( 9 mai, 2018 )

Mai 68 – mai 2018

 

Editorial du numéro de Mai 2018 de POLITIQUE MAGAZINE

 

Dans  la foule des 15.000 manifestants du défilé du 1er mai à Paris, la police a dénombré 1.200 « casseurs », venus dans l’unique intention d’en découdre, de régler leur compte avec la société et de causer le plus possible de dégâts. Les forces de l’ordre plus spécialement chargées de contenir et d’arrêter ces émeutiers ultra-violents se montaient à environ 1.200 hommes, des CRS, soit le même nombre que les « casseurs ». Pour le reste, en quelque sorte, la police habituelle suffisait.

Il n’est pas douteux que la Préfecture de police et le ministère de l’Intérieur ont donné des ordres pour éviter au mieux ce qu’il est convenu d’appeler « les dommages collatéraux ». C’est-à-dire des passants, autrement dit des manifestants « honnêtes » ( !) ou des « curieux » se hasardant sur les lieux, qui pourraient être bousculés ou blessés à l’occasion de charges policières ou de heurts frontaux. Ce qui provoquerait aussitôt des hurlements d’indignation, l’indignation ne fonctionnant comme toujours qu’à sens unique ! La grande voix de Libération, entre autres, ne manquerait pas de se faire redoutable : le bourgeois anarchiste et gauchard adore le désordre, tant, bien sûr, que les coups ne l’atteignent pas.

*

Donc, les cortèges se rassemblent librement. Il est connu d’avance par les réseaux sociaux et par les renseignements que l’ultra-gauche sera de la partie et mènera la danse. Le petit monde cagoulé du black bloc est au rendez-vous sans problème. Pas question de procéder à des arrestations préventives, contrairement à tous les usages de naguère. Et voitures de brûler, devantures d’exploser, magasins et établissements d’être saccagés, pillés, détruits. Et policiers et gendarmes d’être blessés : s’ils pouvaient être massacrés, ils le seraient.

Le bon vieux défilé syndical, où le service d’ordre de la manifestation faisait lui-même la police, n’existe plus. C’est la raison pour laquelle, en dehors de la CGT et de Sud, il ne se pratique presque plus. Les risques de débordements sont trop importants.

L’heure est à l’affrontement brutal. Des minorités s’essayent de plus en plus à créer soit des zones de non-droit, soit des journées insurrectionnelles. Jeux plus ou moins infantiles, plan concerté, excitation de l’imagination, désir d’un «  jusqu’auboutisme » qu’on croit libérateur ; mélange de tout cela, sans doute. Jeunesse désoeuvrée et livrée à toutes les propagandes, société éclatée, privée d’autorités naturelles, toutes systématiquement détruites par la loi elle-même, « communautarismes » flagrants qui s’étendent sur des villes entières et qui refusent la nation, qui récusent la France et tout ce qu’elle représente, et où l’islamisme règne en maître ; enseignement et médias qui ne cessent d’inspirer le mépris de l’histoire, de l’ordre, de la vraie famille, de la société traditionnelle… Bref, tous les fruits gâtés de mai 1968 s’accumulent en pourritures, du bas en haut de la société, en ce mois de mai 2018.

*

Facultés, bientôt lycées, quartiers , villes – même avec leur maire et leur député de gauche, d’archi-gauche qui ont l’inconscient culot de s’en étonner ! –, maintenant zones entières de départements et de régions en sécession pratique où aucune police et aucun service d’État ne peut pénétrer. La situation est tenue en main, dit-on dans les hautes sphères pour se rassurer. Voire ! La fameuse convergence des luttes souhaitées par le bourgeois Mélenchon qui se fait plaisir à jouer le tribun de gauche, se feront tout autrement que ce que des imaginations politiciennes croient inventer. Qui, dans les banlieues, croit encore dans la République bourgeoise ?

Pour le moment, Macron, en rappelant à l’ordre, pense ramasser une fois de plus la mise à son profit. C’est le calcul républicain.

