( 30 octobre, 2018 )

L’hypocrisie de la laïcité républicaine :

 

Texte du « Groupe d’Action Royaliste » à diffuser

 

Les républiques en France ont toujours été anticléricales par essence. Depuis la Convention jusqu’à la Cinquième, chacune à leur manière, elles ont lutté de façon acharnée contre la religion catholique.

Celle qui a ouvertement fait de l’anticléricalisme son cheval de bataille fut la Troisième république. Faisons d’ailleurs un petit bilan rapide et non exhaustif des lois antireligieuses qui furent votées durant cette période :

  • 1879 : Exclusion du clergé des commissions administratives des hôpitaux et des bureaux de bienfaisance;
  • 1880 : Suppression des aumôniers militaires. Interdiction aux magistrats d’assister en corps aux processions de la Fête-Dieu. Suppression de l’enseignement religieux dans les examens
  • 1881 : Suppression de l’enseignement religieux dans les écoles maternelles. Sécularisation des cimetières ;
  • 1882 : Crucifix enlevé des écoles. Suppression des aumôniers de lycées. Enseignement religieux interdit dans les écoles primaires.
  • 1883 : Interdiction aux troupes de paraître en corps aux cérémonies religieuses ;
  • 1884 : Suppression des prières à la rentrée du Parlement. Suppression des aumôniers dans les hôpitaux et de l’exemption des clercs du service militaire ;
  • 1886 : Exclusion des congréganistes de l’enseignement public. Organisation de l’école laïque
  • De 1901 à 1904 – Dissolution et spoliation des Ordres religieux. Suppression du crucifix dans les tribunaux. Suppression aux Congréganistes de tout droit d’enseigner.
  • Emile Combe alors ministre de l’Instruction publique et des Cultes, met en pratique ses convictions laïques et fait fermer en quelques jours plus de 2.500 écoles religieuses. Le 7 juillet 1904, il fait voter une nouvelle loi qui interdit d’enseignement les prêtres des congrégations.
  • Le 9 décembre 1905, le député socialiste Aristide Briand fait voter la loi concernant la séparation des Églises et de l’État. La loi s’applique aux quatre confessions alors représentées en France : le catholicisme, les protestants luthériens, les protestants calvinistes et les israélites. Elle clôture 25 ans de tensions entre la République et l’Église catholique, l’une et l’autre se disputant le magistère moral sur la société. La loi de séparation de l’église et de l’état (1905) avait prévu de remettre les bâtiments des églises à des « associations cultuelles », que les fidèles devaient constituer. Avant ce transfert de responsabilité, la loi organisa un inventaire des biens de chaque église.
  • 1907 – Suppression des aumôniers de la marine ainsi que de la formule : « Dieu protège la France », inscrite jusque-là sur les monnaies…
  • Etc…

 

L’hypocrisie de la laïcité républicaine : dans Articles de fond

« La separation de l’Eglise et de l’Etat », septembre 1903. Caricature de Rost ro. De gauche a droite : le general Andre, ?, Camille Pelletan, Jules Guesde , Pierre Waldeck-Rousseau, Pierre Delcasse, Emile Combes, Emile Loubet. Fran ce – 09/1903

Après ce bref bilan, on comprend bien que la religion catholique est un sérieux problème pour la république en France. Mais posons-nous la question : Pourquoi ? Pourquoi la religion catholique est-elle un problème aux yeux des républicains ? Qu’y a-t-il dans cette religion qui les dérange à ce point ? Pourquoi autant d’acharnement à faire disparaître le catholicisme en France ?

La religion catholique est-elle si néfaste que ça pour notre civilisation et son développement ? Pourtant au regard d’un athée, qu’est-ce que la religion catholique si ce n’est une simple doctrine, voire une idéologie dotée d’un système de valeurs, avec pour maître à penser Jésus Christ ? L’article 10 de la charte de Droit de l’Homme de 1789, n’impose-t-il pas de considérer la religion comme n’étant qu’une simple opinion ? : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. »

Donc dans cette logique, pourquoi interdire cette « opinion » catholique ayant un minimum d’influence dans notre société au même titre que toutes les autres doctrines ou idéologies comme le socialisme, le libéralisme, le communisme, le nationalisme…etc ? Est-ce parce que cette « doctrine » est rattachée à une puissante organisation qu’on appelle l’Eglise ? Est-ce le fait que cette Eglise risquerait d’agir comme une sorte de lobby ou comme une puissance étrangère au sein de notre pays ? Mais dans ce cas-là pourquoi la république tolère-t-elle l’organisation maçonnique en son sein, ainsi que de nombreux autres lobbys ? Est-ce à cause de l’histoire de l’Eglise et de ses épisodes jugés peu glorieux, comme les Croisades, le massacre des Cathares, l’Inquisition, la Saint Barthélémy…etc. Et tout ce que l’imagination peut interpréter de plus négatif ! Pourtant encore une fois de plus si c’est ce seul reproche historique qui est fait à l’Eglise, alors pourquoi la république accepte-t-elle en son sein un parti communiste si l’on en juge la tragédie sanglante que fut cette idéologie au cours du XXème siècle ? Dans « Le Livre noir du communisme » l’historien Stéphane Courtois totalise le nombre de morts liés à cette idéologie autour des 100 millions, alors même qu’elle dura moins d’un siècle d’existence dans les différents pays qui la subirent…

Alors qu’est-ce qui ne va pas avec le catholicisme ? Pour mieux comprendre ou se trouve la problématique, il suffit de prendre connaissance des enseignements du Christ.

 dans Articles de fond

Le problème majeur que pose la religion catholique au regard de la république, c’est son rejet du règne de l’argent. N’oublions pas que l’une des premières choses que firent les révolutionnaires en 1791, a été de supprimer les corporations de métier avec interdiction de les recréer. En sommes, ils appliquaient les conséquences économiques du libéralisme  et l’apparition du prolétariat en fut la conséquence. L’argent devenait la valeur centrale sur laquelle tout se décidait. Alors que le Christ enseigne qu’on ne peut servir deux maîtres à la fois, Dieu ou Mammon ! Il rajoute aussi qu’il est plus aisé pour un chameau d’entrer par le trou d’une aiguille, que pour un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu. (Évangile selon saint Matthieu, XIX, 24)

Léon Bloy dans le « Désespéré » précisait également :

« Tout riche qui ne se considère pas comme l’intendant et le domestique du Pauvre est le plus infâme des voleurs et le plus lâche des fratricides. Tel est l’esprit du christianisme et la lettre même de l’Evangile.»

Avec l’esprit individualiste, base philosophique et anthropologique, il est clair que le christianisme n’a pas sa place dans le monde moderne !

Mais le pire encore aux regards des hommes d’argent c’est Paul Lafargue qui le précisa dans son « droit à la paresse » :

« Sous l’ancien régime, les lois de l’Eglise garantissaient au travailleur 90 jours de repos (52 dimanches et 38 jours fériés) pendant lesquels il était strictement défendu de travailler. C’était le grand crime du catholicisme, la cause principale de l’irréligion de la bourgeoisie industrielle et commerçante. Sous la Révolution, dès qu’elle fut maîtresse, elle abolit les jours fériés, et remplaça la semaine de sept jours par celle de dix afin que le peuple n’eût plus qu’un jour de repos sur dix. Elle affranchit les ouvriers du joug de l’Eglise pour mieux les soumettre au joug du Travail. »

Paul Lafargue – Le Droit à la Paresse – Henry Oriol Editeur, 1883 – p27 et 28

90 jours de repos pendant lesquels il était strictement défendu de travailler. Voilà qui a dû être en effet une abomination au regard d’un patronat du XIXe siècle, héritier des lois révolutionnaires de 1791, réduisant en esclavage le monde ouvrier incluant femmes et enfants, et faisant par jours des heures de travail inhumains, dans des conditions tout aussi déshumanisante…

Voilà ou se trouve, entre autre, le crime du catholicisme. C’est une religion qui, de par son rejet du matérialisme, met un frein à l’esprit d’usure donc au règne du capitalisme libéral.

La république, tout comme la démocratie, sont de ce fait des systèmes idéals pour l’épanouissement du règne de l’argent. Jean-Jacques Rousseau en avait lui-même fait l’aveu dans sa « Lettre à d’Alembert sur les spectacles » (1758). Il écrivait :

« Jamais, dans une monarchie, l’opulence d’un particulier ne peut le mettre au-dessus du prince ; mais, dans une république, elle peut aisément le mettre au-dessus des lois. Alors, le  gouvernement n’a plus de force, et le riche est toujours le vrai souverain. »

-Jean-Jacques Rousseau – Lettre à M. d’Alembert sur les spectacles, Paris, Hachette, 1896 – p172

De plus, la religion catholique est loin d’être anthropocentrique et individualiste, contrairement à ce que prône l’idéologie des Droits de l’Homme, glorifiant un Homme abstrait et le dotant essentiellement de droits sans devoirs !

Les Droits de l’Homme c’est la religion de ceux qui n’en n’ont pas !

