( 22 juillet, 2014 )

« LA » question de fond ? La République a ruiné la France

Ce fut la première note de lafautearousseau. – un site que nous vous recommandons fortement

Publiée le 28 février 2007, il y a plus de sept ans, souvent reprise, y compris tout récemment, par tout un ensemble de sites amis, nous n’avons, malheureusement, rien à y changer.

La situation de notre pays n’a fait qu’empirer; la responsabilité de notre régime politique n’est que plus patente. Combien de temps encore aurons-nous à subir ce système mortel ? C’est la question que nous posions, que nous posons en republiant, après sept ans, ces réflexions, hélas, lucides.

Lafautearousseau

la-republique-dettes-crises.jpgComment en sommes-nous arrivés là ? La République a pris une France en bon état, elle nous laisse une France au plus mal…. nous étions le pays le plus peuplé d’Europe sous Louis XV et Louis XVI, nous avons été rattrapés puis dépassés par les autres, notre vitalité démographique a été brisée par les saignées effroyables directement liées à la Révolution et à la République: 800.000 morts (Révolution); 1.500.000 morts (folles guerres napoléoniennes); 500.000 habitants perdus en 1815 à cause des 100 jours, dernier mauvais coup porté à la France par l’orgueil délirant de Napoléon; I.5OO.000 morts en 14/18 et 600.000 en 39/45; total: 4.900.000 français « évaporés », disparus, sortis de l’Histoire par les conséquences directes ou indirectes de l’irruption des idées révolutionnaires et des politiques aberrantes des différentes républiques. Quel pays pourrait-il supporter de tels traumatismes à répétition ? La France y a perdu une part importante de sa substance, au sens fort du terme (physique, pourrait-on dire)…

Et que dire du rayonnement de la France, de l’attrait universel que sa culture, ses Arts, sa civilisation exerçaient sur l’Europe entière, et bien au-delà: tout le monde nous enviait et nous imitait sous Louis XV et Louis XVI: le Roi de Prusse commandait ses armées en français; Mozart commençait ses lettres à son père par « Mon cher père »; les écrivains russes parsemaient leurs ouvrages de mots français, et parfois de phrases entières; on construisait Washington (symbole d’un pays nouveau) en s’inspirant ouvertement du classicisme architectural français; presque tous les dirigeants européens se sont fait construire leur petit Versailles; dans tous les domaines, c’était la France qui donnait le ton, c’était vers Paris que convergeaient tous les regards: la France royale avait su amener la société à son plus haut degré de raffinement, et nous connaissions alors ce qu’était « la douceur de vivre »… : la France en est-elle toujours là aujourd’hui ? Séduit-elle toujours autant ? Tient-elle la même place, ou d’autres que nous donnent-ils le ton…?

Comment ne pas être frappé par la dégradation effarante du moral des français, de leur « mental »? Nous étions optimistes sous Louis XV et Louis XVI, car avec nos 29 millions d’habitants nous étions le mastodonte démographique de l’Europe, dont nous étions également, et de très loin, le pays le plus étendu: cette double sécurité nous rendait foncièrement optimistes, et c’est de cette époque que date ce dicton selon lequel « en France, tout finit par des chansons »: aujourd’hui nous sommes un peuple frileux, qui doute, et qui est le champion d’Europe incontesté de la consommation d’anti-dépresseurs; et que dire de notre situation économique et de notre richesse: entre le quart et le tiers de notre patrimoine artistique a été détruit par la Révolution; notre pays ne cesse de reculer au classement mondial des performances, cependant que l’appauvrissement et la précarité ne cessent de s’étendre parmi nos concitoyens; la violence et l’insécurité (dans tous les domaines) ont littéralement explosé et sont devenus des réalités tristement quotidiennes; la classe politique est très largement discréditée - même si un grand nombre d’élus ne méritent pas de reproches particuliers – et l’opinion publique se détache de plus en plus de la « chose publique », n’ayant plus d’espoir en l’avenir et se laissant aller à un pessimisme nouveau dans notre Histoire…

Comment se fait-il donc, qu’en partant du pays le plus riche et le plus puissant d’Europe on en soit arrivé à un résultat aussi catastrophique et aussi désolant? Puisqu’on a appliqué à ce pays la plus merveilleuse des constructions intellectuelles qui soient, puisqu’on l’a régi en fonction des meilleurs principes qui aient jamais été inventés, en toute logique ce pays n’a pu que passer du stade de super puissance qui était le sien à celui de super puissance démultiplié! Nous devons donc nager dans le bonheur…sinon: cherchez l’erreur! Il est vrai qu’avec le conformisme que fait régner la république, un conformisme qui n’a jamais été aussi fort chez nous et qui confine à l’étouffement de la pensée, nos concitoyens ont du souci à se faire: dire que nous vivons sous le règne du politiquement correct, de la police de la pensée, du conformatage de l’opinion ne relève même plus du constat mais de la banalité…Qu’on se souvienne de la grande liberté de ton, de parole, d’action dont nous jouissions sous Louis XV et Louis XVI, et une seule question vient à l’esprit: tout ça, pour ça? Avec, si rien n’est fait, l’effacement continu, la disparition progressive de la France, sa sortie prochaine de l’histoire, du moins en tant que grande puissance, voire puissance tout court…

 

( 21 juillet, 2014 )

Une ébauche de définition du globalitarisme.

  tiré du Blog de Jean-Philippe Chauvin

Je profite des vacances estivales pour ranger un peu mes archives et préparer les travaux d’études historiques sur le royalisme français que j’entends mener ces prochaines années sur la période qui court de la fin du Second empire à nos jours : vaste projet, difficile sans doute mais exaltant ! En ouvrant les nombreuses boîtes qui renferment des documents fort divers dans leurs formes comme dans leurs contenus et dans leurs provenances, je me rends compte à nouveau de la richesse du patrimoine politique des royalistes, richesse dont ces derniers n’ont pas toujours conscience, ne serait-ce que parce que la mémoire royaliste de ce pays a été, à dessein, sous-évaluée et, surtout, négligée au point de la rendre invisible aux yeux de nos contemporains, quand elle n’a pas été, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, tout simplement condamnée ou diffamée, sachant que certains monarchistes eux-mêmes ont parfois contribué au discrédit des idées qu’ils étaient censés servir…

 Je retrouve aussi mes propres archives personnelles, non celles que j’ai constituées au fur et à mesure de mes recherches et de mes achats, mais celles que j’ai produites au long de ma vie militante (pas encore achevée bien sûr !), depuis les années 1980 : tracts, maquettes d’affiches et d’autocollants, photographies, correspondances et « courriers des lecteurs », articles, etc. A relire certains de mes textes, je suis parfois surpris de ma propension, en particulier dans les années 1990-2000, à vouloir ouvrir de nouvelles pistes de réflexion idéologiques sans avoir, malheureusement, poussé plus loin dans certains cas, ce qui est, avec du recul, bien regrettable. Ainsi, la notion de « globalitarisme » que j’avais commencé à théoriser et à diffuser dès le début des années 1990… J’ai retrouvé quelques feuilles bien raturées sur lesquelles j’ai tracé des schémas et aligné des idées et des concepts, mais aussi quelques articles destinés à faire connaître, de façon très succincte, mes réflexions politiques et idéologiques.

 

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Ainsi, cet article publié dans L’Action française en 1997 qui tente une définition de ce fameux globalitarisme et évoque sa « naissance » rennaise et royaliste, et que je reproduis ci-dessous, article qui mériterait une suite et un approfondissement car la dernière décennie a apporté beaucoup d’eau à mon moulin, et il serait dommage de ne pas l’exploiter…

Pour définir le globalitarisme

Le globalitarisme, c’est la mondialisation et la globalisation économique. C’est aussi la démocratie « individualiste de masse ».

 Au printemps 1990, quelques mois après la chute du mur de Berlin, un groupe d’étudiants d’Action française ressentait la nécessité de qualifier cet autre totalitarisme, celui qui, après avoir conquis l’Europe occidentale, menaçait à son tour les anciens pays communistes. Fort différent dans ses formes, ou plutôt dans ses apparences, sa finalité idéologique n’était, dans la réalité, pas si éloignée des totalitarismes abrupts (nazisme et communisme) puisqu’il s’agissait toujours de finir l’histoire (pensons à la thèse de l’Américain Francis Fukuyama) par la création d’un homme nouveau.

