( 10 février, 2020 )

Harangue du 5 janvier 2020

 

 

Orléans 1429/Nancy 1477

 

Pour la quarante-troisième année, nous nous retrouvons sur cette place dite de la Croix de Bourgogne… Mais, sachez-le, la date historique du 5 janvier 1477 qui vit la victoire des Lorrains sur le puissant Charles de Bourgogne n’a jamais été oubliée.

Le 5 janvier a été longtemps et joyeusement fêté à travers les siècles avant son interdiction exigée par les français occupant la Lorraine.

Dans la suite des temps, on a imposé les fêtes républicaines. Le 14 juillet à alors obligatoirement primé sur toutes les autres commémorations. Pourtant, à travers les siècles il y eu des mainteneurs de la tradition.

Juste avant nous, il y avait le journaliste Gabriel Bichet (le restaurateur du fort de Villey-le-Sec) qui a tenté de faire commémorer officiellement le 5 janvier, mais aucune des différentes municipalités n’a accepté de célébrer cet évènement qui pourtant changea la carte de l’Europe.

 

Cette année 2020 marque le centenaire de la canonisation de Jeanne d’Arc, la bonne Lorraine, il nous a plu de relever des similitudes étonnantes entre Jeanne et René II de Lorraine… Comme Baudricourt de Vaucouleurs, Jeanne était opposée à la mainmise Anglo-Bourguignonne sur les terres de Domremy, de France et de Lorraine… Tout comme aujourd’hui nous sommes résolument contre la mainmise de l’Islam sur les terres de France.

Il y a des similitudes entre l’action de Jeanne à Orléans et l’intervention de René II à Nancy le 5 janvier 1477.

Jeanne est chef de guerre à l’âge de dix-sept ans.

Le jeune duc René II, est surnommé « l’enfant » par l’orgueilleux Charles de Bourgogne.

Jeanne délivre Orléans, au bord de la reddition, car épuisé par la famine, le 29 avril 1429. A partir de cette date, la délivrance d’Orléans sera officiellement et joyeusement fêté tous les ans.

Il s’agit de la plus ancienne fête commémorative de France ayant traversé les siècles, puisque cette victoire de 1429 est encore célébrée aujourd’hui.

-           Le 5 janvier 1477, au lever du jour, le jeune duc René II et ses troupes sont en marche pour délivrer Nancy, la capitale ducale assiégée et affamée. La population en est réduite à manger chiens, chats et rats.

-           On connait la suite, qui est la victoire des Lorrains et la mort du grand-duc d’Occident surnommé le Téméraire.

-           Si, à travers les siècles, Orléans maintien le souvenir de sa délivrance, Nancy, hélas, a cédé à la décision arbitraire de supprimer cette fête identitaire que l’on confondait alors avec la fête des rois…

 

Pourtant, ici, 543 après, nous sommes quelques-uns à conserver la mémoire et à maintenir le souvenir de la Lorraine fière et indépendante. Peut-être sommes-nous à l’origine du renouveau identitaire que l’on tente d’effacer des mémoires…

Gardons courage, encore et toujours… Haut les cœurs ! Haut les bannières…

VIVE LA LORRAINE !

 

Jean-Marie CUNY

( 6 février, 2020 )

Hommage aux mots du 06 février 1934

 

Ce sont des anciens combattants, sans arme, que le Cartel des gauches a fait tuer le 6 Février 1934

 

Les morts du 6 février :

