( 9 mai, 2017 )

FX Bellamy ou Candide en politique

 

Encore un très bon article paru sur « lafautearousseau »

 

François-Xavier Bellamy est un brillant et séduisant philosophe catholique, espèce particulièrement rare. Son livre sur « Les Déshérités ou l’urgence de transmettre » a été lu et apprécié par de nombreux lecteurs, à juste titre. Il a parfaitement analysé et jugé la faillite de l’Education Nationale qui, elle, ne transmet plus grand chose.

Jusqu’à présent notre jeune penseur ne faisait pas de politique, ou si peu : Maire-adjoint de Versailles depuis 2008, sans étiquette, cela n’en fait pas un professionnel de la politique. Il y est délégué à la jeunesse et fonde les Vendredi du Rock qui ont paraît-il un grand succès.

Y a-t-il urgence à transmettre la culture du rock ? Cela ne semble pas évident mais passons.

Il travailla également quelques mois au cabinet de Rachida Dati pour y rédiger ses discours.

Le tournant qui est en train de s’opérer c’est que Bellamy a été investi par Les Républicains pour les prochaines élections législatives. S’il est élu, ce qui est probable à Versailles, notre philosophe va donc changer de métier et exercer la fonction de député.

Mais entrer dans la cour des grands a un prix. Ce prix s’appelle Front National. Sommé, au cours d’émissions de radio, de se déterminer pour le deuxième tour de la présidentielle, il a esquivé tout en dénonçant cette tyrannie.

Cela n’a pas dû suffire : il faut condamner pour être adoubé. Surtout si l’on est suspect : Manif pour Tous, Veilleurs, catholique, transmission, le passif est lourd.

Alors notre plumitif a commis une tribune dans Le Figaro (qui se surpasse ces derniers jours…) du 27 avril : « A droite, tout est à reconstruire, tout commence. »

Après avoir éreinté (avec talent) le grand favori et « sa stratégie marketing », il entre ensuite dans le vif du sujet et attaque impitoyablement : « Le Front National apparaît pour ce qu’il est : une formidable machine à empêcher le renouveau et à maintenir en fonction les tenants de la déconstruction. Mme Le Pen avait fait élire François Hollande en 2012 et elle s’apprête à rééditer l’exploit. »

La surprise est grande, à double titre : non seulement par la mauvaise foi du propos mais aussi par sa stupidité. La politique, ou l’ambition, obscurcit l’intelligence parfois.

Mauvaise foi car l’absence ou la présence de Marine Le Pen au deuxième tour de la présidentielle ne change rien pour lui : c’est quand même de sa faute. Son crime est d’exister et surtout d’avoir beaucoup de voix, ce qui en effet dérange. En 2012 elle aurait donc fait élire Hollande en refusant de choisir. Mais que s’apprêtait à faire Sarkozy ? A voter Hollande contre elle s’il avait été éliminé.

Et en 2017, le crime est pire puisqu’elle pousse l’outrecuidance à être présente au second tour. Pourquoi y est-elle avec Macron d’ailleurs ? Peut-être parce que les électeurs français ne veulent plus des deux partis qui ont exercé le pouvoir ces dernières décennies. Avant de devenir le salarié de l’un des deux, notre philosophe devrait y réfléchir.

Et d’autre part qui sont les tenants de la déconstruction ?

Mitterrand et Hollande bien sûr, mais pas Giscard avec l’avortement et le regroupement familial ? Pas Chirac et ses douze ans d’immobilisme, sauf pour Bruxelles et l’immigration ? Pas Sarkozy et ses promesses reniées pour gouverner avec Kouchner et Frédéric Mitterrand ?

Tout cela est affligeant. Bellamy n’a rien compris.

Non seulement le constat est faux mais les perspectives qu’il entrevoit sont confondantes de naïveté : « Le travail qui nous attend est immense. Tout est à reconstruire. Tout commence. »

Avec qui ? Sarkozy qui dirige le parti en sous mains ? Pécresse farouchement favorable à l’avortement ? Les frères Baroin ou Bertrand ?

Croit-il qu’on lui laissera développer un nouveau projet ? La bonne blague.

Tous ceux qui ont essayé ont été broyés : Seguin, Millon, Villiers, dans des genres très différents s’étaient écartés du dogme immigrationniste ou européiste. Au bout du compte ils n’ont servi à rien alors qu’ils ont tous été ministres. Philippe de Villiers raconte dans un de ses livres comment, lorsqu’il était ministre de la culture, il a essayé de faire capoter l’installation des colonnes de Buren au Palais-Royal. Peine perdue : le grand constructeur Chirac a rendu son arbitrage et l’on est passé à autre chose.

Alors quand un ministre convaincu ne peut même pas faire cela que pourrait-il faire contre l’islamisation de la France qui est l’enjeu vital des prochaines années ?

Bellamy sera député, peut-être ministre un jour. Cela ne changera rien et il ne servira à rien.

Quel dommage, il aurait été tellement utile ailleurs…

Antoine de Lacoste

( 9 mai, 2017 )

La France est-elle condamnée à s’enfoncer encore ?

