( 4 mars, 2016 )

REGARDS SUR LA VIE ET L’ŒUVRE de LOUIS BERTRAND

 

C’est sous ce titre que viennent de paraître les actes de la journée tenue à l’Université Panthéon-Assas (Paris) en 1991 à l’initiative du Cercle des Amis de Louis Bertrand dirigé par notre ami Daniel Heck (1).

C’est contre la malédiction de l’oubli que s’inscrivait ce colloque commémorant le 50ème anniversaire du décès du grand écrivain français que fut Louis Bertrand (1866-1941), auteur original et puissant, Lorrain d’origine (né à Spincourt dans la Meuse), Normalien des plus brillants, devenu successeur de Maurice Barrès (autre Lorrain) sous la Coupole en 1925, mais aujourd’hui bien injustement oublié. Et pourtant !

Découvrant l’Algérie comme jeune professeur en 1891, il en fera une des ses principales sources d’inspiration, devenant avec ses romans « africains » (Le Sang des races, 1899, Pépète le bien-aimé (1904), le fondateur de « l’Algérianisme » dont Albert Camus sera plus tard le plus célèbre représentant (Rapports de Marcel Cordier et Marc Baroli).

Face à l’Islam (dont un des premiers il pressent la menace) l’importante universelle des religions sur les civilisations s’impose à lui. Le passé romain et chrétien de l’Afrique du Nord découvert dans l’éblouissement et le catholicisme retrouvé dans la ferveur, lui inspireront un superbe Saint Augustin (1913) au succès considérable qui renouvelle l’hagiographie française, puis Sanguis Martyrum (1918), l’histoire des premiers martyrs chrétiens de l’Afrique du Nord (Contributions de Gérard Blandin et des abbés Jean Bayot et Alain Lorans).

Son éclatant Louis XIV (1923) réédité jusque dans les années 60, suscitera de nombreux successeurs (intervention de François Bluche). Bertrand s’intéressera aussi à l’Espagne, avec Philippe II (1929), Histoire de l’Espagne (1932) et surtout Sainte Thérèse (d’Avila) aux tirages impressionnants (1927) et qui vient d’être heureusement republié.

Remarquable romancier de mœurs, il peut avec Mademoiselle de Jessincourt (1911), légitimement rivaliser avec Madame Bovary de Flaubert dont il se veut de disciple fidèle (Contribution du professeur Alain Lanavère, de la Sorbonne).

Guidé par les spécialistes les plus qualifiés – au premier rang desquels son irremplaçable biographe L.A. Maugendre – on découvrira des aspects aussi passionnants qu’inattendus sur la vie et l’œuvre de l’auteur auxquelles une première partie du volume introduit (Texte de Daniel Heck, président du Cercle des Amis de Louis Bertrand).

Excellente occasion de redécouvrir – ou, mieux encore, de découvrir – cet écrivain malheureusement oublié dont l’originalité et le remarquable talent sont servis par une langue d’une rafraichissante beauté. Il le mérite, à coup sûr.

Volume de 139 pages, 22 € frais de port inclus à commander au Cercle des Amis de Louis Bertrand, 1 rue Abbé de l’Epée, 75005, Paris.

 

(1)    Daniel Heck est luis aussi Lorrain d’origine, notaire honoraire, cousin de Louis Bertrand. A noter qu’il est abonné à La Lorraine Royaliste depuis le premier numéro.

( 4 mars, 2016 )

Politique magazine, numéro de mars : « L’année de tous les risques »

Découvrez le numéro de mars !

Encore un an !

Dossier spécial L’année de tous les risques

Alors qu’il reste un an de mandat à François Hollande, Politique magazine fait un tour d’horizon des points chauds de l’actualité et des défis posés par le monde d’aujourd’hui : risques d’explosion incontrôlable en Syrie et fragilités des armées françaises, montée des populismes en Europe et décrépitude des institutions de la Ve république, turbulences sur les marchés financiers et faiblesses structurelles de l’économie nationale.

Une année à haut risque attend le chef de l’état… qui semble d’abord préoccupé par l’élection présidentielle de 2017.

Et aussi dans ce numéro…  54 pages d’actualité et de culture !

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( 9 février, 2016 )

Le réel a lieu

Éditorial du numéro de Février 2016 de Politique Magazine

 

626951329.jpgEntre ce qu’il est convenu d’appeler les « élites » et la population, il n’y a plus seulement un fossé. Il y a désormais un gouffre. Un abîme. Selon un sondage publié le mois dernier, seul un Français sur dix a confiance dans les partis politiques. Un Français sur quatre dans les médias. Ce décalage déjà ancien entre le « pays légal » et le « pays réel » va en s’accentuant et s’observe dorénavant un peu partout en Europe.

Exemple. Désignée personnalité de l’année par Time Magazine pour sa décision d’accueillir 800 000 migrants, Angela Merkel a finalement reconnu que « le multiculturalisme conduit à des sociétés parallèles et qu’il demeure, par conséquent, une grande illusion »… Constat en forme d’aveu qui sous-estime cependant l’échec de la politique migratoire imposée conjointement par la chancelière allemande et la Commission européenne, avec l’approbation zélée de François Hollande. Car, dans la nuit du 31 décembre, à Cologne, le réel a bien eu lieu pour paraphraser le titre d’un livre de Michel Onfray. Des milliers d’hommes, demandeurs d’asile pour la plupart, ont violenté ou violé des centaines de femmes, parfois sous les yeux de forces de l’ordre débordées ou étrangement atones. Les autorités allemandes – police, médias, élus – ont d’abord cru avisé de dissimuler l’ampleur de ces agressions. Mal leur en a pris. Les réseaux sociaux se sont emparés de l’information : on apprenait alors que des faits similaires avaient été constatés, et pareillement censurés, dans plusieurs autres villes d’Allemagne, mais aussi en Autriche, en Suisse, en Finlande. En Suède, le Premier ministre a même accusé sa police de « déni de démocratie » pour avoir caché l’explosion du nombre de viols dans son pays. Mais à Stockholm comme à Cologne, la police a fait ce qu’on lui demandait : elle a fermé les yeux, elle n’a pas voulu voir.

Cette irruption du réel ébranle en effet toutes les certitudes établies. Elle bat en brèche les lieux communs de cet antiracisme « en train de devenir fou », pour parler comme Alain Finkielkraut, qui consiste à culpabiliser le « Même » pour faire de « l’Autre » une victime. Et elle donne à voir froidement le résultat concret d’une politique multiculturaliste – essentiellement motivée par des questions économiques et démographiques – imposée au forceps. D’où cette incroyable rétention d’information. D’où, également, ces invraisemblables précautions sémantiques. Une fois l’affaire rendue publique, le maire de Cologne a recommandé à ses administrées de garder « une distance plus longue que le bras tendu » avec les nouveaux arrivants. Le tout, bien sûr, pour ne « stigmatiser » personne. Comme si nous, pauvres citoyens, étions incapables de saisir les nuances et d’établir les distinctions nécessaires.

