( 11 mai, 2018 )

Editorial du n° 343 de LA LORRAINE ROYALISTE

 

 

Il y a 50 ans, il y eut « Mai 68 ». La France fut paralysée par les manifestations d’une partie des étudiants suivies par une grève générale. Ce mouvement n’eut pas lieu seulement en France mais aussi dans plusieurs pays d’Europe, aux USA, … Ce ne fut pas un mouvement spontané. Déjà en 1967, puis depuis le début de l’année, une agitation existait. Toute une jeunesse ne croit plus en rien et est prête à se jeter dans les bras de quelques agitateurs bien organisés qui savent, eux, ce qu’ils veulent. Il faut dire qu’ils sont bien aidés par une grande partie de l’Eglise catholique qui est en crise ouverte depuis la fin du concile. C’est l’époque de « l’esprit du concile » qui, souvent, n’a plus grand chose à voir avec le Catholicisme. Plus de certitudes, le relativisme règne Ainsi, dans les groupes de jeunes « catholiques », il est plutôt chanté des chants révolutionnaires, l’internationale, que des cantiques… Je l’ai subit. Ainsi, cette jeunesse déboussolée n’a plus grand chose à croire sinon à la « révolution » que lui proposent des agitateurs marxistes – de toutes les formes de marxismes – sous forme de « solidarité » envers les « masses » et surtout envers les révolutions armées, spécialement la vietnamienne. Et cela marche. C’est la contestation de l’existence même des Nations, des valeurs fondant notre société qui est mise en œuvre. C’est le triomphe de l’individualisme et du matérialisme. Après une reprise en main purement formelle, le pouvoir républicain laissa la contestation, « l’esprit de mai 68 » se développer dans les esprits.

Cinquante ans plus tard les révolutionnaires de l’époque et leurs héritiers sont au pouvoir. Ils se sont rendu compte que l’ultra libéralisme est plus efficace que le marxisme pour détruire les nations. Ultra libéralisme sur le plan économique comme sur le plan de la société. Tout doit disparaître (provinces, traditions, nations, valeurs, famille, respect de la vie,) devant l’individu qui n’est plus un homme mais seulement un sujet économique, une ressource au service de l’économie générale. Un individu « flexible », sans bases, sans attaches, sans formation, parfaitement utilisable par le capitalisme financier international.

Tous nos gouvernants, qu’ils se disent « de droite » ou « de gauche » ont poursuivi plus ou moins ce programme de dislocation. Il apparaissait bien que la population ait l’illusion de choisir entre deux propositions « adverses » qui alternaient au pouvoir. C’est ce à quoi nous avons assisté pratiquement lors de ces 50 ans même si cela avait commencé avant, en particulier, mais pas seulement, dans l’enseignement, la dissolution des mœurs, etc. Il y eut enfin une accentuation certaine ces 15 dernières années.

Pour que la société ne soit plus composée que d’individus-acteurs économiques, il convient qu’ils ne soient plus attachés à rien, en particulier les territoires, les traditions, la famille surtout. La structure familiale ne doit être qu’un contrat comme un autre, résiliable quand l’on veut. C’est la raison principale pour laquelle fut réalisé le « mariage pour tous » non pour faire plaisir aux « homosexuels » mais pour détruire la base même de la famille qui est l’union d’un homme et d’une femme en vue de créer un foyer avec des enfants. Il fallait aussi réduire la valeur de la vie qui doit être considéré comme ne valant pas la peine d’être vécue si elle n’est pas « rentable » économiquement. Ainsi, l’avortement fut toujours plus favorisé, le but étant de ne plus voir naître des enfants handicapés. Au besoin, comme nous venons de le voir en Angleterre, médecins et justice s’entendront pour les faire mourir après la naissance ! Il en est de même pour l’euthanasie que l’on cherche à nous imposer en France. Bien entendu, contrairement à Hitler qui voulait l’imposer par la force, il est procédé par des lois au nom de la liberté et des droits de l’Homme ! La présentation est différente, le but est le même : eugénisme et euthanasie. Il en est de même pour cette immigration que l’on désire vivement pour noyer nos concitoyens sous un afflux de personnes trop important pour pouvoir être ‘assimilées. La aussi, la volonté est de n’avoir plus que des individus déracinés et cela se fait pour notre malheur mais aussi, surtout peut-être, pour celui des immigrés et des pays d’où ils viennent.

