( 26 mai, 2017 )

Le quinquennat d’Emmanuel Macron signera-t-il la fin de la parenté ?

Lu sur « ALETEIA ». Emmanuel Macron semble en effet vouloir détruire notre société par la destruction de la famille, en continuité des présidents précédents.

Les propos du nouveau président Emmanuel Macron, ainsi que ceux du porte-parole d’En Marche, Benjamin Griveaux, laissent présager une extension du droit à la PMA pour tous. Et avec, la remise en question des rôles essentiels du père et de la mère ?

 

 

L’élection d’Emmanuel Macron relance, quelques jours à peine après l’annonce de la formation du nouveau gouvernement, le débat sur l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes. Dans un tweet, le porte-parole d’En Marche !, Benjamin Griveaux, a assuré, mercredi 17 mai, lors de la journée nationale de lutte contre l’homophobie, que le gouvernement allait « ouvrir la PMA à toutes les femmes ».

De son côté, Emmanuel Macron n’avait pas caché au cours de sa campagne sa volonté d’étendre l’accès à la PMA à toutes les femmes, et ne plus la réserver aux seules « indications médicales », même s’il souhaitait au préalable « entendre les recommandations du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) », dont les membres ont tous été remplacés par François Hollande au cours de son quinquennat. Pas de surprise donc à attendre de ce côté là.

Quatre ans après le vote de la loi Taubira, et dans une parfaite continuité, se dessine la poursuite de la destruction programmée de la famille, de la filiation et de la parenté, que la suppression du ministère de la Famille risque d’accélérer encore.

Mais c’est d’abord par la volonté de fondre dans un seul « statut » des réalités distinctes — le couple parental et le couple homosexuel — qui risque d’accélérer le processus

La loi Taubira avait généré une confusion sur le statut du « parent », puisque la loi a mis sur un pied d’égalité la parenté d’intention et la parenté biologique, qui est celle de l’engendrement humain.

Or ces deux statuts sont distincts :

La parenté est le statut des parents qui sont à l’origine de la conception d’un enfant ; un enfant possède un père, une mère, c’est-à-dire ceux qui l’ont engendré.

La parentalité est le processus éducatif, qui peut s’appliquer éventuellement à des personnes extérieures à la filiation de l’enfant, mais qui s’impliquent dans son éducation, lorsque les parents sont défaillants.

Cette confusion entre parenté et parentalité est très grave, au regard de l’anthropologie, mais aussi au regard de l’intérêt de l’enfant. On ne ment pas à un enfant sur ses origines, on ne l’ampute pas d’une partie de sa filiation, sans le flouer d’un droit fondamental : celui de connaître ceux qui sont à l’origine de sa conception.

Or la loi Taubira a conduit à cet amalgame intenable, qui ne peut se faire qu’au détriment des enfants eux-mêmes. Ces mécanismes délétères semblent appelés à se poursuivre sous le quinquennant d’Emmanuel Macron.

Vers une disparition de la parenté ?

Aujourd’hui, le processus de recherche « d’égalité des droits » conduit nécessairement à la PMA, à savoir à la conception d’enfants délibérément privés de père (PMA) pour être rendus adoptables en France. C’est un détournement de l’adoption. Et à la gestation pour autrui (GPA), c’est-à-dire à la marchandisation de l’enfant, objet de contrat entre commanditaires et mère porteuse : cette pratique est d’ailleurs condamnable en soi, qu’il s’agisse de répondre à un désir d’enfant de couples homosexuels ou hétérosexuels.

Mais cette pratique est aujourd’hui à nouveau sur le devant de la scène, et certains ne cachent plus leur souhait de la voir légaliser.

À travers cela se posent des questions essentielles : allons-nous vers une disparition pure et simple de la parenté, c’est-à-dire la négation du rôle essentiel de la conception dans le développement de l’enfant ? La suppression de la reconnaissance du rôle essentiel du père et de la mère ?

Au delà de la rhétorique pour l’égalité des droits se profile l’avènement d’une nouvelle société, d’un « nouvel âge » en matière de parentalité, qui vise, non plus seulement à le mettre sur un pied d’égalité avec d’autres « formes de parenté », mais à éradiquer toute reconnaissance de l’engendrement humain.

Certains sociologues n’hésitent pas à l’affirmer purement et simplement : la filiation biologique ne serait pour les partisans de la PMA et de la GPA qu’un simple apport de gamètes, sans portée, sans conséquence pour l’enfant. Ce qui conduit Irène Théry, sociologue, tête pensante de la loi Taubira, à affirmer que « deux femmes sont les mères de leur enfant ».

La conception d’enfant hors sol, hors conjugalité, hors sexualité, conduit à ce type de dérives. Elle remet gravement en question la filiation humaine.

Les responsables politiques doivent se saisir de ces questions essentielles, car elles conditionnent l’avenir de notre humanité. La question la plus importante est celle-ci : quelle humanité voulons nous construire pour nos enfants ?

Il paraît nécessaire de ré-enraciner la filiation, comme il faut ré-enraciner la culture ; ces domaines sont inextricablement liés. Un pays qui se coupe de ses racines n’a pas d’avenir, comme un enfant qui, coupé de ses racines, ne peut grandir ni se tenir debout.

Cette voie là est la seule qui permette de construire une société véritablement durable.

