( 8 janvier, 2019 )

La paix refusée

 

 

Le 11 du 11e mois à 11h, jour de la Saint Martin 1918, le clairon sonnait l’armistice qui annonçait la fin des combats et la paix enfin retrouvée.

Je ne veux pas évoquer ici les quatre années de guerre et de durs combats. Cela a été largement fait ces dernières années.  J’ai choisi un thème oublié des commémorations nombreuses de ces quatre années du centenaire de la Grande Guerre.

1917, l’Europe déchirée

En 1917, l’Europe est à feu et à sang. L’enfer est à Verdun, l’offensive du Chemin des Dames est un désastre pour l’armée française. L’armée Belge est encerclée, partout, les combats sont acharnés, la Révolution Bolchevick fait rage en Russie, la guerre sous-marine s’étend sur nos côtes… Comment cette guerre civile européenne, selon l’expression de Lyautey, a-t-elle pu prendre une telle ampleur ?

Je ne veux pas rappeler ici l’enchaînement des alliances et la mobilisation pour la guerre. Cela a été dit et commenté en ces années du centenaire 1914-1918. Il importe quand même de dire, et cela n’a pas été fait, qu’à la veille du conflit, le peuple Alsacien-Lorrain rejetait fermement une guerre qui ne pouvait qu’être désastreuse pour lui.Elle l’a été, surtout chez nous, au long de la vallée de la Seille qui marquait la frontière.

La France, il est vrai, cherchait à justifier son désir de revanche militaire de l’humiliationde 1870… La propagande nationale, relayée par les écrivains, les journalistes et les conférenciers avides de popularité, disaient, écrivaient, répétaient que l’Alsace-Lorraine gémissait sous la botte prussienne. L’image était mensongère, mais il fallait justifier la revanche à venir.

A cette époque, le ReichslandElsass-Lothringen aspirait à accéder à devenir un Etat-frontière indépendant tout comme la Suisse ou le Luxembourg… Un trait d’union entre France et Empire Germanique. D’ailleurs, le 9 mars 1913 à Mulhouse se déroulait un important congrès à ce sujet. Il fut suivit d’une proclamation du peuple Alsacien-Lorrain qui préconisait une entente cordiale, franche et honnête, entre la France et l’Allemagne avec la création de cet Etat tampon entre les deux pays. Le projet fut vivement critiqué et vigoureusement rejeté en France.

Mais notre sujet concerne ici les tentatives de paix, notamment en 1917. Ce thème important a pourtant été oublié lors des diverses commémorations et de l’abondante littérature publiée ces dernières années.

 

Le 2 novembre 1916, l’empereur d’Autriche et roi de Hongrie, François-Joseph, décédait. L’héritier direct ayant été assassiné à Sarajevo, (entre parenthèses, notons ici que les membres du commando de La Main Noire, qui avaient perpétré l’assassinat, avaient été entraînés en France, près de Bordeaux). C’estdonc Charles de Habsbourg-Lorraine qui devenait à son tour empereur d’Autriche et roi de Hongrie. Il avait alors 29 ans et son épouse Zita de Bourbon-Parme 24 ans.

Officier au 7e Dragons de Lorraine, son régiment, Charles était sur le front dès les premiers jours de la guerre tentant d’améliorer le sort de ses soldats, des blessés et des prisonniers.

Dès son investiture d’empereur et roi, il s’emploiera aussitôt à rétablir la paix, mais cela n’était pas compris de son entourage. Malgré la vaillance des troupes austro-hongroises qu’il avait pu observer sur les différents fronts, il se rendait compte, que malgré l’orgueil prussien, les puissances centrales ne pouvaient sortir victorieuses de ce conflit. Mais surtout, Charles voulait mettre fin aux carnages. Il devait déclarer : « Mon unique but est de mettre fin le plus tôt possible à cette tuerie. Je veux, je dois faire tout ce qui dépend de moi pour conclure la paix ».

Malgré la situation où chacun des belligérants avait l’espoir d’améliorer ses positions, Charles avait de son côté amorcé une démarche de négociations par l’intermédiaire de ses beaux-frères Xavier et Sixte de Bourbon-Parme qui servaient alors dans l’armée Belge.

Le 23 mars 1917, les princes Sixte et Xavier se rendent à Vienne avec l’accord de Raymond Poincaré, mis au courant des projets de négociation, en vue d’une paix souhaitée. Après une nouvelle entrevue le 8 mai, les deux princes reviennent à Paris avec les propositions de l’empereur qui devaient conduire à la paix. Dans ses propositions Charles se déclare disposé à soutenir la France dans ses revendications concernant l’Alsace, la partie Lorraine annexée et souhaite le rétablissement de l’intégrité de la Belgique. Seulement les vues de Charles vont totalement à l’encontre des conceptions du Kaiser Guillaume II.

 

L’entente » dédaigne l’offre de Paix

 

Le 1er aout 1917, le pape Benoît XV intervient en faveur de la paix. Il adresse un message aux puissances en conflit en les invitant à terminer la guerre. La note pontificale reprenait les positions de l’empereur Charles, mais l’initiative papale devait être défavorablement accueillie par les deux camps et rejeté par tous les chefs d’état ou de gouvernement à l’exception de Charles 1er.

