur de la nécropole des princes d’Orléans. Le chef de la Maison royale de France, Monseigneur le Comte de Paris, est alors venu à genoux, demander pardon à Louis XVI pour les fautes du duc d’Orléans, Louis-Philippe d’Orléans dit Philippe Égalité.


Seigneur,

Moi, Jean, Comte de Paris,
Comme tout fidèle au début de cette messe, je me reconnais pêcheur devant Toi.

La Maison Royale de France, dont par grâce je suis devenu le chef, nous Te demandons pardon, ainsi qu’aux victimes des fautes de nos ancêtres et en particulier de celle de Louis-Philippe-Joseph d’Orléans à l’égard de son cousin Louis XVI, roi de France, père de son peuple et qui a reçu l’onction par le sacre, mais aussi à l’égard de sa famille et de la France.

Nous implorons Ta miséricorde sur nous, notre famille et notre pays. Tu le sais, comme Josué, nous et notre maison, nous avons choisis de Te servir.


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À l’issue de la célébration riche en symboles, les personnes présentes ont pu découvrir, une plaque érigée en l’honneur de notre roi Louis XVI, à l’intérieur de la Chapelle Royale de Dreux.

Tout un symbole.

 

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Enfin, la Famille royale de France est venue naturellement à la rencontre de tous ceux qui avaient fait le déplacement et ont échangé longuement avec eux autour de vins chauds et de cafés, accompagnés de galettes des rois.  Pendant que les adultes discutaient, les petits princes, eux, couraient et jouaient… avec les couronnes des galettes des rois sur la tête.

Source : La Couronne

( 23 janvier, 2020 )

Le 22 janvier 1941, c’était aussi l’arrestation d’Honoré d’Estienne d’Orves

 

Lu sur Boulevard Voltaire.

 

Ajoutons qu’Honoré d’Estienne d’Orves était royaliste

 

Alors que ce matin même, j’eus l’immense privilège d’assister à une remise de bérets à de jeunes commandos de l’air, bercés dans ce froid d’hiver par les accents fougueux et impétueux de « La Marseillaise » et du « Kyrie des Gueux », la date du 22 janvier s’est imposée d’elle-même.

Non pas tant comme celle d’un simple devoir de mémoire, mais plutôt comme le rappel de cette ardente obligation de se sentir patriote et d’espérer encore en la France.

En effet, c’est un 22 janvier que l’héroïque Honoré d’Estienne d’Orves était arrêté à Nantes, après avoir été dénoncé par son radio qu’il croyait son complice et qui ne fut qu’un lâche.

Je n’aurais pas la prétention de vouloir retracer l’ensemble de la vie d’Honoré d’Estienne d’Orves, désigné communément comme le « premier martyr de la France libre ».

Toutefois, en ces temps de déréliction, où l’exaltation de ce qui par trop national paraît suspect, la mort du capitaine de corvette d’Estienne d’Orves interpelle et nous oblige.

Elle nous oblige car cet homme, dont le tribunal militaire allemand en charge de son procès ira jusqu’à demander sa grâce au Führer, n’a jamais renié ni sa foi dans la France catholique ni son espérance de triompher de l’ennemi. Ennemi qu’il considérait, d’ailleurs, en patriote qu’il devait être, comme le rappelle la phrase qu’il prononça avant d’être fusillé au magistrat allemand qui le condamnait : « Monsieur, vous êtes officier allemand. Je suis officier français. Nous avons fait tous les deux notre devoir. Permettez-moi de vous embrasser. »

Admettons qu’un tel comportement soulève l’espoir le plus fou. L’espoir de penser que quelques hommes de conviction peuvent encore demeurer parmi nous et qu’ils ne craindront pas de désigner les ennemis mortels de la civilisation française.

Car c’est bien à cet acte de résistance et de sursaut que nous convie cette triste date de l’arrestation d’Honoré d’Estienne d’Orves. Elle désigne aussi toute la profondeur du courage et du panache français, que l’exemplarité d’un homme incarna à travers une aristocratie de sang et de cœur.

Bastien Gorse

Docteur en histoire contemporaine
( 21 janvier, 2020 )

À Caen, un car de pèlerins attaqué par des commandos cagoulés… qui, pour s’en indigner ?

 

Lu sur Boulevard Voltaire

 

On pourrait appeler cela la rubrique des ch(rét)iens écrasés. Écrasés par l’indifférence générale. Bénéficiant, au mieux, quand ils sont agressés, d’un entrefilet dans la presse régionale.

