( 8 février, 2016 )

Anciens combattants : quand l’Algérie dicte sa loi à la France

Lu sur « boulevard Voltaire ». Le gouvernement Français obéit toujours aux dirigeants algériens, généralement d’anciens assassins du FLN
Anciens combattants : quand l’Algérie dicte sa loi à la France dans actualités
Journaliste
Ancien chef d’édition à RTL (1967-2001)

L’Algérie dicte sa loi à la France sur les… anciens combattants ! Paris refuse le titre de « prisonniers » aux harkis victimes du FLN car, dixit un ministère, ce « serait très mal interprété par les autorités algériennes » !

Quel scandale, ce mépris pour nos harkis ! Mais l’État français – de De Gaulle à l’actuel villégiateur de l’Élysée en passant par tous les intermédiaires intérimaires – n’a jamais voulu rendre l’hommage dû à ces soldats musulmans ayant, pour la France, combattu les terroristes du FLN, responsables de la mort d’enfants, de femmes, de vieillards désarmés, européens ou arabes… Terroristes devenus dès l’indépendance d’« honorables élus » d’un inique parti unique mais choyés par tous nos chefs d’État : serrer la main d’un de ces… « as », ça symbolisait la tache honteuse au fronton de la République française, celle en 1962 de l’abandon de nos harkis ayant eu le tort d’aimer la France… Tache qu’aucun Élyséen n’effaça ni n’atténua ! Et ce n’est pas l’expulsable en fin de bail qui le fera… La preuve : ce document rejetant la demande du président d’une association d’anciens combattants connus sous l’appellation de harkis.

Samedi (6 février), à L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne), lors de l’assemblée annuelle de l’Association nationale des anciens supplétifs d’Algérie, Boulevard Voltaire s’est procuré un document prouvant l’allégeance du gouvernement français au FLN au mépris de Français : Les Harkis. Le document émane du secrétariat d’État aux Anciens combattants et à la Mémoire (sélective ?), dépendant du ministère de la Défense de M. Le Drian.

Qu’y lit-on ? Que, lors d’une réunion, les harkis avaient abordé un « sujet qui lui tient à cœur : la modification de l’intitulé du statut des porteurs de la carte de victime de la captivité en Algérie ». Les harkis souhaitent simplement que ce charabia si inepte, si abject soit changé en « prisonnier de guerre » ou « prisonnier du FLN » à l’image de l’Indochine avec le statut de « prisonnier du Viêt-Minh » ! Refus catégorique ministériel. La raison ? Parce que la dénomination « prisonnier du FLN », lisez bien, « ne peut être envisagée du fait du contexte politique bilatéral entre la France et l’Algérie. En effet, à l’heure actuelle, la priorité est de préserver les relations avec ce pays et le titre sollicité de “prisonnier du FLN” serait très mal interprété par les autorités algériennes. » On rêve ? Non, c’est dit ! Mieux : c’est écrit ! Les autorités « très démocratiques » algériennes tiennent toujours – sinon dans une main de fer, du moins sur un fauteuil du même métal – l’État français en vue de décisions concernant des… Français !

Réponse des harkis, furieux, au gouvernement : « Nous sommes particulièrement choqués d’apprendre que les autorités algériennes dirigent d’une certaine façon la France et qu’il est plus important de satisfaire des gens qui ont fait des milliers de morts plutôt que de rendre justice à ceux qui ont combattu à ses côtés. » Une missive en forme de missile…

( 8 février, 2016 )

Ukraine : le format Normandie coule et le capitaine Hollande s’est enfermé dans sa cabine

Lu sur « Boulevard Voltaire » cette tribune intéressante montrant que François Hollande ne défend ni la France ni même sa parole
Dimanche dernier, une information nous intéressait, nous Français, directement.
Ukraine : le format Normandie coule et le capitaine Hollande s’est enfermé dans sa cabine dans actualités
Consultant en organisation d’entreprise

La diffusion d’un documentaire sur la tragédie d’Odessa a provoqué la réaction du journal Le Monde, qui s’est fendu d’un article. Visiblement, Paul Moreira commettait un crime de lèse-majesté en remettant en cause la version officielle, version reprise par les grands médias.

La mort de ces 50 personnes n’est, d’après la version officielle relayée, qu’un simple et tragique accident. Mais le réalisateur montre clairement l’implication des groupes ultranationalistes affidés au pouvoir actuel dans cette débauche de violence et de haine.

Le journaliste du Monde s’est aussi indigné que l’on ait pu traiter Oleg Tiagnibok de néo-nazi. Visiblement, pour ce journaliste, il est simplement un éducateur de jeunes sauvageons qui ont besoin d’un exutoire pour évacuer leur mal-être. Pour ce talentueux précepteur, un pogrom avec incendie, barres de fer et armes à feu est une thérapie tout à fait indiquée. Voire, éventuellement, une bonne séance de pillages et d’exactions dans le Donbass.

Pourtant, dimanche dernier, une information nous intéressait, nous Français, directement. La partie ukrainienne du groupe de contact a déclaré que seuls seraient considérés les paragraphes de l’accord de Minsk qui respecteraient la Constitution et les lois ukrainiennes actuelles. Cet accord a été signé par les membres du format Normandie, à savoir les chefs d’État de France, d’Allemagne, d’Ukraine et de Russie.