– AUFSCHNEIDER Alphonse, mort pour la France
De Schiltigheim (Bas-Rhin), 37 ans, valet de chambre, tué d’une balle au cœur près de la place de la Concorde. Il était ligueur d’Action française.
– CAMBO Costa, mort pour la France
42 ans, d’origine hellénique, naturalisé Français, musicien sans travail, mort le 9 février des multiples blessures reçues dans la nuit du 6. Allié d’Action française.
– CHEYNIER LE JOUHAN DE NOBLENS Gratien, mort pour la France
55 ans, industriel, ancien combattant, frère de trois combattants morts pour la France, marié et père d’un enfant de 7 ans ½, membre de la Solidarité française. Atteint d’une balle entre les yeux.
Il fut frappé et piétiné avec un acharnement bestial, comme le prouvent les nombreuses contusions et fractures du crâne, du nez et de la mâchoire que l’on releva sur lui. Il décéda quelques heures après son transport à l’hôpital Beaujon.
– COUDREAU Raymond, mort pour la France
49 ans, commis-livreur dans une mercerie en gros ; n’appartenant à aucune association politique, veuf et père de six enfants, dont deux en bas âge.
– ETHEVENEAUX Louis, mort pour la France
25 ans, garçon charcutier, reçut, près de la Madeleine, un coup de matraque d’un policier et mourut d’une fracture du crâne.
– FABRE Jean-Eloi, mort pour la France
Etudiant en médecine, interne à l’hôpital Saint-Joseph, membre des Jeunesses patriotes, tué d’une balle au cœur devant le pont de la Concorde. Il avait été blessé en 1925, lors d’un guet-apens organisé rue Damrémont par les communistes.
– GARNIEL Lucien, mort pour la France
Garçon boucher, 16 ans, blessé d’une balle qui l’atteignit à la colonne vertébrale, mort le 1er novembre, après une longue et douloureuse agonie.
– Mlle GOURLAND Corentine, morte pour la France
Femme de chambre, 34 ans, tuée d’une balle à la tête sur la terrasse de l’hôtel Grillon, place de la Concorde.
– JAVEY André, mort pour la France
39 ans, n’appartenant à aucune association politique, ancien combattant, blessé aux Eparges, croix de guerre. Succomba à ses blessures le 11 février.
– LABOUCHEIX Marius, mort pour la France
Directeur administratif de la société « L’Energie industrielle », ancien combattant, laisse deux orphelins, frappé d’une balle en arrivant près de la place de la Concorde.
– LALANDE Raymond, mort pour la France
Menuisier et tapissier d’autos, 24 ans. Atteint sur la place de la Concorde d’une balle qui lui fit éclater le tibia. Succomba des suites de sa blessure le 5 février 1936. S’était inscrit aux Camelots du Roi après le 6 février.
– LAMMERT Henri, mort pour la France
31 ans, officier mitrailleur de réserve, gérant d’un hôtel meublé appartenant à ses parents. Ne faisant partie d’aucune association politique. Tué d’une balle dans le dos, sur la place de la Concorde. Il laissait une veuve sur le point d’accoucher.
– LECOMTE Jules, mort pour la France
35 ans, engagé dans la marine à 19 ans embarqué sur les patrouilleurs de la division de la Loire, ouvrier à l’usine Renault, succomba le 12 février, ayant reçu une balle dans le ventre. Marié, sans enfant, il était Ligueur d’Action française et chef d’équipe de Camelots du Roi.
– LIEVIN Charles, mort pour la France
Cuisinier, 34 ans, blessé le 6 février 1934 d’une balle à la colonne vertébrale, mort le 6 décembre 1935, après vingt et un mois d’atroces souffrances, laissant une femme sans ressources.
– MEZZIANE Ali, mort pour la France
28 ans, musulman, membre de la Solidarité française, manœuvre en chômage, écrasé par un camion de la police lancé à toute allure, puis achevé à coup de pied et de matraque. Mort le 7 février.
– MOPIN Jean, mort pour la France
24 ans, atteint à la colonne vertébrale, mort le 7 décembre d’une infection généralisée, après de longs mois de souffrances héroïquement supportées. Il a été inhumé à Compiègne.
– MUNNIER Albert, mort pour la France
27 ans, comptable, depuis quelques mois sans travail, tué d’une balle de révolver dans la tête, rue Boissy-d’Anglas. Il était marié et père d’un bébé de 18 mois.
– PEUZIAT René-Alain, mort pour la France
29 ans, frère du champion cycliste, n’appartenant à aucune association politique.
– ROSSIGNOL Raymond, mort pour la France
37 ans, industriel, ancien combattant, membre des Jeunesses patriotes, officier de réserve de cavalerie, marié, père d’un enfant de 12 ans, tué d’une balle de révolver en pleine tête devant le pont de la Concorde.
– ROUBAUDI Georges, mort pour la France
36 ans, industriel, directeur d’une grande maison d’importation et d’exportation de soierie occupant 200 ouvriers, ancien combattant, engagé volontaire à 17 ans, croix de guerre avec deux citations, marié et père de trois enfants dont l’aîné n’avait pas 6ans. Ligueur d’Action française et membre de l’Association Marius Plateau.
– SOUGARY Alfred, mort pour la France
30 ans, dessinateur, membre de l’Association des Décorés de la Légion d’honneur au péril de leur vie, fut tué à coups de matraque et relevé la colonne vertébrale complètement disloquée.
– VAURY Henri, mort pour la France
39 ans, ancien combattant.

( 2 février, 2020 )

L’ONU souligne les efforts du Pape Pie XII pendant la Seconde Guerre mondiale

 

Lu sur « le Salon Beige »

 

Le 27 janvier a marqué le 75e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz. “Il est temps pour la vérité!”, a déclaré Michael Hesemann, un historien et auteur du livre «Le Pape et l’Holocauste», au siège du Conseil de tutelle des Nations Unies, l’un des six principaux organes de l’ONU. Depuis que la résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2005 a institué le 27 janvier Journée internationale de commémoration de l’Holocauste, d’innombrables commémorations ont lieu dans le monde. Mais le 27 janvier 2020, c’est la première fois que les Nations Unies ont organisé un événement consacré au thème

«Se souvenir de l’Holocauste: les efforts documentés de l’Église catholique pour sauver des vies».

Michael Hesemann explique :

“Quand, enfin, en mars, les archives du Vatican ouvriront leurs dossiers du pontificat de Pie XII, il n’y aura plus d’excuse”. «Le monde doit reconnaître ce que ce grand pape a fait pour sauver le plus de Juifs possible

L’année dernière, le pape François a annoncé que le 2 mars 2020, toute la documentation du Vatican sur la période de 1939 à 1958 sera ouverte, ce qui rendra le pontificat de Pie XII accessible à la consultation des chercheurs et des universitaires.

Pourtant, cela ne signifie pas qu’il n’y avait pas de documentation disponible jusqu’à présent pour montrer des preuves de ce que Hesemann a dit:

“Grâce à plus de 40 interventions diplomatiques, en en cachant des milliers même à Rome et en obtenant autant de visas que les gouvernements du monde étaient disposés à accorder, il a sauvé environ 947 000 vies juives”.

Il dénonce les «fausses nouvelles» diffusées sur

«un saint pape, qui ne mérite que reconnaissance et gratitude et doit être déclaré le saint patron des réfugiés et des aides-réfugiés! »

L’événement était parrainé par la Mission permanente d’observation du Saint-Siège et la Fondation Pave the Way, cofondée par son président, Gary Krupp. Krupp, qui est juif, était un enfant lorsque Pie XII était pape. Il a rappelé son engagement à nettoyer l’image de Pie XII des taches de la «légende noire» du «pape d’Hitler», qui le dépeignait comme silencieux tandis que 6 millions de Juifs étaient abattus.

Le principal objectif de la Fondation Pave the Way est d’éliminer «les barrières de désinformation qui attisent la méfiance entre les religions». Krupp a expliqué que depuis 2006, la fondation

«a consacré des milliers d’heures à dénicher des documents primaires provenant de sources pour prouver que le Saint Siège et Pie XII ont sauvé plus de Juifs que tous les chefs religieux et politiques du monde réunis. »

Grâce à la fondation, plus de 76 000 pages de cette documentation, ainsi que des interviews vidéo de témoins oculaires, sont disponibles gratuitement en ligne.

( 23 janvier, 2020 )

Le 22 janvier 1941, c’était aussi l’arrestation d’Honoré d’Estienne d’Orves

 

Lu sur Boulevard Voltaire.

 

Ajoutons qu’Honoré d’Estienne d’Orves était royaliste

 

Alors que ce matin même, j’eus l’immense privilège d’assister à une remise de bérets à de jeunes commandos de l’air, bercés dans ce froid d’hiver par les accents fougueux et impétueux de « La Marseillaise » et du « Kyrie des Gueux », la date du 22 janvier s’est imposée d’elle-même.

