( 21 mai, 2024 )

Communiqué de LA RESTAURATION NATIONALE, Centre Royaliste d’Action Française

 

 

 

Communiqué de LA RESTAURATION NATIONALE, Centre Royaliste d'Action Française dans actualités

Paris, le 18 mai 2024

 

Nouvelle-Calédonie

La Nouvelle Calédonie est de nouveau livrée à un déchaînement de violence, qui a fait plusieurs morts, dont, déjà, deux gendarmes. Voici le témoignage d’un habitant membre de l’Alliance Champlain (Nouméa).

« Nous vivons des moments éprouvants. Des évènements difficiles à vivre se sont déroulés au cours des derniers jours. Des hordes de jeunes de 10 à 20 ans à peine, alcoolisées et « cannabisées », commandités par des leaders indépendantistes ont brulé et pillé à tout va. La raison politique est un élargissement du corps électoral étendu à dix ans de résidence ; il faut savoir qu’actuellement ce corps électoral est gelé depuis 1998 soit 26 ans. Il n’était pas envisageable qu’il le soit éternellement. Les indépendantistes s’y opposent absolument car ils perdraient définitivement le contrôle du pays vu que les Kanaks ne représentent que 41% de la population. Le gouvernement actuel est indépendantiste par le jeu d’alliances contre nature.

Le calme revient progressivement avec l’état d’urgence. Mais il y a de nombreuses conséquences pour le vivre ensemble. Les dégâts sont incommensurables. Nous avons passé plusieurs nuits à protéger notre quartier avec des barrages de fortune dans les rues l’avoisinant ce qui a permis de limiter les conséquences. On était plusieurs centaines de personnes à se relayer 24 heures sur 24.

Voilà ce que je peux dire. Je suis épuisé par ces derniers jours. »

Le chef de l’État, ici comme ailleurs, obsédé par la soumission de la France à Bruxelles où se dessine le gouvernement du nouvel empire, est impuissant devant une situation prévisible.

Nous condamnons bien sûr cette violence, mais aussi l’incapacité d’un État qui ne croit pas en la France comme nation souveraine et qui gère les situations critiques qu’il génère lui-même par une politique hésitante et au doigt mouillé. Nous réaffirmons également la souveraineté de la France sur ce territoire qui a choisi par trois fois de rester dans son giron.

Reprenons le contrôle.

( 21 mai, 2024 )

Pèlerinage de Chartres : une lueur d’espérance dans le chaos

 

Lu sur « actionfrancaise.net »

 

L’actualité est aujourd’hui particulièrement lourde, d’inquiétants nuages noirs s’accumulent au-dessus de notre patrie, l’insécurité s’aggrave chaque jour dans tout le pays, marchandisation du corps des femmes, vices érigés en vertus jusqu’au plus haut niveau de l’État, aveuglement politique immigrationniste et émeutes meurtrières en Nouvelle-Calédonie. La France est en lambeaux et où que nous tournions le regard, ce n’est que ruines et désolation.

Cependant, notre France, habituée aux épreuves les plus terribles mais aussi ayant montré dans l’histoire qu’elle était capable de se relever des situations les plus sombres, présente aujourd’hui en ce temps de Pentecôte une jeunesse ardente et fière engagée sur la route qui mène de Paris à Chartres. Chaque année, le nombre de pèlerins augmente significativement, au point que les inscriptions bloquées à 16 000 l’an dernier, l’ont été à 18 000 cette année. Un tel afflux, pour une marche de 100 km en récitant le rosaire et en chantant les louanges du Seigneur, laisse entrevoir une lueur d’espérance dans le chaos ambiant. Je ne sais si le Saint Père se réjouit de cette manifestation de ferveur et de piété qui se déroule en France et témoigne pour le moins que la tradition catholique constitue un roc solide face à la tempête déchaînée que provoquent nos idéologues de l’individualisme égocentrique, à l’extérieur comme à l’intérieur de l’Église. Les partisans de la « tabula rasa » imposent depuis des décennies la réduction de la foi aux « idées du monde ». « Être dans le vent est une ambition de feuille morte », déclarait Gustave Thibon ; tandis que Barbey d’Aurevilly assénait, un siècle plus tôt : « Les idées courantes, je les laisse courir »…

Ainsi, la France se trouve être le théâtre d’un réveil en profondeur, aujourd’hui petite flamme encore vacillante qui pourrait devenir, demain, un vaste incendie. C’est de la vocation spirituelle de la France chère à Bernanos qu’il s’agit ici. La France, que Péguy présente ainsi :

« Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre

Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.

Mille ans de votre grâce ont fait de ces travaux

Un reposoir sans fin pour l’âme solitaire.

Vous nous voyez marcher sur cette route droite,

Tout poudreux, tout crottés, la pluie entre les dents.

