( 1 mai, 2012 )

Combattre le relativisme partout

 

Parlons un peu de la ville la plus branchée, la plus « d’jeuns » d’Europe : Berlin. La ville bobo par excellence, ou comme ils disent « alternative ». Depuis la réunification et le retour du statut de capitale allemande, la ville tente de se renouveler. Et elle est devenue le lieu d’expression et de créativité des « artistes » les plus spéciaux.

A ce sujet, on peut évoquer la maison « Tacheles », squat d’ « artistes », dans une vieille bâtisse berlinoise.  Je vous invite à visiter leur site internet (www.tacheles.de) pour vous rendre compte par vous-même du chef d’œuvre qu’est devenu ce lieu. On peut décrire cet endroit comme sentant l’urine, étant tagué absolument partout, et accueillant des « artistes » qui vendent des œuvres pour beaucoup vulgaires (on y voit par exemple une bonne sœur exhibant sa poitrine). Cela est sensé refléter une culture alternative, qui s’exprime à merveille dans la capitale allemande.

Niant le sens du beau, de tout esprit classique et plus encore de tradition, cet « art » a des effets destructeurs : il impose le relativisme (chacun décide ce qui est beau, et ce qui ne l’est pas ; d’ailleurs l’art n’a plus vocation à être beau), qui de l’art et du domaine culturel passe immanquablement au domaine politique.  L’esprit romantique, qui favorisait l’expression directe des sentiments, de manière anarchique et désordonnée est une des causes de l’ « art contemporain ». Charles Maurras voyait donc juste dans sa critique de cet esprit destructeur. En niant la beauté de l’art, donc une forme de Vérité, on nie la possibilité d’une Vérité en politique. C’est toujours au peuple de décider, et il a toujours raison. Ainsi les valeurs de la société sont variables. Finalement si une majorité de Français sont pour le « mariage homosexuel », pourquoi ne pas l’autoriser ?

En effet, cet esprit moderne nie un quelconque ordre naturel. Mais nous, nous savons que cet ordre existe, que l’on peut le dégager de l’Histoire en étudiant celle-ci de manière objective, mais aussi avec la Tradition, qui est critique. Puisque la loi du nombre n’est pas la bonne, il faut chercher ailleurs, et confier le pouvoir national à une figure indépendante des factions, garante de l’unité du pays et de la continuité. Sous la protection de cette autorité, les républiques peuvent s’exprimer avec d’immenses libertés.

Notre combat ne se limite pas à la sphère politique, il peut également toucher le domaine culturel. Travaillons entre autres à remettre le beau au goût du jour, et c’est une bataille populaire. Préservons notre héritage artistique français, ne permettons plus les œuvres « alternatives » (pour ne pas utiliser un autre mot) s’installer au cœur de nos hauts-lieux. Plus jamais de Koons à Versailles ! Nous ne voulons pas en France de la « culture alternative à la berlinoise », mais pour lutter contre cela, réinventons le génie français et cela ne pourra se faire que de concert avec une Restauration nationale.     

VR

( 18 avril, 2012 )

Election, piège à con

2012. Ce n’est pas seulement l’année de la fin du monde chez les Mayas, ou le titre d’une superproduction à sensation signée Roland Emmerich, c’est aussi pour la France, nous apprennent les médias, l’année du changement. Changement par ci, changement par là, le changement c’est maintenant, etc… L’élection présidentielle de 2012 sera donc celle du changement. Les campagnes respectives des différents candidats ont le mérite de nous faire (plus ou moins, certes) rêver à un meilleur avenir malgré les crises successives qui ont secoué le monde et plus particulièrement l’Europe, grâce aux propositions réfléchies de nos candidats, rivalisant d’imagination afin de trouver les meilleures solutions pour amener au pays prospérité et stabilité. Vous vous en êtes aperçu, cette dernière longue tirade sonne un peu faux, n’est ce pas ? Quittons un instant le monde de l’idéalisme politique, pour venir à celui du réalisme : 2012 ne sera pas l’année du changement. Et pourquoi donc ? Pour quelques instants, entreprenons l’exploration, via cet article, des coulisses plus ou moins dévoilées de la campagne, afin de comprendre pourquoi le bulletin que vous déposerez dans l’urne ne changera rien à la donne.

