( 9 octobre, 2017 )

1917-2017 Centenaire oublié des tentatives de paix.

 

 

Parmi les nombreuses manifestations, conférences, publications, il me semble qu’aucune étude n’a été publiée concernant les tentatives de paix de 1917. Pourtant depuis le centenaire de la Grande Guerre il y a eu abondance d’écrits divers et d’évocations en tous lieux. L’édition a été particulièrement prolixe, mais à ma connaissance aucune étude n’a été publiée concernant les tentatives de paix entamées par l’empereur Charles de Habsbourg-Lorraine en 1916/1917.

Evoquons ici un rappel des démarches de paix voulues par l’empereur Charles 1er, aidé par ses deux beaux-frères, les princes Sixte de Bourbon Parme et Xavier de Bourbon Parme, frères de l’impératrice Zita, épouse de Charles.

Bouleversé au cours du conflit par la situation des soldats et jugeant cette guerre comme une lutte fratricide, l’empereur Charles œuvra avec acharnement pour l’établissement de la paix. Cela n’était pas compris des esprits belliqueux de son entourage, ni du Kaiser Guillaume II et ses alliés.

Succédant à François-Joseph mort le 21 novembre 1916, Charles monté sur le trône tourna ses efforts en vue de la fin du sanglant conflit. Il devait déclarer : « Mon unique but est de mettre fin le plus tôt possible à cette tuerie. Je veux, je dois faire tout ce qui dépend de moi pour conclure la paix. »

Une première approche avait été tentée par voie diplomatique le 12 décembre 1916, mais cette demande fut aussitôt vivement critiquée par Aristide Briand devant le Parlement français. La main tendue a donc été repoussée.

Charles s’adressa alors à son beau-frère le prince Sixte de Bourbon Parme en vue de négociations. Le 29 janvier 1917, les princes Sixte et Xavier se rendirent à Vienne incognito. Le 1er février, les deux frères de l’impératrice Zita firent connaître au gouvernement Français, que l’empereur d’Autriche-Hongrie, souhaitait entamer des négociations de paix. Le 1erfévrier, Sixte et Xavier se trouvaient à Paris. Ils rencontrèrent Jules Cambon, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères pour évoquer la tentative de paix demandée par Charles 1er. Le président Raymond Poincaré n’était pas hostile à la proposition envisagée, mais les négociations semblaient compliquées. Grâce à la ténacité de Charles, la paix à pourtant failli se réaliser. Malheureusement, les alliés des deux camps opposés étaient loin de comprendre et d’approuver l’initiative de l’empereur Charles. Chez nous, Clémenceau était vigoureusement opposéà la tentative de paix.

Bref, il y a beaucoup de choses à regretter. Ce sujet des négociations a été évoqué dans divers ouvrages. La lecture de Charles de Habsbourg, le dernier empereur par Michel Dugast Rouillé est à conseiller (éditions Les Racines de l’Histoire 2003). Notre propos est résumé, mais nous tenions à évoquer ici ce sujet hélas oublié.

Jean-Marie Cuny

( 9 octobre, 2017 )

Hommage à la Reine Marie-Antoinette en présence de Monseigneur le comte de Paris

 

Le chef de la Maison royale de France, Monseigneur le comte de Paris et son épouse Madame la comtesse de Paris assisteronT à la messe célébrée à la demande de l’Oeillet Blanc, en mémoire de la Reine Marie-Antoinette, le lundi 16 octobre 2017 à 19h00, face au Louvre, en l’église de Saint-Germain-l’Auxerrois, paroisse des rois de France.

Pour faire de ce jour de deuil, un jour d’espérance pour tous les peuples de France,

soyez tous présent autour du Chef de la Maison Royale de France.

( 8 octobre, 2017 )

Mardis de Politique magazine, une conférence à ne pas rater …

 

 

 

Les mardis de Politique magazine

Conférence mardi 10 octobre 2017

Actualité

Tour d’horizon

par Hilaire de Crémiers
Directeur de Politique magazine et de La Nouvelle Revue Universelle

Rendez-vous à partir de 19 h 00 - Conférence à 19 h 30 précises
Participation aux frais : 10 euros -  Etudiants et chômeurs : 5 euros

Salle Messiaen, 3 rue de la Trinité  Paris 9° - Métro La Trinité, Saint-Lazare

Renseignements : Politique magazine, 1, rue de Courcelles, Paris 8° – T. 01 42 57 43 22

( 2 octobre, 2017 )

Quand une secte veut régenter la langue

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

logo lundis.jpgDeux événements d’importance la semaine dernière pour la langue française.