Un texte d’Aldous Huxley résumait notre état d’esprit et nos inquiétudes succédant à la joie causée par l’effondrement du totalitarisme communiste : « Les démocraties changeront de nature. Les vieilles formes pittoresques – élections, parlements, hautes cours de justice – demeureront, mais la substance sous-jacente sera une nouvelle forme de totalitarisme non-violent. Toutes les appellations traditionnelles, tous les slogans consacrés resteront exactement ce qu’ils étaient au bon vieux temps, la démocratie et la liberté seront les thèmes de toutes les émissions radiodiffusées et de tous les éditoriaux (…) Entretemps, l’oligarchie au pouvoir et son élite hautement qualifiée de soldats, de policiers, de fabricants de pensée, de manipulateurs mentaux mènera tout et tout le monde comme bon lui semblera. » (1) Conjugué à une lecture attentive deL’avenir de l’intelligence de Maurras qui annonçait le « règne de l’Or » et à sa réflexion inquiète sur le triomphe possible – et final – de la démocratie dans la fameuse lettre de Pierre Boutang de 1951, ce texte nous incitait à approfondir les mécanismes du nouvel asservissement mondial.

 

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Cette recherche sur l’autre totalitarisme que certains nommaient « soft totalitarisme » (en référence au livre de F.B. Huyghe intitulé La soft idéologie) ou « totalitarisme mou », notion en définitive ambiguë car elle obérait la logique finale de tout totalitarisme, nous a amenés tout naturellement à créer un nouveau terme. A travers sa formation et sa composition sémantique même, il nous semblait le mieux qualifier cette réalité idéologique qui prenait le monde entier, dans tous ses aspects et recoins (qu’elle voulait d’ailleurs éliminer, au nom de la « transparence » qui est surtout la disparition, voire l’interdiction, du secret, du mystère, du rêve même), dans toutes ses sphères, comme une globalité dont il devenait impossible de se démarquer, de s’échapper, sans courir le risque d’être politiquement, intellectuellement, économiquement, socialement, « exclu »… Ce mot nouveau, c’était leglobalitarisme.

Ce terme, issu de notre petit cénacle maurrassien rennais, vient de bénéficier d’une reconnaissance imprévue (et bienvenue) sous la plume d’Ignacio Ramonet, dans Le Monde diplomatique de janvier 1997. Sous le titre Régimes globalitaires, l’éditorialiste du mensuel évoque la mondialisation économique et les régimes qui s’y plient, appliquant ainsi une politique libérale peu respectueuse des droits nationaux et sociaux : « Reposant sur les dogmes de la globalisation et de la pensée unique, ils (les régimes globalitaires) n’admettent aucune autre politique économique, subordonnent les droits sociaux du citoyen à la raison compétitive, et abandonnent aux marchés financiers la direction totale des activités de la société dominée. Dans nos sociétés déboussolées, nul n’ignore la puissance de ce nouveau totalitarisme (…) »

 

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Mais Ignacio Ramonet limite la définition du régime globalitaire, bien qu’il ait eu la même intuition de base que les maurrassiens. Nous n’avons pas de ces timidités, maladroites mais compréhensibles pour un intellectuel qui a peur d’aboutir à des évidences si peu conformistes qu’elles risqueraient de lui aliéner une partie de son public habituel. Il faudra bien un jour écrire sur la force du tabou, c’est-à-dire sur la fonction paralysante (pour la pensée) de l’idéologie démocratique…

Notre définition du globalitarisme dépasse le simple cadre économique et social. C’est une définition politique pour un phénomène idéologique total.Si l’un des aspects du globalitarisme est la mondialisation et la globalisation économique, ce n’est qu’un aspect. Le globalitarisme, c’est aussi l’idéologie qui sous-tend ces aspects, c’est-à-dire la démocratie individualiste de masse elle-même – cette forme (qui se veut unique et seule tolérable) idéologique qui ne conçoit le monde que dans une perspective monohumaniste, c’est-à-dire globale : n’est-ce pas la conclusion logique de l’égalitarisme, de l’indifférentialisme démocratique ? « Un homme, une voix » débouche sur un monde unique et transposable (imposable même) à toutes les communautés humaines. George Orwell parlait d’ailleurs du « One World »…

Le rôle de l’Action française, rôle historique au sens intellectuel du terme, est de former l’armature intellectuelle de la résistance à ce processus liberticide : ainsi, notre nationalisme, raisonnable car raisonné, est-il la reconnaissance des besoins sociaux des hommes. Ceux-ci s’incarnent dans la famille, le quartier, la commune, la région, et, cadre protecteur, le « plus vaste des cercles communautaires humains », la nation.

Dénoncer le globalitarisme c’est préparer, sous de bons auspices, la nécessaire post-démocratie.

(1) Aldous Huxley : Retour au meilleur des mondes, 1958.

Post-scriptum : à l’époque, je militais à l’Action Française, et Pierre Pujo me laissait « libre plume » dans les colonnes du journal monarchiste. Aujourd’hui, c’est au sein du Groupe d’Action Royaliste que je développe mes réflexions dans le même esprit, toujours royaliste mais pas seulement maurrassien…

 

( 9 juillet, 2014 )

la leçon de Chambord…

 postauthoriconÉcrit par Jean-Philippe | PDF | Imprimer | Envoyer - tiré du blog de Jean-Philippe CHAUVIN

 

J’ai profité des premiers jours de juillet pour me promener en France qui, partout, a quelque beauté à nous dévoiler, même lorsque le soleil se fait hésitant ou fragile. Ma première étape était le château de Chambord, magnifique joyau de la Renaissance, indissociable du règne du roi François Ier mais aussi de la prétendance du comte de Chambord, celui-là même qui aurait pu être roi sous le nom d’Henri V : en ces heures de congés scolaires, je n’oublie pas la politique qui, elle, ne prend pas de vacances, et je dois avouer que la comparaison entre l’œuvre du roi François et celle du président du même prénom est facile et instructive… Bien sûr, M. Hollande n’est que dans la 3ème année de son quinquennat quand François Ier a régné une trentaine d’années, de 1515 à 1547 ; bien sûr, le contexte n’est pas le même et succéder à Louis XII qui avait « préparé » le terrain à son successeur en menant une grande aventure militaire et géopolitique en Italie semble plus facile que prendre la suite d’un rival au milieu d’une crise de la zone euro et dans un contexte de mondialisation agressive ; bien sûr, surtout, le roi François pouvait espérer, au 1erjanvier 1515, avoir le temps long d’un règne que seule la monarchie permet quand le président, élu des uns contre les autres, pense déjà à préparer sa réélection

Je repensais à tout cela en parcourant les grandessalles du château qu’admiraient aussi des touristes venus parfois de loin, des groupes de jeunes élèves qui, à la première pause, pianotaient sur leurs téléphones portatifs ou des familles qui me rappelaient celle que nous formions avec mes parents, frère et sœurs, au début des années 1980, à la découverte des trésors de notre histoire. Depuis ce temps déjà ancien, Chambord a continué de vivre, d’embellir encore malgré les échafaudages nouveaux, et d’attirer toujours plus de curieux, étrangers ou compatriotes, et c’est tant mieux !

 

la leçon de Chambord... dans Articles de fond chambord_chateau

Je remarque d’ailleurs que « l’histoire attire » et quel’une des grandes chances de la France est de posséder un riche patrimoine issu de cette longue suite de siècles de formation de la nation française : sans cette lente, longue et parfois rude histoire, sans la maîtrise du temps et de l’espace par les hommes et par l’Etat, en particulier sous sa forme monarchique, la France ne serait pas aujourd’hui ce pays qui reste la première destination touristiqued’Europe et du monde ! Voilà un héritage à entretenir mais aussi à faire prospérer : or, il semble que la République, piégée par ses coûts de fonctionnement trop élevés et par les contraintes budgétaires que l’Union européenne lui rappelle constamment sans beaucoup de délicatesse ni de tact, n’investisse plus assez dans l’entretien et la promotion de ce magnifique patrimoine et n’attire pas assez de mécènes pour financer de nouvelles mises en valeur de nos joyaux historiques et paysagers. Surtout, l’Etat ne joue pas suffisamment son rôle de coordonnateur ou de soutien des initiatives locales, publiques ou privées, qui pourrait, lorsque le besoin s’en fait sentir, être le sien, mais, en revanche, il apparaît parfois trop « réglementariste », pour des raisons qui ne sont pas forcément très bonnes, et tente même de gêner des initiatives bénévoles et/ou privées qui lui échappent (y compris par le moyen fiscal…), ce qui me semble la manifestation d’un mauvais étatisme contreproductif sur le plan touristique, économique et social.

