( 24 mai, 2018 )

Pourquoi l’Action Française voulait une alliance avec l’Italie de Mussolini… Un commentaire à lire.

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Ceux qui hurlent si volontiers, et si hypocritement, contre le fâchisme oublient volontairement – ou alors ils l’ignorent – que Mussolini était un homme de gauche, venu du parti socialiste, et qu’une idéologie totalitaire, quelle qu’elle soit, n’est jamais pour nous, par définition, qu’une théorie intellectuelle et abstraite ; et donc forcément en opposition avec les réalités concrètes et charnelles, héritées de l’Histoire, dont nous partons toujours. […]

Aucun accord possible, donc, dans le domaine des idées, entre un totalitarisme (ici le fascisme italien) et le « royalisme » venu du fond des âges et « prouvé par l’histoire » que propose l’Action française ; comme le montre bien Léon Daudet dans le court passage que je vous propose plus bas.

Ceci étant, et pour en revenir au contexte des années 35, la guerre venant, il fallait chercher des alliés contre la puissance allemande qu’un Pays légal républicain criminel, sabotant la victoire si chèrement acquise en 1918, avait laissé se reconstituer.

Or, Mussolini, malgré ses bravades et fanfaronnades effectivement, parfois, ridicules, pouvait parfaitement – avec toutes les réserves et les reproches que l’on pouvait par ailleurs lui faire sur le plan doctrinal – être « fréquenté » pour créer un large front d’opposition à un Hitler sans cesse plus agressif : n’est-ce pas Mussolini qui s’opposa à Hitler, et le fit reculer, en mobilisant ses troupes sur le Brenner en 1935 ? Hitler venait de faire assassiner le chancelier Dollfuss, en vue de l’annexion de l’Autriche, l’Anschluss.

Le 25 juillet, lorsque Mussolini envoya ses deux divisions sur le Brenner, Hitler recula.

C’est dans cet esprit que l’Action française souhaitait que l’on s’alliât avec Mussolini : évidemment pas par affinité ou par proximité idéologique, mais uniquement par pur intérêt stratégique, immédiat et pressant.

Dans la même optique que François Premier s’alliant avec le Grand Turc après sa déroute de Pavie, au moment où il semblait que Charles Quint et les Habsbourgs allaient écraser la France : il est bien évident qu’en s’alliant avec le Grand Turc […] François premier ne songeait nullement à se convertir lui-même à l’Islam, ni à faire de la France une nation musulmane et à la couvrir de mosquées ! […]

Mutatis mutandis, c’est dans le même esprit que l’Action française envisageait les choses, vis-à-vis de Mussolini, juste avant la guerre : il nous fallait des alliés, fussent-ils, par ailleurs, loin de nous « idéologiquement » : la République préféra, justement pour des raisons idéologiques, jeter finalement Mussolini dans les bras d’Hitler, alors qu’il avait commencé par le combattre ! […]

De Léon Daudet, dans « Député de Paris », pages 176-177 :

« La méconnaissance de l’immense mouvement qu’est le fascisme italien, de ses racines dans le passé, de son animateur, comptera comme une des grandes bévues de la République finissante française.

Nous sommes séparés du fascisme par l’immense fossé de la religion d’Etat – religion politique, s’entend – dont nous a dispensés le régime le plus souple et le plus évolué de l’Histoire, la monarchie française.

Nous ne croyons pas, organiquement parlant, à la congestion indéfinie du centre, avec anémie consécutive de la périphérie, ou plutôt nous connaissons les dangers de cette forme du jacobinisme et de la politique du poulpe.
Une des raisons décisives qui m’ont amené à Maurras, c’est sa formule de décentralisation administrative, si décongestionnante et si claire, dont nous n’avons cessé de nous émerveiller, ma femme et moi, depuis les inoubliables articles de la Gazette de France, de 1902 à 1908. 

Ce que je redoute dans le Syllanisme fasciste, par ailleurs séduisant, c’est la décompression presque fatale d’un tel système, le jour de la disparition de son chef, comme il arriva précisément pour Sylla. 

A la centralisation étatiste, même louis-quatorzienne, il faut la main d’un homme de génie. 

S’il s’en va, on risque le jacobinisme ou l’anarchie, ou un fléau dans le genre de Bonaparte, mêlé d’étatisme et d’insanité.

Je m’excuse de ces considérations qui, touchant à la politique italienne, aujourd’hui rapprochée de l’Allemagne par notre faute, peuvent sembler accessoires. »

Il est souvent intéressant et instructif – et, parfois, presque amusant, comme ici – de rapprocher des textes émanant de personnes que tout oppose : ainsi, après avoir lu ce passage de Daudet, peut-on trouver matière à réflexion dans … « Le Populaire » du 25 octobre 1934, où Léon Blum écrit ceci :

Blum.jpg« Quand on place avant tout autre l’intérêt de la stabilité gouvernementale, on est monarchiste.

On l’est consciemment ou inconsciemment, en le sachant ou sans le savoir, mais on l’est ! Seule la monarchie est stable par essence, et encore la monarchie totale, où le roi gouverne en même temps qu’il règne. 
Les dictatures fascistes ne sont pas stables ; même si le dictateur évite les cataclysmes analogues à ceux qui l’ont porté au pouvoir, il reste une cause d’instabilité majeure qu’il ne peut éluder : sa succession
. »

François Davin

( 23 avril, 2018 )

L’histoire oubliée…

 

 

 

Une reine de légende

J’avoue avoir une réelle admiration pour quelques grandes figures féminines de notre histoire (je pourrai vous en dresser une belle liste, si vous le souhaitez). Dans mon Panthéon féminin, Jeanne d’Arc (1412-1431) est pour moi à la première place. J’admire également Marie Stuart (1542-1587) reine d’Ecosse, fille de l’admirable Marie de Lorraine, Alberte Barbe d’Ernécourt, dame de Saint-Balsmont (1607-1660), Caroline Aigle (1994-2007) et même Damya, reine des Aurès, incarnation de la résistance Berbère face à l’islamisation forcée. Chez nous, une reine de légende, mérite pourtant de ne pas être oubliée. Il s’agit de Brunehaut, reine d’Austrasie. Evoquons donc son souvenir en ces pages.

 

Les Temps Mérovingiens

L’histoire du royaume d’Austrasie est hélas très mal connue des Lorrains en général. C’est dommage !

Notre pays est le berceau de la famille Carolingienne ; mais avant l’accession au pouvoir des maires du palais, le royaume d’Austrasie était sous le sceptre des rois mérovingiens. L’Austrasie a particulièrement rayonné d’un bel éclat de 511 à 741 depuis sa capitale messine où la cour royale était installée.

