( 22 mars, 2020 )

Le manque de masques en France vient du dogme libéral

 

Lu sur le blog de Patrice de PLUNKETT

 

Les premières enquêtes sur le scandale du manque de masques renvoient au délire anti-Etat et anti-stocks qui a formaté les années de la glorieuse “révolution libérale” :

 

2011, avant-dernière année de celui qui voulait être appelé “Sarko l’Américain” : une “grande concertation” avec le privé est organisée par le gouvernement, qui veut se défaire du stock d’Etat d’un milliard de masques chirurgicaux et 700 millions de masques FFP2. Motifs de cette braderie : 1. l’existence de stocks en tous domaines est condamnée par le dogme libéral au profit de la fameuse “logique des flux” ; 2. en vertu du dogme, lors des crises sanitaires graves le “flux” d’approvisionnement de la France en masques sera censé reposer désormais sur… la Chine, usine du monde. One world, free trade.

Où passent les stocks de masques français après 2011 ?  En principe ils partent dans les entreprises, l’Etat se déchargeant désormais de la protection sanitaire des salariés (toujours en vertu du dogme) ; mais au vu de la situation de 2020, on peut se demander ce qu’il est réellement advenu des stocks après leur dispersion. Gaspillés ?  Vendus à l’étranger ? Mystère. La transparence du privé est très relative. Toujours est-il – constatent les enquêteurs – qu’en janvier 2020 l’Etat ne détient plus que 145 millions de masques chirurgicaux et aucun masque FFP2. Quand le coronavirus explosera en territoire français, ce sera juin 40… D’autant que l’industrie de la Chine ne sera plus capable de fournir de masques au monde dont elle était censée être l’usine. Et que la principale usine de masques en Europe est en Allemagne, Etat qui s’est empressé de mettre l’embargo sur sa production ! On mesure en cela ce qu’est réellement l’Union européenne… (« sans laquelle nous serions en guerre les uns contre les autres”, disent les conformistes).

L’affaire des masques s’ajoute ainsi à l’ensemble de la crise du virus pour condamner la globalisation libérale.

Reste à venir maintenant le tsunami de la crise économique mondiale, qui s’annonce pire que 2008 et 1929, et qui consacrera l’effondrement du système sur nos têtes – au prix d’indicibles souffrances humaines. Il y a des cas où l’on souhaiterait n’avoir pas eu raison d’avance…

Espérons que cette crise ouvrira les yeux à nos compatriotes et que nous sortirons enfin de ce libéralisme mondial qui nous détruit tous, comme nous l’avons toujours dit sans être écouté. L.R.

( 21 mars, 2020 )

Le Covid-19, une chance pour l’Afrique ?

 

Voici un communiqué de l’Afrique Réelle, comme toujours fort juste sauf sur la question démographique qui se résoudra d’elle-même et qui peut être une chance pour l’Afrique. LR

 

Avant la crise du Covid-19, des dizaines de millions de jeunes africains voyaient l’Europe comme une terre à prendre peuplée de vieillards repus ou épuisés, d’hommes mentalement castrés par les groupes de pression féministes, de femmes n’enfantant plus et dont les dirigeants étaient soumis au diktat de l’émotionnel… Encore plus merveilleux, au nom des « anciennes vertus chrétiennes devenues folles » (Chesterton), le pape « François » les encourageait à s’introduire par effraction dans cette Europe gavée.
Or, ce n’était  pas le jihadisme que fuyaient ces « migrants ». En Afrique, ce dernier provoque en effet trois fois moins de victimes que les morsures des serpents. En 2017, mamba, vipères des sables et autres naja, tuèrent ainsi entre 25 000 et 30 000 malheureux et fait autant d’infirmes (source Slate Afrique). Nous étions donc au terme du processus entre la lente et mortelle asphyxie « soustellienne » de l’intégration et le « radeau de la Méduse » de la laïcité…
Mais voilà que le Covid 19 va peut-être forcer Européens et Africains à revenir au réel grâce au principe de « l’imprévu dans l’histoire » si magnifiquement conceptualisé par Dominique Venner.
En effet, comme le Covid 19 va demander d’immenses efforts à l’Europe pour se relever,  délaissée, l’Afrique va donc devoir se prendre enfin en main. Cela passera par trois grandes mesures :
1) Régler la question démographique
Avec un taux de croissance de 4% la population africaine double tous les 18-20 ans.
Résultat, d’ici à 2030, l’Afrique va voir sa population passer de 1,2 milliard à 1,7 milliard, avec plus de 50 millions de naissances par an. Puis, en 2100, avec plus de 3 milliards d’habitants, le continent africain abritera 1/3 de la population mondiale, dont les trois quarts au sud du Sahara. Le principal blocage de toute politique familiale étant à la fois culturel et religieux, les dirigeants africains devront donc prendre des mesures très courageuses. Ou bien l’Afrique mourra.
2) Oublier le mythe du développement
Bloqués par leurs présupposés idéologiques, moraux et religieux, les dirigeants européens qui s’obstinaient à ne pas tenir compte des réalités, avaient choisi de s’accrocher au mythe du « développement », refusant de voir que tout avait déjà été tenté en ce domaine depuis les indépendances. En vain car, en dépit des sommes abyssales déversées pour la faire « démarrer », l’Afrique n’avait cessé de régresser. En effet, comme il fallait une croissance de 7% par an pour simplement commencer à réduire la pauvreté, le calcul était vite fait, année après année, il manquait donc à l’Afrique entre 3 et 4% de croissance, ce qui faisait que loin de se combler, la pauvreté africaine augmentait.
D’ailleurs, comment prétendre développer l’Afrique quand les investisseurs s’en détournaient ? Dans son rapport de mai 2018, la BAD (Banque africaine de développement) soulignait ainsi que pour les investissements dans le seul domaine des infrastructures, l’Afrique avait besoin annuellement de 170 milliards de dollars d’IED (Investissements étrangers directs), alors que, au total de tous ses postes, elle n’en reçut que 60 mds. Avec le Covid 19, il y a fort à parier qu’elle en recevra encore  moins.
Or, ses besoins seront de plus en plus colossaux car la baisse du prix du pétrole et de presque toutes les matières premières va avoir des conséquences catastrophiques pour des pays tirant entre 75 et 98% de leurs recettes de ces productions. Phénomène aggravant, quand les cours étaient hauts, ces pays pensèrent que la manne était éternelle et ils dépensèrent alors sans compter. Résultat, aujourd’hui, comme ils se trouvent face à des échéances qui ne sont plus couvertes, les voilà donc contraints de s’endetter pour continuer à financer des projets non soldés ou tout simplement pour acheter la paix sociale et éviter la révolution. A peine sortis de la mortelle spirale de l’endettement des années 1980-1990, ils y ont donc replongé.
3) Répudier la religion démocratique et le credo des « droits de l’homme »
Dans les Afriques où la criante nécessité d’Etats forts est une évidence, l’impératif démocratique décrété à la Baule par le président François Mitterrand le 20 juin 1990 a eu des conséquences désastreuses. Le multipartisme y a en effet affaibli des Etats en gestation et réveillé les luttes de pouvoir à travers des partis qui ne sont, dans leur immense majorité, que des habillages ethniques. C’est pourquoi il importe :
- De permettre à l’Afrique de reprendre au plus vite ce « raccourci autoritaire » qui traumatise tant les démocrates européens, mais qui, seul, est susceptible de provoquer une coagulation nationale.
- De répudier le système électoral fondé sur le destructeur principe de « un homme une voix ». Donnant automatiquement le pouvoir aux peuples les plus nombreux selon la loi de l’ethno-mathématique électorale, il fait donc des membres des ethnies minoritaires des citoyens de seconde zone ; d’où d’incessantes guerres civiles.
- D’encourager les Africains à réfléchir à des modes électoraux communautaires et non plus individuels.
En un mot, les Africains doivent se décoloniser mentalement pour revenir à la culture du chef en laissant celle du consensus mou aux donneurs de leçons européens. Le salut de l’Afrique en dépend. Tout le reste n’est que balivernes européocentrées.
L’Afrique qui va être délaissée par les pays dits « riches » doit donc profiter de l’ « opportunité » du Covid 19 pour lancer  cette révolution salvatrice[1].
 
