( 21 mars, 2020 )

Etre citoyen et responsable ?

 

Lu sur le site de l’Action Française

 

On nous dit, qu’il faut jouer «  l’Union Sacrée  » face au fléau national et international qui s’abat sur nous, et toutes notes discordantes seraient indignes en plein milieu du combat, et même de «  la guerre  » pour reprendre l’expression dramatique du président Macron.

Mais pour mener une guerre, il faut que le peuple entier fasse confiance en ses chefs, ceux là même qui ont ruiné le système de santé le plus performant du monde et fait tabasser les personnels médicaux en grève pour manque de moyens. Je ne parle pas de la répression sauvage des gilets jaunes, lesquels étaient coupables de ne pas croire aux bienfaits de la «  mondialisation heureuse  ».

Les mêmes qui nous parlent encore, à l’instar du président, de ne pas sombrer dans le repli nationaliste et refusent de fermer les frontières au prétexte que les frontières n’arrêtent pas les virus, argument imbécile et de mauvaise foi puisque l’on nous serine par ailleurs que le virus est transporté par les hommes, lesquels, eux, peuvent être arrêtés par les frontières, dont c’est la fonction.

C’est d’ailleurs ce que comprennent, notamment, les allemands, les italiens et les espagnols.

Sait-on que le laboratoire de Wuhan, en Chine,   a été inauguré en 2017 par Yves Lévy, PDG de l’Inserm et accessoirement mari d’Agnès Buzyn, pour procéder à des tests sur cellules souches de Coronavirus avec des chauves-souris  ? Cette proximité eut dû permettre à nos responsables, peut-être d’en savoir plus et expliquer les dernières déclarations de l’ex-ministre de la santé à propos de la mascarade des municipales.

Aussi,  les mesures annoncées avec gravité sollicitant avec emphase le sens des responsabilités de chacun, sont contestées par des scientifiques tout de suite voués aux gémonies par l’académie, laquelle est immédiatement soutenue par les grands médias et bien sûr, le gouvernement, dont le sens même des responsabilités depuis quelques temps n’est pourtant pas démontré.

Il semble quand même que les professionnels qui font référence, optent comme de vulgaires technocrates pour les solutions radicales, faute d’avoir anticipé, se trouvant débordés par le tsunami viral. Les politiques très mal à l’aise, en dehors de faire la morale au peuple indiscipliné s’en remettent aux «  spécialistes  » qui deviennent l’alpha et l’oméga, argument d’autorité repris en boucle sur les plateaux télé. Nos politiques semblent avoir oublié ce pourquoi ils sont faits  : Décider après avoir pris conseil (sachant que les conseilleurs, comme dit le proverbe, ne sont pas les payeurs)

Le confinement général et brutal supplée aussi aux manques de moyens, notamment en matière de tests.

Notre voisine l’Allemagne semble avoir mis en place des mesures  plus efficaces  :

“Depuis le début [de l’épidémie], nous avons systématiquement demandé à nos médecins de tester les gens”, indiquait le docteur Lothar H. Wieler, président de l’Institut Robert Koch, lors de la conférence de presse quotidienne de l’organisation le 11 mars, cité par Euronews. Le pays dispose en effet d’une capacité de dépistage massive évaluée “par les autorités allemandes à 12 000 tests par jour” grâce à un “maillage territorial important de laboratoires”, souligne Laurent Desbonnets. Des “drive” ont même été mis en place dans le pays, comme en Corée du Sud ou aux Etats-Unis, afin de tester rapidement de très nombreuses personnes, relève le New York Post.

Contrairement à la France, qui face à la hausse du nombre de cas suspects, a dû progressivement réserver les tests aux patients présentant des symptômes avancés.

Résultat  : Lundi 16 mars, l’Allemagne recensait ainsi 6 012 cas confirmés, dont 13 morts (soit un taux de mortalité 0,2 %), selon l’Institut Robert Koch, l’établissement allemand responsable du contrôle et de la lutte contre les maladies au niveau fédéral. La France comptabilisait dans le même temps 6 633 cas confirmés, dont 148 morts (soit un taux de mortalité de 2,2 %), selon Santé publique France.

“Comme l’Allemagne teste davantage de personnes, y compris certaines qui ne sont pas tant malades, cela nous donne une meilleure compréhension du taux de mortalité”, avance Thomas Schulz médecin à l’institut de virologie de Hanovre (Allemagne), interrogé par France info.

Au contraire, la France ne dispose que d’une capacité de 2 500 tests par jour, a indiqué à France Info la Direction générale de la santé, mardi 17 mars. Et seuls 70 laboratoires sont en capacité de traiter ces tests, a-t-elle précisé à 20 Minutes. Les autorités sanitaires ont donc progressivement réservé les tests aux patients présentant des symptômes avancés,

Ainsi donc l’appel à la responsabilité des citoyens vient palier l’irresponsabilité chronique  et l’incapacité d’anticiper de nos dirigeants, devant lesquels nous avons reçu l’injonction de nous taire, de nous soumettre, au nom même de cette responsabilité.

 Les EPHAD désormais inaccessibles 

Pendant deux jours trop courts, la consigne concernant les visites aux parents âgés était de se rendre un par un, à des horaires limités, de se laver les mains avant et après la visite et de se tenir à une distance d’un mètre de la personne visitée.

Et puis, très rapidement la sentence est tombée  : Plus de visite du tout. Or nous savons tous que les personnes déjà confinées dans les établissements et qui se rapprochent inexorablement de leur fin, n’attendent que la prochaine visite de leur famille, la principale note d’espoir qui leur permet de vivre ou de survivre.

Le mental étant le dernier ressort qui maintienne nos parents en vie. Si on le met à mal, malgré le dévouement du personnel de santé et

d’accompagnement, on les condamne à mourir d’ennui et de tristesse, un virus pourtant que l’on sait combattre avec un peu d’amour.

Ainsi, sous le prétexte de les sauver du virus, les vieux sont assignés dans ce qui ne devient pour eux qu’un mouroir…

Une solution à double tranchant pour Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA). “Limiter encore plus n’est absolument pas souhaitable pour les gens parce que ne pas voir les gens qu’on aime pendant trois mois, c’est insupportable  »

“Le bénéfice, évidemment, c’est que si on suspend les visites il y a peu de probabilité que le virus entre dans un établissement”, estime Pascal Champvert. Mais il ajoute : “Le risque, c’est qu’on peut avoir des gens qui, pendant deux trois mois n’ont aucune visite”. “Est-ce que vous vous accepteriez de ne pas voir les gens que vous aimez, vos parents, votre famille, vos amis pendant trois mois ? Je ne suis pas sûr”, conclut-il enfin.

Il faut ajouter que nos anciens sont en fin de vie, et qu’il est du ressort des vivants de les accompagner jusqu’à leur terme.

Il y aura des morts non comptabilisés, parce que «  d’apparence naturelle  », que l’on ne pourra certes pas imputés au COVID 19, mais au désespoir de nos anciens morts d’isolement et de tristesse, parce que les politiques s’en remettant à des spécialistes de la statistique virale auront jugé que c’était plus commode. Etait-ce si difficile de laisser au moins un référent par personne et de l’équiper de surblouse et de masque  ? Ceux qui ont eu dans leur entourage, des malades immunodéprimés notamment dans le traitement des cancers ont pu  leur rendre visite avec cet équipement. Mais, ah oui, nous manquons aussi de surblouses et de masques…

Ainsi en va-t-il du père de l’auteur de cet article, héros de la 2eme DB, blessé, croix de guerre, médaille militaire, légion d’honneur, patriarche d’une centaine de descendants, qui se trouve mourant seul, loin de tous, alors qu’avant l’ordre de confinement il recevait au moins une visite par jour.

