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( 31 octobre, 2016 )

Pour démentir Mennucci … La Fédération Royaliste Provençale écrit à J.Cl. Gaudin : Les violences de l’ultra-gauche, ça suffit !

 

lu sur « lafautearousseau »

 

Nous avons rendu compte à maintes reprises de cette sorte de collusion entre députés PS des Bouches-du-Rhône - dont un certain nombre mis en examen - et le quotidien régional La Provence, collusion en soutien des groupes ultra-violents de gauche radicale dans leurs agressions contre l’Action française à Marseille. De quoi s’agit-il ? En gros, d’interdire ses réunions, d’agresser physiquement ses militants, de saccager périodiquement son local, d’en obtenir la fermeture et, à terme, de faire prononcer l’interdiction pure et simple du mouvement.  

Nous publions ci-dessous deux lettres qui résument bien cet état de faits.

Primo, une lettre de Patrick Mennucci à Jean-Claude Gaudin, tout à fait dans l’esprit que nous avons décrit au paragraphe précédent.

Secundo, un courrier adressé au même Jean-Claude Gaudin par la Fédération Royaliste Provençale. Celle-ci, implantée à Marseille et en Provence depuis des décennies, jouissant dans la région d’une notoriété et d’une estime reconnues , vise dans cette lettre à rétablir la vérité des faits et à garantir la pleine liberté d’expression des idées royalistes et d’Action française.

Soutien et amitié aux organisations concernées et à leurs militants !  LFAR  •

 

Lettre de Patrick Menucci

à Jean-Claude Gaudin

 

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Monsieur Jean-Claude Gaudin

Sénateur-Maire de Marseille,

Hôtel de Ville de Marseille,

Quai du Port

13002 Marseille

Marseille le 21 octobre 2016

Monsieur le Maire,

Depuis deux ans, l’Action Française occupe un local, sis au 14 rue Navarin Marseille 6ème.

Ce local accueille des réunions rassemblant jusqu’à 50 personnes. Ces manifestations causent un tapage permanent sur le trottoir où se déroulent une partie de la réunion et des débats.

Par ailleurs, la nature de l’organisation Action Française qui développe des positions d’extrême droite très violentes conduit à des affrontements. des rixes, des blocages du quartier, des nuisances sonores et des graffitis protestataires. La mobilisation régulière des policiers autour de ce local est particulièrement choquante au regard des autres missions sécuritaires des forces de l’ordre.

De plus, la transformation d’un local commercial en salle de réunion nécessite la production d’un dossier dit ERP (Etablissement Recevant du Public) qui n’a manifestement pas été déposé par l’Action Française. Il m’apparaît donc que la destination ce local ne correspond pas à son utilisation.

Comme député de la circonscription je réclame que soient contrôlés :

1/ Les clauses du bail qui autorisent à recevoir du public dans une salle de réunion.

2/ Le respect des obligations d’accessibilité et de sécurité définis par le code de la construction et de l’habitation et, si tel est le cas, l’existence de l’attestation de conformité déposée en préfecture.

Je rappelle que la non conformité aux obligations ERP sont passibles d’une amende de 250 000 € pour les personnes morales qui n’en respectent pas les règles.

Il me semble qu’en fonction de ce qui précède et après que les vérifications soient engagées, une fermeture administrative de ces locaux s’impose, et, c’est ce que je vous demande afin de préserver l’ordre public et la tranquillité de la rue Navarin.

Je vous prie d’agréer. Monsieur le Maire, l’expression de ma considération la plus distinguée.

Patrick Mennucci

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Permanence Parlementaire – 2 rue de la République – 13001 Marseille – 04.91.31.10.76 -  pmenucci@asemblée-nationale.fr

 

La Fédération Royaliste Provençale écrit 

au Maire de Marseille

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Marseille le 26 octobre 2016

Monsieur le Maire,

 

Nous avons eu connaissance – via les réseaux sociaux d’extrême-gauche – du courrier nous concernant que le député PS de la 4ème circonscription des Bouches-du-Rhône, Monsieur Patrick Mennucci, vous a adressé le 21 octobre.

La présentation des faits motivant la requête qu’il vous transmet nous paraît à ce point tendancieuse et chargée d’erreurs factuelles ou d’omissions que nous y voyons l’occasion et le motif de vous saisir nous-mêmes des graves problèmes que nous rencontrons depuis environ deux ans pour l’utilisation paisible du local de notre association, qui en est propriétaire, 14 rue Navarin.

Il s’agit de menaces physiques, y compris menaces de mort ; de dégradations et dommages récurrents d’ordre matériel ; d’agressions également récurrentes, interdiction de tenir réunion, interdiction de parole et même de propriété et d’existence « dans le quartier de La Plaine ».

M. Patrick Mennucci semble ignorer ces agissements et leur origine : des groupes d’ultragauche, ultra-radicaux, de cette même mouvance qui agresse en ce moment les Forces de l’ordre avec la plus extrême violence et motive leur colère et leurs manifestations ; des groupes armés, semi-clandestins, s’exprimant impunément via les réseaux sociaux.

En imputant aux soi-disant « violences de l’Action Française » la situation dont il vous saisit, M. Patrick Mennucci se fait ainsi sinon le complice au moins le soutien de ces groupes de casseurs de la gauche radicale ainsi que de leurs exactions. A l’instar, d’ailleurs, du quotidien La Provence. Or ce sont ces groupes qui sont à l’origine de l’agitation et des violences qui troublent à l’heure actuelle le quartier et le voisinage et requièrent l’intervention des forces de police.

Ainsi, encore tout récemment, le vendredi 7 octobre, des jeunes-gens qui quittaient notre siège ont été agressés et frappés en pleine rue. Trois d’entre eux ont dû être hospitalisés, l’un blessé au crâne, deux autres ayant eu le bras cassé ont dû subir une intervention chirurgicale les jours suivants. (Clinique Bouchard). Le vendredi 21 octobre, le jour même où M. Patrick Mennucci vous adressait son courrier, une nouvelle agression du siège de l’association s’est produite en fin de soirée rue Navarin, un jeune-homme a été blessé au front, a dû être conduit à l’hôpital, etc.

Le rappel de ces faits disqualifie selon nous M. Patrick Mennucci dans sa requête de contrôle et sanction contre l’Action Française Provence.

