( 15 août, 2017 )

Faut-il déboulonner le général Lee ?

 

Lu sur Boulevard Voltaire cet article qui rappelle qui fut le général Lee que ne semble connaître ni ceux qui l’attaquent ni ceux qui prétendent le « défendre ». rappelons aussi pour mieux le connaître le très beau petit livre d’Alain Sanders paru aux éditions « Qui suis-je » : Robert Lee.

L.R.

 

Si l’on en croit la presse, Robert Lee serait un odieux raciste, fier partisan de l’esclavage. Or, rien n’est plus faux.

Charlottesville, 2017 : une manifestation d’union des droits placée sous le patronage symbolique du général sudiste Lee (1807-1870) tourne au drame. L’émotion face à cette tragédie est légitime ; la réécriture de l’Histoire par la presse qui a suivi l’est un peu moins.

En effet, si l’on en croit la presse, Robert Lee, commandant sudiste pendant la guerre de Sécession, serait un odieux raciste, fier partisan de l’esclavage. Or, rien n’est plus faux.

Victorieux au Mexique, cité pour bravoure à de maintes reprises, Lee est, à la veille de la guerre de Sécession, admiré et respecté pour ses grandes vertus – on le surnommera « l’homme de marbre ». Fort logiquement, dès l’entrée en guerre, les deux camps se l’arrachent. Hostile à la sécession et plus proche des idéaux du Nord – Lee avait libéré ses esclaves et défendait des positions progressistes -, il choisit néanmoins de rejoindre les armées confédérées par fidélité à sa région d’enfance.

Engagé à la tête d’une armée débraillée, il se lance dans une guerre perdue d’avance. Malgré des victoires héroïques et des épisodes dignes des Thermopyles, Lee finit par comprendre que la défaite est inévitable. Soucieux de préserver l’intégrité et l’honneur du Sud après la défaite, il capitule à Appomattox, comptant sur la clémence du Nord.

Après cette défaite, le héros de guerre, partisan hardi de la réconciliation entre le Nord et le Sud, milite donc aux côtés des démocrates pour une reconstruction commune. Il se réjouit publiquement de l’abolition de l’esclavage et renouvelle son serment d’allégeance à la Constitution américaine. Devenu président d’université, il mène une politique volontariste, excluant systématiquement les élèves coupables de violences racistes.

Celui qui était « un ennemi sans haine, un soldat sans cruauté, un vainqueur sans oppression, et une victime sans murmure » meurt en 1870. Il deviendra un symbole car il faisait partie de ces hommes qui, comme le général Jackson – un officier sudiste, proche de Lee, qui donnait des cours du soir aux Noirs -, avaient rejoint le camp des vaincus par loyalisme plus que par idéal.

Était-il militant afro-féministe ? Organisait-il des camps « décoloniaux » ? Avait-il « checké » ses « privilèges » d’homme blanc hétérosexuel ? Non. Était-il raciste selon les critères actuels ? Oui (son paternalisme bienveillant le condamnerait aujourd’hui à la mort sociale), de même que Rousseau, qui n’utilisait pas « l’écriture inclusive », serait taxé de sexisme. Le progrès est de toute façon toujours en avance sur son temps, Lee était, lui, en avance sur le sien. Il était, pour l’époque, un homme d’une grande modernité et d’une rare valeur. Comme Erwin Rommel après lui, il était de ces militaires pour qui le devoir n’est rien sans la vertu.

Comment expliquer que cet architecte de la réconciliation soit aujourd’hui calomnié par la presse ? La raison est simple : si Lee était un monstre, alors ceux qui osent aujourd’hui soutenir sa mémoire sont forcément le mal incarné. Or, ce raccourci s’appuie, comme nous l’avons montré, sur une négation orwellienne de l’Histoire. Une stratégie d’autant plus stupide que les groupes gravitant autour du KKK offrent déjà suffisamment de raison de les critiquer pour qu’il n’y ait besoin d’en créer de nouvelles.

La vérité sur ce damné du progrès étant rétablie, réaffirmons deux principes : ce droit qu’ont les héros d’être défendus par autre chose que des allumés à capuchons blancs ; et ce droit que nous avons de défendre la mémoire des héros sans être taxés de racistes ou de réactionnaires. Sans cela, les morts le sont en vain.

( 3 janvier, 2017 )

Michel Déon le maurrassien

 

 

Lu sur « boulevard Voltaire » ce remarquable article sur Michel Déon de notre ami Stéphane Blanchonnet

 

 

C’est à Spetsai, en Grèce, que Michel Déon a écrit parmi les plus belles pages que j’aie pu lire sur Maurras.

 

 

C’est à Spetsai, en Grèce, une de ses îles qu’il affectionnait tant, que Michel Déon, un exemplaire d’Anthinéa sur les genoux, a écrit parmi les plus belles pages que j’ai pu lire sur Maurras. Elles se trouvent dans le second chapitre de Mes arches de Noé. Tout y est : une évocation pleine de sensibilité du poète, que Déon tient pour l’un des plus grands, une analyse sérieuse et lucide du politique, un portrait intime, parfois drôle, souvent émouvant, de l’homme, en père spirituel mais aussi en compagnon de chair et d’os.

Le récit de ces deux années d’Occupation passées à Lyon aux côtés de Maurras, comme secrétaire de rédaction, portent l’empreinte du tragique des temps en même temps qu’une saveur romanesque, comme dans cette fascinante anecdote de l’hommage rendu par Maurras, au péril de sa vie, à des otages abattus place Bellecour par les Allemands.

