( 13 septembre, 2019 )

Trump annule sa rencontre avec les talibans prévue à Camp David

 

Lu sur « Je Suis Français »

 

Le secret avait été bien gardé.

Dimanche 8 septembre, à Camp David, Donald Trump devait rencontrer, pour la première fois, les principaux dirigeants talibans. Les négociations, entamées il y a environ un an, avaient notablement progressé cet été et un accord pour un retrait américain semblait proche.

Paradoxalement, ces dernières semaines, les attentats s’étaient multipliés dans toute l’Afghanistan ; certains ont été revendiqués par l’Etat islamique, en progression constante, d’autres par les talibans eux-mêmes. Cela relevait de leur part d’une tactique vieille comme le monde : mettre la pression sur l’adversaire avant de s’assoir à la table des négociations.

Trump annule sa rencontre avec les talibans prévue à Camp David dans actualités afg-300x205

Mais à trop jouer avec le feu, les talibans ont commis une erreur : l’attentat de trop, celui qui a tué un soldat américain. Jusque-là, les attentats tuaient des Afghans, civils ou militaires. Quant aux morts américains (3 au cours de l’été), ils s’étaient produits au cours d’engagements armés, ce qui est différent. L’attentat suicide qui tue « un boy », c’est la ligne rouge qu’il ne fallait pas franchir, car elle oblige de facto Trump à annuler la réunion de Camp David.

A ce niveau de méconnaissance de la psychologie américaine, c’est tout de même surprenant. L’engagement de campagne de Trump était clair : plus de morts américains inutiles dans des guerres interminables. Promesse saluée par le peuple américain qui n’a jamais approuvé ces engagements lointains, coûteux et finalement stériles, voire calamiteux. Or ce même peuple américain ne peut pas non plus accepter de voir se pavaner dans la résidence mythique de Camp David des terroristes qui viennent de lui tuer un soldat par un attentat suicide, c’est-à-dire le symbole absolu de la lâcheté et de la barbarie islamistes.

Trump n’avait pas le choix et se devait d’annuler cette réunion sous peine de passer pour un faible.

Il a cependant pris soin de ne pas couper tous les ponts. Ainsi, dès le lendemain, Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, a déclaré qu’une reprise des négociations était envisageable mais à condition que les talibans « changent d’attitude ». Mansuétude surprenante : on n’en fait pas autant pour l’Iran qui n’a pourtant tué aucun soldat américain.

Mais Trump veut vraiment quitter l’Afghanistan : après 18 ans de guerre, des milliards de dollars dépensés, et plus de 4000 morts américains, le résultat est nul. L’opinion en a assez, et l’Afghanistan est un pays à peu près ingouvernable.

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Les talibans, un peu vexés, ont réagi de façon menaçante : « L’Amérique va souffrir plus que tout autre » et a promis de « poursuivre le jihad jusqu’à la fin de l’occupation. »

Malgré cette rhétorique guerrière, il semble probable que, l’émotion passée, les négociations reprennent. Et Trump et les talibans y ont intérêt.

L’histoire ne dit pas ce qui se passera ensuite, ni à quel moment les talibans renverseront le faible régime pro-américain, mais il est tout de même probable que, d’ci-peu, la planète compte un régime islamiste de plus.

Antoine de Lacoste

( 13 septembre, 2019 )

Bien avant Piketty, les papes ont désacralisé la propriété privée

 

Lu sur ALETEIA, un site à suivre, cette mise au point précieuse et nécessaire à l’heure où les Français connaissent de moins en moins l’histoire des faits et des idées. Ajoutons que c’était cette doctrine catholique que mettait en pratique la Monarchie Française. L.R.

 

Dans son nouvel essai « Capital et Idéologie » (Seuil), le livre-événement de la rentrée, l’économiste Thomas Piketty développe une critique argumentée d’un droit de propriété illimité, qui déstabilise les rapports sociaux. Il rappelle que « la sacralisation de la propriété privée » est un fruit de la Révolution française. Contrairement aux idées reçues, la Doctrine sociale de l’Église s’oppose elle aussi de longue date à un absolu de la propriété privée, incompatible avec le principe de destination universelle des biens.

En 1891, la lettre encyclique Rerum Novarum du pape Léon XIII précise le sens chrétien de la propriété privée : « Il est permis à l’homme de posséder en propre et c’est même nécessaire à la vie humaine. Mais si l’on demande en quoi il faut faire consister l’usage des biens, l’Église répond sans hésitation : l’homme ne doit pas tenir les choses extérieures pour privées, mais pour communes, de telle sorte qu’il en fasse part facilement aux autres dans leurs nécessités. […] Dès qu’on a accordé ce qu’il faut à la nécessité, à la bienséance, c’est un devoir de verser le superflu dans le sein des pauvres. »

