( 20 avril, 2021 )

Les questions juives

 

Lu sur « actionfrancaise.net »

 

 

Joann Sfar l’auteur du célèbre « Chat du Rabbin » réagit à l’hallucinante décision de la cour de cassation concernant l’assassinat sauvage de Sarah Halimi. Le déni concernant la montée de l’antisémitisme dans notre pays est peut-être aussi lié à un nouveau paradigme culturel, voire à un changement de civilisation. (NDLR)

Ecrire sur le massacre de Sarah Halimi, c’est se condamner aux points d’interrogation. Parce qu’on n’est pas juriste. Et parce qu’on n’est pas psychiatre. C’est se condamner aussi à décrire cette expression qui revient de plus en plus souvent et que je hais « l’émotion de la communauté juive ».

Voici les questions que j’entends. J’ignore si elles sont légitimes. Je sais que je me pose les mêmes.

Hier un type ivre et drogué à été condamné à de la prison à la suite d’un procès parce qu’il avait fichu par la fenêtre le chien de sa voisine. Personne n’a dérangé de nombreux contre-experts. Oui il était dans un état délirant. Il a eu un procès et va en prison.

Si quelqu’un est capable d’expliquer la différence entre cette affaire et le massacre de madame Halimi aux juifs de France, et à l’opinion en général, je lui souhaite bon courage.

On ne juge pas les fous. Chacun est d’accord avec ça. Mais.

Pourquoi la presse répète-t-elle depuis hier qu’il y a eu unanimité pour déclarer la folie de l’assassin ? Pourquoi fait-on semblant d’oublier le rapport du professeur Zagury qui réfutait la notion d’abolition du jugement ? Suis-je dans l’erreur quand j’entends partout que Zagury est un de nos plus grands spécialistes dans ce domaine ? (je n’en sais rien).

La prise volontaire et massive de stupéfiants permet-elle vraiment de se soustraire à la justice ? Les criminels se chargent tous et souvent avant de passer à l’acte. Entériner cette décision permettrait de vider nos prisons ? Les meurtriers de DAESH, gavés de Captagon du matin au soir devraient aussi échapper à un jugement ? (je n’en sais rien)

Est-il vrai que le meurtrier traitait sa voisine de sale juive régulièrement et des semaines avant le meurtre ? (je n’en sais rien)

Est-il vrai que le jour du massacre il est allé successivement chez plusieurs de ses voisins avant de jeter son dévolu sur Madame Halimi ? Il était donc assez lucide et pour la reconnaître, et pour l’identifier en tant que juive, qu’il s’est empressé de massacrer en hurlant « Allah Hou Akbar » (je n’en sais rien).

Est-il vrai que dès l’instant où il a vu les policiers il a raconté que c’était pas lui et qu’il était innocent ? Il était donc assez lucide pour reconnaître un képi et tenter de se dédouaner du meurtre ? (je n’en sais rien)

Est-il vrai, enfin, que la police était dans l’escalier pendant le long calvaire de madame Halimi et a choisi de ne pas intervenir ? (je n’en sais rien)

Est-il vrai que depuis l’affaire Ilan Halimi nos institutions ne savent pas quoi foutre avec l’antisémitisme. L’agacement, la gêne est palpable à chaque fois qu’il faut accoler le label « antisémite » sur un crime. J’ai inventé il y a quelques mois un livre d’horreur dans lequel le slogan consensuel devient « sales juifs, nous ne sommes pas antisémites ». Je regrette d’avoir visé à ce point juste.

Je répète que j’ignore si ces questions sont légitimes. Je sais aussi que je les entends en boucle depuis hier, formulées par des juifs et par des non-juifs. Par des gens que je n’ai jamais identifiés ni comme des paranoïaques ni comme des excessifs.

L’émotion, à présent. Ou plutôt l’abattement. On fera ce qu’on voudra. On expliquera les décisions tant qu’on voudra. Cette affaire marque un tournant. Ça aussi je l’entends des centaines de fois depuis hier. ET plusieurs personnes m’ont reparlé de Kishinev.

Kishinev fut un pogrom parmi d’autres. Mais les victimes ont été photographiées. Kishinev fut l’occasion d’une onde de choc chez les juifs russes. C’est après Kishinev qu’ils ont quitté massivement la Russie.

C’est ça que j’entends depuis hier. Dans la bouche de gens que je ne croyais pas capables de penser cela.

Les juifs de France savent qu’ils ne représentent qu’un pour cent de la population mais qu’ils constituent cinquante pourcents des agressions racistes du pays.

Les juifs de France ont le ventre tordu depuis Ilan Halimi, Depuis que Mohamed Merah a flingué des enfants à bout touchant à Toulouse. Pourtant l’affaire Sarah Halimi est un déclic.

Depuis hier j’entends de l’abattement. Et des coreligionnaires qui ont la certitude que quoi qu’ils fassent leur avenir sera sombre.

