( 5 avril, 2020 )

Le Docteur Xavier Dor est décédé

 

 

COMMUNIQUE DE SOS TOUT-PETITS du 4 Avril :

Notre Président d’honneur et Fondateur, le Docteur Xavier DOR, est décédé aujourd’hui 4 avril entre 12 heures et 13 heures [l’annonce de son décès avait circulé de façon prématurée hier soir sur les réseaux sociaux, NDMJ].

Il avait reçu le Sacrement des malades.

Nous prions pour lui et pour la défense des tout-petits à laquelle il consacrait sa vie.

Docteur en médecine spécialisé en embryologie, Xavier Dor exerça à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière. Il fut également chercheur en embryologie cardiaque à l’INSERM et maître de conférences à l’université Paris-VI.

Fondateur et président depuis 1986 de l’association SOS tout-petits, Xavier Dor est un des initiateurs des rosaires pour la vie, devant les cliniques d’avortements comme dans les manifestations pour la vie.

Il quitta la présidence de l’association SOS tout-petits en 2016.

Il a rejoint cet autre grand combattant pour la vie que fut le Professeur Jérôme Lejeune, décédé le 3 avril 1994.

Requiescat in pace

 

Le docteur DOR fut un infatigable défenseur de la vie, prenant des risques importants (amendes, prisons, coups…) pour tenter l’empêcher l’assassinat des enfants dans le ventre de leurs mères. Il fut d’un courage exemplaire poussé par sa Foi. Nous avions eu la chance de le voir à Nancy lors d’une conférence dont j’étais l’un des organisateurs. C’était un homme formidable, un véritable saint.

Philippe SCHNEIDER

 

( 5 avril, 2020 )

vulnérabilité : comment en est-on arrivé là ?

 

Lu sur Boulevard Voltaire

 

Une nouvelle vient de tomber : à Plaintel, en Bretagne, il existait une usine de fabrication de masques qui en fabriquait des millions chaque année ; elle a été fermée en 2018 par son propriétaire, le géant américain Honeywell, qui a voulu délocaliser cette production en Tunisie. Une ancienne salariée, 30 ans de métier, témoigne : des machines en parfait état ont été vendues au poids de la ferraille. Apparemment, les pouvoirs publics n’ont pas levé le petit doigt pour maintenir sur le territoire national cette capacité de production d’importance stratégique.

Cela n’est pas un fait divers : c’est un fait qui révèle la façon dont la France est gouvernée. Prenons un autre problème qui se pose actuellement avec acuité : le manque de lits dans les hôpitaux. La pénurie est telle, sur certaines parties du territoire, que l’on expédie des malades, par avion ou par train spécial, à des centaines de kilomètres. Comment en est-on arrivé là ? En schématisant, parce que de petits malins, au ministère de la Santé comme dans les ARS (agences régionales de santé, qui supervisent le système de santé dans les régions), ont fait un calcul qu’ils estimaient génial : s’il y a 500 lits dans un hôpital, en en supprimant 50, on réduira la dépense de 10 % ! Pour économiser, on a donc fait la chasse aux lits. Il n’en est résulté aucune économie parce qu’il a fallu jongler avec l’occupation des chambres, envoyer plus rapidement les convalescents dans des maisons de repos qui, du coup, se sont retrouvées en surcharge et, pour avoir les moyens de s’agrandir, ont augmenté leurs tarifs. L’idée géniale de nos petits marquis était une idiotie, mais personne ne leur a tapé sur les doigts : nous sommes dans un pays où les gestionnaires publics ne sont pas rétrogradés ou licenciés quand ils commettent une grosse erreur, mais plutôt promus (avec les avantages pécuniaires correspondants) à un poste honorifique où, espère-t-on, leur inactivité évitera quelques coûteuses bévues.

S’il fallait enfoncer le clou, nous ferions la liste des logiciels foireux, du genre de LOUVOIS pour l’armée, ou des opérations stupides, comme les modifications de vitesse limite sur certaines routes, avec remplacement de moult panneaux 90 km/h par des panneaux 80 km/h, suivi quelques mois plus tard du changement inverse. La France est suradministrée, et ce, par des personnes dont la compétence laisse souvent à désirer et, du coup, elle n’est pas correctement administrée.

Naturellement, les entreprises françaises vont être victimes de la faiblesse opérationnelle de notre administration pléthorique lorsqu’il s’agira de prendre des mesures pour éviter l’épidémie de faillites qui les menace, faillites dont les effets s’ajouteront aux conséquences sanitaires fâcheuses de notre vulnérabilité au coronavirus. Il faudrait surtout que les mesures prises pour limiter la diffusion du Covid-19 soient aussi peu invasives que possible. Nous avons besoin de biens et de services et, donc, les pouvoirs publics doivent faciliter la tâche aux producteurs. Comme tout le monde ne peut pas « télétravailler », il convient de mettre le paquet sur la protection des personnes contraintes, pour travailler, à ne pas pratiquer le confinement.