 

La logique électoraliste des candidats

Au premier tour, on choisit, au second tour, on élimine. Rengaine bien connue des électeurs et des élus lorsqu’il s’agit de qualifier le mode de scrutin de l’élection présidentielle française, à savoir l’uninominal majoritaire à deux tours. So far, so good, comme disent les Américains : jusque là, ça va. Là où le problème commence à faire son apparition, c’est que cette logique a été tellement bien assimilée par les partis qu’elle laisse place à ce que messieurs Chevalier et Laspalès pourraient qualifier, à juste titre, d’une « sacrée connerie ». Eh oui, raisonnons. Si au second tour, on élimine, finalement, il n’y a pas besoin d’être bon : ce qui compte, c’est juste d’être moins mauvais que l’autre candidat. On en vient donc, de fil en aiguille, à (exemple parmi tant d’autres) l’organisation de meeting par le pouvoir en place intitulé « Programme PS, le grand malentendu ». L’UMP, alors que notre pays est pris dans la tourmente financière et budgétaire qui secoue toute l’Europe, n’a bien entendu rien d’autre de mieux à faire. Signe révélateur de la mentalité de la clique au pouvoir : se soucient-ils du bien de la France et de son peuple, ou bien de la prochaine échéance électorale ? Que les militants socialistes ne se réjouissent pas trop vite : la campagne de Flamby des bois au pays des capitaines de pédalo s’axe sur une opposition nette au sarkozysme. Preuve qu’au fond, le PS est exactement dans le même courant de pensée que ses soi-disant adversaires. Le Modem est à loger à la même enseigne, lui qui nous explique que comme la gauche et la droite étaient au pouvoir et qu’ils n’ont rien amélioré, eh bien il faut choisir le centre. Raisonnement on ne peut plus primaire, d’autant que le parti centriste propose de créer un gouvernement composé de personnalités de droite et de gauche. Si les deux séparément n’ont rien changé, les deux ensemble ne feront pas mieux. Cela relève du simple calcul arithmétique : 0 + 0, ça fait toujours zéro. Allons donc, ces chamailleries sont dignes de la récréation de dix heures de l’école primaire, et encore. A l’heure où la situation de la France mérite que toutes les énergies soient consacrées au bien de la Nation, nos élites politiques, au lieu de se serrer les coudes, n’ont pas trouvé d’autre chose à faire que de se tirer dans les pattes à coup d’attaques ad hominem (untel est un sale mec, untel est arrivé au pouvoir par effraction, etc…).

Cette campagne a au moins, pour les avertis, le mérite d’être hilarante (quoique de temps à autre, l’hilarité fait place à un profond désespoir, devant l’impasse vers laquelle nous mène cette élection). Hilarante lorsqu’un candidat (toujours dans cette logique de « c’est moi le moins mauvais ») taxe un autre de démagogue. Oh, le misérable, il enfume l’honnête citoyen en formulant des propositions qu’il ne peut pas tenir. Arrêtez ce jeu stupide, comme dirait Giscard aux Guignols, vous êtes, messieurs les politiciens, tous soumis à la logique de l’électoralisme et de la démagogie à outrance, adaptant vos discours et prises de position en fonction des conseillers communication qui susurrent sans cesse à l’oreille des candidats « Vas-y François, dis que la finance est ton ennemi, tu récupéreras des voix à gauche » ou encore « Vas-y Nicolas, dis que tu t’opposes au droit de vote des étrangers, tu récupéreras des voix à droite ». C’est le syndrome de la girouette : on tourne en fonction du sens du vent. Français, mais réveillez vous, ne voyez vous donc pas, derrière chaque proposition, chaque annonce, la patte des conseillers qui, forts de leurs études, poussent le candidat à proposer dans le but de « s’ancrer à gauche » ou « se droitiser » afin de ramener une partie des électeurs à lui ? Au diable la droite, au diable la gauche, ce qui compte, c’est l’intérêt du pays. Un programme ne se décide plus suite à une réflexion mûre guidée par la recherche du bien commun, mais par le nombre d’électeurs qu’il est supposé attirer. Si le regretté Charles Trénet était encore des nôtres, pas sûr que sa touchante complainte s’intitulerait « Douce France » : Pauvre France semble décidément l’épithète qualifiant le mieux la situation de notre beau pays.

