( 2 juillet, 2017 )

“La loi Veil aura sublimé le signe le plus sûr du déclin d’une civilisation”

 

Lu sur « le salon beige »

Le président de la fondation Lejeune, Jean-Marie Le Méné, explique dans Valeurs Actuelles pourquoi il ne rendra pas hommage à Simone Veil :

Simone Veil SIPA 2« Pour la première fois, en 1975, un acte condamnable depuis Hippocrate, 400 ans av. JC, a été dépénalisé. Cette révolution n’a été rendue possible que par les mécanismes de compensation inventés par la société. Car, à la différence d’autres transgressions moins radicales, l’avortement n’offre aucune contrepartie positive hormis la liberté absolutisée, symbole d’une idéologie de rupture avec l’ordre naturel. Les meilleures intentions ont été invoquées, il ne s’agissait que d’une dérogation au principe du respect de la vie, accordée en cas de détresse. L’enjeu était la santé des femmes menacée par l’avortement clandestin. Au fond, la loi Veil n’était qu’une loi de santé publique. Cette aimable vision a rassuré la droite qui a soutenu la ministre, plus par faiblesse que par malice, en s’avouant à la fois contre l’avortement mais pour la loi. Sauf que réduire le féminisme à un hygiénisme et assimiler un acte commis en blouse blanche à un acte médical en dit long sur la reddition de l’intelligence aux forces de l’illusion. L’acte est tellement contre nature qu’il n’est tolérable que dénaturé. Tout est déni dans l’avortement : l’innommable est acronymisé, l’indescriptible euphémisé, le réel virtualisé.

L’infans conceptus n’est plus ni un être, ni un humain, ni un vivant, de sorte que son effacement n’est plus homicide mais cosmétique. Les protagonistes échangent leurs rôles : l’enfant devient l’agresseur et la mère la victime. L’acte héroïsé, débarrassé de l’alibi de la détresse et d’un humiliant délai de réflexion, poussé à la performance par une politique de quotas, n’entraîne plus aucun effet indésirable. Au contraire, certaines se tatouent les lettres « IVG » sur la peau, là où l’on dessinait jadis des « je t’aime ». On finit même par en rire : « 220 000 avortements par an en France. Si on arrêtait d’en faire un fromage ? » goguenardise le site My little IVG. La grossesse interrompue, dont l’Etat a imposé le remboursement à la collectivité, comme un soin parmi d’autres, est devenue l’étape initiatique de la vie des femmes. Mais, depuis plus de 40 ans, l’avortement ne tient que par le mensonge, seule ressource de son néant.

Devenu indifférent au bien et au mal dont la frontière a été floutée, le droit s’est retiré peu à peu du service de la justice. Il ne consiste plus à rendre à chacun ce qui lui revient (en l’occurrence le respect de la vie à l’enfant conçu) mais à accompagner ce qui change dans la société. Est juste ce qui va dans le sens de la modernité, est injuste ce qui s’y oppose. De fait, la transgression princeps de l’avortement est devenue le portail d’accès vers tous les « progrès sociétaux ». L’avortement ne prétend pas détruire la société mais la reconstruire sur une autre base : l’humain est le résultat d’une construction, d’un choix, d’un désir. En cela, il est une pierre fondatrice du transhumanisme. Après avoir osé la mort de l’enfant avant sa naissance, tout devient possible, notamment la fabrication de l’enfant de son choix. Ce raisonnement a produit un effet cliquet (pas de retour en arrière), une surenchère maîtrisée (on reste toujours en deçà de la transgression-étalon) et une escalade d’« illégalités fécondes » qui ont modernisé la société. Ainsi, au nom de l’avortement, on a légalisé en quelques années tout une cohorte de pratiques avant-gardistes : l’eugénisme systématique des « anormaux », l’industrie procréatique et le diagnostic préimplantatoire, le tri des embryons humains, leur congélation, leur stockage, leur utilisation pour fabriquer des enfants « normaux » sinon versés à la recherche et voués à la destruction. L’engouement pour le clonage, comme l’exploitation de cellules souches embryonnaires, s’est réclamé de l’avortement.

La GPA renvoie au concept de la grossesse choisie pour peu qu’on la débarrasse de son aspect lucratif déplaisant. La fabrication d’un embryon à trois parents est une expérimentation pleine de promesses en France en attendant l’ectogénèse. La légalisation de l’avortement demeure la matrice de toutes les audaces : il n’est pas jusqu’à l’interdiction de la burqa et l’autorisation du mariage gay qui n’invoquent le haut patronage de la légalisation de l’avortement. L’euthanasie n’échappe pas à la règle : donner la mort en fin de vie n’est pas moins compassionnel que la donner en début de vie. Manquait une clé de voute, un dispositif qui empêche quiconque de lever un coin du voile et de dénoncer « le mensonge qui tue » selon le mot de l’historien Pierre Chaunu. C’est le délit d’entrave, destiné à réprimer l’information dite dissuasive de l’avortement, mais ouvert à l’information incitative. Les grands procès de Moscou sont de retour. On arrêtera « les suspects habituels ». Tel est le triomphe du droit, mais la défaite de la justice.

