( 18 novembre, 2018 )

Maurras met son gilet jaune !

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

 

Ainsi M. Griveaux, sans doute préoccupé par le soulèvement de la France périphérique qui s’annonce pour le 17 novembre, a souhaité, jeudi matin, sur France Inter, que le « pays légal » rende enfin visite au « pays réel » ! Maurras, qui est l’auteur de cette célèbre distinction, aurait souri de s’en voir contester la paternité par un ministre à la culture défaillante au profit — allez savoir pourquoi ! — de Marc Bloch, auteur lui-même d’une citation sur le sacre de Reims et la fête de la Fédération que nous faisons d’ailleurs volontiers nôtre !

Mais le maître de l’Action française se serait surtout réjoui de constater, à cette occasion, la persistance du rayonnement des analyses qu’il avait posées au début du XXe siècle. Éric Zemmour rappelait, mercredi, dans une conférence à l’ISSEP, l’école de sciences politiques récemment créée à Lyon par Marion Maréchal, que de Gaulle et la Ve République devaient à Maurras, d’une part, l’idée de restauration de la durée et de l’autorité au sommet de l’État, contre les faiblesses du régime parlementaire et, d’autre part, la ligne générale de leur politique étrangère, celle d’une grande puissance moyenne cherchant à fédérer les non-alignés pour résister aux grands blocs antagonistes.

Il aurait pu ajouter que la troisième leçon, celle de la distinction du « pays réel » et du « pays légal », justement, aurait elle aussi mérité d’être entendue ! Maurras, à travers elle, apparaît en effet comme un précurseur, non seulement de l’idée de décentralisation (ce qui est bien connu), mais aussi du populisme en ce sens qu’il a perçu et décrit avant tout le monde le divorce du peuple et des élites illégitimes qui trahissent la nation au profit des idéologies ou d’une fausse conception de l’universel. Un portrait-robot qui correspond assez bien à M. Griveaux et à ses semblables… la boucle est bouclée !

Stéphane Blanchonnet

 Professeur agrégé de lettres modernes
Président du Comité directeur de l’Action française
( 16 novembre, 2018 )

Élites nulles

 

Lu sur lafautearousseau »

 

 

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Hier matin, Benjamin Griveaux – tout de même ministre et porte-parole du gouvernement – est sur France Inter pour commenter l’interview d’Emmanuel Macron, sur le Charles de Gaulle, la veille au soir. Donc, la situation politique et les propos du président.

2221779_ce-quil-faut-retenir-de-linterview-de-macron-depuis-le-charles-de-gaulle-web-tete-060147048591.jpgCe dernier ayant reconnu avoir échoué à réconcilier les Français avec leurs dirigeants, Griveaux opine : « Oui, c’est l’opposition classique Pays Réel – Pays légal, pour reprendre l’expression de Marc Bloch ». Sans commentaire.

Celui-ci toutefois : ce n’est après tout pas si grave ni si important que l’expression soit de Marc Bloch ou de Maurras. Ce qui compte aurait dit Pierre Boutang « c’est la chose même ». Sauf que la distinction Pays Réel – Pays Légal s’intègre dans une pensée politique déterminée, en l’occurrence dans ce qu’Albert Thibaudet avait appelé les idées de Charles Maurras. Pas dans celles de Marc Bloch …

On a bien ri dans le landernau où l’on est, du reste, aussi ignorant que Griveaux ; on s’est bien moqué. D’autant que ce jeune Griveaux est, paraît-il, un habitué des bourdes de toutes sortes. Il pourrait sembler aux esprits simples ou irréfléchis que ce n’est pas forcément indiqué pour le porte-parole d’un gouvernement. Mais non, lui dit qu’il « s’en fiche ». Élégante désinvolture …

Ce n’est ni si grave, ni si important, en effet. Mais l’inculture ! L’inculture ! Ça oui !

