( 25 mars, 2019 )

Une chanson douce

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

« A rêver… »

« La nuit tombe sur la rive, les lumières faiblissent déjà. Bateau ivre à la dérive. Gouvernail et rames de bois. Pas grand-chose pour qu’il chavire au beau milieu du détroit. Il n’était pas fait pour dix. Ils sont trente entassés là. A rêver… » 

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En écrivant les paroles de cette chanson, intitulée « Lampedusa », Mme Belkacem (son patronyme de sujette du roi du Maroc) continue donc d’œuvrer pour ce qu’elle appelle « la bonne cause » (toujours cette moraline chère à la militante et politicienne de gauche qu’elle est restée). Il se trouve qu’à peu près au même moment, un Italien d’origine sénégalaise, M. Sy, a tout fait, mais fort heureusement échoué dans sa tentative, pour immoler par le feu, dans le bus scolaire qu’il conduisait, une cinquantaine de collégiens milanais. Lors de son arrestation, M. Sy a affirmé avoir voulu « faire un geste éclatant pour attirer l’attention sur les conséquences des politiques migratoires ». Ce serait donc, selon le bel oxymore de Mme Delarue une sorte de « terrorisme humanitaire » (Boulevard Voltaire). En tout cas, malgré trente ans en Italie, mariage à la clé, rien n’y a fait et la tripe africaine est restée la même, justifiant en quelque sorte le lapsus intéressant de ceux qui ont parlé d’un « Sénégalais de nationalité italienne ».

Sans doute est-ce la (bonne) raison qui a poussé M. Salvini à rappeler qu’il fallait durcir l’acquisition de cette nationalité italienne : « La nationalité italienne est précieuse et pour cela La Ligue a dit non à la nationalité comme cadeau : on peut la donner mais aussi l’enlever. »

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Le pis est que, à défaut de ne pouvoir soutenir franchement M. Sy, certaines têtes de la gauche bien-pensante, comme l’ex-ministre de sensibilité communiste Mme Turco (au nom prédestiné), disent maintenant « comprendre [son] geste », allant jusqu’à mettre nommément en cause M. Salvini « qui a quelques torts en cela ». Peut-être ont-ils tout simplement, en tout cas M. Sy et Mme Turco, écouté les paroles de la chanson écrites par Mme Belkacem, devenue de facto inspiratrice de l’apprenti-assassin.

Après tout, cela viendrait conforter Mme Belkacem dans sa conception de la chaîne des responsabilités. C’est elle en effet qui, au lendemain du massacre de Christchurch (décidément, encore un nom évocateur), accusait en les nommant et en reproduisant titres et images, tous les organes de la presse française qui avaient utilisé les mots islam ou musulman en rapport avec le terrorisme, le jihadisme ou encore l’immigration. Elle s’est ainsi attiré une réponse en forme de volée de bois vert bien méritée mais surtout parfaitement argumentée – citons notamment Mme Polony (Marianne), MM. J.-Y. Camus et Goldnadel (Le Figaro), M. A. del Valle (Valeurs Actuelles). Nous sommes d’accord sur l’essentiel avec eux, c’est-à-dire pour dénoncer l’indignation sélective de ceux qui, comme l’écrit le dernier nommé, « refusent tout “amalgame” entre la charia islamique et les attentats jihadistes et qui, en revanche, n’hésitent pas à faire l’amalgame entre les attentats anti-musulmans et les partis ou penseurs hostiles à l’islamisation et à l’immigration incontrôlée ».

Elle aurait bonne mine avec sa chanson douce, Mme Belkacem, si l’indigné de Milan était parvenu à ses fins.

Louis-Joseph Delanglade

( 25 mars, 2019 )

20 ans après les bombes de l’OTAN, le Kosovo est une catastrophe

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

À la veille de l’attaque illégale de l’OTAN contre la Yougoslavie en 1999, Tony Blair nous avait dit qu’il fallait bombarder pour mettre fin à un « génocide racial » (sic). Bill Clinton, lui, nous avait promis qu’après les bombes il instaurerait une « démocratie multiethnique ». Mais, vingt ans plus tard, qu’en est-il vraiment ?

Politiquement, le Kosovo indépendant est un échec cuisant. Il n’est pas reconnu par cinq septièmes de l’humanité, dont l’Espagne, la Russie, la Chine, l’Argentine, le Vatican… La position de l’ONU n’a pas bougé : le Kosovo reste serbe.

Le Kosovo a reçu, depuis 1999, par tête d’habitant, plus d’aides que l’Europe avec le plan Marshall mais le Kosovo demeure un naufrage économique. 30 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, 10 % sous le seuil d’extrême pauvreté et le chômage des jeunes atteint 55 %. Pour le sociologue albanais Belgzim Kamberi, « après la guerre, les réfugiés voulaient à tout prix rentrer chez eux, même si le pays était dévasté. Aujourd’hui, un seul rêve hante leurs enfants, partir. » La seule réussite kosovare en matière d’exportation, ce sont les migrants. Des Kosovars par milliers quittent la région pour la terre promise de l’Union européenne.

L’OTAN a eu jusqu’à 40.000 soldats sur place, mais cela n’a pas empêché le crime organisé de se développer, bien au contraire. Pour l’eurodéputé socialiste Giuseppe Arlacchi, expert de la lutte antimafia, « le Kosovo a été notre plus grave erreur […]. Nous avons créé un État mafieux et ne nous soucions que de dissimuler la vérité. » Belgzim Kamberi est cinglant : « Le chômage et les inégalités sociales n’ont fait que se renforcer, tout comme le clientélisme, la corruption et le crime organisé au sein des institutions du nouvel État. »

Il faut reconnaître une chose : il y a bel et bien eu une purification ethnique au Kosovo, mais pas celle que l’on croit. Depuis la fin de la guerre, 200.000 Serbes ont fui le Kosovo, 1.000 Serbes ont été assassinés. 150 églises ont été détruites pendant que 700 mosquées poussaient comme des champignons grâce, entre autres, à des pétrodollars wahhabites.

Le Kosovo est la région d’Europe qui fournit le plus de djihadistes, par tête d’habitant, à l’État islamique. Dans le dernier rapport sur la situation des droits de l’homme du ministère des Affaires étrangères américain, il est admis qu’il y a une attaque antiserbe tous les deux jours au Kosovo. L’ex-commandant de la FORPRONU en Bosnie-Herzégovine, Lewis MacKenzie, reconnaît : « On a bombardé le mauvais camp […]. Les Albanais nous ont joué comme un Stradivarius. » C’est honorable de l’avouer, mais le mal est déjà fait.

