( 18 décembre, 2017 )

Les Balkans dans l’Union : c’est pour demain !

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

 

L’Albanie, la Bosnie, le Kosovo, la Macédoine, le Monténégro et la Serbie.

Tenu au mois de juillet de cette année à Trieste (Italie), le quatrième sommet annuel du « Processus de Berlin » se fixait pour objectif de piloter les discussions en vue de l’établissement d’un Marché commun entre l’Albanie, la Bosnie, le Kosovo, la Macédoine, le Monténégro et la Serbie. Une coopération régionale renforcée en forme de sas d’entrée dans l’Union européenne. D’ailleurs, le commissaire européen Johannes Hahn l’a clairement laissé entendre dans un entretien accordé au pure player serbe B92 : « Notre engagement est aussi fort qu’avant. »

Le sous-entendu évident pourrait se traduire par « Nous ferons tout pour que les Balkans soient rapidement intégrés à l’Union européenne pour élargir encore un peu plus le marché unique », n’en déplaise aux États membres et à leurs citoyens. Il fallait comprendre, dès le départ, que le « Processus de Berlin » n’était pas une fin, mais bien un moyen. Pour l’heure, seule la Croatie a pu rentrer dans l’Union et atteindre les standards d’admissibilité. Nul doute, pourtant, que ceux-ci devraient encore une fois être abaissés pour accélérer l’arrivée des États issus de l’atomisation de feu la Yougoslavie, comme les instances eurocratiques l’avaient déjà fait dans les cas de la Bulgarie, de la Roumanie ou bien de Chypre.

Qu’avons-nous à gagner à pareille opération ? Rien, mais nous avons beaucoup à y perdre. D’ailleurs, Ubu semble roi dans l’Union européenne de 2017. Ainsi, les feux rouges sont devenus des feux verts pour le think tank OBC Transeuropa qui juge que les Balkans doivent être rapidement intégrés, non pas parce qu’ils ont progressé, mais parce qu’il faudrait les sauver des nombreux fléaux qui les menacent, tels que « des industries en déliquescence, l’emballement de la dette extérieure, un taux de chômage élevé, des investissements insuffisants, une administration pléthorique ». Ajoutez à cela des problèmes institutionnels graves, des législations en deçà des standards européens, une corruption endémique, le non-respect des droits de l’homme ou des tensions politiques qui pourraient dégénérer entre le Kosovo et la Serbie !

Des problématiques majeures qui ne seraient pas complètes sans évoquer les difficultés que pose la présence d’un islam djihadiste au Kosovo et en Bosnie, voire dans certaines franges de la population albanaise, trois pays soumis aux influences des grands Frères musulmans du Moyen-Orient, et surtout au paternalisme de la Turquie d’Erdoğan pour laquelle ces régions sont naturellement destinées à revenir dans le giron d’Istanbul, sortes d’enclaves ottomanes ou de marches au cœur du continent européen !

Emmanuel Macron peut gesticuler sur « l’Europe à plusieurs vitesses », les vrais décideurs s’en moquent. Au Parlement européen, les députés votent en chœur tous les rapports proposant une plus grande intégration, une extension sans fin du domaine du marché unique. C’est, du reste, la volonté de Jean-Claude Juncker, l’actuel président de la Commission européenne, militant pour une Europe des 32 : « Le fossé entre l’Ouest et l’Europe centrale risque de se creuser davantage. Il est préférable de jeter des ponts entre eux. » Pour lui, comme pour les députés français du Parlement européen qui votent toujours favorablement, droite et gauche ensemble, à l’exception de vos députés du groupe Europe des nations et des libertés (ENL), les choses sont simples : tous les pays de l’Union ont vocation, à plus ou moins brève échéance, à rejoindre l’euro, l’Union bancaire, l’espace Schengen, la défense ou la coopération policière. Vous voilà prévenus !

Députée française au parlement européen du FN et Lorraine

( 17 décembre, 2017 )

Milošević innocenté par le TPIY, cela n’intéresse pas nos médias !

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

 

Tous les jugements du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie ne trouvent pas le même écho dans nos médias.

 Tous les jugements du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie ne trouvent pas le même écho dans nos médias : celui qui condamne à perpétuité Ratko Mladić (ancien chef de l’armée des Serbes de Bosnie) pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide a fait l’objet d’une ample couverture ; en revanche, on chercherait en vain dans notre presse les gros titres faisant état de ce que le même tribunal (et dans le même jugement) innocente Slobodan Milošević (ancien président de Serbie) des mêmes crimes, dont les médias et la justice internationale l’ont pourtant accusé pendant vingt-cinq ans.

Le jugement Mladić, dans son quatrième volume, publié le 22 novembre 2017, stipule en toutes lettres que le TPIY n’a constaté « nulle preuve que Slobodan Milošević [sont cités aussi quelques autres accusés] ait de quelque façon contribué à la réalisation de l’entreprise criminelle [visant à faire de la République serbe de Bosnie une entité ethniquement pure]. » Il est à noter qu’il ne s’agit là que d’une confirmation, le tribunal ayant déjà formulé la même appréciation dans le jugement de Radovan Karadžić, condamné l’année précédente, innocentant Milošević une première fois (sans que cela intéresse davantage nos médias).

