( 16 mai, 2012 )

Président, au nom de quoi?

Rien de tel qu’une campagne présidentielle pour réactiver ses convictions royalistes. Ceux qui ont eu la chance d’une formation maurrassienne sont à jamais immunisés contre les emballements partisans et les surenchères démagogiques auxquels elle donne lieu. Que le destin d’une nation, d’une société, d’une civilisation, puisse se jouer à une telle roulette russe est pathétique !

 

Qu’on ne nous oppose pas la trop célèbre formule churchillienne selon laquelle la démocratie est le pire des régimes, mais qu’il n’en existe pas d’autre. Car il disait cela dans un pays qui s’appelle Royaume et où le chef de l’État échappe à la conception démocratique de la légitimé.

 

La légitimité du pouvoir politique ! Il faut toujours en revenir à ce thème puisqu’il renvoie à l’aptitude à servir le bien commun. L’élection du chef de l’État nous y invitait, même si la campagne électorale en est restée à des considérations de bien moindre niveau. Nos amis de Provence y ont réfléchi avec pertinence lors d’un Café politique autour du juriste Jean-Baptiste Donnier (video en ligne : sur lafautearousseau.hautetfort.fr). Cet éditorial voudrait s’en faire l’écho. Écrit avant les 22 avril et 6 mai, il remplacera utilement toutes les consignes de votes.

La vraie légitimité procède des services rendus et non de la désignation du pouvoir. Or, constate le professeur Donnier, dans notre système démocratique, c’est l’élection qui est considérée comme la source de la légitimité et, qui plus est, comme source unique. En cela elle constitue une entreprise de détournement de ce qu’il y a de plus sacré dans le pouvoir, c’est-à-dire la légitimité.

 

Dans la théorie démocratique, cette confusion entre le procédé de désignation et la source unique de la légitimité se veut rationnelle. La légitimité ne repose plus ainsi sur une transcendance ou un ordre supérieur, mais sur la volonté souveraine. Et voilà qu’aujourd’hui certains analystes politiques en viennent à considérer que c’est cela qui est totalement irrationnel. Et le professeur Donnier de citer un article de Jean Luc Pouthier paru dans la revue Études, en décembre 2011, et intitulé, comme cet éditorial, « Président, au nom de quoi ? »

 

On y lit :« Par un tour de passe-passe que la philosophie politique, le droit et la pratique ont transformé depuis un siècle et demi en une évidence, l’élection confère à l’élu la légitimité du pouvoir. » Tour de passe-passe, l’élection présidentielle ? Charlatanisme donc ? Intéressante analyse !

 

Pouthier écrit encore : « Dons quelles conditions ? Un procédé qui relève davantage de l’alchimie que d’un processus rationnel transforme un homme (ou peut-être un jour une femme) élu par une majorité de votants en président « de tous les Français ».

Un procédé qui relève davantage de l’alchimie que d’un processus rationnel ! Cette affirmation de l’irrationalité de la légitimité démocratique est un renversement historique particulièrement important. « L’irrationalité a changé de camp ! » s’exclame le professeur Donnier. Il rappelle en effet que pour Pascal, c’était remettre le pouvoir au fils aîné de la reine qui apparaissait comme irrationnel (même s’il estimait la monarchie comme le régime préférable). Aujourd’hui on déclare que, ce qui est irrationnel, c’est de conférer à l’élection une puissance que par définition elle n’a pas, Ce n’est pas parce que l’électeur choisit que son choix est rationnel ! Découverte prometteuse !

 

De plus la légitimité ainsi dénaturée aboutit à un pouvoir qui, par le fait de l’élection, est tout à fait évanescent. La manière de s’emparer du pouvoir, les « qualités » requises pour cela, ne sont pas compatibles avec l’exercice du pouvoir. Nous étions avertis au moins depuis la fable de La Fontaine, Le renard, le singe et les animaux. On trouve ici sa version historique.

 

La vanité du pouvoir électif est palpable en cette période de crise européenne où l’on voit les pouvoirs élus des États membres faire prendre les décisions par des pouvoirs non élus, comme ceux de la Commission européenne. L’élection paralysant le pouvoir politique, le pouvoir effectif passe à des pouvoirs non issus de la désignation populaire. Ce qui rend plus patent encore la crise de légitimité du pouvoir démocratique.

 

C’est dire que le futur président, aussi bien élu qu’il prétendra l’être, est déjà illégitime et sa légalité livrée au volontarisme le plus inquiétant. Déçus ou rassurés par le résultat final de cette élection, tous ceux qu’anime une réelle aspiration au bien commun français devront réfléchir à cette nécessité de relégitimation du pouvoir politique.

