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( 25 février, 2016 )

Répétez après moi : l’assurance chômage est excédentaire

Lu sur le blog « Le Réveil Français »

La grosse arnaque qui désigne les chômeurs coupables.

 

Vu sur : Altereco+plus, écrit par : Christian Chavagneux
On croit rêver…A plusieurs reprises , la cours des comptes a émis des réserves sur la gestion de l’UNEDIC. Il semblerait qu’en fait , l’essentiel du déficit viendrait des prélèvements d’état pour assurer le service public. En gros , si les cotisations prélevées sur les salaires des actifs (y compris les intermittents) n’étaient pas « croquées » au passage par l’état, entre 2008 et 2015, l’excédent de l’ UNEDIC, avoisinerait les 3 milliards d’Euros. Etonnant non?
OD

 

Chômage

22 février, les partenaires sociaux entament leurs négociations sur l’avenir de l’assurance-chômage. Le gouvernement, relayé ces derniers jours par l’Association française des entreprises privées (AFEP), oriente le débat depuis plusieurs semaines vers la nécessité de réduire l’aide aux chômeurs en mettant en avant l’idée de dégressivité des allocations. En clair : les chômeurs nous coûtent trop cher. Un constat complètement erroné : contrairement à ce que raconte la vulgate gouvernementale et patronale, le régime français d’indemnisation du chômage est excédentaire.
Les négociations pourraient pourtant être utiles si elles prenaient pour base la nécessité de remettre en cause la multiplication de contrats de travail de plus en plus courts. Ce sont eux qui nous coûtent le plus.
Un système en excédent
Le débat sur l’avenir de l’Unedic est ravivé chaque année lors de la publication des comptes qui mettent en avant une montée de la dette de l’institution : 25,9 milliards d’euros pour 2015, entre 30 et 35 milliards attendus pour 2018, selon que l’on se fie aux projections du gouvernement ou de l’Unedic.
On pourrait souligner que cette dette ne représente qu’un peu plus de 1 % de la dette publique française. Au moment où la France emprunte jusqu’à un horizon de 6 ans à des taux négatifs, cela signifie que les investisseurs sont prêts à payer pour financer les chômeurs français !
L’Unedic ramenée à la seule indemnisation des chômeurs dégage un solde positif. Y compris depuis la crise
Mais puisqu’il faut tout de même faire attention à maîtriser la dette, plongeons nous dans les comptes de l’Unedic. C’est ce qu’a fait dans une étude récente pour l’Institut de l’entreprise le spécialiste du sujet Bruno Coquet. Il a étudié la contribution à la dette de toutes les activités de l’Unedic et sa conclusion est sans appel : le régime d’indemnisation des chômeurs (droits communs + intérim + intermittents) est excédentaire.
Si l’Unedic est bien, au final, en déficit, c’est le résultat de sa participation, imposée par l’Etat, au service public de l’emploi : aide à la création d’entreprises, approvisionnement de 10 % du budget de Pôle emploi, etc. Sans ces charges supplémentaires, l’Unedic ramenée à la seule indemnisation des chômeurs dégage un solde positif. Y compris depuis la crise : sur la période 2008-2015, l’excédent s’élève à 2,9 milliards d’euros. La soi-disant générosité de l’indemnisation des chômeurs est une contre-vérité au moment où moins de la moitié des chômeurs français reçoivent quelque chose.
Les réformes nécessaires
Pour autant, comme les partenaires sociaux vont ouvrir des négociations, il serait opportun d’en profiter pour corriger une source importante de dépenses.
Les salariés en CDI contribuent positivement aux comptes de l’Unedic. Si les dépenses grimpent, c’est du fait d’une multiplication des contrats courts (CDD et intérim).
Du début des années 1980 au début des années 2000, leur part dans l’emploi salarié est passée de 5 à 12-13 %. Il est vrai que cette part s’est stabilisée mais, comme le font remarquer les économistes Pierre Cahuc et Corinne Prost dans une note récente du Conseil d’analyse économique, les contrats sont de plus en plus courts, la durée d’un CDD a été divisée par trois ces dernières années.
82 % des embauches de CDD d’un mois ou moins sont des réembauches
De plus, selon une étude de l’Unedic de janvier 2016, hors intermittents du spectacle, 68 % des embauches en CDD sont en fait des réembauches et la proportion passe à 82 % pour les CDD d’un mois ou moins.
Pendant que certaines entreprises conservent leurs salariés et développent leur expérience, d’autres font supporter une partie de leurs coûts par une succession de contrats temporaires financés par la collectivité. Aucune évolution structurelle et inéluctable – uberisation ou autre – ne nous force à aller dans cette direction, affirment avec force Pierre Cahuc et Corinne Prost. Ils rappellent que le nombre d’emplois de courte durée est en baisse aux Etats-Unis et que lorsque 35 % des CDD ont moins de 3 mois en France, cette part est de 19 % en Italie et de 4 % en Allemagne.
35 % des CDD ont moins de 3 mois en France, contre 19 % en Italie, 4 % en Allemagne
La conclusion est claire : puisque les partenaires sociaux entament des négociations, ils doivent s’attacher à moduler les cotisations chômage des employeurs en fonction des coûts qu’ils font porter à la collectivité. Ce devrait être la piste prioritaire de ceux qui souhaitent réduire les dépenses de l’assurance chômage.
( 24 février, 2016 )

Et si on lâchait les basques de Mgr Aillet ?

