( 19 mai, 2019 )

Le 20 mai, Macr(é)on laissera-t-il mourir Vincent Lambert ?

 

lu sur « boulevard Voltaire »

 

On reconnaît, dit-on, un arbre à ses fruits. À quoi, donc, reconnaît-on une société humaine organisée, si ce n’est à sa Constitution naturelle, à la valeur qu’elle accorde aux règles non écrites du Beau, du Vrai et du Bien ?

Telle est, précisément, la question qui se pose solennellement, à quelques heures de l’exécution létale de Vincent Lambert, par le médecin de l’hôpital de Reims qui a fait savoir qu’il appliquerait sans faiblesse l’ordonnance du Conseil d’État, en infligeant la mort à son patient par sédation profonde, le 20 mai prochain. Rappelons que le Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU, saisi par les avocats de Vincent, avait accordé, le 3 mai, le bénéfice de mesures conservatoires en vertu de la Convention relative aux droits des personnes handicapées signée par la France en 2010. Il vient de réitérer sa demande à la France de maintien provisoire des soins.

Le 24 avril dernier, la haute juridiction administrative statuant en référé (trois juges) avait confirmé le jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 31 janvier 2019, qui validait lui-même l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent. Pour les robins du Palais-Royal, deux éléments venaient conforter cette peine capitale. D’une part, l’état végétatif chronique de profondeur stable consécutif à des lésions cérébrales graves, étendues et irréversibles, autant d’éléments constituant des « indicateurs d’un pronostic clinique négatif ». D’autre part, la volonté manifestée par Vincent Lambert avant son accident, « qui n’aurait pas voulu vivre dans de telles conditions ».

On se souvient que, le 29 septembre 2008, Vincent Lambert est victime d’un accident de voiture. Hospitalisé au service de réanimation du Centre hospitalier de Châlons-en-Champagne, il est alors plongé dans un état de coma profond dont il émergera pour se retrouver en « état pauci-relationnel », ou état de « conscience minimale plus ». Depuis lors, ses parents et leurs avocats se battent pied à pied contre les institutions médicales et judiciaires pour que l’ancien infirmier psychiatrique ne soit pas euthanasié malgré son handicap.

Dimanche 19 mai, la mère de Vincent Lambert se rendra, à 15 h, devant l’hôpital de Reims pour supplier l’équipe médicale de continuer à hydrater et nourrir son fils tétraplégique… Précisons que l’hôpital fait l’objet, pour l’occasion, d’une mesure Vigipirate de « sécurité renforcée, risque attentat ».

Le geste de Mme Lambert fait douloureusement écho au cri d’Antigone s’élevant contre le tyran Créon qui refusait une sépulture à son frère Polynice. Il montre que notre société postmoderne, drapée dans la vanité immaculée de ses droits de l’homme universels, sûre de son bon (État de) droit, n’est, in fine, pas moins tyrannique que le dernier roi de Thèbes. Elle est même pire que lui car, en toute bonne conscience, elle conjugue la cruauté à la tartuferie cynique en faisant passer le handicap d’un malheureux, certes très lourd, pour une maladie incurable.

Cela dit, on aurait tort de taxer Viviane Lambert d’anarchisme, de rébellion aux lois de l’État et aux sentences de ses tribunaux. Boursouflées d’orgueil, nos sociétés oublient qu’« un simple édit, même royal, n’est pas assez fort pour infirmer les principes inécrits, ces données synthétiques de l’Ordre, ces hautes traditions des Autels, des Foyers, des Tombeaux, dont nul ne connaît l’origine et auxquels la simple décision d’un homme ne peut se comparer » (Charles Maurras, Antigone, Vierge-Mère de l’Ordre, 1944).

Nous en appelons au droit de grâce du président de la République, sauf à encourir les déchaînements courroucés des Érinyes – ces Furies de la Rome antique qui pourchassaient ceux qui avaient enfreint les lois de l’ordre moral…

Aristide Leucate

 Docteur en droit, journaliste et essayiste
( 17 mai, 2019 )

Acte de racisme absolu contre l’être humain, la mise à mort de Vincent Lambert serait un crime d’État.

 

Communiqué de l’AGRIF du 17 mai 2019

 

De partout montent les appels vers le président de la République qui, seul, a désormais le pouvoir d’empêcher le meurtre par euthanazie idéologiquement programmé.

