( 18 août, 2018 )

L’Europe a-t-elle raté la paix en 1917 ?

 

Lu sur le site de « La France Catholique ».

 

Les propos sont recueillis par Joël Broquet

 

Pourquoi organisez-vous le 2 octobre prochain un colloque intitulé » L’Europe a-t-elle ratée la paix en 1917 ? Est-ce du à l’échec des négociations secrètes entre la France et l’Autriche. Sur quoi ont-elles butés.

Joël Broquet : Ce colloque, qui se tiendra au siège de l’Institut Culturel Hongrois de Paris bénéficie du parrainage du Figaro Histoire et de « Vivre Ensemble ! » et est organisé par plusieurs associations dont la Ligue des Droits du Religieux Ancien Combattants (DRAC), l’Institut de l’Histoire des Monarchies, La Fédération, le Carrefour des Acteurs sociaux.

Henri Peter : Les négociations de l’Empereur Charles d’Autriche pour sortir de l’impasse sont les plus connues, mais elles ne sont pas les seules, elles s’insèrent dans de nombreuses tentatives, venant aussi d’Allemagne en particulier Nous allons toutes (presque toutes ) les examiner. Par exemple, celle du député catholique allemand du Zentrum Erzberger dont on ne parle presque jamais ou de Lanken Des historiens de plusieurs pays tenteront de nous éclairer à ce sujet.

Peut-on mettre cette volonté de paix au crédit de l’Empereur Charles ? Est-ce justifié

Incontestablement Charles était sincère et il était aussi portée par sa foi avec Zita. Malheureusement il a été trop isolé dans son pays, otage aussi de son alliance avec l’Allemagne., qui s’est montré trop hésitante pour s’engager Il est sûr aussi que les pays de l’Entente n’ont pas fait grand chose pour l’encourager, suite à leur alliance avec l’Italie. Il y a eu chez beaucoup de responsables une évidente mauvaise volonté. On peut presque parler de sabotage de ses interlocuteurs , Briand excepté. Peut être aussi que Charles n’était pas assez armé et préparé à ce rôle pour imposer sa volonté à ses Ministres.

On parle peu de la France du rôle joué dans ces tentatives par le pape Benoit XV ? Pourquoi. Son rôle mérite-il d’être réévalué ?

Là est tout le problème et c’est peut être une des raisons essentielle de ce colloque qui se veut novateur sur ce point là : à ma connaissance l’’historiographie, du moins en France, a délibérément ignoré ou occulté les tentatives de Benoit XV pour arrêter ce conflit, véritable guerre civile européenne selon Lyautey et on peut parler quand même de ses avertissements prophétiques En 1915 le pape précise-t-il pas que les nations ne meurent pas, « car si elles sont humiliées et oppressées, elles transmettent de générations en générations un triste héritage de haine et violence ».

Mais lors de son plan de paix en 1917 les catholiques, en particulier en France, otages de l’Union Sacrée ont eu bien du mal à s’élever à son niveau, épiscopat compris. Chacun d’un coté ou de l’autre était persuadé de son bon droit. (En France curieusement, c’est Maurras malgré sa germanophobie qui osera parler du pape comme « Berger des peuples » et non comme partie prenante au conflit).

A ce colloque doit venir l’après-midi François Latour, aussi Nathalie Renoton-Beine, une grande spécialiste de cette question, qui a publié un ouvrage très complet au Cerf, La Colombe et les tranchées, qui étudie à l’aide d’archives avec une grande précision l’action inlassable de Benoit XV, aidé de Pacelli. Le but de ce colloque, où il aura des tables rondes et où ensuite le public pourra s’exprimer, est d’explorer des thèmes encore actuels et de permettre à chacun d’y réfléchir. Il se terminera par un court extrait de « la Grande illusion » le film de Jean Renoir, qui à sa manière, permet aussi de déchiffrer l’histoire.

Inscription : accueuil@instituthongrois.fr :

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