( 12 mars, 2012 )

Discours de Paul Luporsi à la fête des Rois

Chers Amis

 

Cette année 2012 sera marquée par une nouvelle élection présidentielle. Sommes-nous concernés? Entre les petites phrases assassines, les promesses qui ne seront pas tenues, la démagogie la plus éhontée, avons-nous un choix à faire? De toutes façons, ce ne peut être qu’un choix partisan qui sera et restera un choix républicain, c’est à dire celui de l’anti-France. Car posons-nous la question: que reste-t-il de la France après plus de deux cent ans de gabegie républicaine? Par analogie avec la guerre de cent ans je dirai presque: la guerre de deux cents ans que nous livre la religion démocratique. Comme l’écrit Renaud Camus dans un livre récent : « décivilisation », nous assistons à l’éclosion de l’hyperdémocratisation qui doit conduire à l’égalité parfaite celle qui transforme les hommes en consommateurs égaux qui se gavent des mêmes burgers MacDonald, ou quick, de la sous-culture dysneylandesque, des ersatz et sous-produits fabriqués en Asie mais accessibles également à tous et qui ont pour principale valeur d’enrichir les marchands d’illusions et les multinationales sans âme. Car l’hyperdemocratisation est en parfaite adéquation avec l’hypermondialisation. Dès lors, foin de la culture! Elle ne peut plus être que de masse, populaire ou plutôt populacière.

 

On peut faire visiter un musée, certes; mais qui replacera tel ou tel tableau, telle ou telle statue dans le continuum d’une histoire qui ne sera plus enseignée, abandonnant les grands hommes au profit de la marche démocratique du monde. Qu’on ne s’y trompe pas: le mal atteint les grandes écoles pourtant chargées de fabriquer les responsables de demain et je pense en particulier à Sciences Po où l’épreuve de culture générale a été supprimée au concours d’entrée, où l’histoire ne commence qu’avec le processus de démocratisation entamé dans le monde depuis 1789, car l’histoire ne peut être, elle aussi, que mondialisée. Ce n’est même pas un nivellement par le bas, c’est la logique révolutionnaire de la démocratie triomphante qui toujours fait table rase du passé pour fabriquer des renégats au service de puissants qui se partagent la planète. Il est vrai que la culture fait de nous à la fois des héritiers et des transmetteurs et en cela est fortement antidémocratique. Ainsi ceux qui seront favorisés par un environnement familial favorable seront avantagés par rapport aux pauvres maghrébins élevés dans le 9-3. C’est cette dénonciation inspirée du sociologue marxiste Pierre Bourdieu qui anime les chantres de la nouvelle pédagogie, eux qui hantent les couloirs du ministère de l’éducation nationale. Autre tare de la culture: elle génère la comparaison et donc la critique ce qui la rend incompatible avec l’adaptabilité au système que doivent enseigner les grandes écoles de commerce ou Sciences Po.

 

Comme je le disais déjà l’année dernière, les juges formés à l’école marxisante de la magistrature, participent à cet avilissement général en privilégiant le délinquant au détriment de la victime. À l’image de cette Éva Joly, décidément boursoufflée d’inculture, qui ose, en apatride qu’elle est, dénoncer l’hommage à Jeanne d’Arc, suivie en cela par tous les pantins gauchisants et bien-pensants qui ont toujours été du côté des ennemis de la France. Mais que faut-il attendre des politiques qui au mieux sont des suivistes, au pire des traitres et qui ne méritent que notre mépris ? C’est tellement vrai quand on entend un Dominique Strauss Kahn encore englué dans sa sulfureuse affaire qui prône une immigration indispensable. On sait bien ce qu’il pense, réduire la France à une colonie de peuplement qui seule lui permettrait de devenir un espace de consommation, indispensable pour exister dans la mondialisation heureuse. C’est grosso modo ce qu’il a voulu dire à Claire Chazal dans cet « interview » étrange où il est venu faire soi-disant amende honorable. Et le coincé chauve de la république, je veux bien sûr parler de Juppé, lui, donne des gages à l’islam sunnite le plus radical en offrant pour le franc symbolique, pardon, pour l’euro symbolique, un terrain de 8500 m² pour construire une des plus grandes mosquées de France. Il continue en soutenant la révolte sunnite en Syrie. Certes Bachar el Assad n’est pas un enfant de choeur, mais le sort éventuel des chrétiens n’intéresse certainement pas cet énarque décérébré: quel poids économique ont-ils? et au cas où les étrangers pourraient voter chez nous ce qui n’a rien d’un rêve fumeux, il faudra bien flatter l’électorat musulman!

