( 26 mai, 2018 )

L’Union européenne inquiète

 

Communiqué du Centre Royaliste d’Action française

 

Les urnes ayant parlé, les prétendues élites donnent de la voix : le peuple, une fois de plus, s’est trompé. Il ne croit pas aux bénéfices de la mondialisation, il méprise les vertus de l’immigration, il est insensible aux charmes des diktats technocratiques de Bruxelles. Bref, les Italiens sont des sots, des gueux et des méchants, comme les Hongrois qui ont réélu Orban, les Allemands qui ont voté AfD, etc. Le suffrage universel, nous fait-on savoir, est devenu un instrument imprévisible et dangereux qui laisse le peuple décider, alors que le peuple doit obéir à ses doux maîtres européens. Ces mêmes maîtres qui manifestent leur compétence, leur ténacité et leur volonté face aux attaques de Trump, à la concurrence chinoise, aux menaces d’Erdogan et ne conçoivent l’exercice du pouvoir que comme le déni constant de la volonté des peuples. La chose est d’une ironie constante, et ce déni permanent de la légitimité de votes régulièrement exprimés en faveur de partis autorisés, dit assez la valeur véritablement accordée au Peuple, à la Démocratie et à la Liberté par tous ceux qui ont pourtant en permanence ces grands mots à la bouche !

Il est bien trop tôt pour évaluer la pertinence du choix des Italiens, et nous ne pouvons en juger qu’en fonction de notre intérêt national français. Il est aussi trop tôt pour prédire l’échec ou le succès des politiques italiennes à venir, qui auront contre elles toute la puissance sans frein des technocrates de l’UE et des sectateurs européistes, qui ont montré avec la Grèce l’étendue de leur possible malfaisance. Le premier effet certain, pour la France, est qu’Emmanuel Macron, qui se rêve en refondateur d’une Europe encore plus méprisante des nations, est privé d’un allié. Le président français, à défaut de destin européen, va devoir se recentrer sur son pays et, au lieu de légiférer sur la vitesse des routes départementales, s’attaquer à ce qui constitue véritablement sa mission : le redressement national. Il est clair qu’il ne passe ni par la mondialisation, qu’il a constamment favorisée, ni par l’immigration, qu’il n’entend pas juguler, ni par la dissolution dans l’UE, qui est de plus en plus contestée par les Européens.

( 25 mai, 2018 )

Colloque Mai 68 et le Bien Commun

 

 

Ce samedi 12 mai à Paris, rue de la Croix-Nivert, se sont réunies plus de 400 personnes, en majorité des jeunes professionnels, étudiants et des lycéens, pour un colloque dont le thème, Mai 68 et le Bien commun cherchait à faire le bilan des événements dont nous commémorons le cinquantenaire cette année pour mieux dessiner les perspectives à venir en matière de Bien commun. Mai 68 a en effet participé, sinon comme événement fondateur, du moins comme événement amplificateur, du triomphe d’une modernité dont l’individualisme et l’hédonisme semblent aux antipodes de la notion même de Bien commun.

 

Non que celui-ci doive être synonyme de dolorisme ! Après l’introduction de François Marcilhac, qui a tenté d’établir les lignes de fracture, au plan politique, engendrées par Mai 68, un Mai qui fut d’ailleurs aussi multiple que contradictoire, une première table ronde a tenté de « Redéfinir le Bien commun : 50 ans à revisiter. » Elle fut animée par Philippe Mesnard, qui usa de sa verve habituelle, aussi enjouée que provocatrice, pour tirer la substantifique moelle de ce que nos invités avaient à dire. Stéphane Blanchonnet, le président du Comité directeur de l’Action française tenta de définir la notion de Bien commun à l’aune du nationalisme intégral, avant qu’Hilaire de Crémiers, directeur de Politique Magazine ne la resitue dans la perspective longue de notre philosophie politique, nourrie aux sources toujours vives de la philosophie grecque et de la théologie chrétienne. Thibault Isabel, rédacteur en chef de la revue Krisis, a quant à lui appelé toute la complexité de Mai 68, partagé non seulement entre mouvement étudiant et mouvement ouvrier, mais au sein même des diverses tendances (situationnistes, gauchistes, anarchistes, institutionnelles) qui tentaient d’exploiter les événements et de les inspirer, montrant que le Mai 68 le plus audacieux, le plus révolutionnaire, avait échoué. Quant au professeur Frédéric Rouvillois, il traduisit le mouvement dans une perspective plus politique, axée sur la recherche de l’articulation entre institutions et Bien commun.

