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( 31 décembre, 2018 )

LA VÉRITÉ DES GILETS JAUNES • UN PEUPLE EXSANGUE

 

lu sur « lafautearousseau »

 

Il n’est pas besoin de supputer des calculs politiques ni de chercher des complots ni de faire des rapprochements avec les années 30 pour expliquer le mouvement des Gilets jaunes.

Les Gilets jaunes sont ce qui reste des Français après qu’ils ont perdu toute foi en leur pays, la société, leurs institutions, leurs gouvernants, leurs syndicats, en les autres, en eux-mêmes, en l’avenir. C’est ce qui reste des Français quand ils ne parviennent même pas à vivre à peu près décemment, et qu’ils n’ont plus que la colère et la révolte pures. En présence de ce mouvement, toutes les logiques idéologiques, politiques et morales se cassent le nez.

Une réalité disparate, insaisissable, déconcertante.

Le seul point commun des Gilets jaunes, qui cimente leur union, est leurs difficultés matérielles, la baisse continue de leur pouvoir d’achat, et leur situation de laissés-pour-compte du « nouveau monde » macronien, d’une politique qui les relègue au rang de rebuts, et d’une société qui sourit exclusivement aux nantis, aux forts, aux malins et aux chanceux. Aussi trouve-t-on de tout, parmi eux ; et, suivant leur personnalité, leurs préoccupations particulières, leurs intérêts catégoriels et leur sensibilité, ils sont susceptibles des réactions les plus contradictoires. Dans l’adversité, ils peuvent se révéler xénophobes, sexistes, racistes, sans que l’on puisse distinguer ce qui relève du « propos qui dépasse la pensée » de ce qui exprime au contraire une mentalité profonde, ordinairement bridée par les exigences de la bienséance ou du politiquement correct.

Certains vivent véritablement « la galère » : retraités à pension mensuelle inférieure à mille euros nets, travailleurs enchaînant les petits emplois ingrats et alternant les périodes de travail et de chômage, les uns et les autres habitant des HLM insalubres, décrépites ou minées par les nuisances, les incivilités et l’insécurité.

D’autres connaissent un sort un peu plus enviable : ouvriers qualifiés et employés, commerciaux, VRP, infirmiers et infirmières libéraux, les uns et les autres à peu près sûrs de conserver leur emploi, certains ayant pu accéder (non sans peine) à la propriété, mais contraints de se contenter du strict nécessaire pour vivre, et toujours au bord du découvert bancaire. Seule l’exaspération les a fait agir. Tous étaient dénués de passé militant et de sympathies politiques précises, et aucun (ou presque) ne se signalait par quelque conviction idéologique ou éthique affirmée. Leur vote tenait à leurs intérêts et à leur état d’esprit vis-à-vis de la politique menée par les divers gouvernements.

Naturellement portés sur la gauche, mais déçus par celle-ci, ils ont pu être tentés, pour nombre d’entre eux, par les promesses d’un Sarkozy, avant d’être définitivement dégoûtés de tous les partis et de s’inclure dans les 57% d’électeurs inscrits qui se sont abstenus lors de la dernière présidentielle. Mais certains ont pu compter parmi les électeurs de Marine Le Pen, cependant que d’autres ont pu succomber aux sirènes macroniennes, dans l’espoir de voir enfin la réalisation d’un avenir meilleur. Aujourd’hui, ils éprouvent le sentiment de ne devoir compter que sur eux-mêmes, et se méfient de tous les partis, y compris les partis protestataires comme La France insoumise ou le Rassemblement national. Et les centrales syndicales ne sont pas logées à meilleure enseigne. Ce sont des Français seuls et tout nus qui se rassemblent et se révoltent.

De faux ascendants

Ce phénomène, l’a-t-on assez dit, est sans précédent. Or, ce qui est sans précédent, ce qui bouscule les codes et les classements reconnus, irrite. On ne le supporte pas, et on essaie de le ranger dans les catégories et les rubriques habituelles. Ainsi, expliquent certains, les Gilets jaunes relèvent d’une manière de néo-poujadisme ; et d’aucuns, comme le récurrent Bernard-Henri Lévy, voient en eux une résurgence des ligues qui, le 6 février 1934, marchèrent sur le Palais-Bourbon.

La comparaison ne vaut pas. Les poujadistes des années 1950 appartenaient à seulement deux catégories professionnelles, celles des commerçants et des artisans, le plus souvent assez aisées, nonobstant leurs problèmes fiscaux et les risques que laissaient planer sur elles la modernisation de l’économie et l’évolution de la société. Pas de pauvres, de chômeurs ou de travailleurs précaires parmi elles. Quant aux manifestants du 6 Février, ils relevaient le plus souvent des classes moyennes, et dénonçaient la corruption de la caste politique et l’incurie des institutions plus que leur situation sociale. Les Gilets jaunes, eux, recrutent dans les classes moyennes comme dans les plus modestes, voire les pauvres, et dans toutes les professions ; ils se battent pour la défense de leur niveau de vie ; et s’ils dénoncent une politique qui les sacrifie et « clive » la société en winners et loosers, et se défient de la classe politique, ils ne taxent pas cette dernière de corruption et ne vouent pas les institutions aux gémonies. Et, contrairement aux précurseurs qu’on veut leur donner, ils ne subissent nullement l’influence de quelque idéologie fascisante ou socialisante, n’aspirent ni à un sauveur de type bonapartiste, ni à la conquête du pouvoir par le peuple insurgé. Un phénomène inédit, donc, et qui ne ressortit pas aux explications habituelles.