Ainsi vont, en Allemagne comme en France, les élites politiques, médiatiques, intellectuelles. Pour les citoyens, le danger principal est le terrorisme islamiste. Pour elles, c’est le fascisme, l’extrême droite. Les uns sont d’abord préoccupés par leur sécurité. Les autres le sont avant tout par les droits de l’homme. Les peuples expriment de plus en plus un désir de patriotisme. Les élites ne jurent que par l’Europe et la mondialisation. Un sondage CEVIPOF de février 2015 soulignait que pour 87% des Français les politiques ne tiennent pas compte de leurs préoccupations… Il n’y a pas à chercher plus loin l’explication à la forme explosive des mouvements populistes en Europe.

En France, Nicolas Sarkozy vient d’annoncer qu’il ne reviendrait pas sur la Loi Taubira après avoir promis qu’il l’abrogerait s’il était élu. On s’en doutait. Mais on en reste pas moins effaré par cette capacité de nos dirigeants à trahir toutes leurs promesses. Et à creuser toujours un peu plus la tombe du politique. •

Rédcteur en chef de Politique magazine

( 5 février, 2016 )

Numéro de février de Politique magazine : « Le phénomène Marion Maréchal-Le Pen »

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Le phénomène

Dossier spécial Marion Maréchal-Le Pen

Ses adversaires la craignent. Ses partisans la voient aller très loin. En à peine trois ans, Marion Maréchal-Le Pen a explosé médiatiquement. Députée du Vaucluse, elle incarne une droite assumée qui renoue avec les valeurs historiques du Front national. Comment se positionne-t-elle sur l’échiquier politique et quelles sont ses perspectives au sein d’un Front national fracturé par les lignes en concurrence ?

Dans un entretien exclusif, elle explique à Politique magazine sa volonté de rassembler le plus largement possible pour battre la gauche sur de vraies convictions.

> Entretien avec Nicolas Lebourg, politologue, spécialiste du FN :  « La stratégie de Marion Maréchal-Le Pen est la plus pertinente »

Et aussi dans ce numéro…  54 pages d’actualité et de culture !

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( 6 janvier, 2016 )

2016, cent cinquantième anniversaire de la naissance de Louis Bertrand

Louis Bertrand (1866-1941), natif de Spincourt (nord meusien), et Albert Camus (1913-1960) partagent le même amour de l’Algérie. Le premier la découvre en 1891. Le second y est né. Louis Bertrand est élu à l’Académie Française – au fauteuil de Maurice Barrès – en 1925. Albert Camus sera prix Nobel de littérature en 1957.

Durant l’hiver 1899-1900, le Lorrain s’isole dans le phare de Tipass, à 80 km à l’ouest d’Alger, pour écrire un nouveau roman : la Cina évoque Tipass et ses ruines romaines impressionnantes. Deux personnages d’aujourd’hui rendent hommage à la Lorraine : Paul Hartmann, qui présente l’archéologue Stéphane Gsell, et … Claude Gelée. Dans Noces (1939), Camus publiera Noces à Tipass. Il en reparlera dans L’été (1954) avec Retour à Tipass. Camus avait lu Bertrand ; Les points communs sont nombreux.

Marcel Cordier est membre du Cercle des amis de Louis Bertrand qui est présidé par Daniel HECK. L’association vient de faire rééditer deux biographie de Louis Bertrand : Saint Augustin et Sainte Thérèse d’Avila (28 € chacun, port compris, à commande à l’association : 1 rue de l’abbé de l’Epée, 75005, Paris).

Louis Bertrand, en 1906, s’est converti au catholicisme et au monarchisme.

M.C.

( 20 décembre, 2015 )

 Parution du deuxième livret des actes du colloque du Réveil Français

Ce colloque s’est tenu le 15 juin 2015 à Paris

 

Article du Réveil Français , écrit par : Olivier Dejouy

 

Capture d’écran 2015-12-18 à 17.08.10La cop 21 vient de s’achever et nous ne savons pas si c’est une bonne chose pour le climat, mais ce que nous savons en revanche, c’est que ce fut une belle opération de communication pour l’équipe de François Hollande à moins de deux ans des élections présidentielles.
Comme par magie, devant les télés du monde entier, cette manifestation mondiale s’est terminée par un accord final à la dernière minute, de toutes les nations représentées. Tout le monde s’est félicité, Fabius avait presque la larme à l’œil et même le Pape s’est fendu d’un billet de congratulation.
Mais au fait , en dehors de l’objectif de réchauffement d’un degré et demi, sur quoi porte cet accord concrètement, puisqu’aucun cadre contraignant ne semble avoir été retenu ?
Notre amis Denis Blanc se chargera très bientôt de nous faire un décryptage de la comédie, fort coûteuse au demeurant, qui s’est déroulée sous nos yeux admiratifs ces jours derniers à Paris.
Mais auparavant , le Réveil Français avait, au cours de notre colloque du mois de juin, abordé la question de l’environnement et de l’écologie , thème important entre tous, dans la perspective patriotique qui est la nôtre, qui certes n’a pas été épuisé au cours de ce colloque, mais qui a permis de soulever notamment les questions énergétiques, et la place des forêts et des océans dans une politique environnementale qui pourrait être portée par un état responsable.
Denis Blanc, déjà évoqué plus haut, ancien directeur (entre autre) de l’ARENA (Agence de l’Environnement et des Nouvelles Energies de l’Ile de France de 1998 à 2013) et Patrice Vermeulen, Directeur territorial des eaux et forêts (Région centre) et expert en gestion des écosystèmes auprès du comité français internationale pour la conservation de la nature, nous ont apporté leurs éclairages sur ces questions délicates que nous retrouverons dans le second livret des actes du colloque du 15 juin 2015, enfin paru.
Il sera disponible à partir de janvier à la librairie de Flore : http://www.librairie-de-flore.fr/

OD

( 16 décembre, 2015 )

La Nouvelle Revue Universelle publie les Actes du colloque « Pour un nouveau régime »

 

La Nouvelle Revue Universelle publie les Actes du colloque « Pour un nouveau régime »   dans presse 1054739706
 

PAR CHRISTIAN FRANCHET D’ESPEREY

 

066.jpgIl y a un an – c’était le 6 décembre 2014 – se tenait, salle Rossini à Paris, le premier colloque du Cercle Vauban. « Vauban I » en quelque sorte… comme on dirait d’un concile ! À ses trois cents participants, il a laissé un souvenir marquant. Son programme s’était donné un air de slogan : « Pour un nouveau régime ». Mais, précédant cet appel au changement de système, et au fil d’une suite serrée d’interventions, on put y assister à une rigoureuse démonstration : non seulement la France était en voie de décomposition, « en lambeaux », mais elle était politiquement dans une impasse, le régime se révélant incapable de remettre en cause ses propres bases. Pas d’autre issue, donc, qu’un bouleversement politique radical.