Dans cet accord, il est prévu plus d’autonomie pour le Donbass. Il fait obligation au gouvernement de faire réviser la Constitution ukrainienne et de faire adopter des lois en ce sens. Dimanche dernier, la partie ukrainienne a simplement envoyé promener trois chefs d’État. Monsieur Hollande, votre format Normandie est en train de couler sous les interventions des États-Unis comme en son temps l’a été le paquebot éponyme. Vous avez signé cet accord au nom de la France et la signature de la France se doit d’être honorée.

Lors des sanglants événements du Maïdan en février 2014, la France, par la signature de Fabius, s’était déjà portée garante du respect de l’accord entre Ianoukovitch et les opposants. L’encre était à peine sèche que le président était renversé par un coup d’État sans que la France ne pipe mot. Depuis, le gouvernement ukrainien n’affiche que mépris vis-à-vis de la France. Il ne faut y voir que la conséquence de votre soumission et de celle de votre gouvernement à des intérêts étrangers.

Monsieur Hollande, à l’époque de vives tensions entre la Russie et l’Ukraine, c’est tout à votre honneur que d’avoir réuni Petro Porochenko et Vladimir Poutine sur le sol normand. De même, la conférence marathon de Minsk est un de vos indéniables succès car votre initiative a permis le dialogue et le cessez-le-feu entre les belligérants.

Vous n’avez pas tant de succès à votre actif pour vous permettre de galvauder celui-ci. Il est temps pour vous de rappeler vertement à l’Ukraine ses engagements. Et celui d’oublier un peu nos partenaires étrangers pour penser d’abord à la France.

( 8 février, 2016 )

Virus Zika : l’ONU se prend pour Hérode

Lu sur « le salon beige ».

La comparaison faite par le cardinal Cipriani paraît pleine de bon sens.

CiprianiLe cardinal péruvien Mgr Juan Luis Cipriani, archevêque de Lima, a comparé dimanche l’ONU à Hérode, roi de Judée qui avait ordonné le massacre des Saints Innocents, pour avoir préconisé l’avortement aux femmes enceintes infectées par le virus zika en raison de malformations possibles pour les foetus.

« Aujourd’hui, nous sommes encerclés d’Hérodes (…). Les Nations unies, face au virus zika, ont décrété que nous devrions approuver l’avortement et tuer les enfants. Il faut vraiment être très bête ».

« Il y a un génie, un Hérode, qui a trouvé opportun de décréter la mort, que doivent avorter tous ceux qui en ce moment ont un enfant, parce qu’il y a ce danger qui ne s’est pas complètement manifesté. Mais, face au doute, tous morts« .

L’ONU a demandé vendredi aux pays touchés par le virus Zika, soupçonné de provoquer des malformations congénitales, d’autoriser l’accès des femmes à la contraception et à l’avortement.

( 8 février, 2016 )

Huit mille deux cent cinquante

par Louis-Joseph Delanglade

 

Ils seraient donc 8250, d’après Le Figaro, lequel fait état d’un « bilan officiel » : 8250 « radicalisés ». Soit une hausse de 100% en moins d’un an. On appréciera, sachant que « radicalisé » signifie musulman fortement suspecté et de repli identitaire (donc d’un retour à l’essence même de l’islam) et d’hostilité profonde à la France (par principe et sous toutes ses formes) et, comme conséquence logique, d’apologie du terrorisme (donc d’actions meurtrières pour combattre « les mécréants »). Evidemment, les bonnes consciences, en l’occurrence celles du Monde, ont immédiatement cherché à minimiser l’information en recourant à des sophismes peu convaincants : il ne faudrait pas confondre « signalements » avec « radicalisations » et la hausse de 2015 serait simplement tributaire du contexte des attentats. En fait, ce nombre reste certainement inférieur à la réalité : ainsi, à titre d’exemple, le jeune agresseur turc de Marseille n’avait fait l’objet d’aucun signalement préalable.

Existe donc sur notre territoire un nombre considérable d’ « individus » dangereux – susceptibles de commettre une agression à la machette, de se faire exploser sur un marché ou d’ouvrir le feu sur n’importe quelle foule. Pis : existe aussi une nébuleuse de recruteurs islamistes qui a des ramifications dans les prisons, dans les écoles, dans les clubs et salles de sport, dans les mosquées, etc., puisque, dans 95% des cas, la « radicalisation » résulte d’un contact humain, direct, avec un propagandiste. La préméditation et l’organisation sont donc avérées et le « loup solitaire », concept tellement commode pour tous ceux qui crient volontiers à l’amalgame et à l’islamophobie reste une exception.

Cette nouvelle armée secrète séduit par ailleurs des gens qui ne sont pas forcément des paumés en rupture de ban. Un récent dossier de L’Obs sur le sujet, commenté dans le « 7-9 » de France Inter, souligne – enfin – les limites de l’explication simpliste par le fanatisme ou le nihilisme : la plupart des aspirants-jihadistes ont, au sens propre, la foi; la foi de ceux pour qui la mort n’est pas un échec mais, dans certaines conditions, une victoire qui leur ouvre les portes du paradis. Cette foi transmise ou fantasmée (celle des convertis, notamment) correspond à un besoin de transcendance que ne sauraient assouvir les misérables « valeurs », purement matérialistes et individualistes, de la société contemporaine. Ce qui signifie en clair que la responsabilité de notre société existe mais pas forcément là où on la cherche.

