( 10 novembre, 2019 )

Corps, espaces et temps macroniens

 

Editorial de Philippe Mesnard dans POLITIQUE MAGAZINE de Novembre 2019

 

Macron parle. C’est une chose impressionnante.

Avec conviction, avec feu, avec détermination, avec intensité, il dit des choses, comme : « Le port du voile dans l’espace public n’est pas mon affaire. Dans les services publics, à l’école, c’est mon affaire. Dans les services publics, il y a un devoir de neutralité. Quand on éduque nos enfants, on demande qu’il n’y ait pas de signe religieux ostentatoire. Après, ce qui se passe dans l’espace public, c’est pas l’affaire de l’État ou du président de la République. » En même temps qu’il appelait le Conseil français du culte musulman à « combattre, aux côtés de l’État, le communautarisme et l’islamisme ». On ne sait pas dans quel espace public il faut combattre des signes communautaristes ostentatoires à l’appel d’un État qui considère que ce n’est pas son affaire, mais le ton y est. Un macroniste moyen saura se débrouiller avec ce parfait exemple de double-pensée qui exige qu’on combatte ici au nom de la laïcité des signes religieux qu’on doit ignorer là puisqu’ils permettent de repérer là des communautarismes qui se manifestent ici.

Souffrances du corps macronien

Macron martèle des trucs, les yeux dans les yeux, avec un trémolo tout à la fois implorant et furieux. Mes enfants, comme il nous appelait pendant le Grand Débat, mes enfants, ne savez-vous que je me dois à des choses importantes et cruciales et que vous m’obligez à dissiper mes énergies, à les distraire, avec cet effort pédagogique incessant ?

Il dit : « J’ai mes cicatrices, et je les frotte de manière régulière pour ne pas les oublier », ce qui est dégoûtant et incompréhensible mais voudrait dire qu’il a écouté les Français, qui l’écoutent sans plus le comprendre. « J’ai appris que dans plusieurs situations je n’avais pas réussi à me faire comprendre, ou qu’à vouloir faire bouger les choses avec impatience, énergie, j’avais parfois blessé des gens ou donné le sentiment que je voulais changer le pays contre les Français eux-mêmes. » Ma foi, oui, c’est le sentiment qu’on a. Mais on a sûrement tort, hein.

Mes enfants, dit Macron, vous pourriez quand même comprendre que ce que je dis à Marseille n’est pas ce que je dis à Mayotte, que le temps des élections n’est pas celui du gouvernement, que je peux affirmer, quand j’y suis, que les îles Glorieuses sont françaises tout en préparant, à Paris, l’abandon de souveraineté des îles Éparses, auxquelles elles appartiennent. Vous devriez saisir qu’il est légitime que je me rue à Rodez pour parler des retraites et que je vous laisse vous débrouiller avec le communautarisme musulman à Montfermeil. Vous devriez comprendre que lorsque je dis que je suis à votre disposition, ça ne veut pas du tout dire que je suis censé répondre à vos inquiétudes.

Agilité spatiale du corps macronien

Car Macron dit des choses comme : « s’ils cherchent un responsable dites-leur, dites-leur chaque jour : “vous l’avez devant vous”. Le seul responsable de cette affaire, c’est moi ! et moi seul. […] On ne peut pas être chef par beau temps et vouloir se soustraire lorsque le temps est difficile. S’ils veulent un responsable, il est devant vous, qu’ils viennent le chercher. Et ce responsable répond au peuple français et au peuple souverain. » C’était en pleine affaire Benalla, juste avant les Gilets jaunes qui ont été un « moment de spasmes très forts qu’a vécu le pays, qui n’est pas innocent », ce qui est aussi dégoûtant quand on y réfléchit un peu.