Colloque du 12 mai 2018 : Mai 68 et le Bien Commun - Première table ronde
Le grand entretien nous a permis d’écouter un grand témoin des événements de l’époque, Gérard Leclerc qui, en mai 68, était un grand espoir de la Restauration nationale. C’est donc du côté maurrassien et monarchiste que Gérard Leclerc vécut les événements, en véritable acteur car il n’hésita pas à aller porter la polémique dans les Assemblées générales, pour donner une autre signification à des événements dont il percevait, également sous l’influence de Maurice Clavel, la portée symbolique dans la crise du Père qu’ils révélaient. Une méditation que son livre, qui vient de paraître aux éditions Salvator, et au titre clavélien, Sous les pavés l’Esprit, permet d’approfondir.

Colloque du 12 mai 2018 : Mai 68 et le Bien Commun - Gérard Leclerc s'entretient avec Philippe Mesnard
Ce fut ensuite le moment d’écouter de jeunes cadres d’Action française livrer au public les fruits de six chantiers primordiaux pour dessiner l’avenir du Bien commun. Six chantiers urgents pour repenser le territoire, sa survie ou son aménagement. La bioéthique, par Luc Compain, l’écologie, par Antoine Berth, l’éducation, par Madeleine Horen, l’immigration, par Louis Orso Trémolet, l’industrie, par Ronan Besset et la justice, par Charles Laroche : tels sont en effet les grands sujets sur lesquels il convient à des nationalistes français même intégraux, surtout intégraux, de plancher pour ne pas les laisser à l’Union européenne et à l’oligarchie internationale. Les pistes sont prometteuses, car audacieuses : il convient en effet de rompre avec le fatalisme d’un tout-Européen qui ne laisse au pays réel que ses yeux pour pleurer les effets de politiques décidées sans lui. Nous devons recouvrer notre pouvoir de décision en toutes ces matières où se joue notre existence.

 

Une seconde table ronde, toujours animée par Philippe Mesnard, a réuni Jean-Philippe Chauvin, royaliste indépendant et spécialiste de l’écologie, Jacques de Guillebon, rédacteur en chef du mensuel L’Incorrect, Gabriel Robin, juriste et membre, aussi, de l’équipe de L’Incorrect et le professeur Charles Saint-Prot, directeur de l’Observatoire d’études géopolitiques, islamologue, autour des grands thèmes  à réinvestir pour redéfinir les fondements même de la notion de Bien commun : l’écologie intégrale, dont seul le Roi pourrait être le garant indépendant (Jean-Philippe Chauvin), la culture, qu’il convient de débarrasser définitivement de l’héritage soixante-huitard (Jacques de Guillebon), la perspective à long terme d’un Bien commun dépassant les fragmentations communautaristes tout en sauvant les communautés réelles (Gabriel Robin) et, bien sûr, la nation, qui doit recouvrer sa prééminence, la patrie étant au temporel, le bien le plus précieux (Charles Saint-Prot).

Colloque du 12 mai 2018 : Mai 68 et le Bien Commun - Seconde table ronde
C’est alors que notre Secrétaire général, François Bel-Ker put, dans une intervention particulièrement brillante où il replaça Mai 68, ses conséquences et notre combat pour le Bien commun dans une perspective anthropologique — intervention à laquelle nous renvoyons —, donner à ce colloque sa conclusion, non sans inviter les participants, notamment les plus jeunes d’entre eux, à poursuivre la lutte en s’inscrivant d’ores et déjà au prochain camp Maxime Réal del Sarte, qui aura lieu, au Château d’Ailly, des 19 au 26 août prochain. Le thème ? 150 nuances de Maurras !