Pourtant, les Français bougent. Beaucoup de veulent pas se laisser faire : ils veulent garder, voire retrouver, leurs vrais libertés, leur pays. La révolte gronde, à droite surtout mais aussi à gauche. Nos dirigeants ont pris peur et ils ont décidé de se réunir : fini la fausse alternance, il fut suscité un candidat qui réunissait tous ceux qui avaient le même but de destruction et ce fut Emmanuel Macron ! Sa mission est de terminer au plus vite le programme pour que les Français n’aient même plus la possibilité de réagir. L’alerte fut trop chaude en 2017 sans compter que plusieurs pays européens commencent à sérieusement s’élever contre cet avenir que l’on veut nous imposer.

Comment en sortir. La France bouge. Des initiatives se font jour. Une des dernières est cette tentative de rassemblement portant le joli nom des « Amoureux de la France » avec Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), Jean-Frédéric Poisson (P.C.D) et Bruno North (C.N.I.P.) avec le sénateur Jean-Louis Masson en Lorraine. Initiative intéressante mais purement électorale, comme d’autres. Pourtant, il faudra bien se poser la question de savoir pourquoi nous en sommes arrivés là : il ne s’agit pas seulement d’hommes, souvent individuellement compétents et de bonnes volontés, mais surtout du régime. Tant que les politiques ne se poseront pas la question du régime, rien ne sera possible car c’est bien la république qui, depuis sa création, conduit la France à la ruine.

A nous donc de montrer aux Français, mais aussi aux femmes et hommes politiques (plusieurs sont comprennent nos positions même s’ils ne peuvent pas le dire s’ils veulent être élus !) qu’il n’y aura pas de salut pour notre pays sans changer de régime, sans retrouver celui qui a fait notre pays : la monarchie royale.

Philippe SCHNEIDER

( 11 mai, 2018 )

Mai 68, la bacchanale des dupes

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

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Politiquement, ce fut un vrai jeu de massacre : tout au long des « événements » de Mai 1968, les gagnants ont tous fini dans les cordes.

Lancé par des groupuscules d’étudiants trotskystes, doctrinaires austères durement embrigadés, le mouvement s’amplifia à la faveur d’une vague anarcho-libertaire qu’ils vouaient aux gémonies. Et lorsque les vieilles organisations syndicales, obsolètes et minoritaires, tentèrent de reprendre la main, elles se virent doublées par la « base » qui, portée par ses rêves de bien-être, les entraîna au blocage total du pays. La gauche socialiste, enfin – avec Mitterrand et Mendès –, persuadée de pouvoir « surfer » sur la vague avant de ramasser la mise, dut assister, impuissante, au triomphe électoral du parti gaulliste. Triomphe lui-même éphémère : il préludait à la chute brutale, un an après, du général de Gaulle.

En 1974, après la parenthèse pompidolienne, cette bacchanale des dupes allait connaître son ultime prolongement : l’élection de Giscard d’Estaing consacrera l’aboutissement des valeurs intimes de Mai 68. Son programme « décomplexé » – primauté de l’économique et libération des mœurs – célébrait les noces du libéralisme et de l’idéal libertaire. Sous le signe d’un libre-échangisme généralisé, l’extrémisme libéral embrassait l’illimitation du désir. Giscard, jeune surdoué convaincu d’avoir découvert la pierre philosophale de la politique, le nombre d’or de la « société libérale avancée », entendait mettre la France sur la voie du Progrès, identifiée à sa dissolution dans le conglomérat européen. Il lui a offert un veau d’or : la déesse Consommation devenait reine de France, vouée à l’adulation des foules.

Et les choses se déroulèrent ainsi afin que s’accomplît la parole des prophètes : Maurras dans L’Avenir de l’Intelligence (1905) – « le règne de l’or, maître du fer, devenu l’arbitre de toute pensée séculière » – et Péguy dans L’Argent (1913) – « cet automatisme économique du monde moderne où nous nous sentons toujours plus étranglés par le même carcan de fer…»

Aujourd’hui, le veau d’or est vainqueur, mais où est sa victoire ? Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve : au milieu des décombres de Mai 68, ne l’oublions pas, a aussi germé une profonde insurrection de l’esprit. 

( 10 mai, 2018 )

ACCORD NUCLÉAIRE AVEC L’IRAN : TRUMP L’APPRENTI SORCIER !

