( 25 mai, 2018 )

Trump veut embraser l’Orient

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Trump ose tout, et c’est à ça qu’on le reconnaît.

Sept pays ont signé en 2015 un accord empêchant l’Iran de poursuivre ses recherches nucléaires, en échange d’une levée des sanctions économiques. Le monde entier, excepté Israël, s’en est réjoui. En Iran, le clan des durs était furieux et Rohani, qui veut ouvrir son pays, en était sorti conforté.

Mais tout cela a été balayé par le Président américain qui a donc annoncé le 8 mai, avec 4 jours d’avance sur la date prévue, que les Etats-Unis se retiraient de l’accord. Israël a bruyamment applaudi, le reste du monde est consterné.

Que va-t-il se passer maintenant ?

L’Iran a réagi avec modération, indiquant qu’elle allait consulter les autres signataires afin de savoir si l’accord tenait toujours ou s’il était caduc. Mais il est certain  que la position de Rohani est fragilisée. Coincé entre une partie de la population qui ne supporte plus le régime des mollahs et une autre partie, plus religieuse, qui lui reproche d’avoir fait confiance à l’Amérique, il va connaître des heures difficiles.

Pour la France, l’Angleterre et l’Allemagne, c’est une déconvenue. Jusqu’au bout, les trois puissances se sont relayées pour faire fléchir Trump. En pure perte. Emmanuel Macron connait là son premier échec diplomatique qui est d’autant plus cuisant  que ce qu’il croyait être « d’excellentes relations personnelles » avec Trump, ne pesait finalement pas lourd face à la réalité. Les démonstratives embrassades et accolades n’ont servi à rien : c’est comme ça qu’on apprend le métier. Diplomatie et sentiment ne font pas bon ménage et Macron va devoir comprendre que le charme ne sert à rien lorsqu’on  parle à la première puissance mondiale.

Mais que veut Trump finalement ?

C’est simple : un changement de régime en Iran. En sortant de l’accord et en annonçant de probables nouvelles sanctions contre l’Etat chiite, Trump espère aggraver la situation économique et susciter l’exaspération de sa population contre le régime. Au-delà du cynisme, vieille marque de fabrique américaine, ce calcul semble bien aléatoire. Rien ne dit que la population se soulèvera et, si c’était le cas, les dizaines de milliers de gardiens de la révolution ne se laisseront pas faire. Cela risque de tourner à un bain de sang stérile, permettant aux durs de renforcer leur pouvoir.

Les Américains ont l’habitude d’embraser l’Orient mais avec des succès très relatifs. Ils ont détruit l’Irak en renversant un dictateur sunnite mais laïque, pour donner le pouvoir à des chiites alliés aujourd’hui à l’Iran… Ils ont soutenu des islamistes syriens, accélérant l’intervention russe qui a sauvé le régime alaouite, allié de l’Iran. Ils entretiennent une armée kurde en Syrie, se fâchant de ce fait avec la Turquie qui s’est alors rapprochée de Moscou.

Tout cela n’est guère brillant.

En attendant la tension est montée d’un cran dans toute la région et il faudrait peu de choses pour un embrasement général.

Poutine, lui, ne dit rien et, comme toujours, prendra son temps pour agir…ou pas.

Antoine de Lacoste

( 23 mai, 2018 )

Les ultimes combats de Daech dans la banlieue de Damas

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

Damas et sa banlieue sont donc entièrement libérées du fléau islamiste

et ne craindront plus de régulières et meurtrières salves d’obus. C’est un tournant depuis 2012.

 

Les médias européens en parlent peu, et pourtant…

Après les combats de la Ghouta contre Al-Nosra et Jaych al-Islam, ponctués par la provocation de l’attaque chimique qui a valu à la Syrie le grotesque bombardement du trio Trump-Macron-May, l’armée syrienne a achevé son dernier combat pour libérer Damas et sa banlieue.

Car au sud de la capitale, à dix kilomètres à peine, Daech tenait son dernier bastion urbain : le camp palestinien de Yarmouk et ses quartiers alentour, notamment la ville d’Hajar Asswad. Au moins 2.000 combattants et leurs familles, qui avaient progressivement reconquis cette zone au détriment des autres groupes islamistes, impitoyablement éliminés, administraient cette zone.

Les Palestiniens, présents dans ce camp depuis 1948 et leur expulsion de Palestine par les Israéliens, se sont divisés sur cette affaire : une partie a rejoint les islamistes, l’autre a combattu aux côtés de l’armée syrienne.

Celle-ci a lancé l’offensive il y a un mois, aidée de l’aviation russe. Le Hezbollah libanais et les Iraniens ont semblé absents des combats qui, au sol, se sont donc passés essentiellement entre Syriens. En effet, pour une fois, les combattants de Daech comptaient peu de volontaires étrangers.

