( 8 mars, 2019 )

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Au sommaire du numéro de mars …

Éditorial : Surveiller et punir.

Dossier – Le Grand Débat, la fabrique du consentement. 

France – Le gouvernement hypothèque-t-il notre or ?

Islam – Le pari de la réformation. 

Monde -  Brexit : la mollesse de l’accord dur.

Et aussi dans ce numéro…  54 pages d’actualité et de culture.

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( 15 février, 2019 )

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Au sommaire de ce nouveau numéro …

Éditorial : Une question de légitimité

Dossier – Justice : État des lieux. 

France – Immigration : des statistiques peu fiables 

Monde -  Aix-la-Chapelle : un traité réchauffé

               Chine : Les tentations maoïstes de Xi

Et aussi dans ce numéro…  54 pages d’actualité et de culture 

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Sommaire du mois

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( 14 février, 2019 )

Une question de légitimité

 

Éditorial du n° 177 de

Une question de légitimité dans presse logo_pm_01

Emmanuel Macron, si on en croit ses propos récemment rapportés par Paris Match et Le Point, entre autres, ne se contente d’assumer fermement la fermeté dont font preuve les forces de l’ordre. Il considère que les Gilets jaunes sont, dans l’ordre, ultra-violents, désorientés, manipulés par les puissances étrangères, demeurés.

J’aimerais exagérer mais il faut simplement le lire : « 40 000 à 50 000 ultras violents qui veulent abattre les institutions », « Pour des gens qui sont faibles, ou fragiles, ou en colère, cela a une espèce de résonance », « Et après, ce sont des gens qui achètent des comptes, qui trollent. C’est Russia Today, Spoutnik, etc. Regardez, à partir de décembre, les mouvements sur Internet, ce n’est plus BFM qui est en tête, c’est Russia Today », « Le boxeur, la vidéo qu’il fait avant de se rendre, il a été briefé par un avocat d’extrême gauche. Ça se voit ! Le type, il n’a pas les mots d’un Gitan. Il n’a pas les mots d’un boxeur gitan. »

En fait, tous les opposants à Macron (synecdoque qui englobe le Président, son gouvernement, ses députés, ses sbires et ses financiers), bien au-delà des Gilets jaunes, sont considérés comme des idiots utiles de la Russie, avec quelques variantes. Par exemple, à en croire les “touites” de Macron et Loiseau (ministre chargé des Affaires européennes), les opposants au traité d’Aix-la-Chapelle sont complices des crimes nazis, les opposants à l’Union européenne sont des nazis. Sur des sujets plus intérieurs, les opposants sont simplement des assassins, selon Philippe et Castaner, qui s’emparent des statistiques sur les accidents de la route à peu près comme Jacques Toubon s’emparait de celles sur l’immigration, misant plus sur le choc des formules que sur la connaissance des chiffres. Il y a une disqualification permanente de l’opposant, qui va de pair avec une spectaculaire relégitimation du pays légal : Macron ne jure plus que par les partis, les syndicats, les départements et les communes. Et, tout en lançant le Grand Débat National, Macron explique que la parole de ceux qui débattent n’est pas égale (« Jojo avec un gilet jaune a le même statut qu’un ministre ou un député ! »). Une disqualification de la parole du pays réel qui accompagne la criminalisation de la parole médiatique (Macron n’ayant pas de mots assez durs sur les journalistes) avec la loi sur les infox dont on voit bien – surtout en découvrant avec stupeur les infox du gouvernement – qu’elle servira surtout à empêcher la circulation des “informations non conformes”, pendant que le projet de loi anti-casseurs servira surtout à empêcher la circulation des “opposants non conformes”. Extension du domaine de la violence légale.