Bernard Lugan

[1] Voir à ce sujet mes livres Osons dire la vérité à l’Afrique et Mythes et manipulations de l’Histoire africaine.

( 21 mars, 2020 )

Etre citoyen et responsable ?

 

Lu sur le site de l’Action Française

 

On nous dit, qu’il faut jouer «  l’Union Sacrée  » face au fléau national et international qui s’abat sur nous, et toutes notes discordantes seraient indignes en plein milieu du combat, et même de «  la guerre  » pour reprendre l’expression dramatique du président Macron.

Mais pour mener une guerre, il faut que le peuple entier fasse confiance en ses chefs, ceux là même qui ont ruiné le système de santé le plus performant du monde et fait tabasser les personnels médicaux en grève pour manque de moyens. Je ne parle pas de la répression sauvage des gilets jaunes, lesquels étaient coupables de ne pas croire aux bienfaits de la «  mondialisation heureuse  ».

Les mêmes qui nous parlent encore, à l’instar du président, de ne pas sombrer dans le repli nationaliste et refusent de fermer les frontières au prétexte que les frontières n’arrêtent pas les virus, argument imbécile et de mauvaise foi puisque l’on nous serine par ailleurs que le virus est transporté par les hommes, lesquels, eux, peuvent être arrêtés par les frontières, dont c’est la fonction.

C’est d’ailleurs ce que comprennent, notamment, les allemands, les italiens et les espagnols.

Sait-on que le laboratoire de Wuhan, en Chine,   a été inauguré en 2017 par Yves Lévy, PDG de l’Inserm et accessoirement mari d’Agnès Buzyn, pour procéder à des tests sur cellules souches de Coronavirus avec des chauves-souris  ? Cette proximité eut dû permettre à nos responsables, peut-être d’en savoir plus et expliquer les dernières déclarations de l’ex-ministre de la santé à propos de la mascarade des municipales.

Aussi,  les mesures annoncées avec gravité sollicitant avec emphase le sens des responsabilités de chacun, sont contestées par des scientifiques tout de suite voués aux gémonies par l’académie, laquelle est immédiatement soutenue par les grands médias et bien sûr, le gouvernement, dont le sens même des responsabilités depuis quelques temps n’est pourtant pas démontré.

Il semble quand même que les professionnels qui font référence, optent comme de vulgaires technocrates pour les solutions radicales, faute d’avoir anticipé, se trouvant débordés par le tsunami viral. Les politiques très mal à l’aise, en dehors de faire la morale au peuple indiscipliné s’en remettent aux «  spécialistes  » qui deviennent l’alpha et l’oméga, argument d’autorité repris en boucle sur les plateaux télé. Nos politiques semblent avoir oublié ce pourquoi ils sont faits  : Décider après avoir pris conseil (sachant que les conseilleurs, comme dit le proverbe, ne sont pas les payeurs)

Le confinement général et brutal supplée aussi aux manques de moyens, notamment en matière de tests.

Notre voisine l’Allemagne semble avoir mis en place des mesures  plus efficaces  :

“Depuis le début [de l’épidémie], nous avons systématiquement demandé à nos médecins de tester les gens”, indiquait le docteur Lothar H. Wieler, président de l’Institut Robert Koch, lors de la conférence de presse quotidienne de l’organisation le 11 mars, cité par Euronews. Le pays dispose en effet d’une capacité de dépistage massive évaluée “par les autorités allemandes à 12 000 tests par jour” grâce à un “maillage territorial important de laboratoires”, souligne Laurent Desbonnets. Des “drive” ont même été mis en place dans le pays, comme en Corée du Sud ou aux Etats-Unis, afin de tester rapidement de très nombreuses personnes, relève le New York Post.

Contrairement à la France, qui face à la hausse du nombre de cas suspects, a dû progressivement réserver les tests aux patients présentant des symptômes avancés.

Résultat  : Lundi 16 mars, l’Allemagne recensait ainsi 6 012 cas confirmés, dont 13 morts (soit un taux de mortalité 0,2 %), selon l’Institut Robert Koch, l’établissement allemand responsable du contrôle et de la lutte contre les maladies au niveau fédéral. La France comptabilisait dans le même temps 6 633 cas confirmés, dont 148 morts (soit un taux de mortalité de 2,2 %), selon Santé publique France.

“Comme l’Allemagne teste davantage de personnes, y compris certaines qui ne sont pas tant malades, cela nous donne une meilleure compréhension du taux de mortalité”, avance Thomas Schulz médecin à l’institut de virologie de Hanovre (Allemagne), interrogé par France info.

