( 6 juillet, 2017 )

Simone Veil : « Il ne doit pas exister une autre acception de la France que son acception administrative »

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Encore une fois, nous ne traitons pas ici de la respectabilité de Simone Veil en tant que personne. Ce n’est pas notre objet. Nous traitons des conséquences de son action politique pour la communauté nationale. Ce qu’Antiquus examine ici et qui est tout autre chose.  Simone Veil va donc entrer au Panthéon aux côtés de quelques penseurs et acteurs de la Révolution. Elle y a, de ce point de vue, sa place.  LFAR

 

f1efdbf5.jpgUne fois de plus, on nous intime l’ordre de nous taire à propos de l’ancienne ministre . Est-ce parce qu’elle est morte et que l’on ne doit pas médire des morts? C’est une maxime de bonne éducation, donc privée, et qui n’a rien à faire ici, où nous discutons de sujets politiques.

Il est vrai que Simone Veil ne voulait pas ce qu’elle a produit. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’a pas haussé le ton pour s’opposer aux dérives – prévisibles – de la loi dont elle était le promoteur. Il est vrai que son image d’icône du féminisme et des « droits de la femme »  en eût pâti. Mais la raison déterminante de son indifférence est tout autre: Simone Veil n’avait qu’aversion pour la France de la filiation que nous vénérons.  Pour elle, l’épuisement du peuple français par la dénatalité n’avait aucune importance. On l’a bien vu en 2009 lorsque Sarkozy, dans un souci de s’attirer les voix du FN, créa un éphémère ministère de l’identité française…et de l’immigration. Ce n’était évidemment qu’une silhouette de carton, mais Simone Veil mobilisa l’indignation des « éclairés » en déclarant qu’il ne pouvait pas exister de ministère de l’identité française parce qu’ « Il ne doit pas exister une autre acception de la France que son acception administrative : telle est la conséquence de la Constitution de 1791. C’est l’acquis de la révolution : la France, c’est ce que la loi décide. »

Et, pour soutenir cette campagne, le « chercheur » antiraciste  Michel Wieviorka, (écrit : ) cette création « attise les crispations sur l’immigration, car l’objectif est bien de traiter d’immigration, l’essentiel des points soumis à débat concerne cette question ». Il aurait « préféré un débat sur la façon de faire face à la crise ou de développer une politique de la ville efficace » et ajoute que l’existence d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale « est une catastrophe intellectuelle et politique ».

Voilà dans quel camp se situait Simone Veil! Dès lors les pieux silences me paraissent de la pure sidération.

( 3 juillet, 2017 )

Simone Veil

 

Communiqué de l’AGRIF que nous approuvons totalement.

 

Simone Veil, « santa subito » ! Le décès de celle qui a porté la loi portant massacre légal des innocents a donné lieu à une avalanche de louanges, jusque de la part de la Conférence des évêques de France qui a salué « sa volonté de bâtir une Europe fraternelle, sa conviction que l’avortement est toujours un drame ».

L’AGRIF ne se joint pas à ce concert, et si elle s’associe à la demande de panthéonisation de Simone Veil, c’est uniquement pour qu’elle y soit en compagnie du grand raciste et du misogyne indécrottable, Voltaire, et des grandes figures de la Révolution française et de sa Terreur, matrice de tous les génocides contemporains.

Simone Veil a survécu à l’abominable génocide des Juifs, et l’AGRIF veut croire que c’est par aveuglement ou par inconscience qu’elle a ouvert en France les portes à un massacre légal. Le nombre de victimes se compte à ce jour par millions. Mais elle ne l’a jamais publiquement regretté…

Pour une association antiraciste comme la nôtre, force est de constater que Simone Veil a – en compagnie de Valéry Giscard d’Estaing et de Jacques Chirac, sous l’impulsion des forces de la maçonnerie qui revendiquent cela comme une victoire – rendu possible la forme ultime du racisme, celle qui autorise, organise, finance l’élimination de petits d’homme parce qu’ils gênent ou parce qu’ils ne sont pas conformes à un minimum d’exigence génétique.

Elle a rendu légale la décision d’une femme de tuer son propre enfant. C’est le racisme anti-humain le plus raffiné : celui qui fait participer les victimes au massacre de leurs fils et de leurs filles. Qui dira le nombre de vies de femme brisées parce qu’elles auront cru que l’avortement peut être une solution à la détresse ? Parce qu’il est maintenant convenu d’appeler l’« interruption » volontaire de grossesse un « droit fondamental de la femme » ?

On entend dire qu’il est malhonnête de rendre Simone Veil responsable des évolutions de la loi jusqu’à ce point ahurissant, elle qui voulait « dissuader » les femmes d’avorter et qui qualifiait l’IVG d’« échec quand il n’est pas un drame ». Mais la dissuasion promise n’est jamais venue, sinon de la sphère privée, et peu à peu tout ce qui entravait l’accès à l’avortement a été détricoté. Le nombre d’avortements, lui, n’a jamais baissé.

L’AGRIF retient enfin qu’en 2007, dans son autobiographie, Simone Veil dénonçait toujours les « outrances de Laissez-les-Vivre » lors de son combat pour la vie en 1974, et se plaignait de la « haine » dont elle fut l’objet. Pourtant c’est à la notoriété de sa loi sur l’IVG que Simone Veil devait une carrière politique qui la mena jusqu’à la présidence du Parlement européen.

Ces « outrances » d’alors, nous nous y associons toujours en 2017. Elles demandaient simplement le respect de la vie de chacun de nos frères en humanité… Plusieurs millions de victimes plus tard, on ne peut évacuer la responsabilité de Simone Veil avec une pirouette.

Jeanne Smits, vice-présidente de l’AGRIF

( 3 juillet, 2017 )

Le duc et la duchesse de Vendôme ont assisté à l’inauguration du musée franco-américain de Blérancourt

 

Lu sur le blog « la couronne »

 

Le duc et la duchesse de Vendôme ont assisté à l’inauguration du musée franco-américain de Blérancourt dans Princes le-prince-jean-de-france-musee-americain

Samedi 24 juin, à l’invitation des amis américains du château Blérancourt, Leurs Altesses Royales le duc et la duchesse de Vendôme ont assisté à l’inauguration du musée franco-américain de Blérancourt, en présence du nouveau ministre de la Culture, Madame Anne Morgan, des représentants de l’ambassade américaine, des amis français et américains de Blérancourt, des divers conservateurs et de nombreuses autres personnalités. Le prince a ainsi pu profiter de cette inauguration pour faire la  connaissance de madame le nouveau ministre de la Culture.