Ainsi, dimanche matin, à Caen, comme le rapporte Ouest-France, « un car de pèlerins a été attaqué par erreur (sic) aux billes de paintball ».

À ce « par erreur » – qui semble exonérer les auteurs et faire de leur forfait une simple boulette fortuite -, un lecteur pressé comprend peut-être que des balles perdues tirées par des joueurs maladroits sont tombées malencontreusement sur le véhicule.

Pas du tout. La « bévue » ne porte que sur les occupants du bus : l’attaque – perpétrée par un commando cagoulé – était bien volontaire et? comme le précise l’article, « ce sont probablement des opposants à la Manif pour tous qui ont ciblé un car au départ de Caen, dimanche 19 janvier 2020, jour d’un rassemblement à Paris contre la ». Les victimes étaient en réalité des pèlerins se rendant à Pontmain, lieu d’apparition mariale en Mayenne. On imagine aisément la frayeur des passagers du bus… mais l’acte aurait-il été moins grave s’il s’était trouvé à l’intérieur des manifestants anti-PMA – comptant enfants et personnes âgées – en partance pour Paris ou, pour ces gens-là, tous les coups sont-ils permis ?

Le plus inquiétant est que le commando en question n’en est pas à son coup d’essai : lors de la première manif Marchons enfants, le 6 octobre dernier, un car de pèlerins – de retour de Lourdes, cette fois – avait déjà été pris d’assaut par les mêmes militants, empêchant, selon un témoin, les malades ayant passé la nuit sur la route de descendre – certains sur brancard – en dépit des tentatives de dialogue du corps médical… il avait fallu appeler la police pour débloquer la situation. Sans qu’il n’y ait aucune interpellation.

Un peu plus tard, un autre car transportant, lui, des manifestants avait été aussi pris à partie – crachats, insultes, etc. Une coprésidente de l’Aqueerium (association « queer et féministe » ayant pignon sur rue dans le centre-ville de Caen) est bien reconnaissable sur l’une des photos prises ce jour-là.

 

En novembre 2018, toujours à Caen, un happening d’Alliance VITA avait également été violemment perturbé.

Mais Caen n’a pas le monopole de ces agressions. À Rennes, il y a quelques jours, une soirée d’Alliance VITA, encore, a été « sabotée » par « des militants LGBT », selon les mots de Ouest-France : là aussi, alors que les organisateurs préparaient leur intervention, des individus cagoulés ont envahi brutalement la salle et l’ont aspergée de gaz lacrymogène, molestant ceux qui tentaient de s’interposer, détruisant les documents et endommageant le matériel. Un adhérent d’Alliance VITA, blessé, a eu trois jours d’ITT.

C’est, d’ailleurs, à Rennes qu’en janvier 2018, un car en partance pour la Marche pour la vie avait été pris d’assaut par le même genre d’individus cagoulés se revendiquant LGBT, antifas et/ou communistes : ils avaient même manqué y mettre le feu en jetant à l’intérieur un fumigène incandescent.

Une seule question, mais vous la devinez déjà, elle est éculée : imagine-t-on, un instant, la déflagration, la bombe atomique, le tsunami médiatico-politique, les titres dans le 20 Heures, les marches blanches, les minutes de silence et les déclarations solennelles si des chars de la Gay Pride avaient été attaqués par des militants d’extrême droite ? Si des pèlerins partant ou revenant de La Mecque avaient été agressés par des identitaires ?

Gabrielle Cluzel

 Ecrivain, journaliste
( 21 janvier, 2020 )

Contre la PMA pour toutes et la GPA : politique d’abor

 

 

Soyons lucides : la manifestation de dimanche dernier à Paris contre la PMA «  pour toutes  » et la GPA — la seconde conséquence de la première — n’a pas fait le plein. Non que le nombre des manifestants, parmi lesquels j’avais l’honneur de me trouver, fût ridicule. Ridicule, en revanche a été l’estimation donnée par le cabinet Occurrence, prétendument indépendant — 26 000 —, quand la préfecture annonce elle-même 41 000, contre 42 000 le 6 octobre. Même sous-estimés, nous sommes toutefois loin des chiffres de la Manif pour tous, fin 2012 et au printemps 2013. Nous sommes loin du million !

