( 8 décembre, 2017 )

Le libéralisme est-il un totalitarisme ?

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Par Elie Collin

Cette intéressante réflexion est parue sur le site de l’excellente revue Limite -  revue de combat culturel et politique, d’inspiration chrétienne – que nous ne voudrions pas manquer de signaler aux lecteurs de Lafautearousseau. Cette revue nous paraît contribuer utilement au combat politique et culturel en cours parmi les intellectuels français, dans une direction qui est, au sens noble, celle de la Tradition. En outre la revue indique qu’« en sa qualité de lycéen, Elie est le cadet de [ses] contributeurs… mais n’en est pas moins talentueux. » On le lira avec d’autant plus d’empathie.  LFAR

Le libéralisme qui avait promis de libérer l’individu semble, en fait, ne rien faire d’autre que de le soumettre toujours davantage à la logique du marché. Cette promesse mensongère tout comme son ambition de créer un homme nouveau, adapté à ses exigences, soulignent sa proximité avec la logique totalitaire.

Probablement y a-t-il plusieurs types de libéralisme. Par exemple, Jean-Claude Michéa, philosophe et historien des idées, établit un développement de la pensée libérale en trois étapes, trois « vagues », correspondant à trois expériences historiques douloureuses sur lesquelles se sont interrogés les philosophes libéraux : les guerres de religion pour les premiers libéraux, la Révolution française pour Constant et Tocqueville, les totalitarismes nazi et communiste pour Hayek et Friedman. Il est alors intéressant de constater que ce développement historique est surtout un déploiement idéologique : les penseurs successifs tirent progressivement les conclusions des axiomes des précédents et approfondissent la logique de départ. Étudier le libéralisme tel qu’il est aujourd’hui, c’est donc essentiellement se reporter aux derniers développements de cette logique, en l’occurrence ceux du philosophe autrichien Friedrich Hayek (1899-1992). Le libéralisme tel que l’a conçu Hayek, non ex nihilo mais en héritant d’une longue tradition, n’est sans doute pas le seul possible, mais il est celui qui a le plus influencé notre époque.

L’exemple le plus significatif de cette influence est l’étude de sa pensée qu’a menée Michel Foucault à partir de la fin des années 1970, alors que le libéralisme économique connaissait un regain d’intérêt intellectuel. Foucault pense une rupture entre le libéralisme classique et le néolibéralisme, rupture qui semble en réalité plus un déploiement logique et une radicalisation du libéralisme classique qu’une refondation théorique complète. Le plus petit dénominateur commun des deux libéralismes est la volonté de réduire l’État. Mais, alors que le libéralisme d’un Locke combattait l’État, institué, au nom d’un ordre antépolitique et naturel et d’une loi divine, le libéralisme de Hayek oppose à l’État l’ordre du marché et la loi économique. Le néolibéralisme pose que le marché est la seule instance régulatrice de la société ou que, dit avec les termes de Hayek dans Droit, législation et liberté, « c’est l’ordre du marché qui rend possible la conciliation pacifique des projets divergents ». Ainsi le néolibéralisme prétend-t-il résoudre le problème politique… par sa dilution.

Foucault remarque que l’ennemi principal du néolibéralisme est la philosophie politique traditionnelle en tant qu’elle cherche le commun. Mais les néolibéraux refusent justement la recherche de commun et se refusent à ce qui leur paraît « limiter la multiplicité des modes d’existence pour produire de l’ordre, de l’unité, du collectif », ainsi que l’écrit le philosophe foulcadien, Geoffroy de Lagasnerie dans La dernière leçon de Michel Foucault. Ce dernier met en évidence une opposition centrale dans la pensée hayekienne, celle entre conservatisme et néolibéralisme : le premier se caractérise par une « prédilection pour l’autorité » et une « hantise du spontané », quand le second prône le désordre, l’immanence, le pluralisme et l’hétérogénéité. « Le néolibéralisme impose l’image d’un monde par essence désorganisé, d’un monde sans centre, sans unité, sans cohérence, sans sens », affirme Lagasnerie dans son explicitation de la pensée de Foucault. Radicalisant le slogan plaintif des libéraux « On gouverne toujours trop », Foucault demande malicieusement : « Pourquoi gouverner ? ». Il n’est dès lors pas étonnant qu’il voit dans le néolibéralisme de Hayek l’instrument d’une critique, en tant qu’il est « l’art de n’être pas tellement gouverné ». L’intérêt de Foucault pour ce système de pensée nouveau doit se comprendre dans la rupture qu’il induit avec la philosophie politique, en ce sens qu’il crée « des instruments critiques extrêmement puissants, permettant de disqualifier le modèle du droit, de la Loi, du Contrat, de la Volonté générale ». Foucault étudie ensuite les théories de l’homo oeconomicus, « être ingouvernable », en remplacement du sujet de droit, de l’homo juridicus, lequel est « un homme qui accepte la négativité, la transcendance, la limitation, l’obéissance ». En somme, Foucault trouve dans le néolibéralisme, qu’il comprend comme une théorie de la pluralité, un outil redoutable contre le politique.

Il apparaît que le néolibéralisme peut en fin de compte être assimilé à un anarchisme, si on entend par ce terme un refus – et un combat – de tout pouvoir politique. Mais il n’est pas un refus de toute norme, une littérale an-archie, en ce qu’il est soumission au marché. On peut même aller jusqu’à affirmer, avec le philosophe contemporain Jean Vioulac, que le libéralisme est un totalitarisme.

Il est vrai qu’historiquement, comme nous le soulignons en début d’article, le libéralisme hayekien est apparu comme alternative aux totalitarisme nazi, fasciste et communiste. Le fascisme italien revendiqua même ce terme de totalitarisme et le théoricien fasciste Giovani Gentile pouvait souligner l’écart entre libéralisme et totalitarisme : « Le libéralisme met l’État au service de l’individu ; le fascisme réaffirme l’État comme la véritable réalité de l’individu. […] Dans ce sens, le fascisme est totalitaire. » Mais une telle acception de la notion de totalitarisme semble trop étriquée et ne permet pas de rendre compte de la diversité de ses formes. Tâchons avec Jean Vioulac, auteur de La Logique totalitaire, de penser l’essence du totalitarisme.