Voici une tribune très intéressante de Gabrielle Cluzel sur « Boulevard Voltaire »
Pourquoi un tel déchaînement contre cet évêque, depuis ses deux fameux tweets sur l’IVG ?
Et si on lâchait les basques de Mgr Aillet ? dans actualités
Ecrivain, journaliste
 dans actualités

On peut minimiser. Invoquer la dérision outrancière propre au carnaval – oui, mais pourquoi cette cible-là, clairement désignée, quand elles n’étaient, les autres années, jamais identifiables ? -, parler de tradition populaire – qu’elle nous arrange, la tradition, ça a du bon…

On peut ne pas en faire un plat, pardonner et tourner la page de ce qui n’est, finalement, qu’un martyre de papier mâché : il en est, sous d’autres cieux mais de même confession, qui, eux, sont brûlés pour de bon. C’est ce qu’a fait Mgr Aillet, avec intelligence, et c’est tout à son honneur.

Mais on peut aussi s’interroger : pourquoi un tel déchaînement contre cet évêque, depuis ses deux fameux tweets sur l’IVG ? Condamné par un ministre, montré du doigt par un député dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, et maintenant brûlé, par mannequin interposé ? Sans parler du tsunami d’articles de presse.

Toutes proportions gardées, Mgr Barbarin, que d’aucuns, ces dernières semaines, ont soupçonné d’avoir étouffé une affaire de pédophilie, a été moins malmené.

Mgr Aillet, pourtant, n’a pas fait dans l’extravagant ni le transgressif. Il a même été terriblement peu original. Il s’est contenté de rappeler ce que l’Église répète encore et toujours, inlassablement : avorter, c’est mettre volontairement fin à une vie. Dit autrement, c’est tuer. Le pape lui-même, dont tout le monde semble raffoler quand il pagaye dans le sens du vent, vient encore de l’affirmer sans ambages, sur fond d’épidémie Zika : « L’avortement est un crime. » Alors, quoi ? On brûle le pape François ? Ou il peut encore servir, sait-on jamais, pour le dossier « migrants » ?

Mgr Aillet serait américain et militerait contre la peine de mort, il aurait affirmé trouver « illisible » la politique de tel État, prétendant protéger les citoyens contre les meurtriers de Daech tout en tuant lui-même légalement par injection létale. Il aurait ensuite demandé pitié pour les pauvres hères du couloir de la mort, tout le monde aurait considéré le point de vue avec intérêt, on lui aurait peut-être même obligeamment ménagé une tribune dans le Huffington Post ou le Courrier international. Pour qu’il développe un peu.

Mais être contre la peine de mort est une bonne opinion quand être contre l’avortement en est une mauvaise. Très mauvaise. Exécrable. Et même indicible. Nous ne sommes pas le pays de la liberté d’expression, mais le pays de la liberté d’UNE expression, toujours la même, préformatée, exclusive. Il est vrai que, pour cette expression autorisée, la liberté est grande, gigantesque, elle est même infinie. On peut cracher, éructer, insulter, piétiner, humilier, brûler, s’en donner à cœur joie. Pourvu que l’on ne sorte pas du cercle soigneusement circonscrit, pas même du bout de l’orteil. Que l’on ne tente pas d’escalader le mur hérissé de barbelés idéologiques, surveillé par les Vopos médiatiques. Nos politiques n’ont pas attendu Trump pour s’essayer à la maçonnerie. Et ils y excellent.

( 23 février, 2016 )

Monseigneur Aillet brûlé en effigie à Saint-Jean de Luz : une dérision significative !

Communiqué de Bernard Antony

L’acte perpétré lors du carnaval de Saint Jean de Luz consistant à brûler en effigie l’évêque du diocèse ne relève pas d’une mascarade de mauvais goût qu’auraient perpétrée d’imbéciles potaches. Il a été idéologiquement préparé et d’ailleurs approuvé par le parti socialiste et les groupuscules d’extrême-gauche.

Il s’inscrit dans la séquence actuelle d’usage systématique de la dérision contre le christianisme que les tribunaux ne condamnent jamais si elle est dirigée contre certaines religions, constituant un moyen de dénigrement préalable aux phases de persécution.

L’histoire vérifie cela.

Ainsi Jean Jaurès, dans son Histoire socialiste de la Révolution, rapporte-t-il avec une grasse délectation que le 5 mai 1791, dans le jardin du Palais Royal, devant la foule révolutionnaire : « Le feu est mis à un mannequin représentant le pape Pie VI ». Jaurès décrit cela sous le titre : « L’insolent mufti au bûcher ».

Moins de deux ans plus tard, c’est par milliers que, selon les cas, on brûla, égorgea, noya, guillotina des milliers de religieux et de fidèles, hommes, femmes, enfants.