Sarkozy, lui-même, est prêt à vendre la France à une Allemagne de plus en plus bismarkienne dirigée par cette grosse Bertha de Merkel qui n’a en fait que mépris pour le nain élyséen. D’ailleurs, bien qu’il laisse croire qu’il prend de la hauteur, crise oblige, il ne pense qu’à sa prochaine réélection, et un des derniers numéros de Valeurs Actuelles ne s’y trompe pas qui titre: les secrets de son plan de bataille ou sa stratégie pour contrer Hollande, la guerre entre français, tandis que ce dernier, sur une photo du même numéro brandit mollement un petit poing pas trop vif pour ne pas trop effrayer le bourgeois qui pourrait encore voter pour lui. Ces polichinelles sont épouvantablement sinistres en cette période d’incertitudes économiques où, au contraire, il faudrait à la France la durée.

 

Il faut réagir nous dit Ivan Rioufol, l’excellent éditorialiste du Figaro dans un livre récent: « de l’urgence d’être réactionnaire.. » et il a de grandes envolées lyriques sur la Patrie qu’il défend contre vents et marées. Je le cite » À force de vous entendre critiquer le Français de souche assimilable à un Dupont la joie raciste, j’en suis venu à vouloir redécouvrir mon pays, ma patrie. Ma patrie, ce mot que vous m’aviez appris à mépriser et que je retrouve comme un lien intime qui m’unit à des millions d’inconnus dont je me sens proche. » Mais sa réflexion a le souffle court quand il écrit: » il, le réactionnaire, est le saumon qui remonte à contre-courant pour préserver sa survie liée à son espèce. La sienne s’appelle la démocratie libérale héritée de Toqueville. » Ce bon Rioufol se met au service d’une république mythifiée que nous aurions laissée dériver, une république bourgeoise, celle à laquelle rêve aussi Renaud Camus dont je parlais plus haut sans se rendre compte que cette bourgeoisie libérale est à l’origine de ce processus de démocratisation qui une fois enclenché ne peut qu’arriver à son terme: la disparition de notre tissu national. Non seulement elle en est l’origine, mais aussi le passage obligé dans l’évolution inéluctable du système républicain. Et d’ailleurs Toqueville l’avait prévu.

 

Alors la situation de notre pays en 2012  en proie au doute tant il est trahi, bafoué, occupé nous rappelle la situation de 1412 où la France est menacée de disparition: tout foutait le camp, les clercs avaient trahi, la noblesse faisait allégeance à géométrie variable. Le puissant bourguignon avait choisi l’ennemi, l’envahisseur, l’anglais hier, comme les défaitistes aujourd’hui choisissent l’immigré, gardons en mémoire le nombre de 16 millions de musulmans actuellement chez nous; Bedford, duc de Lancaster, tenait Paris; Orléans était prête à céder devant les godons qui l’assiégeaient. Mieux un parti noble voulait se partager le pouvoir et faisait tout pour susciter la haine entre français soudoyant les bourgeois des grandes villes ou fomentant des révoltes dans Paris comme celle du boucher Caboche qui a failli coûter la vie au futur Roi de France. Les grands féodaux, sauf quelques-uns d’entre eux qui rejoignirent le parti armagnac fidèle au pouvoir royal, voulaient se partager la dépouille de la France en s’inclinant devant le roi d’Angleterre, comme les grands féodaux d’aujourd’hui issus de l’énarchie se partagent les places juteuses que leur réserve le système et plient l’échine devant les oukases de Bruxelles ou les notations plus que fantaisistes de ces agences dont personne ne sait qui elles servent sinon l’argent roi et la finance apatride.