( 16 novembre, 2018 )

Commémoration du 11 Novembre : l’affront fait à la Serbie

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

Nous approuvons totalement ce texte et prions nos amis serbes de bien vouloir excuser la France que son président a déshonorée par ce scandale. Qu’ils sachent que les Français, eux, n’oublient pas leurs amis serbes. LR

 

Il est parfois des choses qui demeurent inexplicables et incompréhensibles. Ainsi de la commémoration du centenaire de l’armistice de 1918 qui s’est tenue à Paris, ce 11 novembre, et qui fut entachée d’une veulerie historique que d’aucuns décrivirent plus sagement et plus simplement comme n’étant qu’un « scandale diplomatique ».

Tous les dirigeants des pays belligérants trouvèrent leur place à la tribune officielle. Tous sauf un, pour lequel il n’y avait, justement, pas de place.

Le président du pays auquel la guerre fut déclarée en premier par l’Autriche-Hongrie puis par l’Allemagne ; le président du pays qui fut en premier attaqué par les puissances centrales ; le président du pays dont l’armée héroïque remporta les premières victoires alliées ; le président du pays qui, enfin, paya le plus lourd tribut, avec ses 1.200.000 victimes, taux le plus élevé de tous les États belligérants ; le président de la Serbie, donc, fut quant à lui relégué dans une tribune annexe…

L’affront, tout à fait incompréhensible, fut de taille. Il fut d’autant plus insupportable qu’il vint d’un pays considéré en Serbie depuis un siècle comme un vieil allié et ami – la France. Pis encore, à regarder la présidente de la Croatie – État qui n’existait pas en 1914 et dont le peuple porta l’uniforme austro-hongrois – au premier rang aux côtés d’autres chefs d’États, ou l’Albanais Hashim Thaçi – ancien terroriste et chef de l’entité sécessionniste du Kosovo, dont le peuple harcelait et achevait à chaque occasion qui se présentait l’armée serbe, déjà exténuée par les combats, la faim et le froid lors de sa retraite de 1915 – au deuxième rang derrière Mme Merkel et MM. Poutine et Macron, l’on ne pouvait que rester effaré devant l’absence du président de la Serbie !

Si Emmanuel Macron avait voulu délibérément et bassement humilier ce pays et son peuple, il ne s’y serait pas pris autrement.

Interpréter l’événement n’est pourtant pas chose aisée.

Bien évidemment, une partie de l’explication se retrouve incontestablement dans l’ignorance et la prétention qui siéent si bien à l’époque et qui caractérisent tant les générations dont fait partie aussi le Président Macron. Si on le pare d’une certaine culture – ce qui n’est pas forcément difficile en comparaison de son prédécesseur au palais de l’Elysée -, il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un parfait représentant de son époque, talentueux certes, mais, au fond, marchant dans les clous de l’idéologie dominante.

Nous sommes, en effet, fort éloignés d’un général de Gaulle ou encore d’un François Mitterrand qui connaissaient l’Histoire et en avaient un sens profond. Ils savaient ce qu’était la France. Ils savaient ce qu’était le monde. Ils savaient, de fait, aussi, les liens d’amitié qui existaient entre la France et la Serbie et qui furent scellés dans le sang sur le front de Thessalonique lors de la Grande Guerre. C’était une époque, aujourd’hui révolue, où la France avait encore à sa tête de véritables hommes d’État.

Une autre partie de l’explication tient à la politique étrangère de la France qui, depuis la fin de la guerre froide, a été, pour ce qui est des Balkans, inféodée à la politique allemande d’abord, à la politique américaine ensuite. Reconnaissance des indépendances slovène et croate en 1992, agression militaire de l’OTAN en 1999, sécession et reconnaissance du Kosovo et de la Métochie en 2008… l’amitié franco-serbe en avait déjà pris un sacré coup.

Pourtant, ni l’esprit du temps ni la vacillante politique étrangère de la France dans les Balkans ne suffisent à expliquer le « scandale diplomatique » du 11 novembre. Mais après tout, peut-être qu’il ne faut pas chercher une cause directe à l’événement. Il se peut que l’humiliation du 11 novembre ne soit qu’une des marques symboliques de la fin du monde ancien. Elle serait, à bien y réfléchir, parfaite comme confirmation du nouveau monde, qui adore tellement déconstruire et relativiser.