Mon sentiment : les autorités françaises font ce qu’elles peuvent pour protéger les citoyens qui vivent sur notre territoire. Cependant et pour mille raisons il y a une volonté sourde de nier les crimes antisémites. Pour la raison que chacun sait qu’on n’y peut rien. On ne peut pas mettre un flic derrière chaque juif sous prétexte qu’il existe en France des abrutis à qui on répète depuis l’enfance que le juif est cause de tous leurs maux. Je crois que l’envie de massacrer des juifs est plus forte que jamais, je crois que les autorités savent qu’on n’y peut rien. Alors, le déni.

S’acharner sur la cour de cassation n’a pas grand sens selon moi. C’est au moment où la justice a décidé de considérer un fumeur de shit comme irresponsable que tout le pays aurait dû être dans la rue. Les stupéfiants, circonstance aggravante lors d’un accident de la route, ou quand on défenestre un chien, mais pas quand on tue une dame juive.

Vous souhaitez convaincre les juifs de France qu’on n’a pas tout fait pour éviter un procès pour crime antisémite ? Bon courage !

Tous les points d’interrogation que contient ce texte sont sincères. J’ignore réellement si ces questions sont légitimes ou pas. Et je m’en fous car ça n’a aucune importance à mes yeux. Ce qui compte selon moi, et c’est irréfutable, c’est le tournant.

Je n’ai jamais vu mes coreligionnaires ainsi. Ce que j’entends depuis hier, ce n’est pas l’émotion ou la rage ou le chagrin. C’est le sentiment qu’il n’y a plus rien à faire. La plupart ne vont pas partir. Mais la plupart savent qu’ils courent, davantage que les autres citoyens, le risque de retrouver leur gosse avec une balle dans la tête ou leurs aïeux jetés par une fenêtre. Avec des institutions qui seront tellement embêtées qu’elles se retrouveront, à attendre dans l’escalier pour les uns, à se déclarer inaptes à juger pour les autres.

L’absence de procès du massacreur de madame Halimi marque un tournant pour les juifs de France. Et aucun expert ni juridique ni psychiatrique ne pourront amoindrir l’onde de choc qui se propage depuis hier.

Seule lueur d’espoir ? Je crois que les juifs ne sont pas les seuls à éprouver ce désespoir.

Un dernier mot sur la psychiatrie : la folie la plus conne et la plus désespérante que je connaisse. La folie la plus ancienne et la plus irréfutable, c’est la haine des juifs. J’ai toujours dit et écrit que l’antisémitisme ne pouvait se combattre que sur le terrain magique ou psychiatrique car il constitue, par définition, une bouffée délirante. La haine des juifs, comme toute autre forme de racisme, n’a aucun sens. Les milliers de pages perplexes écrites sur l’antisémitisme se heurtent au fait que TOUT dans cette rage, relève de la psychiatrie. Mélange antédiluvien de haine de soi et de certitude de la toute-puissance de l’autre. L’antisémitisme devrait être en première page de tous manuels de psychiatrie. J’ai toujours considéré les antijuifs comme des fous dangereux. Mais je ne crois pas que cette folie devrait leur éviter le tribunal. »

Joann Sfar
( 20 avril, 2021 )

Réouverture du cirque électoral

 

Lu sur « Je Suis Français »

 

A-t-il d’ailleurs jamais fermé ? A plus d’un an de la prochaine élection présidentielle, ils (et « elles » aussi, qui ne sont pas en reste) ne pensent qu’à ça. Certes, voilà qui apporte quelque diversion à une pandémie devenue obsessionnelle. Mais nous voici de nouveau condamnés à subir, jusqu’au printemps 2022 inclus, les analyses mais aussi et surtout les affirmations, déclarations, proclamations, etc. (la liste reste ouverte) des journaleux et politiciens, ceux-ci au nom de leurs prétendues convictions, ceux-là au nom du contestable droit d’informer.

Donc, pendant un an, agitation et polémiques dans tous les sens, chacun finissant par (faire) croire que les choses peuvent bouger – et sans doute l’heureux élu (peut-être « l’heureuse ») nous le confirmera-t-il/elle au soir du second tour. Or, sans remonter très loin, pour ne pas infliger à nos lecteurs une énumération fastidieuse, on se rappelle quand même encore les propos aussi puérils que prétentieux de MM. Hollande et Macron lors de leurs victoires respectives en 2012 et 2017 : le premier nous annonçait « le changement », le second un « monde nouveau ». Il n’en fut rien, bien entendu, moins à cause d’événements imprévus (mais n’est-ce pas le rôle du politique d’y faire face ?) qu’en raison d’un système politique qui semble n’avoir d’autre finalité que gérer sa propre survie.