Politiquement, la loi Veil illustre un modèle mythique de violence politique digne d’un dialogue de Thucydide. Les réformes rêvées par la gauche, mais réalisées par la droite, ont précipité le politique sur un chemin de traverse. Si « la distinction spécifique du politique, c’est la discrimination de l’ami et de l’ennemi », alors le vote de l’IVG a brouillé les pistes. Tandis que la gauche et la droite ont affiché une convergence de façade autour de la loi de 1975, s’est construite une relation scabreuse où c’est la gauche qui monte la garde et la droite qui baisse la sienne. Avec le vote de la loi Veil, la droite a « gagné » une liberté sous protection de la gauche. La droite a fait allégeance sur le plan culturel à une gauche qui définit le périmètre d’évolution de la droite et la charge même de faire avancer certains de ses projets. Comme le poisson rouge dans son bocal, la droite est en liberté surveillée, associée à une soumission à la gauche quel que soit le parti au pouvoir.

De ce fait, la gauche peut fort bien se dispenser d’être au pouvoir, en pratique elle y est toujours. La droite fait ce qu’elle veut pourvu que, sur les questions ontologiques, la gauche donne le cap. Ainsi s’expliquent les lois de bioéthique, toutes les trois votées sous la droite, tapis rouge déroulé au progrès technoscientifique, en l’absence de débat éthique. A l’évidence l’avortement, sanctuarisé dans le tabernacle de la République, ne peut pas faire l’objet de la moindre remise en cause. Au contraire, comme l’ont montré les débats récents dans tous les partis, seuls les candidats qui anticipent les reproches et s’affichent comme les plus transgressifs peuvent espérer un destin politique. Depuis 40 ans, sur des centaines de ministres, pas un seul n’a osé exprimer son opposition à la loi Veil qui, en cela, s’avère une victoire de son auteur éponyme. Il reste, qu’on le veuille ou non, qu’« un pays qui tue ses enfants tue son âme », comme le disait le Pr Lejeune. La loi Veil aura sublimé le signe le plus sûr du déclin d’une civilisation, le refus de ce « miracle qui sauve le monde » par lequel Hannah Arendt désignait la naissance. »

( 29 juin, 2017 )

François de Rugy président de la nouvelle Assemblée Nationale

 

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

 

En deux mots.jpgFrançois de Rugy est donc  devenu avant-hier président de la nouvelle Assemblée Nationale.

Personne ne doute qu’il fera un plus digne président que son prédécesseur, Claude Bartolone, réputé homme vulgaire, brutal, sans scrupules et sans manières. A l’hôtel de Lassay, dont la rumeur fait le plus bel appartement de Paris, où vécurent Edouard Herriot, Jacques Chaban-Delmas, Edgar Faure, Philippe Seguin et quelques autres plus obscurs, un peu d’allure sans-doute se reverra. Il n’y a pas lieu de s’en plaindre, même si l’on ne voit pas là l’essentiel.

Francois-de-Rugy-elu-President-de-l-Assemblee-nationale-Election-du-President-de-l-Assemblee-nationa_exact1024x768_l.jpgÀ propos de cette assemblée, François de Rugy a osé dire - et peut-être même s’y est-il senti obligé : « Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, nous avons été collectivement choisis par une minorité de Français ».

Ainsi cette « incomplétude de la démocratie » naguère signalée par Emmanuel Macron avant qu’il ne devînt président de la République, se trouve-t-elle aujourd’hui non pas créée – elle est de son essence – mais aggravée par le fait que désormais, elle s’exerce minoritairement. Car Emmanuel Macron, non plus, n’a pas été élu par une majorité de Français…

Il ne semble pas que ni l’exécutif, président en tête, ni le législatif, emportés par la vague jeuniste, la confiance en soi, la dynamique des succès, le concours sans défaillance des médias, l’attentisme pour l’heure encore bienveillant des Français, ne s’en émeuvent outre-mesure. Ils vont leur train, le veulent rapide, autoritaire et décidé.

Ils veulent opérer une reprise en mains de l’Etat ; ont recadré, c’est-à-dire, au fond, relativisé, le Parlement ; ils ambitionnent une certaine restauration de la fonction présidentielle, redevenue prééminente, et gouvernementale, subordonnée mais dite de plein exercice. Même si ce genre de vœu vit généralement ce que vivent les roses, ou plutôt moins, si les volontés s’émoussent assez vite, et si les mécanismes toujours renaissants du Système viennent inlassablement en ronger les ardeurs, même, en bref, si les velléités de cette espèce portent sous notre République,  la croix de mort de l’éphémère, qui s’en plaindrait légitimement ? Il suffit de les considérer sans illusion.