Mais ils se retrouvaient déjà, à plus de 600, le lendemain pour le traditionnel défilé à la mémoire de Jeanne d’Arc.

( 20 mai, 2018 )

Histoire & Actualité • Hilaire de Crémiers : « Mai 68, c’est l’irrespect, dans tous les domaines. »

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Entretien avec Hilaire de Crémiers directeur de Politique magazine et de La nouvelle Revue Universelle. Propos recueillis Par Philippe Ménard

Hilaire de Crémiers, vous avez participé aux événements de Mai 68 dans une position bien spécifique : étudiant royaliste. Quelles étaient vos fonctions à l’époque ?

Je m’occupais des cercles d’étude, des camps d’été… J’étais secrétaire général des étudiants d’Action française – ou quelque chose d’équivalent. C’était une époque de renouveau : nous avions des groupes structurés, avec des gens brillants, dans toutes les grandes villes universitaires, comme Lille, dont Jean-Pierre Dickès était l’animateur, Toulouse, Nantes, Aix et Marseille, Nanterre, avec Bernard Lugan, qui était auparavant responsable du lycée de Saint-Cloud. Il était membre de la Restauration nationale étudiante. Nous tenions des congrès et des conférences d’étudiants royalistes qui regroupaient des centaines de jeunes. Nous avions nos propres publications, comme Amitiés Françaises universitaires, que nous appelions AFU, et nous essayions de créer des dossiers d’Action française, des DAF ! Sur tous les sujets, Monarchie, Décentralisation, Enseignement et universités…

Mai 68 va arriver, vous sentez monter la tension… Comment les royalistes considèrent-ils alors cette effervescence ?

Aujourd’hui, on parle moins des royalistes que des gens d’Occident, qui se contentaient souvent d’un fascisme sans rigueur intellectuelle ; ils nous accusaient justement de maintenir les normes d’une sagesse politique dans notre réflexion, en raison de ce qu’ils appelaient notre « maurrassisme ». Ces groupuscules vivaient dans l’agitation. Ils se battaient, certes, mais nous aussi, et presque toutes les semaines, contre les étudiants communistes, les trotskystes, les maoïstes. Nous nous battions à la Sorbonne, à l’Odéon, à Saint-Lazare, bien avant les barricades – et souvent à un contre cinquante, car les communistes n’attaquaient qu’avec la certitude du nombre. Nous nous battions avec les Krivine, les Goldman. Cela pouvait se terminer à l’hôpital comme au poste de police. Les étudiants communistes ou déjà « gauchistes », sous la banderole de l’UNEF, tenaient les universités, la Sorbonne notamment. Ils avaient obtenu des espaces où ils pouvaient se réunir. L’administration apeurée leur était bienveillante. Il m’arrivait d’aller vers eux, fleur de lys à la boutonnière, pour leur proposer de discuter plutôt que de se battre. J’ai eu des discussions invraisemblables avec des trotskistes et des althussériens, à Normale Sup’, où nous avions un petit groupe. Spinoza, Kant, Hegel, Marx, Lénine… Nous connaissions leurs auteurs ; je lisais du Marcuse à la bibliothèque de la rue Croix-des-Petits-Champs, mais eux ne lisaient pas « nos » auteurs. C’est toujours la même chose. Les mêmes récitent le même catéchisme indéfiniment ! Il semblerait qu’aujourd’hui il y ait une jeunesse qui serait prête à s’ouvrir l’esprit. Tant mieux !

L’agitation précédait donc largement Mai 68. Quand cela a-t-il commencé ?