Alors qu’il nous faudrait reprendre l’esprit du roi François Ier, celui d’un mécénat d’Etat intelligent qui valait au roi le titre de « père et protecteurdes arts et des lettres », la République s’enferme dans une logique comptable et, parfois, idéologique… J’ai toujours trouvé surprenant que le spectacle du Puy du Fou, qui s’autofinance intégralement depuis sa création à la fin des années 70, ne bénéficie d’aucune promotion de la part de l’Etat et du Ministère de la Culture alors qu’il a été le premier à obtenir les récompenses internationales touristiques les plus prestigieuses du monde, comparables aux Oscars pour le cinéma ! Bien sûr, le Puy du Fou n’en a guère besoin, mais ce désintérêt de la République pour ce qui fonctionne et rapporte beaucoup à l’économie locale et nationale est révélateur d’un état d’esprit, tout comme les attaques incessantes d’une certaine presse et de quelques historiens robespierristes contre le spectacle lui-même, considéré comme une exaltation de la Contre-Révolution et de la « Vendée rebelle »…

Le roi François Ier a montré l’exemple d’une politique culturelle qui mariait le prestige royal à la beauté des formes, le goût du spectacle au plaisir de tous, et cela est à l’origine de la Renaissance française qui, aujourd’hui encore, attire des foules venues de partout pour admirer cette synthèse des arts et de la politique, voulue par le souverain, éminemment politique quand il promouvait les arts et les architectes

 

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Le soir même de mon passage à Chambord, j’entendais les journalistes évoquer les menaces des intermittents sur les festivals de l’été et le désarroi du gouvernement face à cette situation qui lui pourrissait ce début de juillet : décidément, le président François n’est pas le roi François, et la comparaison tient encore plus aux régimes qu’aux hommes…

 

( 21 juin, 2014 )

Charles Maurras et l’Idée de décentralisation.

NOUVEL ARBITRE publie l’article que vous trouverez ci-dessous, particulièrement intéressant à l’heure où le pouvoir fait semblant de vouloir décentraliser

 

[ A la rencontre d’un texte ] Charles Maurras et l’Idée de décentralisation.

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«  Il suffit de se demander à qui profitent l’émiettement de la Nation en individus et la toute-puissance de l’Etat centralisateur. »

A l’aube d’une session extraordinaire à l’assemblée nationale au sujet de la réforme territoriale, une redécouverte de l’article de Charles Maurras en 1898 au sujet de la décentralisation ne peut être que fructueuse. Vous pouvez retrouver ce texte ici .

S’il regrette que le terme décentralisation puisse sembler être un terme vague, Maurras lui offre une définition alléchante : « On appelle décentralisation un ensemble de réformes destinées à reconstituer la patrie, à lui refaire une tête libre et un corps vigoureux. » Une vision qui ne pouvait que séduire les amoureux du pays réelpuisque ses premiers instigateurs auraient été des proches de Louis de Bonald.

Le sens de la décentralisation

Pour Maurras la Nation donne tout à l’Homme qui ne naît finalement à la citoyenneté qu’une fois devenu digne de cet héritage. Cette Nation doit être servie par un pouvoir fort garant de l’unité nationale, de la concorde et protégeant les Français des germes du désordre. Dès lors la question de la décentralisation pourrait semble paradoxale dans le logiciel maurassien. Loin s’en faut, en effet le provençal annonce : « On ne rétablira chez nous une autorité permanente, un pouvoir central durable, responsable et fort, qu’au moyen de libertés locales étendues. »

C’est la commune qui est le meilleur moteur de cet enracinement tout à l’opposé des départements, artefacts révolutionnaires qui n’ont aucune prise sur la vie des citoyens. La commune est un lieu d’authentification, un axe offrant une proposition de vie à celui qui choisit de s’en emparer. Les adversaires deviennent donc ceux qui veulent extirper l’homme de ses attaches charnelles, ainsi Léon Blum : « La famille, la commune, rien ne fausse et ne diminue l’énergie comme de tels groupements. Ce sont les collectivités les plus dangereuses, parce que nous les aiment et parce qu’elles nous retiennent. » .

Le sujet est d’une profonde actualité puisqu’il s’agit alors de permettre un nouvel enracinement de la population : « Seule, ou à peu près seule, la commune est réelle, et peut jouir d’une personnalité . » En effet la différence communale est un lieu de sensation de l’inclusion/exclusion, elle seule permet l’avènement d’un esprit de clocher capable de faire ressentir ce qui explique l’existence de la Nation et en même temps la vigueur de ses territoires : « Communauté et différences de notre sol, communauté et différences de notre sang, c’est ce qui fonde cet esprit fédéral et ce sentiment national sans lesquels toute décentralisation serait incompréhensible. »

Maurras va faire le choix du fédéralisme en espérant y trouver un moteur du réveil national. « Le sol, le sang, la tradition demandent partout à exercer leur portion nécessaire d’influence et de prépondérances morales. ». C’est  bien une méthodologie du sursaut national que l’auteur d’Anthinéa cherche à désigner en étudiant la solution de la monarchie fédérative. Il conclut ainsi : «  Qui voudra réorganiser la Nation en devra recréer lespremiers éléments communaux ou provinciaux. Qui veut réaliser le programme nationaliste doit commencer par une ébauche de fédéralisme. »

Sa défense politique.

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L’intérêt de l’idée de décentralisation est de transcender les appareils partisans. Ainsi ces premières heures furent les lois de 1831 et 1833 affranchissant pour l’une les municipalités et pour l’autre les conseils généraux de la tutelle étatique.

Cette idée sera également reprise par Napoléon III qui se laissa influencer et par les arguments libéraux du projet de Nancy (1) mais aussi par les conclusions de la philosophie individualiste de Proudhon ( Du Principe fédératif ) .  On peut lire ainsi dans l’essai de Proudhon : par le mot Nationalité écrit en tête de son nouveau programme Non contente de se faire parti de statu quo elle s est faite parti rétrograde Et comme la Nationalité telle que la comprend et l interprète la Démocratie a pour corollaire l Unité elle a mis le sceau à son abjuration en se déclarant définitivement pouvoir absolu indivisible et immuable. ( 2) En 1870 se lèvera un vrai foisonnement de la réflexion décentralisatrice notamment avec des sociétés de provinces et des tours de conférence. Les poètes provençaux et singulièrement Mistral avec Mireille participeront pleinement de cet engouement. En 1890 les communes auront le droit de se syndiquer.

La défense de la décentralisation va aussi se développer autour de Taine, Mistral et Le Play mais aussi de partisans plus radicaux comme La Tour du Pin et Albert de Mun. La décentralisation reste un des éléments cependant constitutifs de l’opposition entre les partisans d’une France légale issue de 1789 et de ceux qui lui préfèrent une Nation incarnée comme on peut le lire dans le dernier chapitre de cet ouvrage :

 

1 : on trouvera ici un article résumant le projet de Nancy : http://www.napoleontrois.fr/dotclear/index.php?post/2007/10/25/235-le-programme-de-nancy-1865

2 : texte du Principe fédératif de Prouhon : http://books.google.fr/books?id=ho0XAAAAYAAJ&pg=PR3&hl=fr&source=gbs_selected_pages&cad=2#v=onepage&q&f=false

 

 

Barrès et Les Déracinés.

Pour Maurras, c’est l’écrivain patriote et lorrain, Maurice Barrès qui fût l’un des plus ardents défenseurs de la décentralisation. Les Déracinés, premier volet du roman de l’énergie nationale décrit l’initiation traumatisante de jeunes étudiants lorrains à la vie parisienne. Le traumatisme de l’abandon de sa culture et de l’adhésion forcée à des doctrines philosophiques universalistes y est merveilleusement décrit. En effet, le roman de Barrès va retrouver le préambule de la réflexion maurassienne : « Un individu ne se développe pas tout seul. Il lui faut mille circonstances propices : une famille, un pays bien déterminés, une atmosphère intellectuelle et morale, ce qui manque enfin à la France dissociée et décérébrée. »

Il faut dire que Barrès avait participé à l’union de deux doctrines essentielles : la fédéralisme et le nationalisme. Cette union s’incarnait profondément dans le journal qu’il avait lancé la Cocarde. Maurras écrit : « Il insista pour substituer au patriotisme administratif un patriotisme terrien et remplacer l’image d’une France idéale, chère à quelques rhéteurs, par l’idée d’une France réelle, c’est-à-dire composée comme dans la réalité de familles, de communes, de provinces, tous éléments non point contraires ou divisés entre eux, mais variées, sympathiques et convergents. » Barrès abandonnera la cocarde en 1895 quand elle devint la ligue républicaine de décentralisation.