Le plus troublant est la manière dont ce pouvoir revient lui-même sur la question de sa légitimité : « Quand vous écoutez les gens, qu’est-ce qu’ils disent ? Ils veulent couper la tête du président. Ils disent que les députés sont tous des salopards » (les Français, décidément nostalgiques, ne croient qu’aux bonnes vieilles recettes) et « Mais il faut se poser la question “D’où tu parles ? Quelle est ta légitimité ?” Celui qui est maire, celui qui est député, celui qui est ministre a une légitimité ou une responsabilité. Le citoyen lambda n’a pas la même. Il ne représente que lui-même. » Sans doute, mais si Macron pose cette question de la légitimité, c’est qu’il se sait illégitime. Illégitime en France, où il a été élu avec une abstention record, avec l’aide d’un véritable coup d’état judiciaire et par défaut face à l’ex-FN. Illégitime car incapable de quitter sa posture de président du parti-des-gens-qui-savent, du parti-des-gens-qui-changent, du parti des Français-qui-adhèrent-au-projet qui, comme toujours en république où la nation est contractuelle, sont le seul peuple respectable. Et il n’accuse les Gilets jaunes d’être illégitime que parce qu’il reconnaît, dans l’émergence de ce mouvement, un schéma d’illégitimité qui lui est bien familier : celui d’En Marche ! et de son leader charismatique : « “Drouet, c’est un produit médiatique, un produit des réseaux sociaux”, observe-t-il en dénonçant l’abdication des médias traditionnels à faire leur travail de hiérarchisation et d’analyse. “L’envers du décor de cette crise a été très peu montré”, souligne-t-il. […] “la déconstruction de ce qu’est le mouvement, de ses influences, la déconstruction de ses influences extérieures, ça, on l’a très peu entendu. Il y a eu une forme aussi de légitimation accélérée de ce qu’a été ce mouvement qui est un problème.” »

Comme tous les démagogues qui sentent la faveur publique faiblir, Macron agite le spectre du complot intérieur et extérieur, cette matrice ombreuse qui accouche en France, depuis 1792, des lois les plus liberticides et des gouvernements les plus autoritaires – et les moins légitimes au regard du bien commun.

Par Philippe Mesnard

Politique Magazine

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( 9 février, 2019 )

Livre • Les prophètes de l’homme-dieu

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Que se passe-t-il en ce début du XXIe siècle ?  

Prosternation générale devant le dieu Progrès, avortement en passe de devenir un droit universel et imprescriptible, mariage dénaturé, eugénisme de plus en plus intrusif, invasion imminente du transhumanisme… Que se passe-t-il donc en ce début du XXIe siècle ?

Par cet ouvrage de très haut intérêt, rayonnant de limpidité, et d’une lucidité tout éclairée par un esprit profondément chrétien, Grégor Puppinck nous propose ses réponses et il nous fait découvrir de l’intérieur une religion radicalement étrangère à celle de l’Église catholique.

Il s’agit de la religion des droits de l’homme, avec son clergé, ses catéchistes et ses prosélytes. « Il y a d’abord, en bas de l’échelle, les cavaliers légers […] Commissaires aux droits de l’homme, […] Ambassadeurs spéciaux, ou encore personnalités éminentes, chargés à titre personnel de se faire l’apôtre des libertés, ou de l’une d’entre elles. […] Viennent ensuite les multiples comités d’experts et groupes de travail chargés d’émettre des avis et des recommandations…Viennent enfin les quasi-juridictions et les juridictions, tels les Comités des Nations unies et la CEDH, chargées d’évaluer et de juger l’action des gouvernements. » (p. 254).

Quelle est donc cette religion ? Héritière à la fois des Lumières, de l’évolutionnisme darwinien et de l’antique gnosticisme, elle traduit dogmatiquement une vision de l’homme réduit à sa stricte individualité, qu’il s’agit de sculpter avec le ciseau du droit, de manière à le libérer du carcan de la matière et de sa part d’animalité ; l’esprit, siège unique de la dignité humaine, triomphera de ces pesanteurs et conduira l’homme à devenir son propre créateur ; le droit redéfinira sans cesse la nature humaine, dans un cadre politique providentiel et mondialisé.

Telle est la dynamique actuelle des juridictions évoquées plus haut, qui démolit peu à peu, malgré, il est vrai, de notables résistances, les données de la Déclaration Universelle des droits de l’homme de 1948. Cette Déclaration a été rédigée dans un contexte encore marqué par l’horreur des massacres de la seconde guerre mondiale imputée principalement à l’époque au totalitarisme nazi ; en partie inspirée par des chrétiens comme Jacques Maritain, elle visait à protéger l’homme de l’emprise du matérialisme et d’un retour des idéologies ; elle procédait d’une vision de ses droits ajustée sur sa nature, en laquelle réside sa dignité. Cependant, cette Déclaration restait déconnectée du fait religieux, et par là même demeurait très peu précise quant à la définition de la notion de nature humaine. Jacques Maritain notait lui-même, concernant les droits de l’homme, l’opposition entre deux groupes, « ceux qui acceptent plus ou moins explicitement, ceux qui refusent plus ou moins explicitement la loi naturelle comme fondement de ces droits. »

Notre auteur nous fait voir, par une analyse précise et documentée, comment le groupe du refus semble aujourd’hui en passe de l’emporter au fil de la jurisprudence grossissante de la CEDH, du Comité des droits de l’homme de l’ONU, et autres cours de justice qui fonctionnent en réseau malfaisant.