Loin d’avoir apaisé la région, l’OTAN (comme en Afghanistan ou en Libye) a transformé le Kosovo en un pandémonium de pauvreté où seuls prospèrent les mafieux et djihadistes qui empoisonnent les Balkans et le reste de l’Europe. On vous a menti dans les années 1990 au sujet des Serbes. Les maux contre lesquels ils se battaient s’abattent maintenant sur l’Occident. Leur seul crime est d’avoir eu raison trop tôt.

Nikola Mirkovic

 Responsable d’une association humanitaire
( 24 mars, 2019 )

Le dernier carré de Daech est (enfin) tombé. Et maintenant ?

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

 

Cette fois, ça y est ! Depuis six mois qu’on nous la promettait, la chute du dernier réduit de Daech est effective. Donald Trump en a fait l’annonce le 22 mars et Mustafa Bali, porte-parole kurde des FDS, l’a confirmé par tweet (la grande mode, décidément…) : « Les Forces démocratiques syriennes déclarent la totale élimination du soi-disant califat et une défaite territoriale à 100 % de l’ÉI. »

De nombreuses zones d’ombre planent encore sur cette étrange bataille. Elle devait être facile et a duré beaucoup plus longtemps que prévu, sans donner l’impression que le maximum ait été fait pour aller plus vite. De plus, les annonces d’effectifs islamistes ont été incroyablement sous-évaluées. De deux mille combattants et certaines familles, on est passé, au fil des mois, à des dizaines de milliers. Les Kurdes annoncent, finalement, 65.000 personnes évacuées de Baghouz, cette toute petite bourgade.

Où étaient-elles, où se cachaient-elles ? Comment les innombrables drones américains n’ont pas révélé cette foule islamiste ? Et, s’ils l’ont fait, pourquoi l’avoir caché ?

Tout cela est bien mystérieux et révèle soit une incompétence stupéfiante soit une volonté de minimiser la force à venir d’un État islamique dont on entendra encore beaucoup parler. Une autre question lancinante se pose : au-delà des 65.000 personnes (pas toutes des civils, loin s’en faut) évacuées vers des camps au nord-est de la Syrie, combien de combattants se sont égaillés dans la nature ?

Un certain nombre se sont enfuis dans les grottes alentour ou en Irak, d’autres ont fait l’objet d’échanges avec des prisonniers kurdes que Daech avait précieusement gardés dans cette éventualité. Combien ? On ne sait pas et les Kurdes sont évidemment bien discrets sur le sujet.

Quoi qu’il en soit, il faut passer à la suite, maintenant. D’abord, dans cette partie est de l’Euphrate, les Syriens vont-ils recouvrer leur souveraineté ? C’est tout de même un territoire occupé illégalement par les Américains et les Kurdes. Les quelques incursions tentées par l’armée syrienne ou par des milices, dans lesquelles figuraient d’ailleurs des mercenaires russes, se sont soldées par des attaques massives de l’aviation américaine, faisant de nombreuses victimes. Il n’y a aucune zone de peuplement kurde au sud-est de la Syrie et il serait temps de laisser l’armée syrienne franchir l’Euphrate.

Ensuite, il reste une zone occupée par des islamistes : il s’agit de la province d’Idleb, située à l’opposé, au nord-ouest du pays. Cela n’intéresse pas les Américains car ce n’est pas Daech qui règne. Mais c’est tout de même le Front al-Nosra (devenu Hayat Tahrir al-Cham), qui n’a rien à envier à ses rivaux de l’État islamique en matière de sauvagerie. Les Turcs y sont implantés mais leurs milices se sont fait écraser par Al-Nosra.

Les Russes sont bien décidés à reconquérir cette province un jour ou l’autre et Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe, l’a clairement annoncé à plusieurs reprises. Depuis quelques jours, des bombardements ciblés sont effectués et, parallèlement, l’armée syrienne est au contact des islamistes dans les banlieues nord de Hama, c’est-à-dire à l’extrémité sud de la province. Cette zone de front est située près de nombreux villages, dont plusieurs chrétiens, qui subissent quotidiennement des attaques au mortier des islamistes. La reconquête de cette province est donc impérative.

L’année dernière, les Occidentaux, Américains et Français en tête, avaient menacé d’une intervention au nom du « devoir d’ingérence humanitaire » pour empêcher l’offensive russo-syrienne. Que feront-ils, cette fois ? Laisseront-ils faire ou voleront-ils à nouveau au secours des islamistes ? Nous le sauront bientôt.

Antoine de Lacoste

( 23 mars, 2019 )

Société & Médias • Le Grand Remplacement et le journal Le Monde

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Après la tragique tuerie de Christchurch en Nouvelle-Zélande le 15 mars dernier, le journal Le Monde publia un « éclairage » au sujet de la « théorie du Grand Remplacement ». On le sait, le tueur avait utilisé l’expression « The Great Remplacement » comme titre du manifeste qu’il publia pour expliquer son acte. 

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L’article du Monde, mis en ligne le jour même du massacre et signé par quatre journalistes, cherchait à analyser cette expression inventée par Renaud Camus.

Dès l’introduction, les auteurs qualifient Renaud Camus d’écrivain d’extrême-droite. L’appellation est commode car elle disqualifie immédiatement celui qui est visé et délivre un brevet de vertu à celui qui porte le coup. Or, Renaud Camus s’est toujours défendu d’une telle assimilation politique, et il s’en est expliqué très clairement : « je n’ai aucune sympathie particulière ou complaisance pour le totalitarisme, le nazisme, le fascisme, le négationnisme, Vichy, la collaboration, les différents types de dictature civile ou militaire ; je n’ai pas le moindre goût pour les groupes ou les activités paramilitaires et n’ai jamais fréquenté le moindre ; j’éprouve une nette répulsion à l’égard de la violence et suis très attaché à l’État de droit. […] J’ajoute que mon type particulier de culture est fort éloigné des traditions réactionnaires » (Journal, 30 novembre 2014)

La seule position politique de Camus est son opposition à la forme actuelle de l’immigration extra-européenne. Mais cela suffit aux principaux médias pour le classer à l’extrême-droite. Camus estime, c’est le cœur de toute son approche, que cette immigration est si massive qu’elle change en profondeur la population française. C’est ce qu’il appelle le Grand Remplacement.

Mais ce n’est pas une « théorie », c’est une thèse. Et c’est surtout une expression qu’il a proposée pour qualifier un phénomène historique. On pourrait en employer d’autres. Camus lui-même use également indifféremment de l’expression « Changement de peuple et de civilisation », qui est une autre manière de dire la même chose, mais qui n’est toujours pas une théorie. C’est une manière de nommer ce qui advient : l’évolution des sociétés occidentales vers une nature multiculturelle, ce que les thuriféraires d’une mondialisation heureuse décrivent pudiquement par la « diversité ».

