( 31 mai, 2016 )

Au-delà de Verdun, quelle France ?

Tiré du « blog » de Jean-Philippe CHAUVIN

 

La bataille de Verdun apparaît désormais aussi lointaine que le Moyen âge aux yeux de nos contemporains, en particulier des plus jeunes : le siècle qui nous en sépare n’a pas été avare du sang des hommes et l’histoire a ici un goût de cendres et de sang, et Verdun rime trop avec Pétain pour que la mémoire n’en paraisse, du coup et injustement, ambiguë. Et pourtant ! Oublier Verdun, n’est-ce pas renier une part de notre histoire, aussi douloureuse soit-elle, et nous abandonner aux vents distraits de l’amnésie qui, en définitive, n’est jamais rien d’autre qu’une peur devant ce qui pourrait encore arriver de terrible ? L’amnésie est reposante, au moins un temps : elle est périlleuse, si elle se veut refoulement et non refondation.

 

Au-delà de Verdun, quelle France ? dans actualités athena-guerre

 

Jadis, nous fêtions une victoire et les Allemands commémoraient une bataille : aujourd’hui, la France et l’Allemagne en ont fait une occasion « européenne », comme pour mieux se prémunir d’une contemporanéité qui bouscule les mythes d’hier et les élites bien-pensantes, d’où cette condamnation désespérée et unanime chez les officiels des « populismes » qui pousseraient au repli sur soi et, évidemment, à la guerre… Pourtant, à bien écouter le gouvernement républicain et son président, j’avais cru entendre et comprendre que, déjà, nous étions en guerre sans même que les nationalistes des différents pays d’Europe puissent en être tenus, quels que soient leurs défauts, pour responsables : les islamistes jettent leur haine en rafales sur les terrasses et dans les autres lieux publics, sans aucune hésitation ni remords, et la République se met en état d’urgence faute d’être, simplement, un État digne de ce nom et des attentes que les peuples, légitimement, doivent pouvoir placer en lui pour leur assurer protection et secours.

Plutôt que la triste mascarade de ce couple Hollande-Merkel, improbable et définitivement déséquilibré au bénéfice de notre voisine germanique, je préfère repenser à l’accolade De Gaulle-Adenauer et à ce traité de l’Élysée du début 1963, fameux traité franco-allemand sciemment saboté par le sinistre Jean Monnet, cet atlantiste qui se faisait passer pour « européen » quand il n’était que « l’homme des Américains » selon l’amère formule gaullienne. En fait, c’est à cette date que tout (ou presque) s’est joué : à l’idée d’une entente concrète et fondatrice entre deux nations souveraines, s’est substituée ensuite l’idéologie d’une Europe fédérale et supranationale, négatrice à la fois de l’histoire et de l’avenir possible d’une indépendance des pays d’Europe à l’égard des grandes puissances, qu’elles soient politiques ou économiques, empires ou multinationales…

 

degaulleadenauer dans actualités

On peut regretter cette occasion manquée de 1963, mais on peut aussi penser, désormais, à de nouvelles alliances et, simplement, à la possibilité d’un avenir français libre de ses choix et de son destin, en amitié possible et vraie avec ses voisins et en accord avec son histoire propre : pour cela, encore faudrait-il un État et, plus encore, une magistrature suprême de celui-ci qui incarne la France et non une partie électorale de celui-ci, cette dernière fût-elle majoritaire au terme d’un second tour d’élection présidentielle.

Là encore, la Monarchie n’est pas une « revanche » mais une chance et elle ouvre le champ des possibles, à l’intérieur comme pour l’extérieur, car, si elle a de la mémoire, elle n’en fait pas une politique, mais elle est « la France », celle qui n’a pas besoin de parader pour être et durer, par delà les générations et au-delà des ressentiments anciens, et qui peut, sereinement, tendre la main au-delà des tranchées et des barricades de l’histoire à ceux qui veulent bien la prendre…

( 30 mai, 2016 )

Le combat pour la vie de Vincent Lambert est relancé

lu sur « le Salon Beige »

Message du Comité de soutien de Vincent Lambert :

Le combat pour la vie de Vincent Lambert est relancé. Deux nouvelles étapes s’annoncent dans la bataille judiciaire qui oppose les tenants du respect de la vie de Vincent aux personnes qui militent pour un arrêt de son alimentation et de son hydratation.

1. L’acharnement judiciaire pour l’arrêt des soins 

Ce jeudi 26 mai, a lieu une audience en appel à Nancy sur demande du neveu de Vincent Lambert. Ce dernier veut annuler la décision du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne qui, le 9 octobre 2015, avait rejeté sa requête visant à l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent.

Selon les informations de la presse, le rapporteur public devrait rejeter sa demande d’arrêt de soins, mais aussi proposer lors de cette audience d’enjoindre au médecin de reprendre la procédure collégiale pour l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation.

Pour les avocats des parents de Vincent, ce n’est là qu’un avis qui se heurte à la procédure actuellement ouverte devant la cour d’appel de Reims (voir infra), qui occulte la partialité du médecin en question et qui est contestable au plan juridique (un juge peut-il enjoindre à un médecin de réaliser une procédure à caractère médical ?).

2. Contestation de la décision d’attribution de la tutelle 

Le 10 mars, le juge des tutelles de Reims a désigné comme tutrice de Vincent Lambert, Rachel Lambert, sa femme, et l’UDAF (l’Union Départementale des Affaires Familiales) comme subrogé tuteur. Nous avons expliqué pourquoi cette décision est incompréhensible.