Au contraire, la France ne dispose que d’une capacité de 2 500 tests par jour, a indiqué à France Info la Direction générale de la santé, mardi 17 mars. Et seuls 70 laboratoires sont en capacité de traiter ces tests, a-t-elle précisé à 20 Minutes. Les autorités sanitaires ont donc progressivement réservé les tests aux patients présentant des symptômes avancés,

Ainsi donc l’appel à la responsabilité des citoyens vient palier l’irresponsabilité chronique  et l’incapacité d’anticiper de nos dirigeants, devant lesquels nous avons reçu l’injonction de nous taire, de nous soumettre, au nom même de cette responsabilité.

 Les EPHAD désormais inaccessibles 

Pendant deux jours trop courts, la consigne concernant les visites aux parents âgés était de se rendre un par un, à des horaires limités, de se laver les mains avant et après la visite et de se tenir à une distance d’un mètre de la personne visitée.

Et puis, très rapidement la sentence est tombée  : Plus de visite du tout. Or nous savons tous que les personnes déjà confinées dans les établissements et qui se rapprochent inexorablement de leur fin, n’attendent que la prochaine visite de leur famille, la principale note d’espoir qui leur permet de vivre ou de survivre.

Le mental étant le dernier ressort qui maintienne nos parents en vie. Si on le met à mal, malgré le dévouement du personnel de santé et

d’accompagnement, on les condamne à mourir d’ennui et de tristesse, un virus pourtant que l’on sait combattre avec un peu d’amour.

Ainsi, sous le prétexte de les sauver du virus, les vieux sont assignés dans ce qui ne devient pour eux qu’un mouroir…

Une solution à double tranchant pour Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA). “Limiter encore plus n’est absolument pas souhaitable pour les gens parce que ne pas voir les gens qu’on aime pendant trois mois, c’est insupportable  »

“Le bénéfice, évidemment, c’est que si on suspend les visites il y a peu de probabilité que le virus entre dans un établissement”, estime Pascal Champvert. Mais il ajoute : “Le risque, c’est qu’on peut avoir des gens qui, pendant deux trois mois n’ont aucune visite”. “Est-ce que vous vous accepteriez de ne pas voir les gens que vous aimez, vos parents, votre famille, vos amis pendant trois mois ? Je ne suis pas sûr”, conclut-il enfin.

Il faut ajouter que nos anciens sont en fin de vie, et qu’il est du ressort des vivants de les accompagner jusqu’à leur terme.

Il y aura des morts non comptabilisés, parce que «  d’apparence naturelle  », que l’on ne pourra certes pas imputés au COVID 19, mais au désespoir de nos anciens morts d’isolement et de tristesse, parce que les politiques s’en remettant à des spécialistes de la statistique virale auront jugé que c’était plus commode. Etait-ce si difficile de laisser au moins un référent par personne et de l’équiper de surblouse et de masque  ? Ceux qui ont eu dans leur entourage, des malades immunodéprimés notamment dans le traitement des cancers ont pu  leur rendre visite avec cet équipement. Mais, ah oui, nous manquons aussi de surblouses et de masques…

Ainsi en va-t-il du père de l’auteur de cet article, héros de la 2eme DB, blessé, croix de guerre, médaille militaire, légion d’honneur, patriarche d’une centaine de descendants, qui se trouve mourant seul, loin de tous, alors qu’avant l’ordre de confinement il recevait au moins une visite par jour.

Olivier Perceval

( 21 mars, 2020 )

Liberté individuelle et indépendance nationale

 

Lu sur La lettre de l’ASAF (Association de Soutien à l’Armée Française)

 

 

Liberté individuelle et indépendance nationale dans actualités

La pandémie du coronavirus fait prendre conscience aux Français de la dépendance de leur pays dans de nombreux secteurs. La « mondialisation heureuse » n’était, jusqu’à présent, remise en question que pour des raisons de réchauffement climatique.

Depuis des années, les entreprises délocalisaient pour rester compétitives et maintenir leurs profits. Mais depuis quelques semaines, elles prennent conscience des risques d’une trop grande dépendance de l’étranger.

Dans la même logique, les Français, dits individualistes, pressent le gouvernement de donner des directives pour les rassurer, les protéger et anticiper les risques à venir. Ils découvrent que l’homme, seul, ne peut rien. La liberté individuelle ne peut exister qu’au sein d’une communauté organisée et puissante, c’est-à-dire soudée.

La Nation et les Français

Deux millions de Français vivent hors de l’Hexagone sans parler des touristes qui partent en vacances à l’étranger. Nous avons tous en mémoire ces deux compatriotes « en vadrouille » au Bénin pour la liberté desquels deux membres des forces spéciales sont récemment morts. De nombreuses interventions militaires ont été lancées en Afrique pour « extraire » des Français menacés. L’exemple le plus emblématique reste l’opération Léopard sur Kolwezi, en 1978, qui a permis de sauver près de 2 000 Européens et plusieurs centaines d’Africains pris en otage et dont le massacre avait commencé. Ces « miraculés » ont mesuré très concrètement ce que représentait la France.

Aujourd’hui, notre pays a rapatrié plusieurs centaines de ses ressortissants vivant en Chine. Ils ont été accueillis et ont bénéficié d’un suivi médical bien supérieur à celui dont ils auraient pu bénéficier dans les « hôpitaux 10 jours » de Wuhan. Ainsi, quand nos expatriés sont en danger, ils mesurent très vite la chance qu’ils ont d’être les ressortissants d’un pays indépendant et puissant qui accepte de risquer la vie de ses soldats et de ses médecins pour les sauver.

L’État et les entreprises 

Cette crise du coronavirus illustre aussi notre dépendance à l’égard de nombre de produits stratégiques. Elle nous a ainsi révélé que plus de 80 % des molécules importantes nécessaires à l’industrie pharmaceutique conçues en Occident et, en particulier en France, sont fabriquées en Chine et en Inde.

Dans le domaine militaire, cette dépendance technologique est d’autant plus inquiétante qu’elle est de nature à remettre en question les capacités de dissuasion et d’action de nos systèmes d’armes les plus puissants. Nous connaissions déjà celle vis-à-vis des États-Unis pour le maintien en condition des catapultes du porte-avions Charles de Gaulle, pour le recueil des renseignements au Sahel à partir des drones Reaper, qui nous appartiennent mais dont la mise en œuvre complète nous échappe, et aussi, depuis la vente d’Alstom Énergie, pour les turbines des réacteurs des sous-marins à propulsion nucléaire, qu’ils soient lanceurs d’engins ou d’attaque ! Chaque jour, dans ce domaine, des pépites françaises sont menacées de rachat conduisant notre pays à risquer de perdre la maîtrise de la chaîne de production d’équipements de haute technologie, au point d’être vulnérable aux chantages et embargos, ou interdit d’exportation de matériels y compris par des pays alliés.