Les combats ont été meurtriers : plusieurs centaines de morts de chaque côté. Les hommes de Daech ont vendu chèrement leur peau et l’on sait bien que ce sont de redoutables combattants. Leurs snipers, en particulier, ont été très efficaces. Mais l’armée syrienne a pu mettre en ligne de nombreux soldats, libres maintenant de tout autre front dans la zone de Damas depuis la libération de la Ghouta. Inexorablement, elle a progressé, mettant à jour de multiples tunnels, bourrés d’armes et de munitions.

Une trêve de quelques heures a été octroyée dimanche afin de permettre l’évacuation de plusieurs centaines de civils. Puis un accord a été passé lundi avec Daech pour l’évacuation de ses hommes vers les zones désertiques de l’est syrien.

Damas et sa banlieue sont donc entièrement libérées du fléau islamiste et ne craindront plus de régulières et meurtrières salves d’obus. C’est un tournant depuis 2012.

Parallèlement, les dernières semaines ont vu l’évacuation d’autres groupes terroristes depuis les banlieues d’Homs et de Hama vers la province d’Idleb. Les redditions se multiplient donc et, d’ici peu, la route Damas-Alep sera presque totalement sécurisée. Là aussi, ce sera une première depuis 2012.

Cette fois, aucune provocation chimique n’a été organisée dans les combats pour Yarmouk : tout d’abord les Casques blancs, fer de lance du montage de la Ghouta, étaient absents de la zone. De plus, c’est Daech qui était face à l’armée syrienne et l’on voyait mal l’Occident participer à une vaste opération de désinformation dans ce contexte.

Damas va pouvoir enfin vivre en paix et commencer la reconstruction de sa banlieue dévastée.

( 22 mai, 2018 )

Le cardinal Sarah aux 12.000 pèlerins de Chartres : Terre de France, réveille-toi !

 

Lu sur « boulevard Voltaire » cet article de Gabrielle Cluzel sur le pèlerinage de Chartres. Il faut le lire et le faire lire et… nous « réveiller » pour que notre France retrouve ses racines.

 

 

Peuple de France, retourne à tes racines !

 

On peut décider de ne pas en parler. C’est, d’ailleurs, le choix d’une grande partie de la presse qui préfère, ces jours-ci, se concentrer sur Mai 68, le ramadan ou la poignée de bloqueurs d’université.

Ce n’est pas les intéressés, d’ailleurs, que ça va déranger, leur génération ne regarde plus depuis longtemps la télé. Mais, disons-le tout de suite aux médias : il ne faudra pas, ensuite, aller se plaindre, les gars, s’ébaubir, pousser des oh, des ah (comme pour LMPT), « Menfin ! d’où sortent tous ces gens-là ? » quand ce mouvement de fond silencieux, cette jeunesse florissante, discrète, mais décomplexée – c’est ce qui fait la différence avec ses aînés -, sortira du bois pour telle ou telle cause, et que l’on ne pourra plus l’ignorer.

Car cela viendra.

Mai 68 a 50 ans, Daniel Cohn-Bendit, 73. Eux autres, les 12.000 pèlerins lancés sur la route de Chartres en ce week-end de Pentecôte par le pèlerinage Notre-Dame de chrétienté, ont 21 ans en moyenne. 30 pour le clergé qui les encadre.

Ils rient, ils s’amusent, ils prennent des airs tragico-comiques pour contempler leurs ampoules, leur bronzage agricole et leurs cheveux en pétard après deux nuits sous la tente, comme tous les jeunes de leur âge. Et puis ils prient, ils chantent, ils s’agenouillent, ils souffrent, ils offrent, ils méditent, ils posent leur téléphone pour descendre, durant trois jours, au fond de leur âme, comme aucun jeune de leur âge.

Ils ont affreusement mal aux pieds et horriblement mal dormi mais – allez comprendre – en redemandent chaque année, et ramènent en sus des copains au « pélé ». La liturgie y est, depuis toujours, en forme extraordinaire mais, par une porosité croissante, l’origine des pèlerins dépasse largement le cercle des chapelles dites « tradi ».

Sur les réseaux sociaux, même les identitaires, qui ont habituellement la dent dure avec les cathos (naïfs, cuculs, gentillets), s’étonnent, admiratifs : « 12.000 jeunes rassemblés, 0 embrouille, 0 dégradation, pas un papier par terre. Comment ce miracle est-il possible ? Qui est ce peuple éduqué et respectueux ? Quelle est cette communauté qui n’emmerde personne ? », tweete Damien Rieu.

La messe de clôture solennelle du lundi, en la cathédrale de Chartres, est comparable, mutatis mutandis, à la Rollex de Sarkozy vue par Séguéla : qui n’a jamais assisté à l’immense procession, sous les cantiques, de ce jeune clergé précédé par un interminable cortège de bannières, d’étendards et de statues de la Vierge, a un peu raté sa vie. La bonne nouvelle est que, dans l’Église, toute erreur a sa rédemption : il pourra y aller l’an prochain.