Ce constat peu réjouissant ne laisse pas d’inquiéter, bien sûr. Mais en vrai chrétien, notre auteur ne désespère pas ; il nous rappelle de belles victoires comme l’affaire Lautsi contre Italie, dite des crucifix, en 2010, relève pour nous la fronde de pays comme la Russie ; enfin, il conclut en nommant le seul vrai remède à la démesure orgueilleuse de la puissance désincarnée : la charité incarnée.   

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Les droits de l’homme dénaturé de Grégor Puppinck, Éditions du Cerf, 2018, 286 pages, 22 €
( 15 janvier, 2019 )

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Au sommaire de ce nouveau numéro …

Les noires humeurs de Macron. 

Dossier : Immigration et terrorisme. 

France : Que faire des étrangers délinquants ? 

Monde : Rien ne va plus dans la « Davocratie » !

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( 12 janvier, 2019 )

LES NOIRES HUMEURS DE MACRON

 

Editorial de POLITIQUE MAGAZINE de Janvier 2019

Le macronisme exsude peu à peu ses humeurs. La pellicule brillante et opaque qui recouvrait le mystérieux projet est devenu translucide et poreuse. Une liqueur poisseuse en sourd et se répand. Les médias réclament à nouveau que le peuple se taise puisqu’il ne sait pas parler – et d’ailleurs, qu’est-ce que le peuple puisqu’il est avéré qu’une portion du peuple, comme La Manif Pour Tous, ne peut pas être le peuple selon le CESE ? Les politiques, à nouveau, expliquent que leur politique est bonne quoi qu’en pensent les Français – si tant est que les Français pensent, cette bande de Gaulois haineux et lépreux. Et l’État, à nouveau, songe à taxer, du timbre-poste qui augmente aux droits de succession qui pourraient s’alourdir.

Le macronisme exsude une humeur noire qui est celle du vieux monde pourrissant. Griveaux-le-Radical (« nous devons aller plus loin dans le changement, être plus radicaux dans nos méthodes ») continuera à conspuer les prétendus radicalisés et à considérer avec méfiance les consultations populaires qui n’iraient pas dans son sens – les Français étant d’ailleurs pour moitié persuadés qu’elles ne serviront à rien.

Et quel changement promet Griveaux-le-Méthodique, au nom de Macron-le-Subtiligent ? De l’Europe, et des libéralités aux puissants, et du socialisme jacobin.

Quarante ans d’Union européenne, deux cents ans de démocratie bourgeoise et soixante-dix ans d’État-providence n’auront rien enseigné à ce quadragénaire qui refuse de considérer les raisons de l’échec du modèle français. Car si Macron dans ses vœux déclare vouloir « bâtir les nouvelles sécurités du XXIe siècle » et « bâtir un avenir meilleur reposant sur notre capacité à inventer de nouvelles manières de faire et d’être ensemble », il ne propose rien, en fait, que d’imposer les réformes que ses prédécesseurs n’ont pas su mettre en œuvre, c’est-à-dire accentuer une fiscalité confiscatoire, sauf pour les plus riches, au prétexte que l’économie finira par redémarrer, comme la Grèce l’a bien prouvé… et de le faire dans le cadre très ouvert et si peu sûr de l’Union européenne.

 

Mais le maître des horloges a-t-il considéré que l’heure n’est plus à ces réformes ? La mondialisation heureuse, c’est fini : même Klaus Schwab, le fondateur du Forum de Davos, fait l’éloge de la nation ! Le ruissellement, c’est fini – si même cela a jamais commencé ! Le président de la Fédération des industries mécaniques, Bruno Grandjean, remarquait dans L’Usine nouvelle « [qu’il n’avait] pas vu beaucoup de gens dont l’ISF a été supprimé qui démontrent de façon claire que cela déclenchait chez eux une volonté d’investir fortement et de redresser le pays. On a besoin que les chefs d’entreprise démontrent qu’ils sont vertueux et font leur part du job. Plus de liberté implique plus de responsabilité de notre part. On a l’impression que tant qu’il restera un euro de taxe de plus qu’en Allemagne, rien ne sera possible. Ce n’est pas responsable. » (18/12/18).

