( 21 juin, 2014 )

Charles Maurras et l’Idée de décentralisation.

NOUVEL ARBITRE publie l’article que vous trouverez ci-dessous, particulièrement intéressant à l’heure où le pouvoir fait semblant de vouloir décentraliser

 

[ A la rencontre d’un texte ] Charles Maurras et l’Idée de décentralisation.

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«  Il suffit de se demander à qui profitent l’émiettement de la Nation en individus et la toute-puissance de l’Etat centralisateur. »

A l’aube d’une session extraordinaire à l’assemblée nationale au sujet de la réforme territoriale, une redécouverte de l’article de Charles Maurras en 1898 au sujet de la décentralisation ne peut être que fructueuse. Vous pouvez retrouver ce texte ici .

S’il regrette que le terme décentralisation puisse sembler être un terme vague, Maurras lui offre une définition alléchante : « On appelle décentralisation un ensemble de réformes destinées à reconstituer la patrie, à lui refaire une tête libre et un corps vigoureux. » Une vision qui ne pouvait que séduire les amoureux du pays réelpuisque ses premiers instigateurs auraient été des proches de Louis de Bonald.

Le sens de la décentralisation

Pour Maurras la Nation donne tout à l’Homme qui ne naît finalement à la citoyenneté qu’une fois devenu digne de cet héritage. Cette Nation doit être servie par un pouvoir fort garant de l’unité nationale, de la concorde et protégeant les Français des germes du désordre. Dès lors la question de la décentralisation pourrait semble paradoxale dans le logiciel maurassien. Loin s’en faut, en effet le provençal annonce : « On ne rétablira chez nous une autorité permanente, un pouvoir central durable, responsable et fort, qu’au moyen de libertés locales étendues. »

C’est la commune qui est le meilleur moteur de cet enracinement tout à l’opposé des départements, artefacts révolutionnaires qui n’ont aucune prise sur la vie des citoyens. La commune est un lieu d’authentification, un axe offrant une proposition de vie à celui qui choisit de s’en emparer. Les adversaires deviennent donc ceux qui veulent extirper l’homme de ses attaches charnelles, ainsi Léon Blum : « La famille, la commune, rien ne fausse et ne diminue l’énergie comme de tels groupements. Ce sont les collectivités les plus dangereuses, parce que nous les aiment et parce qu’elles nous retiennent. » .

Le sujet est d’une profonde actualité puisqu’il s’agit alors de permettre un nouvel enracinement de la population : « Seule, ou à peu près seule, la commune est réelle, et peut jouir d’une personnalité . » En effet la différence communale est un lieu de sensation de l’inclusion/exclusion, elle seule permet l’avènement d’un esprit de clocher capable de faire ressentir ce qui explique l’existence de la Nation et en même temps la vigueur de ses territoires : « Communauté et différences de notre sol, communauté et différences de notre sang, c’est ce qui fonde cet esprit fédéral et ce sentiment national sans lesquels toute décentralisation serait incompréhensible. »

Maurras va faire le choix du fédéralisme en espérant y trouver un moteur du réveil national. « Le sol, le sang, la tradition demandent partout à exercer leur portion nécessaire d’influence et de prépondérances morales. ». C’est  bien une méthodologie du sursaut national que l’auteur d’Anthinéa cherche à désigner en étudiant la solution de la monarchie fédérative. Il conclut ainsi : «  Qui voudra réorganiser la Nation en devra recréer lespremiers éléments communaux ou provinciaux. Qui veut réaliser le programme nationaliste doit commencer par une ébauche de fédéralisme. »

Sa défense politique.

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L’intérêt de l’idée de décentralisation est de transcender les appareils partisans. Ainsi ces premières heures furent les lois de 1831 et 1833 affranchissant pour l’une les municipalités et pour l’autre les conseils généraux de la tutelle étatique.

Cette idée sera également reprise par Napoléon III qui se laissa influencer et par les arguments libéraux du projet de Nancy (1) mais aussi par les conclusions de la philosophie individualiste de Proudhon ( Du Principe fédératif ) .  On peut lire ainsi dans l’essai de Proudhon : par le mot Nationalité écrit en tête de son nouveau programme Non contente de se faire parti de statu quo elle s est faite parti rétrograde Et comme la Nationalité telle que la comprend et l interprète la Démocratie a pour corollaire l Unité elle a mis le sceau à son abjuration en se déclarant définitivement pouvoir absolu indivisible et immuable. ( 2) En 1870 se lèvera un vrai foisonnement de la réflexion décentralisatrice notamment avec des sociétés de provinces et des tours de conférence. Les poètes provençaux et singulièrement Mistral avec Mireille participeront pleinement de cet engouement. En 1890 les communes auront le droit de se syndiquer.

La défense de la décentralisation va aussi se développer autour de Taine, Mistral et Le Play mais aussi de partisans plus radicaux comme La Tour du Pin et Albert de Mun. La décentralisation reste un des éléments cependant constitutifs de l’opposition entre les partisans d’une France légale issue de 1789 et de ceux qui lui préfèrent une Nation incarnée comme on peut le lire dans le dernier chapitre de cet ouvrage :

 

1 : on trouvera ici un article résumant le projet de Nancy : http://www.napoleontrois.fr/dotclear/index.php?post/2007/10/25/235-le-programme-de-nancy-1865

2 : texte du Principe fédératif de Prouhon : http://books.google.fr/books?id=ho0XAAAAYAAJ&pg=PR3&hl=fr&source=gbs_selected_pages&cad=2#v=onepage&q&f=false

 

 

Barrès et Les Déracinés.

Pour Maurras, c’est l’écrivain patriote et lorrain, Maurice Barrès qui fût l’un des plus ardents défenseurs de la décentralisation. Les Déracinés, premier volet du roman de l’énergie nationale décrit l’initiation traumatisante de jeunes étudiants lorrains à la vie parisienne. Le traumatisme de l’abandon de sa culture et de l’adhésion forcée à des doctrines philosophiques universalistes y est merveilleusement décrit. En effet, le roman de Barrès va retrouver le préambule de la réflexion maurassienne : « Un individu ne se développe pas tout seul. Il lui faut mille circonstances propices : une famille, un pays bien déterminés, une atmosphère intellectuelle et morale, ce qui manque enfin à la France dissociée et décérébrée. »

Il faut dire que Barrès avait participé à l’union de deux doctrines essentielles : la fédéralisme et le nationalisme. Cette union s’incarnait profondément dans le journal qu’il avait lancé la Cocarde. Maurras écrit : « Il insista pour substituer au patriotisme administratif un patriotisme terrien et remplacer l’image d’une France idéale, chère à quelques rhéteurs, par l’idée d’une France réelle, c’est-à-dire composée comme dans la réalité de familles, de communes, de provinces, tous éléments non point contraires ou divisés entre eux, mais variées, sympathiques et convergents. » Barrès abandonnera la cocarde en 1895 quand elle devint la ligue républicaine de décentralisation.

Ce que Maurras aime à trouver dans Les Déracinés c’est la différence entre un localisme incarné et la pauvreté de la robotique centralisatrice jacobine. Ainsi annonce-il : « Quand un homme tient à son sol et à son milieu naturel ses ressources naturelles n’ont point de bornes, ce qu’il dépense, il le reconquiert et le renouvelle par un emprunt continuel à l’inépuisable nature, avec laquelle il communique incessamment. »

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( 5 avril, 2014 )

Discours de Paul LUPORSI à la fête des Rois de Nancy

Chers amis,

 

Philippe m’a demandé d’être court ! Je vais essayer! Cette année encore verra deux élections, les européennes et les municipales. Si les premières m’indiffèrent complètement, les secondes sont les seules qui trouvent grâce à nos yeux, mais elles sont malheureusement entachées de politique politicienne qui dénature leur caractère local. Aussi, permettez moi de vous montrer quelque chose, regardez bien ceci est ma carte d’électeur. Je ne l’ai pas encore déchirée et j’ai honte de mon aliénation. Car oui, nous sommes aliénés par ce torchon qui nous tient prisonniers de la fange républicaine. Nous croyons tous en une plus ou moins hypothétique bonne élection! Nous pensons voter pour le moins mauvais car nous avons tous peur de laisser le pouvoir aux destructeurs de la Patrie et pourtant rien n’arrête la descente aux enfers de ce pays qui fut le phare du monde. Alors il faut prendre conscience que lorsque nous donnons notre main à la démocratie en allant voter, elle nous dévore le bras et nous englue dans les miasmes fétides de ses marigots pourris où nagent à l’aise tous les politiciens véreux  avides des prébendes de la république. Vite sortons de ce chaos!  Souvenez vous , je vous citais il y a quelques temps ce mot de Baudrillard qui, reprenant un slogan malheureusement oublié de mai 68: élections, piège à cons!, nous affirmait que la plus grande peur de ces politicaillons, énarques décérébrés, ou idéologues de tout poil c’est que nous ne voulions plus de ce prétendu pouvoir des urnes. D’ailleurs les français n’y croient plus et les abstentionnistes nous montrent l’exemple. Mais ce sont de mauvais citoyens, nous dira-t-on!.