Plus facile à dire qu’à faire ? Certes, et je n’ai pas la compétence requise pour dire quelles entreprises doivent prioritairement faire l’objet d’une facilitation de leur activité, ni pour préciser quelle pourrait être, précisément, cette facilitation, et je présume que les ministres sont comme moi. Ils n’ont donc pas à dire à une entreprise de travaux publics comment faire son travail avec un minimum de risques mais, en revanche, ils peuvent comme vous et moi constater que la forte diminution de la circulation crée des conditions favorables pour l’entretien et l’aménagement de nos routes et de nos rues et inciter les entreprises de travaux publics et les édiles locaux à en profiter.

Cherchons les autres occasions créées par le confinement, par exemple en matière d’entretien et d’embellissement de nos jardins publics. Que les pandores ne soient pas là principalement pour verbaliser mais pour faciliter et sécuriser l’activité.

Jacques Bichot

 Économiste
( 4 avril, 2020 )

Les contradictions d’Emmanuel Macron

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Une fois de trop, s’est mis en scène dans un rôle en habit pour nous jouer une comédie dramatique. Que faut-il retenir de cette prestation commise devant un aréopage de citoyens héroïques, atterrés par le manque des moyens et la lenteur à agir de l’État ?

La France va se mettre à fabriquer des masques : 15 millions d’ici fin avril. Bien, mais un peu tard !

La France va fabriquer des respirateurs : 10.000 dès la fin mai. Bien, mais trop tard pour un grand nombre de patients !

Les Français payent les conséquences de choix faits dans le passé. Entre 2014 et 2017, 22.000 postes ont été supprimés dans les hôpitaux sur l’action du ministre de l’Économie, soucieux, à l’époque, de l’équilibre des comptes. Tout ceci au détriment de la santé des Français. Il faut reconstruire l’industrie qui fait défaut ; on le voit dans le domaine médical, mais ailleurs également. La France, jadis maîtresse de sa production intérieure, est mise à mal par sa dépendance dans des secteurs économiques essentiels comme l’énergie, l’agriculture, la défense ou encore par la détention des deux tiers de sa dette par des investisseurs étrangers.

Depuis son apparition en politique, Macron a contribué à l’émergence de cette situation. L’entendre, aujourd’hui, revendiquer la souveraineté est indécent et probablement insincère. De Gaulle a menti aux pieds-noirs, mais en réalité, depuis 1945, il avait choisi l’indépendance. Mitterrand a menti au Français sur son statut d’homme de gauche, mais ce positionnement était stratégique. Tous savaient bien qu’il était un homme de droite.

Pour Macron, c’est tout autre chose.

Souveraineté nationale et souveraineté européenne ! Tous ces mots sortis de sa bouche résonnent en mode burlesque pour qui n’a pas oublié le contenu de ce qui fait son idéologie. Lui, le chantre de la mondialisation heureuse qu’Alain Minc, l’un de ses influents mentors, lui inculqua, procède à un retournement à 180° ! On croit rêver ! Il y a trois ans, une large partie de son argumentation contre Marine Le Pen fut de moquer l’attachement de celle-ci au patriotisme économique. Va-t-il prendre une carte au RN ?

Quant à la souveraineté européenne, c’est une farce qu’il tente de nous faire gober ? Chacun sait bien que la souveraineté ne se décline que dans le cadre de la nation, ce que n’est pas l’Europe. Si l’Europe est une réalité géographique et anthropologique indéniable, l’Union européenne est une blague dont certains ont perçu le vide et l’incohérence dès l’origine. Son échec est aujourd’hui plus que jamais flagrant.

L’indécence et la naïveté sont les deux mamelles de l’action de ce Président. L’indécence est de pratiquer, depuis le début de la crise, l’autosatisfaction relative à sa politique qui n’est que le fruit de l’incompétence et de l’arrogance. La naïveté est de vouloir faire croire que les États de l’Union agissent par égoïsme alors qu’ils ne sont préoccupés que de l’intérêt de leur nation.

Macron paraît déterminé mais la crainte de devoir rendre des comptes le moment venu trotte dans un coin de son esprit, si elle ne le phagocyte pas complètement.

Jean-Jacques Fifre

 Retraité
Ancien directeur administratif et financier dans le privé
( 3 avril, 2020 )

École à la maison : déconfinons nos enfants !

 

Lu sur Boulevard Voltaire cette excellente analyse

 

Nombre d’entre nous, à Boulevard Voltaire ou ailleurs, confinés chez eux sous la contrainte du couvre-feu sanitaire que l’on sait, ont charge d’âmes et découvrent, probablement pour certains, les joies de la classe à domicile. Avec plus ou moins de bonheur, cependant, selon l’établissement où nos nos chers rejetons sont habituellement scolarisés, mais là n’est pas le débat.

Toujours est-il qu’il est demandé aux parents de s’investir, non plus seulement dans l’éducation de leurs enfants, mais également dans leur instruction. En imposant la réclusion forcée des Français, le pouvoir politique a pris un risque important : celui de leur donner le goût de se passer de l’école républicaine où formatage des esprits et piratage des consciences riment désagréablement avec ratage et naufrage, pléthore de bacheliers venant s’échouer tous les ans sur les récifs acérés des universités surpeuplées.