Reste l’autre essentiel : quelle sera la politique menée ? Et là encore, l’on ne sera pas dans la simplicité. Un jour Macron recevra Poutine à Versailles, royalement, semblera tenir tête à Trump, ira au Maroc, y tiendra, avec le roi des réunions d’amitié et de travail, fera prendre à la diplomatie française un virage assurément positif dans l’affaire syrienne … Et ce sera bien. Un autre jour, il voudra conduire l’Europe vers plus de fédéralisme, proposera une C.E.D. revisitée mais tout aussi illusoire, voudra légaliser la PMA, au mépris de la filiation, etc. Et ce sera mal.

Face à ce système, plus subtil que sous Sarkozy et Hollande, une opposition polémique, imprécatoire, marquée de radicalité, apparaîtra anachronique, inappropriée, inefficace. Notre opposition – qui perdure – ne vaudra que faite d’analyse, de réflexion et de rigueur. Les royalistes d’Action française, par tradition, en ont les moyens.

( 29 juin, 2017 )

PMA légalisée : l’atteinte à l’enfance

 

 

Hier, nous parlions écologie*. Aujourd’hui, nous sommes obligés de parler écologie humaine. Patatras ! Autant, je me sentais des affinités avec Nicolas Hulot, autant j’ai grand peur de me trouver en opposition radicale avec Emmanuel Macron à propos d’une nouvelle transgression majeure, celle qui concerne la PMA, la procréation médicalement assistée. Le candidat avait clairement affirmé son accord à une extension de la PMA pour les couples de femmes, tout en attendant l’avis que devait prononcer le Comité consultatif national d’éthique. Le comité s’étant prononcé hier et d’une façon favorable au projet d’extension, il y a tout à craindre d’un futur projet de loi. Sans doute, Emmanuel Macron avait-il aussi énoncé son souci de ne pas provoquer de nouvelles fractures nationales, comme pour le mariage homosexuel. On peut craindre néanmoins, sous l’influence des lobbies et des médias massivement acquis à une certaine conception des mœurs, d’entrer dans une autre bataille qui, à nouveau, divisera profondément le pays.

Bien sûr, on est obligé de partir d’un fait, celui du flottement généralisé des conceptions du monde, flottement que l’on est bien obligé de référer à la diffusion d’un nihilisme sournois. Il n’y a plus de convictions communes. On est donc obligé de se référer aux discussions de cette instance très particulière qu’est un comité d’éthique. Comité, dont les procédures sont assez proches de celles définies par Habermas, sans les lourdeurs propres aux rapports de force politiques. Encore faut-il, pour se mettre vraiment d’accord, pouvoir s’appuyer sur un minimum de perceptions communes. Force est de constater que ce minimum est plus que problématique. Et par ailleurs, le dernier mot appartient tout de même au politique qui tranchera, en accusant encore plus, sans doute, les incompatibilités.

On aura l’occasion de traiter amplement le sujet lui-même. Mais comment ne pas reconnaître que la transgression envisagée porte atteinte au cœur de la vie même, là où s’élabore le fruit sacré de l’amour humain. Cœur que la Providence a disposé avec la différence des sexes. On a beau dire que c’est par compassion que l’on veut permettre aux femmes en souffrances d’accéder à la maternité. Ce qui sera atteint, c’est la reconnaissance native, la plus délicate, celle que l’enfant perçoit simultanément dans le sourire de la mère et l’ombre protectrice du père.

Gérard Leclerc

*écologie.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 28 juin 2017 

 

( 28 juin, 2017 )

Les Américains s’installent en Syrie

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Depuis quelques semaines les Américains sont passés à la vitesse supérieure en Syrie.

Jusqu’au siège d’Alep et à son heureuse conclusion, leur présence était assez discrète. Des avions stationnés au Qatar ou en Turquie venaient bombarder des positions de l’Etat islamique autour de Raqqa, ou du Front al Nosra dans la Province d’Idlib. Des drones étaient envoyés pour éliminer quelques figures islamistes. Et des membres des forces spéciales étaient discrètement présents pour aider à la coordination de tout cela mais aussi pour encadrer leurs alliés kurdes et éviter toute attaque des Turcs.

Cependant le gros de l’effort se portait en Irak et la Russie semblait avoir les mains libres en Syrie.

Tout a changé avec le siège de Mossoul en Irak. De nombreux djihadistes ont alors fui vers l’ouest syrien pour rejoindre Der es Zor et ses environs, encore tenus par Daech. Un peu plus loin, toujours vers l’ouest, il y a Raqqa, capitale de l’Etat islamique.

L’Etat-major américain a alors décidé de lancer une offensive contre Raqqa. Sans mandat de l’ONU bien sûr (personne n’en a d’ailleurs) et sans l’accord de l’Etat syrien, contrairement aux Russes et aux Iraniens qui sont intervenus à sa demande. Mais quand on a la mission sacrée de défendre et promouvoir la démocratie universelle, on peut s’affranchir de bien des contraintes inutiles..