Parce que le catholicisme ne favorise pas le règne de l’argent, ni la pratique de l’usure, parce qu’elle n’est pas une religion anthropocentrique et matérialiste, parce qu’elle interdit toute dépravation sexuelle et reconnaît les inégalités naturelles entre les hommes, sauf devant Dieu. Parce qu’elle ne favorise pas l’individualisme, mais prône au contraire la charité. Parce qu’elle considère la vie sur terre comme une préparation aux âmes à la vie éternelle, et non une recherche perpétuelle d’un bonheur hypothétique tinté d’hédonisme issu du monde matériel. Parce qu’elle ne favorise pas non plus le cosmopolitisme, ayant retenu les leçons de la Tour de Babel, mais aussi et surtout parce qu’elle s’oppose à toute considération idéologique de l’Homme en tant qu’homme nouveau sans aide de la Grâce Divine, si cher aux régimes totalitaires. Pour toutes ces raisons, on comprend maintenant pourquoi la république s’obstine à toujours vouloir évincer la religion Catholique de la sphère publique. D’autant plus que la république reposant sur un système de valeurs opposées est donc par essence satanique. Son acharnement contre la religion catholique en est d’autant plus logique. La République repose pour résumer sur l’antique conception du pouvoir de l’homme sur l’homme, en un mot de l’esclavage. C’est la pente sur laquelle se trouve une société dominée par un nouvel ordre mondial, entraînant les populations vers des délocalisations infinies, une soumission aux machines, dénoncée par Bernanos en son temps, et un nouvel esclavage des peuples !

On se rend compte aussi à quel point la déchristianisation de notre pays, nous a rendu faibles et inoffensifs face aux assauts répétés de nos adversaires… Expliquant de ce fait, l’état actuel de notre pays…

Historiquement, la société vers la fin des temps médiévaux s’est détourné de l’invisible, temps où les hommes vivaient humblement, assumaient leurs fautes, aidaient leurs prochain tout comme ils vivaient en communautés. C’était le temps de la féodalité, du respect et de la courtoisie, du sens de la parole donnée. Le matérialisme changea doucement les mœurs, amenant l’individualisme, colporté par la doctrine libérale. Les « Lumières » en firent leur idéologie, comprenant bien que pour réussir à faire pleinement éclore leur « religion » du progrès, il fallait briser la barrière du catholicisme, qui empêchait les hommes de faire du profit sur leur prochain. C’est ainsi que l’idéologie du mal triompha des anciennes structures sociales de l’Ancien régime. Le Roi étant chrétien, il fallut le renverser pour se débarrasser du catholicisme, la nouvelle idéologie triomphante se maquillant de vertu pour dénoncer les inégalités d’hier, afin de convertir le peuple français à ses idées…

Ainsi, pour lutter efficacement contre le catholicisme, la république, fille de la Révolution s’est dotée d’une arme redoutable : la laïcité. Elaborée et pilotée dans l’ombre des « Sociétés de pensée » anticléricales, cette laïcité que la république nous présente essentiellement comme un acte de neutralité de l’Etat et de respect de toutes les religions, s’avère être dans les faits une arme anticatholique particulièrement efficace.

Laissons s’exprimer les grands apôtres de cette laïcité pour s’en convaincre :

Le 24 juin 2003, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, recevait les représentants des obédiences maçonniques françaises. Voici un extrait de son discours : « La franc-maçonnerie a joué un rôle décisif dans l’affirmation du caractère laïc de la République. (…) Historiquement, la laïcité c’est d’abord un combat pour la consolidation de la République contre la religion catholique supposée monarchiste. »

Son propos est parfaitement juste. La Franc-maçonnerie, surtout depuis la Troisième république, a toujours fait de la lutte contre le catholicisme son cheval de bataille. Elle s’est acharnée durablement à détruire le catholicisme en France. Les citations à ce sujet ne manquent pas. Prenons par exemple cette citation d’Emmanuel Arago caractérisant la pensée maçonnique face à l’Eglise : « Plus de Dieu ! Plus d’Église ! Nous devons écraser l’Infâme ; or, l’Infâme, ce n’est pas le cléricalisme, c’est Dieu. Nous devons éliminer de la France toute influence religieuse, sous quelque forme qu’elle se manifeste» Jean Ousset in Pour qu’il règne – Dominique Martin-Morin Ed. Paris. pp. 244-245.

Ce n’est pas pour rien si le pape Léon XIII dans son Encyclique Humanum genus du 20 avril 1884, avait qualifié la Franc Maçonnerie d’association criminelle ! Avant malheureusement de soumettre les catholiques français à son idéologie par le biais du ralliement à la république huit ans plus tard…

On comprend mieux maintenant pourquoi la Femen ukrainienne Inna Shevchenko fut reçue le 14 novembre 2017 par Anne Hidalgo à l’Hôtel de Ville de Paris afin d’y recevoir son “grand prix international” de la laïcité, cérémonie présidée par l’ancien Grand Maître du GODF Patrick Kessel. Ces « salariées » ukrainiennes du riche proxénète Georges Soros, remerciées pour :

  • avoir Sciées une Croix à Kiev,
  • mimées un avortement puis urinées devant l’autel de la Madeleine à Paris,
  • gazées des familles avec leurs enfants défilant lors des Manifs pour tous,
  • tapées sur des cloches à l’intérieur de Notre-Dame de Paris, insulter le pape… Etc.

Le tout dans une ambiance d’hystérie et de slogans outranciers. Cela au nom d’un soi-disant féminisme à la gloire des femmes… Nous n’avons pas les mêmes valeurs, d’autant plus que les femmes doivent se sentir dégradées par de telles représentantes, que nous plaignons par ailleurs. Mais quand l’argent dirige, les êtres humains s’avilissent !

Et Patrick Kessel concluant la cérémonie avec cet aveux : «Nous somme anticlérical, mais pas antireligieux» Au moins c’est dit ! Même s’il est très difficile de croire que l’anticléricalisme n’a pas pour conséquence le sentiment antireligieux… Néanmoins Patrick Kessel associe bien anticléricalisme avec laïcité…

 

Avec Vincent Peillon, ancien ministre de l’éducation nationale du gouvernement Ayrault et disciple de Ferdinand Buisson, on va un peu plus loin : la laïcité devrait être ni plus ni moins qu’une religion. Selon lui, la révolution de 1789 n’a pas fait la révolution dans la morale et le spirituel. Même si à cette époque, certains révolutionnaires avaient lancé les cultes de la Raison et de l’Être suprême, cultes anthropocentriques issus de l’idéologie des Lumières, il faut reconnaitre qu’en dehors de ces délires, la république ne sut jamais remplacer véritablement le culte catholique qu’elle s’acharne à détruire. La morale et le spirituel furent donc laissés momentanément à l’Eglise. Or pour Vincent Peillon, il faut rattraper le temps perdu et reprendre l’idéologie de la Révolution comme de la République qui en accoucha, bref créer une religion républicaine de substitution au catholicisme, et qui serait selon lui, la laïcité :

« Mais comme on ne peut pas non plus acclimater le protestantisme en France, comme on l’a fait dans d’autres démocraties, il faut inventer une religion républicaine. Cette religion républicaine, qui doit accompagner la révolution matérielle, mais qui est la révolution spirituelle, c’est la laïcité. Et c’est pour ça d’ailleurs qu’on a pu parler au début du XXe siècle, de foi laïque, de religion laïque, et que la laïcité voulait être la création d’un esprit public, d’une morale laïque, et donc l’adhésion à un certain nombre de valeurs. »

Or dans cette logique, si la laïcité est une religion qu’en est-il alors des écoles laïques ? Elles deviennent de facto des écoles purement religieuses. Et quel serait le rôle de cette religion laïque au sein des écoles de la république ? Il le précise dans une interview du JDD : « Le but de la morale laïque est de permettre à chaque élève de s’émanciper, car le point de départ de la laïcité c’est le respect absolu de la liberté de conscience. Pour donner la liberté du choix, il faut être capable d’arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel, pour après faire un choix. »

Vincent Peillon interview au JDD le 1er septembre 2012

Voilà ! En sommes, faire de la jeunesse française une jeunesse déracinée, qui après l’avoir arraché à tous les déterminismes, familial, ethnique, social et intellectuel, aurait soi-disant une liberté de choix. Mais alors au final quels choix restera-t-il si ce n’est l’enseignement des valeurs laïco-républicaines enseignées au sein des écoles publiques ? Où se trouve la place des valeurs de la Religion chrétienne et des enseignements de l’Histoire de la civilisation française depuis Clovis ? Nulle part bien évidemment. D’ailleurs on n’enseigne guère plus l’économie sociale des temps médiévaux ni la doctrine sociale de l’Eglise, rejetant l’usure. Et c’est un aveu de plus de la part d’un républicain franc-maçon prouvant que la république n’est pas la France et la France n’est pas la république, que l’existence de l’une inclus indéniablement la disparition de l’autre !

Le message est très clair, la laïcité n’a jamais été neutre vis-à-vis de la religion catholique. Elle est l’outil pour détruire tout catholicisme, le christianisme étant le dernier rempart contre l’exploitation de l’homme sur l’homme, la dernière chance de la liberté contre le libéralisme exploiteur (Voir les travaux de Kaplan : « Le Pain, le Peuple et le Roi : la bataille du libéralisme sous Louis XV »). C’est une lutte acharnée contre les valeurs de notre religion multiséculaire qui forgea l’âme et le caractère de notre civilisation française.

