( 14 juillet, 2018 )

Nous sommes tous des harkis français !

 

Lu sur « boulevard Voltaire » cet article qui nous mène à se souvenir mais pas seulement…

 

Plus de cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, les plaies ne sont pas guéries. Elles subsisteront tant que les historiens n’auront pas rétabli une vérité complète et objective sur cette période tragique de notre histoire. Cette vérité est attendue par tous ceux qui ont vécu le drame algérien : les pieds-noirs, contraints à l’exode, l’élite de l’armée française, rebelle par fidélité à la parole donnée, les métropolitains qui se sont engagés, en 1962, pour défendre l’Algérie française et, peut-être plus encore, les harkis, honteusement abandonnés à leur sort.

Mardi soir, dans un communiqué, l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM) a affirmé que les menaces de faire sortir le dossier de restitution des biens des pieds-noirs en Algérie et le retour des harkis au pays « ne serviront pas de moyens de pression et de chantage » contre l’État algérien. Cette organisation, qui représente des vétérans de la guerre de libération nationale, répondait, semble-t-il, à des propos de Jean-Yves Le Drian, qui a simplement rappelé qu’il fallait « travailler avec les autorités algériennes à la réconciliation et à l’apaisement des mémoires ».

« Ça ne mange pas de pain », comme on dit familièrement. En France, le dossier de la guerre d’Algérie, notamment celui des harkis, a depuis longtemps été rangé dans les affaires classées. Il faut avoir l’insolence juvénile et l’inculture historique d’Emmanuel Macron, pour déclarer, comme il le fit pendant sa campagne, que la colonisation, « c’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie ».

Quant aux harkis, les gouvernements successifs n’en parlent qu’épisodiquement, le plus souvent avec des arrière-pensées électorales. Il est vrai qu’on préfère oublier la manière dont furent traités, ces supplétifs de l’armée française, comment les autorités les plus hautes de l’État ordonnèrent de ne pas les rapatrier, les livrant, après les avoir désarmés, à la vengeance d’Algériens fanatiques. Ce fut l’honneur de quelques officiers d’en aider une partie à rejoindre la France. On sait dans quelles conditions ils furent accueillis !

Macron a beau parler de « réconciliation des mémoires », cet abandon délibéré de combattants qui firent confiance à la France est particulièrement monstrueux. Le gouvernement n’agit guère pour réhabiliter officiellement les harkis ni pour honorer leur combat. S’étonnera-t-on si certains de leurs enfants et petits-enfants n’adhèrent plus, comme on dit, aux « valeurs » d’une République qui les a trahis ?
Faut-il rappeler ces propos de Louis Joxe, qui négocia les accords d’Évian, le 24 mai 1962, en conseil des ministres : « Les harkis veulent partir en masse. Il faut combattre une infiltration qui, sous prétexte de bienfaisance, aurait pour effet de nous faire accueillir des éléments indésirables » ? Ou le cynisme du général de Gaulle, déclarant à leur sujet, en juillet, qu’« on ne peut pas accepter de replier tous les musulmans qui viendraient à déclarer qu’ils ne s’entendront pas avec leur gouvernement » ?

Selon l’ambassade de France en Algérie, le ministre des Affaires étrangères n’a jamais annoncé que la France « [ferait] tout pour préserver le droit des harkis à retourner dans leur pays » et n’exerce aucune « pression » sur le gouvernement algérien. La diplomatie serait-elle devenue l’art de se coucher ? Comme si l’on voulait pousser les harkis et leurs descendants à regretter d’avoir cru en la France.
Au défilé du 14 juillet, le président de la République a invité Le Japon et Singapour, pour marquer les relations particulières qu’entretiennent ces deux pays avec la France. Invitera-t-il, un jour, les harkis vivant encore ? Le temps n’est-il pas venu de leur manifester notre solidarité, en proclamant : « Nous sommes tous des harkis français ! »

Philippe Kerlouan

( 14 juillet, 2018 )

14 juillet : que commémorons-nous ?

 

Voici une très belle et juste tribune parue en ce 14 juillet sur le site « Aleteia ».

 

« Fraternité d’arme sous l’uniforme : l’engagement d’une vie. » Le moins que l’on puisse dire, c’est que le thème retenu pour le prochain défilé du 14 juillet sur les Champs-Élysées ne brille pas par son côté disruptif, comme on dit ces temps-ci.

« Fraternité d’armes » : on aurait pu imaginer exactement le même slogan en 1897, sous Félix Faure, ou sous Paul Doumer en 1931, ou même pourquoi pas en 1910, sous Armand Fallière, pour citer trois de nos présidents de la République parmi les moins répréhensibles, dotés en sus de ces rassurantes barbiches qui firent tant pour l’adhésion de la nation au régime. Gageons que notre prochain président sera barbu et raccommodera le pays. Et qu’il aimera les défilés. Il sera populaire.

Une transgression organisée

Mais ce n’est pas mon propos. Que voulons-nous commémorer, nous autres Français, le 14 juillet ? La prise de la Bastille ? La fête de la Fédération ? Oui, sans doute. Mais surtout nous voulons célébrer le paradoxe absolu, celui de la transgression imposée. Le 14 juillet est fondé sur une injonction : soyez heureux !