Non pas tant comme celle d’un simple devoir de mémoire, mais plutôt comme le rappel de cette ardente obligation de se sentir patriote et d’espérer encore en la France.

En effet, c’est un 22 janvier que l’héroïque Honoré d’Estienne d’Orves était arrêté à Nantes, après avoir été dénoncé par son radio qu’il croyait son complice et qui ne fut qu’un lâche.

Je n’aurais pas la prétention de vouloir retracer l’ensemble de la vie d’Honoré d’Estienne d’Orves, désigné communément comme le « premier martyr de la France libre ».

Toutefois, en ces temps de déréliction, où l’exaltation de ce qui par trop national paraît suspect, la mort du capitaine de corvette d’Estienne d’Orves interpelle et nous oblige.

Elle nous oblige car cet homme, dont le tribunal militaire allemand en charge de son procès ira jusqu’à demander sa grâce au Führer, n’a jamais renié ni sa foi dans la France catholique ni son espérance de triompher de l’ennemi. Ennemi qu’il considérait, d’ailleurs, en patriote qu’il devait être, comme le rappelle la phrase qu’il prononça avant d’être fusillé au magistrat allemand qui le condamnait : « Monsieur, vous êtes officier allemand. Je suis officier français. Nous avons fait tous les deux notre devoir. Permettez-moi de vous embrasser. »

Admettons qu’un tel comportement soulève l’espoir le plus fou. L’espoir de penser que quelques hommes de conviction peuvent encore demeurer parmi nous et qu’ils ne craindront pas de désigner les ennemis mortels de la civilisation française.

Car c’est bien à cet acte de résistance et de sursaut que nous convie cette triste date de l’arrestation d’Honoré d’Estienne d’Orves. Elle désigne aussi toute la profondeur du courage et du panache français, que l’exemplarité d’un homme incarna à travers une aristocratie de sang et de cœur.

Bastien Gorse

Docteur en histoire contemporaine
( 4 mai, 2019 )

27 avril 1994 : le début du naufrage de l’Afrique du Sud

 

Lu sur « Le Salon Beige »

 

En Afrique du Sud, le 27 avril 1994, il y a donc 25 ans, se tinrent  les premières élections multiraciales. Grâce à elles, l’enfer de l’apartheid allait être oublié et le paradis sur terre allait advenir puisque,  des fontaines de la démocratie non raciale allaient couler le lait et le miel. Alléluia !

Vingt-cinq ans plus tard, les illusions ont été dissipées et le pays a sombré :

    • Taux de chômage officiel, 27,7% (taux officieux 40%).
    • Chômage des jeunes âgés de 15 à 34 ans, 38,8% selon le  taux officiel.
    • PIB en chute libre : 3,5% en 2011 ; 2,6% en 2012 ; 1,9% en 2013 ; 0,6% en 2016 ; 1,3% en 2017 et 0,8% en 2018, alors qu’il faudrait 7% durant plusieurs décennies pour simplement stabiliser la pauvreté.
    • Economie entrée en récession technique depuis  2018.
    • Revenu de la tranche la plus démunie de la population noire inférieur de près de 50% à celui qu’il était sous le régime blanc d’avant 1994.
    • Un habitant sur trois survivant  grâce aux aides sociales, le Social Grant.
    • A l’exception de l’agriculture, branche encore contrôlée par les Blancs, tous les secteurs économiques sud-africains sont en recul ou en faillite, à commencer par les industries de main d’œuvre (textile, vêtement, chaussures), qui n’ont pu résister aux importations chinoises. Quant aux secteurs de la mécanique dans lesquels, avant 1994, l’Afrique du Sud produisait la majeure partie des pièces dont ses industries avaient besoin, ils sont moribonds.
    • Les mines ont sombré. En raison des pertes de production et des coûts d’exploitation en hausse constants, nombre de puits secondaires ont fermé, entraînant  la  mise à pied de dizaines de milliers de mineurs. Pour maintenir la production, il aurait fallu investir des sommes colossales, mais le climat social, la corruption et l’insécurité ont découragé les investisseurs qui ont préféré faire glisser leurs activités vers des pays moins incertains.
    • L’industrie minière est pénalisée par les coupures de courant à répétition car la compagnie publique Eskom, littéralement pillée par ses nouveaux dirigeants nommés par l’ANC a vécu sur l’héritage laissé par le régime blanc sans procéder aux investissements indispensables. Résultat : les mines qui représentent aujourd’hui 10% du PIB sud-africain, qui emploient 8% de la population active et qui sont le premier employeur du pays avec 500.000 emplois directs, ont  perdu plus de 300.000 emplois depuis 1994.
    • La criminalité  fait de l’Afrique du Sud un des pays les plus dangereux au monde.
    • L’exceptionnel maillage médical a disparu.

Face à ce désastre, regardons en arrière. En 1994, quand, après avoir menti à son peuple, le président De Klerk hissa au pouvoir un Nelson Mandela bien incapable de le conquérir par les armes, il légua à l’ANC la première économie du continent, un pays doté d’infrastructures de communication et de transport à l’égal des pays développés, un secteur financier moderne et prospère, une large indépendance énergétique, une industrie diversifiée, des capacités techniques de haut niveau et la première armée africaine.

Libérée de l’ « oppression raciale », la « nouvelle Afrique du Sud » fut immédiatement la proie du parti prédateur ANC dont les cadres, aussi incapables que corrompus, eurent comme objectif principal leur propre enrichissement. Caricature du corrompu, le président Zuma fut évincé par un coup d’Etat interne à l’ANC qui mit au pouvoir  le vice-président Cyril Ramaphosa. A cette occasion, le monde médiatique entonna son habituel péan: débarrassée du « maffieux » Zuma remplacé par le « vertueux »  Ramaphosa, l’Afrique du Sud allait pouvoir renouer avec l’héritage de  Nelson Mandela.