Maitre Jean Paillot et Maitre Jérôme Triomphe, avocats de madame Vivianne Lambert, vont plaider en appel contre cette décision le 9 juin prochain pour que l’UDAF soit nommée tuteur, et que le transfert de Vincent dans un nouvel établissement se réalise enfin.

Rappelons que pour nous l’enjeu est simple : avec les parents, nous demandons le transfert de Vincent dans un autre hôpital afin qu’il puisse bénéficier de la rééducation dont il a besoin et retrouver enfin une vie digne.

Signez l’appel en faveur de Vincent Lambert.

( 23 mai, 2016 )

Violences

 Vu sur « lafautearousseau »
 

Le point de vue de Gérard Leclerc

 

SEMAINE 26-2005 054.jpgNous vivons un curieux moment, en cette dernière année de quinquennat de François Hollande. Inquiétant, à certains égards. Comment expliquer ce recours à la violence de toute une frange de la jeunesse d’extrême gauche ? Il est vrai que certains désignent des excès de répression policière. Mais même si certains faits sont à déplorer, la balance n’est pas égale entre la police et ceux qu’on appelle les casseurs et l’on peut s’inquiéter à juste titre de la charge qui repose sur nos forces de l’ordre, sans cesse sollicitées en cette période d’état d’urgence. Elles n’avaient vraiment pas besoin de cela alors que le pays doit faire face à la menace terroriste. On parle d’extrême fatigue de la part d’unités sans cesse sur la brèche.

Par ailleurs, comment qualifier le débat public, qui enchaîne polémiques sur polémiques, avec diabolisation de l’adversaire ? Serions-nous condamnés aux échanges de noms d’oiseaux entre « fachosphère » et « bobosphère » ? C’est vrai que l’usage de certains mots peut s’avérer meurtrier sur le plan psychologique et moral. Mais arrive un moment où l’injure perd de son efficacité, tant elle devient banale jusqu’à l’insignifiance. Ainsi, à la suite de la polémique sur l’opportunité d’un concert à Verdun, animé par le rappeur Black M, la ministre de la culture a cru bon s’en prendre à « un ordre moral nauséabond » et le Secrétaire d’État aux anciens combattants a été jusqu’à prédire : « C’est le début du totalitarisme et je dis que c’est vraiment le fascisme qui nous attend. »

J’avoue que les bras m’en tombent. Totalitarisme, fascisme, et quoi encore ? Le rôle des autorités est tout de même d’apporter un peu de sagesse et de mesure, surtout lorsque le climat public est à l’échauffement. Quand les ministres en rajoutent, il faut s’attendre à un pugilat généralisé. Souhaitons dans l’immédiat, avec quelque ironie, qu’il tourne à la confusion totale pour que chacun reprenne ses esprits, en s’apercevant que personne ne gagne à ce petit jeu. Il est quand même désolant que la commémoration de la bataille de Verdun se transforme en bataille verbale. Espérons que les esprits se calment et que François Hollande et Angela Merkel puissent retrouver l’élan du geste magnifique, accompli par François Mitterrand et Helmut Kohl pour mieux sceller le pacte de paix qui rassemble nos deux peuples.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 17 mai 2016.

La France Catholique

( 23 mai, 2016 )

Et cela donne juste envie de pleurer pour cette pauvre France…

Dix millions de français pacifiques ont défilé en famille pendant des mois contre le marriage pour tous. Dans tous les médias, les socialistes et journalistes les ont traité d’extrémistes, de réactionnaires, de catholiques intégristes, etc … Depuis deux mois que les gauchistes manifestent, plus de 400 policiers ont été blessés, et aujourd’hui ces soit-disant « anti fascistes » ont essayé de brûler vifs deux d’entre eux. AUCUN socialiste, communiste ou écolo n’est descendu ce jour dans la rue pour défendre les policiers, AUCUN !!! Par contre, tous ceux-là, avec François Hollande à leur tête, n’ont pas hésité la semaine dernière à envahir les médias pour traiter de fascistes ceux ayant obtenu l’annulation du concert d’un illustre inconnu spécialisé dans l’insulte à la france, homophobe et raciste, pour commémorer nos héros de guerre. C’est le monde à l’envers. Et cela donne juste envie de pleurer pour cette pauvre France…

Charles-Philippe d’Orléans – Duc d’Anjou

Vu sur la page Facebook de Charles-Philippe d’Orleans

( 19 mai, 2016 )

Verdun, BlackM : la nuit de l’inculture

 lu sur « le Réveil Français »

Voilà une belle analyse en forme d’épitaphe au régime socialiste et à ses édiles, lesquels non content de ne pas gouverner se proposent d’être les donneurs de leçon de la « bienpensance » déconstructiviste. Douaumont, pour ces êtres sans Histoire, sans culture et sans patrie, ne peut être qu’un parc d’attraction de plus où il convient de gratifier, comme disait Philippe Muray, l »Homo festivus » qui en veut toujours plus.
OD

 

