( 13 septembre, 2019 )

Trump annule sa rencontre avec les talibans prévue à Camp David

 

Lu sur « Je Suis Français »

 

Le secret avait été bien gardé.

Dimanche 8 septembre, à Camp David, Donald Trump devait rencontrer, pour la première fois, les principaux dirigeants talibans. Les négociations, entamées il y a environ un an, avaient notablement progressé cet été et un accord pour un retrait américain semblait proche.

Paradoxalement, ces dernières semaines, les attentats s’étaient multipliés dans toute l’Afghanistan ; certains ont été revendiqués par l’Etat islamique, en progression constante, d’autres par les talibans eux-mêmes. Cela relevait de leur part d’une tactique vieille comme le monde : mettre la pression sur l’adversaire avant de s’assoir à la table des négociations.

Trump annule sa rencontre avec les talibans prévue à Camp David dans actualités afg-300x205

Mais à trop jouer avec le feu, les talibans ont commis une erreur : l’attentat de trop, celui qui a tué un soldat américain. Jusque-là, les attentats tuaient des Afghans, civils ou militaires. Quant aux morts américains (3 au cours de l’été), ils s’étaient produits au cours d’engagements armés, ce qui est différent. L’attentat suicide qui tue « un boy », c’est la ligne rouge qu’il ne fallait pas franchir, car elle oblige de facto Trump à annuler la réunion de Camp David.

A ce niveau de méconnaissance de la psychologie américaine, c’est tout de même surprenant. L’engagement de campagne de Trump était clair : plus de morts américains inutiles dans des guerres interminables. Promesse saluée par le peuple américain qui n’a jamais approuvé ces engagements lointains, coûteux et finalement stériles, voire calamiteux. Or ce même peuple américain ne peut pas non plus accepter de voir se pavaner dans la résidence mythique de Camp David des terroristes qui viennent de lui tuer un soldat par un attentat suicide, c’est-à-dire le symbole absolu de la lâcheté et de la barbarie islamistes.

Trump n’avait pas le choix et se devait d’annuler cette réunion sous peine de passer pour un faible.

Il a cependant pris soin de ne pas couper tous les ponts. Ainsi, dès le lendemain, Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, a déclaré qu’une reprise des négociations était envisageable mais à condition que les talibans « changent d’attitude ». Mansuétude surprenante : on n’en fait pas autant pour l’Iran qui n’a pourtant tué aucun soldat américain.

Mais Trump veut vraiment quitter l’Afghanistan : après 18 ans de guerre, des milliards de dollars dépensés, et plus de 4000 morts américains, le résultat est nul. L’opinion en a assez, et l’Afghanistan est un pays à peu près ingouvernable.

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Les talibans, un peu vexés, ont réagi de façon menaçante : « L’Amérique va souffrir plus que tout autre » et a promis de « poursuivre le jihad jusqu’à la fin de l’occupation. »

Malgré cette rhétorique guerrière, il semble probable que, l’émotion passée, les négociations reprennent. Et Trump et les talibans y ont intérêt.

L’histoire ne dit pas ce qui se passera ensuite, ni à quel moment les talibans renverseront le faible régime pro-américain, mais il est tout de même probable que, d’ci-peu, la planète compte un régime islamiste de plus.

Antoine de Lacoste

( 12 septembre, 2019 )

Éoliennes, le vent de la colère

 

Lu sur « Boulevard Voltaire ».

Ajoutons que non seulement l’implantation d’éoliennes ne devraient pas être subventionnée mais qu’en plus chaque éolienne devrait faire l’objet d’une caution versée par l’installateur auprès de l’Etat pour couvrir les frais de remise en état du terrain. Par ailleurs, elles devraient être interdite à moins d’un kilomètre de toute habitation ou monument historique. L.R.

 

Les projets d’implantation d’éoliennes se multiplient un peu partout en France. Parmi les derniers projets en cours, les Hautes-Alpes. Les Hautes-Alpes, c’est pourtant le lac de Serre-Ponçon, c’est un département à la nature préservée, c’est le parc naturel des Écrins, les parcs régionaux du Queyras, des Baronnies. Une centaine d’éoliennes sont prévues. Il y a les Pyrénées, le Maine-et-Loire, le Centre-Val de Loire.

Il y a Chartres. Même le site emblématique de la cathédrale de Chartres, premier site classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, est menacé d’encerclement par des éoliennes. De nombreuses associations appellent à une manifestation, le 21 septembre prochain, pour s’opposer au projet.