L’explication est évidemment politique. On peut toujours arguer des grèves ou de la crainte de la violence pratiquée par le pouvoir en 2013 et de nouveau depuis 2017, mais contre les Gilets jaunes et les grévistes. On s’approcherait davantage de la vérité en plaidant la déception : avoir réuni plus d’1 million de Français il y a six ans pour rien peut en avoir découragé plus d’un, d’autant qu’on a affaire à un public qui n’a pas culturellement l’habitude de battre le pavé, celle, éphémère, prise en 2012-2013, s’étant précisément soldée par un échec retentissant. Mais le public était sociologiquement le même en 1984 lorsqu’il s’était agi de se battre pour la liberté scolaire, menacée par un Mitterrand otage d’une gauche au sectarisme ringard. Et la «  rue  », comme disent les imbéciles — alors qu’il s’agit simplement du pays réel — avait obtenu gain de cause. La liberté scolaire avait été sauvée — le fait que ceux qui la revendiquent ne la pratiquent guère étant une autre affaire.

Ce qui m’a plongé dans des abîmes de réflexion, ce fut lorsque je me suis aperçu que la préfecture de police avait autorisé, dimanche dernier, le cortège à longer l’Assemblée nationale…. habituellement bunkérisée en cas de manifestation. Et alors que même la Manif pour tous avait été accusée de vouloir s’en prendre, le 24 mars 2013, aux institutions — en l’occurrence à la Présidence en cherchant à envahir les Champs-Élysées ! Cynisme du pouvoir macronien qui, par l’intermédiaire du préfet de police, ne pouvait pas mieux afficher son mépris de manifestants venus uniquement, à ses yeux, témoigner de leur attachement nostalgique, voire folklorique à une forme dépassée de la société, déjà morte et enterrée  : celle où l’enfant est le fruit, merveilleux en soi, de l’union d’une femme et d’un homme, et où les mots de père et de mère ne sont pas brouillés et vidés de leur sens.

C’est que contrairement à 1984 et, surtout, à 2012-2013, la majorité en place sait où elle va. Il est loin le temps d’un RPR arc-bouté sur la défense de l’école. La majorité connaît aujourd’hui l’état pitoyable de l’opposition légale — pitoyable au point de vue non pas numérique mais des convictions. Elle sait que, depuis la trahison, au printemps 2013, sur la question du mariage pour tous, de la droite parlementaire, non pas tant, du reste, à l’Assemblée qu’au Sénat, la majorité « progressiste  » n’a rien à craindre de Républicains qui laissent la liberté de vote à leurs parlementaires sur ce genre de projets pour mieux rallier le camp de la gauche sociétale à la législature suivante. Parler de trahison a-t-il dès lors encore un sens ? Le pire est même à craindre de la part d’un Sénat de «  droite  », dont la commission ad hoc a non seulement accepté le texte mais aggravé son caractère eugéniste, ce à quoi l’Assemblée à majorité macronienne s’était refusée ! Ceux qui veulent conserver le Sénat au nom … du conservatisme de nos grands-élus, représentants des territoires, repasseront ! Un fait s’impose : «  Sens commun  » a réussi au-delà de toutes ses espérances à neutraliser d’éventuelles conséquences de la Manif pour tous, en matière de recomposition politique. Le passage à Macron d’une grande partie des électeurs UMP-LR en est la preuve. La préfecture de police pouvait bien laisser passer les opposants à la PMA devant l’Assemblée nationale. Nombre d’entre eux ne voteront-ils pas La République en Marche aux prochaines élections ? Les tabasser aurait été contre-productif.

Quant à la droite dite nationale, après avoir loupé le coche en 2013, sur la question du mariage pour tous, elle recommence la même erreur en 2020 sur la PMA. Le dévouement admirable de certains élus n’est pas en cause  ; nous pensons notamment à celui d’Emmanuelle Ménard, qui n’appartient d’ailleurs pas au RN, et dont le courage et la force de conviction, alliés à un travail approfondi des dossiers, forcent le respect, même de l’opposition de gauche ! Mais il est un fait : homme ou femme, il n’y a pas en France l’équivalent d’un Jaroslaw Kaczynski, d’un Viktor Orban ou d’un Matteo Salvini ; il n’y a pas, en France, l’équivalent d’un PiS, d’un Fidesz ou d’une Lega  ; il n’y a pas en France l’équivalent d’un leader et d’un mouvement politique alliant force de conviction, détermination politique, intransigeance sur l’essentiel et souci de la justice sociale. Or ce sont les Kaczynski, les Orban et les Salvini qui sont portés au pouvoir, réélus ou sur le point de l’être. Les imagine-t-on déclarer que le mariage pour tous est un «  acquis  » ou que défendre le droit pour un enfant d’avoir un père et refuser la marchandisation à venir du corps de la femme, c’est s’ «  enfermer dans une caricature  » [1]  ? Les imagine-t-on avoir honte de défendre le bon sens ou la lâcheté de renoncer à leurs convictions, par peur de déplaire à un électorat qui, de toute façon, ne se tournera jamais vers eux ?