Ossuaire-de-Verdun

Il faut n’avoir jamais arpenté le paysage lunaire où reposent les villages martyrs: Beaumont, Fleury, Cumières… pour envisager de commémorer la bataille de Verdun par un concert de rap. Il faut n’avoir jamais lu une page de Barbusse – «chacun sait qu’il va apporter sa tête, sa poitrine, son ventre, son corps entier, tout nu, aux fusils braqués d’avance» – pour dire comme Black M, le chanteur invité, «on va s’amuser». Il faut ne rien connaître des paroles de poilus – «c’est vraiment une vision de mort, de destruction acharnée, ce ravin. Des morts partout, dans toutes les positions». – pour affirmer comme notre secrétaire d’État aux Anciens Combattants que la vague d’indignation qu’a provoquée l’organisation de ce concert est «un premier pas vers le fascisme». C’est avoir oublié, enfin, que Verdun, c’est 300.000 morts français et allemands dont 100.000 sans sépulture et que seul «le silence des consécrateurs convenait au repos des hommes qui avaient accepté en silence, qui avaient souffert en silence, qui étaient morts en silence» (Montherlant). Plongés dans la nuit de l’inculture, nous devons donc supporter les provocations, les approximations, les manipulations du gouvernement (contre lequel sur ces sujets l’opposition se montre bien timide et laisse le champ libre au Front national). Comme si le souvenir des soldats morts au combat était un moyen de «faire plaisir aux jeunes» et l’Histoire, un outil sondagier circonstanciel. La France a ainsi voté une résolution de l’Unesco déniant tout lien historique entre les juifs et le mur occidental (le mur des Lamentations), voire le temple de Jérusalem!
Nous avons entendu un ancien ministre de l’Économie devenu commissaire européen affirmer qu’il ne croyait pas «aux racines chrétiennes de l’Europe» transformant ainsi une réalité indiscutable en acte de foi. Nous avons supporté les mots sidérants d’un secrétaire d’État chargé de la mémoire de nos soldats traitant de «fascistes» ceux qui par les maigres moyens des réseaux sociaux ont voulu empêcher de voir transformer l’ossuaire de Douaumont en arrière-plan d’un divertissement de masse. Tout cela n’empêche pas l’inculture de se montrer arrogante. Nous recueillons les fruits d’un enseignement moral sans fondement, sans hiérarchie, sans profondeur, où le seul impératif est de traquer le «fascisme» renaissant et le retour d’un «ordre moral nauséabond». Un antiracisme hors-sol qui surveille, punit et ne comprend plus rien.
Selon cette grille, la civilisation était du côté de Black M et la barbarie du côté des lecteurs de Ceux de 14. C’était un Noir contre les Blancs, un jeune contre des vieux, la modernité contre les réacs. Que le chanteur s’en soit pris autrefois aux «youpins», aux «pédés», aux «kouffars» (les mécréants dans la terminologie de Daech) ne comptait pas. Les mêmes qui traquent «les dérapages» et curent comme un coquillage l’esprit d’Éric Zemmour pour y trouver une pensée criminelle ont pris la défense du rappeur, victime selon eux «du politiquement correct» . Il fallait vraiment être un pinailleur pour ne pas accepter l’évidence: Black M à Verdun, c’est bien, puisque Robert Ménard et Marion Maréchal-Le Pen sont contre!
«Tout est culture», proclamait Jack Lang il y a vingt-cinq ans, le tag comme une fresque de Piero della Francesca. «Tout est histoire», proclamons-nous aujourd’hui, et rien ne distingue la «plainte d’un blessé dans la nuit glaciale et pluvieuse» (Genevoix) et les rythmes d’un morceau de rap. Les faits, les hommes, les lieux, les dates sont des outils jetables pour politiciens et communicants. Dans nos temps de «profanation intégrale» (Alain Finkielkraut), il n’y a plus ni silence ni recueillement. Ni dignité, même. Tout se vaut et tout se vautre dans la médiocrité.
«On oubliera, écrit Roland Dorgelès dans Les Croix de bois. Les voiles de deuil, comme des feuilles mortes, tomberont. L’image du soldat disparu s’effacera lentement dans le cœur consolé de ceux qui l’aimaient tant. Et tous les morts mourront pour la deuxième fois…»
Vincent Trémolet de Villers
 rédacteur en chef des pages Débats/Opinions du Figaro et de Figarovox.

 

( 19 mai, 2016 )

« L’Occident est complice du génocide qui se déroule en Syrie »

vu sur  ALETEIA

Entretien exclusif avec le primat de l’Église catholique syriaque, Mar Ignace Youssef III Younan.

 

Aleteia a rencontré à Rome Sa Béatitude Ignace Youssef III Younan, patriarche d’Antioche, primat de l’Église syriaque catholique.

Aleteia : Que dire de la situation en Syrie ?
Mar Ignace Youssef III Younan : Le conflit continue ; les deux côtés ont des armes, des partisans. J’ai vu les destructions à Al-Qaryatain et Palmyre. La communauté internationale s’est davantage  préoccupée des monuments archéologiques de Palmyre que des victimes innocentes. Les chrétiens sont une minorité persécutée ; nous ne sommes pas d’accord avec ceux qui détruisent le pays, mais ceux qui ont incité les terroristes et les rebelles à commettre des meurtres sont coupables, tout comme ceux qui restent indifférents devraient être punis.

À Turin, j’ai dénoncé la complicité des dirigeants occidentaux qui savaient certainement qu’ils incitaient à la violence et que la vente d’armes pourrait détruire le pays. Si vos lecteurs en Occident considèrent vivre dans des démocraties, ils doivent dire à leurs gouvernements qu’ils participent au génocide des minorités, notamment chrétiennes. On ne peut plus accepter les dires des médias et des politiques, ni fermer les yeux sur les atrocités au XXIe siècle.