Interrogé en 2014 par le quotidien italien Il Foglio, le philosophe français libéral Pierre Manent ne disait pas mieux : « En France, il s’agit d’une guerre civile : République contre christianisme (…) Ce qu’ils [les gens du pouvoir] nomment la laïcité, c’est la formulation juridique d’une guerre civile remportée par un côté et perdue par l’autre. La France républicaine a subjugué la France catholique et la France catholique l’a accepté. Aujourd’hui nous vivons la suite de cette guerre civile (…)

« La laïcité française a toujours constitué à expulser l’Église de l’espace public, un projet qui a été couronné de succès en offrant aux citoyens un nouveau code moral. Et dans ce projet, l’Église est considérée comme l’ennemie de la République ».

De plus, si on considère, comme le veut la définition officielle, que la laïcité impose toute neutralité religieuse à l’état, alors pourquoi n’y a-t-il jamais eu de séparation de la secte maçonnique et de l’Etat ? La raison se sont les Francs-maçons eux-mêmes qui la fournissent : « La maçonnerie, c’est la République à couvert, de même que la République n’est autre chose que la franc-maçonnerie à découvert. » (Convent G∴O∴ 1894, p. 389).

La raison pour laquelle la république n’a donc jamais cherché à séparer la F∴M∴ de l’Etat est parfaitement clair, car celle-ci est la République !

On comprend mieux aussi cette lutte aussi puérile que stérile des associations de « libres penseurs » contre les crèches de Noël dans les lieux publics au nom de la laïcité. Quoi de plus logique quand on considère la laïcité comme étant une arme anticatholique avant tout. Au final, parler de laïcité républicaine comme étant avant tout une garantie du respect des religions et de la neutralité de l’état, n’est qu’une vaste hypocrisie. Comme nous l’avons vu, la laïcité républicaine n’incite à aucun respect envers la religion catholique. Cette laïcité vise au contraire à faire disparaître toute influence de la religion catholique au sein du peuple français. Le but du mondialisme est de déraciner les peuples, par la déculturation, la délocalisation et la séparation des familles, afin de mieux créer la vaste entreprise mondiale pour le bénéfice d’une minorité vivant de l’usure et de l’appauvrissement généralisé

Quant à la neutralité de l’Etat ripoublicain, on est loin du compte avec ses valeurs sectaires ! Sachant qu’en plus cette laïcité se montre souvent bien moins virulente et même parfaitement conciliante avec d’autres religions exotiques. La République se sert des autres religions comme bélier contre le catholicisme mais attention car les croyants ne respectant souvent que les autres croyants, ils « vomissent » eux aussi ceux qui n’ont d’autres valeurs que le Cac40 ! Ceux qui arborent la laïcité comme bouclier suprême contre le développement de l’Islam en France, devraient y réfléchir à deux fois.

Cette attitude laïcarde ne date pas d’hier, dans le serment de la Ligue d’Action française créée en 1905, on pouvait y lire : « L’esprit républicain désorganise la défense nationale et favorise des influences religieuses directement hostiles au catholicisme traditionnel. » On remarquera la méthode constante de la république pour ce qui est de sa lutte contre la religion catholique, et à travers elle, contre la France ! Bref ! Au-delà des délires malsains de la république, la notion de laïcité reste néanmoins parfaitement valable. Un Royaume de France chrétien, catholique de surcroît, se devra de faire respecter une certaine laïcité. Celle que le Christ lui-même nous a enseigné : « Il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » En somme une distinction parfaite entre le temporel et le spirituel.

Chacun son domaine. La France n’a pas à être une Théocratie, ce n’est pas au Vatican de diriger notre pays. Elle ne peut être non plus une Théocratie car Dieu ne réside pas politiquement sur Terre. Elle sera tout au plus une Nomocratie pour ce qui est des Lois fondamentales sur lesquelles reposent toutes civilisations chrétiennes : le Décalogue. Ne nous leurrons pas non plus sur le fait qu’aucun gouvernement sur terre n’est neutre pour ce qui est du système de valeurs qui les régit. En Vè république actuelle, le système de valeurs qui régit les gouvernements sont : les Droits de l’Homme, la laïcité anticléricale, les valeurs maçonniques issues du philosophisme et de l’anthropocentrisme des Lumières, l’égalitarisme, la liberté abstraite, le cosmopolitisme etc… La Monarchie que nous défendons, possède ses valeurs chrétiennes catholiques, qui viennent du fond des âges et qui dorment en nous. Le Roi en tant que Lieutenant du Christ sur terre, en sera le garant. Le roi, chrétiennement sacré reste indépendant de l’Eglise, l’histoire de France l’enseigne. La grande différence demeure dans le respect des autres ! Même si notre rôle est d’alerter sur les agissements d’organisations comme la franc-maçonnerie, constituant un lobby, il n’en demeure pas moins que notre objectif principal consiste à faire ouvrir les yeux sur la nécessité de construire pour demain, un monde plus juste et équilibré. La vie n’a pas comme finalité le profit sur autrui, il y a autre chose : l’élévation et le service et non le matérialisme et l’esclavage des peuples. Que les grands apôtres du libéralisme apprennent une bonne foi pour toute à respecter les autres civilisations comme les cultures et traditions. Qu’ils cessent d’exploiter les pays, qu’ils arrêtent de délocaliser les peuples. Mais qu’attendre de plus du libéralisme ? Seules les valeurs enseignées par notre grande civilisation chrétienne multiséculaire, permettront l’équilibre entre les êtres. Du respect pour nos valeurs chrétiennes, pas une adhésion obligatoire, voilà la distinction !

La chevalerie sous la monarchie incarnait alors des valeurs, fruits des apports des anciennes religions comme du christianisme. Ces valeurs comme ses mythes dorment au fond de nos consciences et attirent toujours par ses images, les rêves des enfants comme des adultes d’ailleurs. La franc maçonnerie essaie de copier quelques brides de tradition templière sans y parvenir d’ailleurs, le goût du secret est loin d’incarner ce que la chevalerie représentait, l’élévation des âmes au service des autres ne souffrent pas l’orgueil des sectes. Mais qu’importe, il n’est jamais trop tard pour grandir. La terre de France est un creuset où peuvent s’unir toutes les bonnes volontés pour construire un avenir meilleur. Qu’importe les échecs, qu’importe ceux qui se sont trompés, il suffit de voir clair désormais. La foi est un apport qui aide à améliorer les hommes dans le service et l’humilité, que sommes-nous si nous n’aidons notre prochain. Tous unis nous referons un grand siècle si nous le désirons, notre terre comme notre civilisation de la Grèce antique aux mondes celtiques apportent cette lumière vers laquelle la France apportent l’espérance au monde, retroussons nos manches et notre jour viendra !

 

« Les générations actuelles, sont les plus médiocres que la France ait jamais connues. Mais chaque jour qui passe les décime, l’heure viendra où elles rempliront les cimetières, et je me demande si elles seront seulement capables d’engraisser, mortes, une terre qu’elles n’ont pas su défendre, vivantes. La France doit tenir bon jusque-là. J’écris ces lignes sans haine et sans mépris pour ces condamnés. Il faut qu’elles disparaissent pour que disparaissent avec elles les mensonges mortels qui ont hideusement proliféré sur leur médiocrité. »

Bernanos – Le chemin de la Croix-des-Âmes – Gallimard N. R. F. – 1948 – p X

P-P Blancher et Frédéric Winkler

( 8 septembre, 2018 )

La Monarchie et la mémoire nationale

 

Lu sur le blog « la Couronne » ce texte de notre ami Jean-Philippe Chauvin qui nous montre la supériorité de la Monarchie Royale.

 

Quelques jours avant sa mort, qui surviendra le 1er septembre 1715, le roi Louis XIV s’adresse au futur régent : «  Vous allez voir un roi dans la tombe et un autre dans le berceau. Souvenez-vous toujours de la mémoire de l’un et des intérêts de l’autre ».  En quelques mots forts, le roi mourant signale ainsi, pour l’éternité et pour les hommes qui savent entendre, toute la particularité de l’histoire d’un pays et de la nature d’un État digne de ce nom, et rappelle au duc d’Orléans les devoirs du magistrat suprême de l’État, y compris en l’absence provisoire de roi d’exercice, alors trop jeune pour régner (Louis XV n’a que cinq ans). Mais cette leçon est valable aujourd’hui encore, malgré la République et souvent contre elle, et les royalistes comme ceux qui ne le sont pas mais qui souhaitent la pérennité du pays et le bien-être de ses citoyens, peuvent s’en souvenir et, mieux que cela encore, la mettre en application.

 

« La mémoire de l’un », du prédécesseur, n’est pas une mémoire figée mais doit être soumise à ce devoir d’inventaire qui n’est pas forcément destruction de ce qui a été fait, mais « tradition critique », c’est-à-dire défalcation du passif et valorisation de l’actif utile et positif : il ne s’agit pas pour le souverain du présent de défaire l’œuvre du précédent mais d’en poursuivre les grandes politiques, avec son style personnel, et en n’hésitant pas, si le besoin s’en fait sentir, de revenir sur certains échecs ou incompréhensions du règne d’avant. Lorsque le chancelier prononce la formule rituelle qui finit un règne pour en ouvrir, immédiatement, un autre, le fameux « le roi est mort, vive le roi », il laisse déjà entendre que la politique du roi nouveau sera bien une politique du vivant, du long moment présent et en cours, et à venir, et non la redite froide du règne du feu roi. Tout règne est, en soi, unique.