Notons que, déjà, toutes les armes individuelles de nos soldats – fusils d’assaut et de précision, pistolets – sont d’origine étrangère : allemande, belge et autrichienne. Aussi nos armées doivent reconstituer leurs capacités et notre industrie doit renforcer la maîtrise de la fabrication de nos armes. Cela concerne en priorité les matériels majeurs : sous-marins et frégates, avions de chasse et drones, missiles et blindés avec leurs milliers de sous-ensembles et de composants, sans oublier les nombreux moyens de renseignement et de transmission.

Fragilités et cohésion 

Nos sociétés sont devenues plus fragiles et présentent des vulnérabilités accrues en raison de l’urbanisation. Ces concentrations humaines, devenues les poumons économiques des nations, sont très dépendantes des réseaux d’eau, d’énergie, de transport, faciles à neutraliser. De plus, les points d’entrée sur le territoire sont nombreux. Outre les frontières terrestres et maritimes, ce sont les ports et aéroports dont le volume de trafic ne cesse de croître.

Des mouvements de relocalisation d’usines s’opèrent car le coût de la main-d’œuvre comme celui du transport (générateur de carbone taxable) augmentent vite dans les pays en développement et l’impératif de réactivité et de qualité rend la sous-traitance moins attrayante dans certains secteurs. Il faut aller au-delà et retrouver la notion de communauté nationale fondée sur une prise de conscience d’un bien commun supérieur. La liberté individuelle n’est pas l’individualisme. La solidarité dans l’épreuve ne peut s’exercer qu’au profit de ceux qui acceptent de partager et servir la communauté à laquelle ils veulent appartenir. Elle seule est en mesure de leur procurer la sécurité et la protection.

Face à cette situation, la France veut-elle recouvrer son indépendance ?

Cela n’exclut pas les coopérations en priorité avec des pays européens. Le système satellitaire Galileo, réalisé à 27, qu’aucun pays n’aurait pu développer seul, permet au contraire à chacun d’entre eux de n’être plus dépendant du seul système GPS américain. Pour la France il est urgent de préserver et développer son excellence technologique, dans les grands projets européens particulièrement en matière de défense et dans le numérique. L’enjeu est le renforcement de notre autonomie stratégique tout en favorisant celle de l’Europe. Pour nos concitoyens, il convient de privilégier l’achat de produits conçus et fabriqués en France sous réserve qu’ils soient au meilleur niveau.

Cela représente un coût, mais c’est le prix de notre souveraineté. Comme le rappelle Jacqueline de Romilly à propos des Grecs : « Être libre, était avant tout appartenir à une cité libre, c’est-à-dire indépendante » (extrait de La Grèce antique à la découverte de la liberté. Coll. Bouquins 2019).

LA RÉDACTION de l’ASAF
www.asafrance.fr

( 18 mars, 2020 )

Communiqué du collectif Résistance Francophone

 

 

L’Action Française soutient sans équivoque les associations de défense de la langue française et de la francophonie et s’associe pleinement à ce communiqué

 

 

Communiqué de Presse 20 mars 2020

Semaine de la langue française et de la Francophonie – COMMUNIQUÉ DU COLLECTIF RESISTANCE FRANCOPHONE

Pour un Grand Débat sur la politique linguistique de la France et de l’Union européenne

Arrachage culturel  ? Substitution délibérée de l’anglo-américain à la «  langue de la République  » (Constitution, art. II-a), qui est aussi celle de la Francophonie internationale  ? Linguicide inavoué du français par ces «  collabos de la pub et du fric  » que fustigeait Michel Serres observant  : «  il y a plus d’anglais sur les murs de Paris qu’il n’y avait d’allemand sous l’Occupation  »  ?

Que ce soit dans la dénomination d’enseignes (entre 1000 exemples  : La Fourchette devenant The Fork…), dans l’appellation de services publics (banque postale créant sa filiale Ma French Bank  ; Ouigo de la SNCF), dans l’intitulé d’émissions (The Voice Kids, Tonight info…), dans l’enseignement  : du primaire à l’Université, est violée sciemment par les responsables la loi Toubon  : «  le français est la langue de l’enseignement  », une politique linguistique inavouable est méthodiquement appliquée par les élites politiques et économiques. Au plus haut niveau de l’État est promue à toute occasion la French Tech ou la Start Up Nation et des évènements officiels en France sont nommés Choose France, Makethe planet great again, etc. On en vient à craindre un consentement français post-Brexit à ce que l’UE impose l’anglais «  langue commune  » (unique de travail),alors que l’anglais n’est plus langue officielle déclarée d’aucun grand pays de l’Union…

Face au basculement linguistique ainsi engagé, les associations groupées encollectif Résistance francophone exigent un GRAND DÉBAT SUR LA POLITIQUE LINGUISTIQUE de la FRANCE et de l’UNION EUROPÉENNE. Car la sauvegarde de la diversité culturelle et linguistique de l’humanité importe autant à son avenir que la défense de la diversité des espèces.

Associations signataires  :

– Alliance Champlain (à Nouméa, Nouvelle Calédonie) : Daniel Miroux, président ;

– Association Francophonie Avenir (AFRAV) : Thierry Saladin, secrétaire général ;

– Association pour la promotion de la Francophonie en Flandre (APFF ; Belgique) : Edgar Fonck, directeur ;

– Athena (UE ; Luxembourg) : Anna Maria Campogrande, présidente ;

– Avenir de la Langue française (ALF) : Albert Salon, président d’honneur) ;- Carrefour des Acteurs sociaux (CAS) : Catherine Distinguin, directrice du pôle francophone) ;

– Cercle littéraire des Écrivains cheminots (CLEC) : Philippe Deniard, président ;

– Centre d’études et de réflexion sur le monde francophone (CERMF) : Ilyès Zouari, président) ;

– COURRIEL : Georges Gastaud, président ;

– Défense de la Langue française (DLF) : Marceau Déchamps, secrétaire général ;

– Défense de la Langue française en Île de France (DLF-Paris) : Marc Favre d’Échallens, président ;

– Défense de la Langue française en pays de Savoie : Philippe Reynaud, président ;

– Droit de Comprendre (DDC) : Marc Favre d’Échallens, président ;

