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( 26 février, 2018 )

Syrie : que se passe-t-il vraiment à la Ghouta ?

 

Lu sur « boulevard Voltaire »

 

Depuis le 18 février, l’aviation syrienne bombarde à nouveau La Ghouta, cette vaste banlieue qui ceinture Damas.

 

Depuis le 18 février, l’aviation syrienne bombarde à nouveau la Ghouta, cette vaste banlieue qui ceinture Damas. En 2013, à l’apogée de l’insurrection, les islamistes contrôlaient 150.000 kilomètres carrés de ce territoire où les zones urbaines alternent avec les vergers.

Cette proximité rendait la vie difficile à Damas, en raison des obus qui tombaient quotidiennement dans la capitale, où les quartiers chrétiens étaient particulièrement visés. Depuis, l’armée syrienne a méthodiquement repris le contrôle du terrain perdu.

Seules deux enclaves islamistes subsistent : une petite au sud (avec plusieurs centaines de combattants de Daech) et une plus importante à l’est, 110 kilomètres carrés qui échappent à Damas. 400.000 civils y vivent.

C’est cette dernière enclave qui fait l’objet de l’offensive syrienne, d’ailleurs pas si récente : depuis plusieurs mois, l’armée a repris plusieurs dizaines de villages et tente de négocier avec les milices islamistes pour une reddition puis un transfert vers Idleb, comme cela avait été le cas à la fin du siège d’Alep.

Si l’Armée de l’islam (soutenue par l’Arabie saoudite) est prête à discuter, ce n’est pas le cas de ses deux concurrents : Fatah al-Cham (l’ex Al-Nosra, proche d’Al-Qaïda) et Faylak al-Rahman (affilié aux Frères musulmans et au Qatar). Ces groupes reproduisent exactement la même tactique qu’à Alep : prise en otage de la population (tout civil qui veut quitter la zone est abattu), installation d’armes lourdes dans les hôpitaux (pour obliger l’aviation à les bombarder et, ainsi, discréditer le régime), interception des rares convois de ravitaillement à leur profit.

L’impact médiatique compte beaucoup dans cette guerre et est utilisé avec maestria par les insurgés : les fameux Casques blancs tant célébrés en Europe, sont tous, sans exception, des militants ou des combattants islamistes. Ce sont eux que l’on voit partout en photo, évacuant les blessés après un raid aérien. Les photographes autorisés à opérer dans ces zones sont triés sur le volet par les islamistes : il ne faudrait pas qu’ils révèlent le dessous de certains montages…

Quant au bilan des pertes, il est invérifiable mais a une source unique : l’Observatoire syrien des droits de l’homme, OSDH. Basé à Londres, affilié aux Frères musulmans, c’est lui qui, depuis le début de la guerre, donne les chiffres des morts et des blessés, docilement reproduits en boucle, sans la moindre vérification. La guerre en Syrie est un magnifique monument de désinformation.

Cette offensive syrienne était inévitable. Les obus tombent sans cesse sur la capitale et cette situation ne pouvait durer. L’armée syrienne, depuis la libération de Deir ez-Zor, peut maintenant concentrer ses efforts sur la Ghouta orientale.

La résolution de l’ONU votée le 24 février va permettre le ravitaillement de la population. La Russie n’a pas mis son veto. Mais la paix ne pourra revenir que lorsque les islamistes seront vaincus.

( 26 février, 2018 )

lundi 26 février 2018 Mathilde Edey Gamassou pour incarner cette année Jeanne d’Arc lors des fêtes johanniques à Orléans : notre approbation est totale !

 

 

Communiqué de l’AGRIF

 

Les royalistes Lorrains approuvent totalement les termes de ce communiqué et demandent à nos amis de le  diffuser largement.

Il n’y a pas seulement hélas les idéologues qui font de l’antiracisme un racisme en sens contraire. Il y a encore de pitoyables imbéciles racistes qui confondent l’appartenance patriotique avec la couleur de la peau. Ainsi, certains se sont déshonorés en injuriant abjectement la jeune fille judicieusement choisie pour incarner cette année à Orléans sainte Jeanne d’Arc lors des fêtes johanniques. Mathilde Edey Gamassou, de mère polonaise et de père franco-béninois, catholique fervente, catéchiste, scout d’Europe, trilingue et déjà en possession d’une belle culture littéraire et musicale est en effet un modèle de ce que peut être une jeune fille française.

De même que jadis à Rome, les Romains de toutes origines ethniques ou raciales se voulaient les descendants civilisationnels de Romulus et Remus, de même, tous les français de toutes origines, comme le mulâtre antillais Alexandre Dumas ou le Bachaga Boualem ou notre ami guadeloupéen le grand penseur et patriote Jules Monnerot, sont les descendants de nos ancêtres à tous, historiques sinon ethniques : les Gaulois. Que la jeune fille catholique et française, Mathilde Edey Gamassou ait aussi des origines béninoises et polonaises, on ne voit pas en quoi elle en serait moins digne d’incarner le rôle de notre sainte et héroïne nationale, Jeanne d’Arc, dont elle descend spirituellement et patriotiquement.

Des dizaines des milliers de combattants de toutes couleurs des différents pays de l’empire français sont morts souvent héroïquement pour que survive la patrie de Vercingétorix, de Clovis, de saint Louis et de Jeanne. Ils sont morts pour que la France puisse continuer comme une communauté historique et culturelle de destin dans la fidélité à ses valeurs religieuses et ses racines de civilisation. Le patriotisme français ne peut ainsi être dévalué en une sacralisation païenne et raciste de la peau blanche tout aussi inadmissible que le racisme anti-blanc. De même, aucun français, aucun catholique de conviction de quelque race que ce soit ne pourrait se désoler si la Providence faisait que soit un jour élu à Rome un pape africain, tel par exemple que l’actuel cardinal Sarah. Faut-il le redire, racisme et christianisme sont totalement incompatibles.

De tout notre cœur, nous souhaitons que Mathilde Edey Gamassou puisse toujours continuer à œuvrer dans sa ferveur catholique et française pour sainte Jeanne d’Arc.

( 24 février, 2018 )

Bernard Lugan lauréat du prix « La Plume et l’Epée »

 

Mardi 20 février 2018, dans les salons de l’Hôtel du Grand Commandement à Tours, le jury  remet le prix « La Plume et l’Epée »  à Bernard Lugan pour son livre « Osons dire la vérité à l’Afrique ».