Ce que Maurras aime à trouver dans Les Déracinés c’est la différence entre un localisme incarné et la pauvreté de la robotique centralisatrice jacobine. Ainsi annonce-il : « Quand un homme tient à son sol et à son milieu naturel ses ressources naturelles n’ont point de bornes, ce qu’il dépense, il le reconquiert et le renouvelle par un emprunt continuel à l’inépuisable nature, avec laquelle il communique incessamment. »

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( 5 avril, 2014 )

Discours de Paul LUPORSI à la fête des Rois de Nancy

Chers amis,

 

Philippe m’a demandé d’être court ! Je vais essayer! Cette année encore verra deux élections, les européennes et les municipales. Si les premières m’indiffèrent complètement, les secondes sont les seules qui trouvent grâce à nos yeux, mais elles sont malheureusement entachées de politique politicienne qui dénature leur caractère local. Aussi, permettez moi de vous montrer quelque chose, regardez bien ceci est ma carte d’électeur. Je ne l’ai pas encore déchirée et j’ai honte de mon aliénation. Car oui, nous sommes aliénés par ce torchon qui nous tient prisonniers de la fange républicaine. Nous croyons tous en une plus ou moins hypothétique bonne élection! Nous pensons voter pour le moins mauvais car nous avons tous peur de laisser le pouvoir aux destructeurs de la Patrie et pourtant rien n’arrête la descente aux enfers de ce pays qui fut le phare du monde. Alors il faut prendre conscience que lorsque nous donnons notre main à la démocratie en allant voter, elle nous dévore le bras et nous englue dans les miasmes fétides de ses marigots pourris où nagent à l’aise tous les politiciens véreux  avides des prébendes de la république. Vite sortons de ce chaos!  Souvenez vous , je vous citais il y a quelques temps ce mot de Baudrillard qui, reprenant un slogan malheureusement oublié de mai 68: élections, piège à cons!, nous affirmait que la plus grande peur de ces politicaillons, énarques décérébrés, ou idéologues de tout poil c’est que nous ne voulions plus de ce prétendu pouvoir des urnes. D’ailleurs les français n’y croient plus et les abstentionnistes nous montrent l’exemple. Mais ce sont de mauvais citoyens, nous dira-t-on!.

 

Justement je ne veux plus être citoyen. D’ailleurs ce mot me hérisse, écoutez-les ces journaleux dispensateurs de la bien pensance quand ils annoncent la gueule mielleuse et suffisante telle ou telle attitude citoyenne! Et malheur à nous si nous osons ricaner devant la bêtise crasse de ces entreprises d’amollissement généralisé sous la houlette des chantres des droits de l’homme , de prétendus artistes d’avant garde, de pseudo intellectuels dévoyés ou les nervis de l’ecologie. Et puis  nous entrons en 2014, qui va célébrer en une commémoration de plus, le centenaire de la grande guerre qui fut par l’impréparation coupable des gouvernements d’alors, une boucherie innommable, qui a décimé les familles, englouti tout un pan de l’intelligence française et  laissé les mains libres à des Clemenceau pour assoir définitivement la république, celle des cimetières! Comme la révolution s’est assise sur les charniers de Vendée, ou les corps décapités des victimes innocentes de la barbarie jacobine!

1918 ou la victoire volée aux 1 500 000 morts, ces pauvres bougres qui montaient  se faire hacher par les mitrailleuses et l’artillerie ennemie. Au lendemain de ce carnage, il y eut une divine surprise: la chambre bleu horizon! Tout était possible ! La victoire des ligues patriotiques auguraient un renversement de tendance; on a même vu des députés royalistes dont le plus célèbre fut Léon Daudet. Et le bilan? Le front populaire, la honteuse défaite de 1940 et la revanche de la république en 1945 avec les exécutions sommaires, les assassinats, car, çà, la république sait faire! D’ailleurs, Daudet, battu en 1924, a eu ces mots amers: « à l’heure où j’écris le peuple français environné d’inimitiés, trompé, ruiné, écrabouillé par le fisc, et qui voit revenir la guerre à la suite de l’évacuation criminelle de Mayence, tourne vers la chambre des députés des regards de haine. Elle est pour lui la nouvelle Bastille, l’antre d’où souffle le malheur, et le signe de sa servitude à six cents farceurs, menteurs, truffeurs  et pillards. C’est bien ainsi que je le voyais, en le quittant pour ne plus y revenir, ce baroque dépotoir de lâchetéś d’incapacités et d’idées fausses, où j’avais usé, en vain, quatre ans et demi de mon existence. Mon échec du 11 mai 1924 fut ainsi, pour moi, une délivrance. » Ce texte fut écrit en 1933, un an avant le 6 février 34 qui a vu l’échec définitif des ligues, confirmé le déclin de l’Action Française et annonçait le triomphe de la gauche divine, celle de la fête à Neu Neu, du temps des cerises, des congés payés et de la grande partouze citoyenne qui se continue en Paris plage ou en gay pride, et qui s’est temporairement écroulée dans des lendemains qui déchantent et les longues colonnes d’anciens fêtards qui fuyaient tout au long des routes l’impéritie de ces incapables. Attention demain, il ne pourrait bien nous rester que le refuge mortel du le camp des saints conclusion certaine de la volonté de ce gouvernement de saper toutes les bases de la société traditionnelle française comme le montre ce dernier rapport sur l’intégration qui reste malgré les lâches démentis des pervers qui nous gouvernent la base des réflexions sur ce sujet.

 

Ainsi, il y a deux ans je vous demandais de militer, militer pour chasser ces polichinelles ridicules, aujourd’hui je vous redis de militer mais en ciblant non ces déchets grandiloquents qui briguent vos suffrages pour mieux vous berner pour ne pas utiliser de mots plus vulgaires, mais en étant de véritables anarchistes qui disent non à tout, je dis bien tout. Rien de ce qu’à établi depuis plus  de 200 ans la république ne doit trouver grâce  à vos yeux. Il faut se montrer impitoyables, car la France celle dont nous ne ferons jamais le deuil, est morte le 21 janvier 1793. C’est   Albert Camus qui nous le rappelle, dans ces quelques lignes ressorties par le salon beige de l’Homme Révolté:  » le 21janvier, avec le meurtre du Roi-prêtre, s’achève ce qu’on a appelé significativement la passion de Louis XVI. Le jugement du roi est la charnière de notre histoire contemporaine. Il symbolise la désacralisation de cette histoire et la désincarnation du Dieu Chrétien. Dieu, jusqu’ici, se mêlait à l’histoire par les rois. Mais on tue son représentant historique, il n’y a plus de roi. Il n’y a donc plus qu’une apparence de Dieu relégué dans le ciel des principes. »

 

Après l’assassinat de notre Roi, les usurpateurs utilisent nos héros que ce soit l’ humble poilu inconnu enterré sous le monument à la gloire du canonnier massacreur du 13 vendémiaire, ou les Peguy, Cochin, tombés sous les balles ennemies ou encore de ces méharistes qui protégeaient les caravanes des rézzous  de touaregs assoiffés de pillage et de sang comme aujourd’hui les soldats de l’opération Serval tentent de protéger les populations maliennes contre ces mêmes touaregs qui veulent ennoblir leurs désirs de mort au nom d’Allah. Ces usurpateurs ont même tenté de nationaliser Jeanne d’Arc.  Et à cause de cela il nous arrive de pactiser avec le diable, comme Maurras et l’union sacrée. Nous mettons nos principes dans la poche et notre mouchoir par dessus. D’ailleurs ces héros ne font même plus signe pour cette société avide de jeux et de spectacles.