Il y a l’Ille-et-Vilaine, en Bretagne, il y a aussi la Dordogne. Le 24 août 2019, près de 600 personnes ont défilé dans les rues de la commune de Saint-Aulaye. Dans le cortège, beaucoup d’élus. Des maires, des députés, des conseillers départementaux. Il y a aussi beaucoup d’associations de protection de l’environnement (la FED, la fédération Environnement durable, Association 3D, Forces Périgord 24, Stop Éolien 16, Vent du bocage). Il y a aussi l’association Chasse, pêche, nature et traditions. Le projet qui porte sur cinq éoliennes de 182 mètres de hauteur fait hurler une bonne partie de la population dispersées sur trois communes – 94 % des habitants concernés se sont prononcés contre.

« Une affaire d’argent »

Pour Jean-Louis Butré le président fondateur de la FED, l’association Environnement durable, « il s’agit d’une affaire d’argent. C’est subventionné ! À partir du moment où des promoteurs installent des éoliennes sur la France, ils gagent beaucoup d’argent qui est pompé sur la facture d’électricité des contribuables français. Les fonds financiers qui alimentent les sociétés éoliennes, il y en a partout ! Il y a des promoteurs d’éoliens qui sont partis avec un milliard d’euros ! »

Pour Julien Aubert, député LR de Vaucluse et rapporteur spécial sur le budget de l’énergie, « il y a des promoteurs qui ont des attitudes de cow-boys et qui ne disent pas toute la vérité sur la manière dont les choses se déroulent. Certains m’ont raconté qu’on leur avait proposé de l’argent pour régler un problème sans avoir à passer par des tribunaux… »

20.000 éoliennes prévues… pas aussi « propres » qu’ont le dit ?

Avec la loi sur la transition énergique, l’État prévoit la mise en place de 20.000 éoliennes partout dans l’Hexagone. Il en existe 8.000, actuellement, dans le pays.

Armel Joubert des Ouches

 Journaliste Reporter d’Images
( 11 septembre, 2019 )

Erdogan ou les volte-face du Grand Turc

 

Lu sur « Je Suis Français »

 

La Turquie nous donne le spectacle d’un Etat aux alliances toujours changeantes depuis que le parti islamiste AKP s’est emparé du pouvoir en 2002, après une série de dissolutions frappant ses prédécesseurs (parti de la Vertu, parti du Bien-être, parti du salut ) au nom de la laïcité kémaliste.

Pourtant, depuis la fin de la guerre, ce pays avait une politique étrangère stable, liée à l’OTAN, à Israël et aux USA, avec quelquefois des désaccords passagers et toujours pardonnés d’avance, comme dans la crise chypriote ou dans la guerre du Golfe. Cependant tout va changer à partir de la victoire de Recep Tayyip Erdogan en 2002, fournissant ainsi une preuve de pertinence aux analyses de Maurras, Bainville et Carl Schmitt.

Échecs du retour à l’héritage ottoman

Rompant en effet avec la politique kémaliste, fondée sur un nationalisme ethnique pantouranien et sur la mise en pratique du modèle européen, le gouvernement turc va se ressourcer vers l’héritage ottoman, sous l’impulsion du ministre des affaires étrangères Ahmet Davutoglu, un universitaire. Son idée était de retrouver en tant qu’ espaces d’influence les anciennes Willayas, banats et sandjaks de l’ancien empire. Le Proche-Orient, donc, pour commencer, ainsi que l’est du Maghreb. Ce qui se traduisait par un rejet du dédain traditionnel à l’égard des arabes, et par une méfiance accrue pour Israël, ainsi que par une attention plus grande portée à l’Islam politique. Lorsque les « printemps arabes » de sinistre mémoire se manifestèrent, Davutoglu, d’accord avec le Qatar et les « Frères musulmans » joua la chute imminente de Bachar Al Assad, et soutint Morsi en Egypte. Nous savons que cette politique ne porta pas de bons fruits, puisque, en fait d’influence, la Turquie se trouva brouillée avec presque tous ses voisins. On fut même à deux doigts de la guerre avec la Syrie et la Russie. Mais le plus grave est qu’Erdogan se rendit compte que l’alliance américaine faisait bon marché des intérêts vitaux de la Turquie. D’où la démarche schmittienne de redéfinition de l’Ami et de l’Ennemi en fonction d’une politique de grandeur. Or, s’il y avait pléthore d’ennemis, il n’y avait pas d’amis car les ennemis de ses ennemis avaient déjà été désignés comme ennemis par Davutoglu.

