( 19 janvier, 2018 )

Tribune dans Le Monde au sujet des enfants nés par GPA à l’étranger : mensonges et manipulations

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

 

Pas encore nés, en voie de fabrication ou encore trop petits pour s’exprimer, un jour viendra où ils demanderont des comptes.

C’est aujourd’hui que s’ouvrent les États généraux de la bioéthique, sorte de grande consultation citoyenne destinée à recueillir l’avis des Français sur des sujets tels que l’ouverture de la PMA pour les femmes seules ou en couple de femmes, la fin de vie et le don d’organes. À la clé, la fameuse révision de la loi bioéthique qui sera débattue par le Parlement à la fin de l’année.

Belle occasion, pour les partisans du « droit à l’enfant pour tous à n’importe quel prix », de se faire entendre pour accélérer le mouvement de décomposition de la famille traditionnelle.

Quitte à utiliser les plus gros des mensonges, comme ce fut le cas hier avec cette tribune dans Le Monde destinée à attirer l’attention sur la gestation pour autrui, soi-disant grande absente des débats.

La première de ces manipulations consiste à nous laisser penser que la question de la GPA est abandonnée ; qui peut être assez idiot pour croire qu’après avoir accordé aux femmes seules ou vivant entre elles le droit de se faire fabriquer un enfant en se passant d’un homme (PMA), le législateur refusera le même « privilège » à des hommes sans femmes ?

Deuxième mensonge : une vieille ficelle, celle-là, qui consiste à nous faire croire que les enfants nés par GPA à l’étranger sont ignorés par le droit français. Ou comment faire ressurgir les « petits fantômes de la République » chers au cœur de madame Taubira.

Pas plus fantômes que les autres, ces enfants ont bel et bien une existence juridique en France grâce à leur acte de naissance établi à l’étranger comme n’importe quel enfant né de parents français à l’étranger. N’en déplaise aux partisans de la GPA, je suis d’accord avec eux pour dire que ces enfants n’ont pas tout à fait les mêmes droits que les autres. Fabriqués sur commande par des parents dits d’intention, ils ont été séparés à la naissance de celle qui les a portés pendant neuf mois et n’auront jamais de mère lorsque « vendus » à un couple d’hommes. À qui la faute ?

La résistance de certains de nos juges qui refusent encore de transférer à l’état civil leur acte de naissance a des conséquences, certes, mais qui se résument uniquement à quelques tracasseries administratives pour les adultes qui veulent les élever.
C’est le moindre des inconvénients pour ces clients de GPA qui ont violé la loi française, et pourtant ils s’en plaignent ; voudraient-ils les félicitations de la République, par-dessus le marché ?

Mais les signataires de la tribune ne s’en tiennent pas là ; profitant de cette très belle occasion, ils réclament « des protocoles de GPA pensés et aménagés de façon parfaitement éthique ». Trop angoissés à l’idée de se voir qualifiés d’exploiteurs des pays pauvres, les partisans de la GPA éthique veulent des mères porteuses propres ! C’est oublier que, quelle que soit la couleur de peau de la femme qui accepte de porter l’enfant pour le compte de ceux qui ont les moyens, quelle que soit la rémunération ou la compensation, la GPA sera toujours un trafic de chair humaine et ce sont les enfants qui en paieront le prix.

Pas encore nés, en voie de fabrication ou encore trop petits pour s’exprimer, un jour viendra où ils demanderont des comptes à cette société qui n’aura pas su défendre leurs intérêts

( 17 janvier, 2018 )

Adieu l’ami

 

Mercredi 6 décembre, au matin de la Saint-Nicolas, le téléphone sonne avant le lever du jour pour m’annoncer la nouvelle : Johnny est mort cette nuit !.. Comme on sait que j’étais bien ami avec ce chanteur au temps de sa jeunesse (et de la mienne) et qu’il est notoirement connu que je ne possède ni radio ni télévision, c’est donc le téléphone arabe (pardonnez-moi la formule) qui a fonctionné. Johnny Halliday est décédé et il fallait que j’en sois rapidement informé… C’était donc mercredi, mon jour de sortie à la ville. Je revenais d’une émission de télévision où j’ai parlé de Saint Nicolas et où tout le monde parlait de Johnny qui avait brusquement quitté ce monde (Jean d’Ormesson venait également de décéder, mais pourtant personne n’en parlait).

