( 4 novembre, 2015 )

Quand M. Météo se fait virer de la télévision…

Lu sur le blog de Jean-Philippe CHAUVIN

 

Jadis, au temps de la IIIe République, il fallait être bon républicain pour espérer monter dans l’échelle des carrières militaires ou judiciaires, exception faite des périodes de guerre où d’autres valeurs, moins « politiques », reprenaient leur antique place… Cette même République, dans les années 1880, n’avait pas hésité à suspendre l’inamovibilité des juges durant plusieurs mois pour républicaniser la Justice, c’est-à-dire l’épurer des éléments connus pour leur fidélité monarchique ou impériale ! Aujourd’hui, plus besoin de lois d’exception ou de soupçon de dissidence politique pour être mis à la porte d’une chaîne de télévision publique : il suffit juste de ne pas être dans la « ligne » de l’idéologie dominante, y compris sur le plan… climatique !

 

Quand M. Météo se fait virer de la télévision... dans actualités l%20heure%20des%20braves

Monsieur Météo, rendez-vous ! Vous êtes cerné…

 

 

Ainsi, un présentateur de bulletins météorologiques, dont on aurait pu penser qu’il n’était pas d’un grand danger pour l’ordre établi et la République hollandiste, est licencié pour avoir commis un livre de tendance « climatosceptique » et connaître un certain succès de librairie. Pourtant, ce monsieur n’a rien d’un Zemmour ou d’un Onfray, têtes de Turcs favorites des milieux de la bien-pensance, et il n’a rien écrit sur l’identité, la nation ou le déclin. De plus, il était jadis apprécié par ceux qui le condamnent aujourd’hui pour avoir été la première personnalité de la télévision à avoir annoncé publiquement son mariage avec son compagnon, juste après le vote de la loi Taubira ! Jusqu’à cet été, tout allait bien, et, diplômé d’un master II en Développement Durable (oxymore…) à l’université de Paris-Dauphine, il avait ainsi couvert pour des chaînes de télévision de grandes conférences sur le climat, de Bali à Copenhague, entre autres, sans susciter de critiques particulières.

 

 

Mais il a failli gâcher la fête, cette fameuse COP 21 dont M. Hollande veut faire un moment fort de son quinquennat, à la veille des élections régionales, et le symbole de son « activisme politique sur l’Environnement » (sic!) : en publiant ce livre intitulé « Climat investigation », qui reprend des antiennes déjà entendues ailleurs et qui développe des thèses qui me semblent, personnellement, peu convaincantes, M. Philippe Verdier a fait usage de sa liberté d’expression et a apporté sa pierre aux nécessaires débat et prise de conscience sur les enjeux climatiques, même si la sienne était plus brute que polie. Son licenciement par la direction de la chaîne sur laquelle il officiait jusqu’à ses derniers mois est un véritable camouflet pour ceux qui, comme moi, sont attachés à cette liberté d’expression qui, pour choquante qu’elle puisse être parfois, me semble indispensable à la respiration d’une nation.

 

 

Je le répète : je ne suis pas d’accord avec les propos de M. Verdier et je crois y déceler quelques lourdes erreurs sur la question climatique. Je combats ses thèses et je milite pour une écologie véritable et politique, mais je dénonce son licenciement qui m’apparaît comme une redoutable mise en garde à l’égard de tous ceux qui ne penseraient pas comme le veulent ce gouvernement et ce président. Car ce que l’on reproche à ce journaliste, c’est de ne pas penser « climatiquement correct », c’est d’avoir une autre opinion que celle qui prévaut aujourd’hui en haut lieu, de façon d’ailleurs assez hypocrite : qui croit que ce gouvernement se préoccupe vraiment de l’avenir du climat et des conséquences environnementales de la société de consommation qu’il continue de défendre à travers sa politique économique ?

 

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Pour l’écologie intégrale, l’encyclique du pape François.

 

 

M. Verdier paye pour les autres, diraient certains, et ce n’est sans doute pas faux : c’est aussi, au-delà même de la motivation première (même pas assumée par la direction de France Télévisions) de sa mise à l’écart, un avertissement sans frais à ceux qui oseraient douter de la volonté de M. Hollande, ou à ceux qui verraient dans ses déclarations quelques ruses d’abord politiciennes. La tête de M. Verdier est jetée comme un os à ronger à quelques institutions ou partis qui se proclament écologistes sans l’être autrement que médiatiquement et électoralement… Dans le même temps, ce même gouvernement fait savoir, par la voix de son préfet en Loire-Atlantique, que vont bientôt reprendre les travaux en vue de la construction de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes : de qui se moque-t-on ? La promotion du bitume et du kérozène au détriment d’une des dernières zones humides de l’Ouest alors que la COP 21 se veut la promotion d’un modèle énergétique moins polluant : n’y a-t-il pas là une terrible contradiction ou une fâcheuse hypocrisie, ou les deux à la fois ?