Macron, droit dans ses bottes, ayant lâché dix milliards en guise de « nouvelle manière d’être ensemble », affirme pourtant qu’il ne lâchera rien de son projet consistant à accoucher au forceps une France nouvelle et un peuple régénéré. Il ne lâchera rien quand bien même nombreux sont ceux qui aimeraient qu’il lâche les rênes du pouvoir. Comme ce pouvoir est fragile et que Macron n’entend pas être frustré trop vite de sa bizarre victoire, acquise à la faveur de la conjonction d’une abstention sans précédent, d’une justice complaisante et du soutien inconditionnel des faiseurs d’opinion, lui et ses troupes n’ont de cesse de disqualifier le Sénat, les opposants, le peuple même, affirmant que les institutions doivent se plier à Jupiter et non Jupiter respecter les institutions. Et pendant que la république française donne ainsi, une fois de plus, le navrant spectacle d’une caste installée comme un chancre au cœur du pouvoir et indifférente au sort des Français, les Français, eux, sont confrontés à la double menace de l’immigration qui dissout l’identité et de l’islamisme qui encourage à la sécession. Mais là, les politiques ne décident de rien, ou de si peu. Sinon, pour l’heure, de faire couler, sur un corps affaibli qui tente de se défendre, leurs noires humeurs réformatrices.

Philippe Mesnard

( 18 décembre, 2018 )

Editorial de POLITIQUE MAGAZINE n° 175 de décembre 2018

LE PRINCE DES NUÉES

 

La présidence d’Emmanuel Macron a commencé dans les épais nuages d’un encens si généreusement distribué qu’on ne distinguait pas la route qu’il traçait. Ses troupes, galvanisées par un projet si brillant qu’il les aveuglait,marchaient en masse dans toutes les directions montrées « en même temps ». Depuis quelques semaines, la présidence d’Emmanuel Macron baigne dans les fumées des barricades de pneus flambants, des préfectures incendiées et des gaz incapacitants. Les fumigènes ont remplacé les encensoirs.Ces fumées plus palpables ne rendent pas l’avenir plus certain : Macron-Jupiter, réfugié dans son olympe élyséen, ou jouant à saute-mouton autour de la planète, reste inaccessible, chef qu’on serait bien en peine de venir chercher, comme il le réclamait naguère.

Désormais se dressent, entre le peuple et lui, plusieurs obstacles, glacis et autres ouvrages défensifs : ceux du langage, mur du mépris des petites phrases qui assassinent et fossé des mesures technocratiques incompréhensibles ; ses ministres et porte-paroles, aussi méprisants, aussi abscons, et en plus ne répugnant pas au mensonge,tout en votant des lois contre les infox, comme Philippe parlant d’une hausse de 3% du Smic net, Darmanin évoquant de mirifiques augmentations mensuelles (avant que son ministère ne modifie son communiqué triomphant), Castaner accusant les blocages des Gilets jaunes d’avoir fait périr, à Angoulême, une octogénaire en fait déjà décédée avant même que l’ambulance ne parte – et nous pourrions allonger la liste à loisir ; ses députés,qui ânonnent qu’ils ont manqué de pédagogie – le peuple est si bête ! – alors qu’ils refusent de voir ce qui crève les yeux : ceux qui manifestent sont ceux que la sacro-sainte croissance a en fait ruinés ; sa politique européenne et mondialiste, enfin, qui inquiète tous les Français et ne convainc aucun Européen : il n’a jamais rien obtenu de ses “partenaires”,ni sur les travailleurs détachés, ni sur les transporteurs routiers, ni sur la taxation des Gafa,ni sur le budget européen, ni même sur la défense européenne, qu’il ne fait avancer qu’en proposant de céder notre place à l’Allemagne,piquante conclusion de son « itinérance mémorielle» ; le Pacte pour l’immigration est la dernière barrière en date dressée par ses propres soins, incompréhensible quand on voit la manière dont la société française est fracturée.On croirait la tour de Babel peinte par Breughel,entassant enceintes sur enceintes, inachevée et en partie déjà ruinée. Ses entrailles sont un labyrinthe,son sommet se perd dans les cieux : Macron y siège,prince des nuées. Voilà un président français qui s’acharne, après quarante ans de destruction minutieuse de la souveraineté et de l’identité française, à abattre ce qui résiste encore sous prétexte de le sauver,et qui s’énerve qu’on ne le salue pas en sauveur.Les pauvres ne comprennent pas qu’ils doivent s’appauvrir encore ? Quels réfractaires ! Les patriotes ne saisissent pas en quoi l’Autre est si merveilleux que la France doive disparaître ? Bande de lépreux !Les vieux partis ont tous failli, LaREM est en train de trahir, et les citoyens manifestent ? Quels séditieux! « À moi la disruption, je suis le seul qui puisse rompre avec les usages et maîtriser les horloges, et j’exige le respect, la soumission, la crainte et le tremblement! » Si assuré de son droit qu’il s’affranchit de la loi et décide de rendre au Bénin des œuvres pourtant inaliénables…