Les Kurdes ont été choisis pour être la chair à canon de l’histoire. Protégés, financés et armés par les Américains, ils n’ont guère le choix et, de toutes façons, cela vaut mieux que d’affronter l’armée turque qui voit d’un très mauvais oeil l’autonomie kurde s’organiser dans le nord de la Syrie.

Comme il n’y a aucun peuplement kurde dans la région de Raqqa, il faut tout de même des combattants arabes et la CIA a improvisé quelques unités issues des rangs rebelles. Les soi-disant modérés chers à nos médias !

La solde étant confortable et l’équipement de qualité, le recrutement a été facile, d’autant qu’après la victoire (certaine comme à Mossoul), il y a la perspective de se tailler un fief dans la région. Ce sera face à l’armée syrienne mais sous haute protection américaine et les Russes pourront difficilement se mettre en travers, sauf à provoquer une dangereuse escalade.

Bachar a bien tenté de réagir mais ses hommes et ses chars ont été tenus à distance par l’aviation américaine. Un avion syrien a même été abattu.

Parallèlement, les Américains ont pris une initiative plus audacieuse encore : construire une base dans le sud de la Syrie, près des frontières irakienne et jordanienne.

Elle s’appelle Al-Tanf et a été érigée dans une zone reprise à Daech. Ce ne fut d’ailleurs pas très compliqué, la zone étant assez désertique et le nombre de combattants islamistes plus que réduit.

Mais l’endroit n’a pas été choisi au hasard : il s’agit, sous couvert de lutte contre l’Etat islamique, d’empêcher la continuité d’un axe chiite partant de l’Iran, traversant l’Irak et la Syrie jusqu’au Sud-Liban, fief du Hezbollah chiite.

Cet axe chiite potentiel est le cauchemar des sunnites et d’Israël.

Rappelons qu’un des objectifs des sunnites dans cette guerre syrienne était la création d’un axe sunnite sud-nord qui passait nécessairement par la prise de contrôle de la Syrie. Si ce conflit aboutit au contraire à la mise en place d’un arc chiite est-ouest, l’humiliation est totale.

Quant à Israël, elle a évidemment intérêt au morcellement de son vieil ennemi syrien et à l’isolement du Hezbollah. C’est ce qui explique son appui, discret mais réel, à la rébellion islamiste depuis le début de la guerre.

Les Américains qui soutiennent indéfectiblement Israël et qui viennent de renforcer leur alliance avec l’Arabie Saoudite, semblent donc s’orienter vers une intervention directe pour empêcher cette continuité chiite Iran-Irak-Syrie-Sud-Liban. Personne en effet ne prendra le risque d’attaquer une base américaine.

C’était d’ailleurs bien la peine de renverser Saddam Hussein, ce sunnite au pouvoir dans un pays majoritairement chiite, mais passons…

Les Russes, pour l’instant, ne bougent pas et se contentent de protester. Poutine prend toujours son temps et ne réagit jamais à chaud, contrairement à son homologue américain.

L’affaire ne fait que commencer.

Antoine de Lacoste

( 28 juin, 2017 )

Le chemin de Damas

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

La chute probable et prochaine de Mossoul et Raqqa annonce la disparition  de l’assise territoriale de l’Etat islamique. Dans une Syrie déchirée, chacun prépare donc le coup d’après, c’est-à dire le nouvel état de fait et/ou de droit qui prévaudra. La tension entre les deux camps est évidente, à preuve cet avion de l’armée syrienne volontairement abattu le 18 juin par un missile américain, les Russes considérant en retour « comme des cibles » les avions de la « coalition ». M. Guetta a, une fois n’est pas coutume, raison d’affirmer (France Inter, 20 juin) : « A travers leurs protégés respectifs, Américains et Russes jouent leur influence régionale et la guerre de Syrie prend aujourd’hui une nouvelle et inquiétante dimension. »

D’un côté donc les Américains et leurs affidés sunnites du Golfe, de l’autre les Russes et leurs alliés chiites d’Iran et de Damas. Les Etats-Unis souhaitent à l’évidence, au nom du dollar et de la démocratie, et comme ils l’ont fait  tant de fois ailleurs dans le passé, un bouleversement politique et un réaménagement territorial, oubliant volontiers que, du dépeçage de l’Empire ottoman concocté par les Français et les Anglais aux guerres d’Irak conduites par eux-mêmes, cette politique n’a entraîné que des catastrophes. La France, aujourd’hui partie prenante de la coalition dirigée par les Etats-Unis, doit-elle se contenter de suivre elle aussi et donc se résigner à disparaître à terme d’une région dans laquelle elle a joué un si grand rôle au cours des siècles ? C’était encore la seule perspective probable lors des quinquennats précédents. Cependant, outre qu’il est essentiel pour elle de développer une diplomatie indépendante, la France a ou peut avoir un intérêt légitime à entretenir de bonnes relations avec l’Iran ou la Russie, sans pour autant être en guerre avec les Etats-Unis ou les monarchies du Golfe.