Politique d’abord : les opposants, courageux, admirables, même, qui battent le pavé manif après manif pour défendre les fondements de la société, n’obtiendront jamais gain de cause tant qu’ils ne se poseront pas la question de la traduction politique de leur engagement. Ils resteront seuls, avec leurs convictions, condamnés à voir la société française se déliter progressivement. Le courage et l’abnégation ne suffisent pas.

François Marcilhac

[1] En Hongrie, la PMA est permise aux femmes célibataires mais non aux couples de femmes. Le mariage comme union d’un homme et d’une femme est inscrite dans la constitution. Une forme d’union civile homosexuelle, mais non le mariage, est permise en Italie depuis 2016 : la Ligue du Nord y était opposée.

 

( 17 janvier, 2020 )

Pour l’union du pays réel

 

Hebdomadaire politique par François Marcilhac

 

 

Macron est-il en passe de gagner son pari et de faire adopter sa réforme des retraites ? Après la tragi-comédie de l’âge pivot, les syndicats dits réformistes sont rentrés à la niche et, même dans les transports (SNCF, RATP), la mobilisation s’essouffle. Pourtant, chaque jour qui passe montre que l’opposition à la réforme est loin d’être le seul fait des «  privilégiés  » de la fonction publique qui y perdraient plus que des plumes. Jamais la CFE-CGC, qui regroupe les cadres et n’a rien d’un syndicat révolutionnaire, ou même contestataire, n’est allé aussi loin dans son opposition au pouvoir. François Hommeril, son président confédéral, continue de réclamer le retrait du projet de loi, aux côtés de la CGT, de Force ouvrière, de Solidaires et de la FSU. Selon lui, c’est le Gouvernement qui, par son entêtement, crée les conditions du blocage. Les indépendants, notamment les avocats, sont, eux aussi, vent debout contre la disparition des caisses autonomes, dont ils seraient les premiers à pâtir.

Il est vrai que lorsque les ultralibéraux se mêlent d’égalitarisme, ce n’est jamais très bon signe  ! N’oublions pas que la nuit du 4-Août 1789, qui a mis fin aux «  privilèges  », c’est-à-dire à l’autonomie de la société civile, a été suivie le 17 mars 1791 par le vote de la loi d’Allarde supprimant les corporations et le 14 juin de la même année par celui de la loi Le Chapelier punissant de mort la création de syndicats au nom de l’égal accès de tous à la libre-concurrence. Déjà l’obsession de l’universalité ! Un siècle d’enfer s’en est suivi pour les ouvriers — beau cadeau de la Révolution au pays réel que Maurras et l’Action française s’appliquèrent toujours à dénoncer et que Macron veut remettre au goût du jour avec sa prétendue réforme «  universelle  » des retraites, exigée par l’Europe et l’oligarchie internationale. La récente promotion au grade d’officier de la Légion d’honneur du président de BlackRock France n’est pas seulement une provocation d’Emmanuel Macron, homme lige des fonds de pension américains : c’est l’aveu cynique de la volonté du pouvoir de mettre fin au régime par répartition. De fait, c’est la CFDT, très liée, on le sait, au lobby bruxellois, lequel est à l’origine de cette réforme, qui est plutôt isolée. La bourde ( ?) d’Édouard Philippe sur l’âge pivot lui a permis de redorer son blason auprès de salariés qui commençaient à se demander quel rôle elle jouait. Mais elle n’apparaît comme la gagnante du faux-vrai bras de fer avec le Premier ministre qu’auprès de ceux qui sont convaincus d’avance de la sincérité du pouvoir à vouloir «  sauver  » un régime de retraite qu’il est étrangement le seul, avec la CFDT, à croire menacé dans l’immédiat.

Certes, la CGT, qui a appelé à voter en masse pour Macron en 2017, se trouve aujourd’hui en porte à faux en appelant à continuer de bloquer le pays. Car on ne peut pas accuser, pour le coup, Macron, d’avoir pris les Français par surprise sur la réforme des retraites : elle était bien inscrite dans son programme. Martinez et la CGT ne l’ignoraient donc pas. Qu’ont-ils fait d’autre, en diabolisant alors la candidate Marine Le Pen, que rendre service à  leurs « ennemis de classe  » ? Ils ont simplement agi en idiots utiles de l’oligarchie. Le discours qu’ils tiennent sur l’immigration est d’ailleurs le même que celui du MEDEF, du pouvoir et de l’Europe.