Macron dit qu’on peut venir le chercher et quand on vient il n’est plus là. Un sondage, une manifestation, une tribune ? Ce n’est pas son affaire. L’affaire de Macron, c’est le reste, c’est d’être là où nous ne sommes pas allés le chercher. Privatiser ADP – qui rapporte mais tant pis –, réformer EDF – pour que ses dettes soient entièrement publiques, tant pis –, s’entremettre entre l’Iran et les États-Unis – qui n’en veulent pas, tant pis. Macron est financier et planétaire et la France, c’est pauvre et petit. Il y a Rodez, Brégançon, un ou deux villages où débattre et deux ou trois îles, comme la Réunion et la Guyane, et puis c’est tout.

Macron dit : « Je n’aurai aucune forme de faiblesse ou de complaisance ». Il parlait des retraites – sur lesquelles il ne cesse de reculer – mais on a l’impression qu’il parle comme ça sur n’importe quel sujet depuis le début de son quinquennat. On sait maintenant que cette grande rigueur s’applique dans un espace public qui n’est pas celui où vivent les Français, avec leurs spasmes, mais celui où se déplace le Président, avec ses plaies. On n’habite pas au même endroit. On s’en doutait, il le confirme.

Par Philippe Mesnard

Corps, espaces et temps macroniens dans presse logo_pm_01

( 8 octobre, 2019 )

La France attend

 

Editorial du BIEN COMMUN d’Octobre 2019

 

À l’heure où nous écrivons, nous ne pouvons évidemment pas savoir ce que sera la mobilisation du 6 octobre contre la PMA pour toutes. La crainte d’une mobilisation moindre que celle contre le mariage « pour tous » est fondée : le fait que l’ouest parisien, aux dernières européennes, ait délaissé Les Républicains, au discours inaudible sur à peu près tous les sujets, pour Macron, les palinodies de nos évêques sur le devoir de manifester des catholiques, un Rassemblement national qui fait, de nouveau, profil bas sur les questions de société par peur de se couper d’on ne sait quel électorat, alors même qu’il n’a pas su profiter du mouvement des Gilets jaunes et stagne, les messages brouillés délibérément envoyés par l’exécutif sur les réformes pour mieux déminer le terrain social, un mouvement des Gilets jaunes que le pouvoir cherche toujours à criminaliser d’autant plus facilement qu’il peine à se réinventer  : tous ces faits, pour aussi hétérogènes qu’ils soient, empêchent que ne se dessine, dans toutes les couches de la société, une dynamique protestataire dont pourrait également profiter le mouvement d’opposition à l’extension de la PMA.

Macron cherche à endormir toutes les oppositions à sa politique, d’où qu’elles viennent. Un fait est révélateur  : le nombre des signatures pour le référendum contre la privatisation d’Aéroports de Paris stagne, alors même que la perspective d’un tel référendum pourrait, à juste titre, cristalliser le mécontentement des Français. Qu’on est loin de l’automne 2004, lorsque s’était levé dans tout le pays, dans la perspective du référendum sur le traité constitutionnel du 29 mai 2005, ce vrai et grand débat national, de manière aussi spontanée que multiforme, surprenant en premier lieu des élites qui croyaient la chose pliée. Il est vrai que Macron, fort habilement depuis le printemps, préempte la notion même de grand débat avec l’aide de médias serviles, tandis que les réseaux sociaux sont de plus en plus étroitement surveillés. Jamais les libertés publiques n’ont été autant foulées au pied, par l’exécutif comme par la justice, du droit de manifester à celui de s’exprimer – la condamnation définitive de Zemour en est encore un exemple.