À coup sûr, l’Éducation nationale, ce pilier tutélaire de l’État républicain laïque, est exposé aux vents nouveaux de la liberté scolaire, celle qu’aucun parent conséquent n’eût dû jamais abdiquer, au risque de l’effondrement culturel civilisationnel auquel un tel abandon nous a finalement menés. Il est loin, le temps où Victor Hugo, animé de l’ardeur qui réchaufferait les cœurs non moins intrépides des « hussards noirs » de la Troisième République, pouvait écrire : « Quant à moi, je vois deux faits distincts, l’éducation et l’instruction. L’éducation, c’est la famille qui la donne ; l’instruction, c’est l’État qui la doit […] De là, cette évidence que l’éducation peut être religieuse et que l’instruction doit être laïque. Le domaine de l’éducation, c’est la conscience ; le domaine de l’instruction, c’est la science. » Heureuse époque où parents et instituteurs marchaient uniment d’un même pas…

Et l’on mesure, à l’aune de ces lignes confiantes en l’avenir comme dans le souci scrupuleux de transmettre qui habiterait ces vigies du tableau noir, combien l’éducation comme l’instruction ont sombré dans les cul-de-basse-fosse de la République idéologique, celle qui, désormais, par la voix d’un de ses sectateurs ultras, s’autorisait à faire de l’école « la matrice qui engendre en permanence des républicains » ! Vincent Peillon – puisqu’il s’agissait de lui –, en suppôt d’un saint-simonisme hyperbolique et mal digéré, assignait encore à « l’école [d’] opérer ce miracle de l’engendrement par lequel l’enfant, dépouillé de toutes ses attaches pré-républicaines, va s’élever jusqu’à devenir le citoyen, sujet autonome. C’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle Église avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la Loi » (La Révolution française n’est pas terminée, Seuil, 2008).

Aveu sans appel de ce républicain intransigeant qui ne faisait, somme toute, qu’entériner 40 années de pratiques pédagogiques et éducatives toutes entées sur l’acculturation progressive des petits Français qui ne savent, aujourd’hui, plus lire une pièce de Racine, ne comprennent plus l’humour de Rabelais, s’ennuient à mourir devant une nouvelle de Maupassant et sont dénués de sens historique. Gardons-nous, par charité, de brocarder leur rachitisme lexical, syntaxique et orthographique…

Aussi, bien que confinés, devons-nous saisir l’occasion de déconfiner intellectuellement nos enfants, fût-ce temporairement. Tentons tout simplement sur eux ce qui a fonctionné sur nos parents et la longue lignée de nos aïeux, attendu, précisément que les libertés se prennent et ne s’octroient pas. L’état d’urgence sanitaire imposé par nos gouvernants doit être propice à une prise de conscience salutaire.

Nos enfants n’appartiennent nullement à un régime politique, quel qu’il soit, et ses tenants soutiendraient-ils le contraire qu’ils se verraient aussitôt accusés des plus infâmes desseins totalitaires. D’abord citoyens d’un cercle familial des plus prévenants, ils deviendront les cyprès protecteurs de la cité de demain. Encore se doit-on de n’en point corrompre le terreau ni d’en assécher les racines.

Aristide Leucate

 Docteur en droit, journaliste et essayiste
( 2 avril, 2020 )

Le Liban face au Coronavirus

 

Lu sur le blog de l’Action Française

 

Dans notre précédant article « Liban : vers une catastrophe économique  » paru le 3 mars 2020, nous évoquions la possibilité que le pays se retrouve rapidement en défaut de paiement : «  le Liban est au bord d’un désastre économique et les solutions semblent pour l’instant inexistantes ; le pays pourrait rapidement se trouver en défaut de paiement sur sa dette, celle-ci pesant plus de 150 % du PIB en 2019 ». Le 7 mars, le premier ministre libanais, Hassan Diab, annonça le premier défaut de paiement de l’histoire du pays lors de sa déclaration au palais gouvernemental à Beyrouth.

Qu’est-ce que cela signifie ? Que le Liban n’a pas pu rembourser sa dette d’1,2 milliard d’eurobonds – c’est-à-dire des bons du Trésor émis par l’État en dollars et qui représentent environ 1 milliard d’euros – à l’échéance du 9 mars ; deux autres échéances de remboursement sont d’ores et déjà prévues, la première en avril et la seconde en juin, mais pour un montant total de 1,3 milliard de dollars cette fois. Il est assez peu vraisemblable que le gouvernement parvienne à respecter ces nouvelles échéances, et pour cause, le pays, déjà durement frappé par les différentes crises que nous évoquionsdans notre précédent article, n’est pas épargné par le coronavirus qui détruit une économie déjà exsangue.

Au 1 avril, 470 cas de Covid-19 étaient officiellement recensés par les autorités du pays du Cèdre, parmi lesquels 12 décès étaient à déplorer. Face à cette situation préoccupante, l’État prit rapidement de fortes mesures : confinement de toute la population jusqu’au 12 avril, couvre-feu qui débute en soirée, restaurants, bars, écoles et universités fermés. Mais dans ce pays, ces mesures sont loin de faire l’unanimité au sein de la population qui voit ses manifestations interdites et ses conditions de vie se détériorer.

