( 31 août, 2018 )

La démission de Nicolas Hulot une catastrophe nationale ? Faut rire !

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

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On le sait : la démission de Nicolas Hulot a été pour ainsi dire latente, continûment, du premier au dernier jour d’exercice de ses fonctions ministérielles.

Il ne fait aucun doute que le président de la République le savait, l’acceptait, comme prix du coup de com’ qu’avait été l’entrée d’Hulot au Gouvernement.  Le Gouvernement et les journalistes le savaient aussi. C’était l’épée de Damoclès de Nicolas Hulot. Elle est tombée mardi matin.

Sa démission a été théâtralement annoncée et présentée comme une catastrophe nationale â un pays qui en risque de si graves et de si sérieuses ! Elle n’était qu’un acte de goujaterie. On ne craint ni la ridicule dramatisation de l’insignifiance, ni de prendre la dite insignifiance pour un événement considérable. Il ne l’est en rien, de la plus expresse évidence.

Journaliste, homme de spectacle et de télévision – comme Donald Trump – il feint de prendre sa décision en direct sur France Inter, chaîne de ses débuts, temple de toutes les formes de la cléricature et du militantisme médiatique gauchards. Au mépris de tous les usages, de tous les protocoles, de l’État qu’il a prétendu servir, de la fonction présidentielle, qu’il dit respecter et dont il se fiche, etc. Comme de la pure et simple courtoisie. Nicolas Hulot s’estime au-dessus de ces contingences. Il signe son mépris du Politique et en manifeste la déchéance. D’ailleurs, Emmanuel Macron fera son éloge à Copenhague deux jours plus tard …

Que dire de Nicolas Hulot ? Pas grand-chose qui ait rapport avec les intérêts de la France, sinon qu’il faut toujours se méfier des saintes-nitouches, de ceux à qui l’on donnerait le Bon Dieu sans confession. Ils ont souvent à confesser de bien plus lourds péchés que le commun des mortels.  Le monde médiatique – dont il est une créature – n’a cessé d’encenser Nicolas Hulot. Il a fait sa popularité, dont on sait qu’il a tiré beaucoup d’argent. Pour Nicolas Hulot, deuxième ministre le plus riche du Gouvernement, l’écologie militante semble avoir été d’abord une affaire de rapport. Nous nous garderons de le juger. Mais d’autres le font : son patrimoine déclaré (7,5 millions d’euros), ses neuf véhicules à moteur (six voitures, deux scooters, un bateau), ses nombreux déplacements en hélicoptère, ont fait jaser. Claude Allègre, vrai scientifique et malheureux ministre, le traitait d’escroc. Pascale Mitterrand, la petite-fille du défunt président, l’accuse de l’avoir violée. Les petits-saints aux mains pures ne sont pas toujours tout blancs. Passons.

Reste une question que nous poserons sans la traiter car il y faudrait au minimum un autre article : faut-il un ministère de l’écologie, avec le risque que cette dernière ne soit qu’idéologie utopique et abstraite, pur concept, démagogie obligée, coup de com’ permanent ? Ne vaudrait-il pas mieux que des cellules en charge des réels aspects écologiques des dossiers soient constituées au sein des ministères où se décident des choses concrètes : Agriculture et alimentation, Industrie, Transports, Santé,  « Territoires » … etc. ?

Nous sommes aussi sensibles que tout un chacun aux beautés de la nature, à la qualité de la vie et des créations humaines, à l’avenir de la planète… Nous refusons en revanche que ce souci fondamentalement légitime soit transmué en idéologie utopique, en soutien à la marginalité de certains, et, en fin de compte, en démagogie, spectacle, enjeu électoral, et tout ce qui s’ensuit.

Nicolas Hulot était archétypique de cette écologie-là. On ne nous fera pas prendre sa démission pour une catastrophe nationale.

( 30 août, 2018 )

Propos d’Emmanuel Macron : si cela avait été de l’humour…

 

Communiqué de l’AGRIF

C’est très bien vu et très juste

 

Constatant ce que son inepte propos sur le peuple français campé comme « le peuple gaulois réfractaire au changement », a déclenché de protestations, Emmanuel Macron a tenté de le rattraper en invoquant de l’humour.

Cela est piteux car ses paroles désormais soi-disant humoristiques sur « le Gaulois » ne peuvent être dissociées de ses mots simultanément en contraste sur le peuple danois, « luthérien ». Ou alors il aurait dû affirmer aussi aujourd’hui que ses considérations formulées dans la même phrase sur la spécificité gauloise du Français réfractaire au changement et celle sur la spécificité du Danois apte au changement parce que « luthérien »ne peuvent être évidemment dissociées. Aurait-il fait « en même temps » de l’humour en parlant du Gaulois et pas d’humour en parlant du Danois luthérien ?

Macron s’enfonce.

La vérité, c’est qu’il s’est laissé aller à des considérations non seulement d’un accablant simplisme réducteur mais totalement absurdes et dénuées d’humour.

On peut donc lui objecter d’une part, que depuis Jules César, les Français ne furent pas uniquement des Gaulois mais des gallo-romains ; ensuite que par le fait des affluents se fondant dans le grand fleuve gallo-romain, depuis plus d’un millénaire  s’est façonné le peuple français pas particulièrement réfractaire au changement, c’est le moins qu’on puisse dire. Et cela est souvent mis sur le compte de la persistance d’une humeur gauloise changeante et batailleuse !

On demeure ensuite ébahi de voir mettre au compte de son christianisme luthérien l’aptitude qui, selon Macron, serait celle du peuple danois. Les historiens insistent d’ordinaire plus volontiers sur la stabilité des peuples du nord de l’Europe que les révolutions n’ont guère secoués depuis des siècles.