C’est 1961-1962 qui est le vrai départ des événements de Mai 68, pas 1965-1967, comme il est dit aujourd’hui. J’ai bien vécu cette période, ayant fait de la détention administrative en 1962, puis ayant été assigné à résidence. Je faisais en même temps mes études de droit et de lettres. C’est à ce moment que la gauche s’est littéralement emparée des lycées et des facultés et que le gaullisme a laissé la porte ouverte à la gauche, car la gauche l’avait soutenu dans l’abandon de l’Algérie. Nous, les royalistes d’Action française, étions alors en métropole les seuls opposants à un tel abandon, les seuls qui avions protesté non seulement contre l’abandon de la communauté française en Algérie, mais encore plus contre l’abandon des musulmans fidèles à la France. Il y avait une solution à trouver autre que le bradage honteux et qui n’a fait que repousser le problème ! Tout le monde en paie le prix aujourd’hui. Il y avait aussi la Cité catholique qui partageait la même manière de voir. J’ai assisté de l’intérieur au délitement des universités, de l’enseignement même et de la culture d’une manière générale parce que le gaullisme a systématiquement laissé la place à une gauche culturelle avant la lettre qui, en même temps, de marxiste-léniniste est devenue maoïste, spontanéiste – on parlait de « mao-spontex » –, lambertiste ou anarchiste, conséquence de l’abandon de toutes les idées de nation, d’ordre, de tradition, d’honneur, de beauté. Les professeurs étaient encore des gens remarquables, mais ils avaient déjà, en partie, abandonné leurs toges et leur autorité. Avant les cours magistraux, en Sorbonne, pendant un quart d’heure, une bande de zigotos prenaient la parole et faisaient passer leurs idées et leurs consignes. Ils tenaient l’Université. C’étaient des « professionnels de l’agitation », comme dit Macron : Krivine n’étudiait pas, il passait d’amphi en amphi pour semer l’agitation ; et l’agitation montait. J’avais écrit, alors, des articles, plusieurs mois avant Mai 68, pour signaler cette montée que nous percevions, que nous vivions, et qui allait déboucher sur un phénomène de masse. Cohn-Bendit et sa bande se sont aperçus qu’ils pouvaient faire n’importe quoi sans que jamais l’autorité leur réponde de façon cohérente : il n’y avait plus de respect. L’événement originel de Nanterre est caractéristique. Le mouvement du 22 mars est dans la logique du temps. Mai 68, c’est l’irrespect, dans tous les domaines. La libération sexuelle n’était que le refus de respecter la féminité : concrètement, dans les campus, ce n’était que la liberté de coucher. La pilule était libératrice d’abord pour le mâle ! La voyoucratie bourgeoise a pris le pouvoir dans les facultés avant d’essayer de le prendre dans la société. Et dans cette prise de pouvoir, dans cette dégradation de l’autorité, l’affaire de l’Algérie et l’évolution de l’Église, après Vatican Il, ont eu leur importance. Le christianisme de gauche a incontestablement joué un rôle déterminant dans l’évolution de la société, après la guerre, et tout spécialement après 1962. Les jeunes chrétiens gauchardisés par leurs aumôniers sont devenus les militants de la Révolution avant de devenir les cadres du parti socialiste !

Mai 68 arrive, encouragé par un pouvoir qui a accepté d’être fragile dans les facultés, alors qu’il avait su montrer ailleurs sa dureté. À ce moment-là, les royalistes se sont-ils dit que la République pouvait vaciller, qu’il y aurait quelque bénéfice à retirer de cette agitation marxiste ?