Or, comme je l’ai dit à l’époque, en dehors du fait qu’un Venda allait remplacer un Zulu, cette révolution de palais n’allait rien changer au pays. A un Jacob Zuma lié au gang indien Gupta, succédait en effet l’ex syndicaliste Cyril Ramaphosa qui avait trahi ses camarades mineurs en se vendant au patronat blanc. C’est en effet dans les conseils d’administration des sociétés minières au sein desquels il fut adoubé pour contrer les revendications des mineurs dont il avait été le représentant avant 1994, qu’il édifia sa colossale fortune !!!

Pris entre les pressions des milieux d’affaires pro-occidentaux dont il était la créature, et celles des tendances radicales-racialistes lourdes qui constituent le fonds de commerce de l’ANC et des partisans de Julius Malema, le nouveau président se trouva vite paralysé. Et, comme d’habitude, il utilisa l’habituel joker des politiciens de l’ANC aux abois, à savoir la dénonciation du bouc-émissaire représenté par les fermiers blancs.

25 ans après les premières élections multiraciales, et comme l’a dit avec justesse Julius Malema: « En Afrique du Sud, la situation est pire que sous l’apartheid  la seule chose qui a changé, c’est qu’un gouvernement blanc a été remplacé par un gouvernement de Noirs ». Avec une différence cependant : avant 1994 les Noirs ne mouraient pas de faim, ils étaient gratuitement soignés et éduqués, l’électricité fonctionnait, les pénuries d’eau étaient inconnues et la police faisait son travail.

Mais, tout cela appartient au passé car, entre 1994 et 2019, l’ANC, le mouvement de Nelson Mandela, a conduit l’Afrique du Sud vers un naufrage. Selon la Banque Mondiale, et bien que réalisant ¼ du PIB de tout le continent, le pays est aujourd’hui devenu un des 5 pays « les moins performants » d’Afrique, juste devant les Comores, Madagascar, le Soudan et le Swaziland…

En 25 ans de pouvoir, l’ANC a donc ruiné un pays prospère, le transformant en un Etat du « tiers-monde » dérivant dans un océan de pénuries, de corruption, de misère sociale et de violences.

Bernard LUGAN

( 4 mai, 2019 )

Kosovo, le plus gros bobard de la fin du XXe siècle ?

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Deux articles de Nicola Mirkovic et d’Antoine de Lacoste, publiés récemment sur ce site, saluent, à juste titre, celui du Monde diplomatique dans lequel Serge Halimi règle son compte à l’incroyable campagne de « bobards » à laquelle la quasi-totalité de la presse française a prêté son concours, pendant les 78 jours de la « guerre du Kosovo ». Il aura, en effet, fallu vingt ans pour que cette imposture et ses soutiens soient exposés crûment dans un organe de presse ayant pignon sur rue !

Cependant, l’attention portée exclusivement à ces 78 jours masque un fait plus important encore, à savoir que ces contre-vérités et inventions, aussi burlesques que criminelles, n’auraient pas été gobées par les opinions publiques si elles n’avaient été précédées de huit années d’un pilonnage tout aussi intense de fausses nouvelles visant à diaboliser la Serbie. Si cette désinformation a pu fonctionner si facilement, c’est qu’avait été instaurée dans nos médias une vision manichéenne dans laquelle les Serbes étaient le Mal absolu et leurs adversaires des anges purs.

Pendant la période des bombardements (dont le prétexte était un imaginaire risque de désastre humanitaire au Kosovo), quelques voix éclairées auxquelles il était impossible d’interdire l’accès aux médias, comme celle de Régis Debray, ont contribué à fissurer le mur de censure implicite derrière lequel les « bobards » se donnaient libre cours. Ces quelques voix qui réussirent à percer le mur de l’unanimisme complice ont permis, ensuite, à de vrais journalistes d’investigation comme Serge Halimi 1 et Pierre Péan 2de se glisser dans la brèche et de mettre au jour les manipulations sous-jacentes à cette sinistre propagande. Il n’en va pas de même concernant les bobards des huit années qui précédèrent. On a sans doute encore en tête la litanie des « informations » inventées de toutes pièces ou monstrueusement déformées (car les Serbes, naturellement, ne furent pas irréprochables !), mettant en scène les horreurs perpétrées par les Serbes, que nos médias ont déclinées sur tous les tons, en censurant impitoyablement toute contre-expertise (et pourtant, il en existait en abondance !) démontrant leur fausseté. Épuration ethnique des Croates puis des Kosovars, viols massifs, camps de la mort, incrimination de génocide à Srebrenica … la liste en est trop longue pour qu’on les rappelle ici. C’est sur ce terreau qu’ont pu prospérer les mystifications de la guerre du Kosovo, et ne pas le prendre en considération est se condamner à ne rien comprendre à l’hybris guerrière qui a saisi nos médias à cette occasion.

Sur tout cela, un quart de siècle plus tard, non seulement les opinions publiques restent totalement mystifiées, mais mieux : ces bobards continuent d’être entretenus dans nos médias, notamment à chaque fois qu’un ancien dirigeant serbe est traduit devant le Tribunal pénal international. Il est clair que tous ces bobards n’avaient qu’un but : préparer les opinions publiques à accepter, voire à désirer, l’agression militaire et le dépeçage de la Serbie. Non, le Kosovo n’est pas « le plus gros bobard de la fin du XXe siècle » ; ce n’en est que l’apothéose programmée. À quand la dénonciation, par Le Monde diplomatique, de la contribution des mêmes médias à cette « fabrication du consensus » ?

Notes:

  1. L’opinion ça se travaille, Agone, 2000
  2. Kosovo: Une guerre « juste » pour un État mafieux, Fayard 2013

    Maurice Pergnier

( 11 mars, 2019 )

11 mars 1963 : mort du colonel Bastien-Thiry , une reconnaissance symbolique ?

 

Lu sur « Boulevard Voltaire » cette très bonne analyse

 

Pendant très longtemps, la question de la légitimité française me tarauda l’esprit. M’inspirant des réflexions de Bertrand Renouvin, la meilleure approche que j’en faisais était celle consistant à dire que cette quête de légitimité passait, pour la France, par sa capacité à situer son action dans le projet historique de la nation. Et il est vrai que l’Histoire de France s’était bien écrite à travers la construction d’un État à même d’accompagner l’épanouissement de notre nation.