Macron a donc lancé un autre vrai-faux débat, sur l’immigration, afin de capter, non tant une partie fluctuante de l’électorat lepéniste – il n’a pas auprès de lui l’aura d’un Sarkozy – que celle de l’électorat Républicain qui se rappelle encore être de droite. Il n’est pas sûr, pourtant, que les vieilles recettes prennent encore. La même semaine, il est allé dire à Giuseppe Conte, qui s’est succédé à lui-­même en s’alliant avec le Parti démocrate, après la crise déclenchée par Salvini, combien il était heureux de voir Bruxelles être redevenue la capitale de l’Italie. Ils se sont entendus pour faciliter davantage encore l’immigration et prévoir une répartition automatique des migrants, avec à la clé des sanctions pour les États membres de l’Union européenne qui refuseraient l’invasion. Rappelons-­nous que l’anti-immigrationniste Sarkozy avait, à l’Intérieur, imposé la suppression de la prétendue double peine avant, une fois à l’Élysée, d’ouvrir grandes les portes à tous les clandestins. Sur fond de débat tragi­comique sur l’identité nationale. Bis repetita

La France est en attente d’un événement susceptible de déclencher la colère du pays réel. Celle­-ci est pour l’instant diffuse, ne faisant que sourdre, ici ou là, à l’occasion d’un nouvel acte des Gilets jaunes ou d’une revendication catégorielle. Toutefois, les Français sentent bien que même ces revendications, qui touchent les urgences, les EHPAD ou EDF, que les menaces sur toutes les retraites ou tous les services publics, que la souffrance des policiers, des pompiers, des paysans, des petits retraités, des artisans et indépendants ou des enseignants, que les atteintes quotidiennes à notre manière de vivre nous concernent tous. Quel sera cet événement ? Nous l’ignorons, mais il aura lieu. Le plus tôt serait le mieux  : il est temps, grand temps pour la France de retrouver le chemin de la liberté et de la prospérité.

François Marcilhac

( 25 juillet, 2019 )

LIVRES à lire

 

 

CE SANG QUI NOUS LIE – de Sylvain DURAIN -  Editions du Verbe Haut – 422 pages – 20 €. https://editionsduverbehaut.fr

 

Sylvain Durain est un jeune auteur et réalisateur. Il nous donne ici un livre majeur qui fera date. Il est sous titré « Vers le matriarcat ? »  Il est souvent dit qu’une société féministe entrainerait moins de violence dans nos sociétés qu’un monde patriarcale depuis le début du monde. Or, Sylvain Durain parcourt l’histoire, des sociétés primitives à aujourd’hui. Il analyse dans ces communautés la politique, les religions, les structures familiales et communautaires ainsi que le processus culturel des notions de sacrifice et de violence. Contrairement à l’idée actuellement généralement admise, il montre que les sociétés furent soumis à un certain matriarcat qu’il définit selon un nouveau concept : le « matriarcat sacrificiel ». Ce n’est que progressivement, d’abord un peu dans la nation juive primitive (avant Jésus-Christ) puis avec l’Eglise Catholique et particulièrement avec la monarchie française qu’une civilisation « patriarcale » apparue. Ce qui entraina un immense progrès pour notre civilisation. Notons que « matriarcat » ne veut pas forcément dire que dans les faits les femmes dirigent tout et « patriarcat » les hommes dirigent. Par exemple, il montre que Sainte Jeanne d’Arc est l’exemple patriarcal. Depuis la révolution française, qui a tué le Roi, père de la Nation, nous régressons en nous rapprochant des sociétés primitives que nous appelons « barbares ».

Le seul petit « bémol »  de ce livre ne concerne pas les écrits de Sylvain mais la préface de Pierre Hillard, autant la « passer »…

Voici un livre qui fera date. Il faut le lire et le faire lire. A commander de préférence à https://editionsduverbehaut.fr/produit/ce-sang-qui-nous-lie/

Sylvain Durain présentera son livre à la rentrée lors d’une réunion de l’association Histoire et Culture.

