( 26 septembre, 2017 )

COLBERT ET L’ESCLAVAGE : REMETTONS L’HISTOIRE À L’ENDROIT !

Lu sur « le Réveil Français »
Article très pertinent de l’excellente Laure Fouré sur les contorsions historiques auxquelles se livrent des « leaders » communautaristes aux seules fins de servir des idéologies destinées à abaisser chaque fois un peu plus le rayonnement de la France.
Pourquoi les français devraient ils continuer à battre leur coulpe sur la base d’un devoir de mémoire sélective et orientée?

 

COLBERT ET L’ESCLAVAGE : REMETTONS L’HISTOIRE À L’ENDROIT ! dans actualités Colbert1-300x158

La nouvelle provocation du président du Conseil représentatif des associations noires (CRAN), Louis-Georges Tin, appelant à débaptiser les rues et les bâtiments publics portant le nom de Colbert, au motif que le ministre de Louis XIV serait coupable de crime contre l’humanité pour avoir légalisé l’esclavage en édictant le fameux Code noir, promulgué par ordonnance royale en mars 1685, mérite quelques rappels historiques pour éclairer l’opinion de nos compatriotes sur un sujet particulièrement polémique.
Dans son livre paru en 2015, Le Code noir, idées reçues sur un texte symbolique, Jean-François Niort, historien du droit colonial, expose que ce corpus législatif avait essentiellement pour but de réglementer les rapports entre les maîtres et leurs esclaves, en limitant le pouvoir arbitraire de répression que s’étaient alors attribués les premiers.
Si le Code noir, dans son article 44, déclare que « les esclaves sont des meubles » pouvant être achetés, vendus, donnés ou saisis, il n’en fait pas pour autant des choses et prend en considération l’humanité de l’esclave.
Ainsi, il encourage les maîtres à faire baptiser leurs esclaves, les instruire, leur permettre de se marier et d’avoir une sépulture catholique. En effet, ses rédacteurs pensaient que les Noirs étaient des personnes humaines, dotées d’une âme et susceptibles de salut, conformément à la doctrine de l’Église. À cet égard, le professeur Jean Carbonnier ajoute que ce texte fait de l’esclave « un sujet de droit, doté d’une personnalité juridique de droit religieux, sinon canonique ».
Certes, la réglementation de l’esclavage, qui fit l’objet de législations semblables dans les colonies anglaises en 1636 et en Virginie en 1662, traduit la volonté de Colbert, mandaté par le roi, de reconnaître la légalité d’une pratique moralement condamnable, quand bien même les dispositions en cause tendraient à améliorer, autant que faire se peut, le sort des esclaves.
Toutefois, il ne faut pas oublier que l’esclavage était alors largement pratiqué, notamment dans le monde arabo-musulman : ainsi, la traite orientale approvisionna les espaces dominés par les mahométans, entre le milieu du VIIe et le début du XXe siècle, d’esclaves provenant principalement d’Europe méditerranéenne, d’Afrique subsaharienne, du Caucase et des pays slaves, pour être transférés en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.
À ce sujet, l’historien Robert Davis estime qu’entre le début du XVIe et le milieu du XVIIIe siècle, les seuls marchands d’esclaves de Tunis, Alger et Tripoli réduisirent entre un million et 1.250.000 européens en esclavage en Afrique du Nord, sans compter ceux qui furent asservis par le Maroc et autres esclavagistes de la côte méditerranéenne.
Enfin, les traites négrières pratiquées par les Arabes et l’Empire ottoman auraient, selon le médiéviste Jacques Heers, concerné entre 17 et 20 millions d’Africains, chiffre qu’il juge sous-estimé en raison de l’effrayante mortalité provoquée par la castration des hommes destinés à devenir des eunuques…
Non content de faire preuve d’anachronisme, M. Tin a la mémoire bien sélective !
( 25 septembre, 2017 )

Ami, entends-tu le bruit sourd du pays qu’on enchaine ?

 

Lu sur « le Réveil Français »

Macron ne serait il qu’un exécuteur des basses oeuvres des hommes de Davos?
Charles Gave
Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faîtes rien” aux Editions Jean-Cyrille Godefroy (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l’IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal Research

 

