( 30 mai, 2018 )

À Homs, la vie reprend son cours

 

Lu sur « ALETEIA »

Des chrétiens de la ville syrienne de Homs vont enfin retrouver leur foyer. Il y a quelques jours, près d’une centaine d’habitants ont en effet reçu la première pierre de leur futur logement, signe de leur résistance.

Combien sont-ils, ces lieux de cultes et leurs fidèles, ces habitations chrétiennes et leurs occupants, à avoir subi la rage des islamistes au Moyen-Orient ? Avec l′émergence de l′organisation État islamique et son rêve fou de l′instauration d′un califat en 2014, les chrétiens d′Irak et de Syrie, tout particulièrement, ont vécu des heures terribles. Mais aujourd′hui, si le cauchemar n′est pas totalement terminé — la guerre en Syrie est loin d’être finie — la vie reprend son cours par endroits. Même à Homs, qui fut pourtant l’un des bastions des terroristes pendant de longs mois.

« Jésus est mon rocher »

Mise à sac par les rebelles islamistes entre mai 2011 et mai 2017, Homs, qui a initié les premiers soulèvements contre le régime du président syrien Bachar El Assad et qui fut un bastion terrosiste, a retrouvé des allures de fête. La ville syrienne présente ainsi les symptômes de sa résurrection, un an après sa libération définitive des djihadistes.

Une cérémonie inhabituelle s′est déroulée le 1er mai dernier en la cathédrale syriaque orthodoxe Um al Zehnar de la troisième ville la plus importante de Syrie. Est-il possible d′imaginer la joie intérieure qu′ont vécue les propriétaires de 97 habitations chrétiennes en recevant la première pierre de leur futur foyer ? Ainsi, des maronites, des grec-melkites, des grecs-orthodoxes et des syro-orthodoxes pourront de nouveau et définitivement vivre dans leur quartier d′origine, avant la fin de l′été.

De fait, beaucoup de familles chrétiennes ont été contraintes de fuir la ville de Homs à cause des persécutions, des violences et des destructions. Mais aujourd′hui, avec ces nouvelles habitations en construction, elles témoignent que même dans l’horreur de la guerre syrienne, Jésus n’a jamais cessé d’être leur rocher. Sur la pierre symbolique qui leur a été remise, on pouvait ainsi lire le témoignage d′une foi solide et durable : « Jésus est mon rocher ». Acte de foi aussi de ceux qui veulent fonder leur vie sur le Christ, vainqueur du mal et de la mort.

Pour les chrétiens d′occident, le témoignage de cette foi ferme et de cette espérance est un aiguillon pour les aider à vivre leur propre foi. Mais pour les chrétiens de Syrie, la reconstruction de leurs maison est également le signe de la charité des occidentaux qui ne les ont pas abandonnés via, par exemple, des associations présentes sur le terrain (l′AED, l’Œuvre d’Orient, SOS Chrétiens d′Orient ou encore Fraternité en Irak). « Nous avons vécu des années terribles », témoigne l′un des membres de ces familles. Grâce au soutien des chrétiens d′occident, ces martyrs des temps modernes n′ont jamais perdu l′espérance. C’est aussi le signe tangible, affirme-t-il, que « les chrétiens resteront en Syrie. »

( 29 mai, 2018 )

L’IVG a été votée en Irlande

 

Lu sur « boulevard Voltaire ». L’Irlande rejoint les pays barbares dont le notre !

 

Le référendum sur l’avortement en Irlande a été organisé 6 fois auparavant ces 35 dernières années, comme s’il fallait recommencer jusqu’à ce que les Irlandais répondent correctement à la question.

L’Irlande modifie son 8e amendement : la déferlante se poursuit.

« L’État reconnaît le droit à la vie de l’enfant à naître et, compte dûment tenu du droit égal à la vie de la mère, garantit dans ses lois le respect et, autant que possible, par ses lois de défendre et de faire valoir ce droit. »

Voici en quels termes feu le 8e amendement irlandais protégeait les enfants à naître du rouleau compresseur de l’IVG moderne. Suite au vote des Irlandais vendredi dernier, la modification suivante a été acceptée par 66,4 % des votants :

« Des dispositions peuvent être prises par la loi pour réglementer l’interruption de grossesse. »

À l’image de la déconstruction continue des progressistes, cette modification a tout d’une épitaphe exhibant leur propre néant. Plus question de mère, d’enfant ou de vie, ni d’être fragile à défendre ; seule perdure la « grossesse » qui, en toute situation, s’en remettra à la sagesse de la loi, dont on ne dira rien. Enfin, l’Irlande peut satisfaire ses pulsions. Enfin, l’Irlande peut tuer.