Les Russes ont fait en un mois plus que l’Occident en deux ans. Pour l’Amérique et l’Occident, la Syrie avance vers la démocratie. Pourquoi ne pas exterminer l’État islamique et Daesh ? L’opportunisme rampant est évident.

En ramenant douze musulmans, le Pape a voulu montrer que le christianisme ne fait pas de discrimination. Il a rencontré le vice-président américain, Joe Biden. Il doit clairement dire que les politiques occidentales sont contraires aux principes de charité et de justice. Les démocraties occidentales ne peuvent s’exporter là où religion et État ne font qu’un.

Tous les musulmans ne sont pas des terroristes, mais les terroristes du XXIe siècle sont jusqu’à présent tous musulmans. Les mosquées devraient appeler à la coexistence et à la paix et non s’attaquer aux « infidèles ». J’ai vécu le conflit syrien. Outre les déracinés d’Irak, 140 000 personnes ont dû fuir le Kurdistan. Les églises apportent toute l’aide possible, mais ne peuvent répondre à tous les besoins des migrants.

Il y aura toujours des mécontents ; ceux qui voudront que nous les aidions à être mieux accueillis par les pays européens. Nous ne le pouvons pas ; cela signifierait vider nos terres des communautés chrétiennes qui y vivent depuis des milliers d’années ;  mais je comprends leurs préoccupations. Nous essayons de proposer une formation aux jeunes. Beaucoup ont perdu foi en l’avenir. Comment les aider à rester ?

Les patriarches d’Orient peuvent-ils faire pression pour aider la minorité chrétienne à quitter les camps de réfugiés ? Et pour arrêter la guerre ?
Beaucoup sont au Kurdistan, dans des tentes, des bâtiments abandonnés ou des appartements en partie payés par l’Église. Nous essayons d’aider ceux qui sont hors d’Irak, au Liban ou en Jordanie, sans demander aux consulats des visas pour quitter le pays pour ne pas donner l’impression d’encourager l’émigration, sans nous ingérer dans les actions du clergé local qui connaît mieux la situation que nous.

Nous devons être des pasteurs et dire la vérité à tout le monde. La communauté internationale doit demander à ces pays de ne pas mélanger religion et gouvernement. Pourquoi n’est-elle pas intervenue pour demander à l’Arabie saoudite qui a l’espace, l’argent et du pétrole, d’héberger ces gens ? Difficile à comprendre…

L’Arabie saoudite a peut-être d’autres intérêts ?
Si les Occidentaux sont sincères, ils devraient le dire, au lieu de nous faire croire que le système de gouvernement saoudien est meilleur que celui de la Syrie.

Dick Black, sénateur de Virginie, est le premier élu américain à dire la vérité : « Ce qui s’est passé en Syrie n’est pas un mouvement de l’intérieur ; il est dicté de l’extérieur ». Espérons qu’il sera entendu dans son pays : les centaines de milliers de morts, de blessés et les millions de réfugiés fuyant leur pays constituent un crime dont sont complices ceux qui tuent, comme ceux qui ont financé et encouragé cela, car ils ne sont pas honnêtes.

( 18 mai, 2016 )

Ca vous choque vous , quand Black M parle des Kouffars, des pédés et des youpins?

vu sur « le Réveil Français »

 

Il parait que mardi matin le président, qui défendait son bilan à la station de radio Europe 1, aurait dit qu’il souhaitait que soit reprogrammé le sulfureux Black M pour la commémoration de la victoire de Verdun. La preuve que notre président n’est pas français, qu’il n’aime pas la France et que vraisemblablement il ne la connait pas. Le Young leader n’a jamais compris ce qu’était le sacrifice de nos poilus . Il suffit donc d’être noir pour pouvoir proférer les pires élucubrations que l’on ne permettrait pas à un petit blanc de susurrer? Dans ce cas, que l’on fiche la paix à Dieudonné, lequel a au moins de l’humour et se montre quand même plus subtil que le rappeur…
Benoit Rayski est historien, écrivain et journaliste
Il a travaillé pour France Soir, L’Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe. Il a écrit notamment : Là où vont les cigognes (Ramsay), L’affiche rouge (Denoël), et dernièrement Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books
Poilu
Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’Etat aux anciens combattants, est un être sensible. Un rien l’ébranle. Un rien le touche. Un rien le bouleverse. Qui n’a pas entendu hier sa poignante lamentation ne saura jamais ce que peut être la souffrance d’un homme brisé. Ah, Il en avait gros sur le cœur, M. Todeschini ! Et sa blessure portait un nom : l’annulation par la mairie de Verdun d’un concert, initialement organisé par elle, du rappeur Black M.
Ah, il était choqué M. Todeschini ! Choqué par « le déferlement de haine, de violence et d’intolérance » qui avait abouti à l’annulation du concert.
Ah, il était choqué car il voyait là « un premier pas vers le fascisme » ! Ah, il était désespéré, indigné, car Verdun s’était transformé en Waterloo morne plaine, son ami Samuel Hazard, le maire socialiste de la ville, ayant dû baisser la tête devant les hordes brunes et noires.
Le moment était d’autant plus douloureux car, selon M. Todeschini, l’annulation insultait la mémoire des centaines de milliers de morts « de toutes races, de toutes couleurs, de toutes religions » (il y avait peut-être quand même quelques Français parmi eux ?) tombés à Verdun. Et pourquoi étaient-ils morts ? « Pour la liberté d’expression », sanglotait M. Todeschini. Et donc, pour que Black M puisse chanter ce qu’il veut, quand il veut, où il veut.
Les pauvres morts de Verdun auraient donc donné leur vie pour que Black M puisse dire librement que la France est un pays de « kouffars ». Pour qu’il puisse, comme quand il chantait avec Sexion d’Assaut, énoncer quelques vérités sur les « pédés » à qui il faudrait « couper le pénis ». Pour qu’il ait la liberté d’évoquer l’existence d’une certaine catégorie de gens qualifiés par lui de « youpins ».
Pleure, ô mon pays bien-aimé ! Pleure, ô France qu’on enchaîne ! Pleure, en regardant le vol noir des corbeaux sur nos plaines ! Les fascistes ont fait taire Black M. Et c’est nous tous, si l’on en croit M. Todeschini, qu’on bâillonne. Nombreux sont certainement ceux qui, au vu de ses déclarations, auront tendance à considérer que le secrétaire d’Etat aux anciens combattants est un sale type, voire pour les plus fascistes, un sale con…
Erreur, insupportable erreur. M. Todeschini est juste un pauvre type. Un grotesque. Un personnage ridicule. Un comique de caniveau. On notera que c’est certainement en raison de ces qualités qu’il est membre du gouvernement de Manuel Valls. Et on se permettra de suggérer à ce grand traqueur de bruns de regarder de près les initiales de Sexion d’Assaut