Un an plus tard, diagnostic et remède – s’en étonnera-t-on ? – n’ont pas pris une ride. Et leur évidence ne fait pas un pli… C’est pourquoi le Cercle Vauban a décidé de pérenniser sur le papier ce moment privilégié de vérité politique qu’a été son premier colloque en demandant à la Nouvelle Revue universelle de lui consacrer un numéro entier.

Les Actes de « Vauban I » : un instrument de travail et un message particulier à transmettre.  

En publiant les Actes de « Vauban I », le Cercle Vauban n’entend évidemment pas s’accorder un brevet d’autosatisfaction. Son intention est de proposer un instrument de travail qui explicite où se situe l’axe central de sa réflexion. Dans l’ensemble de notre paysage politique et culturel, les objectifs qu’il s’est fixé présentent en effet, un caractère tout à fait spécifique. Sans du tout contredire les diverses et souvent superbes initiatives prises ailleurs – mouvements, associations et lieux de réflexion ou de formation animés par le même esprit de révolte, surtout depuis le succès de la Manif pour tous –, le Cercle Vauban est convaincu d’avoir un message particulier à transmettre.

Il vise tous ceux pour qui l’amour de la France est d’abord un sentiment inné, spontané, sorti du cœur, mais aussi une perception raisonnée, fondée sur l’héritage reçu, l’éducation, l’expérience et la culture. De son histoire millénaire, la France a, Dieu soit loué, hérité des reins solides. Il en fallait pour résister à des gouvernements qui, depuis des décennies, suscitent un esprit de guerre civile permanente allant jusqu’aux guerres de religion déclenchées par un laïcisme fanatique ; qui, de 1870 à 1940, ont en moins de 70 ans  provoqué trois invasions de la France ; qui, en Algérie, ont engagé une guerre gagnée militairement et perdue politiquement ; qui ont sacrifié l’indépendance et la prospérité nationales à des chimères pseudo-européennes et mondialiseuses ; qui ont laissé s’installer sur le territoire des populations entières dans des conditions suicidaires avec les conséquences dramatiques que l’on connaît aujourd’hui ; qui, enfin, à bout d’idées nocives, en viennent à vouloir liquider, en toute inconscience, les fondements même de notre culture et de notre civilisation.

Avec l’offensive contre l’institution conjugale, par cette trop fameuse loi Taubira issue d’un lobby au pouvoir d’influence inversement proportionnel à son importance numérique, la spirale du déclin paraissait en effet sans appel. Pour beaucoup, la France semblait en voie de dissolution inéluctable. Penser la disparition de la France, disait Bainville, serait impie, mais pas absurde. Nous y étions…

C’est alors qu’a surgi le Printemps 2013 ! Divine surprise, printemps de grâce, jaillissement inespéré d’un renouveau, la France de toujours descendait dans la rue pour crier son refus de mourir. Ces foules joyeuses, familiales, détendues, ces jeunes de tous âges, sans haine mais déterminés, ont révélé à la face du monde que la France pouvait encore se tenir debout, crier sa révolte et son indignation. Révolte vraie, authentique indignation qui ne devaient rien aux boursouflures d’un système médiatique aligné, aseptisé, robotisé.

La déception qui suivit fut cruelle. La loi scélérate, dénoncée et rejetée par le déferlement populaire, aurait dû être révisée, ou retirée, comme Mitterrand l’avait fait pour l’école en 1984. On sait qu’il n’en a rien été. S’arc-boutant sur deux piliers qu’il contrôlait l’un et l’autre, la force policière et l’institution parlementaire, le pouvoir est passé en force. Assumant cyniquement l’image d’un nouveau totalitarisme.

Réforme des institutions et réforme intellectuelle et morale vont de pair

Tout ceci, direz-vous, est bien connu. Oui. Mais ce rappel est l’occasion de discerner ce que le caractère extrême de la situation de 2013 a ouvertement révélé. Est apparue d’une manière éclatante cette réalité demeurée, en général, latente : sous couvert d’une alternance droite/gauche d’apparence, un pouvoir qui sacrifie délibérément le bien commun aux intérêts particuliers qu’il sert peut parvenir à rester indéfiniment aux commandes. Et donc à assurer indéfiniment le blocage de toute réforme profonde, qu’elle concerne la famille, l’enseignement, la monnaie, la politique européenne, la défense ou les problèmes sociétaux. Pour assurer la continuité de ce monopole et de cette capacité de blocage, le pouvoir doit systématiquement empêcher toute remise en cause des institutions qui en garantissent le maintien. Tous ses efforts et toute son habileté consistent à préserver le système institutionnel de tout risque de transformation en profondeur qui ouvrirait la porte à l’indispensable réforme intellectuelle et morale.

C’est ce goulot d’étranglement sur la voie de notre salut, pas toujours clairement perçu, que le Cercle Vauban entend mettre en pleine lumière.

Que l’on ne s’y trompe pas. Il ne s’agit pas du tout de renoncer à rappeler la nécessité d’une réforme intellectuelle et morale. Les racines de la société française, aujourd’hui négligées, oubliées ou bafouées, la fonction des corps intermédiaires et le respect du principe de subsidiarité, le rôle du spirituel et de la religion dans notre équilibre politique, économique et social ou encore la place centrale du bien commun dans notre vie collective, ne quittent pas un instant le champ de nos préoccupations. 

En réalité, réforme des institutions et réforme intellectuelle et morale sont indissolublement liées. Mais l’une doit-elle passer avant l’autre ? Éternelle question de l’œuf et de la poule. Dans l’univers marxiste, Gramsci l’avait tranchée en privilégiant la conquête des esprits, la prise de pouvoir culturelle, sans d’ailleurs parvenir à prouver une plus grande efficacité de sa méthode pour faire la révolution.

Certains de nos amis se demandent s’il n’y a pas du bon grain à y prendre pour servir notre propre cause. Ils ont sûrement raison d’y réfléchir, la question est importante. Le Cercle Vauban, pour sa part, est convaincu que de reconnaître la priorité pratique conférée au combat institutionnel n’obère en rien l’indispensable retournement de l’esprit public dans le sens du droit naturel et du souci primordial du bien commun : le « politique d’abord » n’a jamais rien signifié d’autre et, par la diversité de ses travaux, le Cercle Vauban prouve qu’il est le dernier à l’oublier.

Mais en France, dans les conditions présentes, l’expérience montre que c’est par la voie politico-institutionnelle que le mal – le mal français dénoncé dans la conclusion du colloque – s’est imposé. Et c’est par la même voie qu’il perpétue son emprise. Notre tâche est de le faire comprendre, et de le dénoncer, avec tous les moyens que nous sommes en mesure de mobiliser.