 

L’ECOLE ET LE ROI, Royauté et Ecole, d’Hier à Demain – de Pierre Van Omneslaeghe, 68 pages, Editions de Flore editions@cercledeflore.fr – 10 rue Croix des Petits Champs, 75001, Paris. 10 €

Ce livre est préfacé par Yves-Marie Adeline. Contrairement à ce que veut nous faire croire la propagande républicaine, l’instruction existait bien avant la révolution. Elle fut même rendu obligatoire par Louis XIV. Pierre Van Omneslaeghe survole toute l’histoire de cette instruction bien organisée mais pas uniformisée qui a montré son efficacité tout au long de la monarchie française. Elle pouvait être publique ou ecclésiastique. Elle couvrait très bien ce que nous appelons aujourd’hui le primaire, le secondaire et l’universitaire. Aujourd’hui, ce qui est appelé « éducation nationale » apprend de moins en moins et sert plutôt à « formater » nos petits à la propagande officielle. L’auteur nous donne des pistes pour rétablir une véritable instruction qu’un Roi pourrait réaliser.

Ce livre est également en vente à La Lorraine Royaliste.

 

 

LES QUATRE SAISONS – tome 4, L’ÉTÉ  – de Sophie CADIC, illustré par Apolline DUSSART - – 44 pages – Editions des Petits Chouans – DPF – BP 70001 – 86190 Chiré en Montreuil – www.petits-chouans.fr –  15 €

 

Nous vous avons présenté dans les numéros 351, 352 et 354 de la Lorraine Royaliste les trois premiers tomes de cette très belle collection pour enfants. Le tome 4 qui clôt la série est maintenant paru, il concerne l’été, après l’automne et l’hiver et le printemps. Le jeune lecteur suivra ses héros – Roseline et Maximin – avec leurs parents et grands parents « dans leur vie quotidienne et l’apprentissage des coutumes locales de Provence. »  Le temps chaud de la Provence en cette période, les chants des oiseaux, les fleurs, les activités des habitants,… tout y est admirablement décrit et splendidement illustré.

Très pédagogique, cet album, comme les précédents, aidera à apprendre à lire nos petits enfants.

 

LA MICHE DE PAIN – Les Prières par Marie Triboude Marie TRIBOU– 192 pages – Editions Elor, Diffusion de la Pensée Française –  BP 70001, 86190, Chiré-en-Montreuil. www.chire.fr –  18 €

 

Il s’agit de la réédition d’un très beau livre de Marie Tribou. Nous trouvons ici toutes les prières du célèbre catéchisme de Marie Tribou. Il contient 16 leçons permettant l’apprentissage de la prière pour nos petits enfants. Très bien illustré par les dessins d’Anne Floch’h, voici un livre indispensable à toute famille catholique.

Nous ne pouvons que remercier la Diffusion de la Pensée Française qui a repris les éditions ELOR d’avoir réédité cette œuvre de grande valeur.

 

Jean NEDISCHER

( 13 juin, 2019 )

‘‘PRESSE ET LIBRAIRIE

 

 

LES GUERRES DU SAHEL, Des origines à nos jours – de Bernard LUGAN –  Editions Bernard Lugan – 259 pages – 29 €. BP 45, 42360, Panissières – www.bernard-lugan.com

 

Nos soldats sont en guerre au Sahel. Que s’y passe-t-il ? Les journalistes parlent et écrivent, la plupart sans avoir étudié tant soit peu le sujet. Pire, nos politiques, y compris ceux qui sont au pouvoir, semblent ignorer tout de ce qui s’y passe, sauf les opérations proprement dite. Pourtant, il faudrait mieux qu’ils sachent le pourquoi profond de cette guerre qui n’est pas, loin de là, qu’une opposition entre « islamistes » et « non islamistes ». Dans ce livre, Bernard Lugan – certainement l’un des plus grands spécialistes français de l’Afrique, sinon le plus grand – remet ce conflit dans sa perspective historique sans laquelle il n’est pas possible de comprendre les ressorts profonds de cette guerre aux multiples visages.

C’est un millénaire d’histoire qui est analysé, avec les conflits innombrables entre tributs nomades et sédentaires, lesquelles ne forment pas deux « blocs », mais sont eux-mêmes divisées. Ces profondes divisions, nous les retrouvons aujourd’hui, en particulier au Mali.