Est-ce à dire que, si le procès de Milošević n’avait pas été interrompu brutalement, il y a onze ans, par la mort de l’accusé, celui-ci aurait bénéficié d’un acquittement ou d’un non-lieu ? Peu probable car, à l’époque, Karadžić et Mladić étaient en fuite, et les commanditaires du TPIY avaient besoin à tout prix de la condamnation d’un bouc émissaire pour justifier leur appui aux sécessions de la Croatie, de la Slovénie, de la Bosnie et, enfin, du Kosovo, ainsi que l’embargo et le bombardement de l’OTAN sur la Serbie. Cependant, Milošević, qui assurait lui-même sa défense, le faisait tellement bien, en démontant pièce à pièce les absurdités de l’accusation, que le procès, de l’aveu général, tournait à la débâcle pour cette dernière. Le moins qu’on puisse dire, c’est que sa mort en cellule (d’une crise cardiaque qui aurait pu être évitée si on avait accédé à ses demandes d’hospitalisation) tombait opportunément. Le tribunal ne se trouvait plus devant le dilemme d’ou bien prononcer une lourde condamnation qui eût fait de lui un martyr, ou bien déclarer un non-lieu qui mettait à bas toute une stratégie politique fondée uniquement sur la diabolisation à outrance des dirigeants serbes.

On aurait pu penser que, pour nos médias, ce blanchissement posthume de leur « boucher des Balkans » serait un sujet d’étonnement digne de commentaire. C’est juste un non-événement. Il est vrai que le TPIY n’a pas donné beaucoup de publicité à sa mise hors de cause de Milošević. Le paragraphe en question se trouve dans la note 15357 d’un volume de 471 pages : seuls les spécialistes se sont donc donné la peine de le lire. Mais peut-on imaginer que, étant donné le caractère spectaculaire de la chose, lesdits spécialistes ne se soient pas empressés d’en informer les gens de presse ?

Émettre des doutes sur la culpabilité de Milosevic (notamment celle d’avoir ordonné le « génocide » de Srebrenica) a longtemps été qualifié de révisionnisme – et l’est encore ! – par des médias influents. Est-il permis, sans s’exposer au même anathème, de se demander si les certitudes infaillibles qui applaudissent à la condamnation de Mladic sont de la même eau que celles qui ont prévalu pendant 25 ans pour Milosevic ?

Professeur d’université, écrivain
( 17 décembre, 2017 )

Ne faites pas d’amalgame, sauf entre les islamistes et les catholiques

 

Lu sur le Salon Beige cette très juste critique d’un numéro spécial de Marianne.

 

Marianne vient de publier un hors-série (« Intégristes et fous de Dieu, 400 ans de guerres contre les libertés » (Hors-série décembre 2017 -janvier 2018) faisant l’amalgame entre des assassins et des catholiques de conviction :

DQ2GadLXUAAdRxh.jpg-large

L’un de nos lecteurs a eu le courage de le lire et revient sur la réécriture de l’Histoire :

Amalgame

Ils sont tous pleins. De quoi ? Peu importe. Puisqu’ils ont cette plénitude en commun, le pot de yaourt et le baril de lessive sont évidemment interchangeables. C’est le brillant raisonnement de Marianne. Les intégristes sont tous les mêmes puisqu’ils gardent tous l’intégrité de leur religion. Quelle religion ? Peu importe ! Puisqu’ils ont cet intégrisme en commun, ils sont également condamnables.

Que l’intégrisme catholique trouve son modèle en un Mgr Lefebvre dont même les ennemis ont dû reconnaître l’exquise charité, tandis que l’intégrisme musulman s’incarne dans le djihadisme, peu importe ! Marianne est incapable de faire la différence. Quant à réaliser que l’on est toujours l’intégriste de quelque chose et que Marianne est celui du laïcisme maçonnique, cela semble tout simplement dépasser ses capacités intellectuelles.

Bourdes en tout genre

Rien ne fait peur à Marianne. Un de ses directeurs, Joseph Macé-Scaron n’avait-il pas déjà fait mourir Copernic sur un bûcher ? (15 novembre 2016). Son digne successeur ose annoncer dans un tweet triomphal un « hors-série exceptionnel » sur les Intégristes et fous de Dieu. Après avoir dépensé 6,90 euros, le lecteur sera ravi de découvrir qu’il n’a en mains qu’une compilation de vieux articles, datés parfois de 36 ans ! Pourtant, effort louable : l’avant-propos ainsi que 6 autres pages (sur 97) ont été rédigés pour l’occasion.

L’écrasante majorité des articles n’est qu’une « version revue et mise à jour », mais comment expliquer que l’on y trouve autant d’erreurs ?

Marianne est fâchée avec les dates : dès la première page la célèbre bulle Unam Sanctam (1302) est placée en 1308 ; les dates des encycliques pontificales ne sont pas davantage respectées [p. 22] ; un évènement survenu en 1562 est illustré par une gravure « fin XVe siècle » [p. 8] ; Pie IX est censé avoir condamné la « laïcité » dans son Syllabus de 1864, alors que ce mot n’avait pas encore été inventé. Etc. Mais comment attendre l’exactitude de détail de la part de négationnistes déclarés ?

