( 16 septembre, 2021 )

LE ROI ou les roitelets ?

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Si on laisse faire les classes primaires, nous nous retrouverons en finale avec un roitelet issu de la grande foire électorale.

L’élu sera sans aucun doute le pire ! A force de s’assassiner entre eux, il nous restera le plus inapte à la fonction présidentielle, mais assurément le plus arriviste, le plus mauvais ambitieux, celui qui tuerait père et mère pour arriver en haut du mât de cocagne élyséen, et être roi ou reine sous le déguisement présidentiel !

N’être Rien aujourd’hui et devenir Tout demain !

Combien seront-ils à briguer la plus haute place du pilori pour 2022.

Déjà les gladiateurs (trices.) pour les inclusives, descendent dans l’arène, le combat est sans merci, il faut que le sang coule et qu’il n’en reste plus qu’un ! Le gagnant était le meilleur combattant, le plus tenace, le plus hargneux, il avait au moins la qualité d’être le plus fort, aujourd’hui le vainqueur sera le plus Malin, d’une Malignité diabolique !

Promettre la Lune, pour tous et à tous,

  • promettre des Droits, sans les Devoirs qui vont avec…

  • promettre honteusement le Bonheur, la Santé, la Prospérité…Une fois l’an, (qu’est-ce qu’on risque ?)

Souvenez-vous : « Ma Pomme, Karcher, Flamby, En-marche… »

Le ou la prochaine sera pareille, roitelet ou roitelette ?

Et demain, vogue la galère à vau-l’eau !

Nous aurons notre roitelet de la Cour des Miracles, Roi de Thunes, ou Reine de Paname…

Pas de quoi pavoiser !

La France de Saint Louis, d’Henri IV, de Louis XIV transformée en Cour des Miracles, bauge, bazar, caravansérail, souk avec à sa tête un Calife ou un Cheikh sans provision…

Et si nous préférions en lieu et place des roitelets ou roitelettes, un vrai Roi ?

Vieille famille de la Vieille France, un Roi qui ne désire que remplir son rôle : Servir à la place que Dieu lui a donné. Servir les Peuples de France. Servir la France dans son intégrité !

Ils ont tous des programmes, voire des solutions qui souvent se révèlent sans issues. Le Roi lui, n’offre que sa personne, il est caution morale, et ne déroule pas de tapis de promesses.

La France avec un Roi à sa tête retrouvera son âme, nous y parlerons, Morale, Honneur, Foi, Courtoisie, Grandeur, Beauté…

Tous ces dogmes qui ne sont plus en usage dans notre République.

La Royauté parlera aux coeurs des Français, sans ne les considérer que comme des électeurs et consommateurs.

Pas besoin de trouver le Roi, nous l’avons ; il faut juste aller le chercher et le convaincre de venir se mettre à notre tête.

Sans son Roi la France est orpheline, elle était déjà sans-culottes, puis sans tête, la voilà sans honneur, sans principes, juste bonne à jouer comme figurante dans la pièce de théâtre de boulevard :

« Francexit», avec en premier rôle le roi des Thunes, un ancien de « Chez ma Tante » !

Et nous laisserions faire ça ?

Parce que c’est cela qui va arriver : l’élimination des seconds couteaux, et la scène finale : le grand abandon de la Marine à voiles et le triomphe de la Finance !

Si Dieu le veut nous pouvons changer la donne, c’est possible, il faut juste y croire ! Et en Dieu et au reste…

Une Foi, une Loi, Un Roi !

Montjoie Saint Denis !!!

Guy Adain

14/09/2021

( 16 septembre, 2021 )

« Heureux comme Dieu en France »

 

 

 

La chronique de Stéphane Blanchonnet (Le Bien Commun)

 

Quoi de plus difficile que de se définir soi-même ? Parfois recourir à autrui se révèlera beaucoup plus pertinent. Cette évidence de psychologie individuelle pourrait aussi valoir pour les nations. J’en veux pour preuve le remarquable Essai sur la France (1930) d’Ernst-Robert Curtius, qui m’apparaît comme la meilleure introduction à la compréhension de l’être français. Cet Allemand, francophone et francophile, spécialiste de Balzac et de Proust notamment, nous propose une sorte de Guide vert des provinces de l’âme française.

Curtius commence par relever cette caractéristique fondamentale de la France qui est de se concevoir comme universelle. Il ne s’agit pas pour elle de se mettre au service d’une idée universelle mais bien d’en être l’incarnation exclusive. Il relève trois manifestations de ce phénomène : la France comme incarnation de la Chrétienté (à partir du Moyen Âge), la France comme incarnation de la Culture (à partir de la Renaissance), la France comme incarnation du Droit et de la Liberté (à partir du XVIIIème siècle). Ces différentes manifestations se succédant dans le temps sans pour autant qu’aucune ne s’efface au profit des autres. D’où ces conflits, ces oppositions extrêmes de « valeurs », qui caractérisent le débat public français.

L’essayiste se livre ensuite à un brillant exposé synthétique sur la géographie et l’histoire du pays. On en retiendra principalement l’idée selon laquelle le souvenir de Rome et l’action des Capétiens se sont combinés pendant des siècles pour produire un État, lui-même matrice d’une nation, dont le sentiment d’unité et de continuité parvint à un tel degré que les réalités géographiques, pourtant tout à fait contingentes en elles-mêmes (il n’existe pas de frontières totalement naturelles comme le rappelait Bainville), en acquirent une forme de naturalité. Le mythe de l’hexagone en est une des expressions les plus populaires.

Autre idée traitée avec beaucoup de finesse par Curtius : la France comme patrie littéraire. Aucun autre grand pays dans l’Histoire n’a accordé à la littérature ce rôle quasi liturgique au service du culte de la nation. La France prend principalement conscience d’elle-même, de sa « personnalité » (Curtius affirme que la France est la plus parfaite « personne morale » de l’Histoire), à travers les grands classiques de sa littérature. L’auteur note au passage que la littérature française possède une unité, au-delà des genres, des courants et des époques, unité dont les caractéristiques sont un esprit d’analyse, — un esprit critique —, très développé (des moralistes du XVIIème siècle aux romanciers réalistes du XIXème) et un culte de la perfection formelle.

En fermant ce livre tout à fait extraordinaire, et à mettre entre les mains de tous les patriotes, on ne peut que déplorer qu’il n’ait pas connu de réédition récente.

( 14 septembre, 2021 )

Pour en finir avec l’expression « quartiers populaires »

 

Lu sur « L’Incotidien »

 

Ah je ne le supporte plus ! Je boufferais ma radio à entendre cette expression… « quartiers populaires ». Dernièrement c’est le Anasse Kazib, le scissionniste du NPA, le raïs de Révolution Permanente, qui l’employait pour parler de la Fête de l’Huma. A l’écouter, il fallait que les cocos payent le billet d’entrée aux « jeunes des quartiers populaires » pour venir écouter du rap. Allez-y les gars ! Laissez-les passer gratos, les californiens de la Seine Saint-Denis ! Un peu de « Vivre Ensemble » à la fête de l’Huma ne fera de mal à personne. Et puis, à n’en point douter, les vieux cocos de Villejuif vont réussir à les convertir au marxisme-léninisme triomphant, les talibans de la cité Gagarine ! Ils essayent d’ailleurs depuis 20 ans et on a vu le résultat !

 

Parce que les « quartiers populaires » n’existent plus, ce sont des quartiers immigrés désormais. Des enclaves immigrés où règnent la drogue, la charia et les maillots du PSG.