 

COMMUNIQUE DE PRESSE de Jacques MYARD

 

Article du Réveil Français , écrit par : Jacques MYARD Maire de Maisons-Laffitte Membre Honoraire du Parlement Président du Cercle Nation et République

ACCORD NUCLÉAIRE AVEC L’IRAN : TRUMP L’APPRENTI SORCIER ! dans actualités Trum-Iran

En ce 8 mai qui marque la fin de la 2éme guerre mondiale, cauchemar de l’Humanité, vient de Washington l’annonce du President Trump que les Etats-Unis ont décidé de se retirer de l’accord nucléaire avec l’Iran.
Un accord qui fut difficile à conclure mais qui aux affirmations des experts de l’AIEA de Vienne est respecté par Téhéran. Ce qui est confirmé par la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne du coté européen.
Pour avoir suivi en direct le discours du Président Trump sur une chaine anglaise on ne peut qu’être sidéré par ses accusations de terrorisme contre l’Iran alors qu’il passe sous silence que ses chers alliés l’Arabie-Saoudite, le Qatar ont financé et continuent de financer des Islamistes intégristes en Syrie et hier en Irak.
De plus l’Arabie-Saoudite conduit une guerre d’agression au Yemen aves la complicité coupable de Washington acheté par Ryad avec de juteux contrats d’armement.
Son discours est proprement surréaliste et d’une totale hypocrisie !
Sa décision de retrait s’accompagne de menaces de sanctions contre les sociétés qui commerceraient avec l’Iran ce qui va provoquer de nouvelles tensions avec les pays européens.
Nous devons regarder la réalité en face et prendre conscience que la politique des néoconservateurs est de retour à Washington; après celle de Bush II qui a créé le chaos au Proche et Moyen-Orient, Donald Trump emboite le pas et conduit cette région déjà martyre- clé de voûte pour la paix du monde- dans de très graves tensions, voire dans une guerre sans fin au mépris de l’intérêt des peuples y compris israélien, n’en déplaise à Netanyahou !
De plus cette décision n’est pas de nature à maitriser la prolifération des armes de destruction massive, car les pays qui ont atteint le seuil nucléaire risquent de réfléchir à deux fois avant de croire dans la signature des Américains.
La décision de D.Trump est aussi un échec cuisant, cinglant pour Emmanuel Macron qui prétendait, il y a peu et sans rire, qu’il pouvait faire changer d’opinion le président américain, son atlantisme l’aveugle.
Il devrait méditer les paroles sages de Virgile :
 » Jamais de confiance dans l’alliance avec un puissant «
( 9 mai, 2018 )

Mai 68 – mai 2018

 

Editorial du numéro de Mai 2018 de POLITIQUE MAGAZINE

 

Dans  la foule des 15.000 manifestants du défilé du 1er mai à Paris, la police a dénombré 1.200 « casseurs », venus dans l’unique intention d’en découdre, de régler leur compte avec la société et de causer le plus possible de dégâts. Les forces de l’ordre plus spécialement chargées de contenir et d’arrêter ces émeutiers ultra-violents se montaient à environ 1.200 hommes, des CRS, soit le même nombre que les « casseurs ». Pour le reste, en quelque sorte, la police habituelle suffisait.

Il n’est pas douteux que la Préfecture de police et le ministère de l’Intérieur ont donné des ordres pour éviter au mieux ce qu’il est convenu d’appeler « les dommages collatéraux ». C’est-à-dire des passants, autrement dit des manifestants « honnêtes » ( !) ou des « curieux » se hasardant sur les lieux, qui pourraient être bousculés ou blessés à l’occasion de charges policières ou de heurts frontaux. Ce qui provoquerait aussitôt des hurlements d’indignation, l’indignation ne fonctionnant comme toujours qu’à sens unique ! La grande voix de Libération, entre autres, ne manquerait pas de se faire redoutable : le bourgeois anarchiste et gauchard adore le désordre, tant, bien sûr, que les coups ne l’atteignent pas.

*

Donc, les cortèges se rassemblent librement. Il est connu d’avance par les réseaux sociaux et par les renseignements que l’ultra-gauche sera de la partie et mènera la danse. Le petit monde cagoulé du black bloc est au rendez-vous sans problème. Pas question de procéder à des arrestations préventives, contrairement à tous les usages de naguère. Et voitures de brûler, devantures d’exploser, magasins et établissements d’être saccagés, pillés, détruits. Et policiers et gendarmes d’être blessés : s’ils pouvaient être massacrés, ils le seraient.

Le bon vieux défilé syndical, où le service d’ordre de la manifestation faisait lui-même la police, n’existe plus. C’est la raison pour laquelle, en dehors de la CGT et de Sud, il ne se pratique presque plus. Les risques de débordements sont trop importants.

