( 6 mai, 2020 )

Le COVID-19 révélateur du naufrage structurel de l’Afrique

 

Communiqué de l’Afrique Réelle

 

L’Afrique qui sombre économiquement, socialement et politiquement accuse le Covid-19 d’être la cause de son naufrage alors qu’avec « seulement » 47581 cas et 1862 décès pour 1 milliard 400 millions d’habitants  au 5 mai 2020 (OMS), elle était humainement épargnée.
Il importe d’être très clair : aucun des maux actuels de l’Afrique n’a été provoqué par le virus, leur origine se trouvant dans la crise structurelle qui secoue le continent depuis la décennie des indépendances. Le Covid-19 en est le révélateur et l’accélérateur, pas la cause. Mais la pandémie est utilisée comme prétexte par les dirigeants africains pour gommer leurs responsabilités ou même pour s’en exonérer.
Car enfin :
1) Le Covid-19 n’est pas responsable de la suicidaire démographie africaine.
Une démographie qui, avec 50 millions de naissances annuelles, annihile toute possibilité de « développement ».
2) Le Covid-19 n’est pas la cause de la pauvreté abyssale de l’Afrique.
En 2000, vingt ans donc avant le Covid-19, les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) adoptés par 189 Etats, actèrent qu’aucun recul de la pauvreté africaine ne pouvait être envisagé sans un minimum de croissance annuelle de 7% soutenue durant plusieurs années. Or, année après année, il a manqué à l’Afrique entre 3 et 4% de croissance pour atteindre cet objectif. Résultat, loin de se combler, et en dépit des sommes colossales déversées par les pays « riches », la pauvreté africaine a continué à augmenter. Le Covid-19  n’y est  pour rien.
3) Le Covid-19 n’est pas à l’origine de la non-diversification des économies africaines
Les variations du prix des matières premières sont cycliques. Leur actuelle baisse a débuté plusieurs années avant le Covid-19  et elle a des conséquences telluriques pour des pays comme l’Algérie ou le Nigeria qui en tirent jusqu’à 98% de leurs recettes. Mais une fois encore, nous ne sommes pas face à une nouveauté, l’Afrique ayant déjà plusieurs fois subi ce phénomène. Or, quand les cours connaissaient des cycles hauts, les pays africains dépensèrent sans compter. Aujourd’hui, confrontés à un cycle baissier, ils sont incapables de faire face à leurs échéances. Les voilà donc contraints de s’endetter pour simplement acheter la paix sociale et tenter d’éviter la révolution.  Le Covid-19 n’est responsable, ni de leur manque d’anticipation, ni de leur imprévoyance.
4) Le Covid-19 n’a pas provoqué la faiblesse des IED (Investissements étrangers directs) en Afrique.
En mai 2018, deux ans avant le Covid-19, la BAD (Banque africaine de développement) soulignait que pour les seuls investissements dans les infrastructures essentielles, l’Afrique avait besoin annuellement de 170 milliards de dollars d’IED (Investissements étrangers directs).  Or, au total de tous ses postes, elle n’en reçut cette année-là que 60 mds sur les 2000 milliards (mds) de dollars d’IED mondiaux (Banque mondiale). L’Afrique, dans l’ensemble de la globalité de ses 54 pays et de son 1,2 milliard d’habitants a donc reçu presque autant d’IED que Singapour (61,6 mds pour 6 millions d’habitants), et moins que l’Irlande (79,2 mds pour 5 millions d’habitants)… Le Covid-19 n’est évidemment pas responsable de ce désintérêt des investisseurs.
Quant aux questions relevant de l’ethno-politique, de la « mauvaise gouvernance » ou encore de la corruption, elles n’ont pas non plus été créées par le Covid-19.
Comme ses problèmes structurels sont et seront aggravés par les conséquences mondiales de la pandémie, l’Afrique va donc s’enfoncer encore davantage dans le néant. Les pays « riches » et en crise, vont alors généreusement voler à son secours au moyen d’aides d’urgence, d’annulations de dettes et de nouveaux budgets de « développement ». Ces cache-misère ne régleront rien. Pire, ils infantiliseront encore davantage les Africains tout en ne faisant que reculer le moment de l’inévitable collapsus. L’autopsie permettra alors de constater que les Diafoirus des ONG, les architectes du « développement », les tendeurs de sébiles et les bonnes âmes auront tué l’Afrique. Mais il sera trop tard…
Voilà pourquoi, et comme je l’explique dans mon livre Osons dire la vérité à l’Afrique, il est maintenant vital de changer de paradigme. Celui de la victimisation avec la rente victimaire (« le développement » en langage politiquement correct) qui est son corollaire, est à bout de souffle. De plus, il interdit de décrire la réalité au risque de se voir qualifié d’ « afro-pessimiste » et traité de « raciste ». Or, à mauvais diagnostic, mauvais traitement.
Et pourtant, le remède existe. Mais il passe par l’abandon des Nuées, le retour au réel, le rejet de l’universalisme et avant tout par l’acceptation de la notion de différence. Car, comme le disait le maréchal Lyautey, l’Afrique est « autre ». Et c’est parce qu’elle est « autre », que nos modèles élaborés au XVIIIe siècle dans les loges et les cabinets philosophiques lui sont aussi peu adaptés qu’un greffon de prune sur porte-greffe qui serait un palmier…
Bernard LUGAN
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( 6 mai, 2020 )