Nous voudrions dire en conclusion qu’en tous temps l’Action Française a disposé paisiblement de locaux à Marseille (Place Castellane – rue Dieudé – rue Pavillon) qu’elle a organisé de multiples conférences ou grandes réunions comme en son temps à Montmajour et aux Baux de Provence qui se sont toujours déroulées sans incident. La situation dont vous saisit M. Patrick Mennucci – et qui, en effet, gêne le voisinage – n’est manifestement pas de notre fait.

Enfin, sur l’assimilation d’aspect juridique que fait M. Patrick Mennucci entre un « ERP » et le siège d’une association, nous émettons les plus grands doutes.

Veuillez agréer. Monsieur le Maire, l’expression de notre considération très distinguée.

Jean GUGLIOTTA

Jérémy PALMIERI

Gérard POL

( 31 octobre, 2016 )

L’administration Obama a-t-elle favorisé les musulmans au détriment des chrétiens ?

 

Lu sur Aleteia cette grave accusation qui conforte dans l’idée que Mme Clinton est vraiment un danger.

Voici peut-être la plus inquiétante des révélations Wikileaks.

 

L’une des révélations les plus explosives de Wikileaks semble être, une fois de plus, superbement ignorée des médias mainstream américains. Selon les e-mails du camp démocrate rendus publics par les hackeurs de Julian Assange, l’administration Obama n’a pas seulement écarté les candidatures de chrétiens aux postes offerts par le gouvernement fédéral, mais a privilégié les candidats musulmans, en violation de la Constitution américaine, qui stipule qu’ « aucun questionnaire portant sur la religion ne sera imposé pour juger de l’aptitude d’un candidat à l’exercice de fonctions ou charges publiques aux États-Unis ».

Il est d’ailleurs ironique que l’un des e-mails proposant un test religieux décisif pour les emplois gouvernementaux privilégiant les musulmans sur les chrétiens, a été écrit par une ancienne présidente de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale, la juriste démocrate Preeta Bansal. Cette commission fut créée par les Républicains, alors majoritaires au Congrès (la chambre haute du Parlement, Ndlr) et échappera à la vindicte d’un président Clinton trop faible politiquement pour la combattre à la fin des années 1990, en raisons des trop nombreux scandales qui entachaient sa présidence. Les démocrates, faute de la supprimer, réussirent vraisemblablement à la détourner de sa vocation initiale sans difficulté.

« J’ai exclu ceux qui sont d’origine arabo-américaine mais qui ne sont pas musulmans »

Dans un e-mail daté du 29 septembre 2008, Preeta Bansal (qui avait servi dans l’administration Clinton dans les années 1990) a envoyé à John Podesta une liste de citoyens américains musulmans à prendre en considération pour certains postes fédéraux qualifiés. Le spoil system américain prévoit le renouvellement complet de l’administration fédérale américaine lorsqu’un président quitte le bureau ovale. M. Podesta, dont la correspondance n’en finit plus de susciter la polémique, figurait alors dans l’organigramme de l’équipe de « transition » d’Obama entre son élection et sa prise de fonction, chargée de mener à bien les recrutements. Il ne cessera plus de graviter dans les cercles du pouvoir démocrate jusqu’à devenir le directeur de campagne d’Hillary Clinton.

L’une des révélations les plus explosives de Wikileaks semble être, une fois de plus, superbement ignorée des médias mainstream américains. Selon les e-mails du camp démocrate rendus publics par les hackeurs de Julian Assange, l’administration Obama n’a pas seulement écarté les candidatures de chrétiens aux postes offerts par le gouvernement fédéral, mais a privilégié les candidats musulmans, en violation de la Constitution américaine, qui stipule qu’ « aucun questionnaire portant sur la religion ne sera imposé pour juger de l’aptitude d’un candidat à l’exercice de fonctions ou charges publiques aux États-Unis ».

Il est d’ailleurs ironique que l’un des e-mails proposant un test religieux décisif pour les emplois gouvernementaux privilégiant les musulmans sur les chrétiens, a été écrit par une ancienne présidente de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale, la juriste démocrate Preeta Bansal. Cette commission fut créée par les Républicains, alors majoritaires au Congrès (la chambre haute du Parlement, Ndlr) et échappera à la vindicte d’un président Clinton trop faible politiquement pour la combattre à la fin des années 1990, en raisons des trop nombreux scandales qui entachaient sa présidence. Les démocrates, faute de la supprimer, réussirent vraisemblablement à la détourner de sa vocation initiale sans difficulté.

« J’ai exclu ceux qui sont d’origine arabo-américaine mais qui ne sont pas musulmans »

Dans un e-mail daté du 29 septembre 2008, Preeta Bansal (qui avait servi dans l’administration Clinton dans les années 1990) a envoyé à John Podesta une liste de citoyens américains musulmans à prendre en considération pour certains postes fédéraux qualifiés. Le spoil system américain prévoit le renouvellement complet de l’administration fédérale américaine lorsqu’un président quitte le bureau ovale. M. Podesta, dont la correspondance n’en finit plus de susciter la polémique, figurait alors dans l’organigramme de l’équipe de « transition » d’Obama entre son élection et sa prise de fonction, chargée de mener à bien les recrutements. Il ne cessera plus de graviter dans les cercles du pouvoir démocrate jusqu’à devenir le directeur de campagne d’Hillary Clinton.

( 29 octobre, 2016 )

AYONS UNE PENSEE POUR EUX

 

 

MORTS POUR LA FRANCE : les MARTYRS DE L’ALGÉRIE FRANÇAISE

 

 

