( 5 mai, 2018 )

Idées • Jean Sévillia dans le dernier numéro du Figaro magazine : Charles Maurras, à lire avant de juger

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

« Réprouvé pour ses prises de position dans les années 30, le penseur royaliste est tombé dans l’oubli. Préfacée par Jean-Christophe Buisson, une monumentale édition de ses textes majeurs permettra à chacun de se faire une opinion sur l’œuvre d’un polémiste et philosophe politique qui marqua profondément la IIIe République. » C’est ainsi que la dernière livraison du Figaro magazine présente l’intéressant article qui suit, de Jean Sévillia.  Tombé dans l’oubli, Maurras ? Telle n’a pas été notre impression ces dernières semaines … Il a marqué profondément la IIIe République ? Il nous paraît qu’il a surtout profondément marqué les deux suivantes, avec Charles De Gaulle, Georges Pompidou, François Mitterrand ou Patrick Buisson, qui fut le principal conseiller de Nicolas Sarkozy. Il a surtout profondément marqué et, volens nolens, imprégné la pensée politique tout court. Il est M le soi-disant maudit.   LFAR 

 

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Le 28 janvier dernier, le ministère de la Culture annonçait le retrait de la notice consacrée à Charles Maurras, né il y a cent cinquante ans, dans le Livre des commémorations nationales de 2018, à la suite de protestations contre la mention dans ce document officiel d’un écrivain réputé pour son antisémitisme. « Commémorer Maurras, ce n’est pas le célébrer », répliquaient les historiens du Haut Comité des commémorations nationales, avant que dix des douze membres de ce comité ne présentent collectivement leur démission. Pendant plusieurs semaines, le nom de Maurras alimenta la polémique. « Doit-on republier l’infâme ? », s’interrogea Libération (2-3 février 2018), à propos de la parution d’une anthologie de Maurras. Dans Le Nouveau Magazine littéraire (mars 2018), Claude Askolovitch vitupéra sur quatre pages « le retour d’une icône fasciste ».

Déroulées mécaniquement, ces charges laissaient cependant l’impression que certains se donnaient bonne conscience en vilipendant un personnage dont, en réalité, ils ne savaient rien. Peu après l’entrée de François Hollande à l’Elysée, en 2012, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui avait été la porte-parole de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, avait déjà fait le coup en mettant en cause Patrick Buisson, le conseiller du candidat battu, l’accusant d’avoir travaillé non au succès du président sortant, mais d’avoir voulu « faire gagner Charles Maurras ». Si on avait demandé à l’ancienne ministre d’expliquer en détail qui était celui-ci, sans doute aurait-elle été embarrassée.

IMG - Copie (3) 2.jpgDans Le Monde du 18 novembre 1952, deux jours après la mort de Maurras, André Fontaine écrivait ces lignes : « Devant cette tombe ouverte, devant le corps d’un homme qui, cinquante ans durant, a honoré les lettres et le génie français, ne serait-il plus possible de tenter d’être juste ? » Pour le centième anniversaire de sa naissance, le même journal, le 20 avril 1968, consacrait une double page à Charles Maurras, avec un article critique de l’académicien Pierre-Henri Simon (« Puissance et fissures d’une pensée »), et un autre de Gilbert Comte, un journaliste maison, qui invitait à redécouvrir, au-delà du « Maurras intraitable des quinze dernières années, durci par le malheur, figé dans son orthodoxie », le « jeune prophète conquérant du renouveau royaliste ». En 2018, là est le paradoxe : l’aversion à l’égard de Maurras est inversement proportionnelle à son éloignement dans le temps.

Admiré par Proust, Bergson, Péguy, Bernanos, Lacan

Journaliste, philosophe politique, critique littéraire et poète, Maurras a été pendant la première moitié du XXe siècle une figure de la vie intellectuelle française. Proust, Apollinaire, Péguy, Malraux, Gide, Claudel ou Montherlant ont salué son talent. Outre Léon Daudet et Jacques Bainville, ses compagnons de l’Action française, la liste est longue de ceux qui ont été un jour maurrassiens : les philosophes Jacques Maritain, Gustave Thibon, Louis Althusser et Pierre Boutang, les historiens Pierre Gaxotte, Philippe Ariès et Raoul Girardet, les romanciers Georges Bernanos, Roger Nimier, Michel Déon et Jacques Laurent, les acteurs Pierre Fresnay et François Périer, le psychanalyste Jacques Lacan ou le linguiste Georges Dumézil. Si Maurras avait incarné le mal absolu, pourquoi ces esprits brillants se seraient-ils reconnu une dette envers lui ?

L-Avenir-de-l-intelligence-et-autres-textes.jpgTout penseur doit être soumis à un bilan critique, ce qui suppose de connaître son œuvre. Entreprise malaisée, dans le cas de Maurras, auteur de milliers d’articles et d’une centaine de livres introuvables ailleurs que chez les bouquinistes. Or, voici enfin la possibilité de le lire grâce à la publication, dans la collection « Bouquins » de Robert Laffont, d’un volume de près de 1300 pages reprenant un choix de ses textes philosophiques, littéraires et politiques, et de ses poèmes. Cette édition, établie et présentée par Martin Motte, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études, est préfacée par Jean-Christophe Buisson, directeur adjoint de la rédaction du Figaro Magazine, qui signe une utile introduction à la vie et à l’action d’un homme souvent cité, mais si peu connu.