Rappel à Dieu de Madame Jérôme Lejeune

La Fondation Jérôme Lejeune nous fait part de cette triste nouvelle. Les Royalistes Lorrains présentent à toute sa famille ainsi qu’à la Fondation leurs plus sincères condoléances. L.R.

 

Le président de la Fondation Jérôme Lejeune, avec l’ensemble des collaborateurs de la Fondation et de l’Institut Jérôme Lejeune, ont la grande tristesse de vous annoncer le décès, ce mercredi 6 mai 2020, de Birthe Lejeune, vice-présidente de la Fondation Jérôme Lejeune, membre de l’Académie pontificale pour la vie, membre du Conseil pontifical pour la santé, chevalier de la Légion d’honneur, des suites d’une grave maladie. Epouse du Pr Jérôme Lejeune, elle était l’artisan et l’âme de la maison depuis plus de 25 ans. Infatigable, généreuse et assidue, elle participait activement à la vie de la Fondation jusqu’au jour de ses 92 ans, fêtés le 3 février dernier. Son charisme, son dévouement et sa complicité avec chacun des visages de la Fondation, salariés des plus anciens aux plus jeunes, bénévoles permanents ou occasionnels, lui donnaient une place à part. Avec l’autorité de son expérience et l’affection de son grand cœur, elle était une référence et un exemple pour chacun.

Fondatrice avec son gendre Jean-Marie Le Méné et sa grande famille, de l’œuvre scientifique et médicale qui porte le nom de son mari disparu en 1994, elle avait tissé au fil du temps un lien personnel et précieux avec un très grand nombre de donateurs à qui elle adressait chaque année un petit mot de remerciements manuscrit.

Ambassadrice inlassable et exigeante des trois missions « chercher – soigner –défendre » de la Fondation, elle a contribué de manière décisive à prolonger l’engagement du Pr Jérôme Lejeune au service des personnes touchées par un retard mental et plus spécialement de celles porteuses de la trisomie 21, en France mais aussi dans de nombreux pays tels que les USA, l’Espagne, l’Italie, l’Argentine, le Liban.

C’est grâce aux efforts que Mme Lejeune a su fédérer que la Fondation est en mesure chaque année de financer une cinquantaine de projets de recherche scientifiques sur les déficiences intellectuelles d’origine génétique, de développer une consultation médicale qui compte plus de 10000 patients et de défendre pied à pied dans les assemblées parlementaires, en Europe et à l’ONU la vie et la dignité des personnes les plus fragiles.

La Fondation lui doit tout. Les derniers mots de son billet d’humeur furent ceux prononcés par son mari et ceux-là mêmes que nous reprenons aujourd’hui : « Nous n’abandonnerons jamais ».