Officiellement, la France est hostile au message du pape. L’Allemagne qui avait alors l’avantage sur presque tous les fronts est également opposée à un arrangement en faveur de la paix. Cependant, la France et la Grande-Bretagne négocient secrètement avec les représentants de l’empereur Charles.

Poincaré, Briand et Painlevé cherchent la paix de compromis…      Malheureusement, Clémenceau et Jules Cambon sont particulièrement hostiles aux Habsbourg et n’entendent pas négocier. Pourtant les terribles combats ont lieu sur le sol Français entre nos soldats et les armées Allemandes. Mais, dans les milieux politiques et intellectuels règne une opposition farouche aux Habsbourg dont on souhaite la destruction de leur empire afin de créer un Etat Tchécoslovaque. Mazarick, fondateur de cet Etat a, de son côté, beaucoup intrigué en intervenant auprès des Américains contre l’Empire des Habsbourg en vue de l’installation d’un gouvernement démocratique qui sera alors reconnu des puissances alliées.

Ce projet est particulièrement soutenu par le Grand Orient de France qui avait pris position lors d’un important convent international pour le démantèlement du trop catholique empire Austro-Hongrois. Les activistes Tchèques Masaryk et Benes, font alors pression sur le gouvernement français avec le soutien actif de l’anticlérical Clémenceau, vigoureusement hostile aux Habsbourg, considérés par lui comme les suppôts du pape.

En août 1917, les négociations franco-autrichiennes semblaient en bonne voie. L’échec est venu des oppositions formulées par le franc-maçon Wilson et les maçons Français, britanniques, italiens et notamment à l’hostilité du sectaire Sonnino, représentant du gouvernement italien qui déclarait que « la paix ne peut sortir que de la victoire des armes ». A l’heure de cette déclaration martiale, les cadavres Français et Allemands s’entassaient sur les pentes disputées du Chemin des Dames. De son côté, le comte Czernin, arrogant ministre des affaires étrangères, en désaccord avec son empereur, sabota la politique impériale. Ajoutons à cela que les idées démocratiques émancipatrices des Etats-Unis s’accordaient fort mal avec le maintien de l’Empire.

Rare furent les Français qui eurent conscience de ces volontés obstinées de guerre à outrance. Dans l’incompréhension générale, les contemporains étaient uniquement attentifs au choc des armes. Aristide Briand contestait pourtant les menées autoritaires de Clémenceau. De même, Raymond Poincaré note dans son journal : « … Aucune nouvelle de Clémenceau, qui décide seul du sort de la France, en dehors des chambres, en dehors du gouvernement, en dehors de moi ! »

Anatole France écrivait alors : « L’empereur Charles a offert la paix ; c’est le seul honnête homme qui ait paru au cours de la guerre, on ne l’a pas écouté. L’empereur Charles veut sincèrement la paix, tout le monde le déteste ! »

La paix étant refusée au printemps 1917, la rallonge de la guerre de 15 mois faisait alors300.OOO morts supplémentaires, 400.000 disparus et 1.360.000 mutilés.

Le nouveau gouvernement Clémenceau exige alors l’application d’une politique intérieure de guerre. Il annonce: « Nous nous présentons devant vous dans l’unique souci d’une guerre intégrale… » Son programme, selon sa déclaration est : « Faire la guerre jusqu’au bout, couper court aux négociations, briser le défaitisme. »  Clémenceau surnommé « Le Tigre » a obstinément refusé les offres de paix, celles de Charles Habsbourg-Lorraine et la paix demandée par le pape Benoît XVqui était déjà intervenu en faveur d’une paix négociée. Les Français avaient massivement rejeté sa demande, estimant alors que le souverain pontife soutenait l’Allemagne Impériale. A sa nouvelle demande en août 1917, Clémenceau refuse alors les propositions de celui qu’il nommait « le pape Boche »

Le redoublement de fureur sanguinaire a marqué la troisième année de guerre qui accumula les deuils, ruines et désastres.

 

La guerre terminée conduira au démantèlement de l’empire des Habsbourg, allié naturel de la France depuis Louis XV.  La monarchie Austro-Hongroise s’est effondrée surtout parce qu’elle avait été condamnée à mort par les alliés. Les sectaires de la laïcité ont voulu le démantèlement total de cet état catholique par simple fanatisme idéologique. Ils ont refusé la paix pour instaurer dans le sang de nos soldats le régime de leurs vœux. Il fallait à tout prix républicaniser l’Europe.

 

On n’a plus voulu des Habsbourg, nous avons eu Hitler et Staline à la place ainsi que les récents conflits en Europe centrale, notamment en Bosnie-Herzégovine.

 

La destruction de l’Autriche-Hongrie aura été un crime contre la civilisation européenne. On s’est acharné à démanteler l’empire Austro-Hongrois, sans diviser l’Allemagne prussienne pourtant jugée responsable de la guerre.Car, c’est bien l’Allemagne qui nous avait déclaré la guerre le 3 août 1914.