Problème kurde et renversement d’alliances …

Un autre problème encore plus crucial lui fut fatal : c’est le problème kurde. Un simple coup d’œil à la carte ethnique de la Turquie montre que tout le sud-est de la Turquie, soit 20% du territoire, contre 5% en Syrie et en Iran et 10% en Irak, abritaient un irrédentisme kurde, un peu moins de la moitié des kurdes vivant en Turquie. Cette question était inexistante dans l’empire ottoman, multinational et multireligieux, et bien entendu, despotique. Le brillant ottomaniste avait simplement oublié que la Turquie était devenue un Etat-Nation, donc vitalement intéressée à juguler le séparatisme. Or l’engagement en faveur d’un changement de régime à Damas butait contre le fait que pour garder leur cap « démocratique », anti-Daech et anti-Bachar, les USA ne trouvaient guère que les kurdes pour soutenir par les armes leurs beaux principes. La Turquie se trouvait donc du côté de son pire ennemi, si elle voulait continuer avec ses alliés. C’est pourquoi Davutoglu fut remercié et évincé de tous ses postes dès 2016. Nous assistons donc aujourd’hui à un début de renversement d’alliances concrétisé par la décision prise par Erdogan en mai dernier d’acheter des missiles russes S-400. Les USA l’ont menacé de sanctions, à commencer par l’exclusion du processus de fabrication, puis par la menace de cesser la livraison de chasseurs-bombardiers américains F-35 et la radiation de la Turquie dans ce programme. Cependant Erdogan a déclaré il y a quelques jours que la Turquie s’assurera l’achat et la production d’avions de combat, étant entendu que les Su-35 et les Su-57 russes pourraient remplacer les avions américains. En contrepartie de cette nouvelle politique, dont les conséquences peuvent être énormes, la Turquie peut compter sur une progression de ses échanges avec la Russie, et notamment la mise en place du gazoduc Turk Stream. Cela dit, la neutralisation des kurdes de l’YPG soutenus par Washington se paiera à l’évidence par la pulvérisation des soutiens pro-turcs anti-Bachar ; d’autre part, se profile également la possible sortie de l’OTAN et la fin des espoirs d’intégrer l’Europe. Or, est-il certain que la Russie puisse donner à Ankara les mêmes garanties que l’Alliance atlantique ? Ce n’est pas sûr. De plus, la Turquie encourt théoriquement les sanctions américaines qui ont coûté si cher aux banques françaises cette année. Pourtant, 59% des Turcs selon un sondage, approuveraient un tel renversement. Il s’agit d’un fait nouveau et important.

• D’abord parce que la Russie a toujours été l’ennemi naturel de la Turquie, une position qui ne s’est jamais démentie depuis quatre siècles.

• Ensuite parce, dans cette alliance, la Turquie serait jumelée avec l’Iran, autre ennemi traditionnel historique de la Turquie, avec lequel la Russie a entamé un partenariat.

Étrange situation qui fragilise l’OTAN et les Européens

Etrange situation, donc, qui fragilise l’OTAN, et met l’Union Européenne dans une situation inconfortable. Car Erdogan dispose d’un levier redoutable : Il peut faire pression sur les Européens en les menaçant d’ouvrir les vannes de l’immigration, qui ont été fermées (très partiellement) par l’accord euro-turc de 2016. Il peut évidemment obtenir une rallonge financière des Européens qui sont toujours prêts à payer davantage que les six milliards d’euros annuels promis et réglés, mais ce qu’il désire est quasi-impossible à obtenir : un infléchissement de la politique occidentale en Syrie visant à obtenir une zone militarisée turque d’une profondeur de 30 km sur tout le tracé de la frontière syrienne, ce qui réduirait à néant les forces pro-américaines dans la région. Une arme puissante, mais inadaptée au but fixé. De telles manœuvres mettront en lumière la faiblesse des pays européens, mais il est à craindre que la Turquie n’y trouve pas la stabilité diplomatique dont elle a besoin. Reste que ses retournements renforcent la déstabilisation stratégique du monde, multipliant les risques.

Pierre de Meuse

( 9 septembre, 2019 )

La France n’est-elle qu’une idée ?

 

Lu sur « Je Suis Français »

 

Le Roman de la France (tome premier : « De Vercingétorix à Mirabeau »), tel est le titre du dernier ouvrage de M. Joffrin, par ailleurs directeur de la rédaction du quotidien Libération. Sur un sujet sans doute inépuisable, on n’apprendra en fait rien qu’on ne sache déjà. L’intérêt du livre est ailleurs et c’est le bandeau qui doit interpeller le lecteur : « Une Histoire de la Liberté ».

Qu’est-ce que cela peut bien cacher ? En fait, rien d’autre que ce qui est écrit à savoir une idéalisation de la France confondue avec la Liberté.