Du temps où l’on apprenait encore l’histoire à l’école, on avait retenu de cette époque la rivalité sanglante qui opposait les reines Brunehaut et Frédégonde. Le roi Dagobert, n’est pas oublié et saint Sigisbert est toujours honoré. Le dernier roi mérovingien est son fils Dagobert II, assassiné en 679, au cours d’une chasse en forêt de Stenay. On sait que les maires du palais se sont alors octroyé le pouvoir et que Pépin-le-Bref a occupé la place du dernier roi mérovingien assassiné.

 

L’Austrasie

On a donné récemment le nom de Grand Est à un ensemble de régions différentes. Le nom d’Austrasie aurait pu être choisi, car il signifie Royaume de l’Est. Ses trois principales et importantes villes étaient Reims, Trèves et, entre les deux, à égale distance, se situait la ville de Metz, où se tenait « La Cour d’Or ».   Sigebert régnait sur l’Austrasie depuis 561. Cinq années s’étaient écoulées depuis son avènement à la royauté. Il résolut alors de se choisir une épouse digne de son rang.

 

Reine des Austrasiens

La plus jeune des filles du roi Wisigoth Athanagild fut choisie, elle avait dix-neuf ans. Grégoire de Tours la décrit dans son Historia Francorum : « La jeune vierge avait de la noblesse dans ses actions ; elle était belle à voir ; ses manières respiraient la politesse et la grâce ; elle était bonne pour le conseil, et ses discours charmaient ». La jeune fille avait reçu à Tolède une éducation toute romaine.

Dans son palais de Metz, Sigebert fit préparer un festin magnifique auquel étaient invité tous les grands du royaume. Le poète Venance Fortunat récita à la table nuptiale ses poèmes vantant les hautes qualités et la valeur de Sigebert, ainsi que l’esprit, la beauté et la haute naissance de Brunehaut.

Sigebert et son épouse, Brunehaut toute imprégnée des lois romaine, s’accordèrent pour gouverner l’Austrasie. La reine fit réparer et entretenir les anciennes voies romaines et en ouvrit de nouvelles ; elle fit construire des ponts sur les rivières, fit élever des tours à l’imitation des forteresses pour la défense des frontières (le nom de Brunehaut est resté à la tour du château de Vaudémont). La reine rétablit l’ancien système des postes romaines, avec leurs relais de chevaux et leurs gîtes. Elle fit réparer et entretenir les monuments d’utilité publique, comme les fontaines.

La cour d’Austrasie était brillante. La reine lui donnait un grand éclat par l’élégance et la dignité de ses manières, par la politesse du langage, par la noblesse et la magnificence de l’accueil préparé à ceux que les intérêts publics ou l’amitié y conduisaient chaque jour. Le palais de Metz présentait aux yeux un mouvement continuel et plein de grandeur.

Sigebert fut assassiné en 575, la reine Brunehaut lui survécu au milieu de mille péripéties jusqu’en 613. Elle gouvernât l’Austrasie au nom de son fils Childebert, en attendant le moment où l’âge lui donnerait le pouvoir de commander lui-même.

Il y a toute une partie de vie qui relate la haine de Frédégonde (qui fit assassiner Sigebert) à l’encontre de Brunehaut. Cette haine s’était transmise tout entière dans l’âme de son fils Clotaire II qui réussit à s’emparer de Brunehaut. Il la condamna à trois jours de supplice, la fit promenée sur un chameau tout autour de son armée, puis on attacha la reine par les cheveux et une main à la queue d’un cheval fougueux et indompté. Le cheval fut lancé au grand galop. Tous les membres de Brunehaut furent déchirés sous les pieds de l’animal qui la traîna dans une couse violente sur les chemins empierrés.

 

Ainsi mourut à l’âge de soixante-six ans une reine célèbre, fille, épouse et mère de rois. Le prestige de sa naissance, de son esprit et de sa beauté avait répandu d’éclat autour d’elle, lorsque Sigebert Ier l’avait fait asseoir sur l’un des trônes les plus glorieux de la Gaule Franque. Sa vie se termine ainsi de triste façon.

Sous le règne de Brunehaut et grâce à elle, la Neustrie a bien failli être réunie à l’Austrasie. La reine avait même songé à faire de Paris la capitale du royaume mérovingien. (L’unité française aurait donc pu débuter dès cette époque).

Un livre reste à faire sur cette reine mérovingienne de légende.

Jean-Marie CUNY

 

Réf.

Voir principalement :

Huguenin (Alexandre) Histoire du royaume mérovingien d’Austrasie. Cet ouvrage publié en 1862 et a été réédité en 2011 aux éditions des Paraiges (365 pages).

( 9 avril, 2018 )

Les royalistes en Mai 68. Partie 3 : L’Action Française contre les « Vietniks ».

 

Lu sur le blog de Jean-Philippe Chauvin

 

La guerre du Vietnam et l’intervention des troupes états-uniennes du côté du Sud-Vietnam pro-occidental déclenchent dès 1965 un vent de contestation aux États-Unis mêmes, vent qui souffle bientôt en tempête sur tous les pays du « camp capitaliste » et particulièrement sur les campus, désormais de plus en plus vastes et ouverts aux nouvelles classes montantes des sociétés démocratiques. Le mouvement étudiant SDS (Students for a Democratic Society), à l’origine de la première manifestation américaine contre la politique interventionniste des États-Unis au Vietnam, fait partie de cette nouvelle gauche radicale très portée sur la « théorisation » et capable de fournir à ses militants un instrument dialectique efficace. Sans doute parce que la jeunesse a besoin de certitudes plus encore que de réalités et de nuances, elle est moins attirée par une Eglise qui doute que par des chapelles qui affirment… Et les groupuscules marxistes-léninistes, trotskistes et maoïstes, profitent de la réprobation d’une grande partie de l’opinion publique en Europe de l’Ouest (et même du général de Gaulle dont le discours de Phnom-Penh retentit encore douloureusement aux oreilles de l’administration états-unienne…) pour recruter et former des cadres, en Allemagne, en Italie et bien sûr en France, que « l’oncle Ho » connaît bien…