C’est une réflexion qui s’est faite au cours des événements. Ce sont les royalistes qui ont eu l’idée des contre-manifestations. Après la manifestation des gauchards qui étaient allés à l’Arc de Triomphe chanter l’Internationale et pisser sur la tombe du Soldat inconnu, nous avons pris la décision, en discutant avec les responsables du mouvement d’Action française de l’époque, Bernard Mallet, président des comités directeurs, et Pierre Juhel, secrétaire général de la Restauration Nationale, d’organiser des contre-manifestations. Et ça a tout de suite pris de l’ampleur : nous avons défilé tous les jours pendant huit jours, passant de 800 à 40 000 personnes sans difficulté. Mais les gens du SAC essayaient alors de prendre en main la manifestation – ils voulaient la récupérer –, ce qui n’était pas du tout dans nos objectifs ! Le SAC tentait d’entraîner la contre-manifestation sur la rive gauche pour créer des heurts frontaux. Mais je répondais aux policiers qui venaient, en quelque sorte, s’informer, et même plus que s’informer, car il n’y avait plus rien, que nous n’étions pas de la chair à canon, que nous n’allions pas jouer le jeu des barricades. L’idée est alors venue, vers la mi-mai, d’aller faire le tour systématique des lycées et des facultés, y compris les plus rouges, pour aller porter la contradiction dans un climat surréaliste de grève générale, de barricades et d’Odéon occupé ! J’ai, personnellement, fait le tour de la périphérie communiste de Paris, et de quelques lycées parisiens les plus rouges. Devant des salles de classe bondées, il était amusant d’expliquer que le totalitarisme universitaire contre lequel les émeutiers prétendaient lutter, avait été inventé par la République !

Les étudiants manifestent avant l'intervention de la police au carrefour du boulevard Saint-Michel et du boulevard Saint-Germain, à Cluny, avec pour leader Alain Krivine des Jeunesses Communistes Révolutionnaires. On remarquera le caractère très bourgeois de ces manifestants. Politique magazine

Les étudiants manifestent avant l’intervention de la police au carrefour du boulevard Saint-Michel et du boulevard Saint-Germain, à Cluny, avec pour leader Alain Krivine des Jeunesses Communistes Révolutionnaires. On remarquera le caractère très bourgeois de ces manifestants.

Nous manifestions contre le désordre et en même temps nous commencions à apporter une réponse au questionnement légitime d’une partie du public. Et nous avons installé nos propres présentoirs, avec notre presse, à côté de Clarté, le journal de l’Union des étudiants communistes, et de L’Humanité. À partir du moment où nous nous sommes installés, tout le monde a accouru, gaullistes, giscardiens en tête ! Nous avions ouvert la voie ; il avait fallu se battre un peu. Nous étions assez nombreux pour nous imposer, à Paris comme en province. Nous avions une imprimerie en banlieue où nous allions la nuit, tous feux éteints, faire tirer nos journaux, Aspects de la France et AFU. Nous étions toute une bande ; il y avait Gérard Leclerc, Jean-Pierre Dickès et bien d’autres. Nous écrivions le journal, le portions à l’imprimerie, le tirions à des milliers d’exemplaires et le rapportions en passant les chicanes de la CGT. Comme il n’y avait plus de presse et que, seules, deux radios fonctionnaient, les ventes à l’Opéra, à Saint-Lazare, explosaient ! Au lieu de vendre difficilement en faisant le coup de poing, un numéro partait à la seconde ! Je descendais en voiture à Lyon, les gens de Marseille montaient, on faisait la même chose à l’Ouest, Poitiers – Bordeaux – Toulouse, et le journal était distribué dans toute la France. Aspects de la France est le seul journal qui a paru pendant trois semaines, en alternance avec AFU. Mais tout était flou… Les gaullistes achetaient les révolutionnaires, Chirac se promenait avec un revolver et des valises de billets, De Gaulle allait consulter à Baden-Baden, nous faisions le tour des lycées et des facultés, nous chahutions Duverger et les profs bourgeois qui jouaient les émeutiers, on s’amusait beaucoup. C’était formidable, mais où menions-nous ces étudiants qui nous suivaient ? … Nous ne le savions pas. Et c’était une pensée lancinante et terrible. Tout le monde agité ne pensait en fait qu’au pouvoir à prendre et ils se sont arrangés pour s’y faire leur place, presque tous ! Devenus eux-mêmes ce qu’ils étaient censés renverser ! Et je peux vous dire que beaucoup d’argent a circulé. Jamais pour nous évidemment, toujours pour les gauchards et les sbires du gouvernement.