Or, dans un entretien récent (Le Figaro, jeudi 22), M. Macron semble plus réaliste et plus politique que ses prédécesseurs. « Mes lignes sont claires, dit-il. Un : la lutte absolue contre tous les groupes terroristes. Ce sont eux, nos ennemis. […] Deux : la stabilité de la Syrie, car je ne veux pas d’un État failli. […] Trois : j’ai deux lignes rouges, les armes chimiques et l’accès humanitaire. […] Quatre : je veux une stabilité syrienne à moyen terme. Cela veut dire un respect des minorités. » Au risque de déplaire à certains, et en premier lieu à M. Guetta (mais c’est tant mieux) qui rejette en bloc (France Inter, 22) les propositions du chef de l’Etat, nous dirons que ce dernier a raison de rappeler que notre seul vrai ennemi au Proche-Orient est le « terrorisme islamiste » et qu’à l’évidence la Russie ne cherche pas « notre affaiblissement ou notre disparition »; raison de ne pas faire de la destitution de M. Assad « un préalable à tout », car il n’a pas de « successeur légitime » ; raison de souhaiter la restauration d’une Syrie stable car le pire ce sont bien ces « Etats faillis » (Irak, Libye) où « prospèrent les groupes terroristes ».

Reste bien sûr l’essentiel, c’est-à-dire le passage au réel. L’« initiative diplomatique » envisagée, quoique indispensable, ne suffira sans doute pas. La France dispose encore de quelques atouts. Mais rien n’est possible sans une volonté politique affichée. S’il devait se révéler que M. Macron est capable de passer aux actes, on pourrait dire qu’il a trouvé son chemin de Damas.

Louis-Joseph Delanglade

( 22 juin, 2017 )

Les vraies raisons de se réjouir du triomphe d’En Marche 0 comments

 

Lu sur « le Réveil Français »

 

En Marche triomphe, même si ce triomphe est plus limité qu’attendu. Voici quelques bonnes raisons de s’en réjouir. Surtout quand on n’a pas voté Macron aux présidentielles.
Il s’agit d’une libre opinion qui mérite débat…

 

Les vraies raisons de se réjouir du triomphe d’En Marche 0 comments    dans actualités En-marche-300x150

Commençons par les mauvaises raisons de se réjouir de ce triomphe. Certains imaginent qu’Emmanuel Macron profitera de cette victoire et que celle-ci aidera directement l’intérêt général. C’est évidemment une erreur magistrale d’interprétation.
En réalité, la victoire d’En Marche est à la fois trop étroite et trop large pour que le Président en retire un véritable bénéfice politique durable. Trop étroite, car elle est loin des 450 sièges évoqués un temps et elle montre que l’électorat a commencé ses premiers repentirs devant la majorité présidentielle. Trop large, car elle donne une majorité absolue au seul mouvement En Marche, qui pourra gouverner sans contradiction.
Commence désormais une période où le principal risque auquel le candidat sera exposé sera de voir sa majorité devenir la caricature d’elle-même. L’image d’une France d’en-haut qui écrase la France d’en-bas risque de prendre forme dès les prochaines semaines.
Personne ne peut d’ailleurs anticiper quelles difficultés, quels conflits sociaux hanteront ce mouvement de caricature.
LES VRAIES RAISONS DE SE RÉJOUIR
Non ! la vraie raison de se réjouir tient à l’implosion des élites politiques traditionnelles qui ont contribué à enkyster le pays dans le désespoir et dans la haine de soi. C’en est fini de ces boulets appelés Marisol Touraine, par exemple, et quelques autres, qui tiennent depuis des années des discours hors-sol et prolongent indéfiniment des politiques qui n’ont pas d’avenir.
On accordera une mention particulière au coup de force mené par Manuel Valls à Évry. L’ancien Premier ministre jette le masque sur une brutalité anti-démocratique qui illustre bien le mensonge sur lequel la classe au pouvoir a bâti sa fortune.
Au cœur de ce grand nettoyage, la débandade de la droite historique est la meilleure nouvelle qui nous soit arrivée depuis longtemps. Après une campagne lunaire, François Baroin a en effet sapé méthodiquement toutes les chances que la droite parlementaire avait de sauver ses meubles. Face au vide idéologique, En Marche jouait sur du velours. Enfin, cette génération bien née portée au pouvoir par Chirac et Sarkozy pour mener une politique godillot, et qui s’est soudain crue sortie de la cuisse de Jupiter, va partir.
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Peut-être avons-nous enfin une chance d’entamer une autre construction de la France de demain, ni étatiste, ni corporatiste.
Tous ceux qui sont convaincus que les grandes adaptations de la France à son destin ne peuvent passer par des processus fluides se réjouiront pour une autre raison. Avec Macron et la victoire d’En Marche, la France met le doigt dans un processus de décomposition radicale. Ce n’est pas une fin, c’est un début.
Macron n’est pas synonyme d’une nouvelle ère. Il finalise juste la disparition de l’ancien monde. Le vrai renouvellement est pour demain.