C’est donc accepté. Pour y parvenir, on a fait comme si les quatorze ans d’emprisonnements qui menaçaient les avorteurs étaient une réalité, là-bas. On oublie qu’une sous-section du 8e amendement permettait déjà aux Irlandaises d’avorter à l’étranger, ce qu’elles faisaient, vu le grand choix de destinations. Mais, comme toujours avec les défenseurs de l’avortement de masse, ce n’est jamais suffisant. On oublie aussi de préciser que le référendum sur l’avortement en Irlande a été organisé six fois auparavant ces trente-cinq dernières années, comme s’il fallait recommencer et insister jusqu’à ce que les Irlandais répondent correctement à la question. Cette fois fut la bonne : pensez-vous qu’un huitième référendum sera organisé ? Le progressiste ne croit pas au sens de l’Histoire : il le crée.

Pour ces gens, l’IVG est passion et obsession. Où qu’ils aillent, ils imposent par tous les moyens ce « droit des femmes » supposé et se gardent bien de dire combien il piétine des vies. Leurs arguments, pourtant éculés et grossiers, sont assenés aux quatre coins du globe pour les rendre plus vrais. Ici, l’Irlande cède sous les financements et battages habituels. Là, la complicité des médias et de l’Union européenne presse lentement la Pologne, qui tient bon (pour combien de temps ?). Laurence Rossignol ne manque pas de sommer le Brésil en y déposant sa désobligeante « pétition internationale », tandis que les féministes font le siège du reste de l’Amérique du Sud pour instiller leur argumentaire « pro-choix ». Aucun risque d’ingérence ne saurait retenir les grandes prêtresses de l’avortement à tout prix, celles-là mêmes qui se moquent des femmes enceintes dans le besoin, et plus encore de celles qui, traumatisées, regrettent amèrement leur acte. Même quand la loi l’autorise, elles ne sont jamais satisfaites. En France, elles poussent des lois contre « l’entrave à l’IVG » pour que tout cela ne soit pas critiquable. Aux USA, leur cynisme allait même jusqu’à revendre les morceaux de fœtus avortés à des laboratoires.

L’Irlande aura ses avortements de masse comme nous avons les nôtres. À chaque fois, une nouvelle petite vie passera à la trappe. Pas de doute, l’Irlande a pris en marche le train du progrès.

Les moins de 1 % d’avortements liés aux viols servent pudiquement de voile à tous ces enfants sur lesquels nous nous octroyons un droit de vie ou de mort. Mais comment cela pourrait-il émouvoir une seconde madame la féministe et monsieur le progressiste, eux qui ont soustrait à ces « amas de cellule » la moindre once d’humanité ?

( 29 mai, 2018 )

La guerre sans la guerre, drôle de guerre !

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Moyen-orient. Le président Macron a déclaré que le fait d’envoyer des missiles frapper des sites en Syrie n’était pas un acte de guerre, mais juste des « représailles ». Dans cette affaire, tout n’aura été que postures.

Stupéfiant dans l’art consommé qu’il a de prendre les Français pour des imbéciles, le talentueux Macron, après avoir abordé les questions religieuses aux Bernardins, s’est mis à traiter les questions stratégiques avec la même sophistique. Toujours avec le même brio ! Dans l’entretien télévisé incongru du 16 avril, il a expliqué au journaliste Plenel de Mediapart que, grâce à nos frappes en Syrie, nous avons « réacquis de la crédibilité à l’égard des Russes ». Pas de chance, le lendemain le ministre russe des Affaires étrangères faisait savoir, sans être démenti, que « la Russie et la coalition internationale dirigée par les USA ont été en contact au niveau du commandement peu avant les frappes contre la Syrie. Moscou a notamment mis en garde contre les frappes sur certaines régions syriennes qui signifieraient le franchissement de lignes rouges. » Il ajoutait que « le chef d’état-major des armées russes avait averti la coalition internationale, bien avant qu’elle ne réalise ses frappes contre la Syrie, que si les activités militaires quelconques de la soi-disant coalition touchaient des militaires russes, la partie russe répondra d’une manière dure et claire. » Pour Macron, une opération négociée avec les Russes et encadrée par leurs lignes rouges – ils ont aussi les leurs –, nous aurait donc rendus crédibles et dissuasifs à leur égard.

Un dispositif sans motif valable

Et voici ce qu’il a déclaré juste après ces bombardements, avec l’assurance de l’homme qui ne se trompe pas : « Le samedi 7 avril 2018, à Douma, des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants ont été massacrés à l’arme chimique, en totale violation du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Les faits et la responsabilité du régime syrien ne font aucun doute … J’ai donc ordonné aux forces armées … »