Mais ayant dit ce qui précède sur le Danois « luthérien » et le Français « gaulois », Emmanuel Macron émet ensuite l’étrange assertion suivante : « le vrai Danois n’existe pas, il est européen. C’est vrai aussi pour les Français ». Prétendrait-il encore, avec ces mots, avoir continué dans le registre de l’humour ?

En quelques phrases il a en réalité commis sans le moindre humour le tour de force d’un jugement (débile) sur les caractéristiques respectives des Danois et des Français aussitôt suivi de l’affirmation qu’il n’existe ni « vrai Danois » ni « vrai Français ». Sans évidemment pouvoir expliciter ce qu’il entend par « vrai Danois » et « vrai Français » puisque… ils n’existent pas ! De l’humour encore ?

On le voit, assurément, en réalité  Emmanuel Macron devient de plus en plus souvent incohérent.

On pourra certes penser que la démission de ce sale gaulois de Hulot l’aura fait durement enrager.et ce, alors que ses séjours au fort de Brégançon l’avaient peut-être un peu apaisé après les tumultes occasionnés par l’affaire Ben Allah.

Des c… de Ben Allah au sale coup de Hulot, trop c’est trop !

Comment ne pas comprendre alors que, trépignant sans doute de rage intérieure, notre toujours président de la République ait pu une fois encore proférer de ces propos nihilistes dont il est coutumier (la culture française qui n’existe pas, la politique africaine qui n’existe pas…).

Les « vrais Danois » et « vrais Français » qui n’existent donc pas sont donc selon lui des Européens. Mais Macron n’a pas dit ce qu’est un Européen ! Difficile en effet puisqu’on ne saurait le définir par la race… qui désormais n’existe pas, ni par sa culture nationale, qui n’existe pas !

Mais ouf, Macron a trouvé : à bien l’entendre dans sa fulmination rageuse antipopuliste, être européen, c’est être contre Matteo Salvini, c’est être contre Viktor Orban ! L’embêtant, c’est que ces deux-là, ils existent et d’autres encore comme eux – en Pologne, en Tchéquie et ailleurs.

Au fait, qu’est-ce donc que le vrai Macron ? Et en quoi existe-t-il ?

Hélas, ne peut-on pas constater que, niant l’identité culturelle de nos peuples, poursuivant la politique libérale-socialiste de déconstruction familiale et humaine, ne mettant rien en œuvre de sérieux face aux méfaits de l’immigrationnisme, il poursuit lui aussi l’entreprise que l’on peut qualifier, comme nous l’avons fait, de « génocide français ». Selon la définition parfaite établie au siècle dernier par le grand magistrat juif polonais Raphaël Lemkin : « Tout plan méthodiquement coordonné pour détruire la vie et la culture d’un peuple et menacer son unité biologique et spirituelle ».

C’est pour dire « stop au génocide français », à la tsunamigration, à l’islamisation, à la culture de mort, que l’AGRIF vous convie à la grande Journée d’Amitié Française le samedi 29 septembre à Paris, au Palais de la Mutualité, de 10 heures à 18 heures.

Bernard Antony

( 28 août, 2018 )

Une nouvelle manipulation chimique se prépare-t-elle en Syrie ?

 

Lu sur « boulevard Voltaire« .

Va-t-on assister à une nouvelle provocation américano-anglaise que Macron suivrait .

 

C’est John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, qui a lancé l’affaire mercredi : « Si le régime syrien emploie des armes chimiques, nous réagirons très fortement et ils feraient bien de réfléchir un bon moment avant une quelconque décision. » Bolton évoque ainsi la prochaine bataille qui sera menée par l’armée syrienne : la reconquête de la province d’Idleb, la dernière tenue par les islamistes.

Cette déclaration est inquiétante car ce type d’avertissement est à géométrie très variable : les Américains n’ont jamais évoqué cela lors des reconquêtes de Der ez-Zor, où l’armée syrienne avait Daech en face d’elle, ou de Deraa, où ils avaient donné leur feu vert aux Russes et abandonné leurs alliés islamistes. Ils s’étaient contentés de demander aux Israéliens l’exfiltration des Casques blancs, ces secouristes très islamistes que l’Occident encense, finance et manipule. Russes et Syriens avaient observé cette évacuation, sans intervenir bien sûr, car il y avait un accord.

Tout a été différent lors de la bataille de la Ghouta. Cette reconquête de 15.000 kilomètres carrés de la banlieue de Damas n’avait pas le feu vert américain : Daech n’était présent que dans le camp de Yarmouk. La plus grande partie était tenue par d’autres groupes islamistes dont certains avaient été soutenus par les Américains ; de nombreux Casques blancs étaient présents également. Surtout, cette bataille était décisive : après la reconquête d’Alep l’année précédente, celle de la Ghouta marquerait un tournant, définitif cette fois, de la victoire de l’armée syrienne et du succès de l’intervention russe.

Les Américains avaient tenté de dissuader les Russes de mener cet assaut, en vain. Et à deux jours de la chute du dernier quartier de la Ghouta, à Douma, l’armée syrienne fut accusée d’attaque chimique et les Casques blancs firent circuler photos et vidéos d’enfants avec des masques à oxygène… En outre, Trump et Macron affirmaient détenir des preuves de la culpabilité syrienne mais personne ne les a jamais vues. Plusieurs frappes eurent lieu, on s’en souvient.

