Lecteur occasionnel de l’hebdomadaire « le 1 » revue fondée et dirigée par Eric Fottorino ancien rédacteur en chef du « Monde », j’apprécie la confrontation de collaborateurs habituels ou occasionnels qui apportent des regards différents sur des questions d’actualité. Bien sûr tout n’est pas bon à prendre et quelquefois le débat tourne en rond sans apporter un éclairage suffisamment édifiant au sens constructif du terme. Mais le numéro 41 dont l’intitulé sur la une est : « que dire à nos enfants ? » portait sur : »Priorité au sauvetage d’élèves en état de rupture républicaine » et là, force est de constater le total unanimisme bêlant de tous les rédacteurs de ce N° pour insister « sur les notions de liberté, laïcité, respect des valeurs républicaines ». Les rédacteurs de ces articles ne se rendent même pas compte qu’un autre monde se crée, une nouvelle société s’établit. Une nouvelle France, comme la décrit Houellebecq, grignote notre vieux pays. Et nos institutions restent aveugles et sourdes et n’ont que les vieilles recettes rances et nauséabondes d’un laïcisme éculé et ringard à opposer à la progression inexorable de l’Islam. Ce n’est pas l’un des nôtres qui le dit, mais un ancien ministre d’origine maghrébine, Azouz Begad. Il nous fait prendre conscience que les statistiques sur le nombre de musulmans en France sont totalement erronées car elles ne tiennent absolument pas compte des générations issues de l’immigration (on a plus le droit de faire état de la religion d’un individu). Il chiffre entre 15 et 20 millions, soit le quart de la population française, oui française car née sur notre sol, le nombre des adeptes de la charria. Leur victoire est proche, encore une génération et …..
Mais que proposent les « je suis Charlie » pour endiguer cette vague de fond ? Le totalitarisme laïcard, qui ne tiendra jamais devant la « démocratie » expansive des banlieues. Car c’est bien là la contradiction. Autant à l’époque du ralliement, faute impardonnable de Léon XIII (et Pie XI a enfoncé le clou avec la condamnation de l’Action Française), les catholiques se sont dissous dans les marais puants de la troisième république en abandonnant le combat contre-révolutionnaire, autant aujourd’hui les musulmans revendiquent leur appartenance à une religion éminemment politique et ne se laisseront pas avoir. Ils s’implantent tout à fait silencieusement, sans violence, « démocratiquement ». Les quelques islamistes excités, presque tous issus de la voyoucratie, ou malheureusement de la misère intellectuelle de certains jeunes français, les gêneraient plutôt dans leur marche « pacifique » vers le pouvoir ! La république ne peut y opposer que la capacité de nuisance des frères trois points et de leurs alliés objectifs de l’antiracisme militant qui cherchent à remettre en place les briques de son mur branlant en se proclamant encore et toujours laïque ( constitution de 1958) et ce faisant nous menace tous de la dictature des bien pensants. Et cette hargne s’étale au grand jour comme justement dans cette interview de la femme Badinter donnée à « le 1 ».
Commençons par la fin de ce texte où la femme de l’ancien garde des sceaux nous menace : « Expliquer ce qui nous unit et qui nous permet de vivre ensemble. Et aussi les peines qu’on encourt quand on sort du droit chemin. C’est le discours qu’il faut tenir ».C’est clair, si vous ne rentrez pas dans le rang ce sont les geôles qui vous attendent ! Comme dans la chanson du grand Meeting du Métropolitain : « Peuple Français, la Bastille est détruite, mais y a z‘encor des cachots pour tes fils »! Elle s’en prend à la Kippa qui à ses dires ne devrait être mise qu’à la synagogue et retirée quand on en sort. Autrement dit on cesse d’être juif quand on est dehors avec les autres et elle en apporte la preuve avec cet aphorisme « quand on va chez son épicier on a peu de chance de parler à Dieu » Nous savons que tout acte, pour un homme religieux, et quelle que soit sa croyance, est ordonné, ou devrait être ordonné, dans le dessein de servir son Dieu et de lui dire merci. C’est d’ailleurs Sainte Edith Stein qui expliquait sa conversion par cette constatation : alors que les synagogues et les temples sont fermés toute la semaine, les Eglises restent ouvertes et tout un chacun peut y entrer et y trouver la petite lampe à huile qui signale le Présence Réelle et faire comme cette femme portant son cabas plein de provisions et qui s’agenouille quelques instants pour parler à Dieu, tout simplement, de ses petits problèmes quotidiens, de son chat peut-être, comme à un ami, en confiance . Oui, on aime son Dieu à tout instant madame Badinter ! Alors porter la kippa, une croix, ou tout autre signe d’appartenance à une croyance, voir le voile, relie à la Divinité. Il ne s’agit pas d’imposer sa religion mais de la vivre. Pour notre éminente féministe, il est scandaleux de montrer que l’on est Juif, Chrétien ou musulman… et les Sikhs ? Elle part en guerre, comme Marine, contre les repas halal dans les cantines « les minoritaires n’ont pas à imposer leur régime aux autres. » Mais quand 93% des élèves d’un collège sont musulmans, alors qui est minoritaire ?et cette situation n’est pas de notre fait, mais celui de la bêtise crasse des Giscard, Chirac et les autres qui ont joué aux apprentis sorciers. L’épouvantail du communautarisme est dressé, la République est une et indivisible et c’est vrai, comme elle l’écrit, que « le choix se situe entre la coexistence des communautés ou la communion du peuple » .Et la première communauté qu’il faut abattre c’est la famille. Ce gouvernement s’y emploie comme nous le savons, détruire toute filiation, faire des enfants sans origine, sans religion ; ne rien transmettre sinon l’histoire officielle imposée par une cohorte d’instituteurs mercenaires, les hussards noirs de la république sont de retour ! Et ils guettent, aidés bientôt par ces réservistes« citoyens » qui seront les nervis de la pensée, dépistant toute déviance, poursuivant les parents récalcitrants et les envoyant en camps de rééducation peut-être. Mais il faut craindre, une fois de plus, que ce soit un regain de christianophobie qui les animent comme le prônent les Peillon et Vals (qui préfère voir partir 100 000 Chrétiens que 100 000 juifs)
Nos petits énarques décérébrés pensent que le combat pour la laïcité permettra d’empêcher l’inéluctable : une république islamiste ! Alors qu’il leur faudrait rejouer 1901 et les inventaires, fermer les mosquées, expulser les imams, comme les jésuites et les autres congrégations ! Mais ils n’ont même plus la folie meurtrière de leurs aînés à tenter d’extirper le catholicisme dans le génocide de la Vendée, les massacres de la terreur, les crimes de la commune de Paris. Pleutres, veules, ils n’ont même plus soif de sang, sauf de celui de dessinateurs qui leur permet de parader au nom d’une unité factice et factuelle. Et, si les catholiques se sont laissé circonvenir en abandonnant le combat contre le Satan révolutionnaire, les musulmans n’ont que faire de la soupe tiède des droits de l’homme, de l’égalité des sexes, de la théorie du genre. Nos républicains ne comprendront jamais rien et continueront à s’en prendre aux « papistes », c’est plus facile et ça ne demande aucun courage.
Il faut retrouver la flamme contre-révolutionnaire des Charette, Stofflet, La Roche Jacquelain, Cadoudal…pour rétablir la paix à l’ombre de nos clochers et non des futurs minarets que l’incurie de la république laisse fleurir.
Jean-Antoine ROSECCHI