Une belle journée à la campagne placée sous les auspices de l’amitié franco-américaine à laquelle est dédié le musée. La Guerre d’Indépendance des États-Unis d’Amérique tout d’abord où de nombreux officiers français se sont illustrés avant de voir le roi Louis XVI y apporter la forte contribution de notre pays. La Guerre de Sécession aussi avec une salle dédiée. La première guerre mondiale ensuite et l’évocation de l’engagement d’Anne Morgan à quelques jours des 100 ans de l’entrée en guerre des États-Unis. La Seconde Guerre mondiale enfin. Cette journée s’est terminée pur le prince Jean et Madame la duchesse de Vendôme à Compiègne par la visite du palais impérial construit par Gabriel sous Louis XV, résidence Napoléonienne par excellence et qui a vu le mariage du roi Léopold avec la princesse Louise, fille du roi Louis-Philippe. ( source le site du prince Jean )

Pour marquer cette visite, Son Altesse Royale a publié avec une légère pointe d’humour sur sa page officielle Facebook une photo de lui «Me voici aux pieds de Louis XVI… portrait exposé au château de Blérancourt. J’étais en effet invité à l’inauguration de ce musée franco-américain où j’ai fait la connaissance de madame le nouveau ministre de la Culture. »

( 2 juillet, 2017 )

Simone Veil est face à son Juge. Et à ses victime…

 

Communiqué de « DROIT DE NAITRE »

Paris, le 1er juillet 2017

Mme Simone Veil est décédée ce vendredi 30 juin 2017 à l’âge de 89 ans. De sa longue carrière politique, l’histoire retiendra sans doute que ce fut elle qui porta la loi légalisant l’avortement en France.

Elle ne fut pas la seule à mener ce combat mais elle accepta de bonne grâce d’en être l’icône, comme le disent, non sans perversion, les médias qui ont fait d’elle, au fil du temps, une sorte de sainte de la République.

Cette canonisation médiatique était déjà acquise de son vivant. A présent qu’elle vient de s’éteindre elle ne fait que s’amplifier comme c’est souvent le cas en de telles circonstances. Il y a pourtant des voix qui ne prononceront nul éloge, ni d’ailleurs nulle condamnation, ce sont celles des innombrables enfants à naître qui ont été supprimés en toute légalité depuis un soir de janvier 1975.

La victoire de Mme Veil signait ce jour-là leur arrêt de mort. Au moment du vote de la loi éponyme on estimait le nombre d’avortements en France à 60.000 par an, aujourd’hui il a largement dépassé les 200 000 annuels. Légalisé, banalisé et même promu l’avortement est devenu un droit sacré faisant l’objet d’un culte dont Mme Veil – au milieu des nuées d’encens qui l’accompagnaient – était la grande prêtresse. A présent loin, très loin des hommages de ce monde elle est face à son Juge et à ses victimes.

Droit de Naître forme le vœu que le sang de ces dernières ne retombe pas sur la France et qu’un jour ce soit elles qui suscitent enfin auprès du peuple français les larmes que leur mort mérite.

 

Georges Martin
Chargé de communication
Droit de Naître

( 2 juillet, 2017 )

“La loi Veil aura sublimé le signe le plus sûr du déclin d’une civilisation”

 

Lu sur « le salon beige »

Le président de la fondation Lejeune, Jean-Marie Le Méné, explique dans Valeurs Actuelles pourquoi il ne rendra pas hommage à Simone Veil :

Simone Veil SIPA 2« Pour la première fois, en 1975, un acte condamnable depuis Hippocrate, 400 ans av. JC, a été dépénalisé. Cette révolution n’a été rendue possible que par les mécanismes de compensation inventés par la société. Car, à la différence d’autres transgressions moins radicales, l’avortement n’offre aucune contrepartie positive hormis la liberté absolutisée, symbole d’une idéologie de rupture avec l’ordre naturel. Les meilleures intentions ont été invoquées, il ne s’agissait que d’une dérogation au principe du respect de la vie, accordée en cas de détresse. L’enjeu était la santé des femmes menacée par l’avortement clandestin. Au fond, la loi Veil n’était qu’une loi de santé publique. Cette aimable vision a rassuré la droite qui a soutenu la ministre, plus par faiblesse que par malice, en s’avouant à la fois contre l’avortement mais pour la loi. Sauf que réduire le féminisme à un hygiénisme et assimiler un acte commis en blouse blanche à un acte médical en dit long sur la reddition de l’intelligence aux forces de l’illusion. L’acte est tellement contre nature qu’il n’est tolérable que dénaturé. Tout est déni dans l’avortement : l’innommable est acronymisé, l’indescriptible euphémisé, le réel virtualisé.

L’infans conceptus n’est plus ni un être, ni un humain, ni un vivant, de sorte que son effacement n’est plus homicide mais cosmétique. Les protagonistes échangent leurs rôles : l’enfant devient l’agresseur et la mère la victime. L’acte héroïsé, débarrassé de l’alibi de la détresse et d’un humiliant délai de réflexion, poussé à la performance par une politique de quotas, n’entraîne plus aucun effet indésirable. Au contraire, certaines se tatouent les lettres « IVG » sur la peau, là où l’on dessinait jadis des « je t’aime ». On finit même par en rire : « 220 000 avortements par an en France. Si on arrêtait d’en faire un fromage ? » goguenardise le site My little IVG. La grossesse interrompue, dont l’Etat a imposé le remboursement à la collectivité, comme un soin parmi d’autres, est devenue l’étape initiatique de la vie des femmes. Mais, depuis plus de 40 ans, l’avortement ne tient que par le mensonge, seule ressource de son néant.