A Paris, les groupes d’extrême-gauche, même s’ils ne comptent pas beaucoup de membres actifs, font bien du bruit et savent se faire une large publicité par des « opérations » (manifs, chahuts, éventuellement bagarres) qu’ils font « mousser », comme savaient le faire jadis les Camelots du Roi, « première bande révolutionnaire d’Europe » selon un observateur d’avant 1914 : tout est utilisé, et la guerre du Vietnam est une véritable aubaine. Autour de ce thème, ils cristallisent tous les mécontentements d’une jeunesse mal à l’aise dans une société de consommation dont le confort ne remplace pas encore le « supplément d’âme » indispensable aux jeunes, cet idéalisme un peu romantique qui fait parler de la jeunesse comme d’une folie passagère, d’une passion incontrôlable…

Dans les rues de Paris apparaissent des vendeurs du Courrier du Vietnam et d’autres publications pro-Vietcong, et à partir de 1966-67, les accrochages entre militants d’AF et communistes, qu’ils soient « orthodoxes » ou « révolutionnaires », redeviennent monnaie courante, l’AF dénonçant les atrocités commises par le Nord-Vietnam d’Ho Chi Minh. Désormais la guerre qui embrase le Sud-est asiatique semble, au moins pour un temps, devenir le point de référence (et de fixation) des militants politiques, comme le souligne Ludivine Bantigny dans son récent « 1968. De grands soirs en petits matins » : « La guerre du Vietnam obsède et nourrit la colère, en France aussi », ce que, dès décembre 1967, AF-Université (le mensuel des étudiants monarchistes d’AF) traduit par une couverture représentant un soldat vietnamien brandissant une kalachnikov sur fond de carte parisienne, avec ce titre explicite : « Les obsédés du Vietnam » qui pourrait avoir inspiré la phrase de Mme Bantigny. Ce thème semble ainsi investir totalement le champ politique étudiant, et même au-delà (mais de façon moindre) : tout le monde doit prendre position.

Pour l’AF, le choix est clair : la lutte anticommuniste reste une priorité. Les premières prises de position du mouvement, ou plutôt de l’hebdomadaire Aspects de la France, ne semblent pas très originales : « (…) A cause de l’importance grandissante du conflit vietnamien, les Français se tournent à nouveau vers l’Asie du Sud-Est, ou plutôt les journaux leur disent de s’intéresser à la guerre qui s’y déroule. (…)

Ainsi nous assistons à un viol des consciences, ainsi nous voyons par aveuglement ou par opportunisme des hommes rendre peu à peu la subversion sympathique à ceux qui de façon naturelle devraient la détester. Ceux qui se servent du feu sauront-ils le maîtriser ? (…)

Saluons les soldats qui contiennent la marée rouge au Vietnam pour qu’elle ne vienne pas un jour battre à leur porte – et à la nôtre. » (1). N’est-ce pas aussi pour l’AF un moyen de montrer son antigaullisme traditionnel quand le général de Gaulle, en 1966, a dénoncé les bombardements américains au Vietnam dans son discours de Phnom Penh ? Si bien que les royalistes maurrassiens s’unissent à d’autres nationalistes pour « faire le coup de poing » contre les meetings « Paix au Vietnam » organisée par la gauche marxiste : c’est le cas à Toulouse le 6 février 1967, ou à Aix-en-Provence, où les militants d’AF sont l’épine dorsale d’un « Front Universitaire anti-communiste » dont le seul but semble être de gêner la propagande marxiste.

 

Les royalistes en Mai 68. Partie 3 : L'Action Française contre les

A Rennes, les étudiants royalistes participent à cette campagne en dénonçant l’hypocrisie de la presse de gauche, et en insistant sur l’absence d’équilibre quant aux informations distillées par la grande presse et les journalistes considérés comme trop souvent tendancieux : « On se scandalise des ponts détruits, de la vie « sous les bombes », de l’escalade américaine, mais la position du « couteau sous la gorge » n’est pas plus confortable. QUI a eu le courage de dénoncer, durant les années passées, la véritable, l’horrible escalade des gorges tranchées, des seins coupées, des membres écartelés, des moissons ravagées, des enterrés vivants et des brûlés vifs par les terroristes Vietcongs ? ».

Dans les universités, les lycées ou sur les marchés, militants d’AF et vendeurs du Courrier du Vietnam s’affrontent donc régulièrement, ce que relatent les rubriques d’activités des sections publiées dans A.F.U. durant toute l’année scolaire 1967-68, mais Patrice Sicard (l’une des jeunes plumes les plus prometteuses de la nouvelle génération royaliste des années 60) qui observe avec attention l’agitation pro-vietnamienne devenue le véritable point de repère et base du recrutement de l’extrême-gauche, va plus loin dans l’analyse du phénomène, en dépassant la simple lecture politique ou « partisane » : « (…) Le Vietnam devient un traumatisme à symptômes obsessionnels (…).

L’engagement « pour le Vietnam » représente chez le lycéen ou l’étudiant français une démarche d’ordre pathologique. Le 17ème parallèle représente d’abord une autre chose, négation radicale du milieu (familial, local, national, confessionnel), où s’est déroulé l’enfance : l’hystérie pro-FNL peut donc servir d’exutoire à un effort d’affranchissement individualiste, ou pulsion sociale. (…)

Ce défoulement se double d’une persistance manichéenne héritée de la petite enfance : les « gentils » et les « méchants » sont maquillés en Vietcong et Marines. Il s’agit d’une crispation inconsciente sur une explication sommaire du monde (…). C’est une traduction post-marxiste du schéma hitlérien, à ceci près que le Mal au lieu d’être juif, latin ou bolchevique, devient occidental. » (2).  Déjà, il discerne les vraies causes de ce que sera Mai 68 et les motivations profondes des manifestants et émeutiers.

 

aprs mai assayas dans histoire

De plus, il revient, au lendemain du mois de Mai, sur l’importance des « Comités Vietnam », sur le rôle de ceux-ci et sur la stratégie à adopter à leur égard : «  Nous dénonçons depuis quatorze mois les « Comités Vietnam » comme les pilotis d’une nouvelle organisation révolutionnaire dans la jeunesse, distincte du communisme classique et proche de l’Union Nationale des Etudiants de France. Les C.V.N. prenaient prétexte du conflit vietnamien pour créer dans les lycées et les facultés un bouillon de culture favorable au drapeau rouge ; il fallait donc éviter de leur répondre en jouant la carte « Sud-Vietnam », il fallait briser leur schéma de propagande. » (3). En prônant le nationalisme français plutôt que « l’occidentalisme » de l’extrême-droite « madelinienne » (du nom d’Alain Madelin, qui deviendra par la suite le chantre d’un libéralisme décomplexé, et qui était alors l’un des dirigeants emblématiques du mouvement Occident, dont le symbole était la croix celtique), l’Action Française cherche à éviter d’être en « contre-dépendance » de l’extrême-gauche sur un thème que cette dernière maîtrise bien et sur lequel elle veut amener ses adversaires pour mieux se valoriser elle-même. Mais l’AF parvient-elle toujours à contourner ce piège ? Là aussi, la politique de la « ligne de crête » est délicate et parfois incomprise, y compris au sein des militants et sympathisants de l’AF…

Mais, ce qui a servi de thème porteur pour nombre de groupes d’extrême-gauche et qui les a nourri depuis de longs mois, n’est pas, pour autant, le déclencheur ni même l’accélérateur de Mai 68… A moins que la question des résidences universitaires et de leur mixité ne soit rien d’autre que l’application de la stratégie « Créer partout des petits Vietnam » ? En fait, et Sicard semble l’avoir bien compris, « la vérité est ailleurs »…

Jean-Philippe CHAUVIN

 

(à suivre : La question étudiante vue par l’Action Française à la veille de Mai 68)

Notes : (1) : Gérard Baudin, dans AFU, février 1967, numéro 120.

