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( 13 novembre, 2017 )

Les Actes de succession dynastique des chefs de la Maison de France

 

 

Lu sur le blog « la Couronne » ce rappel intéressant.

 

Depuis plus d’un millénaire, trois familles distinctes par les hommes mais unies entre-elle par les femmes, se sont succédé à la tête de la France. L’abolition de la monarchie en 1830 et 1848 a certes fait tomber les Rois, mais il reste leurs héritiers qui, dans l’attente de pouvoir servir la France à leur tête, se contentent d’être « chefs de la Maison de France », gardiens attentifs d’une tradition royale qui a fait la prospérité de Notre Pays.

Cette continuité dynastique, que la République ne pourra pas empêcher, est la force de cette famille. Dès l’instant où un chef de la Maison de France expire, la seconde suivante, l’incarnation dynastique se retrouve toute-entière dans le corps de son successeur. Aussi, chaque chef de la Maison de France, à la mort de son prédécesseur, a tenu à faire une déclaration symbolique par laquelle il revendiquait ses droits. Louis XIX (1836-1844), Henri V (1844-1883), Philippe VII (1883-1894), Philippe VIII (1894-1926), Jean III (1926-1940), Henri VI (1940-1999) et enfin Henri VII (depuis 1999) : tous ont signés de tels actes. Nous vous proposons un tour d’horizon de ceux-ci.


Les Actes de succession dynastique des chefs de la Maison de France dans Princes 19Louis XIX, comte de Marnes (1836-1844) :

« Pendant la vie du Roi, mon auguste père, mes devoirs de fils soumis et de sujet m’imposaient un respectueux silence sur des questions dont la direction n’appartenaient qu’à lui seul.

Aujourd’hui que Dieu l’a rappelé dans son sein, je regarde comme un devoir pour moi envers la France et ma famille, dont je suis maintenant le chef, de faire connaître ma volonté. En conséquence, je déclare persister dans l’intention où j’étais à l’époque des évènements de juillet 1830, de transmettre la couronne à mon bien-aimé neveu, le Duc de Bordeaux ; mais dans les circonstances actuelles, l’intérêt des enfants de mon bien-aimé frère, le Duc de Berry, exige que je sois en réalité chef de ma famille : et, pour en exercer les droits, je dois être investi de l’autorité royale. Je prends donc le titre de Roi, bien résolu à ne faire usage du pouvoir qu’il me donne que pendant la durée des malheurs de la France, et à remettre à mon neveu, le Duc de Bordeaux, la couronne, le jour même où, par la grâce de Dieu, la monarchie légitime sera rétablie. Car telle est ma volonté.

Fait à Goritz le 8 novembre 1836″

Comte de Damas d’Anlezy, « L’éducation du duc de Bordeaux », Revue des Deux Mondes, Paris, 1er octobre 1902, p. 637.


h5 dans PrincesHenri V, comte de Chambord (1844-1883) :

« Devenu, par la mort de Monsieur le comte de Marnes, le chef de la maison de Bourbon, je regarde comme un devoir de protester contre le changement qui a été introduit en France, dans l’ordre légitime de succession à la couronne, et de déclarer que je ne renoncerai jamais aux droits que, d’après les antiques lois françaises, je tiens de ma naissance. Ces droits sont liés à de grands devoirs, qu’avec la grâce de Dieu, je saurai remplir. Toutefois je ne veux les exercer, que lorsque, dans ma conviction, la Providence m’appellera à être véritablement utile à la France. Jusqu’à cette époque, mon intention est de ne prendre dans l’exil, où je suis forcé de vivre, que le titre de comte de Chambord. C’est celui que j’ai adopté en sortant de France. Je désire le conserver, dans mes relations avec les cours »

Goritz, le 4 juin 1844.

 

Lettre du comte de Chambord à l’empereur d’Autriche, reproduite dans Le comte de Chambord et les siens en exil de Luigi Bader (1983), p. 128-129.


philippe7Philippe VII, comte de Paris (1883-1894) :

« Je suis le chef de la Maison de France et il m’appartient de conduire le deuil de mon prédécesseur, avec le chef de la Maison d’Autriche, dans les États duquel il est mort.