( 25 mai, 2017 )

Prince Jean de France : « Être Libre pour agir en vue du bien commun »

 

A la suite de sa participation au colloque « Refonder le Bien Commun » organisé par le Cercle de Flore, le 13 mai dernier, le Prince Jean de France a fait paraître sur son site un texte de réflexion d’un grand intérêt que nous vous livrons ci-dessous :

La lorraine Royaliste

 

« Il y a quelques jours avait lieu à Paris un colloque sur le bien commun en politique. Je ne reviendrai pas sur sa définition qui fait de lui le bien du tout qu’est la société tout en contribuant au bien des parties, un peu comme le soleil qui donne sur un paysage un éclairage particulier en plus de réchauffer les personnes qui en font partie. Je souhaiterai en fait faire une digression sur l’un de ses piliers, la liberté ou plus concrètement son exercice.

De mon point de vue, la liberté ce n’est pas penser et faire ce que l’on veut. C’est un peu plus subtil que cette vision très individualiste. Je pense que la liberté consiste tout d’abord à voir le bien, ce que toute chose désire et qui la perfectionne. Ensuite une fois que ce bien a été vu, il faut le choisir, ce qui n’est pas chose aisée car nous sommes souvent mus par nos passions et nos travers qui nous entraînent de l’autre coté. Enfin une fois choisi, il faut le réaliser et ne pas s’arrêter en chemin.

Ces deux définitions étant posées, celle de la fin que recherche la société et celle de sa condition importante, il s’agit maintenant de réaliser ce bien. Certes nous vivons dans un monde imparfait, mais lors d’un entretien donné il y a quelques années avant la sortie de mon livre « Un Prince Français » j’exprimais le fait qu’il fallait laisser respirer les français. Force est de constater, quasiment une décennie après, qu’il est de plus en plus difficile dans l’espace public et privé de notre pays d’exercer cette liberté en vue du bien commun : liberté de disposer de ses biens, liberté d’entreprendre, liberté d’exprimer ses idées, liberté de choisir une bonne éducation pour ses enfants, liberté de défendre la vie, liberté de vivre sa foi. Tout ce qui, en fait, permet une certaine indépendance aux personnes qui composent la société et qui contribue à leur bien et à celui de la société.

 

Prince Jean de France : « Être Libre pour agir en vue du bien commun » dans Princes serveimage

 

A cela s’ajoute une tendance à ne plus débattre sur le fond mais à systématiquement attaquer la personne, son physique, son entourage et je ne sais quoi d’autre. Bien que parfois cela n’apparaisse pas de façon aussi marquée, j’ai quand même l’impression que c’est en train de passer dans les mœurs. Malheureusement, le vingtième siècle l’a montré plusieurs fois, le totalitarisme n’est jamais très loin. » 

Jean de France, Duc de Vendôme
Domaine Royal le 22 mai 2017
( 24 mai, 2017 )

Un éleveur tué par deux gendarmes, pas de quoi perturber « ceux d’en haut » !

 

 

Lu sur« Boulevard Voltaire ». En avez-vous entendu parlé dans vos médias ? Non. Ceci montre à quel point la « grande presse » fait essentiellement de la « propagande » !

 

L’éleveur ne supportait plus les contrôles qui altéraient son métier.

 

– Ce samedi 20 mai, Jérôme Laronze a été tué par deux gendarmes. Cet éleveur bovin de 37 ans, originaire de Trivy, commune de Saône-et-Loire, était un agriculteur atypique, cultivé et intelligent. Mais il était surtout un homme poussé à bout qui ne s’était jamais relevé d’un incident survenu le 6 juin 2016. Il avait confié au Journal de Saône et Loire : « Ce jour-là des fonctionnaires de la direction départementale de la protection des populations procédaient à une identification de mes bovins dans leurs pâtures. Mais les bêtes paniquent et une vingtaine d’entre elles se précipitent dans un ruisseau. Cinq n’y survivront pas. Plus tard, on m’a demandé de ne rien dire concernant ces bêtes pour que mon dossier soit régularisé. »

Voilà comment il expliquait ses griefs face à une administration tatillonne et persécutrice. Griefs qui, pour lui, touchaient toute sa profession :

« Mon cas est anecdotique, mais il illustre l’ultra-réglementation qui conduit à une destruction des paysans. Les dossiers de la politique agricole commune sont devenus tellement compliqués que les paysans payent des gens pour faire leurs déclarations. Ils perdent ainsi la main sur leurs propres exploitations. »

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Quelques lignes plus loin, il n’hésitait pas à nommer les responsables : « L’hyper-administration n’apporte rien aux agriculteurs, sinon de l’humiliation et des brimades. Cela ne rapporte qu’aux marchands et aux intermédiaires. » Il était patent que l’éleveur ne supportait plus les contrôles qui altéraient son métier.

– Ce samedi 20 mai se déroulait, à Cannes, la montée des marches pour l’équipe du film 120 battements par minute. Pour l’occasion, les acteurs et le réalisateur sortant de leur Rolls s’exhibaient en smoking, les comédiennes parfaitement maquillées exposaient aux paparazzis massés en grappe leurs corps harmonieux moulés dans des robes de grands couturiers. Canal+ et les autres télés étaient là elles aussi, là où il fallait être, là où séjournerait durant quinze jours l’actualité.