« Être (ou ne pas être) républicains »

En pleine Révolution, découvrant la « république », les Français ont pu croire à un avenir limpide, le principe de base du « nouveau régime » semblant transparent : tout le pouvoir au peuple. C’est-à-dire à nous tous. À nous tous ? Est-ce à dire à chacun de nous ? Difficile question, inauguratrice d’une réflexion sans fin ni fond sur la nature de la démocratie. On y tombe sur des apories comme celle-ci : si le peuple choisit la dictature, la situation est-elle démocratique ? Aporie, certes, mais devenue une effrayante réalité : elle a mis le feu au XXe siècle, celui des camps de la mort et du goulag.

D’ailleurs, on l’a souvent noté, quand on parle de l’Ancien Régime, on sait ce que c’est, mais on serait bien en peine de dire ce qu’est le « nouveau régime ». Depuis plus de deux cents ans, la France est à sa recherche. Dans une vieille chanson de notre folklore, la « femme du roulier » – les plus jeunes la découvriront sans peine sur Internet –, l’héroïne « cherche son mari de taverne en taverne, avec une lanterne »… Ainsi la République va-t-elle, les droits de l’homme à la main, à la recherche de la formule la mieux adaptée à ses « valeurs » du moment. Ses changements de numéro, IIIe, IVe, Ve, liés aux vicissitudes de l’histoire, ne traduisent aucune réalité de fond. On a vu, sous le même numéro, les situations les plus opposées : par temps d’orages (Clemenceau en 1917, de Gaulle en 1961), le rêve démocratique suspend son vol, le temps de sauver la République… Aujourd’hui, avec le quinquennat, nous sommes dans une VIe République de fait qui n’a jamais osé dire son nom. Et ceux qui réclament ouvertement une VIe République ne veulent rien d’autre qu’un retour à la IVe… D’ailleurs, à toutes les époques de turbulences et de violences latentes, les constitutions ont été soumises à des sollicitations plus ou moins brutales, voire à des viols répétitifs. Et même… en réunion. C’est Jacques Perret qui qualifiait la constitution de la Ve de marie couche-toi là !

Aujourd’hui, rien n’est plus banal que de modifier la Constitution. À la manière des poupées Barbie, on peut l’habiller au gré des utilités ou des toquades du moment. Des deux procédures prévues, la plus « démocratique » – la voie référendaire – est tombée en désuétude car suspectée de servir la cause « populiste ». On disait naguère de Giscard d’Estaing : son problème, c’est le peuple. Cela concerne maintenant tous les politiciens de l’oligarchie dominante. Leur problème, c’est le peuple… donc, exit le référendum.

Heureusement, il reste une autre procédure, celle qui permet de rester entre soi : la réunion de l’Assemblée nationale et du Sénat en Congrès. Il suffit de parvenir à y réunir une majorité. Les sujets les moins propres à figurer dans une charte institutionnelle, pour peu qu’ils correspondent aux dernières lubies des lobbys, peuvent dès lors devenir prétexte à révision.

La constitution se voit donc désacralisée au moment où s’impose une nouvelle sacralisation, celle des « valeurs de la République » et des nouveaux fétiches sociaux ou sociétaux comme la non-discrimination ou le droit à disposer de son corps. Une nouvelle sacralisation, soit dit en passant, parfaitement discriminatrice à l’égard de certains droits comme le droit à la vie, mais ceci est une autre histoire. Il demeure que la sacralisation du pouvoir, en France, a toujours eu pour objet de préserver l’intégrité de l’autorité mise au service du bien commun. C’est précisément cela que l’on désacralise aujourd’hui.

On ne doit cependant pas se dissimuler cette réalité de fait : aussi discréditées qu’elles soient, ces institutions demeurent un efficace instrument entre les mains de ceux dont l’intérêt est de bloquer tout espoir de les réformer en profondeur. Par une obscure conscience de se voir condamné par ses propres contradictions, le système a de lui-même organisé son caractère inamendable.

L’objectif de fond, essentiel, unique, est de conserver aux partis leur mainmise sur la vie politique. Mainmise sur les élections à tous les niveaux : les Français sont contraints à choisir leurs représentants locaux, régionaux ou nationaux selon des critères essentiellement partisans – et l’élection présidentielle elle-même n’a pas échappé longtemps à cette calamité. C’est là le point essentiel sur lequel nous devons porter le fer.

Le colloque Pour un nouveau régime : un essai de démonstration

Le colloque Pour un nouveau régime n’a pas été, on l’a compris, de ces colloques universitaires où chaque intervenant est essentiellement attaché à développer ses idées personnelles sur le sujet de sa spécialité, ou à faire la promotion – sûrement justifiée ! – de son dernier livre.

Ici, au contraire, les interventions successives se sont enchaînées selon une logique rigoureuse et bien perçue par tous, dans le but d’en dégager une irrécusable démonstration.Le fil en est clair : la France est « en lambeaux », l’évocation de quelques grands sujets suffit à en apporter la preuve ; on ne sortira pas de cette situation en se bornant à vouloir régler chaque problème isolément : il faut une politique d’ensemble, et donc un gouvernement qui se mette au service exclusif du bien commun, ce qui implique un changement radical de régime politique. La première partie a déroulé d’une manière rigoureusement démonstrative l’ardente nécessité d’un changement de régime. Et la seconde a exposé les quelques principes de base nécessaires au développement durable d’un nouveau régime.

Telle a été la démarche collective de nos intervenants. Ce qui ne signifie pas qu’ils aient fait abstraction de leur personnalité, il eût été difficile d’attendre cela d’eux. Chacun a donné sa propre vision du sujet qui lui était proposé – mais, on le constatera, loin de nuire à la force de la démonstration, cette diversité a contribué à l’enrichir.

Les huit intervenants du colloque Pour un nouveau régime

Il est temps, maintenant de laisser la place aux Actes du Colloque Vauban I. C’est-à-dire de laisser s’exprimer nos huit intervenants : par ordre d’entrée en scène, Frédéric Rouvillois, Jacques Trémolet de Villers, François Reloujac, Fabrice Hadjadj, Jean-Baptiste Donnier, Marie-Pauline Deswarte, Pierre Chalvidan et Axel Tisserand.

Grâce à eux, de simple petit groupe de réflexion qu’il était au départ, voilà le Cercle Vauban devenu force de proposition, et appelé à toucher un large public. Ainsi ce colloque a-t-il été, pour le Cercle, un évènement fondateur. Il reviendra à Hilaire de Crémiers d’en tirer les conclusions en évoquant le « mal français » et son remède. 

