( 6 février, 2019 )

La Monarchie que nous voudrions

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

blue-wallpaper-continuing-background-wallpapers-bigest-images - Copie.jpg

On discute toujours beaucoup sur ce que pourrait être une future monarchie. Mais la forme qu’elle prendrait dépendrait beaucoup des circonstances – sans-doute exceptionnelles – dans lesquelles elle apparaîtrait nécessaire. Autant ou davantage en tout cas que de toute théorie. Elle n’aurait pas à chercher ses modèles à l’étranger. Ce serait nécessairement une monarchie à la française. Quels en seraient les contours, au moins selon nos souhaits ?

Voici un commentaire des définitions que donnait la toute première Action Française*, publié en son temps sous le titre La monarchie que nous voulons**Lafautearousseau

3948186140.jpg« Oui ou non l’institution d’une monarchie traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire et décentralisée est-elle de salut public ? »

La question que pose Maurras au début de son enquête sur la Monarchie écarte les présupposés, les sentiments et les préjugés. Elle est concise, directe et rationnelle, car c’est sur le terrain de la raison, celui-même sur lequel se croit fondée la démocratie que le Martégal défend et batit la Monarchie. Aujourd’hui, alors que six quarts de siècle nous séparent de la dernière expérience monarchique et que l’idée royale a été systématiquement défigurée par les républicains, nous devons défendre nos idées, retrouver ce ton maurrassien clair, dense, précis, presque socratique, qui seul imposera la monarchie face aux nuées démocratiques. Ainsi avons-nous utilisé le « quadrilatère » maurrassien (une monarchie traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire, décentralisée) pour esquisser, en esprit puis en acte, LA MONARCHIE QUE NOUS VOULONS. 

Une Monarchie Traditionnelle

Pour commencer, il semble indispensable de rappeler que la Monarchie n’a jamais été un modèle fixe, un prêt-à-porter ; elle a su au contraire s’incarner dans différents registres tout en gardant l’esprit qui était le sien. C’est cette continuité à travers les changements nécessaires qui caractérise le vrai sens de la tradition qui, d’après Paul Valéry, « n’est pas de refaire ce que les autres ont fait mais de retrouver l’esprit qui a fait ces choses et qui en ferait de toutes autres en d’autres temps ». Ainsi, nous ne voulons pas restaurer une monarchie figée en un XVIIIéme siècle oublié, mais rétablir ce qui est d’abord un principe, principe d’autorité, de responsabilité et d’unité, et qui saurait s’incarner dans notre propre réalité économique, politique, culturelle et sociale.

Une Monarchie héréditaire

L’hérédité du pouvoir est sans doute le principe qui a été le plus attaqué depuis trois siècles. Pourtant que représente-t-il réellement lorsque l’on a écarté toute la mythologie méritocratique ? Il apparaît que l’hérédité a ce premier avantage d’éliminer la compétition pour le pouvoir, c’est-à-dire la radicalisation des conflits d’intérêts. Elle assure ainsi un Etat fort, indépendant et arbitre capable d’entreprendre des réformes administratives, économiques et sociales ou de laisser des libertés aux citoyens, sans craindre d’être toujours renversé. L’hérédité permettra à la nation d’être enfin gouvernée et non plus seulement gérée à court terme comme c’est le cas en république. De plus, le pouvoir étant à l’origine indépendant des forces d’argent, il peut gouverner sans, et même contre elles, et seul le roi héréditaire a pu châtier les Semblançay et les Fouquet que le régime actuel eût laissé courir. Enfin, l’hérédité assure la médiation active du peuple avec ses propres racines historiques : la nation, c’est la naissance, c’est-à-dire la reconnaissance d’une continuité historique.

Une Monarchie antiparlementaire

La tradition et l’hérédité étant posées, on pourrait être tenté d’y ajouter une institution parlementaire censée assurer la représentation populaire.

« A d’autres cette demi-royauté bourgeoise et parlementaire plus décrépite encore s’il le faut » s’écriait Maurras. Le parlementarisme, qui suppose l’existence de partis, est le contraire même de la monarchie qui est faite pour unir. D’ailleurs, le parlementarisme au niveau de l’Etat ne représente personne puisqu’il ne repose pas sur les réalités économiques, politiques et sociales mais sur le jeu formel des partis.