 

Justement je ne veux plus être citoyen. D’ailleurs ce mot me hérisse, écoutez-les ces journaleux dispensateurs de la bien pensance quand ils annoncent la gueule mielleuse et suffisante telle ou telle attitude citoyenne! Et malheur à nous si nous osons ricaner devant la bêtise crasse de ces entreprises d’amollissement généralisé sous la houlette des chantres des droits de l’homme , de prétendus artistes d’avant garde, de pseudo intellectuels dévoyés ou les nervis de l’ecologie. Et puis  nous entrons en 2014, qui va célébrer en une commémoration de plus, le centenaire de la grande guerre qui fut par l’impréparation coupable des gouvernements d’alors, une boucherie innommable, qui a décimé les familles, englouti tout un pan de l’intelligence française et  laissé les mains libres à des Clemenceau pour assoir définitivement la république, celle des cimetières! Comme la révolution s’est assise sur les charniers de Vendée, ou les corps décapités des victimes innocentes de la barbarie jacobine!

1918 ou la victoire volée aux 1 500 000 morts, ces pauvres bougres qui montaient  se faire hacher par les mitrailleuses et l’artillerie ennemie. Au lendemain de ce carnage, il y eut une divine surprise: la chambre bleu horizon! Tout était possible ! La victoire des ligues patriotiques auguraient un renversement de tendance; on a même vu des députés royalistes dont le plus célèbre fut Léon Daudet. Et le bilan? Le front populaire, la honteuse défaite de 1940 et la revanche de la république en 1945 avec les exécutions sommaires, les assassinats, car, çà, la république sait faire! D’ailleurs, Daudet, battu en 1924, a eu ces mots amers: « à l’heure où j’écris le peuple français environné d’inimitiés, trompé, ruiné, écrabouillé par le fisc, et qui voit revenir la guerre à la suite de l’évacuation criminelle de Mayence, tourne vers la chambre des députés des regards de haine. Elle est pour lui la nouvelle Bastille, l’antre d’où souffle le malheur, et le signe de sa servitude à six cents farceurs, menteurs, truffeurs  et pillards. C’est bien ainsi que je le voyais, en le quittant pour ne plus y revenir, ce baroque dépotoir de lâchetéś d’incapacités et d’idées fausses, où j’avais usé, en vain, quatre ans et demi de mon existence. Mon échec du 11 mai 1924 fut ainsi, pour moi, une délivrance. » Ce texte fut écrit en 1933, un an avant le 6 février 34 qui a vu l’échec définitif des ligues, confirmé le déclin de l’Action Française et annonçait le triomphe de la gauche divine, celle de la fête à Neu Neu, du temps des cerises, des congés payés et de la grande partouze citoyenne qui se continue en Paris plage ou en gay pride, et qui s’est temporairement écroulée dans des lendemains qui déchantent et les longues colonnes d’anciens fêtards qui fuyaient tout au long des routes l’impéritie de ces incapables. Attention demain, il ne pourrait bien nous rester que le refuge mortel du le camp des saints conclusion certaine de la volonté de ce gouvernement de saper toutes les bases de la société traditionnelle française comme le montre ce dernier rapport sur l’intégration qui reste malgré les lâches démentis des pervers qui nous gouvernent la base des réflexions sur ce sujet.

 

Ainsi, il y a deux ans je vous demandais de militer, militer pour chasser ces polichinelles ridicules, aujourd’hui je vous redis de militer mais en ciblant non ces déchets grandiloquents qui briguent vos suffrages pour mieux vous berner pour ne pas utiliser de mots plus vulgaires, mais en étant de véritables anarchistes qui disent non à tout, je dis bien tout. Rien de ce qu’à établi depuis plus  de 200 ans la république ne doit trouver grâce  à vos yeux. Il faut se montrer impitoyables, car la France celle dont nous ne ferons jamais le deuil, est morte le 21 janvier 1793. C’est   Albert Camus qui nous le rappelle, dans ces quelques lignes ressorties par le salon beige de l’Homme Révolté:  » le 21janvier, avec le meurtre du Roi-prêtre, s’achève ce qu’on a appelé significativement la passion de Louis XVI. Le jugement du roi est la charnière de notre histoire contemporaine. Il symbolise la désacralisation de cette histoire et la désincarnation du Dieu Chrétien. Dieu, jusqu’ici, se mêlait à l’histoire par les rois. Mais on tue son représentant historique, il n’y a plus de roi. Il n’y a donc plus qu’une apparence de Dieu relégué dans le ciel des principes. »

 

Après l’assassinat de notre Roi, les usurpateurs utilisent nos héros que ce soit l’ humble poilu inconnu enterré sous le monument à la gloire du canonnier massacreur du 13 vendémiaire, ou les Peguy, Cochin, tombés sous les balles ennemies ou encore de ces méharistes qui protégeaient les caravanes des rézzous  de touaregs assoiffés de pillage et de sang comme aujourd’hui les soldats de l’opération Serval tentent de protéger les populations maliennes contre ces mêmes touaregs qui veulent ennoblir leurs désirs de mort au nom d’Allah. Ces usurpateurs ont même tenté de nationaliser Jeanne d’Arc.  Et à cause de cela il nous arrive de pactiser avec le diable, comme Maurras et l’union sacrée. Nous mettons nos principes dans la poche et notre mouchoir par dessus. D’ailleurs ces héros ne font même plus signe pour cette société avide de jeux et de spectacles.

 

« Que faire? » Demandait Lénine. Être contre ce qui est pour et pour ce qui est contre ce régime pour reprendre le leit-motiv des vieux anarchistes. Alors abstenez-vous de tremper votre bulletin dans les urnes car c’est dans le sang de Louis XVI que vous le trempez, faites campagne contre l’inscription des jeunes sur les listes électorales, soyez les troubles fêtes des kermesses républicaines comme ces jeunes royalistes qui se sont fait boucler le 11 novembre dernier pour avoir sifflé le chef de l’état, boycottez les commémorations, toutes, remettez en cause tous les poncifs de ce temps, les ayatollahs de l’anti racisme, le féminisme délirant des femens et des autres partisans de la théorie du gender. Dites aux goodyear que la principale cause de leur malheur est certes la finance apatride, mais aussi et surtout cette république déliquescente et que ce n’est pas un bulletin de vote qui les sauvera au contraire, et on peut multiplier à l’envi ces exemples de l’affaiblissement de la pensée et de l’action. N’hésitez pas a dire que vous êtes avant tout antirépublicain, d’abord ça choque les profiteurs de ce système et les pleutres qui ont peur du changement. Les révolutionnaires , aujourd’hui, c’est nous. Les camelots du roi en leur temps tâtaient de la prison, comme ces courageux jeunes dont je viens de parler, ayons ce panache! Certes nous sommes peu nombreux, nous sommes même pour certains esprits forts, ridicules, et pourtant nous sommes les seuls, par notre remise en cause radicale de ce système, à pouvoir être le ferment qui permettra à nouveau à un peuple d’être grand et fier. C’est la république dite française qu’il faut d’abord abattre! Et pour reprendre le mot de Maurras, tous les moyens sont bons!