Abonnements : La nouvelle revue universelle, 1 rue de Courcelles, 75008 PARIS – 4 numéros par an – Tarif :  m Normal, 1 an, 70 €  m Soutien, 1 an 100 €  m Normal, 2 ans, 130 € m Réduit, 1 an (étudiants, chômeurs) 40 €. Étranger et DOM-TOM : 77 €

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( 7 décembre, 2015 )

UNE GUERRE

 

Editorial de POLITIQUE Magazine Décembre 2015

Jean-Baptiste d’Albaret

Il était interdit de le dire, mais il s’agit donc bien d’une guerre. François Hollande a lâché le mot qu’il s’était jusqu’à présent refusé à prononcer. Une guerre qui, depuis les terrains d’Afrique et du Proche-Orient, se propage sur notre sol et se déroule désormais à l’intérieur même de notre société où des islamistes radicalisés, qui sont aussi des ressortissants français, massacrent à la kalachnikov ceux qui sont leurs compatriotes.Ce 13 novembre, notre pays a soudainement pris conscience de la gravité de la situation. L’ennemi peut frapper n’importe qui, n’importe où, n’importe quand. Avec une rapidité d’exécution sans précédent et une sauvagerie qui atteint des sommets d’abomination barbare.

Depuis janvier, les alertes sérieuses n’avaient pourtant pas manqué. L’attaque avortée dans le Thalys ? L’étudiant soupçonné de planifier des attentats contre des églises à Villejuif ? L’homme mis en examen pour avoir décapité son employeur, en Isère, avant d’accrocher sa tête à un grillage avec le drapeau noir des milices islamistes ? Des « actes isolés » de « loups solitaires », le fait de simples « déséquilibrés », affirmaient, sans rire, les chœurs pudibonds de l’idéologie dominante, sans vouloir entendre les policiers et les magistrats, comme le juge anti-terroriste Marc Trévidic, qui mettaient en garde contre la catastrophe à venir… Pour ces thuriféraires du « vivre-ensemble », encore enivrés des slogans puérils de « l’après-Charlie », l’essentiel, bien entendu, était de ne surtout pas « stigmatiser ».

Or, par un retournement sémantique littéralement sidérant, les voilà qui parlent aujourd’hui de « guerre de civilisations » ! Le si décrié Samuel Huntington tient sa revanche : après l’effondrement du bloc communiste, affirmait le professeur américain dans un livre fameux paru en 1996, les conflits ne seront plus fondés sur des clivages idéologiques et politiques, mais sur des clivages culturels et religieux… Nous y sommes, tout le monde en convient.

Mais, pour mener une guerre, encore faudrait-il savoir la penser et s’entendre sur le terme « civilisation »… Or, contrairement à ce que feignent de croire nos hommes politiques qui n’ont que le mot « République » à la bouche, ce ne sont pas tellement les « valeurs républicaines » – ridiculement réduites aux loisirs offerts par le mode de vie occidental – qui ont été visées par l’islamisme radical. C’est la France, considérée, bien malgré ses dirigeants, comme une terre chrétienne – un pays « croisé » comme il est dit dans le communiqué de revendication des attentats publié par Daesh. Indépendamment des confessions particulières des victimes, c’est donc à l’identité profonde de notre pays – ce mot tabou ! –, que les assassins s’en sont pris.

Après cette tragédie, les Français seraient en droit d’attendre ce que le philosophe Michel Onfray appelle une « grande politique ». Mais des hommes qui ont fait du mépris des racines chrétiennes de notre pays et de la repentance généralisée la justification de toute leur vie publique, peuvent-ils saisir les enjeux posés par ce « choc de civilisation » ? Ce n’est que du bout des lèvres que les autorités ont évoqué le terrorisme « djihadiste » pour ne pas le qualifier d’islamiste, ce qu’il est concrètement. Ce déni fait des ravages. Il consiste à nous culpabiliser en « victimisant » les musulmans au nom d’une laïcité dévoyée qui fait de l’islam la religion des réprouvés.

Cette idéologie a fait le lit de l’islamisme radical. Elle a enfanté des monstres dans ces « quartiers perdus de la République » dont on n’a pas fini d’entendre parler. écoutons, à ce propos, l’écrivain algérien Boualem Sansal, interrogé dans le Figaro Magazine : « Les intellectuels qui, tels des idiots utiles, marchaient dans ce système de la victimisation de l’islam et de l’immigré ne se rendent pas compte du mal qu’ils font, et d’abord aux musulmans ». Qui l’entendra ?

( 6 décembre, 2015 )

Jean Sévillia : « Un petit miracle catholique français »

Entretien par Jean-Baptiste d’Albaret

Déclin irréversible ou mutation en profondeur ? Dans un livre dont la riche iconographie donne à voir la multiplicité de ses visages, Jean Sévillia dresse le portrait d’une France catholique (Michel Lafon) héritière de deux mille ans d’histoire.

Parler du catholicisme aujourd’hui, c’est d’abord poser le constat d’une déchristianisation d’une nature inédite. Comment expliquez-vous un tel effondrement de la foi et des vocations religieuses ?

« L’homme moderne vit comme si Dieu n’existait pas », disait Jean-Paul II. Les causes de la crise spirituelle de l’Occident sont nombreuses. Pour la France, je retiens surtout la cause sociologique avec le passage, au xixe siècle, d’une civilisation rurale, socle populaire de l’Eglise de France pendant des siècles, à une civilisation urbaine au monde ouvrier très vite déchristianisé. Mais ce constat doit immédiatement être nuancé car, paradoxalement, c’est aujourd’hui dans les villes que l’Eglise se reconstruit. A Paris, à Lille, à Lyon, à Nantes, à Toulouse, un noyau actif de paroisses vivantes redonne au catholicisme français un dynamisme certain tandis qu’il continue de décroître dans les campagnes qui deviennent un véritable désert spirituel. Dans moins de dix ans, certains diocèses n’auront plus que dix prêtres en âge d’être en activité !

L’Eglise de France n’échappera pas à une réforme profonde de son organisation ecclésiale en tenant compte de ces nouvelles caractéristiques : elle est aujourd’hui moins populaire et plus citadine.

On entend souvent dire que l’Eglise de France manque de moyens…

Comparée à son homologue allemande et à ses 5 milliards d’euros de budget, elle paraît en effet presque misérable : 700 millions de budget, c’est peu ! Pour autant, taraudée par des questions existentielles et fragilisée par un nombre de vocations famélique, l’Eglise allemande est confrontée à de graves problèmes que la France semble avoir surmonté. La mobilisation contre le mariage homosexuel, même si elle se voulait aconfessionnelle, l’a suffisamment démontré : chez nous, les catholiques sont présents dans les débats de société.