Encore n’en sommes-nous qu’au stade de la « chauffe », c’est-à-dire que tout et n’importe quoi est bon pour susciter l’intérêt du citoyen-électeur. Coup de projecteur samedi dernier sur une gauche éclatée et devenue très minoritaire qui entonne le grand air de l’union. Pourtant MM. Mélenchon et Roussel sont déjà candidats et M. Jadot, chef de chœur, espère bien être investi par son propre parti, celui dont les élus municipaux n’en finissent plus de se faire remarquer par une sorte de crétinerie sui generis (dernier exemple en date : le vote de Vincennes contre la marine à voile). Est-ce pour cela que se murmure de-ci de-là le nom prétendument rassembleur de M. Hollande ? Grande question ! Concernant la droite, on souligne volontiers que la perspective de l’élection présidentielle suscite une appétence certaine chez les candidats, déclarés ou proches de l’être, malgré le manque de stature de la plupart. Quant à la droite qualifiée d’extrême, on ressasse qu’elle obtient de bons résultats dans des sondages qui ne sont que des sondages et qui pourraient peut-être se retourner contre elle, conformément à la tactique de l’épouvantail. Quand on a dit cela, on a tout dit et, en fait, rien dit. Ces « informations » ne font que confirmer ce que l’on sait depuis assez longtemps et qui a culminé avec le spectacle lamentable des primaires de 2017 : l’élection présidentielle tend à n’être plus qu’un enjeu entre les factions.

M. Macron a pu faire illusion un temps dans ce domaine puisqu’il a suscité un parti et non été adoubé par lui. Mais, maintenant élu, on attend qu’il se comporte comme tous ses prédécesseurs (ou presque, si l’on excepte De Gaulle en 1965) visant une réélection : qu’il agisse et parle désormais en fonction de l’échéance de 2022, bref qu’il soit en campagne partisane. Pourtant rien ne garantit qu’il sera bien candidat, cela pourrait même in fine ne pas advenir. Certains affirment cependant que ce n’est pas un hasard si, dans la semaine de l’annonce des 100 000 décès dus au virus (nombre qui, en soi, n’a pas de sens particulier comme l’explique le professeur Raoult, mais qui peut se révéler désastreux pour la communication gouvernementale), il se rend sur le chantier de Notre-Dame de Paris et confirme un calendrier de restauration permettant la reprise du culte dès 2024. Analyser ainsi l’actualité, à tort ou à raison, c’est rappeler à ses origines électorales la fonction actuelle de chef de l’Etat, c’est aussi la rabaisser en lui assignant une place dans le régime des partis.

Cet avilissement du politique ne peut qu’être insupportable pour qui lui assigne la défense du bien commun comme fonction ultime. On en arriverait presque à penser que la survenue de circonstances exceptionnelles, peut-être même empreintes de violence, serait seule à même de permettre d’en sortir

Louis-Joseph Delanglade

( 20 avril, 2021 )

Russie : les « lignes » rouges d’Emmanuel Macron ne seraient-elles pas celles de la Maison-Blanche ?

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Le dimanche 18 avril dernier, , interviewé par la chaîne américaine CBS, en dit plus sur sa position à venir vis-à-vis de la Russie. La phrase à retenir de cet entretien ? Celle-ci : « Je pense qu’après un comportement inacceptable, nous devons sanctionner. » Mais, au fait, qui s’arroge le droit de punir qui ? Quel État constitué se trouverait-il à ce point au-dessus des lois pour punir son voisin, au nom de « valeurs » n’ayant cours qu’au sein de ses propres  ? En même temps, il ne le dit pas.

Au cœur de la polémique, il y a aussi le déploiement de plusieurs dizaines de milliers de soldats russes aux frontières de l’Ukraine. Mais il ne s’agit jamais que d’une affaire strictement russe ne concernant que les intérêts du Kremlin. Un peu comme si la Russie demandait des comptes à l’Élysée pour ses soldats engagés en noire depuis des décennies ; certes pour lutter contre le terrorisme islamiste, mais aussi pour défendre son historique zone d’influence.

Hormis la très contestable dimension « morale » de ces « punitions », quid de leur éventuelle efficacité politique ? Depuis des décennies, Iran et Cuba sont sous embargo, mais La Havane et Téhéran sont toujours là, encore plus remontés contre des agresseurs dissimulant leurs petits intérêts nationaux sous ceux de grands principes internationaux. D’où l’occasion de se poser la question consistant à se demander si ces « États voyous » ne seraient pas les plus « voyous » des « États »…

Mais Emmanuel , toujours « en même temps », estime que ces « sanctions » ne seraient pas « suffisantes », faute d’un « dialogue constructif ». Et d’affirmer, au passage : « Nous avons besoin d’un dialogue franc et ouvert avec la Russie. » Pour autant, ce dialogue ne doit pas se faire à n’importe quelles conditions, notre président jupitérien ajoutant : « Je pense que nous devons définir des claires lignes rouges avec la Russie. »

Assez bizarrement, ces « lignes rouges » font assez penser à celles de la Maison-Blanche… En effet, que les USA mettent tout en œuvre pour que l’Ukraine rejoigne l’OTAN est parfaitement compréhensible. Que la Russie puisse y voir une agression avérée l’est tout autant : on ne rappellera jamais assez qu’après la chute de l’URSS, il fut convenu que les deux pactes, celui de Varsovie comme celui de l’OTAN, devaient mutuellement se dissoudre, faute de combattants. La vérité oblige à dire que l’un des deux tint sa parole et l’autre pas. Et que celle de l’ n’est que monnaie de singe.