Pour comprendre ce qui se passe au Sahel, lisez ce livre et vous en saurez plus que beaucoup de nos commentateurs et hommes politiques.

LES QUATRE SAISONS – tome 3, LE PRINTEMPS – de Sophie CADIC, illustré par Apolline DUSSART - – 46 pages – Editions des Petits Chouans – DPF – BP 70001 – 86190 Chiré en Montreuil – www.petits-chouans.fr –  15 €

 

Nous vous avons présenté dans les numéros 351 et 352 de la Lorraine Royaliste les deux premiers tomes de cette très belle collection pour enfants. Le tome 3 est maintenant paru, il concerne le Printemps, après l’automne et l’hiver. Le jeune lecteur suivra ses héros – Roseline et Maximin – avec leurs parents et grands parents « dans leur vie quotidienne et l’apprentissage des coutumes locales de Provence. »  Le temps s’est refroidi, la nature change, paysages comme animaux. Ce livre fait découvrir la nature, l’amitié dans une belle écriture et de remarquables illustrations.

Très pédagogique, cet album, comme les précédents, aidera à apprendre à lire nos petits enfants.

 

COTIGNAC et la mission divine de la Francede Elise HUMBERT– 155 pages – Editions de CHIRE, BP 70001, 86190, Chiré-en-Montreuil. www.chire.fr –  18 €

 

A l’occasion du 500ème anniversaire des apparitions de Notre-Dame de Grâce, les Editions de Chiré ont eu la bonne idée de rééditer ce très beau livre d’Elise Humbert avec une préface de Michel du Tremblay et illustré de 16 pages de belles photos en couleur. Cotignac, en Provence, est un lieu inspiré avec les apparitions de la sainte Vierge Marie et de saint Joseph, ce qui est très rare. Nous voyons le rôle du Frère Fiacre qui vint y prier particulièrement pour que Louis XIII et Anne d’Autriche aient un héritier, le futur Louis XIV surnommé Louis « dieudonné ». Il est à noter que Louis XIV mais aussi beaucoup de nos rois vinrent se recueillir en ce lieu.

Un livre très bien écrit qu’il convient de lire.

 

Jean NEDISCHER

 

( 8 mai, 2019 )

mardi 07 mai 2019 L’exigence de la transmission

 

Editorial du numéro 7 du BIEN COMMUN

 

« Le mot catholique n’est pas un gros mot », a dû rappeler Mgr Aupetit, au lendemain du drame national de l’incendie de Notre-Dame de Paris : pas un mot, en effet, en ce lundi saint, d’Emmanuel Macron pour les chrétiens.

Quelques niais avaient fondé je ne sais quel espoir après le discours des Bernardins, dans lequel, pourtant, Macron n’avait rien dit de concret sur un nouveau rapport entre la République et les catholiques. Au contraire, quelques dizaines d’églises profanées ou incendiées plus tard, sans compter les croix des cimetières, dans le même silence étourdissant de nos autorités laïques et républicaines, l’incendie, à l’origine toujours indéterminée, de la cathédrale de Paris vient sonner le glas d’espérances infondées : il est clair que pour nos autorités Notre-Dame n’est qu’un monument historique, qui doit être à tout prix — et comment ? — restauré pour les JO de 2024 !

« C’est un lieu de culte qui doit être rendu au culte, voilà ce que je dis. Notre-Dame n’est pas un musée. L’émotion prouve bien que ce n’est pas un lieu vide. C’est un lieu vivant. Ce sont les chrétiens qui le font vivre, des prêtres polyglottes qui reçoivent les visiteurs, bien plus nombreux qu’au Louvre. »