Simultanément, les Editions Pierre-Guillaume de Roux rééditent un essai du journaliste Jacques Paugam, L’Age d’or du maurrassisme, centré sur les débuts de Maurras. Dans ce livre, initialement paru en 1971, l’auteur, gaulliste et chrétien-démocrate, faisait « une formidable démonstration d’honnêteté intellectuelle », observe Michel De Jaeghere, directeur du Figaro Hors-série et du Figaro Histoire, qui préface cette réédition en ne négligeant chez Maurras « ni les zones d’ombre ni - c’est plus exceptionnel - les traits de lumière ».

Né à Martigues, près de Marseille, en 1868, dans une famille de petite bourgeoisie, Charles Maurras, orphelin de père à 6 ans, grandit avec sa mère et son frère à Aix-en-Provence où il entreprend ses études au collège catholique. A 14 ans, atteint d’une surdité incurable, il est tenté par le suicide et perd la foi. Un de ses professeurs, l’abbé Penon, futur évêque de Moulins, prend en charge la direction morale du jeune homme : leur correspondance est une clé indispensable pour comprendre la vérité personnelle et privée de Maurras. Après son baccalauréat, en 1885, il gagne Paris où, sa surdité lui interdisant l’université, il passe des heures dans les bibliothèques et se lance dans la critique littéraire, se liant avec Maurice Barrès, Anatole France, Frédéric Mistral.

Au cours des années 1891-1895, ayant vaincu son nihilisme, il fonde sa pensée sur l’idée que l’homme n’est pas la mesure de toute chose : il y a un ordre du monde auquel il doit se soumettre. Parallèlement, fondateur en poétique de l’Ecole romane, avec Jean Moréas et Raymond de la Tailhède, il élabore une esthétique classique. A travers le cas de George Sand et Alfred de Musset, Maurras dénoncera, dans Les Amants de Venise, l’amour romantique, dérèglement d’un sentiment qui n’a d’autre fin que lui-même.

En 1896, il visite la Grèce et l’Italie. De ce voyage, il retient que la beauté n’est pas dans le nombre, qui peut s’accroître à l’infini, mais dans la composition. Le jeune écrivain, dont les racines sont méditerranéennes, voit a contrario dans la philosophie allemande la source des barbaries modernes. Contre Luther, Maurras pense que le libre examen est un principe anarchique ; contre Kant, que la loi morale ne peut être déterminée par la conscience individuelle ; contre Rousseau, que la base de la société n’est pas l’individu, mais la famille. Agnostique, il loue le catholicisme qui, selon lui, organise l’idée de Dieu, l’Eglise catholique restant à ses yeux un fondement de la civilisation occidentale.

L’affaire Dreyfus

Dès son arrivée à Paris, ayant souffert de la séparation d’avec la Provence, il avait fondé le Jeune Félibrige avec son ami Frédéric Amouretti, affirmant sa première idée politique : la nécessité de la décentralisation pour libérer le pays du carcan parisien. De Grèce, il était revenu avec deux certitudes. Primo, puisque la lutte des partis a précipité la fin d’Athènes, la démocratie n’est pas le meilleur des régimes. Secundo, le XXe siècle sera celui des nationalismes qui se sont exprimés aux nouveaux Jeux olympiques auxquels il a assisté à Athènes.

L’affaire Dreyfus est la première bataille politique à laquelle Maurras prend part. Persuadé de la culpabilité du capitaine et de la régularité de sa condamnation, il estime que la France, son armée et ses lois doivent être au-dessus des malheurs d’un individu. Il résumera son sentiment par une boutade : « Si Dreyfus est innocent, il faut le faire maréchal de France, et fusiller ses dix premiers défenseurs.»

En 1899, il rejoint L’Action française, une revue mensuelle au sein de laquelle il prend l’ascendant, gagnant ses fondateurs à ses propres idées. Devenu royaliste, Maurras entreprend en 1900 une Enquête sur la monarchie, d’abord auprès des représentants du prétendant au trône, le duc d’Orléans, puis auprès de personnalités nationalistes, recevant des adhésions, comme celle de Jacques Bainville, ou échouant à convaincre d’autres amis, comme Maurice Barrès, qui restera républicain.

Pour Maurras, la République parlementaire, jouet des groupes de pression et de la démagogie électorale, n’assure pas le bien commun de la nation, instituant un Etat faible autour du personnel du régime, le «pays légal», qui se superpose au «pays réel» dont la représentation devrait être assurée au sein d’instances régionales, professionnelles et morales diversifiées. « L’autorité en haut, les libertés en bas », assure le nouveau théoricien royaliste.

Désormais, la doctrine de Maurras est fixée, et sa vie se confond avec l’Action française, mouvement politique et journal quotidien à partir de 1908. Le volume de la collection « Bouquins » permet de suivre l’approfondissement de cette pensée, notamment ses points forts, comme L’Avenir de l’intelligence, essai où Maurras médite sur la situation des intellectuels à « l’âge de fer » du XXe siècle, ou Kiel et Tanger, livre qui inspirera la politique étrangère du général de Gaulle et que citera Georges Pompidou lors d’un discours à Sciences-Po, en 1972, et dans lequel Maurras expliquait que le rôle de la France était de fédérer les nations petites et moyennes pour équilibrer les coalitions réalisées autour des grandes puissances.

