( 22 janvier, 2014 )

Les ennemis de nos ennemis sont-ils nos amis ?

A propos de l’affaire Dieudonné – voici un article juste que nous approuvons totalement.

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Attaqué par le sectaire ministre de l’Intérieur, Dieudonné deviendrait ainsi un allié objectif de la France française. Cela n’a aucun sens.

Parmi les retombées inattendues de l’affaire Dieudonné, on ne peut nier le regain de complaisance, voire de sympathie dont le bouffon a bénéficié dans les milieux nationaux voire même catholiques. Objectivement attaqué par la dictature socialiste représentée par le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, Dieudonné M’Bala M’Bala est devenu pour beaucoup le symbole de la résistance au système. Il mériterait pour cette raison notre considération, voire notre soutien.
C’est oublier un peu vite que l’humoriste, adepte de l’humour Canal+, a largement contribué, par la dérision systématique, à la remise en cause de toutes les institutions et valeurs sur lesquelles repose notre société. La seule différence avec ses comparses habituels est qu’il est allé, lui, jusqu’au bout de sa logique nihiliste. Si rien n’est sacré et si rien ne doit échapper à la dérision pourquoi la shoah serait-elle l’unique sujet dont il serait interdit de se moquer et de faire rire ?
Contre l’inconscient, les ombrageux gardiens du Temple de la Pensée Unique ont fulminé, comme aux plus beaux temps de l’inquisition tant honnie, une excommunication vitandus, c’est-à-dire que tout contact avec le coupable est interdit sous peine d’être soi-même exclu de la communion socialo-droit-de-l’hommiste. Tout cela au grand dam des soutiens, fort divers, de l’histrion camerounais : jeunes des banlieues ravis de choquer le bourgeois blanc, représentants de la « France bien élevée » pour qui toute victime de Manuel Gaz bénéficie d’emblée d’un capital de sympathie, jeunes nationaux déracinés en quête de repères identitaires pour marquer leur refus du pouvoir en place, etc.
Après avoir assisté, médusés, au dynamitage en règle de tout ce en quoi ils croyaient, certains se sont complus dans la joie amère de voir, enfin, mis à mal le dernier tabou : la sacralisation de la shoah comme l’ultime refuge du sacré et de l’intouchable, le dernier interdit justifiant qu’on réprime l’irrespect et l’indélicatesse comme un blasphème Attaqué par le sectaire ministre de l’Intérieur, Dieudonné deviendrait ainsi un allié objectif de la France française. Cela n’a aucun sens. Comme si la vérité était le contraire de l’erreur alors que ce contraire est tout au plus une erreur d’un autre ordre.
Staline attaqué par notre ennemi Hitler en serait-il devenu plus fréquentable ? Ce n’est pas ce que pensait le grand pape Pie XII, à l’inverse des Roosevelt, Churchill, De Gaulle… Trotsky, assassiné par Staline, reste une crapule. Dieudonné se serait, nous dit-on « converti ». Après nous être réjouis de la conversion du pécheur, qu’il nous soit cependant permis de juger de son ferme propos sur des actes.

Ne perdons pas de vue trois réalités :
- La fameuse quenelle est une variante du bras d’honneur, voire du doigt d’honneur, ce qui en fait, par nature, un geste obscène. Il est désolant de le voir se répandre chez des jeunes élevés par leurs parents dans le rejet de la vulgarité et de la bassesse et qui s’y croient autorisés parce qu’il est sottement poursuivi par nos adversaires.
- Faire rire de ce qui ne nous touche pas directement, mais qui paraît précieux à d’autres, est une bien pitoyable revanche quand on a soi-même souffert des rires d’une foule de sots excitée par des gueux.
- La liberté d’expression n’est pas un absolu. « Les doctrines mensongères, peste la plus fatale de toutes pour l’esprit ; (…) les vices qui corrompent le cœur et les mœurs, il est juste que l’autorité publique emploie à les supprimer sa sollicitude, afin d’empêcher le mal de s’étendre pour la ruine de la société », enseigne Léon XIII dans Libertas Praestantissimum (20 juin 1888).

Faut-il, plus fondamentalement, voler au secours de l’ennemi du système, sous prétexte qu’il a été désigné à notre sympathie par ce même système ? N’est-ce pas consentir à ce que, après avoir prétendu désigner nos leaders naturels (ceux qui « passent bien à la télé », quand même ils n’ont plus tout à fait nos idées), l’appareil de l’État nous choisisse désormais nos amis et nous dicte nos mots d’ordre, quand même ceux-ci seraient complètements étrangers à nos convictions profondes ?
Les démêlés de Dieudonné avec Manuel Valls ne nous concernent pas. La résistance au système qui s’acharne à détruire la France ne passe pas plus aujourd’hui par la pratique de la quenelle qu’elle ne passait hier par la collaboration avec le nazisme, sous prétexte qu’il était l’ennemi de nos adversaires.
La résistance au système passe par la fidélité à notre tradition nationale et religieuse. Elle est sans doute moins ludique et moins ostentatoire, moins romantique qu’une adhésion compulsive à des provocations brouillonnes. Elle est cependant autrement féconde et méritoire.

Jean-Pierre Maugendre

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