La mise au bûcher des effigies des personnes haïes fut une pratique fréquente dans les moments préparatoires des monstruosités nazies ou communistes, et particulièrement dans les manifestations de haine des Espagnols fanatiques, rouges ou noirs, avant la guerre civile de 1936.

On pouvait penser que dans un régime de démocratie moderne on ne réanimerait pas de pareilles scènes d’exécration du bouc émissaire rappelant des pratiques cruelles et barbares de jadis.

Il convient, cela dit, de rappeler que les auteurs du triste fait de Saint Jean de Luz ne suscitent que la condamnation du pays basque unanime, attaché à son âme chrétienne, à sa culture, à son identité, à ses traditions de solidarité avec son clergé.

L’AGRIF présente à Mgr Marc Aillet l’expression de son profond respect.

 

Bernard Antony

La Lorraine Royaliste approuve totalement les termes de ce communiqué

( 22 février, 2016 )

22 février 1916 : la glorieuse mort du lieutenant-colonel Driant

Lu sur « Boulevard Voltaire » cet hommage au Lorrain Driant.
Émile Driant est le 8e parlementaire et le 6e député mort pour la France

Après une enfance « bercée par les souvenirs du Premier Empire et ses gloires », écrira-t-il, Émile Driant entre à Saint-Cyr alors que son père, juge de paix, voyait en lui un futur magistrat. Il sort 4e sur 400 de la promotion « Dernière de Wagram » en 1877, à 22 ans. Il pourrait choisir la prestigieuse cavalerie ou l’état-major mais il décide d’être « pousse-cailloux », c’est-à-dire l’infanterie. Après un passage au 54e RI et au 4e Zouaves, il est promu lieutenant au 43e RI, où il rencontre le général Boulanger dont il est bien vite l’officier d’ordonnance et le conseiller quand le général Boulanger devient ministre de la Défense (1886-1887).

Le jeune officier fait l’apprentissage de la politique et reste fidèle à ses valeurs, son métier et son futur beau-père. Car Émile Driant épouse Marcelle-Camille Boulanger, fille du général, en octobre 1887. Le capitaine Driant retrouve le 4e Zouaves en Tunisie et prend huit jours d’arrêt, en 1892, pour avoir défendu la mémoire de son beau-père dans les colonnes du Figaro. C’est à cette époque qu’il se lance dans la littérature et qu’il prend le pseudonyme de « Danrit ». Il écrit jusqu’en 1913 une trentaine d’ouvrages. Le succès est au rendez-vous. Après un retour à Saint-Cyr-l’École comme instructeur, il repart avec le grade de chef de bataillon en Tunisie, où l’attendent sa femme, son premier enfant et le 4e Zouaves. En 1899, il est de nouveau muté. Il rejoint, en juillet 1899, le 1er bataillon de chasseurs à pied : une récompense rare et un honneur à l’époque. Mais il doit déchanter. Il ne sera pas promu lieutenant-colonel parce qu’au ministère de la Guerre, le général André, républicain bon teint, veille à ce que les officiers monarchistes ou bonapartistes restent à leur place.

Le commandant Driant songe à démissionner, ce qu’il fait en août 1905 après de nombreuses péripéties. Il a préparé sa reconversion et devient journaliste à L’Éclair. Parallèlement, il entame une carrière politique mais ne devient député qu’en mai 1910 et il est brillamment réélu en mai 1914. À la mobilisation générale, bien que dégagé de toute obligation militaire (il a 59 ans), il décide de rempiler. Émile Driant se voit confier les 56e et 59e bataillons de chasseurs, formés de réservistes du Nord et de l’Est. Le 1er septembre 1914, il reçoit une première citation pour une belle contre-attaque à Gercourt (Meuse). Entre deux combats, il revient à la Chambre des députés et rapporte le projet de loi sur la création de la croix de guerre votée en avril 1915. Il écrit souvent à sa femme pour lui décrire, parfois, les horreurs de la guerre :

À Jarny, ils ont fusillé le maire devant sa femme et ses enfants. L’instituteur a eu les yeux crevés à coups de baïonnette avant d’être fusillé […] J’ai perdu 1.300 chasseurs depuis le commencement dans six combats […].

À l’automne 1915, le groupe du lieutenant-colonel Driant est chargé du bois des Caures (près de Verdun), qui constitue la charnière de toute la ligne de défense. Le 20 février 1916, il écrit une (dernière) fois à sa femme : « Notre bois aura ses premières tranchées prises dès les premières minutes, car ils [les Allemands, ndlr] y emploieront flammes et gaz. » Le 21 février au matin, Driant remet son alliance à son secrétaire avec l’ordre de la rapporter à Mme Driant s’il était tué. Le député-combattant est en première ligne, dans le poste avancé du commandant Renouard, son adjoint du 59e BCP, quand les Allemands déclenchent l’attaque. À 7 heures du matin, ce 21 février, le premier obus tombe sur le bois et Driant paraît au milieu de ses chasseurs qu’il ne quittera plus. Le 22 février à 16 heures, il ne reste plus qu’environ 80 hommes autour du lieutenant-colonel Driant. Alors qu’il visite ses hommes dans les trous d’obus, il est fauché par les balles allemandes. Émile Driant est le 8e parlementaire et le 6e député mort pour la France.