Lire Maurras, cependant, c’est aussi rencontrer ses limites, ses apories, ses aveuglements et ses mots qui choquent, part indéfendable dont l’anthologie « Bouquins » ne dissimule rien. Elu à l’Académie française en 1938, n’ayant cessé de mettre en garde contre l’Allemagne (« Le racisme hitlérien nous fera assister au règne tout-puissant de sa Horde », avertissait-il en 1939), Maurras se ralliera au maréchal Pétain en 1940, persuadé que le maintien d’un Etat français laissait la possibilité d’un relèvement futur. Mais, enfermé dans cette position au fur et à mesure que Vichy perdait les éléments de souveraineté que lui avait laissés l’armistice, mal informé de la marche du monde, le vieil homme allait se discréditer en paraissant passif devant une occupation allemande qui lui faisait pourtant horreur, quand nombre de ses disciples s’engageaient dans la Résistance. Ces années noires vaudront à Maurras, en 1945, d’être condamné à la réclusion à perpétuité, arrachant ce mot au gaulliste François Mauriac : « Intelligence avec l’ennemi ? C’est bien la seule forme d’intelligence qu’il n’ait jamais eue.»

Les préfaces respectives des deux ouvrages qui paraissent aujourd’hui analysent l’antisémitisme de Maurras qui, pour n’être pas stricto sensu racial - en octobre 1918, l’écrivain s’inclinera devant le sacrifice de Pierre David, « héros juif d’Action française » - et si peu consubstantiel à son système politique qu’il est absent de la pensée de son ami l’historien Jacques Bainville (mort en 1936), n’en relève pas moins, écrit Michel De Jaeghere, « d’un préjugé étrange, qu’on s’étonne de trouver si persistant et si vivace dans un esprit aussi large, aussi profond.»

Mort en 1952, Maurras s’éloigne. Le lire, c’est distinguer chez lui l’essentiel et l’accessoire, l’inacceptable et ce qui, dégagé de la gangue de son temps, pourrait être fécond s’il était accordé aux enjeux de notre époque. Jean-Christophe Buisson souligne que Maurras est « un prophète du passé », mais que la modernité n’a pas englouti celui-ci puisque certains sujets qu’il a abordés « résonnent dans notre monde contemporain avec une troublante familiarité ».

Jean SEVILLIA

( 5 mai, 2018 )

SYRIE – FIN D’UNE ARNAQUE ?

 

Lu sur « le Réveil Français »

 

Les Etats-Unis gèlent (enfin) le financement des «Casques blancs»

les fameux casques blancs, dont les médias occidentaux et singulièrement français , qui ne veulent voir que le mirage des bons rebelles prêts à aider leur prochain, alors que tous les gens assez bien informés savent que se sont des terroristes inféodés à l’Etat islamique ou Al kaïda , financés par les fonds américains , entreraient dans une période de remise en cause par ces mêmes américains atteints d’un éclair de lucidité, et le robinet tendrait à se refermer. On doit saluer cela comme une bonne nouvelle pour les syriens

 

SYRIE – FIN D’UNE ARNAQUE ? dans actualités Casue-blanc-300x139

WASHINGTON DC, Etats-Unis (07h04) – Ils prétendent avoir sauvé 70 000 vies. Ils prétendent être des humanitaires. Ils prétendent faire le bien or, les Casques blancs syriens ne sont que des imposteurs, des terroristes qui s’habillent d’oripeaux élogieux. Forts du soutien américain, ils ont menti tout au long de ce conflit syrien. L’attaque chimique présumée de Douma, dans la Ghouta orientale, est-elle le mensonge de trop ? Visiblement. On a appris hier, tard dans la nuit, que les Etats-Unis ont décidé de geler l’aide apportée à ce groupuscule terroriste.
Et pourtant, il y a moins de deux mois, le Département d’État avait accueilli des membres des Casques blancs à Foggy Bottom. À l’époque, le groupe dit « humanitaire » recevait des louanges pour avoir soi-disant sauvé des vies en Syrie« Nos réunions de mars ont été très positives et les hauts responsables nous ont même fait part de leurs engagements à long terme jusqu’en 2020. Il n’y a eu aucune suggestion sur l’arrêt du soutien », a déclaré Raed Saleh, le leader du groupe, à CBS News.
Maintenant, ils ne reçoivent aucun financement des États-Unis, car le Département d’État dit que le soutien est «en cours d’examen». Les États-Unis représentaient environ un tiers du financement global du groupe.
« C’est un développement très inquiétant », a déclaré un responsable des Casques blancs. « En fin de compte, cela aura un impact négatif sur la capacité des travailleurs humanitaires à sauver des vies. »
Les Casques blancs, formellement connus par les Etats-Unis et les Occidentaux sous le nom de « Défense civile syrienne », sont un groupe de 3 000 sauveteurs-terroristes bénévoles. En réalité, rien de tout ceci n’est vrai…
( 4 mai, 2018 )

Mettre en échec les maladies de l’intelligence

 

lu sur le site « princejeandefrance »

 

À l’occasion de mon dernier billet j’évoquais l’Institut Lejeune au conseil duquel je siège désormais. Ce paragraphe a suscité quelques réactions. Je voudrais évoquer ici le travail de cet institut scientifique du point de vue factuel pour éviter d’entrer dans des considérations qui nous cantonnent aux lieux communs.

Comme je le disais rapidement la semaine dernière, l’objet de l’Institut est le travail sur la trisomie 21 et les autres déficiences intellectuelles d’origine génétique. Je souligne ici que l’Institut est le premier centre spécialisé de ce type en Europe. Ce travail repose sur trois piliers : la consultation, la recherche et la formation.
La consultation, tout d’abord, pour venir en aide aux familles dont les enfants ont la trisomie 21 et qui souhaitent avoir un suivi médical de leur enfant. Aujourd’hui ce sont plus de 9000 patients qui sont suivis régulièrement par l‘Institut et cette année celui-ci devrait pouvoir prendre quelques 500 patients supplémentaires.
La recherche, ensuite, pour mettre en échec les maladies de l’intelligence avec la mise en place de programmes propres, mais aussi de programmes croisés avec des travaux qui se font sur d’autres maladies comme l’Alzheimer, l’apnée du sommeil ou encore le cancer du sein.
La formation, enfin, avec des modules propres mais aussi des conférences et colloques, pour apporter une base scientifique, tout d’abord à ceux qui se forment pour devenir médecins, mais aussi aux politiques et membres de la société civile.