Vu sur : Atlantico, écrit par : Benoît Rayski

( 17 mai, 2016 )

Black M : la victoire de Verdun … vue par Elisabeth Lévy

Tiré du site « lafautearousseau »

L’antiracisme obsédé par les races …

Si le concert de Black M prévu pendant la commémoration de la bataille de Verdun a finalement été annulé, c’est uniquement parce que ce rappeur s’est permis d’insulter la France. Seuls ses défenseurs, antiracistes autoproclamés, convoquent sa couleur de peau dans le débat.

C’est ce qu’Elizabeth Lévy expose dans l’article qui suit, paru sur Causeur le 16.05. Il nous arrive de ne pas partager tous ses points de vue, même si nous aimons toujours son talent, sa liberté et son agilité d’esprit, ses analyses au scalpel. Elle aborde ici différents thèmes. Avec grande pertinence et nous sommes d’accord !    LFAR 

 

XVMe933985c-fe71-11e5-87d4-6c3fbefd54db.jpgLa première fois une tragédie, la deuxième fois une farce. Et la troisième – ou en l’occurrence la centième –, comment la qualifier ? Une énorme galéjade ? Le canular du siècle ? Je l’avoue, la nouvelle poussée de fièvre antifasciste, à propos de l’annulation du concert de Black M à Verdun, me tire des larmes de rire. À chaque nouvelle déclaration indignée pour défendre un chanteur de variété rap pour ados qui, dans sa jeunesse, chantait sa détestation de son pays de kouffars, je n’en crois pas mes oreilles : là, ils le font exprès, ça ne peut pas être sérieux. Ces gens bien habillés, de gauche (ou de la bonne droite qui n’a pas tardé à rallier cette croisade hautement comique), ne peuvent pas croire aux fadaises qu’ils débitent au kilomètre. Pour l’instant, ma préférée, c’est la ministre de la Culture qui a parlé d’ « ordre moral nauséabond », on notera une certaine recherche dans l’assemblage des mots-clés. Juste après, arrive le secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, dont on aimerait savoir ce qu’il avait fumé quand il a déclaré : « C’est  le début du totalitarisme et je dis que c’est vraiment le fascisme qui nous attend »… Mais entre Jack Lang, Christiane Taubira, Benoist Apparu et quelques autres, la compétition pour la plus grosse énormité sur le sujet est serrée.

Faire la fête à Verdun, il fallait l’inventer

On dirait bien que tout ce monde ne touche plus terre, en tout cas, pas celle de France, pour ne pas comprendre à quel point l’invitation du rappeur heurtait la décence commune et la mémoire des poilus, et ceci, bien au-delà du FN, et même de la droite – sauf à considérer que Natacha Polony ou Régis de Castelnau soient de droite. Beaucoup de Français de toutes origines et de tous horizons ont le cœur serré quand on évoque les soldats sacrifiés de Verdun. « Faire la fête » à Verdun, il fallait l’inventer. Et après ce sera quoi, le festival d’Auschwitz ? Rave à Austerlitz ? (Ah non, c’est vrai, on ne commémore pas les victoires…) Mais qu’en plus, on choisisse un artiste qui exprime pour son pays des sentiments aussi délicats que Black M montre en quelle estime on tient la nation que l’on prétend honorer et rassembler. Il est proprement scandaleux que la Mission du centenaire, bras armé et financier de l’Etat pour les célébrations, ait accordé 67 000 euros de subventions à un événement qui n’a strictement rien à voir avec l’histoire.

Significativement, notre Voltaire du 9-3 n’a trouvé, pour mobiliser ses partisans, qu’un argument : « Venez, on va bien s’amuser ! ». Sans doute a-t-on eu peur d’ennuyer les jeunes gens (Français et Allemands) conviés pour leur édification, et pour incarner en quelque sorte un devoir de transmission, avec trop de discours et trop de gravité. Tout ce passé, sans la moindre touche festive, cela devait sembler atrocement ringard aux organisateurs.