Le soir du dimanche 29 mars, bafouant le couvre-feu, les libanais sortirent dans la rue pour une « manifestation de la faim » ; ils protestèrent contre la détérioration de leurs conditions de vie, exacerbée par la paralysie économique du pays due au confinement. Que ce soit à Beyrouth ou à Tripoli, la grogne populaire prend de l’ampleur au cri de : «  Ne nous confinez pas, nourrissez- nous  ! » ou «  Plutôt mourir du coronavirus que de la faim  » . Comme en France, les mesures prises pour lutter contre le Covid-19 asphyxient les populations, notamment les plus pauvres, et les aides de l’Étattardent à arriver – des paniers alimentaires devraient êtredistribués – ; le plan d’aide aux plus pauvres ne verra sûrement pas le jour avant au moins deux semaines. En effet, dans ce pays, près de 80 % de la population survit grâce aux petits commerces ou aux métiers artisanaux, s’ils ferment, les populations se retrouvent sans revenu et sans ressource ! Il ne s’agit donc plus seulement d’un marasme économiquedramatique, il s’agit maintenant d’une possible famine dans certaines franges de la population.

Guillaume Staub

( 1 avril, 2020 )

Coronavirus : l’Etat-nation nécessaire

 

Lu sur le blog de l’Action Française

 

L’épidémie actuelle due au Covid 19, a au moins le mérite de rappeler le rôle indispensable du service Public. Médecins hospitaliers, infirmiers, aides-soignants, pompiers, éboueurs, enseignants (qui, contrairement à ce qu’affirme  Sibeth la bien nommée, continuent à travailler), autres agents publics sont désormais encensés par  la population qui redécouvre leur rôle essentiel.

Aux yeux de beaucoup, il est clair que, loin de protéger les nations, l’union européenne précipite leur abaissement parce que ses réalisations ne sont que le reflet de l’idéologie libérale dont elle est issue  : la déréglementation  ; la privatisation des missions de service public, y compris les plus régaliennes comme la sécurité confiée à des entreprises privées employant des personnels à la compétence douteuse  ; la  concurrence conçue comme un dogme sacro-saint et finalement le champ laissé libre à la «  finance anonyme et vagabonde  ». C’est ainsi que s’instaure la dictature des forces financières au détriment du plus grand nombre, et aux dépens du bien commun car il existe une antinomie cruciale entre l’idéologie libérale et le bien commun.

Dans ces conditions, la question n’est évidemment pas de transférer les pouvoirs de l’Etat à des entités dénuées de toute légitimité. Elle n’est pas d’avoir moins d’Etat mais mieux d’État  ; c’est-à-dire  un État plus fort et disposant de plus de moyens dans ses missions vitales de service publique, de sécurité, de défense, de diplomatie, d’enseignement, de bâtisseur d’avenir, de planification des grandes étapes du redressement économique…

La crise sanitaire démontre que la mondialisation-globalisation a conduit au pire, notamment en encourageant des délocalisations scandaleuses de secteurs entiers de production stratégique, par exemple les produits pharmaceutiques. Ce qui est en cause est la recherche du profit à tout prix et l’idée fausse que la modernité condamnerait en Occident la production industrielle au profit d’activités post-industrielles – les services, le tourisme…C’est surtout l’idéologie libérale source de tous les vices  : mondialisation, européisme, propagande anti-Etat. Pourtant, rien n’est inéluctable. La présidence de Donald Trump, le Brexit, maints autres événements en Europe, démontrent  qu’un peu partout, les peuples se réveillent du long engourdissement qui leur a été imposé par les discours lénifiants de la bien-pensance mondialiste, c’est-à-dire la grande coalition contre les nations formée par les soixante-huitards, passés «  du col Mao au Rotary  », et les ultra-libéraux, de Cohn-Bendit et Bernard-Henri Lévy à Alain Minc et Emmanuel Macron. Bref tous ceux qui s’affligent du réveil des peuples qu’ils qualifient de «  xénophobie  », de «  passéisme  », ou, horresco referens, de «  souverainisme  », mais qui n’est que la volonté inépuisable de résister à la mort.

En somme, il reste une lueur d’espoir, celle d’un véritable renouveau impliquant une véritable transformation de systèmes politiques à bout de souffle

Charles Saint-Prot

Directeur général de l’Observatoire d’études géopolitiques

( 31 mars, 2020 )

TROUBLANTES ANALOGIES

 

L’éditorial de François Marcilhac

 

Les crises ont ceci d’opportun, pour les gouvernements en place, qu’elles permettent d’en appeler à l’unité nationale, voire à l’union sacrée, pour mieux faire oublier les politiques de division qu’ils n’ont cessé de pratiquer. François Hollande, après la lutte qu’il mena contre les fondements de la société avec le «  mariage pour tous  » et la répression impitoyable de ses opposants, n’hésita pas à en appeler à l’unité nationale face au terrorisme, instrumentalisant la nécessaire cohésion nationale face au crime pour mieux avaliser son refus de désigner l’ennemi, affaiblissant, du même coup, la défense de la nation, qui continue de réchauffer en son sein le serpent du terrorisme islamiste — et non de ce «  terrorisme » hors sol dont il inventa alors le concept. Aujourd’hui, face à l’épidémie de Covid-19, il n’est pas un représentant du pays légal, du chef de l’État au moindre secrétaire d’État en passant par les représentants des partis d’opposition et tout ce que les médias comptent de serviteurs zélés du pouvoir — les voix de leurs maîtres —, pour ne pas fustiger toute critique qui briserait le nécessaire consensus face à l’ennemi commun, alors que l’exécutif n’a cessé, depuis juin 2017, d’opposer les Français les uns aux autres et de saborder la cohésion sociale, n’hésitant pas à employer des méthodes d’une brutalité extrême contre les libertés publiques.