Négationnisme

Marianne, lucide, admet que « certaines vérités d’ordre profane, tout aussi absolues et exclusives poussent des gens à tuer ou à se faire tuer : des religions de substitution, comme le communisme par exemple. » [p. 6]. ! Mais l’auteur oublie immédiatement cette concession pour affirmer que : « de toutes les idéologies, la plus exigeante et, à l’occasion la plus meurtrière, est la religion. »

Si l’on comprend bien, Robespierre, Lénine, Hitler, Mao, Staline et leurs émules ne seraient que des enfants de chœur à côté d’Abraham et de Jésus. Comment comprendre ce passage sinon comme une négation des 100 millions de morts du communisme et, ce qui devrait interpeller la LICRA, des crimes du nazisme lui-même ?

Le décor est planté. Après ce brillant départ les négations s’enchaînent. On apprend que l’intolérance est une invention monothéiste tandis que « la nature ouverte des polythéismes les conduit structurellement à la tolérance. » [p. 9]. Vieille thèse voltairienne qu’Antoine Guénée avait déjà brillamment réfutée en 1762 (http://urlz.fr/6him). Marianne gagnerait à tenir son historiographie à jour. C’est en tout cas une négation très claire des 300 ans de persécutions antichrétiennes, ce qui n’est pas rien.

Mais Marianne fait toujours plus fort. Elle présente les écrivains catholiques du XIXe siècle [pp. 18-22] comme des terroristes qui « ouvrent le feu sur la république laïque ». Apparemment, l’auteur, pourtant réputé, n’a pas réalisé que la situation est exactement inverse. La France catholique, déjà agressée par la Terreur de 1792-1793, par les révolutions de 1830 et 1871 et par les « lois laïques » de Jules l’Imposteur (vol des biens de l’Eglise, violences physiques, religieux chassés par les armes, école totalitaire imposant à tous les enfants la religion maçonnique des Droits de l’Homme, discours haineux des anticléricaux etc.). Marianne présente comme les « défenseurs de la laïcité » [p. 19] ceux qui travaillaient, en réalité, à imposer par la violence leur nouvelle religion à un peuple massivement catholique. Elle ose même prétendre qu’en 1905 : « la France […] vote la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat » [p. 20]. Comme si le personnel maçonnique qui avait investi la République avait demandé, sur ce sujet, l’avis de la population française très majoritairement catholique.

Installé dans le déni, Renaud Dély présente la loi persécutrice de 1905 comme un « texte de concorde » [p. 95]. Il se plaint douloureusement de ce que les « extrémistes » catholiques « continuent de contester de façon plus ou moins souterraine » ce texte sacré de sa religion. Car lui, bien sûr, considère que sa religion va de soi. Elle est obligatoire et doit s’imposer à tous (vous avez dit intégrisme ?). Il se sent même persécuté par les catholiques qui refusent d’y adhérer, et, magnifique dans sa posture de victime, entame son credo républicain dans « l’indispensable laïcité républicaine », cet « idéal d’émancipation », cet « indépassable ciment pour faire vivre le pacte républicain », ce « miracle laïque », « lumineux idéal à perpétuer ». Il célèbre avec Régis Debray la « communion laïque », le « sacré républicain », « réflexe vital d’une âme collective ».

Figurez-vous, M. Dély, que ce n’est pas de façon souterraine, mais en face et en plein jour, que les catholiques contestent votre idole. Vous affirmez, à la mode maçonnique, que « ce n’est pas la civilisation chrétienne qui a inventé la laïcité, mais la résistance aux violences qu’elle provoqua ». En réalité, la saine distinction du spirituel et du temporel a été apportée par le christianisme. Elie Barnavi l’avoue lui-même aux pages 7-8 de votre éblouissant « hors-série exceptionnel » : rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Cette saine distinction qui a dominé toute la Chrétienté a été abolie par la Révolution.

Depuis 1789, César veut être Dieu. Pour se faire Dieu, votre César républicain n’a pas hésité à tuer, massacrer, terroriser. La République maçonnique n’a toujours pas fait repentance pour le génocide vendéen. Comment nier qu’elle ne soit une de ces « religions de substitution » qui « poussent les gens à tuer ou se faire tuer » et même, dans toute l’histoire de France, la plus meurtrière de toutes ?

( 16 décembre, 2017 )

PENSEZ AUX ETRENNES DE LA LORRAINE ROYALISTE

 

Nous sommes dans une année difficile pour la France, pleine de danger.et 2018 risque

d’être pire !

Par ailleurs, nos frais augmentent.

Donnez des moyens à votre mensuel de se développer, de s’améliorer et déjà simplement

continuer à exister.

Pour cela, nous sollicitions votre soutien, vos dons, ce qui, vous en conviendrez, est rare.

Aussi, nous comptons sur vous…

Merci d’avance

Philippe SCHNEIDER

Chèques à faire au nom de « la lorraine royaliste » et à envoyer au journal, 284 avenue de la Libération, 54000, Nancy en spécifiant : pour aider de la L.R.

Nous remercions vivement les personnes qui ont déjà donné pour les « étrennes de la L.R. »

( 16 décembre, 2017 )

Famille de France • Le prince Jean et la princesse Chantal assisteront ce samedi aux obsèques du roi Michel de Roumanie

 

 

Nous évoquons cet événement parce que le roi Michel de Roumanie n’avait rien d’un prince people. Il a régné sur son pays de 1927 à 1930 et de 1940 à 1947, où il fut déposé après la prise de contrôle de la Roumanie par les soviétiques. Il n’a cessé d’y jouer un rôle politique important, naturellement extérieur sous le régime Ceaușescu, puis, de nouveau, sous forme quasi officielle depuis la chute du communisme. Le roi Michel a été rapatrié de Suisse par l’armée de l’air roumaine et a reçu les hommages des plus hautes autorités du pays aussi bien que du peuple roumain.  La présence du prince Jean à ces obsèques a donc une pleine signification.  Lafautearousseau

 

Hommage-Au-Roi-Michel-De-Roumanie-A-Bucarest-Le-14-De-cembre-2017-8.jpgCe samedi 16 décembre, Son Altesse Royale le prince Jean de France, duc de Vendôme et sa tante la princesse Chantal de France assisteront à Bucarest aux funérailles du roi Michel  de Roumanie, décédé à Lausanne le 5 décembre.