Devenu indifférent au bien et au mal dont la frontière a été floutée, le droit s’est retiré peu à peu du service de la justice. Il ne consiste plus à rendre à chacun ce qui lui revient (en l’occurrence le respect de la vie à l’enfant conçu) mais à accompagner ce qui change dans la société. Est juste ce qui va dans le sens de la modernité, est injuste ce qui s’y oppose. De fait, la transgression princeps de l’avortement est devenue le portail d’accès vers tous les « progrès sociétaux ». L’avortement ne prétend pas détruire la société mais la reconstruire sur une autre base : l’humain est le résultat d’une construction, d’un choix, d’un désir. En cela, il est une pierre fondatrice du transhumanisme. Après avoir osé la mort de l’enfant avant sa naissance, tout devient possible, notamment la fabrication de l’enfant de son choix. Ce raisonnement a produit un effet cliquet (pas de retour en arrière), une surenchère maîtrisée (on reste toujours en deçà de la transgression-étalon) et une escalade d’« illégalités fécondes » qui ont modernisé la société. Ainsi, au nom de l’avortement, on a légalisé en quelques années tout une cohorte de pratiques avant-gardistes : l’eugénisme systématique des « anormaux », l’industrie procréatique et le diagnostic préimplantatoire, le tri des embryons humains, leur congélation, leur stockage, leur utilisation pour fabriquer des enfants « normaux » sinon versés à la recherche et voués à la destruction. L’engouement pour le clonage, comme l’exploitation de cellules souches embryonnaires, s’est réclamé de l’avortement.

La GPA renvoie au concept de la grossesse choisie pour peu qu’on la débarrasse de son aspect lucratif déplaisant. La fabrication d’un embryon à trois parents est une expérimentation pleine de promesses en France en attendant l’ectogénèse. La légalisation de l’avortement demeure la matrice de toutes les audaces : il n’est pas jusqu’à l’interdiction de la burqa et l’autorisation du mariage gay qui n’invoquent le haut patronage de la légalisation de l’avortement. L’euthanasie n’échappe pas à la règle : donner la mort en fin de vie n’est pas moins compassionnel que la donner en début de vie. Manquait une clé de voute, un dispositif qui empêche quiconque de lever un coin du voile et de dénoncer « le mensonge qui tue » selon le mot de l’historien Pierre Chaunu. C’est le délit d’entrave, destiné à réprimer l’information dite dissuasive de l’avortement, mais ouvert à l’information incitative. Les grands procès de Moscou sont de retour. On arrêtera « les suspects habituels ». Tel est le triomphe du droit, mais la défaite de la justice.

Politiquement, la loi Veil illustre un modèle mythique de violence politique digne d’un dialogue de Thucydide. Les réformes rêvées par la gauche, mais réalisées par la droite, ont précipité le politique sur un chemin de traverse. Si « la distinction spécifique du politique, c’est la discrimination de l’ami et de l’ennemi », alors le vote de l’IVG a brouillé les pistes. Tandis que la gauche et la droite ont affiché une convergence de façade autour de la loi de 1975, s’est construite une relation scabreuse où c’est la gauche qui monte la garde et la droite qui baisse la sienne. Avec le vote de la loi Veil, la droite a « gagné » une liberté sous protection de la gauche. La droite a fait allégeance sur le plan culturel à une gauche qui définit le périmètre d’évolution de la droite et la charge même de faire avancer certains de ses projets. Comme le poisson rouge dans son bocal, la droite est en liberté surveillée, associée à une soumission à la gauche quel que soit le parti au pouvoir.

De ce fait, la gauche peut fort bien se dispenser d’être au pouvoir, en pratique elle y est toujours. La droite fait ce qu’elle veut pourvu que, sur les questions ontologiques, la gauche donne le cap. Ainsi s’expliquent les lois de bioéthique, toutes les trois votées sous la droite, tapis rouge déroulé au progrès technoscientifique, en l’absence de débat éthique. A l’évidence l’avortement, sanctuarisé dans le tabernacle de la République, ne peut pas faire l’objet de la moindre remise en cause. Au contraire, comme l’ont montré les débats récents dans tous les partis, seuls les candidats qui anticipent les reproches et s’affichent comme les plus transgressifs peuvent espérer un destin politique. Depuis 40 ans, sur des centaines de ministres, pas un seul n’a osé exprimer son opposition à la loi Veil qui, en cela, s’avère une victoire de son auteur éponyme. Il reste, qu’on le veuille ou non, qu’« un pays qui tue ses enfants tue son âme », comme le disait le Pr Lejeune. La loi Veil aura sublimé le signe le plus sûr du déclin d’une civilisation, le refus de ce « miracle qui sauve le monde » par lequel Hannah Arendt désignait la naissance. »

( 30 juin, 2017 )

Rwanda : M. de Saint-Exupéry accuse t-il la France afin de protéger le général Kagamé ?

 

Après la propagande largement déversée par les « médias » officiels, voici un communiqué bienvenu qui remet les choses en ordre.

 

Communiqué de Bernard Lugan[1]

Fidèle caisse de résonance du régime de Kigali, la presse française donne actuellement une énorme publicité à un insignifiant article de M. Patrick de Saint-Exupéry dans lequel, sans la moindre preuve, sans la publication du moindre document nouveau, et uniquement sur la base de sous-entendus orientés, il accuse la France d’avoir voulu « réarmer » les génocidaires rwandais durant l’été 1994.

Plus encore, voilà maintenant la BNP qui est désormais soupçonnée d’être partie prenante dans cette rocambolesque affaire.

L’explication d’une telle campagne orchestrée depuis le Rwanda est pourtant limpide: l’étau se refermant peu à peu sur le régime Kagamé, dans le cadre de l’enquête sur l’attentat contre l’avion du président Habyarimana, ses amis français sont actuellement à la manœuvre afin d’intimider Emmanuel Macron, comme ils avaient si bien réussi à le faire avec Nicolas Sarkozy et François Hollande. A une différence près : depuis quelques mois, les éléments qui s’accumulent sur le bureau des magistrats français et qui mettent directement en cause le régime de Kigali dans le déroulé des évènements de l’année 1994 sont tels qu’il est désormais impossible d’étouffer l’affaire…

Deux points sont établis :

1) L’attentat du 6 avril 1994 qui provoqua la mort du président hutu Habyarimana fut le déclencheur du génocide.

