( 31 mai, 2018 )

Le séducteur : Retour sur le discours d’Emmanuel Macron aux évêques

Lu sur « lafautearousseau »

Religion et politique. « Standing ovation » aux Bernardins pour le président de la République et beaucoup d’éloges dans la presse, avec ce qu’il faut de fureur mélanchonienne pour leur donner davantage de relief ! 

Le 9 avril dernier, les évêques de France recevaient le président de la République au Collège des Bernardins. Le discours présidentiel se proposait de chercher à « réparer » le « lien abîmé » entre la République et l’Église… Sous des propos apaisants et amicaux qui donnaient à croire à une « ouverture », Macron le subtil incitait, en fait, l’Église à œuvrer avec lui  voire exigeait d’elle qu’elle se rallie à son action. Éternel recommencement. Discours qualifié d’intelligent par la plupart des observateurs mais qui pourrait aussi bien être considéré comme rusé, tant il semble en appeler à la cléricature pour mieux la détacher des dogmes et de la morale de la religion révélée.

Reconnaître à l’Église un droit de « questionnement »

Le président a commencé par afficher la volonté de « réparer le lien abîmé » entre l’État et l’Église catholique, ce que tout Français conscient ne peut que déplorer, mais sans dire jamais en quoi et pour quoi et par qui ce lien est ou fut abîmé, ce qui évite d’avoir à traiter les problèmes de fond. Que ce lien soit en particulier abîmé par les lois contre nature que la République s’ingénie à imposer, comme le meurtre des enfants dans le sein de leur mère, la dénaturation de ce que signifie l’institution millénaire du mariage, la « chosification » des enfants dont le droit à l’enfant est le prétexte et, pire la « chosification » des femmes dont la location d’utérus est le dernier avatar, ou, bientôt, la condamnation à mort des personnes qui souffrent ou qui sont âgées. Rien de ces sujets capitaux et qui engagent l’avenir d’une civilisation, n’est abordé sous son jour de vérité naturelle et surnaturelle. Le président se dit prêt à écouter « le questionnement » de l’Église. Pourvu qu’elle admette de rester « un questionnement ». S’il est des normes au-delà, il n’appartient pas au président de la République de le savoir. Le lien est donc rétabli à la condition que l’Église ne cherche pas à promouvoir la vérité qu’elle détient mais qu’elle en reste au simple « questionnement » qui permet à chacun d’apporter sa propre réponse. Autant dire aux catholiques qu’ils sont libres d’exprimer ce qu’ils veulent à condition qu’ils ne prétendent pas transmettre une Vérité qui ne vient pas d’eux mais qui a été révélée ; il en résultera que ce qu’ils diront ne sera plus qu’une opinion parmi d’autres et comme ils ne sont plus majoritaires, ils n’auront pas à se plaindre s’ils ne sont pas suivis puisqu’ils n’auront, en bons démocrates, qu’à se rallier à la loi de la majorité. Et chacun doit bien savoir qu’au-dessus de tout, incréée, éternelle autant qu’évolutive, s’impose comme unique absolu la loi de la République. C’est à cette République que les chrétiens se doivent d’apporter « leur énergie » et « leur questionnement ». Avec leurs bâtonnets d’encens !

Citer des chrétiens pour se dispenser de suivre leurs exemples

Pour mieux séduire ceux à qui ils demandent de renier ce qu’ils ont de plus précieux, il cite, dans une liste à la Prévert, quelques auteurs chrétiens choisis pour représenter toutes les tendances et dont on se demande si, comme tout bon élève d’aujourd’hui, il ne l’a pas constituée en consultant Wikipédia. Il nous dit cependant qu’il ne tient pas à remonter trop haut, ni aux cathédrales, ni à Jeanne d’Arc dont il oublie de dire que l’Église l’honore de la gloire des saints. Il ne s’agit plus que de travailler aujourd’hui à l’œuvre commune en y mettant ce zèle que les catholiques de France – comme ils l’ont montré – sont capables de mettre en œuvre pour faire vivre la société avec cet art admirable de ne jamais rien revendiquer pour eux ! Ce serait une erreur de la République de ne pas savoir se servir d’un tel supplément d’âme. Le Président reconnaît ainsi le rôle irremplaçable de l’Église de France.

Le ralliement « au monde »