Même adoptée avant l’été, cette réforme ne sera pas définitive. Une majorité pourra défaire ce qu’a fait une précédente. Toutefois, il y faudrait du courage politique et, surtout, que l’exécutif ait repris son indépendance. Or on sait que le pouvoir n’est plus situé à l’Élysée ou à Matignon. Et que le régime des partis, sous lequel nous continuons de vivre, n’est plus lui-même que le vecteur d’un protectorat dont la capitale institutionnelle est à Bruxelles mais dont les intérêts qu’il défend sont mondialisés. Pour l’heure, il convient de tout faire pour abattre le pouvoir qui les représente. Macron n’est qu’un courtier. Ne faisons rien qui puisse favoriser son œuvre destructrice. Ne participons pas à la division des Français qui, quels que soient leurs motivations immédiates ou leur degré de lucidité, s’opposent à son action mortifère. Enseignants, médecins, infirmiers, aides-soignants, cheminots, avocats, indépendants, dockers, policiers – la liste n’est pas exhaustive : le pays réel, à travers un grand nombre de ses composantes, est entrée en révolte. Et ce ne sont pas les municipales, élections malgré tout locales, qui pourront servir d’exutoire. C’est pourquoi, favoriser l’union du pays réel contre un pays légal qui méprise le Bien commun est une nécessité. C’est même une exigence patriotique.

 

( 16 janvier, 2020 )

Cambronne à tous les baveux du dogme du dit « esprit Charlie » !

 

Communiqué de l’AGRIF

 

Voici donc que Laurence Bloch, la présidente de France-Inter, radio financée avec l’argent de tous, se pâme aujourd’hui de sa finaude trouvaille : elle a adressé des excuses à la gent LGBT et non aux chrétiens pour la profération sur la radio de l’ignominie « Jésus est pédé » par le misérable Fromet.

Mais pour mieux se couvrir, elle a pitoyablement suivi l’argument de la donzelle Charline Vanhoenacker, chouchou du bobarland radiophonique se portant avec  des accents grotesques d’autohéroïsation au secours de son petit camarade Frédéric Fromet.

Au nom de la défense du grand principe intouchable de la « liberté d’expression » et d’une sublime fidélité véritablement d’ordre religieux à la grandeur sacrée de « l’esprit Charlie ». L’indécence de pareille argumentation, au demeurant d’un pitoyable conformisme, est à faire « hennir des constellations », comme aurait dit le grand Léon Bloy.

Comme si le prix du sang de leurs collègues assassinés par les islamistes frères Kouachi octroyait à leurs continuateurs et à ceux du même acabit dans leur dérision et l’abjection scatologique d’être dans un statut d’intouchables de la République.

Nous, à l’AGRIF, nous ne nous prosternons pas  à l’invocation du soi-disant « esprit Charlie ». Nous, défendons fermement la liberté d’expression et notamment celle de pouvoir dire que Charlie ne mérite aucun respect.

Aucun respect quand on s’y efforce de défigurer le visage du Christ dans un sommet d’obscénités blasphématoires. Nous disons, nous, que Charlie, subventionné aussi, n’est qu’une misérable, longue et terne continuité d’expression scatologique, de maladive et dégoulinante obsession d’excrémentation.  Rien à voir avec la géniale santé paillarde de notre bon François Rabelais. Ce dernier n’eut certainement pas trouvé des qualités torcheculatives à ce torchon défécatoire.

Que d’orgueilleuses privilégiées du système médiatique en fassent leur religion, c’est une chose.

Nous, à l’AGRIF, nous sommes les athées de cette religion-là, nous sommes les anticléricaux de ce clergé-là.

L’AGRIF

70 boulevard Saint-Germain
75005 PARIS
01 40 46 96 31

( 14 janvier, 2020 )

Quand Arte apporte sa pierre à l’escroquerie historique de la « légende noire » de la colonisation

 

 