Le Colonel Jean-Marie BASTIEN-THIRY
Ce jour-là était un samedi. Jean devait garder les fillettes pendant que Geneviève ferait les courses.
Pourtant, de bon matin, il prétendit devoir conduire sa voiture au garage pour une petite réparation. Il promit de revenir très vite. Il ne rentrerait plus.
Le Colonel Bastien-Thiry avait choisi. La compassion d’un homme pour ses frères abandonnés et suppliciés avait été la plus forte.
On a dit de lui qu’il était un activiste assoiffé de pouvoir. Les conjurés du Petit-Clamart ont agi par simple et pure humanité.
L’ambition leur était inconnue. L’Algérie avait été livrée et il n’y avait plus d’espoir d’enrayer cet abandon. Mais chaque jour des hommes tombaient dans d’épouvantables souffrances. Arrêter le génocide barbare en cours, c’était la seule convoitise de celui qui avait, à l’avance, sacrifié sa propre vie et commencé son calvaire.
Dans sa Déclaration, on ne peut plus admirable et explicite, Jean Bastien-Thiry cite Saint Thomas d’Aquin : « Sont dignes de louanges ceux qui délivrent le peuple d’un pouvoir tyrannique ». Mais le 22 août 1962, les forces du mal protégeaient un tyran… Nous avons porté notre croix, nous la portons encore, mais si nous n’avons pas été écrasés sous le poids de la haine, c’est grâce à vous, Colonel, merci !Le Lieutenant Roger DEGUELDREJ’ai vu, un jour, une larme tomber de tes yeux clairs, Delta.
C’est la seule fois où je t’ai vu pleurer. Et tes larmes n’étaient provoquées ni par la peur, ni par la douleur, mais par la compassion.
Ce jour-là, une certaine villa d’El Biar avait été détruite par l’explosion d’un colis piégé.
Une villa blanche sous le soleil qui n’était en réalité qu’un repaire de brigands, de tortionnaires, un antre dans lequel on torturait à mort les résistants et les patriotes.
Je savais que, depuis des jours, tu tournais comme un fou autour de cette forteresse imprenable et que, depuis des jours aussi, tu devinais plus que tu n’entendais les cris de souffrance de tes compagnons, de ceux que tu aimais, de tes vrais amis.
Pour réduire ce délire de tourments inhumains, après avoir tout tenté, tout essayé, il ne restait plus que cette seule issue, ce colis piégé, véritable euthanasie pour abréger cette agonie qui tordait encore les corps mutilés, déchirés, dans d’atroces douleurs.
Quand tu es allé, toi-même, au supplice, ce supplice que tu pressentais depuis longtemps, tes yeux étaient secs, ton regard brillant.
Quand, face au peloton, tu as entonné La Marseillaise, ta voix ne tremblait pas et quand, on s’est acharné pour que tu meures alors que Dieu t’avait épargné, c’est le patriotisme français qu’on a assassiné, là, dans les fossés du Fort d’Ivry, avec toi, mon ami, toi qui en étais le plus digne représentant !

Le Capitaine Philippe LE PIVAIN

Le 7 février 1962, le Capitaine Philippe Le Pivain fut abattu à Alger.
Abattu, tel est le mot car il est tombé dans un guet-apens.
Trahi par un officier de réserve prévenant la police d’un rendez-vous qu’il avait avec le chef du secteur de Belcourt, Philippe Le Pivain fut arrêté à un barrage, reconnu, mitraillé dans le dos et achevé sur place.
Le Pivain était un des premiers officiers ayant rejoint l’O.A.S.
Ceux qui ont eu l’honneur de l’avoir sous leurs ordres ne sont pas près d’oublier une figure aussi pure, une âme aussi désintéressée. C’était un homme résolu qui n’avait pas hésité à rejoindre le bon combat.
Ses obsèques se déroulèrent à Alger, en présence de cent mille personnes. Le fourgon mortuaire était précédé de quatre voitures, le toit recouvert de drapeaux tricolores, et remplies de gerbes.
Le père de Philippe, l’Amiral Le Pivain et son frère, lieutenant de vaisseau, conduisaient le cortège. Toute la population avait, dans la matinée, défilée dans la chapelle ardente où, revêtue de son uniforme, était exposée la dépouille mortelle de ce héros de notre Résistance.

 

Albert DOVECAR et Claude PIEGTS

 

Ils avaient passé une partie de la journée ensemble, ils étaient jeunes et en cette fin de printemps qui avait des couleurs d’été, ils gardaient, chevillé au cœur, l’espoir d’un climat nouveau, d’une période plus clémente.
Et puis, au milieu de leur sommeil, en pleine nuit, une main s’est posée sur leur épaule, on les a réveillés en leur disant « soyez courageux » et ils ont compris que l’heure de leur fin était venue.
« Faites doucement – a dit Claude Piegts en désignant la cellule d’un autre condamné à mort, celle du Général Jouhaud – Faites doucement parce qu’il pourrait croire que c’est pour lui… ». Le sergent Dovecar a endossé son uniforme de para, coiffé son béret de légionnaire et accroché ses décorations et ils sont partis vers la mort, sur la pointe des pieds, pour ne pas troubler le sommeil de celui qui était pour eux un chef aimé et estimé. Durant le trajet, l’aube s’est levée dans un ciel sans nuages.
Le poteau d’exécution… Les deux condamnés refusent le bandeau noir… La dernière pensée du jeune Pied-Noir de Castiglione est pour sa terre natale. Il crie « Vive l’Algérie Française ! »
Albert Dovecar, lui, crie « Vive la Légion ! » en serrant dans sa main son foulard de parachutiste.
Un ordre bref… Deux salves simultanées… Le coup de grâce et on détache les deux jeunes corps.
Sur le foulard rougi de sang de Bobby Dovecar, se détache en lettres noires, cette devise qui fut la sienne : « On ne peut demander à un soldat de se parjurer ».

JAMAIS NOUS NE POURRONS VOUS OUBLIER !

Anne CAZAL
et l’ensemble du Comité VERITAS
Merci de bien vouloir diffuser.Avec toute notre reconnaissance pour votre fidélité au souvenir de Jean Bastien-Thiry

Hélène Bastien-Thiry
Depuis 1963, chaque année une prière spéciale est dite
le 11 NOVEMBRE sur la tombe
du Colonel Jean BASTIEN-THIRY
pour tous ceux qui sacrifièrent leur vie à la défense de l’Algérie Française
unis dans notre souvenir à ceux qui sont morts pour la patrie
au cours des deux dernières guerres mondiales et des combats d’Outre-mer
Vous êtes invités à cette cérémonie qui aura lieu le
VENDREDI 11 NOVEMBRE 2016 à 15 HEURES
au cimetière de Bourg-la-Reine (92)
(27 rue de la Bièvre)
Cercle Jean BASTIEN-THIRY – BP 50070 – La Celles Saint-Cloud
( 29 octobre, 2016 )

Ce que l’opposition wallonne au CETA a dévoilé…

 

Lu sur le blog de Jean-Philippe CHAUVIN

 

 

Ainsi le CETA sera-t-il, un jour prochain, signé ! Peut-on vraiment s’en réjouir ? Mais il aura fallu la courte et efficace résistance de quelques Wallons, parlementaires régionaux, mais aussi des Bruxellois et des germanophones, pour que les Européens apprennent que, une fois de plus, l’Union européenne et ses commissaires, députés et financiers, s’apprêtaient à livrer un peu plus les Européens aux multinationales et, surtout, aux juges des fameux tribunaux arbitraux qui pourraient, en définitive, menacer les Etats et les parlements dans leur rôle de décideurs politiques.