Ce prix littéraire remis chaque année depuis 2009, est destiné à « contribuer à stimuler la pensée et la culture militaires en honorant les auteurs qui font l’effort de publier un ouvrage amenant à réfléchir sur le métier des armes sous tous ses aspects. Les engagements opérationnels de nos armées, multiples et exigeants, démontrent cette nécessité pérenne pour le chef militaire « d’agir  en homme de pensée et de penser en homme d’action » (Henri Bergson). La fréquentation d’auteurs de qualité est une source de repères et une aide à la maturation des concepts. Elle est donc indispensable à tout cadre militaire, quel que soit son niveau, du moment où, isolé, il doit dans l’urgence mettre en œuvre ses capacités à apprécier la situation. Elle est enfin indispensable pour tous les officiers appelés à tenir des postes de responsabilité dans la sphère politico-militaire ou des postes de conception en état-major ».

 

L’organisateur de ce prix est la DRHAT-Tours (Direction des ressources Humaines de l’Armée de Terre ). Les résultats sont proclamés à l’Hôtel de ville de Tours dans le cadre du salon du livre militaire organisé par la ville au mois de décembre de chaque année.

 

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Pour commander Osons dire la vérité à l’Afrique :

http://bernardlugan.blogspot.fr/2015/03/nouveau-livre-de-bernard-lugan-osons.html

La Lorraine Royaliste présente toutes ses félicitations à Bernard Lugan pour ce prix.

 

( 22 février, 2018 )

Nouvelle « affaire Maurras » : Pour en finir avec le temps où les Français ne s’aimaient pas …

 

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

 

En deux mots.jpgIl y a cent-cinquante ans – un siècle et demi ! – que Maurras est né à Martigues, en Provence [1868] « au bord des eaux de lumière fleuries » [1|.  Il y a plus d’un siècle qu’il a inauguré son royalisme militant en publiant son Enquête sur la monarchie (1900). Et il y a presque 70 ans – une vie d’homme – qu’il est mort à Saint-Symphorien les Tours [1952]. Mais les passions qu’il a si souvent suscitées de son vivant – qu’elles fussent d’admiration ou de détestation, l’une et l’autre souvent extrêmes – ne semblent pas s’être émoussées avec le temps. Prêtes toujours à s’élancer. Comme pour attester une forme paradoxale et performative de présence de sa pensée et de son action.

On sait que la décision d’exclusion du ministre de la Culture, Mme Nyssen, a fini par susciter une vague d’indignations assez générale qui s’est retournée contre son auteur. Mme Nyssen ne savait pas ou avait oublié que depuis notre Gaule ancestrale ou le lointain Moyen-Âge, énorme et délicat, les Français détestent les interdictions. Et les Hauts Comités les démentis du Pouvoir.

Mais cette réprobation n’empêche pas à propos de Maurras l’inévitable mention, dogmatiquement prononcée, des « zones d’ombre ». Expression d’une notable imprécision, lourde de mystérieux et inquiétants sous-entendus et le plus souvent inexpliquée … À propos de Maurras, on réprouve l’interdit – en bref, on veut benoîtement la liberté d’expression – mais on accuse le fond.

« Zones d’ombre » est porteur d’opprobre. De quoi s’agit-il ? Qu’a donc fait ce Maurras qu’admiraient Proust, Péguy, Malraux et le général De Gaulle ; qui fut l’ami de Bainville et de Daniel Halévy, de Bernanos et de Joseph Kessel, de Barrès et d’Anatole France, d’Apollinaire et de Thibon, de Gaxotte et de Boutang ? Qui fut académicien français. Que consultait Poincaré au cœur de la Grande Guerre, que citait Pompidou dans une conférence demeurée célèbre à Science-Po Paris. « Zones d’ombre » ? Fût-ce brièvement, il nous faut bien tenter de dire le fond des choses, de quitter l’allusion sans courage et sans nuances.

Quatre grands reproches sont faits à Maurras : son antirépublicanisme, son nationalisme, son antisémitisme et son soutien à Vichy.

LA CONTRE-REVOLUTION

Le premier – le plus fondamental – est d’avoir été un penseur contre-révolutionnaire ; d’être le maître incontesté de la Contre-Révolution au XXe siècle ; d’avoir combattu la République et la démocratie, du moins sous sa forme révolutionnaire à la française ; enfin d’être royaliste. Options infamantes ? En France, oui. Mais en France seulement. Et pour la doxa dominante. La Révolution ni la République n’aiment qu’on rappelle leurs propres zones d’ombre. Leurs origines sanglantes, la Terreur, la rupture jamais cicatrisée avec notre passé monarchique, avec l’ancienne France, qu’elles ont imposée. « Soleil cou coupé » … écrira Apollinaire (2). Et, à la suite, à travers de terribles épreuves et quelques drames, toute l’histoire d’un long déclin français, d’un inexorable affaissement de notre civilisation, que Zemmour a qualifié de suicide et dont nous-mêmes, aujourd’hui, vivons encore l’actualité. Faut-il rappeler qu’au début des années soixante (1960), De Gaulle, monarchiste, avait envisagé que le Comte de Paris lui succède ? Que François Mitterrand dans sa jeunesse était monarchiste et que, comme en atteste, plus tard, sa relation constante avec le comte de Paris, il l’était sans-doute resté ? Quant à l’actuel président de le Réplique, on connaît ses déclarations sur le roi qui manque à la France … Sur sa conviction que les Français n’ont pas voulu la mort de Louis XVI, la mort du roi … (3) Faut-il reprocher à De Gaulle, Mitterrand ou Macron telle « zone d’ombre » ? Comme à Maurras ? Ce dernier voulut simplement, à la différence de ces derniers grands-hommes, que ce qu’il savait nécessaire pour la France devînt réalité. Il y consacra sa vie et y sacrifia sa liberté.