Ce pas de deux en forme de tango vaut encore pour le fameux opposant au Kremlin Alexandre Navalny, aujourd’hui tenu pour sorte d’Antigone moscovite, pourtant condamné pour escroquerie et placé en prison pour avoir violé son contrôle judiciaire. Le sort de cet homme serait donc au cœur des préoccupations de cette communauté internationale ; laquelle n’étant jamais que celle de l’Occident, cache- sémantique dissimulant une fois de plus les seuls intérêts américains.

Au passage, la même « communauté internationale » oublie un peu vite qu’Alexandre Navalny fit, naguère, partie de ces mouvements si racistes et ultra-nationalistes que finit par les interdire afin de ramener un peu de concorde en son pays.

À croire qu’il puisse en aller de l’« » comme des chasseurs. Il y a les « bons » et les « mauvais ». Mais bizarrement, et ce, depuis que le communisme n’est plus, il n’y a plus ni de « bons » ni de « mauvais » Russes, mais seulement de méchants « kagébistes ». Et là, il n’y a pas « d’en même temps » qui tienne.

Nicolas Gauthier

 Journaliste, écrivain
( 20 avril, 2021 )

La France peut-elle laisser sauter le verrou tchadien ?

 

Communiqué de l’Afrique Réelle

 

Le 11 avril, au Tchad, au moment où se tenaient les élections présidentielles, une colonne rebelle venue de Libye a traversé le Tibesti, dans le nord du pays. Donnant le change, elle a laissé croire que son objectif était Faya, ce qui lui a permis d’y attirer les forces gouvernementales, l’ANT (Armée nationale tchadienne), dont une partie des meilleurs éléments se trouve actuellement au Mali en appui des forces françaises de Barkhane.
Pendant ce temps, une colonne rebelle marchait vers le sud en longeant à l’ouest la frontière avec le Niger. Son but était-il de  prendre N’Djamena ou bien d’opérer une  diversion ? Quoiqu’il en soit, dans l’urgence, les forces gouvernementales directement commandées par le président Déby ont alors opéré un mouvement vers le sud, et, le 17 avril, elles ont accroché et détruit cette colonne rebelle à une centaine de kilomètres au nord de la ville de Mao. A ce moment-là, l’état-major tchadien a annoncé sa victoire.
Mais les forces gouvernementales étaient tombées dans un piège car les rebelles s’étaient divisés, seule une de leurs  colonnes étant entrée en contact avec l’ANT. Puis, lundi 19 avril, plusieurs attaques simultanées se déroulèrent, provoquant un mouvement de panique à N’Djaména où les ambassades américaine et britannique demandèrent à leurs ressortissants de quitter le pays.
Pour mémoire, une précédente attaque avait eu lieu au mois de janvier 2019, déjà depuis la Libye. Mais en direction de l’Ennedi, cette fois quand des rebelles tchadiens dirigés par les frères Timan et Tom Erdibi, tous deux Zaghawa Bideyat et neveux du président Idriss Déby Itno avec lequel ils sont brouillés depuis 2004 avaient tenté de prendre N’Djamena, sous la bannière de l’UFR (Union des forces  de la résistance), un mouvement fondé au Darfour en 2009 et étroitement ethno-centré sur des fractions  Zaghawa et Tama. Les 4,5 et 6 février, l’aviation française avait détruit la colonne dans la région de Bao dans le nord-est de l’Ennedi, sauvant ainsi le régime du président Déby.
Une intervention militairement justifiée du côté français car la sécurité du Tchad devait impérativement être garantie, faute de quoi l’avenir du G5 et de Barkhane aurait été compromis. D’autant plus qu’Idriss Déby Itno avait fait valoir un argument de poids auprès des autorités françaises à savoir que, faute d’aide française, il serait contraint de retirer son contingent du Mali.
L’attaque qui se déroule actuellement est menée par le FACT (Front pour l’alternance et la concorde au Tchad) bras armé des Toubou-Gorane du clan Daza. Son armement lui est largement fourni par la Turquie dont le but est de chasser la France  du Sahel central afin de pouvoir renouer avec sa pénétrante péri-tchadique, comme avant 1912, quand l’empire ottoman exerçait son autorité sur cette partie du Sahara (voir à ce sujet mon livre Les Guerre du Sahel des origines à nos jours). Or, l’UFR vient d’apporter son soutien au FACT… ce qui pourrait signifier qu’en dépit de leurs multiples rivalités ethniques, toutes les forces rebelles auraient décidé de se coaliser contre le président Déby.
Ce dernier réussira-t-il une fois de plus à triompher de ses adversaires ? L’avenir le dira. Mais si son régime tombait, c’en serait fini du « verrou tchadien » avec toutes les conséquences régionales qui en découleraient…mais également de Barkhane dont l’état-major est, comme je n’ai cessé de le dire,  plus que très imprudemment installé à N’Djamena…
Le numéro du mois de mai de l’Afrique Réelle reviendra sur cette question.
Bernard LUGAN
Plus d’informations sur le blog de Bernard Lugan.
( 19 avril, 2021 )