La France n’est-elle qu’une idée ? dans actualités 835493520-191x300Chacun peut bien se faire son idée de la France, même Laurent Joffrin. De Gaulle lui-même ne s’en faisait-il pas « une certaine idée » ? Cependant, cette aspiration à l’idéal, si légitime qu’elle soit, doit être mise en tension avec une approche plus concrète, plus charnelle même. Sinon on sombre dans l’abstraction et, en l’occurrence, la vision messianique et universaliste d’une France-Liberté détachée de ce que Mme Ozouf appelle, dans son beau livre Composition française, « les déterminations » (elle précise : product_9782070437887_195x320-190x300 dans actualités« Nous naissons au milieu d’elles, d’emblée héritiers d’une nation, d’une région, d’une famille, d’une race, d’une langue, d’une culture »), vision messianique qui se révèle illusoire donc néfaste : « Le discours intégriste des universalistes repose sur l’illusion d’une liberté sans attaches. »

Revenons à Laurent Joffrin. Lors des présentations de son livre (par exemple à France Inter, samedi 31 août), en habile homme, il se concilie d’abord les auditeurs par une bonne dose d’honnêteté intellectuelle (« je suis journaliste, pas historien ») qui lui permet d’assumer pleinement l’approche plus séduisante, plus pédagogique même, de l’Histoire que constitue le recours au récit et aux grands hommes (« Ce sont les hommes qui font l’Histoire ») – laissant aux spécialistes et autres universitaires leurs rébarbatives analyses des phénomènes sociaux et économiques. Tout dépend donc de la façon de présenter les personnages et de raconter les événements. On appréciera diversement son intérêt pour les Gaulois, sa passion pour Louis XI, sa critique féroce de Louis XIV (« le personnage le plus horrible de l’Histoire de France »), ou certains titres-slogans démagogiques (« Vive la repentance ! »).

Etonnant, quand même, ce Laurent Joffrin qui reconnaît bien volontiers « un héritage incontestable : celui des racines chrétiennes, celui des rois. » La France ne commencerait donc pas en 1789. En réalité, l’idéologie sous-tend le récit (« Il faut raconter une Histoire de France qui donne sa place à l’idée de progrès et de liberté. »). Retour au bandeau, donc, et foin de l’Histoire, finalement, puisqu’on veut à toute force la faire entrer dans un moule : « La France, c’est une idée qui réunit tout le monde, c’est une idée de liberté », insiste Laurent Joffrin. MM. Sarkozy (en 2015) et Hollande (en 2016) l’avaient déjà dit… Il y aurait donc un sens à l’Histoire de France, celui de l’émergence, après moult avancées et reculs, de cette idée enfin dominante avec Lumières et Révolution – racines chrétiennes et héritage monarchique servant en quelque sorte à Laurent Joffrin de repoussoir. Cette foi dans un prétendu sens de l’Histoire reste bien suspecte.

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La France ne saurait de toute façon se ramener à une idée et, quelque idée qu’on ait d’elle, reste ce qui est premier : la terre de France, son histoire et ses gens. A vouloir la sublimer pour en faire le point oméga de l’humanité, on oublie finalement l’essentiel. Les poètes, de Charles d’Orléans (Portrait) ou Du Bellay à Robert Brasillach, Charles Trénet et même Jean Ferrat, l’ont finalement mieux compris que certains intellectuels

Louis-Joseph Delanglade

( 3 septembre, 2019 )

Valérie Pécresse tombe dans le panneau du tout numérique à l’école

 

Lu sur « Boulevard Voltaire », ces réflexions pleines de bon sens

 

Invitée de Jean-Jacques Bourdin, ce lundi matin, sur BFM TV et RMC, Valérie Pécresse a annoncé que « tous les manuels scolaires ser[aient] gratuits » pour les lycéens d’Île-de-France, confirmant également que la région offrira aux lycées voulant passer au tout numérique le matériel nécessaire pour équiper les élèves et les professeurs. On peut regretter que la présidente du conseil régional fonce ainsi tête baissée dans des innovations pédagogiques contestables.

En juin dernier, dans un entretien au Parisien, elle avait déjà exprimé son souhait de réduire la fracture numérique, d’équiper tous les lycéens d’ordinateurs et de tablettes et, pour les établissements volontaires, de remplacer les manuels papier par des manuels numériques – ce que près de 50 % auraient accepté, dès la rentrée 2019. Si cette initiative paraît a priori aller dans le sens de la modernité, en faisant entrer les Franciliens dans les « standards mondiaux en matière d’éducation », une réflexion plus approfondie montre que ce « progrès » est plus que discutable.