2) La thèse du régime de Kigali, à savoir celle du génocide « programmé » et « planifié » par les « extrémistes » hutu, a volé en éclats devant le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda). Ce tribunal créé par le Conseil de sécurité de l’ONU et siégeant à Arusha de 1995 à 2016, a en effet, dans ses jugements concernant les « principaux responsables du génocide » -dont celui du colonel Bagosora présenté comme l’architecte du génocide-, que ce soit en première instance ou en appel, clairement établi qu’il n’y avait pas eu « entente » pour le commettre[2]. Si ce génocide n’était pas programmé, c’est donc qu’il fut spontané, et ce qui le provoqua fut l’assassinat du président Habyarimana.

Voilà pourquoi la question de savoir qui a ourdi cet attentat est primordiale. Or, il n’y a jamais eu d’enquête internationale menée sur ce crime qui coûta la vie à deux présidents en exercice élus, celui du Rwanda et celui du Burundi, qui avaient pris place dans le même avion.

Par les énormes pressions qu’ils exercèrent sur le Conseil de sécurité de l’ONU, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, alliés indéfectibles du régime de Kigali, réussirent en effet à interdire au TPIR de mener cette enquête.

Au mois de janvier 1997, Madame Louise Arbour, Procureur du TPIR de septembre 1996 à septembre 1999, ordonna ainsi à Michael Hourigan de cesser ses investigations. Ce fonctionnaire de l’ONU avait pourtant été personnellement chargé par elle, d’identifier les commanditaires et les auteurs de l’attentat du 6 avril 1994. Madame Arbour voulait alors étayer l’acte d’accusation rachitique qu’elle était occupée à dresser contre les anciens dirigeants du régime Habyarimana, en montrant que cet attentat avait été commis par des « extrémistes hutu », et qu’en le commettant, ces derniers avaient donné le signal du génocide qu’ils avaient programmé.

Or, sur place, à Kigali, menant son enquête, Michael Hourigan découvrit tout au contraire que les auteurs de l’attentat n’étaient pas des « Hutu extrémistes », mais des Tutsi du FPR… et il obtint même les noms de ceux qui, selon lui, auraient abattu l’avion du président Habyarimana. Il rédigea un rapport qu’il remit personnellement à Madame Arbour qui le somma alors de mettre un terme à ses recherches, exigeant la confidentialité absolue sur ses découvertes. Le contrat de Michael Hourigan avec l’ONU ne fut pas renouvelé.

Saisie par les familles de l’équipage français de l’avion présidentiel abattu, la justice française s’est ensuite risquée sur cette affaire qui fut confiée au juge Bruguière. Bien que le TPIR ait refusé de le lui communiquer, et cela au prétexte qu’il n’existait pas ( !!!), le juge Bruguière obtint malgré tout une copie du « Rapport Hourigan ». Puis, devant le juge, Michael Hourigan authentifia son texte dont il confirma la teneur. Poussant plus loin ses investigations, le juge Bruguière interrogea le capitaine sénégalais Amadou Deme, adjoint de Michael Hourigan et ancien numéro 2 du renseignement de l’ONU au Rwanda. Cet officier lui confirma à la fois les résultats de l’enquête à laquelle il avait personnellement participé, et l’insolite changement d’attitude de madame Arbour à partir du moment où le FPR fut suspecté d’avoir assassiné le président Habyarimana.

Le 16 novembre 2006, au terme de son enquête, le juge Bruguière accusa à son tour le général Kagamé et il lança neuf mandats d’arrêt contre des membres importants de son premier cercle. Après le départ à la retraite de ce magistrat, l’enquête fut reprise par le juge Trévidic, puis par les juges Herbaut et Poux.

 Au mois de juillet 2013 puis en janvier 2014, le juge Trévidic interrogea Jean-Marie Micombero, ancien secrétaire général au ministère rwandais de la Défense et qui, le 6 avril 1994, était affecté à une section chargée du renseignement dépendant directement de Paul Kagamé. Le témoin lui confirma les noms des deux membres de l’armée de Paul Kagamé qui, le 6 avril 1994, auraient tiré les deux missiles qui abattirent l’avion présidentiel. Il livra également au juge nombre de détails sur les préparatifs et sur le déroulement de l’attentat[3]. Ces déclarations recoupaient en les confirmant celles recueillies en leur temps par le juge Bruguière auprès d’autres témoins.

 La contre-attaque du général Kagamé se fit à travers ses puissants réseaux d’influence français et par le biais d’une presse qui ne cessa jamais de lui servir de porte-voix, notamment LibérationLe Monde et Le Figaro.

Appuyé sur les uns et sur les autres, il tenta de répétitives manœuvres dilatoires destinées à discréditer le travail du juge Bruguière. Mais, au moment où, de guerre lasse, le juge Trévidic s’apprêtait à clôturer son instruction, trois témoins de la plus haute importance se manifestèrent.

 Il s’agissait du général Faustin Kayumba Nyamwaza, ancien chef d’état-major de l’APR (Armée patriotique rwandaise, l’armée tutsi), à l’époque responsable du renseignement militaire, du colonel Patrick Karegeya, ancien chef des renseignements du Rwanda, tous deux réfugiés en Afrique du Sud d’où ils accusaient de la façon la plus claire le président Kagamé d’être le responsable de l’attentat du 6 avril 1994 qui coûta la vie au président hutu Habyarimana, et d’Emile Gafarita qui prétendait être l’un des trois membres du FPR qui transportèrent depuis l’Ouganda jusqu’à Kigali les missiles qui abattirent l’avion du président Habyarimana.

 Au mois de juin 2010, le général Kayumba survécut par miracle à une tentative d’assassinat dont les auteurs, des Rwandais, furent arrêtés et jugés en Afrique du Sud. Le colonel Patrick Karegeya fut étranglé le 31 décembre 2013 dans sa chambre d’hôtel de Johannesburg.