Quoi qu’il en soit, il restera, à tout jamais marqué d’une encre indélébile, qu’à l’occasion de la célébration du centenaire de l’armistice de 1918 à Paris, la Serbie, avec son cortège de 1.200.000 morts, n’avait pas sa place à la tribune où ses agresseurs d’antan avaient pris la leur.

Milos Jovanovic

 Président du Parti démocrate de Serbie
( 15 novembre, 2018 )

Le 11 Novembre à Paris, c’est l’hypocrisie macronienne

 

Lu sur « boulevard Voltaire ».

 

Je rentre du Donbass, où j’ai mené avec l’association Ouest-Est une délégation d’observateurs français (parmi lesquels se trouvaient Thierry Mariani, Nicolas Dhuicq, Michel Voisin et d’autres personnalités) pour les élections législative et présidentielle de la République populaire de Donetsk, suite à l’assassinat du président Aleksandr Zakhartchenko.

Les élections se sont déroulées sans incident dans une ambiance étonnamment festive, avec une participation très forte à plus de 80 %. C’est sans surprise que les deux hommes forts des deux républiques (Denis Pouchiline, à Donetsk, et Léonid Passetchnik, à Lougansk) ont gagné ces élections dès le premier tour. C’est le signe que les habitants du Donbass font toujours confiance aux équipes qui, dès le départ, ont choisi de ne pas accepter l’autorité des putschistes de Kiev, suite au coup d’État de février 2014.

Ce qui est plus surprenant, en revanche, est qu’au même moment à Paris, les chefs d’État du monde entier se sont rassemblés pour commémorer la fin de la Grande Guerre sans faire, à aucun moment, allusion à cette terrible guerre en pleine Europe qui a pris la vie de plus de 10.000 personnes depuis 2014.

Comment Emmanuel Macron a-t-il pu dire que l’Union européenne « délivre des guerres civiles » alors que l’Union européenne a, précisément, soutenu le coup d’État de Kiev qui a plongé l’Ukraine dans la guerre civile ? Comment peut-il oser dire qu’il faut faire, « une fois de plus, ce serment des nations de placer la paix plus haut que tout » alors que son ministre de la Défense vend des hélicoptères à l’armée ukrainienne pour faire la guerre aux habitants du Donbass ? Comment peut-il dénoncer le totalitarisme alors qu’en juin dernier, François de Rugy, alors président de l’Assemblée nationale, accueillait en grande pompe Andriy Paroubiy, président de la Rada de Kiev, fondateur du Parti social-nationaliste (sic), chef des milices armées de l’Euromaïdan qui ont renversé le gouvernement légitime ukrainien et qui affirme que les habitants du Donbass ne devraient pas avoir les mêmes droits que le reste de l’Ukraine ?

L’hypocrisie élyséenne vire à la schizophrénie et cela devient vraiment inquiétant. En tout état de cause, la guerre mondiale n’est toujours pas terminée. L’État profond américain veut sa guerre avec la Russie et il a choisi l’Ukraine comme théâtre d’opération préliminaire. Les conséquences de cette guerre pour nous, Européens, seraient fatales. Alors, en cette période de commémoration, souvenons-nous qu’aujourd’hui encore, de jeunes Européens meurent dans les tranchées et que de petits orphelins pleurent la mort de leurs parents tombés sous les bombes.

La France a signé les accords de Minsk 2, dont l’objectif est de rétablir la paix entre le Donbass et l’Ukraine. Si monsieur Macron aime tant la paix, qu’il cesse d’en parler et qu’il nous le prouve en honorant la signature de la France et en œuvrant immédiatement pour la paix au Donbass. L’Europe ne survivrait pas à une Troisième Guerre mondiale.

Nikola Mirkovic

 Responsable d’une association humanitaire
( 15 novembre, 2018 )

L’hommage aux « Poilus » dévoyé par l’idéologie dominante

 

Communiqué de Bernard Lugan

 

Pensée par le socialiste Joseph Zimet en charge de la Mission du centenaire de la Grande Guerre, à la ville époux de Madame Rama Yade ancien secrétaire d’Etat de Nicolas Sarkozy, la cérémonie du 11 novembre 2018 célébrée sous l’Arc de Triomphe laisse une impression de malaise.