Le rôle ambigu et l’influence incertaine des médias

On a beaucoup insisté sur le rôle des moyens informatiques de communication, qui ont permis aux Gilets jaunes de se concerter et de décider de leur action en court-circuitant les syndicats et en se passant de chefs et de structures de coordination. On a également mis en relief le rôle de la presse télévisuelle (BFMTV, les JT des grandes chaînes) dans la promotion de l’événement, et leur influence sur la destinée encore incertaine du mouvement : celui-ci, selon divers observateurs, commencera à piquer du nez le jour où, pour des raisons d’audimat, les journalistes cesseront d’en parler ou de lui accorder la primauté, et pointeront les dérives inhérentes à des démonstrations protestataires non étayées sur des revendications précises et une assise politique ou morale tant soit peu cohérente. Et il s’affaissera d’autant plus vite qu’il est inorganisé. Il s’évanouira comme un ectoplasme et sombrera dans la déconsidération puis l’oubli. D’aucuns vont jusqu’à affirmer que la médiatisation de sa récusation des organisations syndicales aura, en définitive, servi la politique de Macron, fort désireux de mettre sur la touche ces organisations et tous les corps intermédiaires susceptibles de contrer son action. Peut-être, mais ce n’est pas certain. Et nul ne peut anticiper sur des résurgences que les conditions sociales du moment rendent non seulement possibles mais plus que probables.

Un peuple réduit à sa plus simple expression

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En définitive, les Gilets jaunes ne sont ni un mode de lutte nouveau, ni une résurgence du poujadisme, du boulangisme, des ligues des années 1930, ni une manifestation quelque peu spectaculaire du populisme. Ils sont l’image d’un peuple qui souffre, se sent sacrifié et méprisé, et ne parle que pour exprimer son désarroi, sans même formuler de revendications claires et sans souscrire en rien à quelque projet de société. Un peuple au pied du mur, au bout du rouleau, réduit à sa plus simple expression.

Notre sémillant président pouvait-il le comprendre ? Son discours du 27 novembre montrait qu’il l’a fort mal discerné. Il s’est, en effet, efforcé de raccrocher à son écologisme militant la résolution des problèmes de nos compatriotes en montrant la solidarité des questions environnementales et des difficultés sociales, et les méfaits d’une société productiviste insoucieuse de la préservation de la nature et du cadre de vie des hommes. De là, il a conclu à la nécessité de lier étroitement le social et l’écologique et de s’engager sur la voie de l’édification d’un nouveau modèle économique respectueux de l’environnement et des conditions de vie, justifiant sa politique de taxation des carburants et de renoncement graduel aux énergies fossiles, et annonçant la création d’un Haut-conseil pour le climat. Sa seule concession est la subordination de l’augmentation des taxes sur les carburants aux fluctuations du cours de ces derniers.

Les réactions des Gilets jaunes à ce long discours, toutes négatives, montrent qu’il ne les a pas convaincus. D’aucuns affirment que les Français auront toutes les peines du monde à se convertir au nécessaire modèle socio-économique à dominante écologique, défendu par Macron, et voient là l’origine de la révolte des Gilets jaunes. Et, sans doute, convient-il de beaucoup critiquer la société productiviste, rentabiliste, massificatrice et consommatrice de la seconde moitié du XXe siècle, source de détresse matérielle et morale. Mais ce que voient nos compatriotes, c’est qu’après les avoir sacrifiés à la société du profit, on les sacrifie à la reconversion écologique de cette dernière, et, qui plus est, au moment où ils n’ont plus rien pour vivre, pas même l’espérance. Et le tout pour un discours convenu de politiques qui refusent de les comprendre.

Que Macron prenne garde : de cette nouvelle exigence risque de sortir quelque chose de terrible. Le peuple de France ne peut disparaître dans un trou noir.

Docteur ès-lettres, écrivain, spécialiste de l’histoire de l’enseignement en France, collaborateur de la Nouvelle Revue universelle 
( 31 décembre, 2018 )

VŒUX 2019

 

 

Toute l’équipe de

LA LORRAINE ROYALISTE

vous souhaite 

Une bonne et heureuse année 2019

( 31 décembre, 2018 )

Face à la menace turque, les Kurdes demandent l’aide de l’armée syrienne

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

 

Depuis l’annonce par Donald Trump du retrait américain de Syrie, l’effervescence règne parmi les principaux acteurs du conflit. Les Turcs annoncent qu’ils vont s’occuper des « terroristes » kurdes et ces derniers, très inquiets, viennent d’appeler à l’aide l’armée syrienne. Beau renversement d’alliance !