Pendant ce temps, dans la Saône-et-Loire profonde, un homme fuyait. Jérôme avait laissé sa maison proprette aux volets bleus pour prendre le maquis à bord de sa vieille voiture. Il avait foncé neuf jours plus tôt avec son tracteur sur les gendarmes lors du énième contrôle de son exploitation. Hélas, ce 20 mai il n’y avait pas de tapis rouge sur le sentier et les deux gendarmes face à lui ne formaient pas de haie d’honneur comme à Cannes mais requéraient son arrestation. Que s’est-il passé ? L’enquête nous le dira mais, coincés sur le chemin, les militaires, voyant débouler la voiture, ont fait feu.

Selon Le Parisien, la balle tirée vers le véhicule a ricoché et sectionné une artère, provoquant une hémorragie fatale. Le SAMU n’a pu ranimer le trentenaire.

Un homme de la terre est mort, un homme qui ne mobilisera aucun artiste comme Adama Traoré, un homme qui n’enflammera pas les rues de Trivy ni n’entraînera d’attaque de la gendarmerie.

Pendant ce temps, le réalisateur Robin Campillo, le comédien Nahuel Pérez Biscayart et l’actrice Adèle Haenel gravissaient tout sourire les marches du Palais des Festivals. Symboles du politiquement correct, ils représentaient un film sur le combat des militants d’Act Up Paris face au SIDA. Un film encensé par les critiques bien-pensantes.

Quelle confrontation, ce dualisme entre une « œuvre » médiatisée à outrance conçue pour « ceux d’en haut » et un drame des campagnes, dont le journal de 12 h 30 de FR3 n’a même pas daigné parler. Il faut dire que le sort de « ceux d’en bas » n’attire pas le feu des sunlights.

Jérôme, c’est le drame d’un « cul terreux », pas de quoi faire un bon sujet de long métrage.

Ancien officier de Gendarmerie
Diplômé de criminologie et de criminalistique
( 24 mai, 2017 )

La Roumanie dit non au mariage homosexuel : et si le salut venait des pays de l’Est ?

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Les pays de l’Est sont les premiers à manifester une véritable résistance aux diktats de Bruxelles.

 

La semaine dernière, le Parlement roumain a voté à une majorité écrasante la définition constitutionnelle du mariage comme étant celui d’un homme et d’une femme.

Acte peu conforme à l’idéologie qui prévaut à Bruxelles !

Mais quel est donc ce vent de révolte qui souffle chez les pays de l’ancien bloc soviétique ?

La Pologne et la Hongrie ont déjà manifesté leur attachement aux valeurs traditionnelles de la famille et refusé de se mettre à l’heure des idéologies LGBT.

Et ce n’est pas tout !

Plusieurs de ces pays de l’Est que sont la Slovaquie, la République tchèque, la Hongrie et la Pologne s’unissent au sein du groupe de Visegrád pour rejeter la politique migratoire imposée par l’Union européenne au nom de la bonne vieille souveraineté des États.

Quelle ingratitude vis-à-vis des concepteurs de l’Union européenne qui, en les accueillant généreusement, leur promettaient prospérité économique et avenir meilleur !

Paris, Berlin, Bruxelles, Londres, ces grands centres comptaient pourtant débarrasser leurs petits élèves du vieil homme et leur faire faire leur mue. Éradication des frontières, suppression des racines et du modèle familial unique ; exit les valeurs traditionnelles, place à la religion européiste et mondialiste des droits de l’homme et des LGBT ; c’était ça, le programme !

Et voilà qu’à présent, ces mauvais élèves de l’Union européenne font preuve d’insoumission ! Qu’à cela ne tienne : menaces de sanctions économiques, nomination d’experts « mouchards », chantage à la privation du droit de vote au Conseil de l’Europe finiront bien par étouffer les voix de ces « périphéries » récalcitrantes !

Martin Schulz en personne, l’ancien président du Parlement européen, a même été jusqu’à supplier les États trop populistes de ne plus organiser de référendums au prétexte que « les gens votent sur n’importe quoi ».

Cette fracture idéologique entre les membres de l’Union européenne est une parfaite illustration de ce phénomène de désamour entre le peuple et les élites que nous connaissons en France. Les pays de l’Est sont les premiers à manifester une véritable résistance aux diktats de Bruxelles.

Forts de leur expérience passée, ils ne paraissent guère enclins à passer d’une dictature idéologique à une autre.

( 24 mai, 2017 )

Un ancien ministre algérien prédit l’effondrement de l’Algérie en 2019 : de grands risques pour la France

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Par Ziad Alami 

C’est une analyse importante de la situation algérienne que nous mettons ici en ligne. Nous y adjoindrons un commentaire limité au nécessaire. Cet article publié hier 23.05 sur le journal marocain en ligne Le360 se nourrit des analyses d’un ancien ministre algérien en charge du Trésor qui redoute le pire pour son pays sous deux ans. L’ensemble est donc vu du Maghreb, notamment du Maroc qui a toute raison de s’inquiéter d’un éventuel chaos chez son grand voisin. Mais une telle situation ferait courir aussi de grands risques à la France. Lafautearousseau les a signalés de longue date et à plusieurs reprises. Autour de 1956, le chef du gouvernent de l’époque, le socialiste Guy Mollet, affirmait que l’Algérie était indissolublement liée à la France. Cette dernière y était alors souveraine, ce qui n’est plus. La situation s’est inversée mais, en un sens qui nous est devenu défavorable. La France, volens nolens, reste liée à l’Algérie, non seulement par le voisinage méditerranéen, mais aussi par la présence sur son sol de millions de résidents d’origine algérienne.  Et, parmi eux, un certain nombre constitutifs de lourdes menaces. Un chaos algérien signifierait une nouvelle vague migratoire massive,  sans compter les risques de transposition du chaos algérien en territoire français.  Pour la France l’enjeu est d’une importance majeure et ce serait à Emmanuel Macron, s’il en est capable, de faire face à la situation.  LFAR