– Forum francophone international (FFI-France) : Albert Salon, président ;

– Forum francophone international (FFI-Québec) : François Gauthier, président ;

– Forum pour la France (FpF) : Henri Fouquereau, secrétaire général ;

– Francophonie Force oblige (FFO) : Alain Ripaux, président ;

– Impératif français (Québec) : Jean-Paul Perreault, président ;

– Institut Culture, Économie, Géopolitique (ICEG) : Yves Montenay, président ;

– République exemplaire : Michel Le Net, président ;

– Syndicat gardois CGT du Commerce, de la Distribution et des Services : Stéphane Leroux, secrétaire ;

( 18 mars, 2020 )

« Le grand rire de l’Immortel ! »

 

 

« Le grand rire de l’Immortel ! » logo_pm_01

Lu sur « Politique Magazine » cet article qui montre que notre maître Charles Maurras est bien reconnu comme un grand écrivain, un grand Français, par l’Académie Française

 

 

 

Comment le plus normal devient le plus extraordinaire.

Mercredi 19 février, à l’Institut de France, quai de Conti, face au Louvre et dans la perspective unique de la Seine que réhaussent de symboliques festons les clartés vespérales, au sein de ce Paris royal où bat le cœur de la France, dans les salons du Secrétaire perpétuel de l’Académie française, Madame Hélène Carrère d’Encausse. Cela se passe bien chez elle, dans ce logement qu’elle a voulu aménager elle-même lors de son installation avec son propre mobilier pour bien signifier que, quand elle reçoit, c’est elle qui reçoit, elle et nul autre, et bien sûr tout ce qu’elle représente, dont les portraits en nombre des académiciens d’avant la Révolution qui regardent fixement les invités de l’heure du haut des cimaises de l’une des salles de réception.

Impressionnant, donc, mais tout aussi bien familier. Une vingtaine de personnes sont conviées à cette soirée, dont le Prince Gabriel de Broglie, de l’Académie française, chancelier honoraire de l’Institut de France, et le Professeur Georges-Henri Soutou, membre de l’Institut.

Il y a dans l’assistance de l’étonnement, de l’amusement aussi, une solennité de bon aloi doublée d’une charmante simplicité, bref une ambiance créée par et pour l’occasion. L’évènement est historique ; chacun en a parfaitement conscience ; et, cependant, rien n’est plus naturel, plus raisonnable, plus sensé, plus logiquement français que la cérémonie qui se déroule. Madame le Secrétaire perpétuel de l’Académie française reçoit des mains de Madame Nicole Maurras l’épée d’académicien de Charles Maurras. En dépôt perpétuel ! Sont joints à ce don les originaux de tous les documents, notes et papiers divers, que Maurras avait conservés de son voyage à Athènes en 1896, quand il couvrit, à vint-huit ans, comme journaliste pour la Gazette de France, les premiers jeux olympiques organisés par le baron de Coubertin.

Maurras, quai Conti

Voilà qu’en ce jour de 2020 Maurras rentre à l’Académie. De nouveau. Mais l’a-t-il jamais quittée, cet Immortel qu’on a prétendu vouer à la mort définitive ? Il y est à sa place en toute honorabilité, sous le regard de ses vieux confrères, toujours vivant et dont l’immortalité ne saurait être remise en cause.

Madame Carrère d’Encausse ne manque pas de l’affirmer avec vigueur, sans user d’aucune de ces contorsions alambiquées dont il est courant de se servir pour évoquer l’homme et l’œuvre. C’est qu’elle connaît son sujet ! Maurras est assurément un grand écrivain, l’un des plus grands de langue française : il faut être inculte ou d’une mauvaise foi insigne pour ne pas le reconnaître. Elle sait, et dit tout uniment, à la fois, et l’inanité des jugements portés contre l’intellectuel, attaché comme aucun autre à sa petite patrie provençale et à sa grande patrie française, et l’injustice commise envers le polémiste, philosophe autant que politique, le plus anti-allemand de notre histoire nationale. Elle retrace en quelques mots aussi vifs que spirituels les rapports, en effet singuliers, que le Martégal, devenu le plus parisien des parisiens et le plus français des Français, entretint avec l’Académie française. C’était le seul honneur auquel il tint, comme il l’écrivit à son ami Barrès, et qu’il accepta de revendiquer.

En 1923, l’Académie lui préféra un certain Jonnart, homme politique, alors ambassadeur de France près le Saint-Siège, ambassade dont, d’ailleurs, Charles Maurras avait réclamé inlassablement le rétablissement à l’encontre du stupide anticléricalisme qui dominait encore la République française. Le concurrent abusa de sa situation, note le Secrétaire perpétuel. Et de raconter en souriant comment les camelots du roi se gaussèrent joliment dans le quartier latin de l’élection du politicien dont l’œuvre littéraire n’était composée que de pages blanches. À moins de prendre des discours électoraux pour des chefs-d’œuvre de littérature.

Maurras fut élu le 9 juin 1938 au fauteuil d’Henri-Robert. Condamné en 1945 à la dégradation nationale à la suite d’un procès inique, comme tant d’autres à cette époque, et dont il récusa l’autorité du verdict jusqu’à sa mort, il aurait dû être radié de l’Académie comme l’exigeaient les maîtres du moment. L’Académie française, précise Madame Carrère d’Encausse, s’honora de ne point obtempérer et de décider, malgré toutes les pressions, comme pour le maréchal Pétain, de ne déclarer vacant le siège qu’à la mort de l’intéressé. Et, donc, très logiquement le duc de Lévis-Mirepois qui fut élu au siège de Maurras en 1953, fit un éloge bien senti de son prédécesseur dont il était un ami. Maurras était bien Immortel : les Immortels, ses collègues, dans leur institution royale et nationale, le garantissaient. Et Madame le Secrétaire perpétuel le certifie aujourd’hui.

Un bijou de symboles

Nicole Maurras parle de l’épée. La plume de Maurras en était déjà une, dit-elle, comme l’avait écrit en 1915 l’archevêque de Bordeaux, le cardinal Andrieu, celui-là même qui, en 1926, abusé par une cabale, lança la procédure de condamnation ecclésiastique, aussi absurde et aussi injuste que toutes les autres, et qui sera levée en 1939 par le pape Pie XII et par acte de simple justice, comme disait le Cardinal Villeneuve, archevêque de Québec.