La Monarchie, au contraire, chercherait une représentation du pays réel par de multiples assemblées locales, culturelles et professionnelles souveraines en leur ordre et capables de défendre les intérêts de leurs membres. Nous n’en voulons en effet absolument pas au vote.

« L’ancienne France votait beaucoup, précise Maurras, cela est oublié. Cela reste vrai tout de même. On y votait pour quantité d’objets pour lesquels le Français moderne reçoit avec respect le choix et les volontés des bureaux ». Ce à quoi nous en voulons, c’est au système qui regroupe arbitrairement les individus en fonction de leurs opinions ou de leurs options métaphysiques dans le cadre de partis peu adaptés à la juste détermination de l’intérêt général. Et c’est pourquoi nous luttons pour la restauration d’une monarchie antiparlementaire où, les Français pourront, grâce à de multiples assemblées fédérées par un pouvoir indépendant, être représentés dans leurs intérêts tangibles et concrets, et ainsi passer du stade d’administrés abrutis et atomisés, à celui de citoyens responsables et actifs.

Une Monarchie décentralisée

Nous avons parlé de représentation d’intérêts locaux ; en effet antiparlementarisme et décentralisation sont deux caractères indissolublement liés. Nous sommes antiparlementaires parce que partisans d’une renaissance des collectivités locales. Cette volonté de promouvoir les richesses et les diversités de notre pays de façon intégrale est une composante essentielle de notre nationalisme. Nous voulons laisser s’organiser le pays réel en multitude de républiques locales, autonomes et souveraines, compénétrées les unes les autres et capables de prendre en main leur avenir. Mais ces communautés ne peuvent rester liées entre elles sans un tiers-pouvoir. Comme l’expliquait Pierre-André Taguieff, « il doit y avoir un troisième membre qui doit être “hors jeu” en quelque sorte. C’est la monarchie comme pouvoir transcendant, d’où la nécessité que le roi ne soit pas élu ou choisi, mais qu’il vienne d’ailleurs, qu’il soit inconditionnel ».

Voici posées les grandes lignes de la monarchie que nous voulons, c’est-à-dire la monarchie française adaptée à notre temps.

N’oublions pas cependant que « l’objet vrai de l’Action française, ce n’est pas, à bien dire, la monarchie, ni la royauté, mais l’établissement de cette monarchie, l’acte d’instituer cette royauté ». Seul notre engagement militant prouvera la possibilité d’une telle restauration, et même son imminence si elle est servie par des citoyens actifs, prêts à mourir avec joie, avec bonheur, pour notre Sire le roi de France.  

* Dictateur et Roi, Enquête sur la Monarchie, 1900

**  Cahier d’Action française n°3, supplément au n° 2177 d’Aspect de la France du jeudi 31 janvier 1991.

Merci à Philippe Lallement qui nous a transmis ce texte.

( 4 février, 2019 )

Funérailles capétiennes

 

Lu sur L’Incorrect, un mensuel à lire, en vente dans tous les kiosques

 

À Dreux, la famille d’Orléans, accompagnée de nombreuses personnalités et du gotha européen, a rendu un dernier hommage au comte de Paris. Récit d’une journée particulière pour des centaines de militants royalistes venus saluer le descendant des rois de France.

 

Chapelle royale, le 2 février. Un vent glacial balaye les allées du château de Dreux qui surplombe la ville. Depuis midi, les journalistes se pressent devant la grille alors que sympathisants et nostalgiques de la monarchie arrivent pour assister aux funérailles royales. Le 21 janvier dernier, alors que les royalistes commémoraient la mort du roi Louis XVI, le comte de Paris Henri d’Orléans est décédé à l’âge de 85 ans.

Le prince Charles-Philippe d’Orléans, duc d’Anjou, est à la manœuvre. Le neveu du comte de Paris plaisante avec les journalistes accrédités pour l’événement, se laisse prendre en photo, entre et sort de la chapelle au pas de charge, gère tout le protocole. Diverses maisons royales d’Europe ont été invitées afin de rendre un ultime hommage à un prince qui aura incarné l’héritage capétien reçu, il y a 20 ans de cela, des mains de son père. Le matin même, le prince Jean d’Orléans a fait publier un communiqué annonçant qu’il relevait le titre de comte de Paris, objet de spéculations depuis quelques jours sur les réseaux sociaux et d’une guerre d’édition sur Wikipédia.