 

« Que faire? » Demandait Lénine. Être contre ce qui est pour et pour ce qui est contre ce régime pour reprendre le leit-motiv des vieux anarchistes. Alors abstenez-vous de tremper votre bulletin dans les urnes car c’est dans le sang de Louis XVI que vous le trempez, faites campagne contre l’inscription des jeunes sur les listes électorales, soyez les troubles fêtes des kermesses républicaines comme ces jeunes royalistes qui se sont fait boucler le 11 novembre dernier pour avoir sifflé le chef de l’état, boycottez les commémorations, toutes, remettez en cause tous les poncifs de ce temps, les ayatollahs de l’anti racisme, le féminisme délirant des femens et des autres partisans de la théorie du gender. Dites aux goodyear que la principale cause de leur malheur est certes la finance apatride, mais aussi et surtout cette république déliquescente et que ce n’est pas un bulletin de vote qui les sauvera au contraire, et on peut multiplier à l’envi ces exemples de l’affaiblissement de la pensée et de l’action. N’hésitez pas a dire que vous êtes avant tout antirépublicain, d’abord ça choque les profiteurs de ce système et les pleutres qui ont peur du changement. Les révolutionnaires , aujourd’hui, c’est nous. Les camelots du roi en leur temps tâtaient de la prison, comme ces courageux jeunes dont je viens de parler, ayons ce panache! Certes nous sommes peu nombreux, nous sommes même pour certains esprits forts, ridicules, et pourtant nous sommes les seuls, par notre remise en cause radicale de ce système, à pouvoir être le ferment qui permettra à nouveau à un peuple d’être grand et fier. C’est la république dite française qu’il faut d’abord abattre! Et pour reprendre le mot de Maurras, tous les moyens sont bons!

( 5 avril, 2014 )

DISCOURS SUR LES ROIS

« Le sempiternel discours sur les monarchies en crise, ou l’art républicain de la diversion »

 

L’antienne est connue, les quelques monarchies subsistantes, qui sont tout de même encore au nombre de quarante-et-une dans le monde (15 en Asie, 3 en Afrique, 10 en Europe, et 13 au Proche-Orient pour être tout à fait précis) , forment depuis longtemps, et aujourd’hui plus que jamais une espèce en voie de disparition qui n’a plus rien pour mériter de se voir attribuer le label d’espèce protégée.

Tel le toréro avide du sang qui sera bientôt versé, la sémantique républicaine française aime à se repaître de cette certitude malsaine que son régime est le modèle universel dont tous devraient s’inspirer au plus vite, et au besoin par la force, dans les rares cas où notre politique étrangère et militaire en a encore les moyens.

La République entend donc contribuer au plus vite à mettre à mort ce qu’elle qualifie d’oripeaux contemporains insupportables et désuets de l’absolutisme, ainsi que ne se prive-t-elle pas de rappeler, elle a su le faire elle-même avec brio en 1792, puis à de nombreuses reprises au XIXème siècle, et pas toujours d’ailleurs avec succès pour ce qui a été de la suite des évènements, en 1848 et en 1870 en particulier.

Cette prétention s’accompagne également souvent d’une ironie qui se veut mordante au sujet des régimes qui ont encore l’idée saugrenue d’opter pour la forme monarchique au XXIème siècle.

 

Mais, quel que soit le ton plus ou moins agressif de ces propos, ils reflètent une double réalité profonde qui n’est pas très glorieuse :

*Lorsqu’elle veut donner l’alternative aux monarchies, pour reprendre un vocabulaire tauromachique, la République exprime en effet, une passion française tout ce qu’il y a de plus morbide (I).

*De même qu’elle a du mal à dissimuler le fait qu’elle manifeste à cette occasion une frustration tout ce qu’il y a de plus malsaine, qui est en général celle de tous ceux qui se sentent coupables d’un crime, et qui ont de très bonnes raisons d’éprouver ce sentiment pour le moins dérangeant (II).

 

DONNER L’ALTERNATIVE AUX MONARCHIES SURVIVANTES, UNE PASSION FRANCAISE  :

 

LA MISE EN JEU DU PRONOSTIC MONARCHIQUE VITAL,

 UN CABOTINAGE REPUBLICAIN :

 

-   Avec une pointe de condescendance fort mal placée quand on connaît la situation de déliquescence politique de notre pays, qui ne tient plus guère que par la solidité presque à toute épreuve de ses institutions gaulliennes, lesquelles sont comme par « hasard » imprégnées de monarchisme, notre classe politique, quelle que soit son obédience, et qu’elle occupe ou non le pouvoir, aime à se moquer de ce qu’elle appelle l’inutilité et l’archaïsme soit disant coûteux et dépassé des régimes monarchiques.

-   Pire que cela, nos hommes politiques aiment à gloser sur l’irrésistible déclin et la fin prochaine de ce qu’ils dénomment les confettis de la réaction et font passer pour des incongruités de l’Histoire, je peux parler des monarchies bien entendu.

-   A ce petit jeu des pronostics vitaux engagés, tous ou presque font la preuve de leur arrogance pour mieux faire oublier leur rare insignifiance, et ils n’hésitent pas, avec la complicité d’une presse à scandale graveleuse à souhait,  à voir dans chaque polémique frappant ces monarchies, la pseudo preuve de leur fin prochaine. Puisque, disent-ils avec aplomb, elles sont de plus en plus impopulaires, en particulier près de la jeunesse des pays concernés, sachant que cette jeunesse est toujours définie comme une qualité alors qu’elle n’est qu’un état, et qu’elle est systématiquement qualifiée sans aucun commencement de preuve de républicaine.

-   De ces comportements aussi stupides (parce qu’autocentrés sur la France) qu’ils sont indignes de ce qui reste de l’élégance à la française, c’est-à-dire pas grand-chose en vérité, les exemples sont légion ;

Qu’il s’agisse de dénoncer les turpitudes des monarchies européennes, voire membres de l’Union européenne, avec lesquelles tout notre personnel politique ne cesse pourtant de frayer, (tout en ne rêvant que d’une chose, être reçu par ces « despotes » en grande pompe, voire être décoré par eux, ou mieux encore, anobli) ;

Ou qu’il s’agisse de condamner comme d’habitude soit disant avec la plus grande énergie les potentats des monarchies plus ou moins exotiques, devant lesquels les mêmes ne cessent pourtant de « faire la danse du ventre », afin d’obtenir d’eux quelques gages, en pétro dollars le plus souvent, quitte à brader ce qui reste de notre patrimoine national historique immobilier, tout ce qui est mobilier ayant été dilapidé depuis longtemps par nos soins.

 

Voyons plutôt au travers de ces quelques exemples:

 

*En Europe, avec l’extrapolation systématique des difficultés rencontrées par  la monarchie britannique, avant de se rendre compte à chaque fois que sa solidité est à toute épreuve, et de tomber en pamoison à chacun de ses grands évènements marquants : car de la déification ridicule de la «  Princesse des cœurs » en 1997 au « Royal Baby » de 2013, en passant par le Jubilé de diamant de 2012, il n’y a qu’un pas, n’est-ce-pas ?

*Hors d’Europe maintenant, avec  l’exploitation non moins systématique des excès commis par certains monarques lointains, dont l’importance politique et surtout économique est providentiellement assez insignifiante pour pouvoir les critiquer à loisir, sans risquer de perdre de précieux investisseurs ou de juteux contrats commerciaux :

Exemple : le Lesotho ou le Swaziland à l’extrémité méridionale de l’Afrique.

Exemple : Tonga en Océanie.

 

LE PRONONCE DU VERDICT MONARCHIQUE LETAL,

UN CAMOUFLAGE REPUBLICAIN

 

-La question se pose donc de savoir pourquoi on s’empresse de dresser de telles caricatures, tout en prenant bien soin de choisir ses victimes qui ont d’ailleurs toujours tout de boucs émissaires faciles.

-La réponse est limpide une fois que l’on veut bien, ce à quoi les journalistes et autres commentateurs autorisés se refusent, à de rares exceptions près, traverser cet écran de fumée : concentrer ses attaques sur les monarchies, chose curieuse de la part d’une République qui se prétend naturelle et invincible, représente en effet un double avantage en termes de politique, ou plutôt pour la seule chose qui compte de nos jours, à savoir la fameuse et ruineuse communication politique, qui est aussi scandaleuse qu’elle est détestable et stérile ;

*D’une part, parce que cela permet effectivement de créer une diversion bien utile dans un pays qui n’a plus confiance en lui-même, et où surtout, les citoyens n’ont plus confiance en leur classe politique ;

*D’autre part, parce que cela évite à nos dirigeants épris de pureté républicaine d’avoir à s’expliquer sur les relations troubles qu’ils s’empressent d’entretenir avec certains dictateurs couronnés aux pratiques politiques, religieuses et financières tout simplement souvent criminelles.