Il est certain que le lâchage par les États-Unis de son allié kurde s’est fait dans une optique de réconciliation avec la Turquie, toujours membre de l’OTAN. Les Kurdes, ne pouvant rester seuls face à l’armée turque, beaucoup plus puissante qu’eux, avaient besoin d’un autre parapluie. Ils savent aussi qu’ils ne peuvent compter sur la France, malgré de pressants appels.

L’armée syrienne s’est, bien sûr, empressée d’accourir et elle a pu pénétrer, le 29 décembre, dans les environs de Manbij sans avoir à craindre, cette fois, une agression américaine. Elle n’est toutefois pas entrée dans Manbij même, toujours occupée par les forces spéciales américaines. C’est une nouvelle portion de territoire syrien qui revient ainsi sous la souveraineté de Damas. C’est un succès important pour Bachar el-Assad et une capitulation en rase campagne pour les Kurdes qui espéraient naïvement se tailler là un territoire indépendant sous protection américaine.

Lorsque les Turcs avaient annoncé l’attaque de l’enclave kurde d’Afrin en janvier dernier, les Syriens avaient alors proposé aux Kurdes d’en reprendre le contrôle afin de leur éviter une défaite certaine et de rendre inutile l’initiative turque. Les Kurdes, comme souvent, s’étaient obstinés dans un refus hautain alors qu’ils savaient que les Américains ne bougeraient pas. Quelques jours et quelques centaines de morts plus tard, les Kurdes évacuèrent Afrin…

L’expérience a, semble-t-il, porté et les Kurdes savent maintenant que seuls les Russes et les Syriens peuvent empêcher leur écrasement par une attaque turque.

On ne sait d’ailleurs pas très bien quelles sont les intentions précises d’Erdoğan, qui ne peut évidemment agir sans consulter la Russie. Trump lui a pourtant mis le pied à l’étrier. Dans un entretien téléphonique relaté par l’agence Reuters, le président américain a demandé à Erdoğan s’il pouvait en finir avec l’État islamique. Devant sa réponse affirmative, Trump a conclu : « Alors, faites-le. »

Ce n’est pas si simple. Les derniers réduits de Daech se situent à 250 km de là, dans des déserts entre Palmyre et l’Euphrate d’une part et, plus au sud-est, le long de la frontière irakienne. On voit mal des colonnes de blindés turcs traverser de vastes zones kurdes puis arabes à la recherche d’un ennemi camouflé et qui refuserait le combat. De surcroît, l’armée syrienne ne le tolérerait pas : si elle se réjouit grandement du retrait américain (qui, d’ailleurs, n’a toujours pas commencé), ce n’est pas pour laisser l’armée turque s’installer à sa place.

Alors, comme toujours dans la région, le dernier mot reviendra à la Russie, qui a annoncé une réunion tripartite pour début janvier. Poutine, Erdoğan et l’Iranien Rohani devront trouver un modus vivendi.

Antoine de Lacoste

( 26 décembre, 2018 )

Résurgence du Pays Réel, effondrement du Pays Légal …

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

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On l’a dit – en reprenant la vieille dialectique maurrassienne : les événements que nous venons de vivre et sans-doute encore ceux qui vont suivre, peuvent s’analyser comme une résurgence du Pays Réel que l’on croyait anéanti à tort, et, sous ses coups de boutoirs, comme un effondrement parallèle du Pays Légal, élargi à toutes les composantes du Système, aujourd’hui décréditées dans leur globalité à un point, semble-il, irréversible. 

Certes, la cible principale de la révolte c’est Emmanuel Macron et, bizarrement, comme si nous étions encore en monarchie, c’est aussi son épouse Brigitte, objet de railleries et d’insultes de tous types. Il faut, pour s’en rendre compte, avoir entendu sur le vif les cris de la rue. D’aucuns se sont rappelé que, comme les Anglais et les Russes, les Français sont au propre ou au figuré un peuple régicide… Mais les sondages montrent aussi la déconfiture généralisée des partis – hormis, il est vrai, celui de Marine Le Pen. Les grands partis traditionnels sont tous autour de 10%, voire très au-dessous. Et les syndicats, donc ! Chaque fois qu’ils ont voulu entrer dans le jeu, ils ont été récusés, toute représentativité leur étant à juste titre déniée. Ils ne font plus illusion. Il n’y a plus vraiment d’organisations ouvrières. Il en est de même des parlementaires. Les nostalgiques doivent s’y faire : le  parlementarisme classique, façon XIXe ou XXe siècle, n’est plus du tout au goût du jour. C’est un archaïsme. Les journalistes, universellement décriés, n’ont pas meilleure presse… Méfiance générale à leur endroit. Finalement, ce n’est qu’avec les forces de l’ordre que, paradoxalement, les manifestants de ces derniers samedis ont eu des moments de fraternisation …

Que peut donner une révolte populaire de type spontanéiste, sans commune substance, sauf ce qu’il lui reste d’enracinement, sans organisation, sans hiérarchie, sans conscience claire des conditions et des limites du raisonnable et du possible ? C’est une autre question. Elle est principale.

Qu’il existe toujours un peuple français enraciné, capable de « faire société »,  au moins sous forme embryonnaire, et doué d’une faculté de réaction non-négligeable, au point de faire reculer, tanguer, capituler un État puissant mais sans légitimité vraie, est une bonne nouvelle.