Se pourrait-il qu’une nouvelle manipulation ait lieu si l’armée syrienne lance l’assaut contre Idleb ? Sentant la menace, les Russes ont réagi samedi. Le porte-parole du ministère de la Défense, Igor Konachenkov, a dénoncé la préparation d’une « nouvelle provocation pour accuser le gouvernement syrien ». Il a rappelé que le groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS, pour les intimes), nouveau nom du Front al-Nosra, régnait sur 60 % de la province. Ces derniers jours, plusieurs réservoirs de chlore ont été acheminés par HTS vers la ville de Jisr al-Choghour, a affirmé Konachenkov ajoutant que les services secrets britanniques « participaient activement » à cette future manipulation.

Mais pourquoi préparer un nouveau scénario de ce type puisque le sort de la guerre est jeté ? Pour une raison stratégique essentielle. Idleb ne peut être reconquise que si Poutine et Erdoğan se mettent d’accord sur l’après : que faire des islamistes hors HTS, soutenus par les Turcs ? Et, surtout, comment administrer cette province limitrophe de la Turquie ?

Pour les Américains, qui occupent le reste du nord de la Syrie avec leurs amis kurdes, une entente russo-turque à Idleb serait une défaite diplomatique majeure entraînant inéluctablement leur départ. Alors, une bonne petite attaque chimique du méchant Assad soutenu par le méchant Poutine…

Antoine de Lacoste

( 28 août, 2018 )

Au-delà des affaires, la question institutionnelle.

 

Lu sur le blog de Jean-Philippe CHAUVIN cette analyse fort juste des « scandales » de l’été.

 

L’affaire Benalla a largement empoisonné l’été présidentiel et montré quelques failles du système de M. Macron : l’absence de relais véritablement enracinés dans le pays ; un personnel politicien et parlementaire macronien peu efficace, voire trop arrogant pour être entendu par l’opinion publique ; une communication élyséenne maladroite ; la fragilisation de l’image d’autorité du président, soupçonné d’autoritarisme et sa dégradation aux yeux des États étrangers, certains trop heureux de voir les difficultés de la magistrature suprême française occulter leurs propres faiblesses…

Il faut pourtant replacer cette affaire dans son contexte et ne pas en faire ce qu’elle n’est pas, dans une dérive qui reste une tendance lourde et facile des médias et des oppositions en régime démocratique d’opinion. L’affaire Benalla est un scandale qui touche la magistrature suprême de l’État, mais ce n’est pas, pour autant, une crise d’État comme certains ont pu le dire ou l’écrire : le régime ne va pas s’effondrer et la République n’a pas tremblé sur ses bases, qu’on le regrette ou non. En revanche, c’est bien plutôt une « crise d’état d’esprit », et, en cela, elle dépasse largement les seuls protagonistes de cette affaire : c’est aussi ce que voulait signifier le slogan popularisé par le Groupe d’Action Royaliste cet été : « Le Roi avait d’Artagnan, le Président a Benalla ! ». La comparaison entre les deux noms et les deux régimes a, d’ailleurs, fait mouche dans la rue et parmi ceux qui ont aperçu cette formule au hasard de leurs déplacements estivaux…

Un de nos interlocuteurs résumait par une autre formule (approchante) cette affaire : « Quand la Monarchie suscite le service et la fidélité, la République, elle, valorise les grands principes… et favorise les opportunistes ». Cela n’a pas empêché la Monarchie de connaître aussi des scandales et des courtisans, mais sa nature même empêchait les dérives inhérentes à la logique propre et à la pratique des institutions républicaines, et pouvait préserver l’autorité de l’État qui, non élu en sa magistrature suprême, ne dépendait pas des coteries ou des arrangements entre les plus puissants : un Nicolas Fouquet fit d’ailleurs les frais de cette politique d’indépendance de la Monarchie à l’égard des féodalités de l’Argent, et c’est d’Artagnan lui-même qui, sur ordre du roi Louis XIV, se chargea de l’arrêter au sortir d’un conseil des ministres. Cela paraît inenvisageable dans la République actuelle, et, au regard de l’histoire des cinq Républiques françaises, cela semble bien une constante depuis Danton, corrompu au plus haut point et qui, exception marquante et néanmoins sinistre, le payera de sa tête au nom d’une vertu républicaine que Robespierre incarnera dans le sang et qui fera regretter l’ancienne justice royale, plus mesurée en comparaison.

 

Au-delà des affaires, la question institutionnelle. dans actualités danton depardieu

Néanmoins, la pression de l’opinion publique ou, plutôt, celle des médias et des réseaux sociaux, se fait désormais derrière des écrans, ce qui évite à la République d’avoir à affronter des manifestations de rue comme celles, tragiques en leur terme, des mois de janvier et février 1934, initiées et emmenées par l’Action Française et ses Camelots du Roi dont plusieurs seront alors tués par une République aux abois et toujours scandaleuse. Soyons précis : les affaires actuelles, pour ce que l’on en sait et ce qu’en feuilletonne Le Canard enchaîné avec gourmandise, sont bien mineures au regard de l’affaire Stavisky, du nom de cet autre « Monsieur Alexandre », ou de celles qui concernent les multinationales de la chimie (Monsanto, Bayer), de l’agroalimentaire ou des « GAFAM » états-uniens, celles-ci privant le budget de l’État de plusieurs milliards d’euros chaque année  ! En fait, Benalla, Kohler ou Nyssen, au-delà de leurs fautes respectives et évidemment condamnables, au moins politiquement et moralement, ne sont que des leurres qui, parfois, nous empêchent de voir le plus grave et le plus inquiétant, cette main-mise des féodalités financières et économiques sur nos sociétés et sur les États politiques contemporains, ce que dénonçait, dans une scène d’anthologie, le « Président Beaufort » (Jean Gabin) devant un parlement houleux et furieux de voir sa proximité avec les milieux d’affaires ainsi mise en lumière par celui qui paraît bien le seul homme libre de l’assemblée, ce que la République parlementaire ne peut, d’ailleurs, longtemps supporter… Que dirait-il aujourd’hui !