Or, les faits ne sont pas établis, loin s’en faut, et l’enquête n’a même pas commencé. Le document produit le lendemain par Macron pour prouver une attaque chimique et justifier sa décision n’a malheureusement que l’apparence d’une compilation d’éléments ramassés sur les réseaux sociaux. À quoi sert d’inventer une loi « anti-fake news », si c’est pour se livrer soi-même à un genre d’exercice comparable. Il convient de soupeser les termes de ce texte officiel : « L’analyse des vidéos et des images (…) a permis de conclure avec un haut degré de confiance que la grande majorité est de facture récente et ne relève pas d’une fabrication. » Extraordinaire, n’est-ce pas ? En outre, « la nature spontanée de la mise en circulation des images sur l’ensemble des réseaux sociaux confirme (!) qu’il ne s’agit pas d’un montage vidéo ou d’images recyclées ». Enfin, « une partie des entités ayant publié ces informations est reconnue comme habituellement fiable » ! C’est ubuesque, mais surtout un peu léger pour engager nos marins et aviateurs dans une opération risquée, désastreuse pour notre réputation et, comme il le dit si bien lui-même « en totale violation du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. »

Cette attaque, lancée sans le moindre accord international, telle que fut naguère l’aventure libyenne de Sarkozy, inscrit donc clairement la République française dans le clan des États qui prétendent régenter le monde en traitant les autres États de voyous, ce qui permet précisément de s’éviter les normes habituelles du droit et de se comporter soi-même… en voyou. Les éléments de langage macroniens sur « les dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants massacrés à l’arme chimique par Bachar » rappellent d’ailleurs ceux de Sarkozy sur « les fleuves de sang promis par Khadafi ». On connaît la réalité et la suite.

Beaucoup de désinformations

Il a fallu entendre beaucoup d’âneries sur cette affaire : ainsi un proche de l’Élysée explique que, grâce à Macron, les Américains ont limité les frappes ; eh oui ! Un expert militaire patenté raconte qu’un système russe permet de « ralentir la vitesse de nos missiles de croisière pour en faire une proie facile pour la défense », et ainsi de suite !

Restons sérieux et contentons-nous de quelques commentaires sur le plan militaire, puis sur le plan politique.

 Mathieu Épinay

( 28 mai, 2018 )

Complicité

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

 

sinistra-italiana_una-nuova-proposta-il-documento_sfondo-rosso-170204 - Copie.jpgEn utilisant dans son intervention du 22 mai l’expression « deux mâles blancs » pour parler de M. Borloo et de lui-même, et justifier ainsi son rejet du « plan banlieues » concocté par celui qui fut ministre délégué à la Ville et à la Rénovation urbaine de M. Chirac, et qui est considéré on ne sait trop pourquoi comme une autorité indépassable en la matière,

M. Macron a commis une faute grave. Il a peut-être cru faire un bon mot, conseillé en cela par un communicant irresponsable : on rejette le plan (d’un coût de quarante-huit milliards tout de même) mais on donne satisfaction aux plus extrémistes des « post-colonisés » en reprenant leur langage, lui-même formaté par celui de mouvements américains conjuguant féminisme et racialisme.

Son propos aurait même pu être franchement ironique, à prendre au second degré donc, de la part de quelqu’un qui, quelques années plus tôt affirmait ne pas avoir à « [s]’excuser d’être un jeune mâle blanc diplômé » (extrait non publié – ce n’est pas anodin – de l’entretien accordé en 2010 au magazine des anciens élèves de Sciences Po). Il aurait alors fallu comprendre quelque chose comme : vous [M. Borloo] et moi [chef de l’Etat] ne devons plus nous conduire comme des « post-coloniaux », cessons d’infantiliser les habitants des banlieues – « nos semblables, nos frères » - qui s’en sortiront bien tout seuls… Une pirouette verbale qui paraît quand même peu probable.

7793497879_emmanuel-macron-et-jean-louis-borloo-le-22-mai-2018-a-paris.jpgEn fait de bon mot, M. Macron a choqué sur le fond et sur la forme. Sur la forme, le chef de l’Etat aurait d’abord pu comprendre par lui-même, et sans l’aide d’un conseiller, la vulgarité de l’expression : pour parler net, « mâles blancs » suppose en toute logique l’existence de « femelles noires », en tout cas pas ou peu blanches, lesquelles femelles peupleraient donc en partie nos chères (ici, double sens garanti par la rédaction) banlieues. La langue est sans pitié pour les apprentis-sorciers et on voit quels abîmes côtoie ainsi M. Macron.

Sur le fond, il aurait eu en fait grand intérêt à lire deux ouvrages très récents, deux enquêtes sérieuses sur les banlieues. Dans le premier, La Communauté (Albin Michel), deux journalistes, Mmes Bacqué et Chemin montrent comment la petite ville de Trappes est devenue ce qu’elle est aujourd’hui (…), le fil conducteur étant bien la religion musulmane. Dans le second, La Tentation radicale (PUF), deux spécialistes, M. Galland et Mme Muxel, montrent que le terreau de la radicalisation islamique est moins socio-ethnique (comme le prétend une certaine presse) qu’idéologique.