(2) : Patrice Sicard, dans Aspects de la France, 22 février 1968, numéro 1013.

(3) : Patrice Sicard, dans AFU, juin 1968, numéro 135.

 

( 9 avril, 2018 )

Les royalistes en Mai 68. Partie 2 : L’Action Française à la veille de Mai 68, une « vieille dame » fatiguée ?

 

Lu sur le blog de Jean-Philippe CHAUVIN

 

Quand on pense à Mai 68, on pense rarement aux royalistes, même si, dans quelques articles (1) et livres (2) récents, ils sont évoqués, furtivement, et souvent comme de simples opposants anti-gaullistes au mouvement contestataire de Mai. Pourtant, leur rôle mérite d’être souligné et leurs idées, plutôt non-conformistes pour une certaine frange de ceux-ci, ne sont pas ridicules, loin de là, à la fois dans l’analyse et dans la réponse à Mai 68, à ses espérances comme à ses illusions, parfois totalitaires pour quelques unes. Se replonger dans les archives de l’Action Française est, à cet égard, extrêmement instructif et, même, enrichissant.

Mais, quand surgit Mai 68, que sont les royalistes ? Quels sont leurs moyens d’expression, leur corpus idéologique, leur visibilité ? En fait, au printemps 1968, le royalisme, c’est d’abord et presque exclusivement l’Action Française, du moins dans les kiosques, les facultés, les esprits. Malgré les choix politiquement dévastateurs faits par le maître d’icelle, Charles Maurras, durant une guerre qu’il avait pourtant bien et tristement prévue, et que ses compagnons de combat Bainville (dès le 14 novembre 1918, dans son fameux article « Demain » publié dans l’A.F. quotidienne) et Daudet (le terrible article du 1er février 1933, si juste, si prophétique) avaient eux aussi annoncée et dénoncée, et malgré le discrédit de l’après-guerre, le mouvement maurrassien a resurgi, sans doute plus faiblement qu’auparavant, et a refondé une presse nationale, certes de moindre influence que du temps du quotidien (1908-1944), mais qui s’affiche dans les kiosques et se crie dans les rues des grandes villes : Aspects de la France, hebdomadaire dirigé par Pierre Pujo, le fils d’un des fondateurs de la première A.F. ; mais aussi Amitiés Françaises Universitaires, lancé en 1955 et devenu au milieu des années 60 AF-Université, adressé au public lycéen et étudiant ; sans oublier quelques bulletins locaux ou catégoriels, comme L’Avenir Français, qui traite des questions sociales, ou L’Ordre Provençal, bulletin de l’Union Royaliste Provençale… Les chiffres de vente restent modestes, mais tout de même significatifs, et Aspects est régulièrement cité dans les revues de presse, et toujours bien lu au Palais-Bourbon.

Il y avait un autre grand hebdomadaire royaliste jusqu’en 1967, mais qui disparaît quelques mois avant les événements de Mai : La Nation Française, dirigé par le penseur Pierre Boutang et par son fidèle compagnon Philippe Ariès, n’a pas survécu aux remous et déchirures de la guerre d’Algérie et à l’échec de la restauration monarchique du comte de Paris, avortée en 1965 par la décision du général de Gaulle d’accomplir un second mandat présidentiel. De plus, durant toute son existence (1955-1967), cet hebdomadaire de grande qualité a sans doute souffert de ne pas disposer d’un mouvement militant (malgré quelques vaines tentatives à la fin des années 1950) et de relais de diffusion dans le monde des lycéens et étudiants. A sa disparition, La N.F. laisse quelques orphelins et le souvenir d’une occasion manquée pour le renouveau intellectuel du royalisme contemporain.

 

Les royalistes en Mai 68. Partie 2 : L'Action Française à la veille de Mai 68, une

Au milieu des années 60, les militants royalistes sont rares, et La Restauration Nationale (héritière des organisations d’A.F. de l’avant-guerre), après l’échec de l’Algérie française, ne connaît une nouvelle vitalité que grâce à la volonté de quelques jeunes cadres, comme Hilaire de Crémiers, Patrice Sicard ou Bertrand Renouvin, et à l’esprit organisateur d’Yvan Aumont et de mainteneur de Pierre Juhel. Il y a aussi Pierre Debray qui joue un rôle de penseur non négligeable dans la formation des jeunes militants, en particulier lors des universités d’été du mouvement, le Camp Maxime Real del Sarte (du nom du fondateur des Camelots du Roi), qui se tient sur une quinzaine de jours chaque été en juillet. Des groupes de travail au sein de l’organisation planchent sur les questions économiques, universitaires ou sur la francophonie, et nourrissent les cercles d’études et les réflexions des jeunes militants, tandis que les bagarres au Quartier Latin renforcent les liens d’amitié et de compagnonnage politique.

Au début de 1966, le sabotage joyeux d’une réunion publique de Jean Lecanuet, ancien candidat centriste de l’élection présidentielle de l’hiver 1965 opposé à de Gaulle, vaut à l’A.F. une « reconnaissance » qui dépasse les milieux traditionnels de la Droite nationaliste : sur les papillons qui volent dans la salle de la Mutualité quand M. Lecanuet, excédé, insulte les jeunes royalistes, l’on peut lire « l’A.F., la seule opposition » ou « Contre l’Europe des trusts, l’A.F. », et les rieurs sont du côté des monarchistes… Mais, désormais, le combat contre l’européisme sera l’une des grandes constantes du combat nationaliste d’A.F. et marque sa différence majeure d’avec les groupes comme Occident ou ceux des anciens partisans de Tixier-Vignancour (lui aussi candidat face à de Gaulle en 1965) qui prônent une Europe fédérale, autant par antigaullisme que par conviction européenne profonde, comme le prouvera par la suite de sa carrière politique l’ancien dirigeant d’extrême-droite Alain Madelin…

Bientôt, à l’université de Nanterre au printemps 1968, Patrice Sicard observe et relate ensuite dans Aspects de la France les provocations d’un certain Cohn-Bendit, anarchiste revendiqué et agitateur habile…

Jean-Philippe CHAUVIN

 

cohn dans histoire

(à suivre : les royalistes d’A.F. face aux Vietniks)

Notes : (1) : Le Figaro Magazine, vendredi 2 et samedi 3 mars 2018 ; L’incorrect, mars 2018.