Olivier Perceval

( 21 mars, 2020 )

Liberté individuelle et indépendance nationale

 

Lu sur La lettre de l’ASAF (Association de Soutien à l’Armée Française)

 

 

Liberté individuelle et indépendance nationale dans actualités

La pandémie du coronavirus fait prendre conscience aux Français de la dépendance de leur pays dans de nombreux secteurs. La « mondialisation heureuse » n’était, jusqu’à présent, remise en question que pour des raisons de réchauffement climatique.

Depuis des années, les entreprises délocalisaient pour rester compétitives et maintenir leurs profits. Mais depuis quelques semaines, elles prennent conscience des risques d’une trop grande dépendance de l’étranger.

Dans la même logique, les Français, dits individualistes, pressent le gouvernement de donner des directives pour les rassurer, les protéger et anticiper les risques à venir. Ils découvrent que l’homme, seul, ne peut rien. La liberté individuelle ne peut exister qu’au sein d’une communauté organisée et puissante, c’est-à-dire soudée.

La Nation et les Français

Deux millions de Français vivent hors de l’Hexagone sans parler des touristes qui partent en vacances à l’étranger. Nous avons tous en mémoire ces deux compatriotes « en vadrouille » au Bénin pour la liberté desquels deux membres des forces spéciales sont récemment morts. De nombreuses interventions militaires ont été lancées en Afrique pour « extraire » des Français menacés. L’exemple le plus emblématique reste l’opération Léopard sur Kolwezi, en 1978, qui a permis de sauver près de 2 000 Européens et plusieurs centaines d’Africains pris en otage et dont le massacre avait commencé. Ces « miraculés » ont mesuré très concrètement ce que représentait la France.

Aujourd’hui, notre pays a rapatrié plusieurs centaines de ses ressortissants vivant en Chine. Ils ont été accueillis et ont bénéficié d’un suivi médical bien supérieur à celui dont ils auraient pu bénéficier dans les « hôpitaux 10 jours » de Wuhan. Ainsi, quand nos expatriés sont en danger, ils mesurent très vite la chance qu’ils ont d’être les ressortissants d’un pays indépendant et puissant qui accepte de risquer la vie de ses soldats et de ses médecins pour les sauver.

L’État et les entreprises 

Cette crise du coronavirus illustre aussi notre dépendance à l’égard de nombre de produits stratégiques. Elle nous a ainsi révélé que plus de 80 % des molécules importantes nécessaires à l’industrie pharmaceutique conçues en Occident et, en particulier en France, sont fabriquées en Chine et en Inde.

Dans le domaine militaire, cette dépendance technologique est d’autant plus inquiétante qu’elle est de nature à remettre en question les capacités de dissuasion et d’action de nos systèmes d’armes les plus puissants. Nous connaissions déjà celle vis-à-vis des États-Unis pour le maintien en condition des catapultes du porte-avions Charles de Gaulle, pour le recueil des renseignements au Sahel à partir des drones Reaper, qui nous appartiennent mais dont la mise en œuvre complète nous échappe, et aussi, depuis la vente d’Alstom Énergie, pour les turbines des réacteurs des sous-marins à propulsion nucléaire, qu’ils soient lanceurs d’engins ou d’attaque ! Chaque jour, dans ce domaine, des pépites françaises sont menacées de rachat conduisant notre pays à risquer de perdre la maîtrise de la chaîne de production d’équipements de haute technologie, au point d’être vulnérable aux chantages et embargos, ou interdit d’exportation de matériels y compris par des pays alliés.

Notons que, déjà, toutes les armes individuelles de nos soldats – fusils d’assaut et de précision, pistolets – sont d’origine étrangère : allemande, belge et autrichienne. Aussi nos armées doivent reconstituer leurs capacités et notre industrie doit renforcer la maîtrise de la fabrication de nos armes. Cela concerne en priorité les matériels majeurs : sous-marins et frégates, avions de chasse et drones, missiles et blindés avec leurs milliers de sous-ensembles et de composants, sans oublier les nombreux moyens de renseignement et de transmission.

Fragilités et cohésion 

Nos sociétés sont devenues plus fragiles et présentent des vulnérabilités accrues en raison de l’urbanisation. Ces concentrations humaines, devenues les poumons économiques des nations, sont très dépendantes des réseaux d’eau, d’énergie, de transport, faciles à neutraliser. De plus, les points d’entrée sur le territoire sont nombreux. Outre les frontières terrestres et maritimes, ce sont les ports et aéroports dont le volume de trafic ne cesse de croître.

Des mouvements de relocalisation d’usines s’opèrent car le coût de la main-d’œuvre comme celui du transport (générateur de carbone taxable) augmentent vite dans les pays en développement et l’impératif de réactivité et de qualité rend la sous-traitance moins attrayante dans certains secteurs. Il faut aller au-delà et retrouver la notion de communauté nationale fondée sur une prise de conscience d’un bien commun supérieur. La liberté individuelle n’est pas l’individualisme. La solidarité dans l’épreuve ne peut s’exercer qu’au profit de ceux qui acceptent de partager et servir la communauté à laquelle ils veulent appartenir. Elle seule est en mesure de leur procurer la sécurité et la protection.

Face à cette situation, la France veut-elle recouvrer son indépendance ?

Cela n’exclut pas les coopérations en priorité avec des pays européens. Le système satellitaire Galileo, réalisé à 27, qu’aucun pays n’aurait pu développer seul, permet au contraire à chacun d’entre eux de n’être plus dépendant du seul système GPS américain. Pour la France il est urgent de préserver et développer son excellence technologique, dans les grands projets européens particulièrement en matière de défense et dans le numérique. L’enjeu est le renforcement de notre autonomie stratégique tout en favorisant celle de l’Europe. Pour nos concitoyens, il convient de privilégier l’achat de produits conçus et fabriqués en France sous réserve qu’ils soient au meilleur niveau.

Cela représente un coût, mais c’est le prix de notre souveraineté. Comme le rappelle Jacqueline de Romilly à propos des Grecs : « Être libre, était avant tout appartenir à une cité libre, c’est-à-dire indépendante » (extrait de La Grèce antique à la découverte de la liberté. Coll. Bouquins 2019).

LA RÉDACTION de l’ASAF
www.asafrance.fr

( 18 mars, 2020 )

Une Société en métamorphose

 

 

La France à changé en quelques heures depuis qu’elle a pris conscience du danger de la pandémie du coronavirus. C’est d’abord manifeste dans la vie quotidienne et la sociabilité de la rue. Mais aussi dans la vie religieuse.

Après cette étonnante journée de dimanche, c’est comme si nous étions en phase de métamorphose. Peut-être nos prédécesseurs ont-ils connu quelque chose d’analogue avec l’état de guerre. C’est tout un climat anthropologique qui apparaît, comme si nous changions de monde.