Les princes de la Maison de France ainsi que les membres des autres familles royales européennes assisteront à l’hommage militaire et religieux rendu à 10 h 55 sur le parvis du palais royal avant de se rendre en cortège à la cathédrale de Bucarest où la célébration durera de 12 h 30 à 14 h. À 18 h 45, le roi Michel sera inhumé en la nécropole royale de Curtea de Arges.  

Sources Noblesse et Royautés – La Couronne

( 15 décembre, 2017 )

Monseigneur le comte de Paris copieusement insulté sur Twitter

 

Lu sur le blog « la couronne » ce texte que nous approuvons totalement

 

Le 6 décembre dernier, le Chef de la Maison royale de France, Monseigneur le comte de Paris, a été une nouvelle fois copieusement insulté sur sa page Twitter. Ces insultes et ces menaces ont une nouvelle fois fait suite à deux tweets publiés par le prince sur sa page officielle, tweets où le prince exprimait simplement son opinion sur la décision du Président Américain de déplacer son ambassade à Jérusalem.

Aujourd’hui, à chaque fois que le chef de la Maison Royale de France ; qu’un prince de la Famille royale ; s’exprime publiquement sur les réseaux sociaux ou qu’un article leur est consacré sur un site internet, ces publications sont régulièrement suivies de nombreux commentaires Injurieux ou plus simplement de menaces évoquant « la guillotine », publié par des sans-culottes en herbes ou bien par des opposants dynastiques. Sans parler de certaines Pages Facebook qui se sont fait une spécialité d’insulter quotidiennement les princes et les princesses de la Maison de France.

Certes, aujourd’hui dans notre république, l’héritier des rois de France et les princes de sa Maison, sont des « citoyens » comme les autres, mais à ce titre ne possèdent-ils pas les mêmes droits et les mêmes devoirs ? Que cela plaise ou non aux fanatiques de tous bords, les princes de la Maison de France ont aujourd’hui totalement le droit d’exprimer librement leurs opinions et en tant que personnalités publiques, leurs opinions et leurs actualités sont relayées sur la toile et dans la presse. Alors pourquoi tant de haine ? Pourquoi un tel acharnement ? Peut-être simplement, parce que leur seul tord ; ou, pour certains fanatiques ; leur seul crime, est justement d’exister.

Comme l’a exprimé Monseigneur le comte de Paris dans l’un de ses livres :

Le « crime » de la Famille royale de France serait-il d’exister ? Nous le reprocher s’apparenterait alors à une forme de racisme… Pour ce genre de motif, les nazis envoyaient des hommes à l’anéantissement. Je me sens solidaire des opprimés, de toutes ces ethnies envoyées au sacrifice, ou de toutes minorités nationales écartées de la vie de leur nation au nom de la Liberté d’être, celle de penser ou d’agir. 

 

En tant que blog de soutien à la famille royale de France, nous nous devions de dénoncer publiquement ces insultes et ceux qui les tiennent, car il est de notre devoir de soutenir nos princes et de les défendre lorsqu’ils sont si injustement attaqués et nous appelons tous nos lecteurs, et au delà de nos lecteurs, tous les partisans de nos princes, à ne pas laisser passer ces insultes sans réagir. Bien sûr, il serait inutile de répondre à ces provocations puériles, mais montrez votre présence, montrez votre soutien à nos princes et, comme nous, répondez simplement à ces insultes par un beau :

 

« VIVE LA FRANCE, VIVENT NOS PRINCES »

J.Auroux

( 15 décembre, 2017 )

Défense – Afrique, Orient, quelle place pour la France ?

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Aujourd’hui, devant les nouvelles situations, la France doit, soit retrouver sa place avec des moyens cohérents, soit y perdre progressivement ses forces.

 

« Le chef d’état-major des années (CEMA), parce qu’il porte les opérations du ministère, porte aussi, par fonction, des responsabilités en matière de cohérence générale, à la fois de la programmation et des engagements budgétaires », déclarait en septembre le nouveau CEMA. Le général Lecointre entend donc garder ses prérogatives, dans la ligne de son prédécesseur et en opposition frontale avec le discours présidentiel qui avait décidé Villiers à partir. Macron, chef des armées, décidément bien léger, est « contré » par deux CEMA !

DES ARMÉES MAL AIMÉES

Commettant une nouvelle faute, il vient d’abaisser dans le protocole l’amiral Rogel, chef de l’état-major particulier à l’Elysée, qui passe ainsi après le directeur de cabinet. C’est mesquin et stupide ! Ancien chef d’état-major de la Marine, Rogel appartient à cette élite ultra-sélectionnée des commandants de sous-marins nucléaires, intelligence brillante servie par le mental d’acier du sous-marinier, c’est un chef respecté avec une indiscutable légitimité opérationnelle et stratégique. Ce « déclassement » ne l’affecte pas, mais c’est une provocation pour les militaires. Elle affiche sur le fond la défiance du président à leur égard et, sur la forme, trahit un discernement altéré par des failles psychologiques… inapte au commandement d’un sous-marin ! Le fossé continue donc à se creuser entre Macron et ses armées, c’est ennuyeux, car la situation y est préoccupante.