Plusieurs événements ont attiré mon attention lors des derniers mois, et tous confirment mes pires craintes : une attaque fort bien menée contre notre système démocratique est en cours.
Commençons par l’élection présidentielle.
Les hommes de Davos (HdD) et autres oints du Seigneur (ODS) qui gouvernent la France depuis trop longtemps déjà ont eu une peur bleue lorsqu’ils se sont réveillés les matins suivants les votes pour le Brexit et pour monsieur Trump. Les peuples se révoltaient contre leurs maîtres, les incultes se rendaient compte que le Roi était nu et votaient en conséquence, ce qui était insupportable.
Une contre-attaque fut donc organisée pour que la même chose ne se produise pas chez nous.
Dans le droit français traditionnel, il existe plusieurs principes généraux dont le premier est que « on ne choisit pas son juge ». Ce qui veut dire que les parties à un procès, parquet y compris, en matière pénale n’ont pas la possibilité de choisir tel ou tel juge, ou telle ou telle juridiction. Il y a des règles générales de compétence territoriale, ou de spécialités techniques qui vont amener des juridictions à intervenir mais ce sera par détermination de la loi. C’est la raison pour laquelle ce que l’on appelait « les juridictions d’exception » sont aujourd’hui proscrites.
Le deuxième principe est celui que les juridictions du fond ne peuvent pas s’auto saisir. Elles ne peuvent l’être qu’ à l’initiative d’une partie. Or le parquet est lui aussi une partie au procès en matière pénale, doté de prérogatives spéciales puisqu’il est « l’avocat de la République ».
En application de ces principes, si à la suite d’une enquête préliminaire qui n’est pas contradictoire, il considère qu’il faut ouvrir une procédure d’instruction, il saisit le doyen des juges d’instruction, qui désignera le juge du siège qui diligentera « l’information judiciaire ». Celle-ci devra se dérouler de façon contradictoire dans le respect rigoureux du code de procédure pénale et respecter le principe de la loyauté. Ces règles élémentaires ont été foulées aux pieds à l’occasion de la campagne présidentielle. Le Parquet National Financier (PNF) est une institution d’exception créée après l’affaire Cahuzac. Sa composition soigneusement organisée par l’Élysée Christiane Taubira en son temps, en ont fait une officine totalement dévouée au pouvoir en place.
Gros avantage, cette nouvelle entité, qui n’a répétons-le aucun pouvoir juridictionnel a la capacité de s’autosaisir, c’est-à-dire qu’elle peut lancer une enquête préliminaire à sa guise et au moment de son choix sur une personnalité qui deviendrait gênante pour le pouvoir en place (par exemple). On sait le rôle des médias, immédiatement destinataires des pièces de la procédure pourtant secrète, qui rendent ces enquêtes préliminaire politiquement meurtrières. Mais comme si cela ne suffisait pas, on a créé au tribunal de grande instance de Paris un pôle financier chargé de l’instruction. Dont les magistrats entretiennent avec ceux du parquet des relations étroites ce qui constitue une violation au principe de choisir son juge. Et en étant sur, de surcroît, que celui qui sera désigné aura les bonnes orientations politiques.
Rétrospectivement, l’idée de monsieur Hollande apparait très clairement : il était persuadé que son opposant aux élections présidentielles suivantes serait monsieur Sarkozy et qu’il était donc nécessaire de préparer des dossiers contre lui, que l’on ferait fuir au Canard Enchainé quelques semaines avant l’élection, ce qui permettait à un juge du PNF (ancien du syndicat de la magistrature ou pas) de s’autosaisir, permettant de ce fait la réélection du président sortant.
Monsieur Hollande ayant été par trop lamentable, il a fallu que nos hommes de Davos réorganisent hâtivement le plan de campagne compte tenu du désastre Brexitien et de l’élection de monsieur Trump.
L’ennemi à battre n’était plus monsieur Sarkozy, mais le Peuple.
Commençons par le but à atteindre. Il fallait qu’au deuxième tour nous ayons face à face un candidat représentant les hommes de Davos contre madame Le Pen, pour assurer le maintien au pouvoir de notre caste.
Il fallait donc attendre les résultats des primaires de la droite.
Si par hasard ce candidat était monsieur Juppé ou monsieur Sarkozy, il n’y avait aucune inquiétude à avoir, l’un et l’autre étant des membres solides et patentés de l’internationale de Davos.
Monsieur Fillon était plus embêtant avec son attachement à Philippe Seguin, ses racines régionales et sa femme anglaise (Galloise). A l’évidence, l’homme n’avait pas beaucoup de caractère, mais à l’évidence encore il ne pouvait pas être considéré comme « sûr ». A tout hasard donc, un homme jeune et propre sur lui fut lancé dans la bagarre pour permettre de procéder le cas échéant à un gambit, un peu comme aux échecs.
Au grand dépit des hommes de Davos et des media, Fillon sortit vainqueur de la primaire de la droite et la machine se mit en route.
Notre « propre sur lui » bénéficia immédiatement du soutien de tous les patrons du capitalisme de connivence français qui fort opportunément détenaient une grande partie des media et fut rejoint par quelques vieux chevaux de retour de la démocratie chrétienne …et Fillon fut inculpé en temps utile par le PNF, ce qui garantissait la présence au deuxième tour du jeune homme propre sur lui.
Le but était atteint : l’homme de Davos fût élu, mais ce dont le peuple commença à se rendre compte c’est que nous avions eu en fait un coup d’état organisé par les hommes de Davos appuyés par une partie de la magistrature et avec la complicité de la quasi-totalité de la presse pour fausser une élection. Et du coup les électeurs se sont à peine donnés la peine d’aller voter au deuxième tour et encore moins aux législatives.
Et donc le nouveau président est certes légal, mais pas du tout légitime. Il n’y a pas eu « une rencontre entre un homme et un peuple » mais tout au plus une rencontre entre un homme et 20 % de l’électorat qui pensent comme lui, le candidat ayant été choisi parce qu’il faisait partie de ces 20 %.
Et ce qui me gêne aujourd’hui est bien sûr que notre président ait été élu grâce à un putsch organisée fort intelligemment par les hommes de Davos et les oints du seigneur, et que nous, les électeurs « normaux » avons été une fois de plus roulés dans la farine par ces mêmes hommes de Davos.
Mais si j’ai raison, ces hommes sans foi ni loi ne vont pas s’arrêter en si bon chemin.
Leur but étant de créer un état européen technocratique et qui n’aurait pas besoin de se soumettre aux élections –le vieux rêve de Jean Monnet- il va leur falloir accélérer autant que faire se peut le mouvement vers un tel système, car les peuples se réveillent parfois de leurs assoupissements et de tels réveils peuvent être douloureux pour ceux au pouvoir. Surtout quand le Président n’a aucune légitimité…
Il leur va falloir donc agir très, très rapidement, pour essayer de rendre la situation irréversible le plus vite possible.
L’étape suivante va sans doute aucun se produire au niveau européen et monsieur Juncker, comme d’habitude a été suffisamment stupide pour nous annoncer quel était le plan de bataille.
La monnaie européenne est un échec flagrant, qui a fait la fortune de l’Allemagne et ruiné tous les pays de l’Europe du Sud, chacun en conviendra, mais ce n’est un échec flagrant nous disent ceux qui l’ont créé que parce que le mouvement vers l’Europe a été trop lent.
La solution ce n’est donc pas moins d’Europe et plus de démocratie mais plus d’Europe et moins de démocratie.
Plus d’Europe veut dire mettre sur pied de toute urgence un Etat Européen muni d’un vrai Président Européen, qui aura prééminence sur les pouvoirs exécutifs locaux flanqué d’un ministre des finances européen qui aura droit de regard sur les finances de chaque état européen, mais aussi créer une armée européenne, des députés européens qui ne soient rattachés à aucune nation et que sais-je encore.
Et bien entendu, ce projet sera lancé dès que les élections allemandes seront passées et il s’agira et en premier lieu de transférer à des organismes européens non élus la souveraineté militaire française contre une promesse par l’Allemagne de financer nos déficits budgétaires et notre système social. L’Allemagne paiera pour les erreurs de nos hauts fonctionnaires, avec le sang des soldats français telle est l’offre française…Monsieur Macron est en train de réinventer le STO de sinistre mémoire.
Pour cela, il fallait d’abord se débarrasser du chef de l’armée, le général Pierre de Villiers tant cet homme était sourcilleux sur tout ce qui concernait la souveraineté militaire de la France, ce qui fut fait fort proprement et fort rapidement.
(Question : Mais qu’est qu’attend le General Pierre de Villiers pour se lancer en politique en créant un parti appelé « Souveraineté Française » qui mettrait fin aux souffrances du FN et des Républicains ?)
Résumons-nous.
La France a déjà perdu sa souveraineté
sur ses frontières avec les accords de Schengen.
sure sa Justice
sur sa Loi Constitutionnelle
sur qui peut ou ne pas vivre en France avec le Traité de Lisbonne qui avait été refusé par la population française quand il avait été présenté sous le nom de constitution européenne.
sur sa monnaie avec le traité de Maastricht et l’euro.
Dans les mois qui viennent, tout le travail de monsieur Macron va être que la France finisse de perdre sa souveraineté budgétaire, déjà bien entamée hélas, mais surtout sa souveraineté militaire.
A ce moment-là, la France n’aura plus qu’une seule chose à vendre à l’Allemagne (lire l’Europe) pour boucler ses fins de mois : le siège de la France au conseil de sécurité aux Nations Unies, ce qui ne saurait tarder. Resteront peut-être l’Alsace et la Lorraine dont monsieur Macron, en fin négociateur qu’il est pourrait tirer sans aucun doute un bon prix, mais là j’anticipe un peu.
Que le gouvernement français actuel veuille lancer une telle initiative, je n’en doute pas une seconde.
Que cela réussisse à mon avis a à peu près autant de chances qu’une enclume a de voler, et pour deux séries de raison, les unes intérieures, les autres extérieures.
Commençons par les raisons intérieures.
Les hommes de Davos et autres ODS ont réussi à gouverner la France sans interruption depuis 1974 en faisant croire au peuple qu’il y avait une droite et une gauche, alors qu’en fait ces deux partis avaient été complètement noyautés par les HdD et les ODS qui avaient violemment expulsé tous ceux qui n’acceptaient pas leurs projets à long terme.
La dernière élection les a fait sortir du bois et chacun sait qui gouverne vraiment aujourd’hui notre pays et l’a gouverné depuis quarante ans. Et donc où ils réussissent, ou ils sont foutus telle est la réalité puisqu’ils sont maintenant en pleine lumière. Ils ne peuvent plus se cacher
Et comme ils le savent, je crains le pire pour nos Libertés. Les journalistes qui s’y opposeront seront virés, les sites des opposants seront hackés, les contrôles fiscaux vont pleuvoir sur ceux qui manifesteraient leur désaccord, la propagande sur les radios et dans les media sera insupportable. Ma chère épouse ne cesse de me dire que je vais avoir un accident de voiture…etc.
L’année qui vient à être dure, très dure pour l’IDL. Mais oh combien passionnante…
Venons-en aux raisons extérieures.
Le but de nos ODS est d’inféoder la France à l’Allemagne en offrant à cette dernière la force militaire française comme appât. L’idée est : vous payez nos (hauts) fonctionnaires et on vous apporte l’armée française et le feu nucléaire sur un plateau.
Cette tentative va amener à une levée de boucliers partout en Europe où voir resurgir l’empire de Charlemagne va susciter un enthousiasme très moyen (que le lecteur imagine la réaction des Grecs, des Tchèques, des Italiens, des Polonais, des Hollandais, des Anglais, des Espagnols…) Voilà qui ferait monter la détestation d’une Europe gérée par un condominium franco-allemand à des niveaux inouïs immédiatement.
Aucune chance que les Allemands n’acceptent.
Qui plus est, les USA risquent de faire les gros yeux et de faire comprendre au gouvernement allemand, voir au gouvernement français que la recréation était terminée.
Mais si l’Allemagne ne paye pas –ce qui semble le plus probable- alors la tentative des HdD et ODS français de créer un Etat (Européen) franco-allemand implosera et les ODS français se retrouveront bien isolés face au désastre économique qui surviendra.
L’année qui vient va être intéressante.
NDLR: Un immense merci à notre ami Régis de Castelnau pour son aide avisée dans le rédaction de la partie juridique de cet article que le lecteur saura reconnaitre.