 

Il y a quelques décennies de cela, quand j’étais jeune et beau, je suis revenu dans la rue de mes grands-parents à Villejuif. J’ai grandi en entendant leurs histoires de banlieusards. Une rue de déracinés. Mais de déracinés heureux. D’un côté de la rue étroite, il y avait un café bougnat où Germaine et Mimille ne parlaient que l’occitan auvergnat entre eux. De l’autre, il y avait des terrains vagues et des maraîchers. Entre les deux, des prolos dont mes grands-parents maternels qui avaient fui la misère de leur Bretagne natale où il y avait 15 gosses par ferme. Leurs voisins ? Des Ch’tis, des Morvandiaux, des Provençaux, des Picards, plus quelques Italiens et Espagnols. Et d’autres Bretons, des milliers de Bretons! Villejuif, c’était la Cornouailles et le Coglais autrefois ! Tout ce petit monde s’entendait bien et étaient encadrés par le Parti Communiste et son univers satellitaire. J’ai encore la carte de la CGT de ma grand-mère, section Hôpitaux de Paris, service des enfants malades, où il fallait présenter un certificat de baptême fait à Loudéac ou à Fort-de-France pour être embauchée. Et je ne déconne pas !

 

Mon grand-père routier mettait des bancs dans son camion Panhard de routier au long cours et emmenait toute la rue danser le dimanche sur les bords de Marne. Ça c’était des quartiers populaires ! Le mot populaire y prenait tout son putain de sens. Pas de drogue, d’islam ou de saloperies dans le genre. C’était la solidarité. Et le travail. Et la très grande gloire du Monde Rouge. Celui qui mentait déjà mais au moins il aimait les gens…

 

Depuis, les petites maisons d’ouvriers se sont agrandies. Des cabanons de jardin ont poussé, des extensions, des pièces supplémentaires. Les maisons sont devenues coquettes ou ont été démolies et les terrains agrandis. Les anciens ouvriers de chez Renault ont récupéré la maison de leur mère dans le Morvan ou dans le Centre-Bretagne. Maison de vacances. Début d’embourgeoisement. Mes grands-parents, eux, sont repartis en 70 dans la ferme des Côtes d’Armor. D’autres sont restés. Leurs illusions communistes ont, elles, foutues le camp de chez tout le monde…

 

Car ce qui m’avait le plus surpris à l’époque, c’étaient les murs autour des bicoques. Hérissés de tessons de bouteilles ou de grilles avec des piques ! Ma grand-mère m’avait pourtant dit que, dans les années 50, pour faire la clôture entre chez eux et le voisin, mon grand-père avait pris une bouteille et un verre et avait invité le voisin à l’apéro. Il avait regardé jusqu’où il pouvait verser à boire à son pote et avait fixé la clôture à ce niveau !

 

Maintenant, toutes les maisons de la rue sont derrière de hauts-murs ! Pourquoi ? Parce qu’une cité a poussé au bout de la rue. Là où il y avait les terrains vagues et les maraîchers d’autrefois. Une cité d’immigrés ! Qui viennent piquer les taille-haies et taguer partout. Les gens de la rue les désignent par « ceux-là, là bas ». Maintenant, il n’y a plus la solidarité et de fraternité entre les habitants de Villejuif, il n’y a que la haine et la méfiance entre «ceux-là, là-bas » et « nous ». Parce que « ceux-là » ne respectent rien et ne veulent pas se fondre dans un creuset ouvrièro-franchouillard que « nous » avons fondé. « Ceux-là » veulent nous assimiler à un univers de drogue et d’islam que « nous » refusons !

 

Le sens du beau mot de « quartier populaire » a donc été remplacé. Même ça ils ont réussi à nous le voler ! Je ne suis pas en train de glorifier une réalité surranée qui n’existait que dans l’entre-deux guerres ou les 30 Glorieuses, réalité surranée que le chômage de masse aurait délavé. Non ! Car, moi qui vit en campagne depuis des décennies, je peux affirmer que cette ambiance, cette vie communautaire existe encore dans nos villages en 2021. Ma bagnole ne démarre pas un matin ? J’aurais 10 voisins qui me prêteront la leur sans discuter. Et dans mon village, on ne parle pas d’islam ou de chichon. La picole je ne dis pas. Mais c’est de la déglingue domestique. Pas importée d’on ne sais où ! Les « villages populaires » existent toujours, « les quartiers populaires » n’existent plus.

 

Ou plutôt, dans les villes, ces « quartiers populaires » sont devenus une autre réalité. Une réalité qui a réussi à nous voler jusqu’à notre passé. Qui a réussi à nous faire détester cette expression. Car les « quartiers populaires » sont le symbole de notre remplacement. Le Grand Remplacement est un concept multiforme en fait. Il remplace même le passé. Il remplace même notre mémoire. Comme un prion qui s’insère partout et qui a un effet rétroactif.

 

Pendant que j’écris ces lignes, je regarde la fameuse rue sur Google View… Et la « cité » dans le bout. Quelle tristesse, quelle putain de tristesse d’avoir permis ça !

 

Par Maël Pellan

( 21 août, 2021 )

Liban : pourquoi il est si difficile de l’aider

 

Lu sur « actionfrancaise.net »

 

Le Liban mérite-t-il qu’on le défende malgré tous ses défauts ? Et comment le défendre ?

Emmanuel Macron est allé deux fois au Liban depuis l’explosion qui a eu lieu dans le port de Beyrouth il y a un an, et il a visiblement suivi de très près le dossier. Ceux qui ne connaissent pas l’histoire du Liban s’en sont étonnés.

Les liens entre le Liban et la France

L’influence de la France sur les élites syro-libanaises date de plusieurs siècles. Cette influence a fait attribuer la Syrie à la France après la Première Guerre mondiale lors du démembrement de l’empire ottoman. En Syrie, un territoire chrétien, le mont Liban, a demandé à être détaché de la Syrie avec comme objectif de devenir département français pour être protégé du monde musulman.

Mais cela ne s’est pas fait pour deux raisons :

  • D’abord le territoire détaché de la Syrie a été trop grand : pour englober tous les chrétiens de la région, il a également englobé beaucoup de zones musulmanes, et les chrétiens n’étaient que faiblement majoritaires. Aujourd’hui, ils sont très nettement minoritaires, notamment du fait de leur départ du pays à la suite de la guerre civile, de leur accueil favorable à l’étranger par leur diaspora et du fait de leur meilleur niveau d’études que les autres communautés.
  • Ensuite, l’évolution de la sensibilité mondiale sur les questions de colonisation a rendu cet objectif psychologiquement et politiquement impossible, comme en témoignent aujourd’hui les discussions qui refusent à la France toute légitimité sur ses départements d’outre-mer, particulièrement Mayotte, et sur la Nouvelle-Calédonie.

La construction du Liban d’aujourd’hui

Le Liban est donc resté indépendant et a mis en place un système « confessionnel » hérité de l’empire ottoman. Ce système classe la population suivant sa religion : les chrétiens maronites, qui avaient la majorité relative, les Arméniens, les Grecs catholiques, les musulmans sunnites, les musulmans chiites et une religion locale : les druzes, que l’on retrouve également plus au sud dans l’Israël d’aujourd’hui, et plus au nord en Syrie.

Ce classement par religion structure profondément le pays et vous en avez une description géographique et culturelle détaillée dans mon article précédent. Les adversaires de ce multiculturalisme, notamment lorsqu’il s’agit de l’appliquer à la France, rappellent les rivalités paralysantes et les guerres civiles que cela entraîne.

Pour mesurer la complication et donc l’immobilisme engendré par ce système, imaginez qu’en France les nominations officielles se fassent par groupe de 11 comprenant obligatoirement X catholiques, Y protestants, Z juifs, Z’ représentants d’une organisation laïque ou athée (les francs-maçons du Grand Orient par exemple), Z’’ représentants de telle tendance de musulmans etc. Imaginez également que le président de la République française soit obligatoirement catholique, le Premier ministre obligatoirement protestant, le président de la chambre obligatoirement juif etc.