Mais chacun devine que tout peut échapper. À force de glorifier la révolution comme principe même de gouvernement, tous, de droite comme de gauche, ne font que rendre la France complice de sa propre destruction. Jusqu’où ?

Hilaire de CREMIERS

( 23 avril, 2018 )

PRESSE ET LIBRAIRIE

 

 

LE FIGARO HISTOIRE – Revue bimestrielle – n° 36 – le numéro : 8,90 €, abonnement : 49 € à FIGARO HISTOIRE, Abonnements, Libre réponse 73387, 60439, Noailles Cedex

 

Le dossier de ce numéro est consacré à « la légende et l’histoire de l’Espagne musulmane ». Dossier très intéressant décrivant les opérations militaires de la conquête musulmane et de la « reconquista » chrétienne qui fut longue, difficile mais victorieuse. Il est également montré combien fut dure et impitoyable la colonisation, les chrétiens étant considérés comme des « sous hommes » quand ils n’étaient pas massacrés. Non, il n’y eut jamais de coexistence pacifique entre chrétiens et musulmans comme certains veulent nous le faire croire, comme ces états islamiques n’apportèrent pratiquement rien en architecture, littérature, philosophie… se contentant le plus souvent de copier…

A lire et à faire lire !

 

L’AFRIQUE REELLE – Revue mensuelle par internet – n° 100 – abonnement (12 numéros) : 45 € – www.bernard-lugan.com

 

En ce mois d’Avril, l’Afrique Réelle fête son centième numéro. Il est conséquent (27 pages). Il est consacré au Mali, son histoire, sa situation actuelle, la guerre qui y a lieu.  Comme toujours avec Bernard Lugan, il s’agit d’une analyse rigoureuse et juste comme nous ne pouvons généralement pas la trouver ailleurs. Une petite restriction cependant : sa position sur la démographie, je pense que la jeunesse nombreuse peut être aussi une chance pour les pays africains s’ils savent la promouvoir en respectant chacun son passé.

 

 

MEMOIRES – FILS DE LA NATION – de Jean-Marie LE PEN  – 445 pages, Editions de MULLER – 22,90 €

 

Voilà un livre que nous attendions depuis longtemps. Il est d’un français impeccable, d’une lecture facile car très bien écrit, il se lit d’une traite. Après l’avoir lu, nous connaissons mieux ce personnage qui, bien que jamais au pouvoir, fait parti de l’histoire de la France contemporaine. Par ces actions – militaires comme politiques – nous voyons qu’il ne fut jamais le « raciste » que ses ennemis dénonçaient, au contraire toujours respectueux des hommes quelques soit leurs couleurs ou leurs religions. Simplement, il a toujours voulu défendre la France et les Français. Fervent républicain – c’est bien ce que nous lui reprochons – il dut se mêler de la politique politicienne, comme les autres. Nous apprenons beaucoup de choses sur ce qu’il a vécu dans le mouvement poujadiste, dans la campagne présidentielle de Tixier Vignancourt sans compter sa vie privée et professionnelle.

Un livre qu’il faut lire pour le comprendre mais aussi mieux connaître la vie politique de 1945 à 1972. Nous attendons avec impatience la suite de ses mémoires.

 

JEUNESSE AUX COEURS ARDENTS – de Cheyenne-Marie CARON – Film de 2 h 26 – HESIODE production – A commander à www.cheyennecarron.com, 28 € port compris.

 

Voici un film exceptionnel, d’une grande qualité comme toutes les réalisations de Cheyenne-Marie Caron. Ce film n’a pas eu de subventions et n’est pas diffusé dans les grands circuits de distribution. Il n’aura pas non plus de « césar ». Il en mériterait pourtant ! Mais ils sont réservés à des « navets » « politiquement corrects ». !C’est l’histoire d’un jeune brillant mais un peu « paumé », dérivant vers la délinquance, qui cherche une raison de vivre. Il rencontre un vieux monsieur, ancien officier de la Légion, qui cherche à terminer sa longue vie comme il a vécu avec « honneur et fidélité. C’est à son contact que le jeune étudiant va trouver sa voie

Il faut vous procurer ce film, le regarder, le faire regarder.