Bref, c’est vrai, j’ai bien connu Jean-Philippe Smet à l’époque où son manager qui portait le nom d’artiste de Lee Hallyday tentait d’imposer le nom de Johnny Hallyday, « le chanteur à tout casser » titraient alors les journaux. C’était au début des années 1960. Jean-Philippe, dit Johnny logeait alors à l’hôtel-restaurant où je travaillais à Bandol dans le Var. Nous avions bien sympathisé et il m’a alors demandé de venir le soutenir dans ses premiers concerts au casino de Bandol, tous les soirs de la saison. Les clients du casino étaient un peu déroutés du style du chanteur et de ses chansons accompagnées de trois médiocres musiciens.  Avec deux ou trois complices, Je devais marquer mon enthousiasme et applaudir vivement chaque chanson pour entraîner le public.

Johnny venait tout juste de sortir son premier disque 45 tours. Le titre principal était « Laisse les filles » l’accompagnement était très modeste et le jeune nouveau chanteur s’accompagnait lui-même à la guitare qu’il portait comme un combattant, montant àl’assaut avec sa mitraillette. Avec un déhanchement étudié, il lançait dans le micro : « Laisse les filles tu as bien l’temps d’avoir des milliers d’embêtements ; woui, laisse donc un peu les filles… »  Facile à dire ! (à chanter, je ne sais pas !). Si la première année les filles étaient indifférentes, la saison suivante, Johnny était devenu une vedette adulée.  Lorsque nous allions prendre un diabolo-menthe à la terrasse d’une brasserie, les demoiselles en vacances se retournaient disant : « C’est lui, c’est Johnny ! » et le chanteur adulé de ces demoiselles signait alors ses premiers autographes.

Son deuxième disque, titré « Souvenirs-souvenirs » devait connaître un énorme succès. Pour son premier grand récital à l’Olympia, Johnny m’avait demandé de venir l’encourager à Paris. Un ami de mon âge devait me conduire en voiture. Tout allait bien, en roulant vers la capitale, on chantait à tue-tête les succès de Johnny, quand les gendarmes de la route ont arrêté le véhicule et demandé les papiers au chauffeurconduisant la voiture de son papa. Hélas, le gaillard ne possédait pas le permis de conduire. On s’est donc retrouvé arrêté en cellule à la gendarmerie en attendant que la maréchaussée se charge d’éclaircir l’affaire… Mes parents, forts courroucés sont venu me rechercher. L’aventure « Johnny à l’Olympia » se terminait pour moi plutôt lamentablement. Dans la suite des temps, on a fait venir Johnny pour se produire à Nancy dans la grande salle du Rio, aujourd’hui disparu… Mais ceci est une autre histoire.

Voilà donc mes souvenirs concernant les tout débuts de Johnny Hallyday. La suite est très connue du public…

 

Jean-Marie Cuny

( 12 janvier, 2018 )

Le LIBAN en crise ?

 

Depuis quelques années, particulièrement depuis l’élection du général Aoun comme Président, nous assistions à une réelle bien qu’insuffisante, progression de la situation du pays. Certes, les problèmes restent : présence trop importante d’immigrés, les Palestiniens depuis des dizaines d’année, des Syriens depuis la guerre qui secoue ce pays. On notera cependant un commencement de retour chez eux de ces derniers, maintenant que le pays ait été libéré en grande partie de la présence des groupes armés islamistes. Enfin, il ya la présence du Hezbollah toujours armés, il faudra bien que cela cesse un jour. Néanmoins, l’économie va  mieux et l’armée, bien que sous équipée et manquant d’hommes, a su montrer son efficacité en 2017 en balayant les forces de l’Etat Islamique…

Mais cela ne semble pas plaire à l’Arabie Saoudite qui a tenté de faire démissionner le premier ministre Saad Hariri. Il est vrai que ce dernier a une double nationalité Saoudienne et Libanaise et que la gestion de ses sociétés n’est pas « très claire », c’est le moins que l’on puisse dire. Le Président Macron a réussi à le faire « délivrer » selon la presse. Si cela est vrai, c’est une bonne chose. Il a pu reprendre son poste à Beyrouth. Est-ce pourtant un premier ministre souhaitable pour nos amis Libanais ? Au Président Aoun de le dire. De toute façon, ce n’est pas à l’Arabie Saoudite de diriger le pays…

Les Libanais souffrent encore, il y a encore beaucoup de progrès à faire. Aidons nous amis Libanais comme la France et tous les Français doivent le faire.