 

Le rôle central du FN dans le processus de manipulation des électeurs

Parlons à présent du FN, élément central de la manipulation dont sont victimes les électeurs français. La polémique autour des difficultés de Marine Le Pen à recueillir ses 500 signatures, sésame indispensable pour participer à la joute présidentielle, est extrêmement intéressante. A ceux qui s’étonnent d’une telle situation, rappelons que Jean Marie son père avait déjà eu affaire, quasi systématiquement, à pareil problème. Lors de sa dernière candidature, en 2007, il n’avait d’ailleurs tenu qu’à Nicolas Sarkozy, incitant certains élus de son bord politique à parrainer le leader du Front National, qu’il puisse se présenter. Certains avaient d’ailleurs applaudi des deux mains à ce geste, louant l’honnêteté et le sens de la démocratie du futur chef de l’Etat, qui avait saisi là l’occasion, en (apparent) digne héritier de Voltaire (Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire), de se donner le beau rôle. Remettons les pendules à l’heure : si le candidat Sarkozy a agit dans ce sens, ce n’est pas en vertu d’un quelconque élan démocratique, mais plutôt (logique électorale de campagne oblige) de son propre intérêt personnel. Aussi illogique que cela puisse paraître, la classe politique toute entière a intérêt à ce que le FN soit actif dans la campagne présidentielle, et d’autant plus s’il est placé assez haut dans les sondages.

Dès lors que le Front National prend de l’importance, c’est la logique du vote utile qui prime : bien qu’on ne soit pas en accord avec les idées de tel ou tel candidat, on vote pour lui parce qu’il est finalement le mieux placé pour faire barrage à Le Pen. Voilà comment la classe politique toute entière, tel Don Quichotte combattant les moulins à vent, s’invente un ennemi fictif, criant au danger fasciste, afin d’effrayer les électeurs et de les pousser vers les urnes. Ceux-ci, en déposant un bulletin Sarkozy, Hollande ou je ne sais qui dans l’urne, ont alors l’impression de protéger leur nation contre la tyrannie et le despotisme incarnés par les Le Pen. Pour schématiser le bourrage de crâne dont sont victimes les électeurs, on pourrait dire que finalement, afin d’empêcher Marine de gagner, cela relève du devoir civique que d’aller voter pour les candidats des grands partis, qui se présentent alors en défenseurs de la vertu et de la morale par opposition à la haine diffusée par les frontistes.. La candidate FN apparaît donc également en quelque sorte comme l’idiote utile (pour reprendre le camarade Lénine) du système électoral. Mais soyons honnêtes : tout cela relève d’une grande mascarade. La candidate Marine Le Pen ne sera jamais élue. Quand bien même elle arriverait au second tour, l’union sacrée de la droite et de la gauche serait prononcée, afin de faire barrage à la despote xénophobe et anti-républicaine. Et l’élection présidentielle, ça n’est pas les Jeux Olympiques : pas de médaille d’argent pour le second, ni pour aucun des autres candidats d’ailleurs. Soit on est élu, soit on ne l’est pas. Qu’a changé l’arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour en 2002 ? Rien du tout, à part peut être creuser la tombe de Jospin.

Néanmoins, la logique du vote utile anti-FN a fait son chemin dans la tête des électeurs, bien aidée il est vrai par l’hypermédiatisation de la candidate frontiste. Les journalistes, qui sont, ne nous le cachons pas, très majoritairement de gauche (voulant donc la peau de la fille Le Pen, souvenons nous de l’agressivité d’Anne Sophie Lapix à son égard sur Canal, pourtant toute miel avec les autres candidats), ont d’ailleurs superbement intégré le phénomène décrit ci-dessus. Plus on surmédiatise le Front, plus les gens ont l’impression que le danger est réel, plus ils se ruent dans les urnes avec l’illusion de barrer la route à la xénophobie. Belle démocratie dans laquelle nous vivons, où finalement il nous reste le choix des candidats des grands partis (UMP, PS, voire Modem), qui ne sont que les revers d’une même médaille, pensant tous à leurs scores électoraux avant de penser au bien de la Nation.

 

Restez chez vous !