Cette année, elle était célébrée par le cardinal Sarah, et cette présence symbolique, infiniment touchante, sonnait comme un juste retour des choses : dans son premier livre Dieu ou rien, sans renier sa culture familiale, il disait sa grande reconnaissance pour les missionnaires français : « Mon entrée dans la famille du Christ doit tout au dévouement exceptionnel des pères spiritains. Je garderai ma vie durant une immense admiration pour ces hommes qui avaient quitté la France, leurs familles et leurs attaches afin de porter l’amour de Dieu aux confins du monde. »

Des dizaines d’années après, c’est lui qui vient transmettre le précieux dépôt à de jeunes Français pas plus vieux que le gamin qu’il était, c’est lui qui vient rendre son héritage à un peuple qui l’a oublié. Et il le fait d’une voix forte, sans ambages, avec des accents de Jean-Paul II au Bourget : « Terre de France, réveille-toi ! », « Peuple de France, retourne à tes racines ! » Il fustige un monde occidental pris en étau entre le nihilisme et l’islamisme, l’exhorte à prendre exemple sur ses ancêtres dont la foi a bâti ces cathédrales, demande aux jeunes d’être « les saints et les martyrs » de demain. Pour la langue de buis, ne pas compter sur lui. Le cardinal guinéen a secoué les puces, pour son bien, de l’Occident chrétien. Et si c’était cela, aussi, l’universalité de l’Église ?

Ecrivain, journaliste
( 22 mai, 2018 )

Le président de la République au pied du mur s’obstinera-t-il ?

 

lu sur « lafautearousseau »

 

En deux mots.jpgQue fera le président de la République lorsque ses grandes conceptions – l’européenne et la mondialiste – finiront par buter sans retour contre le mur des réalités ? S’obstinera-t-il à courir après des solutions impossibles et caduques ou sera-t-il capable de tirer les conséquences de la situation telle qu’elle est vraiment ? Sera-t-il suffisamment souple d’esprit, aura-t-il assez de lucidité et de volonté réunies, pour redéployer sa politique – celle de la France –  la redéfinir de sorte qu’elle soit applicable, selon le vieux précepte qui veut que la politique ne soit rien d’autre que l’art du possible ? C’est en soi une question intéressante pour l’observateur de l’histoire politique en train de s’écrire. Elle est cruciale pour qui n’est pas indifférent au sort de la France, de l’Europe et du monde.

Cet homme jeune, cultivé, volontaire et avide de réaliser se condamnera-t-il longtemps – toujours ? – à une fidélité inféconde aux idées chimériques que de fumeux aînés lui ont inculquées ? Ou opèrera-t-il ce retournement réaliste qui lui sauverait la mise et pourrait donner â la France, à l’Europe, une politique salvatrice ? Comment le savoir ?

Il semble bien en effet que nous nous trouvons à l’un de ces tournants de l’histoire où les cartes se rebattent et où le jeu reprend sur des bases renouvelées.

Voyons ! Du Brexit aux élections italiennes qui viennent d’aboutir à la formation d’un gouvernement antisystème à Rome, en passant par la constitution du groupe des pays de Visegrad, par l’essor de l’AfD en Allemagne, par la présence de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle française, et par le vote autrichien, il est clair que le rejet des institutions de Bruxelles par les différents peuples d’Europe, va croissant, comme une déferlante qui finira par les recouvrir. Fonctionnaires bruxellois, tremblez pour vos sinécures ! Il n’y a plus grand monde pour les défendre. Leur discrédit est grand, quasi général. Leur Europe se défait, malgré qu’ils en aient. Une Contre Europe s’organise hors des institutions technocratiques de Bruxelles. Une Europe réelle face à une Europe légale.

Quant au couple franco-allemand qui est en tout cas le seul vrai moteur de toute construction européenne, il est clair – nous l’avons dit souvent – qu’il se disjoint. Ce n’est pas qu’on le veuille consciemment des deux côtés du Rhin. C’est seulement qu’il arrive un jour où quelques données objectives essentielles se chargent de défaire ce dont on avait longtemps rêvé et fait semblant de pratiquer. Alors, après les sourires de convenance et les accolades fraternelles, les mots fusent.  De sourds reproches et des impatiences jusque-là contenues finissent par s’exprimer. Ainsi d’Emmanuel Macron qui trouve qu’Angela Merkel est toujours trop lente à décider. Alors que tout simplement elle n’a ni l’envie ni le pouvoir de le suivre vers plus de fédéralisme européen. Plus amer encore, Emmanuel Macron fait remarquer que les bénéfices des uns font les déficits des autres. Cruel reproche qui touche au cœur d’une terrible disparité entre les deux nations, celle de leur commerce extérieur. A quoi s’ajoutent l’excédent budgétaire allemand et le déficit français.

L’Allemagne quant à elle, a deux fermes résolutions : ne rien céder de sa souveraineté et ne pas payer pour les autres davantage qu’elle ne le fait déjà. Ou moins s’il se peut. Elle n’est tout de même pas assez puissante pour être l’hégémon dont l’Europe aurait besoin pour se constituer en État mais elle restera dominante et, en tout cas, souveraine, soyons en assurés. Macron n’y changera rien.