Comme pendant l’Empire ottoman puis durant les premières années de l’indépendance le Liban était peu peuplé, chaque communauté regroupait peu d’habitants et était en pratique contrôlée par une ou deux familles dont on retrouve souvent des descendants aujourd’hui.

Bien entendu les puissances étrangères de la région s’appuyèrent sur des communautés : les Israéliens sur une partie des chrétiens, ce qui fut une erreur stratégique pour ces derniers, l’Arabie sur une partie des sunnites et l’Iran sur les chiites. Quant à la Syrie, elle n’accepta jamais la création du Liban et les services syriens furent souvent très actifs pour perturber la gouvernance du pays. En particulier on les soupçonne d’avoir commandité l’assassinat du Premier ministre Saad Hariri en 2005, et cela peu après avoir été son invité en tant que représentant des grandes écoles françaises dans une manifestation francophone… en même temps qu’un bon millier d’autres personnes, dans l’immense salle à manger de la cave de sa villa.

La situation avait encore été compliquée avec l’arrivée des réfugiés palestiniens, très majoritairement sunnites. La citoyenneté leur fut refusée d’une part pour sauvegarder leur « droit au retour » en Israël, mais aussi pour ne pas perturber l’équilibre interconfessionnel.

De même pour les réfugiés syriens chassés par la guerre civile, qui forment actuellement une partie importante de la population et qui sont également majoritairement sunnites.

Aujourd’hui on soupçonne les Turcs d’appuyer les sunnites et la Russie certaines factions chrétiennes.

La guerre civile de 1975 à 1990

Cette guerre civile entre chrétiens et musulmans commença en 1975 et gagna tout le pays. Elle fut particulièrement meurtrière et fut l’occasion d’atrocités dans tous les camps. Elle donna un pouvoir aux « chefs de guerre » de chaque communauté qui restent influents aujourd’hui.

Elle fut souvent mal comprise en France, où Le Monde et une grande partie de la presse française décrivaient une guerre entre « chrétiens conservateurs » et « palestino-progressistes » ! Je n’aurais pas ici la cruauté de commenter.

Cette guerre civile libanaise se termina à la suite des accords de Taef en 1989, qui consolidèrent le système communautariste en diminuant toutefois les pouvoirs du président de la République, obligatoirement chrétien. Ils consacrèrent aussi l’importance des chiites maintenant alliés à la tendance chrétienne du président Michel Aoun.

Le poids des chiites

Du fait de l’exode des chrétiens, les chiites sont devenus le principal groupe du Liban, démographiquement parlant. Par ailleurs, leur principal parti politique, le Hezbollah (le parti de Dieu) est un outil de l’Iran, qui le soutient financièrement et militairement, pour attaquer Israël par le nord. Le Hezbollah a notamment sa propre milice, puissamment armée et indépendante de l’armée libanaise.

Vu d’Israël, le Hezbollah est un simple instrument militaire et terroriste de Téhéran, alors que pour la France il faut être réaliste et tenir compte de son poids pour trouver une éventuelle solution. Le problème est de savoir si l’Iran souhaite qu’il y ait une solution.

L’opinion publique libanaise serait fatiguée du poids du Hezbollah qui règne militairement sur une partie du pays et est le principal acteur au niveau politique national. Les notables de ce parti sont de plus en plus assimilés à ceux des autres formations. Le mariage fastueux de la fille d’un responsable du parti a eu un effet désastreux en cette période de disette. Mais nul ne voit comment faire contrepoids à sa puissance militaire et à l’appui de l’Iran.

Une crise profonde

L’émotion populaire a été grande, suite à l’explosion au port de Beyrouth qui a causé de nombreux morts, des milliers de blessés, et détruit une partie de la capitale. Mais elle n’a rien changé à la paralysie du pays et n’a fait qu’approfondir la crise.

Fadi Sawan, premier juge chargé de l’enquête sur l’explosion, a été récusé au bout de huit mois, après les recours judiciaires d’anciens ministres inculpés pour « négligence ». La Cour de cassation a estimé que le magistrat ne pouvait être « objectif », sa maison ayant été touchée par l’explosion, et qu’il n’avait pas respecté les lois sur l’immunité parlementaire, plusieurs anciens ministres mis en cause étant également députés.

En février dernier, un nouveau juge, Tarek Bitar, a été désigné mais il bute à nouveau sur la levée des immunités auxquelles s’oppose le Parlement.

Liban : la situation politique aujourd’hui

Le président Michel Aoun vient de désigner Najib Mikati comme nouveau Premier ministre. C’est un homme d’affaires important, donc supposé lié à la classe dirigeante politique actuelle.

Après l’explosion du 4 août, tout a continué comme avant.

Le président français avait réclamé :

  • Une enquête indépendante sur les causes de l’explosion,
  • Un audit des réserves de la Banque centrale et des finances de l’État,
  • La nomination d’un gouvernement intérimaire capable de mettre en œuvre des réformes,
  • La tenue d’élections législatives anticipées dans un délai de moins d’un an.

Rien de tout cela n’a bougé.

Les raisons du blocage commencent à filtrer : les deux partis chiites, Amal et le Hezbollah se disputent la clé du coffre, pardon le poste de ministre des Finances, tandis que le président Michel Aoun veut installer son gendre à la présidence à la suite des élections de l’année prochaine. Enfin, l’Arabie exige que ses alliés sunnites aient une part plus importante du gouvernement.

Derniers développements

La Conférence internationale de soutien à la population du Liban s’est tenue le 4 août 2021, à l’invitation conjointe du président français et du secrétaire général des Nations unies. Les participants se sont engagés à fournir une nouvelle aide humanitaire de 370 millions de dollars à la population. Ils appellent la classe politique libanaise à former un gouvernement et à renouer le dialogue avec le FMI. Mais ce dernier exige à juste titre des réformes de fond pour lesquelles il faudrait un gouvernement indépendant de la classe politique actuelle.

Sur le plan politique il faudrait bien sûr des élections libres dans tous les sens du terme, et notamment non confessionnelles, mais qui va les organiser ? Si les règles ne changent pas on retombera dans le blocage actuel.

D’où la menace d’Emmanuel Macron de mise sous tutelle du pays, qui pourrait être mise à exécution.

Lors de la visite de Jean-Yves Le Drian, en mai 2021, ce dernier a encouragé l’opposition à se structurer et à se mobiliser en vue des élections de 2022. Certains observateurs sont encouragés par l’apparition de groupes de jeunes multi – confessionnels. Le plus ancien, « Arcenciel » date de… 1984, sans parler des tentatives démocratiques que les Français avaient tentées au début du mandat. Mais tout cela a été repoussé jusqu’à présent « par respect de l’attachement des Libanais à chacune de leur communauté ».

Le Liban mérite-t-il qu’on le défende malgré tous ses défauts ? Il y a un attachement historique, culturel et même romantique de la France à ce pays, et réciproquement, du moins pour une grande partie de sa population, et pas seulement des chrétiens. De plus le Liban a besoin d’alliés face aux intérêts de l’Iran, de la Turquie ou de la Russie.

Mais comment le défendre ? Les Français ont déjà des troupes dans la partie chiite sous le drapeau de la Finul, la force des Nations unies qui s’efforce d’éviter la guerre entre le Hezbollah et l’armée israélienne. L’envoi de troupes à Beyrouth même par les Français et les Américains s’est terminée par une évacuation en catastrophe suite aux attentats probablement syriens de 1983. Il ne semble pas qu’on n’ait envie de recommencer.

Une sorte de mandat international sous l’impulsion de l’ONU et du FMI serait rationnel, mais l’Iran, la Turquie et la Russie s’y opposeront, sauf accord discret notamment sur la présence de l’Iran au sud. La France devrait logiquement jouer un grand rôle dans ce mandat, sauf manœuvres de couloir à l’ONU notamment par les trois pays ci-dessus, ce qui pourrait aboutir à des résultats imprévus et pas forcément efficaces.

