( 6 décembre, 2017 )

Quand la Pologne se fait plus sociale que l’Union européenne.

 

Lu sur le blog de « Jean-Philippe Chauvin »

 

Je suis toujours surpris de constater comment certaines informations, pas forcément négligeables, sont littéralement occultées dans notre pays, comme si elles dérangeaient l’ordre bien établi des idées reçues et de l’idéologie dominante. Ainsi, la décision de la Pologne de « supprimer le travail dominical » comme le titre, pour un court article, Le Figaro en pages économie, information qui ne peut laisser indifférent les royalistes sociaux, héritiers d’Albert de Mun, grand défenseur des ouvriers et promoteur infatigable du repos dominical combattu par les républicains libéraux et anticléricaux.

 

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Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la Pologne se fait remarquer par des décisions législatives qui prennent le contre-pied du libéralisme ambiant en Union européenne : il y a pratiquement un an, le même gouvernement polonais, considéré comme « conservateur » et « eurosceptique », a fait voter par le Parlement la retraite à 65 ans pour les hommes et à 60 ans pour les femmes, revenant sur la précédente réforme des retraites mise en place par l’actuel président du Conseil européen, le libéral Donald Tusk, qui avait reculé l’âge de la retraite à 67 ans en 2012. Si cela ne fait pas des monarchistes sociaux français des partisans des dirigeants polonais, fort peu sensibles à la question écologique et favorables aux formes actuelles d’un « travail détaché » qui permettent une concurrence déloyale en Europe de leurs entreprises, ces récentes mesures sur les retraites et sur la fin du travail dominical nous interpellent favorablement : d’ailleurs, ne faudrait-il pas plutôt évoquer le « repos dominical », formule plus sociale en elle-même qu’un travail du dimanche qui, partout où il est libéralisé, se banalise et se dévalue, financièrement parlant, après quelques années ?

 

 

La mesure adoptée par le Parlement polonais et souhaitée par le syndicat Solidarnosc, celui-là même qui a contribué à la fin de la dictature communiste dans les années 1980, n’est pas, pour autant, une mesure extrémiste puisqu’elle se mettra en place progressivement et qu’elle souffrira quelques exceptions légitimes, comme le signale Le Figaro économie du lundi 27 novembre : « A compter du 1er mars, les magasins seront ouverts seulement le premier et le dernier dimanche du mois et, à partir du 1er janvier 2019, le dernier dimanche seulement. En 2020, le commerce dominical sera supprimé sauf pour les stations-service, les gares, les boulangeries, les pâtisseries et la livraison des achats sur Internet. » Sans doute faudrait-il ôter de cette liste le dernier élément qui ne me semble pas non plus indispensable mais l’idée générale est bonne et la décision prise par les députés polonais juste et éminemment sociale, même si elle ne sera sans doute pas immédiatement comprise d’une part de la jeunesse désormais habituée à une « immédiateté consommatrice » peu soucieuse du « partage familial ». Cette mesure s’inscrit néanmoins dans la nécessaire « dé-marchandisation » du temps qu’il me paraît utile de promouvoir, en rupture avec la logique de Benjamin Franklin, celle résumée par la célèbre et maudite formule « Le temps c’est de l’argent ».

 

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En somme, il ne serait pas inutile que les éléments de ce programme polonais puissent s’appliquer, avec toutes les particularités qui nous sont propres en tant que nation, à la France : cela serait juste et rappellerait que l’économie doit, d’abord, être au service des hommes au lieu que d’être le serviteur du seul argent…

Jean-Philippe CHAUVIN

( 5 décembre, 2017 )

Sommes-nous donc contre l’Europe ?

Lu sur « lafautearousseau »

 

« L’Europe, faites la mais ne faites pas comme si c’était fait » Charles Maurras 

En deux mots.jpgSommes-nous, comme nous pourrions parfois le donner à croire par maladresse, antieuropéens ? Sommes-nous contre l’Europe ? 

Nos positions ne doivent pas être des foucades. Nous devons être attentifs à leur formulation. Il faut distinguer les plans, ne pas ignorer les nuances qui s’imposent : elles peuvent être importantes.  Nous devons veiller à n’être ni apparaître comme des acteurs négatifs dans le spectre politique français ou comme des esprits simplistes, sectaires, psychorigides. Parce que nos volontés ni nos doctrines politiques ne nous conduisent vers rien de tout cela.