D’abord, la démission de M. Lussault, sans doute poussé vers la sortie par M. Blanquer lui-même, si on a bien compris les propos du ministre le même jour sur RTL. On ne s’en plaindra pas car il s’agit (enfin !) d’un coup franc porté au très idéologique et très dangereux Conseil Supérieur des Programmes, position avancée du « pédagogisme » au coeur même du si mal dénommé ministère de l’Education nationale. Le galimatias prétentieux utilisé par ce monsieur aurait fait rire s’il n’avait été un signe de plus de la déconstruction des esprits érigée en arme de guerre scolaire, notamment par l’ex-ministre Mme Belkacem : l’utilisation systématique de ce que d’aucuns ont qualifié de « novlangue » (en référence au roman d’Orwell, 1984) a en effet permis au funeste CSP d’égarer les esprits non avertis en déformant volontairement toute réalité par l’utilisation d’un jargon dont le ridicule ne le cède en rien à l’hermétisme (1).

Preuve que cette guerre est totale, au même moment le serpent de mer féministe de l’écriture inclusive ressort la tête, avec la parution chez Hatier d’un manuel d’histoire, niveau CE2, intitulé Magellan et Galilée – Questionner le monde. Confondant volontairement genre (grammatical) et sexe, les enragé·e·s de l’écriture inclusive dénoncent la primauté grammaticale du masculin dans laquelle ils et elles (ou mieux « elles et ils », si on va au bout de leur logique) voient une sorte de « complot machiste », l’actuelle écriture étant jugée sexiste. Assertion sans fondement pour M. Bentolila, linguiste. Ce dernier, après avoir  rappelé fort justement (Figaro Vox, 26 septembre) le caractère arbitraire de la langue, souligne une évidence : « Le français possède en effet deux genres, l’un est dit masculin, l’autre est dit féminin. Il s’agit bien de marques de genre et non pas d’indicateurs de sexe. » En fait, le masculin en français joue un double rôle grammatical, celui de masculin stricto sensu mais aussi de « générique » (on pourrait faire la comparaison avec l’infinitif, forme non marquée, certains disent « indifférenciée », du verbe et quasi neutre). Dire que le masculin l’emporte sur le féminin ne signifie donc pas que l’homme l’emporte sur la femme.

Nos féministes reprochent ainsi au XVIIe siècle d’avoir, dans une sorte de déni de la femme, tordu le cou par la norme à un usage assez souple : tantôt on cite tel ou tel vers (2) du grand Racine où l’accord de genre est déterminé par la seule proximité, tantôt on rappelle avec dégoût certains propos du grammairien Bouhours, abbé de son état, justifiant la primauté du masculin (3). M. Enthoven, philosophe, préfère voir dans la langue « une mémoire dont les mots sont les cicatrices » et penser qu’il est vain de croire « abolir les injustices du passé en supprimant leur trace » (Libération, 27 septembre). Mais la dimension de la controverse, plus que linguistique, est bien sociétale. On sait, et c’est significatif, que les personnes dites LGBTQI (4) sont de fervent·e·s partisan·e·s de l’écriture inclusive qui permet(trait) de nier la loi commune de la binarité du genre (sexuel).  On comprend mieux dès lors dans quelle stratégie d’ensemble s’inscrit la présente attaque contre notre langue. Voilà pourquoi nous avons déjà droit aux députées, professeures et plombières. Voilà pourquoi discours et écrits sont émaillés de « toutes et tous » ou de « celles et ceux » (on continue, par courtoisie désuète, à privilégier le féminin par la première place). Voilà pourquoi le manuel des éditions Hatier utilise systématiquement le « point milieu » comme nous l’avons fait à titre d’exemple (avec risque d’erreur car nous ne sommes pas allés à « cette » école) dans cet article.