14 juillet : que commémorons-nous ?  dans actualités

Une fois par an, avec ou sans coupe du monde de football, nous voilà sommés de nous célébrer nous-mêmes. Il n’en faut pas plus pour me donner le cafard. Le 14 juillet est une transgression organisée, ou plutôt bricolée avec les moyens du bord, qui sont ceux de la laïcité. C’est pourquoi il y a dans notre fête nationale quelque chose de bas de gamme et de désespéré qui, au-delà de cette France populaire fantasmée, accompagnée d’accordéon et de petit vin blanc, de chansons gentilles et de flirts autorisés, nous mets en face de nous-mêmes et nous rappelle que notre culture est devenue un folklore et notre civilisation un esprit de province.

La France du 14 juillet est souriante, mais elle sourit comme le Lacédémonien sous la morsure du renard. Elle est joyeuse, mais elle n’a pas vaincu le monde. Elle est libre, mais sous le regard des parents. Elle nous tend un impitoyable miroir, à nous qui avons tant vieilli.

L’autre fête nationale

La laïcité a bien des vertus, elle évite bien des catastrophes, mais elle n’a jamais créé de lien social. Célébration républicaine castrée de toute transcendance, le 14 juillet prétend mettre le monde à la merci de nos pauvres petites histoires.

 dans actualités

Allons, j’ose l’écrire : je préfère l’autre fête nationale, la fête jamais abrogée, la fête rêveuse et familiale, qui est celle du 15 août. Dans la mélancolie des grandes vacances qui commencent à s’approcher de leur fin, de ces journées qui sont un peu moins longues, de ces cousins qui bientôt vont repartir à Paris, il y avait l’Assomption de la Vierge Marie, grande fête commencée par la messe et poursuivie par du théâtre et des jeux. Comme nous nous sentions Français ce jour-là, sous la protection de Notre Dame !

Xavier Patier

( 13 juillet, 2018 )

Pendant que l’armée syrienne reconquiert Deraa, Poutine multiplie les initiatives diplomatiques

 

Lu sur « le salon beige »

 

Deraa-650x647« Depuis que les Américains ont retiré leur soutien aux rebelles islamistes de la province de Deraa, ces derniers ont majoritairement choisi la voie de la négociation dès que l’armée syrienne a déclenché son offensive.

Ce sont, bien sûr, les Russes qui organisent les discussions, mais les débuts n’ont pas été faciles. Contrairement au scénario habituel, le transfert des combattants islamistes avec familles et armes légères vers Idleb, au nord-ouest du pays, n’a pas été accepté d’emblée par les négociateurs russes. Un jour, il faudra en effet reconquérir cette province et il est inutile de la renforcer lorsqu’il est possible de faire autrement.

Ce n’était pas le cas dans la Ghouta par exemple, située en zone urbaine. La province de Deraa, à l’exception de la ville du même nom, est surtout rurale. D’ailleurs, de nombreux villages se sont rendus dès le début de l’offensive, peu désireux d’affronter le pilonnage de l’aviation russe. Les islamistes les plus déterminés se sont alors retirés vers Deraa, non sans avoir assassiné en plusieurs endroits des responsables de village qui avaient négocié avec les Russes. La presse occidentale a, évidemment, peu relayé cette information.

Pressés d’en finir, les Russes ont finalement cédé et promis un transfert vers Idleb pour ceux qui refuseraient « l’accord de réconciliation » traditionnellement proposé depuis quelques mois par le pouvoir syrien.

En échange de cette concession russe, le plus important poste-frontière avec la Jordanie, celui de Nassib, a été évacué sans combat par les islamistes. Ils l’avaient conquis en 2015.

À l’heure actuelle, l’armée syrienne encercle totalement la ville de Deraa, et l’issue semble proche. Il restera ensuite une inconnue de taille : le plateau du Golan.

C’est pourquoi les Israéliens observent de très près la situation. Certes, eux aussi ont abandonné les insurgés qu’ils aidaient pourtant depuis longtemps, mais pas au point de laisser l’armée syrienne s’approcher trop du Golan qu’elle a conquis en 1967 et annexé en 1981 ; annexion qui n’a pas été reconnue par la communauté internationale (sans engendrer aucune sanction, rassurez-vous) et encore moins par la Syrie, dont c’est le territoire.

Bien sûr, les Syriens n’ont aucunement l’intention de reconquérir le Golan, mais ils voudraient au moins reprendre aux islamistes ce qu’ils ont perdu.

La situation syrienne a, bien sûr, été au cœur des discussions entre Poutine et Netanyahou, lors de leur rencontre du 11 juillet à Moscou. Le Premier ministre israélien a, notamment, demandé très officiellement à la Russie de faire partir les Iraniens de Syrie. Pendant leur rencontre, il est cocasse de noter que l’aviation russe a bombardé des positions islamistes près du Golan tandis que l’aviation israélienne attaquait des positions syriennes non loin de là… On s’aime, mais virilement !

Par la suite, Poutine rencontrera ensuite Emmanuel Macron et surtout Donald Trump. Le dossier syrien sera, on s’en doute, largement évoqué. »

Antoine de Lacoste

( 12 juillet, 2018 )

Il y a les jeunes qui courent derrière un ballon, et ceux qui tombent pour pas un rond

 

Lu sur « boulevard Voltaire » cet article très juste de Gabrielle Cluzel en hommage aux soldats français qui tombent en ce moment en Afrique dans l’indifférence des médias !