 

Ce que l'opposition wallonne au CETA a dévoilé... dans actualités euro-ombre

 

Quelques remarques, néanmoins : tout d’abord, l’absence de la gauche radicale dite de gouvernement dans la contestation de ce traité de libre-échange, en particulier celle de M. Tsipras en Grèce, mais aussi celle qui dirige aujourd’hui le Portugal. Ainsi, tous les beaux discours de cette gauche antilibérale semblent destinés à finir au tombeau des grandes illusions quand l’heure (ou la simple possibilité) d’agir, concrètement, arrive : cela doit servir de leçon à ceux qui, « alibéraux et illibéraux » sincères, ont mis leurs espoirs dans ces partis qui, en définitive, préfèrent le Pouvoir à leurs convictions ou à leurs promesses. La même remarque vaut pour les populistes dits « eurosceptiques » qui n’en sont pas moins de bons libéraux dans la pratique (avec quelques nuances néanmoins)…

Ensuite, cet accord, pour l’heure « débloqué », montre toute l’hypocrisie des partis et des institutions de l’Union européenne qui, jadis, faisaient campagne pour que l’UE s’impose entre les géants, hier les Etats-Unis et le Japon, aujourd’hui les mêmes Etats-Unis et la Chine : qui ne se rappelle de cette affiche du Parti Socialiste (français) sur laquelle un sumo japonais et un superman états-unien, tous les deux imposants, semblaient être les deux principaux adversaires d’une Europe qui, donc, se devait d’être forte à son tour pour éviter l’écrasement de ses nations ? Or, en signant ce traité, comme d’autres d’ailleurs (moins médiatisés mais tout aussi dangereux, et pas forcément pour les seuls Européens…), l’Union européenne perd toute raison d’être économique, tout simplement, puisqu’elle entre dans le même espace économique, le même marché unique que ses « concurrents », avec les mêmes règles décidées parfois bien au-delà de l’Europe !

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Dernière remarque (pour l’heure) qui n’est pas l’ultime, loin de là : l’Union européenne se signale de plus en plus comme une sorte « d’Europe légale » de plus en plus coupée de « l’Europe réelle », celle des nations, des régions de celles-ci, des peuples (au sens civique du terme), des personnes et de leurs modes de vie, de leurs diversités. Jean Monnet, « le pire fondateur de l’Europe » comme ironisent certains, avait voulu cette forme de démocratie représentative qui n’est rien d’autre, dans ce cas-là, que le gouvernement des experts et des groupes de pression qui les payent… Les réactions indignées des députés européens (mais qui connaît « ses » députés européens en France et ailleurs?) et des commissaires européens contre les 3 millions de Belges francophones qui ont osé, un temps, demander quelques éclaircissements (et le mot me semble particulièrement juste) sur ce traité et qui « décideraient » pour 500 millions d’Européens (bientôt 440 après le Brexit) me font sourire : ont-ils, ces messieurs les grands maîtres de l’UE, demandé leur avis aux citoyens, et, dans les campagnes électorales européennes de 2014, ont-ils évoqué ce même traité qui, pourtant, engage la vie et surtout le travail de leurs électeurs et peuples constitués ? Et, ces derniers jours, les pressions, pas forcément amicales, des dirigeants et des médias européens sur les Wallons donnent une drôle d’image de la « démocratie européenne »…

Néanmoins, malgré l’accord de dernière minute des Belges entre eux sur le CETA, il n’est pas certain que la messe soit dite : la résistance wallonne, même défaite, peut être vue comme un signe, voire un signal… La fin de la mondialisation, annoncée par François Lenglet il y a quelques années, pourrait bien être au bout de ce traité mal né et mal accepté : car jamais, au grand jamais, l’histoire n’est finie…

Jean-Philippe CHAUVIN

 

( 29 octobre, 2016 )

Histoire & Actualité • C’est reparti comme en 1400… Démondialisation et réveil des nations : retour vers le futur

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Un remarquable article – presque une fable, lui aussi – dont la morale tient justement de la manière des fabulistes et concerne éminemment notre époque prétendument postnationale et vouée au Marché. [Causeur, 26.10] Mais l’Histoire nous enseigne que cette situation n’est ni nouvelle ni irréversible. Et nous vient à la mémoire que deux siècles après les faits qui sont rappelés ici, d’autres décrets d’importance majeure furent pris, non plus en Italie, mais cette fois-ci en Espagne, par ses Rois, non plus pour réduire l’emprise des financiers, mais en la circonstance celle de l’Islam. Autre récit, autre morale, aussi, pour notre temps. Dédié aux gens qui croient que les choses vont toujours dans le même sens …   Lafautearousseau

 

Nous avons tellement cru en la fable d’un monde pacifié par une mondialisation heureuse que la résurgence des identités – désormais au cœur du débat politique – nous semble aller contre la marche du temps. En réalité,  la transition 2010-2030  rappelle fortement celle que connaît l’Europe entre 1340 et 1400. Au début du XIIIe siècle, les banquiers vénitiens font tout pour éviter l’émergence de gouvernements nationaux forts, comme celui d’Edouard III d’Angleterre. Pour ces banquiers, le modèle politique à abattre est celui de Frédéric II Hohenstaufen, saint empereur romain germanique de la seconde moitié du XIIIe siècle.

Le rôle des banquiers florentins

Pour éviter l’émergence d’Etats forts, les banquiers florentins ne se contentent pas de prêter de l’argent aux rois, ils s’assurent en retour d’avantages en nature. En 1325, les Peruzzi possèdent tous les revenus du Royaume de Naples, soit la moitié sud de l’Italie. Ceci leur permet de recruter l’armée de Robert de Naples, de nommer les membres de son gouvernement et de vendre à sa place ses productions céréalières.