La meilleure preuve – Valérie Pécresse le reconnaît elle-même –, c’est que « les lycées les plus prestigieux, des quartiers favorisés, ont souvent fait le choix du tout papier […]. Les parents et les enseignants veulent sortir [les élèves] des écrans. » On peut donc légitimement se demander si le passage au tout numérique, avec l’aide de la région, permettra de lutter contre les « inégalités scolaires et sociales » ou si, au contraire, elle n’accentuera pas les fractures. Faut-il rappeler que même les ingénieurs des entreprises de la Silicon Valley envoient leurs enfants dans des écoles où les écrans sont bannis ?

Si les élèves sont le plus souvent fascinés par l’écran, rien ne prouve qu’ils soient ainsi plus motivés et qu’ils apprennent mieux. Des chercheurs ont déjà expliqué la supériorité du manuscrit dans l’apprentissage de l’écriture. D’une façon générale, on retient mieux ce que l’on s’approprie, ce que l’on manipule, ce que l’on répète avec le professeur, en se confrontant parfois à la difficulté. Sans compter que, derrière son écran, l’élève peut faire tout autre chose que le travail demandé.

Paradoxalement, alors que des études déplorent que les élèves passent trop de temps devant leurs mobiles, que des enquêtes confirment que ceux qui fréquentent assidûment le numérique au sein de l’école réussissent moins bien que les autres, des autorités publiques ou politiques viennent en rajouter, en contribuant à son expansion incontrôlée. Non pas qu’il faille l’exclure de l’enseignement, mais il convient de l’utiliser avec discernement, d’en faire un instrument parmi d’autres et non la panacée.

Si l’on peut trouver excessive la position d’Alain Finkielkraut, qui voulait bouter les nouvelles technologies hors de l’école, la défiance du philosophe n’est pas dénuée de fondement. Il est dangereux de faire table rase des méthodes traditionnelles d’enseignement sans s’interroger sur ce qu’elles apportent à la formation de l’esprit. Qui ne voit que l’introduction de plus en plus grande du numérique à l’école est, avant tout, un moyen de donner la priorité aux compétences sur les connaissances, pour faire des élèves des exécutants dociles et de bons consommateurs ?

Comme par hasard, la Commission européenne, qui fourre son nez partout, a adopté un plan d’action en matière d’éducation numérique. Dans cette affaire, c’est toute une conception de l’homme et de la société qui est en jeu. Dommage que Valérie Pécresse tombe si facilement dans le panneau en cédant au fétichisme du numérique !

Philippe Kerlouan

 Écrivain
( 3 septembre, 2019 )

Nous sommes d’Action Française et n’appartenons pas à « génération identitaire ». Mais il devient dangereux pour un patriote de défendre son pays !

 

Lu sur « Je Suis Français »

 

Trois militants identitaires, Clément Galant, Romain Espino et Damien Rieu, ont été condamnés à six mois de prison ferme, 2000€ d’amende et leur mouvement à 75000 € par le tribunal correctionnel de Gap. Quelles lois ont-ils enfreintes ? 

Le 21 avril 2018, ils avaient manifesté avec une centaine de membres de leur mouvement en proclamant vouloir «barrer la route aux migrants clandestins», près de la frontière italienne, au col de l’Échelle dans les Hautes-Alpes.

Aucun contact physique, a fortiori des violences n’avaient été commises contre personne. Selon les termes du préfet « Leur action a consisté en une opération de communication uniquement, en matérialisant la frontière par la pose d’un filet plastique et le déploiement d’une banderole. ».

Il n’en fut pas de même pour les antifascistes français et italiens accompagnés d’une trentaine de migrants voulant pénétrer par la force, qui attaquèrent un barrage de la gendarmerie française, causant des dommages à un véhicule militaire. Bien entendu, aucune poursuite réelle ne sera menée à leur encontre.

En revanche les militants s’opposant à l’irruption illégale d’étrangers seront l’objet de poursuites sur différents chefs d’accusation. 