Phrase prononcée le 2 septembre 1883 à Goritz, alors que la comtesse de Chambord lui déniait le droit de conduire les obsèques du comte de Chambord, au profit des Bourbon d’Espagne et du duc de Parme, au prétexte que l’inhumation du comte de Chambord devait être familiale et non politique. »

Rapporté dans Le Gaulois du 4 septembre 1883.


philippe8Philippe VIII, duc d’Orléans (1894-1926) :

« C’est avec une douloureuse émotion que je reçois l’hommage de votre dévouement et vous en remercie ; votre présence ici ne témoigne pas seulement de votre attachement pour celui que nous avons perdu : elle est aussi la preuve de la fidélité au principe de la monarchie nationale et traditionnelle dont je suis le représentant et dont il m’a transmis l’héritage.

Je connais les droits que cet héritage me confère et les devoirs qu’il m’impose envers la France. Guidé par des magnifiques exemples que mon père m’a donnés pendant sa vie et qu’il a consacrés par sa mort, si courageusement envisagée et si chrétiennement acceptée ; fortifié par votre concours, par celui des amis absents qui, de tous les points de la France, m’ont déjà fait parvenir l’expression de leur dévouement, et faisant appel à tous les hommes de cœur, je remplirai sans défaillance la mission qui m’incombe.

Quoique jeune encore, j’ai la conscience de mes devoirs ; avec mon grand amour pour la France, je consacrerai tout ce que j’ai de force et d’énergie à les accomplir, et, avec l’aide de Dieu, je les accomplirai. »

Allocution prononcée par le duc d’Orléans le 12 septembre 1894 à Londres, après les obsèques de son père, le comte de Paris.

Reproduit dans : La monarchie française, lettres et documents politiques (1844-1907) du duc d’Orléans, p. 225-226.


jean3Jean III, duc de Guise (1926-1940) :

« Chef de la Maison de France par la mort de Monseigneur le duc d’Orléans, j’en revendique tous les droits, j’en assume toutes les responsabilités, j’en accepte les devoirs.

Je remercie tous ceux dont l’affection et le dévouement ont adouci les quarante années d’exil de Celui que Dieu vient de rappeler à lui. Exilé moi-même à mon tour, ainsi que mon fils, je leur demande de reporter sur nous leur fidélité et leur attachement. Je compte sur la discipline de chacun pour atteindre le but de tout Français : la grandeur et la prospérité de notre chère Patrie »

Palerme, le 6 avril 1926.

 

Rapporté dans Le comte de Paris et sa descendance (1998) de Philippe de Montjouvent, p. 39.


h6Henri VI, comte de Paris (1940-1999) :

« Je tiens à vous faire part du deuil qui frappe tous les royalistes. La mort du Duc de Guise, mon père, m’est une nouvelle et cruelle épreuve.

Chef de la Maison de France, dépositaire des traditions royales, je suis fermement décidé à travailler au redressement de la France et à lui rendre dans le monde la place que mes ancêtres avaient su lui conquérir. »

Larache, le 28 août 1940.

L’Action française, le 31 août 1940.


h7Henri VII, comte de Paris, duc de France (depuis 1999) :

« A l’aube du XXIe siècle, j’assume désormais la responsabilité historique qui incombe au chef de la Maison royale de France.

Au moment où la France voit sa souveraineté et son identité remise en cause, je ressens, comme tant de Français, l’impérative nécessité de construire ensemble un avenir digne de nos espérances. Je suis prêt à accompagner et à assumer, avec tous ceux d’entre vous qui y sont préparés cette formidable mutation. C’est pourquoi, à l’image de mes ancêtres les premiers Capétiens bâtisseurs de la France, je demande aux Françaises et aux Français de me soutenir dans cette tâche porteuse de leurs espoirs. La vocation du chef de la Maison royale de France est à cet égard de demeurer le ferment d’équilibre et d’unité de notre diversité. Plus nous serons conscients de la dignité de l’homme et du rôle de chacun au sein de nos communautés naturelles, mieux nous pourrons répondre à la mission dynamique de la France en Europe »

Rapporté dans Le Figaro du 21 Juin 1999, dans un article signé par Stéphane Bern.

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