Emile Gafarita fut quant à lui enlevé à Nairobi le 13 novembre 2014 à la veille de son départ pour la France où il devait être interrogé par le juge Trévidic. Dans la procédure de réouverture d’instruction qui était alors en cours, la teneur de ce que le témoin-acteur allait dire aux juges était accessible à la Défense. Cette dernière informa ses clients de l’existence d’Emile Gafirita et de son prochain témoignage. Avocat de l’Etat rwandais (Afrikarabia, 19 octobre 2016) et de 6 des 7 mis en examen, M° Léon-Lef Forster, dans un entretien avec la journaliste canadienne Judi Rever[4] l’a reconnu:« J’ai informé les mis en examen, un avocat a l’obligation d’indiquer à ses clients où en est la procédure…il est parfaitement légitime que les clients soient informés des raisons pour lesquelles le dossier est ré-ouvert ».

A partir de ce moment, Emile Gafirita fut en danger de mort[5]. Dans ces conditions, il est pour le moins « insolite » que les juges français qui allaient l’interroger n’aient pas pris la précaution de le mettre sous protection. D’autant plus qu’Emile Gafirita se savait menacé et que, dans l’attente de sa convocation qui arriva le jour de sa disparition, il avait écrit par mail à son avocat, M° Cantier, qu’il souhaitait être entendu : « le plus vite serait le mieux avant qu’ils ne me fassent taire à jamais ».

Emile Gafirita avait demandé à être entendu sous X avec le statut de « témoin protégé », ce qui ne lui fut pas accordé par le juge Trévidic. Et pourtant, comme l’a révélé plus tard Emmanuel Fansten dans Libération du 4 mars 2015, à la même époque, le juge Trévidic qui enquêtait sur l’attentat de la rue Copernic entendit sous X un ancien membre du groupe Abou Nidal.

Pourquoi une telle différence de traitement ? Le juge Trévidic justifia son refus d’entendre anonymement Emile Gafarita « par le nombre conséquent de manipulations constatées dans l’instruction» (Jeune Afrique, 9 décembre 2014). Cette explication laisse pour le moins perplexe car le juge d’instruction a précisément parmi ses missions celle de faire le tri entre les éléments qu’il recueille. Dans tous les cas, ceux qui enlevèrent Emile Gafirita ne partageaient pas ses doutes…

 

La justice française a donc été incapable de protéger ce témoin essentiel puisque ses ravisseurs ont été prévenus qu’il était depuis quelques semaines à Nairobi où il vivait clandestinement sous un nom d’emprunt dans l’attente de son départ pour la France.

Dans son livre « La France dans la terreur rwandaise » (Editions Duboiris, 2014, page 302), le journaliste Onana rapporte de graves propos tenus par le colonel Karegeya peu avant son assassinat:  » (…) tout ce que fait votre juge (Trévidic) se trouve dans les médias, même les noms des témoins qui peuvent ainsi être retournés par Kigali ou assassinés ».

Allons plus loin : certaines sources sud-africaines laisseraient entendre que des fonctionnaires de l’ambassade de France à Pretoria auraient oralement tenté de dissuader, fin novembre 2016, les autorités judiciaires sud-africaines d’accorder aux magistrats français les possibilités d’entraide judiciaire leur permettant d’interroger le général Nyamwaza.

Le 30 novembre 2016, interloquées par cette demande orale insolite, les autorités sud-africaines auraient alors demandé que cette requête soit formulée par écrit… ce qui aurait mis un terme à cette tentative d’entrave à la justice…et, les quatre « visas » des autorités judiciaires sud-africaines nécessaires à l’exécution de l’entraide judiciaire internationale furent accordés aux juges français mi-février 2017. Avant d’être bloqués à la fin du mois à la suite de la visite exceptionnelle faite en Afrique du Sud par le général Joseph Nzabamwita, Responsable des services nationaux de renseignement et de sécurité (NISS), envoyé du général Kagamé.

Dans une enquête très documentée parue dans le « UN », n°140 du 1° février 2017 sous le titre « Récit d’une manipulation », Pierre Péan explique comment, à partir de l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy et jusqu’au départ du juge Trévidic, un groupe comprenant diplomates, magistrats, politiques et hommes de l’ombre, groupe relayé par les réseaux pro-Kagamé français se serait ingénié à saboter l’enquête du juge Bruguière. Cet article n’a été relayé par aucun média français bien qu’il détaille de nombreux et très graves faits d’entrave à la justice.

Quoiqu’il en soit, loin des tumultes et des manipulations médiatiques, un dossier existe et, pour le régime de Kigali, ses avancées pourraient être dévastatrices. Voilà pourquoi ses amis ont reçu l’ordre d’allumer des contre-feux et voilà pourquoi, la presse française est actuellement et une nouvelle fois à la manœuvre.

 Que contient en effet le dossier des juges Herbaut et Poux ?

Les éléments qui figurent dans le dossier d’instruction pèsent plus lourd que les sous-entendus de M. de Saint-Exupéry :

 

1) Le dossier donne, entre autres, le lieu du tir des missiles, les noms des deux tireurs et des membres de leur escorte, la marque et la couleur des véhicules utilisés pour transporter les missiles depuis l’Ouganda jusqu’au casernement de l’APR situé au centre de Kigali et de là, jusqu’au lieu de tir à travers les lignes de l’armée rwandaise, ainsi que le déroulé de l’action.

 

2) Le dossier contient la preuve que l’avion présidentiel rwandais a été engagé par deux missiles dont la traçabilité a été établie. Grâce à la coopération judiciaire de la Russie, la justice française sait en effet que ces deux missiles dont les numéros de série étaient respectivement 04-87-04814 et 04-87-04835 faisaient partie d’un lot de 40 missiles SA-16 IGLA livrés à l’armée ougandaise quelques années auparavant. Or, Paul Kagamé et ses principaux adjoints furent officiers supérieurs dans l’armée ougandaise avant la guerre civile rwandaise et, de 1990 à 1994, l’Ouganda fut la base arrière, mais aussi l’arsenal du FPR. De plus, devant le TPIR, il fut amplement démontré que l’armée rwandaise ne disposait pas de tels missiles et que l’arme du crime était bien entre les mains du FPR.