 

Lu sur « le Réveil Français »

 

Voilà c’est fait !
Un nouveau président a été élu dans des circonstances très particulières et apparemment ce n’est ni un souverainiste ni un patriote. Je lis ça et là le désespoir de ceux qui rêvaient de la victoire de Marine Le Pen : Ils se lamentent et désespèrent des Français qui décidemment sont « des veaux » pour reprendre l’expression d’un ancien général chef d’Etat, particulièrement mis à l’honneur en cette période de commémoration de la victoire alliée du 8 mai 1945.
Eh bien oui, c’est ainsi ! Marine a amélioré largement le score patriotique, mais n’a pas gagné cette élection, ça sera peut-être pour la prochaine fois. Ceux qui aiment la France doivent se dire quand même que le départ de Hollande est une bonne nouvelle. Car, si l’on peut raisonnablement penser que Macron ne sera que le continuateur d’une politique qui a amené notre pays au bord du gouffre, peut –être faut-t-il quand même lui reconnaître quelques qualités que n’a pas son prédécesseur.
D’abord il est très jeune, ce qui contraste avec la tradition républicaine qui a plutôt tendance à placer des séniors à la tête de l’Etat (contrairement à l’ancien régime qui alternait, de fait, jeune puis vieux)
De plus, malgré les contradictions et confusions déclaratives, il ne prétend pas, comme son prédécesseur, banaliser la fonction présidentielle. Curieusement, si le costume paraissait trop ample pour Hollande, Macron semble le remplir plus convenablement.
Il paraitrait, en outre, que le nouveau président aurait une vraie indépendance d’esprit et qu’il ne serait pas de ceux que l’on manipule facilement. A voir ! Je serai pleinement convaincu de cette force de caractère, si quelques jours après son « intronisation », il faisait interpeller Minc et Attali à l’aube pour haute trahison et complot contre la Nation… S’il plaçait BHL en isolement pour mégalomanie aigüe, comme fauteur de guerre résumant le partage du monde entre les bons et les méchants, (les premiers devant exterminer les seconds pour le bien de l’humanité).
Certes, il n’est pas possible que le nouveau président soit pire que son prédécesseur. Mais la situation de notre pays, de l’Europe et du monde, se dégrade. Cela veut dire que l’on risque de perdre encore cinq ans… On ne peut pas se le permettre. Il n’est pas impossible que le leader d’En Marche, soit notamment le chef d’Etat français qui vivra la fin de l’Euro, au moins dans la forme actuelle. Une profonde réforme des traités européens pourrait être engagée, puisqu’il l’a évoqué, tant il est vrai que l’on a plus de crédit pour réformer l’Europe quand on s’affiche européiste. La politique est ainsi. Si Macron veut mettre en place une politique qui ne laisse pas sur le carreau des millions de Français, il faudra qu’il prenne des distances avec ses mentors habituels pour mettre en œuvre une vrai politique de redressement du pays. Cela suppose, par exemple, que les Français et les étrangers n’aient pas les mêmes droits sur notre sol ou que la finance internationale ne pèse pas sur ses choix politiques.
Peut on compter sur sa lucidité « exceptionnelle » comme semblent en attester ses proches ? Cela signifierait qu’il n’applique pas ce qu’il a annoncé ou du moins ce qu’on en a compris. Nul doute que sa tâche sera immense. Ceux qui aiment la France ne peuvent que lui souhaiter de réussir, c’est-à- dire nous sortir du guêpier dans lequel ses propres amis et lui-même nous ont placé.

Olivier Dejouy

( 8 mai, 2017 )

Onze millions

 

Lu sur « lafautearousseau » cette très bonne analyse des résultats de l’élection présidentielle.

 

On le savait depuis des mois, c’est arrivé : le candidat opposé à Mme Le Pen au second tour a été élu.

 

Certains, dans les deux camps, mais pour des raisons bien différentes, ont fait mine de croire jusqu’au bout que rien n’était « joué » : les partisans de M. Macron pour mieux instrumentaliser un F.N. réduit au rôle de repoussoir électoral, les partisans de Mme Le Pen parce que victimes de l’illusion démocratique générée par le système lui-même.

Voici donc M. Macron élu. Elu avec 65% des suffrages exprimés. On pourrait ergoter et faire valoir que, compte tenu des millions de non-inscrits et d’abstentionnistes (sans parler des bulletins blancs et nuls), il aura obtenu à peine plus de 16,5% du total des Français en âge de voter au 1er tour et environ 40% au 2nd tour. Ce petit calcul en guise de réponse à M. Bayrou qui fait mine de croire que M. Macron représente deux Français sur trois : disons deux sur cinq au mieux, ce qui donne d’ailleurs une idée assez précise, arithmétique à l’appui, de ce que l’on nomme la souveraineté populaire en France démocratique.

N’importe, foin des pourcentages, il est élu. Et pourtant, malgré quinze jours d’un matraquage médiatique ininterrompu en sa faveur et la coalition de la quasi totalité des politiciens et des membres de la « société civile » au sens large, ils auront été onze millions à dire explicitement non, par leur vote en faveur de Mme Le Pen, à son projet essentiellement financier, libéral et euro-mondialiste. Mieux : malgré la campagne sans envergure intellectuelle, parfois même incohérente et finalement décevante d’une Mme Le Pen, manifestement pas à la hauteur de l’enjeu et de ses propres prétentions, ils auront été onze millions à dire, avec elle, oui à la souveraineté nationale, et non à l’immigration sauvage et incontrôlée.