Cette Église est tellement utile quand elle « met les mains dans la glaise du réel », là où l’État ne le peut plus – ou, en fait, ne le veut plus – pour aboutir à « un moindre mal toujours précaire » ! Pour arriver à obtenir de l’Église ce qu’il en attend, dans cette politique des « petits pas », il n’épargne aucune couche de jolie pommade. Il se fait une « haute opinion des catholiques » avec qui il veut dialoguer et dont il attend la coopération totale ainsi qu’une contribution de poids « à la compréhension de notre temps et à l’action dont nous avons besoin pour faire que les choses évoluent dans le bon sens ». Quel bon sens ? Et quelle évolution ? Et de quelles choses ? En un mot, il attend que les fils de Dieu se mettent purement et simplement au service « de ce monde ». Il ne faut pas que les chrétiens se sentent « aux marches de la République ». On croirait qu’il se souvient de l’encyclique du pape Léon XIII Au milieu des sollicitudes de la fin du XIXe siècle. Cependant il occulte ou il oublie qu’en écrivant cette encyclique, le pape souhaitait, en fait, que les catholiques de France « se rallient » à la République, dans l’espoir qu’ils pourraient alors influencer les institutions au point de les rendre respectueuses des droits de Dieu, comme les martyrs avaient réussi à « christianiser » l’empire romain. Il pensait que si les catholiques de France, alors persécutés, « investissaient » la République, ils pourraient la transformer de l’intérieur, empêcher de voter des lois antireligieuses et la rendre finalement fidèle à l’enseignement de l’Église. Force est de reconnaître que cette encyclique a totalement raté son objectif ! Cependant la même politique se continue aujourd’hui comme depuis plus d’un siècle avec le succès que l’on connaît. Notre président appelle donc directement l’Église de France à persévérer dans la même voie. Venez, prenez votre place, acceptez nos lois, donnez-nous votre dévouement et nous écouterons « votre questionnement » !

Nature des trois dons exigés

Dans cet état d’esprit il appelle l’Église à ce qu’elle fasse trois dons à la République : don de sa sagesse, don de son engagement, don de sa liberté. Nous sommes là bien loin, malgré les apparences, du don de la Sagesse demandé à Dieu par Salomon ! Salomon demandait à Dieu d’être habité par sa Sagesse et donc de la rayonner autour de lui et dans toutes ses œuvres. Le président de la République, en jouant avec les mots et inversant le sens de la demande, propose à l’Église de se dépouiller de ces trois attributs, donc de les sacrifier à son profit pour qu’il puisse s’en servir selon son bon plaisir, en fonction de sa volonté propre. Qu’elle les mette à son service !

Car qu’est-ce que la sagesse de l’Église pour le président de la République, si ce n’est son « questionnement propre » qu’elle « creuse »… « dans un dialogue avec les autres religions » ? Elle est aussi cette « prudence » qui caractérise d’ailleurs « le cap de cet humanisme réaliste » qu’il a choisi comme norme. Il insiste sur ce point : là où il a besoin de la sagesse de l’Église, « c’est pour partout tenir ce discours d’humanisme réaliste » ; comprenons bien : non pas pour faire entendre la parole de Dieu.

Face au « relativisme », au « nihilisme » à « l’à-quoi bon » contre les causes desquels il n’envisage pas de combattre, il requiert de l’Église le don de son engagement. Elle n’a pas à lutter contre les causes, non, mais son aide sera bienvenue en revanche pour atténuer les effets, autrement dit pour faire passer la pilule et endormir les consciences. Au même titre que « tous les engagés des autres religions » et ceux des « Restos du cœur », les fidèles de l’Église sont ainsi appelés à consacrer leur énergie « à cet engagement associatif » puisque cette énergie a été « largement soustraite à l’engagement politique ».

Quant au don de sa liberté que l’Église est invitée à faire, elle qui n’a jamais été « tout à fait de son temps », – « mais il faut accepter ce contretemps » –, c’est de se montrer « intempestive ». Plus elle sera ainsi choquante, en particulier sur les migrants, plus elle aura l’impression d’être libre, mais moins elle sera suivie par la majorité de l’opinion. Plus elle sera inopportune, moins donc elle sera dangereuse. « Et c’est ce déséquilibre constant qui nous fera ensemble cheminer ». Ce don de sa liberté suppose que l’Église offre aussi sa liberté de parole, … cette liberté de parole qui inclut « la volonté de l’Église d’initier, d’entretenir et de renforcer le libre dialogue avec l’islam dont le monde a tant besoin ». Besoin de quoi ? Du dialogue ou de l’islam ? Le président est trop instruit pour ne pas savoir qu’il ne peut y avoir de dialogue qu’entre égaux, ce qui signifie qu’il met sur le même plan l’Église catholique et l’islam.

Intelligent ou malin ?

La position du président conduit à fonder le dialogue entre la République et l’Église « non sur la solidité de certaines certitudes, mais sur la fragilité de ce qui nous interroge ». L’Église n’a donc pas à enseigner les dogmes, ses dogmes, c’est-à-dire sa foi. Sa foi en Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. Il n’est pas question d’indiquer un chemin de vérité. Elle peut simplement partager avec les politiques les inquiétudes et incertitudes des hommes, et de préférence des hommes mal ou non croyants. « C’est là que la nation s’est le plus souvent grandie de la sagesse de l’Église, car voilà des siècles et des millénaires que l’Église tente ses paris, et ose son risque ». Quelle manière de résumer l’histoire ! Que reste-t-il alors de l’Église ? Peut-on vraiment réduire l’Église à « cette source d’incertitude qui parcourt toute vie, et qui fait du dialogue, de la question, de la quête, le cœur même du sens, même parmi ceux qui ne croient pas » ?

Sûr de l’empathie qu’il réussit à manifester et à entretenir, il ajoute avec un certain cynisme :

« C’est une Église dont je n’attends pas de leçons, mais plutôt cette sagesse d’humilité face en particulier à ces deux sujets que vous avez souhaité évoquer. »

Il s’agit de la PMA – GPA et des migrants ! Vraiment du grand art pour rouler ses auditeurs dans la farine.