Yves Montenay

Article rédigé pour Contrepoints 

( 18 août, 2021 )

Comparer la terreur talibane à « la grande clarté du Moyen-Âge » ? Une grande stupidité…

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Comparer l’Afghanistan des Talibans et notre grandiose et magnifique Moyen-Âge, comme on le fait si facilement un peu partout, en ce moment, c’est tout simplement une stupidité désolante. Une insanité…

Notre Moyen-Age chrétien c’est l’amour courtois et les Troubadours, les enluminures et les débuts de la peinture, la chevalerie, les cathédrales, les Universités et bien d’autres grandes choses encore, bien loin de tous ces « rétrogrades », « primitifs » et « obscurantistes » effrayants que sont ces barbus sales et laids, qui font « peur » et provoquent, instinctivement, un sentiment de recul, de rejet, de dégoût…

Afin d’alimenter le débat, et nourrir la réflexion, nous redonnons ci-après notre Grands Textes 44, constitué de l’ « Avant-dire » et de l’ « Avant Partir » du merveilleux ouvrage de Gustave Cohen, La grande clarté du Moyen-Âge…:

GRANDS TEXTES (44) : La grande clarté du Moyen-Âge, par Gustave Cohen

 

Historien médiéviste, Gustave Cohen est né à Saint-Josse-ten-Noode le 24 décembre 1879 et mort à Paris le 10 juin 1958

En octobre 1912, il est nommé professeur au tout nouveau département de français de l’Université d’Amsterdam, mais en 1914, il quitte ses étudiants pour faire la guerre.

À partir de la fin de la guerre, Cohen occupe des postes à l’Université de Strasbourg et à la Sorbonne. Il crée le groupe théâtral Les Théophiliens (nommé ainsi après la représentation du Miracle de Théophile de Rutebeuf en mai 1933, salle Louis Liard à la Sorbonne) dont René Clermont a été metteur en scène. C’est également en 1933 qu’il fonde, à Amsterdam, la Maison Descartes.

À l’Institut français se trouve un buste pour honorer son fondateur.

En exil aux États-Unis pendant la seconde Guerre Mondiale, époque durant laquelle il rédige et publie La grande clarté du Moyen-Âge, Cohen y fonde, avec l’historien de l’art Henri Focillon l’École libre des hautes études (New York) et il anime les entretiens de Pontigny à Mount Holyoke College.

D’origine juive, il se convertit au catholicisme à 64 ans.

 

 Voici l’Avant dire et l’Avant partir de son magnifique « La grande clarté du Moyen-Âge » :

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Avant-dire

Ce jour d’hui, premier juillet 1940, dans l’affreux malheur de la patrie écrasée et déchirée, foulée aux pieds par l’envahisseur barbare, je voudrais commencer ce livre à l’honneur de la France qui ne peut pas mourir.

L’affliction du présent nous invite à chercher un refuge dans un passé lointain dont les deuils, les ruines, les misères et les tristesses se sont effacées dans la nuit des temps et dont ne survivent que les gloires, non point les gloires militaires, car rien n’est plus fragile, mais gloires littéraires, artistiques et philosophiques, qui seules sont éternelles.

C’est dans une 10 juin,chartres,sacré coeur,saint louis,terreur,convention,robespierre,directoire,oradour sur glane,division das reich,ss,nazis,montmartre

guerre de croisade pour le droit, la foi, la liberté que le pays vient de succomber. Il en connut d’autres, jadis, où il succomba avec honneur dans l’essai de reprendre, d’une façon durable, à l’Infidèle, le Saint-Sépulcre, mais dont lui reste le titre impérissable d’avoir tenté l’oeuvre vaine, haute et désespérée et d’y avoir donné les meilleurs et les plus braves de ses fils.

En allant vers le Moyen-Âge nous sommes sûrs de retrouver l’âme même de la France, en son état pur, au moment de sa Genèse, sortant, vierge, blanche et nue, du chaos du destin.

Non pas née de rien, mais issue de l’âme gréco-romaine entée sur l’âme celtique dans le plus beau terroir sous le ciel, là où les formes sont naturellement harmonieuses, les nuages pommelés et nuancés, le sol fertile, porteur de vigne et donneur de vin, paré de la blondeur des blés ou du vert des prairies et des forêts, ni trop sec ni trop pluvieux, ni trop brûlé de chaleur ou glacé de frimas, tout en douceur, en raison et en équilibre, pour la perfection et le classicisme.

Terre élue de la fécondation sans pullulation, de la réflexion sans âpreté, de la foi sans fanatisme, et surtout de l’amour.

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Mais pour que ce miracle se produisît : la naissance de l’amour courtois (au XIIème siècle) et du culte de la femme, il fallait qu’à l’âme celtique, pénétrée par l’âme gréco-romaine s’alliât encore l’âme chrétienne, venue d’un plus lointain Orient, où la spiritualité autoritaire du judaïsme, et son monothéisme absolu se trempaient de la suavité de Jésus, fils de la Vierge.

Ce n’est qu’ici que pouvait naître, se développer et s’épanouir le culte de Notre-Dame, où la religion et le dogme s’attendrissent de féminité et où l’amour humain se sublime dans l’amour divin avec lequel il arrive à se confondre.

Avant partir10 juin,chartres,sacré coeur,saint louis,terreur,convention,robespierre,directoire,oradour sur glane,division das reich,ss,nazis,montmartre

Ce livre a été commencé sous le signe du désespoir, mais pour témoigner des permanences françaises, je le termine ici deux ans après sur des paroles d’espérance et de certitude.

La leçon du Moyen-Âge, de ses malheurs, de sa constance dans l’épreuve, de sa foi d’airain est une leçon de réconfort.

Profitons-en.

En le quittant évoquons une dernière fois Jeanne « la bonne Lorraine », qui sauva le royaume de France, la cathédrale qui dressa cette foi vers le ciel comme une offrande et une imploration, le mystère qui la fit résonner sur la place publique, la littérature courtoise par qui naquirent l’amour absolu et le culte de la femme.

Les ténèbres du Moyen-Âge ne sont que celles de notre ignorance.

Une clarté d’aurore baigne les âges lointains de notre genèse pour qui sait y porter le flambeau de la connaissance, de l’amour et de la confiance dans les destinées de la patrie.

New-York, 18 juin 1942

lafautearousseau

( 9 juillet, 2021 )

Dictature des minorités ou soumission de la majorité ?

 

Lu sur « actionfrancaise.net »

 

Des voix s’élèvent de plus en plus pour dénoncer la Cancel culture venue des Etats-Unis en boomerang de la déconstruction prônée par des philosophes et sociologues bien français au XXe siècle (French théorie). Ces mêmes voix dénoncent, à juste titre, une dictature des minorités : racialisme, LGBTXYZ, islamo-gauchisme, féminisme à géométrie variable… Les stigmatisations offrent un panel infini de victimes dès lors que l’individu est roi.

Mais pourquoi les élites politiques, médiatiques, culturelles sont elles les courroies de transmission de ces minorités ?

Le bien de l’individu contre le bien de la Cité ! Tout au long de l’Histoire ce débat anima les philosophes. Aristote s’en saisit quatre siècles avant notre ère jusqu’à

St Thomas d’Aquin pour faire accepter de sacrifier un peu de sa liberté au service du Bien commun. Puis les modernes s’en saisirent à rebours pour redonner valeur aux droits de l’Homme. L’interprétation des Droits de l’Homme fluctue largement au XXe siècle : les Etats protecteurs de la Cité deviennent potentiellement les empêcheurs de tourner en rond de citoyens opprimés* En France, les lois sont modifiées sans cesse au profit des désirs particuliers sans limites selon l’avancée des découvertes scientifiques.