L’heure est à l’affrontement brutal. Des minorités s’essayent de plus en plus à créer soit des zones de non-droit, soit des journées insurrectionnelles. Jeux plus ou moins infantiles, plan concerté, excitation de l’imagination, désir d’un «  jusqu’auboutisme » qu’on croit libérateur ; mélange de tout cela, sans doute. Jeunesse désoeuvrée et livrée à toutes les propagandes, société éclatée, privée d’autorités naturelles, toutes systématiquement détruites par la loi elle-même, « communautarismes » flagrants qui s’étendent sur des villes entières et qui refusent la nation, qui récusent la France et tout ce qu’elle représente, et où l’islamisme règne en maître ; enseignement et médias qui ne cessent d’inspirer le mépris de l’histoire, de l’ordre, de la vraie famille, de la société traditionnelle… Bref, tous les fruits gâtés de mai 1968 s’accumulent en pourritures, du bas en haut de la société, en ce mois de mai 2018.

*

Facultés, bientôt lycées, quartiers , villes – même avec leur maire et leur député de gauche, d’archi-gauche qui ont l’inconscient culot de s’en étonner ! –, maintenant zones entières de départements et de régions en sécession pratique où aucune police et aucun service d’État ne peut pénétrer. La situation est tenue en main, dit-on dans les hautes sphères pour se rassurer. Voire ! La fameuse convergence des luttes souhaitées par le bourgeois Mélenchon qui se fait plaisir à jouer le tribun de gauche, se feront tout autrement que ce que des imaginations politiciennes croient inventer. Qui, dans les banlieues, croit encore dans la République bourgeoise ?

Pour le moment, Macron, en rappelant à l’ordre, pense ramasser une fois de plus la mise à son profit. C’est le calcul républicain.

Mais chacun devine que tout peut échapper. À force de glorifier la révolution comme principe même de gouvernement, tous, de droite comme de gauche, ne font que rendre la France complice de sa propre destruction. Jusqu’où ?

Hilaire de CREMIERS

( 9 mai, 2018 )

Situation aggravée au Proche-Orient : Les pressions d’Israël pour que Trump dénonce l’accord nucléaire avec l’Iran

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Cette chronique a été rédigée avant que Trump ait fait connaître sa décision. On sait qu’en l’espèce la raison ne l’a pas emporté. L’analyse d’Antoine de Lacoste n’en est pas moins pertinente sur le fond et parfaitement éclairante.  LFAR

 

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C’est le grand feuilleton que Donald Trump savoure depuis longtemps.

Déjà, pendant sa campagne électorale, le futur Président n’avait pas de mots assez durs pour dénoncer cet accord, « le pire » que l’Amérique ait signé. Il est vrai qu’avec lui, le pire est souvent atteint.

Depuis son élection, le discours a certes connu des variations, mais la tendance générale est à la dénonciation et donc au retrait américain de ce traité qui fut signé par les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU, plus l’Allemagne et l’Iran.

Appelé JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action) il avait été très complexe à mettre en œuvre. La France y était opposée malgré les pressions des milieux d’affaires qui rêvaient de s’implanter en Iran. Laurent Fabius, fit tout pour faire capoter les négociations. Israël également. Mais l’habileté de Lavrov, la détermination d’Obama et les concessions iraniennes aboutirent à une signature en juillet 2015.

Les fréquentes envolées de Trump sur le sujet laissaient penser que l’affaire était entendue et que le retrait américain était certain, comme pour le traité sur le climat.

Mais la détermination européenne (on croit rêver en accolant ces mots) a fini par peser sur l’obstination de Trump. La France et l’Allemagne lui ont rappelé qu’un accord, même imparfait, était préférable à l’absence d’accord. Macron a donc proposé de le renégocier pour y inclure des discussions sur les missiles balistiques et sur la présence iranienne en Syrie.

Les Russes ont doctement rappelé que l’accord était signé et qu’il n’y avait pas de raisons de revenir dessus. Quant aux Iraniens, furieux, ils déclarent qu’aucune nouvelle négociation n’aura lieu. Mais, en réalité, ils sont très inquiets et voient s’éloigner les levées définitives des sanctions qui empêchent le décollage économique du pays.

Israël, est à nouveau entré en scène. Tout en rappelant, comme d’habitude, que sa sécurité était en jeu, Benjamin Netanyahu a affirmé que l’Iran violait l’accord de 2015 et qu’il avait des preuves. Mais, comme pour l’attaque chimique en Syrie, on les attend toujours. Personne ne l’a cru, et son mensonge a été finalement contre-productif.

C’est le 12 mai que Trump annoncera sa décision. En attendant, il jubile : « Personne ne sait ce que je vais faire le 12 mai. Je pense que nous aurons une super occasion de faire un bien plus gros accord, peut-être. » Voilà qui n’est pas limpide, mais rappelons-nous que Trump a ses propres règles du jeu.

En attendant le 12 mai, l’Iran ne se fait guère d’illusions et le Président Rohani s’est permis une sortie étonnante. A la télévision iranienne,  il a ainsi interpellé Trump: «Vous n’avez aucune expérience en matière de traités internationaux. Comment un marchand, un constructeur de tours, peut-il émettre des jugements sur les affaires internationales ? ».