Sur ce large éventail ouvert à tous les vents

La route nationale est notre porte étroite. »

Nos camarades du chapitre Sainte Jeanne de France marchent, depuis samedi, pour que l’esprit français, enraciné dans la chrétienté portée par l’Action française, soit aussi marqué de notre sceau. Ils sont le porte-drapeau au sein de ce pèlerinage de la royauté renaissante, rendons leur hommage.

Olivier Perceval

( 21 mai, 2024 )

Gardons nous au Sud et au Nord

 

Lu sur « actionfrancaise.net »

 

Tout de même, désigner l’Europe comme l’ennemi extérieur de la France n’est-ce pas oublier que les Arabes ont été arrêtés à Poitier par… des Européens ?

Effectivement, cette bataille est devenue un mythe symbolisant la résistance face à l’Islam. Un mythe objet d’une guerre mémorielle avec le courant wokiste qui, pour défendre le multiculturalisme, s’en prend à ce qui fut longtemps vu comme l’événement fondateur de la dynastie carolingienne succédant à la « première race » franque des Mérovingiens.

Retour en arrière : en 732, le duc d’Aquitaine, Eudes, se trouve bien seul sur le front sud du royaume franc mérovingien face à l’ennemi du Califat, le gouverneur d’Al-Andalus, Abd al Rahman. Après l’avoir stoppé dix ans plus tôt, à Toulouse, en 721, grâce à ses alliés de Neustrie (Lyon, Dijon), Eudes vient d’être battu entre Garonne et Dordogne, mais sa victoire de Toulouse avait permis aux Francs d’Austrasie du duc Charles de faire face à l’autre ennemi, celui du front nord. En 732, Eudes sollicite alors le puissant maire du palais du royaume franc des rois fainéants mérovingiens.

Charles pose comme condition à l’aide de la puissante cavalerie qu’il a recrutée et entraînée pour battre les Saxons, les Frisons, mais aussi les Bavarois et les Allamans, que le duc Eudes reconnaisse désormais la suzeraineté franque sur l’Aquitaine. L’accord passé, Charles met en branle le « marteau des païens » et, à Poitiers, les cavaliers berbères ne réussissent pas à briser le mur de lances du duc Austrasien tandis que les cavaliers vascons du duc Eudes prennent de revers le camp arabe. C’est la déroute et la mort d’Abd al Rahman face aux troupes austrasiennes venues de Metz et Verdun, aux neustriennes arrivées de Dijon et Lyon et à celles d’Aquitaine venues de Bordeaux et Toulouse. Cités européennes si l’on veut, pourquoi pas, mais, surtout, osons le dire : bigrement françaises, ou de ce qui allait devenir le royaume des lys de France, notre héritage.

Sous les Mérovingiens, les barbares francs s’étaient progressivement assimilés aux Gallo-romains et au christianisme perpétuant la romanité. Un christianisme qui d’oriental était devenu latin depuis qu’en 420 saint Jérôme avait traduit la bible et saint Augustin avait écrit De doctrina christiana. À Poitiers, en 732, les Francs, totalement assimilés, avaient repris le flambeau de l’Occident latin d’Aetius arrêtant les Huns en 451 aux champs catalauniques mais cette fois-ci Charles « Martel » arrêtait les Arabes et préparait la race des Carolingien à régner jusqu’à ce que les Capétiens unissent la France autour de l’État à fleur de lys.

Une fleur de lys sachant préserver l’héritage français face à ses ennemis extérieurs, devenus aujourd’hui l’Europe technocratique et le Califat fondamentaliste, avec sa cinquième colonne du Grand remplacement. Aujourd’hui, gardons nous au Sud de la civilisation de l’homme créolisé et au nord de celle de l’homme augmenté.

Philippe Germain

( 17 mai, 2024 )

Un autre Maurras

 

Lu sur « actionfrancaise.net »

 

Un autre Maurras, tel était l’horizon que se fixait Gérard Leclerc dans un livre écrit dans la foulée des événements de Mai 1968. Titre ambigu sans doute, mais à prendre en bonne part. Il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir dans la destinée si exceptionnelle et bousculée de l’enfant de Martigues. Et, bien sûr, que de richesses à découvrir dans son œuvre, si puissante, où l’axe principal, la philosophie politique, cache mal l’infinie variété des préoccupations d’un esprit sans cesse en éveil. Et que de choses à découvrir dans la mise en relation de cette œuvre avec le monde actuel… Quelle lumière elle apporte sur les perspectives d’un avenir, inquiétant sans doute, mais incertain plus encore ! C’est pourquoi les percées exploratoires dans la substance même de la réflexion maurrassienne ont tout à gagner à la confrontation avec les grands courants de la pensée contemporaine.