 

 

Dans l’affaire Verdier, il y a deux victimes, au-delà de l’intéressé lui-même : la liberté d’expression et l’écologie véritable. Décidément, de cette République-là, il n’y a rien à croire ni à espérer…

( 4 novembre, 2015 )

De Morano à Villiers

Il n’y a plus de politique française. Le spectacle qu’elle offre n’est plus que bouffonneries. En politique intérieure, l’incident Morano révèle l’état de déliquescence mentale de la classe politique. Ce que l’on savait déjà depuis des décennies, est confirmé : le réflexe pavlovien y tient lieu de pensée. Dans un cadre pareil tous les objectifs de redressement intérieur sont rendus impossibles. Une superstructure partisane, médiatique, syndicale, quelque 50 000 personnes, avec tous leurs réseaux d’obligés et leurs clientèles, fait la loi en France et impose ses vues. Cette superstructure ne représente nullement la France, ni ses territoires ni ses intérêts ni ses populations, et elle prétend la gouverner ! En revanche, elle se nourrit et vit de la réalité française comme un énorme parasite qui en dévore la substance : les familles, les entreprises, les régions, les territoires, tout est mis en coupe réglée et quand elle prétend déréguler et même décentraliser ( !), elle ne le fait que pour mieux asseoir son pouvoir tyrannique et en fait centralisateur. Les partis avec leurs idéologies s’installent partout et dominent tout, de la ville à la campagne, de l’administration aux professions ! Les syndicats pareillement. Ce qui se passe à Air-France est typique du mal-être français. Ainsi dans toutes les réformes ou prétendues telles, territoriales, économiques, sociales et « sociétales », la superstructure ne fait plus que détruire ; elle détruira jusqu’au dernier village, jusqu’à la dernière entreprise, jusqu’à la dernière famille. Sa raison d’être, ce sont les appareils, eux seuls existent ; le parti, l’appareil d’abord : voilà le mot d’ordre. Les financiers qui tiennent médias et partis dictent leurs choix. Des idéologues de pacotilles enfument les esprits. L’astuce est de faire croire à de grands combats : socialisme, libéralisme, droits de l’homme et tout ce qu’on voudra. Il ne s’agit en réalité que de conquérir le pouvoir, à tous les niveaux, afin de se l’approprier. Ce n’est plus une république, c’est une « chose privée » avec ses gardes-chasse, ses vigiles, ses sonneurs, ses laquais. Ils sont tous si heureux de se croire indispensables et importants ! Mais, répétons-le, leurs appareils dont ils vivent, qui les promeuvent et qui les tiennent – car ils ne sont plus libres –, ne sont que superstructures dont la vacuité mentale et morale est inversement proportionnelle à la lourdeur physique et au poids financier et qui se révèlent de plus en plus inutiles, inefficaces, obsolètes et terriblement contraignantes. Les superstructures, en bonne théorie et en exacte pratique, sont faites pour disparaître ; que ces messieurs qui furent plus ou moins marxistes ou saint-simoniens dans leur jeunesse, veuillent bien se souvenir des leçons qu’ils ont répétées comme des perroquets ! Une superstructure est faite pour tomber.

Ajoutez à cette superstructure dite nationale, la superstructure européenne dotée des mêmes caractéristiques, il devient évident que la France a perdu toute liberté. Son droit a été évincé, ses intérêts bafoués, sa souveraineté avilie. L’Allemagne commande, au moins pour le moment. La politique extérieure française n’est plus dictée par les intérêts propres de la France ; les visions de sa diplomatie traditionnelle n’ont plus cours. Au Moyen-Orient comme en Afrique, la France n’agit plus selon ses données historiques. Nous sommes vassalisés et François Hollande dans sa ridicule posture n’a que trop mérité l’interpellation de Marine Le Pen au Parlement européen. Cet homme qui est légalement le chef de l’État français, n’a aucun sens de la France ; son moralisme de façade ne fait que couvrir l’imposture de son personnage qui s’essaye à jouer du Mitterrand alors qu’il n’arrive pas à la cheville du Florentin. Mitterrand connaissait son Machiavel. Le cynisme hollandais est du niveau de la petite « frappe » bourgeoise qui a réussi à devenir chef de gang.

Lire le livre de Philippe de Villiers, Le Moment est venu de dire ce que j’ai vu (Albin Michel), est un régal pour tout ce qui reste d’esprits libres en France – et ils sont plus nombreux que nos apparatchiks ne le croient ! Il nous montre ces superstructures dans leur malfaisance essentielle, c’est-à-dire institutionnelle. Il les a expérimentées ; il en connaît la perversité. Et, surtout, il décrit – et dans quel style ! – tous les personnages de cet univers politico-médiatique que le peuple français dans sa crédulité imagine grands et qui sont, vus de près, d’une bassesse à vomir et d’un ridicule à hoqueter.

Merci à Philippe de Villiers qui libère nos esprits et, dans sa haute idée de la France, ramène à leur juste et misérable mesure les esprits faux et médiocres qui, en se servant des appareils et des superstructures, ont régenté et régentent encore notre pauvre pays. À quand sa libération ? 

Hilaire de Crémiers

 

( 4 novembre, 2015 )

Le vagin de la reine

Pardonnez-moi ce titre vulgaire et imbécile, mais vous avez tout de suite compris qu’il s’agissait du nom de l’œuvre présentée dans les jardins du château de Versailles. Cette présentation dans un lieu des plus prestigieux a suscité de nombreuses protestations, mais le concepteur de l’exposition a méprisé toutes les justes réclamations argumentées.

L’œuvre a été dégradée par des inscriptions de protestataires. Evidemment, la presse et les suppôts de l’artiste s’étranglent d’indignation. Mais n’est-ce pas plutôt Anish Kapoor, l’artiste subventionnée et déifiée qui dégrade les lieux admirés du monde entier. La beauté du site est souillée par cette non-œuvre qui se veut moderne. De plus, la trivialité voulue par le sujet montre un réel mépris pour une Reine de France courageuse et digne, exécutée par les révolutionnaires il y a tous justes 222 ans.

Rappelons ici la situation vécue par la reine, puis l’exécution qui eut lieu au matin du mercredi 16 octobre 1793. Marie-Antoinette était enfermée à la prison du Temple depuis le 10 août 1792. Elle fut ensuite transférée à la Conciergerie après l’exécution du roi et séparée de ses enfants. Son cachot était situé en sous-sol. La pièce était partagée en deux par un paravent. Il y avait donc dans cette pièce exigüe deux espaces : celui affecté à la prisonnière Marie-Antoinette (un lit de bois, deux chaises de paille, une petite table), celui affecté aux geôliers, qui dorment sur des lits de camp. L’hygiène, très difficile dans ce lieu carcéral, nous est connue par de terribles témoignages.