Philippe SCHNEIDER

 

Pour aider nos amis libanais, faites des dons au Comité Lorrain de Solidarité Franco-libanais, B.P. 60107, 54304, Lunéville Cedex

Et pour les Chrétiens qui souffrent dans tout le Moyen Orient : SOS Chrétiens d’Orient, 16 avenue Trudaine, 75009, Paris. www.soschretiensdorient

( 5 janvier, 2018 )

La chaîne radio RTL a commis un affront envers la Famille Royale !

 

« Tweet » du blog « la Couronne ». Il est évident que de tels propos doivent être condamnés. En dehors de la Famille de France, ce sont tous les handicapés qui se sont sentis insultés par ce « pauvre type ».

L.R.

 

 

La chaîne radio RTL a commis un affront envers la Famille Royale ! dans actualités ruquiercemoquedefranois

Habitué de l’émission radio « Les Grosses têtes » sur RTL, j’ai eu la malchance ce matin de l’écouter en replay sur YouTube. Cette émission, présentée par Laurent Ruquier du lundi au vendredi à partir de 16h00, consiste à répondre à des questions de culture générales (trouver l’auteur d’une citation, ou autre, en rapport avec l’actualité).

Lors de l’émission du 2 Janvier, Laurent Ruquier a fait mention du décès de S.A.R. le Prince François de France, comte de Clermont, décédé dans la nuit du 30 au 31 Décembre dernier. Tout le monde le sait, Mgr le comte de Clermont était déficient mental dû à la toxoplasmose contractée par la duchesse de Montpensier pendant sa grossesse.

Or, la façon dont a été traité le décès de ce Fils de France est proprement scandaleux et honteux. Moqueries sur le handicap du Prince, changement de voix de la part d’Elie Semoun pour faire passer les handicapés mentaux comme des personnes ne sachant pas s’exprimer correctement…

Derrière le décès du Prince François, il ne faut pas oublier qu’il y a une famille, en l’occurrence, la première famille de France, notre Famille Royale, qui est en deuil, et à ses côtés, l’ensemble des monarchistes français qui n’ont pu être qu’agréablement surpris par l’écho qu’a trouvé la mort du Prince François (repris dans Le Figaro, Paris Match, Le Point, L’Echo républicain, etc.)

Aussi, afin que cet affront ne reste pas impuni, et que les handicapés soient mieux traités à la radio que comme ce genre de caricatures dites dans RTL, nous exigeons de la part de la chaîne radio des excuses publiques envers la Famille Royale. Et aussi, toutes personnes qui après l’écoute de ce replay (lien de dessous) se sent outré par ce genre de comportement, nous l’invitons à signaler la chaîne radio auprès du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel afin que la chaîne soit sanctionnée.

Replay de l’émission du 2 Janvier : https://www.youtube.com/watch?v=tH3-QK8ze_U (à partir de 39m40s).

Lien pour signaler au CSA : http://www.csa.fr/Services-en-ligne/Alerter-le-CSA-sur-un-programme

( 27 décembre, 2017 )

Stupéfiant !

 

Editorial de L’Action Française 2000 du 21 décembre 2017

 

On savait Emmanuel Macron disciple du philosophe Paul Ricœur. On ignorait qu’il était, en même temps, adepte de l’école péripatéticienne.