Le délitement structurel du couple franco-allemand obère donc l’avenir de l’U.E. au moins autant que la montée des populismes dans presque tous les pays de l’Union.

Du reste, si le fossé se creuse entre la France et l’Allemagne, il se creuse aussi entre cette dernière et ses voisins de la Mitteleuropa :  Autriche, Hongrie, Pologne, Tchéquie, Slovaquie, etc. En gros, d’ailleurs, l’ex-empire des Habsbourg en quelque sorte reformé. L’Europe bruxelloise craque aussi à l’Est …

Que l’on ne se méprenne pas : ce rejet ne vaut pas hostilité à l’Europe en tant que telle. Il y a, à vrai dire, au sein des peuples européens, fort peu d’opposants à l’idée d’Europe en soi. Au contraire. Le reproche des peuples est bien plutôt dirigé contre le cosmopolitisme, l’universalisme, le multiculturalisme, le libre-échangisme sans frein ni limites de Bruxelles. En matière de politique migratoire comme en matière d’ouverture de l’Europe aux quatre vents du mondialisme économique et financier. A bien y regarder, ce qui est reproché aux instituions de Bruxelles est bien plutôt de n’être pas vraiment, pas assez, et même fort peu européennes. Les nations d’Europe veulent simplement rester elles-mêmes, conserver leur souveraineté, leur identité, et ne pas être envahies de migrants. Mais, sur ces bases, elles restent ouvertes à une Europe des nations ou, plus précisément, des États. Ce chemin respectueux et réaliste reste ouvert. Ainsi pourrait se définir une nouvelle politique européenne de la France. Il est même possible qu’elle finisse par s’imposer d’elle-même – da se – comme la solution réaliste, le recours obligé. Nonobstant Macron, le fédéraliste.

En même temps, l’irruption de Donald Trump sur la scène internationale semble sonner aussi le glas de la mondialisation programmée et paisible dont Jacques Attali avait transmis naguère le rêve à Emmanuel Macron. Trump est en train de briser la ligne imaginaire de cet horizon qu’Attali avait dit indépassable au jeune Macron. Sens de l’Histoire oblige. Attali a toujours attendu l’avènement d’une gouvernance mondiale. Trump renoue à l’inverse avec le protectionnisme et déchire les traités signés par son prédécesseur. Ses discours martiaux, ses drôles de gesticulations et de mimiques le font parfois ressembler à une sorte de Mussolini yankee, qui eût été le chef de la première démocratie du monde … Mais laquelle ?

Hubert Védrine signale au contraire, il nous semble à juste titre, que cette évolution des États-Unis d’Amérique – America first ! – ne tient pas essentiellement à la personnalité de Donald Trump lui-même mais plutôt à une sorte d’État profond américain qui aspire à restaurer sa puissance. Fût-ce au détriment de ses amis et alliés européens. Les nations, on le sait bien, n’ont pas d’amis ; elles ont des intérêts.

Trump met ainsi l’Europe au pied du mur – sous le joug américain dans l’affaire iranienne. Il la révèle à elle-même : malgré sa cohésion de façade, l’Europe n’est pas une puissance. Parce qu’elle n’est ni un seul peuple ni un Etat.  Seulement une communauté de civilisation.  Ce n’est pas la même chose. Emmanuel Macron s’obstine à le nier. En vain.

Ni Maurras ni De Gaulle ne s’y sont trompés : nous ne sommes pas encore sortis de l’ère des nations. Tant s’en faut.

( 21 mai, 2018 )

L’Union européenne va-t-elle tenir le choc ?

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

103879671.jpg

Le sommet européen de Sofia (mercredi 16 et jeudi 17) aurait été, à en croire certains commentateurs, un succès. Dès jeudi matin, n’y tenant plus, M. Guetta claironnait sur France Inter : « De Sofia, les nouvelles sont bonnes. »

Bonnes parce que les vingt-huit participants (Grande-Bretagne incluse) ont présenté une sorte de front commun contre M. Trump, faisant preuve d’une réelle fermeté au moins verbale à l’encontre de ce dernier, à qui ils ont fait savoir qu’ils entendent bien et répliquer à ses mesures commerciales hostiles par des contre-mesures, et rester dans l’accord passé avec l’Iran. On a même pu entendre M. Tusk, président du Conseil européen déclarer que « grâce à lui [M. Trump], toutes nos illusions ont disparu ».  Ce n’est pas si sûr. La pire des illusions reste de se croire capable de résister, en l’état, c’est-à-dire sans une remise en cause radicale de la nature même de l’Union européenne, à l’hyper-puissance américaine.