Il a été dit que ses geôliers sont des hommes grossiers qui font des réflexions grivoises à la prisonnière très affaiblie et qui perd beaucoup de sang (cancer de l’utérus). Le cachot étroit est encore visible aujourd’hui. Il a conservé ses proportions d’alors, son soupirail, son obscurité.

Ce matin là, la dernière personne à avoir assisté la reine prisonnière gravement malade pour l’aider à faire sa toilette et l’habiller est la domestique Rosalie Lamorlière, qui était d’après les témoignages une jeune femme de 25 ans, fort jolie, bonne et douce. Elle a été pour cette condamnée à l’isolement durant 76 jours et atteinte d’un cancer avancé, non soigné, un réconfort dans son calvaire. Rosalie était d’un milieu populaire, d’origine très modeste et était illettrée.

Alors que la prisonnière était torse nu pour sa toilette, l’un des geôliers surgit de derrière le paravent, exigeant de regarder la prisonnière durant sa toilette. Celle-ci amaigrie, précocement vieillie, les cheveux devenus blancs, proteste et demande à cet homme de se retirer. Face aux deux femmes, il prétend rester là et s’allonge sur le lit imposant sa présence. L’homme fait des réflexions obscènes en regardant avec insistance les seins de la prisonnière. Les deux femmes accablées, continuent la toilette… Cela se passe alors que la tête de la reine va tomber dans la sciure environ cinq heures plus tard.

Cette histoire est le simple recoupement des faits dont on est sûr et qui n’ont pas été contredits. A 10h, quatre membres du Tribunal Révolutionnaire entrent dans le cachot, lui lisent le contenu du jugement et du verdict, puis l’escortent pour la faire monter dans le tombereau qui la conduit à la guillotine. On sait par des témoignages que la condamnée était habillée d’une simple robe blanche. Assise sur une planche du tombereau qui cahote sur les pavés, la reine se tient très droite, épuisée, les yeux rougis regardant droit devant elle, le visage très blanc, avec tout au long du trajet une foule considérable qui l’observe.

Le couperet de la guillotine tombe à 12h15, là ou actuellement passe un flot continuel de voitures, entre l’obélisque et les chevaux de Marly. Pendant sa dernière nuit, la reine a écrit une lettre pour ses enfants. Cette lettre est parvenue jusqu’à nous. Anish Kapoor et ses soutiens peuvent s’en procurer le texte et la lire attentivement.

Tels furent les derniers moments de la reine prisonnière, sujet de l’installation par Anish Kapoor dans le jardin de Versailles, lieu de civilisation de renommée mondiale, d’une réalisation qu’elle présente comme « le vagin de la reine qui prend le pouvoir ». Vulgarité et prétention son les deux mamelles de la France officielle et actuelle !

Note :

Le docteur Joseph Souberbielle reçoit les instructions de Robespierre pour effectuer un examen médical de Marie-Antoinette (Robespierre craint que la reine meure avant l’exécution publique). Souberbielle se rend dans le cachot. La prisonnière est gravement malade. Il diagnostique un cancer de l’utérus.  Marie-Antoinette est donc guillotinée le mercredi 16 octobre 1793. Le Bourreau montre à la foule la tête de l’exécutée en criant : « Vive la République ! ». La foule est pourtant restée silencieuse.

Jean-Marie Cuny

( 4 novembre, 2015 )

HOLLANDE ET VALLS nous trompent et mentent

En Syrie, ils ont finalement décidé d’intervenir en faisant effectuer quelques mini-bombardements contre l’Etat Islamique. Ils nous trompent en montant en épingle cette très modeste intervention qui n’a pour résultat que de faire croire que notre Président est « chef de guerre ». De plus, ils mentent en disant que cette intervention est faite en « toute indépendance ». Ce n’est pas possible car :

1-      Nos avions sont basés sur des aéroports étrangers (Jordaniens et Emiriens) que nous ne contrôlons pas.

2-      Nous avons besoin des avions radars et des ravitailleurs américains pour arriver sur place.

La seule solution pour pouvoir procéder à des frappes en « toute indépendance » serait que nos avions décollent d’un porte-avions croisant au large de la Syrie.

René BASSON

( 20 octobre, 2015 )

Trois leçons d’économie du pape François

Tiré du site « lafautearousseau »

 

Le discours prononcé par le pape François à la tribune des Nations Unies le 25 septembre a donné lieu à de nombreux commentaires. Entre ceux qui se sont réjouis d’entendre le pape donner un satisfecit à l’ONU et ceux qui regrettent que le discours fut trop « moraliste » et pas assez « politique », beaucoup a été dit. Mais peu de commentateurs se sont penchés sur les trois leçons d’économie que contenait ce discours fort riche. Ces trois leçons ont trait au fonctionnement des organismes financiers internationaux, à la façon de mesurer les performances économiques et au rôle des États.