Mais paradoxalement, la revendication de pouvoir exercer sa liberté individuelle sans contraintes, devient l’occasion pour tous les frustrés de l’Histoire, en se victimisant, d’agresser ceux qui se tiennent ingénument dans une norme admise par la civilisation millénaire, en exerçant sur eux un harcèlement et une répression culpabilisante sans précédents.

Il ressort de cette application de la pensée « française » déconstructiviste (Foucault, Bourdieu, Dérida), ayant retraversé l’Atlantique pour fondre sur une Europe en pleine crise d’anomie et de perte de sens, l’instauration  violente et sauvage de nouvelles normes s’appuyant sur l’absence de réflexes critiques jugés sacrilèges par le nouveau clergé de « la cage aux phobes » (cf. Philippe Muray)

Ces élites toujours à l’affût de la meilleure bien-pensance du moment sont prêtes à laisser dépecer le peuple, décidément trop rustre, par les groupes communautaires les plus extravagants, les plus incultes aussi à la mesure de l’inculture dominante en Occident et à mettre le genou à terre à la moindre occasion.

Il s’agit de constater les fractures profondes qu’occasionnent ces singulières innovations dans notre société et l’abîme qui se creuse entre les « élites » et la majorité des Français. Gilets jaunes, sondages, désaffection des urnes,  ouvrages d’essayistes ou de sociologues, expriment suffisamment ce constat pour qu’il soit recevable… Jusqu’à il y a peu, nous pouvions considérer que la Cancel culture était le fait de modes, de bobos, d’intellos perchés, bref d’un parisianisme regardé avec commisération et indulgence résignée, ceci générant peu de réactions.

Désormais, l’affaire est plus grave car ces théories ont infiltré tous les étages de la société : d’abord l’école (malgré les dénis offusqués de ministres tels Madame Najat Vallaud-Belkacem) avec le travail sur les programmes scolaires ou l’intervention d’associations militantes ; ensuite le monde culturel à travers notamment  les distributeurs de subventions ou d’avances sur recettes (votre film ne sera jamais choisi si vous ne cochez pas les bonnes cases) ; puis le monde politico-médiatique qui, lui, suit ceux qui hurlent le plus fort notamment dans la rue. Il est frappant de voir, par exemple, combien quelques hurluberlus assis par terre ou quelques femmes les seins nus, voire quelques trans en bas résille, attirent l’ensemble des caméras mainstream alors que trente mille pèlerins sur les routes de Chartres ne font pas une ligne dans cette même presse…

Mais accuser autrui ne suffit pas à expliquer l’emprise des minorités. Déjà, dans « la grande peur des bien-pensants » en 1931, Bernanos dénonçait l’apathie des catholiques…  Il est savoureux de voir aujourd’hui des essayistes, souvent non catholiques comme Zemmour ou Onfray, remarquer que la dictature des minorités fait son lit sur la chute du christianisme pour le déplorer, tandis que bien des  élites catholiques continuent à vouloir à tout prix suivre le vent  n’ayant en cela qu’une ambition de feuille morte pour reprendre la formule du grand  Gustave Thibon. Le réveil de la France ne se fera que lorsque les Français se souviendront d’où ils viennent et qu’ils retrouveront leur courage. Il est plus difficile de ne pas être dans le vent pour reprendre la métaphore.

Dans une réunion quelle qu’elle soit, le mondain ou le militant exprime ce que tout le monde doit penser. Vous avez alors ceux qui approuvent béats se sachant dans le camp du bien, ceux qui approuvent du bout des lèvres n’osant sortir de ce camp , autant en emporte le vent, et parfois, pas toujours, vous avez un enfant  qui crie « le roi est nu » ! On attend que l’adulte ait la lucidité de l’enfant mais donc aussi du courage.  Oh, il ne s’agit pas de risquer sa vie ou même l’opprobre car souvent (que celui qui n’a pas vécu cette expérience lève la main) vous n’êtes plus tout seul : Vous avez en quelque sorte fait souffler un autre vent, celui de la liberté et quelques-uns, parfois une majorité, se rallie à votre position.

La chape de plomb est en train de fondre ; Espérons que la majorité des Français riche de l’héritage de notre civilisation et en particulier de l’héritage de la fille ainée de l’Eglise se souviendra enfin des promesses de son baptême …

* Voir à ce sujet le livre de Gregor Puppinck, les Droits de l’Homme dénaturé

Hildegarde
( 6 juillet, 2021 )

Quelle stratégie industrielle pour la France ?

 

Lu sur « actionfrancaise.net »

 

Partie 2 : La nécessité d’une stratégie indépendante et souveraine

L’Union européenne a été construite comme une vaste zone de libre-échange, un super-marché de consommateurs, et elle n’a pas conçu de stratégie industrielle globale, pas plus que de stratégie géopolitique comme le faisait remarquer un article récent de Renaud Girard sur lequel il nous faudra revenir. Ce qui ne signifie pas que certains n’en ont pas eu l’intention, comme l’actuel commissaire Thierry Breton très actif sur ce sujet. Mais, s’il n’est pas trop tard, il est bien tard ! Et il faudrait se poser la question de sa finalité et de son opportunité dans une mondialisation qui nécessiterait plutôt le renforcement des Etats souverains déjà existants, seuls susceptibles d’envisager le long terme et de résister efficacement, s’ils en ont la volonté incarnée dans des institutions enracinées, aux grandes féodalités financières et économiques. Dans son propos sur « l’absence de stratégie industrielle » de l’UE, M. Christian Saint-Étienne s’appuie sur la question automobile et sur les nouvelles orientations qui se prétendent écologiques pour mieux cacher la misère, en somme, de cette Union européenne qui a tendance à suivre les modes plutôt qu’à les susciter ou à les orienter…

« Si l’Europe stratégique existait, elle élaborerait les normes de batteries totalement recyclables devant être opérationnelles dès 2025 avant de favoriser la circulation des véhicules électriques », ce qui paraît le plus logique et surtout comme le meilleur moyen d’éviter un effondrement des entreprises automobiles des pays européens et de la France en particulier, tout en empêchant des puissances industrielles comme la Chine de s’imposer dans le domaine des véhicules non-thermiques. La précipitation, sur cette question comme sur d’autres, est, plus encore qu’un défaut, une véritable faute, et pas seulement stratégique. C’est pourtant la précipitation motivée par l’idéologie qui, une fois de plus, définit l’actuelle politique de l’Union européenne : « (…) L’Europe veut se voir belle en son miroir écologique en interdisant la vente des moteurs thermiques dès 2035, ce qui veut dire, en termes de stratégie industrielle, dès 2025, au risque d’augmenter la pollution globale engendrée par l’automobile, sans parler de la perte d’autonomie stratégique. » La France peut-elle alors rester sans réagir ? Peut-elle proposer une politique alternative sans renoncer à la motivation écologique ni sacrifier sa filière automobile ? Si la réponse à la première question se doit d’être négative, celle à la seconde peut être positive.

La France doit rappeler à l’Union européenne et à ses partenaires que la question automobile doit être étudiée sous trois aspects : l’écologique, l’industriel, le social, et que l’un ne doit pas éliminer (ou dévaloriser) les autres, même s’il peut y avoir une « inégalité protectrice » entre eux, au regard des enjeux et des situations. C’est d’ailleurs tout l’intérêt d’une stratégie industrielle digne de ce nom de concilier les trois dans une dynamique d’ensemble pour que son efficacité soit réelle et utile pour la nation française comme pour l’ensemble européen à laquelle elle appartient.