Quant au mot de la fin, il rappelle la séduction du serpent qui entraîne à la transgression :

« Certes, les institutions politiques n’ont pas les promesses de l’éternité ; mais l’Église elle-même ne peut risquer avant le temps de faucher à la fois le bon grain et l’ivraie ». Il eût été plus franc de dire : « Laissez les politiques ramper dans la fange sans les condamner, vous risqueriez de faire fuir les dernières ouailles qui vous restent. Mettez-les au service du monde que nous construisons. ! »

Alors, intelligent, le discours du président ou simplement malin ?

François Reloujac

( 30 mai, 2018 )

Communiqué

 

 

Samedi 2 juin

 aura lieu le Rosaire pour la France 

à 16h, à l’église Saint Martin,

à Ars-sur-Moselle (rue Jeanne d’Arc – 57130 Ars-sur-Moselle).

( 30 mai, 2018 )

À Homs, la vie reprend son cours

 

Lu sur « ALETEIA »

Des chrétiens de la ville syrienne de Homs vont enfin retrouver leur foyer. Il y a quelques jours, près d’une centaine d’habitants ont en effet reçu la première pierre de leur futur logement, signe de leur résistance.

Combien sont-ils, ces lieux de cultes et leurs fidèles, ces habitations chrétiennes et leurs occupants, à avoir subi la rage des islamistes au Moyen-Orient ? Avec l′émergence de l′organisation État islamique et son rêve fou de l′instauration d′un califat en 2014, les chrétiens d′Irak et de Syrie, tout particulièrement, ont vécu des heures terribles. Mais aujourd′hui, si le cauchemar n′est pas totalement terminé — la guerre en Syrie est loin d’être finie — la vie reprend son cours par endroits. Même à Homs, qui fut pourtant l’un des bastions des terroristes pendant de longs mois.

« Jésus est mon rocher »

Mise à sac par les rebelles islamistes entre mai 2011 et mai 2017, Homs, qui a initié les premiers soulèvements contre le régime du président syrien Bachar El Assad et qui fut un bastion terrosiste, a retrouvé des allures de fête. La ville syrienne présente ainsi les symptômes de sa résurrection, un an après sa libération définitive des djihadistes.

Une cérémonie inhabituelle s′est déroulée le 1er mai dernier en la cathédrale syriaque orthodoxe Um al Zehnar de la troisième ville la plus importante de Syrie. Est-il possible d′imaginer la joie intérieure qu′ont vécue les propriétaires de 97 habitations chrétiennes en recevant la première pierre de leur futur foyer ? Ainsi, des maronites, des grec-melkites, des grecs-orthodoxes et des syro-orthodoxes pourront de nouveau et définitivement vivre dans leur quartier d′origine, avant la fin de l′été.

De fait, beaucoup de familles chrétiennes ont été contraintes de fuir la ville de Homs à cause des persécutions, des violences et des destructions. Mais aujourd′hui, avec ces nouvelles habitations en construction, elles témoignent que même dans l’horreur de la guerre syrienne, Jésus n’a jamais cessé d’être leur rocher. Sur la pierre symbolique qui leur a été remise, on pouvait ainsi lire le témoignage d′une foi solide et durable : « Jésus est mon rocher ». Acte de foi aussi de ceux qui veulent fonder leur vie sur le Christ, vainqueur du mal et de la mort.

Pour les chrétiens d′occident, le témoignage de cette foi ferme et de cette espérance est un aiguillon pour les aider à vivre leur propre foi. Mais pour les chrétiens de Syrie, la reconstruction de leurs maison est également le signe de la charité des occidentaux qui ne les ont pas abandonnés via, par exemple, des associations présentes sur le terrain (l′AED, l’Œuvre d’Orient, SOS Chrétiens d′Orient ou encore Fraternité en Irak). « Nous avons vécu des années terribles », témoigne l′un des membres de ces familles. Grâce au soutien des chrétiens d′occident, ces martyrs des temps modernes n′ont jamais perdu l′espérance. C’est aussi le signe tangible, affirme-t-il, que « les chrétiens resteront en Syrie. »

( 29 mai, 2018 )

L’IVG a été votée en Irlande

 

Lu sur « boulevard Voltaire ». L’Irlande rejoint les pays barbares dont le notre !

 

Le référendum sur l’avortement en Irlande a été organisé 6 fois auparavant ces 35 dernières années, comme s’il fallait recommencer jusqu’à ce que les Irlandais répondent correctement à la question.

L’Irlande modifie son 8e amendement : la déferlante se poursuit.

« L’État reconnaît le droit à la vie de l’enfant à naître et, compte dûment tenu du droit égal à la vie de la mère, garantit dans ses lois le respect et, autant que possible, par ses lois de défendre et de faire valoir ce droit. »

Voici en quels termes feu le 8e amendement irlandais protégeait les enfants à naître du rouleau compresseur de l’IVG moderne. Suite au vote des Irlandais vendredi dernier, la modification suivante a été acceptée par 66,4 % des votants :

« Des dispositions peuvent être prises par la loi pour réglementer l’interruption de grossesse. »

À l’image de la déconstruction continue des progressistes, cette modification a tout d’une épitaphe exhibant leur propre néant. Plus question de mère, d’enfant ou de vie, ni d’être fragile à défendre ; seule perdure la « grossesse » qui, en toute situation, s’en remettra à la sagesse de la loi, dont on ne dira rien. Enfin, l’Irlande peut satisfaire ses pulsions. Enfin, l’Irlande peut tuer.