Dans ce contexte, il ne sert à rien pour Dante Alighieri de vanter le modèle de Frédéric II dans De Monarchia. Venise force Dante à quitter Florence et fait la promotion d’une contre-littérature. Il s’agit des ouvrages de Bartolomée de Lucca ou de Marsile de Padoue. Les banquiers vénitiens finissent par ligoter financièrement des embryons d’Etat comme l’Angleterre, la France et l’Espagne. Puis, la banque vénitienne génère une gigantesque bulle financière qui paralyse la production et vient éclater en 1345. Télécommandées par Venise, les familles Bardi et Peruzzi de Florence déclenchent un crash financier au cours duquel tout crédit s’évanouit. S’enclenche alors une période de grave instabilité, caractérisée par la résurgence de la famine et des épidémies.

La politique domestique la finance

Mais après 1400, les forces politiques se retournent contre les méthodes des banquiers italiens. En 1401, le roi Martin Ier d’Aragon les expulse d’Espagne, en 1403, Henri IV d’Angleterre limite fortement leur activité. En 1409, la Flandre emprisonne les banquiers génois. En 1410, les banquiers italiens sont expulsés de Paris. La résurgence des identités nationales a alors mis en échec les projets de la finance internationale. L’histoire se répétera-t-elle ? 

Thomas Flichy de la Neuville

enseigne à Saint-Cyr. Dernier livre : Les grandes migrations ne détruisent que les cités mortes (L’Aube, 2016). Du même auteur : Syrie : Poutine sur les traces de Pharaon

( 28 octobre, 2016 )

Les Brigades Internationales ? Arte reprend les mensonges les plus éhontés de la propagande marxiste-léniniste

 

Lu sur « lafautearousseau »

 

Mur-bleu gds.jpgCe mardi 25 octobre, Arte a présenté, en début de soirée, une émission sur les Brigades internationales. En soi, en tant que documentaire, une telle émission est forcément extrêmement intéressante. Mais, comme l’annonçaient les magazines de programmes télé, le parti-pris « pro-Brigades » était évident. Pour résumer : à ma gauche, les tout gentils, les tout bons, on n’ose pas dire les saints mais c’est l’idée : j’ai nommé, les Brigades internationales ; à ma gauche, le grand méchant loup, la bête immonde, l’horreur absolue : comprenez, Franco.

Que les marxistes – ou ce qu’il en reste – pensent cela, au fond, ce n’est pas surprenant. Mais qu’une grande chaîne de télévision, avec le recul que donnent les quatre-vingts ans qui nous séparent de la Guerre d’Espagne, reprenne ce schéma faux, tout simplement « historiquement faux », voilà qui dépasse l’entendement. On veut bien que, pour vulgariser – au bon sens du terme – les chaînes fassent des choses simples et accessibles au grand public ; c’est le but de la manœuvre. Mais, là, on passe directement du simple au simplisme, et carrément au simplet.

Qu’on nous permette donc, en deux mots, de remettre les choses à l’endroit…

En 1936, le féroce Staline règne sans partage sur l’Union soviétique ; et, avec lui, sa dictature sans pitié, la pire horreur qu’ait connu le monde depuis les origines de l’humanité. Et il a son plan, dont il ne fait pas mystère : étendre le Paradis soviétique à l’Europe entière, d’abord, puis au monde entier, ensuite. Il arrivera, en 45, par la faiblesse et la nullité politique de Roosevelt, à s’emparer de la moitié de l’Europe, et on sait ce qu’ont souffert les peuples d’Europe de l’Est – en plus du peuple russe qui, lui, la subissait déjà depuis 30 ans – de la part de cette monstruosité sans nom qu’était le marxisme-léninisme.

Mais, en 36, Staline ne martyrise « que » la Russie, devenue Union soviétique. Et il voit dans la guerre civile espagnole l’occasion rêvée de prendre l’Europe de l’Ouest à revers, par l’Espagne. Le Komintern triomphant de l’époque jette toutes ses forces – par la propagande et par les armes – dans cette bataille pour s’emparer de l’Espagne et, forcément, du Portugal : la possession de la péninsule ibérique, c’est le début de la conquête de l’Europe, du monde…

220px-generace5c-30dbc.jpgMais – car il y a un « mais » – Staline va tomber sur un obstacle majeur : Franco. Franco va être le premier, et le seul, à vaincre militairement, sur le champ de bataille, les armées de la sinistre révolution. « En campo abierto y buena lid », comme on dit en castillan ; c’est-à-dire, « à la loyale », sur le champ de bataille, et « Cara al sol », face au soleil…

Cela, bien sûr, ne sera jamais pardonné à Franco. En dépit du simple bon sens, de la simple observation des faits, la propagande effrénée du Komintern va déverser une telle quantité de mensonges que sa grossière propagande va devenir une vérité, « la » vérité officielle. Et le reste, même quatre-vingts ans après, du moins pour ceux qui ont des oreilles pour entendre mais ne veulent pas entendre ; et des yeux pour voir, mais en veulent pas voir : Arte, en reprenant à son compte tous les clichés les plus faux sur le sujet, a dignement représenté le camp du mensonge révolutionnaire soviétique, ce mardi soir, et elle n’a vraiment pas de quoi en être fière…

Franco a écrasé la révolution marxiste-léniniste, car c’est de cela qu’il s’agit lorsqu’on parle de cette horreur que fut la République espagnole. Et il a bien fait.

Il a rendu service à son pays, d’abord, à qui il a évité les Stasi, les Ceaucescu, les désastres écologiques, les goulags et autres abominations qui furent le lot de ce que l’on a osé appeler les « démocraties populaires » !

Il a rendu service à la France, ensuite, lorsque, Hitler ayant écrasé les troupes d’une république qui n’avait su ni préparer ni éviter la guerre, il refusa à ce même Hitler, lors de son entrevue avec lui, à Hendaye, le passage des troupes nazies par l’Espagne : elles auraient alors fondu sur nos forces libres d’Afrique du Nord, et l’on imagine aisément la suite…

Il a rendu service à l’Europe et au monde, enfin, en hâtant la fin de la guerre, refusant à Hitler toutes ses demandes, n’entrant pas en guerre à ses côtés, ce qui équivalait à agir dans le sens des intérêts de la paix – en refusant une extension encore plus grande du conflit – des intérêts de l’Europe et de la Civilisation.