Mettre en échec les maladies de l’intelligence dans Princes cleardot
Vous savez l’attachement que j’avais pour mon frère François décédé récemment et que j’ai pour ma soeur Blanche, touchés tous les deux dans leur intelligence par le handicap. J’ai estimé que  travailler avec l’Institut Jérôme Lejeune en était une suite logique. Si vous souhaitez en savoir davantage, vous pouvez consulter le site de l’Institut : www.institutlejeune.org
Dreux, le 1er mai 2018
Jean de France Duc de Vendôme
( 4 mai, 2018 )

1er mai : Face à la gauche radicale, les syndicats ne font plus le poids

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

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Ce qui s’est passé à Paris le 1er mai – un terrorisme en action en plein centre-ville – ne nous renseigne pas seulement sur la virulence de l’ultragauche mais aussi sur la déchéance syndicale.

On se paye de mots, en effet, avec le syndicalisme français qui n’a de représentativité que celle qu’on lui reconnaît par habitude, facilité et lâcheté. (5% d’adhérents dans le secteur privé, 7% dans le secteur public !).

images.jpgLes troupes ont fondu, vieilli, les militants sont partis au Front National ou chez Mélenchon, les ex-gros bras de la CGT d’antan sont de vieux messieurs démotivés. Comme le PCF somme toute, qui n’a pour ainsi dire plus d’électeurs ni d’organisations militantes dignes de ce nom. Et encore moins de capacité révolutionnaire comme jadis. Tout cela ce sont des souvenirs. Ne restent plus que des bureaux, des apparatchiks à hauts salaires et des services comptables pour gérer les subventions et les aides diverses. Des coquilles vides. Le décompte des manifestants des grandes démonstrations de force se faisait jadis pour Paris et quelques grandes villes. Pour produire des chiffres de participation un peu moins ridicules, les syndicats, la police et les médias donnent désormais des résultats nationaux. 250 000 ? 140 000 ? Pour toute la France, cela ne fait plus grand chose. Le mythe révolutionnaire du Grand soir a fait long feu et le syndicalisme français, divisé, discrédité et exsangue, est une immense faillite, même s’il conserve, par le jeu de quelques minorités, un pouvoir de nuisance résiduel dont Emmanuel Macron fait en ce moment l’expérience.

Place donc dans la rue aux terroristes de la gauche radicale face à laquelle, désormais, les appareils syndicaux ne font plus le poids. Finis, en effet, les grands services d’ordre musclés de la C.G.T. ou du P.C.F. qui, il fut un temps pas si lointain, les auraient expulsés sans coup férir, ce premier mai.

Nous n’avons plus affaire aujourd’hui à la révolution prolétarienne mais à la violence pure, aveugle et nihiliste.

( 2 mai, 2018 )

Le nouveau régime libre-échangiste

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

TRAVAUX DIVERS - Largeur +.jpgCe que Mathieu Bock-Côté écrit ici dans son blogue du Journal de Montréal [ 26.04] nous paraît de première importance, plus, peut-être, que jamais. Il s’agit d’une recension d’un ouvrage de Simon-Pierre Savard-Tremblay qui s’intitule Despotisme sans frontières, qui vient de paraître et dont le titre dit presque tout. Mathieu Bock-Côté en fait une remarquable synthèse, juste, forte et savamment équilibrée. Nous n’y ajouterons presque rien. Il faut la lire. Nous aussi avons écrit que le libre-échange des biens, des hommes et des idées, qui date de la nuit des temps, doit se régler selon les circonstances, les époques et les lieux. En fonction des biens-communs particuliers des peuples et des Etats. Mais il devient despotique et destructeur lorsqu’il se mue en idéologie ou prétend s’imposer comme dogme universel. Il nous semble que c’est ce que démontre ici brillamment Mathieu Bock-Côté. Et cela est important parce qu’il s’agit de notre destin et même de notre survie.   LFAR  

 

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Il est courant, aujourd’hui d’affirmer que la mondialisation est en crise et que son système s’est profondément déréglé. L’heure est à la révolte contre la mondialisation, et elle s’exprime de nombreuses manières, comme on l’a vu avec le référendum grec contre l’austérité, la résistance wallonne contre le CETA, la victoire du Brexit ou l’élection de Donald Trump. Cette révolte est à la fois portée par la gauche et par la droite, si ces catégories veulent encore dire quelque chose dans les circonstances. Mais contre quoi se révolte-t-on, exactement? Contre un mouvement historique irrépressible, condamnant cette révolte à n’être qu’un baroud d’honneur? Ou contre un régime politique qui ne dit pas son nom mais qui s’est mis en place sur une cinquantaine d’années et qui a transformé radicalement notre rapport au monde ?