Une nouvelle sinistre prédiction de l’effondrement du régime algérien à l’horizon 2019, établie cette fois par l’ancien ministre au Trésor, Ali Benouari. Il explique comment le président Bouteflika a réuni tous les ingrédients d’un chaos total en Algérie.

« Attention à ce qui se passe en Algérie ! Ce grand pays, le plus grand d’Afrique et du monde arabe, est menacé d’effondrement, dans l’indifférence générale ». L’alerte n’émane pas cette fois d’une quelconque « partie ennemie », elle n’est donc pas l’oeuvre d’un « complot extérieur », comme le régime de Bouteflika a tendance à le claironner à chaque mise en garde internationale contre le scénario de chute de ce régime rentier, grabataire et en rupture de ban. Non, l’avertissement provient de l’intérieur de l’Algérie, précisément de l’ancien ministre algérien au Trésor, Ali Benouari. Dans une tribune libre publiée sur le site algérien CNP News (Clair, Net et Précis), il détaille les uns après les autres les syndromes d’une faillite inévitable. « Cela ne se voit pas encore, mais tel un meuble mité, il (le pays) est rongé de l’intérieur », diagnostique-t-il, mettant le doigt à la plaie. L’Algérie est « mitée par une gestion désastreuse qui n’a jamais fait l’objet de la moindre autocritique, en cinq décennies de gestion populiste, nourries par la rente pétrolière », assène-t-il.

A défaut de travail d’auto remise en question, il va donc incomber à d’autres de le faire à la place du régime. Ali Benouari, ancien argentier sous le gouvernement Ahmed Ghozali (91-92), en fait partie. Dans sa tribune libre, il va droit au but et pointe l’index vers  le régime et précisément « l’artisan en chef du Système politique algérien à l’Indépendance », en l’occurence Abdelaziz Bouteflika, qui « a fini par l’incarner totalement à partir de 1991 ». « Son triomphe total aura été paradoxalement l’accélérateur de la débâcle d’un système qui a réussi à diviser les Algériens, détruit le rêve d’une union des peuples nord-africains et compromis la stabilité et l’avenir de la région », pointe Ali Benouari. Elevant la servilité au rang de critère absolu pour accéder aux hautes fonctions, au détriment de la méritocratie, « l’actuel pouvoir a poussé à l’exil des centaines de milliers de cadres et perdu une occasion unique de rattraper les retards accumulés dans tous les domaines », relève M. Benouari, lui-même amené à chercher une autre nationalité, en l’occurence la nationalité suisse, à défaut d’opportunités dans le cadre d’un régime incroyablement méprisant envers les compétences nationales algériennes. « Le refus obstiné (du régime) de voir l’Algérie telle qu’elle est, dans un monde qui a profondément évolué, l’a conduit à refuser d’introduire la moindre réforme à un système de gouvernance aussi inefficace que dangereux », relève-t-il encore. Avant de larguer cette bombe à fragmentation : « Il est quasiment certain qu’en 2019, au terme de son quatrième mandat, le pays sera passé à côté de quelque chose de géant : une manne de près de 1000 milliards de dollars engrangés en 20 ans, fruits de ressources non renouvelables. Qui aurait suffi à financer les besoins en développement de tout le continent africain » !

Vous avez bien lu : une manne de 1000 milliards qui aurait suffi à financer les besoins en développement de tout le continent africain !

Circulez, rentrez, il n’y rien à voir. Cette manne « céleste » aura plutôt servi à  » créer les conditions d’un chaos indescriptible, au lieu de servir à remettre (rien que) le pays sur les rails grâce à des réformes hardies que personne n’aurait pu contester » !, indique l’ancien Trésorier de l’Algérie, la mort dans l’âme. Pire encore, « les énormes besoins sociaux, dopés par la rente pétrolière et une démographie galopante (un accroissement de plus de 20 millions d’habitants au cours de la période 1999-2019) ne pourront plus être couverts par suite de la dissipation de la rente pétrolière », observe-t-il. Et d’enfoncer encore ce clou : « Le pays ne produit presque rien. Il survit grâce aux importations » ! Rien donc hors des hydrocarbures (98% des exportations), alors que le reste, soit les 2% restants, sont aussi un don de la Nature, en l’occurrence les minerais dont regorge l’Algérie !