L’Action française a déployé son service d’ordre afin d’accueillir au mieux le public et le diriger vers la grande tente aménagée pour l’occasion devant la porte d’entrée de la chapelle, ornée d’un voile violet et des armes de la maison de France. Les flashs crépitent, les journalistes alpaguent les princes et princesses, membres de l’aristocratie, qui pressent le pas pour rejoindre les sièges qui leur ont été attribués au sein de la chapelle.

Le cercueil du prince Henri repose au centre de la nef, avec ses décorations militaires dont la légion d’honneur. La présence du prince héritier Moulay Hassan du Maroc provoque une certaine frénésie de la part des personnes installées sous la tente. Chacun tente de le prendre en photo. Le jeune homme est droit dans son costume blanc, le regard solennel, entouré de l’ambassadeur et des officiers chargés de sa sécurité. Le prince Jean d’Orléans est à ses côtés. Ces deux familles royales ont maintenu des liens constants depuis que la maison de France avait été contrainte à l’exil, en 1886.

Stéphane Bern et Action Française

« C’est une page de l’histoire de France qui se tourne » dit l’animateur Stéphane Bern à un journaliste de l’AFP présent avant de s’engouffrer dans la chapelle, entourée de gerbes de fleurs venues des quatre coins de France et d’Europe, rejoignant ainsi l’historien Philippe Delorme, ami personnel du comte de Paris. Corentin, 24 ans, fleur de lys sur le manteau, nous explique ce qu’il garde comme souvenir du comte de Paris : « un prince modeste et discret, fin et cultivé ».

Ce Mayennais de naissance, royaliste convaincu, renchérit avec émotion : « Il était très humain et d’une gentillesse inépuisable. Il était chaque fois agréable et enrichissant d’échanger avec lui. Toujours soucieux aux attentes des Français qui lui parvenaient, il n’hésitait pas à y réfléchir et à trouver des paroles porteuses d’espérance. Même s’il révélait une analyse pessimiste, il lui arrivait parfois de l’exprimer avec une note d’humour. Son constant souci du bien de la France, sa foi profonde mais aussi son âme d’artiste semblaient le guider. Sa présence était pour moi rassurante et m’inspirait un profond respect ». Avant de conclure : « en un mot, il était un digne successeur de nos rois ».

 

Guillaume, 24 ans, militant de la Nouvelle action royaliste, dont la délégation dirigée par Bertrand Renouvin  était importante, nous donne un autre point de vue. « Je garde de lui un souvenir ambigu. Un homme à la fois simple, gentil et soucieux de ses concitoyens, mais aussi peut-être trop éloigné des réalités sur les dernières années de sa vie, sans doute à cause de son côté mystique et l’ombre de son père qui l’aura considérablement bloqué. Je reconnais quand même qu’il m’a surpris en donnant son soutien indéfectible aux Gilets jaunes ». La personnalité du comte de Paris divisait ses partisans et « l’avènement » de son fils a été accueilli avec beaucoup d’attente et d’espoirs de la part des royalistes qui soutiennent la maison d’Orléans.

De tous royaumes

L’impératrice Farah Diba sous une mantille noire précède le prince Emmanuel–Philibert de Savoie, le Grand-duc Georges Romanov,  les princes Sixte-Henri et Charles-Xavier de Bourbon-Parme, le prince Charles de Bourbon-Sicile et sa famille, le prince Leka d’Albanie, le prince Albert II de Monaco, les archiducs Karl et Georg de Habsbourg-Lorraine, et la reine Sofia d’Espagne. D’autres maisons souveraines se sont aussi faites représenter comme le royaume  de Belgique, la principauté du Liechtenstein ou encore le Grand-duché du Luxembourg.

La république n’est pas en reste. Le sénateur d’Eure-et-Loir Albéric de Montgolfier, Olivier Marleix, député de Dreux ou encore le maire de la ville, Gérard Hamel sont présents. Le secrétaire perpétuel de l’Académie française, Hélène Carrère d’Encausse, est aussi venue. La messe peut alors débuter, présidée par Monseigneur Dominique Rey, évêque de Fréjus et Toulon.