 

Mais la transmission héréditaire de la magistrature suprême de l’État, propre à la Monarchie royale française (mais pas à elle seule, bien sûr), permet une continuité et pérennité de l’État, sans doute de plus en plus nécessaires dans un monde qui, aujourd’hui, se presse et s’empresse, au risque de déséquilibrer les sociétés et de leur faire perdre toute mesure et, parfois, toute raison d’être par elles-mêmes. La Monarchie royale permet aussi d’incarner la nation en une famille, et elle est ainsi, par son existence et son mode de succession même, la gardienne de la mémoire nationale, constituée elle-même de multiples mémoires locales, politiques, professionnelles, religieuses, familiales. Je me souviens ainsi que, lorsque feu le comte de Paris était venu s’entretenir avec les étudiants de l’université de Rennes-2, en l’année du Millénaire capétien (1987), l’amphithéâtre était comble et respectueux (malgré les cris d’orfraie de l’Union des Étudiants Communistes locale, qui se voulait – pas trop fort tout de même – robespierriste…), et que le président de l’université avait accueilli le prince comme le descendant bien vivant d’une histoire qui remontait au Moyen âge et qu’il poursuivait, à sa manière : la longue mémoire royale qui, tout ensemble, rappelle et transcende toutes les mémoires du pays, y compris au-delà même de la Révolution de 1789 et de ses avatars républicains des années et siècles suivants. Le comte de Paris avait d’ailleurs souligné qu’il n’était pas là pour régler des comptes avec l’histoire mais pour la poursuivre et la transmettre à ceux qui lui succéderaient. « L’avenir dure longtemps », disait le général de Gaulle…

 

C’est d’ailleurs cette capacité à incarner la mémoire nationale qui permet à la Monarchie royale d’oublier les offenses passées : Henri IV a connu la guerre civile religieuse, il en a été partie prenante, mais, une fois son pouvoir (r)établi, il n’a voulu connaître que les qualités des uns et des autres, amis comme adversaires, et il a représenté, aux yeux de tous et jusqu’à nos contemporains, le symbole de la réconciliation générale au-delà des appartenances religieuses hier antagonistes.

 

Mais un roi, ou quelque chef de l’État que ce soit digne de ce nom (même s’il n’est pas roi, mais c’est alors plus difficile et parfois, par principe, impossible) ne doit pas penser seulement à ce qui a été et à ce qui est ; il doit aussi se projeter dans l’avenir, autant que faire se peut, et, dans tous les cas, préserver les intérêts de celui qui lui succédera et des générations à venir, ce que rappelle là encore Louis XIV au futur régent. Le roi, « père du peuple », doit préparer l’avenir de ses enfants et particulièrement de son héritier putatif, tout en sachant que ceux-ci ne lui ressembleront pas forcément et que les temps, les mœurs, les enjeux ne seront peut-être pas les mêmes que ceux qu’il connaît lui-même, au moment où il règne. L’éducation du futur roi, c’est l’apprentissage de l’exercice de l’État et de ses devoirs, de ses charges, de ses difficultés : être roi, c’est bien un métier politique, et qui se transmet de génération en génération, au risque de l’histoire et de ses coups que le souverain doit apprendre à parer en veillant toujours à préserver l’essentiel, l’intérêt du pays et de ses habitants d’aujourd’hui et de demain sans oublier « la mémoire de leurs pères » sans laquelle il n’y a pas de fondations solides… Un intérêt qui n’est jamais aussi bien défendu que lorsque la dynastie est effectivement solide et sûre d’elle-même.

 

Dans une nation historique, la Monarchie fait fonction de colonne vertébrale : elle permet au pays d’être debout et de « se tenir » dans un monde tempétueux. Elle est tout à la fois la mémoire longue et le trait d’union entre les générations, elle est le souvenir sans être la rancune, et elle ne retranche pas telle ou telle partie de la mémoire nationale, fût-elle désagréable pour elle : il suffit de regarder au-delà des Pyrénées ou au-delà de la Manche pour s’en convaincre… Cela ne signifie pas qu’elle est parfaite ou toujours à l’aise avec le passé, voire avec le resurgissement des anciennes conflictualités, mais qu’elle a sans doute plus d’atouts, par sa propre nature politique, qu’une République qui préfère la dissimulation (comme pour les épisodes cruels de la Révolution dans les provinces de l’Ouest) ou la confusion, parfois savamment entretenues par l’Éducation nationale dans ses manuels scolaires ou ses programmes d’histoire, voire de géographie…

A l’heure où l’histoire est parfois réduite à un enjeu « mémoriel », il n’est pas inutile de rappeler que la Monarchie permet aussi d’apaiser les mémoires sans oublier l’histoire ni les défis et promesses de l’avenir…

 

Jean-Philippe Chauvin

( 23 août, 2018 )

Concurrence et service public

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Economie. En France, des technocrates néo-libéraux se sont emparés de l’État jacobin. D’où des mixtures auxquelles les Français ont du mal à s’adapter.

 

180628_manifestation-interprofessionnelle.jpgL’ actualité sociale des dernières semaines a mis sur le devant de la scène, à côté des agents de la Fonction publique, des entreprises nationales telles que la SNCF et Air France. Or, ce qui est à l’origine de cette célébrité médiatique, ce ne sont ni les performances économiques et financières, ni les innovations technologiques, ni la qualité exceptionnelle de leurs services, mais leur persévérance dans la grève. Au-delà des revendications immédiates à propos desquelles chacun peut voir le verre à moitié plein ou à moitié vide selon son humeur ou son intérêt personnel, ces événements devraient nous amener à réfléchir sur quelques aspects fondamentaux de notre système économique et social actuel.

Des décisions qui ne rencontrent aucun soutien populaire

À première vue, il semblerait que les causes des deux principaux mouvements sociaux n’ont pas grand-chose en commun. Le premier se présente comme une réponse à un texte législatif qui vise à « réformer » une institution que les élites perçoivent comme obsolète, alors que le second vise à « conserver », et même accentuer, les acquis sociaux obtenus par une catégorie de personnels perçus comme des privilégiés. Et pourtant, ils ont bien en commun quelque chose qui dépasse ces intérêts immédiats. Ces deux conflits résultent de décisions – bonnes ou mauvaises, là n’est pas la question – prises sous la pression d’instances administratives supranationales qui n’ont aucune légitimité et qui, par le biais du dogme de la libre concurrence – libre circulation des biens, des services, des hommes et des capitaux – remettent en cause des systèmes qui fonctionnent mais qui sont onéreux. Pour faire simple, force est de constater que les choix édictés par Bruxelles n’ont d’autre finalité que de faire apparaître comme moins onéreux certains trajets – en fait ceux qui correspondent aux « besoins » des entreprises multinationales – sans se préoccuper réellement ni des nécessités liées à l’aménagement du territoire, ni des coûts cachés discrètement mis à la charge des contribuables, ni du fait qu’en exacerbant les aspirations égoïstes des individus actu4-1.jpgregroupés en catégories uniquement identifiés par une convergence d’intérêts immédiats, ils détruisent la société. Il ne faut pas s’étonner du fait que ces « réformes » n’emportent pas d’adhésion populaire mais en même temps que les actions menées contre elles par ceux qui apparaissent alors aux yeux de tous comme des privilégiés, ne soient pas non plus vues positivement. Et ce n’est pas la propagande gouvernementale abusivement appelée « pédagogie » qui y changera quoi que ce soit, à terme. Si elle permet de calmer le jeu pendant un certain temps, elle générera des frustrations supplémentaires qui viendront grossir les mécontentements.

Le service public contre le service du public

Dans ces deux conflits, les grévistes expliquent qu’ils défendent le « service public », mais pour cela, ils prennent en otage ledit public. Que recouvre en fait cette notion de « service public » ? Normalement ce devrait être un service indispensable au bon fonctionnement de la société et qui, de ce fait, devrait pouvoir être assuré en toutes circonstances et auquel tous les citoyens devraient pouvoir avoir recours autant que de besoin. Un service public devrait être un « lien social », une forme d’expression de la solidarité entre les diverses composantes de la société. Dans un monde où les intérêts financiers communs à certains individus ont remplacé les relations entre les personnes comme agents de cohésion, le « service public » se dégrade. Il n’est même plus, ni ce que l’Union européenne considère comme un « service essentiel », ni ce que l’Organisation mondiale du commerce regarde comme un « service d’intérêt économique général ». Il est simplement devenu un secteur économique soutenu par des fonds publics en cas de difficultés, que celles-ci soient inhérentes au fonctionnement de l’entreprise ou qu’elles résultent de choix politiques qui leur sont imposés. Un « service public » est donc devenu aujourd’hui un secteur économique qui peut se permettre de ne pas être rentable, car il sera renfloué par l’argent des contribuables – qui, eux, sont de moins en moins nombreux !

actu5-1.jpgLors de sa réception du prix Charlemagne, le président Macron a déploré qu’en France on ait « une préférence pour la dépense publique plutôt que pour la norme », comme l’auraient les Allemands. Les Allemands, toujours la norme idéale de l’Europe ! Affirmant que sa politique avait pour but de « bousculer les fétiches », il laissait donc entendre qu’il voulait donner plus d’ampleur aux normes. Comme jusqu’à présent, quoiqu’en dise la « pédagogie » gouvernementale, la dépense publique n’a pas pris le chemin de la baisse, les Français vont pouvoir bénéficier à la fois de plus de dépenses publiques et de plus de normes. Est-ce cela le « changement » attendu ?