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Mgr Aupetit, à Libération le 19 avril 2019, a eu raison d’en remettre une couche. Et on est frappé par la concordance des propos de l’archevêque de Paris avec ceux du comte de Paris, dans une tribune au Figaro, le 17 avril : « On ne peut qu’être blessé dans sa chair, en tant que Français et en tant que chrétien. Car Notre-Dame de Paris est bien plus qu’un bâtiment, plus même qu’un symbole, c’est le signe visible et bien réel du génie de la France. […] Il y a dans cet édifice une continuité historique entre d’une part les rois Capétiens bâtisseurs et d’autre part les autres régimes qui leur ont succédé jusqu’à notre Ve République, qui ont su préserver et faire rayonner ce legs, pour faire de la France un sommet de la culture universelle. Notre-Dame, en traversant les siècles, est le témoin vivant de l’unité des Français autour d’un destin commun. Comme Fils de Saint Louis, roi bâtisseur, je me rattache aussi pleinement à cette continuité. »

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Comment, en effet, ne pas remarquer l’émotion qui a traversé tout le pays réel ? Elle montre combien, à quelques rares exceptions près, la France, que d’aucuns se complaisent à dire déchristianisée, vibre encore dans sa chair et son âme à ce qui participe de son identité profonde. Nul « catholicisme culturel », en cela, mais les traces, encore vivantes, d’une culture catholique profonde qui ne demande, dans la fidélité à notre génie national, qu’à être revivifiée tant qu’il en est encore temps, c’est-à-dire tant qu’autre chose ne sera pas venu remplir ce « lieu vide » qu’est la laïcité, ces « abstentions » (Pierre Manent, Photo)  que sont les valeurs républicaines. Le comte de Paris a ajouté, dans sa tribune, que « notre génération, qui se drape souvent dans sa supériorité sur tout ce qui nous précède, est celle qui n’a pas transmis. […] Au-delà de la reconstruction, il faut plus que jamais exprimer l’exigence de la transmission. »

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Cette exigence d’une tradition vivante fondant notre avenir, à l’Action française, nous la portons plus consciemment que tout autre. Car nous connaissons les causes du mal et, sans être des charlatans de la monarchie — contrairement aux progressistes, nous ne promettons aucun paradis terrestre —, nous combattons tous les jours pour convaincre nos concitoyens des solutions permettant de redonner à notre pays les conditions de sa pérennité. Le 26 mai, aux élections européennes, rien ne serait plus catastrophique pour la France qu’une victoire de la liste macronnienne, qui est celle du renoncement national. Nous ne pouvons que regretter que ceux qui préemptent le vote patriotique n’aient pas réussi à s’entendre, même si cela ne saurait nous étonner : la logique des partis l’emporte toujours sur le bien commun. Toutefois, il faut voter, le 26 mai, et voter contre les forces de dissolution du pays. Voter contre Macron. Et pour la France.   

François Marcilhac

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Le Bien commun

( 6 mai, 2019 )

PENSER PRINTEMPS !

 

Editorial du N° de MAI 2019 de POLITIQUE MAGAZINE

 

Penser printemps ! disait Emmanuel Macron à ses fervents, en janvier 2017. Penser printemps pour l’agriculture, répétait-il en janvier 2018. C’est-à-dire être attentif à ce qui lève, à ce qui fermente, à ce qui advient. Penser printemps, c’est semer pour voir germer. Mais quelles moissons Emmanuel Macron s’attend-il à voir lever de Notre-Dame ruinée au début du printemps ? Pour le despote éclairé, tout est signe du destin. Sa marche est voulue par les dieux, et c’est fort de cette conviction qu’il entend trancher de tout avec superbe (et gageons que les courageux qui ont appelé le président à plus de retenue et de modestie vont payer leur rigoureuse honnêteté). Alexandre détruisit le nœud gordien – et on se demande encore la vertu de son geste idiot –, Macron profite de l’incendie pour affirmer que tout est plus beau pourvu que cela advienne par ses soins. Il est le démiurge. Tout est meilleur pourvu que cela soit son œuvre. Notre-Dame sera une start-up cathédrale, au cœur d’une île de la Cité enfin conçue comme un touristland inclusif, citoyen et irrigué de luxueuses boutiques. On verra mieux les tableaux ! Les débris seront choyés ! Tout juste si on ne proposera pas à l’évêque d’adapter le format des cérémonies et le calendrier liturgique en fonction des pics de fréquentation. Et pour arriver à ce beau résultat, une loi d’exception, qui fait toutes choses plus belles, et singulièrement les règles qui s’appliquent à tous mais pas aux désirs du printanier Président.