-Voyons plutôt encore une fois au travers de quelques exemples ces deux cas de figures en général parfaitement complémentaires qui prouvent que la référence monarchique est donc parfois encore bien utile :

*Dans le premier cas, épiloguer sur les mœurs surannées ou scandaleuses à divers titres de telle ou telle famille régnante ou d’un ou plusieurs de ses membres, permet en effet de faire oublier celles de nos dirigeants qui n’ont rien à leur envier, c’est le moins que l’on puisse dire, tout en donnant à nos chers concitoyens drogués à la propagande bien-pensante l’occasion d’oublier pour un moment leurs difficultés quotidiennes et la bien piètre image qu’ils se font de leurs responsables politiques

*Dans le second cas, s’attarder à dessein sur les erreurs parfois bien réelles et condamnables de certains princes avec lesquels la France n’entretient pas de relations économiques stratégiques, permet d’amnistier par avance ceux qui investissent leur argent plus ou moins propre chez nous, qui rachètent à bas prix les fleurons de notre patrimoine, qui nous achètent nos armements (le Rafale excepté bien sûr…) et autres centrales nucléaires ou moyens de transport, ou qui placent leurs pétro dollars dans nos entreprises les plus essentielles à ce qui reste de notre souveraineté, sans même évoquer ces tristes sires du football…

-Décidément, la monarchie présente encore bien des atouts, n’en déplaise à ses contempteurs, aussi hypocrites qu’ils sont confrontés en secret à leurs contradictions…

 

DONNER L’ALTERNATIVE AUX MONARCHIES SURVIVANTES,

UNE FRUSTRATION FRANCAISE MALSAINE :

 

UN AVEU DE CULPABILITE HISTORIQUE :

 

-Tout pourrait peut-être se résumer ici à cette question : France, épouse mystique des Rois, qu’as-tu-fait des promesses de ton baptême avec le premier d’entre eux ?

-Plus rien, ou plus exactement, plus rien de bon de nos jours quand on a tout le loisir, ou plutôt le déplaisir d’observer ce à quoi notre malheureux pays en est arrivé, à force de désacralisation, de destruction systématique de nos traditions, de médiocrité, de trahison, et autres lâchetés petites ou grandes ; chaque nouvelle période politicienne donnant l’impression effrayante de creuser encore la tombe de notre antique Nation, là où on pensait naïvement que la précédente avait déjà atteint le fonds. Autant de constats qui rendent de plus en plus improbable l’hypothèse du sursaut, cette capacité que possédait de toute éternité la France à renaître de ses cendres encore chaudes.

-Quoique l’on puisse en penser, la cause profonde de ce reniement jamais complètement assumé est connue et réside dans le meurtre rituel du Roi un 21 janvier, un assassinat maintes fois récidivé du point de vue politique depuis 1793, au XIXème siècle d’abord, lorsque l’on s’est évertué à empêcher la réussite de la monarchie constitutionnelle sous toutes ses formes, au XXème siècle ensuite, lorsque la République a abandonné ce qu’elle avait su récupérer de la grandeur à la française. Un délitement parfaitement volontaire mais toujours soigneusement dissimulé derrière le paravent droit del’hommiste, et qui concerne aussi bien le fonds que la forme de l’exercice de ce qui reste de la puissance de l’appareil d’Etat.

-On comprend d’autant mieux alors que nos hommes politiques, se sachant renégats et traîtres à leurs pères, s’émeuvent autant du spectacle monarchique qui a su lui conserver autant les apparences de la grandeur. Une grandeur qu’il manifeste de manière insupportable aux yeux des médiocres par la force de la stabilité traditionnelle et identitaire. Autant de choses essentielles qui nous font aujourd’hui plus que cruellement défaut, jusqu’à pouvoir craindre un 1940 d’un nouveau genre peut-être pire encore que l’original, parce qu’il sera insidieux et aura tout de la faillite morale d’un autrefois grand pays qui ne méritera plus d’être sauvé en aucune façon.

 

UN AVEU DE CULPABILITE POLITIQUE :

-La cause semble donc entendue, notre Nation est coupable de haute trahison envers elle-même, qu’il s’agisse de ceux qui sont censés la représenter, ou de ceux qui la composent physiquement, ce peuple de France abâtardi.

-Mais, pour les premiers surtout, l’acte d’accusation mérite encore d’être complété sous le rapport de leur lien au phénomène monarchique, une grille de lecture du suicide à la français qui en vaut bien une autre, et qui loin d’être anecdotique, comme il est de bon ton de le proclamer dès que la monarchie est en cause, touche au contraire au plus profond de l’âme française.

*Que penser en effet au Proche-Orient de notre complaisance, pour ne pas dire plus, envers le Qatar, les Emirats arabes unis et pire que tout, l’Arabie saoudite ? Tout juste les autorités françaises, toujours promptes à donner des leçons démocratiques à la terre entière et à commettre erreur sur erreur en politique étrangère (cf les pseudos printemps arabes), ont-elles ainsi élevé la voix contre l’émirat de Bahreïn, alors même qu’elles faisaient tout pour livrer l’Afrique du Nord et la Syrie aux islamistes.

*Que penser ensuite justement en Afrique de notre relation ambigüe envers la monarchie chérifienne, entre complaisance et intolérance de propos ? Alors que par ailleurs, nous avons dit que la France n’est pas comptable de son mépris envers les enclaves  monarchiques sen Afrique du Sud, le tout après avoir détruit de manière inconsidérée toutes les monarchies traditionnelles lors de la colonisation.

*Que penser également de notre attitude bien peu regardante en Asie à l’égard des sultanats, alors que nous nous gargarisions de la chute de la monarchie népalaise, et que nous approuvons sans mot dire l’annexion de la théocratie tibétaine par notre partenaire commercial inégal chinois ? Le tout, sans même évoquer notre appétence pour la condamnation des relents du militarisme impérial japonais, sans guère de recul et de bon sens là encore.

*Mais que penser enfin et surtout de notre relation plus ou moins intime aux monarchies européennes, sans même évoquer cette incongruité que représente la Principauté d’Andorre (laquelle est en réalité la onzième monarchie du Vieux continent, ce qui porte le total des monarchies à quarante-deux dans le monde) dans notre République interdisant en théorie toute contestation monarchiste ?

°A commencer par notre exploitation éhontée des difficultés présentes des Bourbons d’Espagne, qui résonne comme un vieux compte dynastique à régler avec notre conscience, en oubliant au passage tout ce que Juan Carlos a fait pour la démocratie depuis 1975.

A poursuivre par notre fréquentation bien trouble des monarchies banquières qui nous sont frontalières, la récurrence de nos coups de menton moralisateurs ne donnant guère le change (SIC) quand on pense à Monaco et au Luxembourg.

°A continuer  par notre attitude étrange envers la Belgique, à  la partie francophone de laquelle on ne pourrait que déconseiller de se rattacher à notre République qui n’a plus de grande que le nom.

°A compléter par notre dénonciation constante des turpitudes du Vatican, qui a le tort d’incarner tout ce que nos élites veulent achever de détruire.

°A terminer, et ce sera le mot de la fin de ce Discours des Rois en hommage au film éponyme ou presque, par notre relation bien peu cordiale en définitive avec la monarchie des Windsor, qui a elle certainement le tort d’incarner tout ce que nous n’avons pas su ou voulu sauvegarder chez nous et en nous, ce petit supplément d’âme qui fait si cruellement défaut et à la France et aux Français.

Jean-François GICQUEL

( 7 février, 2014 )

Dans la série « clichés et poncifs trop faciles », je demande… Bruno Frappat, sur « C’était les Daudet »…

 

Texte tiré du site « LA FAUTE A ROUSSEAU »

DAUDET ASSEMBLEE.jpg

Le dimanche 3 février 2013 – dans nos « pages magazines » des samedis/dimanches – nous avons présenté ce qui était alors le récent ouvrage de Stéphane Giocanti, « C’était les Daudet » : Le hasard fait coincider sa parution avec la sortie de notre Album : « C’était les Daudet », de Stéphane Giocanti

Deux mois après, le 9 avril, et toujours dans ces mêmes « pages magazines » des samedis/dimanche, nous avons jugé utile d’apporter une précision sur le très bon article de Sébastien Lapaque dans Le Figaro, qui présentait l’ouvrage de Giocanti : Sur un point précis de l’article de Sébastien Lapaque, présentant le dernier ouvrage de Stéphane Giocanti, « C’était les Daudet »…

La rectification qu’il nous semblait utile – et surtout honnête… – d’apporter concernait, on le voit, le reproche d’antisémitisme, alors que Daudet, effectivement antisémite à ses débuts, et pendant plusieurs années, s’était totalement détaché de l’antisémitisme dès le début des années 30, lorsque Bainville dénonçait Hitler – dans son Journal et dans L’Action française quotidienne – comme « l’énergumène », « le monstre », « le Minotaure »…


Puis il y eut un article de Bruno Frappat, un peu de la même eau, dans La Croix, avec un brin de condescendance pour Daudet, à qui Bruno Frappat daignait reconnaître des talents certains dans certains domaines, mais envers lequel, surtout, il portait une condamnation sans nuance, définitive et sans appel, pour cause… d’antisémitisme.