LE NATIONALISME

Le nationalisme, autre « zone d’ombre » ? Être nationaliste, un motif d’opprobre, de rejet moral ? Non, s’il s’agit d’un nationalisme quelconque à travers le monde. Oui – pour la bien-pensance – s’il s’agit du nationalisme français. Maurras l’avait défini comme « une douloureuse obligation » dont la cause et le contexte sont historiques, bien plus qu’idéologiques : l’humiliante défaite de 1870 et l’affrontement franco-allemand qui ne cessera jamais vraiment entre 1870 et 1945. « Douloureuse obligation » créée aussi par l’absence de roi, laissant la France aux mains, pour ne pas dire à la merci, d’un régime faible divisé et imprévoyant, qui la plaçait en situation d’infériorité face à l’Allemagne impériale. Plus tard, face à l’Allemagne nazie. Au cours de chacune des deux avant-guerres, Maurras avait vécu dans l’angoisse de l’impréparation où nous maintenait l’État républicain, laquelle devait rendre la guerre à la fois inévitable et terriblement meurtrière. Avant 1914, il avait eu la vision tragique de ce qui se préparait : « Au bas mot, en termes concrets, 500 000 jeunes français couchés froids et sanglants sur leur terre mal défendue » (4). On sait ce qu’il en fut, qui fut bien pis. Entre 1935 et 1939, l’on eut la reproduction du même scénario. La trahison de Blum refusant d’armer la France face au nazisme en même temps qu’il menait une politique étrangère belliciste irresponsable, les agissements du Parti Communiste, aux ordres de Moscou, comme Blum l’était de la IIème Internationale, allaient rendre le futur conflit mondial inévitable. « Pourquoi faut-il de tels retours ? « écrira alors Maurras. Dans la douleur, nous dit Boutang. On sait qu’il vécut cette période dans la certitude de la guerre et de la guerre perdue. Le « miracle de la Marne » qui avait sauvé la France en 1914, ne se renouvellerait pas … Tel fut, au-delà du simple patriotisme, le nationalisme maurrassien. Nationalisme non de conquête ou d’expansion mais de défense d’un pays menacé. Menacé de l’extérieur et de l’intérieur, car le danger allemand n’était pas le seul qui pesât sur la France. Son désarmement mental, social, politique et culturel, ses divisions, étaient à l’œuvre comme elles peuvent l’être encore aujourd’hui pour diverses raisons supplémentaires dont certaines – comme l’invasion migratoire ou le mondialisme – que Maurras n’eut pas à connaître. Elles justifient, elles aussi, la persistance de la « douloureuse obligation » d’un nationalisme français.

L’ANTISEMITISME

L’antisémitisme est un autre des grands griefs faits à Maurras. Il n’est pas un thème central dans son œuvre et dans sa pensée – comme il le fut pour Edouard Drumont dont l’influence avait été considérable à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. C’est pourtant à l’antisémitisme que l’on réduit souvent Maurras dans les débats d’aujourd’hui.

Une évidence s’impose ici : on ne comprendra rien à l’antisémitisme de Maurras, celui de son temps, très répandu en tous milieux, si, par paresse d’esprit ou inculture, l’on se contente de le considérer et de le juger avec des yeux qui ont vu, des mémoires qui savent, ce que vécurent les Juifs d’Europe entre 1930 et 1945, ce qu’était devenu l’antisémitisme en une époque barbare.  Dans la jeunesse de Charles Maurras et encore longtemps après, l’antisémitisme fut une opposition politique, culturelle et si l’on veut philosophique à l’influence excessive que leur communautarisme natif – singulièrement apte à « coloniser » – conférait aux Juifs de France. À propos de cet antisémitisme politique de Maurras, Éric Zemmour propose une comparaison tirée de l’Histoire : « Son antisémitisme était un antisémitisme d’État, qui reprochait aux Juifs un pouvoir excessif en tant que groupe constitué, à la manière de Richelieu luttant contre « l’État dans l’État » huguenot. » (5) Avant la seconde guerre mondiale, il n’y avait pas là motif à rupture personnelle ou sociale, ni même un motif d’inimitié. Le jeune Maurras est lié à Anatole France. Il fréquente le salon de l’égérie de France, Madame Arman de Cavaillet, née Lippmann ; il est l’ami de Marcel Proust, plus qu’à demi Juif (sa mère est née Weil). Ils resteront amis, quoique Proust ait été dreyfusard, jusqu’à la mort de l’auteur de la Recherche. Proust l’a écrit, aussi bien que son admiration pour Maurras, Bainville et Daudet.  On se souvient que Léon Daudet, disciple de Drumont bien davantage que Maurras ne le sera jamais, fit obtenir à Proust le prix Goncourt pour A l’ombre des jeunes-filles en fleur, en 1919 … L’un des plus vifs admirateurs de Charles Maurras et son ami jusqu’à sa mort après la Seconde Guerre mondiale (1962, dix ans après Maurras), sera l’un des Juifs les plus éminents du XXe siècle, Daniel Halévy, dont, pour la petite histoire, mais pas tout à fait, la fille épousera Louis Joxe, résistant, ministre du général De Gaulle, et père de Pierre Joxe. De Daniel Halévy, l’auteur d’Essai sur l’accélération de l’Histoire, Jean Guitton écrira : « Il avait un culte pour Charles Maurras qui était pour lui le type de l’athlète portant le poids d’un univers en décadence. » (6)

L’antisémitisme politique de Maurras, au temps de sa pleine gloire, ne le sépara pas des grandes amitiés que nous avons citées et de l’admiration que lui portèrent, de Malraux à Bernanos, les plus illustres personnalités de son temps. Maurras eut-il le tort de ne pas comprendre que la persécution des Juifs au temps du nazisme rendait toute manifestation d’antisémitisme contestable ou même fautive ? Impardonnable ? On peut le penser, comme Éric Zemmour. C’est ignorer toutefois deux points essentiels : 1. ce que souffrirent les Juifs lors du conflit mondial ne fut vraiment connu dans toute son ampleur qu’après-guerre, 2. Peut-être est-il triste ou cruel de le rappeler mais le sort des Juifs ne fut pas le souci principal ni même accessoire, des alliés pendant la guerre.  Ni Staline, lui-même antisémite, ni Roosevelt, ni Churchill, ni De Gaulle, ne s’en préoccupèrent vraiment et n’engagèrent d’action pour leur venir en aide, nonobstant leurs appels au secours.  Le souci premier de Charles Maurras était la survie de la France et son avenir. S’il s’en prit nommément à des personnalités juives bien déterminées pendant l’Occupation (comme à nombre d’autres), c’est qu’elles lui semblaient conduire des actions selon lui dangereuses et contraires aux intérêts de la France en guerre.