La rue n’est plus la même. On ne s’y attarde plus. Tous les cafés ont fermé, et singulièrement ceux qui étaient le lieu d’une convivialité particulière, rassemblant surtout des jeunes. Les supermarchés, par contre, sont assaillis. De longues files s’étendent jusqu’aux caisses et l’on admire la constance de celles qui les tiennent. Il y a risque de rupture de stock et certains magasins sont obligés de fermer quelques heures, ce qui a au moins l’avantage de soulager un peu le personnel. Il en va de même pour les pharmacies. C’est la première fois que je vois une file de clients attendant patiemment dans la rue et observant la distance réglementaire.

Il faut croire qu’après la folle inconscience des jours derniers, la population a, enfin, réalisé la gravité de ce qui s’abattait sur elle. Si certains avaient encore la volonté de s’en distraire, il leur faudra rester chez eux, observant des consignes de confinement strictes. Car s’il leur fallait quérir à tout prix leur paquet de cigarette au bureau de tabac du coin, il se retrouveraient devant la tête masquée du patron et ils n’auraient même pas la faculté de reconnaître le visage du caissier caché derrière un voile de plastique. On comprend que certains veuillent fuir vers la campagne. Mais tout le monde ne le peut pas, et par ailleurs il faut bien que ce nouveau monde survive, ne serait-ce qu’en entretenant un minimum d’activité économique parce qu’il faut bien nourrir la population.

En ce qui concerne la vie religieuse, il faut bien aussi s’adapter à la situation. Certes, nos évêques ne sont plus à même d’imiter leurs prédécesseurs des temps héroïques, les Borromée et les Belsunce, mais ils s’inspirent quand même de leur tradition. C’est le Pape qui processionne seul dans les rues de Rome pour aller prier dans les sanctuaires protecteurs contre les épidémies d’hier. C’est l’évêque de Gap qui va brûler un cierge dans le sanctuaire de Notre-Dame du Laus, le recteur de Fourvière qui renouvelle les gestes de ses prédécesseurs. Notre humanité se souvient qu’elle est fragile et elle se tourne vers la maternelle protection de Marie.

Gérard LECLERC

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 17 mars 2020.

( 18 mars, 2020 )

« C’était une mascarade… » Et c’est Buzyn qui ose le dire !

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Premier jour de confinement, deuxième de télétravail, puisque l’Éducation nationale a enfin décidé qu’il fallait arrêter de se réunir… Jeudi encore (même pas une semaine), le Président allait au théâtre et, dimanche, allait voter… Les premiers mails d’élèves arrivent, les plus connectés, les plus sérieux. On travaille. La poésie engagée. Le Printemps des poètes, qui a lieu, comme tous les ans, à cette période, a pour thème « le courage ». Tiens, un signe… Sous le patronage de Corneille : « Espère en ton courage, espère en ma promesse. »

On a aussi le temps de lire. Pascal, bien sûr : « Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose… » Finalement, les catholiques en carême devraient y voir un autre signe, dans cette retraite.

Mais voilà qu’un article du Monde nous tombe sous les yeux et qu’on constate, abasourdi, que le carnaval continue. vient s’épancher dans l’oreille d’Ariane Chemin. Oui, , ministre de la Santé jusqu’à il y a trois semaines, qui a piloté notre chute dans l’épidémie avant d’aller faire campagne pour les municipales.

Au moment où des Français et des Européens meurent sans doute du fait de l’impéritie de nos dirigeants, Mme Buzyn a l’indécence de venir pleurer sur son sort : « “Je me demande ce que je vais faire de ma vie”. Agnès Buzyn est enfin rentrée chez elle, lundi 16 mars, en milieu d’après-midi. Elle vient de “fermer la porte du QG” de sa campagne parisienne et a posé son sac, seule, “effondrée”. »

Mais il y a pire que cette mise en scène : cet aveu, terrible, qui fait froid dans le dos : « Je pense que j’ai vu la première ce qui se passait en Chine : le 20 décembre, un blog anglophone détaillait des pneumopathies étranges. J’ai alerté le directeur général de la santé. Le 11 janvier, j’ai envoyé un message au Président sur la situation. Le 30 janvier, j’ai averti Édouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir. Je rongeais mon frein. »

On se pince, on relit : Mme Buzyn savait, aurait alerté, prévenu MM. Macron et Philippe dès le mois de janvier et les choses auraient continué comme ça ?

Et cette campagne électorale ? « Depuis le début je ne pensais qu’à une seule chose : au coronavirus. On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade. La dernière semaine a été un cauchemar. J’avais peur à chaque meeting. J’ai vécu cette campagne de manière dissociée. »

Farce Griveaux. Mascarade Buzyn. Emmanuel Macron au théâtre pour montrer l’exemple.

Et, en même temps, les cris clairs des médecins. Et les morts.

Et, depuis ce mardi, confinement. L’ordonnance ne devrait-elle pas être plus sévère pour certains ? Un délai de décence serait un minimum, pour Mme Buzyn comme pour tous les petits camarades de sa mascarade.

À 18 h 25, Le Monde publiait une mise au point emberlificotée de Mme Buzyn : « Je regrette l’utilisation du terme de “mascarade”, qui dans mes propos concernait le fait de débuter des discussions de fusions de listes électorales dans le contexte que l’on connaît. »

Agnès Buzyn, qui ose nous dire « médecin un jour, médecin toujours » n’avait-elle pas les moyens, le DEVOIR d’alerter et de s’extraire de son cauchemar ? De sa mascarade ? Le syndrome de la dissociation, c’est quand même un peu court.

Mais le mal est fait. La situation terrible. Les responsabilités aussi. Et les Français le voient bien.

Nicolas Sarkozy prédisait que le macronisme finirait en farce. Il se trompait : il finit en une sinistre mascarade. Et il va falloir avoir le courage de le leur dire, à tous ces histrions qui se sont joués de nous et ont joué, non seulement avec la démocratie, mais avec nos vies.

Le dernier mot de notre ex-ministre de la Santé qui savait et qui a joué la mascarade jusqu’à dimanche soir ? « L’hôpital va avoir besoin de moi. Il va y avoir des milliers de morts. »

Pascal Célérier

( 18 mars, 2020 )

AUJOURD’HUI LE CONFINEMENT, DEMAIN LA REDDITION DE COMPTES…

 

Paru sur le site de l‘Action Française

 

L’éditorial de François Marcilhac

 

Oui, il faut faire preuve de civisme, oui, il faut respecter les consignes gouvernementales, oui, il faut que chaque Français, et plus particulièrement les patriotes conscients que nous sommes — ce qui ne nous rend pas a priori meilleurs, car la responsabilité personnelle est d’un autre ordre que politique, mais peut tout de même y contribuer —, prenne sa part du fardeau imposé à l’ensemble du pays, jusqu’à ce que cette épidémie ne soit plus qu’un (très) mauvais souvenir. Ce qu’elle ne deviendra pas pour tout le monde, car il faut également penser à ceux que le deuil aura frappés à l’occasion de cette catastrophe sanitaire.

Oui, tel est notre devoir, aujourd’hui. Mais la solidarité infaillible dont nous devons faire preuve, le sens aigu de nos responsabilités, dont nous ne devons jamais nous départir, ne doivent pas pour autant nous rendre aveugles, sourds ou muets. Nous restons des citoyens conscients des graves problèmes politiques qui se posent au pays et nous de devrons pas, demain, oublier les légitimes questions que nous nous posons d’ores et déjà. C’est, aujourd’hui, l’heure du confinement  ; demain, ce sera celle du bilan et de la reddition de comptes. Car qui dit confinement physique ne dit pas confinement intellectuel, politique et moral.