Ensuite nos quatre journalistes du Monde entrent dans le cœur du sujet. Ils expliquent que cette « théorie est d’essence raciste, puisqu’elle se fonde sur la question de la couleur de peau et de l’ethnie comme critère d’appartenance. » La principale faute commise ici est de mêler allègrement racisme et étude des races. Le racisme est une approche orientée du sujet, hiérarchique, qui va bien au-delà de la seule prise en compte de la question des « races » humaines.

Or les questions d’inférieur ou de supérieur n’intéressent nullement Renaud Camus dans le cas présent et ne font absolument pas l’objet de sa réflexion sur la question du Grand Remplacement. La question est celle du changement de peuple.

En revanche, ce sont bien dans tous les courants « progressistes » actuels que la question de la race revient sans cesse. Les continuelles attaques sur « l’homme blanc » ou même sur le « féminisme blanc » sont une nouveauté du discours politique porté par la gauche. La question de la race obsède la gauche « progressiste » d’aujourd’hui, et c’est même une troublante nouveauté dans le discours politique français, qui remonte jusqu’au Président de la République.

L’article du Monde se poursuit en expliquant que les chiffres contredisent cette peur du remplacement, car il n’y a en France que 5 % d’immigrés et de descendants d’immigrés d’Afrique et d’Asie. Les chiffres sont formels, disent-ils. Nous y reviendrons.

Changement de peuple et de civilisation

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Il y a ces chiffres. Et puis il y a le réel. L’évidence. L’évidence se voit tous les jours, dans toutes les villes de la France, du nord au sud de la métropole, de Lille à Marseille, de Paris à Bordeaux. Il suffit d’ouvrir les yeux pour voir que le visage de la France a changé. Notre peuple n’est plus le même que celui qui formait le corps traditionnel français. Aussi divers était-il, selon les régions, avec ses accents, ses patois, ses cuisines, il restait néanmoins « de race blanche et de culture chrétienne », pour citer le général de Gaulle. La population présente sur le sol de la métropole est désormais beaucoup moins homogène, faite d’individus beaucoup moins semblables. C’est une population d’une plus grande diversité, avec une forte proportion de Noirs et d’Arabes répartis partout en France, dans toutes les couches de la société, dans tous les corps de métiers.

Et sans même parler des « territoires perdus de la République », il est des endroits où le Français de souche est l’exception quand il n’a pas tout bonnement disparu.

Nous décrivons là simplement la France ordinaire, celle que l’on croise dans les commerces, dans les TGV, dans les centres des villes de province, dans les écoles. Rien de plus saisissant que de regarder les photos de classes de notre jeunesse avec celles des classes de nos enfants. Ou encore de voir les photos de mariés publiées par les mairies. La population française a changé. Il suffit de sortir dans la rue.

On peut simplement constater le phénomène et ne pas avoir d’avis. Estimer que c’est ainsi, que ces gens sont là désormais et que l’histoire de France s’écrira maintenant avec eux.

On peut s’en réjouir et estimer que cette nouvelle population « apporte sa richesse », car l’on « s’enrichit de nos différences » selon le bréviaire psalmodié par le PS pendant des décennies.

Cela peut être aussi une véritable revendication : la France a changé, « elle est plus colorée », elle est multiconfessionnelle, « elle est riche de sa diversité », et donc il faut que la représentation politique reflète cette « diversité ». Beaucoup à gauche s’offusquent par exemple que l’Assemblée nationale soit encore largement majoritairement « blanche ». Une ministre de la culture de triste mémoire avait en 2018 pris l’engagement de changer la télévision française qui était encore trop blanche. Certains voudraient même imposer ce changement.

Les communicants et les publicitaires ont bien compris la chose en utilisant désormais continuellement le « format Benetton » dans leur imagerie. Le message publicitaire n’est plus uniquement porté par le visage d’un homme ou d’une femme blanche, mais il y a désormais plusieurs personnes, de plusieurs ethnies. Lors du dernier concours de miss France, la moitié exactement des candidates étaient « issues de la diversité ».

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Mais les démographes ne se censurent pas tous. On connaît les travaux de Michèle Tribalat. D’autres études contournent l’interdiction en France des statistiques ethniques pour parvenir à quantifier le phénomène. Ainsi l’ouvrage récent de Jérôme Fourquet pointe le fait que près de 20 % des garçons qui naissent en France aujourd’hui portent un prénom arabo-musulman.

La nature ethnique et culturelle de la France a changé

Il s’agit donc de nommer ce phénomène. La population française de 2020 n’est plus la même que celle de 1960. En soixante ans, de De Gaulle à Macron, la nature ethnique et culturelle de la France a changé comme jamais elle n’avait changé de toute son histoire. C’est incontestable et c’est tout simplement ce que Renaud Camus a appelé le changement de peuple et de civilisation, ou plus brièvement le Grand Remplacement. C’est incontestable et les journalistes de gauche refusent de le voir, ils s’interdisent de dire l’évidence. Ils n’osent pas voir ce qu’ils voient.

La deuxième attaque contre Camus est l’accusation de « complotisme ». Ils prêtent à Renaud Camus l’idée qu’il y aurait « une sorte de grand plan global et secret, ourdi par des groupes mystérieux [dotés] de pouvoirs immenses ». Or là encore, Renaud Camus s’en est plusieurs fois défendu. Il n’a jamais supposé qu’il y avait eu des complotistes réunis un soir dans une salle secrète pour mettre en œuvre ce Grand Remplacement. Car il n’est nullement nécessaire de se dissimuler. Cela s’appelle tout simplement le capitalisme, l’économie de marché, l’abolition des frontières, la circulation des hommes, les migrations. L’industrie a besoin de bras. Pour un industriel, la culture, l’individualité, la nature profonde de son ouvrier ne lui importe en rien. Il a besoin d’un ouvrier.

D’autre part, il est évident que l’appel aux traditions ou les questions d’héritage chrétien ou l’idée même de « culture française » n’ont jamais été du goût des hommes politiques français comme des idéologues de la pensée progressiste régnant sur les ondes de France Inter ou de France Culture ou s’épanchant entre les pages du Monde ou de Libération. L’homme moderne, l’homme nouveau est, selon leur souhait, un citoyen du monde. Il est ouvert, pioche à un peu toutes les cultures, a délaissé le christianisme et soutient les migrants syriens ; il est solidaire, écoresponsable, consomme une world food et boit du café équitable. Mais il met ses enfants dans le privé à l’entrée au collège.