 

gabin president dans actualités

Depuis ses origines tumultueuses, la République a un vrai problème avec l’Argent, une forme d’addiction qui est la règle quand la Monarchie, elle, cherchait et réussissait souvent à ne pas en être dépendante, aidée en cela par le principe de la transmission héréditaire : « la naissance ne s’achète pas », diront les théoriciens royalistes du XXe siècle, ce qui assure, d’office, une véritable indépendance de la magistrature suprême de l’État à travers la personne du roi qui s’est « contenté » de naître « fils de roi » et qui doit attendre l’événement le plus triste qui soit, la mort de son prédécesseur, de son propre père le plus souvent, pour monter sur le trône. Cet avantage de la Monarchie repose aussi sur une approche liée à sa tradition plus politique que financière, et à sa compréhension de la fameuse formule issue de l’Antiquité romaine : « L’Argent est un bon serviteur mais un mauvais maître ». Le général de Gaulle avait, sous son règne présidentiel, traduit la citation par « L’intendance suivra » qui remettait l’Argent à sa place, qui ne doit pas être la première, mais cela ne dura que le temps des fondateurs de la Cinquième République.

Ce qui manque à la magistrature suprême de l’État aujourd’hui en République (même cinquième et malgré de Gaulle), c’est cette indépendance véritable à l’égard des puissances d’argent et cet enracinement dans le temps et l’histoire qui permettent la fidélité à l’Auctoritas et le service désintéressé de l’État : en cela, la République, hors quelques idéalistes, hommes d’honneur ou honnêtes commis, ne peut susciter ces d’Artagnan qui, pourtant et en ces temps de mondialisation déstabilisante, seraient fort utiles à la France…

 

( 28 août, 2018 )

Abattage rituel : En finir avec cette pratique !

 

Communiqué du CNIP

 

Chaque année plusieurs milliers d’animaux sont abattus en France sans étourdissement au nom de la liberté religieuse. Si le CNIP ne remet pas en cause ce principe, nous estimons que sous couvert du respect des religions, le monde politico-médiatique, oublie bien souvent les principes de laïcité, de garantie de la santé et du respect de la loi.  Bizarrement, on entend très peu (à part quelques-unes) les associations végans et écolos sur ce sujet.

En effet, si l’étourdissement n’est pas obligatoire avant la mise à mort pour les abattages rituels, la directive européenne 93/119/CE indique, elle, que l’« on doit éviter aux animaux toute excitation, souffrance ou douleurs inutiles lors de leur transport, hébergement, immobilisation, étourdissement, abattage ou mise à mort ». Pourtant,selon le ministère de l’agriculture, 60% des abattoirs Français pratiqueraient l’abattage rituel allant donc à l’encontre du bien-être animal.

L’étourdissement avant la mise à mort, entre autres mesures, n’alourdira pas la facture du consommateur ou de l’industriel mais surtout elle permettre d’atténuer la souffrance des animaux et rassurera les consommateurs sur les conditions d’abattage de la viande achetée. De plus, comme l’a déjà indiqué en 2006 le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur,  l’étourdissement préalable ne pose pas de difficulté vis-à-vis du culte musulman, à condition qu’il n’entraîne pas la mort.

Pour mettre fin à ces souffrances animales inutiles, le CNIP et sa commission protection animale proposent l’obligation totale pour tout abattage de l’étourdissement avant la mise à mort et pour les viandes importées, l’étiquetage obligatoire, manière fiable et claire précisant ainsi la méthode d’abattage afin d’informer le consommateur.

Jordan Grosse-Cruciani

Président de la Commission Protection Animale du CNIP 

Membre du Bureau Politique – Président des Jeunes CNIP 

Conseiller Régional Grand Est & Conseiller Municipal – Vosges

( 27 août, 2018 )

Que se passe-t-il vraiment au Rwanda et au Kivu ?

 

Communiqué de L’Afrique Réelle

 

En dépit d’un total « black-out » de Kigali, des rumeurs font état de combats dans le sud-est du Rwanda. Ils opposeraient les forces loyales au président Kagamé aux FLN (Forces de libération nationale), bras armé du MRCD (Mouvement rwandais pour le changement démocratique). Cette coalition hétérogène formée le 15 juillet dernier rassemblerait les opposants au régime par-delà leurs apparentements ethniques. Elle serait formée par la réunion de minuscules partis dont le PDR de Paul Rusesabagina, le héros du film « Hôtel des Mille Collines », le CNRD de Wilson Iratageka et le RRM de Calliste Sankara. Ce mouvement serait soutenu par l’Ouganda et par le Burundi.

D’après nos informations, le général Kayumba Nyamwasa, ancien bras droit de Paul Kagamé actuellement réfugié en Afrique du Sud où il a fait l’objet de deux tentatives d’assassinat de la part des services rwandais, n’aurait pas (encore ?) rejoint le mouvement. Son but est en effet de renverser Paul Kagamé et non d’aider à la prise de pouvoir d’une coalition comportant des Hutu qui ne lui pardonnent pas son rôle supposé dans les massacres de civils lors de la conquête du nord du Rwanda par le FPR en 1994.