Oui, M. Macron a eu raison d’opposer une fin de non-recevoir aux quarante-huit milliards du plan Borloo : nous avons déjà assez donné et pour rien. Mais, si les mesures annoncées contre la drogue et la radicalisation relèvent de la bonne intention, mais pas plus, celles sur les avantages à accorder (permis de conduire, primes de crèche, bourses de stage, « testing ») sont purement démagogiques. Ces dernières en effet occultent le vrai problème, celui que ni M. Macron ni M. Borloo n’ont voulu nommer et qui tient en une équation : immigration incontrôlée + islam =  communautarisation = rejet de l’appartenance à la France. D’où l’existence des « mâles blancs », conséquence et non cause d’un racisme anti-blanc dont M. Macron s’est fait, ce 22 mai, le complice peut-être inconscient mais certainement objectif.

Louis-Joseph Delanglade

( 25 mai, 2018 )

Trump veut embraser l’Orient

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Trump ose tout, et c’est à ça qu’on le reconnaît.

Sept pays ont signé en 2015 un accord empêchant l’Iran de poursuivre ses recherches nucléaires, en échange d’une levée des sanctions économiques. Le monde entier, excepté Israël, s’en est réjoui. En Iran, le clan des durs était furieux et Rohani, qui veut ouvrir son pays, en était sorti conforté.

Mais tout cela a été balayé par le Président américain qui a donc annoncé le 8 mai, avec 4 jours d’avance sur la date prévue, que les Etats-Unis se retiraient de l’accord. Israël a bruyamment applaudi, le reste du monde est consterné.

Que va-t-il se passer maintenant ?

L’Iran a réagi avec modération, indiquant qu’elle allait consulter les autres signataires afin de savoir si l’accord tenait toujours ou s’il était caduc. Mais il est certain  que la position de Rohani est fragilisée. Coincé entre une partie de la population qui ne supporte plus le régime des mollahs et une autre partie, plus religieuse, qui lui reproche d’avoir fait confiance à l’Amérique, il va connaître des heures difficiles.

Pour la France, l’Angleterre et l’Allemagne, c’est une déconvenue. Jusqu’au bout, les trois puissances se sont relayées pour faire fléchir Trump. En pure perte. Emmanuel Macron connait là son premier échec diplomatique qui est d’autant plus cuisant  que ce qu’il croyait être « d’excellentes relations personnelles » avec Trump, ne pesait finalement pas lourd face à la réalité. Les démonstratives embrassades et accolades n’ont servi à rien : c’est comme ça qu’on apprend le métier. Diplomatie et sentiment ne font pas bon ménage et Macron va devoir comprendre que le charme ne sert à rien lorsqu’on  parle à la première puissance mondiale.

Mais que veut Trump finalement ?

C’est simple : un changement de régime en Iran. En sortant de l’accord et en annonçant de probables nouvelles sanctions contre l’Etat chiite, Trump espère aggraver la situation économique et susciter l’exaspération de sa population contre le régime. Au-delà du cynisme, vieille marque de fabrique américaine, ce calcul semble bien aléatoire. Rien ne dit que la population se soulèvera et, si c’était le cas, les dizaines de milliers de gardiens de la révolution ne se laisseront pas faire. Cela risque de tourner à un bain de sang stérile, permettant aux durs de renforcer leur pouvoir.

Les Américains ont l’habitude d’embraser l’Orient mais avec des succès très relatifs. Ils ont détruit l’Irak en renversant un dictateur sunnite mais laïque, pour donner le pouvoir à des chiites alliés aujourd’hui à l’Iran… Ils ont soutenu des islamistes syriens, accélérant l’intervention russe qui a sauvé le régime alaouite, allié de l’Iran. Ils entretiennent une armée kurde en Syrie, se fâchant de ce fait avec la Turquie qui s’est alors rapprochée de Moscou.

Tout cela n’est guère brillant.

En attendant la tension est montée d’un cran dans toute la région et il faudrait peu de choses pour un embrasement général.

Poutine, lui, ne dit rien et, comme toujours, prendra son temps pour agir…ou pas.

Antoine de Lacoste

( 23 mai, 2018 )

Les ultimes combats de Daech dans la banlieue de Damas

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

Damas et sa banlieue sont donc entièrement libérées du fléau islamiste

et ne craindront plus de régulières et meurtrières salves d’obus. C’est un tournant depuis 2012.

 

Les médias européens en parlent peu, et pourtant…

Après les combats de la Ghouta contre Al-Nosra et Jaych al-Islam, ponctués par la provocation de l’attaque chimique qui a valu à la Syrie le grotesque bombardement du trio Trump-Macron-May, l’armée syrienne a achevé son dernier combat pour libérer Damas et sa banlieue.

Car au sud de la capitale, à dix kilomètres à peine, Daech tenait son dernier bastion urbain : le camp palestinien de Yarmouk et ses quartiers alentour, notamment la ville d’Hajar Asswad. Au moins 2.000 combattants et leurs familles, qui avaient progressivement reconquis cette zone au détriment des autres groupes islamistes, impitoyablement éliminés, administraient cette zone.

Les Palestiniens, présents dans ce camp depuis 1948 et leur expulsion de Palestine par les Israéliens, se sont divisés sur cette affaire : une partie a rejoint les islamistes, l’autre a combattu aux côtés de l’armée syrienne.