Vous existez : du coup ceux qui avaient peur de réagir s’enhardissent et vous confisquent la réaction. Comment vivez-vous ce moment où tout s’échappe ?

Douloureusement. Le milieu royaliste était en train de se fracturer entre partisans de l’ordre et partisans du chambardement. J’imposais à mon niveau une direction mais c’était fragile. Je devinais ce qu’il fallait faire mais nous n’en avions pas les moyens. Pompidou s’en est tiré après les accords de Grenelle ; De Gaulle est revenu, mais il avait, malgré les apparences, perdu la partie : un an plus tard, il sera contraint de partir, et pourtant sur une de ses meilleures propositions de réformes. La gauche a misérablement tenté de reprendre le pouvoir au stade Charlety. Le Parti communiste et la CGT ne voulaient pas aller au-delà de ce que Moscou souhaitait – et l’URSS voulait maintenir De Gaulle, personnalité « de droite » qui avait une politique internationale dite « de gauche », mais nous ne savions pas jusqu’à quel point. Nous avons eu le sentiment, d’une certaine manière, d’avoir été manipulés puisque notre contre-révolution avait servi le pouvoir républicain qui s’était ressaisi. Nous avons fait un camp, à l’été 68, très suivi. Mais la société avait changé. Les événements relevaient à la fois d’une mascarade bourgeoise et d’un bouleversement en profondeur, et nous n’avions pas la capacité de mener à son terme la dynamique que nous avions lancée. À la Mutualité, 2000 étudiants criaient « Vive le Roi », mais à quoi bon, si l’État, l’Église, la société se reconstituaient sur un pacte de consolidation républicaine où le désordre sert finalement l’ordre établi et où l’ordre établi ne cesse d’alimenter le désordre. La loi Edgar Faure en fut l’expression la plus évidente.

Mgr Marty avait déclaré dans un mandement que Dieu n’était pas « conservateur » ! La formule aurait pu être comprise intelligemment. Ce ne fut pas le cas. Etait-ce possible ? On ne peut imaginer la sottise de l’époque. Nous avions établi, avec quelques étudiants, une sorte de PC à l’Institut catholique, mais de l’autre côté de la cloison, nous entendions de jeunes séminaristes qui allaient sur les barricades… C’était assez désespérant ! Je pense, aujourd’hui, qu’il y avait là un vrai combat. Mais ce qui est sûr, c’est que, pour réussir, il faut préparer les forces suffisamment à l’avance de façon que les réactions nationales ne soient pas que des coups de chaud ! Indéfiniment récupérés par les aventuriers de la politique.  ■

Hilaire de Crémiers

( 7 mai, 2018 )

Paris 15 mai, Gérard Leclerc parlera de Mai 68 aux Mardis de Politique magazine, une soirée à ne pas rater !

 

Rendez-vous à partir de 19 h 00 - Conférence à 19 h 30 précises
Participation aux frais : 10 euros -  Etudiants et chômeurs : 5 euros

Salle Messiaen, 3 rue de la Trinité  Paris 9° - Métro La Trinité, Saint-Lazare

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Renseignements : Politique magazine, 1 rue de Courcelles Paris 8° – T. 01 42 57 43 22

( 23 avril, 2018 )

Un colloque maintenu malgré l’ultra-gauche …

 

lu sur « lafautearousseau »

 

 

2293089609.14.jpgNous retrouverons  dès demain la grande actualité, l’actualité politique. Nous aurons le temps d’en traiter. Nous revenons ce lundi sur notre colloque de ce dernier samedi à Marseille. 

Colloque que la gauche et l’ultra-gauche radicale prétendaient interdire par la menace ou par la force dont ils sont des habitués, et le faire annuler. Ce qui ne s’est pas produit.

Nous retraçons plus loin ces circonstances assez particulières et mouvementées parce qu’elles disent  la situation de notre pays ; de notre société.