Selon le MRCD, la fin du régime Kagamé serait programmée pour quatre grandes raisons :

- Ses responsabilités dans l’assassinat du président Habyarimana. Le mouvement accuse même directement Paul Kagamé en des termes plus que précis : « le génocide est devenu son fonds de commerce alors que c’est lui-même qui en a donné le coup d’envoi le jour où il a abattu l’avion transportant les présidents Habyarimana du Rwanda et Ntaryamira du Burundi » (Sur la question, voir mon livre « Rwanda, un génocide en questions »).

- Les accusations à propos des massacres commis par son armée, tant au Rwanda qu’en RDC,

- Les dissidences au sein même du noyau dur de son régime,

- La volonté des pays de la sous-région de se débarrasser d’un régime qui entretient le désordre chez ses voisins.

En dépit de ces affirmations, le régime Kagamé n’est pas isolé puisqu’il bénéficie de l’appui d’Israël et qu’en dépit d’un certain refroidissement, les Etats-Unis y entretiennent toujours un contingent militaire chargé de la formation des officiers rwandais. Kigali a également tenté une ouverture en direction de la Russie ; sans parler de son insolite et récent rapprochement avec la France illustré par le soutien de Paris à la candidature rwandaise à la tête de la Francophonie. Une décision pour le moins « baroque » car le Rwanda a abandonné le français au profit de l’anglais comme langue officielle…

Si la plus grande prudence s’impose face aux nouvelles parvenant de la région, il n’en demeure pas moins vrai que :

1) Après les guerres des années 1985-2008, une profonde recomposition ethno-politique s’est produite dans la région des Grands Lacs autour de l’Ouganda de Yoweri Museveni et du Rwanda de Paul Kagamé. Cependant, par-delà les solidarités héritées des réalités ethniques (monde Hima-Tutsi), du passé récent (combats communs contre le régime Obote en Ouganda, contre le régime Habyarimana au Rwanda, puis contre le régime Mobutu au Zaïre), ainsi que de la commune appartenance à l’espace anglophone, ces deux pays ont des intérêts contradictoires. La politique du Rwanda dans la partie orientale de la RDC se heurte en effet directement à celle de l’Ouganda dont la priorité est de régler définitivement la question du pétrole du lac Albert où la France est présente à travers la compagnie Elf-Total.

2) Depuis plusieurs années, la RDC et le Rwanda se sont rapprochés, à telle enseigne que plusieurs acteurs régionaux parlent même d’un pacte secret unissant les deux K (Kabila et Kagamé) que certains vont même jusqu’à présenter comme étant cousins… Considérant qu’il n’était pas en mesure de lutter à la fois contre les empiètements de l’Ouganda dans la région du lac Albert, et contre ceux du Rwanda dans le Kivu, le président Kabila aurait fait la part du feu, laissant le nord Kivu au Rwanda à travers ses alliés congolais. En échange de quoi, Kigali lui aurait « rétrocédé » le sud Kivu avec ses propres alliés Banyamulenge. D’où l’insolite ralliement de ces derniers au MRCD…

3) En RDC où, dans le contexte des élections présidentielles, législatives et régionales du 23 décembre 2018, la situation est explosive, la question des gisements d’hydrocarbures du lac Albert avec ses réserves estimées à plusieurs milliards de barils, est au cœur de la campagne. Or, la nappe est située sous les eaux du lac, de part et d’autre de la frontière contestée entre l’Ouganda et la RDC (L’Afrique Réelle n°9, septembre 2010). L’Ouganda qui a un impérieux besoin de cette ressource et qui souhaite donc entrer en négociation avec un partenaire congolais fiable, ne supporte plus les manœuvres déstabilisatrices de Kigali visant à empêcher un règlement sérieux avec Kinshasa. Voilà pourquoi le président  Museveni attend l’élection d’un nouveau président moins « inféodé » au Rwanda.

Pour Kigali, l’ennemi principal est donc le président Ougandais. Or, « étrangement », ces dernières semaines, la presse internationale spécialisée a fait état d’une information non vérifiée selon laquelle les services français auraient informé le président Museveni que Kigali aurait décidé un attentat contre son avion. Si une telle nouvelle était fondée, cela signifierait que la politique française à l’égard du Rwanda aurait brusquement changé et cela, quelques mois à peine après le spectaculaire réchauffement des relations entre les deux pays. Comme, pour la France, le Rwanda n’existe ni économiquement, ni politiquement, il serait alors légitime de demander si les intérêts pétroliers n’auraient pas motivé une telle éventuelle volte-face.

Pour encore compliquer la situation, la région est au contact de plusieurs zones de fortes turbulences, depuis la RCA jusqu’au Soudan du Sud et bien des acteurs étrangers y jouent leur jeu personnel, à commencer par la Russie, la Chine et Israël.

Les faits étant exposés, comment pouvons-nous les analyser ?

Sans entrer dans les détails, deux hypothèses principales sont en présence. D’une part, la réalité des actuels évènements, donc une grave crise du régime Kagamé ; d’autre part, une vaste manipulation.

- Première hypothèse, les faits sont avérés. L’Ouganda qui veut régler la question du pétrole du lac Albert avec un gouvernement congolais fiable a décidé de se débarrasser de Paul Kagamé l’allié du président Kabila. Quant au Burundi hutu, son opposition au Rwanda tutsi est inscrite dans la politique régionale.

- Deuxième hypothèse, nous sommes en présence d’une manipulation. Cette dernière serait orchestrée à la fois par Kigali et par Kinshasa, c’est-à-dire par les deux K (Kagamé et Kabila), afin de permettre le report des élections congolaises et d’abord du scrutin présidentiel auquel le président Kabila ne peut se présenter. Paul Kagamé ne peut en effet accepter que soit élu un président qui fera de la récupération du Kivu un combat d’union nationale car, sans le pillage des richesses de cette région, l’économie rwandaise sombrerait et le régime avec.