 

Oui, la France dans laquelle naît Jeanne le 6 janvier 1412, est bien malade, réduite pratiquement à rien: Vaucouleurs est une petite  place forte isolée aux marches qui reste fidèle au petit roi de Bourges. Baudricourt tient tant bien que mal et quand en 1429, cette petite paysanne de Domremy vient le voir, il est exalté et sent que dans cette être fragile se trouve l’espoir.

 

Et ce fut le début de cette courte épopée qui durera à peine deux ans, sorte d’illumination fulgurante dont nous ne cessons d’écouter la leçon ou plutôt les leçons. L’une d’elle pourrait être celle de la révolte nécessaire, non pas l’indignation molle d’un vieillard cacochyme, pardonnez-moi j’aime bien ce terme, comme Hessel, qui d’ailleurs  représentait la jeunesse du socialisme au dernier meeting de Hollande,  la révolte dont je parle est celle que prône saint Thomas d’Aquin contre la tyrannie, oui la sainte révolte qui conduit à la folie grandiose qu’est la trajectoire de Jeanne d’Arc. Ne nous y trompons pas, Jeanne a tout contre elle et elle brave tout. Elle renverse l’ordre établi pour aller à l’essentiel: la Mission que l’archange lui a confiée de redresser le royaume de France en faisant sacrer le dauphin à Reims. Pour cela elle transgresse un quadruple interdit :

 

En premier, cette jeune paysanne, probablement illettrée, va devenir une femme politique ce qui semblait inconcevable pour une noblesse peu sûre et prête à trahir. Pour Jeanne avant de chasser l’envahisseur, il fallait rétablir le Roi, c’est à dire l’ordre véritable. Autre incongruité, à 17 ans elle devient chef de guerre et libère Orléans en transcendant les hommes qu’elle mène à la bataille. Eux les couards ou simplement les découragés elle va en faire des héros. Pour assumer ce rôle, elle devient indécente troisième interdit, face aux culs bénits de l’époque et s’habille en homme. Enfin elle s’oppose aux puissants clercs et à la Sorbonne ; elle les affronte, elle qui certes connaît parfaitement son catéchisme, ces gras prélats plus soucieux de leurs prébendes que du dogme avec une témérité et une rectitude de pensée inouïes. Et elle a raison face à ces hommes d’Eglise qui trahissent leur roi et leur Dieu, face aux militaires qui reculent, aux chefs qui désertent et aux hommes qui désespèrent. Comme Antigone a raison contre son oncle Créon, l’anarchiste, ainsi que le définit Charles Maurras, et meurt en restant fidèle aux lois fondamentales des dieux anciens, Jeanne restera fidèle jusqu’au bûcher à son Dieu et à son Roi.

 

Quant à nous nous sommes non seulement des témoins de ce passé glorieux, mais aussi les passeurs des leçons de l’histoire et pour cela il nous faut transgresser les interdits d’une société politique émasculante, nous battre contre les bien-pensants droitdelhommesques et leur pensée molle, nous révolter contre les pitreries grotesques des mauvais bateleurs de la politique spectacle et leurs mensonges d’Etat.

 

Ne nous fions pas aux mirages politiciens et militons, militons, même si c’est folie, pour débarrasser enfin la France de ceux qui l’étouffent, politiciens pourris et dépravés, pédagogues mortifères, magistrats vendus aux ennemis de l’ordre, énarques dévoyés et lobotomises et qu’on puisse enfin rentrer chez nous en criant vive le Roi.

 

 

22 janvier 2012.

 

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