La mise à mort de Vincent Lambert prendrait une signification terrible : la volonté mûrement décidée d’un acte de transgression de la loi morale universelle, celle du Décalogue, fondement de la civilisation du respect de la vie innocente, ordonné par le quatrième des commandements du Décalogue : « Tu ne tueras pas ». Décalogue pas seulement destiné au seul peuple juif de l’Ancien Testament et donc aux chrétiens mais de portée universelle.

L’obligation morale et légale du respect de la vie de l’être humain innocent, c’est ce qui fait depuis toute la différence entre civilisation barbare et civilisation humaniste.

Ce n’est pas seulement madame Agnès Buzyn, ministre de la santé, indifférente au respect du serment d’Hippocrate, qui a pris la terrible responsabilité de piétiner la décision de la Commission internationale de défense des personnes handicapées de l’ONU, au mépris des accords signés par la France.

Elle n’a pu annoncer cette décision barbare que sous l’autorité du président de la République française.

Emmanuel Macron, s’il choisissait la mort et non la vie pour Vincent Lambert, porterait en tant que chef de l’État la terrible responsabilité devant Dieu et devant les hommes d’assumer un acte, le plus absolu, de transgression morale.

Il y perdrait aussi sa véritable légitimité qui ne peut être fondée que sur le devoir de protéger son peuple et d’agir pour le respect de la vie des plus faibles.

L’AGRIF

70 boulevard Saint-Germain
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( 17 mai, 2019 )

Le divorce franco-allemand ce n’est pas une nouvelle, ce qui l’est c’est que maintenant on l’affiche …

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

 

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Le langage diplomatique qui s’impose entre grandes nations voisines a mille façons et mille moyens de manifester une montée de leur antagonisme.

Hier, l’Allemagne demandait à la France de céder à l’Union Européenne son siège au Conseil de Sécurité de l’ONU. Aujourd’hui, elle conteste que le Parlement européen doive continuer de siéger à Strasbourg, en alternance avec Bruxelles. C’est une politique de dessaisissement de la France d’un certain nombre de ses prérogatives issues de l’Histoire récente.

Le divorce progressif franco-allemand résulte pourtant de raisons plus profondes qui tiennent à des réalités objectives, démographiques, financières, industrielles, de plus en plus divergentes voire antagonistes entre les deux nations. La montée en puissance de l’Allemagne et symétriquement le décrochage de la France dans ces différents domaines creusent un fossé qui, pour l’instant ne cesse de s’élargir, tandis que l’Allemagne prend conscience des menaces intérieures et extérieures qui pèsent à plus long terme sur son avenir économique et, en tant que peuple, sur son identité.

Les termes varient. Et se graduent. Macron parle de « confrontation féconde ». Plus franchement, Merkel fait part de ses « relations conflictuelles » avec Emmanuel Macron. Le Figaro de mercredi titrait sur « la brouille franco-allemande ».

S’agit-il seulement d’une « brouille » ? D’une mauvaise entente entre personnes ? Entre dirigeants ? Nous avons dit que La France et l’Allemagne nous paraissent s’éloigner aujourd’hui l’une de l’autre pour des raisons structurelles bien plus que conjoncturelles. Il est bien possible, tout simplement, qu’un cycle remontant à l’après-guerre soit en train de s’achever. Et qu’il ait entamé son déclin du jour de la réunification allemande. Ainsi, il se pourrait bien que le temps de l’amitié radieuse franco-allemande soit révolu. Sans-doute faut-il commencer à s’y résoudre. Et même à s’y habituer.

Gérard POL

( 16 mai, 2019 )

L’injonction de Jeanne après la victoire de Patay, en route pour Reims : « maintenant partons » !

 

 

Discours prononcé devant la statue de Jeanne d’Arc place des Pyramides à Paris, dimanche 12 mai, à l’issue du Cortège Traditionnel de Jeanne d’Arc. Henri Bec est président de la Restauration Nationale Action française.

 

 

 

3627674999.jpg1429 – 2019 : Il y a 590 ans la petite bergère de Domrémy, écoutant Sainte Catherine, Sainte Marguerite et l’archange Saint Michel écrivait aux Anglais : « je suis envoyée par Dieu, le Roi du ciel, pour vous bouter hors de toute la France ».

 

Oui, la France était alors à la merci de l’ennemi héréditaire aidé par la fourberie des chefs bourguignons, parce que l’étranger a toujours été prêt à s’approprier le royaume des lys avec le renfort des ennemis de l’intérieur. La situation du dauphin Charles était désespérée, entouré de quelques fidèles ou de conseillers qui ne manquaient pas de se quereller. La France était sur le point de sombrer.