C’est le point de vue adopté par les organisateurs du colloque « Un autre Maurras » qui s’est tenu le 17 juin 2023 à la Maison des Mines, à Paris, sous l’égide de la NRU et de l’association des Amis de la Bastide du Chemin de Paradis. L’idée est née à la suite de la publication par les Éditions de Flore du nouveau livre de Gérard Leclerc, Une autre Action française. Cet ouvrage, composé pour l’essentiel de textes parus dans la NRU, témoigne de la manière dont la revue a contribué activement à la récente reviviscence des travaux consacrés à Maurras. Il lui appartenait de donner une seconde vie à ces communications en publiant les actes du colloque que l’on va découvrir dans ce numéro double n°74-75.

Après un incontournable entretien avec Gérard Leclerc présentant son ouvrage à l’abbé de Tanoüarn, Olivier de Lérins redonne vie à un vieux débat sur la relation entre poétique et politique dans l’œuvre du Martégal : poétique d’abord et politique d’abord sont tous deux porteurs de vérité, chacun dans son ordre. La rencontre avec le politologue canadien Nathan Pinkoski nous plonge directement dans le débat contemporain : partant d’une critique du néo-conservatisme anglo-saxon, Pinkoski montre que, pour le réfuter, les meilleurs arguments se trouvent chez Maurras. Et voilà Maurras à la conquête du Nouveau Monde ! Puis Antoine Assaf apporte, lui aussi, un regard d’origine étrangère, un étranger bien proche, il est vrai, d’autant que ce Libanais est un disciple de Boutang : avec lui, il nous conduit au cœur du mystère de Maurras. Michel Maffesoli, lancé « à la recherche du pays réel », le trouve par la voie d’accès inattendue du maurrasso-thomisme, tandis que Chantal Delsol entend défendre, contre Platon et Maurras, la cause du conservatisme… Dès 2017, Alain de Benoist consacrait un remarquable numéro de Nouvelle École à Maurras, où il accueillait Axel Tisserand, Gérard Leclerc, Olivier Dard, Rémi Soulié, Martin Motte et Baptiste Rappin. Il se réservait la pointe critique portant sur le romantisme de Maurras : pour le colloque, il a repris ce thème, en comparant les visions de Maurras et de Carl Schmitt. En contrepoint, nous avons ajouté un fort beau texte de Gustave Thibon sur le « romantisme solaire » de Maurras : le soleil de Provence, bien sûr, opposé aux ombres des forêts de Thuringe… Frédéric Rouvillois a, pour sa part, exhumé un roman de science-fiction masquant une polémique anti-maurrassienne : une curiosité littéraire et une découverte vraiment insolite.

Organisé par Olivier François et Francis Venciton, le colloque a été introduit par Olivier François puis conclu par Philippe Kaminski. Celui-ci a effectué une synthèse de ce qu’il faut savoir sur la maison de Maurras et le comportement de son propriétaire – la mairie de Martigues – et aussi sur ce qu’il est possible de faire aujourd’hui avec l’association des Amis de la Bastide du Chemin de Paradis.

N’ayant pu commémorer au cours de l’année 2023 le centenaire de la mort de Maurice Barrès, la NRU se rattrape ici avec deux articles : l’un, de Dominique Decherf, qui présente les lettres (inédites) adressées à Barrès par Bainville, depuis ses débuts, quand il était en recherche d’une puissance protectrice dans le monde de l’édition et de la presse ; l’autre, d’Olivier Dard, évoque les relations de Barrès et d’Henri Massis tout « au long d’une vie », c’est-à-dire au long de la vie de Massis qui, après une phase de critiques et même de remontrances, décéda près d’un demi-siècle après Barrès sans rien renier de sa fidélité à l’auteur des Déracinés. Un article de Pierre Debray datant d’août 1962 (centenaire de Barrès) complète le dossier. Très mordant, Debray dit à peu près que, quand on a Maurras, on n’a plus besoin de Barrès…

Christian Franchet d’Esperey

( 16 mai, 2024 )

Lettre du Prince

 

 

Retour sur notre dernier colloque 2024 et l’hommage rendu à sainte Jeanne d’Arc. Monseigneur le Comte de Paris nous avait adressé cette lettre d’encouragement mettant en évidence notre attachement au bien commun. C’est avec plaisir que nous la publions à l’intention de notre fidèle public royaliste et français.

Chers amis,

Le colloque que vous organisez est une nouvelle preuve de votre dynamisme et de votre souci constant du bien commun. Vous avez raison : l’état de notre pays se détériore et les velléités d’une Europe artificielle qui se profile démontrent que la recherche de l’intérêt national disparaît peu à peu des réflexions de ceux que nous élisons. Seulement préoccupés de leur marche vers le pouvoir, au service de leur profit personnel, ils ont depuis longtemps abandonné la mission dont ils devraient se soucier, gouverner et défendre les intérêts français.