Une page, en particulier, est un condensé du regard porté par Déon sur son vieux maître. On me pardonnera de la citer un peu longuement, tant elle est forte et juste. Déon nous raconte comment il va chercher chaque matin l’article écrit par Maurras dans la nuit pour le journal :

« Il m’est arrivé de rester ainsi un long moment près de lui, n’osant pas le réveiller […] Je revoyais sa vie tout entière placée sous le signe d’une énergie indomptable, l’enfance heureuse frappée soudain par une infirmité terrible, l’adolescence enchantée par la poésie […] les voyages en Grèce et en Italie, la « Revue Grise », le quotidien, les compagnons de route […] la dernière guerre dont il avait pressenti qu’elle signifierait le glas de la France et maintenant cette occupation qui l’étouffait, où il jetait ses dernières forces pour sauver ce qui lui semblait pouvoir être sauvé […] La grosse plume tenue entre les doigts carrés aux ongles courts, d’une main petite et nerveuse, la grosse plume trempée dans une encre noire courait toujours sur le papier, attaquant, expliquant, commentant, bousculant les idées reçues, démontrant avec une sorte de rigueur mathématique les raisons des uns, les torts des autres, au nom d’un amour de la France que rien ne pouvait atteindre […] Je l’aimais ce vieillard de fer et de feu et, quand le soin m’en incombait, je prenais soin de sa personne avec un sentiment plus profond que le respect. »

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Un autre passage mérite d’être cité pour répondre à madame Azoulay, qui a osé écrire que « MALGRÉ sa proximité avec les thèses de Charles Maurras, [Déon] gardait en littérature une totale liberté dans ses choix ». Le voici (Déon nous y parle du journal de l’Action française) :

« La page littéraire, que Pierre Varillon dirigeait de sa retraite stéphanoise, avait les indulgences de Maurras. Brasillach avait pu avant la guerre y tresser des couronnes à Claudel, Rebatet massacrer un compositeur abonné du journal, François Daudet ridiculiser Gimond, le sculpteur ami du Chemin de Paradis, Thierry Maulnier adorer Nietzsche, Kléber Haedens introduire le sport dans la littérature. »

​‌”

Il faut croire que la liberté de choix en matière littéraire n’était pas plus hier qu’aujourd’hui une valeur de gauche !

Professeur agrégé de lettres modernes

Président du Comité directeur de l’Action français

( 3 janvier, 2017 )

Noël au Vatican : Les trois messages de Pie XII

 

 

Lu sur « Aleteia » cet article qui résume bien le combat exemplaire du Pape Pie XII contre le nazisme, contrairement à ce que nous dit la propagande mensongère diffusée au départ par les services de renseignements soviétiques et reprise par tous les adversaires de l’Eglise par sectarisme. LR

 

Loin de rester silencieux, on oublie souvent que le pape Pacelli prononça plusieurs discours, trois années de suite, au moment de Noël.

 

Au cœur de la Seconde Guerre mondiale, alors que le monde découvre avec effarement l’extermination systématique des Juifs, le discours du pape Pie XII (1939-1958) de Noël 1942 est souvent cité, les uns pour critiquer son « silence », les autres pour en souligner la portée.

Mais ce faisant, on oublie souvent que le pape Pacelli prononça en réalité plusieurs discours, trois années de suite, au moment de Noël. C’est ce que rappelle notamment le journaliste Andrea Tornielli dans sa biographie de Pie XII, parue en 2009 chez Artège.

Nécessaire victoire sur la haine

Il y eut d’abord le 24 décembre 1940, au début de la guerre, où le pontife tient un discours très critique du nazisme devant les cardinaux. Il y affirme la nécessité de distinguer « la vérité des apparences trompeuses », afin d’éviter « le péril de concevoir et former cet ordre nouveau comme un mécanisme (…) imposé par la force, un ordre sans sincérité, sans plein consentement, sans joie, sans paix, sans dignité, sans valeur ».

Plus loin, le Pape évoque la nécessaire « victoire sur la haine », sur la « propagande effrénée », sur la défiance envers le droit international et le respect des pactes. Il cite également nommément le drame des Juifs, parlant des « réfugiés de souche sémite ».

La précision de ses critiques, Pie XII la puise dans sa connaissance de l’Allemagne au temps de la montée du nazisme, puisqu’il fut nonce dans ce pays, puis secrétaire d’État. Il travailla notamment pour Pie XI à la lettre de condamnation du nazisme : Mit brennender Sorge (au milieu des sollicitudes).

« Nous ne pouvons fermer les yeux »

L’année suivante, à Noël 1941, le souverain pontife lit au monde entier un message radiodiffusé, dans lequel il parle des terribles affrontements survenus cette année-là. « L’idée de la force étouffe et pervertit la norme du droit », explique-t-il : « Permettez à toutes les autres destructions morales de troubler elles aussi l’atmosphère civile et d’y allumer la tempête, et vous verrez les notions de bien et de mal, de droit et d’injustice, perdre leurs contours tranchants, s’émousser, se confondre et menacer de disparaître ».

« Nous ne pouvons fermer les yeux », souligne encore le Pape, cherchant les racines profondes du mal : « Qui pourra s’étonner aujourd’hui si une telle opposition radicale aux principes de doctrine chrétienne en arriva enfin à se transformer en un choc violent de tensions internes et externes, au point de conduire à une extermination de vies humaines ».