Aristote déambulait en dissertant avec ses disciples dans les allées du Lycée  ; notre président déambule dans les couloirs de l’Élysée, entouré de caméras, pour répondre aux questions complaisantes d’un journaliste de la télévision d’État, le tout enregistré le mardi pour être diffusé le dimanche suivant. On n’est jamais trop prudent  ! En marche… vers feu l’ORTF  ? Il ne s’agit que d’une anecdote, mais elle en dit long sur cet art de la communication qui, inauguré sous Giscard, a remplacé la parole régalienne. Certes, il n’y a rien à retenir de ce vrai-faux entretien déambulatoire. Sinon qu’il faudra encore attendre deux ans pour espérer voir la courbe du chômage s’inverser – Hollande, sors de ce corps  ! Qu’il est temps de rattraper notre retard en matière d’énergies renouvelables et qu’on peut compter sur lui pour voir partout surgir de terre des éoliennes défigurant le paysage. Qu’ayant fait le don de sa personne à la France, il fait «  le maximum pour [nous] protéger, pour éviter que les conflits n’adviennent, pour préparer [notre] avenir commun, pour préparer le meilleur futur  ». Ou encore, «  que d’ici mi, fin-février, on aura gagné la guerre en Syrie  » – Bachar el-Assad et Vladimir Poutine ont été soulagés de l’apprendre.

Le culte du Moi

Pourquoi cet entretien maintenant  ? Alors que jamais la France n’a été aussi inégalitaire, comme l’a montré une passionnante enquête récemment publiée dans Le Monde, l’exécutif est en hausse dans les sondages, dans une période calme, c’est vrai, de discussion budgétaire, dont les décisions, bientôt définitivement votées, n’ont évidemment pas encore pu faire sentir leurs effets, surtout sur les classes moyennes. Macron joue sur le front international, plus consensuel car plus éloigné des Français, tandis que le Gouvernement fait dans la com’  : envers la «  France périphérique  », en se déplaçant à Cahors, économique et identitaire, en annonçant durcir la lutte contre les faux réfugiés. Peut-être Macron a-t-il jugé nécessaire, à la veille de nouvelles réformes, de focaliser les caméras sur sa personne, dans un exercice sidérant de culte du Moi. Apprentissage, formation professionnelle et assurance chômage, asile et immigration, réforme des institutions, sans oublier les dossiers néo-calédonien et corse, la décision sur Notre-Dame-des-Landes ou la rupture démagogique avec un consensus vieux de quarante-cinq ans sur le 90 km/h sur route  : Macron veut continuer d’aller vite en 2018 et a besoin pour cela de saturer l’espace pour apparaître comme le deus ex machina des maux de la France. Ce que confirme encore cet anniversaire fêté à Chambord, le château construit par François Ier, le «  prince architecte  », après la victoire de Marignan. Ne cessant de singer la fonction royale, dans l’espoir que les Français soient dupes, et déjà maître des horloges, Macron se pense aussi en nouvel architecte de la France. Voire en sauveur de la planète au moment où nous sommes, paraît-il, en train de perdre la lutte contre le réchauffement climatique, comme Superman l’a seriné lors du raout écologique et financier international («  One Planet Summit  » dans le texte) qu’il avait réuni à Paris la semaine dernière.

Car la France ou les affaires internationales ne sont jamais, pour lui, que l’occasion de parler de lui-même. Le propos le plus révélateur de son entretien sur France 2, d’un point de vue clinique s’entend, a été  : «  [Les Français] ont décidé en mai dernier d’élire un président de trente-neuf ans qui sortait de nulle part. La France a stupéfait [sic] l’Europe et le monde par son choix.  » Macron serait donc, de son propre aveu, une personnalité stupéfiante. Quant à «  sortir de nulle part  », à moins que l’Inspection des finances, la banque Rotschild, le secrétariat général de la Présidence de la République ou le ministère de l’Économie ne soient «  nulle part  », Macron, peut, en effet apparaître comme un homme neuf  ! Au sens non pas romain de l’homo novus, bien qu’il le soit en un certain sens, mais plus prosaïque de celui qui n’aurait aucune responsabilité dans les politiques conduites avant son arrivée. Ce qui est évidemment un mensonge. Deux exemples parmi tant d’autres  : outre le bradage de notre industrie – secrétaire général puis ministre de l’Économie, il a livré la branche énergie d’Alstom aux Américains, avant de livrer, devenu président de la République, sa branche transports aux Allemands –, il était au secrétariat général de la Présidence, chargé, qui plus est, des questions fiscales, quand a été concocté ce «  scandale d’État  » (dixit son successeur Bruno Le Maire à Bercy) qu’est la taxe sur les dividendes des grandes entreprises, mise en oeuvre sous Hollande et déclarée inconstitutionnelle  ; facture pour l’État  : 10 milliards d’euros. Une enquête interne l’a évidemment blanchi.