« Policiers brûlés : le verdict » par maître Lienard

 

 

Communiqué de « Police et Réalités »

 

« Notre cabinet avait l’honneur de défendre Sébastien et Virginie, policiers lâchement attaqués par cette horde d’individus qui n’ont d’homme que les fonctions naturelles, et qui ont tenté de les faire brûler vifs dans leur véhicule de service, parce qu’ils gênaient leurs petits trafics et leurs petites agressions.

C’est mon associée Maître Amélie LARQUIER qui s’est battue pour ces policiers.

Chaque jour pendant six longues semaines elle a combattu chaque mensonge des accusés, chaque faux alibi, chaque changement de versions.

Elle a brillamment porté la parole de ces deux victimes de la sauvagerie ultime.

Nous avions la chance d’avoir une présidente de cour d’assises remarquable, qui connaissait parfaitement ce très lourd dossier et ne laissait rien passer non plus. Nous rêvions d’une justice forte, d’un message sans ambiguïté à l’égard de ceux qui lève la main ou prennent les armes contre les dépositaires de l’autorité publique.

Ce matin à deux heures, lorsque le verdict a été rendu, nous avons été abasourdis.

Nous aimerions que ce soit un mauvais rêve, mais c’est bien la réalité.

Le ministère public est certainement en partie responsable de ce verdict, lui qui n’a pas porté l’accusation de manière cohérente en sollicitant dès les réquisitions l’acquittement d’un des accusés et des peines incompréhensibles dans le cadre d’une action unique où tous portaient la même responsabilité.

Le jury populaire a fait le reste. Il fallait voir cette jurée hurler contre les gendarmes quand ils sont intervenus pour rétablir l’ordre dans le box des accusés alors qu’une bagarre générale avait commencé…Magnifique exemple de l’état de notre société dans son rapport à l’autorité.

Il ne nous est pas permis de contester une décision de justice, mais nous pouvons quand même dire que deux accusés ont été condamnés à 6 et 8 ans de prison pour avoir tenté de tuer quatre policiers en les faisant brûler dans leur voiture.

Ces policiers garderont des séquelles physiques et psychologiques terribles de ces faits, à vie, alors que dans quelques mois ceux qui les ont attaqués seront libres de reprendre leur vie.

Vous êtes certainement dégoutés par cette décision, mais notre sentiment va au-delà, nous qui avons vécu chaque minute de ce procès.

Nous allons continuer à nous battre pour vous, malgré tout. A mettre notre énergie pour vous. De votre côté tentez de garder intacte votre motivation, parce que les citoyens ont toujours besoin de vous et parce que vos collègues doivent pouvoir compter sur vous. Nous vous souhaitons beaucoup de courage…et nous sommes avec vous.

Bien sincèrement »

Maître Lienard

( 17 avril, 2021 )

Succès judiciaire pour l’AGRIF à Castres

 

Communiqué de l’AGRIF

 

Les prévenus étant mineurs au moment des faits, c’est devant le tribunal pour enfants qu’ont comparu hier à Castres sur plainte de l’AGRIF les deux auteurs de la profanation perpétrée le 5 février 2019 en la cathédrale de Lavaur.

Les actes étaient graves :

  • Dégradation et mise en scène sataniste dite « dab » d’un crucifix.
  • Incendie d’une nappe d’autel, ne s’étant heureusement pas propagé.

La qualification première du délit était celle de « dégradation, destruction… ».

Sur la demande de l’AGRIF, le président du tribunal l’a requalifié en acte de dégradation par haine antireligieuse.

L’AGRIF n‘a rien réclamé contre l’un  des deux prévenus manifestement égaré et peu responsable. Le second ayant reconnu et regretté ses actes, le président, à son endroit, a insisté sur leur objective gravité. Il a donc prononcé à l’encontre des deux une « admonestation », mais aussi pour le second la condamnation au versement à l’AGRIF de l’euro symbolique et la condamnation, au titre de l’article 475-1, au versement de 1500 euros au profit de l’AGRIF.

Une fois de plus a été faite la démonstration que si l’AGRIF n’était pas là, de pareils faits n’entraîneraient aucune poursuite et condamnation.