Faible écho

Les mots sont clairs. Ils ne seront pas forcément entendus, comme le dira le délégué apostolique à Londres dans une lettre au cardinal Luigi Maglione, alors secrétaire d’État : « Le périodique The Tablet a exprimé son regret que le discours de Sa Sainteté ait eu un aussi faible écho dans ce pays », même si la presse y a vu une « attaque contre Hitler ».

Le fameux message radiodiffusé du 24 décembre 1942 se situe ainsi dans le prolongement de celui de l’an passé. Pie XII y réaffirme sa volonté de « proclamer à la face du monde entier les règles fondamentales inviolables » de l’ordre naturel et surnaturel, sur lesquels repose « la solidité de tout nouvel ordre national et international ».

Plus loin, le pontife dénonce « la conception qui revendique pour certaines nations ou pour des branches ethniques ou des classes, leur instinct érigé en droit comme impératif souverain ».

Action des catholiques

Pie XII incite également les catholiques à agir, comparant le combat actuel aux « anciens Croisés », qui alors voulaient « délivrer la terre sanctifiée par la vie du Verbe de Dieu ». « Il s’agit aujourd’hui, affirme le Pape, d’une nouvelle traversée, bravant la mer des erreurs du jour pour délivrer la terre sainte spirituelle, destinée à être le soutien et le fondement de normes et de lois immuables pour des constructions sociales d’une solide consistance interne ».

Et le Pape termine son long discours par cette pointe qui signale les « centaines de milliers de personnes qui, sans aucune faute de leur part, pour le seul fait de leur nationalité ou de leur race, ont été vouées à la mort ou à une progressive extinction ».

Allusion claire au peuple d’Israël, qui répond ainsi à trois mois de démarches pressantes des Anglo-Saxons, ainsi que le Pape l’a dit lui-même au représentant américain. Mais certains ne l’ont pas jugé ainsi. Sur le moment, déjà, des diplomates ainsi qu’un jésuite américain de Radio Vatican le trouvent trop distancié.

« Le Vicaire de Dieu ne devrait jamais parler ! »

Les Allemands et leurs acolytes, en revanche, ont parfaitement compris le message. Mussolini affirme ainsi que « le Vicaire de Dieu ne devrait jamais parler (…). Son discours est un tissu de lieux communs ». Le chef des services de sécurité SS, Reinhard Heydrich, écrit de son côté que « de façon sans précédent, le Pape a répudié le nouvel ordre européen national-socialiste ». Et en 1943, l’Allemagne menace le Vatican de « représailles physiques ».

Enfin, de l’autre côté de l’Atlantique, le New-York Times écrit dans son éditorial, le 25 décembre 1942 : « La voix de Pie XII est bien seule dans le silence et l’obscurité qui enveloppe l’Europe ce Noël… Il est à peu près le seul dirigeant restant sur le continent européen qui ose tout simplement élever la voix ».

Ces appréciations seront reprises après la guerre par un certain nombre de Juifs eux-mêmes, reconnaissants à Pie XII le mérite d’avoir sauvé concrètement plusieurs dizaines de milliers de Juifs. Au moment de la mort du pape en 1958, le ministre des Affaires étrangères d’Israël, Golda Meir, écrivit : « Quand le martyre le plus épouvantable a frappé notre peuple, durant les dix années de terreur du nazisme, la voix du souverain pontife s’est élevée en faveur des victimes. Nous pleurons la mort d’un grand serviteur de la paix »

( 11 décembre, 2016 )

BD • Une BD non consensuelle sur Mao Zedong

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Mao Zedong, surnommé le Grand Timonier est mort le 9 septembre 1976, il y a donc 40 ans. Il avait 82 ans. Son portrait trône toujours, de manière au moins anachronique (sinon insultante) sur les portes du palais impérial de Pékin.

C’est Deng Yingchao, veuve du Premier ministre Zhou Enlaï, qui narre l’histoire personnelle et politique du plus grand dictateur et criminel de tous les temps, puisque son idéologie a tué pas moins de cent millions de personnes en quarante ans de pouvoir quasi absolu.

Son récit entre flashback et anecdotes retrace la vie trépidante de ce fils de paysans qui n’a pas hésité à laisser mourir sa première femme et son premier fils, faisant passer l’idéologie communiste qui l’animait avant la protection et l’amour de sa famille.

En fait, le récit parfois glaçant de « Grande sœur Deng », comme la surnomment ses auditeurs et admirateurs rappelle que l’ambition du chef communiste n’avait de limite que l’assouvissement de son bien-être personnel.

C’est une biographie concise et sans concession, un vrai travail d’historien qu’ont réalisée ici JD Morvan, Voulizé, (à qui l’on doit Louis XIV) et Raphaël Ortiz avec le concours très éclairé du sinologue Jean-Luc Domenach.

Ils retranscrivent à merveille l’histoire mouvementée de cette vaste Chine composée de multiples peuples que seule une autorité forte pouvait soumettre.

L’ensemble est dense mais aucun des moments forts (Longue Marche, création de la République populaire, Révolution culturelle) n’est oublié. Une BD qui parfois met à mal l’histoire officielle, pour le plus grand bonheur des lecteurs.