Oui, après les ravages causés à notre pays, à son peuple, à son économie, à son tissu social, nous serons en droit de demander des comptes à nos dirigeants, présents, mais aussi passés, aux «  acteurs  », comme ceux-ci aiment à se définir, non seulement sur la gestion de la crise, depuis son apparition et les premiers cas, en provenance de Chine, mais aussi sur l’état de l’organisation de la santé publique dans lequel le virus a trouvé la France. Que Macron n’ait pas été à la hauteur, depuis le début, est une évidence. Hier soir, même les commentateurs d’ordinaire les plus serviles ont trouvé surréaliste une allocution présidentielle — pourtant la deuxième en cinq jours —, aussi bavarde que de coutume,  dans laquelle le président n’a même pas osé parler de « confinement  », alors que les 35 millions de téléspectateurs et d’auditeurs attendaient le mot et acceptaient d’avance la chose, si bien que ce n’est qu’à 22 heures — en fait, le lendemain matin pour la plupart de nos compatriotes — que le discours du ministre de l’intérieur leur a permis de connaître exactement ce qu’il en serait de leurs déplacements et de leurs activités à partir de midi.

Surréaliste, également, ce dogmatisme européiste de Macron, à l’image du pire dogmatisme stalinien : le monde peut s’écrouler autour de lui, tous les pays européens les plus importants et les plus responsables fermer en partie ou totalement leurs frontières, Macron, tout en confinant les Français chez eux, en appelle toujours à l’idéologie de la libre-circulation comme à un mantra, comme si la mettre entre parenthèses le temps d’une épidémie remettrait en cause le sacro-saint traité de Schengen ! Notre confinement temporaire remet-il définitivement en cause notre liberté constitutionnelle d’aller et venir ? L’aveuglement idéologique de Macron, à caractère quasi-religieux, ne nous étonne pas, malheureusement. Mais sa confirmation dans de telles circonstances ne laisse pas de nous inquiéter sur les ressorts mentaux du chef de l’État et de l’équipe qui l’entoure. Fiat Europa et pereant Galli  ! comme (n’) aurait (peut-être pas) dit Kant… Que périssent les Français, pourvu que l’Europe advienne  !

Surréaliste, enfin, ce maintien du premier tour des municipales, sur «  la pertinence  » duquel  le comte de Paris, dans un communiqué, s’est légitimement interrogé. Comment la parole présidentielle serait-elle encore crédible, alors qu’à quarante-huit heures d’intervalle, on passe d’un discours sur l’exercice sans risque de son devoir civique, à un confinement généralisé de la population ? Sans compter que, comme l’a fort judicieusement remarqué le Prince, changer les équipes en pleine épidémie n’est peut-être pas des plus judicieux…

Il convient de noter également l’incurie gouvernementale depuis le début de la crise, du refus initial de prendre au sérieux les risques de pandémie à l’abandon de poste d’Agnès Buzyn, préférant le gâteau parisien — mal lui en a pris : et elle ose aujourd’hui parler de «  mascarade  » à propos des municipales  ! Ce refus est évidemment à l’origine des multiples retards à l’allumage dénoncés par les plus hauts responsables de la santé, et aux risques accrus pour tous les personnels soignants, que Macron faisait gazer par sa police il y a encore quelques semaines… Les conséquences de la pénurie notamment de masques, de gants ou de gel hydroalcoolique devront un jour être clairement précisées.

Mais le pire est que cette incurie aggrave un état sanitaire déficient. L’Europe, là aussi, par ses exigences budgétaires, a sa part de responsabilité, sans compter l’idéologie mondialiste de la division internationale du travail, qui fait que nous ne disposons plus de l’autonomie suffisante pour répondre aux besoins les plus urgents, notamment en matière sanitaire. On a beau, par ailleurs, ânonner que la France a le meilleur système de santé du monde, elle dispose surtout des meilleures équipes et des dévouements les plus sublimes. Car — et les «  acteurs  » d’hier devront, eux aussi, répondre de leur méfaits —, la gestion de l’épidémie ne fait que mettre en pleine lumière le recul de notre système de santé que le pays légal, depuis au moins deux décennies, a délibérément engagé — ses membres étant certains de ne pas supporter les conséquences de leur politique. Plus de 60 000 places d’hospitalisation à temps complet ont ainsi disparu en France entre 2003 et 2016. Quant aux urgences, dont on sait l’état déplorable et qui sont en crise depuis des mois, comment feront-elles pour supporter un tel défi ? Et, par ailleurs, y aura-t-il suffisamment de lits en services de réanimation ? Car l’héroïsme avéré de nos personnels soignants ne pourra pas tout, surtout si la demande dépasse rapidement l’offre — employons le jargon libéral. La situation dans le Grand Est est déjà catastrophique, nécessitant le recours au service de santé des armées, qui n’avaient pas besoin de cela, sacrifiées comme elles le sont, elles aussi, depuis plusieurs décennies  ! Et on parle déjà des nombreux drames éthiques auxquels seront bientôt confrontées les équipes médicales  : ou comment imposer dans la pratique — avant de l’inscrire dans la loi  ? — l’euthanasie par défaut de soins, sur fond de pénurie hospitalière… C’est paraît-il déjà le cas en Italie, après plusieurs décennies de «  gouvernance  » libérale, comme en France.

Toutes ces questions devront être posées, le moment venu ; et surtout, recevoir des réponses. Le pays réel sera alors en droit d’exiger que toutes les responsabilités soient clairement établies et les plus graves manquements sanctionnés.

François Marcilhac

( 17 mars, 2020 )

UNE REFORME JACOBINE

 

Article paru dans POLITIQUE MAGAZINE de Mars 2020

 

Du libéralisme au jacobinisme et du jacobinisme au totalitarisme,
il n’est qu’un pas que Macron franchit sans scrupule.

I

l y a tout lieu de penser qu’il faudra passer par le 49 -3. Que de cris, que d’indignation en perspective ! De quoi alimenter la rhétorique parlementaire, d’un côté comme de l’autre ! C’est ce qu’on appelle en France la vie politique. Et si vous souriez ou émettez un doute sur l’intérêt de pareilles institutions, vous serez soupçonné d’entretenir dans vos pensées un antiparlementarisme par définition coupable : vous attentez à la démocratie ! Où est Aristophane ?

L’exécutif à cette heure est certainement décidé à user de ce procédé commode qui permet d’arrêter des débats devenus oiseux et de faire aboutir une réforme qui, dans l’état, reste inachevée par principe puisqu’elle suppose par elle-même plus d’une vingtaine d’ordonnances sans compter les décrets d’application. Les 41 000 amendements qui se subdivisent en autant de sous-amendements, n’auront été que des querelles de mots par rapport à un texte indigeste que deux ans de gestation et de concertation n’ont fait qu’alourdir de multiples considérations contradictoires que le législateur prétend réduire peu à peu à une unité factice.

Niant l’évidence, le gouvernement, pendant quelques jours encore, va s’échiner à déclarer que le 49-3 n’est pas dans son intention puisque nul plus que lui n’a le sens du respect de la démocratie. Quand il passera à l’acte, il se dira donc contraint et forcé. Avec les mines de circonstance !