Bernard Pascaud

( 10 mai, 2012 )

Entretien avec Hilaire de Crémiers, directeur de la publication de Politique Magazine

En quelques mots… que peut-on apprendre dans les colonnes de Politique magazine ?

Tout ce qu’il y a d’important et sur lequel la réflexion des lecteurs est attirée. Singulièrement en matière politique. Les querelles de personnes, les luttes partisanes ne sont pas l’objet essentiel des articles de Politique magazine ; ils montrent plutôt les mécanismes institutionnels, les relations de causes à effets qui expliquent le déroulement des événements ; ils en infèrent des pronostics qui depuis dix ans que le journal existe se sont révélés exacts. Ainsi sur la crise financière, devenue économique et sociale, qui sera bientôt institutionnelle. Elle est décortiquée depuis près d’une décennie. Les analyses internationales sont écrites dans le même esprit. Il en est de même pour toutes les rubriques qui relèvent de ce qui constitue l’ordre de notre civilisation. Car nous croyons qu’il y a une civilisation française, à l’heure où ce mot est rejeté, et qu’il est important pour les Français non seulement qu’elle se maintienne mais qu’elle poursuive sa course et son rôle dans l’histoire.

 

N’y avait-il pas déjà assez de titres de presse sur le sujet ?

Il y en a pléthore. Mais ces revues, d’apparence généraliste, disent à peu près toutes la même chose. Elles sont, sauf exception, dans l’événementiel pour en outrer les caractères afin de mieux faire partager, sous un mode ou sous un autre, ce qui est appelé fort justement la bien-pensance officielle. Les vérités de bon sens en sont même édulcorées. Avoir l’esprit libre, c’est notre première conception éditoriale. Nous en sommes fiers.

 

À l’heure où la politique et ceux qui la font connaissent un discrédit sans précédent, à l’heure où une crise majeure affecte les économies, quel peut être le rôle d’un tel journal ? Pourquoi l’avoir créé ?

Notre rôle est d’avertir. Ainsi après avoir prévenu de la crise financière, puis économique, Politique magazine prévient de la crise sociale, politique et institutionnelle qui se dessine et face à laquelle les politiques enfermés dans leur système ne pourront rien. Politique magazine met en garde aussi sur les questions de civilisation. Ses différentes chroniques judiciaire, militaire, religieuse, littéraire, philosophique, artistique, théâtrale, cinématographique, gastronomique, rendent compte de ce souci : il est indispensable qu’il y ait des Français, une élite si l’on veut, qui soient sensibles à l’importance des enjeux considérables de ce début du XXIème siècle. Oui ou non, veut-on qu’il y ait encore une France demain quand tout est fait pour en brader le patrimoine, l’histoire, la politique, l’industrie, l’agriculture, l’avenir, la vie même ? Il fallait créer Politique magazine, c’était un devoir.

 

Vous proposez chaque mois une synthèse de l’actualité… Vous prenez parti ou vous restez neutre ?

Jamais neutre. La neutralité n’existe pas. Le « ptêt ben qu’oui, ptêt ben qu’non » ne constitue pas notre ligne éditoriale, encore moins notre ligne éthique. Cela n’empêche pas qu’il convient d’avoir le souci de l’impartialité dans la recherche de la vérité. Notre société meurt de relativisme. À force de dire qu’il n’y a ni vrai ni bien, on peut être sûr que ce sera le mal qui sera présenté comme la solution et l’injuste comme le juste. Socrate l’avait déjà dit. Ainsi s’effondrent les civilisations.

 

Quelle politique, ou quelle vision de la politique entendez-vous défendre ?

La politique, au sens courant du terme, n’est pas une fin en soi. Comme son étymologie l’indique, c’est la cité qui est concernée. Faire en sorte que la vie y soit bonne et harmonieuse. Pour nous, faire que les Français se retrouvent eux-mêmes pour faire vivre la France et pour que la France remplisse son rôle dans le monde qui est un rôle d’équilibre et de paix.

 

Parlez-nous un peu de la rédaction…

La rédaction est entre les mains de jeunes équipes où personne n’a plus de trente-cinq ans. Ce qu’on appelle le chemin de fer est établi par eux. Des personnes d’âge mûr et chevronnées apportent leur connaissance et leur style. Cela donne un bel ensemble.

 

Quelle est votre ambition pour Politique magazinedans les années qui viennent ?