Dans cette optique, les « combats » dans le sud du pays seraient donc un prétexte pour, au nom du droit de poursuite contre un mouvement postulé « héritier des génocidaires », être en mesure de porter la guerre en RDC. Or, si l’est de la RDC s’embrasait, les élections du 23 décembre 2018 seraient reportées et le président Kabila resterait donc au pouvoir…

Une situation à suivre en sachant lire à travers les lignes…

Bernard Lugan

26/08/2018

( 26 août, 2018 )

Journées chouannes

A NOTER :

 

1er et 2 septembre 2018

CHIRE EN MONTREUIL

Grandes journées chouannes sous le thème : mai 68, 50ème anniversaire

Conférences, débats, dédicaces d’une centaine d’auteur….

tous renseignements : journees chouannes sur internet

( 24 août, 2018 )

Syrie : la désinformation continue

 

Lu sur « boulevard Voltaire » cette très bonne « mise au point » au sujet de la guerre en Syrie.

 

Le Figaro consacre à la Syrie ses deux premières pages intérieures. En première page, un éditorial condense et accentue l’aveuglement du grand quotidien « de droite » sur la situation syrienne. D’abord, il focalise l’attention sur Idlib, cette province frontalière de la Turquie, au nord-ouest de la Syrie, en précisant qu’elle est le dernier refuge des rebelles. Le mot « rebelle » est un générique édulcoré.

La principale force rebelle de cette zone est constituée par le Tahrir Al-Cham, ex Al-Nosra, ex Al-Qaïda. Il s’agit de salafistes djihadistes, bref, de terroristes. Il n’est pas sérieux de les oublier et, du même coup, d’éviter de dire qui les a soutenus et qui les soutient encore. Ils se battent davantage contre les autres rebelles, ceux de la prétendue ASL, par exemple, qui n’existe que grâce à la Turquie, toujours prête à aider ses amis Frères musulmans. Les monarchies wahhabites rivales du Golfe, le Qatar et l’Arabie saoudite, mais aussi les Occidentaux, dont la France, ont également contribué au désordre sanglant qui s’est répandu en Syrie. C’est Fabius qui disait naguère qu’Al-Nosra faisait du « bon boulot »… en massacrant les chrétiens, sans doute ?

Ce rôle prépondérant de l’étranger est perceptible sur la carte puisque les bastions « rebelles » y étaient ou sont installés aux frontières. Les trois provinces récemment libérées dans le sud jouxtaient la Jordanie et Israël et étaient, comme par hasard, observées de très près par les Occidentaux. À Idlib, ce sont les Turcs. Faut-il rappeler que personne ne leur a demandé ni permis juridiquement d’être là, alors que Russes et Iraniens interviennent à la demande du gouvernement légal de la Syrie. Encore est-il nécessaire d’ajouter que deux autres zones échappent encore au gouvernement syrien : une poche désertique à la frontière jordanienne, où se trouve implantée une base américaine parfaitement illégale qui empêche toute approche de l’armée nationale syrienne et de ses alliés. De temps à autre, un groupe rebelle en part pour attaquer des unités de l’armée régulière. Cette situation bafoue le droit international et donne un aspect comique au titre de l’article « Désordre mondial », qui reprenait une récente critique britannique à l’encontre de la Russie. Franchement, qui, de la Libye à la Syrie, a créé le désordre depuis 2011 ? L’autre secteur passé sous silence est beaucoup plus vaste : il comprend notamment tout le territoire au nord de l’Euphrate, de la frontière turque à l’Irak, et une poche autour de Raqqa. Celle-ci est sous le contrôle des milices kurdes marxistes appuyées par les Occidentaux et réprouvées par les Turcs. Elle comprend de nombreux gisements pétroliers dont la production est évidemment volée à la Syrie.

Ainsi Assad aurait « mené une guerre sanglante contre son peuple » et aurait « fabriqué des extrémistes sunnites »… Les réfugiés fuyant sa répression auraient provoqué la vague populiste européenne en retour. Si le peuple syrien avait été unanime contre le « régime », celui-ci n’aurait pas tenu. Le nombre considérable des morts chez les loyalistes montre que le « régime » n’était pas seul. Une partie importante des Syriens a soutenu le président Assad, soit parce qu’ils adhéraient au régime comme la majorité des alaouïtes, soit parce qu’ils craignaient bien davantage les exactions de rebelles le plus souvent djihadistes, comme les chrétiens ou les druzes, soit encore comme beaucoup de sunnites, parce qu’ils voulaient le rétablissement de la sécurité et d’une vie « normale ». Beaucoup de « rebelles » étaient des étrangers, parfois des Français. Oublier que les chrétiens ont été victimes de la rébellion et que des « Français » ont participé à ces crimes, c’est se faire le complice de cette trahison de nos gouvernants à l’égard de cette minorité, les chrétiens d’Orient, que la France avait auparavant toujours protégés.

Enfin, si les régimes « nationalistes arabes » ont été les cibles du fallacieux « printemps arabe », ce n’est pas parce qu’ils fabriquaient de l’extrémisme, mais parce qu’au contraire ils étaient les meilleures remparts contre le renouveau de l’islamisme guerrier et conquérant nourri par la rencontre entre l’argent du pétrole et la version salafiste de l’islam. De même la saine réaction populiste contre l’impuissance européenne, notamment face à l’immigration, n’a pas attendu les exilés syriens pour se développer. Les migrants viennent pour beaucoup d’Afghanistan, de la corne de l’Afrique, du Sahel, par la Libye ou le Maroc. Les réfugiés de Syrie ont été utilisés pour justifier l’immigration illégale déguisée en demande d’asile politique. Le piège dans lequel est tombée madame Merkel est maintenant éventé.