La recette autrichienne

Alors, stupéfiant, Macron  ? En tout cas moins modeste qu’un jeune chancelier autrichien, le plus jeune dirigeant du monde, pour le coup – il a trente et un ans – qui, sans penser avoir stupéfié le monde, lui, réussit en quelques semaines ce que Merkel, avec toute son expérience, ne réussit plus en Allemagne  : former une coalition. Il est vrai que c’est avec les populistes du FPÖ, qui ont obtenu pour la première fois trois ministères régaliens – Intérieur, Défense et Affaires étrangères –, alors que l’Autriche présidera le Conseil de l’Union européenne au second semestre 2018. Paris, avec sa morgue habituelle – Macron avait déjà donné des leçons à la Pologne –, compte sur le respect des sacro-saintes «  valeurs européennes  » par l’Autriche. Loiseau, la ministre de l’Europe, y sera même «  très attentive  ».

Occasion de nous interroger sur les grandes manœuvres qui agitent la “droite” française au lendemain de la victoire de Wauquiez, que Macron a particulièrement ciblé, lors de son soliloque déambulatoire, car il sait que la vraie menace pourrait venir du retour d’une droite de conviction, dont Wauquiez semble, à tort ou à raison, l’incarnation. Seul un avenir, qu’on peut supposer proche, car Wauquiez aura bientôt à prendre des décisions tranchantes en matière de positionnement idéologique, nous dira si le costume n’est pas trop grand pour cet ancien bébé Barrot, que sa large victoire à la tête de son parti avec un taux de participation honorable devrait inciter à jouer la carte d’une droite qui n’a plus peur de son ombre et ne cherche plus, inlassablement, son droit moral à l’existence dans le jugement léonin d’une gauche dont l’empire idéologique commence, seulement, à s’effriter après avoir failli sur les plans où elle était la plus attendue, économique et social. Mais renverser plusieurs décennies de honte de soi ne sera pas aisé. Si nous assistons, comme le montre le succès d’un récent dictionnaire, à un retour du conservatisme, le caractère ambigu d’un tel phénomène n’est pas sans interroger. La victoire de Macron au printemps dernier en est le signe  : s’il s’est fait élire au nom d’un progressisme assurément ringard, c’est qu’il a su instrumentaliser le besoin de dégagisme en assimilant le personnel politique sortant, dont il fait pourtant partie, à un passé politicien lui-même identifié au conservatisme, au profit d’une société civile qui n’est qu’un slogan. Lorsque la bulle Macron éclatera, seule une droite inflexible sur la question migratoire, tournée vers la question sociale, intransigeante sur le respect de l’identité nationale et de notre souveraineté et ouvertement décomplexée en termes d’alliances pourra susciter quelque espoir. Ce fut en tout cas la recette autrichienne.   

François Marcilhac

( 26 décembre, 2017 )

Ukraine : encore une fois, l’Élysée se trompe

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

La France empêche par son manque d’intelligence que soit mis fin à la guerre en Europe.

Emmanuel Macron et Angela Merkel ont estimé, samedi 23 décembre 2017, qu’il n’y a « pas d’autre solution qu’un règlement exclusivement pacifique du conflit » en Ukraine. Sans proposer les principes essentiels qui devraient être respectés par les parties pour parvenir à un tel règlement. Autrement dit, du verbiage ? Pas complètement, cependant. Les non-dits étant, ici, plus importants que les mots, surtout creux.

En effet, la situation est toujours très grave en Ukraine, où une guerre classique avec un front et des canonnades non seulement continue, martyrisant les civils ukrainiens russophones (plus de 10.000 morts), mais encore s’accroît : bombardements des villes par les forces ukrainiennes et rodomontades guerrières du pouvoir kievien, amenant des démentis de Washington quant à des livraisons d’armes américaines.

L’Union européenne s’est contentée de prolonger cette semaine, pour six mois, les lourdes sanctions économiques décrétées contre la Russie qui avaient été décidées à l’été 2014, au plus fort de la crise ukrainienne, quelques mois après l’annexion de la Crimée par la Russie et le début de la guerre civile dans l’Est (sanctions qui affectent les agriculteurs français). Bruxelles restant dans son coma diplomatique, ce sont les gouvernements français et allemand qui reprennent leurs prérogatives.