Antifas de tréteaux

C’est une classique, plus nos antifas de tréteaux se sentent minoritaires, plus ils enragent, trépignent et insultent. Tout en rivalisant de dinguerie dans la dénonciation de la « haine raciste » qui les aurait obligés à annuler le concert, ses initiateurs se rejettent la responsabilité de l’idée les uns sur les autres. Le maire de Verdun, Samuel Hazard jure qu’elle vient de Paris, la Mission du centenaire qu’elle émane de l’agglomération du Grand Verdun et la rumeur parisienne que l’Elysée n’y est pas étranger. C’est pas moi, c’est l’autre. Face à une bronca qui ne vient évidemment pas de la seule extrême droite, ils ont prudemment – et sagement – capitulé en rase campagne mais bien sûr, ils n’assument ni l’invitation, ni son annulation. Et pour noyer le poisson de leur défaite, ils traitent tous leurs contradicteurs de fascistes. N’empêche, peut-être se sont-ils dits qu’une manif d’anciens combattants au milieu des célébrations, ce ne serait pas génial pour la photo.

Le plus désopilant, comme me le souffle l’ami Gérald Andrieu, c’est que ces antiracistes de choc sont en réalité des racialistes primaires. Parmi les détracteurs de Black M, pas un seul n’a évoqué la couleur de sa peau. Tous se sont référés à ses chansons et déclarations. En revanche, ses défenseurs ne voient pas en lui un chanteur passible de critique, mais un Noir, et seulement un Noir – donc une victime.  Et comme ils ne voient que cela, ils croient que tout le monde est comme eux et que ceux qui attaquent Black M sont forcément des racistes. Au fait, qui est obsédé par la race ?

La lâcheté a gagné

En réalité, ces éructations qui visent à masquer leur défaite en rase campagne n’ont plus la moindre importance et du reste, nos résistants ne semblent pas avoir pris de mesures particulières pour combattre le fascisme qu’ils voient à nos portes (si ça devait vraiment se produire, mieux vaut ne pas trop compter sur eux). La bonne nouvelle, en plus de leur capitulation elle-même, c’est qu’ils ont réussi à démonétiser complètement les invectives qu’ils aiment le plus. Etre traité de facho, ça fait maintenant rigoler tout le monde. Et tant pis si, à Verdun, ce n’est pas le bon sens, mais la lâcheté qui a gagné. En attendant, en fait de reconquête, nos honorables gouvernants ont surtout réussi à montrer qu’ils n’avaient pas la moindre idée de qui sont ceux qu’ils gouvernent. 

Elisabeth Lévy
fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur.

( 16 mai, 2016 )

D’un concert l’autre

Lu sur le site « lafautearousseau »

 

Alpha Diallo est, si l’on en croit sa biographie, un « chanteur français d’origine guinéenne » connu sous le pseudonyme poétique de Black M (M pour Mesrimes, contraction de « Mesrines », en son temps ennemi public numéro un, et « rimes»). S’adressant à ses parents, il dit dans un de ses couplets sur la France : « J´me sens coupable – Quand j´vois tout ce que vous a fait ce pays kouffar » (« Désolé », chanson du groupe de rap Sexion d’Assaut, 2010). M. Diallo ne peut ignorer que ce terme, « kouffar » (en arabe le pluriel de « kafir »), signifie « mécréant » et, par glissement sémantique, est devenu chez nous – chez lui, donc – « cafard ». On appréciera par là les sentiments qu’il éprouve à l’égard de « son » pays.

Et on s’étonnera quand même qu’il ait pu être invité à se produire en concert, le 29 mai prochain, à Verdun, en marge des cérémonies commémoratives du centenaire de la bataille. Avant que la mairie ne renonce, M. Diallo assumait son rôle avec une certaine inconscience : « on va s’amuser » répondait-il ainsi au journaliste de L’Est Républicain qui l’interrogeait sur la polémique suscitée par sa venue. M. Ménard dénonçait en effet dans « cette idée d’un concert de rap » à Verdun « le reflet d’une réécriture de l’histoire de France que met en place l’idéologie de gauche depuis des années sous la pression des lobbys immigrés » (Europe 1) et protestait contre ce qu’il appelait une « profanation de la mémoire et, symboliquement, [un] viol de l’histoire. » M. Hazard, maire socialiste de Verdun, se défendait en présentant le chanteur comme « un enfant de la République » (Le Parisien) au succès commercial immense. L’alternative était simple : ou c’était voulu ou c’était pur opportunisme. Dans les deux cas, c’était grave et intolérable.

syrie-concert-d-un-orchestre-symphonique-russe-a-palmyre_V001_MMV884432_TFR.jpgUn concert d’un tout autre genre s’est tenu le 5 mai à Palmyre, en Syrie. Un chef d’orchestre, un vrai, un grand, le Russe Valéri Guerguiev, a dirigé dans l’amphithéâtre de la ville antique, l’orchestre symphonique du théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg. Bach, Prokofiev, Chtchedrine. Ni bruit, ni haine. De la musique. Tout simplement magnifique. Le concert, retransmis en direct par la télévision publique russe, a été salué comme un « extraordinaire acte d’humanité » par le président russe M.Poutine qui a voulu y voir un acte fort pour « la renaissance de Palmyre » et contre « le terrorisme international ». L’initiative étant russe, ce concert a bien évidemment été critiqué par la grande majorité de la presse française, au motif qu’il s’agissait d’une opération de communication. L’objectivité eût consisté à dire que ce concert a effectivement constitué, en dehors de sa qualité artistique incontestable, ou plutôt grâce à elle, une remarquable publicité pour la Russie. On nous dit aujourd’hui que les combattants de l’Etat islamique menacent toujours Palmyre. Espérons n’avoir jamais à regretter que le concert de Palmyre ait été le dernier.