2432677-la-gauche-francaise-pionniere-de-la-deregulation-financiere.jpgSera-ce au point d’avoir réellement contraint – persuasion ou simple rapport de force – le président de la République à un renversement durable et complet de politique – assimilé à celui opéré par Mitterrand en 1983 -  comme le croit Éric Zemmour ? A ce dernier l’on ne peut dénier expérience, culture et flair politiques. On doute toutefois un peu lorsqu’il écrit : « Macron ne jurait que par l’Europe et le libéralisme. Depuis lundi, il s’est rabattu toute honte bue sur le national et le social.  C’est la grande victoire des gilets jaunes et de cette France périphérique qui avait été jusque-là sacrifiée à la mondialisation. C’est la grande défaite des élites qui avaient hissé Emmanuel Macron sur le pavois » Et encore : « il a été obligé de baiser la babouche de ces Gaulois réfractaires qu’il méprisait et de jeter ses armes au pied de son vainqueur. Son quinquennat est fini. En tout cas celui qu’il avait débuté triomphalement en mai 2017. » Les semaines qui viennent confirmeront-elles ou non cette analyse ? En tout cas, il est clair que ces derniers jours, le pouvoir s’en est constamment tenu aux reculades, à la repentance, aux excuses, aux concessions, aux regrets assortis d’une distribution d’espèces sonnantes et trébuchantes. En réponse aux contestataires et aux émeutiers, « Vous avez raison » a été le maître-mot du Chef de l’État et de ses ministres. En ont-ils eu réellement peur ? C’est bien possible.

Le mouvement contestataire vient de très loin et de très profond même s’il est fait d’un peu n’importe quoi et s’il ne repose sur aucune intelligence politique structurée. Est-il fait pour durer, s’amplifier, se métamorphoser ? Nous le verrons. Dans une chronique alarmiste sur Europe 1, Jean-Michel Apathie, pour une fois lucide, a montré en tremblant comment l’État ne tient plus qu’à un fil. « Et ce fil, c’est la police« . Elle-même en colère et susceptible de retournement. Dans un entretien de haute volée avec Mathieu Bock-Côté, Alain Finkielkraut signale de son côté que le gouvernement français craint un embrasement des banlieues !

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Emmanuel Todd, enfin, avance une analyse fine, subtile et profonde, à l’encontre d’Emmanuel Macron : son image hier charismatique et forte, s’est transmuée en celle d’un enfant. C’est désormais sous les traits d’un enfant que les Français l’envisagent. L’autorité ayant toujours plus ou moins la figure du père, Emmanuel Macron en a perdu l’apparence et sans doute la réalité. Irrémédiable déchéance ! Décidément, la coupe est pleine. De quoi demain sera-t-il fait ? Mais, en tout temps, les « remises en cause » sont suivies d’une remise en ordre.

Vers quel type de remise en ordre, au bout du compte, cela peut-il conduire ? C’est, pour l’instant, la grande inconnue. Les nécessités françaises oscillent entre ces deux impératifs. Un peuple et un Etat.

Il n’y aurait plus de nation française sans un Pays Réel minimum. Mais pas de France non plus sans ordre politique et social, sans autorité reconnue, sans un État rétabli, sans une action politique volontariste et nationale,  en bref, sans une incarnation agissante du Bien Commun.

Sans-doute, dans cet esprit, comme de nombreux Français le pensent, une période « autoritaire » transitoire de reconstruction du pays serait-elle nécessaire pour affronter la situation présente. A terme, le recours au Prince, le retour au principe dynastique,  demeure la  solution optimale

( 25 décembre, 2018 )

Les souhaits de Noël du Prince Jean de France

 

 

24 décembre 2018

À quelques heures des festivités, je vous souhaite à chacun un très joyeux Noël.

Que le petit Enfant, dont nous célébrons la venue au monde, nous apporte la Paix et le Joie malgré ces temps difficiles.

Je prie particulièrement pour tous ceux qui souffrent et qui veulent être entendus.

Restons dans l’Espérance ! 

Le prince Jean de France
(Page Facebook officielle)
( 23 décembre, 2018 )

Trump annonce le retrait américain de Syrie… et, cette fois, ça semble sérieux !

 

Lu sur Boulevard Voltaire

 

Cette fois, ça a l’air sérieux. Donald Trump avait annoncé, pendant sa campagne électorale, que les États-Unis se retireraient de Syrie. Il l’avait ensuite confirmé mais rien ne s’était passé.

Et puis, après l’attaque chimique de Khan Cheikhoun, en avril 2017, imputée sans aucune preuve à l’armée syrienne, un revirement semblait s’être produit. Trump avait ordonné un bombardement de représailles en insultant allègrement Bachar el-Assad. Les faucons de la Maison-Blanche reprenaient du poil de la bête et semblaient convaincus d’avoir fait changer d’avis leur président. Le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, annonçait encore récemment que les États-Unis ne partiraient pas tant que l’Iran serait présent en Syrie.

Autant dire que le tweet de Trump en a surpris plus d’un. Le secrétaire à la Défense, James Mattis, un faucon, n’a pas supporté d’être ainsi désavoué et a annoncé sa démission. La Maison-Blanche est donc en pleine tempête, mais elle a l’habitude.