 

La réforme imposée

Étant donné la situation, la demande d’application du 49-3 viendra très vite et, peut-être même, au moment où ces lignes paraîtront, la procédure sera-t-elle entamée. L’émoi sera aussi grand que la manœuvre grossière. Même stratagème des deux côtés, l’obstruction systématique servant le parti présidentiel dans sa résolution, tout autant que la procédure d’urgence redynamisera l’opposition. Tel est le fonctionnement de la République aujourd’hui, tel il fut depuis toujours ; c’est structurel.  Que de farouches attitudes ! Que de lyriques discours ! Quelle hypocrite habileté à profiter ainsi les uns des autres ! Et comme il devient intéressant en ces circonstances de sièger alors qu’à l’ordinaire les gradins sont vides

Ainsi donc le président et le gouvernement veulent en finir avec cette loi organique et cette loi ordinaire qui portent la réforme du régime des retraites pour en faire un système unique, dit universel, par points. Cette réforme est, selon les dires de la macronie, la plus géniale qui ait jamais été conçue . Elle doit illustrer le quinquennat ; elle est « la matrice des autres réformes », celle qui justifie le mieux la conquête du pouvoir par ces parangons du progressisme.

Et voilà qu’elle leur pourrit la vie ! Alors même que Macron voudrait maintenant se dégager du temps pour passer, selon ses propres paroles, « au régalien », afin de donner du sens à l’Acte II de son quinquennat : belle stratégie, assurément, où « le régalien » n’est pas exercé pour lui-même dans la plénitude de la fonction du chef de l’État, mais en vue de gagner les présidentielles de 2022.

En fait, Macron est obligé de faire du Macron, à chaque instant, en politique intérieure comme en politique extérieure. Pour être lui-même électoralement parlant, en vue de s’identifier au pouvoir, dans cet esprit de conquête perpétuelle qui le caractérise.

C’est toujours ce même mécanisme qui le lie et l’entraîne. Celui qui le pousse, en l’occurrence et en dépit du bon sens, à faire de sa réforme des retraites un enjeu de gouvernement. Immédiat, global et définitif. Or son idée de départ était d’un simplisme si extravagant qu’au contact des réalités et des oppositions légitimes elle se transforme en un système d’une folle complexité, créant autant de régimes que de classes d’âge et de transitions spécifiques que de statuts particuliers. Le Conseil d’État s’est refusé à cautionner un tel texte. D’où la nécessité de procéder par ordonnances et par décrets et, tant qu’à faire, pour l’heure, de recourir au 49-3.

Dans le même temps pour habiller son message il lui a fallu donner à cette réforme qui aurait dû rester pratique, de hautes raisons métaphysiques, relevant d’une logique théorique où les mots d’égalité et de solidarité servent de normes suprêmes. Rien de plus sophistique : tous sur la même échelle et dans le même cadre ! Qu’y a-t-il de plus républicain ? Chacun sait bien que cette égalité est concrètement toute relative : il est toujours des gens plus égaux que d’autres. Personne ne s’y retrouve, ni les cadres supérieurs surtaxés et non garantis, ni les petits salaires à qui l’État fera la charité s’il le veut bien. Le « minimum retraite » ne saurait fonctionner pour de pauvres gens sans travail ! « Le niveau de vie digne », notion que les parlementaires sont si heureux d’avoir concoctée, n’est qu’un alignement de mots qui juridiquement n’a pas de signification.

On est allé chercher des modèles à l’étranger, dans des pays beaucoup moins variés et divers que le nôtre et où la structure communautaire est beaucoup plus forte. Nous sommes français ; nous avons une histoire, y compris une histoire sociale, perturbée stupidement par des institutions de guerre civile permanente La Ve République n’y échappe pas. Macron, non plus. Après tout, il n’est qu’un chef de bande qui s’est emparé de l’État, qu’il le veuille ou non.

Sa réforme est marquée de ce stigmate originel. Il accapare tout ce qui est un enjeu de pouvoir. Il a pris littéralement possession des retraites. Comme du reste. Comme du grand débat. Comme de la Défense, comme de la dissuasion nucléaire qu’il imagine à sa façon, comme de l’Europe qu’il prétend diriger, comme de l’Agriculture où il distribue les bons et les mauvais points, comme de la Santé, comme de tout. Il n’est plus un chef d’État ; il est le monsieur qui répond à tout, qui organise tout, qui sait tout, qui fait tout. Avec tous les revers, les échecs, les désillusions qu’un tel comportement entraîne ! Rien ne semble le corriger. Du coup, c’est toujours la faute des autres…

Il en est ainsi pour les retraites. Il a la vision d’ensemble du système à laquelle il pense que tout le monde devrait se rallier. Mais voilà : la réalité est tout autre. Comment voulez-vous, pour prendre cet exemple, que les avocats qui ont leur propre régime et leur propre caisse qui fonctionnent bien et qui sont bénéficiaires, renoncent à ce qui leur appartient en propre pour payer des cotisations plus élevées et recevoir des pensions moindres ! C’est un vrai problème, non ? Ainsi des autres… Et comment ménager tout le monde ?

Car le défaut essentiel du système Macron est qu’il se situe dans la logique continue du système républicain pris en main par les technocrates, formés à cet effet. Macron en est le dernier avatar. La République est à lui ; les retraites sont donc à lui.

 

La fin de toute citoyenneté

La vérité d’aujourd’hui est que leur retraite n’appartient plus aux Français. Cette réforme ne fait que s’ajouter à la série des autres réformes qui toutes allaient déjà dans le même sens. La retraite perd définitivement son caractère d’épargne. Pour parler le langage macronien, on passe d’un monde à un autre. À son origine, fort ancienne au demeurant, la retraite était un prélèvement de salaire pour les vieux jours. Le droit du travailleur français était direct et personnel ; et cette conception dominait encore les esprits jusqu’à récemment. C’est ce que l’État républicain cherche à démolir irréversiblement. Dès le sein de sa mère jusqu’à sa mort, le citoyen doit dépendre de l’État. C’est ce que veut la République ; c’est ce que veut Macron ; et, d’ailleurs, il l’a ouvertement dit.

En effet, malgré une gestion de plus en plus centralisée, organisée dès 1941 – pour raison d’occupation –, puis après 1945, subsistait cette idée qu’employeurs et salariés, selon leur profession, sous le regard de l’État, fixaient leur régime, leur cotisation, leur pension ; c’était encore leur affaire. Certes la solidarité intergénérationnelle était déjà appliquée selon laquelle une génération payait pour une autre dans une succession qui assurait en principe l’équilibre du système, puisque l’esprit républicain refusait – fort stupidement d’ailleurs – toute capitalisation (encore que…) pour promouvoir la seule répartition.

La tentation fut alors invincible chez les hauts fonctonnaires, à Bercy, et chez les politiciens de service, avides de domination et donc de systématisation, de tout uniformiser, en jouant démagogiquement sur le fait des inégalités des régimes et des droits dont, d’ailleurs, l’État employeur était le principal responsable. À quoi s’ajoutait le non-remplacement des générations en raison de la question démographique et de l’allongement de la durée de vie, ce qui laissait prévoir un inéluctable déficit budgétaire.

La réforme Juppé qui se voulait rationnelle, fut la manifestation évidente de cette tentative d’une mise sous contrôle total de l’ensemble du système social français. Bien sûr, sur le moment, devant la révolte populaire et, d’abord, bien sûr, de ceux qui étaient considérés comme les privilégiés des régimes spéciaux, il dut renoncer.