( 6 mai, 2020 )

Petit miracle sur France Télévisions

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Hasard du calendrier ? Dimension providentielle ? Si la diffusion de cette émission (à revoir en replay) tournée en octobre dernier était prévue au printemps, personne ne s’attendait à ce qu’elle sorte ce lundi 4 mai, en pleine période de confinement. Avec ce « Secrets d’Histoire » consacré à sainte Thérèse de Lisieux, un message d’espérance bienvenu de la part de en ces temps troublés. « L’expérience de la souffrance de sainte Thérèse et son souci des autres sont un témoignage important dans l’épreuve que traverse notre pays », confie Antoine de Meaux, rédacteur en chef de l’émission, ajoutant que la sainte « nous propose des solutions à prendre en compte dans les débats actuels ». Pour Hélène Mongin, biographe intervenant dans ce reportage, « Thérèse vient nous rendre visite pendant ce confinement. Elle était cloîtrée, est morte d’étouffement dans des symptômes comparables au Covid, à un moment où tout le monde se pose beaucoup de questions, elle rejoint le monde entier, croyants comme incroyants. »

Retraçant l’enfance de « la sainte la plus aimée du monde », son entrée au carmel et la ferveur populaire qui s’en est suivie dans le monde entier, n’a pas manqué d’expliquer à ses 2.450.000 téléspectateurs que « cette sainte si proche et si humaine nous rappelle qu’il n’y a pas de plus bel idéal sur Terre que de vouloir vivre d’amour ». D’Alençon à Lisieux et à Bayeux, en passant par Rome, le reportage retrace fidèlement la vie intérieure et la force d’âme de « notre Thérèse », comme l’appelle l’animateur préféré des Français. « Elle propose une voie toute simple, la sainteté à la portée de tous. »

Si Antoine de Meaux témoigne de « l’extraordinaire chance » d’avoir été admis à l’intérieur du carmel de Lisieux par les sœurs « qui ont accueilli toute l’équipe du tournage de façon sympathique et joyeuse », il souligne l’intérêt de l’émission : rappeler en quoi « le passé féconde le présent » et « comment il peut nous inspirer dans notre réflexion ». Évoquant les « racines vivantes », « l’aspect noble de la télévision » qui permet de rejoindre différents publics à travers la dimension missionnaire de Thérèse (dans ce reportage, tous se pressent aux pieds de la sainte, d’Édith Piaf à Natasha St-Pier, de Jean-Paul II à François Mitterrand), il ajoute que « Secrets d’Histoire » doit nous aider à « nous rendre compte des trésors du patrimoine de notre culture française, et sainte Thérèse fait partie de ces monuments ! »

Au lendemain de sa diffusion, les commentaires enthousiastes et nombreux fleurissent sur les réseaux : « Belle émission et quel respect, des mots très précis et justes pour parler de la foi. Cela fait du bien à entendre à la télé ! » ; « Très bon moment, que ça fait du bien de regarder une si belle émission » ; « Une très belle émission, réalisée avec intelligence, pour que chacun s’y retrouve ! » ; « C’était superbe, émission très belle en ces temps troublés et invitant à l’espérance, merci à Stéphane Bern ».

Par les temps qui courent, une intervention télévisée qui éclaire plus qu’elle embrume méritait d’être soulignée. À quelque chose malheur est bon puisqu’en réponse à cette crise, un élan missionnaire semble renaître de ce confinement et prouver que nous avons encore besoin de verticalité. Et si, n’en déplaise à M. Castaner, foi et dévotion populaires avaient encore de beaux jours devant elles ?

Iris Bridier

 Journaliste
( 5 mai, 2020 )

Sahel : et si le développement provoquait la guerre ?

 

Lu dans l‘Afrique Réelle

 