Bien sûr, un revirement est toujours possible avec ce président sanguin et versatile. Mais la démission de Mattis est tout de même un symbole fort, même si les désaccords étaient nombreux entre les deux hommes.

Au-delà de la promesse électorale tenue concernant une guerre qui n’intéresse pas les Américains, quelle peut être la motivation de Trump ?

Car le retrait de ses troupes est une trahison de son allié kurde qui constituait son infanterie contre Daech. De plus, il mécontente Israël et réjouit ses ennemis du moment : la Russie, et surtout l’Iran.

Afin de comprendre, il faut se tourner vers la Turquie. Pour Erdoğan (mais ce serait la même chose pour tout dirigeant turc), l’ennemi, c’est le Kurde. L’alliance américano-kurde l’exaspérait donc. La Russie lui faisait les yeux doux malgré leur fort antagonisme du début de la guerre, et l’achat de missiles russes se profilait à l’horizon. Pour un membre de l’OTAN, cela faisait désordre.

Trump était donc confronté à cette alternative : continuer d’occuper un tiers de la Syrie avec 2.000 hommes et ses auxiliaires kurdes en creusant l’antagonisme avec Ankara ou lâcher son allié et tenter une réconciliation avec la Turquie. Ce n’est, d’ailleurs, pas gagné car Erdoğan reste persuadé que les Américains sont derrière la tentative de coup d’État qui a failli le renverser en juillet 2016.

Trump a donc choisi (s’il va jusqu’au bout) et les conséquences vont être importantes en Syrie. Les Turcs vont probablement attaquer les Kurdes dans le nord et, en échange, l’armée syrienne aura le droit de reconquérir une partie de la province d’Idleb, tout cela sous contrôle et accord de la Russie qui n’en demandait pas tant.

Pour justifier sa décision, Trump a indiqué que le travail était accompli et que Daech était vaincu. Le problème, c’est que ce n’est pas tout à fait vrai. Bien sûr, il n’en reste plus grand-chose, et sans doute moins de 5.000 hommes sont en état de se battre actuellement en Syrie. Ce n’est pas avec ça que l’on peut reconquérir grand-chose. Mais ces hommes sont toujours là et le fait que leur chef soit toujours vivant montre une capacité de résistance incontestable. Pour les Américains, qui avaient tenu à distance Russes et Syriens sur ce front, c’est, en fait, un échec.

Daech est très affaibli mais l’islamisme sunnite n’est pas près de s’éteindre.

Malgré cela, les Américains ont mis un tel chaos au Proche-Orient qu’un retrait de leur part est tout de même une excellente nouvelle, au moins pour la Syrie.

Antoine de Lacoste

( 22 décembre, 2018 )

Joyeux Noël

 

 

En ces périodes troublées,

toute l’équipe de

LA LORRAINE ROYALISTE

Vous souhaite de passer

une bonne et heureuse

Fête de la Nativité

( 22 décembre, 2018 )

Editorial du n° 349 de LA LORRAINE ROYALISTE

 

11 Novembre 2018. Il y a 100 ans, l’armistice était signé entre l’Allemagne et les alliés à Rethondes. La guerre était finie. Les armées alliées, la française en étant la principale par le nombre et l’organisation, avaient vaincues. Pourtant, la victoire n’était pas totale, le territoire de l’empire allemand n’étant pas touché. Il aurait fallu, comme le voulaient, en particulier, les généraux Pétain, Franchet d’Espérey et de Castelnau – certainement trois des meilleurs de la guerre – lancer l’offensive prévue à l’est et sur le Danube. Nous ne refaisons pas l’histoire, mais cela aurait peut-être changé les termes de la mauvaise paix qui suivit.

Ce 11 novembre, le Président Macron a réuni chefs d’Etat et de gouvernement à Paris non pour célébrer la victoire mais la paix. Pas question de rendre hommage aux soldats français – et alliés – ni à ceux qui les commandaient. D’ailleurs, cela n’aurait pas fait plaisir à Angela Merkel qui semble avoir « supervisé » la cérémonie ! « Veut-on, écrit Bertrand Renouvin dans « Royaliste », marquer notre soumission à Berlin ? ». Hélas, nous en sommes bien là.

D’autres questions se posent : comment a-t-il pu faire chanter durant la cérémonie une mauvaise chanteuse dont le seul tire de gloire est d’avoir fait des interventions contre le président américain. Bêtise ou provocation ? Donald Trump l’a très mal pris et il avait raison. Comment ne pas s’offusquer aussi de voir le président Serbe relégué sur une estrade annexe, lui qui représentait le pays qui, proportionnellement, eut le plus de victimes durant la guerre et participa largement à la victoire ? Ceci alors même qu’il était mis à une place d’honneur le chef du pseudo état Kosovo, « pays » – il devra redevenir une province serbe –  islamiste, mafieux, persécutant les chrétiens. Cette cérémonie fut une honte pour la France.