 

nC’est qu’il en a, des désirs ! Des désirs européens, contrariés en permanence par l’Allemagne, qui a compris, elle, qu’elle était au centre de cette Europe démesurément élargie d’où la France a été repoussée à l’extrême-ouest ; contrariés par la Pologne, qu’il conspue ; par l’Italie, qu’il insulte. Quel pays n’a-t-il pas lassé par son verbe haut ? Tous le lui font sentir, à chaque proposition rejetée, à chaque chantier repoussé, à chaque décision prise contre son avis, la dernière en date étant l’ouverture de négociations commerciales avec les États-Unis. Il ne lui reste plus que la France pour parader et songer à son printemps à lui, à son éclosion, à la métamorphose de ce vieux pays décevant, au peuple rebelle, querelleur, vindicatif (et paresseux, selon lui, qui semble ignorer les statistiques sur la productivité du travail en France – sans tenir compte de la fiscalité qui y est associée) et trop ignare pour avoir peur des fantômes qu’il agite, nationalisme ! populisme ! pas le choix ! moi ! Laissez-moi épanouir la France ! Que mille Macrons fleurissent !

 

nModerniser Notre-Dame, privatiser les routes après ADP – en faisant exprès de sous-investir pour leur rénovation –, désirer comme Cédric O que la France ait ses licornes numériques au lieu de considérer ses entreprises déjà milliardaires, réformer la constitution, tout ne concourt qu’à une rénovation forcée du pays, une régénération à la mode révolutionnaire, où le despote éclairé sait seul ce qu’il faut faire au point que sa volonté est l’ultime raison. Hoc volo, sic jubeo, sit pro rationevoluntas : je le veux, je l’ordonne, que ma volonté serve de raison. On ne frustrera pas Macron de son printemps, et si l’Europe reste enfermée dans son hiver, la France, elle, va se réchauffer, l’incendie de Notre-Dame n’étant que le dernier brasier en date, une manière de catastrophe spectaculaire dont Macron ne veut considérer que le symbole d’un vieil ordre qui s’effondre, comme ces Gilets jaunes qui ne sont que des hoquets du progrès. Son unique préoccupation ? Sa stature. « Je me fiche de la prochaine élection, je veux réussir ce mandat. Furieusement. Passionnément. » Nous voilà donc avec un furieux emporté par ses passions qui considère que ses opposants sont des agents de l’étranger ou, pire, des agents du chaos qui refusent le bien dont il est le printanier messager, Jupiter ayant viré Saturne au moment où, en plein âge d’or, il enseignait aux hommes l’usage de la faucille. Pour le moment, il fauche Notre-Dame, il fauche nos libertés, il fauche notre avenir, et ne sème rien. Curieux printemps. n

Philippe Mesnard

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( 11 avril, 2019 )

Nouveau livre de Bernard Lugan : Les Guerres du Sahel

Voici un livre à lire pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui au Sahel. LR