Pour reprendre le titre du carton littéraire de l’année, le message de cet article pourrait se résumer par la maxime « Indignez vous ! ». Stéphane Hessel avait, au fond, vu juste. Français, les politiciens vous prennent pour des veaux et se fichent de vos problèmes. C’est à celui qui, par la stratégie électorale la plus roublarde, arrivera à grappiller le maximum de pourcentages. Qui prend en considération l’intérêt général, le bien de la Nation et de son peuple ? Personne. Ne vous laissez pas influencer, ni par les propositions futiles et démagogues des candidats, auxquelles ils ne croient pas eux-mêmes, ni par les manœuvres politiques, comme le double processus de diabolisation et de surmédiatisation du Front National, écrans de fumée qui n’ont qu’un seul but : vous pousser vers les urnes tel un troupeau de moutons de panurge guidés au doigt et à l’œil par le berger, qui dans ce cas précis est la clique au pouvoir depuis toujours (UMP, PS, même combat). L’organisation de cette élection n’est au fond plus destinée qu’à conserver un semblant de démocratie, dont la majorité des citoyens ont néanmoins l’air de se satisfaire. Si vous avez réellement la volonté de vous opposer à ces pratiques méprisables devenues monnaie courante et à cette confiscation du pouvoir dont nous sommes victimes, inutile de déposer un bulletin Sarkozy, Bayrou, Hollande, Joly ou même Le Pen ou Mélenchon dans l’urne : restez chez vous le 22 avril prochain. Et qu’on n’aille pas nous dire de voter blanc : le vote blanc est, comme chacun sait, assimilé au vote nul. Comprenons nous bien, votre vote blanc, qui exprime tout de même une prise de position politique, a la même valeur que le vote de l’imbécile de base qui, pour faire marrer ses petits copains, dessine un signe obscène sur son bulletin. De toute façon, et ce sera une manière de clore cet appel à la réflexion de chacun, le changement (pas les petites réformettes proposées par nos élites politiques), le vrai changement, celui dont notre pays aurait besoin en ces temps difficiles, ne s’est jamais fait, au regard de l’Histoire, par les urnes. Et ce n’est pas le 6 mai 2012 que cela va commencer.

 

Thomas Ory

( 12 mars, 2012 )

Discours de Paul Luporsi à la fête des Rois

Chers Amis

 

Cette année 2012 sera marquée par une nouvelle élection présidentielle. Sommes-nous concernés? Entre les petites phrases assassines, les promesses qui ne seront pas tenues, la démagogie la plus éhontée, avons-nous un choix à faire? De toutes façons, ce ne peut être qu’un choix partisan qui sera et restera un choix républicain, c’est à dire celui de l’anti-France. Car posons-nous la question: que reste-t-il de la France après plus de deux cent ans de gabegie républicaine? Par analogie avec la guerre de cent ans je dirai presque: la guerre de deux cents ans que nous livre la religion démocratique. Comme l’écrit Renaud Camus dans un livre récent : « décivilisation », nous assistons à l’éclosion de l’hyperdémocratisation qui doit conduire à l’égalité parfaite celle qui transforme les hommes en consommateurs égaux qui se gavent des mêmes burgers MacDonald, ou quick, de la sous-culture dysneylandesque, des ersatz et sous-produits fabriqués en Asie mais accessibles également à tous et qui ont pour principale valeur d’enrichir les marchands d’illusions et les multinationales sans âme. Car l’hyperdemocratisation est en parfaite adéquation avec l’hypermondialisation. Dès lors, foin de la culture! Elle ne peut plus être que de masse, populaire ou plutôt populacière.

 

On peut faire visiter un musée, certes; mais qui replacera tel ou tel tableau, telle ou telle statue dans le continuum d’une histoire qui ne sera plus enseignée, abandonnant les grands hommes au profit de la marche démocratique du monde. Qu’on ne s’y trompe pas: le mal atteint les grandes écoles pourtant chargées de fabriquer les responsables de demain et je pense en particulier à Sciences Po où l’épreuve de culture générale a été supprimée au concours d’entrée, où l’histoire ne commence qu’avec le processus de démocratisation entamé dans le monde depuis 1789, car l’histoire ne peut être, elle aussi, que mondialisée. Ce n’est même pas un nivellement par le bas, c’est la logique révolutionnaire de la démocratie triomphante qui toujours fait table rase du passé pour fabriquer des renégats au service de puissants qui se partagent la planète. Il est vrai que la culture fait de nous à la fois des héritiers et des transmetteurs et en cela est fortement antidémocratique. Ainsi ceux qui seront favorisés par un environnement familial favorable seront avantagés par rapport aux pauvres maghrébins élevés dans le 9-3. C’est cette dénonciation inspirée du sociologue marxiste Pierre Bourdieu qui anime les chantres de la nouvelle pédagogie, eux qui hantent les couloirs du ministère de l’éducation nationale. Autre tare de la culture: elle génère la comparaison et donc la critique ce qui la rend incompatible avec l’adaptabilité au système que doivent enseigner les grandes écoles de commerce ou Sciences Po.