C’est donc accepté. Pour y parvenir, on a fait comme si les quatorze ans d’emprisonnements qui menaçaient les avorteurs étaient une réalité, là-bas. On oublie qu’une sous-section du 8e amendement permettait déjà aux Irlandaises d’avorter à l’étranger, ce qu’elles faisaient, vu le grand choix de destinations. Mais, comme toujours avec les défenseurs de l’avortement de masse, ce n’est jamais suffisant. On oublie aussi de préciser que le référendum sur l’avortement en Irlande a été organisé six fois auparavant ces trente-cinq dernières années, comme s’il fallait recommencer et insister jusqu’à ce que les Irlandais répondent correctement à la question. Cette fois fut la bonne : pensez-vous qu’un huitième référendum sera organisé ? Le progressiste ne croit pas au sens de l’Histoire : il le crée.

Pour ces gens, l’IVG est passion et obsession. Où qu’ils aillent, ils imposent par tous les moyens ce « droit des femmes » supposé et se gardent bien de dire combien il piétine des vies. Leurs arguments, pourtant éculés et grossiers, sont assenés aux quatre coins du globe pour les rendre plus vrais. Ici, l’Irlande cède sous les financements et battages habituels. Là, la complicité des médias et de l’Union européenne presse lentement la Pologne, qui tient bon (pour combien de temps ?). Laurence Rossignol ne manque pas de sommer le Brésil en y déposant sa désobligeante « pétition internationale », tandis que les féministes font le siège du reste de l’Amérique du Sud pour instiller leur argumentaire « pro-choix ». Aucun risque d’ingérence ne saurait retenir les grandes prêtresses de l’avortement à tout prix, celles-là mêmes qui se moquent des femmes enceintes dans le besoin, et plus encore de celles qui, traumatisées, regrettent amèrement leur acte. Même quand la loi l’autorise, elles ne sont jamais satisfaites. En France, elles poussent des lois contre « l’entrave à l’IVG » pour que tout cela ne soit pas critiquable. Aux USA, leur cynisme allait même jusqu’à revendre les morceaux de fœtus avortés à des laboratoires.

L’Irlande aura ses avortements de masse comme nous avons les nôtres. À chaque fois, une nouvelle petite vie passera à la trappe. Pas de doute, l’Irlande a pris en marche le train du progrès.

Les moins de 1 % d’avortements liés aux viols servent pudiquement de voile à tous ces enfants sur lesquels nous nous octroyons un droit de vie ou de mort. Mais comment cela pourrait-il émouvoir une seconde madame la féministe et monsieur le progressiste, eux qui ont soustrait à ces « amas de cellule » la moindre once d’humanité ?

( 29 mai, 2018 )

La guerre sans la guerre, drôle de guerre !

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Moyen-orient. Le président Macron a déclaré que le fait d’envoyer des missiles frapper des sites en Syrie n’était pas un acte de guerre, mais juste des « représailles ». Dans cette affaire, tout n’aura été que postures.

Stupéfiant dans l’art consommé qu’il a de prendre les Français pour des imbéciles, le talentueux Macron, après avoir abordé les questions religieuses aux Bernardins, s’est mis à traiter les questions stratégiques avec la même sophistique. Toujours avec le même brio ! Dans l’entretien télévisé incongru du 16 avril, il a expliqué au journaliste Plenel de Mediapart que, grâce à nos frappes en Syrie, nous avons « réacquis de la crédibilité à l’égard des Russes ». Pas de chance, le lendemain le ministre russe des Affaires étrangères faisait savoir, sans être démenti, que « la Russie et la coalition internationale dirigée par les USA ont été en contact au niveau du commandement peu avant les frappes contre la Syrie. Moscou a notamment mis en garde contre les frappes sur certaines régions syriennes qui signifieraient le franchissement de lignes rouges. » Il ajoutait que « le chef d’état-major des armées russes avait averti la coalition internationale, bien avant qu’elle ne réalise ses frappes contre la Syrie, que si les activités militaires quelconques de la soi-disant coalition touchaient des militaires russes, la partie russe répondra d’une manière dure et claire. » Pour Macron, une opération négociée avec les Russes et encadrée par leurs lignes rouges – ils ont aussi les leurs –, nous aurait donc rendus crédibles et dissuasifs à leur égard.