Répondre sans cesse aux mêmes affirmations fausses est certes lassant, mais nécessaire : on ne peut laisser passer des propos inexacts et, sans entrer dans une polémique avec lui, nous nous bornerons à répondre à Bruno Frappat que sa condamnation de Daudet – qui ne prend pas en compte son changement d’opinion et d’attitude - ne « tient » pas.  

Se déclarer gêné ou horrifié des propos de Daudet avant son changement d’avis, et sans tenir le moindre compte de celui-ci, est trop facile, et surtout, nous l’avons dit, trop « cliché », trop « poncif ».

Prenons un exemple, un seul, là où l’on pourrait en prendre cent : Bruno Frappat se bouche-t-il le nez quand il passe devant les Invalides, et change-t-il de trottoir ? Il faut absolument le savoir car, puisqu’il se pique d’être révulsé par l’antisémitisme, il devrait réfléchir à ceci : aux Invalides, dans un monument d’orgueil choquant, repose un homme qui déclarait, le plus tranquillement du monde :

« …Je fais remarquer de nouveau qu’on ne se plaint point des protestants ni des catholiques comme on se plaint des juifs; c’est que le mal que font les juifs ne vient pas des individus, mais de la constitution même de ce peuple: ce sont des chenilles, des sauterelles qui ravagent la France… » (Séance du Conseil d’Etat du 7 mai 1806). 

Bigre ! Et même, bigre de bigre ! Cet homme, c’est Napoléon, et il repose, bien tranquille, somptueusement offert, dans les ors et les marbres d’un monument aussi indécent qu’imposant, aux crépitements des appareils photos des touristes du monde entier sans que personne – et en en tout cas pas Bruno Frappat, à ce que l’on sache – y trouve à redire ! Bruno Frappat – qui condamne sans appel Léon Daudet pour un antisémitisme que celui-ci a, finalement, rejeté – a-t-il lancé une pétition pour que l’on « éjecte » Napoléon des Invalides ? On attend avec impatience la réponse…

Cela ne s’appellerait-il pas… comment dit-on, déjà ? Ah, oui ! : du « deux poids, deux mesures »…

Soyons sérieux : pour que le lecteur non averti se fasse une idée juste des choses, le mieux, comme toujours, est d’aller aux textes, et de ne pas passer par des intermédiaires : ceux qui veulent savoir qui était Léon Daudet et ce qu’il pensait, et quelles évolutions furent les siennes pourront se repoprter à notre Album Maîtres et témoins (III) : Léon Daudet (287 photos), bâti exclusivement à partir de passages des dix tomes de ses Souvenirs. Et, tout particulièrement – pour cette question de l’antisémitisme – sur les deux photos « Daudet « détaché de l’antisémitisme » « et « Daudet et l’antisémitisme : genèse d’un rejet… »

Il serait en effet peut-être temps d’arrêter de dire n’importe quoi…

 
( 9 janvier, 2014 )

A Propos de la crèche Baby Lou

HUMEUR

 

 

C’est une véritable tragi-comédie qui a tenu en haleine toute la presse bien pensante de notre pauvre pays. Il faut rappeler les faits : une certaine Fatima Afif, employée de cette crèche estlicenciée pour cause de port du voile islamique. Après un parcours judiciaire de près de trois ans ,et un pourvoi en cassation qui avait donné raison à la salariée, la directrice Natalia Baleato obtient devant la cour d’appel le maintien de ce licenciement. Le camp laïc hurle sa joie. « Nous avons sauvé la laïcité » proclame Richard Malka, l’avocat de la crèche. Faut-il s’en réjouir ? Je n’en suis pas si sûr. En effet au nom de cette laïcité revendiquée, on interdit tout port d’insigne religieux dans l’espace public. Porter une croix en allant à l’école ou au lycée, est passible de renvoi. Mais, me dira-t-on, on ne va pas laisser ces musulmans fondamentalistes faire la loi et instaurer la Charria ? Au nom de quoi ? La laïcité ? Et ne sommes nous pas une vieille Nation chrétienne ? Ah bon ? Non, justement, il y a longtemps que les derniers pans de cette chrétienté sont tombés et même pas sur des champs de gloire, sans combat. Quand les nonnes ont jeté leurs cornettes aux orties et les curés leurs soutanes, ils ont jeté en même temps ce qui faisait signe pour le monde pour reprendre un terme sociologique, bref ils ont disparu, engloutis dans le marigot de la république laïque. Ils ont cru que l’ouverture au monde allait créer un nouvel élan pour l’Eglise en oubliant l’échec épouvantable du ralliement qui a vu une grande partie des catholiques croire en la démocratie chrétienne. Pourtant la majorité de la population, essentiellement rurale à l’époque était catholique, la victoire du bien aurait dû être inéluctable. C’était sans compter sur la démocratie, car ils se sont dilués dans la boue fétide de combats fratricides et certains même sont devenus des renégats qui n’eurent de cesse de saper l’autorité de cette Église qui reste pourtant le phare d’un monde qui sombre dans la tempête mondialiste. C’est tellement vrai que les puritains d’outre-atlantique, dont Obama est le triste président, veulent supprimer leur ambassade au Vatican. Il est plus que certain que le Pape François dénonce à longueur d’homélies les prédateurs de la finance sans âme et les adeptes du libéralisme sans frein que l’Amérique a imposés au monde, même les communistes chinois y ont succombé et il sait, lui, le Pape, combien la mondialisation matérialiste se commet avec les salafistes de tout poil: il y a du fric à faire ou du pétrole à voler!

Et je rejoins volontiers les réflexions de notre ami Julien Becker dans le dernier numéro de la LR quand il nous dit qu’il n’y  à  rien à  espérer  de  bon  dans  ce  système  qui   nous conduira inéluctablement dans l’horreur d’une nouvelle guerre de religions plutôt qu’une guerre de civilisations parce que la nôtre a déjà disparu.

Et les dernières péripéties du rapport sur l’intégration doivent encore plus nous alarmer. Dans un langage typiquement sociologique, on conseille au gouvernement de faire disparaître la France et son histoire au profit d’autre chose de nébuleux, à construire….faire france. J’ai mis volontiers en minuscule à ce que ces sinistres individus, ils étaient 250… et on a les noms, veulent faire de notre pays. A quand une avenue Ben Bella remplaçant l’avenue des Champs Elysées ? Ne riez pas, c’est peut-être pour bientôt! Car, et c’est le plus inquiétant, les réactions contre ce brûlot, ont été d’une tiédeur inouïe. Le pauvre Coppé lui n’y a vu que le retour du voile islamique à l’école, ce dont je me moque assurément. Je sais parfois être tolérant, même si on peut difficilement appliquer le mot de Guillaume d’Orange à notre époque: » la tolérance est l’apanage des forts. » Non ce fieffé imbécile, comme tous les autres d’ailleurs, ne voit pas que ce rapport a été commandé par ce gouvernement pour prendre date et que les « personnalités » désignées pour le pondre étaient toutes acquises à ce concept de nouveau pays.

Ce gouvernement de tarés congénitaux savait ce qu’il faisait et les bases du négationnisme de notre histoire sont ainsi définitivement posées. Il est vrai que deux ou trois pisse-copies comme Pascal Blanchard auteur de « La France Araboorientale » prônent cette discrimination positive qui doit abolir les restes des souillures colonialistes qui hantent encore nos esprits étroits et malveillants envers l’islam. Mais le rapport va encore plus loin puisque d’après lui il faudra « évaluer les programmations et actions de toutes les structures artistiques et culturelles de spectacles vivants, de médiathèques, de centres d’art…, afin de déterminer si les objectifs de connaissance et de reconnaissance de la culture plurielle de la société française sont effectifs dans les propositions au public. » Ou encore cette accusation: » l’histoire enseignée se réfère à des figures incarnées qui demeurent très largement des « grand hommes  » mâles, blancs et hétérosexuels » . Bref, on démolit et la police culturelle veillera à ce que les esprits chagrins comme les nôtres soient empêchés de nuire à la future société multi-culturelle où tout le monde y sera beau, tout le monde y sera gentil, réduit à l’état de larve consommatrice des spectacles insipides des avant-gardes en chantant d’une voix monocorde  » nous sommes tous des arabo-français. »

Jean Antoine ROSECCHI

( 10 décembre, 2013 )

Les professeurs des classes prépas sacrifiés par le sinistre M. Peillon

Article de Jean-Philippe CHAUVIN tiré du « blog de Jean-Philippe Chauvin » que nous vous conseillons de consulter régulièrement.