Les conflits du Sahel central ne sont pas une conséquence de la raréfaction des ressources alimentaires puisque, entre 1999 et 2016, la production céréalière y a été multipliée par trois. Parallèlement, le terrorisme a embrasé la région. Pourquoi ?
Si les ressources alimentaires ont été multipliées par trois, c’est parce que les surfaces cultivées ont augmenté de 25%. Un résultat essentiellement obtenu par la mise en culture de pâturages. Donc aux dépens des pasteurs. Sur leurs anciens terrains de parcours, les Peul ont ainsi vu s’installer des colons allochtones dont, avant la colonisation, ils razziaient les ancêtres. Leur mode d’existence étant menacé, ils se sont tournés vers les jihadistes.
Plus généralement, si nous regardons les microphénomènes, et non plus les seuls macrophénomènes, nous constatons que ce n’est pas tant autour des anciens points d’eau qu’ont lieu les affrontements, mais autour des nouveaux puits creusés par les ONG et des surfaces d’irrigation subventionnées par l’Union européenne. Certains projets maraichers portés par les « sauveurs de la planète » sont même de véritables facteurs de guerre. Ils quadrillent en effet des zones humides désormais interdites aux pasteurs et qui leur sont pourtant vitales.
La religion du « développement » bouleverse donc les subtils équilibres fonciers traditionnels. D’où la plupart des affrontements ethniques actuels au Macina, au Soum et au Liptako.
Comme je l’explique dans mon livre Les guerres du Sahel des origines à nos jours, en raison de l’ethno-mathématique électorale, les Etats sahéliens qui sont dirigés par les agriculteurs sédentaires favorisent les leurs aux dépens des pasteurs. Enrichis, les sédentaires investissent dans l’élevage, concurrençant ainsi directement les pasteurs. Cela est notamment le cas dans le Macina-Soum. D’où la confrontation entre Peul et Dogon.
Le résultat de cette double dépossession des pasteurs fait que les sédentaires enrichis et devenus possesseurs de bétail, engagent comme bergers de jeunes peul prolétarisés. Dès-lors, il est facile aux jihadistes de proposer à ces derniers de sortir de leur humiliation par la loi des armes. Celle de leurs ancêtres quand ils étaient dominants.
Autre exemple, le Soum, où, comme je ne cesse de l’écrire depuis des années, l’introduction de la riziculture qui s’est faite aux dépens du pastoralisme est une des clés de compréhension de l’actuel jihadisme.
Cette nouveauté a en effet attiré dans la région de nouvelles populations. Les colons riziculteurs mossi ou fulsé-kurumba ont dans un premier temps évincé les pasteurs peul de leurs terrains de parcours. Puis au nom de l’ethno-mathématique, devenus localement plus nombreux que les Peul, ils ont combattu leur chefferie afin de changer les règles d’attribution des terres.
Ici également, le développement a donc ouvert une voie royale aux jihadistes…
Bernard LUGAN 

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( 5 mai, 2020 )

Après le petit père Combes, l’abbé Castaner !

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

, dans « Le Grand Jury », a expliqué doctement que « la prière n’a pas forcément besoin de lieu de rassemblement ».

De ministre DES Cultes, il s’est mué en ministre DU Culte, autre nom de l’officiant : il l’organise, sait mieux que les clercs de quoi la prière « a forcément besoin ». Pour le salut de votre âme, suivez les exercices spirituels de saint Castagnace. Bientôt une recommandation sur le nombre de génuflexions et la couleur des chasubles ? Après le petit père Combes, voici le petit père Castaner. Sauf que le premier, du fait de son passage au séminaire – qui lui valut son surnom – et surtout de son époque, avait une fine connaissance de ces « cultes » dont, en se pinçant le nez, il devait s’occuper, quand le second – dont le prénom, « Porte le Christ », laisse pourtant imaginer un humus familial catholique – ignore tout, apparemment, de sa matière. Un ministre de la Santé qui confond un vaccin et un antibiotique, un garde des Sceaux qui ne connaît pas la subtile différence entre une condamnation ferme ou sursis, c’est fâcheux et ça fait désordre. Christophe Castaner ne s’est donc pas intéressé à sa matière et ne connaît rien d’une religion qui partage le destin de la France depuis 1.500 ans, qui lui est même, pourrait-on dire, consubstantielle, un mot, tiens, d’essence théologique. La prière n’a pas « forcément besoin » de lieu de rassemblement, mais il est des sacrements, essentiels à la vie spirituelle du catholique – vitaux, donc -, qui ont « forcément besoin » d’un prêtre, comme la messe, union au renouvellement du sacrifice du Christ. La transsubstantiation – autre mot théologique – est dogme de foi et ne doit pas être confondue avec la simple commémoration des protestants. Il est vrai que, vu de la fenêtre, très lointaine, de Christophe Castaner, tout cela est sans doute Bible blanche et blanche Bible.