 

L’hommage d’un peuple

Dans son homélie, le prélat rappelle l’importance de la maison de Bourbon en Europe. « Les princes de sang capétien régnaient quand tous les rois de l’Europe actuelle n’étaient pas encore souverains » aimait à dire Henri d’Orléans.  Tour à tour, les sœurs et frère du défunt prétendant au trône prennent la parole, étreints par l’émotion. Car avant d’être le « roi de France, septième du nom », Henri d’Orléans était aussi l’enfant d’une fratrie importante et le père de 5 enfants.

Devant son cercueil, la duchesse de Montpensier, Marie-Thérèse de Wurtemberg et sa fille, la princesse Blanche. Les mains jointes vers le ciel, la mère des princes Jean, Eudes et Marie d’Orléans prie pour le repos d’un homme dont elle aura partagé la vie. Un mariage alors chaleureusement félicité par le Général de Gaulle mais qui connut des blessures. Le temps semble figé. À l’extérieur, le public participe à la messe, communiant avec la maison de France, résistant tant bien que mal au froid qui a pénétré sous la tente, avant que retentissent les derniers chants qui clôturent une cérémonie sobre et empreinte d’un caractère royal.

Dans la crypte, plus de 900 personnes sont venues dire dernier adieu au prince Henri. Chacun patiente en observant les différents gisants qui s’offrent à eux, témoins de la monarchie de Juillet dont les Orléans sont aujourd’hui les héritiers. On refait l’histoire, on s’émerveille devant la beauté des tombeaux en attendant de signer le livre hommage. Toutes les générations sont représentées, de 7 à 77 ans. Un jeune homme d’une dizaine d’années porte fièrement un brassard bleu orné d’une fleur de Lys jaune. La relève est assurée, le royalisme français a encore de beaux jours devant lui.

Le prince Jean d’Orléans, la duchesse de Montpensier, Eudes d’Angoulême et la princesse Marie du Liechtenstein sont alignés afin de recevoir les nombreuses condoléances du public, chaque personne s’attardant pour assurer de sa fidélité au nouveau chef de la maison royale de France. Pour Julien et Quentin, deux jeunes militants du Groupe d’action royaliste, il est assurément « Jean IV, le prince de l’avenir », convaincus qu’il est l’alternative à la crise sociale et politique que traverse le pays.

Dehors, la trentaine de militants de l’Action française s’affairent à réchauffer les invités alors que la nuit commence à tomber. Petits pains, vin chaud, café, thé ou boissons froides en main, chacun y va de son anecdote sur le comte de Paris avant de reprendre la route. Loin des tumultes parisiens de la journée, l’Europe des monarchies et la république, royalistes et anonymes sont venus s’incliner une dernière fois devant le cercueil d’un capétien, héritier du royaume de France.

 .

Frederic de Natal

frederic.natal@lincorrect.fr

( 2 février, 2019 )

Premières photos et vidéo des funérailles de Monseigneur le comte de Paris

 

Tiré du blog « la couronne »

 

Ce samedi ont eu lieu les funérailles du chef de la Maison royale de France, Monseigneur le prince Henri d’Orléans, comte de Paris, en la chapelle royale de Dreux, nécropole de la Famille d’Orléans.

 

Parmi les 900 personnes venues saluer la mémoire du prince et présenter leurs condoléances à la Famille royale de France,  on a pu noter la présence du Prince Albert de Monaco, la reine Sofia d’Espagne, le Prince Hassan du Maroc, le grand duc Georges Romanov, le prince Charles de Bourbon-Sicile, le prince Charles Emmanuel de Bourbon-Parme, l’impératrice Farah Diba, le prince Emmanuel-Philibert de Savoie, l’archiduc Karl et Georges de Habsbourg-Lorraine ou encore Stéphane Bern…

 

De nombreux journalistes étaient également présents pour couvrir la cérémonie, l’AFP,  BFM TV, France 3, RTL , Tf1, Point de vue… En attendant la diffusion de leurs reportages, vous pouvez déjà découvrir plusieurs photos de la cérémonie :

 

 

( 2 février, 2019 )

Dom Duarte de Bragance : « Le prince Jean est reconnu par toutes les familles royales européennes »

 

 

 

Brasão_de_armas_do_reino_de_Portugal.jpg

L’héritier du trône du Portugal, Dom Duarte de Bragance, dans un entretien récent publié dans L’incorrect, a exprimé la sympathie de la Maison royale du Portugal pour le nouveau chef de la Maison de France, Monseigneur le duc de Vendôme. L’entretien publié le 28 janvier avait été réalisé, quelques jours avant la disparition du comte de Paris. 