 

Dans une série intitulée « La coupe du Monde dans nos vies », 20 minutes revenait il y a quelques jours sur « L’histoire de Steeve, soldat français mort dans l’indifférence » le vendredi 18 juin 2010, « le même jour que l’altercation entre Nicolas Anelka et Raymond Domenech ». Le brigadier-chef du 1er régiment des hussards parachutistes de Tarbes, 44e militaire tombé en Afghanistan, et qui sera plus tard décoré à titre posthume de la Légion d’Honneur, fait à peine l’objet d’un bandeau sur BFMTV, tandis que « la grève de Knysna » est relayée par toutes les télés. Son frère Luc résume : « Pendant que les médias ne parlaient que du fameux problème Anelka et que ses copains refusaient de jouer, Steeve, lui, portait le drapeau très haut ».

Il serait dommage de dénigrer le patriotisme du foot, si dérisoire et instrumentalisé qu’il puisse sembler. D’abord, parce que si l’Angleterre avait gagné en demi-finale, qui se serait donc privé, au 15 du mois de juillet à défaut du 31 du mois suivant, de chanter M… pour le roi d’Angleterre ? Puis de venger Crécy, Azincourt, Trafalgar, Waterloo… et bien sûr la p’tite Jeanne, même si nous sommes des gens civilisés et n’aurions sans doute pas mis l’entraîneur anglais – sympathique au demeurant – sur un bûcher. Qu’à cela ne tienne, les Croates ont fait le boulot.
Ensuite, parce que si elle vivote encore, si, comme cela semble être le cas, elle est encore une lueur frémissante dans le cœur de beaucoup, la fierté française, partout traquée, a le droit de se réfugier là où elle peut, comme une femme battue, dont le compagnon, l’arme au poing, explore les pièces une à une, échoue, recroquevillée et pâlotte, dans les latrines. Le seul endroit où elle peut tirer le verrou.

Il n’empêche. 8 ans se sont écoulés, l’équipe de France, menée par Didier Deschamps n’est en rien comparable à celle de Domenech, mais les faits demeurent : qui a remarqué hier soir, alors que tous les Français applaudissaient des jeunes de 20 ans rendus millionnaires par un ballon, qu’un pilote d’hélicoptère peu ou prou du même âge était mort en Côte d’Ivoire, en service aérien commandé ? Il s’appelait Alexandre Arnaud. Un patronyme qui ne connaîtra jamais la notoriété de ceux que l’on scandait, mardi soir, dans le stade. Sa mort a été totalement occultée par le Mondial de foot. Ainsi va la vie : pendant la guerre de 14, tout le monde connaissait les noms des vedettes, de Sarah Bernhardt ou d’Yvonne Printemps, personne ceux des anonymes poilus qui tombaient par grappes entières.

Mais lorsqu’un quotidien burkinabé – Aujourd’hui au Faso -, cité par Courrier International, écrit triomphalement : « Les partisans de l’extrême-droite ne doivent pas oublier que ce sont les immigrés qu’ils traitent de tous les noms d’oiseaux qui sont en train de faire de la France ce qu’elle est actuellement, et sera encore plus demain dans ce mondial », la moindre des justices commanderait de répondre à certains autres extrémistes, à l’autre bout de l’échiquier, qu’eux-mêmes, surtout, ne doivent pas oublier que ce sont les Français – non par un ballon mais par leur armée en opérations extérieures – qui sont en train de faire de l’Afrique ce qu’elle est actuellement, ou ce qu’elle devrait être, c’est-à-dire un continent en paix, parfois au prix de leur vie. Sans bruit et pour pas un rond.
Que le lieutenant Alexandre Arnaud repose en paix.

Gabrielle Cluzel

 Ecrivain, journaliste
( 11 juillet, 2018 )

Editorial de POLITIQUE MAGAZINE, n° de l’été 2018

 

La com’ du président

Toute  la France a vu les photos et les vidéos. Le 21 juin, fête de la musique, dans la cour de l’Élysée, sous la direction du DJ Kiddy Smile, des danseurs du même groupe, hommes et femmes, en tenues résillées et agressivement dénudées, ont développé leurs figures de danses appelées voguing sur les marches du palais présidentiel, succession sauvage de déhanchements délirants, d’exhibitions de fessiers et de poses ultra-provocantes, suggérant une sexualité totalement débridée et quelle sexualité ! Ce voguing est pratiqué dans les communautés LGBT afro-américaines et s’est répandu partout dans les clubs de même genre et jusqu’à l’Élysée maintenant sous les yeux émerveillés et amusés d’Emmanuel et de Brigitte Macron. On imagine Coty et de Gaulle devant un tel spectacle !

*

Kiddy Smile revendiquait sa singularité en l’affichant en toutes lettres sur son T-shirt : fils d’immigrés noir et PD. Il venait, a-t-il déclaré ouvertement, manifester ce qu’il était et ce qu’il voulait. Apparemment donc en accord complet avec les services de communication de l’Élysée qui – on le sait maintenant – pensaient faire un bon coup, sortir de l’ordinaire comme d’habitude ; la presse pouvait titrer : cinq stars de l’électro ont mixé jeudi soir dans la cour du palais de l’Élysée. Peut-on faire plus moderne ?