Le fonctionnement des Organismes financiers internationaux

Il est nécessaire, a dit le pape, d’accorder à tous les peuples de participer aux décisions des « corps dotés d’une capacité d’exécution effective, comme c’est le cas (…) des Organismes Financiers et des groupes ou mécanismes spécialement créés pour affronter les crises économiques ». Si l’on peut d’abord penser au Fonds Monétaire International (FMI), on ne peut pas écarter le cas de la Banque Centrale Européenne (BCE) ni celui du Mécanisme Européen de Stabilité (MES). Aucun de ces organismes, selon ce que nous dit le pape ne peut donc « imposer » à un État quel qu’il soit une décision que celui-ci ne pourrait pas accepter. Le pape a ajouté que « les Organismes Financiers internationaux doivent veiller au développement durable des pays, à ce qu’ils ne soient pas soumis, de façon asphyxiante, à des systèmes de crédits qui, loin de promouvoir le progrès, assujettissent les populations à des mécanismes de plus grande pauvreté, d’exclusion et de dépendance ». Certes, en prononçant cette phrase, le pape avait surtout à l’esprit le cas des « pays en voie de développement ». Mais, comment un Européen peut-il entendre cette recommandation sans penser en premier lieu à la Grèce et au diktat qui lui a été imposé par la « troïka » (FMI, Union européenne, BCE) ?

La mesure des performances économiques

Sur ce point, le pape commence par reconnaître que « la multiplicité et la complexité des problèmes exigent de compter sur des instruments techniques de mesure ». Ces instruments ne sont donc pas simplement utiles, ils sont nécessaires. Mais le pape ajoute que leur usage, à force de banalisation, peut conduire à deux dérives graves : une priorité absolue donnée au « travail bureaucratique » qui conduit à multiplier les normes, les processus et les contrôles au détriment de l’action proprement dite ; une confiance aveugle dans les constructions théoriques et a priori qui conduisent à se couper du réel. Car, nous rappelle le pape, une action économique n’est efficace que « lorsqu’on l’entend comme une activité prudentielle, guidée par un concept immuable de justice, et qui ne perd de vue, à aucun moment, qu’avant et au-delà des plans comme des programmes, il y a des femmes et des hommes concrets… ».

Le rôle de l’État en matière économique

Les gouvernants, nous dit le pape, « doivent faire tout le possible » pour permettre à chacun de vivre décemment. Et le minimum qu’ils doivent donner pour cela s’articule autour de trois besoins qu’il est impératif de combler : donner un « logement personnel » ; donner un « travail digne et convenablement rémunéré » ; donner accès à une « alimentation adéquate » et à une « eau potable ».

Il convient ici de ne faire aucun contre-sens. Les pouvoirs publics n’ont pas à mettre en œuvre des politiques de faux-semblants, comme ils savent si bien le faire. Donner à chacun l’accès à un logement personnel ne signifie pas obligatoirement qu’il faille accorder une « aide à la pierre », ni venir au secours du secteur du bâtiment. Le choix des mesures à prendre est affaire de circonstance et telle mesure qui paraît opportune à un moment peut fort bien ne plus l’être ultérieurement. Les questions économiques relèvent du domaine prudentiel et les mesures circonstancielles doivent toujours être adaptées aux situations concrètes. Celles qui ne sont plus adaptées doivent donc toujours être rapportées. Mais il ne faut pas non plus se tromper sur le but premier poursuivi et, en l’occurrence nous dit le pape, les pouvoirs publics doivent veiller à ce que chacun puisse bénéficier d’un logement personnel où il puisse accueillir sa famille.

Deuxième priorité : tous doivent pouvoir avoir accès à un « travail digne et convenablement rémunéré ». Dans son encyclique Laudato Si’, le pape avait rappelé de façon très concrète que « la création de postes de travail [par toute entreprise] est une partie incontournable de son service du bien commun » (§ 129). Mais créer un poste de travail n’est pas suffisant ; celui-ci doit être « digne », c’est-à-dire ne pas faire courir, même indirectement, à la personne qui l’occupe un danger moral, psychologique ou spirituel autant que physique. De plus, il doit être convenablement rémunéré, c’est-à-dire qu’il doit permettre à celui qui l’occupe de vivre normalement avec sa famille, selon son état. Si cela ne conduit à aucune course à l’échalote, cela suppose aussi que la famille ne doit pas être condamnée, pour vivre normalement, à suppléer le manque de rémunération par un crédit à la consommation. Mais être convenablement rémunéré ne signifie pas non plus que tout le monde soit en droit d’exiger de son employeur une rémunération qui lui permette de satisfaire tous les désirs artificiels entretenus et développés par une publicité agressive qui ne peut conduire qu’au surendettement.

Troisième priorité : l’accès à une « alimentation adéquate » et à l’« eau potable ». Là encore, le pape fait clairement référence à son encyclique Laudato Si’. Sans entrer dans le détail, il convient de remarquer qu’une « alimentation adéquate » est celle qui correspond aux besoins physiologiques de chacun et qui varie donc en fonction de l’âge de la personne, de la nature de ses activités et du climat de son pays (de la saison). Si une « alimentation adéquate » sous-entend une certaine diversité, elle ne signifie pas que certains peuvent s’arroger le droit de manger de tout en toute saison, en faisant venir à grands frais (et en gaspillant de l’énergie fossile) des produits qui pourraient manquer à ceux qui les produisent ou les conduire à produire des produits inutiles ou nocifs – pavot par exemple – destinés à l’exportation en lieu et place de cultures vivrières indispensables à l’échelon local.

Dans son discours à la tribune des Nations Unies, le pape n’a pas développé ces analyses qui, d’ailleurs, n’épuisent pas le sujet. Il s’est contenté de rappeler « le minimum absolu » auquel chacun doit avoir accès pour exercer sa dignité, « comme pour fonder et entretenir une famille qui est la base de tout développement social. Ce minimum absolu a, sur le plan matériel, trois noms : toit, travail et terre ; et un nom sur le plan spirituel : la liberté de penser, qui comprend la liberté religieuse, le droit à l’éducation et tous les autres droits civiques ». Il a donc mis chacun en garde contre toute « mauvaise gestion irresponsable de l’économie mondiale, guidée seulement par l’ambition du profit et du pouvoir ». 