Certes, la loi n’a pas été abrogée, mais les Manif pour tous ont soulevé un certain nombre de questions fondamentales qui travaillent désormais en profondeur l’ensemble de la société. Surprise ! à force d’entendre parler du déclin de la pratique religieuse, on avait fini par croire que le catholicisme français était en voie de disparition…

Ce qui est loin d’être le cas si on en croit votre livre…

Un certain discours médiatique fait tout ce qu’il peut pour effacer la dimension catholique de notre histoire et de notre culture. Mais malgré une conception de la laïcité particulièrement agressive à son égard, malgré le « fait musulman » qui tend à accaparer les esprits, le substrat chrétien de notre pays est encore solide. Il n’y a qu’à jeter un coup d’œil à la toponymie française… Et si les catholiques se sont longtemps auto-persuadés qu’ils étaient minoritaires, le fait est que 56 % des Français se réclament de cette confession. Il y a aujourd’hui 44 millions de baptisés en France, les deux tiers de la population. J’appelle cela une majorité ! Certes, beaucoup ne mettent jamais les pieds à la messe. Mais avec 3 millions de pratiquants réguliers et 10 millions de pratiquants occasionnels, les catholiques n’en constituent pas moins la première minorité religieuse du pays.

Peut-on dresser un portrait-robot du catholique français du XXIe siècle ?

Les travaux sociologiques menés sur le sujet témoignent d’une multiplicité de profils avec toute sorte de nuances intermédiaires. Mis à part le catholique d’éducation, peu ou pas pratiquant et modérément en phase avec le discours de l’Eglise, je pense pour ma part qu’il est possible de distinguer trois grandes catégories de catholiques.

La première regroupe les pratiquants irréguliers ou occasionnels, attentifs aux propos du pape mais revendiquant un point de vue critique et une liberté de conscience vis-à-vis du magistère. Ceux-là votent parfois à gauche mais plus souvent au centre ou à droite. Deuxième catégorie : une grosse minorité, vieillissante, qui a vécu dans sa jeunesse le concile Vatican II et son espérance d’un printemps de l’Eglise avec passion. Encore très présente dans les paroisses, cette génération décline cependant rapidement. Politiquement, elle penche plutôt à gauche. La troisième catégorie forme un noyau dur de fidèles totalement engagés dans l’Eglise de France. On l’a longtemps qualifiée de « génération Jean-Paul II » mais, en réalité, elle rassemble aujourd’hui au moins trois générations Jean-Paul II et une génération Benoît XVI. Celle-là regarde à droite ou préfère s’abstenir par défiance envers le personnel politique. à cette troisième catégorie peuvent être agrégés des profils aux sensibilités particulières, comme les charismatiques et les traditionnalistes.

Quelles sont les différences fondamentales entre ces deux dernières catégories de catholiques pratiquants ?

La première privilégie le rôle des laïcs dans l’Eglise : pour elle compte avant tout l’engagement social des chrétiens – terme qu’elle préfère à celui de catholique – et le dialogue avec le monde. La deuxième aborde sa foi comme une source spirituelle pouvant éventuellement conduire à un engagement temporel à condition qu’il soit en phase avec le discours de l’Eglise et de la papauté. L’une, pénétrée de la notion de « peuple de Dieu », se réclame de « l’enfouissement dans le monde » ; l’autre, pour qui la foi est une réalité prégnante de la vie personnelle, affiche sans complexe son catholicisme.

Il semble cependant que le temps a apaisé les conflits nés des évolutions internes que l’Eglise a connues depuis la guerre et les années 60. Êtes-vous sûr que cette catégorisation entre « progressistes » et « conservateurs », pour parler simplement, ait encore une consistance ?

Elle s’observe toujours, surtout dans les paroisses rurales. Mais, vous avez raison, les différences ont tendance à s’estomper. Le drame de la génération Vatican II, c’est que ses enfants ne vont plus à la messe et que ses petits-enfants ne sont même plus baptisés… Elle n’a pas su léguer un héritage. à côté de cette génération vieillissante et sans postérité, la génération dite « Jean-Paul II » a, au contraire, engendré une jeunesse qui tend à réaffirmer sa spécificité catholique, notamment au travers d’une pratique religieuse très importante. Une étude a montré que parmi les 50 000 jeunes français participant aux JMJ de Madrid en 2011, 6 % disaient aller à la messe… tous les jours ! C’est un pourcentage considérable, presque inimaginable même pour un catholique convaincu qui a eu 20 ans dans les années 70… L’avenir semble donc être à une Eglise plus resserrée et plus homogène : certes, des sensibilités différentes y cohabitent, mais de façon beaucoup moins conflictuelle qu’autrefois.

Vous insistez sur le poids et l’importance des communautés nouvelles. Est-ce particulier à la France ?

L’expression « communautés nouvelles » n’a plus tellement de sens dès lors que certaines d’entre elles ont plus de quarante ans d’ancienneté. Issues pour la plupart d’entre elles du Renouveau charismatique apparu en France à la fin des années 60, elles ont su enrichir l’Eglise de leur spiritualité propre. Un chiffre pour dire leur poids : depuis 1975, un million de personnes sont passées par les sessions de formation organisées par l’Emmanuel à Paray-le-Monial ! Toutes ces communautés ont aujourd’hui une présence internationale mais c’est en France qu’elles sont nées.

Et les traditionalistes ?

Le mouvement traditionaliste est également né en France où son influence est réelle. Il n’y a pas d’équivalent dans d’autres pays du pèlerinage de Chartres – relancé en 1983 par l’association traditionaliste Notre-Dame de Chrétienté – dont on sait qu’un tiers seulement des pèlerins sont des fidèles du rite extraordinaire. De ce point de vue, le monde de la tradition est missionnaire. Sa force vient de son réseau de familles, jeunes et nombreuses.

Finalement, le tableau que vous dressez est globalement positif et invite à l’optimisme…

Au Vatican, on observe ce qui se passe en France avec beaucoup d’attention. Et pas seulement en raison du succès des mobilisations de 2013 pour la défense de la famille. Que ce soit dans les communautés charismatiques, chez les fidèles de la forme extraordinaire et, plus généralement, dans la jeunesse des paroisses nourrie par la prière et qui a soif de formation, beaucoup de signes d’un renouveau du catholicisme occidental proviennent de notre pays. De jeunes prêtres charismatiques et de jeunes intellectuels originaux font entendre leur voix. Et nous avons des familles nombreuses – phénomène spécifiquement français – pourvoyeuses de vocations. Bref, il y a là comme un petit miracle français : dans la grave et profonde crise spirituelle traversée par l’Occident, notre patrie reste fidèle à sa vocation de « fille aînée de l’Eglise ». 

La France catholique, de Jean Sévillia, Michel Lafon, 237 p., 29,95 euros.

Rédacteur en chef de Politique magazine

( 11 novembre, 2015 )

SALON DU LIVRE DE L’AGRIF

 

L’importance de notre Salon du Livre du 15 novembre prochain !