 

Contournant tous les obstacles, religieux, politiques et militaires mis sur sa route, Jeanne se rend d’abord à Bourges reconnaître le futur roi, prend la tête de son armée, délivre Orléans, et conduit le dauphin au sacre de Reims.

 

Et la belle dynastie capétienne allait régner encore 360 ans, faisant de ce pays un modèle d’équilibre, de sagesse et de paix, sous la même constitution établie au cours des siècles avec patience et intelligence. L’autorité indépendante du haut avait permis l’exercice de toutes les vraies libertés en bas et l’explosion du génie français, synthèse unique de la sagesse grecque, de la rigueur romaine et de la beauté catholique.

 

Qu’est devenu ce beau royaume de France ? Après cinq républiques, vingt-deux textes constitutionnels plus savants et inefficaces les uns que les autres, de présidents de droite en présidents de gauche, en passant comme aujourd’hui par un président déconnecté des réalités, englué et piégé dans les nuées abstraites de ses illusions européennes et mondialistes, le pays s’enfonce, comme au XVe siècle, dans un déclin qu’une classe politique lâche et pleutre se plait à ignorer.

 

La maîtrise des pouvoirs régaliens fondamentaux, justice, diplomatie, sécurité, monnaie a été honteusement abandonnée à de puissantes et maléfiques forces apatrides. Les prosélytes du vivre ensemble, de la démocratie universelle et autres « valeurs de la République » ne se livrent à rien d’autre qu’à la liquidation de nos forces vives entre les mains de la fortune anonyme et vagabonde et de dangereux envahisseurs que seule une cécité volontaire empêche de voir,  collaborateurs félons et parjures d’ennemis pourtant parfaitement identifiés.

 

L’ennemi est en effet à nos portes, pire il est déjà dans nos murs. « L’islam, cette religion monstrueuse, disait déjà le grand Bossuet, a pour toute raison ou ignorance, pour toute persuasion que la violence et sa tyrannie, pour tout miracle ses armes, qui font trembler le monde et rétablissent par force l’empire de Satan dans tout l’univers ».

 

L’histoire nous apprend que les migrations de masse ont toujours été plus dangereuses que les conquêtes militaires. Cette occupation progressive que nous subissons dans le plus grand et mortifère silence, est même présentée comme « une chance pour la France ». C’est là comme ailleurs la subversion généralisée de la réalité, des jugements de simple bon sens et des saines notions de politique naturelle. Le mal est devenu le bien, le laid a remplacé le beau, l’erreur s’est substituée au vrai.

 

La nation protectrice se dissout dans un mondialisme mercantile et dans une Europe sous direction allemande. Notre colloque d’hier en a apporté une nouvelle et claire démonstration.

 

Et ce n’est pas aujourd’hui dans l’Église, dont le pasteur se livre à de dangereuses déclarations et à de regrettables manœuvres, que nous pouvons trouver un réconfort à nos angoisses. Espérons, de ce côté là aussi, des jours meilleurs.

 

Alors reprenons encore et toujours la leçon de Jeanne, dont Maurras disait qu’elle était « le chef d’œuvre de l’intelligence limpide ».

 

Beaucoup ont voulu et veulent toujours se l’approprier en oubliant, volontairement ou pas, sa leçon essentielle. Génie militaire certes mais aussi et peut-être avant tout, génie politique. Après avoir délivré Orléans, pressée par ses compagnons de partir conquérir la Normandie et la flotte anglaise, Jeanne refusa. Écoutant la consigne des anges, elle avait compris qu’il était d’abord nécessaire de rétablir l’ordre politique, de retrouver l’institution naturelle et légitime avant de se lancer dans d’aléatoires aventures militaires : d’abord le roi. La marque essentielle de son œuvre politique fut de reconnaître, affirmer, annoncer et consacrer le Roi légitime.

 

Jeanne d’Arc illustre la grande leçon que notre maître n’a cessé de professer : politique d’abord. Qui le dit à part nous ?

 

À ce peuple de France, à ce pays réel image des multiples fractures de la société qui erre sur nos ronds-points depuis des mois, sans savoir d’où il vient sans savoir où il va, abandonné par une oligarchie apatride et maléfique, sans projet politique ordonné, nous lui disons que nous avons et l’explication et la solution. La représentation de nos instances élues n’est plus crédible, l’autorité du sommet de l’État est désormais une pure illusion. La France n’est plus ni gouvernée ni administrée. La question politique est plus que jamais posée.