CS

Mao Zedong, J-D Morvan, F. Voulyzé, R. Ortiz et J-L Domenach, Editions Glénat, 56 pages, 14,50 euros

( 16 novembre, 2016 )

Non ! Henri IV, n’a jamais été un prince étranger

Lu sur le blog « La Couronne »

 

 

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« En France, la couronne ne peut échoir à un étranger », ce principe, appelé vice de pérégrinité, est l’un des principes fondateur des lois fondamentales du royaume et de la dynastie capétienne. Aujourd’hui, ce vice de pérégrinité, plus que gênant pour les partisans des Bourbons d’Espagne, est considéré par eux comme « un conte Orléaniste » sans aucun fondement historique. Pour justifier cette position, ils s’appuient sur les exemples du futur Henri III, éphémère roi de Pologne et bien sûr du Roi de Navarre futur Henri IV pour affirmer que le vice de pérégrinité n’est qu’une fable et qu’un prince étranger pourvu qu’il soit Capétien peut bel et bien hériter de la Couronne de France. Si une bonne propagande peut aisément nous faire passer des vessies pour des lanternes, les faits historiques sont là et eux sont incontestables.

 

LE VICE DE PÉRÉGRINITÉ, UN « CONTE ORLÉANISTE » ?

Dès 987 (donc vraiment dès l’origine), le caractère français (franc à l’époque) du roi est établi par le choix des grands feudataires qui choisissent Hugues Capet, comte de Paris et duc de France, au détriment du Caroligien Charles de Basse-Lorraine jugé trop « germanique ». C’est quand même bien avant Utrecht… Les successeurs de Hugues, qui ne veulent pas revoir la tradition désastreuse du partage des royaumes entre héritiers, pratiquée par Mérovingiens et Carolingiens, imposent arbitrairement l’hérédité par primogéniture (même si l’aîné a des frères plus capables), en associant leur fils aîné à la royauté (jusqu’à 1223) de façon à rendre la succession incontestable : c’est lui et pas un autre, on ne discute pas. Tous les principes sont déjà quasiment établis : hérédité dans la race capétienne, race française, et primogéniture qui induit le non-partage de la couronne et son indisponibilité .

Ce qui suit n’en est que la confirmation. Tout baigne jusqu’en 1316 où se pose un problème imprévu : Louis X ne laisse qu’une fille. C’est alors qu’on invente la loi salique (stratagème juridique car elle n’a rien à voir avec les Francs Saliens dont on se réclame) pour l’écarter. Non pas par machisme (l’Ancien régime était bien plus féministe que nous : le rôle des reines, des régentes, des favorites le prouve), mais parce qu’il y avait risque, par le mariage de l’héritière avec un prince ou un roi étranger, de voir le royaume « tomber en quenouille » et passer dans des mains étrangères. Bien avant Utrecht, une fois encore. C’est donc le plus proche successeur mâle qui se voit hériter de la couronne. Rebelote en 1322, à la mort de Philippe V, puis en 1328 à celle de Charles IV, puis en 1498 à celle de Charles VIII, puis en 1515 à celle de Louis XII. La règle s’est imposée de la même façon que s’est imposée la règle de primogéniture. Le risque pressenti en 1316 devient bien réel lorsque Édouard III d’Angleterre revendique le trône au nom de sa mère Isabelle de France, elle-même fille de Philippe le Bel. C’est effectivement le plus proche parent du dernier Capétien direct. Mais la loi salique a pris force et c’est le lointain cousin Philippe de Valois qui recueillera la couronne. Entre temps, il y aura eu la Guerre de Cent ans qui aura tranché, et Jeanne d’Arc qui voulait à la fois rétablir le roi légitime sur son trône et « bouter l’Anglois hors de France » : c’est bien une seule et même cause (et c’est là le génie de Jeanne).

La règle est désormais établie : la couronne de France ne peut échoir à un étranger. Tous les légistes, juristes et historiens du royaume l’attestent :

« Les Français excluent les femmes et leur postérité au trône de France, afin de ne pas être assujettis par leurs mariages, à la domination des princes étrangers ». (Jacques de Thou 1508-1582, premier président du Parlement de Paris, grand-maître de la bibliothèque et historien du roi).

« Tombant en ligne féminine, la Couronne aurait dû venir au pouvoir d’un homme d’une nation étrangère, chose pernicieuse et dangereuse » (Claude de Seyssel, v.1450-1520, juriste, théologien et diplomate au service de Louis XII).

« France n’a jamais voulu reconnaître prince étranger pour son roi, fut-il du sang de France, de sorte que Charles de Lorraine s’étant rendu à l’étranger, la Couronne appartenait à Hugues Capet, duc de France et comte de Paris » (André Favyn, avocat au Parlement de Paris, Conseiller du Roi, 1620).

« La très Chrétienne Maison de France, par sa noble constitution, est incapable d’être assujettie à une famille étrangère » (Bossuet, Oraison funèbre de la reine Marie-Thérèse) .

« Si un grand État a pour héritier le possesseur d’un autre grand État, le premier peut fort bien l’exclure, parce qu’il est utile à tous les deux États que l’ordre de succession soit changé… Il est important que celui qui doit gouverner ne soit pas imbu de maximes étrangères ; elles conviennent moins que celles qui sont déjà établies… Si une nation craint qu’un certain mariage n’ait des suites qui puissent lui faire perdre son indépendance, ou la jeter dans un partage, elle pourra fort bien faire renoncer les contractants et ceux qui naîtront d’eux, à tous les droits qu’ils auraient sur elles. » (Montesquieu, L’Esprit des Lois, livre XXVI)

Et un petit bonus à l’intention des Bourbon-Anjou : « Si un prince souverain a contracté en qualité de souverain, pour chose qui touche à l’estat, et au profit d’iceluy, les successeurs y sont tenus ». C’est de Jean Bodin, le plus grand juriste du XVIe siècle. Voilà quelques références de poids. Voilà les auteurs de ce que les pseudo-légitimistes appellent des « contes orléanistes » !