Nous sommes d’autant plus à l’aise sur la question que l’Action française, tout au long de son histoire, a toujours appelé à l’union sacrée face au danger de mort pour la patrie. Dans le cas présent, très particulier, d’une épidémie nouvelle —  cette nouveauté ajoutant à l’inquiétude légitime qu’elle suscite —, nous avons aussitôt appelé au respect des consignes gouvernementales, notamment en matière de confinement et de «  gestes barrières  » ou de « distanciation sociale  », démarches dont le jargon technocratique des intitulés ne doit pas dissimuler l’efficacité, du moins dans la situation où nous sommes.

«  Dans la situation où nous sommes  » — ou encore : «  toutes choses étant égales par ailleurs  » : c’est là que se joue, précisément, notre refus, que nous avons également annoncé aussitôt, d’un confinement physique s’accompagnant d’un confinement intellectuel, moral et politique, celui qui, aux yeux du gouvernement et de ses acolytes médiatiques, est certainement le plus important. Car nous exigeons d’ores et déjà que des comptes soient rendus aux Français.

Vous avez dit «  guerre  » ?

Nous n’avons pas été de ceux qui dénient à Emmanuel Macron le droit de recourir au mot de «  guerre  »  : ceux qui le font ont surtout témoigné d’un formalisme un peu niais, ce vieux mot francique ayant toujours été employé à divers degrés, dans différents contextes. D’autant que la comparaison pourrait se retourner contre son auteur… Car nous sommes aussi de ceux qui demandent à ce qu’on use sérieusement des mots, même et surtout au sens métaphorique. Il ne faudrait pas, en effet, que le mot de «  guerre  » soit employé à géométrie variable  ! Il ne faudrait pas qu’il le soit pour justifier le tri des malades, comme on recourt au tri des blessés, face au manque de moyens à l’arrière d’un champ de bataille, c’est-à-dire pour justifier a priori l’incurie gouvernementale et la désorganisation délibérée de notre système de santé pour des motifs de rationalité financière. Il ne faudrait pas que le mot de «  guerre  » soit employé pour dénier aux Français le droit de poser les bonnes questions, comme l’état-major et le pouvoir politique le font, à juste titre du reste, lorsqu’une armée fait face à l’ennemi, afin de ne pas affaiblir le moral des troupes — cela peut aller jusqu’à la censure. Il ne faudrait pas que le mot de «  guerre  » soit employé pour restreindre nos libertés fondamentales sur le long terme — le comte de Paris s’en est inquiété récemment dans un communiqué sévère pour le gouvernement [1] —, comme cela se pratique lorsque la priorité est à la défense nationale, voire, une première — l’histoire retiendra que c’est sous Macron —, les libertés religieuses, notre République laïciste privant désormais les mourants de la possibilité de recevoir le secours de la religion : nous relayons en cela la protestation du vicaire général du diocèse de Paris [2] . Non, tout cela ne doit pas être rendu possible et, qu’en même temps, ce gouvernement continue de brader notre économie nationale et de jouer le jeu de la gouvernance internationale.

Le Gamelin de l’économie française

Car la guerre, si guerre il y a, implique des moyens exceptionnels, également en matière de liberté économique et financière. Le Gouvernement, pour rassurer ces gogos, voire ces «  goujats  » de Français que nous sommes [3], évoque ainsi de possibles nationalisations, auxquelles il ne procédera jamais, mais il botte en touche lorsqu’il s’agit d’assurer réellement la souveraineté économique de la France dans des domaines stratégiques, notamment sanitaires. Quid de l’avenir de Famar, la seule usine française à produire de la chloroquine, actuellement en redressement judiciaire ? Bruno Le Maire a encore botté en touche, ce lundi matin, sur BFMTV  : prépare-t-il déjà son rachat par les Américains, comme ce fut le cas de Latécoère, fleuron stratégique français  ? Alors que le gouvernement n’a que la souveraineté économique française à la bouche, jamais un exécutif n’a organisé la vente à la découpe de notre industrie comme celui-ci. Et Macron n’a pas attendu d’être à l’Élysée pour commencer, vendant Alstom énergie aux Américains sous Hollande ! Même silence radio sur la privatisation d’Aéroports de Paris, à laquelle nos fondés de pouvoir de la finance internationale n’ont que provisoirement renoncé, pour des raisons d’opportunité boursière. Pourquoi, alors que le Parlement a adopté des lois d’exception en matière politique, aucune loi d’exception n’a été adoptée en matière de dividendes   ? Toujours ce lundi matin sur BFMTV, Bruno Le Maire s’est contenté de demander aux entreprises de se montrer «  exemplaires  » ? «  J’invite […] toutes les entreprises qui ont accès aujourd’hui au chômage partiel, c’est-à-dire qui ont leurs salariés payés par l’Etat, à faire preuve de la plus grande modération en matière de versement de dividendes. J’irai plus loin : soyez exemplaires. Si vous utilisez le chômage partiel, ne versez pas de dividendes » On ne demande pas aux Français de faire preuve de «  modération  » et de se montrer «  exemplaires  » en matière de confinement : on le leur impose et on sanctionne tout manque de «  modération  ». Mais on sait depuis bientôt trois ans que Bruno Le Maire, avant d’être ministre de l’économie et des finances, est surtout le ministre des coups de menton. La ficelle est désormais un peu grosse. «  J’irai plus loin  »  :  Le Maire est le Gamelin de l’économie française.