Dans les deux dossiers qui fâchent, les taxes commerciales et l’accord iranien, on décèle déjà derrière l’unanimité de façade, les points faibles de l’Union. Ainsi, concernant la guerre commerciale qui semble se profiler (« L’Europe contre-attaque » titre Le Figaro de samedi 19), l’Allemagne, première puissance sofia.jpgéconomique de l’Union a aussitôt fait comprendre par la bouche même de Mme Merkel qu’il y a des limites et qu’elle préférera toujours un compromis avec celui qui est désormais son partenaire privilégié. Concernant l’Iran, c’est bien une illusion de penser que l’Union puisse avoir une véritable « capacité d’initiative diplomatique » (Le Monde, vendredi 18), le risque étant que son impuissance naturelle ne profite en fin de compte à d’autres, comme la Russie qui, elle, a forcément cette capacité-là : M. Riabkov, vice-ministre des Affaires étrangères russe a immédiatement approuvé le projet européen d’une très prochaine réunion à Vienne, confirmant ainsi les prétentions de Moscou.

Reste le pire pour l’Union européenne : la poursuite inexorable de son lent délitement qui donne aux propos tenus à Sofia un côté « surréaliste ». Il est illusoire de faire fond sur une construction idéologique à ce jour écartelée au sens propre : à l’ouest, les britanniques hissent les voiles pour en sortir ; à l’est, le groupe de Visegrad (Tchèquie, Slovaquie, Pologne, Hongrie) rejette catégoriquement l’immigrationnisme et le multiculturalisme de Bruxelles, rejoint en cela par l’Autriche ; au nord, les germano-scandinaves continuent de privilégier un « fétichisme » budgétaire (dixit M. Macron) qui leur profite aux dépens des autres ; au sud, la Grèce et l’Italie notamment sont dans une situation épouvantable, l’Italie venant d’opter pour une politique (économique, migratoire, étrangère, etc.) en contradiction totale avec les plans de Bruxelles, laquelle politique « fait trembler l’Europe » selon la presse française.

Alors oui, si l’on en reste au plan de la communication, les nouvelles peuvent paraître bonnes pour l’UE. Au plan de la communication seulement. Faut-il s’en plaindre ?

Louis-Joseph Delanglade

( 19 mai, 2018 )

Cinéma • En guerre

 

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

En guerre : un drame social de Stéphane Brizé avec Vincent Lindon (représentant syndical) et Mélanie Rover (syndicaliste CGT)

 

GT Champagne !.JPG

Après Mademoiselle Chambon et l’excellent Une vie, Stéphane Brizé nous livre un film « engagé ».

On va me traiter de gauchiste si j’en dis du bien, d’autant qu’il met en exergue une citation de Bertolt Brecht :

« Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu ».

Je préfère, quant à moi, me référer à Guillaume d’Orange qui a dit, à sa façon, à peu près la même chose : « il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer » ?

C’est en effet l’une des questions posées par ce film : faut-il « sauver les meubles » ou risquer de tout perdre en allant « jusqu’au bout » ?

Je crois que selon les circonstances  on penche d’un côté ou de l’autre, et je crains de constater que dans les deux cas on perd…

L’autre question du film est celle de la confiance à accorder précisément à un accord entre syndicats et patronat dans une grande entreprise, surtout quand les salariés abandonnent une part de leur salaire (« Tout travail mérite salaire ») « pour conserver leur travail ».

« Ne nous associons qu’avecque nos égaux »  nous a enseigné La Fontaine… Le pot de terre perd en effet toujours contre le pot de fer, et le lion sait à bon escient rappeler « Le droit du plus fort » à la génisse et autres animaux avec lesquels, pourtant, il avait mis « en commun le gain et le dommage ».

Dans un autre contexte, d’ailleurs, entre Le Loup et l’Agneau, « la raison du plus fort est toujours la meilleure ».

Ce sont ces guerres-là, entre syndicats, entre salariés, et syndicats contre grand patronat, qui font l’objet de ce docufiction.

Évidemment – et malheureusement – la CGT y tient le beau rôle, sachant même tirer parti de son « dérapage  », et Vincent Lindon y est tout à fait dans son élément comme  représentant syndical.

Ce film est d’une actualité brûlante : On ouvrira un boulevard à la Gauche si l’on ne sait pas protéger la libre entreprise, communauté humaine en même temps qu’entité économique, face au libéralisme, au capitalisme sauvage et au mondialisme.

Guilhem de Tarlé  

PS : vous pouvez retrouver ce « commentaire » et plusieurs dizaines d’autres sur mon blog Je ciné mate.

( 16 mai, 2018 )

Quatre ans après l’Euromaïdan, l’Ukraine continue de tuer au Donbass

 

Lu sur « boulevard Voltaire ».

Hélas – mais est-ce si étonnant – la « presse officielle » n’en parle pas !

 

Malgré cette résistance admirable, le Donbass a besoin de notre aide.

 

Je viens de me rendre au Donbass pour une nouvelle mission humanitaire avec l’association Ouest-Est pour aider les habitants de cette région qui est en guerre depuis 2014 et dont aucun média dominant ne parle. Ces mêmes médias qui nous avaient vendu l’Euromaïdan de 2014 comme une manifestation pour la liberté et la démocratie en Ukraine ne veulent pas nous avouer qu’il a donné lieu, au contraire, à une explosion de chaos et de terreur.

