( 10 mars, 2018 )

Editorial du n° 342 de LA LORRAINE ROYALISTE

 

A grands renforts de propagande, le président et son gouvernement ont annoncé une loi de programmation militaire prévoyant, disent-ils, un effort budgétaire important. Il s’agit en fait d’une mini augmentation d’1,7 milliards d’euro aux quels il faut enlever les coûts des opérations extérieures. Ces dernières sont maintenant comptabilisées dans le budget de la défense. Elles sont prévues à 450 millions mais, nous l’avons vu l’an dernier, elles seront sans doute de plus d’un milliard. Autant dire  que l’augmentation est plus que symbolique ! Comme d’habitude, Emmanuel Macron et son équipe nous « enfument » ! Nous ne pouvons rien attendre de sérieux de sa part concernant la défense nationale. D’ailleurs, il la veut de plus en plus « européenne », la Nation française étant, pour lui, destinée à disparaître.

Toujours sur de lui, nous l’avons vu arpenter les allées du salon de l’agriculture. ¨Pour lui, l’agriculture est une industrie comme une autre qui doit rapporter en coûtant le moins cher possible. Les agriculteurs doivent s’adapter, être plus forts que leurs concurrents, même en subissant des taxes et directives plus pesantes. Or, l’agriculture, ce n’est pas cela. Nous ne dirons jamais assez ce qui devrait être évident : le monde agricole est avant tout destiné à nourrir les Français de produits de bonne qualité en faisant en sorte que les agriculteurs vivent correctement de leur travail. Ceci est évidemment également vrai pour l’industrie agricole qui transforme et vend les produits. Nourrir dans tous les domaines (légumes, viande, céréales, fruits….). Ajoutons qu’il est nécessaire que nous produisions tout ce qui lui est indispensable (semences, nourritures des animaux, engrais…). Or, ce n’est plus du tout le cas en France. Il ne faut pas oublier non plus  l’agriculture doit répondre aussi à un besoin d’aménagement et d’entretien du territoire, ce qui implique que les zones les plus arides ou difficiles d’accès soient également cultivées, entretenues, ce qui peut nécessité des aides.

Tout ceci impliquerait une refonte complète de la politique agricole qui n’est d’ailleurs plus française mais européennes, voir mondiale. Bien entendu, il ne faut pas  d’accord de libre échange avec le « Mercosur » comme il convient de ne pas ratifier le « CETA » avec le Canada. Ce sont deux premiers points mais qui ne suffisent pas. Sur le principe, il n’est pas sain que les agriculteurs vivent de subventions, ils doivent pouvoir vivre des produits qu’ils vendent. Pour cela, ils doivent être vendus à un « juste prix » permettant la production et un revenu décent. Les revendeurs ne devraient pas avoir le droit d’acheter en dessous des prix fixés par ce qui pourrait être une organisation professionnelle agricole. Les mêmes produits venant de l’étranger étant eux aussi portés au minimum à ce prix en les taxant s’il le faut, ce qui ferait un revenu pour le pays. C’est contraire à la politique agricole européenne qui nous a conduits à l’impasse actuelle. Raison de plus pour la quitter et reprendre notre indépendance dans ce domaine comme dans d’autres ! Et les exportations ? Ce doit être surtout le domaine des produits de « luxe » comme les alcools, le vin…, comme les importations. Il faut aussi favoriser les circuits courts, l’agriculture locale.

Agriculture locale, nationale, limitant l’accès au commerce international. Voilà en plus qui est très écologique car diminuant les transports très pollueurs. Cependant, nous le savons, cette pollution provoquée par les transports de marchandise, pourtant la plus importante, n’est pas combattue par nos « écologistes » car c’est contraire à leur idéologie libérale.

Pour être mise en place, il faut renoncer à cette politique à courte vue qui prévaut actuellement et en avoir une de réformes à long terme laissant une grande place aux initiatives du monde agricole. L’Etat ne doit pas tout faire mais seulement inciter et accompagner.

Le gouvernement s’attaque aussi aux chemins de fer. Certes, il y a sans doute des économies à faire, des statuts du personnel à revoir. La question qui se pose est : à quoi doit servir la SNCF ? Elle doit transporter des voyageurs dans les meilleures conditions possibles et des marchandises, ce qui est de moins en moins le cas. Pourtant, il serait souhaitable que beaucoup de transports soit fait par ce moyen et non par la route. Elle a aussi un rôle d’aménagement du territoire, d’où certainement la nécessité de maintenir des « petites » lignes dans nos campagnes, même si elles ne sont pas « rentables ». Ces liaisons peuvent permettre le maintien de petites entreprises en secteur rural ou semi-rural et même d’en créer. Tout ceci mérite d’être étudié en liaison avec les collectivités locales, les activités locales… Il faut comprendre que la logique comptable n’est pas toujours la meilleure, loin de là. Tout ceci demande du temps…

Le temps ! Dans les trois domaines que nous venons de survoler – il n’est pas question ici de donner des solutions mais seulement des orientations – nous voyons qu’il faut du temps. Or, c’est essentiellement ce qui manque à notre pouvoir. Il doit faire agir ou plutôt faire semblant d’agir très rapidement, avant les prochaines échéances électorales. C’est la même chose dans tous les domaines, le pouvoir intervient dans la précipitation, souvent – de plus – sur injonctions extérieures.

Avoir le temps pour réformer et donc agir pour le mieux en laissant au maximum les organisations professionnelles, les collectivités locales…, prendre en charge les réformes nécessaires, l’Etat ne doit jouer qu’un rôle d’incitation, d’arbitrage. Pour cela, il lui faut être indépendant, au-dessus des factions, pouvant refuser toute ingérence extérieure et avoir le temps pour lui. Tout ceci n’est pas possible dans notre république où le Président doit tenir compte de ses engagements envers les groupes de pression, des échéances électorales… Seul un pouvoir indépendant, celui du Roi, pourrait entreprendre, en liaison avec le peuple et ses représentants une véritable réforme de notre pays et permettre sa renaissance.

Philippe SCHNEIDER

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