Les mêmes évoquent la cas des Valois-Anjou. Juvénal des Ursins (encore une référence de poids, on ne le contestera pas), cite Louis d’Anjou comme « Louis, roi de Sicile, jadis fils du roi de France ». Ce qui signifie clairement qu’en partant régner à l’étranger, il a perdu sa qualité de fils de France.
Il en sera de même du futur Henri III, éphémère roi de Pologne. Mais : primo il s’agit d’une monarchie élective donc n’impliquant pas un établissement définitif de la lignée. Secundo, Henri prend bien garde de se faire établir par son frère Charles IX des lettres patentes qui préservent ses droits en France (ce qui entre parenthèses montre bien qu’il y avait jurisprudence en la matière et qu’il fallait un moratoire signé du roi pour effacer provisoirement les effets du vice de pérégrinité). Tertio, il prend ses jambes à son cou (avec la caisse) dès qu’il apprend que son frère est mort et qu’il est désormais roi de France. Épisode rocambolesque puisqu’il est poursuivi par les boyards qui veulent le garder !

Philippe V d’Espagne, lui aussi, se fera établir des lettres patentes par Louis XIV pour conserver ses droits en France, ce qui démontre également, très clairement, qu’elles sont nécessaires pour effacer le « vice de pérégrinité« , ce prétendu « conte orléaniste ». Hélas pour nos pseudo-légitimistes, elles sont annulées par le Parlement, gardien des lois, en quelque sorte l’équivalent de notre Conseil constitutionnel.

Et il y a le cas de Henri IV, dont on voudrait nous faire un étranger, prouvant en cela qu’un étranger peut ceindre la couronne de France. Henri « de Navarre », certes. Il est « roi » d’un royaume théorique qui correspond exactement à trois cantons de l’actuel département des Pyrénées-Atlantiques (Saint-Jean-Pied- de-Port, Saint-Palais, Saint-Etienne-de-Baïgorry), soit un territoire de 36 km sur 22. C’est la conséquence de la conquête du royaume de Navarre par Ferdinand d’Aragon en 1512, ne laissant aux Albret-Foix-Béarn, les ancêtres de Henri IV, que ce petit morceau de notre côté des Pyrénées. La Navarre devenue et restée espagnole, c’est aujourd’hui 650 000 habitants et un territoire de 10 400 km2 : rien à voir.

Mais Henri était parallèlement, sous la souveraineté du roi de France :
– prince de Béarn (la moitié des Pyrénées-Atlantiques)
– duc d’Alençon (la moitié de l’Orne)
– duc de Vendôme (le tiers du Loir-et-Cher)
– comte de Marle, La Fère et Soissons (le tiers de l’Aisne)
– duc d’Albret, vicomte de Marsan, de Gabardan, de Tursan (les Landes)
– comte de Foix (l’Ariège)
– comte de Bigorre, vicomte de Fézensaguet et des Quatre-Vallées (les Hautes-Pyrénées)
– comte d’Armagnac et vicomte de Lomagne (le Gers)
– comte de Rodez (l’Aveyron)
– comte de Périgord (la Dordogne)
– vicomte de Limoges (la Corrèze et la moitié de la Haute-Vienne)
Si j’additionne, cela fait l’équivalent de plus de neuf départements où il était sous la souveraineté du roi de France, contre trois cantons où il était « roi ». Il était en outre gouverneur de Guyenne et Gascogne, c’est à dire qu’il avait le pouvoir militaire au nom du roi de France sur pratiquement tout le Sud-Ouest du royaume, soit 10 départements actuels. En additionnant les possessions directes et le gouvernement, on arrive à une vingtaine de départements français. Peut-on donc vraiment considérer Henri IV comme « étranger » ? Ce n’est pas sérieux. ( Ici la carte des territoires du futur Henri IV avant son avènement, le très théorique royaume de Navarre de Henri IV correspond au territoire marqué par le chiffre 8, en bas et à gauche de la carte.)

Par contre, les descendants de Philippe V d’Espagne seront toujours considérés comme étrangers et non dynastes en France, tant que les Bourbons régneront, tant sous Louis XVI (Almanach royal de 1788) que sous la Restauration, où ils ne seront pas pairs héréditaires contrairement aux seuls considérés comme princes du Sang de France les d’Orléans, les Condé et les Conti. Que faut-il dire de plus ?