Merci de travailler, comme vous le faites, à instruire nos concitoyens de la nécessité d’inverser cette dynamique dangereuse. Nous avons besoin, comme je l’ai souvent dit, d’aménager nos institutions pour tenir compte du temps long et besoin aussi d’un chef de l’État situé au-dessus de la mêlée, libre et indépendant, affranchi de toute idéologie.

Vous allez, le lendemain, rendre hommage à sainte Jeanne d’Arc. Patronne secondaire de la France, elle est l’héroïne majeure de notre histoire. Génie militaire, mais aussi génie politique, Jeanne avait compris que la France ne serait pas sauvée sans que soit rétabli, avant toute autre préoccupation, un régime politique stable et pérenne. Elle n’a pas succombé aux sirènes de ses compagnons qui l’incitaient à poursuivre la guerre, parce qu’elle estimait avoir pour seule mission d’aller, d’abord, à Reims. Sa leçon est plus actuelle que jamais.

Soyez assurés que mes pensées vous accompagneront. C’est une belle action que vous menez.

Recevez tous mes vœux de réussite pour ces deux événements.

Lettre du Prince dans Princes cdp

( 14 mai, 2024 )

Le front intérieur

 

Lu sur « actionfrancaise.net »

 

Oui l’Action française juge que la France – donc l’héritage des Français – est en danger car elle subit les assauts permanents de deux ennemis extérieurs : l’Europe depuis 1949 et le Califat depuis 1985. L’Europe est l’ennemi prioritaire puisqu’elle détruit la souveraineté de la nation, tout en la privant des moyens politiques de sa préservation. D’où le slogan d’Action française : « Moins d’Europe, plus de France », repris depuis par le populiste Salvini : « Più Italia, meno Europa ». De plus, trois ennemis intérieurs agissent au service de l’étranger. Ils sont très nuisibles car dans une nation désorganisée comme la nôtre, toute minorité unie par les habitudes y devient prépondérante explique Maurras.

Au service du Califat inspiré des Frères musulmans, se trouve l’ennemi radical. C’est l’alliance des groupes islamo-gauchiste et wokiste. Souvent des nouveaux venus dont la communautarisation frise le séparatisme et dessert la France. Leurs « codes » ne sont pas liés à la tradition française, affaiblie depuis deux siècles. L’islam ne connaît que la violence et la soumission à Allah ; le wokisme ne connaît que le déterminisme des minorités LGBTQIA+ ou racisées. En Situation de monopole dans l’Université et les médias, ils se sont alliés dans « l’intersectionnalité » pour abattre les restes civilisationnels de l’Occident latin (et non la République !). Appelons-la communauté des NAAM (OUI en arabe).

L’oligarchie technocratique sert le monde anglo-saxon et son vassal européen. Reprenons l’expression de Léon Daudet de communauté des YES. Elle se groupe dans des cercles et sous-cercles basés sur les appétits financiers qu’éveillent le système parlementaire et les énormes moyens procurés par l’État-providence et son époustouflant système de redistribution de l’impôt. Cette communauté d’intérêt est devenue le cœur du pays légal, son support social essentiel.

Il y a, nettement moins dangereux mais terriblement diviseur, la minuscule communauté ethno-impérialiste au service de l’Allemagne. C’est la vieille communauté des JA. Celle des français qui ne s’aiment pas eux-mêmes. D’ordre métapolitique, elle se réclame du bricolage euro-nationaliste. Elle ressemble à la communauté protestante qui entretint des relations longues avec l’Europe non latine. Sa germanophilie conspire contre le génie français en propageant un goût, des mœurs, un esprit, qui ne sont plus français. Elle égare des patriotes sincères.

C’est trois communautés poussent simultanément à la rupture civilisationnelle d’avec les restes de l’Occident latin (famille et nation). Chacune lutte pour imposer sa métapolitique, c’est-à-dire sa conception de l’Homme futur. Ces trois communautés veulent « refaire un peuple », celui de l’homme « augmenté » pour la communauté des YES, celui de l’homme « créolisé » pour celle des NAAM, enfin, le peuple de l’homme « néo-paganisé » pour la communauté des JA.

On saisit bien la différence avec l’Action française qui ne veut pas « refaire un nouveau peuple » du futur, mais cherche à préserver aujourd’hui l’héritage national du peuple français, non par de nouvelles communautés affinitaires mais en redonnant le contrôle politique aux corps intermédiaires naturels affaiblis, des communes et provinces du pays réel.