 

( 23 septembre, 2017 )

Charlie Hebdo contre la PMA

 

Lu sur lafautearousseau

 

Nous ne sommes toujours pas Charlie. Mais tout à fait d’accord, en l’occurrence, avec Gérard Leclerc.  LFAR

 

2435494823.jpgÉmoi chez beaucoup de lecteurs de Charlie Hebdo, Caroline Fourest, son ancienne collaboratrice est contrariée.

Il y a de quoi. L’éditorialiste de l’hebdomadaire anarchiste – comment l’appeler autrement ? – émet de sérieuses objections à l’ouverture de la procréation médicalement assistée à toutes les femmes.

L’attaque est même directe à l’encontre de Marlène Schiappa, qui a récemment rappelé qu’il s’agissait d’une promesse de campagne d’Emmanuel Macron et qu’elle serait suivie d’effet. Revendiquer la PMA au nom de la justice sociale, écrit Gérard Biard l’éditorialiste, est parfaitement absurde : « Sauf à considérer qu’il y a bien un “droit à l’enfant” – ou plutôt à produire un enfant – et que l’on veut absolument, quel qu’en soit le prix, promouvoir une société ou un gosse, c’est comme une Rolex, si on n’en a pas un à 40 ans, c’est qu’on a raté sa vie. Ne serait-il pas plus simple, et pour le coup plus juste, d’avoir enfin le courage politique de dire que ne pas avoir d’enfant(s) n’est pas une maladie bien grave ? »

Non content de tenir ce discours ferme dans son éditorial, Charlie Hebdo publie également un long entretien avec le professeur Jacques Testart, pionnier de la PMA puisqu’il permit la naissance du premier bébé éprouvette en 1982, mais qui, depuis lors, n’a jamais cessé de dénoncer le danger d’un processus qui amène à la fabrication d’enfants objets : « Tout ça concourt à préparer une véritable révolution dans l’espèce, où l’on fabriquera, au sens industriel du terme, des bébés. »

Et d’expliquer très clairement les conséquences de la privation d’un père. Beaucoup d’enfants nés d’une insémination artificielle « sont aujourd’hui sur le divan d’un psychanalyste et ils souffrent. Est-ce qu’on a le droit de fabriquer, délibérément, un enfant orphelin de ses racines génétiques ? » Et Jacques Testart de dénoncer le principe du droit à l’enfant, qui est, pour lui, monstrueux : « On a le droit a des objets et pas à tous d’ailleurs, mais on n’a pas le droit à une personne ! »  •

Gérard Leclerc

 

 

( 14 septembre, 2017 )

Valérie Pécresse n’a jamais lu Maurras

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Cette tribune – signée d’un des dirigeants de l’Action Française – a été publiée hier, 13 septembre, dans Boulevard Votaire. Il est bon que l’influence persistance de Maurras sur la vie politique française y ait été soulignée et même qu’y soit évoquée une certaine « maurrassisation » des esprits. Constat un rien optimiste et audacieux que nous préférons de beaucoup ici à la présentation victimaire habituelle de Maurras comme le maudit, ce qu’il n’est qu’en apparence.  LFAR 

3764833947.2.jpgDimanche dernier, Valérie Pécresse tenait meeting à Argenteuil.

Il s’agissait en quelque sorte pour la « fausse droite », que représente la présidente de la région Île-de-France, de faire pièce à la « fausse vraie droite » incarnée, quant à elle, par Laurent Wauquiez, lui-même président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Un combat de grands feudataires mais de nains politiques et intellectuels – sans grand intérêt, donc.