M. Macron, en bon petit soldat du système, a fort logiquement remporté cette élection. A défaut de vaticiner, on peut penser qu’il ne sera ni un président-fainéant comme M. Chirac, ni un président oublieux de la plupart de ses promesses comme MM. Sarkozy et Hollande; on peut penser aussi que le scénario le plus probable dépend du résultat des prochaines élections législatives : soit il sera contraint à une cohabitation hasardeuse, soit il pourra mettre en oeuvre (ou tout au moins essayer) ce qu’il a dit et que nous avons assez condamné ici même. Cela pourrait même dégénérer, avec M. Macron dans le rôle de M. Hollande, en scénario du pire : voir se réaliser la fiction imaginée par M. Houellebecq c’est-à-dire la désagrégation accélérée du pays, désormais miné par l’islamisme, avec une élection « ethnique » dès 2022.

Mais ce serait sans compter avec ces onze millions. Cette fois encore, grâce à M. Macron, dont certains affirment qu’il a été piloté par l’Elysée, le système a survécu. Rien ne dit qu’il en sera toujours ainsi. Comme le dit le poète, « lui seul croit encore au long temps de son règne » : onze millions de Français auront pris date pour rappeler que cette fois-ci pourrait bien être la dernière.

Louis-Joseph Delanglade

( 5 mai, 2017 )

La visite de Macron à Oradour : une ignominie

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

 

Mur-bleu gds.jpgMacron prétend qu’« il ne faut pas oublier », alors qu’il participe du crime de mémoricide du génocide vendéen.

Une odieuse action de récupération moralino-politique de l’horreur d’Oradour. Une indécence malsaine qui pue : il n’y a pas d’autre mot pour qualifier la honteuse visite (!) de Macron à Oradour-sur-Glane.

Car, pourquoi le candidat du PC et du Medef, de Hollande et du pédophile Cohn-Bendit, de Juppé-Sarko-NKM etc.… et Robert Hue, est-il allé à Oradour ? Pour, selon lui – mais il ment – « ne pas oublier » !

Alors, oui ! Nous pouvons affirmer qu’Emmanuel Macron a menti. Car, comment peut-il prétendre qu’ « il ne faut pas oublier » , lui qui incarne et prétend présider le Système qui a commis le premier génocide des temps modernes, le génocide vendéen ? Et qui ajoute à ce premier crime, justement parce qu’il le nie, un second, aussi terrible : celui de mémoricide ?

Comment cet homme, qui accepte le génocide vendéen et, pire encore, le nie, ose-t-il venir nous dire qu’il ne faut « jamais oublier Oradour » ? Avec lui, la tartufferie passe les bornes !

Bien sûr qu’il ne faudra jamais oublier Oradour.

Ni, surtout, la République qui en est directement responsable :

- elle qui a perdu une paix glorieusement mais trop chèrement acquise : un million et demi de jeunes français, couchés froids et sanglants sur leur terre mal défendue ;

- elle qui, malgré les objurgations d’un Bainville, d’un Maurras, d’un Daudet, mais aussi de tant d’autres, n’a pas démembré l’Allemagne, à peine âgée de quarante-huit ans, en 1918 ;

- elle qui n’a pas préparé la France à la revanche que l’Allemagne, de son côté, a préparée dès cette date ;

- elle qui a désarmé mentalement et militairement la France, préférant aider la République espagnole et gâchant les dernières années qui restaient avant 39 pour nous mettre au niveau d’une Allemagne transformée par Hitler en forge de Vulcain ;

- elle dont le Pays légal a délibérément ignoré les dénonciations par Bainville, dès 1930, de « l’énergumène », du « monstre », du « minotaure » Hitler et « la persécution d’Israël » ainsi que « les camps de concentration ».

Alors, monsieur Macron-Hollande, si vous voulez que l’on n’oublie pas, chiche ! nous vous prenons au mot !

Commencez donc par ne pas oublier, commencez donc par reconnaître, le génocide vendéen, matrice de tous les génocides qui suivront, de même que la sinistre Révolution française est la matrice de tous les totalitarismes du XXe siècle.

Commencez donc par apprendre leur Histoire aux jeunes Français, une histoire dont la vérité officielle – qui n’est qu’un grossier mensonge – les a privés : l’horreur absolue d’Oradour avait déjà eu lieu cent cinquante ans auparavant, en 1794, par des mains françaises, dans le petit village des Lucs-sur-Boulogne, et elle est le fait des sinistres Colonnes infernales de la Convention, envoyées sur place avec les ordres écrits de Robespierre et de Lazare Carnot, des ordres que tout un chacun peut consulter…

Commencez donc par reconnaître la culpabilité de la République idéologique française dans le désastre de 39-45, et tout ce qui s’en est ensuivi, afin qu’on commence à y voir un peu plus clair.

Alors, et alors seulement, on pourra vous prendre au sérieux, et voir dans vos propos lors de votre misérable exploitation du drame d’Oradour autre chose que ce qu’il y a : une minable tentative de récupération moralino-politicienne d’une page terrible de notre Histoire, dont le Système mortifère qui nous accable est le premier responsable.