Ce qui risque de se passer à l’horizon de 2019

L’ancien Trésorier de l’Algérie étaie ses prévisions par des arguments chiffrés. « Le déficit de la balance des paiements atteindra des sommets en 2019, de même que le chômage et l’inflation. Son ampleur exposera le pays à une crise de la dette analogue sinon plus grave que celle qui a résulté de la crise pétrolière de 1986-1987. Il tourne à 30 à 35 Milliards de dollars par an depuis trois ans », chiffre-t-il. « Le déficit budgétaire dépasse déjà 15% du PIB et restera au moins aussi important qu’aujourd’hui. Il ne peut plus être couvert par les recettes fiscales accumulées au titre du Fonds de régulation de recettes, qui sont déjà épuisées », prévient-il. Une prévision qui, qu’à Dieu ne plaise, entraînera des conséquences désastreuses. « Ce déficit empêchera, s’il n’était résorbé d’une manière ou d’une autre, de payer les fonctionnaires, d’assurer les services publics et maintenir les subventions aux catégories sociales les plus vulnérables ». «En 2019, ces déficits ramèneront les avoirs extérieurs du pays à zéro. Ce scénario n’a rien d’exagéré, le pays l’ayant déjà vécu ».

Il en ressort qu’à l’issue du quatrième mandat du président Bouteflika, l’Etat algérien, ou ce qu’il en reste, n’aura même pas de quoi payer les salaires de ses fonctionnaires, à plus forte raison « acheter la paix sociale » via la subvention tout azimut des besoins de la majorité des citoyens habitués à la rente.

Une éventualité qui risque de sonner le glas définitivement du régime algérien, qui ne doit sa « survie » qu’à l’ « achat de cette paix sociale ». Le spectre du début des années 90 et donc de la guerre civile, avec son long cortège funèbre (250. 000 morts), risque ainsi de se reproduire. « A mon arrivée au gouvernement en 1992, les caisses étaient vides et la banque centrale ne pouvait plus dénouer les opérations de swaps sur or (c’est-à-dire racheter l’or vendu au comptant) effectuées l’année précédente. Il manquait, pour ce faire, 1,5 milliards de dollars. Autant dire que les réserves de change étaient négatives ! », rappelle Ali Benouari. « Cette situation nous avait conduits à mobiliser tout l’appareil de l’Etat dans une gigantesque opération de mendicité internationale dont les seuls résultats étaient de nous maintenir dans le même état de précarité financière mais avec des abandons progressifs de souveraineté et un enlisement progressif du pays dans la guerre civile ».

Voilà, le mot est lâché : la « guerre civile » risque de se reproduire au bout du quatrième mandat de Bouteflika. Autant que le spectre d’un « rééchelonnement en bonne et due forme qui fût décidé en 1994, permettant de reporter sur 15 ans les échéances de la dette qui absorbaient la quasi-totalité de nos recettes extérieures ». « Le risque est donc sérieux de se retrouver de nouveau dans la situation de ne pas pouvoir couvrir les besoins du pays en nourriture, biens d’équipements et matières premières pour maintenir l’économie en état de fonctionnement minimal », prévient encore Ali Benouari. Une prévision confirmée par les rapports internationaux mais que le régime de Bouteflika, qui fait de la fuite en avant une  » politique d’Etat  » !, ne veut pas regarder en face.

( 23 mai, 2017 )

Lettre aux candidats aux élections législatives 2017. Département des Vosges.

 

Nous mettons bien volontiers en ligne cette lettre ouverte du Collectif Vosges Horizon Durable que nous approuvons totalement dans sa lutte contre les éoliennes

 

Madame, Monsieur,

Le département des Vosges est un pays vallonné et accidenté avec des territoires ruraux à l’habitat dispersé qui ne ressemblent en rien à certaines plaines de France plus ventées qui s’équipent à grande allure d’aérogénérateurs. Ainsi, le relief, les forêts, l’habitat dispersé, la faiblesse et l’irrégularité du vent constituent des facteurs locaux défavorables au développement de l’éolien industriel dans ce département.

En revanche, les Vosges possèdent de sérieux atouts en matière de développement durable. Un réel potentiel existe dans la filière bois énergie, la biomasse, la remise à niveau du micro hydraulique, un véritable programme d’économie d’énergie et d’amélioration de l’isolation du bâti existant…Ces pistes de développement paraissent mieux adaptées à ce département.

Il est important de protéger les paysages et le  cadre de vie des Vosges qui possèdent un atout touristique et économique essentiel. Les Vosges sont un territoire de tourisme de longue date, avec une clientèle à la recherche de quiétude et d’authenticité, contrepoids indispensable à la vie citadine. Cette activité touristique constitue aujourd’hui une ressource économique indispensable à ses petites villes et à ses villages qui ont vu ou voient leurs activités industrielles traditionnelles disparaître progressivement. Dans cette conjoncture morose, les Vosges constituent aujourd’hui un territoire de tourisme très dynamique avec de petites exploitations en plein essor (camping rural, gîte, chambre d’hôte, ferme auberge, hôtel…). Les Vosges disposent en outre de la plus grande superficie de forêts domaniales de France avec une très grande biodiversité, une flore et une faune particulièrement riches. Aussi, la nature doit absolument y être respectée et protégée au même titre que celle des hauts lieux emblématiques.

Pourtant, les Vosges sont désormais l’objet de nombreuses sollicitations de promoteurs éoliens industriels. Aussi, les projets « fleurissent » un peu partout et menacent directement l’identité forte du territoire vosgien.