Celle-ci a lancé l’offensive il y a un mois, aidée de l’aviation russe. Le Hezbollah libanais et les Iraniens ont semblé absents des combats qui, au sol, se sont donc passés essentiellement entre Syriens. En effet, pour une fois, les combattants de Daech comptaient peu de volontaires étrangers.

Les combats ont été meurtriers : plusieurs centaines de morts de chaque côté. Les hommes de Daech ont vendu chèrement leur peau et l’on sait bien que ce sont de redoutables combattants. Leurs snipers, en particulier, ont été très efficaces. Mais l’armée syrienne a pu mettre en ligne de nombreux soldats, libres maintenant de tout autre front dans la zone de Damas depuis la libération de la Ghouta. Inexorablement, elle a progressé, mettant à jour de multiples tunnels, bourrés d’armes et de munitions.

Une trêve de quelques heures a été octroyée dimanche afin de permettre l’évacuation de plusieurs centaines de civils. Puis un accord a été passé lundi avec Daech pour l’évacuation de ses hommes vers les zones désertiques de l’est syrien.

Damas et sa banlieue sont donc entièrement libérées du fléau islamiste et ne craindront plus de régulières et meurtrières salves d’obus. C’est un tournant depuis 2012.

Parallèlement, les dernières semaines ont vu l’évacuation d’autres groupes terroristes depuis les banlieues d’Homs et de Hama vers la province d’Idleb. Les redditions se multiplient donc et, d’ici peu, la route Damas-Alep sera presque totalement sécurisée. Là aussi, ce sera une première depuis 2012.

Cette fois, aucune provocation chimique n’a été organisée dans les combats pour Yarmouk : tout d’abord les Casques blancs, fer de lance du montage de la Ghouta, étaient absents de la zone. De plus, c’est Daech qui était face à l’armée syrienne et l’on voyait mal l’Occident participer à une vaste opération de désinformation dans ce contexte.

Damas va pouvoir enfin vivre en paix et commencer la reconstruction de sa banlieue dévastée.

( 22 mai, 2018 )

Le cardinal Sarah aux 12.000 pèlerins de Chartres : Terre de France, réveille-toi !

 

Lu sur « boulevard Voltaire » cet article de Gabrielle Cluzel sur le pèlerinage de Chartres. Il faut le lire et le faire lire et… nous « réveiller » pour que notre France retrouve ses racines.

 

 

Peuple de France, retourne à tes racines !

 

On peut décider de ne pas en parler. C’est, d’ailleurs, le choix d’une grande partie de la presse qui préfère, ces jours-ci, se concentrer sur Mai 68, le ramadan ou la poignée de bloqueurs d’université.

Ce n’est pas les intéressés, d’ailleurs, que ça va déranger, leur génération ne regarde plus depuis longtemps la télé. Mais, disons-le tout de suite aux médias : il ne faudra pas, ensuite, aller se plaindre, les gars, s’ébaubir, pousser des oh, des ah (comme pour LMPT), « Menfin ! d’où sortent tous ces gens-là ? » quand ce mouvement de fond silencieux, cette jeunesse florissante, discrète, mais décomplexée – c’est ce qui fait la différence avec ses aînés -, sortira du bois pour telle ou telle cause, et que l’on ne pourra plus l’ignorer.

Car cela viendra.

Mai 68 a 50 ans, Daniel Cohn-Bendit, 73. Eux autres, les 12.000 pèlerins lancés sur la route de Chartres en ce week-end de Pentecôte par le pèlerinage Notre-Dame de chrétienté, ont 21 ans en moyenne. 30 pour le clergé qui les encadre.

Ils rient, ils s’amusent, ils prennent des airs tragico-comiques pour contempler leurs ampoules, leur bronzage agricole et leurs cheveux en pétard après deux nuits sous la tente, comme tous les jeunes de leur âge. Et puis ils prient, ils chantent, ils s’agenouillent, ils souffrent, ils offrent, ils méditent, ils posent leur téléphone pour descendre, durant trois jours, au fond de leur âme, comme aucun jeune de leur âge.

Ils ont affreusement mal aux pieds et horriblement mal dormi mais – allez comprendre – en redemandent chaque année, et ramènent en sus des copains au « pélé ». La liturgie y est, depuis toujours, en forme extraordinaire mais, par une porosité croissante, l’origine des pèlerins dépasse largement le cercle des chapelles dites « tradi ».

Sur les réseaux sociaux, même les identitaires, qui ont habituellement la dent dure avec les cathos (naïfs, cuculs, gentillets), s’étonnent, admiratifs : « 12.000 jeunes rassemblés, 0 embrouille, 0 dégradation, pas un papier par terre. Comment ce miracle est-il possible ? Qui est ce peuple éduqué et respectueux ? Quelle est cette communauté qui n’emmerde personne ? », tweete Damien Rieu.