Cette épée offerte par une souscription nationale, a été ciselée par Maxime Real del Sarte et confectionnée par le joaillier Mellerio, dit Meller, de cette fameuse maison qui se flatte toujours de son antique privilège royal. Elle fut remise à Charles Maurras le 4 mars 1939, salle Wagram, par Charles Trochu, alors président du Conseil municipal de Paris. Il est bon aujourd’hui d’évoquer ces temps-là !

Nicole Maurras décrit l’étonnant parcours de la superbe épée qui, avant sa remise, pélerina littéralement à Lisieux, sur les traces mêmes de celui qui devait si fièrement la porter et qui laissa dans la chapelle du Carmel son ex-voto de « vieux pèlerin » : elle alla de la châsse jusqu’au lit d’infirmerie d’où s’envola l’âme de la petite Thérèse que Maurras, dans une dévotion profonde – oui, dans son état si singulier – plaçait parmi les plus grandes.

La France des Bourbon, de Mesdames Marie,

Jeanne d’Arc et Thérèse et Monsieur Saint Michel.

Quelle épée connut jamais pareil rite de sanctification ?

Il revient à Christian Franchet d’Espèrey, petit-neveu du maréchal qui fut académicien au même fauteuil que madame Carrère d’Encausse, celui de Corneille, et qui fut parrain de Charles Maurras à cette même Académie – les choses sont vraiment bien faites –, de donner lecture de la description de l’épée.

« Sa poignée représente sainte Geneviève protégeant des mains un écu fleurdelysé posé à la proue d’une nef où se détache le chapiteau de pierre, dit « bucrâne », qui orne la terrasse de la bastide du Chemin de paradis. Les vagues sont là pour rappeler la vocation de marin à laquelle Charles Maurras dut renoncer en raison de la surdité qui l’atteint à l’âge de quatorze ans. Elles battent contre un mur de pierres surmonté de « merlons », ceux du Mur grec de Saint-Blaise, près de Martigues, espace mystique qui fascina l’écrivain.

Encadrée des armes de Provence et de Martigues, surmontée du ciel où brille la Grande Ourse en petits diamants, voici la bastide du XVIIe siècle, maison de famille de Maurras que gardent deux cyprès d’émeraude. Lui fait pendant, de l’autre côté, le château de Versailles surmonté, pour sa part, du Bouclier d’Orion, et flanqué des armes de France et de Versailles. Le fourreau de l’épée se termine par une élégante petite amphore grecque. »

Tout est symboliquement représenté. Il y faudrait encore un commentaire ! Comme pour les poèmes de Maurras !

Dans son discours de réception à l’Académie, Charles Maurras fit l’éloge de son prédécesseur, Henri-Robert, et de là il fit l’éloge de la France et à travers elle de la féminité – notre siècle en a bien besoin, on ne le sait que trop ! – et, au-delà, l’éloge de la Femme, et de la Femme bénie entre toutes les femmes, la Vierge Mère, Notre Dame. Car c’est en elle que se sublime, pour rejaillir en fontaine de vie, le culte de la France éternelle, dont la sève typiquement française se renouvelle d’âge en âge par la grâce de tant de femmes d’exception où se retrempe constamment, naturellement et surnaturellement, la singularité extraordinaire de cette sainteté française. Il vaut la peine de relire ce morceau d’anthologie ! Aucun discours d’académicien, même ecclésiastique, ne s’était risqué à une telle hymne. Et cet homme a été traité d’impie ! Non, son amour de la France était vrai, et vrai son amour de l’Église. En dépit de toute les condamnations. De son Martigues « plus beau que tout », où repose aujourd’hui son cœur de chair, il n’a point démérité. Jamais ! Il l’a chanté avec la violence de l’indignation dans les jours sombres où des gens sans aveu qui se croyaient des juges, voulaient le « dénationaliser » et le « désimmortaliser ». Peine perdue ! Les feux de sa vérité de nature sont là, ceux qui lui ont brûlé le cœur, ainsi qu’il le clame,

 … et qui m’emportent l’âme,

Pour la ravir de ciel en ciel,

Partout où retentit sur un verdict infâme

Le grand rire de l’Immortel !

Hilaire de CREMIERS

 

( 18 mars, 2020 )

Une Société en métamorphose

 

 

La France à changé en quelques heures depuis qu’elle a pris conscience du danger de la pandémie du coronavirus. C’est d’abord manifeste dans la vie quotidienne et la sociabilité de la rue. Mais aussi dans la vie religieuse.

Après cette étonnante journée de dimanche, c’est comme si nous étions en phase de métamorphose. Peut-être nos prédécesseurs ont-ils connu quelque chose d’analogue avec l’état de guerre. C’est tout un climat anthropologique qui apparaît, comme si nous changions de monde.

La rue n’est plus la même. On ne s’y attarde plus. Tous les cafés ont fermé, et singulièrement ceux qui étaient le lieu d’une convivialité particulière, rassemblant surtout des jeunes. Les supermarchés, par contre, sont assaillis. De longues files s’étendent jusqu’aux caisses et l’on admire la constance de celles qui les tiennent. Il y a risque de rupture de stock et certains magasins sont obligés de fermer quelques heures, ce qui a au moins l’avantage de soulager un peu le personnel. Il en va de même pour les pharmacies. C’est la première fois que je vois une file de clients attendant patiemment dans la rue et observant la distance réglementaire.

Il faut croire qu’après la folle inconscience des jours derniers, la population a, enfin, réalisé la gravité de ce qui s’abattait sur elle. Si certains avaient encore la volonté de s’en distraire, il leur faudra rester chez eux, observant des consignes de confinement strictes. Car s’il leur fallait quérir à tout prix leur paquet de cigarette au bureau de tabac du coin, il se retrouveraient devant la tête masquée du patron et ils n’auraient même pas la faculté de reconnaître le visage du caissier caché derrière un voile de plastique. On comprend que certains veuillent fuir vers la campagne. Mais tout le monde ne le peut pas, et par ailleurs il faut bien que ce nouveau monde survive, ne serait-ce qu’en entretenant un minimum d’activité économique parce qu’il faut bien nourrir la population.

En ce qui concerne la vie religieuse, il faut bien aussi s’adapter à la situation. Certes, nos évêques ne sont plus à même d’imiter leurs prédécesseurs des temps héroïques, les Borromée et les Belsunce, mais ils s’inspirent quand même de leur tradition. C’est le Pape qui processionne seul dans les rues de Rome pour aller prier dans les sanctuaires protecteurs contre les épidémies d’hier. C’est l’évêque de Gap qui va brûler un cierge dans le sanctuaire de Notre-Dame du Laus, le recteur de Fourvière qui renouvelle les gestes de ses prédécesseurs. Notre humanité se souvient qu’elle est fragile et elle se tourne vers la maternelle protection de Marie.