D’autant plus qu’au mois d’août 2016, la MONUSCO a saisi en RDC un missile de type SA-16 de la même série que ceux qui furent tirés contre l’avion du président Habyarimana le 6 avril 1994. Or, ce missile avait appartenu à une milice soutenue par le Rwanda. Un rapport officiel de la MONUSCO a été transmis au siège de l’ONU à New-York qui visiblement tarde à le transmettre au juge français malgré les recommandations du rédacteur du rapport en question (Référence : Strictly Confidential. Goma, 20 septembre 2016).

 

En dépit de toutes les pressions qu’ils subissent et qui vont aller croissant, il faudra bien que, tôt ou tard, les juges fassent la balance entre les éléments que contient le dossier de l’assassinat du président Habyarimana. Or, comme les magistrats instructeurs auraient entre les mains suffisamment d’éléments pour étayer la thèse de la responsabilité du général Kagamé dans l’attentat du 6 avril 1994 qui coûta vie au président Habyarimana, attentat qui fut l’élément déclencheur du génocide, tout va in fine dépendre du Parquet chargé de porter l’accusation à l’audience.

 

Nous voilà donc revenus à la politique, donc aux réseaux d’influence que Kigali entretient en France et dont la mission est de tenter d’influencer la Justice pour que soit étouffé le dossier car, comme l’a dit Madame Carla Del Ponte qui succéda à Louise Arbour au poste de Procureur du TPIR : « S’il était avéré que c’est le FPR qui a abattu l’avion du président Habyarimana, c’est toute l’histoire du génocide du Rwanda qu’il faudrait re-écrire ».

Et de cela, les alliés, les soutiens et les obligés du général Kagamé ne veulent évidemment pas entendre parler.
Pour en savoir plus, voir le livre de Bernard Lugan :

Rwanda : un génocide en questions

Editions du Rocher, 2014, 286 pages, cahier de cartes en couleur.
[1] Expert assermenté devant le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda) dans les affaires Emmanuel Ndindabahizi (TPIR-2001-71-T), Théoneste Bagosora ( TPIR-98-41-T), Tharcisse Renzaho (TPIR-97-31-I), Protais Zigiranyirazo. (TPIR-2001-73-T), Innocent Sagahutu (TPIR-2000-56-T), Augustin Bizimungu (TPIR- 2000-56-T) et commissionné dans les affaires Edouard Karemera (TPIR-98-44 I) et J.C Bicamumpaka (TPIR-99-50-T).

[2] A l’exception du jugement de Jean Kambanda, ancien Premier ministre condamné en 1998, après qu’il eut plaidé coupable contre la promesse d’une peine réduite, procédure qui de facto lui avait fait accepter l’acte d’accusation du procureur. Depuis, il est revenu sur cette reconnaissance.

[3] Voir à ce sujet l’interview recueillie par Pierre Péan intitulée « J’ai assisté à la préparation de l’attentat qui a déclenché le génocide » (Marianne numéro du 28 mars au 3 avril 2014).

[4] Judi Rever « Witness in French inquiry into 1994 Rwanda plane crash disappears ». 20 novembre 2014 en ligne.

[5] Le 18 novembre 2014, le professeur belge Filip Reyntjens, juriste spécialiste du Rwanda et expert devant le TPIR, écrivit à M° Bernard Maingain, avocat belge des mêmes officiels rwandais mis en examen par le juge Bruguière : « Si vous avez communiqué le nom de M. Gafirita, qu’on ne verra probablement plus, à vos clients rwandais, vous devriez avoir honte et votre conscience devrait être lourde » (cité par Jeune Afrique, 9 décembre 2014).

( 29 juin, 2017 )

Pour Valeurs Actuelles, l’AGRIF mérite une seule ligne, et encore : cette ligne n’est ni faite ni à faire !

 

Communiqué de l’AGRIF

 

Dans le numéro de Valeurs Actuelles d’aujourd’hui, aux pages 20 et 21, on peut lire un article d’Amaury Brelet consacré au député France Insoumise Danièle Obono et à ses accointances avec le Parti des Indigènes de la Républiques d’Houria Bouteldja. En deux pages et six colonnes qui traitent abondamment de la pétition de soutien au morceau de rap et au livre « Nique la France ! » de Saïdou et Saïd Bouamama, puisque telle est l’origine du scandale, il est fait mention de l’AGRIF en une ligne ( !) alors qu’elle est au cœur de ces affaires depuis le début et qu’elle a été la seule à traîner devant les tribunaux Mme Bouteldja, malgré les rodomontades du Ministre de l’Intérieur de l’époque, Brice Hortefeux, qui n’a jamais fait en sorte que le Ministère public se saisisse de l’affaire du mot « souchien », ce qualificatif de haine raciste pure qu’Houria Bouteldja avait prononcé lors d’un débat télévisé. La seule encore à poursuivre Saïdou et Bouamama pour la vomissure « Nique la France ! » que la députée Obono, très proche du PIR, s’était empressée de défendre.

 

Une seule ligne pour évoquer vaguement la seule association qui ait eu l’honneur d’agir pour faire respecter la France et les Français, malgré les terribles obstacles qu’une magistrature gauchie allait lui opposer. Et si encore cette ligne était honnête, précise et neutre ! La voici : « A son côté [Ndr : il s’agit d’Obono], Rokhaya Diallo, Olivier Besancenot et Eva Joly exigeaient donc l’abandon des poursuites engagées par l’Agrif, une association identitaire » (c’est nous qui soulignons). De deux choses l’une : soit Amaury Brelet a un problème certain avec le sens des mots et la précision du vocabulaire et ignore donc que le terme « identitaire », au sens politique, recouvre une catégorie précise de mouvements (En France, Bloc Identitaire puis Les Identitaires et Génération Identitaire) qui ne peuvent en aucune façon être confondus avec l’AGRIF, tant au niveau de la doctrine que des modes d’action ; soit M. Brelet connaît le sens des mots et entretient volontairement l’amalgame, la confusion entre notre association et les mouvements identitaires en France. Il est pourtant bien simple d’aller sur le site de l’AGRIF et d’y lire son objet, ses buts, de les synthétiser avec un mot bien choisi, non ? Mais puisque l’AGRIF défend « l’identité française et chrétienne », c’est qu’elle doit être identitaire ! A ce titre, toute personne sensée et enracinée est un identitaire ! Est-ce bien sérieux ?