C’estla Prusse dominante qu’il fallait vaincre et réduire à l’impuissance. Les démocraties en ont décidé autrement. Une nouvelle histoire de l’Europe débutait. Fallait-il s’en réjouir ? A chacun d’en tirer des conclusions…

 

Jean-Marie Cuny

 

Bibliographie

-           Les Cahiers de l’Histoire. Année 1917. Décembre 1967, p. 45 à 80.

-           Michel Dugast Rouillé : Charles de Habsbourg, le dernier empereur.

-           Henry Bodgan : Histoire des Habsbourg (Ed. Perrin).

-           FrançoisFejtö : Requiem pour un Empire défunt. Histoire de la destruction de l’Autriche-Hongrie (Ed. Lieux communs1988).

-           Ch. Zorghibe : Histoire des relations internationales 1871-1918 (Ed. Hachette).

-           Jean Sévilla : Zita, impératrice courage (Ed. Perrin).

-           Patrick Germain : Charles et Zita (Ed. France-Europe.

-           PierriZind : Alsace-Lorraine, une nation interdite, 1870-1940 (Ed. Copernic)

-           Le XXe siècle, de 1914 à nos jours (Ed. Point-Seuil, Paris).

-           Philippe Pasteau : 1914-1918, Des Combattants Tourangeaux.

-           Cyrille Debris : De choses et d’autres (Presses de la Délivrance. 2018)

-           Dossier Politique Magazine n°24.

-           Monde et vie : L’Europe retrouvée. N°945.

-           La Revue Lorraine Populaire n°197, L’Europe déchirée.

-           La Nouvelle Revue Lorraine n°47, La Paix méprisée.

-           La Nouvelle Revue Universelle n°47, Le Laïcisme contre la Patrie.

-           L’offre séparée de l’Autriche par le Prince Sixte de Bourbon, docteur en droit.                           5 décembre 1916-12 octobre 1917. (Librairie Plon. Paris 1920.

( 8 janvier, 2019 )

Le 27 Janvier à NANCY

 

 

Messe pour le repos des âmes du Roi Louis XVI

et de la Reine Marie-Antoinette

Dimanche 27 Janvier 2019

10 h 30

Eglise Marie-Immaculée

33 avenue du général Leclerc à Nancy

La messe sera dite par Monsieur l’abbé Vincent Marie-Jeanne, missionnaire de la Miséricorde Divine, ordonné le 15 décembre 2018 par monseigneur Rey, évêque de Fréjus-Toulon. Ce sera sa première messe à Nancy.

 

Fête des Rois de l’U.S.R.L.

Et de La LORRAINE ROYALISTE

Dimanche 27 Janvier

A partir de 12 h 45

Repas suivi de la galette traditionnelle

 

Auberge de « Maître Marcel »

Angle Routes de Martinvaux et Maron – Chaligny

(Attention à l’adresse)

Allocutions

Jean-Marie CUNY

Jean-François GICQUEL

Philippe SCHNEIDER

Prix comprenant un apéritif, le plat principal, la galette et une boisson :

25 € par personne avec Choucroute comme plat principal (option 1)

25 € par personne avec chevreuil (option 2)

10 € pour les enfants (cuisse de poulet, une boisson)

Inscrivez-vous dès maintenant en renvoyant le coupon ci-dessous à La Lorraine Royaliste, 284 avenue de la Libération, 54000, Nancy ou par courriel à lalorraineroyaliste@yahoo.fr ou téléphonez au 06 65 64 72 17.

Inscription impérativement pour le 19 Janvier au plus tard.

________________________________________________________________________________________________

M. Mme Mlle ……………………………………………………………….

Adresse : ……………………………………………………………………

Téléphone : ………………………………….. Courriel : ……………………………..

S’inscrit au repas du 27 Janvier (………. Personnes dont ….. option 1 et …… option 2 et …. Enfants et verse la somme de …….. € (chèque au nom de la L.R.)

(Si aucun choix n’est indiqué, il vous sera servi une choucroute)

Ne peut venir mais verse …….. € en don à La Lorraine Royaliste

( 1 janvier, 2019 )

VŒUX 2019 du Bureau Politique de l’A.F.