( 4 mai, 2017 )

L’entreprise de racolage de Macron dézinguée par Finkielkraut

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Au moment où nous rédigeons ces lignes s’est achevé le débat indigne et sans qualité ayant infligé deux heures et demi d’écoute dégradante et inutile à des millions et des millions de Français. Achèvement de la plus insane des campagnes présidentielles qui ait existé sous nos cinq républiques. Il paraît radicalement impossible qu’un Chef de l’Etat digne de gouverner comme il convient un grand pays comme la France, puisse jamais sortir de telles procédures  – qui laissent le spectateur sidéré, abattu, dégoûté.  Epuisement du régime ? Autres exemples : les deux sujets de cette nouvelle excellente chronique, comme souvent celles de Nicolas Gauthier, parue dans Boulevard Voltaire, hier, 3 mai. Sans autres commentaires.  LFAR 

 

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La campagne de second tour d’Emmanuel Macron ? Après le grotesque – la récupération de ceux qui font le show –, l’ignoble : l’instrumentalisation des victimes de la Shoah.

Le grotesque, pour une fois, n’est pas totalement de son fait, mais de celui d’artistes pétitionnaires – au nombre de cent – appelant (quelle surprise) à faire « barrage à Marine Le Pen ». Inutile, chez ces gens, de chercher les têtes d’affiche de leurs arts respectifs, s’agissant plutôt de têtes de gondole destinées aux soldes de printemps ; bref, de troisièmes ou quatrièmes couteaux jouant à se faire peur avec une possible Nuit des petits canifs.

Leur texte est grotesque à double titre. Par sa formulation hasardeuse, déjà : « Le Front national ne cesse de tirer à boulets rouges sur l’art contemporain, c’est-à-dire sur les formes de l’art sans précédent » [définition pour le moins sujette à caution, NDLR]. C’est pourtant là que réside l’éminente fonction de l’art qu’est la subversion, qui va du léger déplacement au renversement scandaleux. La liberté de penser et de créer, la liberté d’inventer et d’affirmer, la liberté d’interpréter et de critiquer le monde comme il va ou ne va pas, sont choses précieuses, ô combien ! »

Aussi précieuses que leurs subventions publiques, soit l’argent du contribuable ? Nos anarchistes d’État ne le précisent pas.

Pis : ces mutins de Panurge, incapables d’aller au bout de leur logique, n’appellent même pas à voter pour Emmanuel Macron, puisqu’il est reproché à ce dernier de vouloir privilégier « mécénat et partenariat privé ». Nos chers zartistes ne devraient pourtant pas faire la fine bouche, à en juger du goût de latrines de milliardaires tels que Bernard Arnault, jamais avare de prébendes. Surtout lorsque distribuées avec un mauvais goût très sûr aux tenants d’un art « conceptuel » aux concepts plus que flous, art volontiers « dérangeant », mais ne dérangeant finalement plus personne : le bourgeois contemporain, au même titre que l’antifâchiste classique, donne aujourd’hui d’indéniables signes de fatigue.

Après le grotesque, l’ignoble. Et là, les récentes déclarations d’Emmanuel Macron ne prêtent plus à rire, au contraire de la très distrayante pétition plus haut évoquée.

Ainsi, ce dimanche 30 avril, après une visite à Oradour-sur-Glane, le jeune Trogneux était-il en marche vers le mémorial de la Shoah, dans le IVème arrondissement parisien, histoire de rendre hommage à « toutes ces vies fauchées par les extrêmes ». Suivez le regard appuyé et l’œil en coin. Les extrêmes ? Le Pen ou Mélenchon ? Quel cadavre planqué dans l’armoire en caleçon à croix gammées ? Ce n’est pas pour rien que sa Brigitte lui a enseigné le théâtre ; de boulevard, semble-t-il.

Puis, toujours en roue libre, le même d’assener : « Nous avons aujourd’hui un devoir qui est double, le devoir de mémoire. Nous avons aussi le devoir que cela n’advienne plus jamais, en acceptant en rien l’affaiblissement moral qui peut tenter certains, le relativisme qui peut en tenter d’autres, le négationnisme dans lequel certains trouvent refuge. »

S’il avait poursuivi de ses assiduités sa prof d’histoire plutôt que celle de français, Emmanuel Macron aurait su que l’un des premiers à s’être historiquement « réfugié » dans le négationnisme n’était autre que Jean-Gabriel Cohn-Bendit, frère de Dany Cohn-Bendit, l’un des premiers soutiens du micro-parti En marche ! Comme quoi « l’affaiblissement moral » se niche aussi dans les meilleures familles, entre aîné révisionniste et cadet appréciant les mains enfantines dans sa braguette…

Cette visite aux allures de racolage sur des lieux de mémoire a provoqué la sainte colère d’Alain Finkielkraut qui, ce dimanche, sur les ondes de RCJ (Radio communauté juive), lors de l’émission hebdomadaire « L’Esprit d’escalier », présentée par Élisabeth Lévy, s’insurge de la sorte : « C’est le fils de déporté en moi qui hurlait. On ne peut pas faire de l’extermination des Juifs un argument de campagne. Les morts ne sont pas à disposition. Le devoir de mémoire dont on parle tant consiste à veiller sur l’indisponibilité des morts. »