Dans l’affaire européenne, nous sommes carrément opposés à l’esprit de Bruxelles comme à sa réalité technocratique, niveleuse, en fait mondialiste, immigrationniste et multiculturaliste. Cette Europe-là a commencé par refuser de reconnaître ses racines, notamment, mais pas seulement, chrétiennes. Toutes ses racines nées de l’Histoire. Par-là, elle a rompu avec sa réalité. Elle a voulu se construire par dépassement et effacement des Etats-Nations alors qu’elle ne peut exister que par le concert des mêmes. D’origine, l’Europe au sens bruxellois a voulu se construire par l’économie, se définissant seulement comme un « marché ». En ignorant que l’argent n’unit pas. Il divise*. Conséquemment, l’U.E. a travaillé à rendre ce marché homogène, à l’unifier, et même le massifier en édictant un grand nombre de réglementations des plus tatillonnes.  Plus récemment, elle a voulu imposer l’accueil massif de migrants, obliger chaque Etat à des quotas réinventés pour la cause. Le rejet des peuples et de certains Etats courageux a suivi, fatal, d’un bout à l’autre d’une Union qui n’en est pas ou plus une. Ainsi l’un des principaux reproches que l’on peut adresser aux hommes et aux institutions qui ont eu la charge du projet européen est précisément d’avoir gâté cette grande idée, de l’avoir peu à peu discréditée aux yeux des peuples et d’avoir provoqué le rejet, voire le mépris, qu’aujourd’hui elle inspire. Peut-être pour longtemps.

Une autre Europe était et reste possible et nous n’avons pas à nous en dire « partisans » : nous en sommes, nous sentant profondément européens d’une Europe réelle, faite de ses différences, de ses peuples divers, de ses langues et de ses cultures, de sa riche palette de climats, de paysages et de mœurs, de son enracinement spirituel diversement mais partout majoritairement chrétien, de son patrimoine intellectuel, de ses scientifiques et de ses techniciens, de ses littératures et de ses arts, différenciés et formant pourtant une évidente communauté de civilisation, à défaut de constituer une unité politique. Par tradition, par héritage, par respect de l’Histoire, par sens et goût des traditions, des racines et des terroirs, par attachement au principe dynastique qui, au cours des siècles fondateurs a façonné l’Europe, uni tant de fois les familles princières du continent, relié leurs Etats et leurs peuples, les royalistes sont par essence européens. Peut-être plus naturellement, plus spontanément que d’autres.

C’est cette Europe-là que nous prônons. L’Europe des intérêts, économiques, sociaux et politiques n’a jamais cessé d’être divisée. Elle l’est aujourd’hui plus que jamais. Sans-doute par définition et pour longtemps. L’Europe communauté de civilisation, en revanche, à condition qu’elle s’éloigne de son tropisme de repentance et d’excessive autocritique, est une réalité qui n’a nul besoin d’une armada de technocrates pour exister. Les mêmes qui provoquaient déjà l’ire de De Gaulle autour de 1960 …  Echanges scientifiques, universitaires, culturels, estudiantins, grands projets d’intérêt commun, grands travaux unificateurs du Continent, peuvent se réaliser sans eux. Le Conseil des chefs d’Etat, des gouvernements ou des ministres concernés y suffirait.

Cette Europe-là n’exclut pas une Union qui serait progressivement plus politique par la concertation institutionnalisée de ses Etats. Elle ne l’exclut pas, elle la précède et la conditionne.

La première de ces deux Europes d’esprit si opposé, est en train d’échouer. D’aucuns se demandent si elle n’est pas déjà morte sans le savoir. Rien en tout cas n’est certain de sa pérennité ni de sa capacité de résistance aux épreuves et au temps. Celle que nous appelons de nos vœux pour éloignée qu’elle soit de la doxa postmoderne a au moins pour bases de puissantes réalités sur lesquelles l’Europe de Bruxelles vient aujourd’hui se briser. Notre Europe a le mérite d’être, en plus d’une réalité, une espérance. •

* Guerre fiscale intra-européenne

( 4 décembre, 2017 )

Discours de Noël de Donald Trump : une injure à la christianophobie

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

Le président américain a fait acte de résistance chrétienne. Qu’il en soit remercié.

Melania Trump, n’ayant jamais fait mystère de sa foi catholique, avait déjà annoncé la couleur en visitant la cathédrale Notre-Dame de Paris – dont l’indispensable restauration semble plus intéresser les Américains que les autorités françaises –, lors de la visite officielle de son président de mari en France, au mois de juillet de cette année.

Donald Trump, quant à lui, ne dissimule pas cette vérité intangible, à savoir que l’Occident s’est majoritairement – certes, pas exclusivement – construit sur un socle chrétien. Et, contrairement à nombre de ses homologues, il pointe le martyre subi actuellement par les chrétiens, particulièrement dans le monde musulman : « Le christianisme est en état de siège », affirmait-il récemment.

À l’occasion de « la traditionnelle cérémonie d’allumage du grand sapin de Noël devant la Maison-Blanche » (Le Salon beige), Donald Trump a prononcé un discours qui remet en perspective le christianisme. On peut y lire notamment cette évidence :

« Quelle que soit notre croyance nous savons que la naissance de Jésus-Christ et l’histoire de son incroyable vie a changé pour toujours le cours de l’histoire humaine. Il n’y a guère d’aspects de notre vie aujourd’hui que Sa vie n’a pas touchés – art, musique, culture, droit, et notre respect pour la dignité sacrée de toute personne, partout dans le monde. »

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Ce discours sur Noël plein de gratitude, qui ne contient pas une once d’invective, est une invitation à partager « la vraie source de joie en ce temps de l’année » (ibid.).