Éric Verhaeghe.

( 21 juin, 2017 )

En marche pour sauver le Système ?

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

En deux mots.jpgNous serions sacrément incohérents si nous pleurions sur le coup de balai exterminateur qui vient d’être promptement donné dans la fourmilière politicienne, les députés sortis, les caciques et les vieux profiteurs renvoyés, le concept même de parti contesté, la présidence normale abolie, etc.

Sera-ce seulement au profit d’un nouveau parti, d’une jeune caste aux dents encore plus longues que celle de ses prédécesseurs repus, d’une nouvelle « élite » mondialisée, anglicisée, encore plus proche que l’autre du monde de l’Argent ? Au fond, le Système n’avait-il plus d’autre ressource que de sacrifier ses anciens pour se sauver ?

Dans tous les cas de figure, ce qui vient de se passer – le « coup » Macron – signe l’épuisement du régime bien plus que sa résurrection.

Macron ou un autre quelconque ne réussira pas à grand-chose s’il ne s’agit ni de sauver le Pays de son déclin, ni son identité en péril, mais seulement le Système, sa caste dirigeante, son idéologie et la mise en œuvre de cette dernière.

S’il ne s’agit que de cela, quelle que soit la force persistante des Institutions de la Ve République, il y a de fortes chances pour que Macron et ses amis soient assez rapidement et assez durement rejetés.

Sans-doute est-il en train de monter dans le Pays – Patrick Buisson l’a montré – une aspiration insistante à des changements d’une tout autre nature et profondeur.

Contredisant tous les dogmes de la démocratie française, c’est à un homme – non â un parti, non â une idéologie – que les Français ont remis le pouvoir.

Un homme, c’est â quoi les peuples ont toujours cru, se sont toujours confiés pour être gouvernés. A fortiori, lorsqu’au-delà de l’homme, une lignée, une dynastie instaure une légitimité.

Alors, au delà de Macron, en marche pour une monarchie en bonne et due forme ?

( 19 juin, 2017 )

ENFIN UN TRAM A NANCY !

 

 

La Métropole du Grand Nancy semble se décider enfin pour l’installation à Nancy sur la ligne principale de transport en commun d’un tram moderne sur rails. Nous nous souvenons que dans les années 80, il avait déjà été envisagé de réaliser un tram de ce type. Les études avaient d’ailleurs commencées dès les années 70. Nous avions approuvé ce projet mené par un adjoint dynamique, Mr Debano. Hélas, à l’époque, le Maire, M. Coulais, refusa comme il le fit pour beaucoup d’autres choses et ce fut le catastrophique trolleybus… suivi du tram sur pneus…

Espérons que la Métropole ira jusqu’au bout de ce projet avec – en prime – la possibilité de le relier au réseau de la SNCF.

Philippe SCHNEIDER

( 18 juin, 2017 )

Macron : un colosse aux pieds d’argile

 

Éditorial paru dans l’Action Française 2000 n° 2957 du 15 Juin 2017.

 

Lorsque paraîtront ces lignes, toutes les analyses auront été déjà faites et toutes seront justes. Oui, cette abstention historique exprime le raz-le-bol des Français de plus d’une année de campagnes électorales et de scrutins – primaires comprises –, mais traduit également l’absence d’engouement pour le président nouvellement élu. Non, en dépit de ce que sera probablement le résultat du second tour, les Français ne sont pas devenus des Macrons de Panurge. Oui, la majorité dont le président disposera à l’Assemblée sera écrasante, mais, paradoxalement, il restera élu par défaut, puisqu’il se voit définitivement privé, par un scrutin législatif entaché d’une abstention plus écrasante encore que sa majorité, de toute dynamique populaire. Oui, nos institutions sont à la fois absurdes et apparemment solides. Absurdes puisqu’une majorité écrasante peut traduire non pas une adhésion enthousiaste mais un sentiment de fatalité et de lassitude, tout en étant la conséquence d’une remise en cause des vieilles pratiques politiques à travers celle des partis qui les incarnaient. Mais une remise en cause illusoire – la démocratie n’est-elle pas le régime de l’illusion ? –, puisque les Français se sont aperçus dès le lendemain de la nomination du nouveau gouvernement que la République en marche ne fait que détourner la “vieille politique” à son profit après avoir simplement ravalé la façade. Des institutions toutefois solides, puisque la lente mais, semble-t-il, inexorable érosion de la participation aux législatives depuis 2002 apparemment ne les affaiblit pas : en dépit d’une représentativité en peau de chagrin du Parlement et d’un écart toujours plus béant entre pays légal et pays réel, rien ne semble sérieusement les menacer, pas même la perspective d’une VIe République que les Français n’ont pas plébiscitée alors même qu’elle était censée leur redonner les clés du pouvoir…