Gérard LECLERC

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 17 mars 2020.

( 18 mars, 2020 )

« C’était une mascarade… » Et c’est Buzyn qui ose le dire !

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Premier jour de confinement, deuxième de télétravail, puisque l’Éducation nationale a enfin décidé qu’il fallait arrêter de se réunir… Jeudi encore (même pas une semaine), le Président allait au théâtre et, dimanche, allait voter… Les premiers mails d’élèves arrivent, les plus connectés, les plus sérieux. On travaille. La poésie engagée. Le Printemps des poètes, qui a lieu, comme tous les ans, à cette période, a pour thème « le courage ». Tiens, un signe… Sous le patronage de Corneille : « Espère en ton courage, espère en ma promesse. »

On a aussi le temps de lire. Pascal, bien sûr : « Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose… » Finalement, les catholiques en carême devraient y voir un autre signe, dans cette retraite.

Mais voilà qu’un article du Monde nous tombe sous les yeux et qu’on constate, abasourdi, que le carnaval continue. vient s’épancher dans l’oreille d’Ariane Chemin. Oui, , ministre de la Santé jusqu’à il y a trois semaines, qui a piloté notre chute dans l’épidémie avant d’aller faire campagne pour les municipales.

Au moment où des Français et des Européens meurent sans doute du fait de l’impéritie de nos dirigeants, Mme Buzyn a l’indécence de venir pleurer sur son sort : « “Je me demande ce que je vais faire de ma vie”. Agnès Buzyn est enfin rentrée chez elle, lundi 16 mars, en milieu d’après-midi. Elle vient de “fermer la porte du QG” de sa campagne parisienne et a posé son sac, seule, “effondrée”. »

Mais il y a pire que cette mise en scène : cet aveu, terrible, qui fait froid dans le dos : « Je pense que j’ai vu la première ce qui se passait en Chine : le 20 décembre, un blog anglophone détaillait des pneumopathies étranges. J’ai alerté le directeur général de la santé. Le 11 janvier, j’ai envoyé un message au Président sur la situation. Le 30 janvier, j’ai averti Édouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir. Je rongeais mon frein. »

On se pince, on relit : Mme Buzyn savait, aurait alerté, prévenu MM. Macron et Philippe dès le mois de janvier et les choses auraient continué comme ça ?

Et cette campagne électorale ? « Depuis le début je ne pensais qu’à une seule chose : au coronavirus. On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade. La dernière semaine a été un cauchemar. J’avais peur à chaque meeting. J’ai vécu cette campagne de manière dissociée. »

Farce Griveaux. Mascarade Buzyn. Emmanuel Macron au théâtre pour montrer l’exemple.

Et, en même temps, les cris clairs des médecins. Et les morts.

Et, depuis ce mardi, confinement. L’ordonnance ne devrait-elle pas être plus sévère pour certains ? Un délai de décence serait un minimum, pour Mme Buzyn comme pour tous les petits camarades de sa mascarade.

À 18 h 25, Le Monde publiait une mise au point emberlificotée de Mme Buzyn : « Je regrette l’utilisation du terme de “mascarade”, qui dans mes propos concernait le fait de débuter des discussions de fusions de listes électorales dans le contexte que l’on connaît. »

Agnès Buzyn, qui ose nous dire « médecin un jour, médecin toujours » n’avait-elle pas les moyens, le DEVOIR d’alerter et de s’extraire de son cauchemar ? De sa mascarade ? Le syndrome de la dissociation, c’est quand même un peu court.

Mais le mal est fait. La situation terrible. Les responsabilités aussi. Et les Français le voient bien.

Nicolas Sarkozy prédisait que le macronisme finirait en farce. Il se trompait : il finit en une sinistre mascarade. Et il va falloir avoir le courage de le leur dire, à tous ces histrions qui se sont joués de nous et ont joué, non seulement avec la démocratie, mais avec nos vies.

Le dernier mot de notre ex-ministre de la Santé qui savait et qui a joué la mascarade jusqu’à dimanche soir ? « L’hôpital va avoir besoin de moi. Il va y avoir des milliers de morts. »

Pascal Célérier

( 18 mars, 2020 )

AUJOURD’HUI LE CONFINEMENT, DEMAIN LA REDDITION DE COMPTES…

 

Paru sur le site de l‘Action Française

 

L’éditorial de François Marcilhac

 

Oui, il faut faire preuve de civisme, oui, il faut respecter les consignes gouvernementales, oui, il faut que chaque Français, et plus particulièrement les patriotes conscients que nous sommes — ce qui ne nous rend pas a priori meilleurs, car la responsabilité personnelle est d’un autre ordre que politique, mais peut tout de même y contribuer —, prenne sa part du fardeau imposé à l’ensemble du pays, jusqu’à ce que cette épidémie ne soit plus qu’un (très) mauvais souvenir. Ce qu’elle ne deviendra pas pour tout le monde, car il faut également penser à ceux que le deuil aura frappés à l’occasion de cette catastrophe sanitaire.

Oui, tel est notre devoir, aujourd’hui. Mais la solidarité infaillible dont nous devons faire preuve, le sens aigu de nos responsabilités, dont nous ne devons jamais nous départir, ne doivent pas pour autant nous rendre aveugles, sourds ou muets. Nous restons des citoyens conscients des graves problèmes politiques qui se posent au pays et nous de devrons pas, demain, oublier les légitimes questions que nous nous posons d’ores et déjà. C’est, aujourd’hui, l’heure du confinement  ; demain, ce sera celle du bilan et de la reddition de comptes. Car qui dit confinement physique ne dit pas confinement intellectuel, politique et moral.

Oui, après les ravages causés à notre pays, à son peuple, à son économie, à son tissu social, nous serons en droit de demander des comptes à nos dirigeants, présents, mais aussi passés, aux «  acteurs  », comme ceux-ci aiment à se définir, non seulement sur la gestion de la crise, depuis son apparition et les premiers cas, en provenance de Chine, mais aussi sur l’état de l’organisation de la santé publique dans lequel le virus a trouvé la France. Que Macron n’ait pas été à la hauteur, depuis le début, est une évidence. Hier soir, même les commentateurs d’ordinaire les plus serviles ont trouvé surréaliste une allocution présidentielle — pourtant la deuxième en cinq jours —, aussi bavarde que de coutume,  dans laquelle le président n’a même pas osé parler de « confinement  », alors que les 35 millions de téléspectateurs et d’auditeurs attendaient le mot et acceptaient d’avance la chose, si bien que ce n’est qu’à 22 heures — en fait, le lendemain matin pour la plupart de nos compatriotes — que le discours du ministre de l’intérieur leur a permis de connaître exactement ce qu’il en serait de leurs déplacements et de leurs activités à partir de midi.