Un dispositif sans motif valable

Et voici ce qu’il a déclaré juste après ces bombardements, avec l’assurance de l’homme qui ne se trompe pas : « Le samedi 7 avril 2018, à Douma, des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants ont été massacrés à l’arme chimique, en totale violation du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Les faits et la responsabilité du régime syrien ne font aucun doute … J’ai donc ordonné aux forces armées … »

Or, les faits ne sont pas établis, loin s’en faut, et l’enquête n’a même pas commencé. Le document produit le lendemain par Macron pour prouver une attaque chimique et justifier sa décision n’a malheureusement que l’apparence d’une compilation d’éléments ramassés sur les réseaux sociaux. À quoi sert d’inventer une loi « anti-fake news », si c’est pour se livrer soi-même à un genre d’exercice comparable. Il convient de soupeser les termes de ce texte officiel : « L’analyse des vidéos et des images (…) a permis de conclure avec un haut degré de confiance que la grande majorité est de facture récente et ne relève pas d’une fabrication. » Extraordinaire, n’est-ce pas ? En outre, « la nature spontanée de la mise en circulation des images sur l’ensemble des réseaux sociaux confirme (!) qu’il ne s’agit pas d’un montage vidéo ou d’images recyclées ». Enfin, « une partie des entités ayant publié ces informations est reconnue comme habituellement fiable » ! C’est ubuesque, mais surtout un peu léger pour engager nos marins et aviateurs dans une opération risquée, désastreuse pour notre réputation et, comme il le dit si bien lui-même « en totale violation du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. »

Cette attaque, lancée sans le moindre accord international, telle que fut naguère l’aventure libyenne de Sarkozy, inscrit donc clairement la République française dans le clan des États qui prétendent régenter le monde en traitant les autres États de voyous, ce qui permet précisément de s’éviter les normes habituelles du droit et de se comporter soi-même… en voyou. Les éléments de langage macroniens sur « les dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants massacrés à l’arme chimique par Bachar » rappellent d’ailleurs ceux de Sarkozy sur « les fleuves de sang promis par Khadafi ». On connaît la réalité et la suite.

Beaucoup de désinformations

Il a fallu entendre beaucoup d’âneries sur cette affaire : ainsi un proche de l’Élysée explique que, grâce à Macron, les Américains ont limité les frappes ; eh oui ! Un expert militaire patenté raconte qu’un système russe permet de « ralentir la vitesse de nos missiles de croisière pour en faire une proie facile pour la défense », et ainsi de suite !

Restons sérieux et contentons-nous de quelques commentaires sur le plan militaire, puis sur le plan politique.

 Mathieu Épinay

( 28 mai, 2018 )

Complicité

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

 

sinistra-italiana_una-nuova-proposta-il-documento_sfondo-rosso-170204 - Copie.jpgEn utilisant dans son intervention du 22 mai l’expression « deux mâles blancs » pour parler de M. Borloo et de lui-même, et justifier ainsi son rejet du « plan banlieues » concocté par celui qui fut ministre délégué à la Ville et à la Rénovation urbaine de M. Chirac, et qui est considéré on ne sait trop pourquoi comme une autorité indépassable en la matière,

M. Macron a commis une faute grave. Il a peut-être cru faire un bon mot, conseillé en cela par un communicant irresponsable : on rejette le plan (d’un coût de quarante-huit milliards tout de même) mais on donne satisfaction aux plus extrémistes des « post-colonisés » en reprenant leur langage, lui-même formaté par celui de mouvements américains conjuguant féminisme et racialisme.

Son propos aurait même pu être franchement ironique, à prendre au second degré donc, de la part de quelqu’un qui, quelques années plus tôt affirmait ne pas avoir à « [s]’excuser d’être un jeune mâle blanc diplômé » (extrait non publié – ce n’est pas anodin – de l’entretien accordé en 2010 au magazine des anciens élèves de Sciences Po). Il aurait alors fallu comprendre quelque chose comme : vous [M. Borloo] et moi [chef de l’Etat] ne devons plus nous conduire comme des « post-coloniaux », cessons d’infantiliser les habitants des banlieues – « nos semblables, nos frères » - qui s’en sortiront bien tout seuls… Une pirouette verbale qui paraît quand même peu probable.

7793497879_emmanuel-macron-et-jean-louis-borloo-le-22-mai-2018-a-paris.jpgEn fait de bon mot, M. Macron a choqué sur le fond et sur la forme. Sur la forme, le chef de l’Etat aurait d’abord pu comprendre par lui-même, et sans l’aide d’un conseiller, la vulgarité de l’expression : pour parler net, « mâles blancs » suppose en toute logique l’existence de « femelles noires », en tout cas pas ou peu blanches, lesquelles femelles peupleraient donc en partie nos chères (ici, double sens garanti par la rédaction) banlieues. La langue est sans pitié pour les apprentis-sorciers et on voit quels abîmes côtoie ainsi M. Macron.

Sur le fond, il aurait eu en fait grand intérêt à lire deux ouvrages très récents, deux enquêtes sérieuses sur les banlieues. Dans le premier, La Communauté (Albin Michel), deux journalistes, Mmes Bacqué et Chemin montrent comment la petite ville de Trappes est devenue ce qu’elle est aujourd’hui (…), le fil conducteur étant bien la religion musulmane. Dans le second, La Tentation radicale (PUF), deux spécialistes, M. Galland et Mme Muxel, montrent que le terreau de la radicalisation islamique est moins socio-ethnique (comme le prétend une certaine presse) qu’idéologique.