Philosophiquement, le concept de totalitarisme désigne « le pouvoir de la Totalité ». « Il y a totalitarisme quand une Idée à prétention universelle dispose d’une puissance totale lui permettant de se produire elle-même par l’intégration en elle de toute particularité », écrit le philosophe. Le libéralisme est-il une idéologie totalisante capable de s’auto-réaliser ? Pour Hayek, le marché est un ordre certes non-naturel, mais auto-généré, autonome, dit « spontané », « résultat de l’action d’hommes nombreux mais pas le résultat d’un dessein humain ». Même s’il n’est pas élaboré par la raison, le marché est rationnel, mais d’une rationalité immanente, résultat d’une évolution, d’une sélection des pratiques efficientes et rationnelles, c’est-à-dire de la concurrence. Vioulac peut écrire : « la doctrine du marché procède d’une conception de l’évolution humaine comme avènement du marché universel, par le biais d’un processus inconscient et involontaire de la part des individus ». Alors que la philosophie de l’Histoire hégélienne se basait sur une théorie de la ruse de la raison historique, celle de Hayek pense l’Histoire comme avènement du marché, fondé sur une « ruse de la raison économique ». Mais alors, il n’y a plus de liberté individuelle, mais seulement une apparence de liberté. L’individu se croit libre mais n’est qu’indépendant des autres, parce déterminé et soumis aux mécanismes du marché. Le libéralisme est une idéologie de la soumission, non de la liberté. D’ailleurs, Hayek note effectivement dans La Route de la servitude : « C’est la soumission de l’homme aux forces impersonnelles du marché qui, dans le passé, a rendu possible le développement d’une civilisation qui sans cela n’aurait pu se développer ; c’est par cette soumission quotidienne que nous contribuons à construire quelque chose qui est plus grand que nous pouvons le comprendre. » Ce système est « un totalitarisme volontaire, un totalitarisme autogéré, où chacun se soumet à la Totalité avec d’autant plus d’enthousiasme qu’il est persuadé de ne servir que ses propres intérêts ».

Il est logique que le néolibéralisme s’attaque au pouvoir politique, lequel ne peut qu’entraver les mécanismes marchands. Mais il n’est pas un laissez-faire passif pour autant : il est d’abord un transfert de souveraineté de l’État au marché, en cours de réalisation sous la forme des politiques de privatisation et de libéralisation. Plus profondément et dès 1938, Walter Lippmann écrit que le libéralisme est « une logique de réajustement social rendue nécessaire par la révolution industrielle ». Le but ultime de l’action néolibérale est ici explicite : créer un homme nouveau, un homo œconomicus, parfaitement adapté au marché. Pour ce faire, et Vioulac l’expose méthodiquement, les instruments sont nombreux, de la publicité au « pouvoir de la Norme » (Michel Foucault) en passant par la libération des pulsions sexuelles, savamment étudiée par Dany-Robert Dufour dans La Cité perverse. Le néolibéralisme « soumet chaque individu à la discipline managériale qui lui impose l’entreprise comme modèle de réalisation d’un soi préalablement défini comme producteur-consommateur », continue Vioulac. « Il contribue ainsi à l’institution du marché comme Totalité et s’emploie à détruire tout ce qui viendrait entraver sa puissance de totalisation ».

On finira sur un fragment posthume de 1880 de Nietzsche que Vioulac met en exergue au début de son chapitre sur le totalitarisme capitaliste qui résume ce nouveau type d’aliénation, dénoncé sans relâche, dans des styles différents, par des Pasolini ou des Michéa : « La grande tâche de l’esprit mercantile est d’enraciner chez les gens incapables d’élévation une passion qui leur offre de vastes buts et un emploi rationnel de leur journée, mais qui les épuise en même temps, si bien qu’elle nivelle toutes les différences individuelles et protège de l’esprit comme d’un dérèglement. Il façonne une nouvelle espèce d’hommes qui ont la même signification que les esclaves de l’Antiquité. »

( 1 décembre, 2017 )

Jacques Trémolet de Villers : La main de justice

 

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Le signe le plus certain de l’affaiblissement de l’État, est l’état d’abandon moral et matériel de la justice. 

Nous avons changé de Président de la République. Nous avons changé de gouvernement et nous avons changé de majorité présidentielle.

Nous n’avons pas changé de système judiciaire.

Au fronton de notre Palais parisien sont gravés ces mots : « Hora fugit, stat jus ». Si l’heure continue de fuir, le droit est lui-même devenu très mouvant. Notre vieux Palais parisien lui-même va être désaffecté au profit de nouveaux locaux plus modernes, remplis de sas et de digicodes, encore plus inaccessibles au justiciable et, surtout, encore plus dépouillés de ses symboles.

Si l’Éducation nationale semble, par la voix de son nouveau ministre, vouloir revenir aux fondamentaux – lire, écrire, compter, et se comporter de façon civile  – il n’en va pas de même pour notre justice, depuis longtemps à la dérive, pour la simple et unique raison que cette fonction régalienne, la première fonction de l’État, est quasiment oubliée par ledit État, qui se veut de moins en moins régalien.

Des signes qui n’en sont pas

Nous pouvions attendre autre chose de notre nouveau « monarque élu et provisoire » dans la mesure où son attitude « jupitérienne » devait le rapprocher de ses fonctions régaliennes. Il est apparu, avec l’autre fonction régalienne, la Défense, que cette attitude était plus une pose médiatique qu’une volonté farouche d’accomplir son devoir. La rupture avec le général de Villiers manifestait une profonde méconnaissance de l’âme militaire. On ne devrait jamais placer à la tête de l’État comme Chef des Armées un homme qui ne sait pas ce qu’est la vie de soldat. Macron est le premier dans le genre. Nicolas Sarkozy n’avait pas été un soldat très remarquable mais il savait quand même ce qu’était l’uniforme, la vie de caserne, la camaraderie, le rythme et l’esprit de la vie militaire. Il faut y être passé pour le sentir et aucune formation en communication ne peut remplacer cette expérience.

Saint-Cyr le sait, qui recevait et reçoit encore, régulièrement, à titre d’élèves étrangers, quelques princes qui viennent là apprendre la plus grande partie de leur métier.