Communiqué de Bernard Lugan
La chaîne Arte vient de se surpasser dans le commerce de l’insupportable escroquerie historique qu’est la « légende noire » de la colonisation. Or, le bilan colonial ne pourra jamais être fait avec des invectives, des raccourcis, des manipulations et des mensonges.
Regardons la réalité bien en face : la colonisation ne fut qu’une brève parenthèse dans la longue histoire de l’Afrique. Jusque dans les années 1880, et cela à l’exception de l’Algérie, du Cap de Bonne Espérance et de quelques comptoirs littoraux, les Européens s’étaient en effet tenus à l’écart du continent africain. Le mouvement des indépendances ayant débuté durant la décennie 1950, le XXe siècle a donc connu à la fois la colonisation et la décolonisation.
Quel bilan honnête est-il possible de faire de cette brève période qui ne fut qu’un éclair dans la longue histoire de l’Afrique ? Mes arguments sont connus car je les expose depuis plusieurs décennies dans mes livres, notamment dans Osons dire la vérité à l’AfriqueJ’en résume une partie dans ce communiqué.
1) Les aspects positifs de la colonisation pour les Africains
La colonisation apporta la paix
Durant un demi-siècle, les Africains apprirent à ne plus avoir peur du village voisin ou des razzias esclavagistes. Pour les peuples dominés ou menacés, ce fut une véritable libération.
Dans toute l’Afrique australe, les peuples furent libérés de l’expansionnisme des Zulu, dans tout le Sahel, les sédentaires furent libérés de la tenaille prédatrice Touareg-Peul, dans la région tchadienne, les sédentaires furent débarrassés des razzias arabo-musulmanes, dans l’immense Nigeria, la prédation nordiste ne s’exerça plus aux dépens des Ibo et des Yoruba, cependant que dans l’actuelle Centrafrique, les raids à esclaves venus du Soudan cessèrent etc.
A l’évidence, et à moins d’être d’une totale mauvaise foi, les malheureuses populations de ces régions furent clairement plus en sécurité à l’époque coloniale qu’aujourd’hui…
La colonisation n’a pas pillé l’Afrique
Durant ses quelques décennies d’existence la colonisation n’a pas pillé l’Afrique. La France s’y est même épuisée en y construisant 50.000 km de routes bitumées, 215.000 km de pistes toutes saisons, 18.000 km de voies ferrées, 63 ports équipés, 196 aérodromes, 2000 dispensaires équipés, 600 maternités, 220 hôpitaux dans lesquels les soins et les médicaments étaient gratuits. En 1960, 3,8 millions d’enfants étaient scolarisés et dans la seule Afrique noire, 16.000 écoles primaires et 350 écoles secondaires collèges ou lycées fonctionnaient. En 1960 toujours 28.000 enseignants français, soit le huitième de tout le corps enseignant français exerçaient sur le continent africain.
Pour la seule décennie 1946 à 1956, la France a, en dépenses d’infrastructures, dépensé dans son Empire, donc en pure perte pour elle, 1400 milliards de l’époque. Cette somme considérable n’aurait-elle pas été plus utile si elle avait été investie en métropole ? En 1956, l’éditorialiste Raymond Cartier avait d’ailleurs écrit à ce sujet :
« La Hollande a perdu ses Indes orientales dans les pires conditions et il a suffi de quelques années pour qu’elle connaisse plus d’activité et de bien-être qu’autrefois. Elle ne serait peut-être pas dans la même situation si, au lieu d’assécher son Zuyderzee et de moderniser ses usines, elle avait dû construire des chemins de fer à Java, couvrir Sumatra de barrages, subventionner les clous de girofle des Moluques et payer des allocations familiales aux polygames de Bornéo. »
Et Raymond Cartier de se demander s’il n’aurait pas mieux valu « construire à Nevers l’hôpital de Lomé et à Tarbes le lycée de Bobo-Dioulasso ».
Jacques Marseille[1] a quant à lui définitivement démontré quant à lui que l’Empire fut une ruine pour la France. L’Etat français dût en effet se substituer au capitalisme qui s’en était détourné et s’épuisa à y construire ponts, routes, ports, écoles, hôpitaux et à y subventionner des cultures dont les productions lui étaient vendues en moyenne 25% au-dessus des cours mondiaux. Ainsi, entre 1954 et 1956, sur un total de 360 milliards de ff d’importations coloniales, le surcoût pour la France fut de plus de 50 milliards.
Plus encore, à l’exception des phosphates du Maroc, des charbonnages du Tonkin et de quelques productions sectorielles, l’Empire ne fournissait rien de rare à la France. C’est ainsi qu’en 1958, 22% de toutes les importations coloniales françaises étaient constituées par le vin algérien qui était d’ailleurs payé 35 ff le litre alors qu’à qualité égale le vin espagnol ou portugais était à19 ff.
Quant au seul soutien des cours des productions coloniales, il coûta à la France 60 milliards par an de 1956 à 1960.
Durant la période coloniale, les Africains vivaient en paix
Dans la décennie 1950, à la veille des indépendances, à l’exception de quelques foyers localisés (Madagascar, Mau-Mau, Cameroun) l’Afrique sud-saharienne était un havre de paix.
Le monde en perdition était alors l’Asie qui paraissait condamnée par de terrifiantes famines et de sanglants conflits : guerre civile chinoise, guerres de Corée, guerres d’Indochine et guerres indo-pakistanaises.