Et que dire de ce rassemblement pour la Paix qui suivit ? Notre président aime que l’on rappelle les années 30. Il devrait savoir que c’est à cause des discours et des actions pacifistes semblables aux siennes, du calamiteux Aristide Briand en particulier, que l’on doit le désastre de la seconde guerre mondiale. C’est en effet parce que, au nom de la Paix, nous avons abandonné les quelques avantages que nous avions obtenus face à l’Allemagne et que nos gouvernants ont refusé d’agir quand il en était encore temps contre l’Allemagne qui réarmait – comme le réclamait l’Action Française – qu’Hitler à  pu nous vaincre. Va-t-on recommencer avec Macron ce type de politique suicidaire ? Notre soumission à l’Allemagne et à la finance internationale est de plus en plus flagrante et il n’a pas l’excuse d’avoir une armée étrangère occupant notre territoire !

Notre président semble vivre dans un monde irréel, formaté par une idéologie mondialiste, voulant ignorer l’histoire de notre pays, comme de ceux qui l’habitent actuellement. Méprisant publiquement la France et les Français. Nous le voyons aussi avec la crise dite des « gilets jaunes ». Visiblement, il ne comprend pas qu’une partie de plus en plus grande de nos concitoyens qui travaillent ont de plus en plus de mal à vivre, à « boucler » leur fin de mois. Soyons juste, il paye une politique – mais il la poursuit – qui est en place depuis Giscard : augmentation continuelle des prélèvements pour alimenter un Etat de plus en plus dépensier, accumulant les dettes. Pourtant, il est de plus en plus inefficace concernant ses devoirs régaliens (défense, justice en particulier). Où passe l’argent ? C’est la question qui est sur toutes les lèvres… car comment comprendre que les Français sont de plus en plus taxés mais ont de moins en moins de services publics ? Il est certain que l’augmentation des taxes sur les carburants n’a été que la « goutte d’eau qui a fait déborder le vase ». Il faut la supprimer surtout que cela ne sert à rien sinon à renflouer un peu les caisses de l’Etat. L’excuse écologique est sans valeur : la pollution par les voitures, si elle existe, ne représente qu’une infime partie des problèmes et elle ne diminuera pas en augmentant les taxes, la plupart des Français ne pouvant se déplacer autrement, ne serait-ce que pour travailler. Le plus grand pollueur est le transport des marchandises par cargos géants et un peu par avions. C’est lui qu’il faudrait diminuer en favorisant systématiquement les productions locales. Pour le réaliser : taxer les produits en fonction du chemin parcouru pour arriver chez le consommateur. Voilà une solution qui serait efficace et favoriserait  nos produits, donc l’emploi. Evidemment, cela diminuerait le commerce international et donc les profits colossaux qui y sont liés. Raison pour laquelle il n’en est pas question. Mais preuve aussi que nos gouvernants n’ont en réalité rien à faire de l’écologie qui n’est qu’une excuse pour taxer et favoriser les groupes financiers qui investissent dans des solutions dites alternatives et souvent totalement inopérante, voire contre productive comme les éoliennes.

Que va faire le gouvernement ? Proposer une aide à certains salariés pour leurs déplacements ? C’est idiot de vouloir compenser des hausses de taxes par des aides, cela fait des dépenses supplémentaires pour les distribuer sans rien régler. Il faut permettre aux familles de vivre de leur travail et donc diminuer les charges, cela soulagera les Français et pourra relancer la croissance.

Maintenant, si rien de sérieux n’est fait, la crise continuera car le mécontentement est grand, même si nous assisterons peut-être à une diminution durant les fêtes de fin d’année. Attention aussi à la tentation de vouloir pousser les Français les uns contre les autres en mentant sur les chiffre des manifestants, en exagérant les dommages, voire en les favorisant. Tout cela, il semble bien que le gouvernement le fasse déjà et s’est dangereux mais il est vrai que c’est bien dans la tradition républicaine !

En fait, notre gouvernement ne peut pas grand chose, pris entre les exigences de l’Europe, des multinationales et de son idéologie technocratique et mondialiste. Plus que le gouvernement, c’est le système lui-même qui est sclérosé mais il se défend bien. Nous pouvons même penser que Macon étant déjà usé, il est cherché un autre personnage pour prendre sa suite et qui sera imposé « démocratiquement ». Il est sans doute déjà trouvé et j’ai quelques soupçons sur son identité…

Il faut sortir de ce système et faire savoir aux Français que c’est la république qui est mauvaise car elle ne permet pas un gouvernement indépendant des partis travaillant avant tout pour la population de notre pays. L’alliance du peuple et du Roi contre les féodaux, c’est ce qui a fait la grandeur de notre monarchie royale et s’est ce qui doit permettre la restauration de notre pays.