Dès lors, qu’importent les pourcentages (les statistiques chiffrent les mineurs à 20% et les femmes à 30%; les convertis seraient 25%) ? Chaque radicalisé(e) est un soldat ennemi potentiel. Or, on semble plutôt se satisfaire d’avoir créé cette nouvelle catégorie (« citoyenne » ?), les « radicalisés », que l’on considère comme des victimes, voire des malades à soigner, alors qu’il faudrait, sans les mépriser pour autant, les empêcher de nuire, eux et leurs recruteurs, en ne s’interdisant aucun moyen (…). Sinon, proclamer que nous sommes en guerre et déployer la troupe au coin des rues n’est plus qu’une opération de communication.  

Lu sur « lafautearousseau »

( 7 février, 2016 )

Culture & Littérature • Alain Finkielkraut : un néo-réac sous la coupole

sur « politique magazine »

 

2015-03-20_155205_bec-village.jpgAlain Finkielkraut a prononcé son discours de réception à l’Académie française (on dit son « remerciement »), où il avait été élu en avril 2014. On se souvient que cette élection avait été accompagnée des cris d’orfraie du petit monde médiatico-bobo, scandalisé de l’élection d’un pareil réactionnaire.

D’une part elle nous a donné le plaisir d’assister à l’effondrement d’une pensée, et peut-être même d’un système qui ne séduit plus les esprits. Les mouvements de l’histoire sont toujours lents nous a appris Jacques Bainville, ceux de la pensée également. Mais l’Académie s’est une fois de plus honorée de résister au mauvais air du temps.

D’autre part, le discours prononcé sous la coupole n’en fut pas moins éminent : « Le nationalisme, voilà l’ennemi : telle est la leçon que le nouvel esprit du temps a tirée de l’histoire, et me voici, pour ma part, accusé d’avoir trahi mon glorieux patronyme diasporique en rejoignant les rangs des gardes-frontières et des chantres de l’autochtonie. Mais tout se paie : ma trahison, murmure maintenant la rumeur, trouve à la fois son apothéose et son châtiment dans mon élection au fauteuil de Félicien Marceau. Les moins mal intentionnés eux-mêmes m’attendent au tournant et j’aggraverais mon cas si je décevais maintenant leur attente » .

Alors il a répondu à leur attente mais il les a déçus.

La France s’oublie elle-même

Dans de nombreux ouvrages dont le très controversé L’identité malheureuse, Alain Finkielkraut n’a cessé de déplorer la disparition progressive de notre culture, notre langue, notre littérature, notre religion, nos traditions et tout simplement notre art de vivre, pour en arriver à l’être désincarné dont rêve tout dictateur, notamment le dictateur consumériste américain. Et de regretter que la France « semble glisser doucement dans l’oubli d’elle-même ».

« Notre héritage, qui ne fait certes pas de nous des êtres supérieurs, mérite d’être préservé, entretenu et transmis aussi bien aux autochtones qu’aux nouveaux arrivants. Reste à savoir, dans un monde qui remplace l’art de lire par l’interconnexion permanente et qui proscrit l’élitisme culturel au nom de l’égalité, s’il est encore possible d’hériter et de transmettre » .

Fils d’un juif déporté, son remerciement, au terme duquel il devait, selon une belle tradition, faire l’éloge de son prédécesseur, Félicien Marceau, homme de lettres belge, condamné par contumace à 15 ans de travaux forcés pour collaboration avec l’ennemi, condamnation qu’Alain Finkielkraut juge « exorbitante » , était très attendu. « Il n’y a pas de hasard, pensent nos vigilants, et ils se frottent les mains, ils se lèchent les babines, ils se régalent à l’avance de cet édifiant spectacle ».

Mais il eut été étonnant que Finkielkraut s’abaissât à un jeu malsain.

Rappelant Richelieu, fondateur de l’Académie, il cite Pierre Gaxotte, l’historien de l’Action française, évoquant Blum : « Comme il nous hait ! Il nous en veut de tout et de rien, de notre ciel qui est bleu, de notre air qui est caressant, il en veut au paysan de marcher en sabots sur la terre française et de ne pas avoir eu d’ancêtres chameliers, errant dans le désert syriaque avec ses copains de Palestine ». Il reprend Simone Weil (la philosophe, pas l’autre) et affirme, comme elle l’avait écrit dans L’enracinement, avoir été étreint par le « patriotisme de compassion » … « non pas donc l’amour de la grandeur ou la fierté du pacte séculaire que la France aurait noué avec la liberté du monde, mais la tendresse pour une chose belle, précieuse, fragile et périssable. J’ai découvert que j’aimais la France le jour où j’ai pris conscience qu’elle aussi était mortelle, et que son « après » n’avait rien d’attrayant » .

L’hommage à Félicien Marceau

Puis c’est tout en nuances qu’il analyse l’évolution intellectuelle de Louis Carette, le véritable nom de Félicien Marceau.

Celui-ci occupait le poste de chef de section des actualités au sein de Radio-Bruxelles, placé sous le contrôle direct de l’occupant. Lorsque la connaissance des mesures prises contre les juifs commence à se répandre, il écrit  « Je puis concevoir la dureté. Je suis fermé à la démence. Je résolus de donner ma démission » .