Dans le cas de l’automobile, au-delà de la stratégie industrielle européenne que M. Christian Saint-Étienne appelle de ses vœux, il paraît nécessaire de refaire d’abord une stratégie française qui, une fois définie, réfléchie et actée, pourra entraîner les autres pays ou, du moins, permettra une discussion en position de force de la France au sein des institutions européennes : attendre une hypothétique stratégie européenne qui n’a jamais, pour l’heure, prouvé son existence comme l’a dit précédemment l’économiste, serait lâcher la proie pour l’ombre, d’autant plus que l’Allemagne, elle, a conservé une production industrielle forte et indépendante, et qu’elle privilégie d’abord ses intérêts avant que de se penser « européenne ». Mais cette stratégie française, qui doit assurer une transition écologique vers un mode de circulation moins carbonée (ce qui est éminemment souhaitable) sans casser l’effort de recherche d’efficacité énergétique entrepris autour des énergies fossiles (« rouler plus loin avec moins de matière première », dans une perspective de sobriété énergétique et de moindre pollution, à défaut de pouvoir supprimer complètement celle-ci), ne doit pas être non plus pensée à la seule échelle européenne (je parle là de l’Union européenne), car ce serait limiter ses effets et s’empêcher d’envisager des alliances ou des ensembles politiques futurs encore inédits.

Une « souveraineté industrielle » française n’est possible que si sa stratégie vise à « faire de la force », et si c’est l’État, dans une dynamique néo-colbertiste (mais non-étatiste), qui la mène, et cela en s’inscrivant, non dans la seule immédiateté (ou « temps court »), mais dans la durée et la continuité d’une politique enracinée. A ses débuts, et dans la ligne d’une stratégie plus globale dont l’esquisse remontait aux années 1936 – 1946, la Cinquième République avait engagé cette stratégie du long terme dans une posture toute capétienne que, malheureusement, les pouvoirs politiques des années 1970 et suivantes allaient s’acharner à défaire au nom ou au profit revendiqué d’une construction européenne pourtant peu probante. Sans doute est-il temps de remettre les choses à l’endroit !

(à suivre)

Jean Philippe Chauvin
( 5 juillet, 2021 )

Quelle stratégie industrielle pour la France ?

 

Lu sur « actionfrancaise.net »

 

 

Partie1 : Quand l’Union européenne tire contre son camp

La crise sanitaire a tendance à occuper une grande part du paysage médiatique et à occulter nombre de débats qui mériteraient, pourtant, une véritable attention, ne serait-ce que parce qu’ils engagent l’avenir de notre pays et, au-delà, de l’Europe : ainsi, la question de la stratégie industrielle qui, pourtant, ne peut être négligée dans le cadre d’une mondialisation toujours dominante et de moins en moins positive pour notre société, dévoilant désormais ce qu’elle ne cachait pourtant pas vraiment mais que, jusqu’à une période relativement récente, nombre de politiques comme d’économistes ne voulaient voir… Dans un article qu’il faudrait citer en intégralité (1), Christian Saint-Étienne rappelle quelques vérités : « Le leadership de l’Europe est passé de la France à l’Allemagne au cours des années 2000 à mesure de la désindustrialisation de notre pays », cette désindustrialisation qui, d’ailleurs, se poursuit et, dans certains secteurs, semble même s’accélérer aux dépens du tissu industriel national et des travailleurs comme des territoires ainsi désertés par les usines. L’Allemagne, plus prudente, a conservé une industrie qui lui permet, en fait, de dominer l’Union européenne et de mieux maîtriser sa dette publique, sa balance commerciale restant plus favorable que celle de notre pays. De plus, la crise sanitaire a accentué l’écart entre la France et l’Allemagne, ne serait-ce que parce que le tourisme international (qui devait être le secteur d’avenir de notre pays selon les experts d’avant-2020) se trouve très affaibli par la pandémie, Paris étant, sans doute, la victime principale de cette situation inédite depuis la Seconde guerre mondiale…

Tout régime politique qui souhaite maîtriser l’avenir doit saisir les éléments du passé et les processus nés de celui-ci, sur le long terme, pour pouvoir en infléchir le cours. La situation actuelle n’est pas le fruit du hasard : « La crise des subprimes de 2008 et la crise de la dette en 2011 – 2012 ont transformé l’Europe en continent vieillissant et peureux, incapable de concevoir une stratégie offensive alors que le conflit pour la domination mondiale entre Chine et États-Unis va écrire l’histoire mondiale pour les vingt prochaines années. La crise sanitaire, venue de Chine, a accentué la marginalisation stratégique de l’Union européenne, non seulement dans le monde, mais aussi dans son univers proche, comme en Méditerranée. » Sans doute faut-il rajouter aux causes économiques, les causes démographiques (entre vieillissement marqué des populations européennes faute d’une fécondité satisfaisante et de la baisse depuis 2014 de celle de la France) et les causes éminemment politiques, sans doute déterminantes, car les processus économiques, qu’on le veuille ou non, dépendent largement des choix faits par les États sur les plans économique, fiscal et social. Or, les États ont trop longtemps considéré que la mondialisation était une chance et une fatalité tout à la fois, et la France n’a pas échappé à cette idéologie dominante depuis une trentaine d’années, au risque de laisser l’économie dicter ses propres lois au politique. Le lecteur de Maurras que je suis et que je reste, qui ne néglige ni l’économie ni le social, reste attaché, avec une raison confirmée par l’histoire et l’actualité, au « politique d’abord » : c’est le politique qui se doit de rappeler ses devoirs sociaux aux puissances (aux féodalités, pourrait-on dire) économiques et financières et, sans intervenir dans les stratégies et les directions d’entreprise elles-mêmes, leur fixer un cadre social à respecter et les inciter à agir pour le bien commun sans céder aux excès trop souvent caractéristiques du capitalisme contemporain. C’est aussi au politique, c’est-à-dire à l’État, d’indiquer une stratégie générale (au-delà de leurs propres plans purement industriels, dont elles doivent rester maîtres pour éviter un étatisme qui serait aussi désastreux que le libéralisme sans frein) à suivre ou, du moins, d’inciter les entreprises à suivre un axe stratégique qui, sans doute, peut être discuté et amélioré par les entreprises elles-mêmes tout en restant dans l’esprit de la stratégie du bien commun, nécessaire à tout État pour se légitimer aux yeux des classes laborieuses (mais aussi des classes seulement rentières ou aidées), au-delà de la légitimité politique et institutionnelle d’origine, comme État juste, et particulièrement « socialement juste ».

Mais l’Europe, ou plus exactement l’Union européenne (qui n’est pas toute l’Europe, bien sûr, la Norvège, la Suisse, le Royaume-Uni entre autres n’en faisant pas partie), n’est pas un État (et c’est sans doute mieux ainsi, en fait) et elle est moins politique qu’économique, au risque de laisser la part belle aux féodalités financières et économiques qui ne la voit que comme un marché de consommateurs aux règles, sinon incertaines, du moins contournables quand elles ne vont pas dans leur sens… Ce qui n’empêche pas l’UE, à travers ses institutions dont la Commission européenne et le Parlement, de vouloir imposer ses vues sans s’assurer qu’elles soient vraiment crédibles ou applicables sans risque pour les pays qui la composent ! C’est ce que dénonce Christian Saint-Étienne en évoquant « un écologisme sans pensée stratégique » pratiqué par la Commission : « Pour l’Union européenne, l’écologie est un dogme. Pour les Américains et les Chinois, c’est une arme de combat, au même titre que les microprocesseurs ou la numérisation, qui présente l’intérêt d’accélérer l’affaiblissement de l’Europe et notamment de son industrie automobile. » Or, le dogmatisme, fils de l’idéologie, est le pire ennemi de la raison, autant en économie qu’en politique, et cela vaut aussi pour l’écologie qui, réduit à l’idéologie, perd de sa crédibilité et, plus encore, de son efficacité, voire de sa nécessité aux yeux des sociétés agacées d’être « écologiquement contraintes ». L’écologie intégrale, promue par les royalistes depuis les années 1980 et, depuis 2015 par l’Église (après l’encyclique Laudato Si’ du pape François), si elle se fait et se veut « doctrine », cherche justement à éviter le piège de l’idéologie, par nature « castratrice » et rigide, et se doit de rester attentive à réfléchir sur le temps long, au-delà de la seule instantanéité qui semble, parfois, caractériser l’action des grandes institutions de l’UE soucieuses de « politiquement correct » plutôt que de réflexion approfondie et crédible. En revanche, cet « écologisme sans pensée stratégique » que dénonce M. Saint-Étienne est le pire ennemi de l’écologie véritable (et pas seulement  intégrale) et des nations européennes, comme le démontre, après le cas des éoliennes industrielles (aujourd’hui de plus en plus dénoncées par les vrais écologistes conséquents et les amoureux des paysages) l’exemple automobile : « Une véritable autodestruction se prépare ainsi : l’interdiction de la vente des moteurs thermiques pour 2035, la mort du moteur à explosion de dernière génération qui, sur son cycle de vie, polluera pourtant moins qu’un moteur électrique dont les batteries viennent de Chine sans être recyclées. Ces batteries sont fabriquées dans l’empire du Milieu avec de l’électricité qui reste produite essentiellement à base de charbon et transportées sur des bateaux qui polluent massivement même si des progrès sont en cours. » Mondialisation, quand tu nous tiens… Idéologie, quand tu la maintiens !