Philippe Germain

( 14 mai, 2024 )

Puisqu’il faut y aller…

 

Éditorial du n° 236 de POLITIQUE MAGAZINE

 

Notre sujet, c’est l’Union européenne. Si le dossier se concentre sur la manière ahurissante dont les élites françaises nous sacrifient en permanence à cette grande idée américaine, tout en montrant, sur le cas précis de la défense, que des nations peuvent très bien agir ensemble sans se fondre les unes dans les autres, il s’agit surtout, aujourd’hui, d’affirmer une fois de plus à quel point nos institutions sont perverties par des esprits faussés eux-mêmes.

De l’affirmer alors que nous nous apprêtons à voter. Mais faut-il voter ? Et pour qui ? Il faut d’abord croire au vote, ce qui est beaucoup exiger. Qui peut croire qu’une mystérieuse suite d’opérations permet de déléguer utilement sa parcelle de souveraineté nationale floue à une entité supranationale qui souhaite s’affranchir des nations et étend toujours plus loin et profond son empire sur les droits nationaux ?

Il faut aussi examiner soigneusement ce que voter signifie : voter pour un parti, est-ce assumer toutes les actions de ce parti ? Les décisions qui furent prises, celles à venir, les renoncements passés, les compromissions de demain, les calculs d’hier, les volte-face de tout à l’heure… Mon sentiment est qu’il ne faut pas pécher par scrupule. Si voter est endosser personnellement la responsabilité des faits et gestes du parti qu’on a gratifié de sa voix, tous les évêques européens sont mal barrés, on ne peut pas le dire autrement. Considérons que voter obéit à des règles morales d’une souple casuistique et qu’un chenapan, un traître ou un criminel peut recevoir votre suffrage sans vous éclabousser de sa boue.

Les Français peuvent, affectueusement, emmerder Macron

On peut aussi voter pour de mauvaises raisons, la plus satisfaisante étant d’humilier la majorité présidentielle, avec affection, comme Macron lui-même nous l’expliquait en 2022. À ce compte-là, tous les votes se valent, même en faveur du parti animaliste (« L’Union européenne a ainsi le pouvoir de réorienter l’agriculture vers une végétalisation massive de notre production et de notre consommation grâce à la réallocation des subventions ») ; mais autant voter pour faire mal : je recommande de voter PS ou LR, car vous redonnerez vigueur à des partis que Macron croyait avoir siphonnés et aplatis, grosse piqûre d’amour propre, un prophète déteste les relapses. Bien sûr, voter RN et LFI permettra de faire courir de délicieux frissons dans l’échine des éditorialistes prêts à tartiner d’épaisses couches sur la montée des extrêmes. Il est bien entendu qu’on se moque de l’efficacité européenne réelle du vote et que seul compte l’effet national, ce qui est un peu faire le jeu de Macron, d’ailleurs.

Vous pouvez aussi vous dire que voter pour un parti qui défend des thèses souverainistes serait malgré tout utile ET énervant : ça enverrait un signal, comme on dit, signal aussi efficace que tous les précédents, mais quand même, à force que de force, on peut rêver, des mesures pourraient être prises : tenez, le Pacte sur la migration et l’asile, par exemple ; non, c’est un mauvais exemple… Mais vous voyez l’idée. Si on s’accroche à cette idée, autant que ce parti appartienne à un groupe actif au Parlement européen et qu’il propose des députés qui travaillent.

Si vraiment on veut bien faire

Il est bien entendu qu’il n’y a pas de vote utile, dans ces élections-là, puisqu’elles sont à la proportionnelle, ce qui est la règle dans quasiment toutes les démocraties au monde sauf en France, qui est un phare pour l’humanité, c’est certain, mais qui ne peut, bien sûr, éclairer sa propre base : tragique et glorieux destin qui mérite bien qu’on souffre les scrutins les plus injustes puisqu’ils permettent à notre président de fanfaronner en postillonnant ses projets à la face de toutes les nations – mais c’est un autre sujet.

Reprenons notre raisonnement : on peut voter pour ennuyer Macron, la meilleure manière de l’ennuyer tout en travaillant un peu au bien commun est de voter pour un souverainiste, comme le scrutin est proportionnel, aucune raison de sacrifier au vote utile, un bon parti souverainiste appartient à une alliance qui pèse, et pèserait encore plus, au Parlement européen, et un bon parti envoie des bons députés, c’est-à-dire des députés qui travaillent, discutent, débattent et votent. Il ne reste plus grand monde pour qui voter, alors. C’est le moment où nous vous laissons seuls avec vos trébuchets.