Le syndrome de 1940

Gamelin… Qui dit «  guerre  » dit aussi exemples historiques. Or les analogies sont accablantes  : c’est au syndrome de 1940 que nous assistons depuis le début de cette crise sanitaire. Comme en 1940, on engage une guerre avec un manque criant d’armements, en l’occurrence de tests, de masques et de lits de réanimation — Macron commettant même le crime d’envoyer en Chine des tonnes de matériels alors qu’il savait fort bien que nous n’en avions déjà pas assez pour nous. La Chine, elle, et personne ne saurait le lui reprocher, a attendu de maîtriser la situation chez elle, avant de recourir à la diplomatie des masques. Mais il fallait à Superman montrer qu’il était à la hauteur de son titre de sauveur du monde que lui avait délivré l’ONU en 2018 ! Comme en 1940, toujours par idéologie, on subit les conséquences des demi-mesures qu’on a prises : en contradiction avec sa doctrine défensive, la IIIe République n’achève pas la ligne Maginot, ce qui permet à Hitler de passer par les Ardennes ; Macron, lui, commence par ne pas fermer les frontières, tout en les fermant sans les fermer…  avant que ses voisins ne le rappellent à la réalité. Comme en 1940 aussi, on compte plus sur autrui pour se tirer d’affaire que sur soi : ce n’est plus le Royaume-Uni, dont la défection fut à l’époque quasi-totale, c’est aujourd’hui l’Europe, notamment l’Allemagne dont la solidarité devait assurer le salut de tous et qui, pour toute réponse, a été la première à fermer les frontières et refuse aujourd’hui toute solidarité notamment financière. Macron, il est vrai disciple revendiqué de Julien Benda, en est encore aux illusions multilatérales qui furent celles de la SDN. Face à l’ennemi, ses armes sont les vœux pieux, les illusions idéologiques et la naïveté dans une Europe qui n’existe pas. Que n’a-t-il déclaré, dès février, le Covid-19 illégal comme Aristide Briand l’avait fait de la guerre en 1928 ! Jusqu’au matin du 3 septembre 1939, la IIIe République s’est ainsi crue immunisée contre tout risque d’invasion.

Enfin, qui dit guerre dit aussi responsabilités, trahison, voire haute trahison. Cette dernière ne fait plus partie de notre code pénal, elle ne peut même plus être imputée au chef de l’Etat depuis février 2007 ; mais les responsabilités ? On sait que les responsables de la défaite de juin 1940 ne furent pas punis ; à la libération, certains d’entre eux, toute honte bue, demandèrent même des comptes. Il est vrai que De Gaulle avait décidé, très tôt, pour des raisons d’opportunité politique, de remettre en selle les hommes (et leurs partis) dont l’incurie, sur tous les plans, avaient préparé la défaite. Mal lui en prit : dès 1946, les hommes du passé renvoyèrent pour douze ans l’homme de l’histoire à Colombey. Ne nous faisons aucune illusion : l’annonce d’une commission d’enquête par le groupe LR du Sénat n’est faite que pour «  enterrer  », comme disait Clemenceau, la recherche des responsabilités. Une incurie se prépare sur de longues années : dès le milieu des années 30, quand il fut flagrant que la France désarmait, alors que l’Allemagne réarmait, Maurras enjoignait, sans illusion, la République de faire preuve de prévoyance au moins une fois dans son histoire. Et on sait qu’il approuvait aussi, à l’époque, les efforts de De Gaulle pour repenser la stratégie. Ce fut naturellement en vain. Il en est de même face au Covid-19   : c’est au moins depuis Sarkozy (UMP = LR), puis sous Hollande (PS), que s’est pensée et poursuivie l’incurie sanitaire actuelle (LREM). Le pays légal ne peut que se serrer les coudes  : tous coupables, donc tous innocents  ! Car il est une constante : si la République gouverne mal, faute de rien prévoir, elle sait en revanche très bien se défendre. Faire semblant de chercher les responsables est encore le meilleur moyen de n’en pas trouver. Et donc de s’innocenter avec le régime. Comme pour le sang contaminé, vous verrez, ce sera la faute à pas de chance  !

François Marcilhac

[1] https://comtedeparis.com/confinement-journal-de-bord-semaine-3/

[2] https://www.lefigaro.fr/vox/religion/mgr-benoist-de-sinety-les-aumoniers-doivent-pouvoir-se-rendre-au-chevet-des-malades-20200329?fbclid=IwAR14Afq-piJ76siULPv5NT8DK513PyB0zDypoKqhtSAwccw6sN2Lo3kKUjA

[3] Nous récidivons dans l’emploi de ce terme, signifiant «  gens de peu  », tiré la semaine dernière de La Fontaine, d’autant plus volontiers qu’un des sens originels est valet d’armée… En ce contexte guerrier, il s’impose…, du point de vue du pays légal, du moins.