« Ce geste ne lui est pas facile » commente Finkielkraut. « Deux hontes se disputent alors son âme : la honte en restant de collaborer avec un pouvoir criminel ; la honte, en prenant congé de laisser tomber ses collègues et de manquer ainsi aux lois non écrites de la camaraderie » . Il explique longuement sa démarche, « révulsé par la guerre immonde qui suscite tout ce qu’il y a d’immonde dans le cœur déjà immonde des braillards » et rappelle que De Gaulle lui a accordé la nationalité française en 1959 et que Maurice Schumann a parrainé sa candidature à l’Académie française.

Son discours stigmatise tous ceux qui, sans nuance mélangent les époques et les hommes pour ne juger qu’à l’aune d’un moment : « Aux ravages de l’analogie, s’ajoutent les méfaits de la simplification. Plus le temps passe, plus ce que cette époque avait d’incertain et de quotidien devient inintelligible. Rien ne reste de la zone grise, la mémoire dissipe le brouillard dans lequel vivaient les hommes, le roman national qui aime la clarté en toutes choses ne retient que les héros et les salauds, les chevaliers blancs et les âmes noires » …

… « Car les hommes prennent pour l’être vrai le système formé par la rumeur, les préjugés, les lieux communs, les expressions toutes faites qui composent l’esprit du temps. Cartésiens et fiers de l’être, ils ont le cogito pour credo. « Je pense, donc je suis » disent-ils alors que, le plus souvent, au lieu de penser, ils suivent « Les démocrates, les modernes que nous sommes, prétendent n’obéir qu’au commandement de leur propre raison, mais ils se soumettent en réalité aux décrets de l’opinion commune ».

Et de déclarer solennellement sous cette coupole, devant les représentants de l’intelligence et de la culture française, protecteurs de la langue : « Je ne me sens pas représenté mais trahi et même menacé par les justiciers présomptueux qui peuplent la scène intellectuelle » …

Il analyse enfin longuement l’œuvre littéraire de Félicien Marceau : « Félicien Marceau appartient à cette période bénie de notre histoire littéraire, où les frontières entre les genres n’étaient pas encore étanches. Les auteurs les plus doués circulaient librement d’une forme à l’autre et savaient être, avec un égal bonheur, romanciers, essayistes, dramaturges« .

Contre le prêt-à-penser

Sa conclusion résume, dans un magnifique raccourci, les pensées distillées quotidiennement par les penseurs-censeurs enfermés dans leurs certitudes, leurs caricatures et finalement leurs erreurs, grands prêtres satisfaits du penser correct :

« C’est la mémoire devenue doxa, c’est la mémoire moutonnière, c’est la mémoire dogmatique et automatique des poses avantageuses, c’est la mémoire de l’estrade, c’est la mémoire revue, corrigée et recrachée par le Système. Ses adeptes si nombreux et si bruyants ne méditent pas la catastrophe, ils récitent leur catéchisme. Ils s’indignent de ce dont on s’indigne, ils se souviennent comme on se souvient » .

La place manque ici pour évoquer la magnifique réponse de Pierre Nora. Le directeur des Débats a rendu un hommage appuyé à Alain Finkielkraut après le départ de quelques grincheux. Dans Marianne (oui, oui Marianne !) Laurent Nunez se demande si ces « idiots » (sic) ont bien tout compris.

Il entretient avec le nouvel académicien, dit-il, « une amitié distante » faite de « tout ce qui nous rapproche et nous réunit : une sensibilité attentive au contemporain, un judaïsme de génération et d’enracinement décalé, un souci de l’école et de la transmission, un rapport intense à la France, à sa culture, à sa langue, à son histoire. »

Il formule le même constat sur « la désintégration de l’ensemble national, historique et social et même sur le naufrage d’une culture dans laquelle nous avons tous les deux grandi » .

Mais : « À mon sens, le mal vient de plus loin, de la transformation douloureuse d’un type de nation à un autre que tout mon travail d’historien a cherché à analyser. Ses causes sont multiples et l’immigration me paraît avoir joué surtout un rôle d’accélérateur, de révélateur et de bouc émissaire. En un sens, je suis, en historien, encore plus pessimiste que vous. L’identité nationale, vous disais-je, serait peut-être aussi malheureuse s’il n’y avait pas un seul immigré, car le problème principal de la France ne me paraissait pas la puissance de l’Islam, mais la faiblesse de la République » .

Et pour finir : « L’Académie française représente, sachez-le, le conservatoire et le condensé de tout ce qui vous tient le plus à cœur : une tradition historique vieille de près de quatre siècles, la défense de la langue dans son bon usage, le respect de la diversité des personnes dans l’unité d’un esprit de famille et le maintien, par-delà l’abîme de nos différences, d’une éternelle courtoisie. La Compagnie vous a ouvert les bras, vous allez connaître avec elle ce que c’est qu’une identité heureuse » .

Déception bien sûr de ceux qui attendaient une condamnation sans appel, sinon une exécution, de Félicien Marceau d’abord, d’Alain Finkielkraut ensuite. Aussitôt les écrans et les radios se sont fermés, les patrons de la pensée manipulée sont partis pratiquer leur terrorisme intellectuel sur une autre victime, la discrétion s’est abattue sur cette brillante entrée à l’Académie où, faut-il le rappeler, la famille d’Orléans a son siège attitré sous la coupole. Ce fut, pour l’occasion, une fille de feu le comte de Paris qu’une limousine noire aux vitres teintées a amenée jusqu’à la cour intérieure pour respecter cette règle multiséculaire. Il est plaisant de constater que l’Académie n’entend pas rompre le fil de l’histoire. 