En effet l’activité qui leur est demandée dépasse les contrats opérationnels pour lesquels elles avaient été dimensionnées. D’où un surcoût de près d’un milliard d’euros par an à prendre sous enveloppe dans un budget « défense » qui ne le prévoit pas. Il faut donc chercher ce milliard dans l’équipement des forces : les programmes sont retardés, les matériels ne sont pas remplacés conduisant à l’érosion inéluctable de l’ensemble.

DES POLITIQUES STUPIDES

Pourtant il reste beaucoup à faire en Afrique, nos forces s’usent sans résultats durables. Tant que l’Afrique n’aura pas les structures politiques robustes qu’on n’acquiert pas en 50 ans de colonisation, toute pacification restera fragile et il faudra y rester pour l’accompagner.

Mais cette situation, nos gouvernants l’ont aggravée en bombardant la Libye jusqu’au lynchage de Kadhafi.

Resté au pouvoir, il aurait traité le soulèvement islamo-tribal de Benghazi, interdit le scandaleux trafic d’êtres humains vers Lampedusa, acheté les Rafale qu’il nous avait commandés. Une poignée de coopérants militaires français ou italiens aurait alors suffi pour accompagner le « roi des rois d’Afrique » dans la stabilisation du Sahel et la neutralisation des infiltrations islamiques à quoi nos armées s’épuisent actuellement.

Au Levant, les opérations ne mobilisent que 1500 hommes mais coûtent cher en équipement, en activité aérienne et en logistique. Les frappes portent leurs fruits surtout grâce à la Russie qui appuie sans réserve l’armée syrienne. Ses bombardiers à long rayon d’action interviennent après décollage du territoire russe et survol de l’Iran. Ils sont protégés par les chasseurs Sukhoï 27 basés en Syrie. Nos 14 Rafale de l’armée de l’air et de la marine basés en Jordanie et aux Émirats seraient plus efficaces en coopération avec les Russes mais notre stupide politique arabe l’interdit. Heureusement, face à l’évidence, la France ne fait plus du départ d’Assad un objectif prioritaire. L’expérience libyenne aurait-elle fait réfléchir ces esprits étroits, juste bons pour l’oral de l’ENA ? L’accueil du maréchal Sissi à Paris, malgré la hargne médiatique contre le tombeur des frères musulmans, ouvrirait-il une ère nouvelle ?

Dès 2013, il fallait se démarquer de la campagne anti-Assad et des mensonges euro-atlantistes pour se positionner en puissance indépendante dans le règlement d’une crise attisée par des intérêts pétroliers inavouables. Notre statut nucléaire, nos liens immémoriaux avec la Syrie et le Liban nous en donnaient la légitimité. L’affaire se serait jouée entre la France et la Russie et nous n’en serions pas là. Mais c’était l’époque où Hollande et son poulain Macron poussaient un ambassadeur homosexuel au Vatican et torpillaient la vente des « Mistral » aux Russes, où Fabius saluait le travail d’al-Nosra violeur et tueur de chrétiennes. On a la diplomatie qu’on peut !

DU NOUVEAU EN ARABIE

Et voici que, sans que le quai d’Orsay ait rien anticipé, un jeune prince de 32 ans, Mohammed ben Salman, propulsé au rang d’héritier par son père de 81, prend le pouvoir à Riyad. Là-bas, l’usage était plutôt de le recevoir à 75 ans de son frère. Depuis cette désignation inattendue en juin, il a rencontré Pouline à Moscou, autorisé les femmes à conduire, renvoyé les « Mutawa » dans leur casernes ; cette police religieuse bastonne celles qui se décoiffent et ferme les commerces aux heures de prière. Il veut aussi nettoyer le corpus islamique des hadits criminogènes et vivre en bonne intelligence avec les autres religions. Le 5 novembre, par un quasi-coup d’État, il renvoie ou arrête pour corruption les élites en place, princes, ministres, hauts fonctionnaires, bloquant leur comptes en banques et leurs jets privés. Simultanément, sur fond de tensions avec l’Iran, le Premier ministre libanais sunnite Hariri vient à Ryad pour y annoncer sa démission. Craint-il de finir comme son père, déchiqueté par une bombe chiite ? Serions nous à l’aube d’un tremblement de terre géostratégique que seul Moscou aurait vu venir ? Le président Macron s’essaye à sauver Hariri.

DES POLITIQUES POSSIBLES

Depuis 30 ans l’armée française est engagée dans des affaires qui l’épuisent par les parvenus qui se déchirent pour le pouvoir. Aucune culture historique, aucune vision politique à long terme, juste une idéologie imbécile, une diplomatie du fric et des appétits personnels qu’il faut satisfaire avant la fin d’un mandat !

Serbie, Irak, Afghanistan, Libye, Syrie, partout nous aurions pu faire autrement ! Une vision souveraine aurait épargné le sang, préservé notre appareil de défense et accru notre crédibilité.