L’est et le sud de l’Ukraine sont majoritairement russophones pour des raisons historiques (les habitants étaient russes avant même que l’Ukraine n’existe) et une partie de ces habitants a pris les armes dès le coup d’État de 2014 pour prendre son destin en main contre un régime imposé par la violence qui avait promis, entre autres, de leur interdire l’usage de la langue russe.

Quatre ans plus tard, l’Ukraine est un vortex de destruction : l’économie est un bateau ivre, les salaires ont été divisés par deux, la corruption gangrène le pays et la guerre a scindé le peuple. Seuls Bruxelles et Washington tirent leur épingle du jeu en assujettissant progressivement Kiev à l’Union européenne et l’OTAN et en y lançant la Gay Pride, passage obligatoire de tout protectorat atlantiste qui doit prouver son attachement à l’émancipation de l’homme moderne brisé par deux millénaires d’obscurantisme chrétien.

Au Donbass la situation est difficile aussi, mais la mentalité est tout autre. Au Donbass, on ne veut ni de l’Union européenne, ni de l’OTAN, et encore moins de la destruction de la famille traditionnelle. Au Donbass, on refuse les OGM, on ne brade pas son économie aux conglomérats et on produit localement. La République populaire de Donetsk offre même gratuitement l’accès à ses hôpitaux aux Ukrainiens qui habitent de l’autre côté de la ligne de front en geste de solidarité avec tous les civils de la région. En quatre ans seulement, des administrations se sont créées, deux armées se sont formées, l’économie se relance et un esprit de résistance s’est solidement ancrée dans la population. Sur place, j’ai rencontré de nombreuses personnes et, à chaque fois que je leur demandais si la résistance valait la peine, ils m’ont tous répondu « Oui, sans aucun doute ». La guerre peut créer, paradoxalement, des solidarités et des dynamiques, et on sent très bien l’énergie positive qui se dégage des habitants du Donbass, dix fois moins nombreux que le reste de l’Ukraine et qui se défendent héroïquement malgré les bombardements de l’armée de Kiev.

Malgré cette résistance admirable, le Donbass a besoin de notre aide. Il est urgent de mettre la pression sur nos hommes politiques pour que la France exige de l’Ukraine la fin immédiate des hostilités, conformément aux accords de Minsk 2 que Kiev a signés et que Paris a cosignés. Il en va de la stabilité de notre continent et de l’avenir de ces milliers de familles du Donbass et d’Ukraine qui n’aspirent qu’à vivre librement. Librement et en paix.

Responsable d’une association humanitaire
( 16 mai, 2018 )

Mais qui veut donc de leur Europe ?

 

Lu sur le blog « La Couronne », le blog de soutien à la famille Royale de France.

 

Des trois « Grands » : le Royaume Brexit s’est désuni de cet équipage hétéroclite ; les chefs des deux autres se verraient bien « Présidents de la République » d’Europe ! Dans cet univers mondialisé, le titre de « Président » fait plus penser à un président du club de boules local qu’à la fonction prestigieuse de « Chef d’État. » « Chancelier » a une autre allure …

Mais nous le Petit Peuple, qui nous considérons comme un Grand Peuple, nous, nous avons à cœur de rester Français ; unis dans une Europe des Nations ! Nos aspirations ne sont pas celles de nos dirigeants !  Et en ce moment, Jupiter se rêverait bien César d’un empire Franco-Germanique. Jamais les citoyens de notre pays n’auront été aussi…Assujettis ! Il faut faire de nous des « Frankeuros » comme ils ont fait de notre monnaie des « Euros Francs » et… Nous savons mesurer combien nous avons gagné au change ! Sommes-nous là pour servir les ambitions de notre Élu en chef, ou est-il là pour servir la France et les Français d’abord et avant tout ?

La France mérite un Royaume et les Français méritent un Roi ! Il faut cesser de réduire les Français au format : « électeurs dociles et assistés. » Non, les Français ne sont pas des veaux, et ils n’ont pas le veau d’or comme idole ! Les Français sont des « Gens d’âmes », vous l’oubliez trop souvent « Messieurs les Politiques », vous ne leur parlez que de… fric et de frac. Vous croyez parler à des murs qui n’entendent rien, mais détrompez-vous, les murs ont des oreilles, les Français vous entendent, vous ont compris et peut-être démasqués… Votre Europe n’est qu’une grande surface commerciale, une foire d’empoigne dont nous ne voulons pas être les bestiaux.