Mais le même esprit se maintint et la mise en œuvre s’opéra progressivement de Raffarin en Fillon. La loi Macron-Phlippe n’est que l’aboutissement du projet. L’État fait tout, décide de tout, règle tout. Il fixera l’âge d’équilibre, l’âge-pivot si besoin est, la valeur du point, et tout ce qui en dépend. Le budget de la Sécurité Sociale, dont celui des retraites, est désormais entièrement préparé par ses fonctionnaires ; les lois de financement, avec les innombrables arrangements joints et que personne ne voit, sont votés par des députés aux ordres dans des séances qui n’en sont pas. Philippe a concédé une « conférence de financement », temporaire, à des syndicats ridiculisés qui n’obtiendront rien et qui passent leur temps à se disputer.

Le but, maintenant, c’est de s’emparer des caisses, par une audacieuse opération de captation, pour créer, là aussi, cette unité de caisse si chère à l’État puisqu’il en est le maître exclusif et qu’elle constitue son principe substantiel. Les masses financières en jeu sont telles que nul ne pourra s’aviser de le braver. La République aura l’assurance de sa pérennité. Elle se sera enfin débarrassée des citoyens auxquels elle laisse pour l’amusement la comédie électorale. Elle sera à elle-même et sa cause et sa fin, ce qui fut toujours son but. Il n’est rien de tel qu’un libéral comme Macron, voire ultra-libéral, pour enfermer le peuple dans le pire jacobinisme.

Et pour donner de l’allure à l’ensemble, il est proclamé que l’État saura tirer profit de cette réorganisation pour voler au secours de la veuve et de l’orphelin, du pauvre et du déshérité. Vu ce que l’on constate aujourd’hui dans les rues de nos villes et dans le fond de nos campagnes où la misère gangrène le tissu social, le croira qui voudra.

Hilaire de CREMIERS

 

( 17 mars, 2020 )

Municipales : la poussée verte

 

Lu sur ‘Boulevard Voltaire »

 

Outre la consolidation des maires RN ou apparentés, un constat s’impose : la poussée verte. Séisme à Lyon, où les candidats EELV sont en tête dans huit des neuf arrondissements, battant même Collomb dans le sien. En tête, également, la candidate verte de Strasbourg, et confirmation de la faveur des Grenoblois pour leur maire écolo-frénétique. Belles percées, également, à Bordeaux, Besançon ou Toulouse… Petite déception à Paris, mais la surenchère authentiquement surréaliste d’Hidalgo leur a coupé l’herbe sous le pied !

Tout cela n’est pas très étonnant. En effet, si les partis politiques traditionnels doivent, pour faire passer leurs messages, rivaliser de contacts, d’amitiés et de réseaux dans les milieux de la communication, les écologistes bénéficient d’une propagande gratuite et permanente qui commence dès l’école maternelle. Elle se poursuit avec l’éducation « transversale » au développement durable (bilan carbone des guerres de Louis XIV ?), « ancrée dans toutes les disciplines, tout au long de la scolarité », et peut faire ensuite l’objet d’une injection de rappel biquotidienne dans les journaux télévisés, au cas où l’on n’aurait pas bien compris.

Point culminant, les réceptions, à l’égal d’un chef d’État, par les organismes mondiaux les plus éminents, d’une ado suédoise psittacique. Tandis qu’on n’entendra nulle part l’avis de Gary Becker : « Ce qui menace la planète, ce n’est pas le réchauffement climatique, mais les politiques économiques stupides qui pourraient en dériver, poussées par des politiciens en quête d’une bonne cause. » Il est vrai qu’il n’est que prix Nobel…

Étonnez-vous, ensuite, que la religion verte ait tant d’adeptes pour se retrouver dans les urnes !

Mais contrairement aux ruraux, « pas assez savants pour raisonner de travers », comme disait Montesquieu, ces croyants se retrouvent presque exclusivement dans les grandes villes. Ce sont les gagnants de la mondialisation, les de Muray, les bobos bio en rollers qui adorent les sushis et partent trois fois par an sous les tropiques à grand renfort de kérosène, les fans d’éoliennes si voraces en terres rares, les mêmes qui sont indispensables au hardware de ces ultra-connectés permanents.

Ce vote écolo, ce sont les crocodiles qui défilent en faveur des maroquiniers… Peut-être quelques semaines de confinement leur mettront-elles les yeux en face des trous ?

Richard Hanlet

 Médecin
( 16 mars, 2020 )

Pandémie du Coronavirus : Et maintenant ? Pandémie du Coronavirus : Et maintenant ?

 

Lu sur le site de l’Action Française

 

Notre ami Éric Bianchi, par ses fonctions, se trouve au cœur de lutte contre la pandémie. Pour l’AF, il fait un point sur les mesures prises, sans esprit polémique, mais sans concessions non plus.

Et maintenant qu’allons-nous faire, nous dirait le chanteur ? Nous voici arrivés dans le dur depuis jeudi soir. La fermeture des écoles annonce un nouveau processus. Que penser de ces mesures ? Tout d’abord depuis mon dernier papier la situation a évolué de manière catastrophique en Italie (Espagne ce jour) et inquiétante en France. Il n’y a pas de surprise. Nous suivons les courbes et les modèles statistiques établis dans les premiers pays infectés dont la Chine. Nous avons découvert que des pays occidentaux pouvaient vivre une crise sanitaire et que les soignants doivent choisir qui sauver. Nous avons découvert que le virus a une capacité à survivre sur des surfaces, ce qui n’est pas anodin et ne résume pas la contamination aux contacts humains. Nous avons découvert en Italie un taux de mortalité de 5 % (supérieur à la Chine officielle) un taux de gravité énorme avec une présence prolongée en réanimation qui explique la pénurie de respirateurs et une atteinte de sujets jeunes sans autres pathologies. Si la situation n ‘était pas catastrophique ce serait fascinant de voir la science se faire ainsi en direct. C’est une situation tout à fait exceptionnelle, plusieurs fois par jour des publications scientifiques apportent du nouveau, là où habituellement il faut des mois. On a beaucoup raillé les chinois mais leur apport a été et reste essentiel, à ce jour leurs « prédictions » se sont révélées exactes et ils nous annoncent en France une situation similaire au Wuhan. Les dernières publications scientifiques montrent que les chiffres en France sont sous-estimés et serrent plus entre 24 000 et 140 000 selon les modèles statistiques. Alors que penser de ces mesures, d’abord quel déficit de communication ! Le matin, les ministres font le tour des médias en jurant qu’il n’y aura pas de fermeture et le soir le Président ferme tout. Moralité tous les établissements de santé et scolaires se retrouvent dans la difficulté sans avoir pu anticiper quoique ce soit. L’absentéisme résultant de la fermeture des écoles est encore inconnu mais lentement les mairies mettent en place des solutions pour les enfants de soignants, les réseaux se mettent en place, le personnel se sent mobilisé. Lundi 16, dans mon établissement il y aura une absence prévue. Les congés sont annulés, chacun prend ses dispositions. Les couples de soignants étant fréquents, les organisations se mettent en place. Les stocks ont été vérifiés. Les ordres sont contradictoires mais les soignants commencent à reprendre le pouvoir sur les dirigeants comptables, RH et autres. La base est solide, j’ai confiance dans nos équipes, ils ont encaissé des chocs, attentat, inondations, ils tiendront. Ils tiendront si l’intendance suit et si on ne change pas à nouveau de stratégie en cours de bataille. Après s’être moqué des chinois, après avoir raillé les italiens, nos dirigeants commencent à prendre des mesures. Elles sont le minimum. Elles auraient dû être prises, il y a une semaine. Au lieu de devancer l’épidémie et la contrer nous courrons après. Pourtant nous avons toutes les données et les modèles à disposition. Il aurait fallu s’appuyer sur l’exemple italien qui se situe dans un pays occidental et l’épidémie se développe dans sa partie la plus équipée. Nous avons pris du retard. Pourrons-nous le rattraper ? Pas sûr, l’Espagne vient ce jour de décréter le confinement général, les Suisses déploient l’armée et ferment leurs stations de ski. Chez nous toujours pas de restrictions, les frontières ouvertes, les déplacements non limités et je ne parle pas des comportements aberrants. Lors Que Faire (et Lénine n’a rien à voir avec ça). Il existe plusieurs niveaux :

Au niveau individuel être rigoureux sur les mesures barrières, s’astreindre à des mesures de confinement, diminuer ses interactions sociales.