Il n’en fallait pas plus pour que la meute haïssable se déchaîne en un torrent bourbeux. Sur son site, BFM TV titre ainsi un article : « Noël, la vieille obsession de Donald Trump. » Quelques jours plus tôt, le président s’était rendu à St. Louis, où il avait parlé entouré de sapins. Un certain Gilles Paris, pour Le Monde, y voyait une « posture destinée à son électorat ». Seule la horde progressiste sait être sincère, c’est bien connu !

Tout est bon pour salir un homme qui, sans être ni un modèle de vertu ni un idéal politique, a au moins le mérite de rétablir les chrétiens dans leurs droits aux États-Unis, tandis que chez nous ils sont fermement priés de raser les murs.

Ainsi, au sujet des décorations de Noël de la Maison-Blanche présentées par Melania Trump, Le Huffpost nous gratifiait d’un article suintant le mauvais esprit et la petitesse textuelle – comparant lesdites décorations à l’atmosphère des romans de Stephen King –, titré : « Cette effrayante décoration de Noël de la Maison-Blanche vaut le détour(nement). »

Le bon goût de ces gens-là est à ce point sûr qu’ils frôlent l’orgasme devant une déjection abstraite de quelque galerie tendance ! À l’instar d’une Roselyne Bachelot ricanant lourdement sur LCI et proposant de virer la statue de Jean-Paul II à Ploërmel parce qu’elle est « moche ».

Le président américain a fait acte de résistance chrétienne. Qu’il en soit remercié.

( 4 décembre, 2017 )

LIBRE OPINION du général (2S) Henri ROURE : Honneur aux colonisateurs.

 

Lu sur « boulevard Voltaire » cette critique qui paraît très juste de l’intervention catastrophique du Président Macron au Burkina faso.

 

Le président actuel, devant les étudiants burkinabés, une fois encore, s’est comporté en malappris, manquant au simple devoir de respect envers les autorités d’un pays hôte et ami, en assimilant le président burkinabé à un bricoleur en électricité. Ce genre d’humour, au détriment d’un chef d’État, aurait pu plaire à Trump, mais sûrement pas à un haut dignitaire africain. Nous savons la susceptibilité des responsables de l’Afrique francophone, d’une part, et, d’autre part, la position si particulière que la France occupe toujours dans ces pays. Le président français, une fois encore, n’a pas pris la mesure de son rôle et de l’environnement dans lequel il se trouvait.  Une fois de plus les médias nationaux applaudissent le personnage pour sa décontraction et son aisance, sans se soucier des ravages que ce type de propos peut faire. C’est bien dommage pour la France, hélas!

 

Mais pire, le président français a claironné, confirmant ses mots prononcés à Alger pendant la campagne présidentielle, que la colonisation était un crime contre l’humanité, ajoutant qu’il appartenait à une génération qui la voyait ainsi. Outre le fait qu’il n’a pas été élu par « sa génération », mais par une minorité d’un corps électoral, aveuglé par le système médiatico-financier ou déboussolé par le désastre politique provoqué, il n’a aucun droit à porter ce type de jugement, assorti de cette précision. Je ferai, à cet égard, quelques remarques, à monsieur Macron, en regrettant que des affirmations particulièrement justes aient été anéanties par une attitude inadaptée et des mots inutiles et dangereux.

La colonisation est une phase historique. Elle est à regarder comme telle.

Aucun historien, digne de ce nom, ne se permettrait de juger le passé avec le regard d’aujourd’hui. Chaque époque a eu ses vertus et ses obligations. Les sociétés d’autrefois agissaient en fonction de leurs connaissances, de leur organisation et de leur évolution culturelle ou religieuse. La vision de l’homme, au moins en Occident, n’a cessé d’évoluer vers un respect de plus en plus grand de la personne, aussi, ne pas admettre que l’être humain, sous l’influence de différents apports, a modifié son comportement et son attitude envers lui-même, revient à considérer que l’humanité n’est pas perfectible. Dans ce cas il faut revoir l’enseignement de l’Histoire que je jugeais, personnellement, comme une science, une matière à la recherche de la vérité sur le passé. Ainsi, selon la perception de l’actuel président, les Grecs auraient été des voyous et Alexandre un fieffé salopard. La guerre des Gaules, devrait être vue comme le compte-rendu d’une agression colonialiste, et, en passant quelques siècles pour éviter, en particulier, de parler de Mohammed et de ses chevauchées, la conquête des Amériques a été le pire des crimes contre l’humanité. Il faudrait donc que l’Europe fasse son mea-culpa et exige d’Etats comme l’Argentine, le Brésil, le Vénézuela…et les États-Unis ou le Canada, qu’ils reconnaissent être le résultat scandaleux de la destruction de peuples indigènes et que les premiers colons, leurs aïeux, étaient des criminels contre l’humanité. Les conquistadors et les explorateurs n’étaient pas des tendres, mais leurs actions n’ont fait sourciller aucun gouvernement et aucune référence morale ou religieuse de leur époque, car dans la philosophie d’alors, ce qu’ils faisaient était légitime.