On pourrait nous objecter que l’adjectif « identitaire » peut avoir un sens plus large, plus général mais, employé dans ce contexte, la confusion est inévitable. D’autant qu’à l’époque du premier procès d’Houria Bouteldja, le Bloc identitaire avait osé mettre dans un article de son site « nous la ferons condamner ! », s’appropriant ainsi l’action en justice de l’AGRIF sans y être pour quoi que ce soit. Mais peut-être M. Brelet n’a-t-il pas creusé son enquête avec suffisamment de minutie pour être au courant de ces choses ?

Il y a donc simultanément dans cet article une minoration volontaire et franchement injuste du rôle de l’AGRIF et une classification lourdement erronée. Cela fait beaucoup. Au regard du temps passé, de l’énergie investie par nos militants, du soutien de nos adhérents, cela excède la mesure : loin de nous l’attente d’un peu de sympathie ou d’une présentation bienveillante, même de la part d’un journaliste dans un grand hebdomadaire de droite de plus en plus conspué par la gauche bien-pensante pour ses prises de position (identitaires ?), nous n’avons pas cette naïveté ! Nous attendons simplement le minimum de sérieux, d’objectivité, de rigueur et d’honnêteté. Puissions-nous ne pas avoir à attendre trop longtemps, surtout de la part d’un magazine qui est censé agir dans le même hémisphère politique que nous.

 

Pierre Henri, responsable communication de l’AGRIF
adhesion
Adhésion : 15 euros
de soutien : 30 euros
Bienfaiteur : 100 euros
Abonnement à La Griffe : 10 euros
70 Boulevard St Germain
75005 Paris


( 29 juin, 2017 )

François de Rugy président de la nouvelle Assemblée Nationale

 

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

 

En deux mots.jpgFrançois de Rugy est donc  devenu avant-hier président de la nouvelle Assemblée Nationale.

Personne ne doute qu’il fera un plus digne président que son prédécesseur, Claude Bartolone, réputé homme vulgaire, brutal, sans scrupules et sans manières. A l’hôtel de Lassay, dont la rumeur fait le plus bel appartement de Paris, où vécurent Edouard Herriot, Jacques Chaban-Delmas, Edgar Faure, Philippe Seguin et quelques autres plus obscurs, un peu d’allure sans-doute se reverra. Il n’y a pas lieu de s’en plaindre, même si l’on ne voit pas là l’essentiel.

Francois-de-Rugy-elu-President-de-l-Assemblee-nationale-Election-du-President-de-l-Assemblee-nationa_exact1024x768_l.jpgÀ propos de cette assemblée, François de Rugy a osé dire - et peut-être même s’y est-il senti obligé : « Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, nous avons été collectivement choisis par une minorité de Français ».

Ainsi cette « incomplétude de la démocratie » naguère signalée par Emmanuel Macron avant qu’il ne devînt président de la République, se trouve-t-elle aujourd’hui non pas créée – elle est de son essence – mais aggravée par le fait que désormais, elle s’exerce minoritairement. Car Emmanuel Macron, non plus, n’a pas été élu par une majorité de Français…

Il ne semble pas que ni l’exécutif, président en tête, ni le législatif, emportés par la vague jeuniste, la confiance en soi, la dynamique des succès, le concours sans défaillance des médias, l’attentisme pour l’heure encore bienveillant des Français, ne s’en émeuvent outre-mesure. Ils vont leur train, le veulent rapide, autoritaire et décidé.

Ils veulent opérer une reprise en mains de l’Etat ; ont recadré, c’est-à-dire, au fond, relativisé, le Parlement ; ils ambitionnent une certaine restauration de la fonction présidentielle, redevenue prééminente, et gouvernementale, subordonnée mais dite de plein exercice. Même si ce genre de vœu vit généralement ce que vivent les roses, ou plutôt moins, si les volontés s’émoussent assez vite, et si les mécanismes toujours renaissants du Système viennent inlassablement en ronger les ardeurs, même, en bref, si les velléités de cette espèce portent sous notre République,  la croix de mort de l’éphémère, qui s’en plaindrait légitimement ? Il suffit de les considérer sans illusion.

Reste l’autre essentiel : quelle sera la politique menée ? Et là encore, l’on ne sera pas dans la simplicité. Un jour Macron recevra Poutine à Versailles, royalement, semblera tenir tête à Trump, ira au Maroc, y tiendra, avec le roi des réunions d’amitié et de travail, fera prendre à la diplomatie française un virage assurément positif dans l’affaire syrienne … Et ce sera bien. Un autre jour, il voudra conduire l’Europe vers plus de fédéralisme, proposera une C.E.D. revisitée mais tout aussi illusoire, voudra légaliser la PMA, au mépris de la filiation, etc. Et ce sera mal.

Face à ce système, plus subtil que sous Sarkozy et Hollande, une opposition polémique, imprécatoire, marquée de radicalité, apparaîtra anachronique, inappropriée, inefficace. Notre opposition – qui perdure – ne vaudra que faite d’analyse, de réflexion et de rigueur. Les royalistes d’Action française, par tradition, en ont les moyens.

( 29 juin, 2017 )

PMA légalisée : l’atteinte à l’enfance

 

 

Hier, nous parlions écologie*. Aujourd’hui, nous sommes obligés de parler écologie humaine. Patatras ! Autant, je me sentais des affinités avec Nicolas Hulot, autant j’ai grand peur de me trouver en opposition radicale avec Emmanuel Macron à propos d’une nouvelle transgression majeure, celle qui concerne la PMA, la procréation médicalement assistée. Le candidat avait clairement affirmé son accord à une extension de la PMA pour les couples de femmes, tout en attendant l’avis que devait prononcer le Comité consultatif national d’éthique. Le comité s’étant prononcé hier et d’une façon favorable au projet d’extension, il y a tout à craindre d’un futur projet de loi. Sans doute, Emmanuel Macron avait-il aussi énoncé son souci de ne pas provoquer de nouvelles fractures nationales, comme pour le mariage homosexuel. On peut craindre néanmoins, sous l’influence des lobbies et des médias massivement acquis à une certaine conception des mœurs, d’entrer dans une autre bataille qui, à nouveau, divisera profondément le pays.