Toutefois, Philippe de Villiers, dans son ouvrage consacré à Clovis, Le Mystère Clovis, offre la définition la plus pertinente qui soit. En effet, tout l’enjeu de la légitimité française réside dans le difficile équilibre à trouver entre l’obéissance et la discipline. L’obéissance aux règles élémentaires qui définissent la vie en cité, c’est-à-dire les lois d’un État : la potestas. La discipline envers des principes moraux qui nous dépassent et que nous respectons naturellement : l’auctoritas.

C’est en cela que la mort du colonel Bastien-Thiry est loin d’être anodine dans ce cycle historique, car elle signe la fin ou, du moins, une sérieuse remise en cause de la légitimité française, en ce sens qu’il s’agissait d’en finir avec un homme qui s’était dressé contre la potestas au nom de l’auctoritas. Car comment comprendre cette phrase, « Devant l’Histoire, devant nos concitoyens et devant nos enfants, nous proclamons notre innocence, car nous n’avons fait que mettre en pratique la grande et éternelle loi de solidarité entre les hommes », si ce n’est sous l’angle d’une transcendance poussant l’homme à agir au nom d’un idéal presque chevaleresque.

L’action du colonel Bastien-Thiry surgit de ce sentiment de trahison, que l’on partage ou non, né de la transformation d’une victoire militaire acquise sur le terrain en une défaite politique (les accords d’Évian) sans précédent, que la France n’a toujours pas soldée, étant donné qu’elle en paie encore les dommages collatéraux : repentance à outrance, immigration extra-européenne…

Au-delà de la rancune personnelle qui opposa le général de Gaulle à son assassin d’un jour, condamner à mort le colonel Bastien-Thiry revenait à accepter implicitement qu’il avait eu raison sur l’interprétation de ce conflit national mais qu’il était impossible, pour l’autorité politique, de le reconnaître et qu’encore une fois, la potestas, le pouvoir légal, avait les moyens de taire cette vérité.

Le geste du colonel, aussi désespéré ou aussi justifié soit-il, n’était pas légal, il en paya le prix fort, mais totalement légitime, puisqu’il s’agissait de refuser que la notion d’intérêt général, jusqu’alors incarnée par la France, soit foulée aux pieds. Maintenir jusqu’au bout sa condamnation à mort signifia que l’État, et non la France soyons-en sûrs, était prêt à compromettre sérieusement ce qui l’avait animé jusque dans sa construction : la défense de son intégrité territoriale, politique et morale, en somme, de ses intérêts souverains.

Bastien Gorse

 Docteur en histoire contemporaine
( 20 février, 2019 )

Roland Dumas : « BHL se prend pour le ministre des Affaires étrangères. Je n’ai aucune sympathie pour ce flibustier de la politique. »

 

lu sur « lafautearousseau »

 

Cette note de Roland Dumas, alors ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand, date d’il y a vingt-six ans. C’était en 1993 … Déjà ! Est-il utile d’ajouter que les jugements que Dumas et Mitterrand portent alors sur BHL nous paraissent valoir tout autant pour aujourd’hui ?  Flibustier de la politique … Permanence de sa capacité de nuisance …C’est à lire ! LFAR

Politiquement-incorrect (1).jpg9 janvier 1993 

Nous sommes en pleine crise d’hystérie à propos de la Bosnie. Monsieur Bernard-Henri Lévy se prend pour le ministre des Affaires étrangères. Il multiplie les déclarations et fustige notre prétendu immobilisme à propos de la guerre en Bosnie. Je n’ai aucune sympathie pour ce flibustier de la politique et son omniprésence médiatique m’agace au plus haut point. (…).

À l’Élysée, je fais part à François Mitterrand de l’effet que les déclarations de Lévy suscitent au Quai d’Orsay. Comme à son habitude, il minimise et devant mon air furieux, que je ne cherche pas à dissimuler, il me « cajole » comme il sait si bien le faire :

« N’y prêtez pas attention, Roland, cela n’a aucune importance mais je suis obligé d’en tenir compte car il a une grande capacité de nuisance. Continuez votre action. Ne vous en préoccupez pas. »

Il est vrai que la marge de manoeuvre est faible. On ne peut démettre quelqu’un d’une position qu’il s’est lui-même arrogée. L’« affaire» aurait pu en rester là mais elle rebondit quand il invite chez Lipp le président bosniaque, Izetbegovic, en compagnie de Mmes Simone Veil, Élisabeth Guigou, Anne Sinclair, Claire Chazal et de MM. Dominique Strauss-Kahn, Harlem Désir et Dominique Bromberger. Au menu: pot-au-feu pour tout le monde, mais surtout photographes et télévision.   

Roland DUMAS

Politiquement incorrect, secrets d’Etat et autres confidences, carnets 19884-2014, Cherche Midi 2015

( 8 janvier, 2019 )

La paix refusée

 

 

Le 11 du 11e mois à 11h, jour de la Saint Martin 1918, le clairon sonnait l’armistice qui annonçait la fin des combats et la paix enfin retrouvée.

Je ne veux pas évoquer ici les quatre années de guerre et de durs combats. Cela a été largement fait ces dernières années.  J’ai choisi un thème oublié des commémorations nombreuses de ces quatre années du centenaire de la Grande Guerre.

1917, l’Europe déchirée

En 1917, l’Europe est à feu et à sang. L’enfer est à Verdun, l’offensive du Chemin des Dames est un désastre pour l’armée française. L’armée Belge est encerclée, partout, les combats sont acharnés, la Révolution Bolchevick fait rage en Russie, la guerre sous-marine s’étend sur nos côtes… Comment cette guerre civile européenne, selon l’expression de Lyautey, a-t-elle pu prendre une telle ampleur ?