Que Politique magazine devienne une publication de référence. En tout cas pour tout un milieu cultivé et qui n’a pas peur d’affronter la réalité. Cela existe encore. Et, du coup, qu’il se développe en taille, en qualité, en force de persuasion et qu’il ait dans son sillage des productions multimédias de même caractère. D’où ce site internet à qui il faut souhaiter longue vie et prospérité.

( 10 mai, 2012 )

Une Royaliste honorée à Villers-lès-Nancy

Native de la commune de Villers-les-Nancy en 1895, Madame de Saint-Venant eut un parcours exemplaire durant la deuxième guerre mondiale. Dès 1940, elle vient en aide aux prisonniers, fort nombreux dans notre province. ¨Puis, l’occupation allemande se faisant de plus en plus dure, elle agit pour faire évader, aider à s’échapper tous ceux qui étaient poursuivis par la Gestapo. Repérée, elle prend le nom de Marie-Odile Laroche, Marie-Odile devenant son nom de résistante. Elle part ensuite pour Lyon où elle aide les  Israélites, les prisonniers, les Lorrains et les Alsaciens qui, enrôlés de force, désertaient l’armée allemande, etc. Tout en faisant du renseignement. C’est tout un réseau qu’elle mit sur pied et dont elle était l’âme. On note qu’elle a favorisé, avec son réseau, le passage à plus de 30.000 personnes de la ligne de démarcation. Son réseau a subi de nombreuses pertes : 80 morts et 200 déportés dont elle, qui fut arrêtée le 4 mai 1944, torturée, elle est ensuite déportée en Allemagne où elle décède le 23 mars 1945 à Ravensbrück.

Une vie exemplaire  d’une combattante pour la France dans une période très difficile. Elle était aussi royaliste d’Action française, comme une bonne partie de sa famille. La municipalité de Villers les Nancy a décidé de lui rendre hommage en baptisant une rue à son nom le 8 mars dernier. Le Maire de Villers rappela sa vie en signalant son orientation politique.

Ajoutons, que, pour son action, elle fut décorée à titre posthume de la « Medal of Freedom » avec palme d’argent, la « King’s Medal for courage » avec palmes d’argent, la Médaille de la Résistance Française avec rosette, la Légion d’Honneur avec le grade de Chevalier et la Croix de Guerre avec palmes et citation à l’ordre de l’armée.

Philippe SCHNEIDER

( 3 mai, 2012 )

Mon avis pour le 6 mai

Le débat « Hollande/Sarkozy », comme il était prévisible, n’a abordé aucun sujet important comme la situation de la France en Europe, les traités qui nous lient, etc. Invectives, insultes… ont remplacés le débat de fond qui n’a pas eu lieu pour la bonne raison qu’ils sont tous les deux entièrement d’accord sur la vassalisation de la France à l’Union Européenne, donc  à l’Allemagne. Quelque soit le vainqueur, il ne pourra qu’obéir la volonté de Bruxelles.

Néanmoins, il est probable – mais pas sûr – que notre décadence, particulièrement en ce qui concerne les mœurs et la morales, voire un peu en économie, sera plus rapide avec  François Hollande qu’avec Nicolas Sarkozy, qui serait ainsi le « moins pire » des deux pour reprendre une expression célèbre.

 

Philippe  SCHNEIDER

( 1 mai, 2012 )

Combattre le relativisme partout

 

Parlons un peu de la ville la plus branchée, la plus « d’jeuns » d’Europe : Berlin. La ville bobo par excellence, ou comme ils disent « alternative ». Depuis la réunification et le retour du statut de capitale allemande, la ville tente de se renouveler. Et elle est devenue le lieu d’expression et de créativité des « artistes » les plus spéciaux.

A ce sujet, on peut évoquer la maison « Tacheles », squat d’ « artistes », dans une vieille bâtisse berlinoise.  Je vous invite à visiter leur site internet (www.tacheles.de) pour vous rendre compte par vous-même du chef d’œuvre qu’est devenu ce lieu. On peut décrire cet endroit comme sentant l’urine, étant tagué absolument partout, et accueillant des « artistes » qui vendent des œuvres pour beaucoup vulgaires (on y voit par exemple une bonne sœur exhibant sa poitrine). Cela est sensé refléter une culture alternative, qui s’exprime à merveille dans la capitale allemande.

Niant le sens du beau, de tout esprit classique et plus encore de tradition, cet « art » a des effets destructeurs : il impose le relativisme (chacun décide ce qui est beau, et ce qui ne l’est pas ; d’ailleurs l’art n’a plus vocation à être beau), qui de l’art et du domaine culturel passe immanquablement au domaine politique.  L’esprit romantique, qui favorisait l’expression directe des sentiments, de manière anarchique et désordonnée est une des causes de l’ « art contemporain ». Charles Maurras voyait donc juste dans sa critique de cet esprit destructeur. En niant la beauté de l’art, donc une forme de Vérité, on nie la possibilité d’une Vérité en politique. C’est toujours au peuple de décider, et il a toujours raison. Ainsi les valeurs de la société sont variables. Finalement si une majorité de Français sont pour le « mariage homosexuel », pourquoi ne pas l’autoriser ?