Toutefois, à nouveau et comme d’habitude, l’Élysée se trompe d’analyse sur le fond de la question et de la stratégie, en suivant l’Allemagne et en contrariant la Russie, en exprimant « son soutien au plein respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine ».

Sanctions, déni des réalités militaires et humaines, couverture d’un régime kievien extrémiste, totalitaire et corrompu : la France empêche, par son manque d’intelligence, que soit mis fin à la guerre en Europe. Et elle est aussi sortie du jeu en Syrie.

La Russie ne rendra jamais la Crimée, historiquement, affectivement, culturellement et stratégiquement russe, et un référendum a confirmé ce rattachement. Nous avons x fois indiqué quels devraient être les axes d’un plan de paix juste et durable : unité de l’Ukraine (y compris l’est), fédéralisation dans le respect des minorités et des langues nationales (surtout à l’est et à l’ouest), neutralité militaire, désarmement de toute la zone (et dénucléarisation de l’Europe centrale), coopération économique et culturelle égale de l’Ukraine avec la Russie et des Européens. Tant que l’Élysée s’entêtera à ne pas comprendre cela et tentera d’humilier le président russe (et, donc, le peuple russe qui le suit), la paix ne se fera pas. C’est déplorable.

Avocat, universitaire, essayiste
( 23 décembre, 2017 )

La politique culturelle de l’Union européenne au service des migrants

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

 

Lors de la dernière réunion de la commission culture du Parlement européen nous ont été présentées trois analyses sur la politique culturelle de l’Union européenne à l’égard des réfugiés. Débordant de compassion humanitaire, elles font toutes le même constat : les projets doivent être au service du bien-être des réfugiés et non de leur intégration. Car les politiques d’intégration, avec leur « approche autoritaire, descendante et stigmatisante », auraient tout du retour aux pratiques coloniales, imposant aux réfugiés ce qu’ils doivent être. Il ne faudrait donc plus intégrer mais inclure, c’est-à-dire faire une place. La société ne serait plus un tout cohérent qu’il faudrait chercher à préserver mais le lieu d’un dialogue interculturel. On ne devrait plus les aider à rejoindre la société mais viser leur autonomie.

D’après ces trois analyses, la crise des réfugiés n’est pas une crise sociale et sécuritaire à laquelle doit faire face l’Europe. Il s’agirait seulement d’une crise dont sont victimes les migrants. Ces derniers sont forcément des traumatisés. Toute politique à leur égard devrait donc viser à rétablir leur bien-être et leur confiance en eux-mêmes. Les projets culturels financés par l’Union européenne à l’égard des migrants doivent alors « être le lieu de commémoration et de lamentation ».

Selon ces études, la société comme communauté n’existe donc tout simplement pas. Il n’y aurait que des individus avec des droits. Le migrant aurait donc autant de droits que les nationaux, d’où l’obligation de prendre soin de lui, de son bien-être, de favoriser son autonomie. C’est le mythe du libéralisme : il n’y a que des libertés et le rêve d’émancipation individuelle. Logiquement est affirmé qu’« [il] n’y aura pas de futur sans diversité ».

La crise migratoire actuelle ne serait pas sécuritaire mais seulement humanitaire : « le véritable état d’urgence est par conséquent le manque d’accès pour les réfugiés à leurs droits humains fondamentaux ». Il faudrait donc lutter contre toutes ces politiques qui pensent qu’un risque pèse sur la cohésion sociale et la sécurité : « Des dispositifs devraient être développés pour établir que les réfugiés ne sont pas un danger pour le bien-être, la culture et l’identité des populations d’accueil. »

Et ce combat commence – c’est à la mode – par le langage. Conscient que le terme multiculturalisme ne fait plus aussi bien recette, on parlera désormais d’interculturalisme ou de transculturalisme. Mais, surtout, il ne faudra plus distinguer entre migrant légal et migrant illégal car « le terme “illégal ” ne devrait plus être utilisé pour décrire une personne ». Il ne faudra d’ailleurs pas dire « migrant », trop stigmatisant, mais tout rassembler sous le terme de « réfugié », quel que soit le statut, le mode d’arrivée ou l’origine, tant que l’on vient d’un pays « en crise ». Et même ce terme devra être supprimé : il faut « faire référence aux réfugiés comme “nouveaux Européens” ».