Christian Vanneste

 Homme politique
Ancien député UMP, Président du Rassemblement pour la France, Président de La Droite Libre
( 23 août, 2018 )

Concurrence et service public

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Economie. En France, des technocrates néo-libéraux se sont emparés de l’État jacobin. D’où des mixtures auxquelles les Français ont du mal à s’adapter.

 

180628_manifestation-interprofessionnelle.jpgL’ actualité sociale des dernières semaines a mis sur le devant de la scène, à côté des agents de la Fonction publique, des entreprises nationales telles que la SNCF et Air France. Or, ce qui est à l’origine de cette célébrité médiatique, ce ne sont ni les performances économiques et financières, ni les innovations technologiques, ni la qualité exceptionnelle de leurs services, mais leur persévérance dans la grève. Au-delà des revendications immédiates à propos desquelles chacun peut voir le verre à moitié plein ou à moitié vide selon son humeur ou son intérêt personnel, ces événements devraient nous amener à réfléchir sur quelques aspects fondamentaux de notre système économique et social actuel.

Des décisions qui ne rencontrent aucun soutien populaire

À première vue, il semblerait que les causes des deux principaux mouvements sociaux n’ont pas grand-chose en commun. Le premier se présente comme une réponse à un texte législatif qui vise à « réformer » une institution que les élites perçoivent comme obsolète, alors que le second vise à « conserver », et même accentuer, les acquis sociaux obtenus par une catégorie de personnels perçus comme des privilégiés. Et pourtant, ils ont bien en commun quelque chose qui dépasse ces intérêts immédiats. Ces deux conflits résultent de décisions – bonnes ou mauvaises, là n’est pas la question – prises sous la pression d’instances administratives supranationales qui n’ont aucune légitimité et qui, par le biais du dogme de la libre concurrence – libre circulation des biens, des services, des hommes et des capitaux – remettent en cause des systèmes qui fonctionnent mais qui sont onéreux. Pour faire simple, force est de constater que les choix édictés par Bruxelles n’ont d’autre finalité que de faire apparaître comme moins onéreux certains trajets – en fait ceux qui correspondent aux « besoins » des entreprises multinationales – sans se préoccuper réellement ni des nécessités liées à l’aménagement du territoire, ni des coûts cachés discrètement mis à la charge des contribuables, ni du fait qu’en exacerbant les aspirations égoïstes des individus actu4-1.jpgregroupés en catégories uniquement identifiés par une convergence d’intérêts immédiats, ils détruisent la société. Il ne faut pas s’étonner du fait que ces « réformes » n’emportent pas d’adhésion populaire mais en même temps que les actions menées contre elles par ceux qui apparaissent alors aux yeux de tous comme des privilégiés, ne soient pas non plus vues positivement. Et ce n’est pas la propagande gouvernementale abusivement appelée « pédagogie » qui y changera quoi que ce soit, à terme. Si elle permet de calmer le jeu pendant un certain temps, elle générera des frustrations supplémentaires qui viendront grossir les mécontentements.

Le service public contre le service du public

Dans ces deux conflits, les grévistes expliquent qu’ils défendent le « service public », mais pour cela, ils prennent en otage ledit public. Que recouvre en fait cette notion de « service public » ? Normalement ce devrait être un service indispensable au bon fonctionnement de la société et qui, de ce fait, devrait pouvoir être assuré en toutes circonstances et auquel tous les citoyens devraient pouvoir avoir recours autant que de besoin. Un service public devrait être un « lien social », une forme d’expression de la solidarité entre les diverses composantes de la société. Dans un monde où les intérêts financiers communs à certains individus ont remplacé les relations entre les personnes comme agents de cohésion, le « service public » se dégrade. Il n’est même plus, ni ce que l’Union européenne considère comme un « service essentiel », ni ce que l’Organisation mondiale du commerce regarde comme un « service d’intérêt économique général ». Il est simplement devenu un secteur économique soutenu par des fonds publics en cas de difficultés, que celles-ci soient inhérentes au fonctionnement de l’entreprise ou qu’elles résultent de choix politiques qui leur sont imposés. Un « service public » est donc devenu aujourd’hui un secteur économique qui peut se permettre de ne pas être rentable, car il sera renfloué par l’argent des contribuables – qui, eux, sont de moins en moins nombreux !

actu5-1.jpgLors de sa réception du prix Charlemagne, le président Macron a déploré qu’en France on ait « une préférence pour la dépense publique plutôt que pour la norme », comme l’auraient les Allemands. Les Allemands, toujours la norme idéale de l’Europe ! Affirmant que sa politique avait pour but de « bousculer les fétiches », il laissait donc entendre qu’il voulait donner plus d’ampleur aux normes. Comme jusqu’à présent, quoiqu’en dise la « pédagogie » gouvernementale, la dépense publique n’a pas pris le chemin de la baisse, les Français vont pouvoir bénéficier à la fois de plus de dépenses publiques et de plus de normes. Est-ce cela le « changement » attendu ?