En effet, cet esprit moderne nie un quelconque ordre naturel. Mais nous, nous savons que cet ordre existe, que l’on peut le dégager de l’Histoire en étudiant celle-ci de manière objective, mais aussi avec la Tradition, qui est critique. Puisque la loi du nombre n’est pas la bonne, il faut chercher ailleurs, et confier le pouvoir national à une figure indépendante des factions, garante de l’unité du pays et de la continuité. Sous la protection de cette autorité, les républiques peuvent s’exprimer avec d’immenses libertés.

Notre combat ne se limite pas à la sphère politique, il peut également toucher le domaine culturel. Travaillons entre autres à remettre le beau au goût du jour, et c’est une bataille populaire. Préservons notre héritage artistique français, ne permettons plus les œuvres « alternatives » (pour ne pas utiliser un autre mot) s’installer au cœur de nos hauts-lieux. Plus jamais de Koons à Versailles ! Nous ne voulons pas en France de la « culture alternative à la berlinoise », mais pour lutter contre cela, réinventons le génie français et cela ne pourra se faire que de concert avec une Restauration nationale.     

VR

( 26 avril, 2012 )

Fêtes de Jeanne d’Arc

DOMREMY-VAUCOULEURS

Pèlerinage traditionnel

organisé par Jean-Marie CUNY

12 – 13 Mai 2012

Samedi 12mai

-          19 h : Rendez-vous au bivouac sur le plateau de Notre-Dame de Beauregard au-dessus de Maxey sur Meuse (carte Michelin n° 62, pli 3) – Repas tiré des sacs.

-          20 h 30 : Veillée générale animée par les Guides et Scouts des IIème et IIIème Nancy.

-          21 h 30 : Complies.

-          22 h : Veillée / commémoration historique.

-          24 h : Extinction des feux.

Dimanche 13 mai

-          8 h 30 : Rendez-vous devant la maison natale de Jeanne d’Arc

-          9 h 30 : Etape à Notre-Dame de Bermont, puis chemin vers Goussaincourt, Montbras, Taillancourt…

-          12 h : Champougny : Messe selon le rite extraordinaire en l’église paroissiale. Repas tiré des sacs.

-          14 h 30 : Nouveau départ vers Sepvigny-Vieux, Astre, Châlaines, Vaucouleurs.

-          17 h : Arrivée à l’église de Vaucouleurs .

( 23 avril, 2012 )

Défilé en la mémoire de Jeanne d’Arc

LES 12 & 13 MAI 2012 – PARIS

 

à l’appel de l’Action française (CRAF et RN) et de l’association « Avec Jeanne », tous les Français sont appelés

à venir célébrer l’héroïne de la patrie

 

LE 12 MAI 2012

 

A Paris : ESPACE CLERY, 17 rue de Cléry 2° arrondissement.

14h : Ouverture des portes, accueil.

14h30 : table ronde LA POLITIQUE DE JEANNE D’ARC – Avec Guillaume de Tanouärn, Alain Bournazel et Jean-Pierre Maugendre

15h30. PAUSE dédicaces, buvette.

16h : table ronde VERS LA CRISE INSTITUTIONNELLE ! – Avec Hilaire de Crémiers, François Marcilhac, Olivier Tournafond, Frédéric Rouvillois, Yvan Blot

17h. PAUSE dédicaces, buvette.

17h30 : Grand Meeting d’Action Française L’ESPÉRANCE EST NATIONALE ! Avec Antoine Desonay, Eric Letty, Bernard Pascaud, Olivier Perceval, Jacques Tremolet de Villers.

Ont déjà confirmé leur présence pour des rencontres et dédicaces : Alain Bournazel, Xavier Cheneseau, Olivier Dazat, Jacques de Guillebon, Jacques Tremolet de Villers, Henry Le Bal, Dominique Paoli, Albert Salon, Axel Tisserand, Olivier Tournafond, Frédéric Rouvillois, David Mascré, et bien d’autres à venir.