Si M. Lussault, quoique grotesque, reste dangereux, les tenants de l’écriture inclusive le sont tout autant : c’est la même volonté de subversion, la même négation d’une réalité qui dérange quelques farfelus encore minoritaires.  •

Louis-Joseph Delanglade

 

(1) Une piscine devient ainsi un « milieu aquatique profond standardisé ».

(2) « Surtout j’ai cru devoir aux larmes, aux prières / Consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières. » (Athalie, IV, 3)

(3) Il affirme dans ses Remarques nouvelles sur la langue française écrites en 1675 que « lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble [le masculin] l’emporte ».

(4) LGBTQI = Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Trans, Intersexes, (en) Questionnement.

( 30 septembre, 2017 )

LA NOUVELLE ACTION ROYALISTE COMMUNIQUE

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Il va sans dire que la Lorraine Royaliste approuve totalement ce communiqué
 

 

LA NOUVELLE ACTION ROYALISTE COMMUNIQUE dans communiqués Alstom-300x150

La prise de contrôle d’Alstom par l’allemand Siemens et des chantiers de Saint-Nazaire par l’italien Fincantieri sont les nouvelles étapes – pas les dernières – de la liquidation de l’industrie nationale par des dirigeants politiques asservis au capitalisme financier.
L’élite du pouvoir politique et des affaires a entrepris depuis trois décennies de liquider l’industrie nationale sous divers prétextes. En 2004, Péchiney est acheté par le canadien Alcan puis cédé à Rio Tinto et démantelé. En 2006, Arcelor est acheté par le groupe indien Mittal Steel. En 2006, Alcatel fusionne avec l’américain Lucent technologies avant d’être récupéré par Nokia et les Chantiers de l’Atlantique sont vendus par Alstom au norvégien Aker Yards, puis revendus au coréen STX avant d’être provisoirement nationalisés cette année. En 2014, c’est la branche énergie d’Alstom qui passe en 2014 sous le contrôle de l’américain General Electric qui récupère les turbines Arabelle qui équipent nos centrales nucléaires.
Ainsi, en dix ans, la France a perdu des positions stratégiques dans le domaine de l’aluminium, des équipements électroniques, de la sidérurgie, de la construction navale et de la production d’énergie avec de très graves conséquences pour la défense nationale, pour le commerce extérieur et pour l’emploi.
Le jour même où les chantiers de Saint-Nazaire passent sous contrôle italien, avec d’inquiétantes perspectives de participations croisées entre Naval group (l’ancienne DCNS) et Fincantieri dans le secteur militaire, la branche ferroviaire d’Alstom qui était restée française passe sous contrôle allemand. La fusion se fait théoriquement à égalité, avec des garanties pour l’emploi, dans une perspective « européenne ». Mais comment éviter que Siemens avantage l’ICE au détriment du TGV, comment éviter que Siemens ne récupère à son profit la recherche-développement alors que « Mobility solutions business » a son siège à Berlin ? Comment éviter que les « synergies » ne conduisent à des fermetures de sites et à des suppressions d’emplois ? Les discours sur « l’Airbus ferroviaire » et sur le « champion européen » sont mensongers : dans quelques années, on s’apercevra que c’est l’Allemagne qui a gagné alors que la volonté de puissance allemande, américaine ou chinoise peut être bloquée par une politique de protection de l’économie nationale et de nationalisation des secteurs-clés de notre industrie.
Dans la liquidation d’Alstom, dans l’abandon de nos chantiers navals, Emmanuel Macron porte une écrasante responsabilité. Mais c’est l’oligarchie tout entière qui trahit les intérêts de la nation française.
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Nouvelle Action royaliste – 36-38, rue Sibuet – Bloc C – boite 13 – 75012 PARIS
lejournal@nouvelle-action-royaliste.fr

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( 30 septembre, 2017 )

Europe & dénatalité • Couples « politiques » et couples princiers …

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

 

Informé par des statisticiens chrétiens des Etats-Unis, notre chroniqueur s’est penché sur le phénomène de « dénatalité » constaté récemment parmi le haut personnel politique en Europe occidentale. A lire ou relire au moment où une majorité de « politiques » sans postérité planchent sur l’avenir de l’Europe …

 

peroncel-hugoz 2.jpgL’élection cette année à la présidence française d’Emmanuel Macron (39 ans, né en 1977), le plus jeune chef d’Etat français depuis Napoléon Bonaparte (Premier consul à 30 ans, en 1799) a suscité l’attention de chercheurs catholiques nord-américains, dont le journaliste Phil Lawler, connus pour investiguer dans les affaires intimes de leurs contemporains. Ils en ont déduit, par exemple, que si le président Macron reste marié à son épouse actuelle, Brigitte Trogneux (née en 1953, 64 ans, mère de trois enfants par son mariage précédent avec un certain M. Auzière qu’on donne pour « financier »), il n’aura pas de postérité.