(2) : Ludivine Bantigny, 1968. De grands soirs en petits matins, Seuil, 2018. Voir la page 205.

 

( 19 mars, 2018 )

Charles Maurras : tout le monde en parle, personne ne le lit. N’est-ce pas, Claude Askolovitch ?

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

 

Les récents articles d’Askolovitch dans Le Nouveau Magazine littéraire et Le Point sont emblématiques de la réception de Maurras depuis une trentaine d’années : tout le monde en parle, personne ne le lit (en dehors d’un nombre tout de même important de jeunes militants politiques et, bien sûr, du public vraiment cultivé) et il est le plus souvent réduit à quelques polémiques ad hominem et à un antisémitisme pourtant tout à fait accessoire pour comprendre sa pensée. J’ai moi-même écrit un petit livre de synthèse sur son vocabulaire politique (Petit dictionnaire maurrassien, Éditions Nouvelle Marge, 2017) sans qu’il me paraisse nécessaire de consacrer plus d’une seule page sur 98 à cette question.

Le Président Macron a, quant à lui, fait tout récemment référence, regrettant le retrait de Maurras du Livre des commémorations 2018, à l’influence du maître de l’Action française sur certains de ses prédécesseurs. Prenons ce fait comme exemple d’une réception intelligente, à l’opposé de celle d’Askolovitch : incontestablement, la dimension monarchique donnée par le général de Gaulle à la Constitution de 1958 doit beaucoup à la critique maurrassienne, qu’il connaissait et partageait, des faiblesses de la IIIe République ; Georges Pompidou, quant à lui, n’avait pas hésité à donner Kiel et Tanger (du même Maurras) comme modèle d’analyse géopolitique aux étudiants de Sciences Po ; enfin, Mitterrand, qui expliquait à Pierre Péan, à la fin de sa vie, combien il avait été marqué par sa lecture de Maurras, s’est certainement souvenu de ce précurseur de l’idée de décentralisation en France au moment de mettre en œuvre ses propres réformes dans ce domaine.

L’essentiel de la pensée de Maurras ne se trouve pas dans les « quatre États confédérés », comme veut le faire croire par ignorance ou par haine Askolovitch, mais bien dans des formules comme « l’autorité en haut, les libertés en bas », « pays réel, pays légal » ou « Politique d’abord ! », ou encore dans sa réfutation magistrale du contractualisme de Rousseau. Les lecteurs et les chercheurs de bonne foi pourront le vérifier (enfin !) le mois prochain lors de la réédition d’une partie de ses œuvres dans la très populaire collection « Bouquins ».

Professeur agrégé de lettres modernes
Président du Comité directeur de l’Action française
( 5 mars, 2018 )

Les royalistes en Mai 68. L’Action Française à la veille de Mai 68, une « vieille dame » fatiguée ?

 

Lu sur le blog de Jean-Philippe CHAUVIN

 

Quand on pense à Mai 68, on pense rarement aux royalistes, même si, dans quelques articles (1) et livres (2) récents, ils sont évoqués, furtivement, et souvent comme de simples opposants anti-gaullistes au mouvement contestataire de Mai. Pourtant, leur rôle mérite d’être souligné et leurs idées, plutôt non-conformistes pour une certaine frange de ceux-ci, ne sont pas ridicules, loin de là, à la fois dans l’analyse et dans la réponse à Mai 68, à ses espérances comme à ses illusions, parfois totalitaires pour quelques unes. Se replonger dans les archives de l’Action Française est, à cet égard, extrêmement instructif et, même, enrichissant.

Mais, quand surgit Mai 68, que sont les royalistes ? Quels sont leurs moyens d’expression, leur corpus idéologique, leur visibilité ? En fait, au printemps 1968, le royalisme, c’est d’abord et presque exclusivement l’Action Française, du moins dans les kiosques, les facultés, les esprits. Malgré les choix politiquement dévastateurs faits par le maître d’icelle, Charles Maurras, durant une guerre qu’il avait pourtant bien et tristement prévue, et que ses compagnons de combat Bainville (dès le 14 novembre 1918, dans son fameux article « Demain » publié dans lquotidienne) et Daudet (le terrible article du 1er février 1933, si juste, si prophétique) avaient eux aussi annoncée et dénoncée, et malgré le discrédit de l’après-guerre, le mouvement maurrassien a resurgi, sans doute plus faiblement qu’auparavant, et a refondé une presse nationale, certes de moindre influence que du temps du quotidien (1908-1944), mais qui s’affiche dans les kiosques et se crie dans les rues des grandes villes : Aspects de la France, hebdomadaire dirigé par Pierre Pujo, le fils d’un des fondateurs de la première A.F. ; mais aussi Amitiés Françaises Universitaires, lancé en 1955 et devenu au milieu des années 60 AF-Université, adressé au public lycéen et étudiant ; sans oublier quelques bulletins locaux ou catégoriels, comme L’Avenir Français, qui traite des questions sociales, ou L’Ordre Provençal, bulletin de l’Union Royaliste Provençale… Les chiffres de vente restent modestes, mais tout de même significatifs, et Aspects est régulièrement cité dans les revues de presse, et toujours bien lu au Palais-Bourbon.

Il y avait un autre grand hebdomadaire royaliste jusqu’en 1967, mais qui disparaît quelques mois avant les événements de Mai : La Nation Française, dirigé par le penseur Pierre Boutang et par son fidèle compagnon Philippe Ariès, n’a pas survécu aux remous et déchirures de la guerre d’Algérie et à l’échec de la restauration monarchique du comte de Paris, avortée en 1965 par la décision du général de Gaulle d’accomplir un second mandat présidentiel. De plus, durant toute son existence (1955-1967), cet hebdomadaire de grande qualité a sans doute souffert de ne pas disposer d’un mouvement militant (malgré quelques vaines tentatives à la fin des années 1950) et de relais de diffusion dans le monde des lycéens et étudiants. A sa disparition, La N.F. laisse quelques orphelins et le souvenir d’une occasion manquée pour le renouveau intellectuel du royalisme contemporain.

