L’Europe n’a pas attendu Monsieur Monnet ni Monsieur Delors pour exister. Depuis des siècles l’Europe a tenté de se bâtir selon deux schémas que l’on retrouve encore de nos jours . L’Europe fédérale, celle du Saint-Empire Germanique héritière des Romains, a fait souche avec Charlemagne puis les Habsbourg l’ont poursuivie. Cette Europe s’appuyait sur des conquêtes éphémères, mais surtout sur la puissance de l’économie, celle des marchands et des banquiers, ainsi de la ligue Hanséatique Germanique,de laBanque Füeger Autrichienne et du Zollvereine de Bismarck, premières ébauches modernes d’une Europe sans frontières, que nous retrouvons de nos jours au travers de la Banque centrale Européenne et de ses affidées aux ordres de Berlin.
Face à cette Europe, dès le Moyen Âge, des gens riches ou pauvres, artisans, artistes ou étudiants parcouraient ce continent d’un bout à l’autre, à la recherche du savoir, ils ne craignaient ni les intempéries ni les brigands. L’Europe de la culture, spirituelle ou sacrale a toujours existé et les maîtres enseignaient le beau, le bon et le juste . N’oublions pas tous ceux qui allaient révérer les reliques des lieux saints d’Espagne, de Russie, de France ou d’ailleurs. Nous avons de la difficulté à comprendre, à appréhender, avec nos esprits matérialistes étroits, ce formidable mouvement qui poussait les hommes, les femmes et les enfants à la recherche de la connaissance et de la foi. C’était éblouissant. Cette autre Europe fut encouragée par les Rois Capétiens protégeant cette recherche culturelle sans frontières et cette foule de gens en quête de leur vérité et de besoin de savoir.
La Papauté en ces époques est encore confuse. Elle avait néanmoins su créer un « cordon ombilical » entre tous les états européens. Très vite, les Capétiens ont compris qu’il fallait séparer le pouvoir temporel du pouvoir spirituel. Cette séparation nécessaire a été maintenue jusqu’à nos jours et elle n’empêchait alors aucunement chacun, de vivre sa vie dans la foi.
La révolution de 1789 a coupé le tronc de l’arbre pour créer une civilisation différente et plus moderne, matrice de toutes les révolutions suivantes créant dans ces gènes le besoin d’intervenir dans la conduite des autres états et de leur imposer un modèle appelé démocratie, au nom de la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes. C’est ainsi que le « printemps Arabe » s’est transformé en cahot dont profitent les Djihadistes… 1789 a initié le début des dislocations d’une Europe qui s’était créée de façon naturelle, fondée sur un terreau Chrétien sans frontières.
Qu’elle le veuille ou non, qu’elle le puisse ou non, la France de par sa situation géostratégique a toujours eu un rôle primordial à jouer dans la construction d’une Europe confédérale d’états souverains.
Elle se situe en effet à la croisée des courants est-ouest qui vont de l’Atlantique à l’Oural et du nord-sud de la Baltique à la Méditerranée. Tant que la France et la Russie demeurent fortes et puissantes ensemble, ces deux pays peuvent contenir les visées hégémoniques de l’Allemagne.
Or aujourd’hui, l’euromark est devenu insupportable et mortifère pour l’Europe. Je n’oublie pas que Pierre le Grand avait exigé de son pays la Russie de prendre exemple sur la France. La langue Française fut longtemps la langue diplomatique de l’Europe.
L’Europe dont nous avons hérité à ce jour est fondée sur un déni de démocratie puisque le résultat d’un référendum a été considéré comme nul et non avenu par un tour de passe-passe en faisant voter le congrès pour revenir sur la volonté du peuple. En fait, le politiquement correct devient souverain, châtiant implacablement ceux qui n’accepteraient pas le fait des eurocrates…
Oui, l’Europe peut et doit être reconstruite. Il ne s’agit pas de faire table rase pour bâtir autre chose, mais de modifier les aspects les plus néfastes de ce « lego » qui renie l’économie de plusieurs pays.
Certains étudient déjà les étapes afin de détricoter l’euro, et chez nous, des économistes visualisent la sortie possible de l’euro. Personnellement je pense que chaque état européen doit pouvoir recouvrer sa souveraineté monétaire, remettre en place sa propre banque centrale, libérée du mark tout en conservant l’euro comme monnaie d’échange commerciale internationale. Puis, cas par cas, signer des accords limités dans le temps et renouvelables sur des sujets communs.
Il faut avoir le courage d’établir une zone monétaire libérée du dollar car le déficit vertigineux des USA pompe toutes nos énergies. Alors il faut poursuivre ce raisonnement jusqu’au bout et créer avec la grande Russie cette zone monétaire commune. Mais la France est à reconstruire également. Je souhaite que nos gouvernements comprennent que l’on ne gagnera pas le pari d’une France forte en ruinant nos entreprises grandes ou petites, ce sont elles qui font vivre notre pays. Il conviendrait alors, n’en déplaise à Bruxelles, de revenir à des méthodes de gouvernance économique qui ont fait leurs preuves. Tel « le plan » qui, sous de Gaulle et Pompidou a relevé notre pays. Mais également rétablir des frontières adaptées pour arrêter les vagues d’une immigration incontrôlable dont nous n’avons ni la possibilité d’accueil, ni les moyens de faire vivre par un travail approprié.
J’ajouterai qu’il est suicidaire de démanteler notre armée alors que l’avenir s’assombrit.
Quant au système bancaire, il doit être réformé afin d’éviter dérives et dilapidation de notre économie. Gouverner c’est prévoir et non pas attendre que le sucre vous tombe tout naturellement dans la bouche. On ne gouverne pas en tentant de forcer la nature à se conformer à quelque idéologie que ce soit, on gouverne en prenant le vivant à bras le corps.
Je conseille à mes lecteurs de relire une bande dessinée de Goscinny et Uderzo, « Obélix et compagnie », parfaite démonstration du comment détruire un pays par l’appât du gain et de l’argent facile.
Paroles du Chef de la Maison royale de France,
Mgr. le Comte de Paris, de jure Henri VII de France