Sur son compte facebook, Kiddy Smile expliquait tout uniment qu’il méprisait l’Élysée, symbole d’oppression, mais qu’il voulait profiter de la fête, de l’invitation et du lieu pour dénoncer la loi Asile et immigration, le tout dans un sabir dégoulinant de haine. Il faut lire le texte, qui, curieusement, n’apparaît plus sur les pages google.

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Les paroles prétendument chantées, en fait hurlées, étaient d’une violence, d’une vulgarité, d’une grossièreté intolérables. Et voyez les photos : Emmanuel Macron rigole, Brigitte est aux anges ! Ils se font prendre en photo avec le groupe à moitié nu. Dike Smile entoure de son bras Brigitte et de l’autre qu’il brandit avec deux doigts en forme de V victorieux, fait un indubitable signe sexuel qui ne peut se traduire que par un outrage grossier à la première dame de France. Impudeur et impudence de ce je vous ai bien eu !

Mais Emmanuel sourit : « Ça fait du buzz », dit-il. « Et les gens adorent ! », ajoute-t-il. Il est content de lui. Et Christophe Castaner, son affidé de service, de vouloir diffuser partout la photo. Et ceux qui protesteront devant tant de choquantes provocations, indignes de la France, ne seront que des racistes et des homophobes ! Évidemment.

Franchement quel mépris pour les Français noirs de les amalgamer à cette bande  et à de telles folies. Un peu de respect, s’il vous plaît.

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Le 26 juin, Emmanuel Macron rencontrait le pape François au Vatican. Entretien d’une heure qualifié de « très libre et intense » et de « chaleureux » . Les communiqués font la liste des sujets abordés soit avec François, soit avec son secrétaire d’État le cardinal Pietro Parolin : protection de l’environnement, migrations, prévention et résolution des conflits, désarmement, Moyen-Orient, Afrique, réflexion conjointe sur les perspective du projet européen. Le président a ajouté que face à François il avait exposé clairement le positionnement français sur les questions sociétales – tout le monde comprend ce que cela veut dire – et sa  conception  de la laïcité qui n’était pas un refus de la religion. À preuve, il venait prendre officiellement  son siège de chanoine d’honneur de la cathédrale du Latran, en tant que chef de l’État français. Le Pape, aux dires de Macron, a reconnu « toutes les difficultés de la gestion de ces questions » ! Ils se sont retrouvés d’accord sur l’accueil des migrants et pour contrer « les populismes ». Le président parle de convergence avec le Pape sur une certaine conception de l’homme et sur les valeurs de l’Europe. On ne devine que trop de quoi il s’agit. Et, de manière surprenante, c’est sur ces belles paroles qu’ils se sont embrassés, Macron, selon son habitude, cajolant la joue de François avec une familiarité inconvenante.

Qu’en ressort-il ? Que « les questions qui fâchent » pour reprendre l’expression macronienne sont secondaires. Pour les deux :  Macron et François ? Que la seule lutte convergente et qui vaille  doit se porter contre « le populisme ».  Pour Macron, on le sait, c’est « la peste » qui s’étend en Europe : « Populistes », les Polonais qui viennent de signer une déclaration commune avec Israël, « populiste », le chancelier autrichien Sébastian Kurz qui vient de prendre la tête de l’Union européenne, « populiste », le gouvernement italien ! Bref tous les peuples « populistes » ! Donc « lépreux », donc à mettre en quarantaine ! Sauf Macron, le seul pur, le seul intelligent, le seul qui voit où est le bien et le mal. Quelle com’ !

*

Comment ne pas ressentir le même malaise en entendant Macron récupérer à sa manière  et pour sa com’ la panthéonisation de Simone Veil le 1er juillet. Pour qui a lu les Mémoires de l’ancienne ministre et présidente du parlement européen , il n’est pas sûr que ce genre de cérémonie à prétention de religion laïque lui aurait plu. La pensée de se retrouver à côté de Voltaire, l’auteur sans doute le plus antisémite de la littérature française et dont une promotion de notre énarchie se glorifie de porter le nom et donc les idées – celle de Hollande et de Royal, celle qui a détruit la France ! – dans la crypte réservée aux grands hommes, l’aurait vraisemblablement indisposée.

Mais qu’importe pour Macron ! Morts, vivants, histoire, passé, futur, religion, tout est bon pour sa com ‘. À lui ! Ce n’est pas un chef de l’État, c’est un roi de la com’. Il paraît que les Français commencent à se le dire.

Hilaire de CREMIERS

( 10 juillet, 2018 )

analyse politique d’Hilaire de Crémiers dans Politique Magazine

 

 

 

Divergences

L’Europe n’a plus d’âme. L’européisme macronien va  l’achever.

Le sommet européen du vendredi 29 juin qui s’est achevé sur un faux accord, n’a fait que révéler encore plus les antagonismes sous-jacents qui fragilisent désormais  de manière continue  l’Union européenne.