Au niveau social, exiger de ses employeurs, supérieurs, une politique cohérente de protection des populations.

Au niveau gouvernemental, espérer que les bonnes mesures soient prises, elles nécessitent du courage et seront rudes pour tous. Cette situation est aussi une chance de reprendre le pouvoir et de tout cela demain pourra surgir un bien. Nous serons là et vous aidez-nous en respectant les consignes, nous espérons que chacun accomplisse son devoir même le plus minime. C’est tous ensemble qu’il faut mener cette bataille.

Éric Bianchi, (Médecin, président de la CME.)

Grasse le 14 mars

( 16 mars, 2020 )

Face à Erdoğan, il n’y a plus que Poutine… et les Grecs !

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Le néo-sultan Erdoğan, l’homme qui rêve de rétablir la splendeur de l’Empire ottoman, fait feu de tout bois.

En Syrie, il a misé sur la chute de Bachar el-Assad et n’a pas ménagé son soutien aux pires islamistes : la plupart des volontaires internationaux de Daech ont ainsi transité par la Turquie, qui était le chemin naturel pour le grand djihad. Prétextant un imaginaire danger terroriste kurde, il a ensuite envahi le nord-ouest et une partie du nord de la Syrie.

En Méditerranée orientale, il s’appuie sur l’occupation illégale du nord de Chypre pour prétendre empêcher la Syrie, le Liban, Israël et la partie libre de Chypre d’exploiter un sous-sol fort riche en gaz. Les intimidations de la marine militaire turque contre les compagnies gazières présentes (comme l’Italien ENI) sont fréquentes et plusieurs tentatives de forages illégaux ont été observées.

En Libye, il profite de la guerre civile qui oppose le très islamiste Sarraj au moins islamiste Haftar. Ce dernier, non reconnu par la communauté internationale bien que régulièrement reçu par elle, était en passe de l’emporter. Erdoğan a proposé son aide à Sarraj, qui l’a bien sûr acceptée. De nombreux miliciens islamistes syriens ont été envoyés sur place, encadrés par des officiers turcs. Ankara a reconnu l’envoi de plusieurs centaines de combattants (il y a même eu un vote du Parlement turc l’approuvant), mais ils seraient près de 6.000 selon certains journalistes, comme Georges Malbrunot. L’offensive d’Haftar a, de ce fait, été arrêtée aux portes de Tripoli.

Si l’on ajoute une présence turque active au Kosovo et en Bosnie, c’est finalement tout le territoire de l’ancien Empire ottoman qui est ainsi quadrillé.

Il est frappant de constater que cette activité se fait dans le sillage de toutes les décisions absurdes ou iniques prises ces dernières années par l’Europe et les États-Unis : soutien aux islamistes bosniaques ou kosovars (albanais, en fait) dans les Balkans, reconnaissance de Sarraj comme gouvernement légitime en Libye, passivité complice sur l’occupation de Chypre et, bien sûr, appui des islamistes en Syrie avec une admirable constance.

Face à lui, un seul homme : Poutine. La Russie est intervenue pour sauver la Syrie d’une victoire islamiste et a laissé partir plusieurs centaines de mercenaires en Libye soutenir Haftar. C’est le fameux groupe Wagner, créé par un oligarque russe proche du Kremlin.

Lors des récents combats qui ont embrasé la province d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, occupée par la Turquie et des milices islamistes, Erdoğan a envoyé des troupes en masse pour reprendre le terrain perdu. L’armée russe a méthodiquement contré le sultan en lui imposant ensuite un accord humiliant. La réponse des États-Unis a été de proposer à Erdoğan de lui vendre des missiles Patriot

Mécontent de la tournure prise à Idleb, Erdoğan a envoyé quelques milliers de migrants à sa frontière grecque pour apprendre à ses alliés de l’OTAN de ne pas le soutenir assez. Surprise : la Grèce a résisté, rejoignant ainsi la courageuse petite cohorte des pays d’Europe centrale qui ne sont pas d’accord pour devenir, un jour, islamistes.

Ainsi, le monde méditerranéen est maintenant dominé par la Russie et la Turquie : la roue de l’histoire tourne.

Antoine de Lacoste

( 13 mars, 2020 )

Le Covid-19 et l’économie française

 

Lu sur « Je Suis Français »

 

Passé l’optimisme de rigueur, l’Europe et la France mondialistes découvrent à quel point elles ont lié leur destin à la Chine. La souveraineté économique est à nouveau à l’ordre du jour. Mais qui a fait en sorte que les états souverains ne puissent la garantir ?

Au début de la crise sanitaire qui a pris sa source dans la ville de Wuhan en Chine, le ministre français de l’économie, Monsieur Bruno Le Maire n’a pas craint de dire que l’économie française n’en souffrirait pas significativement. D’après lui, elle ne coûterait à la France que 0,1 point de croissance. Cet optimisme, alimenté par des calculs statistiques de technocrates, semble sous-estimer trois facteurs qu’il est important de prendre en considération : une donnée historique, des conséquences purement internes et enfin une interrogation sur le modèle de développement économique.

Les rapports privilégiés entre Wuhan et la France

Le ville nouvelle de Wuhan (regroupement de trois vieilles cités glorieuses : Wuchang, Hanyang et Hankou) n’est pas seulement celle où, en octobre 1911, Sun Yat-Sen a lancé la Révolution qui a chassé le dernier Empereur de Chine, elle est aussi une métropole jumelée avec la ville de Bordeaux, dont la croissance démographique a été l’une des plus fortes de Chine depuis le début du XXIe siècle. Mais cela n’est pas tout. Elle est le lieu privilégié des investissements français en Chine. Cet ancien comptoir français accueille le siège chinois de nombreuses entreprises françaises comme PSA (les pièces détachées de Citroën y sont fabriquées), Renault (et aussi Nissan), Seb, Danone, Kéolis, Sanofi, Suez, EDF… pour ne citer que quelques marques célèbres. Depuis 2016, une liaison ferroviaire bihebdomadaire la relie à Lyon dans le cadre de la « Nouvelle Route de la Soie ». Dans le domaine intellectuel, l’université de Wuhan entretient des rapports privilégiés avec celle de Lille-II et dans le domaine sanitaire, c’est le CHU de Nancy qui est en relation avec les hôpitaux de Wuhan. L’enseignement du Français y est important et les échanges d’étudiants avec la France sont significatifs.