Pour ce philosophe, dont une grande partie de la famille est morte en déportation, de tels comportements paraissent, à juste titre, relever plus encore de l’obscénité que de l’ignominie : « La question du négationnisme demande tout autre chose qu’une halte rue Geoffroy-l’Asnier [adresse parisienne du mémorial en question, NDLR] pour mobiliser l’électorat juif contre Marine Le Pen, car ce ne sont pas des jeunes militants du FN qui rendent impossible l’enseignement de la Shoah dans les écoles ou qui vont chercher des faits alternatifs aux camps de la mort. De cette terrible réalité, je ne vois guère d’écho dans la campagne d’Emmanuel Macron. Il ne cesse de faire des clins d’œil aux jeunes des banlieues et réserve ses coups à la bonne vieille bête immonde. »

Il n’empêche qu’à reculons et du bout des doigts, Alain Finkielkraut déposera néanmoins un bulletin Macron dans l’urne ce dimanche prochain, tout en se désolant de la sorte : « Marine Le Pen sera peut-être battue, mais comment se réjouir d’une victoire du faux ? » Il y a, décidément, des pas qu’Alain Finkielkraut peine à franchir, posant de bonnes questions tout en y apportant de mauvaises réponses, tel qu’affirmait jadis Laurent Fabius à propos d’un certain Jean-Marie Le Pen. 

Journaliste, écrivain

 

( 2 mai, 2017 )

Quelle métamorphose institutionnelle pour la France ? Partie 2 : La Monarchie pour la métamorphose.

 

Lu sur le blog de « Jean-Philippe Chauvin »

 

La métamorphose de la représentation civique et de la vie politique, et parlementaire sans doute après le 18 juin prochain (second tour des élections législatives), requiert une intervention politique aussi bien pour l’ordonner que pour la stimuler, mais aussi pour en brider les débordements chaotiques : or, il n’est pas certain que la forme républicaine de l’État soit la plus adaptée à ce grand chantier institutionnel, à cette métamorphose souhaitée par beaucoup et souhaitable pour tous, et M. Macron lui-même montrait, dans un entretien publié dans la revue Le1 en juillet 2015, combien la démocratie actuelle « comporte toujours une forme d’incomplétude » en République par l’absence de « verticalité », de cette « figure du Roi » qui répond à la demande d’émotion et d’union dans une nation, dans un ensemble collectif issu de l’histoire et acteur de celle-ci. A moins de rendre à la fonction d’arbitre suprême l’indépendance de fait et de naissance que procure le mode de succession héréditaire déjà appliqué dans sept États de l’Union européenne, la métamorphose institutionnelle ne peut se réaliser pleinement !

Ainsi, la France aurait, à son tour, tout à gagner de l’établissement d’un véritable régime mixte : un État monarchique royal en son sommet, arbitre et protecteur de républiques provinciales, communales et professionnelles, dotées les unes et les autres de vrais pouvoirs, législatifs ou de négociation, particuliers. Ce qu’a réussi, au moins pour les régions de son royaume, le roi Juan Carlos en Espagne dans les années inaugurales de son règne, en bouleversant l’organisation interne de son royaume et en réactivant les autonomies et les citoyennetés provinciales. C’est cette « révolution politique des territoires et de leurs pouvoirs », par le moyen de ces nouvelles institutions monarchiques et enracinées dans l’histoire de la nation qu’il s’agit de promouvoir, ne serait-ce que pour « éloigner » le Pouvoir d’État des citoyens eux-mêmes, non pas pour les déposséder de leur citoyenneté effective et sensible, mais au contraire pour leur permettre un véritable épanouissement civique et personnel dans le cadre d’un meilleur équilibre des rapports entre la Direction générale de la nation et les libertés publiques locales.

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Ces nouvelles agoras, ces républiques françaises sont demandées par le corps électoral, de façon parfois rude et souvent inconsciente, et la Monarchie fédérative des pays et peuples de France peut apporter quelques forts éléments de réponse aux attentes françaises que certains peuvent qualifier de « démocratiques » sans que cela ne me choque, loin de là : je suis fidèle à la pensée de La Tour du Pin qui souhaitait la Monarchie dans l’État, et la démocratie dans les provinces et les communes, avec l’utilisation des compétences à tous les étages sans qu’elles prennent le pas sur l’autorité royale et les libertés publiques (compétences qu’ils qualifiaient d’aristocratiques au sens grec du terme).

La métamorphose institutionnelle, si elle veut être à la fois utile et efficace, ne peut se faire que dans un cadre monarchique « fédératif », ce que me signalait fortement l’écrivain Marcel Jullian (1) en me déclarant que c’était le moyen privilégié pour « rendre leur citoyenneté complète à tous les citoyens français » et cela sans nuire à l’unité française qui, en définitive, ne doit pas être confondue, comme l’a trop longtemps fait et continue à le faire la République, avec « l’indivisibilité », synonyme d’uniformité et non de l’inaliénabilité et de l’intégralité du pays que, d’ailleurs, la République est bien incapable d’assurer sur le long terme, comme le prouve l’histoire des deux derniers siècles et une actualité cruelle et récente…

 

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Jean-Philippe CHAUVIN

Notes : (1) : Marcel Jullian, (1922-2004), co-scénariste de « La grande vadrouille » et président de la deuxième chaîne de télévision publique entre 1975 et 1978.