L’antisémitisme moderne, sans remonter à ses sources chrétiennes, pourtant réelles, trouve de fait son origine et son fondement dans les Lumières et l’Encyclopédie. L’on aurait bien du mal à exclure de la mémoire nationale toutes les personnalités illustres, françaises et autres, qui l’ont professé. Dont, en effet, Charles Maurras qui louait Voltaire de participer du « génie antisémitique de l’Occident ». Ce génie était de résistance intellectuelle et politique. Il n’était pas exterminateur. L’évidence est que les événements du XXe siècle ont jeté une tache sans-doute indélébile sur toute forme – même fort différente – d’antisémitisme. Cela est-il une raison pour reconnaître aux communautés juives de France ou d’ailleurs plus de droits d’influence qu’au commun des mortels ? Deux des présidents de la Ve république ne l’ont pas cru et ont parfois été taxés d’antisémitisme : le général De Gaulle, après sa conférence de presse de 1965 et ses considérations à propos d’Israël ; mais aussi François Mitterrand refusant obstinément – et en quels termes ! – de céder aux pressions des organisations juives de France, qu’il trouvait tout à fait excessives, pour qu’il présente les excuses de la France à propos de la déportation des Juifs sous l’Occupation (7). Ce que feront ses successeurs …

LE SOUTIEN A VICHY

Dernier des grands reproches adressés à Maurras : son soutien à Vichy. Nous n’avons pas l’intention de traiter longuement de ce sujet. Est-il encore pertinent ? Vichy est sans postérité. Il ne laisse ni héritage ni héritiers et n’est qu’un épisode tragique de notre histoire, conséquence incise du plus grand désastre national que la France moderne ait connu et qui aurait pu la tuer.

Il est absurde de définir Maurras comme « pétainiste ». Il était royaliste et contre-révolutionnaire. Qu’il ait pratiqué l’Union Sacrée en 1914-1918 ne le faisait pas républicain. Pas plus que son soutien au vieux maréchal ne fera de lui un pétainiste. Maurras ne fut pas davantage un « collabo » ; il détestait les Allemands qui le traitèrent en ennemi. Il refusa d’approuver la politique de collaboration. Il fut la cible des plus violentes attaques de la presse collaborationniste de Paris.

Entre la politique de Vichy – analogue à celle de la Prusse après Iéna ou de l’Allemagne de Weimar après l’autre guerre (finasser à la manière de Stresemann) - et la stratégie gaulliste de lutte contre l’occupant depuis l’étranger, l’on sait aujourd’hui laquelle des deux options l’a politiquement emporté. Ce n’était pas donné, c’était encore très incertain aux premiers jours de la Libération. Le grand historien Robert Aron, à propos de la politique de Vichy, pose cette question : « La Prusse après Iéna écrasée par un vainqueur intraitable n’a-t-elle pas su ruser elle aussi pour se relever et reprendre sa place parmi les États victorieux ? » (8). Une telle politique ne mérite ni opprobre ni infamie, fût-elle vaincue. C’est pourquoi François Mitterrand, comme nombre de ses pareils, devenu résistant, ne rompit jamais ses amitiés vichystes. Entre les deux mondes, il n’y eut de fossé infranchissable que pour les zélateurs intempérants d’après la bataille…

Y eut-il des excès de la part de Maurras au cours de la période considérée ? Sans aucun doute. Les maurrassiens sérieux n’ont jamais prétendu qu’il fût infaillible. Excès de plume surtout en un temps de tensions extrêmes où se jouait l’avenir de la Patrie. Croit-on qu’il n’y ait pas eu d’excès dans le camp d’en face ? Sous l’occupation et plus encore à la Libération ? Passons ! Car, pour en terminer, notre avis sur cette matière sensible, est que le président Pompidou fit une sage et bonne action lorsque, répondant aux critiques de ceux qui lui reprochaient la grâce qu’il avait accordée à l’ex-milicien Paul Touvier, il déclara ceci qui devrait servir de charte aux Français d’aujourd’hui : « Notre pays depuis un peu plus de 30 ans a été de drame national en drame national. Ce fut la guerre, la défaite et ses humiliations, l’Occupation et ses horreurs, la Libération, par contre-coup l’épuration, et ses excès, reconnaissons-le. Et puis la guerre d’Indochine. Et puis l’affreux conflit d’Algérie et ses horreurs, des deux côtés, et l’exode de millions de Français chassés de leurs foyers, et du coup l’OAS, et ses attentats et ses violences et par contre-coup la répression …  Alors je me sens en droit de dire : allons-nous éternellement maintenir saignantes les plaies de nos désaccords nationaux ? Le moment n’est-t-il pas venu de jeter le voile, d’oublier ces temps où les Français ne s’aimaient pas, s’entre-déchiraient et même s’entre-tuaient ? » (9)

Reste alors Charles Maurras, grand penseur, écrivain, poète, félibre, académicien et patriote français qui appartient au patrimoine national.  •

1. Anatole France, poème dédicatoire pour Le Chemin de Paradis de Charles Maurras 

2. Zone, Alcools, 1913 

3. Emmanuel Macron, Le 1 Hebdo, 8 juillet 2015 

4. Kiel et Tanger, 1910 (913, 1921 …) 

5. Eric Zemmour, Figaro Magazine du 2.02.2018 

6. Jean Guitton, Un siècle une vie, Robert Laffont, 1988, 361 pages 

7. Jean-Pierre Elkabbach « François Mitterrand, conversation avec un Président » (1994) 

8. Robert Aron, Histoire de Vichy, Fayard 1954, 766 pages 

9. Conférence de presse du 21 septembre 1972. 

( 21 février, 2018 )

PRESSE ET LIBRAIRIE

 

 

LE SAUT PAR LA FENÊTRE– de Louis POZZO DI BORGO – 222 pages – Editions Godefroy de Bouillon (www.godefroydebouillon.fr) – 24 €

 

Voici un nouveau et très beau roman de notre ami Louis Pozzo di Borgo. L’histoire commence par la rencontre de deux hommes lors d’une croisière, tous deux sont veufs depuis peu et n’arrivent pas à se remettre de la perte de leur épouse. Ils deviennent amis après s’être aperçus qu’ils étaient tous deux d’Oran (comme l’auteur), ville perdue par la France avec le reste de l’Algérie, abandonnée par un pouvoir félon : ils portent tous deux le deuil de l’Algérie Française. Ils resteront toujours amis et nous suivons leurs vies dans ce roman. L’un est profondément croyant, l’autre pas, ce qui provoque de profonds échanges. Ce livre, admirablement écrit, est, comme l’écrit l’auteur dans une dédicace « une longue réflexion sur la mort, Dieu, nos rapports avec le morts, la Patrie grande ou petite ».

Un très beau livre que je vous recommande.