Espérons que la raison l’emportera chez Trump et que l’on évitera le saut vers l’inconnu.

Antoine de Lacoste

( 9 mai, 2018 )

Donald Trump 1, Xi Jinping 0 : les États-Unis en passe de gagner leur guerre commerciale ?

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

 

Au fond, il n’y a qu’en Europe qu’on se laisse manger la soupe sur la tête.

 « I always win », disait Donald Trump lors de la campagne électorale qui lui a permis de devenir le président des États-Unis. Celui qu’on croyait fou ne serait-il pas un négociateur génial, rodé par des décennies dans l’immobilier new-yorkais ? Dans un tweet, The Donald a déclaré : « La Chine va retirer ses barrières douanières parce que c’est ce qu’il faut faire. Les taxes vont devenir réciproques et un accord sera trouvé sur la propriété intellectuelle. » Après avoir fait monter les enchères, la Maison-Blanche descend donc d’un ton, réaffirmant son amitié à l’endroit du président chinois Xi Jin

On nous prédisait une guerre commerciale, elle n’aura peut-être finalement pas lieu ; du moins, pas dans les proportions que pouvaient imaginer les Cassandre. Pour être plus précis, le monde est plongé dans une guerre commerciale généralisée depuis déjà des décennies, comme l’a expliqué Emmanuel Todd au Figaro : « Notre libre-échange, avec la tension structurelle sur la demande, c’est déjà de la guerre commerciale. Donald Trump ne fait qu’inverser les règles du jeu à l’intérieur de cette situation de guerre. Il faut arrêter de faire comme si tout cela n’était pas sérieux seulement parce qu’il s’agit de Donald Trump et que la couleur de ses cheveux ne nous plaît pas ou qu’il n’est pas populaire auprès des acteurs milliardaires d’Hollywood… »

Le déficit commercial américain avec la Chine est colossal, de l’ordre de 375,2 milliards de dollars en 2017. Pour Donald Trump, les pratiques commerciales et monétaires prédatrices et déloyales chinoises, comme la sous-évaluation de sa monnaie, maintes fois dénoncée pendant la campagne, avant que le président américain ne nuance ses propos, en seraient l’une des causes principales.

Premiers promoteurs du libre-échangisme économique à sens unique sur la scène internationale, les États-Unis n’ont jamais rechigné au protectionnisme, par pur pragmatisme – un penchant qui, avec Trump, pourrait bien devenir une habitude. Ce même pragmatisme que nous refusons sous nos latitudes, engoncés que nous sommes dans l’« idéologie sans-frontiériste » de l’Union européenne, qui nous condamne à croire que l’ouverture inconsidérée de nos économies, la suppression de toutes les barrières, y compris celles qui ne font que filtrer, nous garantiraient une sorte de prospérité éternelle, sinon de paix structurée autour de l’harmonie concurrentielle.

Aux États-Unis comme en France, les vingt dernières années ont vu les classes moyennes et populaires se paupériser, l’ascenseur social se bloquer, et des pans entiers des territoires se désindustrialiser et se désertifier – comme l’illustre de façon spectaculaire la hausse de la mortalité des Américains blancs défavorisés (le « white trash », comme s’autorisent encore parfois à dire les bien-pensants d’outre-Atlantique, chez qui l’adulation d’un multiculturalisme à la Terra Nova le dispute au classisme et au racisme anti-blanc), selon une étude d’Angus Deaton, prix Nobel d’économie.

Les périphéries exclues des centres profitant de la mondialisation perdent sur toute la ligne, mais elles font aussi des dégâts collatéraux. En subventionnant leurs exportations pour gagner des parts de marché aux États-Unis, les Chinois ont provoqué des dizaines de milliers de pertes d’emploi dans l’Amérique de la « Rust Belt » qui a plébiscité Donald Trump, où se trouve notamment l’industrie de la sidérurgie.

Le libre-échange ne profite pas aux pays qui sont acquis à la doxa, mais à ceux qui trichent. La Chine réussit dans la mondialisation parce qu’elle se protège avec l’outil monétaire et des normes. Idem pour l’Inde de Narendra Modi, qui a augmenté ses droits de douane sur des dizaines de produits de consommation en début d’année, sans que pourtant personne ne s’en émeuve. On le voit avec Donald Trump, du reste, la menace fonctionne. La Chine sait que les États-Unis veulent négocier.

Au fond, il n’y a qu’en Europe qu’on se laisse manger la soupe sur la tête. Et si, nous aussi, nous comprenions enfin les règles non écrites de la mondialisation économique ?