( 20 octobre, 2015 )

Avortement, homosexualité, prostitution : la dérive d’Amnesty International

Article paru sur le blog ALETEIA que nous vous recommandons fortement

 

Fondée par des chrétiens, la célèbre ONG internationale trahit sa vocation première en embrassant des causes libertaires contraires à la vie et à la dignité des plus fragiles et des plus démunis.

 

Amnesty International se présente comme une ONGI (Organisation non gouvernementale internationale) qui défend les êtres humains selon la Déclaration universelle des droits de l’homme. Elle milite en effet activement et souvent efficacement pour la libération des prisonniers d’opinion, le droit à la liberté d’expression, l’abolition de la peine de mort et de la torture, et l’arrêt des crimes politiques. Aleteia la cite souvent, à juste titre, comme une source d’information lorsqu’il s’agit d’alerter sur des violations des droits de l’homme, exactions et discriminations injustes dans le monde entier.

Des « droits » forgés pour l’individu roi

Telle est bien la mission donnée à Amnesty International par ses fondateurs, au début des années 60, l’avocat britannique Peter Benenson et l’indépendantiste irlandais Sean MacBride, tous deux catholiques (né dans une famille juive, Benenson, de son vrai nom Peter James Henry Solomon, s’était converti au catholicisme en 1958, quelques années avant de fonder Amnesty).

Mais cette mission est aujourd’hui étendue à la défense et la promotion de tout un registre de « droits » nouveaux, civils, politiques, économiques, sociaux, culturels, issus d’une pensée libertaire à la dévotion de l’individu roi.

Avec de nombreuses ONG, Amnesty International s’est mise idéologiquement à la remorque de l’ONU, déplore un ancien militant de l’association : « Auparavant, nous allions là où les autres n’allaient pas. Nous parlions des prisonniers politiques, de la peine de mort. Maintenant, nous sommes calqués sur le programme de l’ONU. On s’occupe des femmes, des droits économiques et sociaux, de la misère. C’est trop large ».*

Au détriment des êtres les plus fragiles

C’est surtout contraire à la défense des êtres humains les plus fragiles, notamment lorsque Amnesty milite pour l’abrogation de toutes les lois anti-avortement au nom du « droit » des femmes à disposer de leur corps sans égard pour la vie de l’enfant. Cela lui a valu en mars 2007 d’être condamnée par le Vatican par la voix du cardinal Renato Martino, président du Conseil pontifical Justice et Paix, qui a demandé à tous les catholiques et à toutes les institutions catholiques de ne plus lui accorder de soutien financier.

Très intéressant article paru sur le site ALETEIA, que nous vous recommandons fortement

Fondée par des chrétiens, la célèbre ONG internationale trahit sa vocation première en embrassant des causes libertaires contraires à la vie et à la dignité des plus fragiles et des plus démunis.

 

Toujours en 2007, en Angleterre, Mgr Michael Evans (1951-2007), évêque catholique du diocèse d’Est Anglie, démissionne d’Amnesty International, dont il a été membre pendant 30 ans, dont plusieurs années au sein du comité directeur, pour protester contre l’introduction dans le programme d’Amnesty d’un « droit à l’avortement ».

De nombreux catholiques suivent son exemple. En 2013, Amnesty International a fait campagne, de concert avec le Comité des droits de l’homme de l’ONU, pour que l’Irlande dépénalise entièrement l’avortement. En 2014, elle a lancé la campagne mondiale « Mon corps, mes droits » pour le respect, la protection et la promotion des « droits sexuels et reproductifs ». Cette campagne se poursuit : le 28 septembre 2015, des sympathisants d’Amnesty International ont participé dans plus de 20 pays à une « Journée mondiale pour la dépénalisation de l’avortement ».

Sur la lancée cette logique libertaire, Amnesty International s’est engagée pour la défense des « droits » LGBT : « Amnesty International appelle au respect de la liberté d’expression et de rassemblement des LGBTI en soutenant les ‘Marches des fiertés’ en Europe » (Amnesty International). Elle a aussi opté en août 2015 pour la dépénalisation de la prostitution pour les prostitué(e)s mais aussi pour les clients et les proxénètes, pour peu que les « travailleurs du sexe » soient des adultes consentants. La campagne que l’ONGI a consacrée à cette cause douteuse lui a valu l’ire de personnalités célèbres, telles les actrices Meryl Streep et Kate Winslet, vent debout contre cet esclavage qui s’aggrave dans les pays qui ont choisi la dépénalisation (Catholic Herald).

L’Histoire jugera les aveuglements d’aujourd’hui

À vouloir coller comme tant d’autres – associations ou partis politiques – à l’air du temps, Amnesty International en épouse la cécité sur le sort des êtres humains les plus fragiles et les plus démunis, à commencer par les enfants à naître. L’Histoire jugera sans doute aussi sévèrement cette attitude contemporaine que les aveuglements passés sur le sort de populations entières vouées à l’esclavage ou à l’extermination par des sociétés pourtant depuis longtemps christianisées.

*Cité par Marc Girot, Amnesty International. Enquête sur une ONG génétiquement modifiée, Paris, Éditions du Cygne, coll. « Essai », 2011, p.89.