C’est dans ce contexte que la France a, contre l’avis des Américains, participé à l’installation d’un laboratoire de « haute sécurité biologique P4 »[1], destiné à devenir « un fer de lance de notre lutte contre les maladies émergentes », comme l’avait dit solennellement Monsieur Cazeneuve quand il était venu l’inauguré le 23 février 2017. Dégageant un budget d’un million d’euros par an sur cinq ans, le Premier ministre français justifiait la décision de son Gouvernement par « les crises sanitaires [qui] portent avec elles des risques considérables de déstabilisation économique, sociale et politique ». Ce laboratoire qui devait apporter « à la recherche fondamentale un soutien décisif et la [mettre] au service de la prévention de risques qui nous menacent tous », a travaillé depuis sur les virus, notamment ceux véhiculés par les chauves-souris. Or, comme l’avait souligné alors Monsieur Cazeneuve, « la France mettra en outre à la disposition de la Chine son expertise technique pour soutenir l’amélioration continue de la qualité et de la sécurité du laboratoire ». Enfin, « la France et la Chine ont choisi d’exploiter ces atouts pour promouvoir ensemble, à Wuhan, un modèle urbain de développement innovant, celui de ville durable » !

Des conséquences immédiates

Au-delà des rapports économiques privilégiés entre la France et la province chinoise de Hubei, la crise sanitaire qui a conduit à arrêter plusieurs usines, d’abord en Chine, mais maintenant en Italie et peut-être demain ailleurs, a dès maintenant des conséquences non négligeables. Dans son analyse Monsieur Le Maire était parti du fait que la crise économique serait immédiatement suivie d’un rebond de production qui, en quelques semaines permettraient d’en gommer les effets. Il se référait à ce qui s’était passé avec la crise du SRAS en 2003. Mais, à l’époque, aucune mesure de confinement n’avait été prise. En faisant tourner des chaînes de production plus longtemps et plus intensément, une fois l’alerte passée, on comprend que l’on puisse rattraper le retard. Mais les voyages touristiques annulés, les nuits d’hôtel et les consommations au restaurant perdues ne se récupèrent pas de la même façon. Les avions cloués au sol pendant plusieurs jours ne peuvent pas, dans les jours suivants, doubler le nombre de leurs rotations.

Mais ceux qui risquent d’en pâtir le plus, ce sont les commerçants, déjà fragilisés par la crise des gilets jaunes, qui ne pourront pas renouveler leurs stocks et verront donc encore leur chiffre d’affaires rester en berne. Si l’on prend l’exemple du textile, il ne faut pas simplement considérer le fait que 27 % des vêtements vendus en France sont fabriqués en Chine. En effet, l’Italie est aussi un important fournisseur. Or les vêtements fabriqués en Italie, notamment dans la région de Florence, le sont souvent par des sociétés chinoises, s’approvisionnant exclusivement en Chine[2]. Pour faire bonne mesure, l’Union européenne a décidé le 12 février de suspendre le libre accès au marché européen du Cambodge puisque ce pays ne respecte pas les droits humains et les systèmes de gouvernance qu’elle promeut. Or les trois-quarts des exportations cambodgiennes à destination de l’Europe concernent les textiles et 11 % les chaussures.

Le Gouvernement français est conscient de ces difficultés que va rencontrer le commerce de détail – et dont les effets ne se rattraperont pas – aussi a-t-il annoncé qu’il allait donner des facilités de trésorerie et différer le recouvrement de certains impôts, taxes et contributions. Le 31 janvier, il a pris un décret pour faire verser par la Sécurité sociale – déjà déficitaire – aux salariés faisant « l’objet d’une mesure d’isolement, d’éviction ou de maintien à domicile » à cause de l’épidémie de Covid-19, les indemnités journalières prévues par le Code du travail. Que la mesure soit socialement juste, nul ne le conteste, cependant, économiquement parlant, elle viendra s’ajouter à la facture totale.

La remise en cause du modèle de développement économique

Mais ces mesures de court terme ne règlent pas la question de fond. Or, sur ce point, le mieux est de se référer à ce qu’en a dit la collaboratrice directe de Monsieur Bruno Le Maire, la secrétaire d’Etat Agnès Pannier-Runacher[3], répondant à un journaliste de La Croix, le 26 février. Pour elle les mesures prises par le Gouvernement chinois « soulèvent deux difficultés : d’une part il peut y avoir des perturbations sur les chaînes de production, et d’autre part, les Chinois réduisant leur consommation, l’industrie du luxe, du vin ou encore du tourisme font face à une baisse d’activité » !

Après cette constatation préliminaire elle a expliqué qu’elle a « demandé aux entreprises de vérifier leur degré de dépendance aux fournisseurs chinois », ajoutant qu’en fait, bien souvent, elles ne peuvent pas répondre à cette question « car elles achètent des pièces à des sociétés dont elles ne connaissent pas les fournisseurs ». Tout naturellement, elle en arrive donc à s’interroger sur la pertinence des délocalisations, sans aller pour autant à se poser la question de savoir si l’externalisation de certaines activités intermédiaires, pratiquée à outrance par les grands groupes internationaux, est légitime. Pour elle, dans de nombreux cas, les entreprises devront donc rechercher « un fournisseur alternatif ». Mais cela prendra beaucoup de temps car, lorsque l’on a délocalisé certaines productions, on a privé ceux que l’on mettait au chômage de la faculté de maintenir leur savoir-faire. Elle constate simplement que « dans l’automobile, cela peut prendre plus d’un an pour des outillages. Pour une pièce d’avion, il faut quatre ans pour qu’elle soit certifiée… ».

Comme il ne faut cependant pas inquiéter les populations ni dire que les décisions prises jusqu’à présent étaient mauvaises, elle se risque à une note d’optimisme : « La transformation vers l’entreprise du futur, plus automatisée et personnalisée, permet d’envisage des relocalisations, d’autant que les coûts augmentent en Asie ». Après avoir cité quelques-uns des secteurs de production considérés comme stratégiques et pour lesquels les relocalisations sont indispensables et urgentes elle en arrive à cette découverte merveilleuse : « Avec cette épidémie, on mesure à quel point les chaînes de production sont imbriquées. Et cela pose des questions de souveraineté économique, mais aussi des questions environnementales avec des composants qui traversent le monde, parfois plusieurs fois, avant de s’intégrer dans un produit fini. C’est absurde ». Il manque deux points dans son intervention : quels sont les responsables de cette situation qu’elle qualifie elle-même d’absurde et qui aura le courage de nous en faire sortir ?

François Schwerer 

[1] Avec le soutien du laboratoire Mérieux de Lyon.
[2] Selon Le Courrier International du 27 février 2020, citant La Republica, la population chinoise qui travaille à Prato représente 25 000 personnes sur les 195 000 habitants. Ils y font tourner « quelque 6 000 entreprises, dont 4 000 dans le secteur du prêt à porter ». Après y avoir phagocyté les petites entreprises artisanales de la région, cette « industrie textile […] fournit les grandes marques de la mode ».
[3] Cette secrétaire d’Etat en charge de « la reconquête économique » fait partie des Young Leaders de la France-China Foundation, au même titre qu’Edouard Philippe, Franck Riester, Brune Poirson, Matthieu Gallet ou encore Sibyle Veil, et aussi Alain Mérieux.
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