Philippe Houbart

( 16 novembre, 2016 )

Il y a 64 ans, Charles MAURRAS rendait son âme à Dieu

Après avoir reçu les derniers sacrements le 13 novembre, Charles Maurras, dont tout le monde connaît la totale surdité, dit :

« Pour la première fois, j’entends quelqu’un venir. »

Il réclame son chapelet et meurt. Peu de temps avant il a dit :

«Ma vie s’achève. J’ai beaucoup travaillé pour la France, pour ce beau pays de qui j’ai tout reçu. J’aurais aimé vivre encore quelque temps pour continuer à le servir, pour le voir sortir de ses ruines et rentrer dans son ordre monarchique et catholique, retrouver ses traditions. Toute ma vie j’ai lutté et je lutterai encore pour ce trésor de beauté, de sagesse et de sainteté. Je sais que je n’aurai pas travaillé en vain. […] Mon œuvre plaidera pour moi devant Dieu qui me jugera. »

Cité par François Marie Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l’intelligence et des mœurs (Editions de Chiré page 241)

( 29 octobre, 2016 )

AYONS UNE PENSEE POUR EUX

 

 

MORTS POUR LA FRANCE : les MARTYRS DE L’ALGÉRIE FRANÇAISE

 

 

Le Colonel Jean-Marie BASTIEN-THIRY
Ce jour-là était un samedi. Jean devait garder les fillettes pendant que Geneviève ferait les courses.
Pourtant, de bon matin, il prétendit devoir conduire sa voiture au garage pour une petite réparation. Il promit de revenir très vite. Il ne rentrerait plus.
Le Colonel Bastien-Thiry avait choisi. La compassion d’un homme pour ses frères abandonnés et suppliciés avait été la plus forte.
On a dit de lui qu’il était un activiste assoiffé de pouvoir. Les conjurés du Petit-Clamart ont agi par simple et pure humanité.
L’ambition leur était inconnue. L’Algérie avait été livrée et il n’y avait plus d’espoir d’enrayer cet abandon. Mais chaque jour des hommes tombaient dans d’épouvantables souffrances. Arrêter le génocide barbare en cours, c’était la seule convoitise de celui qui avait, à l’avance, sacrifié sa propre vie et commencé son calvaire.
Dans sa Déclaration, on ne peut plus admirable et explicite, Jean Bastien-Thiry cite Saint Thomas d’Aquin : « Sont dignes de louanges ceux qui délivrent le peuple d’un pouvoir tyrannique ». Mais le 22 août 1962, les forces du mal protégeaient un tyran… Nous avons porté notre croix, nous la portons encore, mais si nous n’avons pas été écrasés sous le poids de la haine, c’est grâce à vous, Colonel, merci !Le Lieutenant Roger DEGUELDREJ’ai vu, un jour, une larme tomber de tes yeux clairs, Delta.
C’est la seule fois où je t’ai vu pleurer. Et tes larmes n’étaient provoquées ni par la peur, ni par la douleur, mais par la compassion.
Ce jour-là, une certaine villa d’El Biar avait été détruite par l’explosion d’un colis piégé.
Une villa blanche sous le soleil qui n’était en réalité qu’un repaire de brigands, de tortionnaires, un antre dans lequel on torturait à mort les résistants et les patriotes.
Je savais que, depuis des jours, tu tournais comme un fou autour de cette forteresse imprenable et que, depuis des jours aussi, tu devinais plus que tu n’entendais les cris de souffrance de tes compagnons, de ceux que tu aimais, de tes vrais amis.
Pour réduire ce délire de tourments inhumains, après avoir tout tenté, tout essayé, il ne restait plus que cette seule issue, ce colis piégé, véritable euthanasie pour abréger cette agonie qui tordait encore les corps mutilés, déchirés, dans d’atroces douleurs.
Quand tu es allé, toi-même, au supplice, ce supplice que tu pressentais depuis longtemps, tes yeux étaient secs, ton regard brillant.
Quand, face au peloton, tu as entonné La Marseillaise, ta voix ne tremblait pas et quand, on s’est acharné pour que tu meures alors que Dieu t’avait épargné, c’est le patriotisme français qu’on a assassiné, là, dans les fossés du Fort d’Ivry, avec toi, mon ami, toi qui en étais le plus digne représentant !

Le Capitaine Philippe LE PIVAIN

Le 7 février 1962, le Capitaine Philippe Le Pivain fut abattu à Alger.
Abattu, tel est le mot car il est tombé dans un guet-apens.
Trahi par un officier de réserve prévenant la police d’un rendez-vous qu’il avait avec le chef du secteur de Belcourt, Philippe Le Pivain fut arrêté à un barrage, reconnu, mitraillé dans le dos et achevé sur place.
Le Pivain était un des premiers officiers ayant rejoint l’O.A.S.
Ceux qui ont eu l’honneur de l’avoir sous leurs ordres ne sont pas près d’oublier une figure aussi pure, une âme aussi désintéressée. C’était un homme résolu qui n’avait pas hésité à rejoindre le bon combat.
Ses obsèques se déroulèrent à Alger, en présence de cent mille personnes. Le fourgon mortuaire était précédé de quatre voitures, le toit recouvert de drapeaux tricolores, et remplies de gerbes.
Le père de Philippe, l’Amiral Le Pivain et son frère, lieutenant de vaisseau, conduisaient le cortège. Toute la population avait, dans la matinée, défilée dans la chapelle ardente où, revêtue de son uniforme, était exposée la dépouille mortelle de ce héros de notre Résistance.