Sur cette lancée, la curiosité démographique de nos chrétiens anglo-saxons les a conduits à dresser la liste des grands dirigeants d’Europe occidentale, mariés ou « en couple » – mais sans le moindre enfant. Cette liste est longue ; en voici « les stars » : la chancelière allemande, la Première ministre britannique ainsi que les chefs de gouvernement hollandais, suédois, écossais, italien, etc. Le Grand-Duché de  Luxembourg bat, si l’on ose dire, tous les records avec le tout-puissant président en exercice de la Commission européenne, marié sans postérité, et son compatriote le Premier ministre du minuscule Etat luxembourgeois, époux…d’un autre homme. Cette union officielle entre personnes de même sexe est légale depuis 2015 dans cette monarchie catholique créée en 1867 sur une base historique plus ancienne.

Lors du sommet du Pacte atlantique, ce printemps, à Bruxelles, les téléspectateurs du monde entier ont pu voir, avec stupéfaction pour pas mal d’entre eux, la photo des « premières dames » dont les époux participaient à ce sommet. A côté de la reine des Belges et de la « compagne » du Premier ministre belge, on notait la présence de Mme Trump en grand décolleté, de Mme Macron en robe courte, de Mme Erdogan, empaquetée en bleu, et enfin celle du « mari » du chef du gouvernement luxembourgeois…

Ce que ces chrétiens américains, férus de statistiques matrimoniales européennes, n’ont pas relevé, c’est le contraste abyssal entre la dénatalité en Europe occidentale, symbolisée par cette photo qu’on n’ose plus guère appeler de « famille » et le grand nombre d’enfants animant la plupart des cours européennes (Danemark, Norvège, Suède, Angleterre, Hollande, Belgique, Luxembourg, Liechtenstein, Monaco, Espagne) mais aussi la plupart des familles royales seulement prétendantes (Portugal, Italie, Grèce, Bulgarie, Allemagne, France, etc.).

Un constat s’impose : les couples politiques ne voient guère plus loin que leur propre vie ou carrière tandis que les couples princiers, ayant l’habitude héréditaire de la continuité nationale, essaient, eux, de se projeter dans l’avenir.

Péroncel-Hugoz

 

Rendez-vous dans 50 ou 100 ans !

( 29 septembre, 2017 )

Fin de la France à la Sorbonne

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

 

 

Emmanuel Macron a la solution : on va fabriquer un peuple européen.

 Il me semble que celui qui a le mieux résumé la « pensée complexe » du Président Macron – une pensée longuement exprimée dans son discours de la Sorbonne -, c’est finalement Florian Philippot : « Pourquoi Macron ne dit-il pas directement qu’il veut un État européen ? On gagnerait du temps. » Effectivement, les choses sont claires, sans ambiguïté. Si vous n’avez pas le temps de vous infliger les 77.942 caractères de ce discours, espaces compris (l’équivalent d’environ 25 papiers sur Boulevard Voltaire !), contentez-vous d’aller sur le site officiel de la présidence de la République et vous comprendrez tout de suite. Sur fond de drapeau européen, un slogan :

« Initiative pour l’Europe
Une Europe souveraine, unie, démocratique. »

La page est encore frappée des armoiries de la République française, mais bon, un peu de folklore ne nuit pas ! La Bavière a bien son blason et ses culottes de peau…