 

Comme je le disais déjà l’année dernière, les juges formés à l’école marxisante de la magistrature, participent à cet avilissement général en privilégiant le délinquant au détriment de la victime. À l’image de cette Éva Joly, décidément boursoufflée d’inculture, qui ose, en apatride qu’elle est, dénoncer l’hommage à Jeanne d’Arc, suivie en cela par tous les pantins gauchisants et bien-pensants qui ont toujours été du côté des ennemis de la France. Mais que faut-il attendre des politiques qui au mieux sont des suivistes, au pire des traitres et qui ne méritent que notre mépris ? C’est tellement vrai quand on entend un Dominique Strauss Kahn encore englué dans sa sulfureuse affaire qui prône une immigration indispensable. On sait bien ce qu’il pense, réduire la France à une colonie de peuplement qui seule lui permettrait de devenir un espace de consommation, indispensable pour exister dans la mondialisation heureuse. C’est grosso modo ce qu’il a voulu dire à Claire Chazal dans cet « interview » étrange où il est venu faire soi-disant amende honorable. Et le coincé chauve de la république, je veux bien sûr parler de Juppé, lui, donne des gages à l’islam sunnite le plus radical en offrant pour le franc symbolique, pardon, pour l’euro symbolique, un terrain de 8500 m² pour construire une des plus grandes mosquées de France. Il continue en soutenant la révolte sunnite en Syrie. Certes Bachar el Assad n’est pas un enfant de choeur, mais le sort éventuel des chrétiens n’intéresse certainement pas cet énarque décérébré: quel poids économique ont-ils? et au cas où les étrangers pourraient voter chez nous ce qui n’a rien d’un rêve fumeux, il faudra bien flatter l’électorat musulman!

Sarkozy, lui-même, est prêt à vendre la France à une Allemagne de plus en plus bismarkienne dirigée par cette grosse Bertha de Merkel qui n’a en fait que mépris pour le nain élyséen. D’ailleurs, bien qu’il laisse croire qu’il prend de la hauteur, crise oblige, il ne pense qu’à sa prochaine réélection, et un des derniers numéros de Valeurs Actuelles ne s’y trompe pas qui titre: les secrets de son plan de bataille ou sa stratégie pour contrer Hollande, la guerre entre français, tandis que ce dernier, sur une photo du même numéro brandit mollement un petit poing pas trop vif pour ne pas trop effrayer le bourgeois qui pourrait encore voter pour lui. Ces polichinelles sont épouvantablement sinistres en cette période d’incertitudes économiques où, au contraire, il faudrait à la France la durée.

 

Il faut réagir nous dit Ivan Rioufol, l’excellent éditorialiste du Figaro dans un livre récent: « de l’urgence d’être réactionnaire.. » et il a de grandes envolées lyriques sur la Patrie qu’il défend contre vents et marées. Je le cite » À force de vous entendre critiquer le Français de souche assimilable à un Dupont la joie raciste, j’en suis venu à vouloir redécouvrir mon pays, ma patrie. Ma patrie, ce mot que vous m’aviez appris à mépriser et que je retrouve comme un lien intime qui m’unit à des millions d’inconnus dont je me sens proche. » Mais sa réflexion a le souffle court quand il écrit: » il, le réactionnaire, est le saumon qui remonte à contre-courant pour préserver sa survie liée à son espèce. La sienne s’appelle la démocratie libérale héritée de Toqueville. » Ce bon Rioufol se met au service d’une république mythifiée que nous aurions laissée dériver, une république bourgeoise, celle à laquelle rêve aussi Renaud Camus dont je parlais plus haut sans se rendre compte que cette bourgeoisie libérale est à l’origine de ce processus de démocratisation qui une fois enclenché ne peut qu’arriver à son terme: la disparition de notre tissu national. Non seulement elle en est l’origine, mais aussi le passage obligé dans l’évolution inéluctable du système républicain. Et d’ailleurs Toqueville l’avait prévu.