Les élections n’ont jamais rien changé

C’est une vérité historique : jamais, en France, depuis la Révolution, des élections n’ont permis une modification radicale de la donne politique. Elles ont pu confirmer cette modification, lui apporter un vernis de « légitimité démocratique », mais le suffrage universel n’a jamais été à l’origine d’un tournant historique. Ce sont l’événement, le coup de force, le désastre ou le revirement militaires qui, trouvant à se traduire dans un homme ou une faction, ont, pour le meilleur ou, plus souvent encore, pour le pire, rythmé notre histoire politique contemporaine depuis que celle-ci n’épouse plus le temps humain d’une famille royale, ne s’incarne plus dans une dynastie. Certes, les vérités historiques ne sont pas absolues : elles relèvent du relatif. C’est pourquoi l’Action française a toujours pris soin de préciser qu’elle souhaitait le rétablissement de la monarchie par tous les moyens, même légaux. Mais ceux qui enferment leur espérance dans la conquête électorale se préparent à une déception permanente. Ils peuvent toujours, après coup, insulter l’« électeur », abstraction qui dissimule leur compatriote : cela les soulage mais ne fait en rien avancer la question, aveuglés qu’ils sont sur leur incohérence, qui est de chercher le Bien commun sans remettre en cause un régime politique, la République ou l’Empire plébiscitaire, qui, fondé sur un suffrage universel détourné de son domaine de compétence, ne peut, par définition, assurer les conditions du Bien commun que par intermittence et après une grave crise nationale. À quoi ont servi les « chambres introuvables » non pas de 1815 – on ne le sait que trop bien –, mais de 1871, de 1919, voire de 1968 ? Elles ont été condamnées à l’inaction et à l’échec par la logique parlementaire.

LR, PS, FN : tous coupables

Aussi ne sert-il à rien d’être déçu. Déçu, de quoi, du reste ? En refusant de s’opposer aux candidats macronistes, LR et le PS avaient déjà avalisé leur sortie, qu’ils espèrent provisoire, de l’histoire parlementaire, d’autant plus facilement que le macronisme exprime le substrat idéologique commun de leurs projets respectifs : la disparition de la France comme nation souveraine incarnant une identité de civilisation au profit d’une Europe village-témoin du mondialisme. Quant au Front national, il ne fait que recueillir le fruit de ses ambiguïtés et de son refus permanent de participer à une véritable dynamique d’union nationale, son arrogance dissimulant mal un amateurisme quasi atavique.

Macron aura apparemment les mains libres. Du moins au début, ce qui lui permettra, sans doute – il l’espère – de faire passer sans trop de contestation, outre le gadget législatif de Bayrou sur la moralisation de la vie politique, serpent de mer démocratique, surtout sa réforme du Code du travail. Au Parlement, la contestation sera assurément cosmétique. Rien ne dit toutefois que s’il réussit à boucler les ordonnances avant la fin de l’été, la rue ne viendra pas dès la rentrée se rappeler au bon souvenir de députés godillots, surtout si le texte est adopté dans toute sa violence – que Libération a révélée. On peut toujours ânonner les mêmes reproches à un Code du travail pléthorique (en oubliant qu’il intègre la jurisprudence et qu’une simplification outrancière créerait une nouvelle jurisprudence), ou à un paritarisme qui engraisse des syndicats non représentatifs. Faut-il pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain et laisser le salarié français seul face à l’alliance de la finance mondiale, indifférente au sort de l’économie française, et d’un État devenu sa simple courroie de transmission ? Car l’objectif de Macron est évidemment de soumettre le salarié français aux exigences européennes et internationales sous le prétexte, fallacieux s’agissant des TPE et PME dont il se moque, de renforcer la compétitivité des entreprises. Le texte est en revanche aux petits soins des multinationales. Entre autres mesures ? Outre le fameux renversement de la hiérarchie des normes et une fragilisation des contrats de travail – CDI ET CDD – en vue de compenser le peu constitutionnel et déjà retoqué plafonnement des indemnités en cas de licenciement abusif – il contrevient au principe juridique de la réparation intégrale –, le texte vise aussi à redéfinir le périmètre géographique en matière de licenciement économique, afin de permettre à une multinationale de réduire les effectifs de sa filiale française en dépit de résultats florissants à l’étranger ! Quand on sait comment ces mêmes multinationales déprécient déjà, de manière artificielle et avec la complicité du pays légal, leurs bénéfices réalisés en France pour échapper à l’impôt sur les sociétés…

Macron impose son pouvoir personnel

Macron sait déjà qu’il ne pourra pas en appeler au pays réel contre les « corporatismes », pour la simple raison qu’il ne pourra pas transformer un simple attentisme en soutien populaire, d’autant que sa majorité, composée à 90 % de CSP +, est totalement déconnectée du peuple. Autant dire qu’il est un colosse aux pieds d’argile. D’où sa volonté d’imposer son pouvoir personnel, par le biais tant de nouvelles dispositions liberticides en matière sociétale ou mémorielle que, surtout, de l’instauration d’un état d’urgence permanent par l’inscription des dispositions de celui-ci dans le droit commun. Macron, ses satellites et, demain, sa « chambre introuvable » menacent nos libertés fondamentales, principalement politiques. Les premiers visés seront comme toujours les patriotes. Un événement pourrait alors déclencher la colère du pays réel, car l’histoire de France parle pour elle : les Français n’ont jamais été longs à se révolter contre la tyrannie. Il sera alors possible de vérifier la solidité d’institutions vidées de toute légitimité faute d’incarner le Bien commun.