De 14h à 19h. Espace Cléry 17 rue de Cléry – 75002 Paris Entrée 10 euros. 5 euros pour les étudiants, lycéens, chômeurs. Gratuit pour les étudiants de province www.actionfrancaise.net

 

LE 13 MAI 2012, CORTÈGE TRADITIONNEL

600 fleurs de lys

 pour les 600 ans de la naissance de Jeanne

 

Rassemblement à 10 heures Place de l’Opéra

En 1420, du temps de Jeanne d’Arc, le traité de Troyes décidait de faire fusionner la France et l’Angleterre. Cette Europe du XVe siècle abolissait notre souveraineté nationale. Jeanne d’Arc fit échec à ce « honteux traité ». Aujourd’hui, la souveraineté de la France est, une fois encore, insidieusement menacée, principalement par l’abdication nationale de nos oligarchies devant l’euro-atlantisme et le mondialisme. Pour nos libertés, les Français patriotes, par-delà la droite et la gauche, manifesteront dans la rue leur refus du renoncement national. Ce cortège, fondé par l’Action française en 1909 et maintenu depuis lors grâce à elle, est ouvert à toutes les organisations qui pourront défiler et déposer leurs gerbes en toute indépendance.

( 23 avril, 2012 )

Editorial de Philippe Schneider (numéro 291 de La Lorraine Royaliste)

Curieuse bataille électorale à laquelle nous assistons : les insultes volent, des accusations apparaissent, les propositions les plus folles ou inapplicables sont énoncées… chacun voulant faire des promesses pour essayer de récupérer quelques voix. Vous direz, c’est normal en période électorale, c’est vrai ! c’est aussi ce qui montre les limites de notre système politique.

Car, enfin, les candidats savent bien que 90 % des promesses qu’ils font ne pourront être tenues. Beaucoup d’électeurs aussi, d’ailleurs, qui assistent à la bataille comme s’il s’agissait d’un jeu finalement peu important car, de toutes façons – pensent-ils – rien ne changera. Et ils n’ont pas tort !

François Hollande veut renégocier le dernier et funeste traité européen nous enlevant encore un peu plus d’indépendance mais pas pour cela, simplement pour rajouter des articles sur la croissance et la politique sociale. L’Allemagne ne veut pas, donc cela ne se fera pas et notre candidat le sait très bien… De même chez Sarkozy qui annonce vouloir renégocier le vieux traité de Schengen. Bien entendu, il n’en a pas du tout l’intention (il ne l’a d’ailleurs pas fait depuis 5 ans). Il prend simplement peur que Marine Le Pen lui prenne trop de voix.

Tout n’est que de la tactique électorale. Il n’y a rien de vrai dans ce qu’ils disent, simplement parce qu’ils ne pourraient pas – même s’ils le voulaient – tenir leurs promesses électorales. Il en est de même pour Bayroux et même Mélanchon qui veut maintenant rester dans l’Union Européenne et garder l’Euro.

Pourquoi ne peuvent-ils rien faire ? Simplement parce qu’ils sont soumis aux directives européennes, à la loi de l’unanimité – et de plus en plus de la majorité, ce qui est encore plus dangereux – pour tout changement ou même adaptation. De plus, la pression de l’Allemagne et de ses affiliés est de plus en plus forte, du fait même de l’actuelle supériorité économique et politique.

Ils sont condamnés à faire la même politique à quelques nuances près et encore de moins en moins car l’Europe veut tout gérer. Ainsi, sur le plan des mœurs, il ne faut pas croire que Nicolas Sarkozy fera mieux que  Hollande : il devra obéir. Peut-être gagnerait-on avec lui quelques mois de répit… dans notre décadence. Et le Président actuel n’a pas  la ténacité et la volonté du premier ministre hongrois qui, cependant, devra sans doute lâcher du lest. Et encore, il est plus indépendant que nous, n’étant pas dans l’Union monétaire.

Pour moi, dans cette élection, le seul but serait de montrer que beaucoup de Français veulent redevenir indépendant, d’en terminer avec la monnaie unique qui nous mène à la ruine et de se retirer de l’Union Européenne. Si la France le faisait, cela ferait, on peut l’espérer, un choc salutaire car elle serait suivie par d’autres pays et l’on pourrait alors reconstruire sur des bases solides une alliance des pays européens. Donc voter pour un candidat prônant le retrait de la France déjà de l’Union monétaire européenne. Et le deuxième tour ne présentera aucun intérêt si nous avons réellement, comme il nous est « prédit » Nicolas Sarkozy et François Hollande au deuxième tour, ces deux faces de la même politique dictée de Berlin via Bruxelles.

Que l’on me comprenne bien, il ne s’agit aucunement de se faire d’illusions, le régime sait se défendre et sa politique néfaste se poursuivra. Mais il serait bon que beaucoup de Français montrent leur désaccord avec la politique menée.