Je ne veux pas rappeler ici l’enchaînement des alliances et la mobilisation pour la guerre. Cela a été dit et commenté en ces années du centenaire 1914-1918. Il importe quand même de dire, et cela n’a pas été fait, qu’à la veille du conflit, le peuple Alsacien-Lorrain rejetait fermement une guerre qui ne pouvait qu’être désastreuse pour lui.Elle l’a été, surtout chez nous, au long de la vallée de la Seille qui marquait la frontière.

La France, il est vrai, cherchait à justifier son désir de revanche militaire de l’humiliationde 1870… La propagande nationale, relayée par les écrivains, les journalistes et les conférenciers avides de popularité, disaient, écrivaient, répétaient que l’Alsace-Lorraine gémissait sous la botte prussienne. L’image était mensongère, mais il fallait justifier la revanche à venir.

A cette époque, le ReichslandElsass-Lothringen aspirait à accéder à devenir un Etat-frontière indépendant tout comme la Suisse ou le Luxembourg… Un trait d’union entre France et Empire Germanique. D’ailleurs, le 9 mars 1913 à Mulhouse se déroulait un important congrès à ce sujet. Il fut suivit d’une proclamation du peuple Alsacien-Lorrain qui préconisait une entente cordiale, franche et honnête, entre la France et l’Allemagne avec la création de cet Etat tampon entre les deux pays. Le projet fut vivement critiqué et vigoureusement rejeté en France.

Mais notre sujet concerne ici les tentatives de paix, notamment en 1917. Ce thème important a pourtant été oublié lors des diverses commémorations et de l’abondante littérature publiée ces dernières années.

 

Le 2 novembre 1916, l’empereur d’Autriche et roi de Hongrie, François-Joseph, décédait. L’héritier direct ayant été assassiné à Sarajevo, (entre parenthèses, notons ici que les membres du commando de La Main Noire, qui avaient perpétré l’assassinat, avaient été entraînés en France, près de Bordeaux). C’estdonc Charles de Habsbourg-Lorraine qui devenait à son tour empereur d’Autriche et roi de Hongrie. Il avait alors 29 ans et son épouse Zita de Bourbon-Parme 24 ans.

Officier au 7e Dragons de Lorraine, son régiment, Charles était sur le front dès les premiers jours de la guerre tentant d’améliorer le sort de ses soldats, des blessés et des prisonniers.

Dès son investiture d’empereur et roi, il s’emploiera aussitôt à rétablir la paix, mais cela n’était pas compris de son entourage. Malgré la vaillance des troupes austro-hongroises qu’il avait pu observer sur les différents fronts, il se rendait compte, que malgré l’orgueil prussien, les puissances centrales ne pouvaient sortir victorieuses de ce conflit. Mais surtout, Charles voulait mettre fin aux carnages. Il devait déclarer : « Mon unique but est de mettre fin le plus tôt possible à cette tuerie. Je veux, je dois faire tout ce qui dépend de moi pour conclure la paix ».

Malgré la situation où chacun des belligérants avait l’espoir d’améliorer ses positions, Charles avait de son côté amorcé une démarche de négociations par l’intermédiaire de ses beaux-frères Xavier et Sixte de Bourbon-Parme qui servaient alors dans l’armée Belge.

Le 23 mars 1917, les princes Sixte et Xavier se rendent à Vienne avec l’accord de Raymond Poincaré, mis au courant des projets de négociation, en vue d’une paix souhaitée. Après une nouvelle entrevue le 8 mai, les deux princes reviennent à Paris avec les propositions de l’empereur qui devaient conduire à la paix. Dans ses propositions Charles se déclare disposé à soutenir la France dans ses revendications concernant l’Alsace, la partie Lorraine annexée et souhaite le rétablissement de l’intégrité de la Belgique. Seulement les vues de Charles vont totalement à l’encontre des conceptions du Kaiser Guillaume II.

 

L’entente » dédaigne l’offre de Paix

 

Le 1er aout 1917, le pape Benoît XV intervient en faveur de la paix. Il adresse un message aux puissances en conflit en les invitant à terminer la guerre. La note pontificale reprenait les positions de l’empereur Charles, mais l’initiative papale devait être défavorablement accueillie par les deux camps et rejeté par tous les chefs d’état ou de gouvernement à l’exception de Charles 1er.

Officiellement, la France est hostile au message du pape. L’Allemagne qui avait alors l’avantage sur presque tous les fronts est également opposée à un arrangement en faveur de la paix. Cependant, la France et la Grande-Bretagne négocient secrètement avec les représentants de l’empereur Charles.

Poincaré, Briand et Painlevé cherchent la paix de compromis…      Malheureusement, Clémenceau et Jules Cambon sont particulièrement hostiles aux Habsbourg et n’entendent pas négocier. Pourtant les terribles combats ont lieu sur le sol Français entre nos soldats et les armées Allemandes. Mais, dans les milieux politiques et intellectuels règne une opposition farouche aux Habsbourg dont on souhaite la destruction de leur empire afin de créer un Etat Tchécoslovaque. Mazarick, fondateur de cet Etat a, de son côté, beaucoup intrigué en intervenant auprès des Américains contre l’Empire des Habsbourg en vue de l’installation d’un gouvernement démocratique qui sera alors reconnu des puissances alliées.

Ce projet est particulièrement soutenu par le Grand Orient de France qui avait pris position lors d’un important convent international pour le démantèlement du trop catholique empire Austro-Hongrois. Les activistes Tchèques Masaryk et Benes, font alors pression sur le gouvernement français avec le soutien actif de l’anticlérical Clémenceau, vigoureusement hostile aux Habsbourg, considérés par lui comme les suppôts du pape.

En août 1917, les négociations franco-autrichiennes semblaient en bonne voie. L’échec est venu des oppositions formulées par le franc-maçon Wilson et les maçons Français, britanniques, italiens et notamment à l’hostilité du sectaire Sonnino, représentant du gouvernement italien qui déclarait que « la paix ne peut sortir que de la victoire des armes ». A l’heure de cette déclaration martiale, les cadavres Français et Allemands s’entassaient sur les pentes disputées du Chemin des Dames. De son côté, le comte Czernin, arrogant ministre des affaires étrangères, en désaccord avec son empereur, sabota la politique impériale. Ajoutons à cela que les idées démocratiques émancipatrices des Etats-Unis s’accordaient fort mal avec le maintien de l’Empire.