 Vœux du bureau politique

de l’Action française

2018 s’achève comme une révélation : le vieux monde, dénoncé par Macron, est toujours là – et le président de la République en est le parfait emblème. Loin de gouverner autrement, il impose avec l’aide d’un Parlement godillot des lois iniques qui tendent toutes à transformer radicalement la France dans le sens indiqué par ses prédécesseurs, eux aussi esclaves de l’Union européenne au lieu d’être au service du bien commun des Français. Et la morgue d’Emmanuel Macron n’a d’égale, ces dernières semaines, que le grotesque des déclarations de ses ministres et serviteurs, trop subtils et trop intelligents pour saisir que les Français ont bien compris leurs politiques mais, tout simplement, n’en veulent pas. De même qu’ils ne veulent plus d’un pouvoir qui les ignore, d’une Europe qui les appauvrit, et d’une idéologie qui les condamne à la fois à l’insécurité culturelle et à l’insécurité tout court. La révélation de la permanence des effets pervers d’une république partisane et vendues aux puissances de la finance se double de la révélation des mérites du Roi, serviteur du peuple et non pas des intérêts de son parti et de sa caste.
À tous les militants d’Action française, qui étudient, discutent, convainquent, nous sommes heureux de présenter nos vœux : continuez ! Notre force est d’avoir raison, et la preuve en est administrée tous les jours.
À tous les Français qui souffrent, qui luttent, qui désespèrent d’un avenir meilleur et ne savent à qui se vouer, nous sommes heureux de présenter nos vœux : espérez ! Le peuple réclame de la démocratie directe ? Elle existait sous l’Ancien Régime. Le peuple réclame un pouvoir qui ne plie pas devant le parti de l’étranger et le capital ? Le Roi est cet arbitre des puissants qui les force à considérer les petits.
À la famille de France, enfin, l’Action française est heureuse et fière de présenter ses vœux : demeurez ! Vous êtes les héritiers, nous gardons l’héritage. Nous sommes en train de bâtir la France nouvelle où les idées ne seront plus des mots en l’air, ni les institutions des leurres inconsistants, ni les lois des brigandages, ni les administrations des gabegies, la France où revivra ce qui mérite de revivre : en bas les républiques, en haut la royauté. Vive le Roi !

Le Bureau Politique
François Bel-Ker, Charles du Geai, Pierre Marchand,
François Marcilhac, Philippe Mesnard, Stéphane Muratti

( 31 décembre, 2018 )

LA VÉRITÉ DES GILETS JAUNES • UN PEUPLE EXSANGUE

 

lu sur « lafautearousseau »

 

Il n’est pas besoin de supputer des calculs politiques ni de chercher des complots ni de faire des rapprochements avec les années 30 pour expliquer le mouvement des Gilets jaunes.

Les Gilets jaunes sont ce qui reste des Français après qu’ils ont perdu toute foi en leur pays, la société, leurs institutions, leurs gouvernants, leurs syndicats, en les autres, en eux-mêmes, en l’avenir. C’est ce qui reste des Français quand ils ne parviennent même pas à vivre à peu près décemment, et qu’ils n’ont plus que la colère et la révolte pures. En présence de ce mouvement, toutes les logiques idéologiques, politiques et morales se cassent le nez.

Une réalité disparate, insaisissable, déconcertante.

Le seul point commun des Gilets jaunes, qui cimente leur union, est leurs difficultés matérielles, la baisse continue de leur pouvoir d’achat, et leur situation de laissés-pour-compte du « nouveau monde » macronien, d’une politique qui les relègue au rang de rebuts, et d’une société qui sourit exclusivement aux nantis, aux forts, aux malins et aux chanceux. Aussi trouve-t-on de tout, parmi eux ; et, suivant leur personnalité, leurs préoccupations particulières, leurs intérêts catégoriels et leur sensibilité, ils sont susceptibles des réactions les plus contradictoires. Dans l’adversité, ils peuvent se révéler xénophobes, sexistes, racistes, sans que l’on puisse distinguer ce qui relève du « propos qui dépasse la pensée » de ce qui exprime au contraire une mentalité profonde, ordinairement bridée par les exigences de la bienséance ou du politiquement correct.

Certains vivent véritablement « la galère » : retraités à pension mensuelle inférieure à mille euros nets, travailleurs enchaînant les petits emplois ingrats et alternant les périodes de travail et de chômage, les uns et les autres habitant des HLM insalubres, décrépites ou minées par les nuisances, les incivilités et l’insécurité.

D’autres connaissent un sort un peu plus enviable : ouvriers qualifiés et employés, commerciaux, VRP, infirmiers et infirmières libéraux, les uns et les autres à peu près sûrs de conserver leur emploi, certains ayant pu accéder (non sans peine) à la propriété, mais contraints de se contenter du strict nécessaire pour vivre, et toujours au bord du découvert bancaire. Seule l’exaspération les a fait agir. Tous étaient dénués de passé militant et de sympathies politiques précises, et aucun (ou presque) ne se signalait par quelque conviction idéologique ou éthique affirmée. Leur vote tenait à leurs intérêts et à leur état d’esprit vis-à-vis de la politique menée par les divers gouvernements.

Naturellement portés sur la gauche, mais déçus par celle-ci, ils ont pu être tentés, pour nombre d’entre eux, par les promesses d’un Sarkozy, avant d’être définitivement dégoûtés de tous les partis et de s’inclure dans les 57% d’électeurs inscrits qui se sont abstenus lors de la dernière présidentielle. Mais certains ont pu compter parmi les électeurs de Marine Le Pen, cependant que d’autres ont pu succomber aux sirènes macroniennes, dans l’espoir de voir enfin la réalisation d’un avenir meilleur. Aujourd’hui, ils éprouvent le sentiment de ne devoir compter que sur eux-mêmes, et se méfient de tous les partis, y compris les partis protestataires comme La France insoumise ou le Rassemblement national. Et les centrales syndicales ne sont pas logées à meilleure enseigne. Ce sont des Français seuls et tout nus qui se rassemblent et se révoltent.