Par ailleurs, contrairement à ce qui est dit partout ou presque, la crise économique que nous subissons et qui n’est que le résultat de notre crise politique et morale, comme l’a fort bien montré Hilaire de Crémiers lors de la conférence à Nancy, ne fait que commencer, le pire est certainement à venir. Il est donc probable – rien n’est sûr en prospective – que la politique menée actuellement par l’Union Européenne va totalement échouer avec une réelle possibilité d’éclatement de l’Union monétaire. Il faut donc s’y préparer.

Malheureusement, nos gouvernants – de la majorité comme de l’opposition officielle actuelle – ne voient, pour en sortir, que faire plus d’Europe comme si renforcer ce qui ne marche pas depuis 50 ans était la solution !!!

Retrouver l’indépendance de la France ne résoudra pas tous les problèmes, mais au moins cela permettra de ne plus dépendre de l’étranger pour notre vie. C’est une première étape mais elle ne résoudra rien si notre pays ne procède pas en même temps à un redressement politique, intellectuel et moral. Or, ce n’est pas possible dans notre régime politique. Il faut pour cela un réel pouvoir indépendant à la tête de notre pays, celui de notre Roi.

( 18 avril, 2012 )

Election, piège à con

2012. Ce n’est pas seulement l’année de la fin du monde chez les Mayas, ou le titre d’une superproduction à sensation signée Roland Emmerich, c’est aussi pour la France, nous apprennent les médias, l’année du changement. Changement par ci, changement par là, le changement c’est maintenant, etc… L’élection présidentielle de 2012 sera donc celle du changement. Les campagnes respectives des différents candidats ont le mérite de nous faire (plus ou moins, certes) rêver à un meilleur avenir malgré les crises successives qui ont secoué le monde et plus particulièrement l’Europe, grâce aux propositions réfléchies de nos candidats, rivalisant d’imagination afin de trouver les meilleures solutions pour amener au pays prospérité et stabilité. Vous vous en êtes aperçu, cette dernière longue tirade sonne un peu faux, n’est ce pas ? Quittons un instant le monde de l’idéalisme politique, pour venir à celui du réalisme : 2012 ne sera pas l’année du changement. Et pourquoi donc ? Pour quelques instants, entreprenons l’exploration, via cet article, des coulisses plus ou moins dévoilées de la campagne, afin de comprendre pourquoi le bulletin que vous déposerez dans l’urne ne changera rien à la donne.

 

La logique électoraliste des candidats

Au premier tour, on choisit, au second tour, on élimine. Rengaine bien connue des électeurs et des élus lorsqu’il s’agit de qualifier le mode de scrutin de l’élection présidentielle française, à savoir l’uninominal majoritaire à deux tours. So far, so good, comme disent les Américains : jusque là, ça va. Là où le problème commence à faire son apparition, c’est que cette logique a été tellement bien assimilée par les partis qu’elle laisse place à ce que messieurs Chevalier et Laspalès pourraient qualifier, à juste titre, d’une « sacrée connerie ». Eh oui, raisonnons. Si au second tour, on élimine, finalement, il n’y a pas besoin d’être bon : ce qui compte, c’est juste d’être moins mauvais que l’autre candidat. On en vient donc, de fil en aiguille, à (exemple parmi tant d’autres) l’organisation de meeting par le pouvoir en place intitulé « Programme PS, le grand malentendu ». L’UMP, alors que notre pays est pris dans la tourmente financière et budgétaire qui secoue toute l’Europe, n’a bien entendu rien d’autre de mieux à faire. Signe révélateur de la mentalité de la clique au pouvoir : se soucient-ils du bien de la France et de son peuple, ou bien de la prochaine échéance électorale ? Que les militants socialistes ne se réjouissent pas trop vite : la campagne de Flamby des bois au pays des capitaines de pédalo s’axe sur une opposition nette au sarkozysme. Preuve qu’au fond, le PS est exactement dans le même courant de pensée que ses soi-disant adversaires. Le Modem est à loger à la même enseigne, lui qui nous explique que comme la gauche et la droite étaient au pouvoir et qu’ils n’ont rien amélioré, eh bien il faut choisir le centre. Raisonnement on ne peut plus primaire, d’autant que le parti centriste propose de créer un gouvernement composé de personnalités de droite et de gauche. Si les deux séparément n’ont rien changé, les deux ensemble ne feront pas mieux. Cela relève du simple calcul arithmétique : 0 + 0, ça fait toujours zéro. Allons donc, ces chamailleries sont dignes de la récréation de dix heures de l’école primaire, et encore. A l’heure où la situation de la France mérite que toutes les énergies soient consacrées au bien de la Nation, nos élites politiques, au lieu de se serrer les coudes, n’ont pas trouvé d’autre chose à faire que de se tirer dans les pattes à coup d’attaques ad hominem (untel est un sale mec, untel est arrivé au pouvoir par effraction, etc…).