Rare furent les Français qui eurent conscience de ces volontés obstinées de guerre à outrance. Dans l’incompréhension générale, les contemporains étaient uniquement attentifs au choc des armes. Aristide Briand contestait pourtant les menées autoritaires de Clémenceau. De même, Raymond Poincaré note dans son journal : « … Aucune nouvelle de Clémenceau, qui décide seul du sort de la France, en dehors des chambres, en dehors du gouvernement, en dehors de moi ! »

Anatole France écrivait alors : « L’empereur Charles a offert la paix ; c’est le seul honnête homme qui ait paru au cours de la guerre, on ne l’a pas écouté. L’empereur Charles veut sincèrement la paix, tout le monde le déteste ! »

La paix étant refusée au printemps 1917, la rallonge de la guerre de 15 mois faisait alors300.OOO morts supplémentaires, 400.000 disparus et 1.360.000 mutilés.

Le nouveau gouvernement Clémenceau exige alors l’application d’une politique intérieure de guerre. Il annonce: « Nous nous présentons devant vous dans l’unique souci d’une guerre intégrale… » Son programme, selon sa déclaration est : « Faire la guerre jusqu’au bout, couper court aux négociations, briser le défaitisme. »  Clémenceau surnommé « Le Tigre » a obstinément refusé les offres de paix, celles de Charles Habsbourg-Lorraine et la paix demandée par le pape Benoît XVqui était déjà intervenu en faveur d’une paix négociée. Les Français avaient massivement rejeté sa demande, estimant alors que le souverain pontife soutenait l’Allemagne Impériale. A sa nouvelle demande en août 1917, Clémenceau refuse alors les propositions de celui qu’il nommait « le pape Boche »

Le redoublement de fureur sanguinaire a marqué la troisième année de guerre qui accumula les deuils, ruines et désastres.

 

La guerre terminée conduira au démantèlement de l’empire des Habsbourg, allié naturel de la France depuis Louis XV.  La monarchie Austro-Hongroise s’est effondrée surtout parce qu’elle avait été condamnée à mort par les alliés. Les sectaires de la laïcité ont voulu le démantèlement total de cet état catholique par simple fanatisme idéologique. Ils ont refusé la paix pour instaurer dans le sang de nos soldats le régime de leurs vœux. Il fallait à tout prix républicaniser l’Europe.

 

On n’a plus voulu des Habsbourg, nous avons eu Hitler et Staline à la place ainsi que les récents conflits en Europe centrale, notamment en Bosnie-Herzégovine.

 

La destruction de l’Autriche-Hongrie aura été un crime contre la civilisation européenne. On s’est acharné à démanteler l’empire Austro-Hongrois, sans diviser l’Allemagne prussienne pourtant jugée responsable de la guerre.Car, c’est bien l’Allemagne qui nous avait déclaré la guerre le 3 août 1914.

C’estla Prusse dominante qu’il fallait vaincre et réduire à l’impuissance. Les démocraties en ont décidé autrement. Une nouvelle histoire de l’Europe débutait. Fallait-il s’en réjouir ? A chacun d’en tirer des conclusions…

 

Jean-Marie Cuny

 

Bibliographie

-           Les Cahiers de l’Histoire. Année 1917. Décembre 1967, p. 45 à 80.

-           Michel Dugast Rouillé : Charles de Habsbourg, le dernier empereur.

-           Henry Bodgan : Histoire des Habsbourg (Ed. Perrin).

-           FrançoisFejtö : Requiem pour un Empire défunt. Histoire de la destruction de l’Autriche-Hongrie (Ed. Lieux communs1988).

-           Ch. Zorghibe : Histoire des relations internationales 1871-1918 (Ed. Hachette).

-           Jean Sévilla : Zita, impératrice courage (Ed. Perrin).

-           Patrick Germain : Charles et Zita (Ed. France-Europe.

-           PierriZind : Alsace-Lorraine, une nation interdite, 1870-1940 (Ed. Copernic)

-           Le XXe siècle, de 1914 à nos jours (Ed. Point-Seuil, Paris).

-           Philippe Pasteau : 1914-1918, Des Combattants Tourangeaux.

-           Cyrille Debris : De choses et d’autres (Presses de la Délivrance. 2018)

-           Dossier Politique Magazine n°24.

-           Monde et vie : L’Europe retrouvée. N°945.

-           La Revue Lorraine Populaire n°197, L’Europe déchirée.

-           La Nouvelle Revue Lorraine n°47, La Paix méprisée.

-           La Nouvelle Revue Universelle n°47, Le Laïcisme contre la Patrie.

-           L’offre séparée de l’Autriche par le Prince Sixte de Bourbon, docteur en droit.                           5 décembre 1916-12 octobre 1917. (Librairie Plon. Paris 1920.

( 21 novembre, 2018 )

Une Victoire de 1918 au goût amer pour les royalistes ?

 

Lu sur le blog de Jean-Philippe Chauvin

 

Pleuvait-il il y a cent ans comme il pleut aujourd’hui sur la région parisienne ? Je n’en sais rien mais cette grisaille extérieure incite à la lecture plus qu’à la promenade, et mon livre du jour, usé d’avoir été trop lu et relu, commémore, à sa façon, la fin de la guerre : c’est le recueil des notices nécrologiques que Charles Maurras avait écrites au fil des tristes nouvelles venues du front, et qui constitue, sous le titre explicite de « Tombeaux », une sorte de « cimetière » des royalistes d’Action Française et, sans doute, du « jeune royalisme » né dans les années 1890 autour d’Eugène Godefroy et de la « Jeunesse Royaliste », et poursuivi, d’une certaine manière, plus « intellectuelle et violente », par les Camelots du Roi de Maxime Real del Sarte et les étudiants monarchistes d’Henri Lagrange. Je ne suis pas certain que l’AF se soit jamais remise de ce choc de 14-18, si son histoire et sa « nécessité » peuvent, elles, se poursuivre au-delà de la guerre : les situations et conditions des lendemains de la guerre n’ont plus grand-chose à voir avec le monde d’avant-1914, et la Victoire de 1918 apparaît, malgré le sacrifice de dizaines de milliers de monarchistes, comme le triomphe sanglant de la République, comme le souligne la plupart des livres et articles parus à l’occasion du centenaire du 11 novembre 1918. A lire les dernières lignes de « Tombeaux », j’ai la certitude que Maurras lui-même a saisi cette dimension particulière de la Victoire, et qu’il cache son amertume derrière une colère qui, elle, n’est pas feinte.