De faux ascendants

Ce phénomène, l’a-t-on assez dit, est sans précédent. Or, ce qui est sans précédent, ce qui bouscule les codes et les classements reconnus, irrite. On ne le supporte pas, et on essaie de le ranger dans les catégories et les rubriques habituelles. Ainsi, expliquent certains, les Gilets jaunes relèvent d’une manière de néo-poujadisme ; et d’aucuns, comme le récurrent Bernard-Henri Lévy, voient en eux une résurgence des ligues qui, le 6 février 1934, marchèrent sur le Palais-Bourbon.

La comparaison ne vaut pas. Les poujadistes des années 1950 appartenaient à seulement deux catégories professionnelles, celles des commerçants et des artisans, le plus souvent assez aisées, nonobstant leurs problèmes fiscaux et les risques que laissaient planer sur elles la modernisation de l’économie et l’évolution de la société. Pas de pauvres, de chômeurs ou de travailleurs précaires parmi elles. Quant aux manifestants du 6 Février, ils relevaient le plus souvent des classes moyennes, et dénonçaient la corruption de la caste politique et l’incurie des institutions plus que leur situation sociale. Les Gilets jaunes, eux, recrutent dans les classes moyennes comme dans les plus modestes, voire les pauvres, et dans toutes les professions ; ils se battent pour la défense de leur niveau de vie ; et s’ils dénoncent une politique qui les sacrifie et « clive » la société en winners et loosers, et se défient de la classe politique, ils ne taxent pas cette dernière de corruption et ne vouent pas les institutions aux gémonies. Et, contrairement aux précurseurs qu’on veut leur donner, ils ne subissent nullement l’influence de quelque idéologie fascisante ou socialisante, n’aspirent ni à un sauveur de type bonapartiste, ni à la conquête du pouvoir par le peuple insurgé. Un phénomène inédit, donc, et qui ne ressortit pas aux explications habituelles.

Le rôle ambigu et l’influence incertaine des médias

On a beaucoup insisté sur le rôle des moyens informatiques de communication, qui ont permis aux Gilets jaunes de se concerter et de décider de leur action en court-circuitant les syndicats et en se passant de chefs et de structures de coordination. On a également mis en relief le rôle de la presse télévisuelle (BFMTV, les JT des grandes chaînes) dans la promotion de l’événement, et leur influence sur la destinée encore incertaine du mouvement : celui-ci, selon divers observateurs, commencera à piquer du nez le jour où, pour des raisons d’audimat, les journalistes cesseront d’en parler ou de lui accorder la primauté, et pointeront les dérives inhérentes à des démonstrations protestataires non étayées sur des revendications précises et une assise politique ou morale tant soit peu cohérente. Et il s’affaissera d’autant plus vite qu’il est inorganisé. Il s’évanouira comme un ectoplasme et sombrera dans la déconsidération puis l’oubli. D’aucuns vont jusqu’à affirmer que la médiatisation de sa récusation des organisations syndicales aura, en définitive, servi la politique de Macron, fort désireux de mettre sur la touche ces organisations et tous les corps intermédiaires susceptibles de contrer son action. Peut-être, mais ce n’est pas certain. Et nul ne peut anticiper sur des résurgences que les conditions sociales du moment rendent non seulement possibles mais plus que probables.

Un peuple réduit à sa plus simple expression

IMG.jpg

En définitive, les Gilets jaunes ne sont ni un mode de lutte nouveau, ni une résurgence du poujadisme, du boulangisme, des ligues des années 1930, ni une manifestation quelque peu spectaculaire du populisme. Ils sont l’image d’un peuple qui souffre, se sent sacrifié et méprisé, et ne parle que pour exprimer son désarroi, sans même formuler de revendications claires et sans souscrire en rien à quelque projet de société. Un peuple au pied du mur, au bout du rouleau, réduit à sa plus simple expression.

Notre sémillant président pouvait-il le comprendre ? Son discours du 27 novembre montrait qu’il l’a fort mal discerné. Il s’est, en effet, efforcé de raccrocher à son écologisme militant la résolution des problèmes de nos compatriotes en montrant la solidarité des questions environnementales et des difficultés sociales, et les méfaits d’une société productiviste insoucieuse de la préservation de la nature et du cadre de vie des hommes. De là, il a conclu à la nécessité de lier étroitement le social et l’écologique et de s’engager sur la voie de l’édification d’un nouveau modèle économique respectueux de l’environnement et des conditions de vie, justifiant sa politique de taxation des carburants et de renoncement graduel aux énergies fossiles, et annonçant la création d’un Haut-conseil pour le climat. Sa seule concession est la subordination de l’augmentation des taxes sur les carburants aux fluctuations du cours de ces derniers.