( 5 avril, 2014 )

DISCOURS SUR LES ROIS

« Le sempiternel discours sur les monarchies en crise, ou l’art républicain de la diversion »

 

L’antienne est connue, les quelques monarchies subsistantes, qui sont tout de même encore au nombre de quarante-et-une dans le monde (15 en Asie, 3 en Afrique, 10 en Europe, et 13 au Proche-Orient pour être tout à fait précis) , forment depuis longtemps, et aujourd’hui plus que jamais une espèce en voie de disparition qui n’a plus rien pour mériter de se voir attribuer le label d’espèce protégée.

Tel le toréro avide du sang qui sera bientôt versé, la sémantique républicaine française aime à se repaître de cette certitude malsaine que son régime est le modèle universel dont tous devraient s’inspirer au plus vite, et au besoin par la force, dans les rares cas où notre politique étrangère et militaire en a encore les moyens.

La République entend donc contribuer au plus vite à mettre à mort ce qu’elle qualifie d’oripeaux contemporains insupportables et désuets de l’absolutisme, ainsi que ne se prive-t-elle pas de rappeler, elle a su le faire elle-même avec brio en 1792, puis à de nombreuses reprises au XIXème siècle, et pas toujours d’ailleurs avec succès pour ce qui a été de la suite des évènements, en 1848 et en 1870 en particulier.

Cette prétention s’accompagne également souvent d’une ironie qui se veut mordante au sujet des régimes qui ont encore l’idée saugrenue d’opter pour la forme monarchique au XXIème siècle.

 

Mais, quel que soit le ton plus ou moins agressif de ces propos, ils reflètent une double réalité profonde qui n’est pas très glorieuse :

*Lorsqu’elle veut donner l’alternative aux monarchies, pour reprendre un vocabulaire tauromachique, la République exprime en effet, une passion française tout ce qu’il y a de plus morbide (I).

*De même qu’elle a du mal à dissimuler le fait qu’elle manifeste à cette occasion une frustration tout ce qu’il y a de plus malsaine, qui est en général celle de tous ceux qui se sentent coupables d’un crime, et qui ont de très bonnes raisons d’éprouver ce sentiment pour le moins dérangeant (II).

 

DONNER L’ALTERNATIVE AUX MONARCHIES SURVIVANTES, UNE PASSION FRANCAISE  :

 

LA MISE EN JEU DU PRONOSTIC MONARCHIQUE VITAL,

 UN CABOTINAGE REPUBLICAIN :

 

-   Avec une pointe de condescendance fort mal placée quand on connaît la situation de déliquescence politique de notre pays, qui ne tient plus guère que par la solidité presque à toute épreuve de ses institutions gaulliennes, lesquelles sont comme par « hasard » imprégnées de monarchisme, notre classe politique, quelle que soit son obédience, et qu’elle occupe ou non le pouvoir, aime à se moquer de ce qu’elle appelle l’inutilité et l’archaïsme soit disant coûteux et dépassé des régimes monarchiques.

-   Pire que cela, nos hommes politiques aiment à gloser sur l’irrésistible déclin et la fin prochaine de ce qu’ils dénomment les confettis de la réaction et font passer pour des incongruités de l’Histoire, je peux parler des monarchies bien entendu.

-   A ce petit jeu des pronostics vitaux engagés, tous ou presque font la preuve de leur arrogance pour mieux faire oublier leur rare insignifiance, et ils n’hésitent pas, avec la complicité d’une presse à scandale graveleuse à souhait,  à voir dans chaque polémique frappant ces monarchies, la pseudo preuve de leur fin prochaine. Puisque, disent-ils avec aplomb, elles sont de plus en plus impopulaires, en particulier près de la jeunesse des pays concernés, sachant que cette jeunesse est toujours définie comme une qualité alors qu’elle n’est qu’un état, et qu’elle est systématiquement qualifiée sans aucun commencement de preuve de républicaine.

-   De ces comportements aussi stupides (parce qu’autocentrés sur la France) qu’ils sont indignes de ce qui reste de l’élégance à la française, c’est-à-dire pas grand-chose en vérité, les exemples sont légion ;

Qu’il s’agisse de dénoncer les turpitudes des monarchies européennes, voire membres de l’Union européenne, avec lesquelles tout notre personnel politique ne cesse pourtant de frayer, (tout en ne rêvant que d’une chose, être reçu par ces « despotes » en grande pompe, voire être décoré par eux, ou mieux encore, anobli) ;

Ou qu’il s’agisse de condamner comme d’habitude soit disant avec la plus grande énergie les potentats des monarchies plus ou moins exotiques, devant lesquels les mêmes ne cessent pourtant de « faire la danse du ventre », afin d’obtenir d’eux quelques gages, en pétro dollars le plus souvent, quitte à brader ce qui reste de notre patrimoine national historique immobilier, tout ce qui est mobilier ayant été dilapidé depuis longtemps par nos soins.

 

Voyons plutôt au travers de ces quelques exemples:

 

*En Europe, avec l’extrapolation systématique des difficultés rencontrées par  la monarchie britannique, avant de se rendre compte à chaque fois que sa solidité est à toute épreuve, et de tomber en pamoison à chacun de ses grands évènements marquants : car de la déification ridicule de la «  Princesse des cœurs » en 1997 au « Royal Baby » de 2013, en passant par le Jubilé de diamant de 2012, il n’y a qu’un pas, n’est-ce-pas ?

*Hors d’Europe maintenant, avec  l’exploitation non moins systématique des excès commis par certains monarques lointains, dont l’importance politique et surtout économique est providentiellement assez insignifiante pour pouvoir les critiquer à loisir, sans risquer de perdre de précieux investisseurs ou de juteux contrats commerciaux :

Exemple : le Lesotho ou le Swaziland à l’extrémité méridionale de l’Afrique.

Exemple : Tonga en Océanie.

 

LE PRONONCE DU VERDICT MONARCHIQUE LETAL,

UN CAMOUFLAGE REPUBLICAIN

 

-La question se pose donc de savoir pourquoi on s’empresse de dresser de telles caricatures, tout en prenant bien soin de choisir ses victimes qui ont d’ailleurs toujours tout de boucs émissaires faciles.

-La réponse est limpide une fois que l’on veut bien, ce à quoi les journalistes et autres commentateurs autorisés se refusent, à de rares exceptions près, traverser cet écran de fumée : concentrer ses attaques sur les monarchies, chose curieuse de la part d’une République qui se prétend naturelle et invincible, représente en effet un double avantage en termes de politique, ou plutôt pour la seule chose qui compte de nos jours, à savoir la fameuse et ruineuse communication politique, qui est aussi scandaleuse qu’elle est détestable et stérile ;

*D’une part, parce que cela permet effectivement de créer une diversion bien utile dans un pays qui n’a plus confiance en lui-même, et où surtout, les citoyens n’ont plus confiance en leur classe politique ;

*D’autre part, parce que cela évite à nos dirigeants épris de pureté républicaine d’avoir à s’expliquer sur les relations troubles qu’ils s’empressent d’entretenir avec certains dictateurs couronnés aux pratiques politiques, religieuses et financières tout simplement souvent criminelles.