Mais si Emmanuel Macron a tenté, pour ce qui est de l’armée, de donner le change, par la mâchoire serrée, le regard fixé et les mains posées sur la barre du command-car, il n’a même pas un regard, ou une minute, pour l’œuvre de justice.

La meilleure preuve de son désintérêt pour la question était d’avoir nommé Bayrou comme garde des Sceaux.

Le temps d’une pirouette, vraiment politico-politicienne, et voici le ministère remis aux mains d’une femme, qui fut membre du Conseil constitutionnel, et qui est juriste, mais dont, pour l’instant, la présence n’est pas fortement ressentie.

Féminisation accrue

Que ce Ministère soit entre des mains féminines n’est pas surprenant puisque, dans notre univers judiciaire, la féminisation est galopante et, si j’ose parler ainsi en enfreignant un tabou majeur, excessive.

Il ne faut pas croire que femmes et hommes sont interchangeables, et que, comme le disait plaisamment une ancienne avocate féministe : « il n’y a pas de sexe sous la robe ».

La justice, exercée pendant de longs siècles par des hommes portant la robe, a reçu de cette empreinte des caractères multiséculaires, on pourrait dire millénaires, qui vont bien au-delà de la question du sexe.

Cela était si vrai que, pendant longtemps, lorsque la fonction était exercée, et souvent fort bien par une dame, on l’appelait Madame le Président… ou Madame le Procureur de la République, Madame l’Avocat Général. Les femmes accomplissaient aussi bien que les hommes une fonction historiquement masculine.

Quand, devenue largement majoritaire, la présence féminine a imposé de changer les appellations en Madame la Présidente… Madame la Procureure… et Madame l’Avocate Générale, les repères venus de la tradition se sont plus rapidement estompés. Il est resté la robe, mais, sous la robe, il n’y a pas que le sexe qui ait changé.

Cette évolution ne poserait pas de difficulté majeure si les constantes de l’œuvre judiciaire étaient fortement enseignées, maintenues et vécues par les magistrats- qu’ils soient hommes ou femmes… et si l’impulsion vers la haute fonction de « rendre à chacun ce qui lui est dû » était donnée fortement d’en-haut.

La technique sans l’esprit

Mais ce changement s’opère alors que les fondamentaux du droit ne sont plus enseignés dans les facultés non plus que dans les écoles de préparation et qu’au sommet de l’État cette fonction régalienne est quasiment méprisée :

  • Qu’est-ce que la loi ?
  • D’où vient le droit ?
  • Et qu’est le droit ?

Ces interrogations philosophiques qui sont au fondement de la Cité et que toutes les civilisations ont posées, ont laissé place à une prétendue « technique juridique », qui n’est que la manipulation de textes sans rapport véritable avec la requête qui vient du cœur du justiciable : le besoin de justice qui lui fait demander que son droit soit reconnu.

Malgré des propos de compassion et une hypocrisie verbale qui frôle celle des pharisiens, notre justice a progressé en inhumanité dans la mesure où, se faisant toujours plus technique, elle se voulait séparée de tout fondement philosophique.

Il est vraiment douloureux de constater que cette inhumanité grandissante va de pair avec une féminisation accrue. Tout laissait espérer le contraire, mais la réalité est là, et l’invasion numérique ne favorise pas la rencontre avec l’humain.

Heureusement, il reste la pratique. Hommes ou femmes, les magistrats d’audience voient devant eux des justiciables ou leurs avocats qui, sans cesse, réclament le droit, plaidant l’équité et la justice. Femmes ou hommes, les avocats doivent rendre des comptes à leurs clients qui leur demandent « où en est leur affaire » ; et le besoin de justice, exprimé à la base, est le grand correcteur des hésitations ou des contradictions du sommet.

Reste que les choses iraient mieux si, au sommet, il y avait quelqu’un qui, à côté du glaive, sache tenir « la main de justice ».

JACQUES TRÉMOLET DE VILLERS  

Politique magazine octobre 2017 -  Consulter … S’abonner …

( 11 novembre, 2017 )

Le libéralisme

 

Voici une très bonne mise au point concernant le « libéralisme » que tous les ignorants (et ils sont nombreux) veulent « classer à droite » !

L.R.

 

Le libéralisme est de gauche. Le libéralisme est la gauche. Le grand mérite de l’abandon par la gauche du marxisme, qui avait auparavant supplanté toutes les autres formes de socialisme, depuis mai 68 et surtout depuis la chute du mur de Berlin est de nous ramener à cette évidence. Nous voici au lendemain de la Révolution de 89 ! D’un côté les partisans de l’idéologie bourgeoise (car elle accompagne l’accession au pouvoir de cette classe), l’idéologie du Progrès et de l’Individu, – la gauche donc –, de l’autre les tenants de l’Ordre, de la Communauté et de la Tradition, – la droite.

Si la gauche abandonne le peuple et la question sociale pour devenir libérale-libertaire et « sociétale », ce n’est donc pas un accident de l’histoire comme le déplorent naïvement les mélenchoniens mais un véritable retour aux sources ! Le socialisme n’était d’ailleurs à l’origine ni à gauche ni à droite, ou plutôt il pouvait être plus ou moins à droite ou plus ou moins à gauche. Marx ne critique-t-il pas dans Le Manifeste les « socialistes réactionnaires » ? Proudhon ne serait-il pas classé aujourd’hui à droite et conservateur sur les questions dites « de société » ?

Pour le grand public les choses ne sont hélas pas aussi claires et cela tient principalement à l’équivoque du mot libéralisme, presque toujours employé à tort dans sa seule acception économique, et au résultat du mouvement sinistrogyre découvert par Albert Thibaudet : pendant un siècle des partis de gauche de plus en plus radicaux, de plus en plus marxistes, ont poussé vers la droite les anciennes formations de gauche ; la droite authentique disparaissant pour sa part quasiment du champ parlementaire et n’étant maintenue en vie, voire ressuscitée, à l’extérieur de la chambre, que par l’école d’Action française.

Mais l’AF n’est pas réductible à cette seule dimension comme nous l’avons déjà montré ici. Son objet propre, sa fin, est le salut de la France pas le salut de la droite. Son adversaire est toutefois très clairement le libéralisme, qu’il porte un masque de droite ou de gauche.

Stéphane BLANCHONNET

Article paru sur a-rebours.fr et dans L’AF2000

( 17 juillet, 2017 )

Parlons massacre d’innocents !