« Une Europe souveraine » : Emmanuel Macron a donc abdiqué notre souveraineté nationale. « L’Europe seule peut nous donner une capacité d’action dans le monde, face aux défis contemporains… L’Europe seule peut, en un mot, assurer une souveraineté réelle, c’est-à-dire notre capacité à exister dans le monde actuel pour y défendre nos valeurs et nos intérêts. » Ce n’est pas la première fois qu’Emmanuel Macron emploie cette expression de « souveraineté réelle », laissant entendre qu’il y a une souveraineté factice, illusoire : en clair, la souveraineté nationale. Il n’a pas tort, en un sens, et il a le mérite d’assumer ce transfert vers Bruxelles et de ne pas faire semblant comme, malheureusement, le font beaucoup de responsables politiques français. Les États de l’Union ont abdiqué des pans entiers de leur souveraineté en la transmettant à Bruxelles, mais ce n’est pas pour cela que s’est construite une souveraineté européenne. Emmanuel Macron veut donc achever le travail.

Il paraît oublier une chose, c’est que le peuple européen n’existe pas et que les constructions étatiques – car une souveraineté européenne, cela s’appelle un État européen – qui font abstraction des peuples sont vouées à l’échec. Rappelons que la Yougoslavie n’a pas tenu un siècle et l’on sait comment cela s’est terminé… « Ce que l’Europe représente, nous ne pouvons pas le confier aveuglément, ni de l’autre côté de l’Atlantique, ni aux confins de l’Asieé, proclame notre visionnaire juvénile qui, au passage, renvoie la Russie dans les lointaines steppes asiatiques. En revanche, ce que la France représente peut être confié, semble-t-il, aveuglément à Bruxelles !

Mais Emmanuel Macron a la solution : on va fabriquer un peuple européen. Et comment ? Par la construction d’« une Europe démocratique ». On n’y avait pas encore pensé ! Avec cette idée, déjà évoquée dans le projet présidentiel du candidat : la constitution de listes transnationales pour les élections au Parlement de Strasbourg. 73 places de députés vont se libérer avec le départ du Royaume-Uni ? Alors Emmanuel Macron propose, plutôt que de supprimer ou répartir entre les pays membres ces postes, qu’ils soient affectés à une sorte de collège transnational au Parlement européen : une façon d’ébranler un peu plus l’édifice souverain des nations. Pas certain que cela soit très constitutionnel chez nous, comme ailleurs, mais l’idée fait son chemin… Par ce biais, bien évidemment, c’est une autre souveraineté qui serait mise à mal (mais ce ne serait pas la première fois) : la souveraineté du peuple français.

Autre idée pour mettre en marche cette « Europe démocratique » : passer « par des conventions démocratiques qui feront partie intégrante de la refondation européenne ». Mais attention, pas question de référendum où il faut répondre par oui ou par non. Il s’agit d’« organiser autour des mêmes questions un vaste débat pour identifier les priorités, les préoccupations, les idées qui nourriront notre feuille de route pour l’Europe de demain ». Une vaste opération de com’ à échelle européenne. La démocratie 2.0 selon Macron.

Colonel à la retraite

( 29 septembre, 2017 )

Lettre ouverte à Florian Philippot

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

 

Vous voilà maintenant hors du front National. Ce n’est pas, en soi, un drame Mais si les développements de la crise qui vous a amené à en démissionner ont été regardés de l’extérieur en ce qui nous concerne, une analyse de notre part s’impose car le FN a dominé pendant 40 ans les choix des Français attachés au sort de leur patrie. 

La question principale s’énonce ainsi : pourquoi avez-vous tant d’ennemis dans ce parti ?

Résumons votre profil politique. Vous êtes antilibéral et patriote, et, répétez-vous, gaulliste. Pourquoi pas ? Vous auriez pu trouver au Front National de nombreux antilibéraux patriotes, pas tous gaullistes il est vrai.  Mais il aurait fallu jeter le regard sur une frange de la droite intellectuelle que vous n’aimez pas tellement : les contre-révolutionnaires, les identitaires et les catholiques sociaux. Ceux-là, croyez-le, ne portent pas dans leur cœur la finance mondialisée, les multinationales et la trilatérale chère à Macron. Il est vrai qu’ils sont minoritaires, mais après tout, vous aussi. Vous auriez pu dialoguer et vos propositions auraient pu être discutées, de façon amicalement critique.  Or, vous avez considéré que ces familles politiques ne méritaient même pas un regard. Lorsque vous avez été interrogé par un animateur de télévision, dans un type de dialogue où vous excellez, sur le sort à réserver au mariage prétendument « pour tous » si le Front gagnait les élections, vous avez répondu en rangeant cette préoccupation avec la « culture des bonzaï ». C’était une grave erreur, d’une part parce que la présidente s’était prononcée clairement sur le sujet, mais surtout parce que ceux qui avaient manifesté contre la loi Taubira et bravé les lacrymogènes pour cela vous ont classé au niveau de leur pire ennemi.