Oui, M. Macron a eu raison d’opposer une fin de non-recevoir aux quarante-huit milliards du plan Borloo : nous avons déjà assez donné et pour rien. Mais, si les mesures annoncées contre la drogue et la radicalisation relèvent de la bonne intention, mais pas plus, celles sur les avantages à accorder (permis de conduire, primes de crèche, bourses de stage, « testing ») sont purement démagogiques. Ces dernières en effet occultent le vrai problème, celui que ni M. Macron ni M. Borloo n’ont voulu nommer et qui tient en une équation : immigration incontrôlée + islam =  communautarisation = rejet de l’appartenance à la France. D’où l’existence des « mâles blancs », conséquence et non cause d’un racisme anti-blanc dont M. Macron s’est fait, ce 22 mai, le complice peut-être inconscient mais certainement objectif.

Louis-Joseph Delanglade

( 26 mai, 2018 )

L’Union européenne inquiète

 

Communiqué du Centre Royaliste d’Action française

 

Les urnes ayant parlé, les prétendues élites donnent de la voix : le peuple, une fois de plus, s’est trompé. Il ne croit pas aux bénéfices de la mondialisation, il méprise les vertus de l’immigration, il est insensible aux charmes des diktats technocratiques de Bruxelles. Bref, les Italiens sont des sots, des gueux et des méchants, comme les Hongrois qui ont réélu Orban, les Allemands qui ont voté AfD, etc. Le suffrage universel, nous fait-on savoir, est devenu un instrument imprévisible et dangereux qui laisse le peuple décider, alors que le peuple doit obéir à ses doux maîtres européens. Ces mêmes maîtres qui manifestent leur compétence, leur ténacité et leur volonté face aux attaques de Trump, à la concurrence chinoise, aux menaces d’Erdogan et ne conçoivent l’exercice du pouvoir que comme le déni constant de la volonté des peuples. La chose est d’une ironie constante, et ce déni permanent de la légitimité de votes régulièrement exprimés en faveur de partis autorisés, dit assez la valeur véritablement accordée au Peuple, à la Démocratie et à la Liberté par tous ceux qui ont pourtant en permanence ces grands mots à la bouche !

Il est bien trop tôt pour évaluer la pertinence du choix des Italiens, et nous ne pouvons en juger qu’en fonction de notre intérêt national français. Il est aussi trop tôt pour prédire l’échec ou le succès des politiques italiennes à venir, qui auront contre elles toute la puissance sans frein des technocrates de l’UE et des sectateurs européistes, qui ont montré avec la Grèce l’étendue de leur possible malfaisance. Le premier effet certain, pour la France, est qu’Emmanuel Macron, qui se rêve en refondateur d’une Europe encore plus méprisante des nations, est privé d’un allié. Le président français, à défaut de destin européen, va devoir se recentrer sur son pays et, au lieu de légiférer sur la vitesse des routes départementales, s’attaquer à ce qui constitue véritablement sa mission : le redressement national. Il est clair qu’il ne passe ni par la mondialisation, qu’il a constamment favorisée, ni par l’immigration, qu’il n’entend pas juguler, ni par la dissolution dans l’UE, qui est de plus en plus contestée par les Européens.

( 26 mai, 2018 )

De Lauvergeon à Macron, la constante et significative phobie du « mâle blanc ».

 

Communiqué de l’AGRIF

Emmanuel Macron a rejeté le « plan banlieue » proposé par Jean-Louis Borloo. On l’en féliciterait s’il n’avait assorti son refus de l’exécrable allégation révélatrice de ce que son cerveau est idéologiquement lavé par l’antiracisme, ce racisme en sens contraire selon notre expression.

Rappelons qu’il a eu en effet usé de l’argument selon lequel un rapport sur les banlieues qui serait le sien et celui de Borloo serait voué à l’échec du fait de leur appartenance sexuelle et raciale.

Lisons, et pesons bien ces mots : « Deux mâles blancs qui ne vivent pas dans les banlieues se remettent un rapport sur les banlieues : ça ne marche plus comme ça ».

Passons sur la construction un peu chaotique du propos. Ce qui est d’abord consternant, c’est que Macron ne parle pas sur le fond autrement que madame Anne Lauvergeon, alors présidente d’Areva, émettant lors d’un colloque à Deauville en 2009 réservé aux femmes dirigeantes, les mots que voici exactement retransmis : « À compétence égale, eh bien, désolée, on choisira euh ! la femme, ou on choisira la personne venant euh ! de… ben autre chose que le mâle blanc pour être claire ».

Dans cette brillante profession de foi féministe et anti-blanche, Dame Lauvergeon ne s’aperçut même pas de son humour involontaire dans l’insistance de son propos : « pour être claire ».

Certains émirent qu’elle se sentait peut-être un peu noire après trop bu, et qu’il y avait quelque contradiction à vouloir être claire juste après avoir prôné la discrimination contre les « mâles blancs ».

Quoi qu’il en fut, le propos était objectivement raciste et motivait une plainte de l’AGRIF, certes retenue à l’instruction mais que le tribunal ne condamna hélas pas.

On a vu depuis que la compétence de madame Lauvergeon à la tête d’Areva pouvait être très discutable.

Mais ce qui ne l’était pas pour elle, c’était son principe de féminocratie et son étrange aversion pour le recrutement de « mâles blancs », nonobstant sa vie familiale. Je lui attribuai alors ironiquement, avec une légère modification, la devise de l’ordre le plus prestigieux de la Cour d’Angleterre : « Honi soit qui mâle y pense… ».