 

Lu sur « boulevard Voltaire » ce très beau texte qui doit nous faire réfléchir

 

Une forte probabilité que l’enfant soit trisomique suffit aujourd’hui à justifier son meurtre.


Pour des propos visant l’extermination des handicapés et des homosexuels, un médecin exerçant à Cherbourg a été suspendu six mois (dont trois avec sursis) par le Conseil de l’ordre, qui a estimé que ses déclarations étaient « contraires au respect de la vie humaine, de la personne et de sa dignité prôné par le Code de la santé publique ».

Au-delà du caractère aberrant de la faible durée de suspension, nous pouvons être surpris que le Conseil de l’ordre se souvienne tout d’un coup de l’existence d’un « respect de la vie humaine ». En poussant un peu, ils se rappelleront même qu’il existe un serment d’Hippocrate. Serment lors duquel les futurs médecins jurent de ne « jamais provoquer la mort délibérément ».

Et pourtant, en France, des médecins tuent. Je ne vais pas vous parler directement d’avortement, le sujet fait controverse. Plutôt que d’IVG, j’aimerais que l’on parle d’IMG, deux sigles si proches qu’ils sont bien souvent confondus. L’un signifie interruption volontaire de grossesse, l’autre interruption médicale de grossesse.

Après que sont passées les douze semaines pendant lesquelles l’avortement est légal, les équipes médicales peuvent proposer le meurtre (à aucun moment ce fait n’est remis en doute) de l’enfant jusqu’à la veille de sa naissance. Les conditions pour avoir recours à cette pratique sont très larges, une « forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic » (art. L2213-1 du Code de la santé publique). Une forte probabilité que l’enfant soit trisomique suffit aujourd’hui à justifier son meurtre. Remarquons que, dans le vocabulaire utilisé, il n’est pas fait mention de fœtus mais bien d’enfant.

 Notre société s’émeut (à raison) qu’un médecin veuille massacrer des handicapés, mais reste coite concernant le massacre de ces mêmes handicapés quelques jours avant leur naissance.

Le sujet de l’avortement avant douze semaines de grossesse est encore trop délicat pour être abordé de front : il faut donc procéder par étapes pour pouvoir de nouveau en discuter et faire réfléchir sur la question. La première est de montrer la réalité de l’IMG. Les témoignages de mères abondent, exprimant leur détresse après avoir senti leurs enfants bouger dans leur ventre puis, sous la pression médicale, accepté l’assassinat de celui-ci.

Ce qui se passe avec les enfants trisomiques est un eugénisme : la tentative de l’amélioration de la race humaine par l’élimination quasi systématique d’une partie de la population à naître (96 %). Le seul moyen de lutter contre ce transhumanisme est l’information, la prise de conscience des parents et leur accompagnement. Le combat à mener doit également se dérouler dans les facultés de médecine ; en finir avec les cours d’idéologues et un droit d’usage de la liberté de conscience pour les étudiants serait un bon début.

À quoi bon se battre contre les massacres du monde entier si nous sommes incapables d’agir dans notre propre pays ?

Étudiant
( 2 février, 2017 )

L’Action française face à l’élection présidentielle

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

 

L’élection présidentielle est, que cela nous plaise ou non, le moment le plus décisif de notre vie politique.

 

L’élection du Président au suffrage universel dans la Ve République et la forte personnalisation du pouvoir qui en résulte sont un paradoxe pour les royalistes.

Elles nous apparaissent d’abord comme un hommage du vice républicain à la vertu monarchique. Elles confirment que la monarchie, qui a fait la France, est la constitution naturelle du pays. Elles valident le combat de Maurras et de son école contre le régime parlementaire de la IIIe République, faible là où il devait être fort (en haut, dans l’exercice des fonctions régaliennes de l’État) et fort là où il devait être faible (en bas, dans le contrôle et l’administration de la société).

Mais elles nous apparaissent aussi comme un condensé des défauts de la démocratie, dans la mesure où le chef élu reste un homme de parti, incapable d’incarner l’unité de la nation, et plus préoccupé par sa réélection que par les réformes à mener dans l’intérêt du pays.

Ce dernier défaut a d’ailleurs été accentué par le passage au quinquennat.

Mais l’élection présidentielle est, que cela nous plaise ou non, le moment le plus décisif de notre vie politique, celui où vont se décider les grandes orientations des cinq années suivantes. Les royalistes, ceux de l’Action française du moins, ont coutume de dire qu’ils entendent « préserver l’héritage en attendant l’héritier ». Ils ne se retirent donc pas dans leur tour d’ivoire ! Ils sont présents sur le champ de bataille, même s’ils veulent conserver une certaine hauteur de vue.

Ils se désintéressent d’autant moins de l’élection présidentielle de 2017 qu’elle se déroule à un moment crucial pour la survie du pays. L’indépendance, la sécurité et l’identité de la France sont menacées comme jamais par la conjonction de la mondialisation, du terrorisme et de l’immigration de masse.

Comme tous les adversaires des processus de destruction en cours, nous regardons avec bienveillance le populisme (le rejet des élites politiques ou médiatiques, responsables de la situation), le souverainisme (la volonté de reprendre en main notre destin national) et le renouveau identitaire (la réponse à la mondialisation culturelle comme au communautarisme induit par l’immigration).

Mais sur chacun de ces points, nous portons un regard original qu’il nous appartient de faire connaître : nous savons que le populisme conduit au césarisme et à ses périls là où le recours à la légitimité traditionnelle concilie autorité, service du bien commun et modération ; nous savons aussi que le souverainisme, s’il se réclame seulement de la démocratie, n’est pas suffisant pour garantir l’indépendance de la France car une majorité du peuple peut renoncer à sa liberté aussi bien qu’une assemblée ; nous savons, enfin, que l’identité française n’étant ni la race ni le contrat social républicain, elle ne peut se penser sans référence à notre longue histoire royale et catholique.

Professeur agrégé de lettres modernes
Président du Comité directeur de l’Action française
( 22 janvier, 2017 )

Albert Camus :« Cet échafaud ne marque pas un sommet, il s’en faut. Certes, c’est un répugnant scandale »

 

 

Lu sur « lafautearousseau » ce très beau texte d’Albert Camus. Merci à LFAR de l’avoir publié.