Le premier fut naturellement l’existence propos racistes. Cependant l’enquête visant à les constater tourna court faute d’éléments. On chercha alors le délit d’«immixtion dans l’exercice d’une fonction publique», mais celui-ci fut estimé «insuffisamment caractérisé» par le Procureur. Une circulaire fut alors envoyée le 4 mai 2018 aux tribunaux par le directeur des affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice, en indiquant qu’il « existe deux infractions  » visant les comportements hostiles à la circulation des migrants  » qui auraient pu être utilisés par réprimer les activistes de Génération identitaire, notamment l’exercice d’une activité ou l’usage de document créant la confusion avec une fonction publique (article 433-13 du code pénal) ». Ce chef d’inculpation se heurtait au fait que les immigrés illégaux, longuement interrogés, reconnurent sans difficulté qu’ils ne confondaient nullement les militants avec des forces de l’ordre. Les identitaires invoquaient l’article 73 du Code de procédure pénale, qui dispose que «toute personne a qualité pour appréhender l’auteur d’un crime ou délit flagrant et le conduire devant l’officier de police judiciaire le plus proche», ainsi que l’article L621-2 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, qui punit comme délinquants les étrangers entrés illégalement en France. On put alors lire, pour accentuer la pression sur les magistrats, un avis de 25 pages rendu à l’unanimité par le Comité national consultatif des droits de l’homme, dans lequel toutes les associations immigrationnistes donnaient leur mot, publié au Journal Officiel du 1/07/2018, et réclamant la répression pour les patriotes et la relaxe des « no border ». (notes 55 à 57). Obéissant, le procureur a retenu le délit d’«exercice d’une activité dans des conditions de nature à créer dans l’esprit du public une confusion avec l’exercice d’une fonction publique». Contre l’évidence, mais avec la bénédiction du gouvernement, et les juges du fond l’ont servilement suivi.

C’est que la Justice française est profondément gangrenée par l’idéologie de l’indifférenciation. Elle applique de manière extensive la répression des réfractaires, relaxe les clandestins et leurs complices, ne se cache plus de sa partialité, tolère et encourage les licenciements des nationalistes. Nous sommes d’Action Française et n’appartenons pas au même mouvement que les trois condamnés ; cependant il serait naïf de croire que nous subirons un sort différent si nous déplaisons aux pouvoirs établis.

Pierre de Meuse

( 2 septembre, 2019 )

Quand M. Macron verdit

 

Lu sur « Je Suis Français »

 

A-t-il vraiment « changé » au seuil de « l’acte II » de son quinquennat comme aiment à le répéter ses communicants les plus proches ? N’est-il pas plutôt devenu un politicien opportuniste comme les autres, ce qui serait au fond dans la nature démocratique des choses ? En donnant à sa ligne politique une inflexion fortement écologiste, M. Macron imite d’abord ce vieux rad-soc de Chirac devenu en 2003, par son ardeur à défendre l’environnement, le « premier écolo autoproclamé de France » (A. Guiral, Libération, 30 janvier 2003), masquant ainsi sa vacuité politique. Rien de bien glorieux donc, outre l’éventuel paradoxe (un de plus) d’avoir prétendument changé pour en revenir à ce vieux monde tant décrié. Mais ne l’accablons pas (en tout cas, pas encore), sinon on pourrait aller jusqu’à penser qu’il a saisi l’occasion de l’absence momentanée, pour cause de navigation princière, de celle que Michel Onfray appelle plaisamment « Greta la science », pour être sûr de bénéficier seul des feux de la rampe.

L’épisode amazonien est malgré tout révélateur. Le fait est que les forêts brûlent année après année et que le déboisement progresse un peu partout sur la planète, et pas seulement en Amazonie – et il serait évidemment souhaitable de maîtriser le phénomène. Mais la ficelle est un peu grosse qui a consisté à faire de M. Bolsonaro l’épouvantail idéal : la polémique engagée avec lui aura permis à M. Macron de soigner sa popularité intérieure par le recours au thème verbeux et plutôt consensuel de « l’écologie humaniste », et ce grâce à la complicité de médias surtout préoccupés de stigmatiser un « président d’extrême-droite ». Certains ont fait valoir qu’il en est résulté le retrait de la France du très controversé (à juste titre) traité avec le Mercosur. C’est politiquement un peu court : ou c’est un bon traité et il faut le signer ou c’est un mauvais traité et on n’a pas besoin de prétexte pour ne pas le signer.

Il est probable que M. Macron, à mi-mandat, songe avant tout à son avenir politique, c’est-à-dire à sa réélection en 2022. Mais rien n’est moins sûr, pour lui, que le vote écologiste : l’électorat est fluctuant et les militants volontiers « radicalisés » ; et, de toute façon, M. Macron lui-même n’en fera forcément jamais assez pour leur complaire. Pis : instrumentaliser l’écologie pour attirer à lui jeunes et bobos, c’est préférer l’écologisme politicien à une authentique politique écologique. On ose encore espérer que M. Macron, compte tenu de la gravité des enjeux, choisira d’aborder le problème de l’environnement en prenant en compte tous les paramètres, même ceux qui gêneraient les bonnes consciences et la bien-pensance de la gauche écolo. Il pourrait par exemple écouter M. Sarkozy qui, à l’université du Medef, a fort justement souligné l’importance de la démographie pour l’environnement.