Ces pages ultimes de l’ouvrage évoquent l’inhumation définitive dans l’hiver 1921 du jeune Pierre Villard dont l’important héritage financier permettra la naissance et la publication durant un quart de siècle de La Revue Universelle fondée et dirigée par Jacques Bainville. Elles forment une sorte de déambulation entre paysages des territoires de la guerre et souvenirs des espérances des débuts de l’Action Française, quand Maurras parcourt en train la distance qui sépare Paris de Verdun. Il y a une mélancolie certaine de Maurras, teintée d’une amertume qui se transforme en colère, cette sorte de « furia francese » dont Maurras, jadis polémiste de conquête, deviendra coutumier, non sans certaines raisons, et que le général de Gaulle, « ce maurrassien pressé d’agir » comme le nommera un rédacteur de la revue étudiante Insurrection en 1993, résumera par une formule bien trouvée : « Il a eu tellement raison qu’il en ait devenu fou ! ».

C’est la remémoration qui semble accaparer une grande part du papier sur lequel court la plume de Maurras, et une leçon d’histoire nationale éminemment politique, mais qui sonne aussi comme un regret, ou comme une nostalgie, selon les lignes, mais sûrement pas comme un abandon : « Des esprits irréfléchis avaient beau jeu à accuser la légèreté française et à se tourner contre le génie et l’âme de la patrie. Mais la critique la plus aiguë d’un Pierre Villard n’avait pas à se charger de cette impiété. La France est exonérée dès que l’étude du régime a su faire apparaître les lacunes, les contradictions, les misères du gouvernement des partis. On gère mal l’État quand on change plus de soixante fois de ministère en moins de cinquante ans. On ne prépare ni la paix ni la guerre quand l’autorité et l’unité manquent à la direction politique. Un gouvernement de valeur moyenne et qui dure vaut mieux que trente-six gouvernements tapageurs dont les contradictions successives font tomber leur ensemble au-dessous de zéro.

« (…) Comment ces vérités indispensables à l’avenir étaient-elles cantonnées dans un monde relativement limité ? Comment toute l’élite morale et sociale ne mettait-elle pas en commun ses ressources en vue de la restauration de la Monarchie ? C’était le scandale de la jeunesse de Pierre Villard. Ainsi et ainsi seulement, pensait-il avec raison, l’on pourrait aboutir. » Mais la guerre a brisé l’élan monarchiste et la boue des tranchées a enterré plus sûrement la contestation royaliste que tous les arguments, défaits par les faits, de la République… Est-ce vraiment un hasard si, sur les quinze secrétaires généraux des étudiants d’Action Française d’avant-1914, treize trouveront la mort dans cette Grande Guerre, privant le mouvement royaliste des énergies les plus vives et les moins stériles ?

 

Une Victoire de 1918 au goût amer pour les royalistes ? dans histoire achille-patrocle-fuseli

Maurras doit désormais se contenter d’établir un bilan et de rappeler l’histoire sans les moyens humains de la faire, ou de l’orienter différemment de la République : « Nos rois n’aimaient pas la guerre, mais ils savaient la préparer, la conduire, la terminer, l’utiliser : nous l’avons vu depuis la mort de Pierre Villard, notre paix démocratique, cette prétendue paix des peuples dictée par un consortium de banquiers à nos armes victorieuses, ne vaut pas non plus la paix de nos rois. » Effectivement, la suite lui donnera raison, malheureusement (et Maurras sera le premier à le regretter pour l’avoir tant annoncé et dénoncé) et douloureusement, et la guerre, la défaite, l’occupation, l’infamie même, seront au bout de cette paix des banquiers !

La colère de Maurras va croissante au fur et à mesure de l’article, comme si la main se crispait un peu plus à chaque phrase et à chaque minute, devant ce temps présent de 1921 qui prouvait un peu plus la malfaisance de cette République-là, pourtant dirigée alors par les conservateurs du « Bloc national » de la « Chambre bleu-horizon » et animée par les éclats de voix de son ami Léon Daudet, député royaliste d’Action Française depuis les élections de 1919. Une colère qui devient bientôt fureur quand il rapporte sa visite sur les bords de la Meuse, à Verdun : « Autour de nous, à perte de vue, s’étendait un paysage de pans de murs fauchés à hauteur d’homme, de maisons décoiffées ou bien rasées de haut en bas. Seule, neuve, presque riante, refaite de pied en cap, ailes et toiture, une grande boîte de brique, de pierre et d’ardoise carrait et étalait l’orgueil d’une renaissance égoïste qui, jusque dans cette demi-ombre, offensait.

« Je demandais qui était cette Nouvelle Riche.

Le guide répondit : – La Banque. »

Et Maurras d’exploser : « Ce n’était pas pour établir la sale royauté de l’or ou du papier que sont tombés tant de héros pleins d’intelligence et de vie. Devant la dictature financière que prépare la République, le souvenir des morts, royalistes ou non, ordonne d’en finir au plus tôt avec ce régime. »

 

main ensanglante dans histoire

Il est dommage que, au soir d’un « centenaire » si médiatisé, personne n’ait pensé à reprendre cette réflexion de Maurras, ce « nationaliste intégral » si amoureux de la vie, inconsolable et furieux de « la mort des meilleurs » : sa condamnation de la « sale royauté de l’or », qu’il fait au nom de la Royauté historique et nationale qu’il appelle de ses vœux, et qui termine ce « Tombeaux » oublié des historiens, n’est pas, elle, passéiste mais bien actuelle, au-delà de son année d’écriture et elle mérite répétition, diffusion et, surtout, exécution !

Jean-Philippe CHAUVIN

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