 

La colonisation n’a rien été d’autre qu’une conquête de territoires avec domination du vainqueur sur le vaincu, comme cela s’était toujours produit par le passé et comme cela se produira, sans doute, encore. Sinon il faudrait mettre au rang des criminels contre l’humanité des gens qui, jusqu’à présent, paraissaient respectables. J’en cite quelques uns. Victor Hugo, en 1879, Dieu donne la terre aux hommes, Dieu donne l’Afrique à l’Europe (désormais à bannir de notre littérature); Émile Zola, en pleine affaire Dreyfus, sur l’occupation de terres en Algérie, Ce royaume appartiendra au laboureur qui aura osé le prendre, s’y tailler, à son gré, un domaine aussi vaste que sa force de travail l’aura créé (son nom et son œuvre sont à ôter des manuels scolaires); Jean Jaurès, lui aussi, à propos du Maroc, La France a autant de droit de prolonger son action économique et morale qu’en dehors de toute violence militaire, la civilisation qu’elle représente en Afrique auprès des indigènes est certainement supérieure à l’état présent du régime marocain (avant que ne soit éliminé de notre histoire ce discret et odieux colonialiste, sachez aussi qu’il n’était pas un pacifiste bêlant qui aurait accusé ceux qui voulaient la guerre de criminels. Il se rallia, quelques jours avant sa mort, à la nécessité de ce conflit – pour votre info, il appartenait à une famille de militaires – de marins – et son fils sera tué, comme sous-lieutenant à la tête de sa section, en 1918.), Léon Blum, devant les députés, le 9 juillet 1925, Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles, celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de les appeler aux progrès réalisés grâce aux efforts de la science et de l’industrie (de la part d’un socialiste c’est évidemment ignoble!). Et bien d’autres…

Je déduis de votre discours, monsieur Macron, que « votre génération », considère que l’histoire est une succession de crimes contre l’humanité.

L’histoire n’est pas un long fleuve tranquille; elle est le parcours de l’Homme dans le temps. Or, les conséquences de vos propos en font un perpétuel génocide et nos chefs d’État d’autrefois et nos ancêtres des criminels de guerre. En réalité vous banalisez dangereusement l’expression « crime contre l’humanité ».

Votre affirmation répond à une mauvaise politique. La colonisation ne doit pas être confondue avec les massacres que le XXe siècle a connus. Ce n’est pas parce que le suffixe est identique que le colonialisme doit être aligné sur le nazisme, le communisme, le fascisme ou l’islamisme. Il s’agissait, ou il s’agit encore, pour l’islamisme, d’idéologies criminelles, visant à modifier l’homme et à l’empêcher de penser autrement que selon la doctrine de référence. La colonisation n’a jamais voulu ça. Elle poursuivait plusieurs objectifs. Certes, elle convoitait les richesses que recelaient des territoires lointains aux populations peu structurées, ou, s’agissant de la conquête de l’Algérie, elle visait à mettre un terme aux actes de piraterie perpétrés depuis Alger et à l’anarchie d’un territoire à l’abandon, mais elle était aussi porteuse d’humanisme. Personnellement, depuis le CM2, j’ai en mémoire, l’image du sergent Malamine, sénégalais, faisant, avec Brazza, embrasser nos trois couleurs à un assujetti de cette région qui allait devenir le Congo, en lui disant: « embrasse le drapeau français et tu seras libre ». Plus tard j’ai appris que le Sénégal, par ses 4 communes, Rufisque, Dakar, Gorée et Saint-Louis, envoyait des députés à l’assemblée nationale et que la loi  Diagne, en 1916, conféra, à tous leurs habitants, la pleine citoyenneté française. D’autres communes suivirent. Blaise Diagne, originaire de Gorée fut le premier Africain sous-secrétaire d’État aux colonies. Mais, selon votre pensée, c’était sans nul doute un « collabo ». Il précéda d’autres Africains colonisés dans ces fonctions de ministre de la République Française. De parfaits criminels eux aussi? Enfin il me revient que nous devons le mot Francafrique à un colonisé, Félix Houphouët Boigny. J’aurais bien d’autres exemples sur ces méfaits supposés de la colonisation, en Indochine et ailleurs dans ce que nous appelions l’Empire…

Aujourd’hui, les formes de domination sont devenues plus subtiles. Le crime existe et se fait discret.

Qui, aujourd’hui, croira que les opérations conduites au Moyen-Orient ont uniquement pour but de combattre l’État islamique? Doit-on être convaincus que les actions chinoise, états-unienne, britannique, japonaise ou encore allemande, et même la nôtre, sur le continent africain ou ailleurs dans le monde sont désintéressées? À quoi doit-on comparer cette volonté, de plus en plus évidente, de substituer le consommateur au citoyen dans l’Union Européenne? Que dire du Grand marché transatlantique initié par les États-Unis et de leur volonté d’établir sur le monde une même façon d’être? Et surtout que dire de l’islamisme, de l’islam, qui s’insinue, en France et en Europe, sous l’impulsion d’États médiévaux, avec comme objectif affirmé d’instaurer la charia et de nous convertir ou de nous faire disparaître? Les moyens de domination ont changé, mais in fine, voyez-vous, je préfère l’époque coloniale. Malgré quelques abus, dont la corvée, dévoilés par ceux-là même qui participaient à cette prodigieuse aventure, elle s’est révélée un véritable humanisme. Sinon je ne crois pas que l’Algérie, au moment de l’indépendance, aurait été avec l’Afrique du Sud, la région la plus développée du continent. Je ne crois pas, non plus, que la population africaine se serait autant multipliée, qu’il y aurait autant d’hôpitaux, de routes, d’écoles, de diplômés, de villes et d’administrations dans cet immense territoire, parcouru, à l’origine par mille ethnies qui se chamaillaient. Sinon, je ne comprendrais pas que tant d’anciens colonisés souhaitent venir en France pour étudier ou travailler. Enfin permettez-moi de me demander, si l’Afrique du nord était encore sous le joug colonial, si l’on vendrait des esclaves en Libye et ailleurs.