Le Collectif Vosges Horizon Durable, attaché à la qualité de vie en milieu rural, à son environnement, à sa situation économique et paysagère, souhaite attirer votre attention sur l’envahissement anarchique des parcs éoliens, fondé sur de fausses données environnementales à des fins purement idéologiques et mercantiles.

Le Collectif Vosges Horizon Durable vous fait part de toute son inquiétude et use de son devoir d’alerte à la veille des élections législatives.

 

L’invasion de nos paysages français par ces machines géantes au bénéfice de lobbies financiers ou politiques est un véritable non sens écologique, technique, économique et social.

L’éolien industriel est basé sur un mécanisme financier de transfert de fonds publics vers des entreprises privées en l’absence quasi-totale de contrôle : un système qui permet actuellement une spéculation effrénée.

L’éolien a un effet insignifiant sur la diminution des émissions de CO2 en raison du recours aux centrales thermiques nécessaires pour compenser l’inexorable intermittence de l’énergie éolienne. En outre, il oblige le financement de nouveaux moyens de régulation et un important renforcement du réseau électrique européen dont il est prouvé que l’équilibre est menacé par les aléas de l’énergie éolienne. La construction de ces nouvelles lignes à haute tension annonce aussi une insupportable agression supplémentaire de l’environnement. Il engouffre des fonds publics colossaux pour maintenir un marché artificiel lui permettant d’exister bien que techniquement non rentable depuis plusieurs décennies.

Plus révoltant, les excès de ce marché artificiel érigent de véritables fortunes privées financées par les populations sans  qu’elles bénéficient en retour de réelles améliorations écologiques, bien au contraire. Il ruine lourdement le patrimoine naturel et culturel commun que sont les paysages ruraux et nos édifices historiques. Il dévalorise les biens privés, les habitations fruits de toute une vie de travail pour nos compatriotes. Enfin, il dégrade considérablement la qualité de vie des riverains jusqu’à altérer la santé de nombreux d’entre eux.

 

C’est pourquoi, le Collectif demande un moratoire sur l’éolien.

Mais aussi:

Ø      la suspension des subventions et des aides jugées excessives par la Commission de Régulation de l’Energie et le rachat du Kilowatt éolien au prix du marché,

Ø      l’abandon du permis unique pour les éoliennes qui sous prétexte de simplification administrative vise à museler toute opposition aux projets éoliens ;

Ø      la révision du Schéma Régional Eolien de la Lorraine (SRE) annulé par le Tribunal Administratif de Nancy avec confirmation de cette annulation par la Cour d’Appel de Nancy. Il s’agit d’établir un véritable schéma en concertation et en liaison directe avec les communes concernées ;

Ø      l’obligation de respecter :

  • une distance éoliennes/habitations au minimum de 1500 mètres conformément aux préconisations de l’académie de médecine et à l’application du principe de précaution ;
  • l’interdiction d’implantation d’éoliennes forêt afin de réduire les nuisances paysagères et sonores dans les espaces naturels et de limiter l’artificialisation des sols ;
  • la nécessité pour les Maires d’informer et de consulter la population lors du développement de tout projet éolien dés la phase initiale
  • la réalisation des études d’impact par des experts indépendants avec un volet « acceptation de la population » et un volet « infrasons ».

 

Compte tenu de ces éléments, le Collectif Vosges Horizon Durable vous demande de bien vouloir clairement vous positionner sur le dossier de l’éolien industriel.

 

Dans cette attente, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de notre respectueuse considération.

Le 22 mai 2017

Signé : Le Collectif Vosges Horizon Durable

( 23 mai, 2017 )

Les « terroristes » de 89 sont toujours là… A la fête de Jeanne d’Arc à Paris et Marseille, par exemple …

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Mur-bleu gds.jpgLa Révolution a été faite par la violence et la Terreur. Elle est née dans elle, par elle, et seulement grâce à elle. Ainsi, bien sûr, que la République dont elle a accouché. Même Emmanuel Macron, alors ministre, l’avait affirmé, reconnaissant avec raison que le peuple français n’avait pas voulu la mort du Roi…

Et, si Lénine parlait – en un autre domaine – de « maladie infantile du communisme », on peut parler, à propos de Révolution et de Républiques, de leur maladie congénitale, en rappelant ce mot si juste de Gustave Thibon faisant remarquer le lien – génétique, pourrait-on dire – entre « le chaos explosif des révolutionnaires » et « le chaos figé des conservateurs du désordre ». La République, devenue le régime de la France, puis maintenant un véritable Système, emploie alternativement, en fonction de la situation et de ses besoins, l’une ou l’autre forme de ce « chaos ». Qu’elle est. Aucun nuage ne se présente-il à l’horizon ? Elle offre le spectacle rassurant d’un régime calme et normal, cachant soigneusement l’immense fleuve de sang d’où elle est sortie. Des oppositions, des dangers surgissent-ils ? Les descendants des sectionnaires de Robespierre sont toujours là car, c’est bien connu, « la république gouverne mal mais se défend bien » …

A Paris et à Marseille, on a pu voir, à l’occasion de cette dernière Fête de Jeanne d’Arc, que la violence terroriste des héritiers de la Révolution et de sa République était loin d’avoir disparu, bien au contraire.