À noter qu’à la date de sa création, la langue de la cour était alors le français et que « Honi » s’écrivait en effet avec un seul « n ».

« Honi soit qui mal y pense » n’est hélas pas adéquat avec ce que l’on peut penser du propos macronien.

Car on ne peut qu’en penser beaucoup de mal.

Propos révélant en effet que pour Macron il ne faut donc être ni mâle ni blanc pour s’occuper de nos banlieues. Houria Bouteldja a dû frémir d’aise en entendant cette réflexion du président de la République en totale conformité avec le concept de « racisation »  qu’elle introduit toujours plus dans le débat politico-social ne dissimulant même plus son racisme anti-blanc islamo-gauchiste.

Et c’est « en même temps », comme il dirait, que monsieur Macron prétend combattre le communautarisme !

Si intelligent soit-il sur d’autres plans, notre chef de l’État est hélas lui aussi gangréné par l’idéologie totalitaire de l’antiracisme, ce racisme en sens contraire.

L’AGRIF

70 boulevard Saint-Germain
75005 PARIS
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( 25 mai, 2018 )

Trump veut embraser l’Orient

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Trump ose tout, et c’est à ça qu’on le reconnaît.

Sept pays ont signé en 2015 un accord empêchant l’Iran de poursuivre ses recherches nucléaires, en échange d’une levée des sanctions économiques. Le monde entier, excepté Israël, s’en est réjoui. En Iran, le clan des durs était furieux et Rohani, qui veut ouvrir son pays, en était sorti conforté.

Mais tout cela a été balayé par le Président américain qui a donc annoncé le 8 mai, avec 4 jours d’avance sur la date prévue, que les Etats-Unis se retiraient de l’accord. Israël a bruyamment applaudi, le reste du monde est consterné.

Que va-t-il se passer maintenant ?

L’Iran a réagi avec modération, indiquant qu’elle allait consulter les autres signataires afin de savoir si l’accord tenait toujours ou s’il était caduc. Mais il est certain  que la position de Rohani est fragilisée. Coincé entre une partie de la population qui ne supporte plus le régime des mollahs et une autre partie, plus religieuse, qui lui reproche d’avoir fait confiance à l’Amérique, il va connaître des heures difficiles.

Pour la France, l’Angleterre et l’Allemagne, c’est une déconvenue. Jusqu’au bout, les trois puissances se sont relayées pour faire fléchir Trump. En pure perte. Emmanuel Macron connait là son premier échec diplomatique qui est d’autant plus cuisant  que ce qu’il croyait être « d’excellentes relations personnelles » avec Trump, ne pesait finalement pas lourd face à la réalité. Les démonstratives embrassades et accolades n’ont servi à rien : c’est comme ça qu’on apprend le métier. Diplomatie et sentiment ne font pas bon ménage et Macron va devoir comprendre que le charme ne sert à rien lorsqu’on  parle à la première puissance mondiale.

Mais que veut Trump finalement ?

C’est simple : un changement de régime en Iran. En sortant de l’accord et en annonçant de probables nouvelles sanctions contre l’Etat chiite, Trump espère aggraver la situation économique et susciter l’exaspération de sa population contre le régime. Au-delà du cynisme, vieille marque de fabrique américaine, ce calcul semble bien aléatoire. Rien ne dit que la population se soulèvera et, si c’était le cas, les dizaines de milliers de gardiens de la révolution ne se laisseront pas faire. Cela risque de tourner à un bain de sang stérile, permettant aux durs de renforcer leur pouvoir.

Les Américains ont l’habitude d’embraser l’Orient mais avec des succès très relatifs. Ils ont détruit l’Irak en renversant un dictateur sunnite mais laïque, pour donner le pouvoir à des chiites alliés aujourd’hui à l’Iran… Ils ont soutenu des islamistes syriens, accélérant l’intervention russe qui a sauvé le régime alaouite, allié de l’Iran. Ils entretiennent une armée kurde en Syrie, se fâchant de ce fait avec la Turquie qui s’est alors rapprochée de Moscou.

Tout cela n’est guère brillant.

En attendant la tension est montée d’un cran dans toute la région et il faudrait peu de choses pour un embrasement général.

Poutine, lui, ne dit rien et, comme toujours, prendra son temps pour agir…ou pas.

Antoine de Lacoste

( 25 mai, 2018 )

Colloque Mai 68 et le Bien Commun

 

 

Ce samedi 12 mai à Paris, rue de la Croix-Nivert, se sont réunies plus de 400 personnes, en majorité des jeunes professionnels, étudiants et des lycéens, pour un colloque dont le thème, Mai 68 et le Bien commun cherchait à faire le bilan des événements dont nous commémorons le cinquantenaire cette année pour mieux dessiner les perspectives à venir en matière de Bien commun. Mai 68 a en effet participé, sinon comme événement fondateur, du moins comme événement amplificateur, du triomphe d’une modernité dont l’individualisme et l’hédonisme semblent aux antipodes de la notion même de Bien commun.