-Voyons plutôt encore une fois au travers de quelques exemples ces deux cas de figures en général parfaitement complémentaires qui prouvent que la référence monarchique est donc parfois encore bien utile :

*Dans le premier cas, épiloguer sur les mœurs surannées ou scandaleuses à divers titres de telle ou telle famille régnante ou d’un ou plusieurs de ses membres, permet en effet de faire oublier celles de nos dirigeants qui n’ont rien à leur envier, c’est le moins que l’on puisse dire, tout en donnant à nos chers concitoyens drogués à la propagande bien-pensante l’occasion d’oublier pour un moment leurs difficultés quotidiennes et la bien piètre image qu’ils se font de leurs responsables politiques

*Dans le second cas, s’attarder à dessein sur les erreurs parfois bien réelles et condamnables de certains princes avec lesquels la France n’entretient pas de relations économiques stratégiques, permet d’amnistier par avance ceux qui investissent leur argent plus ou moins propre chez nous, qui rachètent à bas prix les fleurons de notre patrimoine, qui nous achètent nos armements (le Rafale excepté bien sûr…) et autres centrales nucléaires ou moyens de transport, ou qui placent leurs pétro dollars dans nos entreprises les plus essentielles à ce qui reste de notre souveraineté, sans même évoquer ces tristes sires du football…

-Décidément, la monarchie présente encore bien des atouts, n’en déplaise à ses contempteurs, aussi hypocrites qu’ils sont confrontés en secret à leurs contradictions…

 

DONNER L’ALTERNATIVE AUX MONARCHIES SURVIVANTES,

UNE FRUSTRATION FRANCAISE MALSAINE :

 

UN AVEU DE CULPABILITE HISTORIQUE :

 

-Tout pourrait peut-être se résumer ici à cette question : France, épouse mystique des Rois, qu’as-tu-fait des promesses de ton baptême avec le premier d’entre eux ?

-Plus rien, ou plus exactement, plus rien de bon de nos jours quand on a tout le loisir, ou plutôt le déplaisir d’observer ce à quoi notre malheureux pays en est arrivé, à force de désacralisation, de destruction systématique de nos traditions, de médiocrité, de trahison, et autres lâchetés petites ou grandes ; chaque nouvelle période politicienne donnant l’impression effrayante de creuser encore la tombe de notre antique Nation, là où on pensait naïvement que la précédente avait déjà atteint le fonds. Autant de constats qui rendent de plus en plus improbable l’hypothèse du sursaut, cette capacité que possédait de toute éternité la France à renaître de ses cendres encore chaudes.

-Quoique l’on puisse en penser, la cause profonde de ce reniement jamais complètement assumé est connue et réside dans le meurtre rituel du Roi un 21 janvier, un assassinat maintes fois récidivé du point de vue politique depuis 1793, au XIXème siècle d’abord, lorsque l’on s’est évertué à empêcher la réussite de la monarchie constitutionnelle sous toutes ses formes, au XXème siècle ensuite, lorsque la République a abandonné ce qu’elle avait su récupérer de la grandeur à la française. Un délitement parfaitement volontaire mais toujours soigneusement dissimulé derrière le paravent droit del’hommiste, et qui concerne aussi bien le fonds que la forme de l’exercice de ce qui reste de la puissance de l’appareil d’Etat.

-On comprend d’autant mieux alors que nos hommes politiques, se sachant renégats et traîtres à leurs pères, s’émeuvent autant du spectacle monarchique qui a su lui conserver autant les apparences de la grandeur. Une grandeur qu’il manifeste de manière insupportable aux yeux des médiocres par la force de la stabilité traditionnelle et identitaire. Autant de choses essentielles qui nous font aujourd’hui plus que cruellement défaut, jusqu’à pouvoir craindre un 1940 d’un nouveau genre peut-être pire encore que l’original, parce qu’il sera insidieux et aura tout de la faillite morale d’un autrefois grand pays qui ne méritera plus d’être sauvé en aucune façon.

 

UN AVEU DE CULPABILITE POLITIQUE :

-La cause semble donc entendue, notre Nation est coupable de haute trahison envers elle-même, qu’il s’agisse de ceux qui sont censés la représenter, ou de ceux qui la composent physiquement, ce peuple de France abâtardi.

-Mais, pour les premiers surtout, l’acte d’accusation mérite encore d’être complété sous le rapport de leur lien au phénomène monarchique, une grille de lecture du suicide à la français qui en vaut bien une autre, et qui loin d’être anecdotique, comme il est de bon ton de le proclamer dès que la monarchie est en cause, touche au contraire au plus profond de l’âme française.

*Que penser en effet au Proche-Orient de notre complaisance, pour ne pas dire plus, envers le Qatar, les Emirats arabes unis et pire que tout, l’Arabie saoudite ? Tout juste les autorités françaises, toujours promptes à donner des leçons démocratiques à la terre entière et à commettre erreur sur erreur en politique étrangère (cf les pseudos printemps arabes), ont-elles ainsi élevé la voix contre l’émirat de Bahreïn, alors même qu’elles faisaient tout pour livrer l’Afrique du Nord et la Syrie aux islamistes.

*Que penser ensuite justement en Afrique de notre relation ambigüe envers la monarchie chérifienne, entre complaisance et intolérance de propos ? Alors que par ailleurs, nous avons dit que la France n’est pas comptable de son mépris envers les enclaves  monarchiques sen Afrique du Sud, le tout après avoir détruit de manière inconsidérée toutes les monarchies traditionnelles lors de la colonisation.

*Que penser également de notre attitude bien peu regardante en Asie à l’égard des sultanats, alors que nous nous gargarisions de la chute de la monarchie népalaise, et que nous approuvons sans mot dire l’annexion de la théocratie tibétaine par notre partenaire commercial inégal chinois ? Le tout, sans même évoquer notre appétence pour la condamnation des relents du militarisme impérial japonais, sans guère de recul et de bon sens là encore.

*Mais que penser enfin et surtout de notre relation plus ou moins intime aux monarchies européennes, sans même évoquer cette incongruité que représente la Principauté d’Andorre (laquelle est en réalité la onzième monarchie du Vieux continent, ce qui porte le total des monarchies à quarante-deux dans le monde) dans notre République interdisant en théorie toute contestation monarchiste ?

°A commencer par notre exploitation éhontée des difficultés présentes des Bourbons d’Espagne, qui résonne comme un vieux compte dynastique à régler avec notre conscience, en oubliant au passage tout ce que Juan Carlos a fait pour la démocratie depuis 1975.

A poursuivre par notre fréquentation bien trouble des monarchies banquières qui nous sont frontalières, la récurrence de nos coups de menton moralisateurs ne donnant guère le change (SIC) quand on pense à Monaco et au Luxembourg.

°A continuer  par notre attitude étrange envers la Belgique, à  la partie francophone de laquelle on ne pourrait que déconseiller de se rattacher à notre République qui n’a plus de grande que le nom.

°A compléter par notre dénonciation constante des turpitudes du Vatican, qui a le tort d’incarner tout ce que nos élites veulent achever de détruire.

°A terminer, et ce sera le mot de la fin de ce Discours des Rois en hommage au film éponyme ou presque, par notre relation bien peu cordiale en définitive avec la monarchie des Windsor, qui a elle certainement le tort d’incarner tout ce que nous n’avons pas su ou voulu sauvegarder chez nous et en nous, ce petit supplément d’âme qui fait si cruellement défaut et à la France et aux Français.

Jean-François GICQUEL

( 7 février, 2014 )

Dans la série « clichés et poncifs trop faciles », je demande… Bruno Frappat, sur « C’était les Daudet »…

 

Texte tiré du site « LA FAUTE A ROUSSEAU »

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Le dimanche 3 février 2013 – dans nos « pages magazines » des samedis/dimanches – nous avons présenté ce qui était alors le récent ouvrage de Stéphane Giocanti, « C’était les Daudet » : Le hasard fait coincider sa parution avec la sortie de notre Album : « C’était les Daudet », de Stéphane Giocanti

Deux mois après, le 9 avril, et toujours dans ces mêmes « pages magazines » des samedis/dimanche, nous avons jugé utile d’apporter une précision sur le très bon article de Sébastien Lapaque dans Le Figaro, qui présentait l’ouvrage de Giocanti : Sur un point précis de l’article de Sébastien Lapaque, présentant le dernier ouvrage de Stéphane Giocanti, « C’était les Daudet »…

La rectification qu’il nous semblait utile – et surtout honnête… – d’apporter concernait, on le voit, le reproche d’antisémitisme, alors que Daudet, effectivement antisémite à ses débuts, et pendant plusieurs années, s’était totalement détaché de l’antisémitisme dès le début des années 30, lorsque Bainville dénonçait Hitler – dans son Journal et dans L’Action française quotidienne – comme « l’énergumène », « le monstre », « le Minotaure »…


Puis il y eut un article de Bruno Frappat, un peu de la même eau, dans La Croix, avec un brin de condescendance pour Daudet, à qui Bruno Frappat daignait reconnaître des talents certains dans certains domaines, mais envers lequel, surtout, il portait une condamnation sans nuance, définitive et sans appel, pour cause… d’antisémitisme.