La concurrence contre les privilèges

Mais ces deux conflits révèlent aussi un autre aspect de l’évolution actuelle de nos sociétés. La « pédagogie » officielle explique que la libre concurrence est un facteur de progrès ; qu’elle permet d’offrir au consommateur plus de services, de meilleurs services, une plus grande qualité, tout cela au moindre coût. Mais dans un monde où seul l’intérêt financier compte, il est plus important de faire apparaître un meilleur coût, facilement mesurable, qu’une plus grande qualité, plus difficile à percevoir, surtout lors des achats impulsifs et compulsifs. Il en résulte que la concurrence a pour but premier de faire baisser les prix, quitte à chercher à masquer derrière une présentation attrayante les différences de qualité. Dans une société où plus personne ne cherche à servir mais où tout le monde cherche à vendre, la concurrence est en fait devenue un outil majeur pour lutter contre les « avantages acquis », pour détruire tous les privilèges, que ceux-ci soient légitimes ou non. En se mettant en grève pour défendre les « spécificités à la française », les cheminots comme les pilotes d’avion sont acculés à défendre leurs privilèges. Il faut bien s’entendre : malgré la propagande égalitaire développée par une démocratie individualiste, les privilèges ne sont pas, en soi, de mauvaises choses. Ce qui est mauvais c’est de les laisser se scléroser et de ne proposer pour remédier à cet abâtardissement que de les supprimer. Pour parler clairement, ce qui est choquant, ce n’est pas que les cheminots bénéficient d’un statut particulier mais que tous les éléments de ce statut ne paraissent plus justifiés.

En vérité, ce qui est choquant dans ces conflits ce n’est pas de savoir si ces entreprises doivent ou non être détenues, en tout ou en partie, par l’État, mais de voir que malgré leur rôle essentiel au service du bien commun, ils puissent s’arrêter et mettre en péril des quantités d’activités exercées honnêtement par d’autres membres de la communauté nationale. Peut-être, faudrait-il rappeler aux grévistes le discours du pape Pie XII, le 21 octobre 1948 : « Si la grève est un droit inscrit dans la Constitution, auquel certaines catégories de travailleurs se sont trouvées dans la nécessité de recourir à la suite du déséquilibre entre les salaires et les prix, il n’est pas permis de l’employer à des fins politiques, ni d’en user de telle sorte qu’elle finisse par léser la nation elle-même et par porter atteinte à l’autorité de l’État ». Tout est dit.

François Reloujac

( 18 août, 2018 )

Claude Lévi-Strauss à propos des « idées de la Révolution »

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

« La révolution a mis en circulation des idées et des valeurs. On peut toutefois se demander si les catastrophes qui se sont abattues sur l’Occident n’ont pas trouvé aussi là leur origine. On a mis dans la tête des gens que la société relevait de la pensée abstraite, alors qu’elle est faite d’habitudes, d’usages, et qu’en broyant ceux-ci sous les meules de la raison, on réduit les individus à l’état d’atomes interchangeables et anonymes. »  ■ 

 

Claude Lévi-Strauss 

De près et de loin, entretiens avec Claude Lévi-Strauss par Didier Eribon, Odile Jacob, 1988 ; rééd. 2008.

( 17 août, 2018 )

Quand Ionesco définit la seule forme de gouvernement qui ait été acceptée pendant des siècles par les Français

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

« Une seule forme de gouvernement a été acceptée pendant des siècles par les Français et ce fut la monarchie. Je crois que cette forme de gouvernement est la plus compatible ou la moins incompatible avec l’humeur ou les humeurs des Français. Inconsciemment, ils doivent rêver d’un Louis XIV, c’est-à-dire d’un souverain, ce qui est conforme au caractère individualiste et concret du Français; d’un souverain qui ne se poserait pas le problème de la légitimité de son pouvoir. Il le garderait. Ce qui rend les régimes forts, c’est justement de ne pas se poser ce problème. Par ailleurs, la monarchie, c’est une famille, et le roi un visage, une présence concrète. On peut discuter avec. Le Français aime discuter, le roi est là, il est le responsable, l’Etat, c’est lui. On finira bien par restaurer la monarchie, un jour, contre la dictature et contre l’anarchie. »

Eugène Ionesco

Article intitulé « Nos contemporains, les Gaulois », paru dans Le Figaro littéraire du 23 juin 1969 et repris dans l’ouvrage d’Eugène Ionesco intitulé Antidotes (Gallimard, 1977)

( 13 août, 2018 )

Viktor Orbán a raison de dénoncer le libéralisme

 

Lu sur « Boulevard Voltaire » cet article qui correspond parfaitement à ce qu’il faut penser du libéralisme.

 

Au cours du récent discours qu’il a prononcé en Roumanie, Viktor Orbán a mis en avant l’idée selon laquelle, aujourd’hui, le libéralisme est l’ennemi principal des peuples, des nations et des cultures qui leur sont liées. En disant cela, Viktor Orbán fait preuve d’une grande cohérence, ce qui n’est pas très fréquent chez les « nationistes » (notre ami Henri Temple a proposé ce terme dans son ouvrage intitulé Théorie générale de la nation).

Le libéralisme est souvent associé, par les gens de droite, à la défense de la nation et de la culture nationale ; à tort, parce que la nation (je ne parle pas ici de la nation des révolutionnaires français, qui est constituée des seuls partisans de l’idéologie révolutionnaire, mais de la nation comprise comme une communauté culturelle et historique) est une communauté tandis que la société libérale n’est qu’un agrégat aléatoire d’individus. Le libéralisme philosophique/politique est d’abord et avant tout une idéologie individualiste (dont ont hérité les acteurs de la Révolution de 1789) qui a comme corollaires l’universalisme et le mondialisme ; il est, de ce seul fait, incompatible avec toute idée de communauté nationale telle que définie ci-dessus.

Certains m’opposeront sans doute que le libéralisme économique n’est pas incompatible avec le « nationisme », ce qui ne va pas de soi. En effet, s’il n’est pas certain que le libéralisme philosophique/politique ne soit qu’une construction intellectuelle visant à justifier le libéralisme économique, il n’y a aucun doute quant à la centralité de l’individualisme au sein de cette doctrine économique. Il est, d’ailleurs, intéressant de noter que tous les courants conservateurs qui l’ont adoptée se sont finalement convertis au libéralisme politique/philosophique, ce qui conforte la théorie de Michéa selon laquelle le libéralisme est comparable à un ruban de Möbius ayant deux faces qui n’en font qu’une seule.

Il est évident que le système économique fondé sur la libre initiative des entrepreneurs, la concurrence et le marché est le plus efficace de tous les systèmes économiques qui ont été expérimentés sur une durée significative ; néanmoins, il peut être dévastateur s’il n’est pas étroitement tenu en laisse par le pouvoir politique et surplombé par un ensemble de valeurs conservatrices (importance décisive d’une métapolitique conservatrice). Pour illustrer ce pouvoir dévastateur, il n’est besoin que d’évoquer l’immigration de masse que nous subissons depuis le début des années 1970, laquelle a été voulue par le patronat dès les années 1960 (cf. les mémoires d’Alain Peyrefitte). Récemment, la chancelière d’Allemagne a ouvert en grand les frontières de son pays pour satisfaire aux demandes du patronat libéral et, en France, le lobby hôtelier et les macronistes se félicitent ouvertement de la présence des migrants (avant eux, Pompidou, Giscard, Chirac, Sarkozy ont laissé entrer des populations étrangères pour satisfaire le même patronat). Pour les libéraux, le changement de population ne pose pas de problème parce que, pour eux, le territoire national (mais aussi celui de l’Union européenne) n’est que le lieu d’un marché ouvert à tous les flux.

Le libéralisme ignore la notion de bien commun (celui de l’ensemble des membres de la communauté nationale) ; les libéraux considèrent qu’il n’y a que des biens individuels et que les entrepreneurs ne doivent pas être limités dans leur recherche de l’enrichissement par les aspirations de ceux (très majoritaires aujourd’hui) que gêne la présence de plus en plus massive d’étrangers africains et maghrébins. Les libéraux, qui en ce début de XXIe siècle ont fait leur jonction avec les libertaires soixante-huitards (Alain Madelin, tout comme Daniel Cohn-Bendit, est partisan de l’ouverture totale des frontières), n’accordent aucune importance aux appartenances communautaires (nationales, régionales, familiales…) qui, selon eux, oppressent les individus (l’ineffable Yann Moix considère que toute réunion familiale relève de l’inceste !).