« Hommes, ici n’a point de moquerie » : l’avertissement de François Villon, (« Ballade des pendus ») pourrait concerner Verdun autant que Palmyre. Mais là aurait pu s’arrêter, en ce mois de mai, leur égalité « tragique ». Un rappeur à Verdun, Jean-Sébastien Bach à Palmyre : tout était dit. Mais, finalement, le rappeur ne viendra pas et c’est tant mieux.

Louis-Joseph Delanglade

( 15 mai, 2016 )

DISCOURS DE FRANÇOIS BEL-KER, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU CENTRE ROYALISTE D’ACTION FRANÇAISE [Dimanche 8 mai, place des Pyramides, à l'issue du Cortège Traditionnel de Jeanne d'Arc]

 

 

 

1676772615.jpgMesdames, Messieurs, Chers amis,

Cette année encore nous venons auprès de Jeanne d’Arc rechercher son enseignement politique. Après le beau succès du colloque « Je suis royaliste, pourquoi pas vous ? », plus d’un siècle après Maurice Pujo, il est opportun de lancer un appel : « Il me semble qu’en cette heure de crise où tant de choses nous divisent, nous pourrions saisir cette occasion de nous trouver unis de nouveau autour de cette lointaine et pure incarnation de la Patrie ; autour de Jeanne d’Arc qui, la première, voulut que la France fût aux Français, dans un sens auquel tout le monde peut souscrire ».

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La situation du début du XV° siècle n’était guère reluisante : trois souverains pontifes, deux prétendants au trône de France, le chef du parti d’Orléans toujours prisonnier des Anglais, le sud-ouest et les régions du Nord sont possessions anglaises… Le parti français lutte alors contre le parti bourguignon, le parti de l’Angleterre, le parti de l’étranger. Il n’est rien de pire qu’une telle période de guerre civile et de misère.

JEANNE D’ARC ET SA MISSION

C’est dans cette époque désolée, que Jeanne d’Arc, à 16 ans, demande une première fois à rencontrer le dauphin Charles. Son souhait se réalisera une année plus tard. Jeanne va pouvoir accomplir sa mission. Elle a compris que le roi n’a pas à souhaiter bouter les Anglais hors de France, mais que, par sa simple fonction, il doit le faire.

Elle établit la confiance en reconnaissant Charles VII dissimulé au sein d’une foule de courtisans : « Tu es vrai héritier de France et fils de roi ». Par cette simple phrase, Jeanne conduit le dauphin Charles, ce fils légitime d’un roi fou, réputé « mou, indolent, sans volonté », à gravir à son tour les marches de l’autel des sacres pour recevoir l’huile de la Sainte Ampoule et renouer avec le principe mérovingien de la Loi Salique.

Bainville nous dit dans son Histoire de France que « Pour sauver la France créée par ses rois, confondue avec eux, il fallait relever la royauté. Pour relever la royauté, il fallait rendre confiance et prestige à l’héritier qui finissait par perdre espoir. »

Jeanne galvanise les troupes et, les Français sont vainqueurs à Jargeau, Meung, Beaugency, Patay, Auxerre, Troyes et Chalons. Son objectif reste Reims, la ville du sacre et c’est le 17 juillet 1429 que Charles VII reçoit l’onction du saint chrême. Il devient légitime et incontestable. Maurras, je cite, lit « distinctement dans sa pensée et dans son cœur, les trois idées directrices de l’ancien Tiers-Etat français : le Patrimoine maintenu et la Patrie sauvée par la Royauté rétablie ».

Si Jeanne se révèle un chef de guerre hors pair, elle est aussi un chef politique sans pareil : Elle fait sacrer le Dauphin à Reims, « qui devient l’oint du Seigneur », devant les Français, elle restaure l’espérance en affirmant la légitimité et le droit de la figure royale.

Sa mission principale accomplie, Jeanne d’Arc, prisonnière du parti de l’étranger, va mener héroïquement et saintement sa dernière bataille terrestre lors d’un procès perdu d’avance. « L’évangile selon Pilate » selon l’expression de Charles Péguy… A la lecture des actes du procès de Rouen, comment ne pas penser à Antigone, cette autre figure de la légitimité contre ce qui semblait l’ordre de son temps : « Je ne pense pas que tes décrets soient assez forts / pour que toi, mortel, tu puisses passer outre / aux lois non écrites et immuables des dieux. » Nous sommes toujours du parti d’Antigone !

QUE RESTE-T-IL AUJOURD’HUI DE JEANNE ?

A l’heure où l’anomie se développe sur notre territoire, il faut retisser les liens unissant nos compatriotes. Cela demande une adéquation au réel, un souci du bien commun, une autre idée de l’intérêt public.