« Du point de vue de la loi dynastique française la question est très claire. (…) Le prince Jean est reconnu comme héritier de la Maison royale par toutes les familles royales européennes (…).

« (Le Prince) Jean, est une personne à la moralité indiscutable, avec des opinions sur des sujets culturels et sur la politique tout à fait intéressantes. Il n’hésite pas à collaborer avec des organisations royalistes françaises, en dépit du fait que lui aussi doit exercer une activité professionnelle ».  ■ 

L’incorrect

( 2 février, 2019 )

Très beau texte de Jean-Philippe Chauvin sur sa page « facebook »

 

 

Je suis allé me recueillir ce vendredi après-midi devant le cercueil de Mgr le comte de Paris, en la chapelle royale de Dreux. En ce lieu et en ce moment particuliers, j’ai ressenti, douloureusement, une certaine solitude, qui est peut-être naturellement celle des fidèles devant la disparition de Celui qui, durant une vingtaine d’années, représentait l’incarnation d’une royauté abandonnée de ceux qu’elle a vocation à servir. Il y avait tout autour du cercueil des gerbes de fleurs dont celles de l’impératrice Farah Pahlavi d’Iran, trahie par les démocraties occidentales qui n’ont rien appris ni retenu des années 30, ni des suivantes… Là encore, solitude et fidélité se mêlaient, et le gris qui dominait la ville en cette journée d’hiver semblait approprié à l’humeur du moment.
Et pourtant ! En redescendant vers le centre de cette ville royale, c’est l’espérance qui, peu à peu, pas à pas, a repris le dessus : une espérance inquiète, tremblante, mais une espérance tout de même, comme la flamme d’une bougie qui, malgré tout, éclairerait un couloir sombre. Une sorte de voix intérieure me soufflait : « ô mort, où est ta victoire, car un nouveau roi nous est né, et la chaîne de l’histoire n’est pas brisée »…
Car la Monarchie n’est pas un spectre, mais bien un sceptre à relever pour rendre à la France cette famille royale que la République n’a jamais réussi à remplacer par ses bustes de plâtre et ses présidents de passage…

( 2 février, 2019 )

Communiqué du Prince Jean

En ce jour où mon père Monseigneur le Comte de Paris rejoint la nécropole royale de Dreux, je demande aux Français et aux Françaises d’avoir une pensée et de prier pour lui.

 

Comme mon grand-père avant lui, il n’a eu qu’un seul souci, servir la France et les Français.  Appelé à lui succéder comme Chef de la Maison de France, je continuerai à servir mon pays, à l’image des engagements que j’ai toujours eus.

 

Et si les Français le veulent, nous renouerons le pacte historique et nécessaire entre la Nation et la Famille royale. Ensemble, nous nous efforcerons d’assurer l’unité de la France, sa grandeur et sa prospérité, l’ordre intérieur, enfin la paix dans le monde.

 

Que la Providence  m’assiste et que Dieu protège la France.

 

Dreux, le 2 février 2019

 

Jean

Comte de Paris

( 31 janvier, 2019 )

Vincent Lambert ne doit pas être assassiné légalement

 

COMMUNIQUÉ

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a validé la décision de provoquer la mort de Vincent Lambert en le privant d’alimentation et d’hydratation.

Le Tribunal a écarté d’un revers de la main l’avis des 59 médecins spécialistes de l’évaluation des patients comme Vincent qui lui ont écrit le jour de l’audience. Ces médecins expliquaient pourquoi l’état de santé de Vincent avait été mal évalué.

Evidemment, les avocats vont saisir le Conseil d’Etat et cela va suspendre provisoirement la procédure d’arrêt des soins pour quelques semaines.

Nous continuons le combat pour Vincent et son transfert dans une unité spécialisée continue.

 
Vincent Lambert ne doit pas être assassiné légalement dans actualités
 dans actualités
( 31 janvier, 2019 )

Chapelle Ardente

 

Le Prince Jean nous informe :

 

Le public peut se recueillir dès aujourd’hui et jusqu’à vendredi, de 13h à 17h, dans la chapelle royale Saint-Louis, à Dreux, pour rendre hommage à Monseigneur le Comte de Paris.