Vous avez également pris une position fort audacieuse sur la monnaie européenne, soutenant comme une bonne part des économistes que l’euro n’était pas conforme aux intérêts français.  Techniquement, votre analyse était juste, mais elle n’a pas été appréciée par les électeurs, et c’est l’une des raisons pour laquelle le FN n’a pu atteindre le niveau de 40% auquel il pouvait prétendre.  Faut-il admettre que les français sont toujours enthousiasmés par le fédéralisme européen ? Certainement pas, mais votre argumentaire n’attaquait pas l’Europe dans sa conception ni dans ses méthodes, mais seulement son monétarisme. En bref, vous estimiez, comme Jacques Sapir, que la position de moindre productivité de la France exigeait des ajustements monétaires afin de conserver les emplois en France. Il aurait donc fallu dévaluer régulièrement afin d’ajuster la monnaie au marché. Vous proposiez donc implicitement de revenir à la politique de dévaluations qui a marqué la France de 1921 à la fin du XX° siècle.  Vous comprendrez cependant que la perspective de voir l’épargne et les revenus fixes fondre chaque jour un peu plus pouvait ne pas plaire à ceux de vos électeurs qui ont quelques Économies.  Surtout que dans le même temps le FN militait pour le retour de « la retraite à 60 ans ».

Dans le même temps, vous recommandiez de mettre une sourdine à la dénonciation de l’immigration, dont vous estimiez qu’elle était « anxiogène ». Les premières semaines de campagne de Marine Le Pen ont été menées selon vos directives. Or les sondages firent apparaître un déclin constant des intentions de vote en faveur de la candidate. Il fallut donc redresser la barre pendant les quinze jours précédant le premier tour, faute de quoi elle aurait été éliminée.

Cette stratégie était en effet absurde pour plusieurs raisons évidentes :

D’abord elle visait à atteindre un électorat de gauche, grosso modo celui de Mélenchon, avec lequel vous désiriez nouer des contacts, repoussés d’ailleurs de manière blessante par les dirigeants de « La France Insoumise ». Tentative sans espoir parce que l’électorat de Mélenchon, en grande partie composé d’immigrés de la seconde génération, ne pouvait que rester étanche au FN, même « repenti ».

Ensuite parce qu’elle ébranlait le pilier principal du FN, qui n’existerait plus depuis trente ans s’il n’avait pas su être et demeurer le seul parti politique s’opposant de face à l’immigration de masse.

Enfin parce qu’au lieu de s’attaquer à la politique de soumission de l’Union européenne à l’égard de ces flux incontrôlés de population, source véritable du brexit, vous vous attaquiez à une question monétaire, sur laquelle les effets d’une rupture n’étaient guère prévisibles. Or cette politique d’ouverture systématique des frontières prônée par Bruxelles avait son origine, de manière très profonde, dans les principes fondateurs des institutions en question, et à l’influence des grands décideurs du capitalisme mondialisé. C’était donc à ces postulats qu’il fallait s’attaquer.

Mais surtout elle était insensée parce que comme le dit très justement JY Le Gallou, le point nodal qui entraîne la « diabolisation » du FN est justement l’opposition à l’immigration. Et sur ce point, il ne suffit pas de nuancer dans les mots ou dans l’inflexion des phrases. Pour désarmer le parti-pris médiatique. Le système considérera le FN comme fréquentable seulement le jour où il se sera totalement soumis à la société indifférenciée. Autant dire le jour où il se sera suicidé sans retour. A quoi servirait une souveraineté de notre pays, d’ailleurs, si celui-ci n’existe plus ? Cette évolution était comprise par tous ceux qui, à l’intérieur ou à l’extérieur du FN, vous écoutaient et vous lisaient avec inquiétude, mais non par vous-même qui continuiez à incriminer les « rageux », animés par l’envie et la rancune.