C’est à cette question que Simon-Pierre Savard-Tremblay a cherché à répondre dans Despotisme sans frontières, un très intéressant opuscule qu’il vient de faire paraître chez VLB. Et sa réponse est claire: la mondialisation telle que nous la connaissons est un régime qu’il faut nommer comme tel et combattre comme tel. C’est-à-dire que la mondialisation s’est installée au fil des décennies à coup d’accords internationaux de plus en plus secrets et de plus en plus contraignants, généralement au nom de l’idéal d’un libre-échange globalisé, qui serait l’expression naturelle et bienheureuse de l’humanité enfin délivrée du politique, des frontières et des souverainetés, qui diviserait l’humanité contre elle-même et la soumettrait au règne de l’arbitraire. Elle représenterait une mutation du cosmopolitisme le plus radical, prenant le relais, à sa manière, de l’internationalisme prolétarien. Le nouveau régime du libre-échange domestique les États, qui n’ont désormais plus qu’une mission centrale: aménager leur pays de manière à le rendre le plus compatible possible avec les exigences de la mondialisation. En fait, c’est la démocratie qui est domestiquée, puis neutralisée, car condamnée à l’insignifiance. L’État ne gouverne plus: il n’est que gestionnaire.

Mais SPST insiste : le libre-échange tel qu’on le pratique aujourd’hui n’est pas le libre-échange en soi, qui ne saurait se laisser enfermer dans une définition aussi idéologiquement contraignante. Il y a une différence fondamentale entre favoriser le commerce entre les nations et créer un environnement juridique supranational favorable au règne des corporations, qui consacre en fait l’hégémonie de ces dernières, au point même de leur permettre de poursuivre les États devant les tribunaux lorsqu’ils jugent qu’une politique ou un règlement les empêche de tirer un profit optimal de leurs investissements. Et on ne saurait assimiler au protectionnisme la remise en question du moindre accord de libre-échange, quel qu’il soit. Notre monde ne doit pas choisir entre l’ouverture et la fermeture, comme le prétendent les idéologues mondialistes que notre auteur ne cesse de remettre en question. Les hommes politiques auraient tout avantage à se délivrer de cette propagande qui étouffe la réflexion dans une fausse alternative entre le bien et le mal. On ne saurait assimiler le bien politique à la perspective glaçante du sans-frontiérisme.

0bc2a567-fd9a-48ea-9b53-fa426d1c1cb9_ORIGINAL.jpgSPST insiste: il ne s’oppose pas au libre-échange en soi mais à une forme de radicalisation du libre-échange qui vise à homogénéiser juridiquement et socialement la planète en programmant la dissolution des États et des nations. «Le «nouveau libre-échange» vise à ce que les pays du monde aient des législations quasi identiques pour que le capital puisse circuler d’un territoire à l’autre en ayant droit au traitement princier» (p.13). Mais à la différence des critiques habituels de la mondialisation, qui basculent tôt ou tard dans une forme de fantasme socialisant, SPST demeure sur terre et pose un objectif politique réaliste: le retour graduel, mais résolu, à l’État-nation, au nom d’un projet qu’il nomme à la suite de plusieurs la démondialisation. Il cherche à nous montrer de quelle manière on pourrait s’y engager et nous rappelle qu’il n’est en rien contraire à une grande coopération entre les peuples. SPST contribue ainsi, notons-le en passant, à une redéfinition nécessaire du souverainisme québécois, pour lui permettre d’entrer dans une nouvelle époque. Les souverainistes ne gagneront rien à toujours vouloir se plier à la définition médiatique de la modernité.

Cet ouvrage est une belle réussite. La matière en elle-même est extrêmement complexe et SPST parvient à la rendre intelligible en la ramenant vers ce qu’on pourrait appeler les fondamentaux de la science politique: il pose la question du régime, il se demande qui commande, il cherche à identifier les intérêts sociaux qui tirent avantage des institutions, et ceux qui sont laissés dans les marges. En d’autres mots, l’objet de son livre est moins économique que politique, et c’est ce qui fait sa force. Personne ne croit qu’on sortira demain de la mondialisation, et qu’il faille la rejeter en bloc. Mais il s’agit, pour chaque nation, de reconstruire sa souveraineté, de lui redonner de la substance, car elle-seule est garante de la possibilité d’une expérience démocratique authentique. En fait, SPST veut nous convaincre que le nouveau régime du libre-échange s’accompagne d’une civilisation dégradée, qui abime notre humanité, nous déracine et nous condamne à la sécheresse existentielle: celle du consommateur absolu. Il s’agit, pour emprunter ses mots, «de recréer un mode de vie sain qui nous reconnecte à notre humanité» (p.126). Il veut nous convaincre, et nous convainc.  •

Mathieu Bock-Côté

( 1 mai, 2018 )

« On se réjouit du retour de Charles Maurras au cœur de l’actualité ! »

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Vendredi 27 avril dernier, quatre des militants de l’Action française ont été mis en examen pour « attroupement armé » après avoir été pris à partie par un groupe antifasciste qui tentait d’empêcher la tenue d’un cercle d’étude sur Charles Maurras.
François Bel-Ker, secrétaire général de l’Action française, revient au micro de Boulevard Voltaire sur cet événement. Il se réjouit que l’exclusion de Charles Maurras des commémorations ait eu pour effet de remettre sa personne au cœur de l’actualité et dénonce le regain de violence dont sont victimes les membres de l’Action française.

Quatre des quatorze militants stéphanois de l’Action Française ont été mis en examen pour participation à un attroupement armé. Que s’est-il passé à Saint-Étienne ce vendredi soir ?