 

 

albert_camus.jpgLe 21 janvier, avec le meurtre du Roi-prêtre, s’achève ce qu’on a appelé significativement la passion de Louis XVI. Certes, c’est un répugnant scandale d’avoir présenté, comme un grand moment de notre histoire, l’assassinat public d’un homme faible et bon. Cet échafaud ne marque pas un sommet, il s’en faut. Il reste au moins que, par ses attendus et ses conséquences, le jugement du roi est à la charnière de notre histoire contemporaine. Il symbolise la désacralisation de cette histoire et la désincarnation du Dieu Chrétien. Dieu, jusqu’ici, se mêlait à l’histoire par les Rois. Mais on tue son représentant historique, il n’y a plus de roi. Il n’y a donc plus qu’une apparence de Dieu relégué dans le ciel des principes.

Les révolutionnaires peuvent se réclamer de l’Evangile. En fait, ils portent au Christianisme un coup terrible, dont il ne s’est pas encore relevé. Il semble vraiment que l’exécution du Roi, suivie, on le sait, de scènes convulsives, de suicides ou de folie, s’est déroulée tout entière dans la conscience de ce qui s’accomplissait. Louis XVI semble avoir, parfois, douté de son droit divin, quoiqu’il ait refusé systématiquement tous les projets de loi qui portaient atteinte à sa foi. Mais à partir du moment où il soupçonne ou connaît son sort, il semble s’identifier, son langage le montre, à sa mission divine, pour qu’il soit bien dit que l’attentat contre sa personne vise le Roi-Christ, l’incarnation divine, et non la chair effrayée de l’homme. Son livre de chevet, au Temple, est l’Imitation de Jésus-Christ. La douceur, la perfection que cet homme, de sensibilité pourtant moyenne, apporte à ses derniers moments, ses remarques indifférentes sur tout ce qui est du monde extérieur et, pour finir, sa brève défaillance sur l’échafaud solitaire, devant ce terrible tambour qui couvrait sa voix, si loin de ce peuple dont il espérait se faire entendre, tout cela laisse imaginer que ce n’est pas Capet qui meurt mais Louis de droit divin, et avec lui, d’une certaine manière, la Chrétienté temporelle. Pour mieux affirmer encore ce lien sacré, son confesseur le soutient dans sa défaillance, en lui rappelant sa « ressemblance » avec le Dieu de douleur. Et Louis XVI alors se reprend, en reprenant le langage de ce Dieu : « Je boirai, dit-il, le calice jusqu’à la lie ». Puis il se laisse aller, frémissant, aux mains ignobles du bourreau.

 

Albert Camus

L’homme révolté, La Pléïade, pages 528-529

( 9 janvier, 2017 )

« Notre identité, c’est la république », dit Vincent Peillon. Certainement pas !

 

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Mur-bleu gds.jpgOn l’a déjà dit, et c’est très vrai, la Révolution, c’est comme Daech (ou l’inverse) : Daech fait commencer l’histoire du monde avec Mahomet, la république idéologique française, héritière de la Révolution, la fait commencer avec cette révolution, en 1789. Et nous ampute donc de 2.000 ans d’histoire ! De même Daech détruit, autant qu’il le peut, tous les trésors monumentaux et artistiques datant d’avant l’Islam (Al Qaïda avait fait la même chose), comme la révolution a détruit entre le quart et le tiers de notre patrimoine artistique. La parenté est nette entre Daech et la république idéologique : l’un et l’autre pensent être eux-mêmes l’identité du peuple, et que rien d’autre n’existe en dehors d’eux. Définition parfaite du Totalitarisme. Vincent Peillon – qui, de notre point de vue, a évidemment tort – ne fait que réciter la doxa de la république idéologique, en digne continuateur de ses prédécesseurs en idéologie. Quelqu’un a parfaitement expliqué tout ceci : il s’agit de Philippe Val, qui a travaillé à Charlie Hebdo, et qui a « commis » une très intéressante chronique sur France Inter, à l’époque où la droite envisageait de faire passer des test ADN aux soi-disant enfants d’immigrés, pour limiter les fraudes ; chronique qui remonte à 2007 et qu’il est fort utile de réécouter aujourd’hui.

En trois minutes et vingt-quatre secondes (dont quatre d’un mémorable bafouillement…) Philippe Val nous dit en somme que les pays en royauté sont ceux qui conservent leurs traditions, leurs mœurs et leurs coutumes, fondées sur la transmission biologique du pouvoir (incarnée par la Famille Royale), car ils n’ont pas connu de rupture radicale avec leur passé ; alors qu’en France la république, après la coupure révolutionnaire, a décidé de « mettre un point final à la transmission génétique du pouvoir ».

La conséquence immense de cette révolution est que les transmissions – qui se faisaient « naturellement » en France, avant la Révolution, sur une base biologique, donc charnelle, enracinée, comme c’est toujours le cas dans les pays en royauté – se font maintenant sur une base abstraite et idéologique : ce n’est plus la filiation qui crée le droit à un héritage, c’est une idée, une théorie désincarnée.

En clair, les Français ne sont plus les maîtres de la France ; ils ne peuvent plus se transmettre de père en fils, « naturellement », leur Nation, leur Patrie. Celle-ci est à tout le monde, à la terre entière, à n’importe qui. La France est un hall de gare aux dimensions de l’univers ; vient qui veut ; elle est aux autres autant qu’à nous ! Nous sommes ainsi dépossédés de notre héritage, de notre bien le plus précieux, et tout simplement parce que nous sommes en république !