 

Et c’est pourquoi, tout naturellement à ce stade de mon propos je me permets en notre nom à tous d’adresser un message d’amitié au prince Jean mais surtout un message d’espoir à celui qu’il est désormais, Mgr le comte de Paris, héritier de notre dynastie nationale, lui redisant que les royalistes de l’Action française restent toujours à son service pour l’accompagner dans la mission de salut public dont il est investi. « Le solide honneur de la France, disait Maurras, est de se prévaloir de la plus belle des races de rois. »

 

Notre Action française, la plus ancienne école politique du pays parce qu’elle ne règle pas son existence et son action sur des compétiteurs de circonstances, sur des voyous de passage pour reprendre l’expression de Léon Daudet, est désormais en ordre de marche. Notre magnifique défilé d’aujourd’hui, nos bannières, nos chants sont la marque de notre dynamisme et de notre résolution, notre unité retrouvée le signe de notre détermination.

 

Mes chers amis, faisons nôtre l’injonction que Jeanne adressait à ses compagnons après la victoire de Patay, en route pour Reims : « maintenant partons ».

 

Oui, partons nous aussi vers Reims, accompagnés par la cohorte de nos prestigieux prédécesseurs, vous les plus anciens qui êtes toujours là parce que l’espoir politique ne vous a jamais abandonné et vous, les nouvelles générations qui allez prendre la relève, vous à qui plus spécialement je veux rappeler en ce jour de mémoire la leçon de Maurras :

« Jeune Français vive la France, mais pour que vive la France, jeune Français, vive le roi ».

Henri BEC

( 15 mai, 2019 )

VIVRE POUR VAINCRE

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

 

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Décidément, il y a des gens qui ne sont pas faits pour la politique, des gens qui n’y comprennent rien, qui tombent dans tous les panneaux, toutes les facilités, épousent tous les errements. Ils ne sont pas faits pour ça… 

Ainsi de ceux qui, dès connue la nouvelle que deux Français avaient été capturés au Benin, ont enfourché aussitôt les trompettes de la plainte, de la compassion, du soutien, et versé des larmes de crocodile indigné sur nos deux concitoyens devenus otages de l’horrible Islam. Et, éventuellement du Dieu-Argent …  Les otages de ce genre sont surtout monnayables à bon prix. La France paiera.

Mais qui étaient ces deux Français ? Pourquoi étaient-ils au Bénin ? Qu’étaient-ils allés y faire ? À quoi s’occupaient-ils aux frontières à haut risque du Bénin et du Burkina Faso ?  On n’a pas cherché à savoir. On n’a pas eu cette curiosité élémentaire, cet esprit critique minimum, qui manquent tant à ceux qui parlent trop vite et trop. Il fallait plaindre et s’indigner. Sans tarder, sans savoir. Ceux-là dont nous parlons qui n’ont pas de sens politique, sont souvent de grands sentimentaux. Des gens « moraux », comme les nommait ironiquement l’Action Française des débuts. Moraux jusqu’à l’exaltation. Alors, on a sommé la France d’agir. La France à qui l’on impose la repentance mais aussi, sans-doute pour se faire pardonner ses crimes, la libération des damnés de la terre. Une mère d’otage exigeante rappelait d’autorité la France à ses devoirs sur toutes les antennes. On peut la comprendre mais à coup sûr elle n’avait pas cet héroïsme patriotique dont avait fait preuve il y a peu l’admirable mère d’Arnaud Beltrame. La mère du touriste du Bénin n’était pas suppliante, elle était comminatoire. Selon l’expression que De Gaulle appliquait jadis à l’Église de France, ce n’était pas le patriotisme qui l’étouffait. Son fils avait tous les droits. La France tous les devoirs. Elle les a remplis.

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L’on a appris assez rapidement la libération des otages, capturés le 1er mai au Bénin, libérés le 10 au Burkina Faso. Le premier réflexe du pouvoir avec le relais indéfectible des médias a été de les recevoir en grande pompe, comme on recevait jadis à Rome les consuls victorieux. Macron serait de la partie et autour de lui, outre l’aréopage de ses collaborateurs, insignifiant mais pléthorique, tout l’attirail technique et humain des chaînes d’information en continu toujours gourmandes de ces rituels à base d’émotion à six sous.