François Marcilhac

( 16 juin, 2017 )

Trump et l’axe sunnite

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

La récente tournée de Donald Trump au Proche-Orient est riche d’enseignements.

Le 21 mai, à Ryad, capitale de l’Arabie Saoudite, devant 37 chefs d’Etat ou de gouvernement, le Président américain a tracé sa route géopolitique au Proche-Orient.

Comme on pouvait le craindre, il s’est aligné sans la moindre ambiguïté sur les positions les plus classiques des Bush, père et fils et de leurs inspirateurs de toujours : les faucons néo-conservateurs. Hillary Clinton n’aurait pas fait pire ; c’était bien la peine…

Le mal est clairement désigné : l’Iran « principal financeur et organisateur du terrorisme international ».

On croit rêver ! Tous les attentats des dernières années au Proche-Orient, aux Etats-Unis et en Europe ont été le fait de sunnites. Tous les terroristes, tous les kamikazes, tous les djihadistes sont sunnites. Toutes les mosquées salafistes du monde sont sunnites, tous les imams appelant à la guerre sainte contre l’occident sont sunnites.

Mais rien n’y fait : le mal c’est la grande puissance chiite, l’Iran.

Trump rejoint ainsi la grande cohorte des présidents américains et leurs mensonges d’Etat, dont Bush junior fut un grand symbole avec l’invention des armes de destruction massives de Sadam Hussein, qui n’ont bien sûr jamais existé. Mais elles ont justifié l’invasion de l’Irak qui a semé la ruine et le chaos au Proche-Orient.

Le plus cocasse de l’affaire, c’est ce que c’est à Ryad que Trump a tenu ces propos. Ryad qui a engendré Ben Laden, finance chaque année la construction de milliers de mosquées salafistes dans le monde entier, arme les pires milices islamistes en Syrie (en concurrence avec le Qatar il est vrai).

Que l’on ne s’y trompe pas : les propos du Président américain sont tout à fait réfléchis et annoncent la poursuite de l’immuable stratégie américaine depuis 1945 : soutien inconditionnel à la dynastie saoudienne. Le fait que le premier voyage diplomatique de Trump ait eu pour destination Ryad puis Israël n’est pas fortuit.

Bien sûr, il y a des raisons économiques à ces propos : 300 milliards de dollars de contrats sont prévus entre les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite. Cela vaut bien quelques compensations verbales. Mais de là à faire de l’Iran l’organisateur du terrorisme international il y avait tout de même un semblant de vraisemblance qui aurait pu être sauvegardé…

Obama, avec l’aide de la Russie et en dépit des efforts désespérés de Laurent Fabius avait remis l’Iran dans le jeu diplomatique. Les protestations d’Israël et de l’Arabie Saoudite n’y avaient rien changé.

On assiste aujourd’hui à un revirement ou, plus exactement, à un retour aux sources. C’est bien ce que laissait prévoir le bombardement symbolique d’un aéroport militaire syrien il y a quelques semaines.

Dans le même temps, on observe une augmentation des effectifs des membres des forces spéciales américaines en Syrie, vers Raqqa, capitale de l’Etat islamique, pour encadrer leurs affidés kurdes, et le long de la frontière irakienne, à Al-Tanf en particulier.

Des soldats syriens ont même été attaqués par des avions américains pour s’être un peu trop approchés d’une base de ces forces spéciales.

Est-ce à dire que les Américains prévoient une occupation partielle de la Syrie ? Il est encore trop tôt pour en être sûr, mais une telle hypothèse réjouirait assurément l’Arabie Saoudite et Israël en coupant l’arc chiite Est-Ouest que veut mettre en place l’Iran.

Il se pourrait donc que l’on assiste au retour de l’interventionnisme américain au Proche-Orient et, compte tenu de son bilan, ce n’est vraiment pas une bonne nouvelle.

Fort heureusement, par rapport à l’ère Bush, un grand changement s’est opéré entre-temps : la présence des Russes. Les Américains ont cette fois en face d’eux une puissance militaire qui tient le terrain et le connait mieux. Les deux états-majors se parlent d’ailleurs beaucoup en ce moment.

Poutine n’a pas fait tous ces efforts pour laisser la place à l’Amérique dont la stratégie en Syrie est loin d’être définitivement arrêtée.

Les Russes ont incontestablement plusieurs coups d’avance en Syrie et Trump devra en tenir compte.

Antoine de Lacoste

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