Philippe Mesnard

( 14 mai, 2024 )

Cortège de Jeanne d’Arc 2024 : Discours d’Henri Bec devant la statue de Jeanne, place des Pyramides : « Il va falloir choisir, la République de Macron ou la France du peuple français »

 

 

 

Mes chers amis,

Nous venons de montrer, une fois encore, que l’Action française est toujours là. Notre défilé annuel en hommage à Jeanne d’Arc, magnifique victoire de nos aînés, représente le point d’orgue d’une année d’actions, de travail, d’étude, de formation, et de diffusion auprès de nos concitoyens de l’impérieuse nécessité du retour à la seule solution qui s’offre à la France pour ne pas sombrer, la solution royale.

Nous voyons chaque jour se dégrader un peu plus l’état de notre pays, quel que soit le domaine observé. Nous nous dirigeons, avec une accélération tragique vers une crise majeure : politique bien sûr, mais aussi économique, sociale, intellectuelle, morale, civilisationnelle, sécuritaire et bien sûr religieuse et spirituelle avec l’implantation de l’Islam ; parce que la République n’a comme seule obsession que de détruire tout esprit national, à commencer par sa religion historique. Tout cela risque de très mal se terminer.

Depuis plus de sept années de présidence Macron, le délabrement a pris des proportions jamais atteintes. Non seulement la décadence s’accélère, mais il est désormais quasiment interdit de le dire. Sous le voile commode des « valeurs de la République, c’est une véritable dictature qui s’instaure. Chaque responsable veille à rappeler avec soin la haute pensée du Président qui constitue la norme suprême à ne jamais oublier, faisant chacun à leur tour raisonner l’incontournable formule « celles-z-et ceux », tellement significative de la sottise et de l’inculture démocratique moderne.

Nous n’avons, malheureusement, en l’état du système actuel, aucune solution de recours, aucun ressort institutionnel solide, de pouvoirs régaliens dignes de ce nom : la monnaie nous a échappé, le corps diplomatique a été supprimé, la justice est à l’encan, l’administration pléthorique ne sert plus qu’à surveiller et pénaliser les français, les agriculteurs notamment, le tout financé par une imposition insupportable alors que le déficit représente plus de 32 % du budget. Il faudra bien, un jour, payer cet endettement démesuré. Très vite la situation va devenir intenable. Avec des recettes qui ne couvrent que les deux tiers des dépenses, la question est simple : à quand la faillite ?

Ainsi en va-t-il de notre vie politique qui ne s’agite qu’à l’approche de chaque élection. À la veille des prochaines, une menace supplémentaire se précise, grosse de graves conséquences. Au-delà des discours fleuves et de contradictions apparentes, Emmanuel Macron n’a qu’un cap, qu’un projet maintes fois repris depuis Athènes, Davos et La Sorbonne : la construction d’une Europe supra nationale, sans esprit de retour, jusqu’à l’intégration la plus complète. Disons le plus clairement, la construction d’une Europe, une fois réalisée la disparition des nations souveraines. Dans cette optique, la France n’a plus d’avenir. Depuis l’origine, nous avions mis en garde. Et encore et toujours l’Action française ne s’est pas trompée.

Pour y arriver, Macron a une mission première, une véritable vocation, la destruction du nationalisme français. Sachons-le, ayons toujours cette notion à notre esprit, notre nationalisme intégral est son principal ennemi. Il l’avait clairement affirmé en 2017, il n’a fait, depuis que le confirmer.

Sur la scène internationale, nous atteignons des sommets d’absurdité. Personne n’a semblé s’étonner du scandale diplomatique de ces derniers jours lors de la visite d’État du président chinois, accueilli de manière grotesque par le seul premier ministre, un président chinois qui, tout au long de sa visite, par ses réactions et ses courtes interventions, a montré le peu d’intérêt que lui inspirait ses interlocuteurs.  Et surtout, dans une France désormais sans souveraineté, Macron a trouvé judicieux de convier à cette rencontre la présidente de la Commission européenne, l’occasion de dégrader encore davantage l’image diplomatique de notre pays aux yeux du monde, un président incapable de recevoir un chef d’État étranger sans avoir un donneur d’ordre à ses côtés. Il pensait donner du poids à leur rencontre, il s’est ridiculisé !

À l’image de la récente visite en Chine du ministre des affaires étrangères qui avait demandé à Pékin de faire pression sur Moscou. Nous savons que rien de bon ne sortira pour la France de la guerre russo-ukrainienne si ce n’est des risques de plus en plus dangereux de cobelligérance. Macron entraîne la France dans un jeu pernicieux de surenchère, alors même que nos moyens de défense sont loin d’être à la hauteur des engagements. Tout ce déploiement de démagogie pour satisfaire les États-Unis qui, eux, veillent à leurs intérêts. Ce n’est pas d’aujourd’hui que la République est au service de l’étranger.

Le peuple français n’en peut littéralement plus, mais Macron ne renoncera jamais à ses idées, à ses fantasmes, sa chimère et ses ambitions : « périsse le peuple plutôt que les principes » scandaient déjà les révolutionnaires.