Répondre sans cesse aux mêmes affirmations fausses est certes lassant, mais nécessaire : on ne peut laisser passer des propos inexacts et, sans entrer dans une polémique avec lui, nous nous bornerons à répondre à Bruno Frappat que sa condamnation de Daudet – qui ne prend pas en compte son changement d’opinion et d’attitude - ne « tient » pas.  

Se déclarer gêné ou horrifié des propos de Daudet avant son changement d’avis, et sans tenir le moindre compte de celui-ci, est trop facile, et surtout, nous l’avons dit, trop « cliché », trop « poncif ».

Prenons un exemple, un seul, là où l’on pourrait en prendre cent : Bruno Frappat se bouche-t-il le nez quand il passe devant les Invalides, et change-t-il de trottoir ? Il faut absolument le savoir car, puisqu’il se pique d’être révulsé par l’antisémitisme, il devrait réfléchir à ceci : aux Invalides, dans un monument d’orgueil choquant, repose un homme qui déclarait, le plus tranquillement du monde :

« …Je fais remarquer de nouveau qu’on ne se plaint point des protestants ni des catholiques comme on se plaint des juifs; c’est que le mal que font les juifs ne vient pas des individus, mais de la constitution même de ce peuple: ce sont des chenilles, des sauterelles qui ravagent la France… » (Séance du Conseil d’Etat du 7 mai 1806). 

Bigre ! Et même, bigre de bigre ! Cet homme, c’est Napoléon, et il repose, bien tranquille, somptueusement offert, dans les ors et les marbres d’un monument aussi indécent qu’imposant, aux crépitements des appareils photos des touristes du monde entier sans que personne – et en en tout cas pas Bruno Frappat, à ce que l’on sache – y trouve à redire ! Bruno Frappat – qui condamne sans appel Léon Daudet pour un antisémitisme que celui-ci a, finalement, rejeté – a-t-il lancé une pétition pour que l’on « éjecte » Napoléon des Invalides ? On attend avec impatience la réponse…

Cela ne s’appellerait-il pas… comment dit-on, déjà ? Ah, oui ! : du « deux poids, deux mesures »…

Soyons sérieux : pour que le lecteur non averti se fasse une idée juste des choses, le mieux, comme toujours, est d’aller aux textes, et de ne pas passer par des intermédiaires : ceux qui veulent savoir qui était Léon Daudet et ce qu’il pensait, et quelles évolutions furent les siennes pourront se repoprter à notre Album Maîtres et témoins (III) : Léon Daudet (287 photos), bâti exclusivement à partir de passages des dix tomes de ses Souvenirs. Et, tout particulièrement – pour cette question de l’antisémitisme – sur les deux photos « Daudet « détaché de l’antisémitisme » « et « Daudet et l’antisémitisme : genèse d’un rejet… »

Il serait en effet peut-être temps d’arrêter de dire n’importe quoi…

 
( 9 janvier, 2014 )

A Propos de la crèche Baby Lou

HUMEUR

 

 

C’est une véritable tragi-comédie qui a tenu en haleine toute la presse bien pensante de notre pauvre pays. Il faut rappeler les faits : une certaine Fatima Afif, employée de cette crèche estlicenciée pour cause de port du voile islamique. Après un parcours judiciaire de près de trois ans ,et un pourvoi en cassation qui avait donné raison à la salariée, la directrice Natalia Baleato obtient devant la cour d’appel le maintien de ce licenciement. Le camp laïc hurle sa joie. « Nous avons sauvé la laïcité » proclame Richard Malka, l’avocat de la crèche. Faut-il s’en réjouir ? Je n’en suis pas si sûr. En effet au nom de cette laïcité revendiquée, on interdit tout port d’insigne religieux dans l’espace public. Porter une croix en allant à l’école ou au lycée, est passible de renvoi. Mais, me dira-t-on, on ne va pas laisser ces musulmans fondamentalistes faire la loi et instaurer la Charria ? Au nom de quoi ? La laïcité ? Et ne sommes nous pas une vieille Nation chrétienne ? Ah bon ? Non, justement, il y a longtemps que les derniers pans de cette chrétienté sont tombés et même pas sur des champs de gloire, sans combat. Quand les nonnes ont jeté leurs cornettes aux orties et les curés leurs soutanes, ils ont jeté en même temps ce qui faisait signe pour le monde pour reprendre un terme sociologique, bref ils ont disparu, engloutis dans le marigot de la république laïque. Ils ont cru que l’ouverture au monde allait créer un nouvel élan pour l’Eglise en oubliant l’échec épouvantable du ralliement qui a vu une grande partie des catholiques croire en la démocratie chrétienne. Pourtant la majorité de la population, essentiellement rurale à l’époque était catholique, la victoire du bien aurait dû être inéluctable. C’était sans compter sur la démocratie, car ils se sont dilués dans la boue fétide de combats fratricides et certains même sont devenus des renégats qui n’eurent de cesse de saper l’autorité de cette Église qui reste pourtant le phare d’un monde qui sombre dans la tempête mondialiste. C’est tellement vrai que les puritains d’outre-atlantique, dont Obama est le triste président, veulent supprimer leur ambassade au Vatican. Il est plus que certain que le Pape François dénonce à longueur d’homélies les prédateurs de la finance sans âme et les adeptes du libéralisme sans frein que l’Amérique a imposés au monde, même les communistes chinois y ont succombé et il sait, lui, le Pape, combien la mondialisation matérialiste se commet avec les salafistes de tout poil: il y a du fric à faire ou du pétrole à voler!

Et je rejoins volontiers les réflexions de notre ami Julien Becker dans le dernier numéro de la LR quand il nous dit qu’il n’y  à  rien à  espérer  de  bon  dans  ce  système  qui   nous conduira inéluctablement dans l’horreur d’une nouvelle guerre de religions plutôt qu’une guerre de civilisations parce que la nôtre a déjà disparu.

Et les dernières péripéties du rapport sur l’intégration doivent encore plus nous alarmer. Dans un langage typiquement sociologique, on conseille au gouvernement de faire disparaître la France et son histoire au profit d’autre chose de nébuleux, à construire….faire france. J’ai mis volontiers en minuscule à ce que ces sinistres individus, ils étaient 250… et on a les noms, veulent faire de notre pays. A quand une avenue Ben Bella remplaçant l’avenue des Champs Elysées ? Ne riez pas, c’est peut-être pour bientôt! Car, et c’est le plus inquiétant, les réactions contre ce brûlot, ont été d’une tiédeur inouïe. Le pauvre Coppé lui n’y a vu que le retour du voile islamique à l’école, ce dont je me moque assurément. Je sais parfois être tolérant, même si on peut difficilement appliquer le mot de Guillaume d’Orange à notre époque: » la tolérance est l’apanage des forts. » Non ce fieffé imbécile, comme tous les autres d’ailleurs, ne voit pas que ce rapport a été commandé par ce gouvernement pour prendre date et que les « personnalités » désignées pour le pondre étaient toutes acquises à ce concept de nouveau pays.

Ce gouvernement de tarés congénitaux savait ce qu’il faisait et les bases du négationnisme de notre histoire sont ainsi définitivement posées. Il est vrai que deux ou trois pisse-copies comme Pascal Blanchard auteur de « La France Araboorientale » prônent cette discrimination positive qui doit abolir les restes des souillures colonialistes qui hantent encore nos esprits étroits et malveillants envers l’islam. Mais le rapport va encore plus loin puisque d’après lui il faudra « évaluer les programmations et actions de toutes les structures artistiques et culturelles de spectacles vivants, de médiathèques, de centres d’art…, afin de déterminer si les objectifs de connaissance et de reconnaissance de la culture plurielle de la société française sont effectifs dans les propositions au public. » Ou encore cette accusation: » l’histoire enseignée se réfère à des figures incarnées qui demeurent très largement des « grand hommes  » mâles, blancs et hétérosexuels » . Bref, on démolit et la police culturelle veillera à ce que les esprits chagrins comme les nôtres soient empêchés de nuire à la future société multi-culturelle où tout le monde y sera beau, tout le monde y sera gentil, réduit à l’état de larve consommatrice des spectacles insipides des avant-gardes en chantant d’une voix monocorde  » nous sommes tous des arabo-français. »

Jean Antoine ROSECCHI

( 10 décembre, 2013 )

Les professeurs des classes prépas sacrifiés par le sinistre M. Peillon

Article de Jean-Philippe CHAUVIN tiré du « blog de Jean-Philippe Chauvin » que nous vous conseillons de consulter régulièrement.