Le Gallou estime que la scission de Mégret n’est pas à comparer avec celle que vous auriez pu faire…si vous aviez eu plus de monde derrière vous. Je pense tout de même qu’il y a une similitude : ni Mégret ni vous ne savaient à quel genre de public ils avaient affaire. Ni sur les tempéraments, ni sur les idées, vous n’étiez averti de la mentalité et de l’héritage intellectuel des hommes dont vous sollicitiez le dévouement et le vote. Pire encore, vous les méprisiez ouvertement, reprenant à leur égard les mots dépréciatifs que les médias du système utilisent quotidiennement. Dès lors, votre sort lors du prochain congrès ne faisait pas de doute, et c’est pour éviter un investissement trop lourd en adrénaline que Louis Alliot et Marine Le Pen ont brusqué la décision en vous acculant à la démission.

C’est dommage car beaucoup d’efforts ont été perdus. Le choix « ni gauche ni droite » n’était pas nécessairement une impasse, à la condition bien sûr de ne pas céder sur la pensée, y compris et surtout quand elle était frontalement en opposition avec la vulgate construite depuis 1945, et même bien avant. Il est évident en revanche que le modèle que vous cherchiez à imposer n’était qu’une illusion. Il n’y a plus de place en France pour un républicanisme sociétalement individualiste, politiquement étatiste et redistributeur, mais national. Ce rêve de technocrate keynésien avait 50 ans de retard. Philippe Séguin pouvait faire entendre sa voix dans les années 60 ; en 2017, il a atteint depuis longtemps la date de péremption.

Pierre de Meuse

( 28 septembre, 2017 )

Pourquoi le prince Jean d’Orléans est-il également appelé, Jean de France ?

Lu sur le blog « la couronne »

Pourquoi le prince Jean d’Orléans est-il également appelé, Jean de France ? dans Princes le-prince-jean-de-france

Même si la République est installée en France depuis près de 146 ans, les Princes de la Maison de France n’en continuent pas moins à porter fièrement les titres qu’étaient portés par la Famille royale du temps de la monarchie. Depuis l’abolition de la monarchie, les Princes de la Maison de France sont revenus au statut de simples « citoyens de la République française », mais ils continuent à porter, tant à l’état civil que sur leurs papiers d’identités, leurs titres d’apanage (ex : Comte de Paris).

Pourquoi le prince Jean d’Orléans est-il également appelé, Jean de France ?

Son Altesse Royale le prince Jean de France, est appelé selon les règles républicaine, Son Altesse Royale le prince Jean d’Orléans, puisque « d’Orléans » est son patronyme légal. Mais selon les principes qui régissent les titres et les prédicats de la Famille royale en France, le prince Jean d’Orléans, fils de France, peut être raccourci en « Prince Jean de France », puisque le prince est le fils d’un chef de la Maison de France.

Sous l’Ancien Régime, les enfants de France (appelés fils et filles de France) sont les enfants du Roi, du dauphin de France, du fils aîné du dauphin, du fils aîné du fils aîné du dauphin, etc. Louis XIV donne la définition suivante le 12 Mars 1710 : « branche aînée et héritière présomptive de la Couronne. » Sous l’Ancien Régime, le dauphin de France n’avait d’ailleurs pas de patronyme, mais à compter de la Restauration ce fut celui de « de France ».

Dans les actes de l’Ancien Régime,  les fils France étaient nommés Très Haut et Très Puissant Prince N. de France, fils de France suivi du titre d’apanage qui leur a été accordé. Aujourd’hui, la titulature d’un enfants de France est : Son Altesse Royale le (la) Prince(sse) N. de France, fils (fille) de France suivi du titre d’apanage.

Depuis l’Ancien Régime (et cela n’a pas été modifié sous la Restauration), les enfants de France avaient donc le patronyme de « de France ». Si aujourd’hui les fils et les filles de France ont le patronyme d’Orléans dans leur état civil, cette situation changerait, si un prince d’Orléans devait accéder au Trône, le patronyme d’Orléans serait immédiatement abandonné par ces fils et filles de France au profit de celui « de France ».

C’est la raison pour laquelle, dynastiquement parlant, Son Altesse Royale le prince Jean de France, duc de Vendôme,  est appelé « de France » et non « d’Orléans ».