Viktor Orbán a raison de dénoncer le péril libéral ; c’est seulement en désignant clairement l’ennemi que l’on peut gagner la bataille.

Bruno Guillard

( 24 juillet, 2018 )

Une réflexion tout à fait pour aujourd’hui … Dédié à ceux qui voient en Bainville un libéral !

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

 

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« Tout se passe comme si le respect de la ploutocratie était une conception de socialistes. Le résultat, c’est qu’on charge maintenant les banquiers de décider du sort des peuples par-dessus la tête de leurs gouvernements. C’est ce qu’on appelle la démocratie. Et l’on est un réactionnaire quand on se permet de douter que ce soit un progrès.» 

Jacques Bainville, dans l’hebdomadaire Candide

( 4 juin, 2018 )

La France menacée de perdre son industrie

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Un article remarquable parce qu’il ne se contente pas d’analyser la situation désastreuse, mais parce qu’il formule un ensemble de propositions pour restaurer l’héritage industriel de la France.  C’est là un sujet qui touche à l’intérêt supérieur du pays 

 

LogoOEG2.jpgL’industrie peut se résumer à l’ensemble des activités socio-économiques orientées vers la production en série de biens, grâce à la transformation de matières et à l’exploitation des sources d’énergie. D’un point de vue purement fonctionnel, l’activité industrielle est assurée par des entreprises évoluant sur deux terrains qui peuvent se superposer ou au contraire s’opposer : le terrain de l’économie, et un terrain plus politique. 

Exemple concret : un pétrolier comme Total évolue sur le marché du pétrole et de l’énergie à échelle mondiale et se trouve représentant de facto d’intérêts français et doit donc rendre des comptes à la France

Il faut être clair, précis, et surtout lucide. La mondialisation n’est pas heureuse. Le vaste marché autorégulé n’a jamais existé, » la main invisible » du marché d’Adam Smith n’a pas gagné. La mondialisation est en revanche une réalité, et la stopper peut être considéré, à tort ou à raison, comme une utopie. Un pragmatisme nécessaire oblige à prendre en compte cette réalité : les échanges et les flux sont mondiaux, ainsi que le sont, par définition, les rapports entre les Nations. Il appartient donc à la France d’exister, de reconstruire et d’affirmer sa puissance dans cette mondialisation. A ce moment seulement il sera opportun de discuter d’un autre système politico-économique mondial : on n’impose aucune vision sans puissance. Il faut ainsi penser à l’accroissement de puissance par l’économie. L’activité industrielle est donc un secteur clef privilégié pour penser cet accroissement de puissance.

Une situation désastreuse

Mais, la situation industrielle française est hélas désastreuse, et le rôle du politique est réduit au minimum. À vrai dire, d’un État traditionnellement colbertiste, la France est passée à un État régulateur; et encore cela est-il de plus en plus vague.

Le constat est sans appel : il y a encore quelques dizaines d’années, l’industrie représentait 20% du PIB, aujourd’hui elle n’en représente que 10% ! Fermetures d’usines, restructurations, plans sociaux, faillites, rachats par des entreprises étrangères, en dix ans environ, la France a perdu 850.000 emplois dans l’industrie, et la part de marché mondiale des exportations françaises a fondu de 40% depuis 15 ans. C’est l’échec d’un modèle économique qui ne sert plus la puissance française et qui a choisi l’automatisation et les délocalisations. On peut parler de désindustrialisation.

Afin de protéger au mieux les PME française, certaines pistes sont à explorer. Adoption d’un « Buy French Act » sur le modèle du « Buy American Act », c’est à dire réserver une large proportion d’achats publics (75% minimum) aux entreprises produisant encore en France lors des marchés publics ; ou encore la valorisation du « Made in France » par un étiquetage rigoureux tout en renforçant le développement des labels régionaux. Les pistes ne manquent pas. La France devrait également reconnaître et favoriser ses intérêts en abrogeant par exemple la traduction française de la directive européenne sur les travailleurs détachés qui légalise le travail à bas prix (low-cost) , la concurrence déloyale des pays européens de l’est et du sud, et qui pèse à la baisse sur les exigences des conditions de travail.

Le cas d’Alstom

Des cas concrets parlent mieux que des chiffres et à ce propos, le cas d’Alstom est emblématique. Il permet de comprendre le monde dans lequel évoluent les acteurs industriels, mais également ce que représente l’industrie pour l’indépendance, l’autonomie, la résilience française.

En 2015, Alstom a été racheté à 70% par le géant américain de l’énergie General Electric. En effet, les Etats-Unis faisaient pression sur Alstom, impliqué dans des affaires de corruption dans le monde, en utilisant son « Foreign Corrupt Practices Act » qui permet aux Etats-Unis de juger n’importe quelle société ayant un lien avec eux (via l’utilisation du dollar par exemple). Or, le nucléaire représente 75% du mix énergétique français. Dans le processus de production énergétique, Alstom Energie fournissait la turbine Arabelle, qui est une technologie indispensable, on parle de technologie industrielle critique. Outre un très complaisant transfert de technologie, c’est une perte de savoir-faire immense, qui pose un double problème stratégique : commercial et décisionnel, puisque c’est tout le parc énergétique français qui pourrait se retrouver sous le coup d’un embargo américain sur la fourniture de pièces de maintenance des dites turbines. La France a donc perdu un pan entier de souveraineté énergétique, un leader national dans le commerce de l’énergie nucléaire et sa future capacité à exporter son savoir-faire.

Les entreprises françaises évoluent sur un marché mondial asymétrique. Les Etats-Unis se sont dotés d’un arsenal de guerre économique, à la différence de la France et les pays de l’Union européenne.

En l’espèce, l’État français n’a pas assuré son rôle de stratège : il n’a pas détecté – ou il ne l’a pas voulu- la menace qui pesait sur Alstom, ni les conséquences qu’un rachat entraînerait, et il n’a donc pas assuré la survie d’une entreprise stratégique.

Une guerre économique mondiale

Autre leçon de l’affaire Alstom : les industries portent des savoir-faire qui sont à la fois des outils concurrentiels, et donc des sources de richesses, mais aussi des leviers stratégiques internationaux. Lorsqu’une entreprise française est la seule à produire des biens avec une haute technicité, la France peut assurer son exportation mondiale. L’exportation de produits français est un atout diplomatique majeur permettant de peser sur ses clients. En 2003, devant le refus français d’intervenir en Irak, les Etats-Unis avaient décidé un embargo sur la France en ce qui concerne les matériels militaires, nous privant ainsi des catapultes utilisées sur le Charles de Gaulle pour lancer nos avions de guerre. La France perdait ainsi sa capacité de projection militaire dans le monde. C’est de cela que nous sommes privés aujourd’hui : d’une capacité à être résilients, à peser dans le monde à travers nos savoir-faire industriels.

L’industrie française donc est ballotée au grès des courants d’une guerre économique mondiale qu’elle ne domine pas. Aux États-Unis, l’industrie est considérée comme un enjeu de sécurité nationale. Des empires industriels ont ainsi réussi à mettre au pas les entreprises en leur faisant comprendre qu’un pays fort profite nécessairement aux industries fortes et vice versa. Il faut donc comprendre l’asymétrie implacable qui règne. Sans cela, rien n’est envisageable. Il faut ensuite doter notre politique industrielle d’une vision, qui sera servie par diverses actions que j’exposerai ensuite. Cette vision s’appuie sur un postulat de base indispensable : l’intérêt national.

La France devrait mener sa politique industrielle dans une double logique : une logique d’accroissement de puissance ainsi qu’une logique sociale et écologique.

Accroissement de puissance donc. Il faut penser cet accroissement notamment à travers l’économie, ce qui implique une subordination de l’économie au politique. Un exemple simple : la Russie qui a développé sa puissance notamment autour du gaz qui lui assure non seulement une source de richesses, mais également des éléments de puissance diplomatique et militaire. Pour cela, nos industries doivent être concurrentielles afin de se positionner au mieux dans leurs secteurs respectifs. Le politique doit donc prendre en compte les intérêts stratégiques des entreprises. Enfin le politique se doit de prendre en compte et d’anticiper le contexte diplomatique.

Des solutions visant à satisfaire cette vision sont nombreuses. Il serait nécessaire, par exemple, d’entamer une troisième extension de la protection des domaines sensibles, laquelle est prévue initialement par le Traité de Rome, mais réservée qu’aux domaines régaliens, élargis par Arnaud Montebourg aux transports et à l’énergie. Protéger les entreprises en matière de propriété intellectuelle, lutter contre la contrefaçon qui détruit 30.000 emplois par an sans compter les effets indirects à moyen et long terme s’avère également nécessaire ; tout comme mettre en place un système d’actions préférentielles pour protéger les entreprises stratégiques des prises de contrôle étrangères. Pourquoi même ne pas considérer un droit de réquisition de ces entreprises stratégiques en cas de rachat étranger ?

Redonner la main à l’État

Le secteur industriel a besoin de main d’œuvre et de matière grise. L’exonération de charges pendant cinq ans sur le recrutement en CDI d’un chômeur longue durée (1,2 million selon l’INSEE) permettrait justement au secteur industriel de recruter à des prix raisonnables. Surtout, parce qu’une vision stratégique implique d’avoir des coups d’avance, il faut favoriser la Recherche et Développement (R&D), en la faisant passer de 2,2% à 3% du PIB.