Un complot n’est donc nullement nécessaire pour mettre entre œuvre cette double force économique et culturelle qui encourage la circulation des hommes. Pour appuyer l’idée que Renaud Camus serait complotiste, Le Monde prétend que cette question du « mondialisme » serait la reprise d’une idée ancienne, caractéristique de l’extrême-droite (puisqu’on nous a dit qu’il était d’extrême-droite, tout est logique) des années trente. C’est faire bon marché de tous les discours des internationales ouvrières nées au XIXe et de tous ceux qui contestaient ou l’organisation mondiale du capitalisme, ou les empires colonialistes…

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Mais laissons Renaud Camus conclure et nous dire lui-même ce qu’il pensa de l’article : « Comme il fallait s’y attendre l’article le plus hostile est celui du Monde. Toutefois il est bien plus remarquable par son invraisemblable nullité que par sa hargne, pourtant vive, à mon endroit. Les contributeurs se sont pourtant mis à quatre pour venir à bout de la tâche : un échotier d’officine, qu’on sent coutumier des basses œuvres et des mauvais coups, et quelques thésards impatients de placer des références absconses à leurs petits travaux, n’eussent-ils strictement rien à voir avec les miens. Le résultat doit être un des points les plus bas jamais atteints, et ce n’est pas peu dire, par l’ex-journal de référence depuis le début de sa longue dégringolade morale, déontologique et professionnelle. C’est absolument fascinant. Pas une information qui ne soit fausse, ou, sinon fausse, approximative, floue, forcée, confuse, vague, emberlificotée, tendancieuse, inexacte. Avec beaucoup d’autorité toute sorte de tournures me sont prêtées entre guillemets ou en italiques, quoiqu’elles n’aient jamais paru sous ma plume. Il est beaucoup question des remplaceurs, par exemple, mot que je ne sache pas avoir jamais utilisé. Un des plus beaux passages soutient que Soumission procède très largement de conversations entre Houellebecq et moi (qui ne nous sommes jamais rencontrés, ni seulement parlé) — il va être content, Houellebecq, si cet infâme brouet arrive jamais jusqu’à lui… »   ■

Alexis Lecœur

( 22 mars, 2019 )

Nous courrons droit à … À quoi exactement ?

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

 

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« Comment sortirons-nous des troubles en cours ? Sur quoi finiront-ils par déboucher ? »

C’est là une question qui colle parfaitement à l’actualité étrange que nous vivons. Un lecteur l’a formulée ainsi : « à défaut de vraie remise en cause, nous courons droit… À quoi exactement ? »

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« Une vraie remise en cause » s’entend sans-doute des principes sur lesquels se fondent l’idéologie dominante, le régime politique qui l’incarne, la politique qu’il conduit. Or, cette remise en cause du Système n’existe pas de façon efficiente si elle ne s’agrège pas une doctrine de la remise en ordre. Cette dernière manque de toute évidence aussi bien aux braves gens exsangues qui manifestent dans la rue depuis quatre mois, qu’à ceux qui sont censés gouverner la France. Des premiers il ne reste plus grand monde, depuis le phagocytage de le-palais-des-tuileries-jardin-des-tuileries-et-le-palais-du-louvre-musee-et-monument-historique-francais-paris-france-17e-siecle-gjbjrh.jpg

leur mouvement – les Gilets jaunes – par l’ultragauche. Les seconds – les gouvernants – n’ont pas d’autre politique qu’euro-mondialiste, multiculturaliste, diversitaire, immigrationniste. Etc. À quoi s’ajoute une volonté constante de révolution sociétale. Ne doutons pas que – passée la crise, si elle passe – cette politique polymorphe ne demande qu’à reprendre son cours, se pérenniser. Elle détruit la France historique dont elle n’a que faire…

Ne restent plus que les affrontements de la rue, ce qu’il reste des Gilets jaunes – rougis – et les hordes Black Blocs surentraînés, suréquipés, aguerris au combat de rue, qui tiennent tête aux forces de l’ordre, les attaquent avec la dernière violence et finissent par les déborder au point qu’elles ne suffisent plus et que, craignant pour la sécurité des bâtiments officiels (!), le Pouvoir doit se résoudre, comme il était prévisible que cela finirait par s’imposer, à utiliser l’armée … Avec tous les risques y afférents. Les armes des militaires ne sont pas celles des policiers …

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Les Blacks Blocs – contre lesquels rien de sérieux n’a jamais été tenté – décideront-ils une suspension d’armes ? Estimeront-ils qu’il est temps d’arrêter la lutte pour la reprendre à la première occasion favorable ? Ou de la déplacer ? Ailleurs dans Paris ? En province ? Ou simplement de la poursuivre. C’est à eux en tout cas que le Pouvoir est affronté en réalité. Et ce sont eux qui ont l’initiative. N’oublions pas pour finir le risque toujours menaçant d’embrasement ou de sécession des banlieues, « républiques islamiques en puissance » comme le pense Éric Zemmour.

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Au sein de ces événements chaotiques, peut-être devons-nous admettre avec simplicité que nous nous trouvons dans l’un de ces moments de l’Histoire où il n’est guère possible de prévoir ou même d’imaginer de quoi demain sera fait. L’on a cru que la révolution était terminée avec la fête de la Fédération. Presque personne n’était républicain parmi les têtes pensantes et agissantes de la Révolution en marche quasiment jusqu’à la veille du vote de la Convention qui décida – comme on le sait, à une voix de majorité – la mort de Louis XVI.

Qui sait aujourd’hui ce qui va arriver ? Comment sortirons-nous des troubles en cours ? Sur quoi finiront-ils par déboucher ? Une rupture systémique – mais laquelle ? – ou un Xème sauvetage du Système ? Il nous semble presque impossible à cette heure, de nous faire une opinion sur ce point-là.

Nos certitudes sont d’un autre ordre. Dans le chaos actuel des politiques et des idées, leur pertinence est une évidence. 

GÉRARD POL 
lafautearousseau
( 20 mars, 2019 )

Parent 1, père 0

 

 

Le combat moderne contre la figure paternelle franchit aujourd’hui un cap nouveau. Ainsi, les documents administratifs scolaires ne comporteront plus les cases « père » et « mère » mais les cases « parent 1 » et « parent 2 ». L’avantage ? L’on pourra, au fil des revendications de minorités actives, augmenter la dose et proposer des cases « parent 3 », « parent 4 » etc., selon les besoins de nos nouvelles familles émancipées du patriarcat oppresseur. Une aliénation nouvelle sous couvert de libération.