 

« Il n’y a que les Prépas qui ont encore de bons résultats », déclare une intervenante aux Grandes gueules sur RMC ce lundi 9 décembre, et poursuivant : « il faut que l’on arrête de niveler par le bas », à propos des projets de M. Peillon, ministre provisoire de l’Education nationale en attente d’un siège au Parlement européen en mai prochain… et dont la réforme est en train d’affaiblir les fameuses classes préparatoires françaises, au moment même où les classements internationaux comme « Pisa » montrent le déclin accéléré du niveau éducatif de notre pays ! Ce matin, les collègues des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) du lycée Hoche étaient en grève et distribuaient des tracts à la porte de l’établissement pour dénoncer le sort qui leur était réservé par ce gouvernement qui, de plus en plus, semble n’avoir de cesse que de détruire ce qui marche et de décourager ceux qui prônent l’excellence et l’espérance plutôt que la défiance et l’assistanat. C’est aussi ce que dénonçait Jacques Julliard dans son article de samedi dernier publié par Marianne, à la suite de nombreux autres textes rédigés par des professeurs ou d’anciens élèves de Prépas, comme celui de Camille Pascal dans Valeurs actuelles de jeudi dernier et affiché ce matin dans la salle des profs du Couvent de la Reine, au milieu de quelques autres et de papiers administratifs. Le tract des collègues, en quelques lignes, résumait bien la situation et allait plus loin que la seule défense de leurs propres intérêts, en soulignant que les professeurs de lycée étaient aussi concernés par une prochaine baisse de leurs revenus, alors même que nos salaires (je dis « nos », car je suis dans ce cas qui est celui de tous mes collègues de l’enseignement public…) sont, depuis 3 ans, « gelés » (ce qui, dans mon cas personnel, ne me gêne pas mais qui peut affecter les professeurs chargés de famille et dont les frais, eux, ne cessent d’augmenter…), que le gouvernement soit de droite ou de gauche, d’ailleurs : sans doute la « continuité républicaine »… « Vincent Peillon ne cache pas son hostilité au système des prépas. Nous sommes pourtant convaincus qu’il permet chaque année à des milliers de jeunes gens de progresser et de réussir, c’est pourquoi nous y sommes très attachés. Notre inquiétude est grande quant à l’avenir de ces filières d’excellence au sein desquelles nous sommes pourtant fiers et heureux de travailler. » : le tract évoque là le vrai souci, celui de la disparition possible (et souhaitée par certains…) des classes préparatoires considérées comme « des lieux de reproduction sociale » par les égalitaristes de tout poil, à la fois jaloux de l’excellence des élèves sélectionnés pour y entrer et des rémunérations de ceux chargés d’encadrer et d’instruire ceux-ci. Et pourtant ! Tout le monde sait bien que, si la France veut encore jouer un rôle dans les années prochaines au sein des grandes nations, il faut préparer les nouvelles générations et former des élites, ce dernier mot étant hypocritement honni par ceux qui nous gouvernent actuellement et, j’espère, provisoirement. Alors que de nombreuses universités ont désormais du mal à assumer leurs fonctions traditionnelles de transmission du savoir et de l’expérience, n’ayant pas la possibilité de filtrer les entrées en leur sein malgré l’effondrement du niveau des bacheliers depuis quelques décennies déjà (le problème était ainsi évoqué au milieu des années 1980 au Conseil d’administration de l’université de Rennes-2, conseil au sein duquel je siégeais en tant qu’élu étudiant !), et au lieu de s’inspirer des réussites des classes préparatoires, le ministère de la République préfère, par paresse intellectuelle et aussi par lâcheté vis-à-vis des pédagogues qui continuent de faire la loi, leur Bourdieu en poche et leur suffisance en bandoulière (tel ce Meirieu qui empoisonne l’éducation en France depuis tant d’années…), s’attaquer aux quelques milliers d’enseignants de CPGE, traités d’ « aristocrates » (sic !) comme aux temps sombres de la Révolution française, celle-là même que M. Peillon, déclarait n’être « pas terminée » dans son livre de 2008, véritable manifeste républicain qu’il veut, désormais au Pouvoir, appliquer pour le pire plus que pour le meilleur… Danton aurait-il lui-même trouvé grâce aux yeux de M. Peillon ? En écoutant il y a quelques jours Vincent Peillon s’exprimer à la radio avec ce ton si déplaisant et arrogant et affirmer qu’il ne céderait pas devant la colère des enseignants, un collègue haussait les épaules et lançait, dans un souffle rageur, ce qui me semble bien résumer la situation : « la République n’a plus besoin de professeurs, juste d’ordinateurs ! ». Julliard, dans Marianne, ne disait, en d’autres termes, pas autre chose… Et si, nous les professeurs, nous en tirions enfin les conséquences politiques ? Tant pis, alors, pour la République…

( 28 octobre, 2013 )

Droit du sol, droit du sang ? par Louis-Joseph Delanglade

 article tiré du très bon site à regarder tous les jours : La Faute à Rousseau

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Il a peut-être la fibre littéraire mais historique pas du tout : ce samedi 26, dans sa revue de presse de 8h30 sur France Inter, M. Levaï oppose au droit du sang « notre bon vieux droit du sol révolutionnaire et républicain ». Faux, bien entendu. Qu’on le date de 1515 (arrêt du Parlement de Paris) ou même de 1315 (édit de Louis X le Hutin), le jus soli existe en droit français, sous l’Ancien Régime – même si la notion de nationalité est postérieure. Le Code civil l’abolit au profit du jus sanguinis en 1804 et il faudra attendre 1889 pour que se manifeste la prétendue « générosité » d’une République surtout soucieuse de se pourvoir en soldats. Cela dit, le droit du sol est effectivement aujourd’hui un des grands marqueurs de la gauche idéologique, qui y voit le meilleur moyen de subvertir à terme la nation française. 

Ne pas confondre droit du sol et naturalisation. M. Ory, historien et universitaire, choisit de proposer à notre admiration et à notre reconnaissance, dans son « Dictionnaire des étrangers qui ont fait la France », 1112 figures, toutes remarquables. Il précise « que nous sommes depuis deux siècles une vieille terre d’immigration et que toute cette immigration a réellement enrichi la France ». On peut contester la première proposition : la France, au sens que donne M. Ory à ce mot, est une terre d’immigration depuis toujours et nombre d’étrangers de qualité sont venus l’enrichir au cours des siècles précédant la Révolution. Quant à la seconde proposition, on peut se demander si ces étrangers, devenus français par choix, n’ont pas au fond restitué à leur nouvelle « patrie », en devenant ce qu’ils sont devenus, ce qu’ils avaient d’abord reçu d’elle. 

On comprend bien que les 1112 de M. Ory n’ont rien à voir avec ces centaines de milliers, ces millions de « nouveaux » Français ou en attente de l’être. Quand l’immigration devient invasion, le problème est d’abord quantitatif : à (faire) croire coûte que coûte qu’un pays de cinquante millions d’habitants peut digérer un apport de quinze millions de personnes en trente ans, c’est le pays lui-même que l’on met en danger de mort. D’autant que ces « étrangers » sont, dans leur majorité, inintégrables et inassimilables, en raison de leur appartenance à une (des) communautés ethno-culturelle(s) bien trop éloignées de nous, appartenance que trop peu remettent en cause, les moyens modernes de communication leur permettant de conserver le contact avec leurs pays d’origine, lesquels, du coup, restent leurs vrais pays et celui de leurs enfants nés en France et bénéficiant du droit du sol. Immigration, naturalisation, droit du sol : la boucle est bouclée. 

