Ce n’est peut-être pas le jour, le moment et le lieu, mais je voudrais évoquer ici et aujourd’hui les guerres de Vendée. Vous avez sans doute appris par les médias la vive polémique qui a éclatée au Sénat mercredi dernier (16 janvier) à propos des Vendéens.
Le site du Salon Beige a d’ailleurs titré l’information à ce sujet : « La Gauche veut-elle rétablir les colonnes infernales ? ». Sans entrer dans les détails et les invectives prononcées dans le cadre officiel et cossu du Sénat, il est bon de savoir qu’il a été reproché aux Vendéens d’avoir combattu la République (220 ans après, le sujet fait l’actualité). Le sénateur de la Vendée a répliqué en disant que les Vendéens se sont révoltés contre une république terroriste, car la Terreur a tué (massacré, devrait-on dire) des milliers de Français.
Un autre sénateur s’est déclaré choqué par le logo actuel retenu par le département de Vendée. Même stylisé, ce symbole départemental est en effet celui représentant le cœur et la croix porté par les Vendéens lors des combats contre les armées de la République. Le sénateur Vendéen a répondu en déclarant que nous étions tous héritiers de notre histoire et que cet emblème choisi flotte aujourd’hui sur toutes les mers du monde dans le cadre du « Vendée-Globe »…
Enfin, puisqu’on le constate, disons-le tout net, les fanatiques sectaires, soutiens de la sanglante Révolution approuvent encore aujourd’hui les horreurs perpétrées au temps des colonnes infernales.
Pourtant, au lendemain de cette polémique, une proposition de loi a été déposée jeudi dernier (17 janvier 2013). Elle concerne une demande de reconnaissance du génocide Vendéen approuvé dans les textes de la Convention demandant l’anéantissement total de la Vendée et l’extermination de ses habitants.
Si j’évoque aujourd’hui les Guerres de Vendée, c’est que l’actualité nous en parle, mais également parce que j’ai reçu récemment un appel téléphonique de Reynald Sécher, l’érudit spécialiste de cette période de l’histoire. Cet historien compétent me contactait pour me dire qu’il y avait en Lorraine un type épatant qui avait fait inaugurer une plaque de rue portant le nom du fameux contre-révolutionnaire Jean-Nicolas Stofflet, Lorrain devenu général Vendéen.
Evidemment, j’ai répondu que nous connaissions fort bien cette personne qui a également créé une association Stofflet dont bien sûr nous faisons partie depuis sa création.
Reynald Sécher me dit alors qu’il souhaitait vivement venir donner une conférence dans cette ville qui conservait si bien le souvenir de Stofflet. J’ai répliqué en disant que le public serait plutôt limité, car la ville en question est Bathelémont-lès-Bauzemont, village de 65 habitants. J’ai proposé Lunéville où Jean-Nicolas Stofflet était soldat au régiment Lorraine-Infanterie avant de devenir garde-chasse des officiers dits Gendarmes-Rouges.
Finalement, notez-le, l’historien des guerres de Vendée donnera sa conférence à Nancy le mercredi 13 mars en soirée au lycée Saint Sigisbert.
Rappelons que Reynald Sécher est le premier universitaire à avoir parlé du génocide franco-français à l’appui de documents irréfutables sur le sujet.
La Vendée est une région éloignée de la Lorraine, pourtant, il y a eu des Lorrains impliqués dans les guerres de l’ouest de la France. Bien sûr, hélas, un certain nombre de Lorrains se sont retrouvés enrôlés dans les armées de la République. Mais devant les atrocités commises, certains ont déserté pour rejoindre les combattants Vendéens.
Parmi les généraux républicains, on trouve Nicolas Haxo d’Epinal. Il était surnommé par monsieur de Charrette « Le Preux des Républicains ». Ce terme de chevalerie donné à Haxo par l’illustre Charrette ne convenait
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certes pas à tous les généraux, tel par exemple, Le général Léopold-Sigisbert Hugo, né à Nancy et père de Victor. Ce général avait pris le nom révolutionnaire de Brutus Hugo.
Parmi les engagés aux cotés des Vendéens, on trouve le nom de sœur Odile Baumgarten, massacrée par les colonnes infernales. André Baumler de Rémering-lès-Puttelange qui, dès le début de l’insurrection prit la tête de l’armée paysanne (le 13 mars 1793). C’est d’ailleurs lui qui définira ce que l’on a nommé : Les Buts de Guerre des Vendéens.
L’artilleur Joseph Brèche devait déserter l’armée républicaine pour se ranger du coté des Chouans. Joseph-Henri-Isidore Brèche, dit La
Bonté, né à Nancy, fut le principal compagnon de Cadoudal qui le nomma, malgré son jeune âge, colonel et chef de région.
Une figure assez méconnue, même en Lorraine où sa famille est toujours implantée, est celle du marquis Louis Thomas de Pange, colonel des fameux hussards de Bercheny. Le marquis avait été nommé commandant de l’armée Catholique et Royale. Il est mort au service de la cause vendéenne dans un combat prés d’Ancenis en 1796.
Jean-Nicolas Stofflet est, bien sûr, le plus connu des Lorrains ayant participé aux guerres de Vendée. Il est né à Bathelémont-lès-Bauzemont, prés de Lunéville en 1753. Attiré par le métier des Armes, il s’engagea en 1776 dans le régiment Lorraine-Infanterie. Il obtint son congé deux ans plus tard pour devenir garde-chasse des officiers gendarmes de Lorraine en garnison à Lunéville. Parmi ces officiers, il fit la connaissance du marquis de la Rochejacquelin, père de monsieur Henri, l’un des chefs Vendéens des plus prestigieux.
Lors d’une partie de chasse, Stofflet devait sauver la vie du comte Colbert de Maulévrier. Reconnaissant, l’officier prend sa sœur à son service dans son château vendéen et établit Jean-Nicolas comme garde-chasse de ses domaines.
En 1793, révoltés contre les exigences de la Révolution, les jeunes gens de la région de Maulévrier pressent Stofflet de se mettre à leur tête. La première victoire importante de ce Lorrain devenu général vendéen sera la prise de la ville de Cholet.
La Vendée mise à feu et à sang connaîtra ensuite des souffrances et des atrocités inouïes imposées par la Convention et les armées républicaines aux ordres.
Parmi les livres récents concernant la Vendée, nous vous recommandons vivement l’ouvrage intitulé « Le Roman de Charrette » (1). Ce livre peut porter ce titre, car la vie de Charrette est un véritable roman. Cette publication qui fait l’unanimité des critiques a été rédigée par un Lorrain nommé… Philippe de Villiers. Vous connaissez tous l’importance de ses réalisations en Vendée, notamment au Puy-du-Fou.
Son nom complet est Philippe le Jolis de Villiers de Saintignon. Ce Vendéen descend des comtes de Saintignon de vieille noblesse lorraine. Le père de Philippe de Villiers est né à Nancy. Il s’est installé en Vendée seulement après son mariage.
Tout ces propos pour vous dire que l’histoire des Lorrains en Vendée reste à faire.
Avec Jean-Nicolas Stofflet, Louis Thomas de Pange, André Baumler, Joseph Brèche et le vicomte de Villiers, nous sommes tous ici des Vendéens car nous nous opposons à la décadence républicaine et à l’actuelle dictature sournoise des idéologues incapables qui, pourtant, sont à la tête de l’Etat.
La République gouverne mal, malheureusement, elle se défend bien… Vive le roi quand même ! Vive les Lorrains-Vendéens
Jean-Marie Cuny