Les choses, comme on le sait, ont fini différemment. Il ne pouvait guère en être autrement après que l’on eut appris que les deux Français futurs otages étaient occupés à un safari dans le grand parc animalier du nord du Bénin et que, tout à leur passion de touristes en goguette, ils s’étaient aventurés dans une zone dangereuse, classée orange ou rouge et fortement déconseillée, à la frontière du Bénin et du Burkina Faso – où nos soldats sont en opération. Le doute s’installait déjà sur le comportement des deux acolytes voyageurs lorsqu’on apprit qu’ils avaient été libérés par nos troupes et que dans l’opération, deux jeunes soldats français avaient trouvé la mort.  Ces derniers avaient pris le maximum de  risque pour que les otages en courent le minimum. Celui d’être tués.

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Les deux adeptes nigauds des safaris béninois n’ont pas été reçus en grande pompe. La poignée de main du président Macron a été brève et pas de celles qu’on réserve aux héros. Le moins qu’on puisse en dire est qu’elle ne s’imposait pas. La chose est devenue claire pour beaucoup de gens : les deux safaristes passablement stupides ont été cause, fût-elle involontaire, fût-elle inconsciente,  de la mort de deux jeunes hommes, deux soldats français. Ce sont eux qui seront reçus en héros. Faut-il, d’ailleurs, continuer toujours de sauver des vies aussi sottement aventurées, à un tel prix ?

Deux réflexions nous viennent à l’esprit.

La première est que les deux Français en question ont une forte ressemblance avec cet homme, ce consommateur, ce voyageur, ce touriste descendant de son camping-car en bermuda, que stigmatisait Philippe Muray : « l’Occident s’achève en bermuda… » La conscience politique et morale de nos deux otages est à l’image de la société postmoderne : faible, sinon inexistante.

Notre deuxième réflexion est suscitée par les déclarations du ministre des Armées, Florence Parly. Elle a cru bon d’exalter l’acceptation du martyre par les deux jeunes soldats français morts. Elle a eu tort. La mère d’Arnaud Beltrame s’était élevée contre cette conception de l’action ultime de son fils. Il n’avait nullement l’intention, disait-elle, d’aller au martyre mais de vaincre ses adversaires, les capturer et, s’il l’avait fallu, les tuer. La vocation d’un soldat français, Madame le ministre, n’est pas le martyre. Elle est de vivre pour vaincre. ■ 

Gérard POL

( 14 mai, 2019 )

Livre : Actualité de Charles Maurras, d’Axel Tisserand

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Livre : Actualité de Charles Maurras, d’Axel Tisserand dans actualités 2740321465

 

Axel Tisserand, philosophe nourri à la source vive et pure des plus classiques humanités, ayant soutenu, en 2002, une thèse remarquée sur Aristote, Boèce. Logique médiévale et théologie chrétienne, élève de Pierre Boutang, lui-même disciple du Martégal, nous dispense, avec son Actualité de Charles Maurras (sous-titré « Introduction à une philosophie politique pour notre temps ») une magnifique, limpide et haute leçon de maurrassisme intégral, c’est-à-dire intègre, exhaustive et à l’usage théorique et pratique des générations qui viennent. Ce faisant, s’inscrit-il dans le sillage tracé par son lointain devancier Albert Thibaudet qui, il y a cent ans, avait écrit un magistral Les Idées de Charles Maurras, désormais illisible pour qui se trouve dénué de latin et de grec.

Aucune question n’y est éludée, pas même celle – sensible, épineuse, épidermique jusqu’à l’hystérie – de « l’antisémitisme imaginaire » de Maurras qui, en nos temps tyranniques de terne monochromie politiquement correcte, suffit à dilacérer l’enfant de Martigues et à le jeter dans les eaux fangeuses de l’abjection et de l’ignominie. Prenant soin de déminer le terrain, Tisserand n’y consacre pas moins de 80 pages, expliquant, d’une part, que l’on se condamne aux pires contresens si l’on s’obstine à décontextualiser l’antisémitisme maurrassien d’une époque où il était, à gauche comme à droite, largement « posé dans le débat politique et n’interdisait pas […] le dialogue, la disputatio », d’autre part, que cet antisémitisme, exclusivement politique, n’était que la conséquence injustement nécessaire – mais froidement (certes tristement) logique – du nationalisme intégral – celui-ci défendant, indissociablement, le principe d’une monarchie héréditaire, traditionnelle, antiparlementaire et décentralisée. Maurras, lui-même – qui aura manqué sa rencontre avec Péguy –, s’est, par surcroît, toujours fermement défendu de tout racialisme pseudo-scientifique, comme en attestent ses propres mots écrits dans L’Action française du 18 février 1937 (Hitler était alors au pouvoir depuis 1933) : « L’antisémitisme est un mal, si l’on entend par là cet antisémitisme “de peau” qui aboutit au pogrom… »