 

Jean NEDISCHER

 

( 10 avril, 2018 )

Politique magazine numéro d »avril : « Un héros mort pour la France »

Un numéro de Politique magazine qui prélude aux colloques Maurras en cours de préparation en France, notamment celui qui aura lieu à Marseille samedi 21 avril : Charles Maurras, l’homme de la politique. Le cent-cinquantième anniversaire de sa naissance se passera avantageusement des commémorations officielles que les organisations d’extrême-gauche ont empêchées.  LFAR

Au sommaire de ce nouveau numéro :

UN DOSSIER : Maurras toujours vivant

MAYOTTE : Sortir du piège

HISTOIRE : Mme de Staël, géniale et exaspérante

Et aussi dans ce numéro…  54 pages d’actualité et de culture !

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( 4 mars, 2018 )

Politique magazine numéro de mars : « La France paysanne : une mort programmée »

Au sommaire de ce nouveau numéro :

UN DOSSIER : Crise ou pas crise ?

CORSE : La double leçon

SAHEL : La guerre continue

Et aussi dans ce numéro…  54 pages d’actualité et de culture !

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( 24 février, 2018 )

Bernard Lugan lauréat du prix « La Plume et l’Epée »

 

Mardi 20 février 2018, dans les salons de l’Hôtel du Grand Commandement à Tours, le jury  remet le prix « La Plume et l’Epée »  à Bernard Lugan pour son livre « Osons dire la vérité à l’Afrique ».

Ce prix littéraire remis chaque année depuis 2009, est destiné à « contribuer à stimuler la pensée et la culture militaires en honorant les auteurs qui font l’effort de publier un ouvrage amenant à réfléchir sur le métier des armes sous tous ses aspects. Les engagements opérationnels de nos armées, multiples et exigeants, démontrent cette nécessité pérenne pour le chef militaire « d’agir  en homme de pensée et de penser en homme d’action » (Henri Bergson). La fréquentation d’auteurs de qualité est une source de repères et une aide à la maturation des concepts. Elle est donc indispensable à tout cadre militaire, quel que soit son niveau, du moment où, isolé, il doit dans l’urgence mettre en œuvre ses capacités à apprécier la situation. Elle est enfin indispensable pour tous les officiers appelés à tenir des postes de responsabilité dans la sphère politico-militaire ou des postes de conception en état-major ».

 

L’organisateur de ce prix est la DRHAT-Tours (Direction des ressources Humaines de l’Armée de Terre ). Les résultats sont proclamés à l’Hôtel de ville de Tours dans le cadre du salon du livre militaire organisé par la ville au mois de décembre de chaque année.

 

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Pour commander Osons dire la vérité à l’Afrique :

http://bernardlugan.blogspot.fr/2015/03/nouveau-livre-de-bernard-lugan-osons.html

La Lorraine Royaliste présente toutes ses félicitations à Bernard Lugan pour ce prix.

 

( 21 février, 2018 )

PRESSE ET LIBRAIRIE

 

 

LE SAUT PAR LA FENÊTRE– de Louis POZZO DI BORGO – 222 pages – Editions Godefroy de Bouillon (www.godefroydebouillon.fr) – 24 €

 

Voici un nouveau et très beau roman de notre ami Louis Pozzo di Borgo. L’histoire commence par la rencontre de deux hommes lors d’une croisière, tous deux sont veufs depuis peu et n’arrivent pas à se remettre de la perte de leur épouse. Ils deviennent amis après s’être aperçus qu’ils étaient tous deux d’Oran (comme l’auteur), ville perdue par la France avec le reste de l’Algérie, abandonnée par un pouvoir félon : ils portent tous deux le deuil de l’Algérie Française. Ils resteront toujours amis et nous suivons leurs vies dans ce roman. L’un est profondément croyant, l’autre pas, ce qui provoque de profonds échanges. Ce livre, admirablement écrit, est, comme l’écrit l’auteur dans une dédicace « une longue réflexion sur la mort, Dieu, nos rapports avec le morts, la Patrie grande ou petite ».