On retiendra tout de même cette formule de madame Pécresse : « Ce qui fait la force d’âme de la droite, c’est d’avoir toujours préféré Charles de Gaulle à Charles Maurras. »

La phrase, outre sa grandiloquence un peu ridicule, révèle à la fois l’inculture de son auteur, qui ignore qu’au-delà des désaccords de circonstance (en des heures cruciales, il est vrai), de Gaulle est au moins autant un héritier de Maurras et de Bainville que de Barrès et de Péguy, et aussi une des faiblesses fondamentales de la droite contemporaine : son incapacité à disputer à la gauche l’hégémonie intellectuelle et culturelle.

L’héritage maurrassien dans la pensée du fondateur de la VRépublique est évident à plus d’un titre. Dans la critique des faiblesses du parlementarisme, dans la mise en place d’une monarchie présidentielle et également dans la volonté de promouvoir une représentation des intérêts professionnels, concurrente de la représentation par les partis politiques, et encore dans le projet de mettre en œuvre une certaine décentralisation par la régionalisation.

Autorité en haut, libertés en bas, représentation du pays réel, contestation du pays légal, tout cela ne saurait être étranger à la lecture de L’Action française quotidienne que pratiquait le colonel de Gaulle avant la guerre.

Pour l’incapacité de la droite à venir disputer à la gauche l’hégémonie culturelle, la petite phrase de madame Pécresse nous en révèle parfaitement les causes.

Non seulement la droite ignore les classiques de la pensée de droite, comme Maurras, car elle ne les a jamais lus, mais encore elle adopte à leur égard les préjugés et les imputations calomnieuses de la gauche, cette dernière demeurant la seule habilitée à dire à quelle vision du monde et à quels auteurs il est légitime et « politiquement correct » de se référer.

Notons tout de même un signe positif : sur Twitter, parmi la centaine de réactions provoquées par la formule de Valérie Pécresse, la quasi-totalité moquait ses propos et soulignait l’importance de Maurras et son influence sur de Gaulle.

Voilà qui semble prouver qu’à l’extérieur des appareils, il existe une vraie droite et aussi, osons l’expression, une certaine maurrassisation des esprits !

Professeur agrégé de lettres modernes
Président du Comité directeur de l’Action française
( 9 septembre, 2017 )

Après la mort de Pierre Bergé

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

En deux mots.jpgLa mort de Pierre Bergé fera pleurer ces jours-ci dans les chaumières de gauche – souvent de riches demeures, de luxueux riads à Marrakech où tout est permis, ou d’hollywoodiennes villas à Tanger – dans les milieux homosexuels aussi, parmi les malades du sida ou ceux qui, en un sens, font en sorte de l’attraper, enfin dans la presse où il s’était forgé un empire.

Bergé était un fidèle et généreux soutien de tous ceux-là. Sa fortune amassée jadis avec Yves Saint-Laurent lui en donnait les moyens. Il les avait mis au service de ces causes, sans-doute utiles aux malades du sida. Pas à la France.

Au moment où il quitte la scène, où il s’est montré si longtemps, nous ne verserons pas ici dans la polémique facile, encore moins dans l’insulte vulgaire. Laissons cela à ceux qui s’en contentent. « Bon débarras ! », par exemple, serait à la fois trivial et naïf, car dans les milieux qu’il fréquentait, les Pierre Bergé ne manquent pas et se reproduisent, quoique souvent sans enfant, avec la plus extrême facilité.

On ne peut raisonnablement nier qu’il ait été un homme de culture. Sa vie agitée et, comme diraient les médias, sulfureuse, lui a tout de même laissé le temps de lire, d’aimer la littérature et les livres, de constituer des collections d’œuvres d’art exceptionnelles, parmi lesquelles quelques pures merveilles. Il pouvait parler de Montaigne ou de Stendhal avec une véritable érudition et beaucoup de finesse. Il procédait d’une époque où la culture était encore répandue et honorée. Il n’en était pas dépourvu.

Il n’empêche que ses goûts, ses passions et son action se sont portés sur des causes destructrices de la société qui a donné naissance et consistance à cette culture.

Esprit non dénué d’une part prévalente de perversité, il a aimé et soutenu ce qui dissout, détruit, déqualifie notre société et notre culture. Ou ce qu’il en reste.

Disons simplement qu’il n’a pas été un serviteur de la France. Ou, si l’on préfère, qu’il en a été un très mauvais serviteur

( 6 septembre, 2017 )

L’armée libanaise attaque Daesh

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Depuis environ trois ans, plusieurs milliers d’islamistes d’Al Nosra (devenu Fatah al Cham) et de Daesh ont trouvé refuge dans les montagnes libanaises le long de la frontière syrienne.

Dans ces zones difficiles d’accès, les djihadistes pouvaient se reposer, s’approvisionner en armes et recruter de nouveaux combattants dans les camps de réfugiés syriens situés à proximité.

Ils n’hésitaient pas également à organiser des raids meurtriers sur la Syrie.

Les combattants libanais du Hezbollah ont lancé fin juillet une vaste offensive contre les positions d’Al Nosra. En effet, libérés des durs combats d’Alep et des environs de Damas, les chiites disposaient des effectifs nécessaires pour mettre fin à la présence plus qu’encombrante des islamistes sunnites sur le sol libanais. La défense d’Al Nosra fut, comme d’habitude, acharnée. Mais, moins nombreux et moins bien armés, ils durent céder. Après d’âpres négociations, les survivants furent autorisés à se retirer vers la zone de refuge habituelle des islamistes : la province d’Idlib située dans le nord-ouest de la Syrie.

L’armée libanaise, sensée être au dessus des divisions confessionnelles, s’était contentée de sécuriser la ville d’Ersal, ultime point d’ancrage des djihadistes. Elle ne pouvait en effet mener une offensive conjointe avec un mouvement exclusivement chiite.

Elle vient à son tour de passer à l’offensive, toujours dans les montagnes proches de la frontière syrienne, mais contre Daesh cette fois.

Enfin ! Il y a bien longtemps que l’on espérait une initiative d’envergure de l’armée contre l’Etat islamique qui avait tué et fait prisonnier plusieurs de ses hommes lors des combats de 2014. Deux d’entre eux avaient ensuite été égorgés, un chiite et un sunnite.

Les combats qui se déroulent devraient se conclure favorablement : les trois-quarts du territoire contrôlé par Daesh ont été repris en quelques jours et toute contre-attaque semble illusoire.

Ce qui est particulièrement intéressant dans cet événement, c’est qu’une offensive similaire s’est déroulée côté syrien menée par le Hezbollah et, surtout, l’armée syrienne. Il ne fallait évidemment pas laisser la possibilité aux hommes de Daesh de reculer devant l’armée libanaise et de trouver refuge dans les montagnes syriennes. Pris en étau, ils n’ont aucune chance.

Symboliquement, c’est un pas important qui vient d’être franchi. Même si l’armée libanaise le nie, il est évident qu’elle a coordonné son action avec l’armée syrienne.