Les réactions des Gilets jaunes à ce long discours, toutes négatives, montrent qu’il ne les a pas convaincus. D’aucuns affirment que les Français auront toutes les peines du monde à se convertir au nécessaire modèle socio-économique à dominante écologique, défendu par Macron, et voient là l’origine de la révolte des Gilets jaunes. Et, sans doute, convient-il de beaucoup critiquer la société productiviste, rentabiliste, massificatrice et consommatrice de la seconde moitié du XXe siècle, source de détresse matérielle et morale. Mais ce que voient nos compatriotes, c’est qu’après les avoir sacrifiés à la société du profit, on les sacrifie à la reconversion écologique de cette dernière, et, qui plus est, au moment où ils n’ont plus rien pour vivre, pas même l’espérance. Et le tout pour un discours convenu de politiques qui refusent de les comprendre.

Que Macron prenne garde : de cette nouvelle exigence risque de sortir quelque chose de terrible. Le peuple de France ne peut disparaître dans un trou noir.

Docteur ès-lettres, écrivain, spécialiste de l’histoire de l’enseignement en France, collaborateur de la Nouvelle Revue universelle 
( 31 décembre, 2018 )

VŒUX 2019

 

 

Toute l’équipe de

LA LORRAINE ROYALISTE

vous souhaite 

Une bonne et heureuse année 2019

( 31 décembre, 2018 )

Face à la menace turque, les Kurdes demandent l’aide de l’armée syrienne

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

 

Depuis l’annonce par Donald Trump du retrait américain de Syrie, l’effervescence règne parmi les principaux acteurs du conflit. Les Turcs annoncent qu’ils vont s’occuper des « terroristes » kurdes et ces derniers, très inquiets, viennent d’appeler à l’aide l’armée syrienne. Beau renversement d’alliance !

Il est certain que le lâchage par les États-Unis de son allié kurde s’est fait dans une optique de réconciliation avec la Turquie, toujours membre de l’OTAN. Les Kurdes, ne pouvant rester seuls face à l’armée turque, beaucoup plus puissante qu’eux, avaient besoin d’un autre parapluie. Ils savent aussi qu’ils ne peuvent compter sur la France, malgré de pressants appels.

L’armée syrienne s’est, bien sûr, empressée d’accourir et elle a pu pénétrer, le 29 décembre, dans les environs de Manbij sans avoir à craindre, cette fois, une agression américaine. Elle n’est toutefois pas entrée dans Manbij même, toujours occupée par les forces spéciales américaines. C’est une nouvelle portion de territoire syrien qui revient ainsi sous la souveraineté de Damas. C’est un succès important pour Bachar el-Assad et une capitulation en rase campagne pour les Kurdes qui espéraient naïvement se tailler là un territoire indépendant sous protection américaine.

Lorsque les Turcs avaient annoncé l’attaque de l’enclave kurde d’Afrin en janvier dernier, les Syriens avaient alors proposé aux Kurdes d’en reprendre le contrôle afin de leur éviter une défaite certaine et de rendre inutile l’initiative turque. Les Kurdes, comme souvent, s’étaient obstinés dans un refus hautain alors qu’ils savaient que les Américains ne bougeraient pas. Quelques jours et quelques centaines de morts plus tard, les Kurdes évacuèrent Afrin…

L’expérience a, semble-t-il, porté et les Kurdes savent maintenant que seuls les Russes et les Syriens peuvent empêcher leur écrasement par une attaque turque.

On ne sait d’ailleurs pas très bien quelles sont les intentions précises d’Erdoğan, qui ne peut évidemment agir sans consulter la Russie. Trump lui a pourtant mis le pied à l’étrier. Dans un entretien téléphonique relaté par l’agence Reuters, le président américain a demandé à Erdoğan s’il pouvait en finir avec l’État islamique. Devant sa réponse affirmative, Trump a conclu : « Alors, faites-le. »

Ce n’est pas si simple. Les derniers réduits de Daech se situent à 250 km de là, dans des déserts entre Palmyre et l’Euphrate d’une part et, plus au sud-est, le long de la frontière irakienne. On voit mal des colonnes de blindés turcs traverser de vastes zones kurdes puis arabes à la recherche d’un ennemi camouflé et qui refuserait le combat. De surcroît, l’armée syrienne ne le tolérerait pas : si elle se réjouit grandement du retrait américain (qui, d’ailleurs, n’a toujours pas commencé), ce n’est pas pour laisser l’armée turque s’installer à sa place.

Alors, comme toujours dans la région, le dernier mot reviendra à la Russie, qui a annoncé une réunion tripartite pour début janvier. Poutine, Erdoğan et l’Iranien Rohani devront trouver un modus vivendi.

Antoine de Lacoste

( 26 décembre, 2018 )

Résurgence du Pays Réel, effondrement du Pays Légal …

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

580234331.2.jpg

On l’a dit – en reprenant la vieille dialectique maurrassienne : les événements que nous venons de vivre et sans-doute encore ceux qui vont suivre, peuvent s’analyser comme une résurgence du Pays Réel que l’on croyait anéanti à tort, et, sous ses coups de boutoirs, comme un effondrement parallèle du Pays Légal, élargi à toutes les composantes du Système, aujourd’hui décréditées dans leur globalité à un point, semble-il, irréversible. 