Constatant son échec complet, et conscient de s’être fait berner, Hitler devait d’ailleurs déclarer, en substance, qu’il préférerait se faire arracher trois ou quatre dents plutôt que de recommencer une négociation avec un homme pareil…

En face de Franco, et contre lui, les Brigades internationales : ces hommes, jeunes pour la plupart, qui ont mis leur fougue, leur courage, leur héroïsme au service de l’Empire du Mal ; qui l’ont d’ailleurs amèrement regretté (au moins, cela, on le montre bien dans l’émission…) mais qui ont droit à tous les éloges sur Arte.

Chacun choisira son camp !…

( 28 octobre, 2016 )

Coup de gueule contre la République d’aujourd’hui.

 

Lu sur le blog de Jean-Philippe CHAUVIN – site à suivre régulièrement

 

La triste actualité de la République peut apparaître comme une aubaine pour les monarchistes, mais je ne m’en réjouis pas, car c’est la France qui pâtit de cette situation déplorable : la colère des policiers qui envahit les rues ces nuits dernières n’est, provisoirement, que le dernier épisode du délitement de l’Etat et de son autorité. Et lorsque je vois le livre de « confidences » du président Hollande dans les mains de quelques consommateurs du café du coin, je ne peux que m’inquiéter de cette République qui ne fait même plus semblant d’être digne…

Pendant ce temps, les librairies ferment dans les communes rurales ou les villes moyennes, comme j’ai pu le constater, en une année, à Houdan, Dreux, Montfort-L’Amaury et Rambouillet ; mais aussi les cafés, les boulangeries, les quincailleries, les boucheries traditionnelles ; les écoles, les bureaux de poste, les pharmacies, etc. Ce n’est pas seulement le déclin de la République qui provoque cela, mais celui de l’esprit public et de la « Res publica » au sens premier du terme ; c’est surtout la logique même de cette République qui se targue de grands principes mais n’est rien d’autre que le règne de plus en plus vulgaire des Fouquet jadis mis au pas par le Roi et ses « cardinaux » (Richelieu et Mazarin, entre autres), et que, livre après livre (et chaque semaine en amène son lot…), les plumes du pays évoquent, voire dénoncent, risquant alors l’accusation à leur encontre de « populisme ».

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J’en veux énormément à cette République qui a asséchée la France, l’a durcie en un béton grisâtre (et la formule n’est pas qu’une image) et, désormais, ne pense plus qu’en termes de mondialisation-libéralisation-métropolisation, oubliant ce qui fait l’âme d’un pays, négligeant ces liens immatériels et le patrimoine mémoriel qui en est la riche illustration, et préférant « l’ailleurs » au proche et à ses prochains.

J’en veux à cette République qui abaisse la France dans le monde après l’avoir tant exploitée à l’intérieur, ruinant sa diplomatie dans un véritable asservissement aux Etats-Unis au lieu de jouer son rôle historique, celui que nombre de peuples attendent d’elle comme l’avait si bien montré le refus de 2003 de rejoindre la guerre du fils Bush, guerre qui a mis, jusqu’à aujourd’hui et pour encore longtemps, l’Orient à feu et à sang…

J’en veux à cette République d’abandonner toute politique sociale indépendante pour se conformer aux directives de Bruxelles et aux règles de « la concurrence libre et non faussée », véritable cheval de Troie de la sauvagerie économique libérale ; je lui en veux pour son bureaucratisme qui étouffe l’initiative et la responsabilité, et fait fuir les jeunes pousses françaises, notre matière grise, dans une émigration mortifère pour le dynamisme du pays.

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J’en veux à cette République de ne penser qu’à l’élection suivante quand il faudrait gouverner à long terme, pour l’avenir et non pour les carrières de quelques politiciens qui, souvent, privilégient leur ego et oublient le Bien commun.

J’en veux à cette République de défaire ce que, en un tissage long et parfois douloureux, les rois ont fait, c’est-à-dire cette unité française qui faisait des Bretons, des Basques, des Alsaciens comme des Parisiens ou des Berrichons, des Français à part entière et à identités multiples.

J’en veux à cette République parce que j’aime la France, tout simplement…

Jean-Philippe CHAUVIN

 

 

( 26 octobre, 2016 )

Exclure de l’U.E. ceux qui refusent le multiculturalisme : l’excellente idée venue du Luxembourg, via Jean Asselborn !

 

lu sur « lafautearousseau »

 

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Il est le chef de la diplomatie luxembourgeoise, ce Jean Asselborn qui vient de proposer, sur un ton martial et avec des mots très durs, d’ « exclure, au moins temporairement la Hongrie de l’Union Européenne ».

Pourquoi ? Parce que la Hongrie « viole les valeurs démocratiques fondamentales ». Ah, bon ! Mais, comment ça ? Eh ! bien, tout simplement parce que la Hongrie – comme du reste plusieurs pays du centre et de l’est de l’Europe – refuse le diktat du « parti immigrationniste », et ne veut pas accueillir de réfugiés syriens sur son sol !

Mais, en voilà une idée qui est plus que bonne : excellente. On peut même dire : excellentissime ! Oh ! oui, monsieur Jean Asselborn, s’il-vous-plaît, excluez, excluez encore ! Mais pas seulement la Hongrie : excluez-nous nous aussi, les Français ; et, tant que vous y êtes, excluez toute l’Europe : vous resterez ainsi seul avec Junker et votre clique technocratique « hors-sol » et non élue – donc sans aucune légitimité – et, nous, nous irons enfin un petit peu mieux, et nous aurons enfin – du moins de ce côté-là – la paix ! 

( 26 octobre, 2016 )

Péroncel-Hugoz à L’Action Française : « Le Roi du Maroc bénéficie d’une popularité illimitée »

 

lu sur « lafautearousseau »

 

Ancien correspondant du Monde dans les pays arabes, collaborateur du principal quotidien en ligne marocain, Le360, Péroncel-Hugoz est l’auteur de « Deux mille ans d’histoire marocaine » aux éditions Casa-Express. Nos lecteurs n’ignorent pas qu’il collabore régulièrement à Lafautearousseau. Il vient d’accorder cet intéressant entretien à L’Action Française 2000.

PERONCEL 3.jpgComment peut-on qualifier la monarchie chérifienne du Maroc, avec à sa tête le roi Mohammed VI ?