( 31 mars, 2020 )

Quand l’Allemagne s’inquiète de nous voir laisser mourir nos anciens… J’ai honte de mon pays !

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Un pays qui ne respecte plus ses anciens est sur la voie de la barbarie. LR

 

Honte de mon pays. Honte de mon pays en lisant cet article de Courrier international se faisant l’écho de multiples articles inquiets outre-Rhin, après un rapport publié par des spécialistes allemands sur Strasbourg : l’Allemagne s’alarme du « triage des patients dans les hôpitaux alsaciens ». « Par manque de matériel, les patients âgés n’y seraient plus ventilés » : « Toute personne de plus de 75 ans n’est plus intubée » (Frankfurter Allgemeine Zeitung), « Les personnes de 80 ans ne sont plus ventilées […] elles sont placées en soins intensifs et des somnifères leur sont fournis » (Tagesspiegel). « En France, on n’aide désormais plus les patients plus âgés qu’à mourir » (Die Welt).

Interrogée à ce sujet par Die Welt, la présidente du conseil départemental du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert, ne dément pas : « Les patients de plus de 80 ans, de plus de 75, certains jours de plus de 70 ans ne peuvent plus être intubés car nous manquons tout simplement de respirateurs. On ne le dit pas assez souvent, car non seulement nos voisins allemands, mais aussi les Français en dehors de l’Alsace n’ont pas encore conscience de la situation ici. »

Ils sont nés pendant la guerre, parfois un peu avant, parfois un peu après, ont travaillé à la reconstruction de la France telles de petites fourmis industrieuses, ont assisté leurs parents, aidé leurs enfants – qu’ils ont parfois outrageusement gâtés, peut-être pour compenser -, ont toujours payé docilement leurs impôts et cotisé sans moufter, jusqu’à ces temps derniers où leurs pensions ont été gelées et leur CSG augmentée, il ont toujours répété avec ingénuité les incantations qu’ils entendaient à la télé, comme un mantra rassurant, une méthode Coué – notre système de santé français est le meilleur qui puisse exister ! – et, à présent, on leur refuserait d’être ventilés au motif qu’ils sont trop âgés, trop usés, qu’il faut laisser la place fissa à d’autres, plus jeunes, ayant la priorité ?

Sans doute, nul ne pouvait prédire l’ampleur de cette épidémie, mais l’Allemagne, qui aujourd’hui s’épouvante de nos méthodes darwinistes et vient à la rescousse récupérer nos malades, n’avait pas plus de boule de cristal, de Pythie ni de Frau Irma. Pourtant, elle compte deux fois plus de lits en soins intensifs par habitant qu’en France et son nombre de décès, dans cette pandémie, bien plus modeste que le nôtre n’est pourtant pas imputable, loin s’en faut, à la « jeunesse » de sa population…

« Rends-moi ma jambe ! » C’est ce que vient répéter, chaque nuit, à l’oreille du voleur de prothèse, en le tirant par les pieds, le revenant d’une célèbre histoire d’épouvante qui circule dans les cours de récréation.

« Rends-moi mes impôts ! » pourraient entendre murmurer, la nuit, durant de longues années, nos gouvernants inconséquents qui ont dilapidé, dépensé n’importe comment, subventionné n’importe qui, arrosé n’importe quoi, redistribué à tout va et surtout à ce qui ne va pas, forçant aujourd’hui un personnel soignant débordé à hâtivement – quel horrible mot ! – trier.

Gabrielle Cluzel

 Ecrivain, journaliste
( 30 mars, 2020 )

Pandémie : A quand le retour du politique ?

 

Lu sur « Action Française.net »

 

En cette période funeste de confinement, les chaînes d’information continues nous abreuvent de messages statistiques concoctés par Jérôme Salomon, désormais célèbre porte-parole médical du gouvernement, lequel augmente chaque jour, graduellement, sur un ton compassé, le nombre des mauvaises nouvelles.

La grande peur des bien-pensants, aujourd‘hui, est constituée par ce qui pourrait pourtant être une heureuse nouvelle  : Une embellie dans la morosité, un peu d’espoir qui nous vient de Marseille. La fameuse « hydroxychloroquine » dont on nous expliquait qu’elle ne pouvait être prescrite que dans les cas graves dans les conditions inverses de celles qui sont préconisées par son principal promoteur. Cette restriction fut levée le lendemain (  !) mais encore sous contrôle à l’hôpital  ; la médecine de ville est hors jeu  !

Nous assistons là, me semble-t-il, à un nouvel épisode des vieilles lourdeurs de l’académie de médecine, toujours en retard d’un combat et plus soucieuse de préserver sa respectabilité protégée par le dogme du protocole de la recherche que de jeter toutes ses forces dans la guerre pourtant déclarée par le président Macron.