Un très beau livre que je vous recommande.

 

VENDEE – 1793-1794 – de Jacques VILLEMAIN – 306  pages – 24 € – Editions CERF

 

Vous me direz : encore un livre sur la Vendée, mais il y en a déjà beaucoup et, finalement, nous ne pouvons plus rien n’apprendre. Et bien, non et ce livre apporte beaucoup. Il ne s’agit pas de décrire les évènements mais de les analyser juridiquement. L’auteur, diplomate et juriste, est un spécialiste international de justice et de droit pénal. Il a travaillé sur plusieurs crimes de guerre et génocide. C’est en juriste, en spécialiste de ces questions qu’il analyse ce qui s’est passé en Vendée en 1793-1794 et il se pose la question : « comment seraient-ils qualifiés au regard du droit pénal international : crimes de guerre ? Crimes contre l’humanité ? Crime de génocide ? Et qui sont ceux dont la responsabilité pénale devrait être mise en cause ? »

La réponse est claire et je vous invite à suivre le raisonnement et l’analyse de l’auteur en lisant ce livre.

 

LIBERALISME ET CATHOLICISME– de l’Abbé Ange ROUSSEL  – 224 pages, Editions de CHIRE, BP 70001, Chiré en Montreuil – www.chire.fr – 19 €

 

Il s’agit d’une réédition, ce livre ayant été écrit en 1926. Il pose la question de savoir s’il est possible d’être Catholique et libéral. La réponse est non. L’idéologie qu’est le libéralisme est profondément ennemie du catholicisme. L’auteur le démontre tout au long de ce livre. Il montre aussi lorsqu’un catholique ce veut libéral, il en vient à renier la vérité, les droits de Dieu et de l’Eglise.

Bien qu’il y ait quelques réserves à faire sur certaines de ses positions – en particulier sur son analyse du « ralliement » à la république de Léon XIII- ce livre est à lire.

 

Jean NEDISCHER

( 10 février, 2018 )

Le numéro de février de Politique magazine est paru : « L’homme de Davos »

Et c’est un excellent numéro de Politique magazine, après les livraisons du dernier trimestre 2017. Nous publierons dans les prochains jours les analyses d’Hilaire de Crémiers. LFAR

Au sommaire de ce nouveau numéro :

UN DOSSIER : LACTALIS, pourquoi et comment

L’IMMIGRATION : la vraie question

RELATIONS INTERNATIONALES : le déséquilibre

Et aussi dans ce numéro…  54 pages d’actualité et de culture !

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( 22 décembre, 2017 )

Spes contra spem

 

Editorial du numéro 165 de POLITIQUE MAGAZINE

 

Nous voici à la fin de l’année 2017 qui a vu beaucoup de changements en France, et au début de l’année 2018 qui est  grosse d’incertitudes. Amis lecteurs, vous aimez votre journal Politique magazine : il traite des questions d’actualités comme aucun autre journal. Dans ce numéro, comme dans les précédents, une vaste étendue d’informations mais aussi d’explications est abordée : l’Europe, la Défense, la décentralisation et l’organisation territoriale, les risques monétaires, les dangers économiques, l’actualité culturelle. Tous ceux qui sont habitués à lire nos chroniques et nos articles, savent qu’il y a là une ligne éditoriale pour ainsi dire unique dans la presse française : les actualités y sont analysées en profondeur dans le cadre d’une réflexion historique et, à sa manière, philosophique qui n’hésite pas à rappeler quelques vérités fondamentales dont les constructeurs d’abstractions et les politiciens en mal de domination prétendent se soustraire.

*

Politique magazine n’a pas cédé aux charmes macroniens. L’homme a été assez habile pour se présenter à un de ces moments décisifs qui reviennent de manière récurrente dans l’histoire de notre pays et où les Français, lassés des luttes partisanes stériles, s’en remettent à un pouvoir venu « d’ailleurs » qui leur offre d’autres horizons que les perpétuelles et insanes querelles idéologiques et politiciennes. Macron a profité de la situation.