( 18 février, 2016 )

Qui bombarde Alep ?

 Voici le message du 14 février de Mgr Georges Abou Khazen, Vicaire apostolique d’Alep lu sur « Le Salon Beige » et largement passé sous silence par « la presse officielle » qui ne parle que de bombardements russes ou syriens sur Alep !

« Je vous écris d’Alep où nous sommes depuis quelques jours sous les bombardements continus sur les civils, causant des morts, des blessés et des destructions, rien que la nuit dernière nous avons eu dans nos quartiers quatre morts et quinze blessés, sans compter les maisons et les appartements endommagés!

Ces bombardements sont effectuées par des groupes appelés «opposition modérée» et en tant que tels défendus, protégés et armés, mais en réalité, ils ne diffèrent pas des autres djihadistes sauf par le nom. 

Ils semblent avoir eu le feu vert pour intensifier leurs bombardements sur les civils. Peut-être veulent-ils faire échouer les négociations de paix?! Ou faire intervenir des forces régionales et empêcher l’armée régulière de progresser et de libérer la région contre le terrorisme et les djihadistes?! Nous lançons un appel pour mettre fin à ces bombardements et encourager les parties à s’asseoir à la table de négociation, et pour que les Syriens résolvent avec le dialogue leurs problèmes entre eux.

Que le Seigneur nous donne la paix. Grâces et salutations. »

( 18 février, 2016 )

Réforme de l’orthographe : « Les lois naturelles et la longue mémoire transmises par la famille voila l’Ennemi » !

Lu ce commentaire instructif sur « lafautearousseau »

Par Richard Portier

Une pertinente analyse reçue dans les Commentaires sur Lafautearousseau

Les raisons de l’activation du projet de réforme de l’orthographe sont multiples. Celle que cite Olivier Maicas est bien réelle : le projet « républicain » depuis les Pères spirituels de la Révolution est de soustraire les enfants a l’influence de leurs parents en la remplaçant par « l’éducation républicaine » (un « formatage » serait plus vrai) dispensée a l’école et maintenant complétée par la doxa médiatique assénée à répétition. Dans la termitière parfaite rêvée par les utopistes, à peine « humanisée » par rapport a son modèle animal, les lois naturelles et la longue mémoire transmises par la famille voila l’Ennemi .

Mais cette raison n’est pas la seule : dans son très remarquable « Décomposition Française » (Ne mourez pas idiot : achetez-le, vite !) Malika Sorel-Sutter raconte (pp 214-215) : Alain Viala, Président de la commission chargée en 2000 de réformer les programmes d’enseignement du Français, reconnaît en 2005 que « la modification des programmes était guidée par le fait que l’arrivée des nouveaux publics, autrement dit d’adolescents venant de milieux ne leur permettant pas d’avoir une maitrise suffisante, l’exigeait. C’est pour cette même raison qu’a été modifié le travail sur la langue – vocabulaire et grammaire : travail à mener dés le primaire et au collège et a poursuivre au lycée ». Déclaration faite à Marcel Gauchet dans un ouvrage intitulé :« Programmes : Comment enseigner le Français. Former la personne et le citoyen ». Titre qui est lui-même tout un programme, clairement… Et l’excellente Malika de commenter : « La langue, la littérature au travers de l’imaginaire qu’elles construisent (je me permets d’ajouter : « et de la mémoire qu’elles véhiculent ») sont les vecteurs de l’identité. Il est illusoire d’imaginer que, en aval d’un tel programme d’adaptation, faire peuple, faire nation, tous ensemble, puisse encore être possible ».

L’immigration nous a amené Najat mais aussi Malika. La différence entre les deux : l’une aime la France, et l’autre pas.

( 18 février, 2016 )

Syrie : attention, danger !

Lu sur « Boulevard Voltaire » cette analyse de Dominique Jamet qui définit bien les dangers du conflit actuel en Syrie.

 

Syrie : attention, danger ! dans actualités
Journaliste et écrivain
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d’une vingtaine de romans et d’essais. Co-fondateur de Boulevard Voltaire, il en est le Directeur de la Publication
 dans actualités


La Turquie et les monarchies du Golfe pratiquaient jusqu’à ces derniers temps, avec la complicité objective de la diplomatie occidentale, manifestement de plus en plus dépassée par l’extension et la violence du conflit syrien, et fermement résolue à en faire le moins possible sur le terrain, une politique marquée du double sceau de la très traditionnelle duplicité ottomane et de la légendaire complication orientale.

Officiellement et théoriquement membres des alliances ou des coalitions constituées sous l’égide et à l’instigation des États-Unis, Istanbul et Riyad voulaient la chute du régime alaouite et l’échec politique et militaire du bloc chiite en voie de constitution de Téhéran à Damas en passant par Bagdad. C’est pourquoi, au risque de renforcer Daech, la Turquie en voie de réislamisation de M. Erdoğan, tout en jurant participer à la lutte contre Daech, laissait franchir ses frontières aux recrues et aux armements qui venaient renforcer la rébellion syrienne, tandis que l’Arabie saoudite fermait complaisamment les yeux sur le financement des organisations djihadistes les plus extrémistes.