 

Une indifférenciation en cache une autre

Comme toujours, quand une figure est à détruire, il ne faut pas l’attaquer de front mais l’indifférencier à son contraire. Ainsi, telle Gaïa la déesse grecque qui enfantait et engendrait par elle-même sans besoin de dieu masculin pour la féconder, le père et la mère ne sont plus qu’Un, réunis à jamais dans une appellation neutre et indivisible. L’antique séparation entre les sexes de « papa » et de « maman » est remplacée par une séparation nouvelle, celle de celui qui commande. De la complémentarité primordiale, la société souhaite la guerre des sexes pour, bien entendu, tirer la substantifique moelle de l’égalité. Car qui sera « parent 1 » ? Le père ou la mère ? La deuxième mère ou la première ? Qui va décider ? Avant, l’on se rassemblait dans l’appellation de parents, désormais ce sera là notre différence.

 

Platon, dans son mythe de l’androgyne primordial, expliquait l’amour par le manque de cet individu de sexe opposé qui formait cet être hybride possédant les caractéristiques des deux sexes. La séparation des corps primordiaux serait la source du sentiment d’amour et de la recherche de cette âme sœur qui nous manque. Nous ne serions réellement humains que connectés à cet autre. « Les parents » était une formule parfaite pour rassembler dans la famille, dans la loi et dans la symbolique, la victoire de ces deux êtres hommes et femmes qui se réunissent pour procréer et fonder une famille. Nous avions réussi à combler un manque mythique par une construction anthropologique majeure. Car c’est bien de la famille que naissent les nations, et de la famille nucléaire est née la nation française.

Taubira, Taubira pas

 

En mettant le mariage dit « pour tous » dans la loi, il était obligatoire de voir certaines aberrations suivre le mouvement. Si deux personnes du même sexe peuvent se marier, ils peuvent avoir des enfants, ils n’entrent donc plus dans les cases de l’administration, ni dans la norme. La victoire sur le mythe est à revoir. Devons-nous pour autant changer la norme pour une minorité si infime ? Le père se définit avant tout en tant que le contraire de la mère : quand deux hommes se font face peut-on encore parler de père ? Imagine-t-on devoir qualifier notre jambe droite de « droite » si la gauche n’existait pas ? Si notre poumon gauche n’existait pas, serions-nous uniquement dotés d’un poumon droit, ou dirions-nous tout simplement « poumon » ?

Quoi de plus naturel, me direz-vous, dans un monde où l’autorité est tenue par des incompétents que de tuer le père par le nom ? Celui qui nomme, c’est celui qui dirige, celui qui est nommé est sommé d’obéir.

Profitons-en pour rappeler que tout le monde a toujours eu le droit de se marier, jamais les prêtres ni les maires n’ont demandé la sexualité de ceux qui font union. Cette union, devant Dieu surtout, était faite pour fonder une famille, donc avoir des enfants, donc se tenir entre un homme et une femme, entre futurs « parents ». Ajouter un numéro à cette formule, c’est diviser de nouveau les corps et les âmes réunis et les mener dans le jeu de la violence mimétique. Le mariage « pour tous » est en bonne novlangue qui se respecte l’inverse de ce que ça dit, il s’agit d’un non mariage, entre personne du même sexe, donc de couple stérile par définition. Là où la PMA pour un couple « père et mère » stérile par accident rattrapait une erreur de la nature, la PMA et la GPA pour couple « parent 1 et parent 2 », homosexuel et stérile par nature, opèrent une modification de la nature et une modification anthropologique profonde.

« Dans son vieux pardessus râpé … »

 

Éduquer l’enfant, en milieu scolaire, avec cette habitude de dénaturation totale, c’est préparer des générations hors de l’anthropologie naturelle. Esclaves de leurs désirs, sans autorité paternelle pour les encadrer, le terme de « parent 1 » n’arrangera rien dans la création symbolique de l’enfant. Nous arrivons dans le monde de « Blanche Neige et les 7 personnes de petites tailles », le lapin blanc d’Alice perdra sa couleur pour ne pas devenir trop « racisant », cette même Gaïa n’osera plus créer Ouranos et le Ciel en premier de peur d’avoir un procès en discrimination de Ouréa et ses Montagnes. Doit-on en arriver là ? « Dans son vieux pardessus râpé, il s’en allait l’hiver l’été, mon parent 1 ». Daniel Guichard a heureusement eu la chance de naître de parents non numérotés. N’imaginons pas les fêtes de Noël dans quelques années et la joie sur le visage des enfants à l’approche du « parent 2 » Noël.

Notre nation future, même si elle garde le nom de France, n’aura plus rien de français. La famille nucléaire s’effrite, la Ve République qui était déjà une dégénérescence de la royauté sera remplacée par le RIC des questions infinies, et entre la montée de l’Islam et les valeurs anticatholiques qui grimpent, les hérésies l’emportent jour après jour. Quoi de plus naturel, me direz-vous, dans un monde où l’autorité est tenue par des incompétents que de tuer le père par le nom ? Celui qui nomme, c’est celui qui dirige, celui qui est nommé est sommé d’obéir. « Parent 1 » deviendra « parent 2 » quand les choses tourneront mal, et « parent 2 » accusera « parent 1 » de lui voler sa place de « parent » planqué. Platon avait raison, la séparation de l’androgyne a créé l’amour par le manque, l’union de « parent 1 » et « parent 2 » l’a tué. Et le manque se fait grandissant.

Sylvain Durain

Article paru également sur le site du mensuel « L’Incorrect »

( 16 mars, 2019 )

Ford à Blanquefort : quand la République démissionne face aux multinationales.

 

Lu sur le blog de Jean-Philippe Chauvin

 

Il y a de quoi désespérer lorsque se répètent, année après année, les mêmes scénarios pour les mêmes abandons industriels avec les mêmes conséquences sociales et les mêmes discours impuissants, et toujours les mêmes excuses et arguments à cette impuissance qui, à défaut d’être organisée, semble acceptée comme une fatalité obligatoire de la mondialisation. Moulinex jadis, comme Ford aujourd’hui, comme Ascoval hier, comme les Fonderies du Poitou aujourd’hui encore : c’est une litanie sans fin d’usines qui ferment, de travailleurs jetés à la rue, souvent pour complaire à des actionnaires lointains qui se moquent bien de la détresse humaine et de la justice sociale. Et toujours la même comédie de l’Etat républicain qui menace les multinationales avant de, piteusement, rentrer à la niche avec des « engagements » de la part de ces sociétés monstrueuses qui se moquent bien de les honorer ! A Blanquefort comme ailleurs, la République montre là toute son inefficacité et, plus grave, son fatalisme profond : le « Que faire ? » d’un Le Maire, après celui d’un Jospin ou d’un… Macron sous Hollande, n’est pas un appel à faire comme a pu l’être celui de Lénine, terriblement efficace (pas forcément pour le meilleur…), mais plutôt la formule d’un abandon, voire d’un reniement.