Angela Merkel ne peut plus parler avec autorité en Europe ; elle ne conduit même plus son gouvernement ; elle doit passer son temps à signer des compromis tantôt avec son ministre de l’Intérieur, le bavarois Horst Seehofer, l’ex-homme fort de la CSU, tantôt avec le SPD, l’autre parti de la prétendue grande coalition. Le vice-Chancelier SPD, Olaf Scholz, a demandé du temps pour préciser les termes d’un nouvel accord. C’est de jour en jour que les oppositions se règlent désormais en Allemagne. Andrea Nahles, la nouvelle présidente du SPD, ne veut pas avaliser des décisions qui n’auraient pas été discutées, en particulier concernant des centres fermés de transit qui seraient installés aux frontières allemandes et qui permettraient des triages : « des prisons à ciel ouvert » ! Bref, le SPD veut interférer dans l’accord CDU-CSU déjà lui-même aléatoire, puisque c’est contrainte et forcée que Merkel l’a contresigné.

Incertitudes allemandes

Le gouvernement de coalition ne durera peut-être pas et nul ne sait ce que sera l’Allemagne dans les semaines qui viennent et par qui elle sera gouvernée. L’équilibre du  jour n’est dû paradoxalement qu’à l’AfD, chacun redoutant qu’en cas de nouvelles élections le parti nationaliste ne récolte encore davantage de voix ; la CSU bavaroise ne veut pas se voir supplanter dans son propre land et le SPD sait qu’il sera, cette fois-ci, rétamé.

Comment dans de telles circonstances Angela Merkel pourrait-elle définir une politique européenne alors que les pays de l’Est, l’Italie maintenant, lui reprochent ouvertement la série des décisions qui, depuis 2015, a ouvert l’Europe aux vagues migratoires ? Dans l’impossibilité de jouer un rôle, elle a laissé agir Emmanuel Macron qui en a profité pour ramener les choses à lui. Dans sa déclaration finale, le président français s’est félicité d’avoir réussi à imposer un accord aux 27.

« Le repli national » ne l’a pas emporté, a –t-il dit, « c’est pour moi une vraie satisfaction et une victoire. L’Europe s’est décidée même si ça prend du temps ».

Inutile de signaler qu’à la sortie du rendez-vous européen force gens persiflaient une telle autosatisfaction. Les 27 n’avaient donné leur accord que parce que précisément rien de définitif n’avait été acté dans la longue nuit de prétendues et mensongères délibérations. Chacun veillait à son intérêt, pendant que Macron faisait la mouche du coche. L’Italien feignait de croire que l’Europe s’engagerait à le soulager ; les autres pensaient qu’ils pourraient renvoyer leurs migrants selon des procédures qui seraient enfin mises en œuvre. Un marché de dupes.

Donald Tusk, le président du Conseil européen, convenait qu’il ne fallait pas se leurrer : « Il est bien trop tôt pour parler d’un succès ».

 

Volontariat européen

Qu’on en juge ! « Des centres contrôlés établis dans des États membres, sur une base volontaire ( !) » serviront à faire le tri des migrants, en particulier ceux qui sont secourus en Méditerranée, entre les réfugiés qui peuvent prétendre à bénéficier du droit d’asile, et les migrants dits économiques ; l’UE s’engagerait à y mettre les moyens. Évidemment chacun pense que lesdits centres seront très bien installés chez les voisins à qui il se propose très clairement d’adresser ses propres colonnes de migrants. En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’à l’issue du sommet aucun pays ne s’était déclaré « volontaire ». Il semble bien qu’à ce jour la situation soit la même ! Même Macron a dû l’avouer : « La France n’ouvrira pas de centres de ce type… ». Eh, oui !

L’Espagne et Malte n’ont pas l’intention non plus de donner trop de suite à des gestes d’apparente générosité. L’Aquarius et le Lifeline, ça suffit. Puisque toutes les mesures décidées au sommet, selon le communiqué final, « s’appliqueront sur la base du volontariat », la vérité toute nue est qu’à ce jour il n’y a aucun volontaire. Donc l’Italie de Salvini continuera sa même politique de refus absolu et de fermeture de ses ports.

Alors, tout le reste est littérature et constructions artificielles comme les aime Macron. Retour des refusés après triage : quand et comment ? Nul ne sait ! Les pays d’origine  évidemment refuseront à leur tour, et, alors, qu’est-ce qu’on fait ? Répartition des bénéficiaires du droit d’asile selon « les principes de solidarité européenne »… Cette solidarité reste, elle-même, sans que ce soit trop spécifié, volontaire ; c’est pourquoi les pays de l’Europe de l’Est et du Nord ont souscrit sans difficulté du moment que le mot « quotas » a disparu !

L’Europe de la tromperie

Victor Orban a déclaré que «  la Hongrie restera un pays hongrois et ne deviendra jamais un pays de migrants ».Rien n’est plus clair et donc rien n’est plus ambigu que la solution macronienne. Angela  Merkel ne pensait, quant à elle, qu’à  traiter avec ses voisins, en particulier avec  le chancelier autrichien, qui assure la présidence tournante de l’UE de juillet à décembre et qui prévient qu’il renverra tout migrant dans le pays qui l’aura enregistré ! L’Allemagne a du souci à se faire. Et le Brenner sera encore un lieu d’affrontements.