Nous ajouterons que faire le rapport entre démographie exponentielle, migrations massives et dégâts environnementaux relève du bon sens le plus élémentaire. Et qu’on pourrait aussi inclure dans la réflexion et dans l’action écologiques la sauvegarde des cultures et sociétés humaines sur leurs territoires historiques. Etc.

L’écologie est chose sérieuse qui n’appartient à personne, surtout pas à une secte. On jugera M. Macron à ses oeuvres : si elle est mal engagée, la partie n’est pas encore perdue.

Louis-Joseph Delanglade

( 2 septembre, 2019 )

Condamnation de Génération identitaire : et la Justice ne serait pas politisée en France…

 

Lu sur « Boulevard Voltaire ». Ajoutons que les courageux passants qui ont mis hors d’état de nuire le tueur afghan à Villeurbanne pourraient être poursuivis car ayant joué le rôle de la police ! On nage en plein délire dans notre « ripoublique » !

 

Nous vivons une époque épatante où celui qui viole la loi est privilégié par rapport à celui qui la défend. Le jugement que vient de délivrer le tribunal d’instance de Gap, signé par trois juges certainement les plus honnêtes, les plus intègres, les plus indépendants de la Justice française, est, à cet égard, tout à fait remarquable.

Romain Espino, Clément Galant et Damien Rieu, trois jeunes membres du mouvement Génération identitaire, ont donc été sévèrement condamnés pour « exercice d’activités dans des conditions de nature à créer une confusion avec une fonction publique ». Ils ont, en quelque sorte, voulu jouer aux gendarmes et aux voleurs au col de l’Echelle (Hautes-Alpes) en 2018* , ces derniers étant les migrants qui franchissent allègrement et illégalement nos frontières pour venir implorer de la France sa mansuétude financière. Et ça, la présidente du tribunal, ne l’a pas du tout apprécié. Que cette centaine de jeunes gens se soient autorisés à assurer (selon les termes du jugement) « surveillance, contrôle de la frontière et des zones frontalières, repérage, contrôle, contrôle d’identité et de la régularité de l’entrée sur le territoire de toute personne dans cette zone, sécurisation du territoire national, investigations et recherche de renseignements relatifs à la commission d’infraction dans le cadre d’enquête de police judiciaire »… Autant de tâches régaliennes qui incombent à la République et pas à ces petits extrémistes qui n’avaient aucun droit de vouloir faire appliquer la Loi.

Jugement hautement politique, bien sûr, car condamner Génération identitaire à 75.000 euros d’amende, c’est les amener à fermer tôt ou tard la boutique. Condamner ces trois jeunes à six mois ferme, 2.000 euros d’amende et cinq ans de privation de leurs droits civiques et familiaux, c’est, bien sûr, un chantage destiné à terroriser les membres du mouvement. C’est, en tout cas, ce qu’espère sans doute le pouvoir qui n’a aucune raison d’interdire ce mouvement non violent, ce à quoi Damien Rieu riposte par un tweet : « Cette décision politique est un honneur, une médaille, qui nous conforte dans notre combat pour la France. »

« Qui peut nier que la Justice soit complètement politisée en France ? » tweete un internaute. Comparaison est raison, lorsqu’on se rappelle que le paysan immigrationniste Cédric Herrou n’a été condamné, en appel, qu’à 4 mois avec sursis, avant que la Cour de cassation n’annule ce jugement. Un Herrou devenu le héros des mélenchonnistes pour avoir joué au passeur en aidant au moins 200 clandestins à franchir la frontière franco-italienne et à leur trouver un hébergement.

Mais alors, l’État va-t-il embastiller les mamans de Villeneuve-Saint-Georges qui, selon Valeurs actuelles, s’organisent tous les soirs, depuis le 20 août, jusqu’à 2 heures du matin, en gilet, non pas bleu comme le sont les blousons de Génération identitaire, ni jaune, mais orange. La « brigade des Daronnes » s’est, en effet, donné pour mission de lutter contre les violences, « là où l’État ne fait pas son travail ». Ces Daronnes n’avaient pas admis le meurtre d’un jeune homme de 23 ans par d’autres jeunes, le 9 août dernier. C’est exactement ce que voulaient faire, au printemps 2018, au-dessus de Briançon, cette centaine de blousons bleus : faire respecter la loi, une mission visiblement délaissée par le pouvoir macronien.

Lequel semble très heureux de la récente décision du Conseil constitutionnel qui, pour, en quelque sorte, remercier Cédric Herrou de sa générosité sans faille, consacrait, en décembre 2018, le principe de fraternité selon lequel doit être appliquée « la liberté d’aider autrui dans un but humanitaire, sans considération de la régularité de son séjour sur le territoire national ».