 

J’en serre les poings de rage à chaque fois, et je maudis cette République qui a oublié ses volontés « capétiennes » de l’époque de Gaulle, voire Pompidou : où sont les grands projets industriels de long terme, les stratégies ambitieuses et ces succès qui permettaient à la France de faire entendre la langue française sur tous les continents et sur nombre de chantiers internationaux ? Dans le dernier numéro de Marianne, sa directrice Natacha Polony dresse un constat sévère de la situation : « La France s’illustre par son impuissance absolue. Face aux multinationales d’abord. Ford n’est que la dernière d’une longue série. CICE, plan de sauvegarde de l’emploi, subventions diverses et variées… Et l’on s’en va en faisant en sorte que le site, surtout, ne puisse être repris par un éventuel concurrent. » Pour Ford, les contribuables français ont beaucoup dépensé par le biais de l’Etat et des collectivités locales, comme le souligne Alexis Moreau dans le même journal : « Combien Ford a-t-il empoché au total ? Environ 20 millions d’euros, si l’on s’en tient aux subventions versées par l’Etat et les collectivités dans le cadre de l’accord de 2013. Beaucoup plus, si l’on comptabilise l’ensemble des aides : près de 8 millions d’euros au titre du Crédit d’impôt compétitivité emploi et 27 millions d’euros au titre du chômage partiel (…). Soit une ardoise globale de quelque 55 millions d’euros. (…) Ford pourra toucher une ultime ristourne, malgré la fermeture : en 2019, elle devrait bénéficier du CICE, au titre de l’année 2018. Soit un chèque de 1,1 million d’euros (…). » N’y a-t-il pas là de quoi se révolter contre un système absurde qui semble accorder une prime aux salauds ?

 

Cette indécence capitaliste n’est possible que parce que la République s’est laissé lier les mains par les féodalités financières et par une Construction européenne qui n’a jamais eu grand-chose de « sociale », et cela depuis ses douteuses origines que, d’ailleurs, Pierre Mendès-France avait, en homme de gauche idéaliste, remarquées et dénoncées en s’opposant au Traité de Rome de 1957, rejoignant en cela ses vieux adversaires de l’Action Française… Madame Polony y voit aussi un effet de la naïveté des dirigeants français sur les questions industrielles et économiques, dans une mondialisation qui n’est que « la guerre de tous contre tous », en définitive : « Les Français sont les seuls à croire qu’un géant finlandais absorbant un groupe français ne privilégiera pas les intérêts finlandais au détriment des emplois en France. Trente ans d’idéologie technocratique du dépassement de la nation ont abouti, dans les élites françaises, au bisounoursisme généralisé. (…) Et comme nous n’avons que des alliés et des amis, inutile de développer l’intelligence économique pour anticiper ce genre de réveil nationaliste. » Derrière l’ironie de la dernière phrase, il y a une forte réalité : on nous parlait d’Europe à construire, de la paix pour toujours et de bonne gouvernance grâce à l’euro, de mondialisation heureuse, du règne des experts et de la société civile, et l’on laissait (et on laisse toujours) les loups piller sans vergogne notre bergerie nationale… Les Pangloss de la République mériteraient quelque bonne fessée pour cette peine qu’ils ont fait à l’économie française et à ses producteurs locaux, et pour les larmes de tous ces travailleurs sacrifiés sur l’autel du profit !

 

Nous pourrions nous contenter de ce triste constat : « Manque l’essentiel : la puissance d’un poing qui frappe sur la table », s’exclame Natacha Polony, et elle a (presque) tout dit ! Mais, quel Etat peut redonner au poing français sa force nécessaire pour, à la fois, se dresser face aux féodaux et aux empires, et faire trembler ceux qui s’invitent au banquet français sans payer leur festin ?

 

Dans notre histoire, le poing nu brandi vers le ciel ne marque que la colère et, même si elle s’avère parfois nécessaire, elle n’est pas suffisante pour fonder une politique digne de ce nom et un Etat fort devant les puissants pour préserver les faibles et les autres. Sans doute faudra-t-il, faute d’un de Gaulle qui n’est jamais qu’un bref moment dans l’histoire de l’Etat, remettre dans ce poing français le sceptre royal qui marque à la fois la souveraineté et la décision libre de notre pays, pour le pays et les nôtres, tout simplement…

Jean-Philippe CHAUVIN

( 15 mars, 2019 )

RÉPONSE DE LA BERGÈRE AU BERGER TROP NAÏF !

Article du Réveil Français , écrit par : Jacques MYARD Membre Honoraire du Parlement Maire de Maisons-Laffitte Président du Cercle Nation et République

 

RÉPONSE DE LA BERGÈRE AU BERGER TROP NAÏF ! dans actualités AKK

L’encre du Traité d’Aix-la-Chapelle est à peine sèche que la gratitude de Berlin apparait dans le soleil resplendissant de l’amitié franco-allemande sans limites ni aucune arrière pensées…
Honni soit celui qui mal y pense l
Petit rappel : dans le Traité d’Aix-la-Chapelle, la France a souscrit – article 8-2 ) :
 » L’admission de la RFA en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies est une priorité de la diplomatie franco-allemande. « 
C’était déjà beaucoup; beaucoup trop pour ceux qui savent ce que cela peut entraîner dans l’équilibre onusien sans que cet objectif soit au préalable négocié avec tous les Etats !
Mais cela a visiblement mis en appétit de puissance la chère Annegret Kramp-Karrenbauer, AKK pour les intimes, et présidente de la CDU allemande destinée à remplacer la Chancelière Angela Merkel.
Cette chère AKK dans sa réponse – publiée par Die Welt – à E.Macron, nouvel évangéliste européen qui vient d’adresser à ses ouailles une épître fameuse pour les convertir à son credo de progressiste européen, cette chère Annegret franchit le Rubicon et exige que l’Union européenne soit à l’avenir représentée par un siège permanent au Conseil de sécurité :
Vous, les Franzosen, tirez-vous de ce siège et laissez Germania, sous couvert d’Union européenne, diriger les affaires du monde ; FERMEZ LE BAN !
Et puis, assez d’anachronisme, nous explique Annegret, certes, nous les Allemands, nous aimons beaucoup Strasbourg mais le Parlement européen n’en a que faire et doit siéger à Bruxelles; faisons fi de l’Histoire et des symboles des relations franco-allemande …
D’ailleurs, si vous aimez les symboles, construisons un porte-avions européen, nous propose AKK, ouvrons aussi notre marché aux produits agricoles africains – sous-entendu : votre PAC coûte trop cher.
Enfin, cher Emmanuel, ne rêve pas avec ta souveraineté européenne, et AKK d’asséner :
 » Le fonctionnement des institutions européennes ne peut revendiquer aucune supériorité morale par rapport à la coopération entre les gouvernements nationaux. Refonder l’Europe ne se fera pas sans les Etats-nations « .
Et là, AKK a parfaitement raison, mais il faut interpréter l’assertion ; il faut lire : l’Allemagne est redevenue puissante et n’accepte plus la tutelle multilatérale de Bruxelles !
Enfin, nous voilà rassurés, « la communautarisation des dettes, l’européanisation des systèmes de protection sociale et du salaire minimum », l’Allemagne n’en veut pas; personne n’en doutait sauf E. Macron !
Pour une réplique à E. Macron, c’en est une ! C’est une double gifle ! C’est une leçon magistrale faite à un amateur qui a oublié que les Etats n’ont pas d’amis car ils défendent justement leurs intérêts conformément au mandat reçu de leur peuple.
E.Macron qui n’a plus rien de jupitérien mais est un roi nu, devrait maintenant méditer cette maxime de
Charles Pinot Duclos dans « Les considérations sur les moeurs de ce siècle » ( 1751 ) :
 » L’ingratitude demande sans peine, reçoit sans pudeur, et oublie sans remords « .
AKK a dû en faire sa devise, on est prévenu !
( 15 mars, 2019 )