Ces tristes « bidouillages » ne renforceront pas l’idée européenne. Les élections de 2019 au parlement européen s’en ressentiront. La grande vision  dont notre président se flatte et sur laquelle il a misé tout son avenir, se heurte au dur mur des réalités. Il n’a guère obtenu plus de succès sur sa vaste perspective d’une zone euro qui fonctionnerait à plein régime et qui permettrait une intégration économique et financière plus complète. Les Allemands ne veulent pas être prisonniers d’un système qui les placerait en banquiers et en financiers de dernier recours. Les Néerlandais  ne souhaitent pas payer  davantage. Bref, personne n’y croit vraiment. Macron est encore une fois de plus le seul à se déclarer « optimiste » et à parler encore de « feuille de route franco-allemande ».

Incorrigible esprit faux. « Le pire dérèglement de l’esprit, selon Bossuet, c’est d’imaginer les choses telles qu’on voudrait qu’elles soient et non telles qu’elle sont en effet  .

Hilaire de CREMIERS

( 10 juillet, 2018 )

Que cache l’affaire Eric Fournier ?

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Le président Macron a cru bon de faire une déclaration officielle condamnant une dépêche diplomatique confidentielle adressée à la direction de l’Union européenne du Ministère de l’Europe et des affaires étrangères français et à la Présidence de la république.

Dans cette note, l’ambassadeur de France en Hongrie, Eric Fournier, 59 ans, en poste depuis 2015, faisait le point sur la situation dans le pays où il est accrédité pour le compte de ses supérieurs. Rien d‘autre que son travail, en somme, surtout qu’il devait quitter Budapest à la mi-juillet, et qu’il est d’usage qu’un chef de mission fasse un rapport de clôture avant de partir vers d’autres fonctions. Cette dépêche datée du 18 juin informait le gouvernement français sur l’état de l’opinion hongroise à propos de la politique de Viktor Orban, son premier ministre. Il y explique l’appui très majoritaire des Magyars à la construction du mur construit par le gouvernement pour barrer le passage à l’afflux des migrants clandestins. Il conseille aussi à ses mandants de ne pas se montrer trop crédules à l’égard des médias français, qui se montrent, selon lui, partiaux au point d’être souvent accusés de « magyarophobie » par des proches du gouvernement Orban. Les Hongrois sont également reconnaissants envers leur dirigeant pour sa politique économique et sa gestion de l’ordre public : en effet la croissance hongroise est 3 fois supérieure à la croissance française, la Hongrie bénéficiant du plein emploi, et les Hongrois connaissent une quiétude sécuritaire que la France a perdu depuis plusieurs décennies, tant sur le plan de la délinquance de droit commun que sur celui du terrorisme. Fournier relève que l’homme fort de Budapest a su « anticiper les problèmes posés » et qu’il recueille ainsi les fruits de sa prévoyance. Il ose également écarter l’accusation d’antisémitisme lancée contre le gouvernement du Fidesz-MPSZ sous prétexte que son ennemi juré, le financier Soros, est juif.

Certes, d’autres chefs de mission diplomatique, comme les ambassadeurs de Suède, du Canada ou de Grèce, s’attachent à répercuter les condamnations de la « dérive illibérale » et « de populisme au pouvoir », mais Eric Fournier a choisi de faire son métier avec conscience et de décrire les faits sans les maquiller ; sans prendre le contrepied de la ligne défendue par le gouvernement d’Emmanuel Macron, hostile à l’équipe en place au palais Wellisch, il se permet de faire remarquer qu’elle ne pourra pas être couronnée de succès. C’est parfaitement conforme à l‘éthique d’un agent diplomatique, même si ce n’est pas conseillé pour un avancement partisan. Cependant, l’envoi d’un tel document ne peut être considéré comme une faute, dans la mesure où il est destiné strictement aux services compétents du ministère, eux-mêmes astreints au secret diplomatique. Pourquoi le Chef de l’Etat, interrogé sur cette note en marge du sommet de Bruxelles, se croit-il obligé de déclarer aux journalistes qu’elle ne correspond en rien à la position française ? Une note diplomatique interne est un document censé décrire une situation et non pas exprimer le sentiment du ministre. D’autant qu’il n’est nullement destiné à la publication ; les dépêches sont, rappelons-le, toujours chiffrées et ne peuvent être publiées qu’au bout de trente ans.

C’est que Médiapart, animé comme toujours par l’esprit partisan, a publié frauduleusement cette dépêche qui lui avait été communiquée par un fonctionnaire peu attentif au respect de son secret professionnel.