En outre, insistant sur la dimension éminemment anthropologique de la doctrine maurrassienne, l’auteur opère un substantiel passage en revue de tous les concepts (politique naturelle, « politique d’abord », nationalisme intégral, inégalité protectrice, fédéralisme…), souvent galvaudés et, la plupart du temps, incompris, qui innervent cette pensée foisonnante directement inspirée de la phusis aristotélicienne. Si Carl Schmitt et Julien Freund nous ont enseigné, respectivement, l’existence et l’essence du politique, c’est à Maurras, adossé à la sagesse des expériences passées (le fameux et trop oublié, bien qu’omniprésent, « empirisme organisateur »), que l’on doit d’avoir dégagé les lois fondamentales (c’est-à-dire naturelles) qui la gouvernent et justifient, logiquement, sa transmutation du masculin ontologique au féminin ontique. La politique est le suprême souci du bien commun.

Tisserand rappelle comment le « maurrassisme » n’est pas seulement une appellation commode – bien que susceptible d’abus entre des mains ignorantes –, tant l’on oublie volontiers que ce corps de doctrine à l’édification duquel ont tout aussi bien contribué Bainville, Daudet ou Boutang menait tout droit à la solution monarchique à laquelle le mouvement Action française consacra tous ses efforts, dans la rue comme sur le marbre typographique de son journal. La « France seule » ne signifiait donc pas autre chose que l’intérêt bien compris de ce « nous » multiséculaire qui s’est forgé sous le regard équanime de ses rois, ses « pères » préoccupés de défendre la Cité, c’est-à-dire principalement de la gouverner.

La pensée de Charles Maurras, à propos de laquelle tant de sottises ont été proférées et ne cessent, encore, hélas, d’être déversées par tous les clercs qui ne l’ont évidemment jamais lu, a trouvé son livre. Définitif. Indispensable. Incontournable. Nous en savons infiniment gré à son auteur.

Aristide Leucate

 Docteur en droit, journaliste et essayiste
( 13 mai, 2019 )

Véronique Lévy sur Vincent Lambert

 

Lu sur « le salon beige »

 

Texte magnifique :

Vincent Lambert n’est pas sous acharnement thérapeutique; il est maintenu dans un couloir, le couloir de la mort, dans un service qui n’est pas adapté à sa pathologie, dans un service de soins palliatifs. Or Vincent n’est ni mourant, ni dans le coma, ni sous assistance respiratoire… Vincent réagit, Vincent est conscient… simplement il ne peut ni parler, ni se nourrir. Mais aujourd’hui, en France, un assassin n’a pas été jugé et un handicapé est condamné. A la mort de la faim, de la soif … au nom des ”droits de l’homme” et de la ”dignité de l’individu”. Il ne s’agit pas non plus d’une euthanasie car l’euthanasie, toute mortifère qu’elle soit et opposée à la Sainte Loi de Dieu, doit être volontaire… Or Vincent aime la vie, Vincent a survécu à un mois de privation de nourriture… Pensez-vous que ce fait si singulier puisse relever d’un homme souhaitant ardemment la mort ? ou même y ayant consentie? Vincent est condamné à disparaître contre la volonté des parents et dans l’ignorance de la sienne. Contre celle du Droit international des personnes handicapées.

Une civilisation qui élimine les embryons surnuméraires et se débarrasse de ses handicapés est une civilisation barbare. Elles se croit moderne et juge la religion comme une régression.Mais la religion créé des liens, la culture de mort les dissout. La Foi unifie, le nihilisme déracine ce qui fut la splendeur de l’Homme : le Visage de Dieu, tel une rose s’ouvrant au coeur du génome dévasté par les démiurges de la mort propre et de la sélection économique. La vie est un don de Dieu; pour les apprentis sorciers, elle s’achète … son prix est à l’aune de son efficacité ou pas.

