Que la Paix puisse enfin se construire
De nos jours chacun subit, avec plus ou moins d’agacement, de colère ou de révolte, les modes, les commandements ou les slogans imposés de
l’extérieur, mais rarement mûris de l’intérieur. L’homme robotisé que l’on nous impose comme image, sclérose notre âme. On nous distille ce qu’il faut manger, aimer, faire ou penser et notre capacité de juger par nous mêmes s’atrophie pour bientôt disparaître dans les mêmes égouts que notre liberté d’être. Chacun ne comprend même plus le langage de l’autre, car le sens des mots a été inversé, eux-mêmes déformés, parfois aussi interdits d’existence. Nous sommes en plein « Babel » et les multitudes de tours de Babel nous suffoquent.
Au point de conclure qu’il existe une volonté politique, diabolisée, diraient certains, de réduire l’être humain à l’état d’esclave ou de pion au profit de castes complices qui s’arrogeraient le droit de diriger l’Europe, et pourquoi pas le Monde (?) pour le plus grand malheur de tous, au détriment de toute identité naturelle, nationale ou régionale qui, au fil des siècles a su contribuer à construire la France et cette même Europe dans toute sa diversité.
Il serait temps de comprendre l’urgence de bâtir la société en fonction d’une autre approche que celle qui nous fut léguée, il y a deux siècles, par l’esprit des « Lumières » et qui ne nous a apporté qu’illusions et malheurs. Il serait nécessaire de retrouver la dimension spirituelle -à ne pas confondre avec religieuse- de retrouver cette dimension qui gît au fond de notre âme, à l’aube de ce troisième millénaire.
Mais toute nouvelle structure ne peut s’édifier, pour durer, que dans l’harmonie et dans le sens de l’identité de chaque peuple. Ainsi la paix des Etats, la paix civile, découle de la paix des coeurs. Ce n’est pas un phénomène immanent, mais la résultante d’un enseignement et la manifestation d’une société, d’une nation gouvernée sereinement et dans la fermeté.
Shalom disent les Hébreux, Salam répliquent les Arabes. Souvenons nous de la cité de la Paix, « Salem » dont Melchisedek fut Roi-Prêtre… personnage mythique peut-être, symbole sans doute qui nous force à réfléchir pour considérer la paix comme une volonté et une nécessité d’ordonner le chaos intérieur et extérieur par un équilibre rigoureux dans la voie de la justesse et de l’Amour. C’est aussi la compréhension de cette réalité, que nous ne pouvons pas imposer aux autres peuples, différents de par leur propre histoire, nos modes et façons de penser.
Les deux piliers qui soutiennent la cité de la Paix, sont en effet l’Ordre et la Justice et leur ciment ne peut être que la compréhension et le respect d’autrui, comme de chaque peuple. Melchisedek Roi-Prêtre devient alors l’archétype de l’Homme parfait, parfait puisqu’il a trouvé sa propre voie, parfait parce qu’il est le juste qui réalise en lui,et autour de lui l’unité, parfait car il donne à chaque chose, à chaque être sa place dans un équilibre harmonieux.
Nous avons tous vocation à cette fonction créatrice et organisatrice, à ce mandat de roi-prètre, à ce rôle d’intermédiaire entre Ciel et Terre pour coordonner l’oeuvre qui, de tout temps, nous a été confiée.
N’y a-t-il pas de plus belle image pour nous remettre en mémoire le rôle qui est imparti à notre humanité que le caractère chinois Wang: trois traits horizontaux, le ciel, l’homme et la terre sont reliés en leur centre par un trait vertical, le Roi… ou encore le règne minéral, le règne végétal et le règne animal sont recentrés sur l’homme-roi dans sa verticalité. L’homme responsable pour que règne la paix sur cette terre, à l’image de ce qui est en haut dans la cité de Salem, la cité de la Paix.
Pour conclure je vous invite, d’où que vous soyez, qui que vous soyez, à méditer sur ces paroles du Prince Icare qui disait à Blake et à Mortimer dans « L’Énigme de l’Atlantide » : « Dites aux Hommes qu’ils se trouvent au seuil d’une ère nouvelle, pleine de possibilités merveilleuses, mais que jamais ni la science, ni la victoire ne leur apporteront la paix et le bonheur aussi longtemps qu’ils n’auraient extirpé de leur coeur ces deux fléaux, la Haine et la Sottise ».
Henri VII, comte de Paris, duc de France