Certes, la cible principale de la révolte c’est Emmanuel Macron et, bizarrement, comme si nous étions encore en monarchie, c’est aussi son épouse Brigitte, objet de railleries et d’insultes de tous types. Il faut, pour s’en rendre compte, avoir entendu sur le vif les cris de la rue. D’aucuns se sont rappelé que, comme les Anglais et les Russes, les Français sont au propre ou au figuré un peuple régicide… Mais les sondages montrent aussi la déconfiture généralisée des partis – hormis, il est vrai, celui de Marine Le Pen. Les grands partis traditionnels sont tous autour de 10%, voire très au-dessous. Et les syndicats, donc ! Chaque fois qu’ils ont voulu entrer dans le jeu, ils ont été récusés, toute représentativité leur étant à juste titre déniée. Ils ne font plus illusion. Il n’y a plus vraiment d’organisations ouvrières. Il en est de même des parlementaires. Les nostalgiques doivent s’y faire : le  parlementarisme classique, façon XIXe ou XXe siècle, n’est plus du tout au goût du jour. C’est un archaïsme. Les journalistes, universellement décriés, n’ont pas meilleure presse… Méfiance générale à leur endroit. Finalement, ce n’est qu’avec les forces de l’ordre que, paradoxalement, les manifestants de ces derniers samedis ont eu des moments de fraternisation …

Que peut donner une révolte populaire de type spontanéiste, sans commune substance, sauf ce qu’il lui reste d’enracinement, sans organisation, sans hiérarchie, sans conscience claire des conditions et des limites du raisonnable et du possible ? C’est une autre question. Elle est principale.

Qu’il existe toujours un peuple français enraciné, capable de « faire société »,  au moins sous forme embryonnaire, et doué d’une faculté de réaction non-négligeable, au point de faire reculer, tanguer, capituler un État puissant mais sans légitimité vraie, est une bonne nouvelle.

2432677-la-gauche-francaise-pionniere-de-la-deregulation-financiere.jpgSera-ce au point d’avoir réellement contraint – persuasion ou simple rapport de force – le président de la République à un renversement durable et complet de politique – assimilé à celui opéré par Mitterrand en 1983 -  comme le croit Éric Zemmour ? A ce dernier l’on ne peut dénier expérience, culture et flair politiques. On doute toutefois un peu lorsqu’il écrit : « Macron ne jurait que par l’Europe et le libéralisme. Depuis lundi, il s’est rabattu toute honte bue sur le national et le social.  C’est la grande victoire des gilets jaunes et de cette France périphérique qui avait été jusque-là sacrifiée à la mondialisation. C’est la grande défaite des élites qui avaient hissé Emmanuel Macron sur le pavois » Et encore : « il a été obligé de baiser la babouche de ces Gaulois réfractaires qu’il méprisait et de jeter ses armes au pied de son vainqueur. Son quinquennat est fini. En tout cas celui qu’il avait débuté triomphalement en mai 2017. » Les semaines qui viennent confirmeront-elles ou non cette analyse ? En tout cas, il est clair que ces derniers jours, le pouvoir s’en est constamment tenu aux reculades, à la repentance, aux excuses, aux concessions, aux regrets assortis d’une distribution d’espèces sonnantes et trébuchantes. En réponse aux contestataires et aux émeutiers, « Vous avez raison » a été le maître-mot du Chef de l’État et de ses ministres. En ont-ils eu réellement peur ? C’est bien possible.

Le mouvement contestataire vient de très loin et de très profond même s’il est fait d’un peu n’importe quoi et s’il ne repose sur aucune intelligence politique structurée. Est-il fait pour durer, s’amplifier, se métamorphoser ? Nous le verrons. Dans une chronique alarmiste sur Europe 1, Jean-Michel Apathie, pour une fois lucide, a montré en tremblant comment l’État ne tient plus qu’à un fil. « Et ce fil, c’est la police« . Elle-même en colère et susceptible de retournement. Dans un entretien de haute volée avec Mathieu Bock-Côté, Alain Finkielkraut signale de son côté que le gouvernement français craint un embrasement des banlieues !

XVM5b1b42c6-fcc1-11e8-b5a2-b44637c34deb - Copie.jpg

Emmanuel Todd, enfin, avance une analyse fine, subtile et profonde, à l’encontre d’Emmanuel Macron : son image hier charismatique et forte, s’est transmuée en celle d’un enfant. C’est désormais sous les traits d’un enfant que les Français l’envisagent. L’autorité ayant toujours plus ou moins la figure du père, Emmanuel Macron en a perdu l’apparence et sans doute la réalité. Irrémédiable déchéance ! Décidément, la coupe est pleine. De quoi demain sera-t-il fait ? Mais, en tout temps, les « remises en cause » sont suivies d’une remise en ordre.

Vers quel type de remise en ordre, au bout du compte, cela peut-il conduire ? C’est, pour l’instant, la grande inconnue. Les nécessités françaises oscillent entre ces deux impératifs. Un peuple et un Etat.