Mais les Français sont démocrates, ne comprennent pas qu’on les méprise puisqu’ils sont le peuple, censé avoir délégué son autorité et non pas avoir abdiqué toute volonté. Mais les Français ne sont pas européens, ils sont de leurs villages et de leurs régions (c’est-à-dire Angevins ou Provençaux, Bourguignons ou Normands), ils veulent que leur travail les nourrisse et constitue un capital à transmettre,ils veulent payer l’impôt non pas pour bâtir de chimériques univers numériques ou verser avec une générosité déréglée des sommes dont les Français ont besoin ; ils veulent des transports publics nombreux, des écoles et des maternités. Ils veulent que les “territoires”, ce nom mystérieux qui désigne presque des contrées sauvages, ne soient pas gérés depuis Paris par des technocrates qui ignorent les réalités diverses et dressent, eux, une barrière financière devant toutes choses.

Donc, les Français crient : les maires interpellent, les présidents de région aussi, et toute la masse de ceux qui ne se sentent pas représentés et doutent de la légitimité de leur chef. Leur clameur finira-t-elle par secouer Jupiter-Macron et le tirer de son rêve éveillé, là-haut ?

 

Philippe Mesnard

 

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( 28 novembre, 2018 )

Il faut lire lire le numéro de novembre de Politique Magazine et s’y abonner …

 

Au sommaire de ce nouveau numéro :

1914-1918 : les leçons de la guerre.

Dossier : 1918-2018, un siècle après la victoire. 

IVG : de l’inconvénient de rappeler la loi. 

L’ITALIE : cauchemar de l’Europe de Bruxelles.

Et aussi dans ce numéro…  54 pages d’actualité et de culture !

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( 24 octobre, 2018 )

Comment peut-on être Français ?

 

Sur « Politique Magazine »

La France est un pays bizarre autant qu’étrange.

Elle reste une des premières nations du monde, ce qui est en soi un sujet d’étonnement. Car, dans la période récente, le peuple a porté à la fonction suprême successivement un nerveux hyperactif, un cauteleux cynique, puis un adepte solennel du Tout et Son Contraire. Leurs efforts conjoints permettent, aujourd’hui, de dresser un état des lieux impressionnant : on peine à résumer les « avancées » qui ont bouleversé les règles et les usages sur lesquels avaient été fondés les rapports sociaux et la prospérité des temps anciens ! La France, dans le concert des nations occidentales vassalisées par l’empire américain, s’est distinguée par le zèle de ses dirigeants à la transformer en modèle exemplaire de cette révolution lourde et molle. Politique Magazine analyse, commente et scrute ces transformations depuis seize ans. Ce numéro d’octobre est un anniversaire. Une nouvelle équipe dirigeante prend les rênes ; mais votre magazine ne changera pas. Il restera ce magazine que vous aimez et qui tentera toujours de répondre, chaque mois, à cette question cruciale qui est plus que jamais la nôtre : comment être Français ?

Comment être Français quand le Français est réputé coupable, encore coupable, toujours coupable. Pour les « crimes » de ses parents et de ses aïeux, et pour sa difficulté congénitale à comprendre le bien-fondé des pensées « nouvelles ». « Réfractaires », dit la plus haute autorité !