 

D’abord, comment expliquer l’insolite relégation des représentants de la Serbie à l’extérieur de la principale tribune officielle alors que leur pays fut un des artisans majeurs de la victoire après avoir perdu 450.000 combattants tués et 134.000 autres blessés sur une population de 4,5 millions d’habitants ? Sans compter des pertes civiles s’élevant à 800.000 morts…

 

Ensuite, comment qualifier l’insulte personnelle faite au président Trump, obligé de subir la prestation-provocation de sa compatriote d’origine béninoise, la chanteuse Angélique Kidjo, l’une de ses plus farouches adversaires ? Il est en effet utile de rappeler que cette militante activiste avait manifesté contre son élection au sein de la Women’s March, et qu’elle le qualifie d’homme qui n’a « ni morale, ni valeurs humaines »… Un tel affront diplomatique restera dans les annales…

 

Enfin, point d’orgue de la grande entreprise de réécriture de l’histoire de France, l’amplification du rôle de l’Afrique durant la Première Guerre mondiale, à travers un message plus que subliminal : les Africains ayant permis la victoire française, leurs descendants ont des droits sur nous et voilà donc pourquoi ils sont chez eux chez nous…

 

Je répondrai à ce troisième point en reprenant mon communiqué en date du 13 mai 2016 dont le titre était « La France n’a pas gagné la Première guerre mondiale grâce à l’Afrique et aux Africains ».

 

Laissons en effet parler les chiffres[1] :

 

1) Effectifs de Français de « souche » (Métropolitains et Français d’outre-mer et des colonies) dans l’armée française

 

- Durant le premier conflit mondial, 7,8 millions de Français furent mobilisés, soit 20% de la population française totale.

- Parmi ces 7,8 millions de Français, figuraient 73.000 Français d’Algérie, soit 20% de toute la population « pied-noir ».

- Les pertes parmi les Français métropolitains furent de 1.300 000 morts, soit 16,67% des effectifs.

- Les pertes des Français d’Algérie furent de 12.000 morts, soit 16,44% des effectifs.

 

2) Effectifs africains

 

- L’Afrique fournit dans son ensemble 407.000 hommes, soit 5,22 % de l’effectif global de l’armée française.

- Sur ces 407.000 hommes, 218.000 étaient originaires du Maghreb (Maroc, Algérie et Tunisie).

- Sur ces 218.000 hommes, on comptait 178.000 Algériens, soit 2,28 % de tous les effectifs de l’armée française.

- Les colonies d’Afrique noire dans leur ensemble fournirent quant à elles, 189.000 hommes, soit 2,42% de tous les effectifs de l’armée française.

- Les pertes des Maghrébins combattant dans l’armée française furent de 35.900 hommes, soit 16,47% des effectifs, dont 23.000 Algériens. Les pertes algériennes atteignirent donc 17.98% des effectifs mobilisés ou engagés.

- Les chiffres des pertes au sein des unités composées d’Africains sud-sahariens sont imprécis. L’estimation haute est de 35.000 morts, soit 18,51% des effectifs ; l’estimation basse est de 30.000 morts, soit 15.87%.

 

Pour importants qu’ils soient, les chiffres des pertes contredisent l’idée-reçue de « chair à canon » africaine. D’ailleurs, en 1917, aucune mutinerie ne se produisit dans les régiments coloniaux, qu’ils fussent composés d’Européens ou d’Africains.

 

Des Africains ont donc courageusement et même régulièrement héroïquement participé aux combats de la « Grande Guerre ». Gloire à eux !

 

Cependant, compte tenu des effectifs engagés, il est faux de prétendre qu’ils ont permis à la France de remporter la victoire. Un seul exemple : l’héroïque 2° Corps colonial engagé à Verdun en 1916 était composé de 16 régiments, or, les 2/3 d’entre eux étaient formés de Français mobilisés, dont 10 régiments de Zouaves composés très majoritairement de Français d’Algérie, et du RICM (Régiment d’infanterie coloniale du Maroc), unité alors très majoritairement européenne.

 

Autre idée-reçue utilisée par les partisans de la culpabilisation et de son corollaire « le grand remplacement » : ce serait grâce aux ressources de l’Afrique que la France fut capable de soutenir l’effort de guerre.