 

Alors la situation de notre pays en 2012  en proie au doute tant il est trahi, bafoué, occupé nous rappelle la situation de 1412 où la France est menacée de disparition: tout foutait le camp, les clercs avaient trahi, la noblesse faisait allégeance à géométrie variable. Le puissant bourguignon avait choisi l’ennemi, l’envahisseur, l’anglais hier, comme les défaitistes aujourd’hui choisissent l’immigré, gardons en mémoire le nombre de 16 millions de musulmans actuellement chez nous; Bedford, duc de Lancaster, tenait Paris; Orléans était prête à céder devant les godons qui l’assiégeaient. Mieux un parti noble voulait se partager le pouvoir et faisait tout pour susciter la haine entre français soudoyant les bourgeois des grandes villes ou fomentant des révoltes dans Paris comme celle du boucher Caboche qui a failli coûter la vie au futur Roi de France. Les grands féodaux, sauf quelques-uns d’entre eux qui rejoignirent le parti armagnac fidèle au pouvoir royal, voulaient se partager la dépouille de la France en s’inclinant devant le roi d’Angleterre, comme les grands féodaux d’aujourd’hui issus de l’énarchie se partagent les places juteuses que leur réserve le système et plient l’échine devant les oukases de Bruxelles ou les notations plus que fantaisistes de ces agences dont personne ne sait qui elles servent sinon l’argent roi et la finance apatride.

 

Oui, la France dans laquelle naît Jeanne le 6 janvier 1412, est bien malade, réduite pratiquement à rien: Vaucouleurs est une petite  place forte isolée aux marches qui reste fidèle au petit roi de Bourges. Baudricourt tient tant bien que mal et quand en 1429, cette petite paysanne de Domremy vient le voir, il est exalté et sent que dans cette être fragile se trouve l’espoir.

 

Et ce fut le début de cette courte épopée qui durera à peine deux ans, sorte d’illumination fulgurante dont nous ne cessons d’écouter la leçon ou plutôt les leçons. L’une d’elle pourrait être celle de la révolte nécessaire, non pas l’indignation molle d’un vieillard cacochyme, pardonnez-moi j’aime bien ce terme, comme Hessel, qui d’ailleurs  représentait la jeunesse du socialisme au dernier meeting de Hollande,  la révolte dont je parle est celle que prône saint Thomas d’Aquin contre la tyrannie, oui la sainte révolte qui conduit à la folie grandiose qu’est la trajectoire de Jeanne d’Arc. Ne nous y trompons pas, Jeanne a tout contre elle et elle brave tout. Elle renverse l’ordre établi pour aller à l’essentiel: la Mission que l’archange lui a confiée de redresser le royaume de France en faisant sacrer le dauphin à Reims. Pour cela elle transgresse un quadruple interdit :

 

En premier, cette jeune paysanne, probablement illettrée, va devenir une femme politique ce qui semblait inconcevable pour une noblesse peu sûre et prête à trahir. Pour Jeanne avant de chasser l’envahisseur, il fallait rétablir le Roi, c’est à dire l’ordre véritable. Autre incongruité, à 17 ans elle devient chef de guerre et libère Orléans en transcendant les hommes qu’elle mène à la bataille. Eux les couards ou simplement les découragés elle va en faire des héros. Pour assumer ce rôle, elle devient indécente troisième interdit, face aux culs bénits de l’époque et s’habille en homme. Enfin elle s’oppose aux puissants clercs et à la Sorbonne ; elle les affronte, elle qui certes connaît parfaitement son catéchisme, ces gras prélats plus soucieux de leurs prébendes que du dogme avec une témérité et une rectitude de pensée inouïes. Et elle a raison face à ces hommes d’Eglise qui trahissent leur roi et leur Dieu, face aux militaires qui reculent, aux chefs qui désertent et aux hommes qui désespèrent. Comme Antigone a raison contre son oncle Créon, l’anarchiste, ainsi que le définit Charles Maurras, et meurt en restant fidèle aux lois fondamentales des dieux anciens, Jeanne restera fidèle jusqu’au bûcher à son Dieu et à son Roi.

 

Quant à nous nous sommes non seulement des témoins de ce passé glorieux, mais aussi les passeurs des leçons de l’histoire et pour cela il nous faut transgresser les interdits d’une société politique émasculante, nous battre contre les bien-pensants droitdelhommesques et leur pensée molle, nous révolter contre les pitreries grotesques des mauvais bateleurs de la politique spectacle et leurs mensonges d’Etat.

 

Ne nous fions pas aux mirages politiciens et militons, militons, même si c’est folie, pour débarrasser enfin la France de ceux qui l’étouffent, politiciens pourris et dépravés, pédagogues mortifères, magistrats vendus aux ennemis de l’ordre, énarques dévoyés et lobotomises et qu’on puisse enfin rentrer chez nous en criant vive le Roi.

 

 

22 janvier 2012.

 

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