Politique magazine

( 6 février, 2016 )

Pourquoi le 6 février 1934 a été stérile : l’analyse de Maurice PUJO

Lu sur « lafautearousseau »

 

3253704197.jpgPourquoi les manifestations de janvier et février 1934, dont celle, tragique, du 6 février, n’ont pas débouché sur ce changement de régime, pour lequel l’Action française s’était toujours battue ? Maurice Pujo, après avoir conduit toute la campagne de l’Action française sur l’affaire Stavisky et dirigé l’action des Camelots du Roi, en a donné l’explication en termes simples * : sans une Action française suffisamment forte et reconnue tant sur le plan de la pensée politique que de la conduite de l’action proprement dite, l’union des patriotes est stérile. Et la leçon vaut pour aujourd’hui. LFAR

 

18135321.jpgÀ force de le répéter, les gens du Front populaire ont fini par croire que le Six Février était le résultat d’une terrible conjuration tramée de toutes pièces par d’affreux « fascistes » contre les institutions républicaines.

Rien ne correspond moins à la réalité. Le 6 Février a été, à son origine, le sursaut national le plus spontané, le plus pur d’arrière-pensées. Il a été la révolte de l’honnêteté et de l’honneur français contre un scandale qui était une des hontes naturelles et cachées du régime : le pillage de l’épargne sans défense avec la complicité des gouvernants qui en ont la garde.

Sans doute, ce scandale a été mis en lumière, développé, « exploité », si l’on veut, par des patriotes conscients qui étaient les hommes de l’Action française. Là-dessus, M. Bonnevay, président de la Commission du Six Février, ne s’est pas trompé lorsqu’il nous a désignés comme les responsables de la mobilisation de l’opinion et de la rue.

C’est nous qui avons publié les deux fameuses lettres Dalimier qui avaient été, aux mains de Stavisky, les instruments de l’escroquerie. C’est nous qui, par nos premières manifestations, avons chassé du ministère ce Dalimier qui se cramponnait. C’est nous qui, pendant trois semaines, encadrant tous les patriotes accourus à nos appels, avons fait à dix reprises le siège du Palais-Bourbon. C’est nous qui, par cette pression sur le gouvernement et les parlementaires, avons arraché chaque progrès de l’enquête, empêché chaque tentative d’étouffement. C’est nous aussi qui avons publié la preuve de la corruption d’un autre ministre, Raynaldi, et c’est nous qui, en rassemblant des dizaines de milliers de patriotes, le 27 janvier, au centre de Paris, avons chassé le ministère Chautemps qui cherchait à se maintenir [...]

Tenter le coup ?

Dira-t-on que nous envisagions le renversement du régime ? Eh ! nous ne cessons jamais de l’envisager ! Nous avons, dès nos débuts, proclamé que nous formions une conspiration permanente pour la destruction de la République, cause organique de nos maux, et pour la restauration de la monarchie, qui seule pourra les guérir.

Mais, en menant la chasse aux prévaricateurs complices de Stavisky, nous n’avions pas visé, de façon préconçue, cet heureux événement. Il y avait des services immédiats à rendre à la France ; nous les lui rendions. Si, au terme de cette crise, la restauration de la Monarchie pouvait être tentée, nous n’en manquerions certes pas l’occasion. C’est seulement un fait qu’il n’y a pas eu d’occasion parce que les conditions nécessaires ne se sont pas trouvées réunies.

C’est ce que nous devons répondre à ceux qui, nous faisant le reproche inverse de celui de M. Bonnevay, estiment que nous aurions dû « tenter le coup ». Il y avait sans doute – ce qui est important – un malaise incontestable qui, au-delà des hommes au pouvoir, était de nature à faire incriminer le régime. Il y avait même, à quelque degré, dans l’esprit public, un certain état d’acceptation éventuelle d’un changement. Il y avait aussi l’inorganisation relative et le sommeil des éléments actifs chez l’adversaire socialiste et communiste. Mais ces conditions favorables, en quelque sorte négatives, ne pouvaient suppléer à l’absence de conditions positives indispensables pour avoir raison de cette chose solide par elle-même qu’est l’armature d’un régime resté maître de son administration, de sa police et de son armée. Et il faut un simplisme bien naïf pour s’imaginer qu’en dehors des jours de grande catastrophe où les assises de l’État sont ébranlées, comme au lendemain de Sedan, le succès peut dépendre d’un barrage rompu…

Pourquoi Monk n’a pas marché

Ce qui a manqué au Six Février pour aboutir à quelque chose de plus substantiel que des résultats « moraux », c’est – disons-le tout net – l’intervention de ce personnage que Charles Maurras a pris dans l’Histoire pour l’élever à la hauteur d’un type et d’une fonction, l’intervention de Monk. Un Monk civil ou militaire qui, du sein du pays légal, étant en mesure de donner des ordres à la troupe ou à la police, eût tendu la main à la révolte du pays réel et favorisé son effort. Un Monk assez puissant non seulement pour ouvrir les barrages de police, aussi pour assurer immédiatement le fonctionnement des services publics et parer à la grève générale du lendemain.

La question de ce qu’on a appelé à tort l’échec du Six Février se ramène à celle-ci : pourquoi Monk n’a-t-il pas marché ?