Députée française au parlement européen
( 8 mai, 2018 )

Vive Jeanne, vive la France ! (et en chantant, s’il vous plaît)

 

Lu sur « boulevard Voltaire« .

Il n’y a rien à rajouter à ce qu’écrit Gabrielle Cluzel. Il nous faut vraiment nous bouger pour sauver la France.

 

Puisse ce 8 mai nous donner l’envie de nous bouger le train.

« « Sonnez fanfares triomphales, Tonnez canon, battez tambours ! Et vous, cloches des cathédrales, ébranlez-vous comme au grand jour ! En ce moment la France toute entière est debout avec ses enfants, pour saluer comme nous la bannière de la pucelle d’Orléans !

​‌

Tel est le premier couplet du cantique À l’Etendard qui devrait résonner ce soir à Orléans, pour honorer la Pucelle. Après des siècles, ou presque, d’oubli, elle fut quasi-simultanément (en 1920) canonisée par l’Église et honorée par la République à travers une fête nationale fixée le 8 mai. Date, qui hasard de l’Histoire, célèbre aujourd’hui la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Quiconque, à 15 ou 20 ans, a entendu résonner cet hymne dans une cathédrale sans frissonner, est un sourd ou un menteur. Et celui qui n’était pas là ce jour-là a raté sa vie. Cela sans vouloir faire mon Jacques Séguéla.

L’historien républicain Jules Michelet appelait Jeanne d’Arc, de façon toute oxymorique, « la Sainte laïque ». Elle est, en effet, à la fois symbole de fierté et de réconciliation. Et Emmanuel Macron lui-même – adepte d’un « en même temps », interprétable, au choix, comme ambivalent ou unitaire – l’a compris, qui l’a citée lors de l’hommage aux Invalides à Arnaud Beltrame, évoquant « [l’incarnation] de l’esprit français de résistance ».

La France, la résistance… mais aussi l’espérance. Les unes n’allant pas sans l’autre. Soyons clairs : à quoi bon se fatiguer, ma brave dame, si tout est plié ? Autant aller tout de suite en Belgique nous faire euthanasier. Non mais quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? De vous à moi, d’ailleurs, est-il bien raisonnable d’en faire encore à présent ? Tout est écrit, c’est inéluctable, la France est finie, on vous dit : c’est la marche funèbre des défaitistes, le requiem des toutestfoutuistes, qui hantent parfois, il faut bien le dire, jusqu’aux colonnes de Boulevard Voltaire : « Les mauvais succombent à la tentation du mal ; mais les bons succombent à une tentation infiniment pire : à la tentation de croire qu’ils sont abandonnés », fait dire Charles Péguy à Jeanne d’Arc, figure emblématique s’il en est de « Cette petite espérance qui n’a l’air de rien du tout. Cette petite fille espérance. Immortelle. »
Parce qu’évidemment, nous qui connaissons la fin, ne pouvons imaginer la grande pitié d’alors au Royaume de France, bref, à quel point c’était mal barré, pour le dire façon Renaud plutôt qu’archange Saint Michel. Et l’humble outrecuidance, qu’il fallait à cette fillette pour prétendre sauver la France. Avec en sus un « gentil dauphin » pusillanime et tristounet, plus boulet que soutien.

Mais l’espérance n’est pas l’insouciance, et peut même rimer avec souffrance. Sa mort sur le bûcher montre que les procès en sorcellerie, les condamnations d’aujourd’hui peuvent être les canonisations de demain. Et vice versa. Pour se consoler, c’est toujours ça.

Notre époque a aussi ses sacrifiés, et sans grandiloquence, on a le droit de supposer que leur sang versé saura aussi féconder le sol français : parmi eux, Arnaud Beltrame, on l’a dit, mais aussi, le Père Hamel, ou encore, victimes non pas de l’islamisme mais de notre laxisme, deux fillettes placées par leurs parents sous le patronage de la petite bergère de Domrémy : Jeanne-Marie Kegelin, et Anne-Lorraine Schmitt.

« Étendard de la délivrance,
À la victoire il mena nos aïeux
À leurs enfants il prêche l’espérance
Fils de ces preux, chantons comme eux Chantons comme eux !
Vive Jeaaaaanne, vive la Fran-an-ce ! »

​‌”

Voilà le refrain.

Les « fils de ces preux » – frileux, grincheux ou même paresseux – manquent parfois cruellement d’entrain. Puisse ce 8 mai nous donner l’envie de nous bouger le train.

Ecrivain, journaliste
( 7 mai, 2018 )

Paris 15 mai, Gérard Leclerc parlera de Mai 68 aux Mardis de Politique magazine, une soirée à ne pas rater !