( 14 octobre, 2015 )

Notes d’actualité : de Morano à Villiers

Notes d’actualité : de Morano à Villiers dans actualités 3044620432
 

 

 

hilaire-de-cremiers-510x327.jpgIl n’y a plus de politique française. Le spectacle qu’elle offre n’est plus que bouffonneries. En politique intérieure, l’incident Morano révèle l’état de déliquescence mentale de la classe politique. Ce que l’on savait déjà depuis des décennies, est confirmé : le réflexe pavlovien y tient lieu de pensée. Dans un cadre pareil tous les objectifs de redressement intérieur sont rendus impossibles. Une superstructure partisane, médiatique, syndicale, quelque 50 000 personnes, avec tous leurs réseaux d’obligés et leurs clientèles, fait la loi en France et impose ses vues. Cette superstructure ne représente nullement la France, ni ses territoires ni ses intérêts ni ses populations, et elle prétend la gouverner ! En revanche, elle se nourrit et vit de la réalité française comme un énorme parasite qui en dévore la substance : les familles, les entreprises, les régions, les territoires, tout est mis en coupe réglée et quand elle prétend déréguler et même décentraliser ( !), elle ne le fait que pour mieux asseoir son pouvoir tyrannique et en fait centralisateur. Les partis avec leurs idéologies s’installent partout et dominent tout, de la ville à la campagne, de l’administration aux professions ! Les syndicats pareillement. Ce qui se passe à Air-France est typique du mal-être français. Ainsi dans toutes les réformes ou prétendues telles, territoriales, économiques, sociales et « sociétales », la superstructure ne fait plus que détruire ; elle détruira jusqu’au dernier village, jusqu’à la dernière entreprise, jusqu’à la dernière famille. Sa raison d’être, ce sont les appareils, eux seuls existent ; le parti, l’appareil d’abord : voilà le mot d’ordre. Les financiers qui tiennent médias et partis dictent leurs choix. Des idéologues de pacotilles enfument les esprits. L’astuce est de faire croire à de grands combats : socialisme, libéralisme, droits de l’homme et tout ce qu’on voudra. Il ne s’agit en réalité que de conquérir le pouvoir, à tous les niveaux, afin de se l’approprier. Ce n’est plus une république, c’est une « chose privée » avec ses gardes-chasse, ses vigiles, ses sonneurs, ses laquais. Ils sont tous si heureux de se croire indispensables et importants ! Mais, répétons-le, leurs appareils dont ils vivent, qui les promeuvent et qui les tiennent – car ils ne sont plus libres –, ne sont que superstructures dont la vacuité mentale et morale est inversement proportionnelle à la lourdeur physique et au poids financier et qui se révèlent de plus en plus inutiles, inefficaces, obsolètes et terriblement contraignantes. Les superstructures, en bonne théorie et en exacte pratique, sont faites pour disparaître ; que ces messieurs qui furent plus ou moins marxistes ou saint-simoniens dans leur jeunesse, veuillent bien se souvenir des leçons qu’ils ont répétées comme des perroquets ! Une superstructure est faite pour tomber.

Ajoutez à cette superstructure dite nationale, la superstructure européenne dotée des mêmes caractéristiques, il devient évident que la France a perdu toute liberté. Son droit a été évincé, ses intérêts bafoués, sa souveraineté avilie. L’Allemagne commande, au moins pour le moment. La politique extérieure française n’est plus dictée par les intérêts propres de la France ; les visions de sa diplomatie traditionnelle n’ont plus cours. Au Moyen-Orient comme en Afrique, la France n’agit plus selon ses données historiques. Nous sommes vassalisés et François Hollande dans sa ridicule posture n’a que trop mérité l’interpellation de Marine Le Pen au Parlement européen. Cet homme qui est légalement le chef de l’État français, n’a aucun sens de la France ; son moralisme de façade ne fait que couvrir l’imposture de son personnage qui s’essaye à jouer du Mitterrand alors qu’il n’arrive pas à la cheville du Florentin. Mitterrand connaissait son Machiavel. Le cynisme hollandais est du niveau de la petite « frappe » bourgeoise qui a réussi à devenir chef de gang.

Lire le livre de Philippe de Villiers, Le Moment est venu de dire ce que j’ai vu (Albin Michel), est un régal pour tout ce qui reste d’esprits libres en France – et ils sont plus nombreux que nos apparatchiks ne le croient ! Il nous montre ces superstructures dans leur malfaisance essentielle, c’est-à-dire institutionnelle. Il les a expérimentées ; il en connaît la perversité. Et, surtout, il décrit – et dans quel style ! – tous les personnages de cet univers politico-médiatique que le peuple français dans sa crédulité imagine grands et qui sont, vus de près, d’une bassesse à vomir et d’un ridicule à hoqueter.

Merci à Philippe de Villiers qui libère nos esprits et, dans sa haute idée de la France, ramène à leur juste et misérable mesure les esprits faux et médiocres qui, en se servant des appareils et des superstructures, ont régenté et régentent encore notre pauvre pays. À quand sa libération ? 

( 12 octobre, 2015 )

PETITION A SIGNER

LA LORRAINE ROYALISTE SOUTIENT TOTALEMENT CETTE PETITION

racismetrisomie charlie hebdo - copie

Les personnes soussignées :