( 2 mai, 2017 )

Quelle métamorphose institutionnelle pour la France ? Partie 1 : le processus en cours.

 

Lu sur le blog de « Jean-Philippe CHAUVIN »

L’élection présidentielle, toujours en cours, l’a abondamment montré et démontré une fois encore : il y a un malaise dans la représentation et la vie politique de notre pays. Est-ce, en définitive, propre à la France ? Pas vraiment ! Nombre de nos démocraties occidentales connaissent les mêmes symptômes de contestation interne ou de désaffection : ligues ou lignes populistes ; poussées des dissidences et des marges, parfois issues des deux bords de l’échiquier politique ; abstentionnisme important ; volatilité des électorats ; crise, voire éclatement des grands partis traditionnels…

En somme, les basses eaux idéologiques que nous connaissons actuellement, l’affaiblissement de nombre d’institutions sociales ou la perte de crédit de l’État, trop souvent impuissant face aux grands enjeux économiques et sociaux (voire environnementaux), sont en train de perturber les fondements mêmes de notre système politique. De toute évidence, et sans attendre le soir des élections législatives du 18 juin prochain, celui-ci est en pleine recomposition, voire en décomposition. Il parvient surtout de moins en moins à engendrer de véritables enthousiasmes collectifs et le ralliement des principaux ténors du paysage politique français au candidat Emmanuel Macron ressemble plus à de la peur ou à de l’intérêt partisan qu’à une adhésion d’espérance. Par conséquent, ce système politicien tout autant que politique ne peut plus tout à fait prétendre seul au monopole du lien et du débat civiques.

Quelle métamorphose institutionnelle pour la France ? Partie 1 : le processus en cours. dans actualités bistrotsdoisneau

 A bien des égards, et au regard de la situation (presque) inédite de finalistes présidentiels issus de partis « hors système » dans le sens où leur représentation parlementaire est, pour l’heure, marginale et « en rupture » avec les structures partisanes classiques et dominantes, nous voyons les grands appareils de partis ne tenir debout que par routine et par la « contrainte de structure », désormais insuffisante (au regard des résultats électoraux), de la démocratie parlementaire de la Cinquième République.

Sans doute voyons-nous se développer (1), sans toujours bien l’appréhender, le remplacement des anciennes références idéologiques par des appartenances moins rigides (quoique…) mais plus « concrètes », davantage reliées à la vie sociale, communale et professionnelle, et à des formes d’identité qui renvoient aussi à des fondations ou à des mythes fondateurs parfois anciens, que cela soit dans le cadre provincial (aujourd’hui bien différent du cadre administratif régional), national ou dans celui de l’imaginaire « révolutionnaire », voire religieux, mais aussi dans celui du social et d’une nostalgie d’une période qualifiée, sans trop de discernement, de « Trente Glorieuses », sorte de nouvel âge d’or mythique de la société française s’intégrant alors dans une société de consommation qui n’avait pas encore tranché le lien avec les racines françaises… Nostalgie du monde de Jacques Tati et de celui, simultané, de Guy Lux…

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Mais ces appartenances et allégeances diverses, provinciales en particulier, celles-ci revivifiées depuis les années 1960 après deux siècles de centralisation administrative en France, mais également sociales et, même, face aux vents de la mondialisation, nationales, ces deux dernières se conjuguant en un populisme à plusieurs têtes (Mélenchon et Le Pen sûrement… peut-être même Macron, en faveur des classes moyennes ?), exigent une nouvelle modalité de représentation pluraliste institutionnelle, qui tienne aussi compte des risques de dérives communautaristes et s’attache à les éviter, ou à les « intégrer » à la Communauté nationale de vie et de destin.

Jean-Philippe CHAUVIN

 

Notes : (1) : en fait, le processus a débuté il y a déjà un bon moment, et je l’évoquais déjà dans les années 1990-2000… Nous arrivons peut-être désormais à l’aube de son épanouissement visible, à moins qu’il ne soit déjà en cours de maturité…

 

( 17 avril, 2017 )

Une République insatisfaisante.