C’est une grande première depuis le début de la guerre en Syrie et c’est de bon augure pour vaincre les islamistes. Il ne s’agit pas d’oublier les drames du passé : le Liban a payé un lourd tribut à l’occupation syrienne. Mais l’islamisme vainqueur en Syrie aurait ensuite détruit le Liban et chacun semble l’avoir compris. La priorité est donc là : détruire Daesh, Al Nosra et les autres mouvements islamistes sunnites que les Etats-Unis et l’Europe ont criminellement soutenus. Pour cela, la Syrie et le Liban doivent travailler ensemble.

Le nouveau chef d’Etat-Major libanais, le Général Joseph Aoun, s’est déplacé sur le lieu des combats, soulignant là leur importance.

Une page se tourne et la défaite des islamistes se rapproche.

Antoine de Lacoste

( 6 septembre, 2017 )

Ukraine : intangibilité des frontières ? Allons donc !

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

 

En deux mots.jpgDe tous les dogmes en vogue en matière de politique étrangère, le plus stupide, le plus irréaliste, et le plus ignorant – en particulier de la géographie et de l’Histoire – c’est, sans conteste, celui de l’intangibilité des frontières.

Lesquelles, en effet ? Sans remonter au déluge, le XXe siècle a passé son temps à les modifier en tous sens : à l’issue de la 1ère Guerre Mondiale où l’on dépeça l’Autriche-Hongrie et la Turquie, sur les dépouilles de laquelle Français et Anglais tracèrent arbitrairement les bien embarrassantes frontières de l’actuel Proche-Orient ; à la fin de la Seconde Guerre mondiale où la carte de l’Europe fut refondue, dans la foulée  de Yalta ; lors de l’éclatement de l’URSS enfin, à quoi s’ajoute la dislocation subséquente de la Yougoslavie et de la Tchécoslovaquie que les traités d’après la Grande Guerre avaient pourtant instituées.

Au total, l’Europe actuelle compte nombre d’Etats qui n’existaient pas avant 1914, 1945 ou autour de 1990. De fait, le principe de l’intangibilité des frontières n’a cessé d’être foulé aux pieds à l’époque moderne, comme en toute autre de l’Histoire. Croit-on que l’on va s’en tenir éternellement au tracé actuel des frontières de l’Europe, que les choses vont s’arrêter là ?

Et est-ce au nom de ce principe de l’intangibilité des frontières qu’Emmanuel Macron vient crânement de déclarer sa ferme intention de mener la vie dure à Vladimir Poutine à propos de l’Ukraine, ou même de la Crimée ? Pourquoi ? Ce n’est guère sérieux.

Nous ne sachons pas que du temps de l’Union Soviétique, sous Staline, Khrouchtchev, Brejnev, ou même Gorbatchev, aucun Etat, aucune diplomatie occidentale, aient, alors, jamais contesté que l’Ukraine – ou la Crimée – fût russe. Personne n’aurait alors songé à s’en aviser, encore moins à en saisir les Soviétiques,

Selon l’Histoire, l’Ukraine est le berceau de l’ancienne Russie autour de l’an 1000, où Vladimir, grand prince de la Rus de Kiev, décida, que la Russie serait chrétienne, et, de surcroît, orthodoxe, à cause de la beauté des cérémonies byzantines. Le baptême de la Russie, fut décidé à Kiev, à l’époque où Moscou n’était qu’un gros village. Sous l’angle culturel plus récent, Gogol, Prokofiev ou Tchaïkovski sont Ukrainiens ; ce sont surtout, cependant, sous le regard du monde entier, de grands artistes russes. Aujourd’hui, encore, l’église orthodoxe d’Ukraine est rattachée au Patriarcat de Moscou, ce qui n’est pas, ici, sans importance spirituelle et politique.

Les « démocraties » ont reconnu naguère les frontières de l’Union Soviétique, Ukraine et Crimée comprises, toutes deux déjà russes sous les derniers tsars.

Elles s’obstinent aujourd’hui, alignées sans scrupules sur la politique belliciste active des Américains, bien loin de leurs bases, au centre et à l’Est de l’Europe, à contester ce qu’elles ont accepté hier.

La Crimée est russe au moins depuis le XVIIIe siècle et chacun sait qu’elle ne fut rattachée à l’Ukraine, alors russe, qu’en 1954, par décision en quelque sorte administrative de Moscou, prise en l’occurrence par Nikita Khrouchtchev. Singulière paternité pour cette Crimée ukrainienne à laquelle sans autres raisons s’accrochent les Occidentaux.

Au risque de choquer quelques lecteurs, notre avis est que l’équilibre, la tranquillité et, tout simplement, la paix de l’Europe, seraient infiniment mieux assurées si, sous une forme ou sous une autre, préservant, autant que possible, sa toujours relative indépendance, l’Ukraine – c’est chose faite pour la Crimée – retrouvait sa place historique dans l’orbite, la zone d’influence, russe. C’est précisément à quoi notre diplomatie ne cesse de s’opposer pour l’instant. Elle continue de fonder son action sur les principes du « format Normandie » plutôt que sur l’esprit de la rencontre franco-russe de Versailles. Cette position ne peut manquer de laisser la crise ouverte pour longtemps en Ukraine.

Ce grand Etat mafieux, cette nation composite, dont l’identité est peu définie, qui ne fut presque jamais indépendante et, au contraire, continuellement partagée entre ses voisins ; dont les finances, minées par la corruption de ses dirigeants, sont en ruine, ne nous semble pas pouvoir être artificiellement attirée, sans dommages, embarras de toutes sortes, et sans que se perpétue dangereusement un état de tension permanente avec la Russie, vers l’Europe de l’Ouest ou, pis, sous la coupe de l’OTAN.

( 5 septembre, 2017 )

Sale temps pour la presse libre

 

Lu sur « le Réveil Français »

 

Le cas Polony

Cela fait bien longtemps que la notion de « liberté de la presse » relève de l’incantation, les grands patrons propriétaires des média ne peuvent s’offrir un tel luxe. Tant pis pour le pluralisme et l’ennui que cela procure aux citoyens transformés ainsi en consommateurs passifs. S’agissant de Natacha Polony, elle n’a certes pas exactement le même profil que le très médiocre et très servile Bruno Roger Petit.
Et on s’étonne que les français n’aiment pas le monde de la presse.

