( 7 juin, 2018 )

Editorial du n° 345 de LA LORRAINE ROYALISTE

 

 

Le président Emmanuel Macron s’est rendu sur le territoire français de Nouvelle Calédonie. Cette parcelle de France va subir un scandaleux référendum sur son avenir : va-t-elle ou non rester français ? Or, non seulement le président ne le dit pas mais signale même qu’il reste « neutre », qu’il ne veut pas prendre parti. En fait, il se fiche totalement de savoir si la Nouvelle Calédonie va rester Française. Disons tout de suite que l’instauration même de ce référendum fut une stupidité sans aucun fondement : l’archipel est Français et cela ne doit pas être contesté ! Mais, après tout, ce petit territoire ne compte pas dans la politique mondialiste qu’il mène et peu importe ses habitants, c’est si peu de voix aux élections ! Autant s’en débarrasser ! C’est la même chose pour Mayotte qui s’est battue pour rester française. Cette île nous coûte. Alors, laissons là envahir par des immigrés comoriens qui, devenus majoritaires, pourront demander leur rattachement aux Comores. Quelle idée de vouloir rester Français alors que nous sommes à l’heure de l’Union européenne ! La France n’est plus qu’une idée. C’est d’ailleurs ce qu’il a dit en définissant la patrie comme une idée, un idéal alors qu’il s’agit avant tout de quelques chose de concret : la terre de nos parents que nous devons maintenir et faire progresser. Cela nécessite la connaissance de son histoire, de ses traditions, de sa culture, toutes choses qui sont de plus en plus exclues, voire « interdites ». Il n’y a pas de « pensée » territoriale chez Macron Tout ceci ne compte pas, ne doit pas compter, face aux chiffres de l’économie, des bénéfices à réaliser, de la finance internationale avec laquelle nous devons composer. C’est le nouvel « idéal » de l’équipe que pouvoir, ce qui ne change guère de celles des présidences précédentes.

Tout se passe comme si le président Macron voulait faire de la France une petite entité relativement efficace sur le plan économique mais complètement intégrée dans un ensemble européen et mondial et rendre impossible tout retour en arrière. Ainsi, il favorise le commerce, la finance, les banques au détriment de l’industrie qu’il brade à l’étranger – Alstom est le cas le plus typique -. C’est aussi le cas de notre industrie militaire français en train de disparaître. Il ne veut favoriser que des  grandes entreprises internationales comme Airbus. Avec lui, la France est en danger de mort. Mais soyons juste, il ne fait que poursuivre les politiques de ses prédécesseurs en les systématisant et en les rendant plus efficaces en essayant de « casser » tout ce qui peut s’opposer à un libéralisme absolu destructeur de nos libertés.

Destruction de nos libertés, nous le voyons aussi dans sa volonté, comme je l’ai déjà écrit, d’une nouvelle centralisation jacobine, laissant de moins en moins d’autonomie aux collectivités locales, spécialement aux communes. Ce sont pourtant elles qui sont et qui  doivent rester à la base de notre organisation territoriale.

Il a lancé beaucoup de réformes mais qui ne changent pas grand chose sur le plan pratique, comme la loi « travail ». La réforme de la                 SNCF va-t-elle aboutir à autre chose qu’à affaiblir cette entreprise sans la rendre plus efficace ? Même le statut du personnel s’il est remplacé par une convention collective qui reprendra en gros les mêmes choses que le statut, ce vers quoi nous tendons ! Et puis, il faut bien se rendre compte que la SNCF a un rôle d’aménagement du territoire, de service public qui n’a pas forcément à être rentable. Si nous la mettons en concurrence, seule les lignes pouvant amener des bénéfices verront apparaître des autres sociétés. Faudra-t-il alors abandonner les lignes secondaires ? Ne plus les entretenir ? Alors, que deviendront les villes qui ne seront isolées ? Ce serait une grosse erreur sur le plan humain, écologique mais aussi économique car, contrairement à ce que nos technocrates semblent penser, les provinces, les régions rurales peuvent aussi et peut-être plus que les grandes métropoles produire de la richesse en France.

Il faut se rendre compte que la France souffre d’une centralisation trop poussé, de charges trop élevés et d’une dette qui l’étouffe. Or, le  gouvernement centralise de plus en plus tout en abandonnant ses fonctions régaliennes au profit de l’Union européenne. Il augmente encore les charges et la dette reste toujours aussi importante. Il faudrait réduire les dépenses. Une des premières choses seraient de supprimer beaucoup de subventions. Réformer l’Education nationale en la décentralisant, rendant autonome les centres d’enseignements, cassant la lourde structure administrative qui coûtent extrêmement cher tout en rendant l’instruction inefficace. L’Etat ne doit garder que les ministères régaliens – et les voies de communication font parti de la charge de l’Etat, en collaboration avec les provinces – et ne garder pour le reste qu’une organisation souple de surveillance et de soutien éventuel en cas de défaillance des secteurs privés, territoriaux ou associatifs.

De grosses économies pourraient ainsi être faites tout en permettant d’augmenter les budgets des ministères régaliens qui en ont bien besoin comme la défense ou la justice, mais cela nécessite de changer totalement la mentalité de nos dirigeants. Cela demandera aussi du temps. A court terme, pourquoi ne pas baisser brutalement les charges, les impôts en espérant une relance économique. C’est un peu le pari que semble vouloir prendre les Italiens. Il y a un gros risque : augmenter les déficits sans relancer l’économie du fait des frontières ouvertes.

Les techniciens de l’économie nous gouvernent et nous gouvernent mal car ce n’est pas leur rôle. Ils doivent conseiller dans leur domaine le pouvoir politique, mais un vrai pouvoir politique, c’est à dire un pouvoir qui gouverne pour le bien de la France et des Français à long terme. Nous ne voulons plus de politiciens qui font continuellement de la « com » – et Macron est le maître à ce sujet – et qui ne veulent qu’assouvir leur soif de puissance.

Un vrai pouvoir politique indépendant, cela, vous le savez, n’est pas possible dans notre régime républicain. Il nous faut donc en changer. A nous d’y travailler !

Philippe SCHNEIDER

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