 

Lu sur le blog de Jean-Philippe CHAUVIN

 

Encore une semaine avant de connaître les noms des deux finalistes à la présidentielle du 7 mai prochain ! Dans cette campagne qui aurait pu être totalement passionnante si elle n’avait été la lutte des égotismes et la révélation de « tous » (n’exagérons rien !) les scandales de la République du moment et de ses prétendants, les petits candidats ont su, au moins médiatiquement, tirer leur épingle du jeu, et cela me laisse d’autant plus amer de l’absence d’un candidat susceptible d’avancer les idées d’une alternative royale à cette pauvre Cinquième République si mal servie par ses propres desservants habituels et ses chevaliers-servants présidentiels…

Mais cette campagne a aussi montré, a contrario, les avantages d’une vraie Monarchie royale qui échappe aux manœuvres politiciennes et aux incertitudes électorales, à l’inverse de cette monocratie présidentielle que MM. Mélenchon et Hamon, dans leur jeu de duettistes complémentaires, dénoncent à l’envi, dans la lignée d’un François Mitterrand, auteur du plus brillant des pamphlets (1) contre les institutions dont il allait, ensuite et le mois de mai 1981 venu, endosser la charge…

Une République insatisfaisante. dans actualités bistrotsdoisneau

En effet, comment se satisfaire d’une République qui livre la magistrature suprême de l’État à une telle querelle des ambitieux et en oublie trop souvent les grands enjeux politiques, diplomatiques, sociaux et environnementaux pour ne s’intéresser qu’aux défauts, non pas tant des programmes eux-mêmes que des candidats ou de leurs intentions supposées ? Comment aimer une République qui semble n’être plus qu’un gouvernorat au service d’une Union européenne, elle-même si peu sociale et trop peu politique pour être crédible aux yeux du monde comme de ceux de ses propres habitants ? Comment servir une République qui avoue constamment son impuissance (par manque de volonté ?) face aux puissances économiques et aux instances dites « européennes », préférant se réfugier derrière l’alibi d’une mondialisation « obligatoire » pour ne pas répondre aux inquiétudes (qualifiées de « populistes », « protectionnistes » ou « nationalistes », voire pire…) de populations déboussolées et, parfois (ceci expliquant aussi cela) déracinées ? Les derniers discours de l’actuel locataire de l’Élysée sont, à cet égard, particulièrement éclairants : la rhétorique qui mélange intentionnellement le protectionnisme économique et le nationalisme politique, sans beaucoup d’égard pour la nécessaire nuance et modération de langage en ces domaines, n’est pas seulement agaçante, elle est particulièrement malhonnête si l’on ne définit pas ce que l’on entend par protectionnisme et par nationalisme !

Comment se satisfaire d’une République qui, au soir du 7 mai et quand le vainqueur saluera ses partisans et commencera, si ce n’est déjà fait auparavant, à les trahir pour pouvoir présider, sera encore suspendue aux élections législatives suivantes et au risque d’une possible cohabitation, caricature de l’union nationale et désaveu permanent du Chef de l’État par le gouvernement, au risque d’affaiblir encore plus l’État et la nation au moment où la « décision politique » claire et nette est vitale pour affronter les défis d’un monde contemporain dangereux et d’un avenir incertain ? Comment se satisfaire d’une République qui risque bien, une fois de plus, de faire perdre cinq ans à la France et, pire encore, une grande part de sa crédibilité restante sur les plans européen et mondial ?

Décidément, la République n’est pas ce qui convient à la France, et j’en suis plus encore persuadé aujourd’hui qu’hier : il n’y a pas que l’histoire qui, d’une certaine manière, tranche en ce domaine. Il y a aussi cette actualité si malheureusement éclairante, de cette lumière blafarde qui annonce des petits matins sans joie mais pas sans peine…

Jean-Philippe CHAUVIN

Note : (1) : « Le coup d’État permanent », ouvrage paru en 1964.

( 17 avril, 2017 )

Et si c’était vrai ?

 

Lu sur « lafautearousseau » cette analyse comme toujours très juste de Louis-Joseph Delanglade

 

Philippe Val, dont on sait qu’il a exercé de hautes responsabilités à Charlie Hebdo (1992-2009) et à France Inter (2009-2014), vient de déclarer sur France 5, à propos du roman Soumission, que ce qui n’était que fiction voici deux ans est maintenant un commentaire de l’actualité. Sans doute fait-il référence à l’ambiance de violences généralisées dans laquelle nous vivons désormais, du fait de certains. Et, par là même fait-il écho à la définition réaliste de Stendhal pour lequel « un roman, c’est un miroir qu’on promène le long d’un chemin » (Le Rouge et le Noir). Mais, alors que certaine échéance s’approche, qu’en est-il de la chronique d’un cauchemar annoncé que constitue le roman d’anticipation de M. Houellebecq ? Son récit repose en effet sur un second quinquennat de M. Hollande, marqué par un délitement du pays qui favorise l’irrésistible montée en puissance d’un islamisme intérieur doux (« fraternité musulmane ») et l’élection en 2022 du candidat musulman, contre Mme Le Pen mais avec, comme il se doit, le soutien des autres grands partis et l’inévitable ralliement de M Bayrou : les « élites » se soumettent, la société est islamisée.

Si le renoncement de M. Hollande semble donner tort à l’écrivain, en fait le pire reste malheureusement possible. Le bon sens le plus élémentaire invite en effet à considérer que le candidat Macron n’est que l’avatar, même subliminal, de M. Hollande. Dans Un président ne devrait pas dire ça, M. Hollande déclare d’ailleurs explicitement : « Emmanuel Macron, c’est moi ! ». On peut lire par ailleurs (Boulevard Voltaire, 13 avril) le scénario tout à fait crédible proposé par M. Bernadac de la manipulation que constitue la « candidature de substitution » de M. Macron, lequel n’aurait été au départ que le « prête-nom » d’un M. Hollande bien incapable de se représenter. Le soutien en creux de M. Hollande et la distance affichée par M. Macron à l’égard de son mentor n’infirment nullement, bien au contraire, ce scénario.