Répondra-t-on qu’il n’a pas marché parce qu’aucun Monk n’existait ? Il est certain que personne ne s’était désigné pour ce rôle. Mais c’est essentiellement un domaine où le besoin et la fonction créent l’organe. Il y aurait eu un Monk et même plusieurs si les circonstances avaient été telles qu’elles pussent lui donner confiance.

Certains s’imaginent qu’ils décideront Monk par la seule vertu de leurs bonnes relations avec lui et dans quelques conciliabules de salon. Singulière chimère ! Monk éprouve très vivement le sentiment de sa responsabilité. Ce n’est qu’à bon escient qu’il acceptera les risques à courir pour lui-même et pour le pays et il a besoin de voir clairement les suites de son entreprise. Devant apporter une force matérielle qui est tout de même composée d’hommes, il a besoin de pouvoir compter, pour le soutenir, sur une force morale assez puissante. Il ne réclame pas de civils armés – c’est là l’erreur de la Cagoule – qui doubleraient inutilement et gêneraient plutôt les soldats, mais il veut trouver autour de lui, lorsqu’il descendra dans la rue, une « opinion » claire, forte et unie.

Et cela n’existait pas au Six Février. Si les manifestants étaient unis par le sentiment patriotique et le mépris de la pourriture politicienne, ils n’avaient pas d’idée commune sur le régime qui conviendrait à la France pour la faire vivre « dans l’honneur et la propreté ». De plus, les rivalités de groupes et les compétitions des chefs empêchaient même que, séparés dans la doctrine, ils pussent s’unir dans l’action.

Depuis le début de l’affaire Stavisky jusqu’au 27 janvier où notre manifestation des grands boulevards renversa le ministère Chautemps, il y avait eu, dans l’action, une direction unique : celle de l’Action française. C’est à ses mobilisations que l’on répondait ; c’est à ses consignes que l’on obéissait. (On lui obéit même le jour où, en raison de la pluie et pour épargner un service plus pénible à la police, nous renonçâmes à la manifestation) Mais, à partir du 27 janvier, devant les résultats politiques obtenus et ceux qui s’annonçaient, les ambitions s’éveillèrent, et les groupements nationaux préparèrent jalousement, chacun de son côté, leur participation à une action dont ils comptaient se réserver le bénéfice. Cette agitation et cette division ne firent que croître, après la démission de M. Chiappe, préfet de police, survenue le 3 février.

Aucune entente

La Commission d’enquête a cherché un complot du Six Février. Mais il n’y avait pas un complot pour la bonne raison qu’il y en avait cinq ou six qui s’excluaient, se contrariaient et se cachaient les uns des autres. Il y en avait dans tous les coins et sur les canapés de tous les salons. On peut se rendre compte qu’il n’y avait aucune entente entre les groupes divers en examinant les rendez-vous qu’ils avaient donné pour la soirée historique, et les dispositions qu’ils avaient prises, sans parler des manœuvres qu’ils firent et dont à peu près aucune n’était d’ailleurs préméditée.

Si, par impossible, les patriotes l’avaient emporté dans de telles conditions, s’ils avaient chassé le gouvernement et le parlement, le désaccord entre eux n’aurait pas manqué d’apparaître presque aussitôt et les gauches vaincues n’auraient pas tardé à reprendre le pouvoir.

C’est à quoi le Monk inconnu, le Monk en puissance, devait songer. C’est pourquoi il s’est abstenu d’une intervention qui aurait été stérile. C’est pourquoi la journée du Six Février n’a pas donné de plus grands résultats.

Maurice Pujo

 

* étude (extraits) publiée par la Revue Universelle du 15 juillet 1938.

( 6 février, 2016 )

« Je pense à vous ce soir, Ô morts de février »

lu sur « lafautearousseau »

 

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 AUX MORTS DE FÉVRIER

 

Les derniers coups de feu continuent de briller

Dans ce jour indistinct où sont tombés les nôtres

Sur onze ans de retard serais-je donc des vôtres

Je pense à vous ce soir, Ô morts de février.  

 

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Robert Brasillach  (Poèmes de Fresnes, Minuit et demi, 1945)

( 5 février, 2016 )

Une solution finale est en route pour les chrétiens d’Orient

Lu sur ALETEIA ce point de vue plein de vérité

Frédéric Pons, professeur à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr et journaliste, fait le point sur la situation en Syrie, déplorant l’aveuglement de l’Occident.

Le conflit syrien, débuté en 2011, a probablement fait 300 000 victimes. Sa durée et sa violence s’expliquent par l’intervention de puissances extérieures qui l’alimentent en armements et en combattants. Les puissances occidentales ont soutenu les opposants à Bachar al Assad, alors qu’elles avaient sous les yeux l’exemple des déstabilisations de l’Irak et de la Lybie. « On connaît la nature de la rébellion, assure Frédéric Pons. Il n’y a pas d’islamistes modérés ! Les chrétiens qui vivaient dans les zones qu’ils contrôlent connaissent le sort des Serbes au Kosovo. »

« Il a fallu 5 ans pour comprendre qu’Assad n’était pas l’ennemi »

Le rédacteur en chef à Valeurs Actuelles n’a pas de tendresse pour le régime des Assad, père et fils, qu’il accuse ouvertement d’actes de terrorisme contre les soldats français durant la guerre du Liban. Mais il regrette que les puissances occidentales, et en particulier la France, se soient focalisées sur la chute de ce régime, sans être incitées à la prudence par les exemples irakiens et libyens.