Ainsi, en 2003, la France est sortie grandie de son veto sur l’Irak et confortée par ses conséquences tandis que l’Armée britannique s’embourbait à Bassorah. Elle ne s’en est jamais remise.

Face aux bouleversements qui se dessinent dans le Golfe, allons-nous y retrouver notre place ou continuer à jouer, pour notre perte, les zélés supplétifs de ceux qui veulent nous voir disparaître dans le « machin» européen ?

Lucide, le nouveau CEMA réclame une révision à la baisse de ces engagements interminables qui nous affaiblissent. C’est possible avec une autre politique, avec du courage, de l’intelligence et cette vision à long terme qui manque à nos démocraties, mais pas au jeune prince Ben Salman à Riyad. Il nous en faudra alors que là bas vient de tomber Rakka, l’ultime bastion du califat islamique, et que d’autres défis nous attendent ici dans ces banlieues que les préfets interdisent aux gendarmes.

Mathieu Épinay

( 14 décembre, 2017 )

Pour conclure sur Johnny … Le show-biz, premier corps de l’État ?

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

2435494823.jpg

Je n’en attendais pas moins de Régis Debray, au lendemain de la journée des obsèques de Johnny Hallyday. Refusant de rentrer dans l’unanimisme émotionnel, il tance sérieusement les principaux dirigeants du pays, le Président en premier lieu : « Combattre étant devenu honteux, le héros n’est plus celui qui se sacrifie pour sa patrie ou pour une cause, mais celui qui se fait voir et entendre de tous, devenant milliardaire du même coup. » Nous avons assisté, samedi, à « l’institutionnalisation du show-biz, nouveau corps de l’État, sinon le premier d’entre eux ». Comment refuser à Régis Debray son diagnostic ? Il est trop évident que par rapport au général de Gaulle, nous avons changé d’époque, de mœurs et de mentalité. Quand Édith Piaf s’en est allée, le général ne l’a pas accompagnée au Père Lachaise, pas plus d’ailleurs qu’il n’a suivi le convoi de Jean Cocteau, le poète mort en même temps que la chanteuse. « En 1963, le politique ayant assez d’autorité et de prestige par lui-même, il se souciait peu d’aller voler un peu de popularité, par la magie du côte à côte, auprès des stars du moment. »

On se reportera au Monde daté d’aujourd’hui pour lire en son entier ce superbe article vengeur, dont je n’ai pas cité les formules les plus cruelles pour nos politiques. Son principal mérite dépasse la polémique, en replaçant l’événement dans sa logique sociologique. C’est celle qui, personnellement m’a retenu, ne pouvant communier à un culte qui n’était pas le mien. De ce point de vue, l’analyse que Jean-Pierre Le Goff développait, il y a quelques jours, pour Le Figaro, rejoint celle de Régis Debray : « Dans les sociétés démocratiques modernes, l’adolescence n’est plus seulement considérée comme une classe d’âge transitoire – qui au demeurant ne cesse de s’allonger avec le développement du chômage des jeunes et la difficulté de se loger. Elle a été valorisée comme telle et a été progressivement érigée en nouveau modèle social de comportement des temps modernes. » Les baby boomers qui ont accompagné Johnny font encore partie de ce peuple adolescent dont parlait Paul Yonnet en 1985.

Mais, me dira-t-on, en ouvrant la Madeleine à ce grand show funéraire, l’Église ne s’est-elle pas compromise avec un fâcheux glissement sociétal ? Ce n’est pas du tout mon avis. L’Église a introduit une toute autre dimension dans l’événement, en rappelant sa foi à travers ses textes de référence. Ainsi perçait une lumière qui donnait un tout autre sens au deuil du rocker.  

Gérard Leclerc

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 12 décembre 2017

( 13 décembre, 2017 )

Tandis que Macron rêve, l’industrie française continue de « crever » !

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Macron, ce technocrate rêveur de l’ENA, nous parle de l’Europe qui protège d’une façon abstraite avec des mots enchanteurs, mais la triste réalité, c’est que l’industrie européenne continue de « crever » sous les coups du libre-échange mondialiste.

ArcelorMittal et les sidérurgistes européens sont montés tout dernièrement au créneau pour lutter contre le dumping chinois et ont obtenu, dans le cadre de l’Union européenne, des protections tarifaires ainsi qu’une réduction des surcapacités chinoises de production. Mais le festival continue dans d’autres secteurs industriels.

Dans l’aluminium, la Chine connaît des surcapacités de production qu’elle subventionne, grâce à son emprise étatique, en vendant l’énergie chinoise à des prix ridicules, ce secteur étant un très gros consommateur d’électricité, ce qui est déterminant pour le prix de revient. Alors que les droits de douane américains sont très élevés et susceptibles encore d’augmenter, les droits de douane européens ne sont que de 7,5 %.

50 % des bobines et profilés en aluminium sont aujourd’hui importés et le nombre de sociétés productrices en Europe est passé de 40, en 1990, à 15, en 2017. Ce secteur industriel va donc avoir à se battre tout comme celui de l’acier européen.

Le secteur européen du silicium, qui sert à fabriquer les batteries de voiture électrique, doit faire face lui aussi à la surcapacité chinoise et au dumping chinois. Alors que la Chine produit 4,6 millions de tonnes par an, la consommation mondiale n’est que de 2,7 millions. Tandis que les États-Unis ont un droit de douane de 139 % et que le Canada l’a même porté à 235 %, les braves Européens en sont toujours à 16,8 % !