(à suivre)

Jean Philippe Chauvin

Notes : (1) : Le Figaro, mercredi 23 juin 2021, en page 18.

( 3 juillet, 2021 )

La Monarchie est-elle de gauche ?

 

Lu sur le blog de Jean-Philippe CHAUVIN

 

« La Monarchie est-elle de gauche ? » : cette question m’a été posée il y a peu par un interlocuteur inquiet d’entendre le vieux royaliste que je suis parler de justice sociale, et il croyait y discerner une dérive gauchiste qui, je le garantis ici une fois de plus, n’existe pas, ni en théorie ni en pratique. Mais cette question mérite néanmoins réponse et nécessite quelques rappels pour éviter tout malentendu. Avant toute chose, rappelons que les engagements royalistes n’engagent pas, strictement, la Monarchie elle-même, cette dernière étant le régime à atteindre et dont les applications concrètes dépendent aussi, au-delà des fondements et des valeurs qu’elle incarne, du moment et des hommes. En cela, déjà, la question des étiquettes applicables au régime politique apparaît comme hasardeuse, et la République elle-même le prouve chaque jour : si la Monarchie était installée aujourd’hui dans notre pays, comme pour la République contemporaine, la question même d’une quelconque étiquette partisane ne se poserait pas, alors qu’elle peut légitimement se poser pour les royalistes (et les royalismes) eux-mêmes, tout comme elle se pose pour les partisans de la République.

 

En fait, ce sont surtout les adversaires de la Monarchie qui sont les plus pressés à lui apposer une étiquette, par facilité plus que par discernement. Quels sont alors les arguments qui en feraient, ainsi, un régime « de gauche » ? D’abord la propension des rois de France, selon certains, à vouloir évoquer la raison d’Etat comme la justice (terme auquel le roi Louis XVI, en 1784, accolera le qualificatif de « sociale » dans un sens antiféodal…) plutôt que la seule liberté économique, et à s’en prendre aux grandes fortunes, comme n’hésiteront pas à le faire, de façon parfois brutale, Charles VII avec Jacques Cœur et Louis XIV avec Nicolas Fouquet. Ensuite, l’intervention directe de l’Etat royal (certains diraient « l’interventionnisme ») dans l’économie par la fondation et le soutien à de grandes entreprises considérées comme stratégiques pour l’action de l’Etat et le prestige (et la puissance) de la France, comme du temps de Louis XIV et de son ministre Colbert. Enfin, les efforts de la Monarchie de l’après-Révolution pour limiter la « liberté économique » par quelques lois rétablissant des droits sociaux pour le monde ouvrier comme pour le monde artisan au détriment du « libéralisme sans frein » adoubé par la Révolution de 1789 et légalisé par les lois d’Allarde et Le Chapelier de 1791 : ainsi, le roi Louis XVIII rétablit le repos du dimanche dès 1814, pour le plus grand bonheur des travailleurs auxquels l’empereur Napoléon avait refusé ce même repos sur toute la journée, dans une logique franklinienne (« le temps, c’est de l’argent ».) dont il était le serviteur zélé… Sans oublier les textes sociaux du comte de Chambord (« Lettre sur les ouvriers », 1865) et du comte de Paris comme « Le Prolétariat » publié en 1937, qui ont valu à leurs auteurs des qualificatifs parfois peu aimables de la part de politiciens républicains libéraux, jusqu’à traiter le dernier nommé de « prince rouge ».

 

A bien y regarder, ce qui ferait de la Monarchie selon ses adversaires un régime « de gauche », c’est son aspect social, aussi imprécis que soit ce qualificatif : mais être favorable à la justice sociale et à la justice tout court (symbolisée par la main  de justice, attribut du roi qui lui est remis lors de la cérémonie du sacre) ; considérer qu’elle est un élément majeur de l’équilibre et de l’harmonie des société et que le bien commun et celui de l’Etat valent plus que les seuls profits de quelques uns ; pratiquer le « politique d’abord » au lieu de céder aux sirènes du « tout-économique » ;… Non, ce n’est pas « de gauche », et, historiquement, c’est même éminemment royal ! Le méconnaître serait oublier le sens et la portée de la Monarchie en France qui s’est construite contre, ou au-delà, des féodalismes de toute forme, remplaçant le suzerain par le souverain.

 

Et demain ? Une instauration royale en France ne pourra négliger la question sociale : si elle se contentait de n’être que « morale » ou de « restaurer » une forme institutionnelle juste bonne à « inaugurer les chrysanthèmes », elle se priverait d’un enracinement social qui, dans l’histoire, fut longtemps sa marque de fabrique et son « assurance-vie », et qui pourrait lui donner aussi un rôle particulier dans une mondialisation qui a besoin d’un modèle social fort et susceptible de présenter une alternative à un libéralisme devenu trop souvent synonyme de démesure et d’injustices sociales. Le royaliste Maurice Pujo, au début du XXe siècle, expliquait que la Monarchie serait populaire ou, sinon, qu’elle ne serait pas, tout simplement : en disant cela, il ne faisait pas acte de gauchisme, mais rappelait l’obligation de justice de la Monarchie « ré-instaurée » à l’égard du monde du travail et du pays réel, celle qui en fait « le régime le plus social possible sans être politiquement socialiste »…

Jean-Philippe CHAUVIN

( 18 juin, 2021 )

Le libéralisme contre les libertés (partie II)

 

Lu sur « actionfrancaise.net »

 

Ah, la peur généralisée, depuis la merveilleuse expérience de la terreur en 1793, on n’a jamais cessé d’affiner le concept avec, il faut le reconnaître, moins d’effusion de sang aujourd’hui et plus de fantasmes

Mais la peur, reste un excellent outil de conditionnement que savent utiliser intelligemment les libéraux qui ont mis en place, là aussi comme une liberté nouvelle, le concept d’individualisme.

Belle trouvaille que cette notion d’individualisme qui affranchit l’Homme de toute tutelle et lui permet de décider seul de ses choix. Mais malheur à l’homme seul, car sa solitude le rend fragile devant les prédateurs.  Il ne s’agit pas de nier ici l’existence de la personne individuelle, mais seulement de rappeler que l’Homme est un animal social, ce qui lui donne l’avantage de pouvoir construire une société, laquelle est naturellement fondée sur la solidarité, et qu’elle suppose une organisation structurée. Du reste il est significatif de constater que cette revendication individualiste induit paradoxalement des comportements formatés, grégaires, uniformes, délateurs et accusateurs envers ceux qui s’exposent en nageant à contre-courant. Cet individualisme se transforme alors en une marée conformiste, et la peur aidant, agressivement intolérante à toute sorte de manquement aux règles édictées par les « sachants » élus sans doute par « la main invisible »

Ce ne sont plus, aujourd’hui, « les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics », qui provoquent « le regard oblique des passants honnêtes », mais ceux qui se promènent dans la rue sans masque.