Il a le droit, du reste, en son for intérieur, de s’en moquer ou d’en sourire. Mais il a le devoir de faire son boulot. Qui consiste non pas à monter en chaire pour sermonner les paroissiens et leur expliquer comment ils doivent prier mais à garantir la liberté de culte, lequel, pour les catholiques, passe par la célébration d’un certain nombre de sacrements, dont celui central de l’Eucharistie, par un clerc.

Prétendre l’interdire quand des rassemblements de même importance dans des commerces ou de « petits musées » sont autorisés, considérer que ces bigots d’un autre âge n’ont qu’à faire leurs simagrées chez eux si ça leur chante comme d’autres font le poirier ou la position du lotus, c’est ravaler une liberté fondamentale au rang d’activité accessoire, voire dérisoire. Et c’est outrepasser gravement sa fonction.

D’aucuns, agnostiques convaincus, se sentent peut-être peu concernés par cette polémique trempée dans l’eau bénite.

Qu’ils nous autorisent deux remarques…

S’asseoir sur le sacré – dont la « gestion » des morts, scandaleusement expéditive ces derniers temps, fait partie – pour ne juger essentielles que les activités d’ordre sanitaire et alimentaire, dénier à l’homme toute dimension verticale, c’est le mettre à quatre pattes, au niveau du sol comme un animal dont on conviendrait d’appeler le vétérinaire « médecin » et dont l’écuelle serait plus élaborée que le Whiskas™. Les coiffeurs et les magasins de prêt-à-porter vont rouvrir ? Mais on toilette aussi les caniches et on peut même leur mettre un petit manteau…

Les exemples d’obstruction à la liberté religieuse, tant historiques que géographiques, sont rarement signes de jours radieux : Terreur, URSS, Pakistan, Arabie saoudite…

Ce gouvernement trouve que vous « n’avez pas forcément besoin » de vous rassembler pour prier ? Il juge aussi que vous n’avez pas forcément besoin d’aller dans votre résidence secondaire, ni de rendre visite à votre famille ou vos amis, ni de vous promener en forêt ou sur la plage. Pas même de bénéficier du secret médical. C’est fou, quand on tire le fil, le nombre de libertés assez superflues.pan>

À la veille de la prolongation de l’état d’urgence jusqu’au 24 juillet, cela mérite d’être médité.

Gabrielle Cluzel

 Ecrivain, journaliste
( 5 mai, 2020 )

Citation à retenir

« Partout où il y a des patries, c’est-à-dire des groupes historiques ayant conscience de leur continuité et de leur unité, toute atteinte à la liberté et l’intégrité de ces patries est un attentat contre la civilisation, une rechute en barbarie. »

Jean Jaurès

C’est le cas de la France !

( 4 mai, 2020 )

LE FAUX NEZ DE LA SOUVERAINETÉ EUROPÉENNE

 

Lu sur « Action Française.net »

 

L’éditorial de François Marcilhac

 

«  D’aucuns cherchent encore à refaire l’unité européenne sur je ne sais quel matérialisme transcendant.  » Henri Massis, 1927 – Défense de l’Occident

Comme toujours, lorsque l’Europe n’arrive pas à s’entendre, c’est la même rengaine de la part des eurobéats  : c’est qu’il n’y a pas assez d’Europe. Ainsi Macron d’appeler le jeudi 23 avril, devant l’absence de consensus sur l’aide à apporter aux pays européens les plus touchés par la crise du coronavirus, à «  aller plus loin, plus fort  » vers «  la souveraineté européenne  », «  un concept que la France pousse depuis près de trois ans   », c’est-à-dire depuis son discours de la Sorbonne du 27 septembre 2017. Discours sur la refondation de l’Europe «  souveraine, démocratique et unie  », qui se voulait lui-même fondateur et avait été reçu assez fraîchement par nos partenaires, notamment par Mme Merkel, au grand dam de notre nouveau Julien Benda — maître revendiqué de Macron —, lui-même auteurd’un Discours à la nation européenne en 1933, dans le droit fil explicite, et inquiétant, de Fichte  : « Ce n’est pas le Zollverein qui a fait l’Allemagne, ce sont les Discours à la nation allemande de Fichte, ce sont les professeurs de morale qui en sont issus. »