Cependant, il n’est pas venu réellement « d’ailleurs ». Loin d’être au-dessus du système, il en sort fort concrètement et il essaye d’en combiner les forces. Laissant, par exemple, un Blanquer mener sa juste réaction dans l’Éducation nationale dont il sait par son propre milieu familial à quel point les familles françaises y sont attachées, gardant un Hulot fébrile à ses côtés pour rassurer les écologistes, donnant à un Philippe adroit  ses coudées franches pour gérer le quotidien de la France, menant par des ministres qui sont tout sauf socialistes, des réformes partielles autant que les circonstances le permettent, il se réserve le rôle de « patron ». Lui voit où il faut aller. Il se met en position et en scène, comme son dernier entretien à l’Élysée l’a suffisamment montré.

*

Mais ce qu’il voit, ce n’est pas la France, ce n’est plus la France en tant que telle ; c’est un rêve, son rêve, tel qu’il l’a forgé à l’écoute de ses professeurs, de ses inspirateurs et de ses instigateurs : la construction d’une Europe fédérale totalement intégrée qui aurait, de plus, dans son esprit, l’avantage de résoudre le problème français, car la France est pour lui un problème. Il n’en a pris la direction que pour la conduire vers l’Europe du seul salut. Il croit en sa mission : cette certitude ressort de tous ses discours. Son action n’est dictée que par cette conception qui est une sorte de foi laïque. Il n’envisage de règlement des difficultés que dans cette configuration. Il le dit à toutes occasions, en toutes circonstances, comme ce numéro de Politique magazine le montre encore. En cela il est le parfait  élève de toute la génération précédente dont il prend la suite. Sauf que lui, il croit : il y croit et il se croit. Il se sert de sa foi comme d’un tremplin.

Il ne refaçonne le système que pour réussir dans son entreprise. Comprenons bien : il ne renie nullement le système ; il le transforme pour en améliorer l’efficacité à son service et pour son plan ; il joue des partis, bien sûr, en installant le sien qui doit absorber les autres ou les annihiler. Son intention est de renouveler au niveau européen ce qu’il considère comme son succès français. Demain Macron, chef charismatique d’abord, puis président d’une nouvelle Europe : oui,  tel est le rêve !

*

 Les Français sont floués. Une fois encore. Par une sorte de faux sauveur. Alors, que faire ? dira-t-on. Eh bien, expliquer et expliquer encore le pourquoi et le comment de cet invraisemblable et, cependant, perpétuel marché de dupes.  Politique magazine s’attelle à cette tâche : aller au fond du problème politique.

Concluons : s’il faut désespérer, désespérons donc du système.. Oui, parfaitement : ce désespoir-là est salutaire. Car si la France est susceptible d’espérance – et elle l’est –, elle doit l’attendre « d’ailleurs ». D’un véritable « ailleurs ». Comment ne pas y penser en ces jours de Noël et de Nouvel  An ?

Hilaire de Crémiers

( 17 décembre, 2017 )

Ne faites pas d’amalgame, sauf entre les islamistes et les catholiques

 

Lu sur le Salon Beige cette très juste critique d’un numéro spécial de Marianne.

 

Marianne vient de publier un hors-série (« Intégristes et fous de Dieu, 400 ans de guerres contre les libertés » (Hors-série décembre 2017 -janvier 2018) faisant l’amalgame entre des assassins et des catholiques de conviction :

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L’un de nos lecteurs a eu le courage de le lire et revient sur la réécriture de l’Histoire :

Amalgame

Ils sont tous pleins. De quoi ? Peu importe. Puisqu’ils ont cette plénitude en commun, le pot de yaourt et le baril de lessive sont évidemment interchangeables. C’est le brillant raisonnement de Marianne. Les intégristes sont tous les mêmes puisqu’ils gardent tous l’intégrité de leur religion. Quelle religion ? Peu importe ! Puisqu’ils ont cet intégrisme en commun, ils sont également condamnables.