L’entrée en scène et l’intervention massive de la Russie ont brutalement changé la donne. Hier au bord de l’effondrement, l’armée de Bachar el-Assad et ses alliés iraniens et libanais ont repris l’avantage et entament, de concert avec les Kurdes, la lente reconquête de la Syrie. L’offensive actuellement en cours terminée, la seconde phase de l’opération sera évidemment la liquidation du soi-disant État islamique et de la terreur qu’il fait régner sur le territoire qu’il contrôle, à cheval sur la Syrie et l’Irak.

Restauration de l’État syrien, sinon dans son intégrité territoriale, au moins aux dépens des zones actuellement tenues par les djihadistes de tout poil et peut-être des provinces syriennes rattachées à la Syrie en 1920, continuité territoriale d’un Kurdistan syrien autonome qui donnerait la main au Kurdistan « irakien » plus qu’à demi-indépendant et constituerait le plus puissant des encouragements à l’irrédentisme des Kurdes « turcs » bien malgré eux, victoire des États chiites appuyés par la Russie, l’idée de ce grand renversement est insupportable au sultan turc comme au roi d’Arabie. D’où les initiatives, les déclarations et les gestes menaçants qui se multiplient ces jours derniers. L’armée turque est même passée des menaces aux actes en pilonnant, au-delà de sa frontière, des positions gagnées par les Kurdes et les forces gouvernementales syriennes sur le Front al-Nosra et autres rebelles « modérés ». L’Arabie saoudite parle d’envoyer 150.000 hommes en territoire syrien… Jamais le risque d’un embrasement général n’a été aussi grand.

La Turquie n’accepte pas l’idée d’un Kurdistan libre et unifié. Croit-on la Russie de Vladimir Poutine, qui n’a pas pardonné à la Turquie d’avoir abattu l’un de ses avions, d’humeur à tolérer et à subir des actions hostiles menées par cet « homme malade », son ennemi héréditaire, qui passe aujourd’hui pour un homme fort ? Croit-on que les Kurdes, d’un côté ou de l’autre de la frontière, se laisseront massacrer sans riposter d’une façon ou d’une autre ? Croit-on que l’Iran abandonnera le pays et les coreligionnaires qu’il protège à leur sort ? Oublierait-on que Daech est là, en embuscade, prêt à envenimer le conflit par tous les moyens en sa possession ?

Il y a d’ores et déjà, sur place, beaucoup trop d’acteurs et d’intervenants surarmés jusqu’aux dents – armée syrienne, Hezbollah, combattants iraniens ou afghans, brigades internationales de Daech, rebelles modérément ou moins modérément fanatiques, forces aériennes russes, américaines, françaises, turques, israéliennes, chasseurs, bombardiers, porte-avions, blindés, missiles, lance-roquettes, canons, kalachnikov, égorgeurs, snipers, tueurs à la balle et au couteau – qui se côtoient, se bousculent, s’affrontent ou peuvent d’un moment à l’autre s’affronter dans un espace aérien et terrestre aux dimensions d’un mouchoir de poche géopolitique. Il y a eu déjà beaucoup trop de morts. Il y a trop de bêtise et trop de haines. La paix, et pas seulement dans la région, est à la merci de la moindre étincelle. Se souvient-on encore de Sarajevo ? Des somnambules, alors, dirigeaient le monde. Ceux qui se disent nos gouvernants sont priés de se réveiller.

( 17 février, 2016 )

Un « jugement » que l’histoire de la haine anti-chrétienne en France retiendra.

                    Bernard Antony, président de l’AGRIF, communique :

Le tribunal de Paris a relaxé ce mardi les membres du groupe extrémiste anti-catholique des Femen qui avait le 18 novembre 2012 agressé par projection de gaz et injures odieuses des familles catholiques manifestant pacifiquement pour la défense du mariage.

Dans l’utilisation d’un extincteur puissant et projection d’on ne sait quel produit, le tribunal a négligé le fait évident que cela aurait pu entraîner une dangereuse panique.

L’AGRIF est obligée de citer ici intégralement les motifs de la relaxe :

« En l’espèce, il y a tout lieu d’abord de relever que l’expression « in gay we trust », qui ne fait que refléter le soutien des Femen aux homosexuels, en reprenant de manière parodique la devise des États-Unis « in God we trust », ne présente aucune dimension outrageante ou méprisante, sauf à estimer qu’exprimer un tel soutien serait de nature à outrager les catholiques, ce qui n’est nullement démontré.

Par ailleurs, le slogan « occupe-toi de ton cul », pour vulgaire qu’il puisse apparaître pour certains, ne fait que traduire la revendication des Femen visant à ce que les manifestants se consacrent à leurs propres affaires et n’interviennent pas aux seules fins de priver d’autres personnes d’un droit. Il ne peut en aucune manière, par conséquent, être analysé comme une injure envers l’ensemble des personnes de confession catholique.