On se tromperait toutefois si nous réduisions la politique de Macron à celle d’un illuminé. Si le nouveau monde qu’il entend nous préparer sent, avec Julien Benda, la naphtaline, ne soyons pas dupes. Macron est assez intelligent pour savoir que cette «  souveraineté européenne  » dont il serine les Français et qui laisse totalement indifférents nos partenaires est, au mieux, un concept creux, au pire, un concept monstrueux, comme «  la fédération des Etats nations  » de Jacques Delors. Il n’emploie le mot de «  souveraineté  », qu’il colle à l’adjectif «  européen  », que pour rassurer des Français qui ne se sont toujours pas réconciliés avec la supranationalité et qui ont montré, en 2005, leur attachement à ces choses ringardes que sont l’indépendance de la patrie et la souveraineté nationale — c’est pourquoi ils sont privés depuis quinze ans de référendum, comme des enfants désobéissants de dessert. Bref, cette «  souveraineté européenne  » n’est que le faux nez d’une réalité qui progresse, depuis l’origine même du «  projet  »  européen, à petits pas  : la disparition du politique au profit du gestionnaire, celle du gouvernement des hommes au profit de l’administration des choses, encore appelée gouvernance, une espèce de monocratie administrative bruxellois, qui a pris la place, en France, de cette monarchie administrative léguée par la Révolution, qui s’était engraissée, grâce la centralisation jacobine, de la faiblesse de l’exécutif durant 150 ans. Saint-Simon est le vrai père fondateur non de l’idée européenne, mais de l’Europe institutionnelle.

Sur la page «  gouvernance européenne  », désormais archivée, de son site, la Commission européenne avoue que la gouvernance est une «  forme dite postmoderne des organisations économiques et politiques  » où il serait désormais possible de «  gouverner sans gouvernement  » Oui, nous avons bien basculé dans le «  despotisme doux et éclairé » avoué par Jacques Delors en la cathédrale de Strasbourg le 7 décembre 1999, où il invitait l’Europe — quel aveu  ! —, et sans craindre le blasphème en ce lieu, «  à se transfigurer dans un projet porteur de sens  ».

Ce sens, nous le savons de mieux en mieux, n’a rien de spirituel : c’est celui de l’immersion de l’Europe dans une administration globalisée des choses. Pourtant, ni les politiques (comme Monnet ou Schumann) ni les savants ne nous avaient trompés. Ainsi François Perroux souhaitait déjà, en 1954, contre «  l’appel au peuple  », favoriser «  l’appel aux élites et surtout la formation d’élites neuves » pour parvenir «  à la dévalorisation des frontières  », au profit d’une «  économie interfonctionnelle  » dépassant des «  touts politiquement organisés  » [1]. Et de regretter en 1969, que les nations européennes «  ne se so[ie]nt pas encore converties à un saint simonisme du XXe siècle  » [2]. Macron a entendu le message pour le XXIe siècle.

François Marcilhac

[1] in L’Europe sans rivages

[2] in Indépendance de la nation

( 4 mai, 2020 )

La terre continue de tourner

 

Lu sur « Je Suis Français »

 

On se rappelle les attentats islamo-terroristes de 2015 contre l’hebdomadaire Charlie Hebdo (7 janvier) et la salle du Bataclan (13 novembre). Défila alors dans les rues une France choquée mais peureuse et bien décidée à ne surtout pas répondre à l’ennemi de l’ombre.

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Aujourd’hui, dans un psychodrame savamment orchestré par médias et politiciens de tous bords désormais à la remorque des réseaux « sociaux », le pays tout entier se mystifie lui-même, s’auto-glorifiant en continu pour son courage et sa ténacité contre un ennemi invisible. Au point de risquer la paranoïa avec un déconfinement où l’autre sera cet être masqué qu’il faut maintenir à bonne distance. On a évidemment oublié un peu vite que les grippes dites « asiatique (1957) et « de Hong-Kong » (1969) avaient causé la mort en France même de plusieurs dizaines de milliers de personnes.

On feint aussi d’ignorer que toute une partie de la population continue de vivre à côté du virus, comme s’il n’existait pas. Ainsi ces footballeurs des quartiers nord de Marseille qui profitent de l’époque pour s’adonner à leur sport favori, comme le rapporte La Provence du 2 mai : « Depuis plusieurs semaines, des matches sont organisés dans les quartiers de Marseille et rassemblent de plus en plus de monde sur et autour du terrain, au point de devenir de véritables tournois. » Précision d’un des intéressés : « On n’a pas peur du virus. Autour de nous personne ne l’a eu, ça veut dire que ce n’est pas aussi grave qu’on veut nous le faire croire. Nous, on est là parce qu’on a faim de ballon et pour faire passer le temps. » C’est évidemment mieux que d’agresser pompiers et policiers dans l’exercice de leurs fonctions.