Demain, les Peuples d’Europe se réveilleront, ils retrouveront leur diversité, leur histoire, leurs racines et leur dignité, ils s’affranchiront de vos oukases et renverront tous les prétentieux eurocrates aux oubliettes… Vous rêvez d’Empire, mais ni le Premier ni le Second n’ont réussi chez nous, et quant au Reich chez nos voisins… Vous rêvez d’uniformiser les Peuples, d’en faire des consommateurs obéissants, des électeurs soumis, chaussés de bons godillots pour être…En-Marche ! Mais le modèle n’enchante pas les foules…

Demain, il faudra autre chose pour prétendre décoller les Jeunes de leur portable.

Autre chose pour que les Cheminots reprennent leur chemin…de fer !

Autre chose pour que les Zadistes se mettent à cultiver des OGM,

Autre chose pour faire voler Air France !

Autre chose pour soumettre les Insoumis

Autre chose pour que Retraite ne rime plus avec Bérézina et moral avec chaussettes !

Ah, si notre Bon Roi savait !

Ah, si notre Bon Roi osait !

Mais, mieux encore, si nous, Français décidions d’être ce que nous sommes : fiers, intrépides, solidaires ; et sans attendre que « Tous les gars du Monde » nous donnent l’exemple, nous nous donnions la main… Osons bouter hors de France, et avec perte et fracas, ce mot ridicule qui n’a rien à faire dans notre dictionnaire : « Impossible » Car « Impossible n’est pas français. » Une voie royale peut s’ouvrir devant nous, à nous de l’emprunter !

Guy Adain

( 16 mai, 2018 )

Égarés dans le métro, ces Autrichiens ont été verbalisés : les Parisiens, eux, sont tellement disciplinés !

 

Lu sur « boulevard Voltaire ». Eh oui ! C’est cela la France républicaine !

 

En France,« les règles sont faites pour être appliquées »… mais seulement par ceux qui sont trop bien élevés pour s’asseoir dessus.

 

La mésaventure de ce couple d’Autrichiens en goguette dans la capitale a rencontré un grand succès sur les réseaux sociaux.

On ne les imagine peut-être pas, bien sûr, en culotte de peau ni feutre à plume sur la tête, mais au moins bras dessus, bras dessous, le nez au vent et l’appareil photo autour du cou, car Paris au printemps – Ach, Paris ! -, c’est un peu La Mélodie du bonheur.

Sauf qu’évidemment, ils se sont perdus dans les dédales du métro et ont emprunté par inadvertance, comme le rapporte un élu de Courbevoie qui se trouve être leur beau-frère, un sens interdit. Verboten! Éberlués, ils se sont vus aussi sec verbalisés, et allégés de 25 euros, par l’agent de la RATP auquel ils demandaient leur chemin. La mélodie de la stupeur.

Mais si cette déconvenue anecdotique a fait le buzz sur les réseaux sociaux, ce n’est pas seulement parce qu’on la trouve un peu discourtoise et mesquine. Elle est surtout emblématique d’un mode de fonctionnement délétère qui tend à se généraliser.

Le couple d’Autrichiens, lit-on, même s’il est un peu éberlué, ne conteste pas l’amende : « Les règles sont faites pour être appliquées. »

Bien sûr. La France étant un pays discipliné, sécurisé, où aucun étranger ne se permet de braver le moindre interdit, surtout pas, par exemple, de passer une frontière sans y avoir été invité, parce que, pardon, mais chez nous, attention-ça-ne-rigole-pas, Paris étant une manière de ville suisse où chacun balaie son pas de porte, prend soin des Vélib’, ramasse les détritus et les papiers gras, nettoie les crachats et les déjections canines, et où, grâce à toutes ces belles règles d’hygiène-là, on n’a jamais vu un rat (non, mais, quelle horreur, vous n’y pensez pas), le métro étant un havre de paix aseptisé où personne ne s’est jamais rien fait voler et où nul ne se colle à celui qui le précède pour passer à deux avec un seul ticket… il ne manquerait plus, saperlipopette, qu’un ménage de touristes autrichiens ait le toupet de venir mettre le fourbi, le bazar, le chantier – dont son pays, comme chacun sait, est coutumier – dans notre vivre ensemble si bien huilé !

Allez savoir pourquoi, j’ai pensé, en lisant cette histoire, à un petit scout qui s’est fait verbaliser sous mes yeux dans une gare de banlieue parce qu’il n’avait qu’une photocopie de sa carte famille nombreuse (mais quelle mère sensée donnerait l’original à un gamin de 12 ans ?). Le contrôleur, sourcils froncés sous la casquette, concentré, remplissait consciencieusement les cases du PV – « Tu peux m’épeler ton nom ? » – tandis qu’à côté de lui, on sautait gentiment par-dessus le portillon pour passer sur le quai.

Et aussi à ces Blacks Blocs qui ont tout cassé sans qu’il ne soit rien demandé aux organisateurs de la manif à laquelle ils s’étaient agrégés, alors que l’on avait exigé, quelque cinq ans auparavant, à LMPT d’indemniser la mairie de Paris pour une pelouse légèrement piétinée.

Et encore aux limitations de vitesse à 80 km/h dans nos campagnes, aux impôts dont les classes moyennes sont assommées, aux charges dont les PME sont accablées (malheur aux unes et autres si elles venaient à se tromper au moment de déclarer).