Coupable d’avoir fait des guerres, de les avoir gagnées, et sans doute encore plus de les avoir perdues. Coupable d’avoir imposé sa férule à des peuples qui jusque là vivaient dans l’état d’innocence et de bonté propre à la nature selon Jean-Jacques, coupable de leur avoir apporté ses maladies et ses mauvais sujets en même temps que ses hôpitaux et ses infrastructures, ses techniques et sa langue. Coupable d’avoir pratiqué un temps l’esclavage, qui n’avait perduré depuis la fin de l’empire romain – faut-il le rappeler ? – que dans les sociétés orientales, et coupable d’être l’un des premiers pays à l’avoir abrogé ! Coupable d’avoir tardé à admettre que les textes fondant le droit de la famille devaient valoriser au premier chef les pratiques minoritaires en-dehors de toutes contraintes naturelles ou culturelles. Coupable de ne pas aimer les éoliennes, ni les systèmes d’échange de taxes carbone, si pratiques, pourtant, pour justifier en même temps des investissements colossaux et des profits si faciles. Coupable de ne pas s’enthousiasmer à aimer un « art » qui ne recherche pas le Beau, et qui pourtant permet un stockage de valeur presque plus aérien que les mécaniques boursières automatisées. Bref, coupable de ne pas aimer le Progrès, y compris dans ses aspects les plus déroutants et les plus destructeurs.

Et comment être Français sous le joug d’une triple contrainte étouffante ? Contrainte légale, contrainte sociale, contrainte morale.

Contrainte légale : lorsque les choses traînent, quand non seulement les citoyens mais aussi les parlementaires rechignent à « progresser », les juges se chargent alors de remédier à la situation, en toutes matières. Et la plus haute juridiction de l’État, le Conseil constitutionnel, sorti des limites de son pouvoir, n’hésite pas à l’ouvrage. Le tout sous la tutelle des institutions et juridictions européennes, dont l’action réduit le rôle des gouvernants nationaux à une gestion sans vision et sans ambition, même dans les domaines les plus essentiels.

Contrainte sociale : lorsque des voix discordantes expriment une divergence par rapport à l’opinion « dominante », habilement fabriquée, elles sont rappelées aux « fondamentaux » de la démocratie programmée et obligatoire, la liberté ayant quand même des limites ! Si ces voix persévèrent dans la défense de valeurs, et surtout d’intérêts, qui se révèlent contraires à la croyance dominante et surtout aux intérêts des dominants, elles sont mises au rancart. Le conformisme est de rigueur.

Contrainte morale : comme dans toute classe, il faut faire régner la discipline, désapprendre les mauvaises habitudes et valoriser les bases de la nouvelle sociabilité. Et, pour cela, les « grands » médias, écrits, parlés et audiovisuels sont requis. L’esprit critique n’est plus la valeur de référence. Ce qui compte, c’est de respecter « les codes ». Et surtout « le nouveau code », qui n’est pas de gouverner en cherchant à faire valoir ce qui relève du bien commune et de l’intérêt national. Non, mais de gouverner en désignant les méchants, nation ou famille, Russie ou Syrie, et de faire silence sur les sujets qui fâchent, Chine et Turquie, islam et islamisme, violences et pauvretés, peuple et libertés. La règle est de proclamer la vision universelle et de ne plus traiter du réel national, ce bagage encombrant.

Politique magazine est un mensuel d’information et d’opinion. Il ne joue pas sur des manichéismes faciles. Il s’attache à analyser des faits et des situations pour contribuer à éclairer ses lecteurs, dans la période de périls qui se précise. En faisant appel à leur jugement, à leur intelligence, à leur curiosité ; afin de rechercher ce qui peut contribuer à construire un avenir pour la France et les Français ; en n’écartant ni les véritables novations, ni la véritable tradition. En n’écartant que les contraintes étouffantes.

Politique magazine est un espace de liberté qui a été pensé et construit par une équipe fondatrice. C’est dans cette voie que nous poursuivons maintenant la publication, après une phase économiquement difficile qui est sans doute la rançon de l’indépendance. Faites connaître Politique magazine, envoyez-nous vos commentaires, ensemble nous ferons grandir ce nécessaire espace de liberté.  

Jean Viansson Ponté
Politique magazine – Octobre 2018
( 24 octobre, 2018 )

Politique magazine numéro d’octobre: « Un Islam de France ? » Un nouveau départ pour Politique Magazine

 

Au sommaire de ce nouveau numéro :

La Ve République, 60 ans.

Le Brexit, la France et l’Union Européenne  

Hommage à Jean Piat

Et aussi dans ce numéro…  54 pages d’actualité et de culture !

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