A Paris, à la fin du colloque du Cercle de Flore du samedi 13 mai, auquel le Prince Jean de France participait, un groupe d’une cinquantaine de terroristes a surgi, soudain, pensant probablement disperser le colloque, ou quelque chose dans ce genre. Les militants royalistes les ont promptement fait déguerpir, par un usage approprié de la force, mise au service de la raison

A Marseille, le jeudi 18, en fin d’après-midi, autre scénario : le dépôt de gerbe et l’allocution prononcée au pied de la statue de Jeanne d’Arc des Réformés (en haut de la Canebière) ne fut perturbé que par des cris haineux d’une vingtaine de terroristes, auxquels il fut décidé de ne même pas répondre – comme à Paris – en les forçant à se taire.

Il n’en demeure pas moins que ces deux événements nous permettent de renvoyer à ceux qui aiment la manier – en la « retournant » à leur intention – la fameuse phrase : il est encore fécond, le ventre d’où est sorti la bête immonde !

La bête immonde, c’est le Terrorisme, né en France avec et par la Révolution, qui a causé le génocide vendéen, le premier des temps modernes, et la mort d’environ six cent mille Français. Un terrorisme qui s’est survécu au fil des décennies, avec une Louise Michel, et la mise à feu de Paris pendant la Commune ; avec la sinistre Epuration de 44-45, et l’assassinat de milliers de Français…

L’amusant – si l’on peut employer ce mot, ici – c’est que le terrorisme est pratiqué par des groupuscules qui s’auto nomment « antifascistes », alors qu’ils ne sont que de « prétendus » antifascistes : les fascistes, ce sont bien eux, ceux qui veulent interdire l’expression de toute autre idée que la leur, et ne faire régner qu’une loi, la leur ; qu’un parti, le leur. Et qui sont les frères, les fils et filles de tous les fascismes et terrorismes venus des origines terroristes de la République, le fascisme rouge du marxisme offrant d’ailleurs de curieuses similitudes avec le fascisme vert de Daech, qui, comme la Révolution, fait commencer l’Histoire avec son apparition, et cherche à détruire autant qu’il peut tout ce qui l’a précédé…

( 22 mai, 2017 )

Le prince Jean de France a fêté le 19 Mai son 52ème anniversaire

 

tiré du blog « la couronne »

 

Le vendredi 19 mai 2017 , S. A. R. le prince Jean de France, duc de Vendôme, célèbre son cinquante-deuxième anniversaire. Le prince Jean de France est le fils du chef de la Maison Royale de France, Monseigneur le comte de Paris et de Son Altesse Royale la princesse Marie-Thérèse d’Orléans, duchesse de Montpensier. Descendant direct des Rois Saint Louis, Henri IV, Louis XIII et bien sur du Roi Louis-Philippe, le prince descend également par sa mère du roi Charles X et de son fils le duc de Berry.

Héritier des quarante rois qui ont fait la France, le prince Jean, assume pleinement la tradition de dévouement de sa famille au service de la France et des Français d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Il se définit comme prince chrétien et prince français. À Amboise, en 1987, année de la célébration du millénaire capétien, le Prince Jean a été titré duc de Vendôme par son grand-père, le comte de Paris.

Nous souhaitons donc un très Joyeux Anniversaire

à S. A. R. le prince Jean de France, duc de Vendôme.

( 19 mai, 2017 )

Un gouvernement bien franc-macronniquement équilibré pour une mauvaise politique

 

Bernard Antony communique:
 
La constitution du gouvernement Edouard Philippe dont la liste a été donnée ne surprend pas. Elle est sans doute un bon dosage de représentants des intérêts et des tendances fédérées dans la même utopie constructiviste eurocratique.
Les références à des sensibilités d’origine dites de droite, de gauche ou du centre n’y signifient strictement rien.
Notons d’abord que « la secrète religion de la République » qu’ont invoquée à peu près tous les derniers chefs de l’État et ministres de l’Intérieur y sera bien respectée. Deux titulaires de ministères régaliens, Gérard Collomb et Jean-Yves Le Drian sont de hauts gradés au sein du Grand-Orient de France.
Mais François Bayrou désormais Garde des Sceaux n’est pas moins le tenant fanatique d’un ultra-laïcisme intégral. Il rappelle à l’occasion que s’il va à la messe, c’est à titre strictement personnel ; que la religion doit être absolument reléguée dans la sphère privée, que rien ne doit interférer de la morale religieuse dans l’esprit des lois. Ce qui est, on le sait, la position du Grand-Orient de France et des autres obédiences laïcistes.
On se souvient qu’il avait été le seul homme politique à fulminer de la rage contre le fait que les cloches de France aient sonné le glas à la mort de Jean-Paul II.
L’idéologue ultra-laïciste Bayrou est ainsi à l’opposé de l’enseignement de l’Évangile fondateur de la laïcité fondée sur le respect de ce qu’il faut rendre à Dieu et de ce qu’il faut rendre à César. Comme si les lois des Républiques pouvaient bafouer la loi morale naturelle et universelle du Décalogue.
Or, ce personnage professe par ailleurs une grande et sourcilleuse admiration pour l’islam qu’il persiste à ne désigner que comme une religion alors qu’il s’agit d’une théocratie totalitaire dans laquelle n’existe pas la distinction entre ce qu’il faut rendre à Dieu et ce qu’il faut rendre à César.
Bayrou, Garde des Sceaux, cela n’augure donc vraiment rien de bon. D’autant que l’on a gardé de son passage au ministère de l’Éducation Nationale sa totale soumission aux desiderata des syndicats.
On n’attendra guère mieux à la Culture de la franco-belge Françoise Nyssen, formatée elle aussi par le chaudron maçonnique de l’Université Libre de Bruxelles et adepte  des tenues blanches au Grand-Orient. Militante active en faveur de l’euthanasie. Il est à craindre que cette ministre de la Culture ne soit pas un rempart contre la culture de mort.
L’Institut du Pays Libre suivra donc attentivement la politique du gouvernement Macronique d’Édouard Philippe. Dans la cohérence de notre doctrine de droite de conviction pour l’heure encore trop peu défendue, et représentée.
( 19 mai, 2017 )