S’agissant du surplus des propos poursuivis, qui ont tous, de fait, une connotation religieuse, qui’l s’agisse de « fuck church », « Holy sperm », « Jesus sperm » ou «  saint-esprit étroit », il convient tout d’abord de souligner que si les expressions « Holy sperm » ou « Jesus sperm » ne peuvent, comme le soulignent les prévenues, être réduites à la simple « qualification d’un liquide biologique », elles ne peuvent pour autant être analysées comme injuriant « ce qu’il y a de plus sacré pour un catholique ». Elles ne font, en effet, qu’associer, sur un mode humoristique  et parodique qui peut certes être plus ou moins apprécié selon la sensibilité de chacun, une référence religieuse à une substance associée au sexe et à la reproduction , et traduire ainsi de manière métaphorique l’opposition des prévenues à une manifestation hostile, illustrée par le port d’un extincteur, « d’éteindre le brasier de l’intolérance », selon les propres termes de l’association Femen France.

Il en est de même de l’expression, au surplus anodine, « saint-esprit étroit ».  

Quant au slogan « fuck church », qui traduit incontestablement une position à la fois tranchée et injurieuse, il ne peut être perçu, en raison de sa généralité, que comme une critique certes virulente de la religion, voire même de la religion catholique, eu égard aux coiffes arborées par les prévenues, mais en aucun cas comme une attaque directe et personnelle dirigée contre les catholiques, les prévenues ayant par ailleurs toutes spécifié qu’elles n’entendaient viser, par cette action, que les seules dérives ou supposées telles de ladite religion et le rôle joué par l’Église prise en tant qu’institution.

Au regard de ces différentes considérations, et en prenant en compte le fait que les propos poursuivis s’inscrivaient à l’évidence dans un débat d’intérêt général, quelles que soient par ailleurs les interrogations, l’irritation, l’indignation voire la colère que peuvent susciter chez certains la forme et les modalités des interventions des Femen, il y a lieu d’estimer que les propos poursuivis n’excèdent pas les limites admissibles de la liberté d’expression et que les prévenues doivent, partant, être renvoyées des fins de la prévention. »

L’AGRIF pose donc la question suivante : est-ce que, pour des femmes notoirement entraînées au combat, se jeter seins nus en parodiant des religieuses et en vociférant, en projetant le contenu d’extincteurs qualifiés de « sperm de Jésus » dans une manifestation catholique défendant le mariage selon la morale naturelle et chrétienne, ne constitue pas une attaque contre les catholiques ? N’est-ce pas à ces derniers dans leur ensemble qu’elles s’adressent en leur lançant « occupe-toi de ton cul » ?

Si l’État français est en effet laïque, les catholiques doivent-ils pour autant être considérés comme des citoyens de deuxième catégorie dont les valeurs et les convictions peuvent faire l’objet de toutes les injures, et en l’espèce par des harpies dépoitraillées et hystériques ?

L’AGRIF n’accepte pas cet état de chose et fait appel.

La Lorraine Royaliste approuve entièrement ce communiqué

( 17 février, 2016 )

Syrie : « crimes de guerre », dénonce notre nouveau ministre des Affaires étrangères

Lu sur « Boulevard Voltaire » cette analyse très juste de « l’indignation » à sens unique de notre gouvernement
Syrie : « crimes de guerre », dénonce notre nouveau ministre des Affaires étrangères dans actualités
Journaliste et écrivain
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d’une vingtaine de romans et d’essais. Co-fondateur de Boulevard Voltaire, il en est le Directeur de la Publication

Une explosion d’indignation bien jouée et bien coordonnée accompagne les derniers développements de l’offensive aérienne et terrestre menée conjointement avec succès dans la région d’Alep par l’aviation russe, l’armée syrienne et ses alliés iraniens ou libanais. « Les avions russes et syriens ont très probablement visé cinq hôpitaux et deux écoles, faisant près de cinquante morts », titre Le Monde. « L’Europe et l’ONU meurent aussi à Alep », larmoie Libération. Quant à notre tout nouveau ministre des Affaires étrangères, chaussant les sabots de son prédécesseur pour mettre sans tarder ses pas dans les mêmes ornières, il dénonce « des actions constitutives de crimes de guerre ».

L’imputation est grave, elle vaut évidemment condamnation dans l’esprit de ses auteurs et l’on ne saurait du reste exclure qu’elle soit au moins en partie fondée. Mais est-il encore permis d’aller au-delà des mots, de la noble posture qu’ils traduisent, de la réprobation qu’ils entraînent et de regarder en face, calmement et simplement, la réalité d’une guerre qui ressemble à toutes les guerres ?

Quand, en 1940, Hitler, dans la foulée de son blitzkrieg gagnant, faisait pilonner par sa Luftwaffe Londres, Liverpool et Coventry, avec pour objectif de détruire l’industrie, de terroriser la population et de mettre à genoux la Grande-Bretagne, il était naturellement tentant, et la BBC ne s’en priva pas, de stigmatiser la spécificité de la barbarie nazie, étrennée trois ans plus tôt dans le ciel de Guernica.