La concurrence contre les privilèges

Mais ces deux conflits révèlent aussi un autre aspect de l’évolution actuelle de nos sociétés. La « pédagogie » officielle explique que la libre concurrence est un facteur de progrès ; qu’elle permet d’offrir au consommateur plus de services, de meilleurs services, une plus grande qualité, tout cela au moindre coût. Mais dans un monde où seul l’intérêt financier compte, il est plus important de faire apparaître un meilleur coût, facilement mesurable, qu’une plus grande qualité, plus difficile à percevoir, surtout lors des achats impulsifs et compulsifs. Il en résulte que la concurrence a pour but premier de faire baisser les prix, quitte à chercher à masquer derrière une présentation attrayante les différences de qualité. Dans une société où plus personne ne cherche à servir mais où tout le monde cherche à vendre, la concurrence est en fait devenue un outil majeur pour lutter contre les « avantages acquis », pour détruire tous les privilèges, que ceux-ci soient légitimes ou non. En se mettant en grève pour défendre les « spécificités à la française », les cheminots comme les pilotes d’avion sont acculés à défendre leurs privilèges. Il faut bien s’entendre : malgré la propagande égalitaire développée par une démocratie individualiste, les privilèges ne sont pas, en soi, de mauvaises choses. Ce qui est mauvais c’est de les laisser se scléroser et de ne proposer pour remédier à cet abâtardissement que de les supprimer. Pour parler clairement, ce qui est choquant, ce n’est pas que les cheminots bénéficient d’un statut particulier mais que tous les éléments de ce statut ne paraissent plus justifiés.

En vérité, ce qui est choquant dans ces conflits ce n’est pas de savoir si ces entreprises doivent ou non être détenues, en tout ou en partie, par l’État, mais de voir que malgré leur rôle essentiel au service du bien commun, ils puissent s’arrêter et mettre en péril des quantités d’activités exercées honnêtement par d’autres membres de la communauté nationale. Peut-être, faudrait-il rappeler aux grévistes le discours du pape Pie XII, le 21 octobre 1948 : « Si la grève est un droit inscrit dans la Constitution, auquel certaines catégories de travailleurs se sont trouvées dans la nécessité de recourir à la suite du déséquilibre entre les salaires et les prix, il n’est pas permis de l’employer à des fins politiques, ni d’en user de telle sorte qu’elle finisse par léser la nation elle-même et par porter atteinte à l’autorité de l’État ». Tout est dit.

François Reloujac

( 23 août, 2018 )

Poutine valse à Vienne et négocie ses exportations de gaz avec Merkel malgré les menaces de Trump

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

 

Les dernières visites européennes de Vladimir Poutine ont fait couler beaucoup d’encre.

Le président russe s’est d’abord rendu à Vienne, le 18 août, au mariage du ministre des Affaires étrangères autrichien Karin Kneissl. Le jeune chancelier conservateur (ÖVP) Sebastian Kurz était présent, ainsi que le vice-chancelier Strache (FPÖ) et de nombreux ministres. Le secrétaire général de l’OPEP, le Nigérian Mohammed Barkindo, faisait également partie des invités. Poutine prononça un discours dans un allemand impeccable, valsa avec la mariée et laissa ses accompagnateurs cosaques animer la soirée.

Les réactions ne se sont guère fait attendre. Une partie de la classe politique et de la presse autrichiennes vitupéra pour dénoncer une soi-disant rupture de la traditionnelle neutralité autrichienne. Et l’Ukraine, toujours en pointe dans l’escalade russophobe, annonça qu’elle rejetait dorénavant la médiation autrichienne dans la crise du Donetz. Tous oublient, sans doute, que c’est la droite (avec toutes ses composantes) qui a remporté les dernières élections en Autriche et que le nouveau chancelier a clairement appelé l’Union européenne à lever ses sanctions contre la Russie. On ne savait, d’ailleurs, pas que ces sanctions s’appliquaient également aux mariages !

Le président russe était déjà loin de tout cela car, le soir même, il rencontrait Angela Merkel pour un long entretien en tête-à-tête. Aucun communiqué n’a été diffusé ensuite, mais on sait quels sont les points qui furent abordés : la reconstruction de la Syrie (Poutine réclame une aide financière de l’Europe), l’accord nucléaire en Iran (que les deux partenaires veulent sauver malgré Trump) et, surtout, le projet de transit gazier Nord Stream 2.

Actuellement, les exportations de gaz russe vers l’Allemagne passent en mer Baltique par Nord Stream 1, inauguré en 2011. Elles assurent 40 % de l’approvisionnement allemand et 30 % de celui de la France.

L’Allemagne, qui aura de plus en plus de besoins en gaz compte tenu de la fin programmée de son programme nucléaire, souhaite augmenter ses importations de Russie. Elle est donc un partenaire résolu de Nord Stream 2, qui doublera les capacités de Nord Stream 1. Les travaux ont commencé en mai et devraient s’achever début 2020.

Mais les Américains ne l’entendent pas ainsi et font une pression très forte sur l’Europe pour que ce projet n’aboutisse pas. Le prétexte est l’indépendance gazière de l’Europe, qui ne doit pas trop dépendre du méchant Russe (touchante sollicitude américaine). La vraie raison est le surplus de gaz liquéfié américain que seule l’Europe pourrait absorber. Mais à un prix nettement plus élevé que le gaz russe…

Le Congrès américain n’y est pas allé par quatre chemins : il a voté une loi permettant des sanctions contre toute entreprise européenne participant à la construction ou au financement du projet ! Trump a confirmé cette position et prévient que ses décrets d’application durciront encore les sanctions.

Mais l’Allemagne n’entend pas céder à la menace et plusieurs dirigeants européens ont protesté contre l’ingérence américaine.

Pour une fois que l’on pourra soutenir Merkel…

Antoine de Lacoste

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