( 15 avril, 2017 )

« The King »

 

 

Le King a-t-il sa place dans ce blog de la Lorraine Royaliste ? Grave question.

Le King, bien sûr, c’est le roi, donc parlons-en. A vrai dire, j’évoque ce personnage parce qu’il est récemment décédé.  Chuck Berry un des rois de cette musique qui a déferlée chez nous au début des années 1960. Je veux parler ici du « Rock-and-Roll ».

C’était au temps où l’armée américaine  était basée en partie en lorraine, depuis la Libération. Je travaillais alors au camp de T.D. qu’il fallait prononcer Ti-di (Toul-dépôt) en forêt de Haye, au mess des officiers américains. Chez eux, le chanteur alors à la mode était un Sudiste surnommé The King, Elvis Presley de son vrai nom. Je devais alors faire connaître ce chanteur aux jeunes Nancéiens de cette époque, puisque j’ai possédé ses disques.

A l’exemple de Saint-Germain-des-Prés avec ses caves où se produisaient les musiciens alors à la mode, tel le populaire Sydney Bechet, j’avais aménagé une vaste cave cours Léopold avec piste de danse. En ce lieu les disques du King Presley avaient remplacé Bechet (Les oignons. Petite Fleur…). Bref, le Rock-and-Roll était lancé à Nancy… Très peu de temps après, un ami Nancéien, Jean-Claude Berthon, lançait la toute première revue sur cette nouvelle musique et ses interprètes. Sous le titre de « Disco-Revue », ce magazine connu un immense succès national. Nous avons fait venir alors à Nancy des vedettes internationales du rock, tel Gene Vincent, puis des groupes Français débutants, comme Johnny Halliday, que j’avais connu à ses débuts à Bandol ou je travaillais à l’époque. Plusieurs groupes de ce style furent créés à Nancy. Mon frère, dit Mickey, était chanteur dans l’une de ces formations qui jouait alors le plus souvent sur scène dans la vaste salle du Lux, rue de Mon-désert. Un soir, où il était tête d’affiche, il se produisait au théâtre de Lunéville. La salle était pleine. Curieusement, parmi le public se trouvait un groupe de jeunes filles anglaises (d’échanges scolaires, il me semble). Bref, mon frère chanteur qui ne connaissait pas un mot d’Anglais à braillé dans le micro, couvert en partie par les guitares et la batterie, les airs à la mode du King Presley et Little Richard. Inutile de dire la confusion du frangin quand il a appris la présence des jeunes anglaises parmi le public ; sa prononciation en anglais n’était certes pas fameuse, mais les airs de l’époque étaient uniquement interprétés en cette langue.

Supplanté par la revue Salut les Copains, qui avait les formidables appuis d’Europe N°1, Jean-Claude Berton a sabordé Disco-Revue, pour devenir organisateur de concerts de rock et de folk. Puis, il est revenu à Nancy pour ouvrir une boutique de disques sur la place Thiers.

Ainsi, une mode chasse une autre. Le rock est aujourd’hui remplacé par le rap.  Johnny est devenu, tout comme moi, un vieux bonhomme !

(En ce temps-là, que je viens de survoler, j’étais jeune et beau… Désormais, je ne suis plus que beau !).

 

Jean-Marie Cuny

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