La messe de clôture solennelle du lundi, en la cathédrale de Chartres, est comparable, mutatis mutandis, à la Rollex de Sarkozy vue par Séguéla : qui n’a jamais assisté à l’immense procession, sous les cantiques, de ce jeune clergé précédé par un interminable cortège de bannières, d’étendards et de statues de la Vierge, a un peu raté sa vie. La bonne nouvelle est que, dans l’Église, toute erreur a sa rédemption : il pourra y aller l’an prochain.

Cette année, elle était célébrée par le cardinal Sarah, et cette présence symbolique, infiniment touchante, sonnait comme un juste retour des choses : dans son premier livre Dieu ou rien, sans renier sa culture familiale, il disait sa grande reconnaissance pour les missionnaires français : « Mon entrée dans la famille du Christ doit tout au dévouement exceptionnel des pères spiritains. Je garderai ma vie durant une immense admiration pour ces hommes qui avaient quitté la France, leurs familles et leurs attaches afin de porter l’amour de Dieu aux confins du monde. »

Des dizaines d’années après, c’est lui qui vient transmettre le précieux dépôt à de jeunes Français pas plus vieux que le gamin qu’il était, c’est lui qui vient rendre son héritage à un peuple qui l’a oublié. Et il le fait d’une voix forte, sans ambages, avec des accents de Jean-Paul II au Bourget : « Terre de France, réveille-toi ! », « Peuple de France, retourne à tes racines ! » Il fustige un monde occidental pris en étau entre le nihilisme et l’islamisme, l’exhorte à prendre exemple sur ses ancêtres dont la foi a bâti ces cathédrales, demande aux jeunes d’être « les saints et les martyrs » de demain. Pour la langue de buis, ne pas compter sur lui. Le cardinal guinéen a secoué les puces, pour son bien, de l’Occident chrétien. Et si c’était cela, aussi, l’universalité de l’Église ?

Ecrivain, journaliste
( 22 mai, 2018 )

Le président de la République au pied du mur s’obstinera-t-il ?

 

lu sur « lafautearousseau »

 

En deux mots.jpgQue fera le président de la République lorsque ses grandes conceptions – l’européenne et la mondialiste – finiront par buter sans retour contre le mur des réalités ? S’obstinera-t-il à courir après des solutions impossibles et caduques ou sera-t-il capable de tirer les conséquences de la situation telle qu’elle est vraiment ? Sera-t-il suffisamment souple d’esprit, aura-t-il assez de lucidité et de volonté réunies, pour redéployer sa politique – celle de la France –  la redéfinir de sorte qu’elle soit applicable, selon le vieux précepte qui veut que la politique ne soit rien d’autre que l’art du possible ? C’est en soi une question intéressante pour l’observateur de l’histoire politique en train de s’écrire. Elle est cruciale pour qui n’est pas indifférent au sort de la France, de l’Europe et du monde.

Cet homme jeune, cultivé, volontaire et avide de réaliser se condamnera-t-il longtemps – toujours ? – à une fidélité inféconde aux idées chimériques que de fumeux aînés lui ont inculquées ? Ou opèrera-t-il ce retournement réaliste qui lui sauverait la mise et pourrait donner â la France, à l’Europe, une politique salvatrice ? Comment le savoir ?

Il semble bien en effet que nous nous trouvons à l’un de ces tournants de l’histoire où les cartes se rebattent et où le jeu reprend sur des bases renouvelées.

Voyons ! Du Brexit aux élections italiennes qui viennent d’aboutir à la formation d’un gouvernement antisystème à Rome, en passant par la constitution du groupe des pays de Visegrad, par l’essor de l’AfD en Allemagne, par la présence de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle française, et par le vote autrichien, il est clair que le rejet des institutions de Bruxelles par les différents peuples d’Europe, va croissant, comme une déferlante qui finira par les recouvrir. Fonctionnaires bruxellois, tremblez pour vos sinécures ! Il n’y a plus grand monde pour les défendre. Leur discrédit est grand, quasi général. Leur Europe se défait, malgré qu’ils en aient. Une Contre Europe s’organise hors des institutions technocratiques de Bruxelles. Une Europe réelle face à une Europe légale.

Quant au couple franco-allemand qui est en tout cas le seul vrai moteur de toute construction européenne, il est clair – nous l’avons dit souvent – qu’il se disjoint. Ce n’est pas qu’on le veuille consciemment des deux côtés du Rhin. C’est seulement qu’il arrive un jour où quelques données objectives essentielles se chargent de défaire ce dont on avait longtemps rêvé et fait semblant de pratiquer. Alors, après les sourires de convenance et les accolades fraternelles, les mots fusent.  De sourds reproches et des impatiences jusque-là contenues finissent par s’exprimer. Ainsi d’Emmanuel Macron qui trouve qu’Angela Merkel est toujours trop lente à décider. Alors que tout simplement elle n’a ni l’envie ni le pouvoir de le suivre vers plus de fédéralisme européen. Plus amer encore, Emmanuel Macron fait remarquer que les bénéfices des uns font les déficits des autres. Cruel reproche qui touche au cœur d’une terrible disparité entre les deux nations, celle de leur commerce extérieur. A quoi s’ajoutent l’excédent budgétaire allemand et le déficit français.