Ce ne sont pas seulement les organisateurs du colloque, mais aussi les participants, qui ont dû s’organiser – ils l’ont fait de grand coeur – pour faire face à une situation qui a quelque chose à voir avec ce qu’en France on a appelé la Terreur, car la chose et le mot ont été inventés par et dans notre pays autour de 1793.

Ce qu’a été ce brillant colloque heureusement maintenu, ce qu’est sa teneur, nous ne le dirons pas ici car une vidéo que nous mettrons en ligne assez vite et plus tard des actes seront bientôt disponibles.

Disons seulement que ce colloque a été studieux, érudit et brillant. Joyeux aussi, parce que maintenu. Et parce que les équipes de jeunes ont su le prolonger au moment des repas – de midi et du soir – en organisant avec talent et avec dévouement de somptueux buffets où la discussion et l’amitié furent à l’honneur.

De beaux moments d’unité maurrassienne dans toute sa profondeur. Il faut en remercier les organisateurs et  les intervenants*.

« J’ai mes livres, j’ai mes disciples, j’ai l’avenir devant moi » avait lancé Maurras à ses indignes accusateurs de Lyon…  

* Hilaire de Crémiers, Christian Franchet d’Espèrey, Stéphane Blanchonnet, Jean-Philippe Chauvin, Jean-Baptiste Donnier, Bernard Pascaud, Gérard Leclerc et Jacques Trémolet de Villers.

( 21 avril, 2018 )

Colloque : Mai 68 et le Bien Commun – 12 MAI 2018 à PARIS

 

 

Colloque Mai 68 et le Bien Commun

 

Mai 68 et le Bien Commun

utopies, échecs et perspectives

 

DE 14 H A 18 H

5 rue de la Croix Nivert

75015 – PARIS

 

Mai 68, c’est la volonté utopique de tout recommencer à zéro, avec comme conséquences ironiques l’enterrement du marxisme et l’exaltation du consumérisme. L’utopie a accouché Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron, et la gueule de bois dure depuis 50 ans. Les révolutionnaires travaillent le dimanche dans les supermarchés tout en rêvant de GPA.

Mais Mai 68, c’est aussi l’idée d’un bien commun à tous, d’une société à refonder totalement. L’intuition était juste, les chemins désastreux : n’est-il pas temps de retrouver l’intuition et de sortir le politique de l’ornière de l’économique, de faire en sorte que la société ne soit plus une machine à jouir et donc à asservir ?

Programme

  1. Redéfinir le Bien Commun : 50 ans à revisiter
  2. Internationalismes, nations et populismes
  3. Mai 2018 : 6 chantiers, 6 [contre] révolutions
  4. Réinventer demain

Avec :

Stéphane Blanchonnet

Hilaire de Crémiers

Jacques de Guillebon

Thibault Isabel

Gérard Leclerc

Frédéric Rouvillois

 

Librairie de Flore

Le stand de la Librairie de Flore vous proposera une réduction de 10% pour tout achat, sur présentation de votre carte d’adhérent 2018.

Tarifs

Pour assister au colloque : 10 euros

Pour assister au colloque et au banquet qui suivra : 25 euros

( 21 avril, 2018 )

Décidément, le « Colloque Maurras » d’aujourd’hui à Marseille fait le buzz ! Mais avec des sommets de sectarisme et de désinformation !

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

 

Des « indignations » peu nombreuses mais véhémentes, accusatrices, et en un sens liberticides, souvent assorties, même, de diverses menaces de violences physiques, se sont exprimées ici et là sur le fait qu’un Colloque Maurras doit se tenir aujourd’hui à Marseille.

L’affaire a été largement amplifiée par les médias qui ont parlé de Marseille comme d’une ville « indignée », prenant le sectarisme de quelques-uns pour le souci de toute une ville. Version évidemment ridicule ! Qui fait seulement le jeu des protestataires de l’ultra-gauche, soudainement transmués en indignés. relayés par le sulfureux Médiapart.  Quant à leur vision de Charles Maurras, elle est faite le plus généralement de simple méconnaissance, qui les amène à reprendre de purs clichés, et parfois faite de haine ou de rancoeurs anciennes, idéologiques ou communautaristes.