( 31 janvier, 2019 )

Éric Zemmour somme les héritiers de LMPT de choisir leur camp

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

 

Alors que les gilets jaunes continuent de taper dans les casseroles, au lendemain de la Marche pour la vie, et alors que le spectre de la PMA pour toutes se rapproche, Éric Zemmour soulève, dans Le Figaro Vox, LA question : y aura-t-il convergence des luttes ?

Pour Éric Zemmour, « les héritiers de la Manif pour tous doivent choisir leur camp. Rejoindre l’alliance des bourgeoisies, ou suivre la révolte des classes populaires ».

Sur quoi parier ?

La France des gilets jaunes ne verse guère dans le sociétal. Elle a fait, jadis, bon accueil à l’hédonisme de Mai 68, qui a rencontré un désir de supplément de vie facile auquel aspiraient ces Français « modestes ». Elle a aussi abandonné la religion, dans laquelle elle ne voyait plus qu’une suite d’interdits contraignants, ne gardant qu’une religiosité sentimentale, trop superficielle pour passer les générations. Elle a, d’ailleurs, en général, peu d’enfants auxquels elle a peu transmis, laissant ce soin à l’Éducation nationale et à la télé. La télé était même devenue l’hôte permanent, distillant toute la sainte journée la doxa : la détestation dont elle fait soudain l’objet n’est pas un hasard, comme un compagnon pervers narcissique qui vous a longtemps envoûtée et que, soudain, vous voulez chasser de votre vie.

Si cette France rechigne, par instinct et bon sens, à se dissoudre dans le mondialisme qu’on lui impose, elle n’a pas les outils pour en protéger sa progéniture, elle peine à conceptualiser son point de vue et, donc, à le défendre. Elle ne l’exprimait, de loin en loin, jusqu’à présent, que par son bulletin de vote : étant secret, elle n’avait pas à justifier.

Qu’en est-il de la France dite conservatrice ? Dans le journal allemand Der Spiegel, Michel Houellebecq évoquait, il n’y a pas si longtemps, « le remarquable retour du catholicisme ». Les manifestations contre le mariage pour tous ont été, pour lui, « l’un des moments les plus intéressants de l’Histoire récente »« C’était un courant souterrain qui est remonté soudainement à la surface. »

On reproche souvent aux catholiques français d’être « bourgeois ». C’est, en effet, surtout dans ces familles qui avaient un habitus, comme dirait Bourdieu, de transmission qu’a été conservé cet héritage impalpable : la religion.

Michel Houellebecq n’a donc pas tort, c’est bien de « courant souterrain » qu’il faut parler. Depuis les années 70, la foi catholique, comme une petite flamme tremblante, a été transmise dans certaines familles (pas toutes, nombre de baby-boomers – les foulards rouges d’aujourd’hui ? – ont abandonné la part immatérielle du patrimoine), et hors de tout écran radar. Non par goût du secret, mais parce que les médias ne parlent jamais d’eux, ou parce que diabolisés (confer la tempête Bellamy). Ils ont pris l’habitude de faire profil bas.

LMPT a initié une porosité entre diverses « chapelles » qui se toisaient en chiens de faïence. Comme les gilets jaunes, sur les ronds-points, ils ont fraternisé sur le pavé, formant désormais une force de frappe, toujours policée, mais d’une redoutable efficacité. Ils ont, ainsi, récemment fait tourner à leur avantage les États généraux de la bioéthique et la consultation du CESE.

Cette France, en sus… est en forte croissance démographique : on aura noté que si les foulards rouges sont plutôt âgés (même le JDD l’a remarqué), les gilets jaunes des adultes faits, la Marche pour la vie est extrêmement jeune.