Il n’y aurait plus de nation française sans un Pays Réel minimum. Mais pas de France non plus sans ordre politique et social, sans autorité reconnue, sans un État rétabli, sans une action politique volontariste et nationale,  en bref, sans une incarnation agissante du Bien Commun.

Sans-doute, dans cet esprit, comme de nombreux Français le pensent, une période « autoritaire » transitoire de reconstruction du pays serait-elle nécessaire pour affronter la situation présente. A terme, le recours au Prince, le retour au principe dynastique,  demeure la  solution optimale

( 25 décembre, 2018 )

Les souhaits de Noël du Prince Jean de France

 

 

24 décembre 2018

À quelques heures des festivités, je vous souhaite à chacun un très joyeux Noël.

Que le petit Enfant, dont nous célébrons la venue au monde, nous apporte la Paix et le Joie malgré ces temps difficiles.

Je prie particulièrement pour tous ceux qui souffrent et qui veulent être entendus.

Restons dans l’Espérance ! 

Le prince Jean de France
(Page Facebook officielle)
( 23 décembre, 2018 )

Trump annonce le retrait américain de Syrie… et, cette fois, ça semble sérieux !

 

Lu sur Boulevard Voltaire

 

Cette fois, ça a l’air sérieux. Donald Trump avait annoncé, pendant sa campagne électorale, que les États-Unis se retireraient de Syrie. Il l’avait ensuite confirmé mais rien ne s’était passé.

Et puis, après l’attaque chimique de Khan Cheikhoun, en avril 2017, imputée sans aucune preuve à l’armée syrienne, un revirement semblait s’être produit. Trump avait ordonné un bombardement de représailles en insultant allègrement Bachar el-Assad. Les faucons de la Maison-Blanche reprenaient du poil de la bête et semblaient convaincus d’avoir fait changer d’avis leur président. Le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, annonçait encore récemment que les États-Unis ne partiraient pas tant que l’Iran serait présent en Syrie.

Autant dire que le tweet de Trump en a surpris plus d’un. Le secrétaire à la Défense, James Mattis, un faucon, n’a pas supporté d’être ainsi désavoué et a annoncé sa démission. La Maison-Blanche est donc en pleine tempête, mais elle a l’habitude.

Bien sûr, un revirement est toujours possible avec ce président sanguin et versatile. Mais la démission de Mattis est tout de même un symbole fort, même si les désaccords étaient nombreux entre les deux hommes.

Au-delà de la promesse électorale tenue concernant une guerre qui n’intéresse pas les Américains, quelle peut être la motivation de Trump ?

Car le retrait de ses troupes est une trahison de son allié kurde qui constituait son infanterie contre Daech. De plus, il mécontente Israël et réjouit ses ennemis du moment : la Russie, et surtout l’Iran.

Afin de comprendre, il faut se tourner vers la Turquie. Pour Erdoğan (mais ce serait la même chose pour tout dirigeant turc), l’ennemi, c’est le Kurde. L’alliance américano-kurde l’exaspérait donc. La Russie lui faisait les yeux doux malgré leur fort antagonisme du début de la guerre, et l’achat de missiles russes se profilait à l’horizon. Pour un membre de l’OTAN, cela faisait désordre.

Trump était donc confronté à cette alternative : continuer d’occuper un tiers de la Syrie avec 2.000 hommes et ses auxiliaires kurdes en creusant l’antagonisme avec Ankara ou lâcher son allié et tenter une réconciliation avec la Turquie. Ce n’est, d’ailleurs, pas gagné car Erdoğan reste persuadé que les Américains sont derrière la tentative de coup d’État qui a failli le renverser en juillet 2016.

Trump a donc choisi (s’il va jusqu’au bout) et les conséquences vont être importantes en Syrie. Les Turcs vont probablement attaquer les Kurdes dans le nord et, en échange, l’armée syrienne aura le droit de reconquérir une partie de la province d’Idleb, tout cela sous contrôle et accord de la Russie qui n’en demandait pas tant.

Pour justifier sa décision, Trump a indiqué que le travail était accompli et que Daech était vaincu. Le problème, c’est que ce n’est pas tout à fait vrai. Bien sûr, il n’en reste plus grand-chose, et sans doute moins de 5.000 hommes sont en état de se battre actuellement en Syrie. Ce n’est pas avec ça que l’on peut reconquérir grand-chose. Mais ces hommes sont toujours là et le fait que leur chef soit toujours vivant montre une capacité de résistance incontestable. Pour les Américains, qui avaient tenu à distance Russes et Syriens sur ce front, c’est, en fait, un échec.

Daech est très affaibli mais l’islamisme sunnite n’est pas près de s’éteindre.

Malgré cela, les Américains ont mis un tel chaos au Proche-Orient qu’un retrait de leur part est tout de même une excellente nouvelle, au moins pour la Syrie.

Antoine de Lacoste

( 22 décembre, 2018 )

Joyeux Noël

 

 

En ces périodes troublées,

toute l’équipe de

LA LORRAINE ROYALISTE

Vous souhaite de passer

une bonne et heureuse

Fête de la Nativité

12345...185
« Page Précédente  Page Suivante »
|