Philippe SCHNEIDER

( 20 décembre, 2018 )

Ce Système dont nous ne voulons plus…

 

Lu sur le blog de Jean-Philippe Chauvin

 

En juin 1980, le journal Royaliste titrait, sur fond de Marianne vacillante : « Qui croit encore au système ? » : nous étions en pleine Giscardie, et les contestations restaient vives, dans le même temps que les Gauches s’apprêtaient à accéder au pouvoir, pour la première fois sous la Cinquième République, et soufflaient constamment sur les braises, s’enivrant de grands mots et de slogans qui se voulaient encore « révolutionnaires ». Les royalistes n’étaient pas les derniers à contester la présidence de « Foutriquet », selon le mot du philosophe Pierre Boutang, et à prôner un changement de tête, en attendant et en préparant un changement dans les institutions, certains en approfondissant celles de la Cinquième, « de la monarchie élective à la monarchie héréditaire et arbitrale » et d’autres, plus rudement, en renversant l’ordre centraliste, « de la République jacobine à la Royauté fédérale des peuples de France ». Mais tous pouvaient se reconnaître dans le titre de Royaliste, et, près de quarante ans après (ces fameux « quarante ans » que les Gilets jaunes évoquent comme un véritable mantra), après ces quatre décennies sans doute perdues pour la France (sauf peut-être sur la question de la décentralisation, avec les lois de 1982 et de 2004), ce titre paraît tout à fait adapté à la situation !

 

Ce Système dont nous ne voulons plus... dans actualités drapeau-breton-colre

 

Bien sûr, il paraît nécessaire de définir ce que l’on peut nommer « système » pour éviter tout malentendu et toute illusion, et ne pas se tromper ni de cible ni d’enjeu. Le « système », c’est d’abord un état d’esprit libéral (au sens le plus extrême du terme) mis en pratique par le jeu d’institutions de moins en moins politiques et de plus asservies par les féodalités financières et économiques, de la République à l’Union européenne, et c’est surtout l’imposition d’une « gouvernance mondialisée » symbolisée et représentée par le pouvoir de grandes villes-monde ou d’immenses zones métropolisées qui n’ont plus guère de rapports avec les pays et les populations historiques sur lesquelles elles vivent, souvent à leur dépens, comme du temps de la romanisation antique. Le système, c’est ce carcan de la démocratie dite représentative de plus en plus lointaine pour ceux qu’elle prétend représenter sans leur laisser le droit à la libre parole, et qui est aux mains de partis et de notables de moins en moins représentatifs des réalités sociales de notre pays ; c’est ce que l’on pourrait nommer « le pays légal », celui des élus, des parlementaires (qualifiés souvent de « parlementeurs », comme en février 1934 ou dans les années 1950, avant le retour du général de Gaulle) et des ministres, mais aussi des syndicats, des médias ou des artistes de la société du spectacle, vitrine de la société de consommation.

Au regard des derniers événements, l’on peut aisément constater que ce système, qui porte aujourd’hui le nom « synthétique » de « République » et qui a peu à voir avec le sens premier de ce mot, la « Res publica » (la chose publique, ou la communauté publique, de la Cité), se défend bien à défaut de bien gouverner : la célèbre formule d’Anatole France, l’auteur du conte si peu républicain « L’île des pingouins », reste actuelle, et les méthodes du Sinistre de l’Intérieur, M. Castaner, démontrent à l’envi ces procédés de « basse police » qui vont si bien à ce système qui, à défaut d’être bien aimé, entend forcer les citoyens à l’accepter sans contester. Les diverses limitations de la liberté d’expression, les censures insidieuses ou les manipulations nombreuses, sans oublier les nouveaux moyens de la répression courante, des charges en moto (que j’avais, un des premiers, évoqué dans mon témoignage sur les événements parisiens du samedi 1er décembre) aux blocages de bus de manifestants bien en amont de Paris, de l’usage (inédit en ville depuis 2005) des blindés frappés de l’écusson de l’Union européenne (tout un symbole !) aux jets inconsidérés de gaz lacrymogène sur des manifestants un peu trop joyeux (comme place de l’Opéra samedi 15 décembre), sans oublier les projets ministériels et gouvernementaux de limitation légale du droit de manifester, tout cela marque une radicalisation d’un Système aux abois, furieux de s’être laissé bousculer par des « manants en gilets jaunes », sortis des profondeurs d’un « pays réel » négligé, voire oublié des « élites » (sic) tout d’un coup empêchées de « mondialiser en rond », selon l’heureuse expression d’un commentateur radiophonique…

En d’autres temps, Jean de La Varende, écrivain enraciné de Normandie, avait réhabilité le sens du mot « manant », en rappelant sa véritable et historique signification : « des manants, le beau mot qui réunissait gentilshommes et terriens… de maneo : je reste, je persévère et j’attends. Les autres pouvaient fuir ; pouvaient courir où l’on se divertit : à eux, les manants, de continuer, d’assurer. »

 

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Alors, oui, en nous souvenant d’où nous venons et qui nous sommes, il nous est possible et fort légitime de revendiquer, face à un système féodal-libéral inquiet de ne plus être « la seule alternative » chère à Margaret Thatcher, d’être « les manants du roi », non pour détruire ce qui s’effondre, mais pour fonder un nouveau pacte social et politiquement royal, à l’écoute et au service de tous, cette alliance de l’Autorité nécessaire au sommet et des libertés garanties à la base, cette nouvelle arche française prête à affronter les tempêtes de ce « monde global » et de son « globalitarisme » néfaste pour les hommes comme pour la planète toute entière : pour ramener les Fouquet contemporains à la raison, il nous faut un « Louis XIV institutionnel », non un tyran mais un roi « protecteur des hommes et défenseur de la paix ».