Les règles de l’OMC et de Bruxelles pour contrôler et calculer le dumping chinois sont mises à mal en Chine, tant les intérêts de l’État, du parti et des entreprises privées chinoises sont étroits et interpénétrés. Là encore, tout comme pour le droit-de-l’hommisme en matière d’immigration, la naïveté technocratique européenne n’a pas de bornes.

Et le bouquet, c’est que l’Union européenne vient de changer ses méthodes d’analyse du dumping, ce qui aura pour effet de diminuer encore davantage la protection douanière de « l’Europe qui protège » de monsieur Macron. Il suffirait donc que les prix baissent encore très légèrement pour que tous les emplois industriels dans le secteur du silicium en Allemagne, France (1.000 emplois) et Espagne soient perdus définitivement, avec en plus la perte définitive de technologie.

Et, en même temps, l’Union européenne, dont c’est la seule raison d’exister semble-t-il, continue à passer des accords libre-échangistes avec le Canada et la Corée du Sud pour achever le patient industriel européen. La seule lueur d’espoir vient, paradoxalement, de Trump qui fait tout pour mettre à mort la machine infernale libre-échangiste de l’OMC à Genève. Trump, par exemple, se refuse à nommer des juges pour les organes d’appel des différends entre pays, afin de paralyser l’OMC.

Pour nous sortir d’affaire avec un taux de chômage minimum réel en France de 20 %, Macron ne pense qu’en termes de jeunes pousses, alors qu’il faut penser bien évidemment aux emplois à venir des jeunes pousses, mais d’abord et aussi à préserver les emplois industriels ainsi que les technologies existantes.

Il est peu probable que les emplois futuristes à venir des sciences de la vie et des technologies nouvelles comblent les trous béants de nos emplois industriels, de la disparition complète d’industries telles que l’industrie du textile. Le marché de dupes de la pensée unique, c’est que pour calmer les craintes des peuples, on nous avait assuré depuis le Kennedy Round en 1967, avec des menteurs bien rémunérés du style Pascal Lamy, que l’Europe aurait les emplois rémunérateurs d’avenir et que les pays émergents auraient seulement les emplois industriels mal payés, polluants du passé.

La vérité, c’est que la Chine va mettre toute l’Europe au chômage en ayant même plus d’emplois d’avenir que l’Amérique des GAFA si les Européens ne réagissent pas avec des murs douaniers – ce qu’a très bien compris Trump -, d’autant plus qu’on ne compte plus la disparition des sièges sociaux et des groupes industriels en France (Alcatel, Pechiney, Lafarge, Sacilor, Alstom, Technip…).

Marc Rousset

( 10 décembre, 2017 )

De la Catalogne à la Corse : vers l’éclatement des nations ?

 

L’heure serait-elle à l’éclatement des États-nations  ? Voire de toute structure politique un peu importante  ? Le moins qu’on puisse dire est que nos médias ne font pas dans le détail, en amalgamant des situations qui, pourtant, n’ont pas grand-chose à voir entre elles. Comparaison n’est pas raison, et faire des parallèles entre la Catalogne, l’Écosse, la Corse, la Nouvelle-Calédonie voire le Brexit peut se révéler extrêmement risqué, même si cela excite la curiosité de l’auditeur. Non, la Catalogne n’est pas à l’Espagne ce que la Corse est à la France ou l’Écosse au Royaume-Uni.

Comparaison n’est pas raison

Le Brexit, lui, ne traduit pas une volonté de rompre avec une unité politique fondée sur l’histoire, l’Europe ne s’étant jamais réalisée, ni même sérieusement pensée comme telle depuis 1957. Quant à la Nouvelle-Calédonie, l’irrédentisme d’une partie des Canaques a été, sur fond de sous-développement économique surtout de la province Nord que dirigent les séparatistes du FLNKS, savamment entretenu, dans un premier temps du moins, par ses puissants voisins anglo-saxons, désireux de voir la France chassée d’une partie du monde considérée comme leur zone exclusive d’influence, et encouragés en cela par… le pouvoir politique français lui-même (Mitterrand, au premier chef) au nom de l’idéologie anticolonialiste et d’une France faisant profil bas sur le plan géopolitique. Nous aurons l’occasion d’y revenir. Dans le précédent numéro, Roch Cauvigny a montré comment la situation commençait d’évoluer. Fort heureusement, aujourd’hui, Valls, président de la mission parlementaire d’information sur l’avenir institutionnel de l’archipel, se voit plus en Clemenceau qu’en Mitterrand. Mais le Premier ministre, qui est venu, le week-end dernier, lancer l’année référendaire, sera-t-il à la hauteur  ? Faire profil bas serait la pire façon de chercher le consensus.

Et que peut signifier ce lointain territoire pour Macron, qui veut enfermer la France dans les limites étroites d’une Europe sous hégémonie allemande à laquelle il veut abandonner notre politique extérieure, comme en Afrique – une Allemagne qui, soit dit en passant, ne cesse de l’humilier, comme l’a montré l’affaire du glyphosate, prorogé par l’Europe sur ordre de Merkel contre l’avis de Paris  ? Espérons seulement – mais ne rêvons pas trop – que nos compatriotes de l’océan Pacifique sentent le désir du pays légal de voir l’archipel rester français, ce qu’il est pleinement de par l’histoire, seul guide en la matière  : les séparatistes rêvent d’un État ethnique, voire racial, alors que, comme le rappelait Bainville, «  la France, c’est mieux qu’une race, c’est une nation  ». En ce sens, la Nouvelle-Calédonie est une France en miniature, puisqu’elle s’est prêtée, depuis notre arrivée, comme la métropole, «  à tous les échanges de courants, ceux du sang, ceux des idées  ». D’autant que l’archipel n’est pas viable économiquement et que les investisseurs trouvent désormais urgent d’attendre… le résultat du référendum qui aura lieu à la fin de 2018.