Un crime se prépare, au nom du droit à “mourir dignement”, inaugurant ainsi la légalisation du meurtre de la faiblesse, du handicap, de la vieillesse; contre la volonté des patients, parfois même, comble de la perversion, souhaitée et financée par eux. La mort, risque de devenir demain, -elle l’est dès aujourd’hui déjà-, l’effacement licite des inadaptés… ou mieux, le shoot empoisonné labellisé par les labo pharmaceutiques et les tueurs à gage de la santé publique.

République née dans le sang du roi, des princes, des paysans,des chevaliers, des prêtres… des ouvriers. Tu es une imposture. Il n’y a qu’un Royaume: Celui de l’Amour, Celui du Christ, Celui de Dieu.

( 11 mai, 2019 )

Communiqué des avocats des parents de Vincent Lambert :

 

Communiqué des avocats des parents de Vincent Lambert :

 

 

Le docteur SANCHEZ du CHU de REIMS vient d’annoncer ce 10 mai 2019 à la famille de Vincent LAMBERT qu’il mettrait sa décision du 9 avril 2018 à exécution la semaine du 20 mai 2019, sans autre précision.

Dès cette annonce du docteur SANCHEZ, la famille a découvert la mise en place par le CHU de REIMS d’un plan vigipirate contre on ne sait quels terroristes.

Si cette décision était exécutée, Vincent LAMBERT mourrait en quelques jours, entouré probablement de forces de l’ordre en nombre, et le docteur SANCHEZ pourrait remettre à Viviane LAMBERT un fils mort pour la fête des mères le 26 mai prochain.

C’est au mépris des mesures provisoires ordonnées par l’ONU le 3 mai 2019 au profit de Vincent LAMBERT, handicapé, vulnérable et sans défense, que le docteur SANCHEZ a décidé qu’il mourrait dans le couloir de la mort dans lequel il est enfermé à clés depuis des années.

Les experts judiciaires désignés ont pourtant clairement affirmé que Vincent LAMBERT n’était pas en situation d’obstination déraisonnable. Il s’agit en fait de l’euthanasie d’une personne handicapée pour la seule raison qu’elle est handicapée.

Il n’y a aucune urgence médicale à arrêter l’alimentation et l’hydratation de Vincent LAMBERT et rien ne justifie une violation aussi éhontée du droit international et des mesures provisoires réclamées par l’ONU.

Comment la France peut-elle prétendre prendre la présidence du Conseil de l’Europe le 24 mai prochain quand elle viole aussi délibérément les traités qu’elle ratifie, qui plus est à la veille des élections européennes ? Quel message pour les Français et pour la communauté internationale !

Nous en appelons dès à présent au défenseur des droits, qui a été chargé par la France de veiller à l’application stricte de la Convention internationale des droits des personnes handicapées.

Nous en appelons également au Président de la République qui est le garant de la parole donnée de la France pour que notre pays ne se déshonore pas.

Nous saisissons la justice pour que soit respecté le droit international au profit de Vincent LAMBERT.

( 10 mai, 2019 )

Pour la défense de l’humain, faire échec à la barbarie macronienne du meilleur des mondes !

 

Communiqué de l‘AGRIF

 

En se substituant à la pitoyable Nathalie Loiseau pour la conduite de la campagne pour les élections européennes, Emmanuel Macron ne prouve pas seulement que la tête de liste qu’il a désignée pour son parti n’est qu’une potiche choisie pour sa médiocrité afin de en pas lui faire ombrage. Car à peu près tout le monde savait bien cela.

Ce qu’il met en jeu, c’est l’approbation ou le refus de sa politique, qui n’est pas seulement celle de sa conception eurocratique de déconstruction nationale mais celle de son idéologie de radicale déconstruction de la famille et de la société.

En effet, après la loi Veil sur l’avortement et la loi Léonetti sur l’interruption de fin de vie, portant atteinte au respect de la vie innocente, après la loi Taubira de dénaturation du mariage, voilà que les nouvelles dispositions d’extension de la PMA aux couples de femmes, en préparation pour le mois de juillet, constitueront un nouveau pas dans la barbarie du meilleur des mondes.

C’est une fois encore un détournement fondamental de l’assistance médicale à la personne qui va être légalisé dans une rupture radicale du droit de la filiation.

Avant-dernière étape de la déconstruction familiale avant l’instauration de la GPA, c’est-à-dire de la marchandisation-location des ventres de mères « porteuses ».