En Allemagne, la R&D atteint 2,9% du PIB. De manière urgente, la France se doit de développer de nouvelles sources d’énergie comme l’hydrogène, car l’uranium sera épuisé dans 60 ans, ainsi que le stockage de l’énergie. De même il nous faut renforcer et développer de nouveaux secteurs sur lesquels nous pourrons développer des positions d’excellence, tels que l’économie de la mer ou de l’espace. Le monde connaît un tournant technologique et maitriser l’intelligence artificielle, travailler sur les utilisations de l’ordinateur quantique et des supercalculateurs est d’une grande importance.

Les propositions ne manquent pas. En revanche, les lois issues de la législation de l’Union européenne, notamment celles régissant le marché intérieur, s’opposent à toute forme de d’intervention étatique, et de valorisation des produits. De même, le TTIP et CETA ne laissent pas présager une amélioration en ce sens.

Un autre obstacle à la revalorisation de nos filières industrielles est l’idéologie. La vision libérale de la mondialisation prétendument « heureuse » semble occuper la tête de la plupart des dirigeants politiques, les privant de toute volonté nationale. Emmanuel Macron expliquait lors de la vente d’Alstom à General Electric que l’Etat n’avait pas à intervenir dans une relation entre deux entreprises privées. Pourtant, l’État, garant de l’intérêt général, ne devrait -il pas suppléer aux circonstances en ce cas ?

Même s’il faut saluer quelques initiatives qui vont, au moins partiellement, dans le bon sens comme la récente loi Sapin II, la loi sur le secret des affaires ou encore la commission d’enquête parlementaire sur les décisions de l’Etat en matière de politique industrielle, la situation avance trop lentement. A côté de propositions techniques, il est nécessaire de restaurer la primauté de l’intérêt national et de l’accroissement de la puissance par le levier industriel. Il s’agit tout à la fois de restaurer cet état d’esprit, mais aussi de redonner la main au politique, c’est à dire à l’État-nation.

En vérité, la mondialisation-globalisation et l’autorégulation du marché sont le vieux monde. A contrario le nouveau monde est celui de ceux qui ont compris que la scène mondiale reste faite de rapports de forces. C’est pourquoi, il faut défendre avec lucidité – et restaurer – l’héritage industriel de la France.

Par Ronan Wanlin (mai 2018)
Spécialiste d’intelligence économique

( 12 mai, 2018 )

Inhumation ou incinération

 

 

Puisqu’il semble que la pratiquede l’incinération se répand de plus en plus, il serait quand même bon de connaître l’origine de cette nouvelle pratique à l’encontre des morts.

 

L’église a toujours refusé l’incinération des défunts, pratique impie, prônée jusqu’à présent par les seuls libres-penseurs et les francs-maçons. Pourtant, cette solution est aujourd’hui adoptée par les baptisés. Elle est antinaturelle et anticatholique. Cette coutume barbare se dresse contre la piété chrétienne et naturelle. L’église a le respect de la dépouille mortelle, d’ailleurs exprimée dans le rite funéraire. Le corps temple du Saint-Esprit (I, Cor. 3,16), temple de Dieu, car sanctifié par les sacrements, doit être déposé en terre bénite où il se consume naturellement en attendant la résurrection des morts. A la fin du XIXe siècle, les lois anti religieuses, les loges maçonniques, ont préconisé et se sont efforcées d’introduire l’usage de la crémation des corps de défunts. L’église s’éleva alors avec force contre cette pratique qu’elle sanctionna des plus sévères condamnations. Cette discipline fut pourtant atténuée en 1963, lors du Concile sous la poussée de quelques religieux tel le père Riquet qui était franc-maçon.

 

Voyons la signification des mots :

-           La crémation, désigne brûler les corps au lieu de les inhumer.

-          L’inhumation (in et humus) est la déposition d’un cadavre humain en terre (dans le même sens, on dit : enterrement).

-          Incinération est le therme employé pour la crémation des ordures ménagères.

-          Cimetière, champs du repos dans l’attente de la Résurrection.

-

On enterre les morts, même les ennemis. Il y a piété de la pratique chrétienne d’inhumer les corps pour les laissez à la décomposition naturelle dans l’attente de la résurrection. Dieu avait dit à Adam : « Tu retournera à la terre d’où tu as été tiré » (Genèse 3, v.19).

La Révolution française, foncièrement anti catholique a voulu favoriser la crémation en 1796, mais le sujet est resté sans écho. C’est en 1886 que la chambre des députés adopta le projet de loi sur la liberté d’être incinéré. Un four crématoire fut alors établi au cimetière du Père-Lachaise à Paris. La loi fut rendue exécutoire le 27 avril 1889.

Durant des années, on a évoqué avec horreur les fours crématoires des camps nazis et aujourd’hui, on accepte ce mode d’effacement des corps.

Il y a actuellement une volonté d’empêcher d’aller se recueillir sur les tombes. Le but est de faire disparaitre toutes traces de Christianisme. La crémation-incinération est désacralisante. Elle est l’œuvre mise en place par la subversion anti chrétienne organisée. Elle porte également atteinte au culte des reliques en vue de le faire disparaître.

Que les âmes des fidèles trépassés reposent en paix…

Va-t-on nous fiche la paix avec l’incinération qui devrait seulement être réservée aux ordures ménagères !…

Jean-Marie Cuny

 

( 5 mai, 2018 )

Idées • Jean Sévillia dans le dernier numéro du Figaro magazine : Charles Maurras, à lire avant de juger

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

« Réprouvé pour ses prises de position dans les années 30, le penseur royaliste est tombé dans l’oubli. Préfacée par Jean-Christophe Buisson, une monumentale édition de ses textes majeurs permettra à chacun de se faire une opinion sur l’œuvre d’un polémiste et philosophe politique qui marqua profondément la IIIe République. » C’est ainsi que la dernière livraison du Figaro magazine présente l’intéressant article qui suit, de Jean Sévillia.  Tombé dans l’oubli, Maurras ? Telle n’a pas été notre impression ces dernières semaines … Il a marqué profondément la IIIe République ? Il nous paraît qu’il a surtout profondément marqué les deux suivantes, avec Charles De Gaulle, Georges Pompidou, François Mitterrand ou Patrick Buisson, qui fut le principal conseiller de Nicolas Sarkozy. Il a surtout profondément marqué et, volens nolens, imprégné la pensée politique tout court. Il est M le soi-disant maudit.   LFAR 

 

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Le 28 janvier dernier, le ministère de la Culture annonçait le retrait de la notice consacrée à Charles Maurras, né il y a cent cinquante ans, dans le Livre des commémorations nationales de 2018, à la suite de protestations contre la mention dans ce document officiel d’un écrivain réputé pour son antisémitisme. « Commémorer Maurras, ce n’est pas le célébrer », répliquaient les historiens du Haut Comité des commémorations nationales, avant que dix des douze membres de ce comité ne présentent collectivement leur démission. Pendant plusieurs semaines, le nom de Maurras alimenta la polémique. « Doit-on republier l’infâme ? », s’interrogea Libération (2-3 février 2018), à propos de la parution d’une anthologie de Maurras. Dans Le Nouveau Magazine littéraire (mars 2018), Claude Askolovitch vitupéra sur quatre pages « le retour d’une icône fasciste ».

Déroulées mécaniquement, ces charges laissaient cependant l’impression que certains se donnaient bonne conscience en vilipendant un personnage dont, en réalité, ils ne savaient rien. Peu après l’entrée de François Hollande à l’Elysée, en 2012, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui avait été la porte-parole de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, avait déjà fait le coup en mettant en cause Patrick Buisson, le conseiller du candidat battu, l’accusant d’avoir travaillé non au succès du président sortant, mais d’avoir voulu « faire gagner Charles Maurras ». Si on avait demandé à l’ancienne ministre d’expliquer en détail qui était celui-ci, sans doute aurait-elle été embarrassée.

IMG - Copie (3) 2.jpgDans Le Monde du 18 novembre 1952, deux jours après la mort de Maurras, André Fontaine écrivait ces lignes : « Devant cette tombe ouverte, devant le corps d’un homme qui, cinquante ans durant, a honoré les lettres et le génie français, ne serait-il plus possible de tenter d’être juste ? » Pour le centième anniversaire de sa naissance, le même journal, le 20 avril 1968, consacrait une double page à Charles Maurras, avec un article critique de l’académicien Pierre-Henri Simon (« Puissance et fissures d’une pensée »), et un autre de Gilbert Comte, un journaliste maison, qui invitait à redécouvrir, au-delà du « Maurras intraitable des quinze dernières années, durci par le malheur, figé dans son orthodoxie », le « jeune prophète conquérant du renouveau royaliste ». En 2018, là est le paradoxe : l’aversion à l’égard de Maurras est inversement proportionnelle à son éloignement dans le temps.