Cette affirmation est également fausse car, durant tout le conflit, la France importa 6 millions de tonnes de marchandises diverses de son Empire et 170 millions du reste du monde.

 

Conclusion : durant la guerre de 1914-1918, l’Afrique fournit à la France 5,22% de ses soldats et 3,5% de ses importations.

Ces chiffres sont respectables et il n’est naturellement pas question de les oublier ou de les tenir pour secondaires. Prétendre qu’ils furent déterminants est en revanche un mensonge doublé d’une manipulation idéologique.

Bernard Lugan 

[1] Les références de ces chiffres sont données dans mon livre Histoire de l’Afrique du Nord des origines à nos jours. Le Rocher, 2016.

 

( 15 novembre, 2018 )

NANCY-THERMAL

 

 

Voici enfin une bonne nouvelle : la métropole de Grand Nancy a décidé d’investir pour la renaissance d’une station thermale à Nancy. Nous l’attendons depuis 1977, année électorale où une liste, qui ne l’a pas emporté, l’avait mis à son programme. Des occasions ont eu lieu ensuite, en particulier lors de l’abandon par l’armée de l’hôpital Sédillot qui aurait été un endroit idéal… Mais cela ne s’est pas fait.

Aujourd’hui, cela va donc se faire. Nous l’espérons en souhaitant que le projet architectural s’intègre  bien dans la ville, pas comme cette autre bonne idée que fut l’agrandissement du musée lorrain gâché par un projet architectural aberrant !

Il faudra aussi surveiller attentivement le financement qui ne paraît pas très clair !

Philippe SCHNEIDER

( 15 novembre, 2018 )

LA GAUCHE SECTAIRE

 

 

Nous apprenons dans le numéro 1151 du bimensuel « Royaliste » (1) que « La région des Pays de Loire a décidé de donner au lycée de Carquefou le nom d’Honoré d’Estienne d’Orves, chef du réseau Nemrod, fusillé au Mont Valérien le 29 août 1941, Compagnon de la Libération ».

Cela ne devrait pas poser de problème. Pourtant, voilà qui ne plait pas à l’opposition de gauche qui fait campagne contre cette nomination car ce héros de la résistance était, comme beaucoup d’autres, monarchiste et catholique. Ils ne veulent pas qu’il soit honoré comme il se doit. Nous voyons bien là le sectarisme bête et stupide d’une gauche qui ne veut pas regarder la vérité en face.

Sans doute ces opposants auraient-ils préférés que l’on donne à ce lycée le nom d’authentiques hommes de gauche comme – au hasard ! – Marcel Déat ou Jacques Doriot ?…

 

Philippe SCHNEIDER

(1) 36-38 rue Sibuet, 75012, Paris

( 15 novembre, 2018 )

Démocratie et électoralisme

 

 

La récente conférence de presse tenue à Metz par M. Bruno North, président du CNIP, a été l’occasion de nous rappeler qu’en démocratie rien ne se résoudra par les urnes.

Bien sûr le CNIP est un parti conservateur, il s’affiche d’ailleurs libéral et conservateur.Libéral,sans pourtant être pour une déréglemention totale des marchés et une mise en concurrence de nos artisans avec les ouvriers chinois. Conservateur (un mot qui commence bien mal comme disaitle Comte de Paris), sans être bien précis sur ce qu’il y a à conserver. Favorable à l’égalité mais refusant l’égalitarisme (qui est son débouchement naturel…). Liberté, égalité, fraternité étant d’ailleurs le trio de valeurs revendiquées.

Il est sûr que ce discours peut rassurer nos anciens, il peut supporter des combats de résistance, de conservation, il est malheureusement uniquement en réaction. Il ne permet pas de propositions concrètes, d’actions porteuses de sens, qui puissent transformer la société, ou lui permettre de se développervers le Bien.

La stratégie électorale était, tout au contraire,bien définie ! Union avec Dupont-Aignan pour les européennes, permettant une campagne financée, donc une visibilité. Positionnement d’alternative, de vraie droite mais sérieuse, entre les Républicains mous et un Rassemblement National décrédibilisé. Une présence large pour pouvoir peser.