 

VENDEE – 1793-1794 – de Jacques VILLEMAIN – 306  pages – 24 € – Editions CERF

 

Vous me direz : encore un livre sur la Vendée, mais il y en a déjà beaucoup et, finalement, nous ne pouvons plus rien n’apprendre. Et bien, non et ce livre apporte beaucoup. Il ne s’agit pas de décrire les évènements mais de les analyser juridiquement. L’auteur, diplomate et juriste, est un spécialiste international de justice et de droit pénal. Il a travaillé sur plusieurs crimes de guerre et génocide. C’est en juriste, en spécialiste de ces questions qu’il analyse ce qui s’est passé en Vendée en 1793-1794 et il se pose la question : « comment seraient-ils qualifiés au regard du droit pénal international : crimes de guerre ? Crimes contre l’humanité ? Crime de génocide ? Et qui sont ceux dont la responsabilité pénale devrait être mise en cause ? »

La réponse est claire et je vous invite à suivre le raisonnement et l’analyse de l’auteur en lisant ce livre.

 

LIBERALISME ET CATHOLICISME– de l’Abbé Ange ROUSSEL  – 224 pages, Editions de CHIRE, BP 70001, Chiré en Montreuil – www.chire.fr – 19 €

 

Il s’agit d’une réédition, ce livre ayant été écrit en 1926. Il pose la question de savoir s’il est possible d’être Catholique et libéral. La réponse est non. L’idéologie qu’est le libéralisme est profondément ennemie du catholicisme. L’auteur le démontre tout au long de ce livre. Il montre aussi lorsqu’un catholique ce veut libéral, il en vient à renier la vérité, les droits de Dieu et de l’Eglise.

Bien qu’il y ait quelques réserves à faire sur certaines de ses positions – en particulier sur son analyse du « ralliement » à la république de Léon XIII- ce livre est à lire.

 

Jean NEDISCHER

( 21 février, 2018 )

21 JANVIER A NANCY

 

La journée commença par la messe traditionnelle dite selon le rite extraordinaire de l’Eglise pour le repos de l’âme du Roi Louis XVI assassiné le 21 Janvier 1793 par les révolutionnaires au pouvoir. L’église était pleine pour cette messe. Le chapelain, dans son homélie, rappela que tous les catholiques doivent savoir pardonner, ce que recommandait d’ailleurs à son fils le Roi Louis XVI dans son testament.

 

Plusieurs dizaines de royalistes se retrouvèrent ensuite pour un repas amical (1). Nous pouvions y remarquer quelques élus de Metz venus en amis. Philippe SCHNEIDER fit un rapide bilan de l’année militante écoulée avant de passer la parole au professeur Jean-François GICQUEL qui décrivit  la situation dramatique de nos bâtiments historiques, aussi bien religieux que laïcs. Vous trouverez le texte de son intervention dans notre prochain numéro. Notre ami Jean-Marie CUNY lui succéda en évoquant la tentative de paix de 1917. Le texte de son intervention se trouve ci-dessous.

Cette réunion amicale et animée se termina par le chant de La Royale.

 

(1)   Quelques amis manquaient car partis à Paris pour la grande marche pour la vie, cette manifestation qui a réuni – malgré la pluie – près de 40.000 personnes.

 

La paix méprisée

Ce matin, à la messe en mémoire du roi Louis XVI nous avons dit lors du Pater : « Pax hominibus bonae voluntatis »… Eh bien, je voudrais justement évoquer ici un de ces hommes de bonne volonté, d’ailleurs béatifié en 2004 par le Pape Jean-Paul II. Il s’agit, vous l’avez sans doute deviné, de l’empereur de la paix, Charles 1er de Habsbourg-Lorraine.

Parmi les très nombreuses manifestations, conférences, publications, il me semble qu’aucune étude n’a été publiée concernant les tentatives de paix de 1917.

Pourtant pour le centenaire de la Grande Guerre, il y a eu abondance d’écrits divers et d’évocations en tout lieux. L’édition a particulièrement été prolixe, mais à ma connaissance aucune étude n’a été publiée concernant les tentatives de paix entamées par l’empereur Charles Ier de Habsbourg-Lorraine en 1916/1917, plus d’un an et demi avant la fin de la guerre au 11 novembre 1918… Combien de terribles combats ont eu lieu à partir de la paix refusée ? Combien de tués, de mutilés à vie, de gueules cassées, d’affreuses souffrances jusqu’à la date du 11 du 11e mois à 11h lorsque a sonné le clairon marquant la fin des combats ?

Evoquons ici un bref rappel des démarches de paix entreprises par Charles Ier aidé de ses deux beaux-frères, les princes Sixte de Bourbon-Parme et Xavier de Bourbon-Parme, frères de l’impératrice Zita, l’épouse de Charles.

Bouleversé au cours du conflit par la situation des soldats et jugeant cette guerre comme une lutte fratricide, l’empereur Charles œuvra avec acharnement pour l’établissement rapide de la paix. Cela n’était pas compris des esprits belliqueux de son entourage, ni du Kaiser Guillaume II et ses alliés.

Succédant à François-Joseph mort le 21 novembre 1916, Charles monté sur le trône tourna ses efforts en vue de la fin du sanglant conflit. Il devait déclarer : « Mon unique but est de mettre fin le plus tôt possible à cette tuerie. Je veux, je dois faire tout ce qui dépend de moi pour conclure la paix. »  L’empereur était bouleversé par les souffrances de ses peuples. Il refusait l’engrenage de la violence industrielle de la guerre qu’il avait d’abord observé sur le terrain. En tant que descendant et chef de la Maison ducale de Lorraine, Charles comprenait les droits revendiqués par la France au sujet de la restitution de l’Alsace-Lorraine à la France, sans aucune compensation.

Le 12 décembre 1916 une première approche pour la paix fut tentée par voie diplomatique, mais cette demande fut aussitôt vivement critiquée par Aristide Briand devant le Parlement français. La main tendue a donc été repoussée.

