( 10 février, 2020 )

Pour une politique écologique

 

Lu sur « Je Suis Français »

 

Qu’on ne compte pas sur nous pour l’accabler davantage. Il a été suffisamment dit et écrit çà et là que mademoiselle Greta Thurnberg est manipulée, fanatisée et financée par un entourage suspect où se rejoignent écolos radicaux et industriels adeptes de l’écoblanchiment.

Les plus fins des critiques l’ont même affublée de surnoms qui, il faut le reconnaître, sont plutôt savoureux : pour le philosophe Michel Onfray, elle est « la cyborg suédoise » ; pour le journaliste Vincent Hervouët, « la vestale fiévreuse ».

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Mais elle aura eu ce mérite, par la répulsion même qu’elle inspire, et en réaction contre son discours négatif et pourri de mauvais bons sentiments, de susciter chez beaucoup une prise de conscience de la dimension politique de l’écologie.

Le stupide écologisme à la mode ne peut en effet que nuire à l’écologie elle-même. La plupart des convertis à la religion écolo ont déjà oublié que les maux bien réels qu’ils dénoncent, les imputant au seul libéralisme économique, sont la conséquence de deux siècles d’un aveuglement matérialiste collectif fondé sur la foi, à droite comme à gauche, en un productivisme effréné permettant une croissance indéfinie – et le paradis sur terre. Révolution : on a mis le feu à la maison et maintenant on pousse des cris d’orfraie.

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S’impose donc un changement de(s) mentalité(s). Parce qu’elle valorise le terroir, lui-même facteur d’enracinement et d’identité, et qu’elle fait de la frontière la meilleure protection contre la nocivité de beaucoup d’échanges commerciaux internationaux, l’approche « localiste » de M. Juvin est très intéressante. Cependant, et on se souvient ici du « nuage de Tchernobyl », on comprend bien qu‘un certain repliement, si salutaire soit-il, ne suffirait pas : ses adversaires reprochent ainsi au souverainisme d’être inefficace contre « la globalisation de la menace écologique » (Thomas Legrand, France Inter, 11 septembre). L’écologie supposerait-elle donc le multilatéralisme, voire une gouvernance supranationale ? 

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C’est ce que nous avons en tout cas compris du discours de M. Macron à l’Onu (24 septembre). Discours naïf et peu réaliste puisqu’il inscrit toute action écologique dans le cadre onusien, peut-être pour complaire à l’intelligentsia écolo, heurtée par ses réticences vis-à-vis de la jeune Greta. Cette approche multilatéraliste onusienne nous paraît doublement fautive. D’abord parce qu’elle confère à l’Onu une compétence et des capacités que cette organisation ne possède pas. Ensuite parce que l’ouverture en grand des frontières qu’elle suppose contredit la nécessaire régulation du flux désormais insensé des échanges mondiaux que cette ouverture a permis. Impossible équation écolo-macronienne.

Est-ce à dire que l’impasse est totale ? Non, car le réalisme politique le plus élémentaire nous rappelle que les relations internationales passent par les Etats eux-mêmes et non par une instance à vocation supranationale : mieux vaut un bon traité à quatre ou cinq Etats qu’un douteux unanimisme de pure forme. Retour donc du souverainisme, l’Etat étant par ailleurs – et nous le savons bien en France – le seul capable de garantir à l’intérieur de nos frontières les pratiques de consommation plus traditionnelles évoquées ci-dessus.

Louis-Joseph Delanglade

 

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