Ceci souligne que penser la politique sans avoir une école de pensée éloigne de la politique pour amener à l’électoralisme. Aujourd’hui comme hier la politique ne se fait pas dans les urnes, elle se fait dans les esprits.

Souhaitons néanmoins bonne chance à Thierry Gourlot, qui vient de lancer à cette occasion la Fédération de Moselle du CNIP. C’est une homme politique intègre(une rareté) et fidèle à ses idées (une exception). Il nous donnera, en continuant son engagement,l’occasion, et sans considération de parti, de pouvoir encore quelques fois mettre un bulletin dans l’urne sans être en désaccord avec le nom qui y est inscrit.

Antoine Mores

 

( 15 novembre, 2018 )

CNIP – Lancement de la Fédération de Moselle.

 

 

Samedi 13octobre à Metz, la salle était comble pour le lancement de la Fédération de Moselle du CNIP. Sous les auspices de Bruno North, président du CNIP, et avec la présence et l’appui du Sénateur Jean-Louis Masson, Thierry Gourlot a officiellement mise en ordre de marche la Fédération de Moselle du CNIP.

Le CNIP n’est pourtant une nouveauté, ni en en France où il est le plus vieux parti de la droite française, ni en Lorraine où il a été longtemps bien implanté, la dernière grande figure locale du CNIP ayant été le docteur Kiffer, bien connu et respecté maire d’Amnéville.

Néanmoins, du point de vue de Bruno North, les recompositions (décompositions ?) actuelles de la droite française, ouvrent un espace nouveau, une troisième voie, entre « Les Républicains » et le « Rassemblement National ». Sans jamais attaquer ces mouvements, il a cherché à préciser ce qui différenciait le CNIP. A savoir, selon lui, principalement ses valeurs. Ce sont d’ailleurs les valeurs que le sénateur Masson a mis en exergue pour expliquer son soutien, valeur de fidélité et d’honnêteté, tant personnelle que politique avec Thierry Gourlot.

Les valeurs mises en avant par Bruno North sont celles du libéral-conservatisme, libéralisme économique, conservatisme sociétal.

Si le discours sur les valeurs était rodé, ce sont bien les élections qui étaient en ligne de mire, particulièrement les élections européennes. Le CNIP vient en effet de rejoindre l’alliance des « amoureux de la France » emmenée par Dupont-Aignan, et qui regroupe égalementDebout la France et le parti Chrétien-démocrate de Jean-Frédéric Poisson. L’idée étant, pour la première fois, pour Dupont-Aignan, de faire une campagne à grands moyens (car remboursée).

Question à Bruno North :Vous vous inscrivez dans une ligne conservatrice, mais vu l’état actuel de la société, y-a-t-il encore beaucoup à conserver ? Quelles sont les valeurs positives (et non réactives) que vous portez ?

Bruno North :Nous sommes conservateurs, conservateurs des valeurs qui ont fait la France. Prenons l’égalité, la véritable égalité, n’est pas l’égalitarisme, c’est celle qui permet l’excellence, et nous voulons remettre l’égalité des chances et l’excellence en avant. La véritable égalité, c’est également celle qui s’oppose au racisme anti-blanc.

Question à Thierry Gourlot : le sénateur Masson l’a rappelé, vous êtes un homme de fidélité, un homme d’engagement ; quel est votre plan, vos projets, en dehors de l’agenda purement électoral ?

Thierry Gourlot : la priorité c’est la base, reconstruire une base, aujourd’hui la Moselleest la plus forte Fédération en Lorraine, il faudrait atteindre une cinquantaine de militants. Nous allons revenir aux sources du CNIP, les indépendants, artisans, petits entrepreneurs… Bien sûr il y aura les échéances électorales, les européennes, mais aussi les municipales… Même si nous ne sommes pas partout présents sous l’étiquette CNIP, nous serons acteurs.