Charles s’adressa alors à son beau-frère, le prince Sixte de Bourbon-Parme en vue de négociations. Le 29 janvier 1917, les princes Sixte et Xavier se rendirent à Vienne incognito. Le 1er février les deux frères de l’impératrice Zita firent connaître au gouvernement français que l’empereur d’Autriche-Hongrie voulait entamer des négociations de paix. Sixte et Xavier se trouvaient alors à Paris. Ils rencontrairent Jules Cambon, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères pour évoquer la tentative de paix demandée par Charles 1er. Le président Raymond Poincaré n’était pas hostile à la proposition envisagée, mais les négociations semblaient compliquées. Grâce à la ténacité de Charles, la paix a pourtant failli se réaliser. Malheureusement, les deux camps opposés étaient loin de comprendre et d’approuver l’initiative de l’empereur Charles. Chez nous, Clémenceau était vigoureusement opposé à cette tentative de paix. Celui que l’on a surnommé « Le Tigre » voulait en finir avec l’Empire catholique des Habsbourg jugé archaïque…

Bref, il a beaucoup de choses à regretter. Le sujet des négociations et de la paix séparée a été évoqué dans un livre, après le conflit, par le prince Sixte de Bourbon-Parme, mais la guerre était enfin terminée et l’ouvrage n’était plus d’actualité.La double monarchie danubienne a été alors rayée de la carte par les traités de Saint Germain et de Trianon (1919-1920).

La république, les républiques, n’ont eu de cesse que d’éradiquer les souverainetés naturelles… Hélas !..

 

Jean-marie Cuny

 

( 21 février, 2018 )

La marchandisation du Panthéon

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

 

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Les médias ont annoncé ces jours-ci que Simone Veil entrera au Panthéon le 1er juillet. Ils n’ont pas dit qu’elle y côtoiera un nombre impressionnant de grands hommes qui furent notoirement et parfois furieusement antisémites dont le plus illustre et l’un des plus radicaux fut Voltaire. Encore que l’Encyclopédie et en général les Lumières sur ce sujet devenu ultra-sensible, ne seront pas en reste. Si l’on considère séparément l’antisémitisme aujourd’hui le plus réel, le plus actif et le plus virulent, celui des banlieues, étranger à notre tradition, les Lumières et l’Encyclopédie sont en effet la source de l’antisémitisme moderne.

Leurs grands hommes qui reposent au Panthéon sur la montagne Sainte-Geneviève, seront-ils radiés de la liste des personnalités objets des diverses célébrations ou commémorations nationales ? Exclus des illustres que l’on se doit d’honorer ? Cela ferait beaucoup de monde et s’étendrait aux Invalides, jusqu’au tombeau de Napoléon.

Quand le Panthéon, sous la Restauration, devint ce qu’il devait être à l’origine, que la Révolution avait empêché, c’est à dire une église, l’on demanda à Louis XVIII ce qu’il convenait de faire de Voltaire, qui moquait le catholicisme. Fallait-il l’extraire du monument ? Le roi, plus sage et moins sectaire que nos modernes censeurs, répondit à peu près ceci : « il entendra les messes de tous les jours ; ce sera pour lui une punition suffisante ». Il resta au Panthéon. Autres temps, autres mœurs. La République, les modernes, sont devenus nettement plus intolérants.

Autre information diffusée par les médias : un appel d’offres a été lancé pour l’organisation de l’événement. La chose eût-elle été faite ou publiée du temps d’André Malraux ou même du facétieux Jack Lang ? La République doit-elle sous-traiter à une entreprise l’organisation de ses cérémonies solennelles ?

Nous vivons une époque moderne, le progrès fait rage, tout s’achète et tout se vend. La marchandisation du Panthéon, du moins des célébrations qu’on y organise, doit être un de ces signes à quoi se reconnaît l’accélération de nos décadences.

( 19 février, 2018 )

Les bobards de l’intervention occidentale en Libye et au Kosovo

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

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Quelque chose est en train de bouger ou de changer dans le royaume de France. Il est ahurissant qu’ait pu paraître sur la page 18 entière du Figaro du samedi 3 février 2018 un dossier aussi accusateur et politiquement incorrect que l’interview de Rony Brauman, ex-Président de Médecins sans frontières, par le grand journaliste Renaud Girard, Normalien, adepte de la « Real Politik », épris très souvent de vérité et d’un sens minimum de l’honnêteté intellectuelle.

Rony Brauman vient en effet de faire paraître son ouvrage intitulé : « Guerres humanitaires ? Mensonges et intox » (éditions Textuel). Cette chronique dans le premier quotidien français pourrait être le point de départ d’une commission d’enquête parlementaire française sur les mensonges politico-médiatiques lors de l’intervention en Libye. Les accusations de Rony Brauman sont d’autant plus graves que le Parlement britannique a mené une enquête qui a confirmé la réalité des bobards. L’ancien Président Obama a pu qualifier l’expédition en Libye, tant vantée pourtant par Hillary Clinton, de « plus grande erreur de sa présidence ».

guerres-humanitaires-rony-brauman-161x300.jpgLes bobards dépassent en intensité ceux des armes de destruction massive de Saddam Hussein pour justifier l’intervention américaine en Irak. On peut mieux comprendre à la lumière de cet ouvrage l’indignation des Russes et le désir de Poutine de ne pas être de nouveau le dindon de la farce en Syrie.

Contrairement à ce qui a été prétexté, la rébellion armée de Benghazi était parfaitement à même de se défendre et de protéger son territoire. Personne n’a jamais vu, à supposer qu’elle ait existé, la prétendue colonne de chars de Kadhafi. Il n’était de toute façon pas nécessaire de commencer une guerre ; de simples survols de la « colonne fantôme » ou des tirs d’arrêt auraient suffi.

Le colonel Kadhafi qui prétendait dans ses discours enflammés aller chercher les opposants « ruelle par ruelle », n’avait pas les moyens d’écraser la rébellion de Benghazi. L’attaque de manifestants à Tripoli par les avions de Kadhafi n’a également jamais eu lieu. Sarkozy, Cameron et Obama ont pu cependant déclarer : « Un chef d’Etat qui envoie son aviation contre son peuple n’est plus digne de gouverner ; il doit partir ».

De même les charniers de Benghazi et de Tripoli n’ont jamais existé. Le représentant de la ligue libyenne des droits de l’homme faisait pourtant état de six mille morts ensevelis à la hâte en une dizaine de jours. La quasi-totalité des médias, des hommes politiques et des intellectuels ont repris et divulgué en 2011 cette fausse information.

IL y a ceux qui voient ce qu’ils croient et ceux qui, comme les patriotes, croient ce qu’ils voient. La guerre était en réalité voulue par l’Occident. Il s’est passé seulement 5 semaines entre la première manifestation à Benghazi du 15 février 2011 et l’attaque aérienne française du 19 mars. Toutes les tentatives de médiation (Union africaine, Turquie, Sénégal, Afrique du Sud) ont été repoussées. Voilà ce que le politiquement correct et l’infâme BHL appellent une guerre juste !