La Monarchie n’a pas de sceptre magique, mais elle est la meilleure arme contre les spectres d’une mondialisation devenue folle d’avoir toujours eu tort…

Jean-Philippe CHAUVIN

( 18 décembre, 2018 )

Editorial de POLITIQUE MAGAZINE n° 175 de décembre 2018

LE PRINCE DES NUÉES

 

La présidence d’Emmanuel Macron a commencé dans les épais nuages d’un encens si généreusement distribué qu’on ne distinguait pas la route qu’il traçait. Ses troupes, galvanisées par un projet si brillant qu’il les aveuglait,marchaient en masse dans toutes les directions montrées « en même temps ». Depuis quelques semaines, la présidence d’Emmanuel Macron baigne dans les fumées des barricades de pneus flambants, des préfectures incendiées et des gaz incapacitants. Les fumigènes ont remplacé les encensoirs.Ces fumées plus palpables ne rendent pas l’avenir plus certain : Macron-Jupiter, réfugié dans son olympe élyséen, ou jouant à saute-mouton autour de la planète, reste inaccessible, chef qu’on serait bien en peine de venir chercher, comme il le réclamait naguère.

Désormais se dressent, entre le peuple et lui, plusieurs obstacles, glacis et autres ouvrages défensifs : ceux du langage, mur du mépris des petites phrases qui assassinent et fossé des mesures technocratiques incompréhensibles ; ses ministres et porte-paroles, aussi méprisants, aussi abscons, et en plus ne répugnant pas au mensonge,tout en votant des lois contre les infox, comme Philippe parlant d’une hausse de 3% du Smic net, Darmanin évoquant de mirifiques augmentations mensuelles (avant que son ministère ne modifie son communiqué triomphant), Castaner accusant les blocages des Gilets jaunes d’avoir fait périr, à Angoulême, une octogénaire en fait déjà décédée avant même que l’ambulance ne parte – et nous pourrions allonger la liste à loisir ; ses députés,qui ânonnent qu’ils ont manqué de pédagogie – le peuple est si bête ! – alors qu’ils refusent de voir ce qui crève les yeux : ceux qui manifestent sont ceux que la sacro-sainte croissance a en fait ruinés ; sa politique européenne et mondialiste, enfin, qui inquiète tous les Français et ne convainc aucun Européen : il n’a jamais rien obtenu de ses “partenaires”,ni sur les travailleurs détachés, ni sur les transporteurs routiers, ni sur la taxation des Gafa,ni sur le budget européen, ni même sur la défense européenne, qu’il ne fait avancer qu’en proposant de céder notre place à l’Allemagne,piquante conclusion de son « itinérance mémorielle» ; le Pacte pour l’immigration est la dernière barrière en date dressée par ses propres soins, incompréhensible quand on voit la manière dont la société française est fracturée.On croirait la tour de Babel peinte par Breughel,entassant enceintes sur enceintes, inachevée et en partie déjà ruinée. Ses entrailles sont un labyrinthe,son sommet se perd dans les cieux : Macron y siège,prince des nuées. Voilà un président français qui s’acharne, après quarante ans de destruction minutieuse de la souveraineté et de l’identité française, à abattre ce qui résiste encore sous prétexte de le sauver,et qui s’énerve qu’on ne le salue pas en sauveur.Les pauvres ne comprennent pas qu’ils doivent s’appauvrir encore ? Quels réfractaires ! Les patriotes ne saisissent pas en quoi l’Autre est si merveilleux que la France doive disparaître ? Bande de lépreux !Les vieux partis ont tous failli, LaREM est en train de trahir, et les citoyens manifestent ? Quels séditieux! « À moi la disruption, je suis le seul qui puisse rompre avec les usages et maîtriser les horloges, et j’exige le respect, la soumission, la crainte et le tremblement! » Si assuré de son droit qu’il s’affranchit de la loi et décide de rendre au Bénin des œuvres pourtant inaliénables…

Mais les Français sont démocrates, ne comprennent pas qu’on les méprise puisqu’ils sont le peuple, censé avoir délégué son autorité et non pas avoir abdiqué toute volonté. Mais les Français ne sont pas européens, ils sont de leurs villages et de leurs régions (c’est-à-dire Angevins ou Provençaux, Bourguignons ou Normands), ils veulent que leur travail les nourrisse et constitue un capital à transmettre,ils veulent payer l’impôt non pas pour bâtir de chimériques univers numériques ou verser avec une générosité déréglée des sommes dont les Français ont besoin ; ils veulent des transports publics nombreux, des écoles et des maternités. Ils veulent que les “territoires”, ce nom mystérieux qui désigne presque des contrées sauvages, ne soient pas gérés depuis Paris par des technocrates qui ignorent les réalités diverses et dressent, eux, une barrière financière devant toutes choses.

Donc, les Français crient : les maires interpellent, les présidents de région aussi, et toute la masse de ceux qui ne se sentent pas représentés et doutent de la légitimité de leur chef. Leur clameur finira-t-elle par secouer Jupiter-Macron et le tirer de son rêve éveillé, là-haut ?

 

Philippe Mesnard

 

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