 

Sale temps pour la presse libre dans actualités Natacha-Polony

Depuis quelques temps, nous étions nombreux à nous poser de plus en plus expressément la question : mais qui arrêtera Natacha Polony ? C’était sans compter la formidable et fulgurante répression menaçant sévèrement le pluralisme de moins en moins démocratique de la presse, qui n’a pas tardé à s’abattre sur l’ancienne chroniqueuse de On n’est pas couché et du Grand Journal. L’éviction de Natacha Polony d’Europe 1, où elle intervenait dans la Matinale aux côtés de Thomas Sotto, dans le « Médiapolis » de Duhamel et dans le Débat d’Europe Soir (complètement illégitime d’ailleurs, puisque le quart d’heure de la Matinale qu’elle animait réalisait les meilleures scores d’audience de la chaine), a été suivi de son licenciement de Paris Première la semaine dernière. Elle y avait, avec son émission « Polonium », auparavant carte blanche, tant dans le choix des thèmes que de ses invités.
On ne saurait voir dans cette série d’expulsion un cas isolé. Au contraire, elle s’inscrit directement dans une logique de connivence de plus en plus affirmée entre un pouvoir politico-économique et les détenteurs et actionnaires majoritaires de la grande presse. C’est d’ailleurs cette même logique qui a présidé à la suppression début 2017 de la rubrique de macroéconomie (gérée par Romaric Godin) du journal économique La Tribune, sur ordre du nouvel actionnaire Frank Julien (groupe industriel Atalian), ou encore le licenciement d’Aude Lancelin de l’Obs, organe officiel du néo-conservatisme de « gauche », en mai 2016. On ne peut d’ailleurs manquer de rapprocher les prises de position de cette dernière, auteure du Monde libre, pamphlet sulfureux dont le titre fait ironiquement référence au groupe détenu par Matthieu Pigasse, Xavier Niel et Pierre Bergé (Le Monde, l’Obs), dénonçant une « presse française aux mains des géants du CAC 40 »[1] pratiquant un « management par la terreur assumé »[2] , et les récentes prises de position de Natacha Polony.
Matthieu Pigasse, Pierre Bergé et Xavier Niel
De la dénonciation de la connivence généralisée des journalistes, chefs d’entreprises et politiciens au sein de réseaux d’influences (cercle Bilderlberg, etc.), aux questions posées dans l’ONPC du 2 février 2013 à Christine Ockrent sur ses relations aux réseaux de pouvoirs jusqu’à ses plus récentes prises de position au sein du comité Orwell, puis sur sa chaine Youtube Polony.tv (« Le média libre de la France souveraine »), où elle se livre à l’invective intransigeante d’un journalisme en laisse, Polony faisait manifestement tâche au sein d’un appareil totalement acquis au nouveau pouvoir du président-banquier. Ses interventions bienvenues jouaient largement le rôle du taon venant perturber un entre soi confortablement installé : « Très souvent sur ce plateau [lorsqu’elle était encore au Grand Journal sur Canal+, ndlr], je me suis retrouvée la seule à tenir un discours différent face à huit personnes autour d’une table qui étaient toutes d’accord. Je crois au pluralisme. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils m’ont fait venir. C’était pour apporter quelque chose d’autre ». (septembre 2015, dans « C à vous », France 5). « Apporter quelque chose d’autre », tout cela est bien sympathique, mais dès lors que cet apport étranger à la pensée unique se mêle à la dénonciation claire et limpide des farces présidentielles et législatives auxquelles nous avons assisté, le « pluralisme » généreux ne tarde pas à montrer son véritable visage. Et si en plus cette dénonciation se trouve enrichie par un discours anti-libéral de plus en plus cohérent, qui en vient à tirer de plus en plus gravement la sonnette d’alarme contre la négation pure et simple de la démocratie, et où la défense de la souveraineté nationale contre la sacro-sainte U.E n’est plus écartée d’un revers de main comme un bête délire réactionnaire, mais bien présentée comme la condition même de la démocratie, alors la muselière se referme d’autant plus sévèrement.
Natacha Polony, sur le site Polony.tv
Sans doute que son refus de courber l’échine devant celui qu’on nous présente comme le nouveau « leader du monde libre » (dans un article hallucinant du Point[1]) ou encore un « président-philosophe » (France Culture[2]), a-t-il joué le rôle de la goutte d’eau. Notamment depuis son intervention très remarqué sur France2, le 27 février 2017, où elle déclara, devant un Delahousse d’une sidérante mauvaise foi, que « [Macron] résiste parce que le système résiste. […] Idéologiquement il est une espèce de truc assez vide, capable de soutenir tout et son contraire. Simplement, ce qu’il a derrière lui, c’est tout simplement des forces financières, qui ont envie de suivre un programme économique très précis. On sait par qui il est soutenu : par Pierre Berger (directeur du Monde), Xavier Niel (principal actionnaire de Free, copropriétaire du journal Le Monde), Patrick Drahi (Altice, SFR Groupe, Virgin Mobile, propriétaire des médias Libération et L’Express). Il y a derrière des gens qui ont des intérêts financiers à soutenir ».
Depuis, elle n’a fait qu’insister sur l’arnaque du prétendu renouveau, la fin de l’alternance factice droite-gauche n’étant que le meilleur moyen pour le pouvoir financier de prendre enfin les choses en main, sur le mensonge d’un prétendu enthousiasme français pour leur nouveau petit prince, mais dont l’infime participation au scrutin (20 millions d’électeurs sur les 47 que comptent le pays) cache en réalité une « France fracturée, divisée, qui n’a pas vu en Emmanuel Macron le sauveur qu’on veut nous faire croire ». Les pratiques des grands médias rejoignent d’ailleurs ici dangereusement la volonté de l’exécutif et son rêve d’un journalisme policé et sans éclat (voir la dépose de plainte pour la révélation du projet de la nouvelle loi Travail). En effet, depuis son élection, le jeune monarque va jusqu’à verrouiller de plus en plus fermement les grilles dorées de l’Elysée, en se payant désormais le luxe de choisir lui-même, non pas les journaux, mais les journalistes qui auront le privilège sublime de le suivre dans ses interventions. Jamais un chef d’Etat n’avait, sous la Vème République, poussé le vice aussi loin. Jamais la pensée unique n’avait fait ressentir aussi fortement son poids écrasant. Et ce, sous les yeux ébahis et hagards des benêts convaincus qu’il suffisait de crier « No Pasaran » la main sur le cœur, en glissant un bulletin Macron dans l’urne pour sauver ce qu’il restait de la République. Le fait est que la Macronie prend de plus en plus des allures de dictature feutrée, dont les exécutants se révèlent être les putschistes des milieux financiers, formés dans les couloirs des grandes écoles de commerce. C’est la réalité de cette fameuse « société civile » aux manettes, quand elle n’est pas une masse informe de grands paumés et de gogos parfaitement dociles et lobotomisés (voir les prestations lamentables, entre autres, d’Anissa Khedler, Fabienne Colboc et Emilie Guerel, nouvellement élues députées).
Après 5 ans de travail à Europe1, l’auteure de Bienvenue dans le pire des mondes est donc brutalement sommée de prendre la porte. Elle sera remplacée par la toute inoffensive Daphné Burki, mi-animatrice de télévision, mi-égérie de campagnes publicitaires (Galeries Lafayettes, Nestlé, Dim, Femibion), mais dite « irrévérencieuse» pour avoir montré la moitié d’un sein dans la « Nouvelle Edition » (« Les boobs guident le peuple », 05/09/16). Pour la subversion on repassera, pour la résistance politique, même pas la peine d’espérer. En somme, le petit côté « rebelle » libertaire dont la bourgeoisie Canal + raffole, et qui ne risque en aucun cas de déranger l’oligarchie. La pincée de sel nécessaire pour faire avaler toutes les couleuvres. Le grain de sable certifié conforme qui ne risque pas d’endommager les engrenages.
Daphné Burki
Tout ceci s’enchaine avec une prévisibilité monotone, presque ennuyante. Après les pouvoirs absolus donnés par un parlement croupion, le concerto de violons s’intensifie, et sans fausses notes. « Cachez cette opposition que je ne saurais voir, la mise en laisse vous sied si bien ». Désormais, en 2017, l’irrévérence en Macronie se paye d’ostracisme. Qu’on se le dise.