Bienvenue à tous les migrants de la Terre…

Est-ce le moment de rappeler que la France a récemment été classée 37e sur 43 pays par la Commission européenne pour l’efficacité de sa justice ?

* Voir le reportage de Boulevard Voltaire réalisé en avril 2018.

Floris de Bonneville

 Journaliste
( 29 août, 2019 )

De Walter Ulbricht à Mark Zuckerberg

 

Lu sur « Je Suis Français »

Nous avons écouté hier matin sur France Culture une émission traitant de la terrifiante emprise de la STASI sur la population allemande de l’ex-RDA ; La STASI, police politique tentaculaire du régime communiste est-allemand, l’un des plus férocement totalitaires du bloc soviétique.

Fondée en 1950, elle a exercé une sorte de terreur quotidienne sur les 16 millions d’Allemands de l’Est, et ce pendant une quarantaine d’années, jusqu’à la chute du Mur, à l’automne 1989. La STASI avait ouvert quatre millions de dossiers individuels, soit environ le quart de la population est-allemande. Qu’elle surveillait étroitement et réprimait par tous moyens, y compris les plus violents.

Comparaison n’est pas raison, nous la savons bien, et toute comparaison exige que l’on soit conscient des dissemblances autant que des ressemblances.

Mais lorsqu’on nous remet en mémoire ces procédés inquisitoriaux, cette surveillance étroite des gens, ces millions de dossiers ouverts sur eux, fourmillant de données politiques et privées, utilisables à l’envi à leur encontre, sans même parfois qu’ils en sachent l’existence, il nous est difficile de ne pas songer, même si le parallèle est outré ou même dérangeant, aux trafics de données privées auxquelles se livrent les géants américains du numérique, Google et Facebook, notamment, et sur des masses humaines dépassant largement le milliard ; il est vrai qu’ils ne tuent pas, ne torturent pas, n’enferment pas dans des prisons physiques de béton et d’acier …

C’est sans compter les dégâts sans-doute irréversibles, qu’ils opèrent sur les cerveaux, les plus jeunes en particulier, la réduction de leur capacité de concentration et d’attention, la privation de la vraie culture à quoi ils les condamnent, l’échec scolaire, et l’extension du domaine de l’indigence. Ces phénomènes sont bien connus aujourd’hui et de plus en plus souvent dénoncés par nombre de spécialistes et d’éducateurs.

Ne soyons pas en retard d’une guerre : la contestation des géants du numérique enfle et s’étend. A leur propos, on nous dit parfois qu’il en est ainsi aujourd’hui. Mais que vaut cet argument ? Il y a bien des choses qui sont ainsi aujourd’hui et que nous réprouvons, que nous voulons changer. Que vaut l’esprit de soumission ?

Le Mur de Berlin il y a trente ans, les Soviets peu après, se sont effondrés tout seuls, sans besoin d’une intervention extérieure. La STASI, frappée d’un mépris universel, croupit dans les poubelles de l’histoire, puissance hier, honte aujourd’hui.

Ce sont les dissidents qui ont eu raison et qui ont vaincu. Ce qu’exigent les aspects les plus détestables de la modernité, ce n’est pas un esprit de soumission mais de dissidence. Soljenitsyne fut un bagnard dans l’enfer lugubre des camps staliniens et un héros dans la Russie retrouvée.

Demis Di Guardia

( 29 août, 2019 )

Invitation pour la fête de Chiré en Montreuil ces 31 Août et 1er Septembre

 

Chers amis,

Simplement ces quelques mots pour vous inviter – pour ceux qui n’auraient peut-être pas reçu notre dernière invitation ou qui hésiteraient encore à venir – à nous rejoindre ce samedi 31 août à partir de 10h00 à la Caillauderie à Chiré-en-Montreuil et dimanche 1er septembre pour nos 49èmes Journées Chouannes. Vous pourrez y rencontrer près de 90 écrivains qui vous dédicaceront leurs ouvrages et écouter les interventions de : Yvan Benedetti, lieutenant-colonel Dumarcet, Élise Humbert, abbé Bertrand Labouche, lieutenant-colonel Vieux de Morzadec, Christian Vanneste, général Marc Paitier, Yves Morel, Cyril Leysin, Jean-Claude Martinez, Jean-Baptiste Leon, abbé Patrick Troadec… N’hésitez pas à y amener vos connaissances !

Le programme détaillé et toutes les informations pratiques sont à retrouver ici :

http://www.chire.fr/A-216583-journees-chouannes-2019-le-31-aout-et-1er-septembre.aspx

François-Xavier d’Hautefeuille

Directeur de Chiré-Diffusion de la Pensée Française

 

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