Salon du livre de l’AGRIF et de l’Amitié Française 
Dimanche 15 novembre 2015
De 13h30 à 18h30 
Espace Charenton Paris 12

327 rue de Charenton, 75012 Paris
 
Interventions de Bernard Antony,
Guillaume de Thieulloy,
Jeanne Smits et Jérôme Triomphe
Ce sera bien sûr l’occasion d’acheter et se faire dédicacer un certain nombre d’ouvrages par leurs auteurs. D’autant que nous entrerons dans le temps de Noël !
Le prix du livre de l’Amitié Française sera remis à 16 heures.
Ce sera aussi pour les adhérents et militants de l’AGRIF et pour les responsables, l’opportunité de rencontres amicales et utiles, brèves peut-être étant donné l’affluence mais qui naturellement pourront déboucher sur d’autres entretiens.
Il est de très bon augure cette année que la plupart des écrivains nous aient fait savoir leur présence sans trop tarder. Cela nous permet, à peu près dans l’ordre de leurs confirmations, d’en établir leur liste avec quelques mots de présentation. Ce qui n’est pas si facile.
Pour des raisons de bonne organisation et de bon accueil, nous limitons à quatre-vingt le nombre des écrivains présents.

Liste des écrivains du Salon du Livre de l’AGRIF et de L’Amitié Française

- Jean Raspail, le si talentueux et prophétique romancier.

- Viviane Lambert, la « mère courage » du combat pour la vie de son fils Vincent et de tous les sans-voix.

- Reynald Secher, l’historien du génocide vendéen et dénonciateur du mémoricide.

- Houchang Nahavandi, l’ancien ministre du Développement et des Sciences du gouvernement du Shah d’Iran. Lauréat de l’Académie Française (grand prix du rayonnement de la langue Française).

- Philippe Maxence, le directeur de l’Homme Nouveau, le plus « chestertonien » de nos écrivains catholiques.

- Roger Holeindre, le baroudeur de légende, le grand reporter de guerre, le pourfendeur du prêt-à-penser.

- François Foucart, le journaliste, l’écrivain, le grand professionnel de la radio.

- Béatrice Bourges, la militante des refus de démolition de la famille.

- Alain Sanders, le chroniqueur, le reporter, le biographe, le mémorialiste de l’héroïsme des peuples abandonnés.

- Saïd et Fatima Oujibou, les témoins de la charité du Christ en réponse à la violence de la Charia Coranique.

-Olaf, auteur d’un passionnant  » Grand secret de l’islam », l’histoire cachée de l’islam révélée par la recherche historique.

- Jean-Claude Martinez, le professeur de droit, l’homme politique, le défenseur du respect de la vie, et avec cela l’humour le plus décapant.

- Stéphanie Bignon, ingénieur océanologue, pilote de sous-marin de grand-fond, avec Anne Brassié elle a exprimé à certains hommes : « cessez de nous libérer ».

- Docteur Xavier Dor, l’héroïque combattant si encouragé par Jean-Paul II contre le meurtre des enfants à naître.

- Guillaume de Thieulloy, le journaliste, l’écrivain, l’homme des grands blogs de la riposte catholique que Pierre Bergé, aussi idéologiquement abjecte que richissime, voudrait faire taire

- Louis Chagnon, le professeur persécuté pour avoir enseigné l’histoire vraie de Mahomet. Le chroniqueur de la dhimmitude dans Reconquête. L’historien.

- Jacques Lorcey, l’ancien pensionnaire de la Comédie-Française, le comédien aux 100 rôles, le metteur en scène, l’historien incomparable du théâtre.

- L’abbé Guy Pagès, le prêtre ouvert à toutes les détresses, notamment à celles des musulmans qui, ne voulant plus du modèle de violence de Mahomet, aspirent à la paix du Christ.

- Jean Monneret, l’historien très rigoureux des tragédies de la guerre d’Algérie

- Paul Rignac, sur la fin de l’Indochine française, son travail de contre-désinformation

- Xavier Martin : Professeur d’université, un des grands spécialistes actuels de la Révolution française, l’historien Xavier Martin a non seulement apporté sur cette époque de très pertinentes et impertinentes analyses nouvelles. Car plus encore que d’une révolution politique, il s’est agi d’une véritable subversion anthropologique, qui se continue aujourd’hui dans l’école de Peillon et Belkacem.
- Joseph Fadelle : La tragique évolution des événements au Moyen-Orient a mis en avant la barbarie des jihâdistes. Mais trop peu de nos compatriotes savent que la conversion d’un musulman au christianisme est partout en islam passible de la peine de mort selon la charia. Joseph Fadelle l’a risquée et a pu à grand peine y échapper par la fuite.
 - Abbé Guillaume de Tanouärn : Le rédacteur en chef de Monde et Vie, le critique littéraire et surtout l’auteur de belles tentatives de réponse sur le sens ultime de la vie et le pourquoi du mal.
- Francine Bay : Diplômée en  philosophie, mère de famille nombreuse, elle s’est beaucoup consacrée à l’éducation des enfants à la foi catholique. Depuis plusieurs années, elle publie à cette fin des petits livres très réussis.
- André Giovanni : Ancien directeur de « Le Monde et la Vie », fondateur de Santé magazine. André Giovanni est ce que l’on appelait jadis un « moraliste », c’est-à-dire un homme de réflexion sur les mœurs du temps. Surtout aussi il est un beau poète de sa Corse bien-aimée.
- Mauricette Vial-Andru : Tout simplement, à l’approche de Noël, on pourra acquérir les belles vies de saints qu’elle a destinés aux petits dans la collection « légende dorée des enfants ».
- Cyril Brun : Écrivain, chef d’orchestre, Cyril Brun mène une réflexion sur la conception de la personne humaine dans une société déchristianisée.
- Charles-Henri d’Elloy : Toujours pétillant, souvent désopilant et volontiers provocateur, c’est un des chroniqueurs appréciés par les auditeurs de Radio-Courtoisie.
- Gérard Pince : Docteur en économie du développement, il montre rationnellement comment l’immigration n’est pas une chance pour la France mais un facteur de ruine.
- Père abbé Louis-Marie de Blignières : Fondateur du monastère du tiers-ordre dominicain de Chémeré-le-Roi, il a livré par écrit ses méditations de philosophie chrétienne et de prière.
- Brigitte Lundi : Jeune mère de famille lumineuse et souriante, c’est aussi la talentueuse créatrice des beaux livres pour enfants « les petits Chouans ».
- Aude de Kerros : Artiste graveur, essayiste, critique d’art, Aude de Kerros, avec très grande rigueur d’analyse et limpidité de style a notamment analysé comment ce que l’on désigne comme « art contemporain » est devenu un « art sacré d’État » qui a pris place dans les églises.
- Marc Froidefont : Professeur agrégé de philosophie, docteur en poétique et littérature, Marc Froidefont éclaire d’un jour nouveau un des plus grands écrivains de langue française, et à certains égards un des plus originaux, Joseph de Maistre.
- Paul-André Maur : Il dénonce avec raison « la langue française en péril ». C’est un des éléments du « génocide français », de la destruction de notre culture.
- Anne Le Pape :  Docteur es lettres, journaliste, elle signera son livre sur François Brigneau auquel avec Cécile Montmirail nous avons consacré un large entretien. Parce qu’il est très bien écrit et éclairant les cheminements d’un engagement et d’une vie de polémiste.
- Claude Meunier-Berthelot : Plusieurs pertinents ouvrages de réflexion sur « l’école » aux mains des nihilistes comme lieu essentiel de démolition de notre identité.
- Père Argouarc’h : « Pro Patria » : le successeur à Sainte-Croix de Riaumont du légendaire père Revet dans une œuvre immense qui a tiré tant d’enfants de l’ornière. Prêtre bien sûr ! Mais non sans fidélité à son Algérie natale et aussi au meilleur des vertus parachutistes.- Anne Brassié, Critique littéraire, chroniqueuse, auteur de magistrales biographies (La Varende-Brasillach), Anne Brassié est aussi une animatrice de radio et de télévision. Elle a cosigné un beau petit livre avec Stéphanie Bignon.