Un faux « grand débat » qui occulte le bien commun

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Le Grand Débat, dont Macron a souligné qu’il ne l’obligerait en rien, pose une série de questions techniques qui empêchent qu’on discerne le sens de la chose publique, la philosophie du bon gouvernement.

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Face à la gronde du peuple français dont la manifestation bruyante est médiatisée sous l’appellation des Gilets jaunes, le Gouvernement a cru devoir lancer un Grand Débat pour faire croire aux mécontents qu’ils étaient entendus et pour leur laisser penser qu’ainsi les choses iront mieux puisqu’ils pourront – dans une certaine mesure – peser sur les choix politiques à venir. Mais, comme il n’était pas possible non plus de laisser chacun partir sur n’importe quel sujet dans une véritable cacophonie, le Président a tout normalement fixé des limites… quitte à risquer de tout fausser.

Il a commencé par imposer de ne pas revenir sur les « acquis » récents (ce qui concerne aussi bien la loi Taubira que la réduction de l’assiette de l’impôt sur la fortune au seul patrimoine immobilier), puis il a adressé à tous les Français un message (baptisé « lettre », mais uniquement disponible sur Internet, ce qui méprise les 20 % de la population qui n’y a pas accès), enfin il s’est lancé à travers la France dans une tournée de politique-spectacle où il tient la scène tout seul pendant plusieurs heures devant un public trié sur le volet, pour expliquer ce que les Français doivent penser. Quant au débat proprement dit – si débat il y a –, il ne peut vraiment s’engager qu’à partir des trente-trois questions, regroupées en quatre chapitres, posées dans la fausse lettre, faussement envoyée aux Français.

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Compte tenu des modalités retenues pour ces cahiers des doléances d’un nouveau genre, il n’est absolument pas possible que ce débat permette de mieux appréhender le bien commun. En effet, en se limitant à quelques conséquences secondaires mais visibles, on occulte le fond des problèmes, comme s’il n’y avait pas d’autre politique possible. Pour les hommes au pouvoir c’est tout bénéfice. Cela leur permettra de redorer leur image en faisant penser qu’ils sont à l’écoute des préoccupations de la population sans pour autant remettre en cause les options qu’ils ont choisies et qu’ils imposent à tous. De plus, si les résultats ne satisfont pas les attentes des mécontents, ils pourront se décharger sur le peuple de la responsabilité des mesures parcellaires et technocratiques qui découleront de cette fausse concertation.

Quelques exemples tirés de chacun des quatre chapitres ouverts à la discussion suffiront à montrer pourquoi ce faux débat ne conduira pas à faire progresser la politique sur la voie de la recherche du bien commun.

Nos impôts, nos dépenses et l’action publique

En demandant aux Français quels sont les impôts qu’il faut « baisser en priorité » ou « comment pourrait-on rendre la fiscalité plus juste et plus efficace ? », on est sûr d’obtenir une masse impressionnante de réponses contradictoires, chacun se référant à sa situation personnelle pour répondre. Mais le bien commun n’est pas la somme des intérêts individuels ; il en est la combinaison harmonieuse. Quelle que soit la décision finalement retenue, il y aura donc des déçus et il n’est pas sûr qu’ils se contenteront, comme explication, du fait que cette décision résulte de la volonté de la majorité. Si l’on veut faire un pas dans le sens du bien commun, il faut commencer par rechercher à quoi servent les impôts, autrement dit quelle politique l’on veut suivre. Il faut ensuite tenir compte du besoin fondamental de liberté de chacun qui se traduit ici par la maîtrise d’un certain pouvoir d’achat. Or, celui-ci se mesure par la différence entre le revenu versé (pour les salariés, le montant total du salaire brut à la charge de l’entreprise, toutes charges comprises) et les dépenses contraintes, soit les prélèvements de toutes sortes et les dépenses obligatoires (assurance, chauffage, frais de transport pour aller travailler ou conduire les enfants à l’école…). Il faut encore définir ce qui, dans les missions de l’État lui appartient en propre et qu’il peut seul assumer, dans le respect du principe de subsidiarité, et à quelle cadence il peut les mener à bien, c’est-à-dire dans le respect de l’équilibre budgétaire qui n’est qu’une simple application du principe de solidarité envers les générations futures. À partir de là seulement, on peut définir le niveau de pression fiscale acceptable et discuter ensuite de la façon de la répartir au mieux en tenant compte des facultés contributives de chacun.

L’organisation de l’État et des collectivités publiques

Là encore les questions posées sont trop précises pour ne pas donner lieu à l’expression de souhaits particuliers. Ainsi, par exemple, on ne peut pas demander à un fonctionnaire territorial de dire que la collectivité pour laquelle il se dépense sans compter n’a pas d’utilité. Quand on sait le poids que représente, en France, la fonction publique totale, on comprend bien que les réponses ne pourront pas être exclusivement pesées à l’aune du bien commun. La seule question qui se pose ici est celle de savoir si les collectivités publiques, qu’elles soient nationales ou locales, ne sont pas plus au service de l’État qu’au service des citoyens. Car le bien commun suppose que toutes les collectivités publiques soient au service des citoyens et non de l’État qui ne peut en aucun cas être une fin sinon il « ne pourrait que nuire à la vraie et durable prospérité de la nation » (Pie XII, Summi Pontificatus, 20 octobre 1939).