Rappelons que l’AGRIF sera encore présente le 29 juin prochain avec d’autres associations dans l’important procès de l’iman de la mosquée d’Empalot à Toulouse, Mohamed Tataï, ayant dans un prêche en arabe récité quelques-uns des versets les plus antisémites du Coran.

Bernard Antony

70 Boulevard Saint-Germain
75005 Paris
01.40.46.96.31

( 17 avril, 2021 )

Marseille 1939 – 1940

 

 

 

Notre camarade marseillais Michel Franceschetti vient de commettre un livre passionnant sur la période 1939 – 1940 à Marseille. N’hésitez pas à vous ruer sur cet ouvrage.

Marseille 1939 – 1940 dans Annonces une-drole-d-annee-a-marseille-3-septembre-10-mai-1940

 

A commander ici à la Librairie de Flore :

( 17 avril, 2021 )

Le Comte de Paris rend hommage, sur Europe 1, à son cousin le Prince Philip…

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Ce Samedi Matin à 7h46, Europe 1 a reçu avec beaucoup de déférence et une grande courtoisie le Prince Jean, chef de la Maison Royale de France. Sans la crise sanitaire, le Comte de Paris se serait évidemment rendu à Londres, étant donné les liens de parenté très étroits (par la Famille de Grèce…) qui l’unissait au défunt.

Questionné finement et avec respect par le journaliste, le Comte de Paris est revenu sur le rôle unificateur de la Royauté, employant – pour la qualifier – le même mot de « souplesse » qu’employait déjà Léon Daudet…

Une souplesse qui lui permet d’unifier l’ensemble de la population dans sa diversité et d’incarner ainsi le temps long, ce qui ne passe pas, malgré les fluctuations de l’actualité.

A propos de la jeunesse, qui ne serait plus autant « royaliste » que ses aînés, le Comte de Paris a estimé que, justement, c’est cette stabilité, cette incarnation de la durée et de la Nation qui seront les meilleures armes de la Royauté pour affronter les nouveaux soubresauts qu’elle aura à affronter.

Un moment de Radio forcément trop court marqué cependant par un double plaisir : d’abord l’assurance et l’aisance dont a fait preuve le Prince; et aussi l’extrême considération qui lui a été accordé es-qualité par le journaliste.

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Le Comte de Paris rend hommage, sur Europe 1, à son cousin le Prince Philip... dans Princes 47150946_330701971096711_1149909014545432576_n

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( 16 avril, 2021 )

Danièle Obono contre Valeurs Actuelles, ou quand intellectuellement défaits, les décoloniaux se tournent vers les juges…

 

Communiqué de l‘Afrique Réelle

 