La presse a en effet évoqué l’interpellation de 14 personnes, dont quatre militants et une dizaine de sympathisants de l’Action Française.
Vendredi soir, un premier cercle de la section de Saint-Étienne devait réunir une cinquantaine de militants de Saint-Étienne Roanne et de Clermont-Ferrand. Il avait pour thème « Une première rencontre avec Maurras ». Une contre-manifestation a rassemblé, selon la presse, 110 anti-fascistes. Ils ont essayé de s’opposer physiquement à la tenue de ce cercle d’étude. Le cercle n’était pas encore commencé lorsqu’une attaque des militants anti-fascistes est survenue. Quatre adhérents et dix sympathisants de l’Action Française ont été interpellés alors que l’Action Française ne faisait qu’organiser ce cercle. Les anti-fascistes qui eux étaient les assaillants n’ont en revanche subi aucune interpellation.

La presse parle davantage de Charles Maurras et de l’Action Française ces temps-ci. Comment vivez-vous cette remédiatisation du mouvement ?

Nous nous réjouissons que la personne de Charles Maurras revienne au cœur de l’actualité. Nous nous réjouissons également de la décision de dix des douze membres du comité national des commémorations de se désolidariser des choix du ministre et de démissionner suite au retrait de Maurras des commémorations nationales. Emmanuel Macron, en marge du dîner du CRIF, a estimé qu’il était anormal que Maurras soit retiré des commémorations nationales. Maurras est réédité et des ouvrages sur Charles Maurras paraissent. Un volume de plus de 1300 pages est édité aux éditions Robert Laffont.
Quant à l’Action Française, elle se développe énormément depuis une dizaine d’années, sur l’ensemble du territoire. Et quand un député comme Coquerel s’en prend soit à l’intérêt national, soit à des symboles comme la Basilique de Saint-Denis, il est normal que l’Action Française réagisse comme elle l’a fait pour s’opposer à de telles menées anti-nationales.

Craignez-vous un regain de violence contre l’Action Française ?

Nous ne craignons pas un regain de violence contre l’Action Française, nous le constatons. L’année dernière, une bombe a explosé sur nos locaux à Marseille. Notre colloque sur le bien commun a lui aussi été attaqué par une cinquantaine de militants anti-fascistes. À ma connaissance, nos plaintes sont laissées sans suite.
À Saint-Étienne, nous constatons également un regain des actions contre l’Action Française sans que les auteurs de ces attaques contre nos colloques, nos points de vente à la criée, nos salles d’études, nos réunions et nos locaux soient interpellés et sanctionnés. Nous constatons donc en effet un regain des activités d’extrême gauche et anti-fascistes contre l’Action Française.
Nos premières occupations ne sont toutefois ni ces groupuscules anti-fascistes ni ces groupuscules d’extrême gauche. Notre préoccupation première est la question de l’intérêt national. Nous souhaitons surtout débattre sur la forme des institutions avec les partis en place. Nous ne souhaitons ni disperser nos actions ni les réduire à une simple lutte des royalistes contre les anti-fascistes.
Les militants anti-fascistes ne sont que les idiots d’un système qu’ils ne cessent de défendre. Ils feraient mieux de lutter contre l’ultra-libéralisme défendu par le président Macron.

( 30 avril, 2018 )

Livraisons de S-300 russes à Damas, ou la subtile diplomatie de Poutine

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

 

Poutine sait jouer aux échecs mais ne veut mettre personne mat, hormis les islamistes bien sûr.

La Russie a annoncé, il y a quelques jours, la livraison de missiles sol-air S-300 à l’armée syrienne. Au premier abord, cette nouvelle est logique : face à la dernière agression américano-franco-anglaise contre la Syrie, le Kremlin décide de renforcer la défense aérienne de son allié afin de décourager toute nouvelle tentation belliqueuse.

La défense anti-aérienne de la Syrie n’est, certes, pas catastrophique, comme l’a prouvé la destruction en vol de plus de 70 des missiles américains lancés vers Damas et Homs. De plus, chacun a encore en mémoire la destruction d’un F-16 israélien en février dernier à la suite d’un énième raid en Syrie de l’aviation de l’État hébreu. C’était la première fois depuis trente ans qu’Israël perdait un avion.

Depuis, celle-ci ne s’y est d’ailleurs plus risquée et la dernière attaque contre une base syrienne s’est faite depuis le Liban, l’aviation israélienne se gardant bien de s’aventurer à nouveau dans le ciel syrien. On notera, à ce propos, que ces violations répétées de l’espace aérien de ses voisins par Israël n’émeuvent pas beaucoup les pays occidentaux : il semble aujourd’hui acquis qu’Israël se situe au-dessus du droit international.

La livraison de ces S-300 est, en fait, une vieille histoire. Voilà plusieurs années que Damas les espère et qu’Israël les redoute. C’est, d’ailleurs, à la demande de l’État hébreu que Poutine a accepté à plusieurs reprises d’en différer la livraison. La diplomatie de Poutine est très différente de celle du monde occidental, qui ferait bien parfois de s’en inspirer : pas de leçons de morale et les dirigeants ne sont pas classés en bons et en méchants ; il y a des alliés que l’on ne lâche pas, mais on parle avec tout le monde, même à ceux qui attaquent son allié. Nous sommes loin des postures idéologiques des Américains et des Européens.

Mais, aujourd’hui, la donne a changé et cette annonce est une réponse envoyée à la coalition. Que les Occidentaux continuent à prendre pour argent comptant toute provocation d’attaque chimique en Syrie doit engendrer une parade. Il serait, d’ailleurs, intéressant de savoir qui finance ces fameux Casques blancs, toujours présents dans les grands moments de manipulation et parfaitement relayés par les médias occidentaux.

Cela étant, ce n’est pas Poutine lui-même qui a annoncé cette livraison, ce qui signifie qu’un différé est encore envisageable.