Je ne voudrais pas faire de peine à certains, mais l’Africain, globalement, assume le fait colonial.

L’anticolonialisme est surtout une attitude de bobos blancs, de pseudos branchés, d’idéologues incultes, qui, par opportunisme ou imbécilité, ont tendance à juger le passé avec le regard de maintenant.

Pour mon pays, j’espère que vous ne vous inscrivez dans aucune de ces catégories et que vous atténuerez – vous avez suffisamment de souplesse pour le faire – la portée de votre propos.

 

Général (2S) Henri ROURE
ancien officier des Troupes de Marine
fils et petit-fils de Coloniaux

Site de rediffusion : www.asafrance.fr

Source : www.asafrance.fr
( 1 décembre, 2017 )

Jacques Trémolet de Villers : La main de justice

 

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Le signe le plus certain de l’affaiblissement de l’État, est l’état d’abandon moral et matériel de la justice. 

Nous avons changé de Président de la République. Nous avons changé de gouvernement et nous avons changé de majorité présidentielle.

Nous n’avons pas changé de système judiciaire.

Au fronton de notre Palais parisien sont gravés ces mots : « Hora fugit, stat jus ». Si l’heure continue de fuir, le droit est lui-même devenu très mouvant. Notre vieux Palais parisien lui-même va être désaffecté au profit de nouveaux locaux plus modernes, remplis de sas et de digicodes, encore plus inaccessibles au justiciable et, surtout, encore plus dépouillés de ses symboles.

Si l’Éducation nationale semble, par la voix de son nouveau ministre, vouloir revenir aux fondamentaux – lire, écrire, compter, et se comporter de façon civile  – il n’en va pas de même pour notre justice, depuis longtemps à la dérive, pour la simple et unique raison que cette fonction régalienne, la première fonction de l’État, est quasiment oubliée par ledit État, qui se veut de moins en moins régalien.

Des signes qui n’en sont pas

Nous pouvions attendre autre chose de notre nouveau « monarque élu et provisoire » dans la mesure où son attitude « jupitérienne » devait le rapprocher de ses fonctions régaliennes. Il est apparu, avec l’autre fonction régalienne, la Défense, que cette attitude était plus une pose médiatique qu’une volonté farouche d’accomplir son devoir. La rupture avec le général de Villiers manifestait une profonde méconnaissance de l’âme militaire. On ne devrait jamais placer à la tête de l’État comme Chef des Armées un homme qui ne sait pas ce qu’est la vie de soldat. Macron est le premier dans le genre. Nicolas Sarkozy n’avait pas été un soldat très remarquable mais il savait quand même ce qu’était l’uniforme, la vie de caserne, la camaraderie, le rythme et l’esprit de la vie militaire. Il faut y être passé pour le sentir et aucune formation en communication ne peut remplacer cette expérience.

Saint-Cyr le sait, qui recevait et reçoit encore, régulièrement, à titre d’élèves étrangers, quelques princes qui viennent là apprendre la plus grande partie de leur métier.

Mais si Emmanuel Macron a tenté, pour ce qui est de l’armée, de donner le change, par la mâchoire serrée, le regard fixé et les mains posées sur la barre du command-car, il n’a même pas un regard, ou une minute, pour l’œuvre de justice.

La meilleure preuve de son désintérêt pour la question était d’avoir nommé Bayrou comme garde des Sceaux.

Le temps d’une pirouette, vraiment politico-politicienne, et voici le ministère remis aux mains d’une femme, qui fut membre du Conseil constitutionnel, et qui est juriste, mais dont, pour l’instant, la présence n’est pas fortement ressentie.

Féminisation accrue

Que ce Ministère soit entre des mains féminines n’est pas surprenant puisque, dans notre univers judiciaire, la féminisation est galopante et, si j’ose parler ainsi en enfreignant un tabou majeur, excessive.

Il ne faut pas croire que femmes et hommes sont interchangeables, et que, comme le disait plaisamment une ancienne avocate féministe : « il n’y a pas de sexe sous la robe ».

La justice, exercée pendant de longs siècles par des hommes portant la robe, a reçu de cette empreinte des caractères multiséculaires, on pourrait dire millénaires, qui vont bien au-delà de la question du sexe.