L’Allemagne quant à elle, a deux fermes résolutions : ne rien céder de sa souveraineté et ne pas payer pour les autres davantage qu’elle ne le fait déjà. Ou moins s’il se peut. Elle n’est tout de même pas assez puissante pour être l’hégémon dont l’Europe aurait besoin pour se constituer en État mais elle restera dominante et, en tout cas, souveraine, soyons en assurés. Macron n’y changera rien.

Le délitement structurel du couple franco-allemand obère donc l’avenir de l’U.E. au moins autant que la montée des populismes dans presque tous les pays de l’Union.

Du reste, si le fossé se creuse entre la France et l’Allemagne, il se creuse aussi entre cette dernière et ses voisins de la Mitteleuropa :  Autriche, Hongrie, Pologne, Tchéquie, Slovaquie, etc. En gros, d’ailleurs, l’ex-empire des Habsbourg en quelque sorte reformé. L’Europe bruxelloise craque aussi à l’Est …

Que l’on ne se méprenne pas : ce rejet ne vaut pas hostilité à l’Europe en tant que telle. Il y a, à vrai dire, au sein des peuples européens, fort peu d’opposants à l’idée d’Europe en soi. Au contraire. Le reproche des peuples est bien plutôt dirigé contre le cosmopolitisme, l’universalisme, le multiculturalisme, le libre-échangisme sans frein ni limites de Bruxelles. En matière de politique migratoire comme en matière d’ouverture de l’Europe aux quatre vents du mondialisme économique et financier. A bien y regarder, ce qui est reproché aux instituions de Bruxelles est bien plutôt de n’être pas vraiment, pas assez, et même fort peu européennes. Les nations d’Europe veulent simplement rester elles-mêmes, conserver leur souveraineté, leur identité, et ne pas être envahies de migrants. Mais, sur ces bases, elles restent ouvertes à une Europe des nations ou, plus précisément, des États. Ce chemin respectueux et réaliste reste ouvert. Ainsi pourrait se définir une nouvelle politique européenne de la France. Il est même possible qu’elle finisse par s’imposer d’elle-même – da se – comme la solution réaliste, le recours obligé. Nonobstant Macron, le fédéraliste.

En même temps, l’irruption de Donald Trump sur la scène internationale semble sonner aussi le glas de la mondialisation programmée et paisible dont Jacques Attali avait transmis naguère le rêve à Emmanuel Macron. Trump est en train de briser la ligne imaginaire de cet horizon qu’Attali avait dit indépassable au jeune Macron. Sens de l’Histoire oblige. Attali a toujours attendu l’avènement d’une gouvernance mondiale. Trump renoue à l’inverse avec le protectionnisme et déchire les traités signés par son prédécesseur. Ses discours martiaux, ses drôles de gesticulations et de mimiques le font parfois ressembler à une sorte de Mussolini yankee, qui eût été le chef de la première démocratie du monde … Mais laquelle ?

Hubert Védrine signale au contraire, il nous semble à juste titre, que cette évolution des États-Unis d’Amérique – America first ! – ne tient pas essentiellement à la personnalité de Donald Trump lui-même mais plutôt à une sorte d’État profond américain qui aspire à restaurer sa puissance. Fût-ce au détriment de ses amis et alliés européens. Les nations, on le sait bien, n’ont pas d’amis ; elles ont des intérêts.

Trump met ainsi l’Europe au pied du mur – sous le joug américain dans l’affaire iranienne. Il la révèle à elle-même : malgré sa cohésion de façade, l’Europe n’est pas une puissance. Parce qu’elle n’est ni un seul peuple ni un Etat.  Seulement une communauté de civilisation.  Ce n’est pas la même chose. Emmanuel Macron s’obstine à le nier. En vain.

Ni Maurras ni De Gaulle ne s’y sont trompés : nous ne sommes pas encore sortis de l’ère des nations. Tant s’en faut.

( 21 mai, 2018 )

L’Union européenne va-t-elle tenir le choc ?

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

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Le sommet européen de Sofia (mercredi 16 et jeudi 17) aurait été, à en croire certains commentateurs, un succès. Dès jeudi matin, n’y tenant plus, M. Guetta claironnait sur France Inter : « De Sofia, les nouvelles sont bonnes. »

Bonnes parce que les vingt-huit participants (Grande-Bretagne incluse) ont présenté une sorte de front commun contre M. Trump, faisant preuve d’une réelle fermeté au moins verbale à l’encontre de ce dernier, à qui ils ont fait savoir qu’ils entendent bien et répliquer à ses mesures commerciales hostiles par des contre-mesures, et rester dans l’accord passé avec l’Iran. On a même pu entendre M. Tusk, président du Conseil européen déclarer que « grâce à lui [M. Trump], toutes nos illusions ont disparu ».  Ce n’est pas si sûr. La pire des illusions reste de se croire capable de résister, en l’état, c’est-à-dire sans une remise en cause radicale de la nature même de l’Union européenne, à l’hyper-puissance américaine.