 

Non que celui-ci doive être synonyme de dolorisme ! Après l’introduction de François Marcilhac, qui a tenté d’établir les lignes de fracture, au plan politique, engendrées par Mai 68, un Mai qui fut d’ailleurs aussi multiple que contradictoire, une première table ronde a tenté de « Redéfinir le Bien commun : 50 ans à revisiter. » Elle fut animée par Philippe Mesnard, qui usa de sa verve habituelle, aussi enjouée que provocatrice, pour tirer la substantifique moelle de ce que nos invités avaient à dire. Stéphane Blanchonnet, le président du Comité directeur de l’Action française tenta de définir la notion de Bien commun à l’aune du nationalisme intégral, avant qu’Hilaire de Crémiers, directeur de Politique Magazine ne la resitue dans la perspective longue de notre philosophie politique, nourrie aux sources toujours vives de la philosophie grecque et de la théologie chrétienne. Thibault Isabel, rédacteur en chef de la revue Krisis, a quant à lui appelé toute la complexité de Mai 68, partagé non seulement entre mouvement étudiant et mouvement ouvrier, mais au sein même des diverses tendances (situationnistes, gauchistes, anarchistes, institutionnelles) qui tentaient d’exploiter les événements et de les inspirer, montrant que le Mai 68 le plus audacieux, le plus révolutionnaire, avait échoué. Quant au professeur Frédéric Rouvillois, il traduisit le mouvement dans une perspective plus politique, axée sur la recherche de l’articulation entre institutions et Bien commun.

Colloque du 12 mai 2018 : Mai 68 et le Bien Commun - Première table ronde
Le grand entretien nous a permis d’écouter un grand témoin des événements de l’époque, Gérard Leclerc qui, en mai 68, était un grand espoir de la Restauration nationale. C’est donc du côté maurrassien et monarchiste que Gérard Leclerc vécut les événements, en véritable acteur car il n’hésita pas à aller porter la polémique dans les Assemblées générales, pour donner une autre signification à des événements dont il percevait, également sous l’influence de Maurice Clavel, la portée symbolique dans la crise du Père qu’ils révélaient. Une méditation que son livre, qui vient de paraître aux éditions Salvator, et au titre clavélien, Sous les pavés l’Esprit, permet d’approfondir.

Colloque du 12 mai 2018 : Mai 68 et le Bien Commun - Gérard Leclerc s'entretient avec Philippe Mesnard
Ce fut ensuite le moment d’écouter de jeunes cadres d’Action française livrer au public les fruits de six chantiers primordiaux pour dessiner l’avenir du Bien commun. Six chantiers urgents pour repenser le territoire, sa survie ou son aménagement. La bioéthique, par Luc Compain, l’écologie, par Antoine Berth, l’éducation, par Madeleine Horen, l’immigration, par Louis Orso Trémolet, l’industrie, par Ronan Besset et la justice, par Charles Laroche : tels sont en effet les grands sujets sur lesquels il convient à des nationalistes français même intégraux, surtout intégraux, de plancher pour ne pas les laisser à l’Union européenne et à l’oligarchie internationale. Les pistes sont prometteuses, car audacieuses : il convient en effet de rompre avec le fatalisme d’un tout-Européen qui ne laisse au pays réel que ses yeux pour pleurer les effets de politiques décidées sans lui. Nous devons recouvrer notre pouvoir de décision en toutes ces matières où se joue notre existence.

 

Une seconde table ronde, toujours animée par Philippe Mesnard, a réuni Jean-Philippe Chauvin, royaliste indépendant et spécialiste de l’écologie, Jacques de Guillebon, rédacteur en chef du mensuel L’Incorrect, Gabriel Robin, juriste et membre, aussi, de l’équipe de L’Incorrect et le professeur Charles Saint-Prot, directeur de l’Observatoire d’études géopolitiques, islamologue, autour des grands thèmes  à réinvestir pour redéfinir les fondements même de la notion de Bien commun : l’écologie intégrale, dont seul le Roi pourrait être le garant indépendant (Jean-Philippe Chauvin), la culture, qu’il convient de débarrasser définitivement de l’héritage soixante-huitard (Jacques de Guillebon), la perspective à long terme d’un Bien commun dépassant les fragmentations communautaristes tout en sauvant les communautés réelles (Gabriel Robin) et, bien sûr, la nation, qui doit recouvrer sa prééminence, la patrie étant au temporel, le bien le plus précieux (Charles Saint-Prot).

Colloque du 12 mai 2018 : Mai 68 et le Bien Commun - Seconde table ronde
C’est alors que notre Secrétaire général, François Bel-Ker put, dans une intervention particulièrement brillante où il replaça Mai 68, ses conséquences et notre combat pour le Bien commun dans une perspective anthropologique — intervention à laquelle nous renvoyons —, donner à ce colloque sa conclusion, non sans inviter les participants, notamment les plus jeunes d’entre eux, à poursuivre la lutte en s’inscrivant d’ores et déjà au prochain camp Maxime Réal del Sarte, qui aura lieu, au Château d’Ailly, des 19 au 26 août prochain. Le thème ? 150 nuances de Maurras !

Mais ils se retrouvaient déjà, à plus de 600, le lendemain pour le traditionnel défilé à la mémoire de Jeanne d’Arc.

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