Admiré par Proust, Bergson, Péguy, Bernanos, Lacan

Journaliste, philosophe politique, critique littéraire et poète, Maurras a été pendant la première moitié du XXe siècle une figure de la vie intellectuelle française. Proust, Apollinaire, Péguy, Malraux, Gide, Claudel ou Montherlant ont salué son talent. Outre Léon Daudet et Jacques Bainville, ses compagnons de l’Action française, la liste est longue de ceux qui ont été un jour maurrassiens : les philosophes Jacques Maritain, Gustave Thibon, Louis Althusser et Pierre Boutang, les historiens Pierre Gaxotte, Philippe Ariès et Raoul Girardet, les romanciers Georges Bernanos, Roger Nimier, Michel Déon et Jacques Laurent, les acteurs Pierre Fresnay et François Périer, le psychanalyste Jacques Lacan ou le linguiste Georges Dumézil. Si Maurras avait incarné le mal absolu, pourquoi ces esprits brillants se seraient-ils reconnu une dette envers lui ?

L-Avenir-de-l-intelligence-et-autres-textes.jpgTout penseur doit être soumis à un bilan critique, ce qui suppose de connaître son œuvre. Entreprise malaisée, dans le cas de Maurras, auteur de milliers d’articles et d’une centaine de livres introuvables ailleurs que chez les bouquinistes. Or, voici enfin la possibilité de le lire grâce à la publication, dans la collection « Bouquins » de Robert Laffont, d’un volume de près de 1300 pages reprenant un choix de ses textes philosophiques, littéraires et politiques, et de ses poèmes. Cette édition, établie et présentée par Martin Motte, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études, est préfacée par Jean-Christophe Buisson, directeur adjoint de la rédaction du Figaro Magazine, qui signe une utile introduction à la vie et à l’action d’un homme souvent cité, mais si peu connu.

Simultanément, les Editions Pierre-Guillaume de Roux rééditent un essai du journaliste Jacques Paugam, L’Age d’or du maurrassisme, centré sur les débuts de Maurras. Dans ce livre, initialement paru en 1971, l’auteur, gaulliste et chrétien-démocrate, faisait « une formidable démonstration d’honnêteté intellectuelle », observe Michel De Jaeghere, directeur du Figaro Hors-série et du Figaro Histoire, qui préface cette réédition en ne négligeant chez Maurras « ni les zones d’ombre ni - c’est plus exceptionnel - les traits de lumière ».

Né à Martigues, près de Marseille, en 1868, dans une famille de petite bourgeoisie, Charles Maurras, orphelin de père à 6 ans, grandit avec sa mère et son frère à Aix-en-Provence où il entreprend ses études au collège catholique. A 14 ans, atteint d’une surdité incurable, il est tenté par le suicide et perd la foi. Un de ses professeurs, l’abbé Penon, futur évêque de Moulins, prend en charge la direction morale du jeune homme : leur correspondance est une clé indispensable pour comprendre la vérité personnelle et privée de Maurras. Après son baccalauréat, en 1885, il gagne Paris où, sa surdité lui interdisant l’université, il passe des heures dans les bibliothèques et se lance dans la critique littéraire, se liant avec Maurice Barrès, Anatole France, Frédéric Mistral.

Au cours des années 1891-1895, ayant vaincu son nihilisme, il fonde sa pensée sur l’idée que l’homme n’est pas la mesure de toute chose : il y a un ordre du monde auquel il doit se soumettre. Parallèlement, fondateur en poétique de l’Ecole romane, avec Jean Moréas et Raymond de la Tailhède, il élabore une esthétique classique. A travers le cas de George Sand et Alfred de Musset, Maurras dénoncera, dans Les Amants de Venise, l’amour romantique, dérèglement d’un sentiment qui n’a d’autre fin que lui-même.

En 1896, il visite la Grèce et l’Italie. De ce voyage, il retient que la beauté n’est pas dans le nombre, qui peut s’accroître à l’infini, mais dans la composition. Le jeune écrivain, dont les racines sont méditerranéennes, voit a contrario dans la philosophie allemande la source des barbaries modernes. Contre Luther, Maurras pense que le libre examen est un principe anarchique ; contre Kant, que la loi morale ne peut être déterminée par la conscience individuelle ; contre Rousseau, que la base de la société n’est pas l’individu, mais la famille. Agnostique, il loue le catholicisme qui, selon lui, organise l’idée de Dieu, l’Eglise catholique restant à ses yeux un fondement de la civilisation occidentale.

L’affaire Dreyfus

Dès son arrivée à Paris, ayant souffert de la séparation d’avec la Provence, il avait fondé le Jeune Félibrige avec son ami Frédéric Amouretti, affirmant sa première idée politique : la nécessité de la décentralisation pour libérer le pays du carcan parisien. De Grèce, il était revenu avec deux certitudes. Primo, puisque la lutte des partis a précipité la fin d’Athènes, la démocratie n’est pas le meilleur des régimes. Secundo, le XXe siècle sera celui des nationalismes qui se sont exprimés aux nouveaux Jeux olympiques auxquels il a assisté à Athènes.

L’affaire Dreyfus est la première bataille politique à laquelle Maurras prend part. Persuadé de la culpabilité du capitaine et de la régularité de sa condamnation, il estime que la France, son armée et ses lois doivent être au-dessus des malheurs d’un individu. Il résumera son sentiment par une boutade : « Si Dreyfus est innocent, il faut le faire maréchal de France, et fusiller ses dix premiers défenseurs.»

En 1899, il rejoint L’Action française, une revue mensuelle au sein de laquelle il prend l’ascendant, gagnant ses fondateurs à ses propres idées. Devenu royaliste, Maurras entreprend en 1900 une Enquête sur la monarchie, d’abord auprès des représentants du prétendant au trône, le duc d’Orléans, puis auprès de personnalités nationalistes, recevant des adhésions, comme celle de Jacques Bainville, ou échouant à convaincre d’autres amis, comme Maurice Barrès, qui restera républicain.

Pour Maurras, la République parlementaire, jouet des groupes de pression et de la démagogie électorale, n’assure pas le bien commun de la nation, instituant un Etat faible autour du personnel du régime, le «pays légal», qui se superpose au «pays réel» dont la représentation devrait être assurée au sein d’instances régionales, professionnelles et morales diversifiées. « L’autorité en haut, les libertés en bas », assure le nouveau théoricien royaliste.

Désormais, la doctrine de Maurras est fixée, et sa vie se confond avec l’Action française, mouvement politique et journal quotidien à partir de 1908. Le volume de la collection « Bouquins » permet de suivre l’approfondissement de cette pensée, notamment ses points forts, comme L’Avenir de l’intelligence, essai où Maurras médite sur la situation des intellectuels à « l’âge de fer » du XXe siècle, ou Kiel et Tanger, livre qui inspirera la politique étrangère du général de Gaulle et que citera Georges Pompidou lors d’un discours à Sciences-Po, en 1972, et dans lequel Maurras expliquait que le rôle de la France était de fédérer les nations petites et moyennes pour équilibrer les coalitions réalisées autour des grandes puissances.

Lire Maurras, cependant, c’est aussi rencontrer ses limites, ses apories, ses aveuglements et ses mots qui choquent, part indéfendable dont l’anthologie « Bouquins » ne dissimule rien. Elu à l’Académie française en 1938, n’ayant cessé de mettre en garde contre l’Allemagne (« Le racisme hitlérien nous fera assister au règne tout-puissant de sa Horde », avertissait-il en 1939), Maurras se ralliera au maréchal Pétain en 1940, persuadé que le maintien d’un Etat français laissait la possibilité d’un relèvement futur. Mais, enfermé dans cette position au fur et à mesure que Vichy perdait les éléments de souveraineté que lui avait laissés l’armistice, mal informé de la marche du monde, le vieil homme allait se discréditer en paraissant passif devant une occupation allemande qui lui faisait pourtant horreur, quand nombre de ses disciples s’engageaient dans la Résistance. Ces années noires vaudront à Maurras, en 1945, d’être condamné à la réclusion à perpétuité, arrachant ce mot au gaulliste François Mauriac : « Intelligence avec l’ennemi ? C’est bien la seule forme d’intelligence qu’il n’ait jamais eue.»

Les préfaces respectives des deux ouvrages qui paraissent aujourd’hui analysent l’antisémitisme de Maurras qui, pour n’être pas stricto sensu racial - en octobre 1918, l’écrivain s’inclinera devant le sacrifice de Pierre David, « héros juif d’Action française » - et si peu consubstantiel à son système politique qu’il est absent de la pensée de son ami l’historien Jacques Bainville (mort en 1936), n’en relève pas moins, écrit Michel De Jaeghere, « d’un préjugé étrange, qu’on s’étonne de trouver si persistant et si vivace dans un esprit aussi large, aussi profond.»

Mort en 1952, Maurras s’éloigne. Le lire, c’est distinguer chez lui l’essentiel et l’accessoire, l’inacceptable et ce qui, dégagé de la gangue de son temps, pourrait être fécond s’il était accordé aux enjeux de notre époque. Jean-Christophe Buisson souligne que Maurras est « un prophète du passé », mais que la modernité n’a pas englouti celui-ci puisque certains sujets qu’il a abordés « résonnent dans notre monde contemporain avec une troublante familiarité ».

Jean SEVILLIA

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