Cette campagne a au moins, pour les avertis, le mérite d’être hilarante (quoique de temps à autre, l’hilarité fait place à un profond désespoir, devant l’impasse vers laquelle nous mène cette élection). Hilarante lorsqu’un candidat (toujours dans cette logique de « c’est moi le moins mauvais ») taxe un autre de démagogue. Oh, le misérable, il enfume l’honnête citoyen en formulant des propositions qu’il ne peut pas tenir. Arrêtez ce jeu stupide, comme dirait Giscard aux Guignols, vous êtes, messieurs les politiciens, tous soumis à la logique de l’électoralisme et de la démagogie à outrance, adaptant vos discours et prises de position en fonction des conseillers communication qui susurrent sans cesse à l’oreille des candidats « Vas-y François, dis que la finance est ton ennemi, tu récupéreras des voix à gauche » ou encore « Vas-y Nicolas, dis que tu t’opposes au droit de vote des étrangers, tu récupéreras des voix à droite ». C’est le syndrome de la girouette : on tourne en fonction du sens du vent. Français, mais réveillez vous, ne voyez vous donc pas, derrière chaque proposition, chaque annonce, la patte des conseillers qui, forts de leurs études, poussent le candidat à proposer dans le but de « s’ancrer à gauche » ou « se droitiser » afin de ramener une partie des électeurs à lui ? Au diable la droite, au diable la gauche, ce qui compte, c’est l’intérêt du pays. Un programme ne se décide plus suite à une réflexion mûre guidée par la recherche du bien commun, mais par le nombre d’électeurs qu’il est supposé attirer. Si le regretté Charles Trénet était encore des nôtres, pas sûr que sa touchante complainte s’intitulerait « Douce France » : Pauvre France semble décidément l’épithète qualifiant le mieux la situation de notre beau pays.

 

Le rôle central du FN dans le processus de manipulation des électeurs

Parlons à présent du FN, élément central de la manipulation dont sont victimes les électeurs français. La polémique autour des difficultés de Marine Le Pen à recueillir ses 500 signatures, sésame indispensable pour participer à la joute présidentielle, est extrêmement intéressante. A ceux qui s’étonnent d’une telle situation, rappelons que Jean Marie son père avait déjà eu affaire, quasi systématiquement, à pareil problème. Lors de sa dernière candidature, en 2007, il n’avait d’ailleurs tenu qu’à Nicolas Sarkozy, incitant certains élus de son bord politique à parrainer le leader du Front National, qu’il puisse se présenter. Certains avaient d’ailleurs applaudi des deux mains à ce geste, louant l’honnêteté et le sens de la démocratie du futur chef de l’Etat, qui avait saisi là l’occasion, en (apparent) digne héritier de Voltaire (Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire), de se donner le beau rôle. Remettons les pendules à l’heure : si le candidat Sarkozy a agit dans ce sens, ce n’est pas en vertu d’un quelconque élan démocratique, mais plutôt (logique électorale de campagne oblige) de son propre intérêt personnel. Aussi illogique que cela puisse paraître, la classe politique toute entière a intérêt à ce que le FN soit actif dans la campagne présidentielle, et d’autant plus s’il est placé assez haut dans les sondages.

Dès lors que le Front National prend de l’importance, c’est la logique du vote utile qui prime : bien qu’on ne soit pas en accord avec les idées de tel ou tel candidat, on vote pour lui parce qu’il est finalement le mieux placé pour faire barrage à Le Pen. Voilà comment la classe politique toute entière, tel Don Quichotte combattant les moulins à vent, s’invente un ennemi fictif, criant au danger fasciste, afin d’effrayer les électeurs et de les pousser vers les urnes. Ceux-ci, en déposant un bulletin Sarkozy, Hollande ou je ne sais qui dans l’urne, ont alors l’impression de protéger leur nation contre la tyrannie et le despotisme incarnés par les Le Pen. Pour schématiser le bourrage de crâne dont sont victimes les électeurs, on pourrait dire que finalement, afin d’empêcher Marine de gagner, cela relève du devoir civique que d’aller voter pour les candidats des grands partis, qui se présentent alors en défenseurs de la vertu et de la morale par opposition à la haine diffusée par les frontistes.. La candidate FN apparaît donc également en quelque sorte comme l’idiote utile (pour reprendre le camarade Lénine) du système électoral. Mais soyons honnêtes : tout cela relève d’une grande mascarade. La candidate Marine Le Pen ne sera jamais élue. Quand bien même elle arriverait au second tour, l’union sacrée de la droite et de la gauche serait prononcée, afin de faire barrage à la despote xénophobe et anti-républicaine. Et l’élection présidentielle, ça n’est pas les Jeux Olympiques : pas de médaille d’argent pour le second, ni pour aucun des autres candidats d’ailleurs. Soit on est élu, soit on ne l’est pas. Qu’a changé l’arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour en 2002 ? Rien du tout, à part peut être creuser la tombe de Jospin.