- considérant l’ignoble couverture de Charlie-Hebdo du jeudi 8 octobre 2015 où Nadine Morano est caricaturée et présentée comme « la fille trisomique cachée de De Gaulle »,

considérant l’abjection du degré ultime de mépris ricanant que cela constitue pour tous les enfants trisomiques, comme la fille du Général de Gaulle, qui doivent être d’autant plus respectés et aimés qu’ils sont handicapés,

sachant la formidable affection particulière pour leur éducation et leur progrès que requiert leur infirmité,

manifestant la révolte non seulement des parents et des proches mais aussi de l’immense majorité des gens qui conservent tout simplement le sens humain du respect des plus faibles,

rappelant que la dérision, afin de les « déshumaniser », des enfants trisomiques et autres petits handicapés constitua la première étape de la propagande nazie pour justifier leur élimination eugéniste et euthanasique,

scandalisés par l’escalade dans le plus authentique racisme anti-humain constitué par cette couverture,

rappelant que le racisme, et de surcroît le plus fondamental, ne peut être accepté sous le prétexte d’une liberté de dérision qui ne saurait avoir de limite,

révoltés en outre par le fait que le torchon raciste Charlie est grassement subventionné par l’État et aussi d’autres collectivités telles que la mairie de Paris par le biais de nombreux abonnements offerts, et ce, avec les impôts de tous, y compris des parents des enfants trisomiques,

observent que les subventions à Charlie constituent un véritable détournement de l’argent public à des fins habituellement de vomissures scatologiques mais cette fois-ci d’une abjection dans le mépris raciste,

proposent que les sommes indûment versées au périodique raciste soient désormais consacrées aux associations d’aide aux enfants handicapés,

exigent la dissolution du périodique Charlie en application de la lutte contre la forme la plus achevée et la plus méprisable du racisme, le racisme anti-humain contre les handicapés.

PREMIERS SIGNATAIRES :

Bernard ANTONY, président de l’AGRIF

Jeanne SMITS, vice-présidente de l’AGRIF

Cécile MONTMIRAIL, vice-présidente de l’AGRIF

Guillaume de THIEULLOY, vice-président de l’AGRIF

Vivien HOCH, directeur de la communication de l’AGRIF

Pierre SOLEIL, secrétaire général de l’AGRIF

Anne COGNAC, secrétaire de l’AGRIF

Abbé Christian GOUYAUD, Strasbourg

Abbé Fabrice LOISEAU, Toulon

 

signez-la-petition-
( 7 octobre, 2015 )

M.Fabius a mangé son chapeau …

Article paru sur le site exceptionnel : « lafautearousseau »

Péroncel-Hugoz s’en prend cette semaine aux palinodies de la France dans l’affaire syrienne, et pour cela il remonte loin en arrière.

peroncel-hugoz 2.jpgLa cruauté des gros plans télévisés sur les traits des politiciens en difficultés a parfois quelque chose d’insoutenable: il fallait voir en cette fin septembre la terrible mine plus que grise, funèbre même de Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, pendant que le président Hollande annonçait à la Terre entière que l’armée de l’air française avait commencé ses «frappes» (on ne dit plus « bombardements», mot qui effraie les opinions publiques occidentales, pauvres chéries trop sensibles…) sur Daech en Syrie.

Le temps n’est pas si lointain où M.Fabius, qui paraissait alors avoir mangé du lion, tonnait Urbi et Orbi contre « Bachar» (maintenant il l’appelle de nouveau Monsieur Bachar al-Assad …) qui, selon l’hôte du Quai d’Orsay, «n’en avait plus que pour quelques mois» … A l’époque, MM. Hollande et Fabius, tous deux alors très va-t’-en-guerre, voulaient même « bombarder» (là on employait carrément ce mot …) les lieux du pouvoir syrien, et impliquer dans ce projet très guerrier les Etats-Unis d’Amérique, lesquels se débinèrent, laissant les deux dirigeants français tout penauds, seuls au milieu du gué .

Le résultat de ces pas-de-clercs (pas brillant, pour de vieux routiers de la politique comme Hollande et Fabius), de ces erreurs graves, ce fut le visage ravagé de Laurent Fabius offert par toutes les télévisions de la planète en ce début d’automne. Naguère, en France, quand un ministre était à ce point désavoué par les faits, il démissionnait ou était «démissionné». Ce n’est apparemment plus le cas. M. Fabius a donc mangé son chapeau, comme on dit vulgairement. Espérons qu’il le digèrera !

En marge de toute légalité internationale- que ne dirait-on pas si un Etat arabe venait se mêler militairement d’un problème européen ?!-, la France bombarde donc maintenant la partie syrienne de l’entité daechiste. Elle a déjà jeté 215 tapis de bombes, ces derniers mois, sur de présumées installations militaires relevant en Irak du «calife de Raqqa et Mossoul», actes de guerre qui ne semblent pas avoir fait reculer d’un pouce, territorialement ou diplomatiquement, les islamistes armés, lesquels sont en train benoîtement d’émettre leur propre monnaie et ont reçu allégeance de consistants groupes jihadistes du Caucase au Nigéria via la Libye …

Non seulement les « frappes» françaises sur la Syrie ont peu de chance d’entraîner des reculs importants de Daech sur le terrain mais elles risquent fort de raviver des drames historiques, oubliés dans une France autruche qui n’apprend plus l’histoire de ses aventures outre-mer, histoire restant en revanche à fleur de mémoire dans un pays hypernationaliste comme la Syrie. Je l’appris d’ailleurs à mes dépens, sous la dictature de Hafez al-Assad, père de Bachar, lorsque je publiai la liste des sévices pratiqués dans les prisons du régime baassiste . Je fus interdit de séjour à Damas, comme journaliste français « ayant oublié les horreurs du colonialisme français en Syrie » …

Paris, en effet, entre 1920 et 1945, exerça un « mandat » de la Société des Nations (l’ONU de l’époque) sur la Syrie et le Liban, anciennes provinces ottomanes que la France devait « préparer à l’indépendance ». Cette préparation fut ardue, ponctuée  déjà de révoltes et bombardements. Et cela ne va pas tarder sans doute à être rappelé vertement à la France actuelle, surtout si des populations civiles sont victimes de « dommages collatéraux », causés par des avions français: il y a tout de même six ou sept millions de personnes vivant à présent sous l’autorité de Daech !