Qui massacre les chrétiens d’Orient ?

Mais alors, qui sont les coupables des malheurs de nos frères chrétiens d’Orient ? Frédéric Pons détaille les niveaux de responsabilité. Les premiers, sur le terrain, sont bien entendu les mouvements islamistes, Daesh en tête, mais, assure-t-il, les autres mouvances y compris les « rebelles modérés » feraient comme l’État islamique s’ils en avaient les capacités. Ce qui amène au deuxième niveau de responsabilité : l’islam conquérant. Un islam « dont la violence est proportionnée à ses échec vis-à-vis de l’Occident depuis le XIXe siècle ». Cet islam, financé et répandu par le Qatar et l’Arabie saoudite, s’étend de Molenbeek-Saint-Jean, en Belgique, jusqu’au cœur de l’Afrique. L’islam encore provoque le malheur des chrétiens quand il se déchire entre chiites et sunnites. Les milices des deux courants majoritaires se « concurrencent pour présenter l’islam le plus pur, et éliminent les minorités ».

Responsabilité mondiale

L’Orient est compliqué, et la multitude de rivalités entre Kurdes, Turcs, alaouites, sunnites, etc. provoque un climat de guerre sans fin, dans lesquelles les minorités chrétiennes sont des variables d’ajustement, facilement sacrifiées. Ils souffrent aussi d’une chrétienté divisée, entre Occident et Russie, leur défense n’étant plus assurée par l’Occident et Vladimir Poutine reprenant seul la responsabilité de leur protection.

Lâcheté occidentale

Frédéric Pons accuse la diplomatie occidentale de lâcheté à l’encontre de la Turquie. Il a fallu attendre l’intervention de la Russie pour que les voies de passages du pétrole entrant en Turquie et des armes entrant en Syrie soient bombardées, dénonce-t-il. « J’ai vu de mes yeux les points de passage, la noria de camions qui alimente les groupes extrémistes radicaux. » La Turquie, qui emploie ses 2 millions de migrants comme une menace contre l’Europe, mène une guerre totale contre les kurdes présents sur son sol, sans subir de condamnations occidentales.

« Ouvrons les yeux sur ce que nous sommes ! »

Les islamistes disent ouvertement qu’ils utilisent les lois démocratiques, assure le journaliste, qui se fonde sur les déclarations de chefs religieux libyens. « Ils disent qu’ils utiliseront les migrants pour porter leurs combattants jusqu’au cœur de l’Europe, mais les écoutons-nous ? » Reprenant les paroles de Mgr Jean-Clément Jeanbart, l’archevêque grec-melkite catholique d’Alep, il demande d’ « ouvrir les yeux » sur ce qui est en train de se passer.

( 4 février, 2016 )

« Selon que vous serez puissant ou misérable… »

Lu sur le blog de Bernard ANTONY, cette réaction à la suite de la visite en France du tueur Castro au moment même où l’on « juge » Laurent Gbagbo
Laurent Gbagbo jugé, Raoul Castro honoré !
Tout le monde jadis connaissait ces deux alexandrins de La Fontaine, les deux derniers des « animaux malades de la peste ».
« Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous feront blanc ou noir ».
L’actualité politique et judiciaire, nationale ou internationale les vérifie peu ou prou constamment mais aujourd’hui tout particulièrement avec le procès qui s’est ouvert jeudi dernier à La Haye devant le Tribunal Pénal International. Celle-ci va juger au long de plusieurs années selon elle nécessaires l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo.
Certains écrivent que si l’affaire n’était pas bien menée, la CPI se discréditerait gravement. Comme si le seul fait de ce procès, grotesquement unique, ne la déconsidérait pas déjà totalement.
Je n’ai pas de sympathie particulière pour Laurent Gbagbo qui a été l’ennemi de nos soldats en interposition dans la guerre civile qui l’opposait à son rival vainqueur et aujourd’hui au pouvoir, le musulman Alassane Ouattara. Gbagbo et son lieutenant Charles Blé Gondé sont poursuivis pour crimes contre l’humanité. Ils seraient responsables de la tuerie de 3000 victimes.
Mais ce qui semble possible également, c’est que la soldatesque du « puissant » Ouattara ne s’est peut-être pas toujours mieux comportée que celle du « misérable » Gbabo. Et la CPI à ce jour ne s’est pas penchée sur ses crimes, dont certains, peut-être moins nombreux, mais pas moins atroces pourtant à ce que l’on en sait, ne seraient donc pas des crimes contre l’humanité. Comprenne qui pourra.
Le gag pourtant, c’est qu’au moment où débute ce procès, trop à sens unique pour n’être pas inique, le bolchévique Raoul Castro est accueilli en France par François Hollande avec tous les honneurs dus à un chef d’État. Et pour montrer à Castro sa magnanimité de rose monarque, Hollande a même invité le rouge camarade Mélenchon, qui vient de le traiter de « dégoûtant », à être dans le déjeuner officiel de réception.
Or la dictature communiste des deux frères Castro conjointement, avec ses massacres, ses assassinats, son goulag tropical, a fait assassiner beaucoup plus que 3000 victimes ; et dans le plus parfait mépris aussi de leur humanité. En 1959, dans la seule prison de La Loma de los Coches, plus de mille « contre-révolutionnaires » furent fusillés. Des milliers d’autres au long des années, furent liquidés par le Département de la Sécurité d’État (DSE), la Tchéka castriste surnommée par les Cubains « la Gestapo rouge ».
Selon le livre noir du communisme, sous le régime castriste de 15 000 à 17 000 personnes ont été fusillées. Des milliers d’autres victimes ont péri en prison ou dans le goulag castriste du fait des tortures ou des privations. Et dans tous ces crimes du communisme castriste, n’oublions pas l’immonde tueur sanguinaire Che Guevara dont des générations de crétins ignorants portent des tee-shirts à son effigie comme s’il avait été un bienfaiteur de l’humanité !
Il faudrait bien sûr des pages entières pour lister les chefs d’État qui ont massacré, dix fois, cent fois, mille fois plus que Gbagbo.