Malgré la pandémie et même si quelques milliards d’êtres humains sont censés avoir été, être ou devoir être confinés, la terre continue en fait de tourner : le coronavirus n’est pas forcément la préoccupation essentielle de tous en ce bas monde ; disons qu’il est souvent ignoré, minoré voire instrumentalisé.   Ainsi est-il évident que les passes d’armes entre Chinois et Américains sont motivées moins par des raisons sanitaires que géopolitiques. La rivalité sino-américaine a pris un tour verbal paroxystique, chacun des deux diffusant sa mise en récit de la crise sanitaire actuelle avec comme objectif  de se positionner au mieux pour la suite : à des Chinois fortement suspects d’avoir menti, au moins par omission, répondent ainsi les accusations à l’emporte-pièce du président américain.

Dans le même temps, l’Onu subit des camouflets qui soulignent sa vacuité : en Libye où, un mois après l’appel de son secrétaire général, M. Gutterres, à « une trêve du coronavirus », le maréchal Haftar vient de se proclamer « imagesL1EA5QAN dans actualités

chef de toute la Libye » ; en Israël où, en violation de la résolution 242 du Conseil de sécurité, et suite à l’accord de gouvernement passé entre MM. Gantz et Netanyahu, ce dernier s’apprête à annexer, si possible avant la date de la prochaine élection présidentielle américaine, une partie de la Cisjordanie occupée. L’Union européenne ne se porte pas mieux. On a pu ici et là se féliciter que Mme Lagarde ait décidé de faire fonctionner la planche à billets de la B.C.E. (750 milliards d’euros tout de même) mais les Etats membres de l’U.E., toujours aussi désunis se sont montrés jeudi 23 incapables de s’entendre sur la mutualisation de la dette, prouvant une fois de plus qu’ils étaient tout sauf solidaires.

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La Croix du 21 titrait déjà « 71 % des Italiens pensent que la pandémie de coronavirus détruit l’UE et environ 55 % seraient d’accord pour sortir de l’Union européenne et/ou de l’euro. »

Qu’est-ce à dire, sinon que les mots (« pandémie », « confinement », etc.) n’ont pas le même sens partout et pour tous ? Malgré les incertitudes sur l’avenir immédiat, il convient donc plutôt de relativiser. Et d’admettre que lorsque notre vie quotidienne aura repris ses droits, ce sera dans un environnement humain et politique qui n’aura pas forcément marqué le pas ni prétendu changer, contrairement à nous.

Louis-Joseph Delanglade

( 4 mai, 2020 )

Évêques de France, courage !

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

La révolte gronde-t-elle chez les catholiques, privés de messe depuis la mi-mars, et semble-t-il jusqu’au 2 juin ? En dépit des déclarations lénifiantes de certains prélats, c’est l’incompréhension qui règne, voire la colère chez les fidèles. Une attitude dénoncée par de nombreux Français, pour qui tous les cultes doivent être soumis à la même règle.

Où est le problème ? Rien n’empêche les catholiques de vivre leur foi, de prier, de lire l’Evangile, et même -miracle d’Internet, de regarder la messe en direct, sur l’écran de leur ordinateur. Le problème ? il tient à une spécificité – évidence autrefois, anomalie de nos jours.

Pour ceux de nos lecteurs qui ne le savent pas, les catholiques ne vont pas à la messe seulement parce que c’est une obligation religieuse. Ils le font avant tout parce que, selon leur foi, la messe est le rassemblement au cours duquel le prêtre consacre le pain et le vin, qui deviennent alors corps et sang du Christ. À la messe, ils adorent Dieu et le reçoivent – c’est la communion. Cela faisait railler Voltaire, et après lui tous les sceptiques. Peu importe. C’est, dans notre société démocratique, un droit absolu que même la très laïcarde loi de 1905 reconnaît en son article 1er.