A noter qu’il en a été de même pour la guerre déclenchée par l’Otan en mars 1999 qui a bombardé pendant 83 jours Belgrade et les populations civiles serbes alors que la  Serbie souhaitait reprendre le contrôle du Kosovo, son berceau mythique ancestral avec ses monastères, perdu le 28 juin 1389 face à l’empire ottoman lors de la bataille du Champ des Merles, envahi par l’immigration d’origine albanaise devenue majoritaire.

La véritable raison de l’agression par l’hyper-puissance américaine était alors le désir de justifier le maintien de l’organisation militaire de l’OTAN, de narguer les Nations-Unies, la Chine, l’Europe et la Russie, d’affaiblir l’Europe en favorisant le multi-ethnisme et l’islam, de poursuivre l’expansion militaire à l’Est et d’implanter la plus grande base militaire hors des Etats-Unis de « Bondsteel » forte de 10 000 hommes.

Le droit de l’hommiste Bill Clinton avait eu alors le toupet de dire : « Nous intervenons pour édifier un Kosovo pacifié et multi-ethnique ».

Marc Rousset

( 16 février, 2018 )

Proposition de loi visant à reconnaître les crimes contre la Vendée

 

Lu sur « le salon beige ».

La république, qui dénonce des crimes – parfois imaginaires ! – dans le monde, saura-t-elle reconnaître les siens ?

 

Les députés Emmanuelle Ménard et Marie-France Lorho ont déposé une proposition de loi

visant à la reconnaissance des crimes commis contre la population vendéenne en 1793-1796 et annulant les lois en exécution desquelles ils ont été commis

Elles expliquent :

Index« Les opérations militaires connues sous le nom de « guerre de Vendée » ont causé la mort d’environ 200 000 personnes dont 170 000 habitants de la Vendée et 30 000 morts parmi les forces chargées de la répression contre la « Vendée militaire ». Au cours des années 1793 à 1796, 20 à 25 % de la population de cette région a péri. Cette guerre a été scandée par des massacres systématiques de prisonniers vendéens, par des pillages et des destructions massives des biens de la population vendéenne (leurs habitations, leurs récoltes, leurs troupeaux), ainsi que par de nombreux actes de barbarie (viols, tannerie de peaux humaines, utilisation de graisse humaine pour fabriquer du savon…). Les expéditions des « colonnes infernales » (de janvier à mai 1794) ont perpétré des crimes qui seraient qualifiés aujourd’hui, selon les cas, de crimes de guerre, de crime contre l’humanité ou de génocide.

Ces violences ont été ordonnées par plusieurs lois votées par la Convention nationale et exécutées par les armées aux ordres du Comité de salut public, sous la surveillance constante des Représentants en mission, membres de cette même Convention et investis par elle sur proposition de ce même Comité de salut public. Trois lois majeures sont à l’origine de ces faits. [...]

La Convention de l’ONU pour la prévention et la répression du crime de génocide du 9 décembre 1948, définit ce crime comme étant constitué par divers actes commis dans l’intention de « détruire en tout ou partie, un groupe national, racial, ethnique ou religieux, comme tel ». La jurisprudence des Tribunaux Pénaux Internationaux (pour le Rwanda - TPIR - et pour l’ex-Yougoslavie - TPIY) a précisé l’interprétation de cette définition puisque le crime de génocide peut être défini à partir d’un ensemble d’éléments nationaux, raciaux, ethniques et religieux. Ces critères peuvent s’entendre de manière objective (c’est-à-dire de manière factuelle) mais aussi subjective (c’est-à-dire du point de vue du persécuteur). Cette dernière interprétation s’impose dès lors que le critère racial n’existe que de manière subjective : les races n’existent que dans l’esprit des racistes.

Pour déterminer si les Vendéens ont fait l’objet d’un génocide, il convient de se demander s’il a existé, ou non, un « groupe vendéen » (dans l’esprit de la Convention, de son Comité de salut public et des armées placées sous leur autorité) dont la destruction totale ou partielle, en raison de sa seule existence, aurait été recherchée. [...]

Concrètement, le « groupe vendéen » peut être défini à partir de traits ethniques (ce sont des ruraux qui défendent un modèle social villageois traditionnel contre des élites urbaines qui veulent la promotion d’une société différente) mais surtout religieux. Devenus hors la loi, la foi catholique a été ardemment défendue par les Vendéens contre un régime qui voulait imposer une nouvelle religion.

Mais surtout ce groupe se définit, selon la jurisprudence pénale internationale, par le regard stigmatisant des autorités parisiennes qui exigeaient l’anéantissement de cette « race mauvaise », « race rebelle », « race maudite », « race infernale », « race de brigands », « race abominable », « race impure » et qui « doit être anéantie jusqu’au dernier » selon les mots du représentant du peuple Garnier de Saintes, envoyé en mission auprès de l’armée de l’Ouest pour surveiller la mise en œuvre de ce programme.

Le XIXème siècle est marqué par un déni où l’affirmation de l’idéal républicain n’était pas compatible avec la reconnaissance de la nature criminelle des violences commises par la Terreur en général et des massacres commis en Vendée en particulier.

À partir des années 1960, il apparaît dans les travaux universitaires que les violences de la Terreur ne pouvaient être excusées au nom de la « théorie des circonstances », mais qu’elles ont bien constitué la mise en œuvre d’une politique délibérée. La République étant désormais la forme du gouvernement de la France, elle n’a plus besoin d’être protégée par un mythe révolutionnaire dans lequel il n’était pas possible de distinguer le bien du mal, la gloire du crime.

L’article 1 de la présente proposition de loi vise à rétablir la mémoire historique nationale. L’opposition au régime républicain a longtemps été nourrie de la dénonciation des violences criminelles du régime de 1793-1794, c’est pourtant au nom de ce même idéal républicain qu’il convient aujourd’hui de reconnaître la nature criminelle des actes perpétrés à cette époque.

L’article 2 entend dénoncer la survivance des lois qui ont ordonné le génocide des Vendéens dans l’arsenal juridique français. Elles n’ont, en effet, jamais été abrogées. Pourtant elles sont la négation même des principes régissant la Déclaration des droits de l’homme de 1789.

L’article 3 vient préciser que cette proposition de loi n’ouvre la voie ni à des sanctions ni à des réparations qui, après deux siècles, seraient dépourvues de sens. »

( 16 février, 2018 )

Macron en Corse : un jacobin au service de Bruxelles

 

 

Pourquoi aurions-nous à prendre parti pour Macron contre les prétendus « nationalistes » corses, ou, au contraire, pour les seconds contre le premier ?