Aussi est-ce en toute bonne conscience que la RAF puis l’aviation américaine, lorsque vint l’heure de représailles que méritait bien, n’est-ce pas, un peuple complice du nazisme, écrasèrent sous les bombes Cologne, Hambourg, Berlin et Dresde et tout ce qui y vivait, civils ou militaires. Si, dans le cadre de la préparation du débarquement puis, celui-ci effectué, pour mener l’assaut contre la forteresse Europe, nos bons alliés déversèrent un tapis de bombes sur Rouen, Caen, Lisieux, Billancourt, sur tous les nœuds ferroviaires et routiers de France, faisant plus de 60.000 victimes dans la population, il s’agissait seulement d’ouvrir la voie à leurs armées, sans la moindre intention mauvaise contre ceux qui se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment. Si, un an plus tard, deux engins d’un type inédit et d’une puissance sans équivalent rasèrent Hiroshima et Nagasaki et persuadèrent le Japon de demander la paix, le président Truman ne cherchait en l’occurrence qu’à épargner des vies américaines, à ramener à la raison les Nippons, peut-être aussi à instaurer l’hégémonie américaine. Et que dire du million de Vietnamiens victimes du napalm et de l’agent orange ou des centaines de milliers d’Irakiens qui furent les dégâts collatéraux de bombardements dont la précision chirurgicale était vantée lors des conférences de presse de l’US Army mais n’apparaissait pas évidente à ceux qui prenaient missiles, bombes à fragmentation, obus à l’uranium enrichis et autres ingénieux gadgets sur le coin de la figure ?

On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. On ne fait pas de guerre sans tuer des hommes. Ceux qui condamnent les seuls crimes de guerre russes et syriens ignorent-ils vraiment que la guerre est génératrice de crimes, pour ne pas dire que par nature elle est le crime même ? Seraient-ils à ce point naïfs ?

Ils ne le sont certes pas lorsque, comme par hasard, ils ne dirigent la lumière et ne jettent l’opprobre que sur les fautes et les crimes d’un seul belligérant. Alors que d’innombrables témoignages attestent des horreurs et des atrocités commises par Daech ou le Front al-Nosra, au moment même où l’on nous apprend, en quelques lignes, que le soi-disant État islamique a utilisé des stocks de gaz tombés entre ses mains, alors surtout que le sort des armes, après lui avoir été défavorable, tourne en faveur de Bachar el-Assad, soutenu par ses alliés, il n’y a ni hasard ni bonne foi dans la nouvelle campagne médiatique et diplomatique lancée contre le président-dictateur syrien. Et comment feraient nos professeurs de morale et de vertu pour faire reculer la rébellion « modérée » et celle qui ne l’est pas en réservant leurs frappes aux seuls combattants ? Quelles recettes possèdent-ils qui épargneraient les villes, les rues, les bâtiments, les hôpitaux et les écoles qui abritent indistinctement militaires et civils, les seconds servant aux premiers de boucliers humains ?

La vérité est que nos dirigeants et les médias qui les suivent, inconditionnellement alignés sur Washington et sur Riyad, s’obstinent à souhaiter ardemment la défaite du président syrien, de son régime, de ses alliés, et recouvrent l’ensemble d’analyses, de connivences, d’intérêts, d’arrière-pensées, d’erreurs et de bévues qui expliquent leur choix du grand manteau immaculé et mensonger de la justice, de l’humanité. Ils ont choisi leur camp, soit. Qu’ils aient au moins la franchise de l’avouer !

( 16 février, 2016 )

Anniversaire : Le Ralliement, erreur mortelle

Lu sur « lafautearousseau »

 

Le 16 février 1892, il y a 124 ans aujourd’hui, le pape Léon XIII publiait l’encyclique Inter innumeras sollicitudines par laquelle il imposait aux catholiques français, avec tout le poids de son autorité et l’insistance qu’elle lui autorisait, le Ralliement à la République. Les conséquences de cette politique, car c’en était une, ont été immenses et se sont étendues non seulement à la situation française mais aussi européenne. On peut imaginer assez aisément que le cours de l’Histoire eût été différent si cette décision papale n’avait pas été prise. Le Ralliement a évidemment conforté une République dont la légitimité était encore incertaine, affaibli la réaction des catholiques – pourtant majoritaires – à toutes ses entreprises négatives, rendu plus difficiles et aléatoires les projets encore actuels de restauration monarchique, et introduit dans l’Eglise de France les courants dits modernistes qui allaient plus tard contribuer à son déclin. Pour la première fois, enfin, fût-ce par tactique, l’Eglise catholique et avec elle les forces de la Tradition qui lui ont obéi, s’inclinaient devant l’esprit et les œuvres de la Révolution. Peut-être est-ce là un des événements majeurs qui ont marqué le XXe siècle et dont le retentissement politique et social se prolonge jusqu’à nous. C’est pourquoi nous avons décidé de l’évoquer ici, reprenant ce qu’en dit notre éphéméride du jour.  LFAR

 

Le souhait de Léon XIII n’était évidemment pas de se rallier lui-même – ni de pousser les catholiques français à se rallier aux idéaux révolutionnaires en tant que tels. Il s’agissait simplement, dans l’esprit du pape, après l’échec de la restauration monarchique en France, et alors que la jeune république se montrait très agressive envers le catholicisme, de renoncer à une opposition systématique au régime en place, et même d’accepter la Constitution pour combattre « par tous les moyens honnêtes et légaux » les lois anti-chrétiennes, en pesant de tout leur poids sur les nouvelles institutions.