 Les royalistes en Mai 68.  L'Action Française à la veille de Mai 68, une

Au milieu des années 60, les militants royalistes sont rares, et La Restauration Nationale (héritière des organisations d’A.F. de l’avant-guerre), après l’échec de l’Algérie française, ne connaît une nouvelle vitalité que grâce à la volonté de quelques jeunes cadres, comme Hilaire de Crémiers, Patrice Sicard ou Bertrand Renouvin, et à l’esprit organisateur d’Yvan Aumont et de mainteneur de Pierre Juhel. Il y a aussi Pierre Debray qui joue un rôle de penseur non négligeable dans la formation des jeunes militants, en particulier lors des universités d’été du mouvement, le Camp Maxime Real del Sarte (du nom du fondateur des Camelots du Roi), qui se tient sur une quinzaine de jours chaque été en juillet. Des groupes de travail au sein de l’organisation planchent sur les questions économiques, universitaires ou sur la francophonie, et nourrissent les cercles d’études et les réflexions des jeunes militants, tandis que les bagarres au Quartier Latin renforcent les liens d’amitié et de compagnonnage politique.

Au début de 1966, le sabotage joyeux d’une réunion publique de Jean Lecanuet, ancien candidat centriste de l’élection présidentielle de l’hiver 1965 opposé à de Gaulle, vaut à l’A.F. une « reconnaissance » qui dépasse les milieux traditionnels de la Droite nationaliste : sur les papillons qui volent dans la salle de la Mutualité quand M. Lecanuet, excédé, insulte les jeunes royalistes, l’on peut lire « l’A.F., la seule opposition » ou « Contre l’Europe des trusts, l’A.F. », et les rieurs sont du côté des monarchistes… Mais, désormais, le combat contre l’européisme sera l’une des grandes constantes du combat nationaliste d’A.F. et marque sa différence majeure d’avec les groupes comme Occident ou ceux des anciens partisans de Tixier-Vignancour (lui aussi candidat face à de Gaulle en 1965) qui prônent une Europe fédérale, autant par antigaullisme que par conviction européenne profonde, comme le prouvera par la suite de sa carrière politique l’ancien dirigeant d’extrême-droite Alain Madelin…

Bientôt, à l’université de Nanterre au printemps 1968, Patrice Sicard observe et relate ensuite dans Aspects de la France les provocations d’un certain Cohn-Bendit, anarchiste revendiqué et agitateur habile…

cohn dans histoire

(à suivre : les royalistes d’A.F. face aux Vietniks)

Jean-Philippe CHAUVIN

Notes : (1) : Le Figaro Magazine, vendredi 2 et samedi 3 mars 2018 ; L’incorrect, mars 2018.

(2) : Ludivine Bantigny, 1968. De grands soirs en petits matins, Seuil, 2018. Voir la page 205.

 

( 22 novembre, 2017 )

Reynald Sécher : « Patrick Buisson a parfaitement raison! »

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

 

Reynald Sécher réagit à l’émoi provoqué sur France Inter par les paroles de Patrick Buisson comparant le génocide vendéen et le massacre d’Oradour-sur-Glane.

« Il y a un certain nombre de caractéristiques communes entre ces deux événements : le nombre des victimes est quasiment similaire.

Mais à Oradour-sur-Glane, c’est une armée étrangère qui extermine ses victimes dans le cadre de sa fuite, alors que dans le cas des Lucs-sur-Boulogne, la politique d’extermination est pratiquée par l’armée française selon des lois votées par l’Assemblée nationale (encore en vigueur aujourd’hui).

À l’époque, il s’agissait d’une politique dite “d’extermination”. Le mot de “populicide” n’est pas passé dans l’Histoire car la France a souhaité gommer cette période. Plus tard, le mot génocide est apparu.

Patrick Buisson a raison de dire que c’est la France qui a inventé le terrorisme d’État : exterminer, c’est éliminer celui que l’on considère comme indésirable, à la manière aussi de Lénine. »

( 21 novembre, 2017 )

Le génocide du 5 juillet 62 à Oran

tiré de « l’auberge espagnole »

Oran fête l’ indépendance


Le génocide du 5 juillet 62 à Oran  dans histoire ma001 ma041 dans histoire
Célébration de la victoire sur la France
…Il reste à Oran, le 5 juillet, environ 100 000 Européens qui bénéficient de la garantie de leur personne par les accords d’Évian, accord cosigné solenellement par le FLN et le général de Gaulle.

…Ce 5 juillet 1962 à Oran, jour de l’ indépendance de l’ Algérie, Une manifestation musulmane se met en place dès sept heures du matin pour fêter l’ évènement et progresse ainsi vers les quartiers européens .


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Les militaires Français place de la mairie d’ Oran
…L’ Armée française est présente au centre ville et est prête à intervenir si cela devenait nécessaire. Mais elle assistera au massacre des Européens sans bouger tant que les autorités françaises ne donneront d’ ordre en ce sens.

…Une cérémonie est prévue à la place d’Armes. l’ ALN doit hisser le drapeau algérien sur la façade de la mairie. Des soldats de l’ ALN, en treillis « léopard », sont en effet présents .

… Le service d’ordre et la circulation sont assurés par des ATO en uniforme plus clair. Les ATO sont les auxiliaires de l’ armée populaire algérienne.


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Les gardes mobiles français brandissent le drapeau du FLN!
…Les forces de l’ordre du général Katz se réjouissent de la victoire des ennemis de la France. leurs ennemis étaient les français d’ Algérie!

…Au lieu de protéger les ressortissants français ils accomplissaient fidelement les consignes de De Gaulle, c’ est à dire écraser dans la plus grande violence avec leur chars et leurs armes de guerre toute résistance de la population pieds-noirs.

…Sur la place la foule des manifestants musulmans est maintenant considérable, l’ atmosphère est à la fête et l’ exaltation à son comble

…À 11 h 15, un coup de feu d’origine inconnue est entendu, place d’Armes. On n’y prête guère attention, l’habitude est prise de tirer en l’air pour manifester sa joie.

…En réalité c’ est le signal de début de la chasse à l’ homme et du génocide!



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La fête est finie la chasse à l’ homme européen est ouverte!


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Les Européens sont systématiquement arrêtés pour être éliminés!


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Ces malheureux vont subir les pires atrocités avant de mourir


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ces hommes, ces femmes et ces enfants seront acheminés vers les abattoirs d’ Oran!!!


