Idéologie… Manipulations… et le Printemps des Libertés.
En année préparatoire à Science-Po, j’ai eu le plaisir de suivre une conférence d’André Siegfried. Son enseignement était lumineux, celui d’un humaniste. Il disait: « la première leçon de l’Histoire est faite par la géographie, évidence première qui veut nous faire oublier les idéologies, lesquelles sont par nature contradictoires avec la géographie: celle-ci marque des contours, des limites, quand celle-la n’en a pas. C’est en quoi l’idéologie est la caricature de la vie ». J’ajouterai que toute idéologie suppose que la Géographie puis l’Histoire soient nécessairement manipulées dans un désir de pouvoir manifeste.
Le printemps arabe, nécessaire en son principe, a été, presque partout récupéré par l’idéologie « théocratique » des frères musulmans. Mais les soubresauts de la révolte ne semblent pas s’éteindre pour autant, bien au contraire. Ils font tâche d’huile en Turquie et dans la péninsule Arabique.
En Europe, le jacobinisme de 1789 a essaimé et engendré toutes sortes d’idéologies, communisme, trotskisme, national socialisme, et le monde marche sur la tête et la gouvernance de la France s’incline de plus en plus devant les priorités économiques qui lui échappent, car la crise se nourrit de la crise. Alors nos politiques sourient béatement pour cacher leur fièvre à mesure que les clignotants se mettent à luire sur le grand tableau statistique, annonçant chaque jour des nouvelles catastrophes. Alors on prône tout et n’importe quoi et l’on met en place une réglementation et des normes stupides ou tellement tatillonnes qu’aucune matière n’échappe plus au Pouvoir, qui organise, ordonne, totalitarise la moindre étincelle de vie, le moindre battement de vos cils, et tétanise ainsi tout esprit d’entreprendre. Cet échafaudage robotique, mentalement organisé, soi- disant « intelligent », est enseigné à l’ENA. Ces derniers oublient ainsi l’essentiel, les hommes, les femmes,les familles dont ils ont la responsabilité, le savent-ils? Au lieu de les aider, de leur indiquer les choix de vie, on les plume sans l’ombre d’une hésitation. Or nous ne sommes pas des machines à sous, nous avons soif de justice, de liberté pour entreprendre, travailler, vivre et transmettre.
On voudrait pourtant nous faire admettre que la loi de la jungle est la plus merveilleuse des motivations en ce début de siècle. C’est nous ravaler au seul rang d’animal esclavasigé. Un jour à Thoiry en Yvelines je m’enfonçais dans la partie privée du parc. Je suivais une sente dans le hallier. Lorsque à un détour je vois un tigre qui m’observe attentivement à deux mètres.. Le sentier se poursuivait le long d’un grillage, invisible de loin, pour aller rejoindre le parcours autorisé aux visiteurs. Pour calmer les battements de mon pouls, je fixais le fauve dans les yeux et lui envoyais des pensées « bénéfiques ». Je lui parlais doucement. Je ne me sentais pas un être supérieur face à cette tigresse. Je la trouvais belle. Je le lui dis. Elle me suivit en ronronnant, comme ma chatte… l’un et l’autre de part et d’autre du grillage, sans animosité, sans agressivité et nous nous sommes quittés avec un regard complice, amical, simplement parce- qu’il n’existait pas de rapport de force, ni de faiblesse entre nous. Le grillage, certes existait aussi, symbole si l’on veut des normes essentielles qui permettait à la liberté de chacun de s’épanouir et des limites à ne pas franchir.
Les grandes envolées et les promesses non tenues sont semblables au vent qui hurle sous votre porte et qui ne laisse aucune trace lorsqu’il s’éteint. L’oligarchie au pouvoir, pour se dédouaner nous assure que l’eldorado c’est pour maintenant… Or c’est l’Europe qui nous gouverne. Elle aurait dû pourtant être cet espace de réciprocité des libertés, un espace de paix annoncé en ses débuts dans lequel chaque nation, chacun puisse trouver sa part de bonheur et construire son existence.
En créant ce « grand marché » nous avons donné la priorité aux normes, aux quotas. Nous avons créé des crises à répétition dans des secteurs de plus en plus nombreux et nous avons ouvert les vannes aux drames humains, aux malheurs, aux souffrances, car l’égocentrisme des puissances d’argent est un frein à toute solidarité, à tout regard altruiste. Ces pouvoirs aveugles autant qu’abstraits, au nom d’une idéologie réductrice, confisquent nos libertés et l’Etat de son côté ne fait rien pour partager les efforts de chacun. Il faudrait savoir tisser l’unité de l’Europe sur la trame de la diversité de ses Nations. Chaque peuple, chaque pays a son identité, ses coutumes, ne devrions nous pas les respecter? Il devrait s’agir, en priorité, de remettre la France au travail, de rendre à chaque Français sa dignité dans l’accomplissement d’une activité enrichissante et rémunératrice, mais aussi dans la responsabilité qui lui incombe et qu’il peut assumer au sein de la communauté. Redonner à notre pays sa richesse et grâce à cette force retrouvée, permettre à la France de reprendre sa place dans le concert des nations. C’est l’affaire de tous, si tant est que ceux qui nous dirigent veuillent bien donner l’exemple et éclairer les Français sur la voie à prendre.
Or il semble que rien n’aille plus dans le royaume d’Ubu, lorsque la police met systématiquement en prison des Français pacifiques qui revendiquent leur identité profonde et ancestrale, tandis que les criminels courent encore les rues. Ceux-ci… les pauvres seraient victimes de la société qui refuserait de les comprendre! Dailleurs les forces de l’ordre semblent ne vouloir s’intéresser qu’aux victimes qui avaient le tort de se trouver la où elles n’auraient pas du être.
Iznogoud le grand vizir devenu Khalif se sent désormais tous les pouvoirs, mais il ne sait pas à quoi cela sert, ni quels en seraient les moyens. Souhaite-t-il vraiment faire l’effort de faire triompher la justice et la justesse? Ses chevilles ont gonflé et sa tête ne s’est pas remplie. Et ce n’est pas avec trois vis et deux écrous que l’on peut reconstruire un pays.
Un petit air pour nous faire sourire… Ecoutez Juliette Gréco chanter: « Un petit poisson, un petit oiseau s’aimaient d’amour tendre. Mais comment s’y prendre lorsqu’on est dans l’eau »…
Henri Comte de Paris Duc de France
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