Cela était si vrai que, pendant longtemps, lorsque la fonction était exercée, et souvent fort bien par une dame, on l’appelait Madame le Président… ou Madame le Procureur de la République, Madame l’Avocat Général. Les femmes accomplissaient aussi bien que les hommes une fonction historiquement masculine.

Quand, devenue largement majoritaire, la présence féminine a imposé de changer les appellations en Madame la Présidente… Madame la Procureure… et Madame l’Avocate Générale, les repères venus de la tradition se sont plus rapidement estompés. Il est resté la robe, mais, sous la robe, il n’y a pas que le sexe qui ait changé.

Cette évolution ne poserait pas de difficulté majeure si les constantes de l’œuvre judiciaire étaient fortement enseignées, maintenues et vécues par les magistrats- qu’ils soient hommes ou femmes… et si l’impulsion vers la haute fonction de « rendre à chacun ce qui lui est dû » était donnée fortement d’en-haut.

La technique sans l’esprit

Mais ce changement s’opère alors que les fondamentaux du droit ne sont plus enseignés dans les facultés non plus que dans les écoles de préparation et qu’au sommet de l’État cette fonction régalienne est quasiment méprisée :

  • Qu’est-ce que la loi ?
  • D’où vient le droit ?
  • Et qu’est le droit ?

Ces interrogations philosophiques qui sont au fondement de la Cité et que toutes les civilisations ont posées, ont laissé place à une prétendue « technique juridique », qui n’est que la manipulation de textes sans rapport véritable avec la requête qui vient du cœur du justiciable : le besoin de justice qui lui fait demander que son droit soit reconnu.

Malgré des propos de compassion et une hypocrisie verbale qui frôle celle des pharisiens, notre justice a progressé en inhumanité dans la mesure où, se faisant toujours plus technique, elle se voulait séparée de tout fondement philosophique.

Il est vraiment douloureux de constater que cette inhumanité grandissante va de pair avec une féminisation accrue. Tout laissait espérer le contraire, mais la réalité est là, et l’invasion numérique ne favorise pas la rencontre avec l’humain.

Heureusement, il reste la pratique. Hommes ou femmes, les magistrats d’audience voient devant eux des justiciables ou leurs avocats qui, sans cesse, réclament le droit, plaidant l’équité et la justice. Femmes ou hommes, les avocats doivent rendre des comptes à leurs clients qui leur demandent « où en est leur affaire » ; et le besoin de justice, exprimé à la base, est le grand correcteur des hésitations ou des contradictions du sommet.

Reste que les choses iraient mieux si, au sommet, il y avait quelqu’un qui, à côté du glaive, sache tenir « la main de justice ».

JACQUES TRÉMOLET DE VILLERS  

Politique magazine octobre 2017 -  Consulter … S’abonner …

( 29 novembre, 2017 )

Rosaire pour la France

 

Communiqué

Chers amis,

notre prochain Rosaire pour la France aura lieu :

samedi 2 décembre à 17h

en l’église Saint Martin d’Ars-sur-Moselle

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( 29 novembre, 2017 )

Communiqué de VOSGES ROYALES

 

 

Lors de la journée Nicolas STOFFLET le 1er avril dernier à Bathelémont, peut-avez-vous eu l’occasion de vous entretenir avec Sylvain DURAIN autour de la table de presse où il dédicaçait les DVD de ses films « Le sang du père » et « Chrétiens d’Orient » ainsi que ses livres : « Le Sang du Père » notamment.

 

Aujourd’hui, il est sur le point de publier un nouveau livre :  « L’Histoire du Père, une anthropologie fondamentale ». Cet essai aura pour objectif de montrer et d’expliquer la continuité anthropologique, philosophique, idéologique et spirituelle entre les communautés primitives et les religions modernes, mais aussi d’analyser l’évolution du rôle paternel et de la place du père jusqu’à nos jours. 

 

Cette analyse très pertinente qui éclaire notre société d’un jour nouveau se situe hors de la pensée dominante et il en résulte qu’il ne peut éditer son livre qu’autrement qu’à compte d’auteur, méthode bien connue pour faire taire les dissidents…

 

Aussi, pour boucler le financement de cette édition, Sylvain DURAIN s’est résolu à une demande de financement participatif.

Dans la pratique, il ne s’agit pas d’un appel au don mais d’une pré-vente par souscription. Pour le versement de 20 euros, vous recevrez, dès sa sortie, un exemplaire personnellement dédicacé de cet ouvrage (qui sera vendu 25 euros au prix public). De plus, dans le cas où la somme nécessaire ne serait pas atteinte, vous seriez intégralement remboursés.