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D’autres seront éxécutés sur place par une foule en délire…Le génocide programmé des Européens a commencé avec l’accord tacite des autorités et responsables politiques français !!!

…Toute personne de type Européen est systématiquement enlevée pour être ensuite torturée et exécutée!!!

…Tous les passants européens qui croisent le chemin de cette foule fanatisée sont soit enlevés soit massacrés sur place!!!

…La classe politique bien pensante de métropole trouvera tout à fait normal ces actes racistes !!!! Quant elle ne les applaudira!!!!


Le génocide des Européens


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Arrestations, enlèvements et massacres 

… Concernant les massacres ainsi que les enlèvements, les témoins sont unanimes à mettre en cause l’ALN, les ATO et les civils équipés de pistolets et de couteaux.

…L’ exaltation ambiante étant à son comble, tous ces gens excités vont satisfaire leur cruel besoin en commettant les crimes les plus odieux!

… Au début, on voit beaucoup les ATO (les auxiliaires de l’ armée) s’impliquer dans les lynchages et dans les meurtres . Puis, peu à peu, les hommes de l’ALN s’imposent en nombre dans les exactions

…Tous ces hommes armés agressent les Européens qu’ils rencontrent, dans un déchaînement meurtrier. C’est une véritable chasse à l’homme qui s’organise. Elle va mettre à feu et à sang de nombreux quartiers européens.

…Les hommes armés se ruent sur les immeubles, enfoncent les portes des appartements, ouvrent le feu dans les restaurants, arrêtent, enlèvent, égorgent, au hasard des rencontres.

…Des rafales de mitraillette balaient les terrasses des cafés, les porches, les voitures. Sur les atrocités commises, de nombreux témoignages se recoupent : exécutions sommaires d’Européens et de musulmans soupçonnés de leur avoir été favorables, scènes de lynchage ), actes de torture (pendaison , pendaison à un croc de boucher , mutilations, énucléations

…Arrêtés par l’ ALN, les captifs conduits au commissariat de police et transférés aux abattoirs de la ville pour être torturés et exécutés!

… La population ne trouve aucun refuge, les personnes réfugiées dans l’église du sacré cœur sont également enlevés sous le regard impuissant du curé!

…Et toute cette foule composée d’hommes de femmes et d’enfants est conduite vers les bourreaux chargés de les éliminer!!!

…Bien de femmes seront violées avant d’ être égorgées! C’est un véritable génocide pratiqué par le FLN.


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Le général Katz représentant de De Gaulle en Oranie…Le général Katz a décidé dans la matinée de survoler la ville en hélicoptère. Voici le témoignage du pilote : « Nous survolons la ville, partout des gens qui fuyaient et des cortèges de bras en l’air, escortés par des ATO (auxiliaires de l’armée nationale populaire) ou des civils en armes.

…Nous avons survolé le Petit Lac, là aussi une foule compacte bras en l’air, des gens qu’on faisait entrer dans l’eau et qu’on abattait froidement.

…J’ai hurlé : “Mon général, on abat des gens, je vois l’eau qui devient rouge de sang”. Le général m’a répondu : “Retour à la base”. »


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……L’armée française est pourtant présente ,mais les ordres du Général Katz et de De Gaulle sont de ne pas intervenir!!!!

…Les arrestations puis les exécutions des européens vont se poursuivre sous l’ œil bienveillant des forces de l’ordre françaises!

…Un génocide de grande ampleur va se dérouler dans l’indifférence totale des médias et la complicité du monde politique et intello de la métropole


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Les victimes des barbares, abandonnées par l’état français!…On ne compte plus les suppliciés et les morts. Les Européens étaient escortés jusqu’au commissariat central, où ils étaient torturés et tués mais également vers le Petit Lac et la ville nouvelle. Ce massacre s’est poursuivi jusque vers 17 heures.


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Le général katz indifférent au sort des civils
…Devant l’ ampleur du massacre l’armée française a du intervenir pour arrêter le génocide en cours, car il aurait été bien difficile de cacher ce désastre dont le principal complice de ces meurtres était le général De Gaulle!

…Le général Katz bien conscient du génocide en cours prendra tout son temps pour exécuter l’ ordre d’ intervention pour la protection de la population civile!

…Le bilan de cette journée sanglante est au minimum de 3000 tués et environ 2000 disparus!


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…Il faudra bien qu’un jour De Gaulle soit jugé au tribunal de l’Histoire pour ses crimes abominables dont il est le seul responsable!


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Libération par l’armée française de personnes enlevées…Vers 17 heures devant l’ ampleur du massacre, l’armée française intervient pour protéger la population civile.

…A partir de ce moment là, beaucoup de civils ont pu être récuperés et ainsi échapper à une mort certaine.

…Puis ce sera le départ précipité de ceux qui on vecu cette journée infernale, avec une valise pour tout bagage et sous protection militaire en route vers le port direction la métropole.


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N’ oublions pas Oran!


…N’oublions pas non plus les harkis, soldats fidèles de la France et abandonnés sans vergogne à l’ ennemi.

…Leur sort sera terrible.Ils seront livrés aux tueurs du FLN (Ordre de DE GAULLE , relayé par Messmer , de ne pas les rapatrier vers la métropole!!! )

… Un bilan très lourd, les hommes et leur famille torturés et massacrés! plus de 100000 morts !!!


ma026 …N’ oublions pas les victimes civiles innocentes torturées et exécutées par les barbares du FLN avec la bienveillance du général Katz valet du général De Gaulle!!!


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De rares journaux ont relatés cette tragique journée
…Ces évènements tragiques ont été très peu relayés par la presse française, le gouvernement français a tout fait pour étouffer ce scandale qui le déshonore!

…Au conseil des ministres du 18 juillet 1962 De Gaulle plein de morgue et de cynisme est très satisfait de lui même :

 » A part quelques enlèvements , les choses se passent à peu près convenablement »

…Quelle honte!!!!!!!!!!!!

( 9 octobre, 2017 )

1917-2017 Centenaire oublié des tentatives de paix.

 

 

Parmi les nombreuses manifestations, conférences, publications, il me semble qu’aucune étude n’a été publiée concernant les tentatives de paix de 1917. Pourtant depuis le centenaire de la Grande Guerre il y a eu abondance d’écrits divers et d’évocations en tous lieux. L’édition a été particulièrement prolixe, mais à ma connaissance aucune étude n’a été publiée concernant les tentatives de paix entamées par l’empereur Charles de Habsbourg-Lorraine en 1916/1917.