Vendredi matin, à 7 h 30, France Inter a même ouvert son flash d’information de 7 h 30 sur ce sujet. Nous mettons leur reportage en ligne, ci-dessous, pour que chacun puisse en prendre connaissance.  C’est, en effet, un sommet de sectarisme et de désinformation !

Mais c’est confirmé : le colloque « Charles Maurras, l’homme de la politique » aura bien lieu aujourd’hui, samedi 21 avril. 

A la une de France Inter hier matin au flash infos de 7h30 :  
« Indignation à Marseille où l’Action Française organise un colloque sur Charles Maurras dans un couvent dominicain »

 

( 7 avril, 2018 )

Paris 10 avril, Hilaire de Crémiers parlera de Charles Maurras aux Mardis de Politique magazine, une soirée à ne pas rater !

CHARLES MAURRAS
En son mystère et son actualité
par
Hilaire de CREMIERS
Directeur de Politique Magazine et de La Nouvelle Revue Universelle

Rendez-vous à partir de 19 h 00 - Conférence à 19 h 30 précises
Participation aux frais : 10 euros -  Etudiants et chômeurs : 5 euros

Salle Messiaen, 3 rue de la Trinité  Paris 9° - Métro La Trinité, Saint-Lazare

sans-titre pm.png

Renseignements : Politique magazine, 1 rue de Courcelles Paris 8° – T. 01 42 57 43 22

( 5 avril, 2018 )

Rosaire pour la France à ARS SUR MOSELLE

 

On nous prie de porter à votre connaissance :

 

 

Rosaire pour la France à ARS SUR MOSELLE dans informations royalistes

( 5 avril, 2018 )

Le terrorisme islamiste a encore frappé

 

 

Communiqué du CRAF

 

« Les nations ont besoin de héros et de saints
comme la pâte a besoin de levain. »
Gustave Thibon

Le terrorisme islamiste a encore frappé en France, faisant quatre morts, vendredi à Carcassonne et à Trèbes, dans l’Aude. Une nouvelle fois, c’est un immigré naturalisé qui a commis les assassinats. Une nouvelle fois, il s’agissait d’un voyou déjà puni pour de graves actes de délinquance. Une nouvelle fois, il était connu pour sa radicalisation. Une nouvelle fois, nos services de renseignement avaient fait leur travail mais une nouvelle fois l’Etat a laissé agir en toute tranquillité cette racaille, comme il l’a déjà fait et comme, malheureusement, il le fera encore, puisqu’il refuse de prendre toute mesure d’éloignement, d’enfermement ou de déchéance de la nationalité à l’encontre de ceux qui n’abusent de notre hospitalité que pour témoigner leur haine à l’égard de la France.

Toutes les victimes de vendredi ont droit à un égal respect. Mais la mort du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame fait de celui-ci un martyr, puisque, prenant la place d’une otage en connaissant parfaitement les risques qu’il encourait, il a témoigné jusqu’au sacrifice suprême de son engagement militaire au service de ses compatriotes.

Un hommage national devrait lui être rendu la semaine prochaine : qu’il nous soit d’ores et déjà permis de dire qu’en refusant de désigner l’islamisme et en se contentant d’évoquer des « attentats terroristes », Macron emprunte la même voie que son prédécesseur Hollande, qui est celle de la lâcheté et de l’aveuglement devant l’ennemi et que ce sont précisément cette lâcheté et cet aveuglement qui contraignent ensuite à l’abnégation les meilleurs Français. Il est vrai que la République sait leur faire de belles funérailles. Elle les traite mieux morts que vivants. Il en sera ainsi tant qu’elle continuera d’ignorer l’identité de l’ennemi et refusera de l’affronter également sur notre sol en y mettant tous les moyens que l’état de guerre exige.

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