 

« Il n’y a que les Prépas qui ont encore de bons résultats », déclare une intervenante aux Grandes gueules sur RMC ce lundi 9 décembre, et poursuivant : « il faut que l’on arrête de niveler par le bas », à propos des projets de M. Peillon, ministre provisoire de l’Education nationale en attente d’un siège au Parlement européen en mai prochain… et dont la réforme est en train d’affaiblir les fameuses classes préparatoires françaises, au moment même où les classements internationaux comme « Pisa » montrent le déclin accéléré du niveau éducatif de notre pays ! Ce matin, les collègues des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) du lycée Hoche étaient en grève et distribuaient des tracts à la porte de l’établissement pour dénoncer le sort qui leur était réservé par ce gouvernement qui, de plus en plus, semble n’avoir de cesse que de détruire ce qui marche et de décourager ceux qui prônent l’excellence et l’espérance plutôt que la défiance et l’assistanat. C’est aussi ce que dénonçait Jacques Julliard dans son article de samedi dernier publié par Marianne, à la suite de nombreux autres textes rédigés par des professeurs ou d’anciens élèves de Prépas, comme celui de Camille Pascal dans Valeurs actuelles de jeudi dernier et affiché ce matin dans la salle des profs du Couvent de la Reine, au milieu de quelques autres et de papiers administratifs. Le tract des collègues, en quelques lignes, résumait bien la situation et allait plus loin que la seule défense de leurs propres intérêts, en soulignant que les professeurs de lycée étaient aussi concernés par une prochaine baisse de leurs revenus, alors même que nos salaires (je dis « nos », car je suis dans ce cas qui est celui de tous mes collègues de l’enseignement public…) sont, depuis 3 ans, « gelés » (ce qui, dans mon cas personnel, ne me gêne pas mais qui peut affecter les professeurs chargés de famille et dont les frais, eux, ne cessent d’augmenter…), que le gouvernement soit de droite ou de gauche, d’ailleurs : sans doute la « continuité républicaine »… « Vincent Peillon ne cache pas son hostilité au système des prépas. Nous sommes pourtant convaincus qu’il permet chaque année à des milliers de jeunes gens de progresser et de réussir, c’est pourquoi nous y sommes très attachés. Notre inquiétude est grande quant à l’avenir de ces filières d’excellence au sein desquelles nous sommes pourtant fiers et heureux de travailler. » : le tract évoque là le vrai souci, celui de la disparition possible (et souhaitée par certains…) des classes préparatoires considérées comme « des lieux de reproduction sociale » par les égalitaristes de tout poil, à la fois jaloux de l’excellence des élèves sélectionnés pour y entrer et des rémunérations de ceux chargés d’encadrer et d’instruire ceux-ci. Et pourtant ! Tout le monde sait bien que, si la France veut encore jouer un rôle dans les années prochaines au sein des grandes nations, il faut préparer les nouvelles générations et former des élites, ce dernier mot étant hypocritement honni par ceux qui nous gouvernent actuellement et, j’espère, provisoirement. Alors que de nombreuses universités ont désormais du mal à assumer leurs fonctions traditionnelles de transmission du savoir et de l’expérience, n’ayant pas la possibilité de filtrer les entrées en leur sein malgré l’effondrement du niveau des bacheliers depuis quelques décennies déjà (le problème était ainsi évoqué au milieu des années 1980 au Conseil d’administration de l’université de Rennes-2, conseil au sein duquel je siégeais en tant qu’élu étudiant !), et au lieu de s’inspirer des réussites des classes préparatoires, le ministère de la République préfère, par paresse intellectuelle et aussi par lâcheté vis-à-vis des pédagogues qui continuent de faire la loi, leur Bourdieu en poche et leur suffisance en bandoulière (tel ce Meirieu qui empoisonne l’éducation en France depuis tant d’années…), s’attaquer aux quelques milliers d’enseignants de CPGE, traités d’ « aristocrates » (sic !) comme aux temps sombres de la Révolution française, celle-là même que M. Peillon, déclarait n’être « pas terminée » dans son livre de 2008, véritable manifeste républicain qu’il veut, désormais au Pouvoir, appliquer pour le pire plus que pour le meilleur… Danton aurait-il lui-même trouvé grâce aux yeux de M. Peillon ? En écoutant il y a quelques jours Vincent Peillon s’exprimer à la radio avec ce ton si déplaisant et arrogant et affirmer qu’il ne céderait pas devant la colère des enseignants, un collègue haussait les épaules et lançait, dans un souffle rageur, ce qui me semble bien résumer la situation : « la République n’a plus besoin de professeurs, juste d’ordinateurs ! ». Julliard, dans Marianne, ne disait, en d’autres termes, pas autre chose… Et si, nous les professeurs, nous en tirions enfin les conséquences politiques ? Tant pis, alors, pour la République…

( 28 octobre, 2013 )

Droit du sol, droit du sang ? par Louis-Joseph Delanglade

 article tiré du très bon site à regarder tous les jours : La Faute à Rousseau

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Il a peut-être la fibre littéraire mais historique pas du tout : ce samedi 26, dans sa revue de presse de 8h30 sur France Inter, M. Levaï oppose au droit du sang « notre bon vieux droit du sol révolutionnaire et républicain ». Faux, bien entendu. Qu’on le date de 1515 (arrêt du Parlement de Paris) ou même de 1315 (édit de Louis X le Hutin), le jus soli existe en droit français, sous l’Ancien Régime – même si la notion de nationalité est postérieure. Le Code civil l’abolit au profit du jus sanguinis en 1804 et il faudra attendre 1889 pour que se manifeste la prétendue « générosité » d’une République surtout soucieuse de se pourvoir en soldats. Cela dit, le droit du sol est effectivement aujourd’hui un des grands marqueurs de la gauche idéologique, qui y voit le meilleur moyen de subvertir à terme la nation française. 

Ne pas confondre droit du sol et naturalisation. M. Ory, historien et universitaire, choisit de proposer à notre admiration et à notre reconnaissance, dans son « Dictionnaire des étrangers qui ont fait la France », 1112 figures, toutes remarquables. Il précise « que nous sommes depuis deux siècles une vieille terre d’immigration et que toute cette immigration a réellement enrichi la France ». On peut contester la première proposition : la France, au sens que donne M. Ory à ce mot, est une terre d’immigration depuis toujours et nombre d’étrangers de qualité sont venus l’enrichir au cours des siècles précédant la Révolution. Quant à la seconde proposition, on peut se demander si ces étrangers, devenus français par choix, n’ont pas au fond restitué à leur nouvelle « patrie », en devenant ce qu’ils sont devenus, ce qu’ils avaient d’abord reçu d’elle. 

On comprend bien que les 1112 de M. Ory n’ont rien à voir avec ces centaines de milliers, ces millions de « nouveaux » Français ou en attente de l’être. Quand l’immigration devient invasion, le problème est d’abord quantitatif : à (faire) croire coûte que coûte qu’un pays de cinquante millions d’habitants peut digérer un apport de quinze millions de personnes en trente ans, c’est le pays lui-même que l’on met en danger de mort. D’autant que ces « étrangers » sont, dans leur majorité, inintégrables et inassimilables, en raison de leur appartenance à une (des) communautés ethno-culturelle(s) bien trop éloignées de nous, appartenance que trop peu remettent en cause, les moyens modernes de communication leur permettant de conserver le contact avec leurs pays d’origine, lesquels, du coup, restent leurs vrais pays et celui de leurs enfants nés en France et bénéficiant du droit du sol. Immigration, naturalisation, droit du sol : la boucle est bouclée. 

Sans doute est-il encore possible de contrer le « grand remplacement » dénoncé par M. Camus. S’impose évidemment le réaménagement des modalités d’application du droit du sol (pour tous, pas seulement pour les enfants de clandestins, comme le réclame le très politicien M. Copé). Mais cela ne suffirait pas. Il faudra aussi viser le tarissement, à titre conservatoire, de toute immigration de masse, régulière ou clandestine. Il faudra, enfin, procéder à un examen critique des apports démographiques « extérieurs » de la période post-coloniale.

 
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