La peur vous dis-je !

Cela me rappelle un roman de Bradbury où la population est contaminée par une plante extraterrestre qui annihile la pensée et contrôle l’humanité : pour passer inaperçu dans la foule, et ne pas être lynché, il faut afficher un visage inexpressif, un masque en somme. La peur est un excellent stimulant pour l’obéissance aveugle à une autorité non incarnée, ce qui donne le sentiment trompeur d’être autonome.

Le meilleur des mondes du visionnaire Aldous Huxley ne nous dit pas autre chose : Dans ce monde, nous sommes sur le chemin du rêve transhumaniste et le Soma, une drogue bienfaisante, accompagnée par une libération sexuelle médicalement et digitalement assistée, permet d’être éternellement heureux. Ce roman décrit aussi une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, les évasions et les rêves proscrits. Bref, une dictature parfaite, comme aimeraient nous l’offrir ceux qui dirigent et pensent le monde pour nous. Les peuples encombrants et remuants, les gaulois réfractaires, doivent être anesthésiés et obéissants.

Ainsi pourra-t-on contrôler la démographie, brasser les populations arrachées à leurs cultures (cancel culture et décolonialisme) et gérer la production et la consommation pour une société parfaite et harmonieuse.

C’est du reste ici que se rencontrent le courant libéral et le courant libertaire. La galaxie bobo, urbano-écologiste, anti-spéciste, LGBTXY, pacifiste en principe, mais prête à cautionner les pires violences quand c’est un Français mâle, blanc, hétérosexuel qui est la cible. Cette galaxie voit tout l’intérêt de participer à une société post-moderne contrôlée par le capitalisme mondial anonyme.

Philippe de Villiers, dans son dernier ouvrage nous révèle, ce que certes nous savions déjà, mais ici avec des arguments étayés que : « Big pharma, Big data, Big finance, la fondation Bill Gates, le Forum de Davos, composent une sorte de directoire d’influence mondiale supérieur aux puissances publiques. » Il nous apprend aussi que, si aucune preuve n’indique que le virus du COVID 19 a été volontairement diffusé à partir du labo de Huan, il apparait pour l’élite globalisée comme une aubaine. C’est ce que dit notamment Klaus Schwab, le fondateur et président du forum économique mondial de Davos ; C’est écrit dans son manifeste : Covid 19, la grande réinitialisation, ou « Great Reset »

Évidemment, (peut-être même ici), va-t-on crier au complotisme, pourtant, lorsque Philippe de Villiers annonce cela sur les plateaux télé, personne ne moufte ; Il n’y a pas de scandale et bien sûr il n’y a pas eu d’assignation au tribunal, pour la bonne raison que le projet est affiché au grand jour par cette élite et porté plus particulièrement par le très sérieux et très influent Klaus Schwab.

Ainsi donc, il y a bien un complot, mais un complot si j’ose dire à ciel ouvert, brandi sans complexes par les comploteurs eux-mêmes, avec le soutien des chefs d’état occidentaux pour lesquels la doctrine libérale est incontournable.

Quoi faire ?

La Révolution, résume Maurras, « nous a fait passer de l’autorité des Princes de notre sang » sous celle « des marchands d’or »

Alors, on peut se demander où cela va finir ? Et quelles parades on peut opposer à cet abandon une à une de toutes les protections du peuple, ce peuple que chez nous on appelle le pays réel.

On voit bien que Macron avec ses « pieds nickelés et poings liés », lui-même issu de la banque est complètement acquis à l’idéologie libéro mondialiste. Quant à Marine Le Pen, dont on ne peut contester le patriotisme, elle semble aussi fragile qu’un roseau face au vent moderniste, jusqu’à s’accommoder avec plus ou moins bonne grâce de l’autorité de Bruxelles qui devient fréquentable. Elle rêve d’être de son temps et porte comme un fardeau tout ce qui peut rappeler la vieille France. Et si elle accepte une certaine forme de nationalisme, c’est bien sûr le nationalisme jacobin auquel elle pense. On ne lui signera certainement pas un chèque en blanc.

Nous devons donc œuvrer pour la restauration de l’État, et pas n’importe quel état, mais l’État royal qui dispose de l’indépendance face aux lobbies et autres groupes de pression y compris les plus puissants sur le plan international, à la manière des capétiens. A ce sujet, pour ceux qui pensent que l’État ne pèse guère face aux superpuissances oligarchiques, qu’ils sachent, qu’un état fort dispose du droit à l’exercice de la violence légitime. Un de mes fils me racontait l’autre jour, un passage d’une saga, qui semble être assez prisé par la jeunesse d’aujourd’hui, en français « jeu de trônes », où un riche marchand, chargé en outre de la gestion des finances du royaume, expliquait à la jeune reine de ce pays, que sans lui elle n’était rien, et que c’était lui qui possédait tout pouvoir de décision. Après qu’il eut fini sa démonstration, la reine appela ses gardes et leur ordonna : « mettez cet homme à mort » et le riche bourgeois d’implorer aussitôt à genoux la clémence de la reine » On retrouve dans ce récit l’esprit capétien qui s’est toujours exercé avec ceux qui prétendaient dominer l’État.  Le roi dispose   de l’indépendance garantie par la violence légitime, mais aussi de la durée et de la légitimité historique.

Le roi capétien est empereur en son royaume.

La dimension sociale reste au cœur du rôle protecteur du chef de l’État, il faut donc, comme le fit Colbert en son temps, redonner du sens au monde du travail en révélant son potentiel dynamique et créatif en le préservant et le protégeant. Et l’État, dans ce domaine ne doit pas développer une bureaucratie couteuse et pléthorique, mais faciliter la réorganisation du travail par les travailleurs eux-mêmes, par métiers et filières.

Un mouvement comme le nôtre, composé sociologiquement d’un nombre important de corps de métiers devrait pouvoir intégrer les organisations syndicales et mutualistes sans se laisser embarquer, voire même corrompre par des considérations idéologiques. De même, le monde des PME doit être investi, et beaucoup d’entre nous sont déjà parties prenantes.

Chers amis, il nous appartient d’observer attentivement aujourd’hui les bouleversement politiques, économiques et sociaux qui rendent la République de plus en plus fragile, et ça ne sera pas de notre fait, la rendant incapable de protéger la France qui la subit du reste depuis deux cents ans comme la tunique de Nessus.  La tentative imminente qui s’annonce de dissoudre la France et les autres nations, dans un amalgame, sans caractère, sans histoire, sans originalité, sans culte ni culture, sous surveillance d’un ordre capitaliste mondial échouera, tant qu’il restera dans ce pays quelques vrais Français. Il nous appartient à nous, l’Action française de les fédérer, pour renverser cette société idéale rêvée par les grands libéraux qui œuvrent depuis les lumières, et qui n’est en réalité que la société du veau d’or.

Le combat sera dur et épuisant, mais nous arrivons à l’âge des héros, et je laisse la conclusion à Pierre Boutang :« L’âge des héros rebâtira un pouvoir ; il n’est pas de grand siècle du passé qui ne se soit donné cette tâche : même aux âges simplement humains, où les familles, lassées de grandeur, confiaient à quelque César leur destin, à charge de maintenir le droit commun, le pouvoir reconstruit gardait quelque saveur du monde précédent. Notre société n’a que des banques pour cathédrales ; elle n’a rien à transmettre qui justifie un nouvel « appel aux conservateurs » ; il n’y a, d’elle proprement dite, rien à conserver. Aussi sommes-nous libres de rêver que le premier rebelle, et serviteur de la légitimité révolutionnaire, sera le Prince chrétien. »

Olivier Perceval (colloque du 8 mai)
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