Orwell qui, dans 1984, a imaginé le novlangue, cette réduction du langage pour qu’il ne soit plus possible de dire le réel, n’aurait pas fait mieux !

Député Française (et Lorraine) au parlement européen

( 23 décembre, 2017 )

Catalogne : La démocratie si rien de supérieur ne la transcende, cela se paye

 

Lu sur « lafautearousseau ». Nous approuvons totalement

 

En deux mots.jpg

Nous doutions jeudi dernier que les élections catalanes puissent dénouer la crise en cours*. Nous avions raison. 

Si cette consultation avait été un référendum, les indépendantistes l’auraient perdu car les unionistes ont recueilli 52% des voix. Les séparatistes (48%) sont minoritaires en Catalogne.

Il ne s’agissait pas d’un référendum mais d’élire un parlement. L’avantage en sièges donné aux campagnes, fait entrer au dit parlement une majorité de députés indépendantistes. Majorité absolue avec seulement deux sièges de plus que leurs adversaires.

La constitution de 1978 fait de l’Espagne une démocratie. Elle a été approuvée massivement et en Catalogne plus qu’ailleurs. Cette considération – suprême retranchement de Madrid – ne trouble pas les indépendantistes. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts du rio Llobregat depuis 1978 et Madrid n’a rien fait pour contrer le matraquage antiespagnol qui a sévi partout en Catalogne ces dernières décennies. Elle a réagi in extremis quand le mal était installé. Elle a pris les mesures qui s’imposaient quand elle eut le couteau sous la gorge. C’est toujours la solution la plus coûteuse…

Il était si l’on peut dire naturel que la gauche républicaine et les communistes de toutes obédiences fussent indépendantistes et républicains : ils l’ont toujours été. C’est le centre-droit des Pujol, Mas et Puigdemont qui, en se décidant pour l’indépendantisme, lui a donné les moyens de grandir et de s’imposer. Sans eux, rien ne serait arrivé.

L’apathie souvent intéressée de Madrid et le passage à l’indépendantisme d’une certaine bourgeoisie catalane assez semblable à nos bobos centristes, sont les vrais responsables de la situation.

Cette dernière, c’est le roi Felipe qui l’a le mieux perçue et nommée avec une noble franchise : la société catalane est fracturée, coupée en deux parts irréductibles à peu près égales.

Ceux qui croient en la primauté de l’économique se sont une fois de plus trompés : ni les difficultés financières annoncées, ni le lâchage européen, ni le départ de Catalogne de plus de 3000 entreprises n’ont fait reculer les catalanistes. Ce sont des sentiments et des idées qui les motivent pour la plupart : leur traditionalisme, leur nationalisme. Fussent-ils fort mal placés.

Une dernière question devrait se poser aux Espagnols, à leurs gouvernants et à leur roi : y a-t-il quelque chose au-dessus de la démocratie ? Nous dirions qu’il y a les réalités et qu’il y a l’Histoire de qui ces dernières découlent. A aucun de ces deux titres la Catalogne n’est fondée à exiger son indépendance. Et même si elle l’obtenait, il faudrait bien des années, beaucoup de temps pour qu’elle cesse, en réalité, d’être de facto espagnole.

Pour l’instant, la Catalogne va entrer dans l’ère des combinaisons. Tenter de sortir de l’imbroglio où elle s’est fourrée. La démocratie si rien de supérieur ne la transcende, cela se paye.

( 21 décembre, 2017 )

Interrogations de Noël

 

Belle réflexion de Gérard Leclerc sur la laicité

 

Aux approches de Noël, les interrogations sur la foi, l’existence de Dieu, la personnalité de Jésus redeviennent d’actualité. Certains journaux s’en emparent. Et puis les questions récurrentes sur l’islam et la laïcité ne cessent de s’imposer dans les débats publics. La laïcité, dit-on, c’est la liberté de croire ou de ne pas croire. Définition assez exacte, à condition de bien préciser que, philosophiquement, cette laïcité n’a rien à nous dire sur ce que c’est que croire ou ne pas croire. Elle est simplement la condition politique qui permet l’exercice de la liberté de conscience. Cette précision n’est pas toujours acceptée. Souvent, on dit d’untel qu’il est « laïque » parce qu’il est a-religieux, ce qui est à l’origine de bien des confusions. La laïcité n’est pas une philosophie au sens d’une conception du monde. Dès lors qu’elle se réclamerait d’un contenu philosophique, elle deviendrait une philosophie parmi les autres et ne pourrait plus prétendre constituer l’espace pluraliste qu’elle revendique.