Sans doute est-il encore possible de contrer le « grand remplacement » dénoncé par M. Camus. S’impose évidemment le réaménagement des modalités d’application du droit du sol (pour tous, pas seulement pour les enfants de clandestins, comme le réclame le très politicien M. Copé). Mais cela ne suffirait pas. Il faudra aussi viser le tarissement, à titre conservatoire, de toute immigration de masse, régulière ou clandestine. Il faudra, enfin, procéder à un examen critique des apports démographiques « extérieurs » de la période post-coloniale.

 
( 18 octobre, 2013 )

SUR NOTRE PAPE FRANCOIS

 

Chaque fois que notre Pape parle, des journalistes font des articles – souvent élogieux – voulant montrer qu’ii est « révolutionnaire », rompant avec ses prédécesseurs. Visiblement, ses commentateurs soit ne savent pas lire – ce qui est bien possible ! – soit inventent (pour ne pas dire autre chose) – ce qui est aussi bien possible ! -.

Car, enfin, rien de nouveau dans ce que dit le Pape ou laisse dire : bien sûr qu’il faut être miséricordieux envers les pêcheurs comme les divorcés remariés, les femmes ayant avorté, les homosexuels…. (généralement les cas les plus cités par les journalistes), c’est la  Charité Chrétienne. De même, il a toujours été évident que le célibat des prêtres n’était pas un « dogme » ! (mais il faudrait peut-être qu’ils apprennent ce qu’est un dogme !).

Notre Pape a sans doute un « style » différent de son prédécesseur comme ce dernier envers Jean-Paul II, mais aucune différence sur le fond.

Mais ça, nos commentateurs de plus en plus ignorants de l’Eglise, se contentent la plupart du temps de recopier ce que d’autres écrivent ou disent, sans étudier le sujet.. Ce qui compte, c’est vendre du « papier » ou avoir des heures d’écoute. Peu importe la vérité.

Jean NEDISCHER

( 28 août, 2013 )

La Lorraine et le Nationalisme Français

 

 

Tardivement intégrée dans le giron français, la lorraine devait pourtant devenir, sous la Troisième République le fer de lance du Nationalisme.

A l’occasion du 120e anniversaire de la polémique et du 150e de la naissance de Maurice Barrès à Charmes, rappelons ici l’origine de ce thème toujours contesté.

Un article retentissant de Maurice Barrès publié dans le Figaro du 4 juillet 1892, intitulé : « La querelle des Nationalistes et des Cosmopolites », introduisait le terme de NATIONALISTE dans le vocabulaire politique français. En outre, ce texte du Figaro marquait le début d’une série de prés de 400 articles sur ce même sujet. Les propos, lettres ouvertes, réflexions diverses devaient aboutir à la définition et à l’affermissement de la doctrine politique de Maurice Barrès.

On trouve dans l’ouvrage « Scènes et Doctrines du Nationalisme » (Juven, Paris 1902) l’essentiel des dix années d’études et de controverses nationalistes qui ont eu lieu à partir de la parution de l’article déclencheur de la polémique du 4 juillet 1892. Dans le chapitre intitulé : « Programme de Nancy de 1898 », Barrès publie de larges extraits de son texte sur la querelle des Nationalistes et des cosmopolites où pour la première fois le mot nationalisme est appliqué aux affaires politiques de France.

Si le nationalisme de Barrès est fondé sur la réflexion, on sait que le nationalisme dans sa forme excessive date de la Révolution Française. La Royauté étant abolie et le culte Catholique interdit, il fallait trouver une référence suprême à l’entreprise révolutionnaire. C’est pourquoi on a alors prôné, imposé et exalté l’attachement à la nation (La Nation ou la mort !). Pour parfaire cette idée de nation, la Révolution s’est acharnée à détruire les identités provinciales en créant notamment les départements. Il fallait gommer absolument l’attachement à sa petite patrie, à la royauté, et à la religion pour se donner au culte de La Nation, seul autorisé.

Il semble que le mot nationalisme se trouve imprimé pour la première fois en 1797 dans l’ouvrage de l’abbé Barruel : Le Nationalisme ou l’amour national. Mémoire pour servir à l’Histoire du Jacobinisme.

Le nationalisme de Barrès, comme d’ailleurs celui de Maurras, Drumont, Déroulède, n’a évidemment rien de commun avec l’idéologie exacerbée des révolutionnaires ou celle plus récente du National-socialisme hitlérien.

Le Nationalisme à la Française en tant que doctrine politique a donc tout juste cent-vingt ans. Selon la définition la plus courte de Maurice Barrès : « Le Nationalisme, c’est résoudre chaque question par rapport à la France » ; c’est la notion de patrie et de l’amour des petites patries qui forme la grande. A ce sujet, le maréchal Lyautey déclarait avec Barrès : « Le Nationalisme Lorrain est inséparable du Nationalisme Français. » Jacques Bainville, qui a lui aussi des origines familiales en Lorraine, justifiait cette doctrine politique en écrivant dans son journal : « Le Nationalisme est une attitude de défense, rendue nécessaire par la faiblesse de l’Etat Français ».

La Patrie, nous dit Maurice Barrès, c’est d’abord le pays des ancêtres. C’est l’attachement à la terre et aux morts. C’est l’enracinement, la fidélité à la Tradition et le culte agissant de l’âme ancestrale servant de base à l’énergie nationale. Bien que fondé sur un enracinement profond en Lorraine, les écrits nationalistes de Barrès ont sur cette base une vocation universelle. Son régionalisme Lorrain est l’aliment de son nationalisme français. « Les individus composant une nation ne doivent pas être des citoyens du monde sans identité » Ce propos va évidemment à l’encontre des idées mondialistes que l’on tente de nous imposer aujourd’hui.

« Face aux barbares, vous devez constater que vous êtes fait pour sentir en Lorrains, en Alsaciens, en Bretons, en Belges… » Nous dit l’auteur des romans de l’énergie nationale dans « Un Homme Libre ». « L’individu me semble être lié à toutes ses ascendances mortes par le travail des individus et des sacrifiés qui l’ont précédé » Et Barrès proposait aux groupes nationalistes de venir en Lorraine considérer sur le terrain l’expression des sentiments qui l’animaient et les fondements de sa doctrine politique. « Notre patriotisme est avant tout réaliste. Je suis de tradition lorraine dans tous mes instincts ; c’est, en outre, la discipline que ma raison accepte ». Dans l’ouvrage « Scènes et Doctrine du Nationalisme » Barrès rappelle le rôle de la Lorraine à toutes les époques : « Une des plus grandes dates de l’histoire lorraine, c’est l’année 1525 où le duc Antoine arrêta net l’avancée des Rustauds au col de Saverne. Si ces bandes protestantes avaient triomphé, les destinées de la Lorraine ne se serait-elles point orientées vers l’Allemagne ? Cette victoire du duc Antoine suscita l’enthousiasme de ses sujets Lorrains, car ils croyaient à l’existence même de leur nationalité intéressée dans cette lutte ». Rappelons ici que le sentiment national des Lorrains s’est développé fortement suite à la victoire du jeune duc René II sur Charles le Téméraire en 1477. A peine un demi-siècle avant, Jeanne d’Arc, jeune fille des marches lorraines, devait jouer le rôle que l’on sait dans l’histoire de la Patrie Française. 

Au moment des guerres de religion, la fermeté du duc Charles III empêcha les troubles sanglants et les déchirements que l’on observait en France ou dans l’Empire. C’est en Lorraine que fut fondée la Ligue par les princes de Guise pour combattre l’ampleur de la Révolution protestante.

Au XVIIe siècle, il faut souligner l’importance de l’action du duc Charles V pour la chrétienté. En effet, le duc de Lorraine est le glorieux vainqueur au siège de Buda, à la bataille du Saint-Gothard et surtout devant Vienne où sa victoire arrêta l’avance ottomane en Europe. On sait  d’autre part que de tous temps, le duché de Lorraine a servi d’Etat tampon entre le royaume des lys et le Saint-Empire Romain germanique.