« La république, et c’est sa force, et c’est son identité, affirme qu’en son sein l’élection et le rôle d’un individu dans la société ne seront plus jamais liés à une quelconque hérédité. Et ce qui est vrai pour les dirigeants, qui seront désormais élus selon leurs mérites par les suffrages de leurs égaux, est aussi vrai pour les citoyens dont le statut ne peut, en aucune façon, être lié à l’hérédité biologique. Voilà pourquoi l’instauration d’un test ADN pour décider du sort d’un individu est une violation de la Loi républicaine et un scandale constitutionnel… »

« Terra Nova » est le nom qu’a pris le groupe de réflexion du Parti socialiste, pour qui le propos de Philippe Val est parole d’évangile. « Terra perennis » serait le nom que prendrait un groupe de réflexion royaliste, ou simplement de citoyens français qui veulent simplement rester ce que l’Histoire les a faits, et continuer à vivre selon leurs coutumes et leurs traditions sur la terre que l’Histoire a faite leur. Et qui, pour cela, opposeraient la juste pensée de Charles Maurras aux lubies d’un Philippe Val ou d’un Vincent Peillon :

« Ce pays-ci n’est pas un terrain vague. Nous ne sommes pas des bohémiens nés par hasard au bord d’un chemin. Notre sol est approprié depuis vingt siècles par les races dont le sang coule dans nos veines. La génération qui se sacrifiera pour le préserver des barbares et de la barbarie aura vécu une bonne vie… » (L’Action française, 6 juillet 1912).

( 26 novembre, 2016 )

Mesdames et Messieurs les candidats, n’oubliez pas les pauvres !

 

Lu sur le blog de « Jean-Philippe Chauvin »

 

La question de la pauvreté contrainte est un sujet qui ne me laisse pas indifférent, et cela depuis fort longtemps, sans doute aussi parce que, en d’autres temps, j’en ai personnellement connu quelques aspects et quelques légères morsures… Lors des dernières élections européennes, au printemps 2014 et sous les couleurs de L’Alliance Royale, j’en avais même fait un de mes principaux thèmes de campagne, à la fois pour sensibiliser les électeurs à cette question toujours pendante mais souvent occultée, et pour proposer quelques pistes pour faire reculer cette insécurité sociale qui ronge nos sociétés et les affaiblit. Mais c’est un thème qui n’est pas assez électoralement porteur, sans doute, pour que les partis politiques et leurs dirigeants s’y intéressent, et il semble être « abandonné » aux associations comme le Secours catholique ou les Restos du cœur qui font, d’ailleurs, un travail important pour soulager, autant que faire se peut, la misère dans nos villes. Les royalistes du Groupe d’Action Royaliste, quant à eux, organisent régulièrement des « Soupes du Roi », et cela depuis presque dix ans, fidèles à leurs prédécesseurs du début XXe siècle mais aussi des siècles précédents, gardant en mémoire que, au Moyen âge, le Roi était « le père des pauvres »

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Pourtant, la pauvreté n’est pas un sujet mineur en France et les récents chiffres donnés par le Secours catholique la semaine dernière font plutôt froid dans le dos : « En 2000, on comptait 7,8 millions de personnes pauvres ; on en recense 8,8 millions aujourd’hui. Parmi ces personnes, entre 4 et 4,5 millions sont des jeunes de moins de 30 ans, ce qui devrait nous interpeller concernant l’impact de la pauvreté sur l’avenir de notre société », explique son secrétaire général Bernard Thibaud dans les colonnes de La Croix du jeudi 17 novembre dernier. Sans oublier que, selon Eurostat, 21,2 % des enfants de France sont menacés de pauvreté…

Bien sûr, il y a toujours eu des pauvres depuis que les sociétés humaines existent, mais elle est scandaleuse aujourd’hui au regard de toutes les richesses naturelles que nous exploitons et de toutes celles qui envahissent nos sociétés au risque de l’engloutir sous une débauche de produits marchands souvent inutiles : la démesure est dans cette invasion des objets qui semble nous faire oublier notre prochain, notre voisin.

 Le politique ne peut ignorer ceux qui souffrent de « n’avoir pas assez » quand d’autres consomment sans compter. Il ne s’agit pas de dénoncer la richesse mais plutôt la démesure et l’égoïsme, et de rappeler, comme le fait régulièrement le pape François à la suite de tant d’autres princes de l’Eglise, la valeur du partage.

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J’espère que cette question de la pauvreté contrainte sera abordée dans les prochains débats présidentiels, mais, au regard des jeux médiatiques actuels, je crains que cela ne soit pas le cas : « cachez ces pauvres que je ne saurais voir »… J’entends même quelques uns dire qu’en parler serait faire du « populisme » ! C’est dans ce genre de réaction stupide que l’on mesure le grand écart qu’il y a entre des élites mondialisées et le commun des mortels, mais aussi cette absence de compassion à l’égard des « perdants de la mondialisation » : est-ce la (triste) victoire de Benjamin Franklin ? Je préfère, en bon Français, l’exemple de saint Martin de Tours, de celui qui n’hésita pas à couper son manteau pour en donner la moitié à un malheureux transi de froid, un soir d’hiver de l’an 334… Et les candidats de 2017 pourraient bien y trouver quelque source d’une inspiration sociale bienvenue en ces temps d’incertitude…

Jean-Philippe CHAUVIN

 

( 23 novembre, 2016 )

Soyez au courant du Coran

 

 

Les gens de mon village sont dans l’ensemble bien sympathiques, tranquilles, travailleurs et sans histoires. Comme on dit dans les magazines parisiens, c’est la France profonde. Hélas, cette France est appelée à changer. Pour cela, par exemple, ont réparti des milliers d’envahisseurs, dit migrants ou réfugiés, à travers le territoire. On sait déjà qu’ils ne risquent pas de s’intégrer et ils exigent même que l’on se plie à leurs coutumes.