 

Albert DOVECAR et Claude PIEGTS

 

Ils avaient passé une partie de la journée ensemble, ils étaient jeunes et en cette fin de printemps qui avait des couleurs d’été, ils gardaient, chevillé au cœur, l’espoir d’un climat nouveau, d’une période plus clémente.
Et puis, au milieu de leur sommeil, en pleine nuit, une main s’est posée sur leur épaule, on les a réveillés en leur disant « soyez courageux » et ils ont compris que l’heure de leur fin était venue.
« Faites doucement – a dit Claude Piegts en désignant la cellule d’un autre condamné à mort, celle du Général Jouhaud – Faites doucement parce qu’il pourrait croire que c’est pour lui… ». Le sergent Dovecar a endossé son uniforme de para, coiffé son béret de légionnaire et accroché ses décorations et ils sont partis vers la mort, sur la pointe des pieds, pour ne pas troubler le sommeil de celui qui était pour eux un chef aimé et estimé. Durant le trajet, l’aube s’est levée dans un ciel sans nuages.
Le poteau d’exécution… Les deux condamnés refusent le bandeau noir… La dernière pensée du jeune Pied-Noir de Castiglione est pour sa terre natale. Il crie « Vive l’Algérie Française ! »
Albert Dovecar, lui, crie « Vive la Légion ! » en serrant dans sa main son foulard de parachutiste.
Un ordre bref… Deux salves simultanées… Le coup de grâce et on détache les deux jeunes corps.
Sur le foulard rougi de sang de Bobby Dovecar, se détache en lettres noires, cette devise qui fut la sienne : « On ne peut demander à un soldat de se parjurer ».

JAMAIS NOUS NE POURRONS VOUS OUBLIER !

Anne CAZAL
et l’ensemble du Comité VERITAS
Merci de bien vouloir diffuser.Avec toute notre reconnaissance pour votre fidélité au souvenir de Jean Bastien-Thiry

Hélène Bastien-Thiry
Depuis 1963, chaque année une prière spéciale est dite
le 11 NOVEMBRE sur la tombe
du Colonel Jean BASTIEN-THIRY
pour tous ceux qui sacrifièrent leur vie à la défense de l’Algérie Française
unis dans notre souvenir à ceux qui sont morts pour la patrie
au cours des deux dernières guerres mondiales et des combats d’Outre-mer
Vous êtes invités à cette cérémonie qui aura lieu le
VENDREDI 11 NOVEMBRE 2016 à 15 HEURES
au cimetière de Bourg-la-Reine (92)
(27 rue de la Bièvre)
Cercle Jean BASTIEN-THIRY – BP 50070 – La Celles Saint-Cloud
( 29 octobre, 2016 )

Histoire & Actualité • C’est reparti comme en 1400… Démondialisation et réveil des nations : retour vers le futur

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Un remarquable article – presque une fable, lui aussi – dont la morale tient justement de la manière des fabulistes et concerne éminemment notre époque prétendument postnationale et vouée au Marché. [Causeur, 26.10] Mais l’Histoire nous enseigne que cette situation n’est ni nouvelle ni irréversible. Et nous vient à la mémoire que deux siècles après les faits qui sont rappelés ici, d’autres décrets d’importance majeure furent pris, non plus en Italie, mais cette fois-ci en Espagne, par ses Rois, non plus pour réduire l’emprise des financiers, mais en la circonstance celle de l’Islam. Autre récit, autre morale, aussi, pour notre temps. Dédié aux gens qui croient que les choses vont toujours dans le même sens …   Lafautearousseau

 

Nous avons tellement cru en la fable d’un monde pacifié par une mondialisation heureuse que la résurgence des identités – désormais au cœur du débat politique – nous semble aller contre la marche du temps. En réalité,  la transition 2010-2030  rappelle fortement celle que connaît l’Europe entre 1340 et 1400. Au début du XIIIe siècle, les banquiers vénitiens font tout pour éviter l’émergence de gouvernements nationaux forts, comme celui d’Edouard III d’Angleterre. Pour ces banquiers, le modèle politique à abattre est celui de Frédéric II Hohenstaufen, saint empereur romain germanique de la seconde moitié du XIIIe siècle.

Le rôle des banquiers florentins

Pour éviter l’émergence d’Etats forts, les banquiers florentins ne se contentent pas de prêter de l’argent aux rois, ils s’assurent en retour d’avantages en nature. En 1325, les Peruzzi possèdent tous les revenus du Royaume de Naples, soit la moitié sud de l’Italie. Ceci leur permet de recruter l’armée de Robert de Naples, de nommer les membres de son gouvernement et de vendre à sa place ses productions céréalières.

Dans ce contexte, il ne sert à rien pour Dante Alighieri de vanter le modèle de Frédéric II dans De Monarchia. Venise force Dante à quitter Florence et fait la promotion d’une contre-littérature. Il s’agit des ouvrages de Bartolomée de Lucca ou de Marsile de Padoue. Les banquiers vénitiens finissent par ligoter financièrement des embryons d’Etat comme l’Angleterre, la France et l’Espagne. Puis, la banque vénitienne génère une gigantesque bulle financière qui paralyse la production et vient éclater en 1345. Télécommandées par Venise, les familles Bardi et Peruzzi de Florence déclenchent un crash financier au cours duquel tout crédit s’évanouit. S’enclenche alors une période de grave instabilité, caractérisée par la résurgence de la famine et des épidémies.

La politique domestique la finance

Mais après 1400, les forces politiques se retournent contre les méthodes des banquiers italiens. En 1401, le roi Martin Ier d’Aragon les expulse d’Espagne, en 1403, Henri IV d’Angleterre limite fortement leur activité. En 1409, la Flandre emprisonne les banquiers génois. En 1410, les banquiers italiens sont expulsés de Paris. La résurgence des identités nationales a alors mis en échec les projets de la finance internationale. L’histoire se répétera-t-elle ? 