Un autre élément important est à noter : les bases russes de Tartous et Hmeimim sont dotées de missiles S-400, extrêmement performants. Il n’a jamais été question que les bases syriennes en soient dotées : les Israéliens en feraient un casus belli et, donc, les Américains aussi. Avec les S-300, nous sommes à la lisière.

Poutine sait jouer aux échecs mais ne veut mettre personne mat – hormis les islamistes, bien sûr. C’est grâce à cette subtile diplomatie qu’il est aujourd’hui le seul chef d’État qui peut parler avec tous les acteurs du dossier syrien.

( 26 avril, 2018 )

Merci, Monsieur Wauquiez…

 

Lu sur « boulevard Voltaire » ce très bon commentaire suite au « dérapage » de Laurent Wauquiez

 

Cette France préexistait à la république, et pourrait fort bien lui survivre.

 

De vouloir faire de moi un délinquant en puissance, justiciable des foudres correctionnelles, puisque je ne suis pas, loin s’en faut, un laudateur fanatique des vertus de la république !

En voulant instaurer une nouvelle loi scélérate, pire que la loi Gayssot d’inspiration communiste, vous souhaitez promulguer le délit « d’incitation à la haine de la république », franchissant ainsi un nouveau degré de l’échelle des lois scélérates contre la liberté d’expression.

Cette proposition liberticide, si elle venait à être adoptée, signifierait la fin du droit à la critique de ce qui n’est qu’un régime politique parmi d’autres et à appeler de ses vœux le droit à la venue d’un autre régime.

La propension des guignols censés nous gouverner à employer le mot « république » en lieu et place du mot « France » fait penser à celle de certains « journalistes » à user du mot « compliqué » au lieu du mot « difficile », bien que chacun ait une signification propre et parfaitement distincte.

Autrefois, on eût appelé cela « dire brique pour marteau » !

La France existait depuis 1.400 ans quand la bourgeoisie lui imposa par la force un régime républicain plus favorable à ses intérêts financiers et à son appétit de pouvoir.

Cette France qui préexistait à la république, et pourrait fort bien lui survivre, est un « concept » réunissant en son sein un territoire, des valeurs, une civilisation propre, un mode de vie, des coutumes particulières, un peuple, une histoire, un patrimoine et une religion. Ce concept dépasse, et de loin, celui de république, aussi étriqué et limité tant dans l’esprit que court en durée historique.

Il deviendrait interdit de dénoncer les causes ou effets nocifs de ce mode de gouvernement dont, faut–il le rappeler, l’esprit initial a été profondément perverti et dénaturé au fil des ans.

Nous serions contraints par « main de justice » de nous confondre en admiration béate pour un régime dont, pourtant, certains effets néfastes ne sont plus à démontrer.

Terminées les recherches historiques sur le génocide vendéen, la Terreur, la confiscation des biens, « l’épuration » et les massacres de « Libération », l’abandon de l’Algérie et le non-respect des accords d’Évian, les dérives post-soixante-huitardes… Les « vérités républicaines » officiellement proclamées deviendraient nos « haddiths » républicains, vérités intangibles, révélées !

Le maréchal Sissi, en Égypte, veut instaurer un « délit d’athéisme ». Monsieur Wauquiez veut instaurer, en France, un délit de « scepticisme républicain », les ukases normatifs devenant des normes intangibles, la république élevée à un statut de divinité.

L’analogie des démarches est de nature à nous amener à nous interroger sur la convergence de ces tyrannies de la pensée et de la liberté d’expression de l’esprit humain. Elles consacreraient notre entrée définitive dans l’ère de Big Brother, celle des citoyens déracinés d’une nation enchaînée et bâillonnée.

Gageons que, demain, l’intelligence artificielle si chère à nos mondialistes forcenés et irresponsables sera programmée pour être d’une parfaite orthodoxie républicaine et dénoncer les éventuels comportements déviationnistes d’humains réfractaires, pour la satisfaction jubilatoire d’un Soros.

Tout cela, Monsieur Wauquiez, rappelle furieusement les ukases soviétiques et maoïstes et leurs conséquences liberticides et génocidaires dont les victimes se chiffrent par dizaines de millions.

Combien de « mal-pensants » ont–ils été « redressés » ou « éradiqués » à coups de goulags, de famines provoquées, d’exécutions et de camps de la mort ?

Y penser devrait vous inciter à plus de réflexion, de modération et de sagesse. La politique politicienne et l’intérêt personnel dont vous êtes un expert doivent s’effacer devant la vie, la liberté, la France et la nation. C’est ce genre de distinction qui marque la différence entre un petit politique opportuniste et un grand homme politique, Monsieur Wauquiez.

avocat retraité
( 26 avril, 2018 )

Jean-Pierre Chevènement : cachez cet antisémitisme que je ne saurais voir

 

Lu sur « Boulevard Voltaire » ce très bon commentaire suite aux élucubrations de certains concernant le « nouvel antisémitisme »

 

On serait bien en peine de trouver dans les Évangiles, textes fondateurs du christianisme, le moindre appel au meurtre ciblé.

 Le Manifeste « contre le nouvel antisémitisme » n’en finit pas de faire réagir. Les forces et faiblesses de ce texte ont été pointées, ici et là, et notamment dans les colonnes de Boulevard Voltaire. Les forces, c’est évidemment la mise en avant de cette réalité indiscutable : l’« épuration ethnique à bas bruit ». 50.000 Israélites obligés de déménager en Île-de-France, « parce qu’ils n’étaient plus en sécurité dans certaines cités et que leurs enfants ne pouvaient plus fréquenter l’école de la République », ce n’est tout de même pas rien. Autre force de ce texte : celle de pointer du doigt le fait que les textes coraniques ne sont pas qu’amour et paix. Les faiblesses : cette demande que soient « frappés d’obsolescence par les autorités théologiques » « les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants ». Naïveté, fausse naïveté ?