Avec les autres prosélytes de toutes orientations sexuelles dans son gouvernement, M. Macron se veut et s’avère ainsi un réalisateur de l’idéologie, simultanément abortive, euthanasique et LGBT, de mépris de la nature humaine, de la loi naturelle et de la vie.

Non seulement, bien sûr, sa politique a pour effet de démolir l’identité culturelle française et chrétienne de notre nation mais, pire encore, elle est celle d’une néo-barbarie de déni des fondements mêmes de la société humaine, de déni de l’humanité.

Sur cela, l’AGRIF  dont la vocation n’est pas de prendre parti dans les débats politiciens, est profondément interpellée. La gouvernance d’Emmanuel Macron non seulement laisse proliférer le racisme antifrançais et le racisme antichrétien mais elle est celle du racisme que l’on peut qualifier comme le plus absolu : le racisme antihumain du « meilleur des mondes » tel que véritablement prophétisé par Aldous Huxley et Georges Orwell.

L’AGRIF se voit donc dans l’obligation d’appeler à surtout ne pas voter le 26 mai pour la liste de madame Loiseau puisque c’est dans son soutien, étape de sa stratégie déconstructiviste, que s’implique personnellement et frénétiquement le nuisible président de la République.

L’AGRIF

70 boulevard Saint-Germain
75005 PARIS
01 40 46 96 31

( 10 mai, 2019 )

11 et 12 MAI à PARIS

 

Colloque : Vers la désunion européenne ?

11 MAI 2019 – 14 h

327 rue de Charenton, 75012, Paris, métro Charenton

La montée des populismes, formule préférée des éditorialistes en mal d’analyses subtiles, cache des réalités très différentes mais qui convergent. Les Européens veulent moins d’Union européenne et plus de nations européennes. Moins de discours moralisants, plus d’actions efficaces. Moins de sentiments, plus de puissance. Moins de proclamations, plus de preuves. L’influence de la Chine, les relations avec les États-Unis, la question de l’immigration, la politique de l’Allemagne, autant de sujets où l’Union européenne, balbutie, se montre incapable de décider, fait la preuve de son impuissance et donc de son incompétence.

Peut-elle se contenter de détester les expressions populaires, de disqualifier les gouvernements illibéraux, de traiter tous ses opposants comme la France traite ses Gilets jaunes ? Et ne pourrait-elle pas courir le risque du concert des nations européennes plutôt que de courir le risque de la désunion ?

Programme

L’Europe comme elle ne va pas

Table ronde animée par Philippe Mesnard

Comment un projet fédéraliste d’union économique s’est-il transformé :

  • en une structure technocratique hors de contrôle
  • en un espace économique sous influence américaine
  • en un ensemble économique sans puissance
  • en institutions législatives et judiciaires qui nient les souverainetés nationales

Six minutes pour convaincre

 

Quatre jeunes français engagés prennent la parole !

  • Pour une politique spatiale européenne
  • Comment construire une contre-puissance européenne
  • Cultures européennes et christianisme
  • Le poison des droits de l’homme

Le retour du peuple français

Entretien mené par Philippe Mesnard

Demain, quelle Europe ?

Table ronde animée par Philippe Mesnard

Si l’UE présente de graves insuffisances, faut-il abandonner toute idée d’union européenne ? Mais alors sur quelle base la créer ? Vers quoi ? Avec qui ?

Grand Banquet

Librairie de Flore

Sur présentation de votre carte d’adhérent 2019, le stand de la Librairie de Flore vous proposera une réduction de 10% pour tous vos achats.

Pour bénéficier des meilleurs tarifs, pensez à adhérer immédiatement !

Le Bien Commun

Un stand du Bien Commun vous présentera les six numéros publiés depuis sa création et vous proposera de vous y abonner.

À découvrir : le nouveau mensuel de l’Action française

Tarifs

Pour assister au colloque :

  • adhérents : 10 euros
  • non adhérents : 12 euros

Pour assister au colloque et au banquet qui suivra :

  • adhérents : 25 euros
  • non adhérents : 30 euros

Pour vous associer au développement de la Restauration nationale, vous pouvez choisir le tarif « soutien » : il vous donne la possibilité de déterminer vous-même le montant de votre participation.

Défilé traditionnel

de JEANNE D’ARC

 

DIMANCHE 12 MAI 2019

 

Rendez-vous 10 h place d’Opéra, 8° arrondissement

 

Discours d’Henri BEC, Président de la RESTAURATION NATIONALE

 

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