Quoi de commun, donc, entre la Catalogne, la Corse, l’Écosse, sinon que, face à l’instabilité toujours plus grande d’espaces géopolitiques et économiques mondialisés, qui se cherchent un nouvel équilibre – Carl Schmitt parlait de nomos –, les forces centrifuges demeurent minoritaires  ? Ce qui se vérifiera peut-être aussi, espérons-le du moins, pour la Nouvelle-Calédonie. Certes, les Corses ont voté «  nationaliste  », ce dimanche 3 décembre, au premier tour des élections territoriales visant à nommer leurs représentants à la toute nouvelle collectivité unique qui, regroupant les compétences de la région et des deux départements actuels, entrera en fonction le 1er janvier 2018  : la liste «  nationaliste  » Pé a Corsica (Pour la Corse), que l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni a conduite avec l’autonomiste Gilles Simeoni (un contrat de mandature les lie), est arrivée largement en tête avec plus de 45  % des voix. Les «  nationalistes  » avaient déjà remporté Bastia en 2014 et la région en 2015 et envoyé trois députés à l’Assemblée nationale aux législatives de juin dernier. Le second tour n’aura pas encore eu lieu à l’heure où paraîtront ces lignes, mais, même si les «  nationalistes  » ont profité de la large abstention du premier tour (quelque 52  %), décevante compte tenu de l’enjeu, les résultats définitifs, même avec un léger sursaut des électeurs – ou grâce à celui-ci –, devraient confirmer leur victoire  : les «  nationalistes  » dirigeront la nouvelle collectivité unique.

L’indépendance dans dix ans  ?

C’est pourquoi Talamoni a eu soin de rappeler au soir du premier tour qu’il ne souhaitait aucun processus d’indépendance avant dix ans, conformément au contrat de mandature  : il sait, et reconnaît d’ailleurs, que le courant indépendantiste est très minoritaire (les autonomistes, au premier tour des régionales de 2015, pour lequel ils n’avaient pas fait alliance avec les indépendantistes, avaient obtenu 2,5 fois plus de voix qu’eux). Aussi ne doit-il pas effrayer les électeurs pour le second tour, les Corses n’ayant voté aussi massivement pour les listes «  nationalistes  » que parce que les autonomistes y paraissent neutraliser les revendications indépendantistes, qui supposent du reste, pour être crédibles, que la Corse puisse acquérir une certaine autonomie économique et financière. Or le développement économique de l’île de Beauté, dont les anciens possesseurs génois ne s’étaient guère souciés, doit tout à ses relations avec le “continent”, un continent que les élites corses ont toujours considéré comme le complément naturel de l’île. Ce n’est pas demain que la Corse représentera 20  % du PIB de la France (comme la Catalogne pour l’Espagne). L’importance de l’emploi public le montre  : l’île, qui est pauvre, pour vivre et se développer, a besoin de la solidarité nationale.

Il n’en reste pas moins que Talamoni a raison lorsqu’il prévient, à propos du résultat  : «  Il faudra que Paris le prenne en compte  !  » Et de rappeler déjà à Macron ses exigences  : la reconnaissance officielle de la langue corse, un statut de résident pour réserver l’immobilier aux Corses, l’amnistie des prisonniers «  politiques  », dont l’assassin Yvan Colonna. Les indépendantistes comptent, à terme, sur d’éventuelles fautes politiques de Paris pour décrédibiliser la voie autonomiste et radicaliser – le modèle catalan servant alors à leurs yeux – leurs objectifs. Pourtant, comme le remarque Gilles Simeoni  : «  le modèle catalan n’est pas applicable  ». Ni l’autonomie actuelle de la Catalogne, ni la puissance économique de cette généralité, ni le jusqu’au-boutisme d’un pays légal catalan qui se savait minoritaire et qui a voulu forcer le destin ne sont applicables à la Corse. D’ailleurs, il n’y a pas de modèle catalan… pour la Catalogne elle-même. Comment serait-il valable pour la Corse  ?

Quand la République n’a plus les moyens d’imposer un jacobinisme asséchant, mâtiné d’intérêts bassement partisans, qui provoque un légitime rejet, elle brade… De la cause à l’effet. Toute son histoire tient dans ce mouvement de balancier, qui jure avec la patience de nos rois et leur respect de la diversité des peuples composant la France. Les «  nationalistes  » corses jouent sur l’incapacité de la République à avoir une juste conception de l’unité nationale pour promouvoir leur vision fantasmée de l’histoire,. Ils savent qu’elle est incapable de donner à la Corse un statut qui ne mette pas en cause son appartenance à la collectivité nationale tout en préservant l’identité de l’île. Une identité où joue à plein, également, la question de l’immigration, la conception du vivre-ensemble n’étant pas la même à Bastia et à Paris.

François Marcilhac

Paru dans l’Action Française 2000 n° 2967 du 07 December 2017.

12345...141
Page Suivante »
|