Vu sur : Le vent se lève, écrit par : Simon Verdun

( 5 septembre, 2017 )

Et maintenant, l’école catholique qui déboulonne ses saints !

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

Il est d’usage de vouloir démolir les égéries de ses adversaires. Pas ses propres icônes.

La démarche, on en conviendra, est assez, euh… originale.

Dans la série « Déboulonnons-les tous », voici l’école catholique qui bannit ses saints. Qui dit mieux ? Relayée par plusieurs sites d’information chrétiens, la nouvelle a suscité une certaine émotion sur les réseaux sociaux. Il est vrai que l’on a franchi un palier non négligeable dans le processus psychologique : il est d’usage de vouloir démolir les égéries de ses adversaires. Pas ses propres icônes. La démarche, on en conviendra, est assez, euh… originale.

Certains ont tenu l’inventaire : Saint-Dominique – puisque c’est le nom de cette école privée catholique de San Anselmo (Californie), qui se trouve être la plus ancienne d’outre-Atlantique – a déjà fait disparaître 162 statues sur 180, Vierge Marie en tête qui, de la cour, a dégringolé, telle une reine déchue, à la cave. Pour la direction de l’école, avec 20 % (seulement) d’élèves croyants, cette décision « inclusive » visant à ne pas chiffonner les autres s’imposait.

Restent quand même à dézinguer 18 traces de la vocation initiale de l’école – de quoi ouvrir une brocante ou un musée folklorique – et puis une ou deux petites choses encore un peu voyantes : le nom de l’établissement – quand on aura enlevé la mention « saint », il restera encore la racine latine de « Dominique » – et, pire, celui de la ville où il est sis : les racines, décidément, sont tellement profondes qu’elles sont devenues consubstantielles.

On ricane, – « Ah, ces Américains ! » -, on hausse les épaules en évoquant la Californie, cette folle. Oubliant qu’en France, on ne vaut pas tellement plus cher. Et quand je dis « tellement », c’est pour être gentille.

Si on parlait, en ce jour de rentrée, du groupe scolaire Saint-Quelconque ou Saint-Auhasard, et de toutes ces écoles catholiques de France et de Navarre, qui ont fourgué leur Thérèse de l’Enfant-Jésus chez Emmaüs et les crucifix dans le fourbi d’un cagibi, et qui n’osent plus « rien » proposer ? Ou enfin si, un atelier théâtre et un ciné-club en anglais. Mais surtout pas du « caté ».

Parfois, ils parlent des cathédrales. Puis, la semaine suivante, avec la même neutralité, des mosquées. C’est de l’histoire religieuse. Ce n’est pas sans intérêt, mais ce n’est pas du caté. Du caté dispensé par des gens formés : on ne peut transmettre que ce que l’on possède. Laisserait-on enseigner l’anglais sans vérifier au préalable que le prof sait (vraiment) le parler ?

Du caté pour tous, pour que chacun, une fois dans sa vie, en ait entendu parler : comment aimer ce que l’on ne connaît pas ? Si l’amour de Dieu, comme elle l’affirme, est le trésor de l’Église, pourquoi exclut-elle certains de la « table du partage », selon les mots du cantique éculé ? Ils ne sont pas obligés, cela va sans dire, d’apprécier, mais au moins ils auront eu le droit de goûter. Et pourquoi les parents en seraient-ils fâchés ? Quand ils poussent la porte du « Shang Palace », ils ne font pas la gueule parce que, sur la carte, il y a des nems et du canard laqué. Rien ne les a forcés à entrer, il y avait une autre crèmerie, de proximité et plus économique qu’on appelle l’école publique.

Parce qu’il faudrait peut-être se demander si ces islamistes qui ont fait leur scolarité dans des écoles catholiques privées (confer « Les Français jihadistes, David Thomson) n’aspiraient pas, alors, à une certaine verticalité, ensuite dévoyée faute d’avoir trouvé dans ladite école chaussure à son pied, si pour lutter contre cette lente glissade vers la dhimmitude volontaire il ne faut pas autre chose qu’une évangélisation molle et velléitaire. Si la fin du boxon ne sonnera pas quand, enfin, chacun d’entre nous se décidera à jouer vraiment sa partition.
Les islamistes, eux, l’ont toujours fait. On ne peut le leur dénier.

Ecrivain, journaliste
( 31 août, 2017 )

Et Saint-Michel coupa les 200 têtes du dragon..

 

Article du Réveil Français , écrit par : Henri Temple

 

A propos de La gloire des Grecs, chef d’œuvre de Sylvain Gouguenheim

 

 

Et Saint-Michel coupa les 200 têtes du dragon.. dans actualités La-gloire-des-Grecs