Le 14 avril 2021, le Parquet de Paris a donné suite à la plainte de Madame le Député Obono contre Valeurs Actuelles, décidant que l’hebdomadaire serait jugé le 23 juin par le tribunal correctionnel pour « injure publique à caractère raciste ».
Figure de proue du mouvement « décolonial », Madame le Député Obono partage bien des combats des islamo-gauchistes. Membre de La France Insoumise, parti qui, au mois de juin 2020, devant le Parlement européen, déposa un amendement visant à ne reconnaître comme « crime contre l’humanité » que la Traite européenne, la seule traite européenne, et non pas toutes les traites, dont la traite arabo-musulmane et la traite interafricaine, comme cela était prévu dans le texte initial, Madame le député Obono ne trouve pas choquante la formule « nique la France ».
Réponse « du berger à la bergère », au mois d’août 2020, l’hebdomadaire Valeurs Actuelles publia un article humoristique illustré d’un dessin représentant Madame le Député Obono enchaînée et prisonnière de chasseurs d’esclaves noirs. Le journal entendait ainsi mettre en évidence la grande réalité de l’histoire de la traite qui est que cette dernière eut été impossible sans leurs associés pourvoyeurs-associés africains auxquels les négriers européens achetaient les captifs. Sans ces partenaires locaux, cette traite eut été en effet, et par définition, impossible puisque les esclaves étaient capturés, transportés, parqués et vendus par des chasseurs d’esclaves noirs. Et comme les acheteurs blancs attendaient sur le littoral ou à bord de leurs navires que les captifs leur soient livrés, il dépendait donc in fine des négriers africains d’accepter ou de refuser de leur vendre leurs « frères » noirs. Une réalité essentielle que je développe largement dans mon livre « Esclavage, l’histoire à l’endroit » en démontrant qu’une partie de l’Afrique s’est enrichie en vendant l’autre partie…
Une évidence historique notamment mise en évidence par Mathieu Kérékou, l’ancien président du Bénin qui n’a pas hésité à écrire que « Les Africains ont joué un rôle honteux durant la Traite », ainsi que par les évêques africains en des termes très forts :
« Commençons donc par avouer notre part de responsabilité dans la vente et l’achat de l’homme noir… Nos pères ont pris part à l’histoire d’ignominie qu’a été celle de la traite et de l’esclavage noir. Ils ont été vendeurs dans l’ignoble traite atlantique et transsaharienne » (Déclaration des évêques africains réunis à Gorée au mois d’octobre 2003).
Tout aurait pu en rester là de l’article de Valeurs Actuelles écrit dans la grande lignée culturelle française du pastiche. Or, à travers la caricature la représentant, la mise en évidence des responsabilités historiques d’une partie des Africains dans la vente de leurs « frères » noirs aux négriers européens, ulcéra Madame le Député Obono. Elle décida donc de porter l’affaire en justice et, le 14 avril 2021, le Parquet de Paris donna suite à sa plainte, décidant que Valeurs Actuelles serait jugé le 23 juin par le tribunal correctionnel pour « injure publique à caractère raciste ».
En revanche, l’on attend toujours une réaction de ce même Parquet de Paris après les déclarations clairement racistes et les appels au génocide des Blancs proférés par Madame Hafsa Askar, vice-présidente du syndicat étudiant UNEF qui se définit elle-même comme « une extrémiste anti-blanc »:
« Je m’en fiche de Notre-Dame de Paris, car je m’en fiche de l’histoire de France…Wallah …on s’en balek (traduction : on s’en bat les c…), objectivement, c’est votre délire de petits blancs » (15 avril 2019).
« On devrait gazer tout (sic) les blancs (resic) » cette sous race (25 mai 2014).
Lors de ce procès dont l’arrière-plan sera le « deux poids, deux mesures », les avocats de Valeurs Actuelles auront beau jeu d’avancer que, revendiquant fièrement, et à juste titre, sa double ascendance maternelle Punu, et paternelle Fang (Ballart.fr, 3 juillet 2017), deux grandes ethnies du Gabon, Madame le Député Obono peut difficilement se poser en descendante de victimes. En effet, l’expansion parfaitement documentée de ces deux grands peuples conquérants et colonisateurs, s’est faite en forme de tenaille dans laquelle les ethnies indigènes furent broyées avant d’être soumises et en partie vendues aux négriers européens.
La galanterie imposant de commencer par l’ethnie de Madame Mère, les avocats de Valeurs Actuelles ne manqueront pas de s’intéresser tout d’abord aux Punu. Qualifiés de « peuple belliqueux » par l’universitaire gabonaise Cerena Tomba Diogo, les Punu se désignent sous le nom de « batu diba di badi » ou « gens de guerre », leur nom étant lui-même, et toujours selon Cerena Tomba , une « déformation du terme puni qui signifie tueur ». A partir des années 1550, venus de l’actuelle RDC, les Punu dévastèrent et ruinèrent le brillant royaume de Kongo qui fut sauvé de justesse de la totale destruction grâce à une intervention portugaise. En 1574, les Punu franchirent le fleuve Congo pour aller conquérir une partie des actuels Congo-Brazzaville et Gabon, réduisant au passage les pygmées en esclavage (Rey, 1969). Puis, ils lancèrent d’incessantes incursions chez les peuples voisins, devenant ainsi les principaux pourvoyeurs d’esclaves d’une partie de la côte de l’actuel Gabon (Picard-Tortorici, 1993).
Quant aux Fang, les Pahouin de la littérature coloniale, il s’agit de l’ethnie paternelle de Madame le Député Obono. Cet autre grand peuple, lui aussi au riche passé expansionniste vit aujourd’hui à cheval sur le Cameroun, la Guinée équatoriale et le Gabon, régions conquises à la suite d’un vaste et rapide mouvement de colonisation. A la suite des récits de Paul du Chaillu, explorateur-naturaliste qui voyagea dans le pays dans les années 1855-1865, leur fut associée une réputation de cruauté doublée de cannibalisme. Cette dernière mention qui fut à l’origine d’interminables débats et controverses, a été exhumée d’un passé oublié par Frédéric Lewino dans un article de l’hebdomadaire le Point en date du 4 août 2018, intitulé « Le tour du monde des cannibales : les Fang d’Afrique centrale ».
Que les Fang aient été cannibales ou non, peu importe. Là n’est en effet, et en aucun cas l’essentiel car nos ancêtres Cro-Magnon faisaient bien leurs délices de nos autres ancêtres Neandertal… En revanche, il est clairement établi que la conquête Fang du Moyen-Ogooué s’opéra notamment aux dépens des Seke, des Mpongwe, des Kele, etc.
Dans leurs plaidoiries, les avocats de Valeurs Actuelles ne manqueront évidemment pas de citer le célèbre ethnologue Georges Balandier, pour lequel les Fang constituaient un « groupe mobile, organisé pour la conquête (…) dont la poussée continue a été entretenue par la terreur au sein des populations refoulées ». Un mouvement de conquête qui, là encore, n’en déplaise aux « décoloniaux » et à Madame le député Obono, fut bloqué par la colonisation vue comme libératrice et émancipatrice par les populations qui le subissaient….
Conclusion : l’erreur de Valeurs Actuelles fut de représenter Madame le député Obono en esclave, sous les traits d’une malheureuse victime, alors que son ascendance ethnique la rangerait au contraire parmi les peuples conquérants, non parmi les peuples conquis. Une « affaire » qui n’en n’est pas une et une plainte qui, en d’autres temps eut été qualifiée de « corne-cul », mais qui illustre à merveille, les contradictions du mouvement « décolonial ». Ce dernier prétend en effet vouloir détruire la société française, mais il n’hésite pas à s’adresser à sa justice quand il se trouve mis en difficulté intellectuelle… Voir à ce sujet mon livre « Répondre aux décoloniaux, aux islamo-gauchistes et aux terroristes de la repentance ».
Bernard LUGAN
Références bibliographiques
- Balandier,G., (1949) « Les Fan (Fang), conquérants en disponibilité » Tropiques, n° 3/6, décembre 1949, pp 23-26.
- Du Chaillu, P., (1863) Voyages et aventures dans l’Afrique équatoriale. Paris.
- Hombert, J-M et Perrois, L., (2007) « Cœur d’Afrique, gorilles, cannibales et Pygmées dans le Gabon de Paul du Chaillu ». Paris, éditions du CNRS.
- Picard-Tortorici, N et François, M., (1993) « La traite des esclaves au Gabon du XVII° au XIX° siècle. Essai de quantification pour le XVIII° siècle ». Les Etudes du CEPED (Centre français sur la population et le développement), n°6, Paris, juin 1993.
- Rey, P-P., (1969) « Articulation des modes de dépendance et des modes de reproduction dans deux sociétés lignagères (Punu et Kunyi du Congo-Brazzaville). En ligne
- Tomba Diogo, C.A., ( 2015) « Etude d’un genre de la littérature orale : la devise « kûmbu » chez les Punu du Gabon ». Université Sorbonne Paris, en ligne.
Plus d’informations sur le blog de Bernard Lugan.
( 16 avril, 2021 )