Je tiens à préciser que, malgré mes démêlés journalistiques avec al-Assad père, j’ai toujours estimé qu’al-Assad fils, tout dictateur qu’il est, constitue actuellement un moindre mal et pour son pays et pour le reste du Proche-Orient.

Ce que personne sans doute ne dira, de peur de remuer encore le couteau dans la plaie d’amour-propre de M.Fabius, c’est que ce soutien indirect mais soutien tout de même, que Paris apporte désormais au régime damascène, n’est au fond qu’un retour vers le passé  pour la famille al-Assad et Paris. Retour bien plus en arrière encore que l’invitation acceptée du président Sarkozy à son homologue Bachar al-Assad à assister, le 14 juillet 2008, au grand défilé militaire national de Paris. Dans les années 1930, le grand-père de Bachar fut le chouchou des autorités mandataires françaises en Syrie, un peu, comme à la fin de la période protectorale au Maroc, le Glaoui fut « l’homme de la France » à Marrakech. Cet aïeul syrien, en compagnie d’autres notables locaux, demanda avec insistance à Paris de rester au Levant, de peur qu’en cas d’indépendance de la Syrie, la majorité sunnite n’exerce des représailles sur la minorité noçairie (dite aussi « alaouite » à cause de son attachement au calife Ali, gendre du prophète Mohamed). Cette minorité, plus ou moins chiite, il est vrai longtemps défavorisée, fut mise en selle par des officiers français des Affaires indigènes syriennes. Un « Etat autonome » du Djebel-Alaouite fut même installé durant quelques années par les Français autour de Lattaquié pour rassurer les Noçairis. Tout cela aboutit, en 1970, à la prise du pouvoir à Damas par le clan Assad. Verra-t-on de nouveau un jour un al-Assad « ami de la France ? » Pas impossible ! Si l’Histoire ne se répète pas, elle ne peut s’effacer. 

( 29 septembre, 2015 )

Droit à l’avortement : le numéro vert répondra à toutes les questions ! Enfin presque…

Lu sur « boulevard Voltaire » cet article à diffuser
Droit à l’avortement : le numéro vert répondra à toutes les questions ! Enfin presque… dans actualités Num--ro_vert.svg_
L’IVG serait-il le seul acte de la vie pour lequel la réflexion serait une régression ?

À l’occasion de la Journée mondiale pour le droit à l’avortement, Marisol Touraine, a annoncé la mise en place, suspens, suspens… d’un numéro vert. Il y avait longtemps.

Terrorisme, échec scolaire, catastrophe naturelle, IVG, tout problème, à défaut d’avoir sa solution, a son numéro vert. Trop super.

Un numéro vert, ça ne mange pas de pain, ça n’apporte rien puisqu’en l’occurrence celui-ci se contente de renvoyer automatiquement sur les sempiternelles antennes du planning familial de chaque département, mais ça fait plaisir aux copines de Marisol Touraine qui twittent furieusement sur le hashtag #IVGcestmondroit, même si, à dire vrai, eu égard à l’âge de certaines, cette revendication est aussi théorique que celle d’un chauve à venir avec des dreadlocks au bureau.

« Cent écoutants, écrit Le Monde, seront ainsi disponibles pour apporter des réponses sur ce thème qui suscite de nombreuses questions chez les femmes. »

Le Monde a raison, nous autres « femmes » nous posons « de nombreuses questions ».

Des questions sur l’anonymat absolu de ce numéro vert, dont on nous garantit même qu’il ne laissera « aucune trace sur la facture ». Ça alors. Et dire qu’en cette période de rentrée, on vient de garantir aux parents que rien ne serait fait, touchant de près ou de loin leur cher petit, sans leur accord préalable : pas de photographie, pas d’antiseptique dans la cour de récréation, etc. Mais ce principe méticuleux ne tient plus, en revanche, quand il s’agit d’avortement, évènement un tout de petit peu moins anodin, pourtant, qu’un genou écorché. À l’insu des parents, la jeune mineure sera prise en charge par des inconnus qui ignorent tout de sa vie, de son état de santé physiologique et psychologique, de ses attentes, de ses fragilités. Parce que le droit à l’IVG écrase tous les autres, l’autorité parentale est mise entre parenthèses, le père et la mère dépossédés, tenus à l’écart sciemment par l’État.

Des questions, encore, sur le délai de réflexion, dont la suppression vient d’être votée par le Sénat il y a 15 jours, car il était « infantilisant ». On se gratte la tête, perplexe : réfléchir, infantilisant ? L’impulsion, pourtant, est le propre de l’immaturité. Toute l’éducation consiste à susciter la réflexion : du bébé qui traverse la rue « sans réfléchir », au lycéen qui se lance tête baissée dans son devoir et se plante, parce qu’il n’a pas, dixit le prof, « réfléchi ». On « réfléchit » ensuite pour acheter son électro-ménager, son premier appart’, et la loi prévoit même un délai de rétractation, pour « encore réfléchir ». On « réfléchit » surtout avant d’avoir un enfant. On se demande même tellement longtemps si c’est le moment, que la maternité, en France, n’a jamais été aussi tardive. Une jeune femme qui « réfléchit » ainsi fait donc montre, si on suit bien le gouvernement, d’un comportement infantile ? Ou l’IVG serait-il le seul acte de la vie pour lequel la réflexion serait une régression ?

Des questions, enfin, quant au regard que portera l’histoire sur ce curieux pays si prompt à ouvrir ses bras aux migrants, quand il s’emploie à refouler si méthodiquement ses propres enfants, ces petits clandestins de la vie, rentrés – malgré eux – par effraction dans le destin de leur mère, ces sans-papiers qui ne figureront sur aucun état-civil.

Des questions auxquelles ne répondra aucun de ces « écoutants ».

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