 

Rendez-vous à partir de 19 h 00 - Conférence à 19 h 30 précises
Participation aux frais : 10 euros -  Etudiants et chômeurs : 5 euros

Salle Messiaen, 3 rue de la Trinité  Paris 9° - Métro La Trinité, Saint-Lazare

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Renseignements : Politique magazine, 1 rue de Courcelles Paris 8° – T. 01 42 57 43 22

( 7 mai, 2018 )

Anniversaires et impostures

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

 

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M. Macron fête aujourd’hui son premier anniversaire à l’Elysée. Il avait, paraît-il, envisagé de commémorer (pour d’aucuns « célébrer ») le cinquantenaire des événements de Mai 68. Il y aurait renoncé.

Dans les faits, d’autres s’en chargent à sa place et à leur façon, c’est-à-dire dans un alliage confus de violence, de mensonge et de vulgarité – sans qu’on sache trop si cela est dû à l’arrivée du printemps, à une sorte de manoeuvre politicienne ou, plus simplement, à cette manie de certains de penser qu’ils peuvent tout dire et tout faire en toute impunité.

Certains étudiants, fort peu nombreux au demeurant, ont voulu rejouer Mai 68 en occupant des locaux universitaires. Grand écho dans la presse de gauche où, militantisme oblige, on a substitué la formulation volontairement mensongère  « les étudiants » à la bonne, c’est-à-dire « des étudiants ». Quelques « crasseux » donc (le mot est de Mme Le Pen), quelques gauchards minables réclamant une bonne note sans examen (pour eux, bien entendu, le seul moyen de l’obtenir, à en juger par le niveau zéro de leurs banderoles), quelques voyous colportant dehors de faux témoignages après avoir cassé et dégradé dedans tout ce qu’ils pouvaient : les étudiants bourgeois de mai 1968 avaient cru – c’en était grotesque – qu’ils rejouaient les barricades de 1848 ; ceux de 2018 n’ont fait jusqu’à présent que singer des singes.

D’aucuns arguëront que les douze cents black blocs du 1er mai sont la preuve qu’un mouvement sérieux et dangereux existe. Ce n’est pas si sûr. Derrière la logorrhée d’extrême gauche, on devine une « dimension carnavalesque » (l’expression est de M. Boulouque, historien de l’ultra-gauche). De fait, les propos tenus sous couvert de l’anonymat par certains participants renvoient à un comportement infantile de jeunes adultes pensant bien participer à un jeu video grandeur nature. Et, comme d’habitude, il est avéré que les révolutionnaires en noir sont de bons bourgeois bien installés dans l’existence comme le montre le profil de ceux qui ont été arrêtés (reportage de France Info). 

Les syndicats paraissent a priori plus respectables. Voire ! Ces organisations nullement représentatives (taux de syndicalisation autour de 10%), donc indûment qualifiées de « corps intermédiaires » par une presse inculte, sont plutôt de riches entreprises propriétaires d’importants biens fonciers (et autres), financées par l’Etat et assurant à leurs nombreux permanents des revenus plus que corrects. Ils jouissent pourtant du privilège exorbitant d’organiser des grèves fort préjudiciables pour le pays, dans le cadre d’un système socio-politique qui les privilégie au détriment de l’intérêt général. Les grèves actuelles montrent que certains sont prêts à aller beaucoup trop loin, oubliant qu’il y a des limites – comme le prouve la disparition de la S.N.C.M.* victime, entre autres choses, d’une emprise syndicale meurtrière. 

Et comment ignorer ici les politiciens dits « insoumis ? On sait que M. Mélenchon, conforté en cela par l’admiration béate de certains médias (la même qu’ils vouaient et pour les mêmes raisons à Mme Taubira, la culture, si peu qu’on en ait, en imposant toujours aux ignares), se prend pour Victor Hugo parce qu’il donne à ses interventions et ses vaticinations une dimension historique et littéraire. En ce mois de mai, son compère, M. Ruffin, fils d’un bourgeois de Calais, qui a eu le privilège de faire une partie de ses humanités chez les jésuites d’Amiens (dans le même établissement que M. Macron) mais se veut, comme il se doit, « un homme du peuple », lui fait écho en s’auto-proclamant porte-parole des obscurs, des petits et des sans grade. Au nom de quoi il a organisé, samedi 5 « la fête à Macron », manifestation dont le seul intitulé fleure bon la violence vulgaire, au moins verbale (ceux qui en douteraient n’ont qu’à consulter un dictionnaire) en contradiction totale avec l’interprétation bon enfant donnée par son promoteur (« une manifestation pot-au-feu »).