C’est une monarchie traditionnelle et familiale qui n’est ni absolue, ni très démocratique. La force de ce système réside dans l’amour de la population pour le roi. Récemment, un sondage qui plébiscitait le roi et le Gouvernement à 99 % n’a pas été publié. Pourquoi ? Un autre sondage pourrait tomber à 49 % un jour ou l’autre, et la monarchie en serait affaiblie. Pour l’heure, le roi bénéficie d’une popularité illimitée, presque irrationnelle, bien que les problèmes existent : pauvreté, bidonvilles, imbroglio à la frontière du Sahara… De ma vie de reporter, j’ai n’ai vu une telle popularité qu’une seule fois : au Pakistan pour Benazir Bhutto, Premier ministre, que les islamistes ont assassinée en 2007. Il fut un temps où les Marocains craignaient Hassan II ; aujourd’hui ils craignent pour Mohammed VI.

Comment qualifieriez-vous les membres du Parti de la justice et du développement (PJD), dont le mode d’exercice du pouvoir ne semble pas refléter l’extrémisme qui vient à notre esprit d’européens ?

Le PJD est un parti islamiste particulier, le même que celui d’Erdogan en Turquie. Il se compose de gens pieux et est clairement monarchiste. S’il a remporté autant de succès, c’est parce qu’il a la réputation d’être honnête, contrairement à la plupart des autres partis. À mon sens, c’est assez juste. Est-ce à tort ou à raison ? En outre, et c’est unique dans un pays musulman, les membres de ce parti ne parlent pas l’arabe classique quand ils s’adressent au peuple mais le darija, qui est le dialecte arabe du pays. Cela plaît énormément.

Quelles sont les prérogatives du PJD, le parti majoritaire ? Et quel est le rôle du roi, Mohammed VI ?

Même si ce système des partis est une façade pour plaire à la France et aux pays occidentaux, le PJD aura tout de même une influence en matière sociale et législative. Quant au pouvoir de Mohamed VI, c’est un pouvoir régalien ; il a un rôle arbitral, comme le roi de France l’avait en son temps. Depuis son palais, même s’il n’y est pas beaucoup, passant le plus clair de son temps à parcourir le royaume à la rencontre du peuple, le roi décide en dernier ressort. Il garde la main sur les questions capitales telles que les affaires étrangères ou la défense. Son épouse, Lalla Salma, mère du prince héritier Moulay El-Hassan et de la princesse Lalla Khadija, se montre en public non voilée et s’active en faveur d’oeuvres sociales. Elle n’est pas cachée comme le fut en son temps la mère du roi. Mohammed VI n’a qu’une épouse, contrairement à son père Hassan II qui avait deux femmes et dix-neuf concubines. Sa succession est assurée avec son fils qui deviendra Hassan III. Il a quatorze ans, l’âge de régner. Il est éduqué en quatre langues (arabe, anglais, français et espagnol). Voilà une monarchie qui flirte avec la modernité et la tradition.

Le roi du Maroc est aussi commandeur des croyants… Peut on parler d’un islam marocain ?

Oui. Comme on le dit un temps de la France, il existe une exception marocaine. Les musulmans marocains sont différents des autres. Le Maroc n’a pas connu la colonisation par les Turcs et c’est un islam qui diffère de celui de l’Arabie saoudite. L’islam du Maroc se tisse au travers de nombreuses confréries plus ou moins mystiques qui, rappelons- le, ont été jadis protégées par le maréchal Lyautey. Elles jouent un rôle éducatif et culturel dans les mosquées et les écoles. Ainsi, le roi, commandeur des croyants, gère un islam à sa guise.

Pourtant, les Marocains ne sont-ils pas nombreux à rejoindre l’État islamique  ? L’attentat du Bataclan n’a-t-il pas été perpétré par un Marocain ?

Oui, c’est vrai, ils seraient deux mille. Mais au Maroc, les islamistes sont très surveillés, et contrairement à ce qui se passe en France, on ne les a pas laissé faire. Plusieurs attentats ont été déjoués depuis ceux de Casablanca en 2003 et de Marrakech en 2011. Les cinquante mille mosquées sont toutes sous surveillance, contrôlées par l’État. Le roi a ainsi ses sujets bien en main. À l’inverse de la France qui a laissé faire depuis plusieurs décennies et qui se réveille trop tard. Bien sûr, dans la lutte engagée contre le terrorisme, il existe une collaboration étroite avec la France. C’est d’ailleurs grâce aux services de renseignement marocains que le principal instigateur de l’attaque du Bataclan a été retrouvé et tué à Saint-Denis.

Dans quelle mesure le royaume du Maroc s’engage-t-il dans la lutte contre le terrorisme islamiste ?

Le Maroc se positionne dans le monde musulman, en particulier en Afrique, comme le maillon fort de la lutte contre le djihadisme. Le roi appelle régulièrement ses concitoyens à pratiquer un islam pacifié. Ainsi, après l’assassinat du père Hamel, il a déclaré la guerre totale à Daesh lors de son discours du 20 août. Il a parlé d’un acte illicite contre la loi divine et qualifié ce meurtre commis dans une église comme une folie impardonnable. C’est un acte courageux, et le mot n’est pas galvaudé, car Mohammed VI est désormais très exposé.

Propos recueillis par Irène Magny

L’Action Française 2000

( 26 octobre, 2016 )

En mission à Alep, une jeune étudiante raconte l’horreur

 

lu sur « Aleteia »

Entretien avec Coline Charpy en mission humanitaire auprès des Syriens.

 

Dans le cadre d’une mission humanitaire, Coline Charpy s’est rendue en Syrie. Son objectif était multiple : découvrir ce pays à travers l’aide des chrétiens dans le besoin mais aussi révéler la réalité de la situation à Alep. C’est dans le cadre de son mémoire que cette jeune étudiante nous explique ce qui se passe à Alep.

Aleteia : Qu’est-ce qui vous a poussé à étudier cette ville aujourd’hui ?
Colin Charpy : Alep, une ville magnifique qui malgré la guerre et la destruction rayonne d’une gloire, d’un dynamisme, d’une jeunesse et d’une richesse (plus ou moins) passée. J’ai eu la chance de pouvoir me rendre dans cette ville, en juin 2016, et ai été très touchée par la différence entre ce que disent les médias et la réalité. J’ai appris à connaître cette ville, capitale culturelle, tant par les projets dont j’avais la responsabilité, qu’avec les personnes que j’ai côtoyées.