Loi euthanasie : « soulager mais pas tuer »

 

Lu sur « actionfrancaise.net »

 

Le vibrant appel de Philippe Pozzo di Borgo (Intouchables), parrain du collectif « soulager mais pas tuer », contre l’euthanasie :

« Je lance aujourd’hui un appel solennel aux parlementaires d’aujourd’hui et de demain : n’abolissez-pas nos vies ! Surtout pas celles des plus fragiles. Vous ne vous rendez pas compte du désastre que provoque chez les personnes qui se débattent avec des vies difficiles votre soutien à l’euthanasie ou au suicide assisté comme des morts « libres, dignes et courageuses ». Aurais-je manqué de dignité, de courage et de liberté en restant en vie, moi l’intouchable, cent pour cent dépendant de l’aide d’autrui pour vivre et donc participer à la société ?

Plus d’un quart de siècle de tétraplégie, marqué – j’ose le dire – par autant de joies que de douleurs réelles, m’a vacciné contre le piège du mot « liberté » :

• En toute liberté, après mon accident, quand je ne voyais pas de sens à cette vie de souffrance et d’immobilité, j’aurais exigé l’euthanasie si on me l’avait proposée.

• En toute liberté, j’aurais cédé à la désespérance, si je n’avais pas lu, dans le regard de mes soignants et de mes proches, un profond respect de ma vie, dans l’état lamentable dans lequel j’étais. Leur considération fut la lumière qui m’a convaincu que ma propre dignité était intacte. Ce sont eux – et tous ceux qui m’aiment – qui m’ont donné le goût de vivre.

En réalité, affirmer qu’au menu de la vie on pourrait « choisir sa mort » est une absurdité et une violence, de même qu’il est absurde et violent d’exiger d’un soignant qu’il transgresse l’interdit de tuer. Car c’est cet interdit qui limite sa toute-puissance, nous met sur un pied d’égalité, m’autorise à exister et, si j’en éprouve le besoin, à me plaindre sans craindre d’être poussé vers la sortie.

On nous dit : « C’est un droit qu’on vous propose ; il ne vous enlève rien. » Mais si ! Ce prétendu droit m’enlève ma dignité, et tôt ou tard, me désigne la porte. Ne voyez-vous pas la pression – pour ne pas dire l’oppression – qui monte quand une société rend éligibles à la mort les plus humiliés, les plus souffrants, les plus isolés, les plus défigurés, les moins résistants à la pitié des autres, et – certains le revendiquent déjà – les plus coûteux ?

Avec mes amis de Soulager mais pas tuer, je lance cet appel solennel : le moment est à prendre soin les uns des autres, à accompagner chacun, à soulager toute douleur, peine et souffrance, à retisser des liens de solidarité avec les personnes malades, dépendantes, isolées. Le moment est plus que jamais à soulager, pas à tuer. »

Philippe Pozzo di Borgo
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