 

Nous avons choisi, aux Vosges royales, de soutenir cette initiative. Aussi nous vous remercions, si vous pensez, tout comme nous, qu’un tel ouvrage mérite de voir le jour, de vous associer à cette souscription et, dans tous les cas, de diffuser ce message autour de vous.
Vous trouverez ci-dessous le lien conduisant à l’entretien que Sylvain Durain a accordé à La Gazette des Vosges Royalistes dans lequel vous trouverez toutes les informations sur le livre :

http://gazette-royale88.over- blog.com/2017/10/entretien- avec-sylvain-durain-autour-de- son-prochain-livre.html

Communiqué de VOSGES ROYALES dans presse ob_150b07_syldur1
Nous recevons Sylvain Durain pour un entretien autour de son nouveau livre (à paraître en 2018) Propos recueillis par Didier BRUNO Sylvain Durain, je vais tenter de …

 

POUR SOUSCRIRE : connectez-vous au site spécialisé dans le financement participatif Ulule et cliquez sur « CONTRIBUER »:

 

https://fr.ulule.com/histoire- pere/

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Mon livre aura pour objectif de montrer et d’expliquer la continuité anthropologique, philosophique, idéologique et spirituelle entre les communautés primitives …

 

En cas d’impossibilité et à titre tout à fait exceptionnel, l’auteur accepte les chèques il vous suffit pour cela de prendre contact avec l’auteur sur sylvain.durain@hotmail.fr

Nous vous remercions de nous aider à faire avancer ce projet qui, sans nous, ne verra pas le jour.

 

N’hésitez pas à découvrir également l’ensemble de ses travaux sur son site personnel : sylvaindurain.fr

 

ATTENTION : Il reste moins de 10 jours avant la clôture de l’opération

 

Cordialement

La gazette des Vosges royalistes

La gazette des Vosges royalistes

Bulletin de liaison des royalistes vosgiens
http://gazette-royale88.over-blog.com/

( 29 novembre, 2017 )

La tradition de l’évêque de Myre ou la fête commerciale du « Saint Nicolas » ?

 

Communiqué de DLF 54 :

23915836_1910247502348707_5573500129609233034_n« Si Saint Nicolas est traditionnellement connu comme le patron de la Lorraine et des enfants, c’est aussi une marque commerciale dont le nom fût déposé à l’INPI par l’ancien maire de Nancy, André Rossinot.

Ce premier aspect pourtant défendu publiquement par l’actuel maire Laurent Hénart quand il s’agît de demander des subventions au conseil régional les années précédentes, laisse subsister quelques doutes.

En effet, le grand concert pour enfants de la Saint Nicolas salle Poirel se trouve être à la même heure que la messe du dimanche matin. C’est le comble de l’ironie pour les catholiques pratiquants, aussi bien petits que grands.

Rappelons que Saint Nicolas, par sa catholicité, est porteur d’universalisme. Cet universalisme qui reconnait les diversités et qui conduit à toutes les luttes pour la fraternité et le respect des cultures.

Il est regrettable qu’en cette circonstance, la Mairie de Nancy déroge à ce principe en excluant de ce concert, de facto, les catholiques. »

La Lorraine Royaliste approuve entièrement les termes de ce communiqué

( 29 novembre, 2017 )

Fatigués d’être hystérisés ?

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

En deux mots.jpgN’êtes-vous pas fatigués d’être hystérisés ? C’est Maxime Tandonnet dans le Figaro qui a qualifié de la sorte le résultat des immenses et incessantes campagnes de conditionnement auxquelles les médias sont convenus de nous soumettre présentement. De façon parfaitement coordonnée, uniforme et massive, telles les armes de destruction qu’était censé posséder Saddam Hussein et que, lui, ne possédait pas.

Il ne s’agit plus de nous inculquer une doctrine politique, ni de nous enrôler dans le sillage d’un quelconque parti – unique le cas échéant. Les partis, déjà moribonds avant lui, ont été heureusement balayés, dégagés, par Macron ; et les idéologies politiques semblent avoir été remisées au musée des doctrines mortes.

Non, il s’agit désormais de nos vies privées, personnelles et sociales.

Il y a tout en haut de l’échelle liberticide des campagnes médiatiques en action l’obsession du « genre » ; arbitraire obsession car, hormis les minorités de tous types qui aspirent à obtenir pour leurs déviances le statut de norme, jamais, depuis sans-doute les origines de l’humanité, les garçons et les filles de par la nature et la naissance, n’ont eu grand mal à se reconnaître pour tels et à opérer entre eux ce genre de rapprochements par lesquels les sociétés se fondent et se perpétuent. Les modes opératoires ne sont pas pour eux très longtemps mystérieux et s’exécutent depuis des siècles de siècles sans grand effort de psychologie. Aujourd’hui, à l’inverse, selon la doxa le père dit à l’enfant : « tu seras une femme, mon fils. »

Qu’importe que la théorie du genre, sous ses diverses extrapolations soit ou non formellement enseignée à l’école ? Elle y est diffuse, omniprésente, dominante, non vraiment dans l’esprit des gens normaux comme vous et moi, mais parce qu’elle est continûment présente dans tous les moyens de communication de masse, ce qu’on appelait en un temps déjà ancien sous influence marxiste-léniniste, les mass-médias, qui finissent aujourd’hui par envahir l’air ambiant social.