Embarrassé, Macron tente de se justifier devant le tribunal médiatique :  « En rien, je ne partage les propos rapportés. En rien. [...] Je désapprouve en tous points les citations [d’Éric Fournier]. Elles ne correspondent absolument en rien à la position française. Elles ne correspondent en rien à tous les combats que j’ai menés dans ma vie politique, dans les défis électoraux qui ont été les miens et dans l’action que je mène depuis le début de ce mandat. » A la question, inquisitrice,  de savoir si l’ambassadeur allait être révoqué, Macron se souvient un peu tard qu’il y a des règles : « Est-ce qu’il appartient à l’autorité de révoquer un ambassadeur parce qu’il dit ce qu’il pense. Je ne le crois pas. Ou alors nous créerions un délit d’opinion au sein de la fonction publique ». Mais d’ajouter, menaçant : « Si une preuve m’était apportée que de tels propos aient été tenus publiquement, alors cet ambassadeur serait révoqué séance tenante. »

Que remarquer dans cette réponse du président ? D’abord que Macron n’était nullement obligé de répondre, concernant un document du ministère qui avait « fuité » à la suite d’une indiscrétion. Il aurait même dû annoncer une procédure d’enquête pour déterminer – et sanctionner – l’agent public indélicat. Or il n’en fait rien, et tourne toute sa vindicte contre l’auteur du rapport incriminé. Pour amadouer les sycophantes de la meute journalistique, il laisse même entendre qu’il a limogé Eric Fournier, alors qu’il était connu de tout le service qu’il devait quitter ses fonctions dans quelques jours. Cette attitude tranche avec l’image que Macron cherche à donner de sa fonction. Il disait il y a deux ans que la place du roi est toujours vacante. Le moins que l’on puisse dire est qu’il ne faut pas compter sur lui pour la remplir : il se conduit avec le pouvoir médiatique comme le gouvernant d’un pays occupé avec les autorités d’occupation. Cela fait effectivement longtemps que la France n’a plus de politique étrangère libre. Depuis son avènement, Jupiter n’a obtenu aucun succès sur ce plan et tous les objectifs qu’il s’était fixés ont été abandonnés. En attendant, les officines clandestines peuvent rédiger les tableaux d’avancement des ministères, et leurs membres peuvent violer leur déontologie impunément au mépris du bien commun et de l’efficacité étatique. Avec ce type d’expérience, les courriers diplomatiques seront réduits à de simples exercices de brosse à reluire et la seule sanction, favorable ou non, sera celle d’Edwy Plenel et de ses pareils !

Magyar_Érdemrend_Szent_Koronával_ékesített_nagykeresztjének_csillaga_hadidíszítménnyel_és_kardokkal.pngUn autre camouflet a été infligé à Macron (doit-on dire à la France ?) par Viktor Orban. Reçu au palais du gouvernement, Eric Fournier a reçu avant de rendre son accréditation la plaque en argent de grand-croix de l’ordre (royal) du Mérite, fondé en 1922 par le régent Horthy et rétabli en 1991. Cette distinction inhabituelle donnée à l’ambassadeur de France est supposée montrer que la Hongrie sait reconnaître ses vrais amis. La France, malheureusement, n’a pas cet avantage. ■

Pierre de Meuse

est Docteur en droit, conférencier, sociologue et historien.

( 9 juillet, 2018 )

Le roi danse

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

 

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Aujourd’hui à Versailles, M. Macron se propose de « dévoiler le cap de son quinquennat devant députés et sénateurs » (Le Huffpost, 1er juillet).

M. Ruffin, cocasse député de La France insoumise, a cru bon de déclarer, à propos du congrès de ce 9 juillet, qu’il « ne [voulait] pas aller écouter le Roi Soleil à Versailles » (France 3, 1er juillet). Il eût mieux fait de garder pour lui sa piteuse métaphore. Le pis est qu’il n’a pas été le seul. D’autres ont surenchéri, MM. Corbière et Mélenchon entre autres, jusqu’aux communistes assurant dans un communiqué ne pas vouloir aller « à Versailles adouber le monarque présidentiel ». Leur fait écho, en donnant lui aussi dans la caricature facile, M. Legrand, lequel commence son éditorial politique de vendredi 6 sur France Inter en dénonçant le « petit parfum monarchique » qui flotterait au-dessus de l’Elysée, « le château ». Reprenant les poncifs de la presse à sensation, M. Legrand ne se grandit pas en rabaissant l’institution monarchique à l’aune des caprices et fantaisies du couple Macron.

Pourtant n’est pas Louis XIV qui veut, même en dehors du champ politique. M. Macron, qui n’est ni roi ni soleil, est plutôt ridicule que resplendissant quand il s’exhibe. Certes, on ne saurait lui reprocher de ne pas avoir trouvé dans son entourage un Molière ou un Lully. Fallait-il pour autant, lui, chef de l’Etat, s’afficher le soir de la Fête de la musique (21 juin) avec une brochette d’exotiques danseurs « transgenres » et se contorsionner maladroitement quelques jours plus tard (3 juillet) dans une boîte de nuit de Lagos ? Pas très louis-quatorzien, tout de même. Rien d’étonnant, dès lors, que son gouvernement ait, à son image, l’opposition qu’il mérite : pitoyable, si ce n’est scandaleux, le comportement de ces « élus du peuple » qui rabaissent  à leur petit niveau politicien ce qui devrait, pour eux au moins, être un moment de rassemblement républicain (et, faisons bonne mesure, « citoyen »). On aurait presque envie d’en rire.