Dans mon village, il n’y a plus de bistrot où l’on cause. On bavarde donc d’une maison à l’autre. Depuis quelques temps, on m’aborde en disant : « Vous avez vu ce qui se passe à tel endroit ? On ne comprend pas ! » Les gens pensent qu’ils sont bien informés. Ils ne manquent pas le « Ji-té » (journal télévisé), ni les articles du journal républicain de l’Est que l’on se passe dans le village. Comme ils savent que je ne possède pas de télévision et que je ne lis pas les mêmes journaux, ils demandent mon avis sur différents sujets. Mes analyses les effrayent un peu, car les gens veulent ignorer les réalités. Pourtant les braves gens devraient comprendre qu’il va falloir devenir des gens braves. L’Etat de guerre contre la France est déclaré. Je lis dans un journal conformiste le propos d’une personnalité qui alerte ses concitoyens en déclarant que « le but du terrorisme islamique ne vise qu’à abattre l’idéal démocratique. Concernant l’implantation de l’Islam en France, on évoque des raisons qui n’en sont pas. Il faut prendre conscience que l’état de guerre contre les chrétiens n’est plus seulement réservé aux peuples du Moyen-Orient. Il faut bien se rendre compte que l’islamisme s’implante de plus en plus chez nous. Ils veulent la France et déclarent clairement : « L’Islam est notre objectif, le prophète est notre chef, le Coran est notre loi » La conquête est en marche… Ce n’est pas le tout de pleurnicher « Je suis Charlie », « Je suis Bataclan’, « Je suis Nice », « Plus jamais ça ! » et autres niaiseries. On allume une bougie et l’on jette une rose à l’endroit d’un drame. C’est naïf, c’est gentil, mais cela ne lutte pas contre les réalités sanglantes. Nous sommes prévenus que depuis l’attentat au journal ordurier « Charlie Hebdo », la guerre est déclarée. Non pas à une armée en ordre de bataille, mais aux simples quidams que nous sommes. Le but est d’être colonisé par l’Islam conquérant, de plus en plus radical et exigeant. Même si la plupart des faits restent cachés au public ou sont édulcorés, les exemples abondent autour de nous… Combien d’assassinats sordides avant l’égorgement de ce prêtre a l’autel au cours de sa messe ? Les tortures affreuses racontées par les survivants rescapés du massacre du Bataclan ont été passées sous silence. On oublie volontairement les morts écrasés et les familles traumatisées par l’attentat de Nice où un camion a été lancé sur la foule. La secrétaire d’Etat de l’aide aux victimes a déclaré que c’est « la République qui a été attaquée le soir du 14 juillet 2016 ».Les 86 morts de cet attentat effroyable et les très nombreux blessés plus ou moins graves ne se doutaient pas que ce n’est pas à eux que le terroriste-camionneur en voulait, mais à la République… Ces attentats sont spectaculaires, mais il y en a d’autres sans cesse que l’on tente d’édulcorer et de minimiser.

 

Résultat de l’incompétence de nos gouvernants, les massacres vont continuer. Il ne faut pas nous leurrer. Les Islamistes sont parmi nous de plus en plus nombreux et décidés. Voyez l’histoire de l’implantation de l’Islam au cours des siècles, ce n’est que guerres, massacres et tortures au nom du Coran.  Il est clairement dit qu’Allah punira violemment les infidèles, incitant les musulmans à la haine et au mépris des juifs, chrétiens et idolâtres. Pour être au courant, lisez le Coran et les hadiths. Voyez, par exemple, le verset 187, sourate II : « Tuez vos ennemis partout où vous les trouverez ; chassez-les des lieux où ils vous auront chassés… » Verset 57, sourate VIII : « L’incrédule qui refuse de croire à l’islamisme est plus abject que la brute aux yeux de l’Eternel. » Verset 59 : « Si le sort des armes les fait tomber entre vos mains, effraye par leur supplice ceux qui les suivent, afin qu’ils y songent. »  Verset 68 : Aucun prophète n’a jamais fait de prisonniers qu’après avoir versé le sang d’un grand nombre d’ennemis. »Sourate IX, verset 5 : « Les mois sacrés écoulés, mettez à mort les idolâtres, partout où vous les rencontrez. Faites-les prisonniers. Assiégez leurs villes. Tendez des embûches de toutes parts… » Sourate XXIV, verset 56 : « L’infidèle n’aura point sur terre d’abri contre notre vengeance, et les flammes seront son habitation. Malheur à ceux qui y seront précipités. » Sourate XLVII, verset 4 : « Si vous rencontrez les infidèles, combattez-les jusqu’à ce que vous ayez fait un grand carnage ; chargez de chaînes les captifs » … Etc.

Voyez que ces règles du Coran sont très éloignées de l’Evangile où il est dit « Aimez-vous, les uns les autres » Pour connaître ce qui attend notre civilisation chrétienne, soyez au courant du Coran, car les fous d’Allah sont parmi nous.

 

Jean-Marie Cuny

 

En allant plus loin

En lisant l’article ci-dessus de notre ami Jean-Marie CUNY, certains objectent : oui, il ya ces versets inquiétants, mais il y en a aussi qui encouragent à la paix et à l’amour. C’est aussi vrai.

Le problème est que, pour un musulman, les textes sont « sacrés », ils ne sont pas, comme chez les Catholiques, « inspirés par Dieu mais écrits par des hommes », ils sont directement dictés par « Allah ». Ils ne peuvent donc pas être « changés » ou même interprétés, du moins chez les « sunnites », ce qui est le cas de la presque totalité des musulmans demeurant en France. C’est un peu différent chez d’autres, en particulier chez les chiites.  Dans les faits, ce « dogme » n’est pas totalement suivi car, sinon, il n’y aurait pas différentes tendances chez eux. Nous savons cependant que nombreux sont  les musulmans rejettent ces versets belliqueux, considérant qu’ils ne sont plus valables aujourd’hui. Certains mêmes voudraient que les « textes sacrés » soient interprétés comme le Maréchal Sissi, chef de l’Etat Egyptien et, semble-t-il, le Roi du Maroc et bien d’autres. Toutefois, même si cela était fait, cela ne voudrait pas dire qu’ils soient « suivis » car il n’ ya pas de hiérarchie, de chef chez les musulmans, chacun peut lire le Coran et les hadiths et suivre ce qu’il lit. N’importe qui ou presque peut se déclarer Iman et créer sa petite salle de prière en entrainant des « fidèles à sa suite », il n’ya pas de « chef » qui aura le pouvoir de le lui interdire.

Philippe SCHNEIDER

( 18 novembre, 2016 )

Au fait, qu’est-ce que le « Système » dont nous parlons ? Essai de définition …

 

Lu sur « lafautearousseau ». Réflexion utile et à poursuivre

 

Publié le 29.03.2016 et réactualisé le 18.11.2016

3436523574.2.jpgLa question – évidemment importante et légitime – nous a été posée dans les commentaires : « Le « Système »  et sa contestation sont à l’ordre du jour. S’agit-il là d’une tendance lourde ? (…) Il est temps d’éclairer les uns et les autres sur ce que nous nommons  » le système « . (…) Pour lutter contre le Système, (…) encore faut-il le définir avec plus de précisions et en dessiner finement le contour.» Mais la réponse ne va pas de soi. Même si, « aujourd’hui, la contestation du Système se généralise massivement et si on ne peut donc pas nier que le terme soit « ressenti ».» 