Que l’intégrisme catholique trouve son modèle en un Mgr Lefebvre dont même les ennemis ont dû reconnaître l’exquise charité, tandis que l’intégrisme musulman s’incarne dans le djihadisme, peu importe ! Marianne est incapable de faire la différence. Quant à réaliser que l’on est toujours l’intégriste de quelque chose et que Marianne est celui du laïcisme maçonnique, cela semble tout simplement dépasser ses capacités intellectuelles.

Bourdes en tout genre

Rien ne fait peur à Marianne. Un de ses directeurs, Joseph Macé-Scaron n’avait-il pas déjà fait mourir Copernic sur un bûcher ? (15 novembre 2016). Son digne successeur ose annoncer dans un tweet triomphal un « hors-série exceptionnel » sur les Intégristes et fous de Dieu. Après avoir dépensé 6,90 euros, le lecteur sera ravi de découvrir qu’il n’a en mains qu’une compilation de vieux articles, datés parfois de 36 ans ! Pourtant, effort louable : l’avant-propos ainsi que 6 autres pages (sur 97) ont été rédigés pour l’occasion.

L’écrasante majorité des articles n’est qu’une « version revue et mise à jour », mais comment expliquer que l’on y trouve autant d’erreurs ?

Marianne est fâchée avec les dates : dès la première page la célèbre bulle Unam Sanctam (1302) est placée en 1308 ; les dates des encycliques pontificales ne sont pas davantage respectées [p. 22] ; un évènement survenu en 1562 est illustré par une gravure « fin XVe siècle » [p. 8] ; Pie IX est censé avoir condamné la « laïcité » dans son Syllabus de 1864, alors que ce mot n’avait pas encore été inventé. Etc. Mais comment attendre l’exactitude de détail de la part de négationnistes déclarés ?

Négationnisme

Marianne, lucide, admet que « certaines vérités d’ordre profane, tout aussi absolues et exclusives poussent des gens à tuer ou à se faire tuer : des religions de substitution, comme le communisme par exemple. » [p. 6]. ! Mais l’auteur oublie immédiatement cette concession pour affirmer que : « de toutes les idéologies, la plus exigeante et, à l’occasion la plus meurtrière, est la religion. »

Si l’on comprend bien, Robespierre, Lénine, Hitler, Mao, Staline et leurs émules ne seraient que des enfants de chœur à côté d’Abraham et de Jésus. Comment comprendre ce passage sinon comme une négation des 100 millions de morts du communisme et, ce qui devrait interpeller la LICRA, des crimes du nazisme lui-même ?

Le décor est planté. Après ce brillant départ les négations s’enchaînent. On apprend que l’intolérance est une invention monothéiste tandis que « la nature ouverte des polythéismes les conduit structurellement à la tolérance. » [p. 9]. Vieille thèse voltairienne qu’Antoine Guénée avait déjà brillamment réfutée en 1762 (http://urlz.fr/6him). Marianne gagnerait à tenir son historiographie à jour. C’est en tout cas une négation très claire des 300 ans de persécutions antichrétiennes, ce qui n’est pas rien.

Mais Marianne fait toujours plus fort. Elle présente les écrivains catholiques du XIXe siècle [pp. 18-22] comme des terroristes qui « ouvrent le feu sur la république laïque ». Apparemment, l’auteur, pourtant réputé, n’a pas réalisé que la situation est exactement inverse. La France catholique, déjà agressée par la Terreur de 1792-1793, par les révolutions de 1830 et 1871 et par les « lois laïques » de Jules l’Imposteur (vol des biens de l’Eglise, violences physiques, religieux chassés par les armes, école totalitaire imposant à tous les enfants la religion maçonnique des Droits de l’Homme, discours haineux des anticléricaux etc.). Marianne présente comme les « défenseurs de la laïcité » [p. 19] ceux qui travaillaient, en réalité, à imposer par la violence leur nouvelle religion à un peuple massivement catholique. Elle ose même prétendre qu’en 1905 : « la France […] vote la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat » [p. 20]. Comme si le personnel maçonnique qui avait investi la République avait demandé, sur ce sujet, l’avis de la population française très majoritairement catholique.