Le pape – ingénument – pensait que, les catholiques étant majoritaires en France, cela suffirait à leur faire gagner les élections, et donc à diriger ou – si l’on peut dire – cornaquer les gouvernements : « Accepter la constitution, fait accompli, mais pas la législation, fait réformable, et pour cela, par les élections sous étiquette républicaine, s’insérer dans le régime républicain et y faire de bonnes lois. » disait le pape.

Trois mois après l’encyclique, le Pape s’adressait aux cardinaux français : « Acceptez la République, c’est-à-dire le pouvoir constitué… respectez-le, soyez-lui soumis, comme représentant le pouvoir venu de Dieu… Inutile de rappeler que tous les individus sont tenus d’accepter ces gouvernements et de ne rien tenter pour les renverser ou pour en changer la forme.»

S’adressant au Baron de Montagnac, qui refusait le Ralliement, Léon XIII s’exclama : « Faites-vous républicain d’une bonne république. Vous comprenez ? Je veux que tous les catholiques entrent, comme une cohue dans la République…Les traditions doivent céder pour un moment… vous les retrouverez après l’œuvre accomplie…  il faut abandonner les traditions pour le moment, un petit moment seulement.»

Le pape avait simplement oublié les paroles de Saint Cyprien, au IIIème siècle : « Il existe un mal pire et plus meurtrier que la persécution, c’est l’empoisonnement perfide de la mentalité. »

Sa vision, purement théorique, était une grave erreur au plan des principes, comme au plan de la tactique : descendre sur le terrain de l’adversaire en utilisant sa doctrine et ses pratiques, cela relevait d’un angélisme profond, qui, pour être sincère, n’en témoignait pas moins d’une incompréhension fondamentale de ce qu’était la république idéologique française, fondée sur les dogmes de la Révolution : cette république, cette Révolution, ces dogmes étaient – et restent – une nouvelle religion, dont le but premier et essentiel est de remplacer l’autre, la chrétienne, la traditionnelle, et de la détruire, par tous les moyens; en détruisant également toutes les racines historiques et culturelles d’un pays millénaire, l’expression « l’an 1 de la République » étant – à cet égard – parfaitement révélatrice de cette nouvelle France, de cette nouvelle société que la république idéologique – comme l’a si justement dit Jules Ferry – voulait bâtir « sans roi et sans dieu ».

Méconnaître cette haine destructrice et cette volonté farouche d’effacer tout ce qui a fait une Nation pendant mille ans – y compris et surtout ses racines catholiques – témoignait d’une incompréhension politique dramatique à ce niveau. La rupture avec un siècle d’opposition aux thèses révolutionnaires était brutale, et l’Eglise renonçait à combattre son ennemi mortel : le Ralliement fut à la fois un stupéfiant marché de dupes – comme les choses devaient très vite le montrer – et une non moins stupéfiante capitulation idéologique en rase campagne, pourrait-on dire…

Le cardinal français Pitra, qui s’opposait fermement à cette rupture dans la politique vaticane, se vit réprimander par Léon XIII lors d’une audience très pénible de trois quart d’heure, durant laquelle, debout et tête nue, il reçut les plus aigres reproches d’un Léon XIII en l’occurrence fort peu compréhensif. Le cardinal accepta, par obéissance, de ne plus s’opposer au pape, et se retira dans une abbaye, où il mourut en 1889, soit trois ans avant la publication de l’encyclique : il se contenta de déclarer « Hora est potestas tenebrarum », reprenant les paroles du Christ à ceux qui venaient l’arrêter (citées par Luc – 22) : « Haec est hora vestra et potestas tenebrarum » (C’est ici votre heure et la puissance des ténèbres).

Le Ralliement fut peu suivi par les catholiques français, à de rares exceptions près, notamment celle de ce grand royaliste social que fut le comte Albert de Mun – qui ne tarda pas à le regretter amèrement. Mais, comme le note Michel Mourre », « se heurtant à la majorité des catholiques et du clergé français… c’est cependant dans la ligne du ralliement que put commencer à se développer, au début du XXème siècle, le mouvement de démocratie chrétienne.»

Et, surtout, 34 ans après, les sanctions vaticanes contre l’Action française orientèrent définitivement la structure et la mentalité même de l’Eglise-institution, en la vassalisant au pouvoir républicain, qu’elle reconnaissait, de fait, comme la norme suprême, le cadre obligé dans lequel toute organisation – y compris elle-même, l’Eglise – devait agir; mais à la condition de reconnaître les lois et règles de la république idéologique comme la loi et la norme supérieure, s’imposant à tous. Et bien sûr, a fortiori, en s’interdisant de les combattre en tant que tels.

C’est à ce marché de dupe, à cette capitulation en rase campagne qu’il faut sans cesse revenir; et à partir desquels on peut marquer, dater l’origine profonde et essentielle des destructions méthodiques et continues de tout ce qui faisait l’essence même de la société française. 

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