 

Propos recueillis parJulien Becker

( 5 novembre, 2018 )

Édouard Philippe à Hanoï : ce qu’on eût aimé lui entendre dire

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

 

En visite à Hanoï, le Premier ministre a, sur un livre d’or, écrit ces lignes en l’honneur d’Hô Chi Minh :

« À Hanoï, je suis heureux de célébrer l’amitié entre nos deux peuples et de rendre hommage au Président Hô Chi Minh, artisan de l’indépendance d’une grande et belle Nation. L’austérité sereine du bureau de Hô Chi Minh montre combien le travail et le calme, la détermination et la constance servent les projets des États ! »

Le samedi 3 novembre, il s’est rendu sur le site de la bataille de Ðiện Biên Phủ, où il a rendu hommage aux morts des deux camps. « Il me semblait qu’il était utile de regarder notre passé commun de façon apaisée », s’est-il justifié.

On ne sait s’il faut être indigné de cet hommage rendu au père de l’indépendance vietnamienne ou consterné par l’opportunisme intéressé du Premier ministre. Quand on va signer des accords commerciaux qui avoisinent les dix milliards d’euros, on peut comprendre qu’on fasse preuve de diplomatie. Mais faut-il aller jusqu’à honorer la mémoire du chef communiste de la rébellion contre la France ? Pire encore : devait-il célébrer « le travail, le calme, la détermination [qui] servent les projets des États », faisant ainsi implicitement allusion au comportement qu’il prête à Emmanuel Macron ?

7 mai 1954 : après des semaines de combat, c’est la chute de Ðiện Biên Phủ. Plus de 1.700 soldats français morts, 1.600 disparus, 10.300 prisonniers, dont 4.000 blessés, puis les camps de rééducation, les tortures et ceux qu’on ne retrouvera jamais… Faut-il rappeler le rôle ambigu des États-Unis, qui n’apportèrent aucune aide à la France pour ne pas incommoder la Chine et, pressés d’étendre leur influence en Asie, s’enlisèrent, de longues années, dans la guerre du Vietnam ? Et comment oublier tous les Vietnamiens qui, jusqu’à la dernière minute, firent confiance à la France et s’accrochaient aux navires en partance ? Faut-il évoquer les exploits du sinistre Boudarel, militant communiste passé à l’ennemi, qui fut nommé commissaire politique dans un camp de rééducation et se serait rendu coupable de tortures contre l’armée française, avant de terminer paisiblement sa vie comme universitaire à Paris ?

Il faut avoir vécu ces événements pour pouvoir en parler dignement. J’ai, sous les yeux, les mémoires d’un officier de marine, qui fit deux campagnes en Indochine. Je tombe sur cette phrase : « Tous ceux qui ont connu et aimé ce pays ont le cœur déchiré. » Et, un peu plus loin : « À la veille de quitter Saïgon, le 4 juin 1975, le dernier ambassadeur occidental, le Français Jean-Marie Morillon, se vit sacrer “ami du peuple vietnamien” par le gouvernement communiste dont il prenait congé. Un ami est celui qui aime et que l’on aime. Si beaucoup de Français ont encore le mal du Vietnam, le Vietnam, sans trop l’avouer, a toujours le mal de la France. Et ce mal, qu’on le veuille ou non, est un mal d’amour. »

Voilà le genre de propos qu’aurait pu tenir Édouard Philippe, sans blesser en rien ses hôtes. On ne lui reproche pas de n’être pas né avant la bataille de Ðiện Biên Phủ, mais au moins pouvait-il s’informer de ce que fut réellement la présence française en Indochine et célébrer la réconciliation de deux peuples qui se sont toujours respectés. Au lieu de cela, un discours convenu, aux arrière-pensées politiciennes. Il a même trouvé le moyen, devant les élèves du nouveau lycée français d’Hanoï, de défendre la hausse des taxes sur les carburants. Lamentable ! On raconte qu’Hugues Aufray, alors tout jeune, renonça à chanter, le soir de la chute de Ðiện Biên Phủ : cela avait une autre allure !

Rendons, à notre tour, hommage aux combattants de Ðiện Biên Phủ, en écoutant la chanson que Jean-Pax Méfret leur consacra : « Aujourd’hui tout le monde s’en fout / De Ðiện Biên Phủ / Mais nous nous restons fiers de vous ! / Ðiện Biên Phủ ! »

Philippe Kerlouan

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