La transition écologique

Avec ce chapitre, on atteint des sommets dans le déni du bien commun. Les questions posées ne portent que sur des « solutions concrètes » pour mettre en œuvre des décisions non discutables. Mais ces décisions sont-elles vraiment non contestables ?

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Prenons l’exemple de l’énergie éolienne qui est imposée pour le plus grand bien des industriels étrangers et qui coûtera de plus en plus cher aux Français. En effet ces éoliennes sont essentiellement produites par des sociétés allemandes à partir de matériaux dont les plus stratégiques (terres rares) sont importés de Chine. Elles nécessitent pour leur ancrage au sol des tonnes de béton qui stérilisent des terres cultivables et perturbent les nappes phréatiques, et qu’il faudra bien éliminer lorsqu’au bout de vingt ans ces éoliennes seront en fin de vie. De plus ces machines émettent des ultra-sons qui troublent dangereusement le vol des oiseaux portant ainsi atteinte à la biodiversité. Enfin, dans le meilleur des cas ces éoliennes ne fonctionnent qu’à 25 % du temps ce qui suppose de développer parallèlement des centrales suffisamment souples pour prendre le relais en tant que de besoin, c’est-à-dire aujourd’hui des centrales à charbon – puisque le nucléaire est exclu. C’est ainsi que l’Allemagne a augmenté ses émissions de gaz à effet de serre et de particules fines. Sans parler des autres nuisances provoquées par ces machines.

Redonner plus de force à la démocratie et à la citoyenneté

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Comme dans les chapitres précédents les questions posées sont parcellaires et n’abordent pas les questions de fond. La reconnaissance du vote blanc intéresse plus les politologues qui ont envahi les chaînes de télévision et sont payés grâce à la redevance, que le citoyen. « Dans quelle proportion diminuer le nombre des Parlementaires ? » n’est qu’anecdotique. Quant à savoir quel rôle faire jouer au Conseil Economique, Social et Environnemental alors que la plupart des Français ne savent même pas qu’il existe, ce n’est pas ainsi que l’on va rétablir la confiance. La seule question importante est celle de savoir quel doit être le rôle réel du chef de l’État. Il n’est pas le chef du Gouvernement ; il ne doit pas être l’homme d’un parti que celui-ci soit majoritaire ou minoritaire. Son rôle est de représenter le pays, de l’incarner. Il doit être le garant des institutions, l’arbitre de toutes les factions, le défenseur de l’identité nationale. C’est à lui qu’incombe le respect du bien commun ce pourquoi il doit fédérer tout le monde autour de sa personne. Ce n’est pas en se disputant sur les réponses à apporter à des questions de détail qu’on y arrivera.

Ces quelques pistes de réflexion suffisent à montrer que le Grand Débat ne peut au mieux qu’accoucher d’un consensus mou, au pire séparer un peu plus les Français les uns des autres et distendre ainsi le lien national. Quel est donc le but poursuivi avec ce Grand Débat ? Favoriser la poursuite du bien commun ou diviser pour mieux « régner » ?   

François Reloujac
Journaliste, spécialiste des questions économiques
( 14 mars, 2019 )

Avec cette propagande d’hier ou d’aujourd’hui, ce sont nos enfants qu’ils assassinent !

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

La propagande, c’est la stratégie de communication afin d’inculquer à grande vitesse des idées à un ensemble de population. Par projet idéologico-totalitaire, il s’agit donc pour elle, par tous les moyens – politiques, médias, films, séries, publicités, ateliers et autres « conférences » -, et parce que ses idées vont à l’encontre de principes universellement naturels (très peu d’êtres humains y adhéreraient spontanément), de bombarder littéralement leurs esprits de slogans et d’images allant dans son sens. Immigration, climat, genre et sexualité, il est dit que le cerveau des adultes ou des enfants sera ou lessivé ou formaté à la broyeuse idéologique.

Des parents auraient sur l’immigration sans répit depuis quarante ans une autre vision que celle que l’État veut imposer ? L’Éducation nationale se charge de cadrer (ou de recadrer) leurs petits : « Même les grandes personnes peuvent se tromper », peut-on lire sur un tract distribué à des élèves de 7 ans (CE1), en Vaucluse en réponse à de vilains esprits qui considéreraient que si « tout va mal, c’est la faute des étrangers ». Ah, l’idéologie et la nuance…

Et de balancer des injonctions comme « Sois curieux », « sois ouvert », « sois réfléchi », « sois tolérant » : en clair, c’est à nos enfants de s’adapter à la différence et non aux petits immigrés de se faire accepter. L’Éducation nationale (l’État !) souhaiterait détruire tout instinct de survie chez les petits qu’elle ne s’y prendrait pas autrement. Envisagerait-elle bientôt, comme dans le fameux 1984, d’inciter les élèves à dénoncer leurs parents retors ? Il est permis de s’interroger.

Sur le climat, le matraquage est tout aussi reluisant. Aller chercher une gamine reçue, à sa demande, par le président de la République pour renforcer sa propagande du réchauffement climatique ? « La tentative de récupération est un peu grosse », raillera même le président de Greenpeace France. Greta Thunberg, 16 ans, est ainsi devenue l’« idole », l’« égérie », la « rock star » pour « sauver la planète ».

La propagande sexuelle et LGBT ? Avec l’immigrationniste, c’est la plus offensive. En cette semaine de « Queer Week » initiée par Sciences Po il y a dix ans, les enfants de 7 à 14 ans, accompagnés ou pas de leurs parents, pourront aller découvrir – financés par, entre autres, la mairie de Paris et l’université de Paris 8 – les ateliers « Queer for kids » tenus à la bibliothèque Louise-Michel, à Paris. Parmi eux, « L’Antre fessue (sic), ou comment jouer avec ton cul et tes potes quand tu es anti-capitaliste ». À sept ans, nous jouions au gendarme et au voleur, à la marelle, à la poupée, à l’élastique, nous dévorions Le Club des Cinq, les Alice ou Les Six Compagnons. Nous faisions du vélo dans les chemins entre les champs où ruminaient les vaches ou poussaient les betteraves. Et à 14, très innocents, nous écoutions en boucle sur l’électrophone « L’Été indien » de Joe Dassin ou « Ti Amo » d’Umberto Tozzi en rêvant de grand amour… Propagande pro-migrants, sexualité pas de leur âge, pervertie, de surcroît, par la fallacieuse théorie du genre… mais ce sont nos enfants qu’ils assassinent !

Caroline Artus

 Ancien chef d’entreprise
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