La défaite de 1870 devait marquer douloureusement la France et évidemment encore plus profondément la Lorraine dont une partie du territoire se trouvait amputée et annexée avec l’Alsace au Reich allemand. Dès 1871, on attendra « la revanche », la guerre de libération des territoires perdus. Les Lorrains ne voulaient voir dans cette nouvelle frontière qu’une ligne  de séparation provisoire.

Tandis que Metz était sous la botte prussienne, Nancy multipliait les manifestations patriotiques et militaires. Dans le sanctuaire des Lorrains, sur la colline mariale de Sion, au cours de cérémonies émouvantes, Maurice Barrès, plaça sur l’autel une croix de Lorraine brisée portant l’inscription en patois : « Ce n’ame po tojo ! » (Ce n’est pas pour toujours).

Sous cette troisième république proclamée pendant la guerre de 1870, les passions politiques s’exerçaient avec ardeur, d’autant plus que les factions étaient nombreuses. En Lorraine pourtant, l’évolution politique n’avait pas suivi celle de la majorité de la France. D’ailleurs, aucun socialiste ne fut élu député avant la guerre de 1914. La Lorraine constituait alors un bastion où bouillonnaient les sentiments nationalistes.

En 1913, c’est un Lorrain, Raymond Poincaré,  fervent   patriote   qui   est  élu président de la République. C’est à cette époque que Charles Maurras se plaisait à évoquer ceux qu’il nommait « Les Princes Lorrains » ; c’est-a-dire : Barrès, Poincaré, Lyautey. Le fondateur de l’Action Française déclarait alors : « On se sent gouverné, au temporel comme au spirituel par une équipe lorraine. Comme en d’autres temps, où les Guise influaient sur la politique de leur époque ». Parlant de l’Action Française, Barrès de son coté se déclarait heureux qu’un groupe organisé se donnât la tâche de formuler les principes nationalistes. Toutefois, les différences sont sensibles. Le nationalisme de Barrès est plus personnel et sentimental que celui, plus raisonné de Maurras ; plus modéré que celui de Drumont et plus perspicace que celui de Déroulède.

Quand le 3 août 1914, le conflit attendu éclata, la Lorraine se trouvait dès le début de la guerre, notamment avec Verdun, le bouclier de la France sur lequel l’ennemi frappait avec vigueur. A la fin des hostilités, Barrès notera dans ses cahiers le propos tenu par un Maréchal de France en novembre 1918, dans la cathédrale de Metz, lui déclarant que par son œuvre il a contribué à la victoire. Il est vrai que les officiers de « la revanche » étaient pour la plupart de fervents nationalistes.

Aujourd’hui, condamné par la plupart de nos politiques, le nationalisme de Barrès est, de toutes façons, considéré comme « politiquement incorrect ». Faut-il pour autant le mépriser ?

Jean-Marie Cuny

 

( 28 juin, 2013 )

Un choc de lucidité à poursuivre

LE MOT DU Président

 

 

 

Quand commençait la crise dont les effets devaient l’emporter sept ans plus tard, le nouveau président Giscard d’Estaing avait cru judicieux de placer son mandat sous le symbole de la loi légalisant l’avortement. C’était là l’honneur de la république, la loi devant suivre les mœurs. C’était aussi une manœuvre non dénuée d’arrière-pensées partisanes : il fallait vider de son contenu le programme commun de la gauche pour se rallier celle-ci. L’échec fut cuisant. Un scénario analogue vient de se reproduire autour du prétendu « mariage pour tous ». Hollande a fait là un double mauvais calcul.

Le première raison est que le mécontentement des Français est principalement indexé sur les résultats de sa politique en matière économique et social. Or, celle-ci est calamiteuse : déficit, dette, chômage, pouvoir d’achat, fiscalité, tous les indicateurs sont au rouge. Dans ce contexte la loi Taubira apparaît comme une diversion pour tous, un ersatz de « no-noce » à ronger. La proposition numéro 31 ne fait pas oublier les autres qui ne seront pas tenues, comme la numéro 9 par laquelle le candidat Hollande s’engageait à réduire le déficit public à 3 % du PIB dès cette année. Lui, président de gauche qui a tout, exécutif, législatif, régions, n’arrive à rien. A rien de constructif, rien qui puisse ramener un climat de confiance, encore moins une société apaisée, autre engagement mensonger. Et voici qu’après la fausse priorité survient la fausse réponse à l’affaire Cahuzac, la transparence au pays des filous. Ou comment créer un écran de fumée sur climat de suspicion.

Le deuxième mauvais calcul de cette fausse priorité accordée au « mariage homosexuel », est l’imprévoyance de ce qui en est sorti : un sursaut massif du pays réel. On a parlé de Mai 68 à l’envers. On a pu voir en effet que, contrairement à ce qu’affirme la gauche, la rue, la capacité de mobilisation, la contestation, le militantisme jeune ne sont pas ses chasses gardées. La mobilisation n’est pas née non plus à l’initiative des appareils partisans, et ceux qui ont pris le train en marche n’ont pas récupéré pour autant le mouvement. En revanche, les slogans ne reflétaient pas, comme en 68, un « jouir sans entrave » individualiste et hédoniste, mais au contraire une demande de cohésion sociale dont la famille et le « boulot » apparaissent comme les plus sûrs fondamentaux.

Ces opposants qui ont vu, ou mieux ont vécu, la chronique de la désinformation quotidienne, ont eu en retour un choc de lucidité. Ce qu’on leur avait appris à l’école sur les régimes totalitaires et « fascisants », ils ont eu à le subir dans le contexte

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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de la république exemplaire : mépris des opposants, minorisation quantitatives des manifestants, diabolisation, confiscation du débat, violences policières, interpellations injustifiées, vote scélérat, putsch législatif. Plus fondamentalement encore, les intelligences ont été invitées à s’interroger sur la nature de la politique. La Garde des Sceaux a osé dire que son projet de lui induirait une « réforme de civilisation ». Mais de quel droit un ministre, un gouvernement ou même une majorité s’arrogeraient-ils une telle prétention ? Autre interrogation qui dépasse la référence incantatoire aux valeurs démocratiques : une majorité peut-elle changer la nature humaine ? Les très nombreux catholiques qui se sont, pour la circonstance, réinvités dans l’action politique, ont commencé à se décomplexer par rapport à ce que Jean-Paul II appelait « la culture démocratique ». Selon elle « l’ordre juridique d’une société devrait se limiter à enregistrer et à recevoir les convictions de la majorité », alors que, disait le pape, une action politique saine « ne peut se trouver dans des majorités d’opinions provisoires et fluctuantes, mais seulement dans la reconnaissance d’une loi morale objective » (Jean-Paul II, Evangile de la vie, 1995, Chapitre III, 5ème partie la loi civile et morale). « La nature et la raison comme vraies sources du droit », disait à sa façon Benoît XVI (Discours au Bundestag, 22 septembre 2011).

Ce début de réflexion de fond peut être annonciateur d’une nouvelle aurore politique. Antigone rose et bleue a démasqué Créon arc-en-ciel. Il faut poursuivre dans cette voie de la conscientisation politique. S’investir dans les prolongements que peut avoir cette saine réaction du pays réel est ) l’heure actuelle une priorité. Les familles de France doivent se garder de toute récupération partisane, car aucun parti ne les représente vraiment. Dans cette perspective, l’idée qui vient d’être émise par certains opposants à la loi Taubira de présenter des candidats aux municipales peut être une opération utile en même temps qu’un avertissement à tous les appareils du pays légal. En tout cas, après avoir compris le caractère prioritaire de la question de l’Etat, il convient aussi de se la réapproprier. Dans le fond cela suppose de refuser de négocier des critères de rationalité humaine sur l’autel du nombre démocratique. Dans la pratique il s’agit de ne pas perdre l’acquis des savoir-faire et des réseaux expérimentés à la faveur de semaines de mobilisation.

 

Bernard PASCAUD

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