La France est arrivée à ce point de maladie démocratique qu’aucun traitement, pris dans le cadre des principes républicains ne parviendra à la guérir. Depuis des décennies le petit monde politicien répètent les mêmes mots inutiles. La France a tout sacrifié par idéologie. Tout ce que l’État comptait de Cours souveraines, Conseil d’État, Cours de cassation jusqu’au très politique Conseil constitutionnel, a admis sa totale subordination aux directives européennes.

Il va falloir maintenant très rapidement choisir, la République de Macron ou la France du peuple français.

Je vous disais il y a un instant que l’ennemi premier de Macron était le nationalisme français. Y en a-t-il un autre que le nationalisme de l’Action française ? Nous connaissons tous de nombreux patriotes français qui considèrent pouvoir arranger les choses en participant aux jeux républicains, certains par angélisme, d’autres par ambitions. Nous devons leur montrer qu’ils vont être trompés comme tous ceux qui les ont précédés. Et les convaincre que même si, par le hasard des urnes, ils parvenaient au pouvoir, le chef de l’État d’une France plus que jamais divisée n’aurait aucune véritable légitimité pour redresser solidement la barre. Il ne s’écoulerait que peu de temps avant qu’un autre aventurier ne reprenne le chemin du désordre et du chaos.

Le contraire de cette république d’apparence monocratique, c’est l’ordre royal. Le roi est là. Il est la légitimité incarnée. Les ambitions ne peuvent se déployer que sous cette haute autorité. Il est l’élément existentiel, l’incarnation sans quoi rien n’existe plus, sinon une idéologie, hors de toute réalité historique et politique.

C’est ce que Jeanne avait entendu et compris. La guerre qu’elle menait n’avait pour seul objectif que le retour du roi. Sous son étendard, sur lequel figurait « un champ semé de lys » qui dit bien la vocation de la France et qu’elle aimait disait‑elle « quarante fois plus que son épée », elle a délivré Orléans, la Vallée de la Loire, puis le royaume.

Lorsque Maurice Barrès a présenté à la Chambre des députés la loi par laquelle elle allait déclarer Jeanne Héroïne Nationale, en dénommant la date du deuxième dimanche de mai « Fête du patriotisme », il a souligné qu’elle avait devancé la Société des Nations puisqu’elle voulait, une fois la paix réalisée et quand chacun serait rentré chez soi, unir sous son étendard les peuples naguère divisés. « C’était la Bannière de Jésus-Christ », disait Barrès, « elle vaut bien celle des États‑Unis. »

Le temps est venu de redire encore et toujours qu’elle est la seule bannière salvatrice, le seul Étendard de la Délivrance.

Vive le roi !  ■ 

HENRI BEC

Président de LA RESTAURATION NATIONALE

( 6 mai, 2024 )

Editorial du n° 397 de LA LORRAINE ROYALISTE

 

Des valeurs par-ci, des valeurs par-là… et les lois supérieures dans tout ça ?

 

Macron, Attal et les autres ministres s’insurgent sur la « perte de valeurs » de beaucoup de « jeunes » qui pillent, violent, tuent dans nos villes et même de plus en plus dans nos villages. Ils en appellent aux « valeurs républicaines » qui ne seraient pas respectées ! Ces « valeurs républicaines » ne sont jamais définies, et pour cause car elles n’existent pas. Que sont des principes qu’ils disent « immuables » mais qui peuvent changer continuellement en fonction d’un vote plus ou moins manipulé ? Et puis, si ces « valeurs » comprennent l’assassinat des enfants à naître, des malades ou des handicapés, au nom de quoi condamner les « jeunes » voyous qui troublent « l’ordre » si cet « ordre » est lui-même « désordonné » ?

Aujourd’hui, l’État républicain ne reconnaît aucune « loi supérieure ». Sous la III° république, il y avait à l’école des leçons de morale. Elles reprenaient en fait les principes de la vie en société de l’Église catholique, les présentant simplement sous une forme plus « laïque ». C’était un moindre mal et cela permettait de donner quelques valeurs à nos jeunes enfants. Ils les gardaient en mémoire toute leur vie. Maintenant, du fait de la volonté de nos dirigeants, il n’y a plus rien. Le résultat est là : la plupart des gens ne croient plus en rien, n’ont plus de repères moraux. Tout devient permis. Au nom de quoi imposer des règles de vie ? Au nom de la Loi ? Mais elle change tout le temps, au gré de votes plus ou moins manipulés ! Les conséquences ne se sont pas fait attendre, il y a un « vide ». Ce vide est vite comblé d’abord par les voyous qui en profitent, la « loi du plus fort » s’imposant et, d’un autre côté, par ceux qui proposent d’autres règles de vie et c’est particulièrement le cas des islamistes. Comme nos jeunes n’ont – pour beaucoup – plus aucune notion du bien et du mal (notions condamnées par le « libéralisme » !), ils peuvent être manipulés très facilement par les plus extrémistes.