De ce point de vue, on n’a pas tort d’affirmer que cette conception de la laïcité ne pouvait éclore que dans une civilisation imprégnée de christianisme, où la distinction entre le temporel et le spirituel va de soi et où la foi suppose une démarche absolument libre de l’intelligence et du cœur. Dans d’autres civilisations, cette distinction et cette démarche n’ont pas lieu d’être. D’où la tentation violente de se libérer d’une sujétion quasi totalitaire du religieux par l’athéisme. Avant tout contenu doctrinal, cet athéisme marque une rupture, une volonté d’émancipation. Il est l’affirmation d’un refus. Refus parfois héroïque, lorsqu’il se paye par la persécution et la menace de mort.

J’ai toujours été frappé par une formule de Pascal : « Athéisme marque de force d’esprit mais jusqu’à un certain degré seulement. » Nous sommes bien dans le cas de la force d’esprit qui permet de rompre avec un certain conformisme ou avec un contenu religieux auquel on n’adhère pas. Mais le simple refus n’est pas une attitude satisfaisante. La force de l’esprit consiste à tenter l’aventure de l’exploration de l’énigme que constitue ma seule existence. Refuser cette exploration, c’est s’exposer à tuer en soi toute requête de sens et s’enfermer dans son malheur. C’était aussi la conviction de Blaise Pascal, qui observait sans hostilité les athées qui cherchent mais supportait mal ceux qui tiraient vanité de leur seul refus.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 21 décembre 2017.

( 21 décembre, 2017 )

La Catalogne, depuis les Rois Catholiques, soit depuis le XVe siècle, n’a jamais cessé d’être espagnole

 

Lu sur « lafautearousseau » cette mise au point très bien venue.

 

 

En deux mots.jpgQue se passera-t-il aujourd’hui en Catalogne ? Que va-t-il sortir des élections décidées par Madrid pour mettre un terme au psychodrame indépendantiste ?

On dit le scrutin incertain ; on prédit, entre candidats unionistes et indépendantistes un résultat « serré » qui peut-être ne décidera de rien, ne résoudra rien. Les sièges une fois attribués, quelles alliances vont-elles devoir se nouer, quelle coalition nécessairement hétéroclite ou même contre-nature va-r-elle se constituer pour former un gouvernement, élire un président ? Alchimie démocratique assez obscure, indigne et délétère ! Peut-on jouer aux dés l’avenir d’un peuple ? Quel que soit, ce soir, le résultat, il y a gros à parier que la partie perdante le contestera aussitôt. La démocratie ne transcende pas l’Histoire et les réalités. Il lui arrive de les mettre en péril …

Il faut respecter le peuple catalan, attaché jusqu’à la déraison à ses traditions, sa langue, son identité. On se prend même à regretter que les Français n’aient pas fait preuve d’un semblable attachement, d’une même fidélité à eux-mêmes, à leurs pays et à la France.

L’une des spécialités des indépendantistes catalans est le travestissement de l’Histoire. Quoiqu’ils en disent, la Catalogne n’a jamais été indépendante. Avant le mariage d’Isabelle de Castille et de Ferdinand d’Aragon qui scella, il y a près de six siècles, l’unité de l’Espagne, la Catalogne appartenait, comme Valence et les Baléares, à la couronne d’Aragon. Jamais ensuite elle ne fut un Etat, jamais elle ne fut une nation indépendante. Elle aurait pu l’être et ne le fut pas. L’Histoire a tranché : l’Espagne a été un acteur majeur de l’histoire de l’Europe et au-delà ; la Catalogne, depuis les Rois Catholiques, soit depuis le XVe siècle, n’a jamais cessé d’être espagnole.

Comme le parlement britannique peut tout sauf changer un homme en femme, la démocratie quelle que soit son arithmétique, quels que soient ses résultats et ses combinaisons post électorales, ne pourra empêcher que de toute façon la Catalogne, suivant une modalité qui lui est propre, soit et reste espagnole.

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