Pendant ce temps-là, M. Macron voyage(ait) aux antipodes. A Canberra, il aurait été question « d’un axe Paris-New Delhi-Canberra […] pour faire contrepoids à ce qui pourrait bientôt devenir l’hégémonie chinoise en Asie » (M. Guetta, France Inter). Voilà qui, contredisant son idéologie mondialiste, pourrait ne pas être de mauvais augure. En tout cas, vu de là-bas, Mai 68 paraît bien loin.

Louis-Joseph Delanglade

* Société nationale Corse-Méditerranée

( 6 mai, 2018 )

Crise en Centrafrique : à la conquête du diamant au prix d’une guerre civile ?

 

Lu sur « boulevard Voltaire » cette étude intéressante de Dominique Bilde sur la situation catastrophique en République Centre Africaine, dont la France semble se désintéresser.

 

L’insuffisance de mise en œuvre de mesures adaptées par la RCA, et le trop plein d’intrusions des intervenants internationaux dans l’ensemble du continent africain, nous amènent à anticiper un risque d’aggravation de la vague d’immigration…

 
Pays de plus de 4,5 millions d’habitants, la Centrafrique (« RCA ») est un pays dont la production de diamants destinés à la haute joaillerie s’établit à environ 500.000 carats bruts par an. Paradoxalement, la RCA reste classée parmi les premiers pays les plus pauvres de la planète. Au surplus, à la suite du renversement en 2013 du président François Bozizé, la RCA a connu un réel bouleversement. La situation très instable s’est aggravée après le départ du président Djotodia, contraint à l’exil en janvier 201

Ce chambardement politique a conduit les chrétiens à se constituer en milices connues sous le nom d’anti-balaka, afin de prendre leur revanche suite aux sévices des musulmans de la Séléka. Ce climat a tourné à l’affrontement interreligieux dont l’enjeu est clair : les vainqueurs de ces affrontements auront droit au contrôle des ressources naturelles dont regorge la RCA, notamment les diamants.

Le pays ne parvient plus à sortir de cette spirale de violence, et ce, nonobstant la présence de l’armée française dans le cadre de l’opération Sangaris, qui a pris fin le 31 octobre 2016, ainsi que de la MINUSCA (mission de l’ONU en Centrafrique). En effet, début avril, les forces de sécurité centrafricaines, en accord avec l’ONU, avaient lancé une opération militaire contre les groupes armés du PK5, principal quartier musulman de Bangui, afin de « ramener la paix » dans le quartier.

Le président Touadéra, en fonction depuis mars 2016, a fait appel à la Russie pour ramener l’ordre dans le pays. Cependant, cela n’a pas empêché l’attaque de l’église de Notre-Dame de Fatima le 1er mai dernier, prise d’assaut par des hommes armés musulmans en plein office religieux, dans laquelle étaient rassemblés des centaines de fidèles catholiques pour une messe en hommage à saint Joseph, patron des travailleurs. Le bilan est lourd : au moins 16 morts et 99 blessés (selon la Croix-Rouge centrafricaine). Ce climat « électrique » et ce regain de violences font craindre à beaucoup un embrasement comme la ville n’en a pas connu depuis plusieurs années.

La situation précaire du pays fait de celui-ci une cible évidente pour les pays étrangers, que l’envie de contrôle attire. Il faudra que les autorités centrafricaines redoublent de vigilance afin de conserver leur autonomie. L’attribution de missions claires aux intervenants internationaux parait, dès lors, essentielle. À ce titre, il faudra arrêter la rébellion, retrouver l’intégrité territoriale du pays, ainsi que traduire les chefs rebelles devant la Cour pénale spéciale de Bangui et la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. À ce stade, la RCA va-t-elle tirer son épingle du jeu ?

L’insuffisance de mise en œuvre de mesures adaptées par la RCA et le trop-plein d’intrusions des intervenants internationaux dans l’ensemble du continent africain nous amènent à anticiper un risque d’aggravation de la vague d’immigration d’ores et déjà inquiétante en Europe, en offrant une illusion de « sauveur » à ces peuples. Une solution plus rationnelle serait de soutenir ces pays dans le développement de leurs propres richesses, plutôt que de s’immiscer dans leurs affaires internes et de se substituer aux autorités en place, ce qui ne peut qu’encourager l’immigration.

L’équilibre proposé par ces intervenants étrangers à la majeure partie des pays africains conduit inévitablement à un déséquilibre profond dont les conséquences se répercutent tant au niveau interne africain, par une perte d’indépendance et d’autonomie, qu’au niveau européen, par la hausse de l’arrivée de migrants sur le territoire.

Députée française au parlement européen du FN

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