Dans les deux dossiers qui fâchent, les taxes commerciales et l’accord iranien, on décèle déjà derrière l’unanimité de façade, les points faibles de l’Union. Ainsi, concernant la guerre commerciale qui semble se profiler (« L’Europe contre-attaque » titre Le Figaro de samedi 19), l’Allemagne, première puissance sofia.jpgéconomique de l’Union a aussitôt fait comprendre par la bouche même de Mme Merkel qu’il y a des limites et qu’elle préférera toujours un compromis avec celui qui est désormais son partenaire privilégié. Concernant l’Iran, c’est bien une illusion de penser que l’Union puisse avoir une véritable « capacité d’initiative diplomatique » (Le Monde, vendredi 18), le risque étant que son impuissance naturelle ne profite en fin de compte à d’autres, comme la Russie qui, elle, a forcément cette capacité-là : M. Riabkov, vice-ministre des Affaires étrangères russe a immédiatement approuvé le projet européen d’une très prochaine réunion à Vienne, confirmant ainsi les prétentions de Moscou.

Reste le pire pour l’Union européenne : la poursuite inexorable de son lent délitement qui donne aux propos tenus à Sofia un côté « surréaliste ». Il est illusoire de faire fond sur une construction idéologique à ce jour écartelée au sens propre : à l’ouest, les britanniques hissent les voiles pour en sortir ; à l’est, le groupe de Visegrad (Tchèquie, Slovaquie, Pologne, Hongrie) rejette catégoriquement l’immigrationnisme et le multiculturalisme de Bruxelles, rejoint en cela par l’Autriche ; au nord, les germano-scandinaves continuent de privilégier un « fétichisme » budgétaire (dixit M. Macron) qui leur profite aux dépens des autres ; au sud, la Grèce et l’Italie notamment sont dans une situation épouvantable, l’Italie venant d’opter pour une politique (économique, migratoire, étrangère, etc.) en contradiction totale avec les plans de Bruxelles, laquelle politique « fait trembler l’Europe » selon la presse française.

Alors oui, si l’on en reste au plan de la communication, les nouvelles peuvent paraître bonnes pour l’UE. Au plan de la communication seulement. Faut-il s’en plaindre ?

Louis-Joseph Delanglade

( 19 mai, 2018 )

Cinéma • En guerre

 

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

En guerre : un drame social de Stéphane Brizé avec Vincent Lindon (représentant syndical) et Mélanie Rover (syndicaliste CGT)

 

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Après Mademoiselle Chambon et l’excellent Une vie, Stéphane Brizé nous livre un film « engagé ».

On va me traiter de gauchiste si j’en dis du bien, d’autant qu’il met en exergue une citation de Bertolt Brecht :

« Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu ».

Je préfère, quant à moi, me référer à Guillaume d’Orange qui a dit, à sa façon, à peu près la même chose : « il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer » ?

C’est en effet l’une des questions posées par ce film : faut-il « sauver les meubles » ou risquer de tout perdre en allant « jusqu’au bout » ?

Je crois que selon les circonstances  on penche d’un côté ou de l’autre, et je crains de constater que dans les deux cas on perd…

L’autre question du film est celle de la confiance à accorder précisément à un accord entre syndicats et patronat dans une grande entreprise, surtout quand les salariés abandonnent une part de leur salaire (« Tout travail mérite salaire ») « pour conserver leur travail ».

« Ne nous associons qu’avecque nos égaux »  nous a enseigné La Fontaine… Le pot de terre perd en effet toujours contre le pot de fer, et le lion sait à bon escient rappeler « Le droit du plus fort » à la génisse et autres animaux avec lesquels, pourtant, il avait mis « en commun le gain et le dommage ».

Dans un autre contexte, d’ailleurs, entre Le Loup et l’Agneau, « la raison du plus fort est toujours la meilleure ».

Ce sont ces guerres-là, entre syndicats, entre salariés, et syndicats contre grand patronat, qui font l’objet de ce docufiction.

Évidemment – et malheureusement – la CGT y tient le beau rôle, sachant même tirer parti de son « dérapage  », et Vincent Lindon y est tout à fait dans son élément comme  représentant syndical.

Ce film est d’une actualité brûlante : On ouvrira un boulevard à la Gauche si l’on ne sait pas protéger la libre entreprise, communauté humaine en même temps qu’entité économique, face au libéralisme, au capitalisme sauvage et au mondialisme.

Guilhem de Tarlé  

PS : vous pouvez retrouver ce « commentaire » et plusieurs dizaines d’autres sur mon blog Je ciné mate.

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