( 28 septembre, 2017 )

Macron en Sorbonne : le théologien de l’européisme

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

 

Emmanuel Macron s’est affirmé en Sorbonne comme un parfait et très orthodoxe théologien de l’Européisme.

Emmanuel Macron voulait parler de l’Europe et « venir en parler à la Sorbonne a beaucoup de sens », a-t-il déclaré au début de son sermon sur la montagne Sainte-Geneviève, mardi soir. Un discours-fleuve d’une heure et demie que l’on pourrait comparer à nos billets de banque en euros : de jolies figures de style semblables à ces figures architecturales, hors du temps et de l’espace, représentées sur les coupures de notre monnaie.

Au fond, Emmanuel Macron, qui « veut incarner l’audace d’un projet », comme le titre Ouest-France, nous livre la vision d’une Europe désincarnée. Lisez son discours, vous verrez qu’il peut s’appliquer à n’importe quel ensemble de pays en voie de fédéralisation. Tout est plaquage, superficiel, artificiel. Cela a « beaucoup de sens », dit le jeune Président à une jeunesse à qui l’on laisse entendre qu’avoir des racines serait ringard. Mais comment ne pas souligner les détournements de sens, les approximations historiques, les silences aussi ? La Sorbonne : « Ce fut d’abord une idée. Une idée portée par quelques érudits qui construisaient leur avenir assis sur de la paille », nous dit le Président. Quelle est cette idée ? Le Président-philosophe se garde bien de nous le dire. Il évoque bien le nom de Robert de Sorbon, fondateur au XIIIe siècle de cette institution, mais omet de préciser que Sorbon était avant tout un théologien et que sa fondation fut d’abord un projet porteur de verticalité, comme on dit aujourd’hui. En clair, un projet chrétien. Pas un projet de marché unique de la connaissance ! Cette manie de s’approprier les figures de l’Histoire pour les faire entrer bien comme il faut dans le moule de la bien-pensance d’aujourd’hui…

Un discours-fleuve, donc, et des mots qu’Emmanuel Macron ne prononcera pas. Tabou : racines chrétiennes, nations, patries… Il y parle des « peuples », « nos peuples », formules qui permettent de s’affranchir de cette satanée réalité d’État-nation qui n’en finit pas de nous coller aux basques comme le sparadrap du capitaine Haddock.

Autre mot tabou : l’islamisme, même qualifié de « radical » ou « politique ». Pas une seule fois, en effet, ce mot n’est employé lorsque le Président aborde la question des menaces qui pèsent sur l’Europe. Il évoque bien « l’Internationale du terrorisme » et, sur ce point, entretient d’ailleurs une double illusion en déclarant : « L’Europe de la sécurité doit être notre bouclier. Ils s’infiltrent partout en Europe, leurs ramifications sont là ; c’est donc ensemble que nous nous devons d’agir. De la prévention à la répression. » Illusion que de laisser croire que cet ennemi serait uniquement un ennemi extérieur (Daech a bon dos !). Illusion que de laisser croire que l’Europe est la seule solution.

En revanche, le discours d’Emmanuel Macron se fait étonnamment plus précis lorsqu’il s’agit de désigner ce qui est sans doute pour lui son principal – pour ne pas dire unique – ennemi. Évoquant les faiblesses de l’Europe, il déclare : « La voici aujourd’hui plus fragile, exposée aux bourrasques de la mondialisation telle qu’elle va, et même ce qui sans doute est pire, à des idées qui se présentent comme des solutions préférables. » Et de nommer, pour le coup sans tabou, ces idées : « nationalisme, identitarisme, protectionnisme, souverainisme de repli ». Sans tabou ni retenue, Emmanuel Macron se permet même de jeter en pâture dans un amphithéâtre, qu’on imagine gagné à sa cause, en le nommant explicitement, le Front national, « nourri de cela » (la détestation de l’Europe).

Emmanuel Macron s’est donc affirmé en Sorbonne comme un parfait et très orthodoxe théologien de l’européisme. Il ne lui reste plus qu’à en devenir le pape. Les choses se feront sans doute un jour en conclave, à l’abri des regards de « nos peuples »

Colonel à la retraite

 

 

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