En comparaison, durant la décennie 1950-1960, les habitants de l’Afrique mangeaient à leur faim, étaient gratuitement soignés et pouvaient se déplacer le long de routes ou de pistes entretenues sans risquer de se faire attaquer et rançonner.
Soixante-dix ans plus tard, le contraste est saisissant: du nord au sud et de l’est à l’ouest, le continent africain est meurtri :
- Dans le cône austral, ce qui fut la puissante Afrique du Sud sombre lentement dans un chaos social duquel émergent encore quelques secteurs ultra-performants cependant que la criminalité réduit peu à peu à néant la fiction du « vivre ensemble ».
- De l’atlantique à l’océan indien, toute la bande sahélienne est enflammée par un mouvement à la fois fondamentaliste et mafieux dont les ancrages se situent au Mali, dans le nord du Nigeria et en Somalie.
- Plus au sud, la Centrafrique a explosé cependant que l’immense RDC voit ses provinces orientales mises en coupe réglée par les supplétifs de Kigali ou de Kampala.
Si nous évacuons les clichés véhiculés par les butors de la sous-culture journalistique, la réalité est que l’Afrique n’a fait que renouer avec sa longue durée historique précoloniale. En effet, au XIX° siècle, avant la colonisation, le continent était déjà confronté à des guerres d’extermination à l’est, au sud, au centre, à l’ouest. Et, redisons-le en dépit des anathèmes, ce fut la colonisation qui y mit un terme.
Aujourd’hui, humainement, le désastre est total avec des dizaines de milliers de boat people qui se livrent au bon vouloir de gangs qui les lancent dans de mortelles traversées en direction de la « terre promise » européenne. Les crises alimentaires sont permanentes, les infrastructures de santé ont disparu comme l’a montré la tragédie d’Ebola en Afrique de l’Ouest ou la flambée de peste à Madagascar, l’insécurité est généralisée et la pauvreté atteint des niveaux sidérants.
Economiquement, et à l’exception d’enclaves dévolues à l’exportation de ressources minières confiées à des sociétés transnationales sans lien avec l’économie locale, l’Afrique est aujourd’hui largement en dehors du commerce, donc de l’économie mondiale, à telle enseigne que sur 52 pays africains, 40 ne vivent aujourd’hui que de la charité internationale
2) Les conséquences négatives de la colonisation
La colonisation a déstabilisé les équilibres démographiques africains
La colonisation a mis un terme aux famines et aux grandes endémies. Résultat du dévouement de la médecine coloniale, la population africaine a été multipliée par 8, une catastrophe dont l’Afrique aura du mal à se relever.
En effet, le continent africain qui était un monde de basses pressions démographiques n’a pas su « digérer » la nouveauté historique qu’est la surpopulation avec toutes ses conséquences : destruction du milieu donc changements climatiques, accentuation des oppositions entre pasteurs et sédentaires, exode rural et développement de villes aussi artificielles que tentaculaires, etc.
La colonisation a donné le pouvoir aux vaincus de l’histoire africaine
En sauvant les dominés et en abaissant les dominants, la colonisation a bouleversé les rapports ethno-politiques africains. Pour établir la paix, il lui a en effet fallu casser les résistances des peuples moteurs ou acteurs de l’histoire africaine.
Ce faisant, la colonisation s’est essentiellement faite au profit des vaincus de la « longue durée » africaine venus aux colonisateurs, trop heureux d’échapper à leurs maîtres noirs. Ils furent soignés, nourris, éduqués et évangélisés. Mais, pour les sauver, la colonisation bouleversa les équilibres séculaires africains car il lui fallut casser des empires et des royaumes qui étaient peut-être des « Prusse potentielles ».
La décolonisation s’est faite trop vite
Ne craignons pas de le dire, la décolonisation qui fut imposée par le tandem Etats-Unis-Union Soviétique, s’est faite dans la précipitation et alors que les puissances coloniales n’avaient pas achevé leur entreprise de « modernisation ».
Résultat, des Etats artificiels et sans tradition politique ont été offerts à des « nomenklatura » prédatrices qui ont détourné avec régularité tant les ressources nationales que les aides internationale. Appuyées sur l’ethno-mathématique électorale qui donne automatiquement le pouvoir aux peuples dont les femmes ont eu les ventres les plus féconds, elles ont succédé aux colonisateurs, mais sans le philanthropisme de ces derniers…
Les vraies victimes de la colonisation sont les Européens
Les anciens colonisateurs n’en finissent plus de devenir « la colonie de leurs colonies » comme le disait si justement Edouard Herriot. L’Europe qui a eu une remarquable stabilité ethnique depuis plus de 20.000 ans est en effet actuellement confrontée à une exceptionnelle migration qui y a déjà changé la nature de tous les problèmes politiques, sociaux et religieux qui s’y posaient traditionnellement.
Or, l’actuelle politique de repeuplement de l’Europe est justifiée par ses concepteurs sur le mythe historique de la culpabilité coloniale. A cet égard, la chaîne Arte vient donc d’apporter sa pierre à cette gigantesque entreprise de destruction des racines ethniques de l’Europe qui porte en elle des événements qui seront telluriques.