Par définition, un « système », bien qu’il constitue une unité active, est chose complexe, composite. Il n’est donc pas si simple de le définir. Hasardons néanmoins quelques réflexions qui, si elles n’épuisent pas le sujet, contribueront à y mettre un début d’ordre et de clarté.

Qu’est-ce qu’un système ? Classiquement, les dictionnaires en donnent une définition de ce type : « Un système est un ensemble d’éléments interagissant entre eux et se définit par : ses éléments constitutifs ; les interactions entre ces derniers ; sa limite ». Voilà qui correspond bien à notre sujet.

Notons que (sans-doute dans les années 1920) Léon Daudet dit son opposition au Régime, celle de l’Action française, alors qu’aujourd’hui nous avons plutôt tendance – par delà Droite et Gauche – à pointer le Système, le second incluant et subordonnant de plus en plus le premier. Tendance lourde ? Sans doute.

Lorsque Daudet dit son opposition au Régime, il s’agit évidemment de la République, en l’occurrence de la IIIe. Aujourd’hui comme hier, la Constitution définit les Institutions de la République : la Présidence de la République ; le Gouvernement ; le Parlement, Assemblée Nationale et Sénat ; les Partis politiques qui, de fait, les composent et dont la Constitution consacre le rôle ; le Conseil Constitutionnel … Etc. Tel est notre Régime politique. Mais l’on « ressent » bien que le Système avec lequel, selon la définition des dictionnaires, le Régime interagit – dont il est l’un des éléments, théoriquement le premier – est un ensemble qui s’étend bien au-delà des Institutions politiques proprement dites et se compose d’autres éléments, devenus, somme toute, souvent tout aussi déterminants. Dans l’écart entre ces deux termes (Régime et Système) se trouve sans doute la réponse à la question que nous nous posons. En son temps, l’Action française avait déjà élargi sa critique du régime proprement dit à ce qu’elle nommait le Pays légal. Réalité assez voisine sans-doute du ce qu’aujourd’hui l’on appelle – en un sens communément péjoratif – le Système.

Par delà les Institutions de la République proprement dites et leurs différents moyens d’action, les autres éléments constitutifs du Système – en interaction permanente avec les Institutions aussi bien qu’entre eux – sont assez aisément discernables. Pour être brefs, nous nous bornerons, sans les analyser en détails, à les désigner :

Une pensée dominante (le Politiquement correct, la Bien-pensance, les sempiternelles et indéfinies valeurs de la République …) qui, malgré un nombre croissant d’oppositions et de réactions, est très généralement partagée par l’ensemble des composantes du Système ; elle a valeur politique, sociétale, morale, voire religieuse. Rien à voir avec l’une de ces grandes pensées politiques, dont Edgar Morin déplore la disparition. Il s’agit d’un ensemble d’opinions.

Les moyens de communication et d’information, notamment audiovisuels, et la grande presse, largement peuplés de journalistes et de managers en grande majorité pénétrés de la doxa que nous avons évoquée précédemment et spontanément appliqués à la diffuser, l’imposer à tous, la ressasser incessamment comme croyances et morale obligées. A noter que cette profession n’est pas loin de constituer, ne serait-ce que du simple point de vue des rémunérations, une communauté de privilégiés. A noter, aussi, les nombreux couplages existant entre le monde politique et celui des médias.

Le monde clos des financiers, propriétaires, soutiens et utilisateurs des moyens de communication en question (chaînes de télévision, grands titres de la presse écrite, etc.). Ils les achètent ou ils les vendent. Ils payent leurs factures et assurent leurs fins de mois.

Ce que l’on nomme de plus en plus, comme s’agissant d’un tout homogène et mono-orienté, les Associations, à peu près comme l’on dit les Institutions (!). N’ont d’influence et d’interaction avec les autres éléments du Système que les associations conformes à la doxa commune, quelle que soit leur importance réelle. (Aucune chance pour la Manif pour tous d’exercer une influence sur le Régime ou sur le Système).

L’Etat, en France, s’en étant attribué la responsabilité et le contrôle, l’Education Nationale  est, à l’évidence, une autre composante essentielle du Système. Monopolisée par une caste de faiseurs de programmes et de pédagogistes – qui se renouvellent, d’ailleurs par cooptation – elle a de moins en moins pour mission la transmission des savoirs, comme l’atteste la dégringolade des niveaux scolaires. Il s’agit bien davantage de former la jeunesse de notre pays aux dogmes et comportements qu’implique la doxa commune, cette Religion républicaine qui, selon Vincent Peillon, doit remplacer les anciennes religions et façonner le citoyen nouveau. L’introduction de la théorie du Genre à l’école, qui implique la négation des sexes, montre que cette Religion nouvelle admet les lubies les plus extrêmes. Terra nova, le nom que s’est donné le principal think tank socialiste, dit tout de l’ambition que poursuit le Système.

Si l’on ajoute aux composantes du système, les appareils syndicaux et, malgré leur faible représentativité, leurs cohortes d’apparatchiks, largement intégrés à la classe des bureaucrates de l’Administration ou, même, des grandes entreprises, un certain monde de la culture et des arts ou prétendus tels, l’on comprend que cette imposante conjonction de moyens, d’hommes, de structures et d’argent, puisse exercer sur l’ensemble du peuple français une sorte de totalitarisme mou et qu’il soit, bel et bien, largement ressenti comme tel.

Chacune des composantes du Système énumérées ci-dessus mériterait une étude spécifique qui, ici, nous mènerait trop loin. Toutes nous semblent concourir à un même résultat : celui de la destruction ou  – d’un terme suggérant méthode et volonté systématique - déconstruction.

Il n’est pas forcément mauvais qu’un peuple, une nation, un Etat soient régis par un Système quasi unanimement reconnu et respecté, sous réserve qu’il n’étouffe ni les libertés, ni les différences légitimes. L’erreur du nôtre, sa spécificité, est qu’il vise la déconstruction : déconstruction nationale, déconstruction sociétale, déconstruction culturelle, déconstruction anthropologique.

Nous n’avons pas épuisé ce (trop) vaste sujet. Les réalités multiformes du quotidien nous y ramèneront immanquablement.  

Lafautearousseau

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