Alors il y a, sans rire, un secrétariat d’Etat chargé de l’égalité homme-femme ; il y a la folie de l’écriture inclusive, qui n’est qu’un défi au bon sens ; il y a l’infâme hashtag Balance ton porc dont on ne sait dire lequel des trois vocables qui le composent est le plus vulgaire, le plus avilissant ; il y a la perpétuelle dénonciation des violences faites aux femmes, la chasse au harcèlement sexuel, l’élaboration de lois ad hoc. Etc.  Demain les hommes ainsi stigmatisés à raison du comportement dégoûtant de quelques-uns d’entre eux sortiront-ils encore dans la rue sans honte ? Oseront-ils s’y montrer ? Ce n’est pas sûr.

Samedi dernier, sur le plateau d’On n’est pas couché, Alain Finkielkraut, en rupture avec ces exagérations, ces vulgarités ou ces folies, a rappelé avec nostalgie à des harpies féministes qui n’ont pas peur des Beurs, que la galanterie est une des traditions françaises. Et, questionné sur l’écriture inclusive, destinée à soi-disant féminiser la langue, il saisit l’occasion pour adresser au journal Le Monde une demande en forme de sommation qui, tout à la fois, fait sourire et fait mouche : puisque Le Monde s’en est déclaré chaud partisan, qu’il publie désormais ses articles en écriture inclusive ! Finkelkraut a ajouté que l’ex grand quotidien du soir – devenu, selon lui, une feuille de choux qui ne se consacre plus qu’à de la propagande – y perdrait tous ses lecteurs et qu’on en serait ainsi débarrassés.

Il arrive que l’excès, l’exagération finissent par agacer. Cela semble être le cas des campagnes féministes que les médias relaient et amplifient sans limites. A preuve, les éloges et le soutien inattendus de Yann Moix et Christine Angot envers Alain Finkelkraut lors de ce passage à ONPC que nous venons d’évoquer. Il en est ressorti satisfait. Et nous aussi.

Tout n’est donc peut-être pas permis en France. Pas encore. Il faut se hâter …

( 28 novembre, 2017 )

Quand les Kurdes négocient avec Daesh

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

La prise de Raqqa (capitale de l’Etat islamique) a été saluée comme une grande victoire contre Daesh. Ce sont les FDS, cette coalition composée majoritairement de Kurdes et organisée par les Etats-Unis, qui ont fait le siège de la ville.

L’affaire a pris plusieurs mois. Les bombardements américains ont détruit 80% de la ville mais les forces kurdes ont longtemps piétiné devant les derniers réduits de Daesh, sans vraiment s’y attaquer.

Et puis soudainement, malgré l’absence d’offensive finale, les Américains ont triomphalement annoncé la reprise complète de la ville.

Un long cortège de civils s’est alors dirigé vers le nord, en direction de la frontière turque, fuyant une ville devenue inhabitable.

Mais très vite, des doutes sont apparus sur le sort des derniers combattants islamistes. Les Russes ont accusé les Américains de les avoir laissés s’en aller, mais personne ne les a écoutés. Des rumeurs faisaient état de départ négocié vers Deir ez-Zor que l’armée syrienne tentait de reprendre à Daesh, les Américains ont démenti.

Il a fallu une enquête de la BBC pour qu’une partie de la vérité apparaisse.

Il y a bien eu négociation entre les Kurdes et les derniers combattants de Daesh afin que ceux-ci puissent évacuer Raqqa avec leurs familles et leurs armes. Ils se sont massivement dirigés vers la Turquie et ont, pour la plupart, franchi la frontière.

Les Turcs n’ont évidemment pas été informés de la situation, ni par les Kurdes (c’est assez logique) ni par les Américains (ce qui ne va pas arranger leurs relations). Et c’est un peu par hasard que deux responsables importants de Daesh ont été arrêtés peu après en Turquie.

Les autres sont maintenant disséminés un peu partout…

Le Ministre des Affaires étrangères russe, Serguei Lavrov, a violemment dénoncé cette opération peu après, preuves à l’appui.

Ne pouvant plus démentir, les Américains ont cette fois reconnu la réalité de la négociation, arguant du fait qu’il n’était pas possible de faire autrement.

Il n’est d’ailleurs pas certain qu’ils aient eu tout à fait leur mot à dire. En effet, les Kurdes étaient bien décidés à perdre un minimum d’hommes dans une bataille dont l’importance était plus symbolique que stratégique. Raqqa était totalement isolée, et la plupart des combattants avaient fui avant le début des combats vers Deir ez-Zor, Mayadin et Abou Kamal, dernière ville tenue par Daesh, près de la frontière iraquienne. C’est l’armée syrienne qui devra finir de reprendre cette zone baignée par l’Euphrate.

Les Américains voulaient une victoire de prestige à moindre frais et il serait assez naïf d’être surpris par une telle négociation. Les Kurdes, quant à eux, sont dans une logique de conquête territoriale préparant une négociation politique, et le combat anti-islamiste est tout à fait accessoire pour eux.

On évalue à 250 le nombre de combattants islamistes ainsi exfiltrés par les Kurdes. Si l ‘on rajoute les familles, ce sont presque 2000 personnes qui ont été autorisées à partir.

Il ne faudra pas s’étonner d’en retrouver un jour en Europe…

Antoine de Lacoste

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