Thomas Flichy de la Neuville

enseigne à Saint-Cyr. Dernier livre : Les grandes migrations ne détruisent que les cités mortes (L’Aube, 2016). Du même auteur : Syrie : Poutine sur les traces de Pharaon

( 28 octobre, 2016 )

Les Brigades Internationales ? Arte reprend les mensonges les plus éhontés de la propagande marxiste-léniniste

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Mur-bleu gds.jpgCe mardi 25 octobre, Arte a présenté, en début de soirée, une émission sur les Brigades internationales. En soi, en tant que documentaire, une telle émission est forcément extrêmement intéressante. Mais, comme l’annonçaient les magazines de programmes télé, le parti-pris « pro-Brigades » était évident. Pour résumer : à ma gauche, les tout gentils, les tout bons, on n’ose pas dire les saints mais c’est l’idée : j’ai nommé, les Brigades internationales ; à ma gauche, le grand méchant loup, la bête immonde, l’horreur absolue : comprenez, Franco.

Que les marxistes – ou ce qu’il en reste – pensent cela, au fond, ce n’est pas surprenant. Mais qu’une grande chaîne de télévision, avec le recul que donnent les quatre-vingts ans qui nous séparent de la Guerre d’Espagne, reprenne ce schéma faux, tout simplement « historiquement faux », voilà qui dépasse l’entendement. On veut bien que, pour vulgariser – au bon sens du terme – les chaînes fassent des choses simples et accessibles au grand public ; c’est le but de la manœuvre. Mais, là, on passe directement du simple au simplisme, et carrément au simplet.

Qu’on nous permette donc, en deux mots, de remettre les choses à l’endroit…

En 1936, le féroce Staline règne sans partage sur l’Union soviétique ; et, avec lui, sa dictature sans pitié, la pire horreur qu’ait connu le monde depuis les origines de l’humanité. Et il a son plan, dont il ne fait pas mystère : étendre le Paradis soviétique à l’Europe entière, d’abord, puis au monde entier, ensuite. Il arrivera, en 45, par la faiblesse et la nullité politique de Roosevelt, à s’emparer de la moitié de l’Europe, et on sait ce qu’ont souffert les peuples d’Europe de l’Est – en plus du peuple russe qui, lui, la subissait déjà depuis 30 ans – de la part de cette monstruosité sans nom qu’était le marxisme-léninisme.

Mais, en 36, Staline ne martyrise « que » la Russie, devenue Union soviétique. Et il voit dans la guerre civile espagnole l’occasion rêvée de prendre l’Europe de l’Ouest à revers, par l’Espagne. Le Komintern triomphant de l’époque jette toutes ses forces – par la propagande et par les armes – dans cette bataille pour s’emparer de l’Espagne et, forcément, du Portugal : la possession de la péninsule ibérique, c’est le début de la conquête de l’Europe, du monde…

220px-generace5c-30dbc.jpgMais – car il y a un « mais » – Staline va tomber sur un obstacle majeur : Franco. Franco va être le premier, et le seul, à vaincre militairement, sur le champ de bataille, les armées de la sinistre révolution. « En campo abierto y buena lid », comme on dit en castillan ; c’est-à-dire, « à la loyale », sur le champ de bataille, et « Cara al sol », face au soleil…

Cela, bien sûr, ne sera jamais pardonné à Franco. En dépit du simple bon sens, de la simple observation des faits, la propagande effrénée du Komintern va déverser une telle quantité de mensonges que sa grossière propagande va devenir une vérité, « la » vérité officielle. Et le reste, même quatre-vingts ans après, du moins pour ceux qui ont des oreilles pour entendre mais ne veulent pas entendre ; et des yeux pour voir, mais en veulent pas voir : Arte, en reprenant à son compte tous les clichés les plus faux sur le sujet, a dignement représenté le camp du mensonge révolutionnaire soviétique, ce mardi soir, et elle n’a vraiment pas de quoi en être fière…

Franco a écrasé la révolution marxiste-léniniste, car c’est de cela qu’il s’agit lorsqu’on parle de cette horreur que fut la République espagnole. Et il a bien fait.

Il a rendu service à son pays, d’abord, à qui il a évité les Stasi, les Ceaucescu, les désastres écologiques, les goulags et autres abominations qui furent le lot de ce que l’on a osé appeler les « démocraties populaires » !

Il a rendu service à la France, ensuite, lorsque, Hitler ayant écrasé les troupes d’une république qui n’avait su ni préparer ni éviter la guerre, il refusa à ce même Hitler, lors de son entrevue avec lui, à Hendaye, le passage des troupes nazies par l’Espagne : elles auraient alors fondu sur nos forces libres d’Afrique du Nord, et l’on imagine aisément la suite…

Il a rendu service à l’Europe et au monde, enfin, en hâtant la fin de la guerre, refusant à Hitler toutes ses demandes, n’entrant pas en guerre à ses côtés, ce qui équivalait à agir dans le sens des intérêts de la paix – en refusant une extension encore plus grande du conflit – des intérêts de l’Europe et de la Civilisation.

Constatant son échec complet, et conscient de s’être fait berner, Hitler devait d’ailleurs déclarer, en substance, qu’il préférerait se faire arracher trois ou quatre dents plutôt que de recommencer une négociation avec un homme pareil…

En face de Franco, et contre lui, les Brigades internationales : ces hommes, jeunes pour la plupart, qui ont mis leur fougue, leur courage, leur héroïsme au service de l’Empire du Mal ; qui l’ont d’ailleurs amèrement regretté (au moins, cela, on le montre bien dans l’émission…) mais qui ont droit à tous les éloges sur Arte.

Chacun choisira son camp !…

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