Pour Christophe Guilluy, en 2013, LMPT appartenait à l’élite mondialisée. Est-ce bien vrai ? S’ils possèdent les codes de la bourgeoisie huppée, on pourrait appeler cela souvent de la misère dorée. Si, du fait de leurs études et de leur métier, ils sont plus favorisés que les gilets jaunes, si une certaine forme d’éducation les rend réticents à descendre dans la rue pour réclamer de l’argent, ils ont pris les réformes fiscales et familiales de plein fouet. Leur ribambelle d’enfants, en les appauvrissant matériellement, les a purifiés et détournés d’un vice de caste : le goût du lucre, moins catholique que protestant – comme ce libéralisme qui leur est souvent reproché. Ils gardent un attachement à l’immobilier – synonyme d’enracinement – qui, lui aussi, n’est pas financièrement encouragé. Ils sont, comme dirait David Goodhart, les some : somewhere et something, de quelque part croyant en quelque chose, contre leurs cousins anywhere et anything.

Et pour tout cela, entre le vison et le nylon (ignifugé), ils pourraient bien choisir un jour la deuxième option : différents des gilets jaunes, mais complémentaires.

Gabrielle Cluzel

 Ecrivain, journaliste
( 28 janvier, 2019 )

Aveuglement et entêtement

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

 

sinistra-italiana_una-nuova-proposta-il-documento_sfondo-rosso-170204 - Copie.jpg

Alors même qu’il n’était pas encore signé par M. Macron et Mme Merkel, le traité d’Aix-la-Chapelle était dénoncé par « le camp souverainiste ».

Comme d’habitude, les chroniqueurs de France Inter ont été parmi les premiers et les plus zélés défenseurs de M. Macron contre Mme Le Pen et M. Dupont-Aignan, parlant « d’exagérations et de fausses informations » (M. Haski, 21 janvier), voire de « délires » (M. Legrand, 23 janvier). Certes, ces chroniqueurs avaient raison de rappeler que ledit traité ne prévoyait ni la cession de l’Alsace-Lorraine à la Prusse ni le partage du siège de la France au Conseil de sécurité de l’Onu. En affirmant le contraire, Mme Le Pen et M. Dupont-Aignan ont donc donné du grain à moudre à leurs détracteurs et, peut-être, desservi leur cause, à moins que leur calcul politicien de procès en « trahison mondialiste » ne se révèle payant en cette période de campagne pré-électorale.

traite-elysee-1963-mae.pngOn peut bien sûr benoîtement penser que M. Macron est allé signer un traité bilatéral visant à renforcer une alliance équilibrée, c’est-à-dire une alliance où chacun des partenaires trouve son compte : ce faisant, il se serait inscrit dans la conception gaullienne de coopération entre nations souveraines, de Gaulle lui-même ayant signé avec Adenauer le fameux « traité de l’Elysée » (22 janvier 1963). Si l’on se donne la peine d’aller au fond des choses, on doit pourtant admettre que le traité d’Aix-la-Chapelle n’est pas si anodin que cela – on le prétendait même « symbolique » à l’Elysée. Derrière les mots se cachent des réalités.

Voici donc un traité qui vise explicitement à renforcer la convergence et l’harmonisation des économies française et allemande, d’abord de part et d’autre de la frontière, zone choisie pour l’application stricte de toutes les directives et réglementations édictées par la techno-structure bruxelloise, ce laboratoire géographique constituant le début d’un processus élargi. Ce traité, dans l’esprit de la philosophie transfrontalière qui le sous-tend, vise en fait la diminution et si possible à terme l’effacement des souverainetés nationales, conformément à une logique « impériale », très germanique (rappelée le 21 novembre par Mme Merkel elle-même) mais radicalement étrangère à notre Histoire.

l_allemagne-indice-zew-repli-octobre.jpgPosons donc les bonnes questions. Que pèsera, face au mastodonte allemand, une France industriellement exsangue dans une « zone économique franco-allemande dotée de règles communes » ? Comment Paris gardera-t-il la main sur des « eurodistricts » bénéficiant de compétences supranationales ? Est-il raisonnable d’envisager ne serait-ce que des fiançailles avec un pays à la balance commerciale duquel la monnaie commune rapporte bon an mal an près de deux cent cinquante milliards quand elle nous en coûte près de soixante-dix ?

Il est douteux que nous obtenions des réponses satisfaisantes. La démarche germanophile de M. Macron, fondée sur un dangereux cocktail d’aveuglement et d’entêtement euro-fédéralistes est plutôt suspecte ; elle justifie en tout cas les critiques dont elle est l’objet, même s’il vaut mieux se garder de toute outrance.

Louis-Joseph Delanglade

 

 

 

12345...189
« Page Précédente  Page Suivante »
|