Evoquons ici un rappel des démarches de paix voulues par l’empereur Charles 1er, aidé par ses deux beaux-frères, les princes Sixte de Bourbon Parme et Xavier de Bourbon Parme, frères de l’impératrice Zita, épouse de Charles.

Bouleversé au cours du conflit par la situation des soldats et jugeant cette guerre comme une lutte fratricide, l’empereur Charles œuvra avec acharnement pour l’établissement de la paix. Cela n’était pas compris des esprits belliqueux de son entourage, ni du Kaiser Guillaume II et ses alliés.

Succédant à François-Joseph mort le 21 novembre 1916, Charles monté sur le trône tourna ses efforts en vue de la fin du sanglant conflit. Il devait déclarer : « Mon unique but est de mettre fin le plus tôt possible à cette tuerie. Je veux, je dois faire tout ce qui dépend de moi pour conclure la paix. »

Une première approche avait été tentée par voie diplomatique le 12 décembre 1916, mais cette demande fut aussitôt vivement critiquée par Aristide Briand devant le Parlement français. La main tendue a donc été repoussée.

Charles s’adressa alors à son beau-frère le prince Sixte de Bourbon Parme en vue de négociations. Le 29 janvier 1917, les princes Sixte et Xavier se rendirent à Vienne incognito. Le 1er février, les deux frères de l’impératrice Zita firent connaître au gouvernement Français, que l’empereur d’Autriche-Hongrie, souhaitait entamer des négociations de paix. Le 1erfévrier, Sixte et Xavier se trouvaient à Paris. Ils rencontrèrent Jules Cambon, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères pour évoquer la tentative de paix demandée par Charles 1er. Le président Raymond Poincaré n’était pas hostile à la proposition envisagée, mais les négociations semblaient compliquées. Grâce à la ténacité de Charles, la paix à pourtant failli se réaliser. Malheureusement, les alliés des deux camps opposés étaient loin de comprendre et d’approuver l’initiative de l’empereur Charles. Chez nous, Clémenceau était vigoureusement opposéà la tentative de paix.

Bref, il y a beaucoup de choses à regretter. Ce sujet des négociations a été évoqué dans divers ouvrages. La lecture de Charles de Habsbourg, le dernier empereur par Michel Dugast Rouillé est à conseiller (éditions Les Racines de l’Histoire 2003). Notre propos est résumé, mais nous tenions à évoquer ici ce sujet hélas oublié.

Jean-Marie Cuny

( 15 août, 2017 )

Faut-il déboulonner le général Lee ?

 

Lu sur Boulevard Voltaire cet article qui rappelle qui fut le général Lee que ne semble connaître ni ceux qui l’attaquent ni ceux qui prétendent le « défendre ». rappelons aussi pour mieux le connaître le très beau petit livre d’Alain Sanders paru aux éditions « Qui suis-je » : Robert Lee.

L.R.

 

Si l’on en croit la presse, Robert Lee serait un odieux raciste, fier partisan de l’esclavage. Or, rien n’est plus faux.

Charlottesville, 2017 : une manifestation d’union des droits placée sous le patronage symbolique du général sudiste Lee (1807-1870) tourne au drame. L’émotion face à cette tragédie est légitime ; la réécriture de l’Histoire par la presse qui a suivi l’est un peu moins.

En effet, si l’on en croit la presse, Robert Lee, commandant sudiste pendant la guerre de Sécession, serait un odieux raciste, fier partisan de l’esclavage. Or, rien n’est plus faux.

Victorieux au Mexique, cité pour bravoure à de maintes reprises, Lee est, à la veille de la guerre de Sécession, admiré et respecté pour ses grandes vertus – on le surnommera « l’homme de marbre ». Fort logiquement, dès l’entrée en guerre, les deux camps se l’arrachent. Hostile à la sécession et plus proche des idéaux du Nord – Lee avait libéré ses esclaves et défendait des positions progressistes -, il choisit néanmoins de rejoindre les armées confédérées par fidélité à sa région d’enfance.

Engagé à la tête d’une armée débraillée, il se lance dans une guerre perdue d’avance. Malgré des victoires héroïques et des épisodes dignes des Thermopyles, Lee finit par comprendre que la défaite est inévitable. Soucieux de préserver l’intégrité et l’honneur du Sud après la défaite, il capitule à Appomattox, comptant sur la clémence du Nord.

Après cette défaite, le héros de guerre, partisan hardi de la réconciliation entre le Nord et le Sud, milite donc aux côtés des démocrates pour une reconstruction commune. Il se réjouit publiquement de l’abolition de l’esclavage et renouvelle son serment d’allégeance à la Constitution américaine. Devenu président d’université, il mène une politique volontariste, excluant systématiquement les élèves coupables de violences racistes.

Celui qui était « un ennemi sans haine, un soldat sans cruauté, un vainqueur sans oppression, et une victime sans murmure » meurt en 1870. Il deviendra un symbole car il faisait partie de ces hommes qui, comme le général Jackson – un officier sudiste, proche de Lee, qui donnait des cours du soir aux Noirs -, avaient rejoint le camp des vaincus par loyalisme plus que par idéal.

Était-il militant afro-féministe ? Organisait-il des camps « décoloniaux » ? Avait-il « checké » ses « privilèges » d’homme blanc hétérosexuel ? Non. Était-il raciste selon les critères actuels ? Oui (son paternalisme bienveillant le condamnerait aujourd’hui à la mort sociale), de même que Rousseau, qui n’utilisait pas « l’écriture inclusive », serait taxé de sexisme. Le progrès est de toute façon toujours en avance sur son temps, Lee était, lui, en avance sur le sien. Il était, pour l’époque, un homme d’une grande modernité et d’une rare valeur. Comme Erwin Rommel après lui, il était de ces militaires pour qui le devoir n’est rien sans la vertu.

Comment expliquer que cet architecte de la réconciliation soit aujourd’hui calomnié par la presse ? La raison est simple : si Lee était un monstre, alors ceux qui osent aujourd’hui soutenir sa mémoire sont forcément le mal incarné. Or, ce raccourci s’appuie, comme nous l’avons montré, sur une négation orwellienne de l’Histoire. Une stratégie d’autant plus stupide que les groupes gravitant autour du KKK offrent déjà suffisamment de raison de les critiquer pour qu’il n’y ait besoin d’en créer de nouvelles.

La vérité sur ce damné du progrès étant rétablie, réaffirmons deux principes : ce droit qu’ont les héros d’être défendus par autre chose que des allumés à capuchons blancs ; et ce droit que nous avons de défendre la mémoire des héros sans être taxés de racistes ou de réactionnaires. Sans cela, les morts le sont en vain.

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