Surréaliste, également, ce dogmatisme européiste de Macron, à l’image du pire dogmatisme stalinien : le monde peut s’écrouler autour de lui, tous les pays européens les plus importants et les plus responsables fermer en partie ou totalement leurs frontières, Macron, tout en confinant les Français chez eux, en appelle toujours à l’idéologie de la libre-circulation comme à un mantra, comme si la mettre entre parenthèses le temps d’une épidémie remettrait en cause le sacro-saint traité de Schengen ! Notre confinement temporaire remet-il définitivement en cause notre liberté constitutionnelle d’aller et venir ? L’aveuglement idéologique de Macron, à caractère quasi-religieux, ne nous étonne pas, malheureusement. Mais sa confirmation dans de telles circonstances ne laisse pas de nous inquiéter sur les ressorts mentaux du chef de l’État et de l’équipe qui l’entoure. Fiat Europa et pereant Galli  ! comme (n’) aurait (peut-être pas) dit Kant… Que périssent les Français, pourvu que l’Europe advienne  !

Surréaliste, enfin, ce maintien du premier tour des municipales, sur «  la pertinence  » duquel  le comte de Paris, dans un communiqué, s’est légitimement interrogé. Comment la parole présidentielle serait-elle encore crédible, alors qu’à quarante-huit heures d’intervalle, on passe d’un discours sur l’exercice sans risque de son devoir civique, à un confinement généralisé de la population ? Sans compter que, comme l’a fort judicieusement remarqué le Prince, changer les équipes en pleine épidémie n’est peut-être pas des plus judicieux…

Il convient de noter également l’incurie gouvernementale depuis le début de la crise, du refus initial de prendre au sérieux les risques de pandémie à l’abandon de poste d’Agnès Buzyn, préférant le gâteau parisien — mal lui en a pris : et elle ose aujourd’hui parler de «  mascarade  » à propos des municipales  ! Ce refus est évidemment à l’origine des multiples retards à l’allumage dénoncés par les plus hauts responsables de la santé, et aux risques accrus pour tous les personnels soignants, que Macron faisait gazer par sa police il y a encore quelques semaines… Les conséquences de la pénurie notamment de masques, de gants ou de gel hydroalcoolique devront un jour être clairement précisées.

Mais le pire est que cette incurie aggrave un état sanitaire déficient. L’Europe, là aussi, par ses exigences budgétaires, a sa part de responsabilité, sans compter l’idéologie mondialiste de la division internationale du travail, qui fait que nous ne disposons plus de l’autonomie suffisante pour répondre aux besoins les plus urgents, notamment en matière sanitaire. On a beau, par ailleurs, ânonner que la France a le meilleur système de santé du monde, elle dispose surtout des meilleures équipes et des dévouements les plus sublimes. Car — et les «  acteurs  » d’hier devront, eux aussi, répondre de leur méfaits —, la gestion de l’épidémie ne fait que mettre en pleine lumière le recul de notre système de santé que le pays légal, depuis au moins deux décennies, a délibérément engagé — ses membres étant certains de ne pas supporter les conséquences de leur politique. Plus de 60 000 places d’hospitalisation à temps complet ont ainsi disparu en France entre 2003 et 2016. Quant aux urgences, dont on sait l’état déplorable et qui sont en crise depuis des mois, comment feront-elles pour supporter un tel défi ? Et, par ailleurs, y aura-t-il suffisamment de lits en services de réanimation ? Car l’héroïsme avéré de nos personnels soignants ne pourra pas tout, surtout si la demande dépasse rapidement l’offre — employons le jargon libéral. La situation dans le Grand Est est déjà catastrophique, nécessitant le recours au service de santé des armées, qui n’avaient pas besoin de cela, sacrifiées comme elles le sont, elles aussi, depuis plusieurs décennies  ! Et on parle déjà des nombreux drames éthiques auxquels seront bientôt confrontées les équipes médicales  : ou comment imposer dans la pratique — avant de l’inscrire dans la loi  ? — l’euthanasie par défaut de soins, sur fond de pénurie hospitalière… C’est paraît-il déjà le cas en Italie, après plusieurs décennies de «  gouvernance  » libérale, comme en France.

Toutes ces questions devront être posées, le moment venu ; et surtout, recevoir des réponses. Le pays réel sera alors en droit d’exiger que toutes les responsabilités soient clairement établies et les plus graves manquements sanctionnés.

François Marcilhac

( 18 mars, 2020 )

La Nation malade

 

Communiqué de LA RESTAURATION NATIONALE

 

Il est évident que c’est dans la Nation que se trouve la réponse à la lutte collective contre le virus et la peur qui s’installe.

L’Union européenne a fait la preuve de son inefficacité collective, les nations, méfiantes et pressées, ont décidé seules de leurs destins.
Alors que le discours politique dominant est encore de dénoncer le “repli nationaliste” et les “peurs xénophobes”, toutes les frontières se ferment, toutes les économies se mettent en panne.
En France, où un président et un gouvernement irresponsables ont longtemps minimisé les risques de cette pandémie, il n’y a plus que le patriotisme pour sauver notre pays. C’est le patriotisme qui permet à une Nation de garder le moral et d’affronter collectivement une épreuve. Là encore, la nature nous rappelle, certes de manière radicale, qu’il existe un ordre qui dépasse les idéologies et les contingences personnelles.

L’Action française appelle tous les Français à être solidaires, sur le terrain, elle appelle ses militants à se porter volontaires là où cela sera utile et nécessaire en faisant vivre le pays réel, sans céder à la panique ni aux individualismes destructeurs, pour pallier l’incurie de la République. L’Action française veillera à ce que l’oligarchie ne prenne pas odieusement prétexte de l’épidémie qu’elle a laissée s’installer pour supprimer les rares libertés qui nous restent.

Dans ces moments difficiles, nous invitons ceux de nos militants et ceux des Français qui sont croyants à prier pour que l’épidémie épargne le plus grand nombre de nos concitoyens, et nous invitons le peuple de France tout entier à garder l’espérance.

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