Il y a encore quelques mois personne ne parlait véritablement d’Alep. Tout ce que l’on connaissait c’était Alep-Est. La vie des Aleppins à l’ouest reste encore relativement inconnue. J’ai gardé des contacts, des amis sur place et pour eux, je veux m’efforcer de faire connaître leur quotidien. Quelques Syriens nous décrivent la situation. Le docteur Antaki, médecin à l’hôpital Frichot, donne régulièrement des nouvelles d’Alep.

Que pouvez-vous nous dire de la médiatisation du conflit ?
Alep est un sujet à la mode… Il est difficile aujourd’hui de lire dans nos médias des informations pertinentes, qui plus est, sur un sujet à portée internationale. Il y a peu de sources informatives fiables et le lecteur doit se détacher des médias occidentaux.

Pour appréhender le conflit syrien, il faut déchiffrer les mécanismes du Levant sous le prisme historique, stratégique, commercial et religieux. On ne peut pas réduire le conflit à une simple guerre de religion ou une guerre civile ou même un gouvernement qui oppresse son peuple est faux et incomplet. La guerre en Syrie regroupe toutes les causes, les idéaux et les intérêts que nos sociétés connaissent.

En vous spécialisant sur la ville d’Alep, votre problématique se rapproche de celle du géopoliticien Frédéric Pichon. Pouvons-nous dire que la France s’est trompée et qu’elle a, in fine, détruit les relations franco-syriennes ?
La vision occidentale est manichéenne. La France et plus largement l’Occident voient le conflit syrien comme orienté vers une guerre civile, d’un peuple en rébellion contre un dictateur meurtrier et/ou d’un pays en proie à une agression armée d’une organisation terroriste d’ampleur. En distinguant rebelles modérés, Al-Qaeda (quel que soit son nom en Syrie) ou l’État islamique (Daesh), la France entend justifier des actes terroristes qui pourtant semblent impardonnable sur son territoire.

Lors de la rédaction de ce mémoire, un expert me disait : « En réalité, il faut accepter de regarder le conflit autrement que par les yeux d’un Occidental ». Les rebelles modérés n’existent pas. Les jihadistes portent des noms différents mais le mode d’action est sensiblement le même. Les factions jihadistes regroupent des combattants qui croient en leur action ou qui ont tout simplement besoin d’argent pour nourrir leur famille — l’armée syrienne n’a pas les moyens de payer ses soldats et certains groupes terroristes proposent un salaire plus élevé.

Par ailleurs, la France est depuis Charlemagne et saint Louis attachée à cette terre. Au cours de l’histoire, elle a crée des liens forts avec le Levant. Par sa mission diplomatique ancestrale de protectrice des chrétiens en Orient, la France avait une légitimité certaine d’intervention. En rompant les liens ancestraux entre l’Église et l’État, la France perd plus qu’elle ne gagne.

Ce qui est très surprenant chez les Syriens, c’est à la fois l’attachement et une forme de résignation des chrétiens vis-à-vis de la France. Autant, ils font la distinction entre gouvernement et population, autant ils n’attendent plus rien de notre pays.

Pouvez-vous nous décrire brièvement la situation à Alep, ce que ne nous disent pas les médias mais qu’il faudrait absolument savoir ?
Depuis la prise de Castello Road, en juillet 2016, et la reprise de Ramouseh, août 2016, la situation s’accélère. La sphère publique s’y intéresse et diversifie ses sources, autres que celles des Frères musulmans : l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). En revanche, on méconnaît encore la vie des Aleppins. Les jeunes que je connais à Alep viennent des quartiers pris ou sur la ligne du front : Sheikh Maqsoud, Midane, Souleimanien, Bustan Al Pacha, etc. Ils continuent de vivre, de sortir.

Les universités d’Alep sont ouvertes ainsi que les bars, magasins, églises, écoles, groupes de jeunes, scoutisme etc. La vie continue à Alep mais l’espoir chez les jeunes disparaît petit à petit. Les seules options, si on reste en vie, sont : un long service militaire (six à huit ans de service), le chômage ou quelques postes de fonctionnaires à 40 dollars par mois.

On entend beaucoup parler d’Alep-Est dont les conditions sont horribles. Malheureusement les quartiers ouest vivent dans un même décor mais les médias continuent de faire abstraction. Pas d’électricité, pas d’eau courante, pas d’Internet. En fonction de l’accessibilité à la route, les vivres ou le carburant peuvent être en rupture de stock. La ville est déjà restée plusieurs mois sans eau, ni électricité. Internet peut paraître secondaire mais pour les Aleppins, c’est la seule façon de garder un lien avec le monde extérieur.

250 000 personnes vivent à Alep-Est et sont majoritairement des terroristes. Leurs familles subissent les bombardements et vivent des conditions terrifiantes. Même si la plupart avait le choix de partir, certains sont restés pour être près des leurs ou pour des raisons financières ou d’autorité musulmane. Dans la zone ouest, c’est plus de 800 000 civils (voire un million selon certaines données). Civils qui ont fuient les combats ou des quartiers pris comme Sheikh Maqsoud, Bustan, al Pacha, etc. Civils qui continuent de vivre dans ces quartiers où ils sont nés. Civils qui sont continuellement sous les tirs de mortiers et roquettes. Civils qui ne s’approchent pas des lignes de fronts bordées de bâches pour éviter les tireurs d’élites…

Est-ce que la jeunesse d’Alep arrive à garder espoir, à se reconstruire ?
Je crois qu’il est trop tôt pour parler de reconstruction. Les jeunes se regroupent et se soutiennent dans des centres comme Don Bosco, la JEC ou le scoutisme. Là, il y a un maintien de la vie, une transmission de la culture, de la foi etc. Les jeunes sont fatigués mais même s’ils disent ne plus craindre pour leur vie et être prêts à mourir ils ont une résilience et une force incroyable. On perçoit un profond désir de revoir la Syrie qu’ils l’ont connu, de revoir Alep telle qu’ils l’ont vue.

Ce combat est tellement instrumentalisé qu’ils ne peuvent pas faire grand chose, si ce n’est continuer à vivre en sortant, étudiant, discutant et en essayant de garder leurs familles en vie. Cela ne sera pas réalisable sans cette humanité et cette fraternité qui nous déroute et nous émeut.

Propos recueillis par Elisa Bureau.

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