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Lorsque Sylvain Gouguenheim publia Aristote au Mont-Saint Michel, Les racines grecques de l’Europe chrétienne (Seuil, 2008), il fut la victime d’un spasme invraisemblable et odieux du dragon nommé Pensée unique, perturbé au plus profond de ses dogmes : car comment pouvait-on oser remettre en question l’idée selon laquelle notre accès à Aristote puisse nous être parvenu autrement que par les Arabes, notamment ceux qui occupaient le sud de l’Espagne, au premier rang desquels Averroes ? Comme l’hydre, ce dragon se vit pousser (au moins) 200 têtes vociférantes ; il occupa des pages entières de nos germanopratines Pravda. On trouve encore les noms des 200  »collègues » de M. Gouguenheim qui le lynchèrent dans cette presse: toute une inquisition issue de l’établissement d’enseignement supérieur (?) auquel l’auteur appartient (http://www.liberation.fr/tribune/2008/04/30/oui-l-occident-chretien-est-redevable-au-monde-islamique_70708). http://passouline.blog.lemonde.fr/2008/04/27/laffaire-aristote-chronique-dun-scandale-annonce/. Cette inquisition soviétoïde fulmina l’entreprise (qu’elle seule avait cru voir) « de réviser (sic) l’idée d’une participation du monde islamique à l’élaboration des savoirs en Europe à l’époque médiévale….Les assises méthodologiques et les thèses de ce livre sont discutables (sic) et actuellement discutées par la communauté des spécialistes de cette période (sic), historiens et philosophes…l’affaire semble bien dépasser la simple expression de thèses scientifiques (sic). L’ouvrage de Sylvain Gouguenheim contient un certain nombre de jugements de valeur et de prises de position idéologiques à propos de l’islam; il sert actuellement d’argumentaire (sic) à des groupes xénophobes et islamophobes qui s’expriment ouvertement sur internet…L’ENS-LSH, institution laïque, républicaine et humaniste (sic), à laquelle Sylvain Gouguenheim appartient et dont il tire pour bonne part sa légitimité (sic), ne peut, par son silence, cautionner de telles déclarations. Nous, enseignants, chercheurs, élèves et anciens élèves de l’École normale supérieure Lettres et sciences humaines, affirmons solennellement que les prises de position idéologiques (sic) de Sylvain Gouguenheim n’engagent en rien les membres de son École….nous souhaitons réaffirmer avec force notre attachement à la nécessaire distinction entre recherche scientifique et passions idéologiques (sic !). Nous demandons une enquête informatique approfondie sur les points évoqués plus haut. Nous demandons que toutes les mesures nécessaires soient prises afin de préserver la sérénité pédagogique et la réputation scientifique de l’ENS LSH (sic). Et là, alors, sur ce dernier point, c’est gâté pour des décennies !
Or voici que notre grand et libre historien vient publier La gloire des Grecs (Cerf, 2017), qui n’a attiré aucune critique de la part du dragon; les 200 têtes vides sont restées silencieuse et pour cause : qui en effet s’exposerait, désormais, au grotesque de contester que les grands auteurs grecs classiques nous ont été transmis par leurs…héritiers directs, les Grecs byzantins ? Ce qui ne fait nullement disparaître Averroes, dont Thomas d’Aquin commente les opinions ; mais ce qui replace à ses justes proportions celui qui, ne lisant pas le grec, n’avait accédé à Aristote que par des traductions arabes venues de Bagdad, et travaillait sous tension politique. Averroes sera d’ailleurs banni par Abu Yusuf Yaqub (Al Mansur), et ses livres seront brûlés : les contempteurs de Gouguenheim sont bien plus proche, en fait, d’Al Mansur que d’Averroes dont ils n’ont pas compris qu’il ne fut qu’une lumière fugace dans l’Andalous, vite réprimée, et restée sans postérité (sauf le soufisme, lui aussi persécuté).
(Partie 2) Les contempteurs de M. Gougyenheim rêveraient volontiers d’une police de la pensée: ils demandent une enquête, et même  »que toutes les mesures nécessaires soient prises afin de préserver la sérénité pédagogique et la réputation scientifique de l’ENS LSH ». Une science officielle, lyssenkienne, un imprimatur ?
Nous ne voulons savoir que bien peu de l’Empire romain d’Orient qui a pourtant entretenu la flamme de la civilisation occidentale, vacillante alors à l’ouest, jusqu’ à ce que le Turc prenne Constantinople et transforme Sainte Sophie en mosquée (1453). La guerre de 100 ans se finissait chez nous et le Pape, occupé à défendre ses richesses, ne fit rien pour empêcher ce recul tragique de la Chétienté face aux assauts guerriers de l’Islam. Rien de nouveau.
La nouvelle œuvre de Gouguenheim nous explique (700 notes de références, 400 ouvrages cités, souvent avec extraits) ce que Byzance, désormais oubliée, fit pour nous : de sa somme magistrale on devra, à jamais, retenir, diffuser et transmettre, que la gloire des Grecs byzantins est de nous avoir transmis l’essence de tout ce qui fonde notre immense civilisation occidentale.
Que resta-t-il, à l’ouest, de ce monde romain, si féroce pour nos pères galliques, à sa dissolution après 5 siècles d’occupation brutale ? La longue nuit terrible du haut Moyen Age qui ne s’acheva que vers la fin du Xe siècle. En particulier avec la Renaissance ottonienne en Allemagne lorsque Otton épousant Théophanie, princesse byzantine, souveraine érudite et très influente, fit entrer les auteurs helléniques classiques en Allemagne, où la logique aristotélicienne demeure encore – bien plus, hélas, qu’en France – la matrice de la méthode intellectuelle universitaire (que même Descartes n’est pas arrivé à améliorer chez nous). Mais qui – sauf un ignorant – en serait surpris ? Le miracle hellénique classique s’est, en effet, prolongé et étendu en quatre temps: l’empire d’Alexandre, à l’est, diffuse la civilisation grecque pendant dix siècles au moins jusqu’aux Indes, et en retirera aussi des richesses mystiques (v.Plotin). L’incorporation politique forcée à l’empire romain, déjà très imprégné d’hellénisme. La période chrétienne; qui inhiba un temps les connaissances antiques, perçues comme païennes…Et la période de solitude strictement byzantine, à la chute de Rome, période qui durera près de 1000 ans !
Constantinople, Alexandrie (jusqu’en 640 et la destruction de son illustre bibliothèque par les Arabes), Byzance, ont maintenu un système scolaire dense et de qualité (paidèia); ont recopié patiemment et mis à disposition tous les chefs d’œuvres scientifiques, médicaux, philosophiques, littéraires, musicaux, religieux, antiques et anciens, dont les papyrus se dégradaient, inventant au passage l’écriture grecque cursive (renaissance byzantine des IXe/Xe siècle), la perspective en peinture. Par le sud de l’Italie, l’Allemagne, Venise, les Normands de Sicile, les moines irlandais, la culture hellénistique, déjà présente dans l’œuvre d’Augustin, s’infiltre dans tout l’ Occident.
Au fond, quoi de plus évident que le patrimoine grec nous ait été transmis de Chrétiens à Chrétiens, d’Occidentaux à Occidentaux, de voisins grecs à voisins siciliens, vénitiens, de locuteurs latins à locuteurs latins ? Jacques de Venise (v. not. p.197 à 202) au début du XIIe siècle ne fut même pas le premier à copier, traduire et diffuser des traductions latines d’Aristote.
La fragilité des acquis du savoir nous frappe. Des civilisations disparaissent sous les coups d’ envahisseurs, d’inquisiteurs ou d’autocrates. Il fallut des siècles pour revenir au niveau des connaissances des Grecs, qui avaient calculé la circonférence de la terre (Ératosthène), ou la forme de son ellipse autour du soleil (Hypatie). Au fait : nos Pravdas germanopratines n’ont pas recensé le puissant ouvrage de Gouguenheim, fort de 400 pages passionnantes d’une grande densité. Misérable. Mais Saint-Michel vient de vaincre le dragon de la Pensée unique aux 200 têtes vides. C’est là le signe que ce dragon n’est fort que de notre manque de convictions et de ténacité.
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