Entre effondrement du prix du cacao et mutineries militaires, le « miracle » ivoirien ressemble de plus en plus à un mirage

 

Communiqué de Bernard Lugan, le grand spécialiste de l’Afrique. Lisez son mensuel par internet : L’AFRIQUE REELLE : contact@bernard-lugan.com

 

En Côte d’Ivoire, à l’effondrement du prix de la noix de cacao, vient de s’ajouter une nouvelle mutinerie militaire, la seconde depuis le début de l’année. Le plus grave pour le régime est que ce mouvement émane de ceux qui portèrent le président Ouattara au pouvoir.

 Retour en arrière : début janvier 2017, une première mutinerie affecta le noyau dur des fidèles du président, ceux qui avaient combattu pour le hisser au pouvoir et qui, en récompense, avaient été intégrés à l’armée nationale. Ne se satisfaisant pas de ces « embauches », les mutins exigeaient non seulement le versement de primes, mais encore l’équivalent de 7500 euros… plus une maison. Des prétentions insensées dans un pays où la moitié de la population survit avec un euro par jour. Et pourtant, paniqué et impuissant, le gouvernement céda immédiatement à ces demandes exorbitantes. Or, loin d’apaiser la situation, cette capitulation provoqua une réaction en chaîne de la part de tous les « corps habillés », à savoir les policiers, les gendarmes, les douaniers et les pompiers.

 Respectant sa promesse, le gouvernement versa 5 millions de francs CFA, soit 7620 euros à chacun des 8400 hommes concernés, le reste devant l’être en plusieurs termes. Or, les responsables de la mutinerie du mois de janvier négocièrent avec le gouvernement dans le dos de leurs mandants et, à l’issue d’un marchandage complexe, ils renoncèrent officiellement au versement du reste des sommes promises, à savoir environ 7 millions de francs CFA par mutin. La « base » n’ayant pas accepté ce geste « patriotique », elle a accusé ses leaders d’avoir été achetés…Voilà pourquoi, le 12 mai, une nouvelle mutinerie a éclaté à Bouaké, puis à Abidjan. Une mutinerie d’hommes de base livrés à leur bon vouloir et n’ayant plus de cadres pour les contrôler…

 Pour encore compliquer l’affaire, ceux des « anciens combattants » ayant porté Alasssane Ouattara au pouvoir et qui n’ont pas été intégrés dans l’armée, réclament eux aussi ce qu’ils estiment être leur dû. Or, en raison de l’effondrement du prix de la noix de cacao, les caisses de l’Etat sont vides.

 Le président Ouattara se trouve donc face à un choix douloureux :

1) Soit céder une nouvelle fois en confirmant ainsi que son pouvoir est d’une extrême faiblesse, avec pour conséquence que sa survie politique pourrait ne pas durer jusqu’à la fin de son mandat prévu en 2020.

2) Soit faire preuve d’autorité et tenter de mettre au pas des mutins avec pour résultat d’entrer en confrontation directe avec le cœur de ses partisans. Pour le plus grand profit de ses opposants…

Dans le numéro du mois de juin 2013 de l’Afrique Réelle, j’écrivais :

« Hissé au pouvoir par le président Sarkozy, Alassane Ouattara n’a toujours pas réussi à se dégager de l’image de fondé de pouvoir du nouvel ordre économique mondial qui lui colle à la peau. Arrivé à la présidence dans les fourgons des forces spéciales de l’ancien colonisateur, son prestige est limité ; c’est pourquoi il n’a pas réussi à prendre ses marques, prisonnier qu’il est d’une histoire politique dont il ne parvient pas à s’extraire ».

 A moins d’une rapide et spectaculaire reprise en main, l’avenir de la Côte d’Ivoire s’annonce donc difficile. Or, avec le Nigeria et l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire est l’une des trois « locomotives » de l’Afrique sud-saharienne… Mais le Nigeria est en récession et en proie à de très graves problèmes régionaux dont, mais pas exclusivement, celui de Boko Haram ; l’Afrique du Sud  a une croissance de 0,1% et traverse une très grave crise politique, économique et morale. Quant à la Côte d’Ivoire…Au-delà de leur portée régionale, les évènements  de Bouaké et d’Abidjan illustrent la faillite d’un continent auquel « experts » et « spécialistes » mentent depuis l’époque des indépendances. Un « pieux » mensonge fondé sur l’approche économique, l’illusion universaliste et la juteuse escroquerie qui a pour nom développement [1].

 Bernard Lugan

15/05/2017

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