Les choses sont pourtant plus sérieuses qu’il n’y paraît car, au delà des guignols, c’est de la France qu’il s’agit. Si le pays s’est à peu près satisfait des actuelles institutions, il ne faut pas oublier que, dans les partis et factions de la gauche surtout mais aussi du centre et parfois même d’une droite un peu extrême, la Cinquième République a été volontiers vilipendée. « Fascisme », « coup d’Etat permanent », « déni de démocratie », les attaques n’ont pas manqué, avec au fond, comme point commun, le regret d’un parlementarisme débridé – dont l’Histoire nous enseigne les méfaits pour notre pays. M. Legrand, encore lui (France Inter, 4 juillet), ne le cache pas : « La rénovation de la politique viendra […] de la prise de conscience des parlementaires qu’en fait, s’ils le veulent, s’ils le prennent, ils ont du pouvoir. » Allons plus loin : ce qui prête à sourire aujourd’hui, car relevant de la farce avec les histrions de La France insoumise dans les principaux rôles, pourrait tourner au tragique demain pour le pays si les velléités de certains devaient se concrétiser par l’instauration d’une Sixième République.

M. Macron peut bien danser, il n’est pas Louis XIV – ça se saurait. Ses proches prétendent cependant qu’à défaut de les reconnaître, il tient compte de ses erreurs. On peut donc encore espérer, si ce n’est penser, qu’il répondra mieux, si peu que ce soit, à l’attente manifeste des Français qui aspirent à une restauration et à une incarnation du pouvoir politique, préservant au moins ainsi le pays d’une dangereuse régression institutionnelle.

( 5 juillet, 2018 )

Reconstruire une chapelle détruite par une colonne infernale, ça vous dirait ?

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

LA LORRAINE ROYALISTE VOUS ENGAGE VIVEMENT A  SOUTENIR CETTE ŒUVRE.

 

Chaque année, près de Nantes, au début du mois de juillet, un camp d’été pour les 18-28 ans se lance pour reconstruire une chapelle détruite pendant la Révolution par la colonne infernale « Le Cordelier ».

De vingt à soixante-dix jeunes, en fonction des années, viennent donner un jour, une semaine, voire même un mois pour rebâtir, pierre après pierre, ce vieux patrimoine breton et français. Renouant avec la vieille tradition du travail manuel, ces jeunes découvrent finalement que dix doigts suffisent pour construire une cathédrale : cette chapelle Saint-Pierre-ès-Liens est leur cathédrale !

Le principe est d’une simplicité biblique : enraciner le présent dans le passé pour construire le futur. En effet, la finalité de la construction est de faire de cette chapelle un mémorial des guerres de Vendée. C’est également une manière de rendre hommage aux courageuses victimes vendéennes qui ont été massacrées pendant la Révolution française. Nous parlons beaucoup, dans les colonnes de Boulevard Voltaire, de transmission et de traditions ainsi que de liens entre le passé et l’avenir. En voilà une preuve concrète et palpable qui existe dans notre pays.

Le travail physique et éprouvant que nos sociétés consuméristes s’efforcent d’oublier est ici magnifié. La pioche vient remplacer le clavier ; la pelle, le stylo. La fatigue physique vient remplacer celle de l’écran d’ordinateur. En effet, la finalité de la construction est de faire de cette chapelle un mémorial des guerres de Vendée. Ils porteront des brouettes lourdes, s’adapteront aux problèmes que toute construction pose plusieurs fois par jour. Ils se rendront compte que, finalement, rien n’est impossible tant que foi, ingéniosité et grandeur seront mises au service d’une noble cause.

Le camp s’enorgueillit d’être « chrétien et catholique » et ce n’est sans doute pas étranger à son succès et sa pérennité. Son but est de rendre à la France une de ses églises, de rendre une partie de leur histoire aux Vendéens, mais surtout de rendre un temple à Son Dieu. Triple objectif qui réconcilie la France à son histoire, sa culture et ses traditions : en un mot comme en cent, c’est une construction pour affirmer au monde que la France est toujours la fille aînée de l’Église !

L’été prochain, ces jeunes vont construire le toit du cloître de la chapelle. Nous avons donc lancé une grande campagne de dons pour trouver de généreux donateurs qui viendront soutenir par leur don le travail de ces jeunes.

C’est à un acte concret que vous êtes conviés ! Nous vous exhortons à donner pour un projet qui a enraciné (et enracine encore aujourd’hui) plus de 1.300 jeunes et en a fait des Français fiers de leur pays, de sa culture et de ses traditions. Un projet anecdotique, une parenthèse dans notre monde moderne, mais qui donne tout son sens à la France éternelle et ses racines chrétiennes. Un projet qui dépasse le simple don (que ce soit financier ou physique) pour construire des œuvres grandioses et mettre en avant le génie français.

Devenez les mécènes de cette cathédrale vendéenne !

https://dons.memoiredufutur.fr/projet/

Historien, écrivain
( 1 juillet, 2018 )

SIMONE VEIL

 

 

Non, je ne m’associe pas à l’hommage rendu à Simone Veil. En dehors de sa vie personnelle marquée par la souffrance de la déportation due aux révolutionnaires nazis, nous ne pouvons oublier qu’elle est avant tout, pour nous Français, celle qui fit voter – sur ordre de Giscard et Chirac – la loi scélérate qui à conduit environ 10 millions de jeunes français encore dans le ventre de leurs mères à la mort. Il est dit qu’elle ne voulut pas les dérives qui ont conduit à la situation actuelle, mais elle ne les condamna pas formellement. Elle rejoint au Panthéon des criminels et des racistes anti-sémites comme Voltaire… Tout un symbole !

Philippe SCHNEIDER

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