Affolés, certain de nos politiques parlent de « décivilisation ». Ils ont raison mais ils ont eux-mêmes détruit les bases de notre civilisation catholique et française. Pire – comme le président –, ils nous disent que la France est finie et doit disparaître dans un grand ensemble « européano-mondialiste » ! Ils rejettent tout : notre nation, dépassée. Notre civilisation, trop catholique. La notion même de vie humaine, l’homme n’étant qu’une ressource parmi d’autres, qui doit être « rentable », donc bon à être rejeté si ce n’est plus le cas, d’où l’euthanazie (non, ce n’est pas une faute d’orthographe !). L’immigration massive que nous subissons, n’est plus gérable. Cela fait partie de la volonté de nos gouvernements depuis longtemps – mais elle est encore aggravé aujourd’hui – de faire disparaître notre unité nationale. Aujourd’hui, si nous voulons pouvoir avoir une petite chance d’intégrer tous ceux qui sont en France, la première chose serait d’arrêter les arrivées. Une manière simple serait de faire savoir que tout nouvel arrivant non autorisé n’aurait aucune aide de quelque sorte, sauf soins indispensables et prouvés nécessaires. Quant à ceux qui sont déjà dans le pays, ils devraient savoir qu’ils doivent respecter nos lois, notre manière de vivre jusqu’à, petit à petit, les intégrer sous peine d’être expulsés, c’est-à-dire interdits de séjour sur le territoire national. Les autres peuvent être les bienvenus dans les conditions décrites ci-dessus. Ce n’est pas du tout ce qui se fait actuellement, au contraire, et c’est voulu pour arriver à la dissolution du pays. Vous me direz, l’U.E. ne sera pas d’accord. C’est vrai, raison de plus de quitter cet ensemble supra-national.

Nos gouvernants veulent justifier leur politique de dissolution de notre pays par la nécessité économique : l’ouverture des frontières, la libre circulation des hommes et des capitaux, le libéralisme économique doivent aboutir au progrès, à un niveau de vie meilleur, à la prospérité. C’est cette politique qui est appliquée de plus en plus depuis Giscard. Or, le résultat est là : la France est en faillite, couverte de dettes (le paiement des seuls intérêts devient le premier poste budgétaire), nos industries disparaissent, notre agriculture ne peut plus nourrir notre population et nos agriculteurs ne peuvent plus vivre de leur travail, notre commerce extérieur est très largement déficitaire, le chômage est toujours présent, les travailleurs ont de plus en plus de mal à vivre… et j’en passe ! C’est le désastre. Et pour redresser la situation, Macron propose tout simplement de continuer la même politique en allant plus loin dans l’intégration européenne. C’est la « fuite en avant » et tant pis pour la France mais il pense sans doute surtout à son avenir personnel !

Non, la France n’est pas morte et c’est justement en rompant avec cette politique mortifère, en rendant son indépendance à notre pays sur des bases traditionnelles mais renouvelées (la tradition doit être vivante) que nous pourrons la relever. L’Union européenne n’est pas une construction naturelle, elle s’effondrera le jour où tous les pays qui la composent seront les vassaux du plus puissant. Dans les deux cas, ce sera très mauvais pour nous. Plus tôt nous la quitterons pour regagner notre indépendance et construire avec d’autres pays des alliances solides, mieux cela sera pour nous. Mais pour y arriver, il faut à notre tête un chef qui soit lui-même indépendant et désireux de faire progresser notre France. Notre Roi Jean !

Philippe Schneider

( 6 mai, 2024 )

Le Comte et la Comtesse de Paris accompagnés du prince Alphonse ont commémoré la bataille de Camerone avec les légionnaires, à Castelnaudary

 

 


 

Prince Jean, Comte de Paris.  

Le comte et la comtesse de Paris, accompagnés du prince Alphonse, ont assisté mardi 30 avril à la commémoration de la bataille de Camerone à Castelnaudary.

Il y a 161 ans, se déroulait la bataille de Camerone, symbole de l’héroïsme légionnaire. La cérémonie était présidée par le général de corps d’armée Denis Mistral, commandant la zone de défense et de sécurité Sud-est. Parmi les personnalités présentes, se trouvaient Laurent Spanghero, ancien joueur de rugby professionnel, ou encore Christian Pouget, préfet de l’Aude.

Le grand-père du Prince s’était engagé dans la Légion qui fut créée par le roi Louis-Philippe Ier en 1831, en Algérie. 

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