Bien sûr, on est obligé de partir d’un fait, celui du flottement généralisé des conceptions du monde, flottement que l’on est bien obligé de référer à la diffusion d’un nihilisme sournois. Il n’y a plus de convictions communes. On est donc obligé de se référer aux discussions de cette instance très particulière qu’est un comité d’éthique. Comité, dont les procédures sont assez proches de celles définies par Habermas, sans les lourdeurs propres aux rapports de force politiques. Encore faut-il, pour se mettre vraiment d’accord, pouvoir s’appuyer sur un minimum de perceptions communes. Force est de constater que ce minimum est plus que problématique. Et par ailleurs, le dernier mot appartient tout de même au politique qui tranchera, en accusant encore plus, sans doute, les incompatibilités.

On aura l’occasion de traiter amplement le sujet lui-même. Mais comment ne pas reconnaître que la transgression envisagée porte atteinte au cœur de la vie même, là où s’élabore le fruit sacré de l’amour humain. Cœur que la Providence a disposé avec la différence des sexes. On a beau dire que c’est par compassion que l’on veut permettre aux femmes en souffrances d’accéder à la maternité. Ce qui sera atteint, c’est la reconnaissance native, la plus délicate, celle que l’enfant perçoit simultanément dans le sourire de la mère et l’ombre protectrice du père.

Gérard Leclerc

*écologie.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 28 juin 2017 

 

( 28 juin, 2017 )

Les Américains s’installent en Syrie

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Depuis quelques semaines les Américains sont passés à la vitesse supérieure en Syrie.

Jusqu’au siège d’Alep et à son heureuse conclusion, leur présence était assez discrète. Des avions stationnés au Qatar ou en Turquie venaient bombarder des positions de l’Etat islamique autour de Raqqa, ou du Front al Nosra dans la Province d’Idlib. Des drones étaient envoyés pour éliminer quelques figures islamistes. Et des membres des forces spéciales étaient discrètement présents pour aider à la coordination de tout cela mais aussi pour encadrer leurs alliés kurdes et éviter toute attaque des Turcs.

Cependant le gros de l’effort se portait en Irak et la Russie semblait avoir les mains libres en Syrie.

Tout a changé avec le siège de Mossoul en Irak. De nombreux djihadistes ont alors fui vers l’ouest syrien pour rejoindre Der es Zor et ses environs, encore tenus par Daech. Un peu plus loin, toujours vers l’ouest, il y a Raqqa, capitale de l’Etat islamique.

L’Etat-major américain a alors décidé de lancer une offensive contre Raqqa. Sans mandat de l’ONU bien sûr (personne n’en a d’ailleurs) et sans l’accord de l’Etat syrien, contrairement aux Russes et aux Iraniens qui sont intervenus à sa demande. Mais quand on a la mission sacrée de défendre et promouvoir la démocratie universelle, on peut s’affranchir de bien des contraintes inutiles..

Les Kurdes ont été choisis pour être la chair à canon de l’histoire. Protégés, financés et armés par les Américains, ils n’ont guère le choix et, de toutes façons, cela vaut mieux que d’affronter l’armée turque qui voit d’un très mauvais oeil l’autonomie kurde s’organiser dans le nord de la Syrie.

Comme il n’y a aucun peuplement kurde dans la région de Raqqa, il faut tout de même des combattants arabes et la CIA a improvisé quelques unités issues des rangs rebelles. Les soi-disant modérés chers à nos médias !

La solde étant confortable et l’équipement de qualité, le recrutement a été facile, d’autant qu’après la victoire (certaine comme à Mossoul), il y a la perspective de se tailler un fief dans la région. Ce sera face à l’armée syrienne mais sous haute protection américaine et les Russes pourront difficilement se mettre en travers, sauf à provoquer une dangereuse escalade.

Bachar a bien tenté de réagir mais ses hommes et ses chars ont été tenus à distance par l’aviation américaine. Un avion syrien a même été abattu.

Parallèlement, les Américains ont pris une initiative plus audacieuse encore : construire une base dans le sud de la Syrie, près des frontières irakienne et jordanienne.

Elle s’appelle Al-Tanf et a été érigée dans une zone reprise à Daech. Ce ne fut d’ailleurs pas très compliqué, la zone étant assez désertique et le nombre de combattants islamistes plus que réduit.

Mais l’endroit n’a pas été choisi au hasard : il s’agit, sous couvert de lutte contre l’Etat islamique, d’empêcher la continuité d’un axe chiite partant de l’Iran, traversant l’Irak et la Syrie jusqu’au Sud-Liban, fief du Hezbollah chiite.

Cet axe chiite potentiel est le cauchemar des sunnites et d’Israël.

Rappelons qu’un des objectifs des sunnites dans cette guerre syrienne était la création d’un axe sunnite sud-nord qui passait nécessairement par la prise de contrôle de la Syrie. Si ce conflit aboutit au contraire à la mise en place d’un arc chiite est-ouest, l’humiliation est totale.

Quant à Israël, elle a évidemment intérêt au morcellement de son vieil ennemi syrien et à l’isolement du Hezbollah. C’est ce qui explique son appui, discret mais réel, à la rébellion islamiste depuis le début de la guerre.

Les Américains qui soutiennent indéfectiblement Israël et qui viennent de renforcer leur alliance avec l’Arabie Saoudite, semblent donc s’orienter vers une intervention directe pour empêcher cette continuité chiite Iran-Irak-Syrie-Sud-Liban. Personne en effet ne prendra le risque d’attaquer une base américaine.

C’était d’ailleurs bien la peine de renverser Saddam Hussein, ce sunnite au pouvoir dans un pays majoritairement chiite, mais passons…

Les Russes, pour l’instant, ne bougent pas et se contentent de protester. Poutine prend toujours son temps et ne réagit jamais à chaud, contrairement à son homologue américain.

L’affaire ne fait que commencer.

Antoine de Lacoste

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