- Père Michel Viot : L’auteur d’ouvrages limpides d’une grande rationalité au service de la foi après une conversion du protestantisme au catholicisme.

- Pierre Cassen : Il lui a fallu beaucoup de lucidité et de courage pour passer de l’internationalisme prolétarien à la résistance à l’islamisme avec Riposte laïque. Même si beaucoup de choses nous séparent, nous l’accueillons par-delà nos divergences dans notre Amitié Française. D’autant qu’il ne manque pas d’humour, en quoi il est évident qu’il n’est plus tout à fait un homme de gauche !

- Christine Tasin : Elle forme avec Pierre Cassen le duo de pointe de l’organisation précitée. Sa courageuse détermination lui a valu les poursuites de la police de la pensée totalitaire si peu pensante. Et elle en a admirablement triomphé.

- Jean-Claude Rolinat : Cet homme affable, qui a mené une carrière de journaliste, demeure un fervent de voyages de par le monde ou dans l’histoire. Et ils sait les raconter !

- François de Chassey : Un homme de conviction, de générosité aussi, notamment pour les chrétiens persécutés d’Indochine. Mais également le rédacteur d’un livre d’appel à la responsabilité des politiques.

- Alain Didier : Alain Didier est avec talent dans la tradition de la dramaturgie chrétienne

- Philippe Bonnet : Le docteur Bonnet est un passionné d’histoire, promenant un regard admiratif sur Bonaparte mais aussi par ailleurs ses réflexions sur la Tunique d’Argenteuil.

- Georges Clément : Il a publié ses blogs de patriote passionné.

- Pierre Duriot : Il exprime dans ses écrits la révolte de tant de « profs » qui n’osent pas tous – pas encore – se révolter comme lui.

- Claude Faisandier : Il nous redonne une histoire de la guerre de cent ans et sa narration de l’époque miraculeuse de Jeanne d’Arc.

- Pierre Godicheau : Tous les hauts fonctionnaires ne sont pas des socialistes ou pour le moins des adeptes de l’étatisme totalitaire. Pour cet homme qui préfère le réel à l’idéologie : « Économie ou socialisme, il faut choisir ! »

- Pascal Voisin : Tout simplement pour la détente, un premier roman sur les Templiers selon son imagination.

- Daniel Habrekorn : Il est un moraliste décrivant avec une ironique commisération les facettes de l’hypocrisie et les splendeurs du progrès.

- Alain Paucard : Polémiste, certes ! Mais avec la sympathique chaleur que lui connaissent ses auditeurs sur Radio-Courtoisie.

- Pierre Pellissier : Cet ancien rédacteur en chef au Figaro Magazine et chroniqueur radiophonique, nous amène sur les dossiers de l’histoire contemporaine qui le passionnent.

- Marc Rousset : Des ouvrages de réflexion géopolitique mais aussi de conviction militante pour une certaine idée de l’Europe. De quoi alimenter le débat.

- Jean-François Cerisier : En soldat qu’il a été, l’auteur analyse les différents types de guerre menées simultanément par les « cavaliers d’Allah ». Son travail très documenté ne pèche pas par déni de réalité !

- René Marchand : Journaliste parlant l’arabe, il est un grand connaisseur de l’islam réel mais aussi de son histoire et des menaces de ses flux.

- Steeve Philippe : Un très utile agenda des grandes dates du Royaume de France.

Hervé Pinoteau : Cet homme n’est pas seulement d’une « exquise urbanité », comme on disait autrefois, expression que ne comprennent pas les néo-barbares de « Nique la France ». Il a toujours été par l’écrit et par la parole un militant opiniâtre de tous les combats pour la foi et la patrie, ne rechignant jamais non plus à manifester sur le pavé.

- Jean-Louis Harouel : Ce grand professeur de droit bien connu des auditeurs de Radio Courtoisie est auteur notamment du Vrai génie du Christianisme et aussi un merveilleux poète.

- Philippe Bornet, l’évocation de ce Général Bonaparte dans ses rêves orientaux, sur les traces d’Alexandre le Grand qui n’aurait pas dédaigné de devenir… Sultan !

- Pierre de Laubier, des réflexions sur l’école dite « privée », mais si souvent privée de liberté.

- Jean du Verdier, comment une civilisation peut-elle croître si l’on détruit ses racines ?

- Lina Murr Nehmé : Éminente universitaire franco-libanaise, elle a livré un livre admirable sur la tragédie moderne du Liban.

- Laurent Artur du Plessis, un expert de la guerre mondiale multiforme menée par l’islam jihâdiste.

-Alain de Peretti, un vétérinaire qui dénonce la cruauté et la nocivité des abattages dits « rituels ».

- Henry de Lesquen, le président de Radio-Courtoisie mais aussi du Carrefour de l’Horloge.

- Olivier Griette, tout simplement une juste ironie, de l’humour de bon aloi.

Hratch Bedrossian, l’écrivain, l’éditeur, le militant de la vérité sans occultation sur le génocide des Arméniens et autres chrétiens.


- Bernard Antony : Il accueillera tous les signataires ci-dessus mentionnés. Mais il signera aussi ses livres disponibles.

***

Seuls les écrivains qui ont été invités par courrier personnel ou par appel téléphonique seront admis.

- À partir de ce 20 octobre, on ne fera plus de mots spécifiques pour ceux qui auront répondu avec retard.

- Les mises à jour de la liste seront encore publiées à 2 reprises au mois de novembre.

- Les journaux et revues favorables à l’AGRIF qui auront annoncé le Salon à leurs lecteurs disposeront d’une table pour leurs présentations et rencontres.

Sont d’ores et déjà prévus :

L’Homme nouveau

- Renaissance catholique

Monde et Vie

Les Quatre Vérités

Présent

- TV Libertés 

- Choeur Montjoie Saint-Denis

- Cartes de Noël

- Observatoire de la Christianophobie

- Présence de La Varende

- Radio-Courtoisie

- Politique Magazine

- Librairie générale

- Livres d’occasion

- Et bien sûr La Griffe et Reconquête

 

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