Souvenons-nous d’un certain Pasteur, qui lui aussi, en son temps eut à souffrir de violentes attaques des mandarins. Il n’était pas du sérail. Pire, il n’était pas médecin, même s’il obtint son diplôme de docteur en médecine à l’université de Bonn, en 1868, à l’âge de 46 ans. Certains pontes médicaux le lui rappelaient en le traitant de “chimiatre”  ! Membre de l’Académie des sciences depuis 1862, il n’a été élu à l’Académie de médecine, en 1873, qu’à une voix de majorité. Mais son cas n’est pas isolé  : Rappelons par exemple que, malgré son prix Nobel de médecine en 1965, le biologiste André Lwoff ne fut jamais élu à l’Académie…

Sur les plateaux, les journalistes sont partagés, pour finalement conclure invariablement qu’ils «  ne sont pas médecins  », invitant leurs contradicteurs à convenir de la même chose dans un réflexe stérilisant d’humilité suspecte.

C’est au nom de cette même humilité qu’ils invitent l’un des plus grands virologues de la planète à raser les murs, cause perdue d’avance compte-tenu de ce que l’on sait de son caractère  !

Pourtant, de plus en plus nombreux sont les médecins, grands pontes ou simples praticiens, à revendiquer un accès plus souple au Plaquenil.

Pour revenir à Pasteur, c’est d’abord l’enthousiasme populaire pour ses découvertes, et une politique volontariste de Napoléon III, qui lui permit de faire valoir sa vision novatrice face à la médecine officielle et reconnue, embourbée dans les toges trop longues de ses mandarins. Certes, il prit un «  risque  » 

Protestant, au cours d’une émission, l’excellente Elisabeth Lévy s’exclama  : «  Non à la médecinocratie…  » 

En s’exprimant ainsi elle demandait au chef de l’État de sortir enfin de ses conseils pour prendre une décision politique, qui ne relève, à ce stade ultime, que de sa seule compétence.

On attend toujours l’acte «  jupitérien  » et désintéressé.

Olivier Perceval

( 30 mars, 2020 )

Merci, M. Poutine, pour cette guerre du pétrole !

 

Lu sur Boulevard Voltaire

 

Depuis les années 1970, les Américains avaient pris l’habitude de régner sur le monde des hydrocarbures et le monde économique tout court, tant le pouvoir que leur conférait le pétrodollar était grand. Récemment, en revanche, le vent a tourné, l’Asie est un centre économique de premier plan et la Russie s’est reconstruite. Les cartes du jeu mondial ont changé et Donald Trump nous a montré qu’il l’avait bien compris pendant sa campagne présidentielle.

Malgré cette situation, les faucons américains refusent de voir cette évolution géopolitique et tentent, avec l’énergie du désespoir, de s’accrocher à leurs privilèges du siècle passé. Ces acteurs majeurs du complexe militaro-industriel, contre lesquels Eisenhower nous avait mis en garde, font tout pour affaiblir le partenariat entre l’Europe et la Russie pour l’acheminement des hydrocarbures. Ils ont lutté contre le projet South Stream, ils ont menacé le projet Turkish Stream et ont imposé des sanctions dans le cadre du projet Nord Stream 2. Ils ont même déclenché des guerres en Irak et en Syrie pour défendre leurs intérêts pétroliers et gaziers au détriment des intérêts des Européens qui souffrent des conséquences politiques, économiques et migratoires de ces politiques agressives américaines.

Le 5 mars dernier, lors de la réunion OPEP+, la Russie a décidé de passer à la contre-attaque. Moscou a, en effet, pris tout le monde de court en maintenant sa production de pétrole au lieu de la diminuer, ce qui a entraîné ipso facto une chute importante du prix du baril. La Russie a annoncé qu’elle avait des réserves financières suffisamment importantes pour maintenir cette situation pendant plusieurs années. Cette situation met à mal l’Arabie saoudite et on a cru que la position russe pouvait être une attaque contre Riyad, mais celle-ci s’est alignée, bien qu’étant beaucoup plus dépendante, budgétairement, du prix du pétrole que la Russie. En effet, Moscou et Riyad savent que s’il y a bien un producteur mondial qui pourra difficilement survivre à un prix du baril si bas, c’est… Washington. En effet, avec un prix du baril en dessous de 25 dollars, l’exploitation du pétrole de schiste est déficitaire. Aux États-Unis, on a même commencé à voir des prix négatifs (les producteurs payent pour se débarrasser des hydrocarbures) !

Riyad et Moscou vont tenter de profiter de cette situation pour gagner des parts de marché qu’ils avaient perdues au profit des Américains il y a quelques années. Ceteris paribus, si le baril revient à un prix « normal », les Américains auront du mal à récupérer les parts perdues.

Cette situation est une aubaine inespérée pour l’Europe, qui va bénéficier d’un pétrole et d’un gaz très bon marché. Vu la crise du coronavirus et la crise économique qui s’accélère, nous pouvons dire merci à M. , qui va nous permettre d’alléger nos dépenses énergétiques malgré les sanctions que nous lui imposons. Il est temps de lever ces sanctions et de se rapprocher de la Russie, qui est notre alliée naturelle et indispensable et avec qui nous pourrons construire à long terme dans un monde de plus en plus incertain.

Nikola Mirkovic

 Responsable d’une association humanitaire
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