Or, pour rester dans le cadre « islamique » du roman de M. Houellebecq, on ne peut qu’être inquiet des propos et des propositions de M. Macron dont on peut dire qu’ils ne feront que conforter dans sa conscience communautaire une partie grandissante de la population. D’abord bien évidemment parce que M. Macron ne remet pas en cause l’aspect purement quantitatif de la question musulmane en France : dans la droite ligne des dernières présidences, ce serait avec lui encore et toujours plus d’immigrés donc forcément, vu la provenance de ces derniers, encore et toujours plus de mahométans. Ensuite parce qu’il se veut un chaud partisan de la discrimination positive, laquelle consisterait à favoriser, au détriment des malheureux « Gaulois », la « diversité », c’est-à-dire pour l’essentiel des ressortissants français  issus de l’immigration, donc des musulmans.

On se souvient des drapeaux étrangers, drapeaux de pays musulmans bien entendu, brandis, place de la Bastille, par les partisans et électeurs de M. Hollande, après sa victoire de mai 2012. Cinq ans après, à trois semaines de l’élection présidentielle, M. Macron ne veut voir dans son public « marseillais » que des Algériens, des Tunisiens, des Comoriens, des Maliens, etc., c’est-à-dire en fait des musulmans, peut-être français, mais d’abord considérés dans leur identité originelle islamique. Pis : en déplacement à Alger, il n’a pas hésité à flatter bassement un pouvoir algérien qui hait la France et se réclame de l’islam, envoyant un signal catastrophique aux millions de bi-nationaux franco-algériens vivant de ce côté-ci de la méditerranée.

Alors, oui, si M. Macron devait être élu, ce serait pour le pire. On préférerait que le roman de M. Houellebecq restât ce qu’il devrait rester : une fiction.

Louis-Joseph Delanglade

( 15 avril, 2017 )

« The King »

 

 

Le King a-t-il sa place dans ce blog de la Lorraine Royaliste ? Grave question.

Le King, bien sûr, c’est le roi, donc parlons-en. A vrai dire, j’évoque ce personnage parce qu’il est récemment décédé.  Chuck Berry un des rois de cette musique qui a déferlée chez nous au début des années 1960. Je veux parler ici du « Rock-and-Roll ».

C’était au temps où l’armée américaine  était basée en partie en lorraine, depuis la Libération. Je travaillais alors au camp de T.D. qu’il fallait prononcer Ti-di (Toul-dépôt) en forêt de Haye, au mess des officiers américains. Chez eux, le chanteur alors à la mode était un Sudiste surnommé The King, Elvis Presley de son vrai nom. Je devais alors faire connaître ce chanteur aux jeunes Nancéiens de cette époque, puisque j’ai possédé ses disques.

A l’exemple de Saint-Germain-des-Prés avec ses caves où se produisaient les musiciens alors à la mode, tel le populaire Sydney Bechet, j’avais aménagé une vaste cave cours Léopold avec piste de danse. En ce lieu les disques du King Presley avaient remplacé Bechet (Les oignons. Petite Fleur…). Bref, le Rock-and-Roll était lancé à Nancy… Très peu de temps après, un ami Nancéien, Jean-Claude Berthon, lançait la toute première revue sur cette nouvelle musique et ses interprètes. Sous le titre de « Disco-Revue », ce magazine connu un immense succès national. Nous avons fait venir alors à Nancy des vedettes internationales du rock, tel Gene Vincent, puis des groupes Français débutants, comme Johnny Halliday, que j’avais connu à ses débuts à Bandol ou je travaillais à l’époque. Plusieurs groupes de ce style furent créés à Nancy. Mon frère, dit Mickey, était chanteur dans l’une de ces formations qui jouait alors le plus souvent sur scène dans la vaste salle du Lux, rue de Mon-désert. Un soir, où il était tête d’affiche, il se produisait au théâtre de Lunéville. La salle était pleine. Curieusement, parmi le public se trouvait un groupe de jeunes filles anglaises (d’échanges scolaires, il me semble). Bref, mon frère chanteur qui ne connaissait pas un mot d’Anglais à braillé dans le micro, couvert en partie par les guitares et la batterie, les airs à la mode du King Presley et Little Richard. Inutile de dire la confusion du frangin quand il a appris la présence des jeunes anglaises parmi le public ; sa prononciation en anglais n’était certes pas fameuse, mais les airs de l’époque étaient uniquement interprétés en cette langue.

Supplanté par la revue Salut les Copains, qui avait les formidables appuis d’Europe N°1, Jean-Claude Berton a sabordé Disco-Revue, pour devenir organisateur de concerts de rock et de folk. Puis, il est revenu à Nancy pour ouvrir une boutique de disques sur la place Thiers.

Ainsi, une mode chasse une autre. Le rock est aujourd’hui remplacé par le rap.  Johnny est devenu, tout comme moi, un vieux bonhomme !

(En ce temps-là, que je viens de survoler, j’étais jeune et beau… Désormais, je ne suis plus que beau !).

 

Jean-Marie Cuny

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