Les guides touristiques autrichiens devraient le mentionner, pour que leurs voyageurs ne soient pas étonnés : en France, « les règles sont faites pour être appliquées », mais seulement par ceux qui sont trop bien élevés pour s’asseoir dessus, truander et violenter l’agent par-dessus le marché.

Et lorsque ceux-ci sont pris dans ces drôles de filets qui retiennent la friture mais laissent passer les gros poissons, ils doivent morfler, pour compenser. C’est la conception de la solidarité à la française. Pas la mélodie du bonheur mais la rhapsodie du tricheur.

Ecrivain, journaliste
( 15 mai, 2018 )

Affaire Litvinenko, Syrie : des preuves, vous avez dit des preuves ?

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

 

Comment se fait-il que deux mois après les faits, aucun gouvernement, aucun média mainstream ne s’étonnent bruyamment

en réclamant ces « preuves » qui jouent à l’Arlésienne ?

 Lors de mes études de droit que des gauchistes déchaînés s’efforcèrent de perturber à la mode soixante-huitarde, mes professeurs m’ont inculqué qu’il ne saurait exister de Justice sans preuve. En droit romain, comme en droit français ou anglo-saxon, la preuve demeure la clef de voûte qui permet à une cour de justice d’entrer en voie de condamnatio

C’est pourquoi, avant de sanctionner un comportement juridiquement punissable, les dirigeants des nations dites « civilisées » (comprenez : plus et mieux armées que les autres !) étalent les « preuves » qui les autorisent à intervenir et sollicitent un mandat onusien.

Ces dernières semaines, les dirigeants de la Grand-Bretagne, des États-Unis et de la France ont pris, dans deux affaires différentes, des décisions extrêmes en arguant de « preuves » qu’ils disaient détenir.

Le MI6 britannique nous a d’abord ficelé un remake de l’affaire du FSB qui, en 2006, aurait empoisonné au polonium le malheureux espion russe Litvinenko. Cette fois, c’est Skipral, ex-espion agent double russe emprisonné il y a plusieurs années en Russie, puis libéré, vivant officiellement à Londres depuis 2011, qui aurait été « empoisonné » avec sa fille Youlia (pourquoi elle ?) par un produit qui, comme par hasard, serait d’origine russe : le novitchok. Mme May pleine d’une morgue thatchérienne, nous assena que c’était un coup de Poutine, qu’elle en détenait « les preuves » et qu’elle les dévoilerait pour ridiculiser les complotistes sceptiques. Et de dénoncer unanimement la fourberie du « tsar », sans toutefois nous expliquer les motifs qui l’auraient poussé à vouloir éliminer (sans succès, puisque les deux ont survécu !) un espion rangé des voitures depuis plus de dix ans et sa fille. Applaudissements américains ! Et motif suffisant pour expulser allègrement un contingent de diplomates russes, sans que nul pays occidental ne s’en offusque.

En point d’orgue, tel Colin Powell brandissant sa fiole remplie de je-ne-sais-quoi à la tribune des Nations unies, voici Trump hurlant à l’attaque chimique en Syrie et accusant les troupes de Bachar el-Assad, qui n’en avaient nul besoin stratégique, d’en être les auteurs. Lui aussi « avait des preuves », il allait nous les montrer, foi de Yankee ! Et les toutous occidentaux, faisant allégeance et foi au verbe trumpien (Élysée en tête), emboîtèrent le pas aux États-Unis. Les voilà donc partis, sans la moindre habilitation de l’ONU, pour s’en aller bombarder joyeusement, et aux grands frais du contribuable, le territoire de l’État souverain syrien, foulant aux pieds un droit international réputé devoir s’appliquer au monde entier… sauf, comme par hasard, aux États-Unis, à son bras armé l’OTAN et à leurs vassaux…

Mais non, tout cela ne relève pas d’un délire impérialiste galopant, d’un mépris total pour le droit international, auquel se substitue « le droit du plus fort » (immortalisé en son temps par Jules César) ! Ce seraient là de vilaines pensées complotistes. Impossible de douter de la parole de la perfide Albion, ou de celle des États-Unis vêtus de candide probité, ces hérauts de la vérité.

Les « armes de destruction massive » de Saddam Hussein ont, bien entendu, été présentées à tous pour pleinement justifier l’anéantissement de l’Irak. Le « coup de la preuve qu’on détient mais qu’on ne montre pas » vous a comme un goût de réchauffé. Comment se fait-il que, deux mois après les faits, aucun gouvernement, aucun média mainstream ne s’étonne bruyamment en réclamant ces « preuves » qui jouent à l’arlésienne.

La crainte interdirait-elle désormais toute indépendance et tout contrôle des « preuves » ?

Liberté, Vérité, Indépendance appartiennent-elles désormais au passé de notre civilisation ?

avocat retraité
12345...71
Page Suivante »
|