Le succès récent, aux premières élections territoriales de la nouvelle collectivité, des autonomistes (représentés par Simeoni) et des indépendantistes (représentés par Talamoni) sous la marque déposée « nationaliste », est indéniable. Comme l’est l’apparente fermeté de Macron, lors de son voyage récent sur l’Ile de Beauté, face à des revendications inacceptables en tant que telles. Elles sont de trois ordres.

Des revendications inacceptables

Les premières sont anticonstitutionnelles. Il en est ainsi de la co-officialité de la langue corse, le français étant l’unique langue officielle de la « république » (article 2 de la Constitution), c’est-à-dire de l’Etat français. Ou du statut de résident, qui aboutirait à dénier aux autres citoyens français l’exercice de leurs pleins droits sur une partie du territoire national. Certes, une modification de la Constitution est toujours possible ; il en a été ainsi en Nouvelle-Calédonie pour favoriser les indépendantistes par la création, sous Mitterrand, d’une catégorie propre à l’archipel de sous-citoyens français auxquels il sera interdit de voter à l’automne prochain lors du scrutin d’autodétermination. Nul doute que, s’agissant du statut de résident, même si c’est la question immobilière que les séparatistes mettent aujourd’hui en avant, c’est à l’exemple néocalédonien qu’ils pensent, dans l’espoir d’un futur référendum sur l’indépendance de l’île.

Les secondes exigences sont insupportables au plan éthique, puisqu’elles visent à faire passer pour des prisonniers politiques de vulgaires et lâches terroristes, comme l’assassin du préfet Érignac.

La troisième série d’exigences — les moins choquantes — a trait à la fiscalité, la Corse ayant déjà, du reste, un statut fiscal dérogatoire qui remonte au Consulat, en raison de son insularité. Macron a fait justement observé qu’une éventuelle réforme fiscale entraînerait nécessairement une réduction équivalente des importantes dotations de l’Etat attribuées à l’île.

Doit-on dès lors applaudir la fermeté de Macron, qui a refusé, apparemment comme un Jacobin pur sucre, toutes ces exigences ? Natacha Polony se trompe lorsque le 9 février dernier, dans FigaroVox, elle écrit qu’ « en opposant un mépris suffisant aux légitimes aspirations corses d’une démocratie plus proche du peuple, Emmanuel Macron est passé à côté de l’Histoire », ajoutant : « On attendait de Gaulle, il n’y eut que Guy Mollet » — pense-t-elle au président du Conseil envoyant le contingent en Algérie pour y organiser la répression ? Dans ces conditions, elle irait encore plus loin que les séparatistes qui se sont contentés, dans un jeu de rôles des plus classiques, de qualifier de « haineux, provocateurs et méprisants » les propos du chef de l’Etat, menaçant, il est vrai, du retour à la situation chaotique qui a prévalu des années 70 jusqu’à une période relativement récente.

Un problème corse ?

Il existe un problème corse, dont témoigne l’élection de cette chambre introuvable pour les « nationalistes ». Mais, paradoxalement, ces élections territoriales sont le copié-collé des élections présidentielle et législatives nationales.  Les Corses, en portant au pouvoir une majorité « nationaliste » n’ont fait rien d’autre que de chercher à se débarrasser de leur vieille classe politique vermoulue sur l’île comme les Français, en général, de la leur en élisant Macron et une assemblée En marche. Mais c’est, dans les deux cas, sans enthousiasme puisque l’abstention a frôlé les 48 % au second tour en Corse.

Surtout, pour nous, qui ne sommes pas jacobins, le problème posé par une population française à forte identité culturelle régionale ne saurait être résolu dans le cadre d’un régime républicain, incapable de décentraliser sans nuire à l’unité nationale. Ou plus exactement, c’est la République qui fait de ces identités régionales autant de problèmes, alors même qu’une monarchie fédérative forte pourrait les laisser s’épanouir sans que leur particularité menaçât l’unité du Royaume. Ce que n’a pas vu Natacha Polony. Et refusent de voir tous ceux qui voudraient en finir avec un jacobinisme effectivement mortifère pour les forces vives de la nation, mais sans remettre en cause les institutions qui le rendent nécessaires.

Corse… et Européen !

Ou du moins le rendaient nécessaire. Car ne commettons aucun contresens sur la prétendue attitude de fermeté de Macron. Son jacobinisme, si jacobinisme il y a, n’est au service ni de la République ni, encore moins, de la France. Outre que M. En-Même-Temps s’est dit favorable à une reconnaissance de la Corse dans la Constitution, par un aménagement de son article 72 consacré aux collectivités territoriales, reconnaissance qui ouvrira la boîte de Pandore de revendications régionalistes plus ou moins fondées, il a surtout avoué son désintérêt du maintien de la Corse dans l’ensemble français comme tel, en déclarant : « Personne ne vous reprochera de vous dire Corse et Français, Français parce que Corse, Corse parce que Français, Européen… Dans cette identité indissociable je veux ouvrir avec la Corse cette page pour qu’elle puisse réussir. »  Oui, qu’allait donc faire l’Europe en cette galère ? N’oublions pas que le nouveau manifeste d’En marche, adopté à la fin de l’année dernière, a supprimé toute référence à la France et à la nation : seule l’Europe y subsiste. En étendant l’« identité indissociable » constituée par le fait d’être corse et français au fait d’être européen, Macron met sur le même plan l’appartenance à une institution supranationale et celle à une patrie, une histoire et une culture. Il dilue l’identité nationale et régionale dans le fourre-tour européen. Comme l’a montré l’exemple catalan, l’Europe ne favorise plus, directement du moins, l’éclatement des Etats-nations, à partir du moment où elle les a affaiblis suffisamment pour imposer ses directives. Pourquoi favoriserait-elle, du moins dans l’état actuel des choses — il peut changer —, de nouvelles communautés jalouses de leur jeune souveraineté, quand les vieux Etats ne sont plus jaloux de la leur ? Des régions à forte identité pourraient devenir, dans ce grand espace bureaucratique soumis au mondialisme, autant de grains de sable dans une mécanique désormais bien huilée. Macron, dont l’horizon indépassable est l’Europe, n’est jacobin que dans la mesure où son « jacobinisme » est au service de Bruxelles.

François Marcilhac

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