Installé dans le déni, Renaud Dély présente la loi persécutrice de 1905 comme un « texte de concorde » [p. 95]. Il se plaint douloureusement de ce que les « extrémistes » catholiques « continuent de contester de façon plus ou moins souterraine » ce texte sacré de sa religion. Car lui, bien sûr, considère que sa religion va de soi. Elle est obligatoire et doit s’imposer à tous (vous avez dit intégrisme ?). Il se sent même persécuté par les catholiques qui refusent d’y adhérer, et, magnifique dans sa posture de victime, entame son credo républicain dans « l’indispensable laïcité républicaine », cet « idéal d’émancipation », cet « indépassable ciment pour faire vivre le pacte républicain », ce « miracle laïque », « lumineux idéal à perpétuer ». Il célèbre avec Régis Debray la « communion laïque », le « sacré républicain », « réflexe vital d’une âme collective ».

Figurez-vous, M. Dély, que ce n’est pas de façon souterraine, mais en face et en plein jour, que les catholiques contestent votre idole. Vous affirmez, à la mode maçonnique, que « ce n’est pas la civilisation chrétienne qui a inventé la laïcité, mais la résistance aux violences qu’elle provoqua ». En réalité, la saine distinction du spirituel et du temporel a été apportée par le christianisme. Elie Barnavi l’avoue lui-même aux pages 7-8 de votre éblouissant « hors-série exceptionnel » : rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Cette saine distinction qui a dominé toute la Chrétienté a été abolie par la Révolution.

Depuis 1789, César veut être Dieu. Pour se faire Dieu, votre César républicain n’a pas hésité à tuer, massacrer, terroriser. La République maçonnique n’a toujours pas fait repentance pour le génocide vendéen. Comment nier qu’elle ne soit une de ces « religions de substitution » qui « poussent les gens à tuer ou se faire tuer » et même, dans toute l’histoire de France, la plus meurtrière de toutes ?

( 6 décembre, 2017 )

PRESSE ET LIBRAIRIE

 

 

 

CAUSEUR – Le numéro 5,90 € – abonnement : 65 € –  100 pages – 32 rue du Faubourg Poissonnière, 75010, PARIS.

 

Causeur est le mensuel dirigé par Elisabeth Lévy. Je vous conseille de le lire régulièrement car vous y trouverez des articles d’un grand intérêt et toujours un dossier permettant une réflexion intelligente sur un sujet d’actualité. Dans le numéro d’Octobre dernier, le dossier est consacré aux jeux olympiques prévus à Paris en 2024. A lire pour savoir qu’il y a des raisons importantes à ne pas soutenir ce projet absurde.

 

FRATERNPHONIE – 12 pages – Abonnement/adhésion: 20 € minimum (4 numéros) à A.FR.AV., Parc Louis Riel, 2811 chemin Saint Paul, 30129, Manduel

 

Ce trimestriel et l’association qui le diffuse sont consacrés à la défense de la langue française. Dans son numéro 89 du troisième trimestre 2017, l’éditorial est consacré au scandale de la présentation des futurs jeux olympiques de Paris. Ainsi Régis Ravat relève que, à Lima, les représentants français « se sont exprimés majoritairement en anglais, bafouant ainsi la langue française, bafouant la langue de la Francophonie, bafouant la langue de Pierre de Coubertin (celui qui a fondé le Comité olympique international et fait renaître les Jeux en 1894), bafouant, qui plus est, l’article 24 de la charte de l’Olympisme, qui précise que le français est langue officielle du CIO avec l’anglais. ». Il ajoute : « Dans ces conditions, comment « nos français » peuvent-ils se réjouir d’avoir obtenu les J.O. à Paris pour 2024, alors que ce résultat a été obtenu sur la dépouille de la langue française, langue qu’ils ont lâchement foulée aux pieds à Lima et préalablement humiliée avec leur slogan en anglais « Made For Sharing » projeté en lettres lumineuses sur la Tour Eiffel à Paris, en février dernier. »

Nous ne pouvons qu’approuver.