Mais pour aujourd’hui s’impose le cri de justice : « Castro, Gbagbo, même procès ! ».

( 4 février, 2016 )

Fini le bon Dieu pour les lecteurs de Hergé et du Club des Cinq !

Lu sur « Boulevard Voltaire » cette tribune montrant la censure anti catholique dans les livres pour nos enfants

On attend avec impatience en Afrique le jour où les studios Hergé seront conduits à bouleverser les aventures de Tintin au Congo.
Fini le bon Dieu pour les lecteurs de Hergé et du Club des Cinq ! dans actualités
Journaliste
Ancien directeur des rédactions de l’Agence Gamma

Décidément, nous vivons une époque fabuleuse d’éradication ! Dans un seul et unique but : complaire à une religion qui sait imposer ses valeurs soit par la terreur soit par le terrorisme intellectuel : l’islam, bien sûr, que l’on a encore le droit de critiquer, mais plus pour très longtemps, je le crains. On l’a vu à Rome avec ces statues antiques que l’œil de Mahomet (pourtant un chaud lapin, celui-là) ne saurait voir. On l’a vu à Paris, où l’Élysée a préféré faire l’impasse sur un déjeuner officiel plutôt que d’assumer ses traditions culturelles et vigneronnes.

Et on vient de découvrir, avec retard tant cela est passé comme une lettre à la poste, que même la littérature est touchée. Pas n’importe laquelle : celle moins voyante qui touche l’âme des enfants. Les héros et leurs lecteurs des pré-années 70 allaient souvent à la messe, les hebdos pour enfants, tels Tintin, Spirou, mettaient en scène des missionnaires, des bonnes sœurs, racontaient en BD des histoires de saints. La chrétienté était à l’honneur. Puis vint le Concile que chacun interpréta à sa façon, avec ou sans abus. Puis vint Mai 1968, qui entraîna la perte de toutes les valeurs traditionnelles. Celles de nos parents, de nos ancêtres. Oh ! Celles-ci n’étaient pas parfaites, mais elles étaient… valeureuses.

Hergé, le grand Hergé, fervent catholique, concéda à l’ambiance de déchristianisation ambiante de revoir certaines de ses aventures. Nous sommes en 1971. À la demande des éditeurs scandinaves, Hergé se voit en effet contraint de transformer son merveilleux album Destination New York. Jo, Zette et Jocko pris dans les glaces de l’Arctique ne rencontrent plus le père Francoeur mais le professeur Henrik Nielsen, ethnologue ! Barbu comme un missionnaire pouvait l’être. Un vrai hipster d’aujourd’hui ! Dès la page 21, le brave père Francoeur a disparu. Depuis 1971, les lecteurs de 7 à 77 ans ne savent plus que des missionnaires aidaient les Esquimaux à survivre dans le désert de glace. Dominique Maricq, expert des studios Hergé, m’a fait remarquer que même l’avion du brave prêtre baptisé Santa Maria II et sa « mission » surmontée d’une croix seront tout simplement effacés d’un coup de gomme certainement rageur de la part d’Hergé…

On attend avec impatience en Afrique le jour où les studios Hergé seront conduits à bouleverser les aventures de Tintin au Congo, où les épaisses lèvres rouges disparaîtront avec, là encore, les missionnaires tout de blanc vêtus. 

Autre exemple qui affecte cette fois-ci les lecteurs du Club des Cinq et qui vient de faire l’objet d’une pétition lancée sur le site de Daniel Hamiche. Oh ! Ce n’est pas grand-chose. Simplement une église qui devient un marché. Tout un paragraphe du chapitre V du Club des Cinq au bord de la mer a été changé après la mort de son auteur Enid Blyton.

En 1969, le jeune lecteur lisait : « Voulez-vous aller à la messe ? demanda Mme Penlan. La route jusqu’à l’église de Trémanoir est ravissante, vous aimerez sûrement M. le curé ; c’est un saint homme… La vieille église dormait à l’ombre de ses tilleuls… Lorsque les enfants sortirent de la messe, ils furent éblouis par le soleil. »

La version actuelle de 2011 est devenue : « Voulez-vous m’accompagner au marché ? demanda la fermière après avoir rempli la dernière mangeoire de l’étable… Le marché se tient à l’ombre des tilleuls… Lorsque les enfants quittent le marché, ils se sentent affamés. » Fermez le ban !

Daniel Hamiche note que le seul point commun, ce sont les… tilleuls !

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