Le protestant prie seul ; le juif respecte les prescriptions de la Loi ; le musulman prie partout. Le catholique aussi, mais il est privé de l’essentiel à ses yeux. Ainsi, et parmi les croyants des diverses religions, les catholiques (et les orthodoxes, qui partagent ce dogme de la présence réelle du Christ) sont les seuls empêchés de vivre totalement leur foi.

Passons sur la justification sanitaire. Une église est un lieu où règne la discipline. Les fidèles y sont assis, calmes et recueillis. En fait de justification, faut-il y voir, comme le suggérait Bernadette Sauvaget dans Libération le 23 avril, une conséquence de l’égalitarisme républicain ? « Les revendications épiscopales risquent de se heurter au fait que la grande fête musulmane de l’Aïd-el-Fitr, célébrant la fin du mois de ramadan, aura lieu à partir du 23 mai. Il est peu probable que le gouvernement autorise la reprise du culte catholique tout en maintenant les mosquées fermées pour ce rendez-vous très important aux yeux des fidèles musulmans. »

En effet, dans notre société laïque, comment accepter que les catholiques bénéficient du culte public sans en faire autant pour toutes les religions ? Or, les conditions de distanciation sociales sont plus faciles à respecter dans une église que dans une fête musulmane, chacun l’imagine.

Le Parti Chrétien-Démocrate et d’autres associations ont introduit un recours judiciaire à l’encontre de cette évidente discrimination. Les spécialistes en droit public en débattront. Sans illusions cependant : le Conseil d’État risque de débouter sèchement les requérants. La Conférence des évêques s’est fendue d’un communiqué qui déplore sans déplorer, marqué du légalisme républicain le plus servile. Certains d’entre eux se sont néanmoins manifestés avec vigueur, comme Mgr Rougé, évêque de Nanterre, ancien aumônier des parlementaires : autant dire qu’il connaît le milieu. Ses mots sont sans concession : anticléricalisme, et absence de toute vie spirituelle de nos gouvernants. Il a raison.

Que faire alors ? Sans aucun doute serait-il opportun qu’encouragés discrètement par leurs évêques, de nombreux prêtres diocésains invitent, par petits groupes, leurs fidèles à assister à la messe dominicale à effectif restreint. Aux termes de la loi, le curé est chargé de la police du culte dans son église. Il est seul responsable de ses actes et en répond.

Reste à obtenir de nos évêques une telle initiative. Certains sont y sont prêts. Inutile de les nommer. Ils se reconnaîtront. Mais ils doivent rappeler, et le font déjà, que pour les catholiques l’assistance à la messe dominicale n’est pas qu’un devoir. C’est un droit absolu, et une nécessité vitale sur le plan spirituel. À moins de considérer que l’ouverture des magasins de bricolage -le dimanche- est prioritaire. A eux d’en tirer les conséquences.

François Teutsch

 Avocat
( 3 mai, 2020 )

Décès d’un Français par le sang versé

 

 

Un soldat de la Légion étrangère, appartenant au premier régiment de cavalerie, est décédé des suites de ses blessures, ce vendredi à l’hôpital militaire de Clamart, a annoncé ce samedi l’Elysée.

Le brigadier Dmytro Martynyouk avait été blessé le 23 avril au Mali lors d’une « opération contre les groupes armés terroristes ». Il a succombé à ses blessures le 1er mai à l’hôpital militaire de Percy à Clamart (Hauts-de-Seine), a annoncé la présidence de la République ce samedi. Il était engagé dans l’opération Barkhane.

Dans un communiqué, le président de la République Emmanuel Macron a indiqué que le légionnaire avait été blessé par l’explosion d’un engin explosif improvisé, saluant « le courage des militaires français engagés au Sahel ».

« Un camion-citerne de la force Barkhane » avait été atteint par un engin explosif improvisé, blessant « le conducteur et le chef de bord du véhicule », a précisé l’Etat-major des armées, dans un communiqué distinct. Les deux militaires avaient été évacués vers la France le 24 avril pour y être soignés. Le brigadier Dmytro Martynyouk a succombé à ses blessures, tandis que « l’état de son camarade est stable, et son pronostic vital n’est pas engagé », a ajoute l’Etat-major.

Qu’il repose en paix !

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