[1] Jacques Marseille, Empire colonial et capitalisme français, histoire d’un divorce. Paris, 1984. Dans ce livre Marseille évalue le vrai coût de l’Empire pour la France.
Plus d’informations sur le blog de Bernard Lugan
( 12 janvier, 2020 )

Et pendant ce temps, Poutine célèbre Noël à Damas

 

Lu sur « Je Suis Français »

 

En se rendant à Istanbul pour rencontrer Erdogan, Poutine a choisi de faire un détour par Damas le 7 janvier afin de célébrer le Noël orthodoxe avec les troupes russes.

La visite est loin d’être anodine puisque c’est la première fois que Poutine va à Damas depuis le début de la guerre en 2011. Auparavant il s’était rendu sur la base aérienne russe de Hmeimim en 2017.

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Accompagné de Bachar el-Assad, le président russe a visité la grande mosquée des Omeyades, à laquelle il a offert un coran du XVIIè siècle, et le tombeau de Saint Jean-Baptiste. Ils ont ensuite déposé un cierge à la cathédrale orthodoxe de Damas où ils ont été reçus par le patriarche Jean X qui a remercié Vladimir Poutine du « soutien russe au peuple syrien ». Ce dernier a offert à la cathédrale une icone de la Sainte Vierge.

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Entouré de plusieurs officiers, Poutine a ensuite reçu le président Bachar el-Assad au siège des forces armées russes de Damas. Il a salué les progrès de la lutte contre le terrorisme et constaté qu’il « était visible à l’œil nu que la paix était revenue dans les rues de Damas. » Mais rien n’a filtré sur l’actualité brûlante du moment, quelques jours après l’assassinat de Soleimani par les Américains.

Poutine s’est ensuite rendu à Istanbul où il a été reçu par Erdogan. Cette visite était, elle, annoncée de longue date pour inaugurer un nouveau gazoduc appelé Turkish Stream. Les deux hommes ont symboliquement ouvert les vannes de l’ouvrage dont la construction a démarré en 2017. Long, pour l’instant, de 900 kilomètres, il va alimenter la Turquie, la Bulgarie, la Macédoine, la Serbie et la Hongrie. Des représentants de ces pays étaient d’ailleurs présents à Istanbul. Sur les 30 milliards de mètres cubes de capacité, la moitié sera destinée à la Turquie, le reste aux pays cités auxquels s’ajoutera sans doute la Slovénie.

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A terme, les Russes aimeraient prolonger le gazoduc jusqu’en Autriche. C’est une incontestable réussite énergétique et diplomatique pour la Russie qui peut ainsi approvisionner une partie de l’Europe en contournant l’Ukraine, pays peu sûr s’il en est.

La rencontre entre les deux hommes intervient alors qu’ils sont dans des camps opposés dans deux zones brûlantes : la Syrie et la Libye, pays dans lequel la Turquie a envoyé des conseillers militaires et, semble-t-il, des combattants syriens des milices islamistes sous contrôle d’Ankara. Aussi, les deux hommes ont-ils fait le service minimum en appelant à une trêve en Libye et en annonçant un cessez-le-feu en Syrie dans la province d’Idleb.

En réalité les combats continuent dans ces deux zones et on ne voit pas comment il peut en être autrement. Lavrov, le ministre russe des affaires étrangères, rappelle régulièrement qu’il faut purger la province d’Idleb des islamistes qui l’occupent et il est certain que Russes et Syriens iront jusqu’au bout.

Antoine de Lacoste

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