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Présentation :
Le Sahel est un rift ethno-racial le long duquel vivent des sédentaires sudistes et des nomades nordistes en rivalité territoriale depuis la nuit des temps
La colonisation libéra les premiers de la prédation des seconds, puis elle rassembla les uns et les autres à l’intérieur de limites administratives devenues frontières d’États lors des indépendances. L’ethno-mathématique y donna le pouvoir aux sudistes car ils étaient électoralement plus nombreux que les nordistes.
Ce fut alors la revanche de la houe sur la lance. Mais, au Mali, au Niger et au Tchad, comme ils refusaient de devoir obéir aux fonctionnaires sudistes, les nordistes se soulevèrent.
Ce furent les conflits sahéliens qui s’étendirent de la décennie 1960 jusqu’aux années 2000.
Sur ce terreau fertile prospérèrent ensuite les trafiquants (35% de la cocaïne sud-américaine à destination de l’Europe transiterait par le Sahel), ainsi que les modernes marchands d’esclaves qui déversent leurs cargaisons humaines en Europe.
Enfin, à partir des années 2000, les islamo-jihadistes chassés d’Algérie s’immiscèrent avec opportunisme dans le jeu politique local, y provoquant la surinfection de la plaie ethno-raciale matrice des actuels conflits.
Illustré de plus de 60 cartes en couleur, construit sur la longue durée historique et ancré sur la géographie, ce livre donne les clés de compréhension de cette conflictualité sahélienne dont les conséquences se font sentir jusqu’en Europe.
Pour nos Armées, il constitue le manuel indispensable avant toute projection sur le terrain.

Table des matières :
Chapitre I : Ces changements climatiques qui expliquent l’histoire
Chapitre II : Les populations du Sahel
Chapitre III : Le « feu de paille » almoravide premier jihad sahélo-saharien (XIe-XIIe)
Chapitre IV : La conquête de l’ouest sahélien par les Arabes et la mise des Berbères « sous l’étrier » (XVe-XVIIe)
Chapitre V : L’âge d’or des empires du Sahel (XIe-XVIe)
Chapitre VI : La conquête marocaine et l’émiettement politique de l’ouest sahélien.
Chapitre VII : La chevauchée guerrière des Peul (XVIIIe-XIXe)
Chapitre VIII : Le jihad de l’est sahélien et la conquête coloniale du Sahel central (XIXe)
Chapitre IX : Les guerres du Mali et du Niger (1962-2009)
Chapitre X : Les guerres du Soudan (1956-2011)
Chapitre XI : Les guerres du Tchad (1966-2019)
Chapitre XII : Les guerres du Nigeria (2002-2019)
Chapitre XIII : La nouvelle guerre du Mali et son extension régionale (2012-2019)
Conclusion : Réflexions sur le jihadisme sahélien

IMPORTANT : CE LIVRE EST UNIQUEMENT DISPONIBLE VIA L’AFRIQUE REELLE

Pour le commander :

https://bernardlugan.blogspot.com/2019/04/nouveau-livre-de-bernard-lugan-les.html

( 3 avril, 2019 )

Découvrir, lire, le numéro d’avril de Politique magazine et mieux : s’y abonner …

Au sommaire du numéro d’avril …

Éditorial : Clarifications.

Dossier – Dialogue et décalogue : l’Église en crise. 

France – Police : La proximité attendra.

Algérie : La solidarité dans la nécessité et l’hypocrisie. 

Etats-Unis : Simplifier pour dominer.

Et aussi dans ce numéro…  54 pages d’actualité et de culture.

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( 8 mars, 2019 )

Découvrir, lire, le numéro de mars de Politique magazine et pourquoi pas ? s’y abonner …

Au sommaire du numéro de mars …

Éditorial : Surveiller et punir.

Dossier – Le Grand Débat, la fabrique du consentement. 

France – Le gouvernement hypothèque-t-il notre or ?

Islam – Le pari de la réformation. 

Monde -  Brexit : la mollesse de l’accord dur.

Et aussi dans ce numéro…  54 pages d’actualité et de culture.

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( 15 février, 2019 )

Découvrir, lire, le numéro de février de Politique magazine et s’y abonner …

 

 

Au sommaire de ce nouveau numéro …

Éditorial : Une question de légitimité

Dossier – Justice : État des lieux. 

France – Immigration : des statistiques peu fiables 

Monde -  Aix-la-Chapelle : un traité réchauffé

               Chine : Les tentations maoïstes de Xi

Et aussi dans ce numéro…  54 pages d’actualité et de culture 

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