Faiblesse que ce parallélisme entre l’abolition, par Vatican II, des « incohérences de la Bible » et ce que pourrait être une sorte de mise à l’index musulman. Cela ressemble diablement à ces fausses fenêtres que l’on dessinait autrefois sur une façade pour ne pas nuire à l’harmonie de l’édifice. Parallélisme d’autant plus bancal qu’on serait bien en peine de trouver dans les Évangiles, textes fondateurs du christianisme, le moindre appel au meurtre ciblé. Les prières officielles de l’Église ont toujours appelé, notamment dans la liturgie du Vendredi saint, à la conversion des juifs, des infidèles et des païens. Jamais au meurtre. Mais fallait-il demander à Philippe Val, principal rédacteur de ce manifeste, une rigueur d’exégète, lui qui passa une grande partie de sa carrière, notamment lorsqu’il dirigeait Charlie Hebdo, à taper sur l’Église (catholique, ça va sans dire !) ?

Multiplication des réactions à ce manifeste, disions-nous. Mardi, c’était au tour de Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation de l’islam de France, de réagir en déclarant qu’il jugeait « dangereux » de pointer « un nouvel antisémitisme musulman » et que cela contribuait à « créer un climat de guerre civile ». Donc, il ne fallait pas pointer du doigt ? Donc, il fallait passer sous silence ces 50.000 Israélites qui ne se sentent plus en sécurité ? Allons jusqu’au bout : ne confondons pas le sentiment d’insécurité et l’insécurité. Ce fut, des décennies durant, le discours des socialistes. Et Jean-Pierre Chevènement fut des leurs durant toutes ces années. Donc, il faut continuer à dire que tout va bien.

Pour préparer ce papier, je me suis promené sur le site de cette fondation présidée par l’ancien ministre de Mitterrand. Et j’y ai trouvé des choses intéressantes. Cette fondation se donne, entre autres missions, de promouvoir, « dans le respect du principe de laïcité, la connaissance du fait religieux musulman ainsi que l’histoire des civilisations et des sociétés musulmanes ». Fort bien. Un peu plus loin, on lit : « Ainsi, la Fondation veut-elle être un pont dans le dialogue des cultures. Elle aidera les Français à s’approprier cet héritage [la relation qui lie la France à l’islam] pour que l’apport de l’islam soit pleinement intégré dans la civilisation française. » Fort bien encore. Mais nous parlions plus haut de parallélisme. Pour la Fondation de l’islam de France, il y a donc des « civilisations et sociétés musulmanes » – ce qui est un fait – et la « civilisation française », expression très belle, certes, mais, il faut l’avouer, très vague aussi. Nulle part n’est évoquée notre civilisation chrétienne qui reste, quoi qu’on en dise, le fondement de notre société.

Nier ou, pour être plus juste, éviter les évidences – la France est un pays laïc et de tradition chrétienne, le nouvel antisémitisme contraint les Israélites en certains endroits de France à un exode interne – consiste à repousser vers l’avant les problèmes. Cela peut, peut-être, empêcher de « créer un climat de guerre civile », pour reprendre les mots de l’ancien ministre. Pas certain que cela empêche un jour la guerre civile.

Colonel à la retraite
( 23 avril, 2018 )

Plusieurs événements et activités ont occupé notre agenda autour de Pâques

 

Lu sur le site « princejeandefrance »

 

J’ai suis allé rencontrer le 4ème Régiment de Chasseurs, dont je suis le parrain, dans ses quartiers de l’est parisien alors qu’il était déployé pour l’opération Sentinelle. Puis des membres de l’association ANORABC, qui regroupe les anciens officiers de cavalerie passés à Saumur, sont venus nous rendre visite à Dreux à l’occasion de leur sortie annuelle.

Cette visite a été suivie par celle d’une centaine d’élèves du Lycée Paul et Marie Curie de Dreux, dans le cadre du programme « La Nation en Partage » mené par la ville. Ces visites sont le cœur de l’action que nous menons au sein de Gens de France dont l’objet est de faire connaître l’histoire de France par la découverte de hauts lieux de notre patrimoine.

Puis nous sommes partis pour Vienne où nous avons passé les fêtes de Pâques en famille. L’occasion de souffler un peu et de recharger les accus après un hiver difficile. Ce pays nous aide à mieux comprendre l’esprit de l’Europe centrale telle qu’il a été façonné par les Habsbourg et qui est encore manifeste.

Je suis ensuite rentré à Paris pour assister à mon premier conseil d’administration de l’Institut Jérôme Lejeune. Cet institut scientifique travaille sur la trisomie 21 par la recherche, la consultation et la formation. Philomena et les enfants m’ont ensuite rejoint pour les Naturalies qui avaient lieu en fin de semaine dernière. Cette manifestation a de nouveau attiré quelques 15 000 personnes sur deux jours.

L’occasion d’évoquer la présence des frelons asiatiques à Dreux et des moyens à mettre en place pour piéger les reines. Elles survivent à l’hiver et sortent ensuite pour se nourrir à partir de février jusqu’à fin avril. Pour les piéger, il faut couper une bouteille de plastique en deux, retourner la partie haute et l’imbriquer dans la partie basse, y mettre ensuite un mélange de bière brune, de vin blanc (pour repousser les abeilles) et de sirop de cassis.

 

Domaine Royal, le 17 avril 2018
Jean de France, Duc de Vendôme

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