Le royalisme français est confronté à trois enjeux majeurs : restaurer une pensée politique, poser la question des institutions aujourd’hui, renouer avec les peuples de France. On ne peut pas défendre l’idée d’un bien commun et faire l’économie d’une réflexion plénière sur le sens de ce qui nous rassemble. Sans vision globale, il ne peut y avoir de politique locale cohérente. C’est avec la mise en place d’un projet capétien, s’appuyant sur l’histoire et analysant le présent, que nous pouvons esquisser les contours d’un état garant des libertés locales, garant de la puissance française et garant des pouvoirs régaliens dans ce contexte si particulier de surexploitation de la nature et de mondialisation des échanges. Le royalisme français doit analyser et remonter aux sources des maux qui empêchent l’émergence d’une politique durable.

 

DISCOURS DE FRANÇOIS BEL-KER, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU CENTRE ROYALISTE D’ACTION FRANÇAISE [Dimanche 8 mai, place des Pyramides, à l'issue du Cortège Traditionnel de Jeanne d'Arc] dans informations royalistes 20160508_cortege_jeanne_darc_14

 

Jeanne, ce maître politique de l’action française nous livre trois leçons pour notre temps :

Le politique d’abord, en conduisant Charles VII au sacre.

Le principe d’inaliénabilité du royaume et la loi de primogéniture de la Couronne sont ainsi respectés. Jeanne ne vient pas apporter des nuées. Elle ne parle pas de démocratie chrétienne ou de toutes autres constructions idéologiques. Elle fait appliquer les lois du royaume. « Jeanne d’Arc entre harmonieusement dans l’histoire de France, continue le passé et prépare l’avenir. » Jeanne incarne le bon sens, la droiture dans le jugement, la recherche de continuité et de légitimité politique. Elle nous enseigne le sens des choses face aux déchirements des partis, au démembrement politique de notre pays… : il faut restaurer l’Etat et donc sacrer le Roi.

L’espérance politique ensuite dans la France et dans la mission particulière de notre pays depuis le baptême de Clovis.

En signe des temps, l’anneau de Jeanne qui, bien au-delà des procédures judiciaires, a suscité un réel engouement, une ferveur populaire, en opposition « aux errements de ceux qui voudraient réduire l’épopée de Jeanne à leurs élans sociologiques pour la rendre banale. » L’information a été confirmée jeudi, l’anneau restera possession française grâce à l’intervention d’Elisabeth II en personne. L’efficacité monarchique en action…

La décomposition intellectuelle, l’individualisme forcené, le communautarisme ne sont pas des fatalités. « Je ne sais qu’une chose de l’avenir, c’est que les Anglais seront renvoyés de France. » Cette douce prophétie de Jeanne d’Arc à ses juges (en 1430) est ainsi, pour des historiens comme Bainville et Sévillia, le début de la manifestation du sentiment national français.

La restauration du sens, enfin : obéissance à l’Eglise dans l’ordre spirituel et légitime autonomie dans l’ordre politique.

Exemplarité de Jeanne d’Arc, de la fougue de sa jeunesse et de son insoumission au pays légal, en rébellion à l’ordre établi, qui n’hésite pas à contredire les lois de son époque sur sa situation sociale et son sexe… ne prenant pas en compte l’opinion publique, elle conduisit le dauphin Charles à Reims.

On s’interrogeait beaucoup sous Saint Louis sur le fait « d’agir en chrétien ». Aujourd’hui, où les royalistes demandent la reconnaissance des racines chrétiennes de la France et de l’Europe, nous pouvons nous poser la question ‘comment le fait d’agir sur le et la politique dans un pays chrétien peut et doit conditionner nos actions ?‘

En 1793, les révolutionnaires ont interdit les commémorations de la délivrance d’Orléans par Jeanne d’Arc. Bonaparte, en fin connaisseur du besoin d’incarnation des hommes, fit rétablir l’hommage à Jeanne par cet article dans le ‘Moniteur’ : « L’illustre Jeanne d’Arc a prouvé qu’il n’est pas de miracle que le génie français ne puisse produire dans les circonstances où l’indépendance nationale est menacée. »

La monarchie reste une sauvegarde du politique contre les groupes de pression et autres intérêts partisans. Un régime n’a de valeur qu’au regard de son efficacité dans la sphère publique et dans la défense des libertés particulières. Le roi poursuit la tradition de ses pères, il ne travaille pas comme un salarié devant assurer sa simple subsistance mais comme le « dépositaire d’une mission séculaire ». C’est cette continuité de la politique royale qui a permis la constitution de notre nation.

Jeanne est l’illustration vivante de l’espérance politique, au service du politique d’abord elle esquisse une épopée française. Il fallait bien être « fille ainée de l’Eglise » pour apporter au monde ce joyau d’espérance : « la délivrance de tout un peuple par une bergère. »

Dès lors, nous allons multiplier les lieux et forme de contestation du régime en place en promouvant le Projet Capétien pour la France. Cela passe évidemment par une formation intellectuelle et militante exigeante. Il faut développer des carrefours, des colloques, des universités, des lieux de débats où la supériorité de notre projet pour la France soit indiscutable. Le chantier est celui d’une refondation, il faut interroger l’anthropologie actuelle pour restaurer l’Homme au cœur de la cité. Notre projet ne peut être que global.

Pour que vive le Roi, vive Jeanne d’Arc !

Pour que vive la France, vive le Roi.  •

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