 

SALAN – de Jean-Paul ANGELLI et Bernard ZELLER – 128  pages – 12 € – Editions PARDES, collection QUI SUIS-JE ?

 

Qui est ce célèbre général qui commença à combattre pour la France à sa sortie de Saint Cyr en 1918 et qui ne cessa de le faire. Présent en Indochine de 1924 à 1937, combattant en France en 1940, débarquant en Provence et poursuivant l’ennemi jusqu’en Allemagne, il reprit brillamment le combat en Indochine, puis en Algérie où il était lors des évènements de 1958. Fidèle à la promesse faite par l’armée sur ordre des politiques aux populations de l’Algérie, il participa au coup d’état qui échoua à Alger en 1961 puis dirigea l’O.A.S..

Voici un petit livre qui permet de bien comprendre ce grand général qui fit l’honneur de notre pays.

 

POUR LE ROI… AVEC BERTRAND DU GUESCLIN – de Mauricette VIAL-ANDRU – 60 pages – Editions des petits chouans, BP 70001, 86190, Chiré en Montreuil – www.petits-chouans.fr – 10 €

 

Bertrand du Guesclin est une grande figure de l’histoire de France. D’abord un peu brigand dans la forêt de Brocéliande, il mène une guerre d’embuscade contre les Anglais. Lorsque son suzerain, Charles de Blois, fait de lui un chevalier, il va servir fidèlement le Roi de France et remporter de grandes victoires.

Voici un héros à montrer à tous les enfants de France et ce livre vous y aidera.

 

PETITE HISTOIRE DES GUERRES DE VENDEE – de Henri SERVIEN – 200 pages, Editions de Chiré, BP 70001, Chiré en Montreuil – www.chire.fr – 29 €

 

La première édition de ce livre est parue en 1983. Nous attendions tous qu’il fut réédité de nouveau. Voilà qui est fait. C’est une troisième édition revue, corrigée et augmentée. Elle comprend en plus une très belle préface de Philippe de Villiers.  Cette éditions est, en plus, très bien illustrée.

Dans un style clair et précis, destiné à tous les publics, ce livre permet de comprendre ce que fut cette « guerre des géants » menée pour Dieu et le Roi par le peuple contre ceux qui voulaient leur enlever leurs libertés. « L’auteur  a fait de nombreuses recherches sur les costumes, les objets quotidiens, les armes, les drapeaux (des royaux comme des républicains), les déplacements des troupes, le rôle des femmes, les personnalités des chefs. »

Un livre à lire, à offrir en ce moment de fête.

 

CHANTS DES POILUS (tome 2) – par le CHOEUR MONTJOIE SAINT DENIS – Société de diffusion du Chœur Montjoie Saint Denis, 266 avenue Daumesnil, 75012, Paris. www.choeur-montjoie.com 6 20 € + 3 € de port

 

Voici de nouvel un beau et bon C.D du célèbre Chœur Montjoie Saint Denis. Il contient 28 chants et un livret très bien illustré, préfacé par le général de division (2s) Jacques Caquelard, dernier chef de corps du fameux 19° Bataillon de Chasseurs. Il comprend les paroles de tous les chants et leurs traductions pour les chants étrangers.

Ce C.D., faisant la suite du tome 1, rend hommage aux millions d’hommes qui se sont sacrifiés pour la patrie lors de la Grande guerre. « La dure vie des combattants, le romantisme du simple soldat ou la piété des militaires éprouvés y sont magnifiquement évoqués. Des tranchées de Lagny aux batailles de Lorette et Verdun, ces chansons nous plongent au cœur de la guerre, exaltant la fraternité des armes et l’héroïsme des trouves engagées. »

Voici « une belle idée  de cadeau pour les passionnés de chant choral populaire, les férus d’histoire européenne, les amoureux de la France, qui veulent tout simplement se souvenir de la vie et de la mort que vécurent nos anciens, en 1914-1918. ».

 

Jean NEDISCHER

 

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