Néanmoins, la logique du vote utile anti-FN a fait son chemin dans la tête des électeurs, bien aidée il est vrai par l’hypermédiatisation de la candidate frontiste. Les journalistes, qui sont, ne nous le cachons pas, très majoritairement de gauche (voulant donc la peau de la fille Le Pen, souvenons nous de l’agressivité d’Anne Sophie Lapix à son égard sur Canal, pourtant toute miel avec les autres candidats), ont d’ailleurs superbement intégré le phénomène décrit ci-dessus. Plus on surmédiatise le Front, plus les gens ont l’impression que le danger est réel, plus ils se ruent dans les urnes avec l’illusion de barrer la route à la xénophobie. Belle démocratie dans laquelle nous vivons, où finalement il nous reste le choix des candidats des grands partis (UMP, PS, voire Modem), qui ne sont que les revers d’une même médaille, pensant tous à leurs scores électoraux avant de penser au bien de la Nation.

 

Restez chez vous !

Pour reprendre le titre du carton littéraire de l’année, le message de cet article pourrait se résumer par la maxime « Indignez vous ! ». Stéphane Hessel avait, au fond, vu juste. Français, les politiciens vous prennent pour des veaux et se fichent de vos problèmes. C’est à celui qui, par la stratégie électorale la plus roublarde, arrivera à grappiller le maximum de pourcentages. Qui prend en considération l’intérêt général, le bien de la Nation et de son peuple ? Personne. Ne vous laissez pas influencer, ni par les propositions futiles et démagogues des candidats, auxquelles ils ne croient pas eux-mêmes, ni par les manœuvres politiques, comme le double processus de diabolisation et de surmédiatisation du Front National, écrans de fumée qui n’ont qu’un seul but : vous pousser vers les urnes tel un troupeau de moutons de panurge guidés au doigt et à l’œil par le berger, qui dans ce cas précis est la clique au pouvoir depuis toujours (UMP, PS, même combat). L’organisation de cette élection n’est au fond plus destinée qu’à conserver un semblant de démocratie, dont la majorité des citoyens ont néanmoins l’air de se satisfaire. Si vous avez réellement la volonté de vous opposer à ces pratiques méprisables devenues monnaie courante et à cette confiscation du pouvoir dont nous sommes victimes, inutile de déposer un bulletin Sarkozy, Bayrou, Hollande, Joly ou même Le Pen ou Mélenchon dans l’urne : restez chez vous le 22 avril prochain. Et qu’on n’aille pas nous dire de voter blanc : le vote blanc est, comme chacun sait, assimilé au vote nul. Comprenons nous bien, votre vote blanc, qui exprime tout de même une prise de position politique, a la même valeur que le vote de l’imbécile de base qui, pour faire marrer ses petits copains, dessine un signe obscène sur son bulletin. De toute façon, et ce sera une manière de clore cet appel à la réflexion de chacun, le changement (pas les petites réformettes proposées par nos élites politiques), le vrai changement, celui dont notre pays aurait besoin en ces temps difficiles, ne s’est jamais fait, au regard de l’Histoire, par les urnes. Et ce n’est pas le 6 mai 2012 que cela va commencer.

 

Thomas Ory

( 5 avril, 2012 )

Conférence à venir

L’Association HISTOIRE ET CULTURE

Vous invite

à  une conférence-débat 

Avec 

Jean-Pierre MAUGENDRE

Président de l’œuvre scolaire Saint Nicolas

Président de Renaissance Catholique

 

« Nouveaux programmes d’Histoire

De l’ignorance au formatage »

 

MERCREDI 2 Mai 2012

Brasserie « LES DEUX PALMIERS »

64 rue Stanislas à Nancy

 

19 h : accueil

19 h 45 : conférence

21 h 00 : débat avec le conférencier autour d’un buffet froid.

Participation aux frais : 10 € par personne hors boissons. 5 € pour étudiants.

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