Le droit, l’usage et le bien commun

Jean Paul II le rappelle en 1981 dans Laborem Exercens : « La tradition chrétienne n’a jamais soutenu le droit [de propriété] comme un droit absolu et intangible. Au contraire, elle l’a toujours entendu dans le contexte plus vaste du droit commun de tous à utiliser les biens de la création entière : le droit à la propriété privée est subordonné à celui de l’usage commun, à la destination universelle des biens. » Le Compendium de la Doctrine sociale de l’Église précise depuis 2005 les risques de la propriété privée : « L’homme ou la société qui arrivent au point de lui attribuer un rôle absolu finissent par faire l’expérience de l’esclavage le plus radical. Ce n’est qu’en reconnaissant leur dépendance vis-à-vis du Dieu Créateur et en les finalisant par conséquent au bien commun qu’il est possible de conférer aux biens matériels la fonction d’instruments utiles à la croissance des hommes et des peuples. »

Ainsi, on peut rejoindre Thomas Piketty dans sa condamnation de « l’idéologie propriétariste », mais ce n’est pas forcément parce que « les droits de propriété issus du passé posent souvent de sérieux problèmes de légitimité ». C’est plutôt l’usage des biens qui est problématique. Sur ce point, le Compendium évoque « un devoir de la part des propriétaires de ne pas laisser improductifs les biens possédés, mais de les destiner à l’activité productive, notamment en les confiant à ceux qui ont le désir et les capacités de les faire fructifier ».

L’utopie de l’impôt confiscatoire

C’est pourquoi le projet énoncé depuis 2013 par Thomas Piketty d’un impôt mondial progressif sur le capital ne paraît fondé ni en théorie ni en pratique. L’aspect « progressif » atteignant pour lui un taux de 90% cousine avec « confiscatoire », le projet assumé étant de faire disparaître rapidement les gros patrimoines de la planète. Même s’il proclame avec énergie que « le progrès humain existe, mais il est un combat », on nage en pleine utopie : les puissants de ce monde trouveront toujours des arrangements pour échapper à une fiscalité aussi extraordinaire. De plus, le véritable enjeu est ailleurs : que les richesses privées servent le bien commun. C’est d’abord un enjeu de conversion personnelle, d’éducation, de transparence.

Trouver une fiscalité incitative

C’est sans doute aussi un sujet de fiscalité, la formulation des prélèvements étant plus ou moins incitative à faire fructifier ses talents. Par exemple, un impôt sur le capital au taux unique de 0,1% par mois, soit 1,2% par an, a pour caractéristique unique d’égaler la valeur du bien détenu sur la durée statistique d’une vie humaine (83 ans). En l’acquittant, chacun mesure concrètement qu’il paie à la communauté la valeur des biens dont il privatise l’usage au cours de sa vie. Et s’il ne tire aucun bénéfice d’un bien, il a intérêt économique à le donner ou le vendre à qui en tirera meilleur parti.

Dans Laudato si’, le pape François rappelle encore et toujours : « La tradition chrétienne n’a jamais reconnu comme absolu ou intouchable le droit à la propriété privée, et elle a souligné la fonction sociale de toute forme de propriété privée. » Sans entrer dans des projets attentant aux libertés individuelles, il est possible de définir une fiscalité compatible avec les principes de la doctrine sociale de l’Église. Fiers de ce fonds doctrinal unique, les chrétiens pourraient être plus actifs dans ce débat qu’il est dommage de laisser aux idéologues de tous bords.

( 13 septembre, 2019 )

Trisomie 21 : une avancée scientifique qui nourrit de nouveaux espoirs thérapeutiques.

 

Communiqué de presse.

 

Avec le soutien de la Fondation Jérôme Lejeune, l’équipe de pharmacologie de l’Université de Fribourg en Suisse, menée par le Professeur Csaba Szabo, publie une importante étude sur la trisomie 21. Les travaux sont publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Science en date du 2 septembre 2019.

Depuis de nombreuses années, des chercheurs explorent le rôle joué par la surexpression du gène CBS (Cystathionine beta synthase) situé sur le chromosome 21, et ses effets sur la concentration de sulfure d’hydrogène ( H2S) intracellulaire. Ils pourraient être en partie responsable du retard mental chez les personnes touchées par une trisomie 21. Cette hypothèse qui avait été évoquée en son temps par le Professeur Jérôme Lejeune puis analysée et publiée en 2003 par le Professeur Pierre Kamoun (Hôpital Necker-Enfants malades , Paris, ancien président du Conseil scientifique de la Fondation Jérôme Lejeune ) vient d’être confirmée par l’équipe de pharmacologie de l’Université de Fribourg en Suisse, menée par le Professeur Csaba Szabo, expert mondial reconnu pour ses travaux sur l’H2S.

L’article publié dans la revue PNAS ( Proceedings of the National Academy of Science) démontre que la surexpression du gène CBS et la toxicité du gaz H2S produit en excès sont responsables de certains troubles neurocognitifs et autres effets délétères liés à la trisomie 21.

 

L’équipe du Professeur Szabo à l’occasion d’études réalisées sur des cellules de personnes porteuses d’une trisomie 21 a confirmé que ces cellules produisent un taux anormalement élevé et toxique de gaz intracellulaire l’H2S ( sulfure d’hydrogène). Ce taux anormal de H2S a pour conséquence un dysfonctionnement des mitochondries (principale organelle intracellulaire produisant de l’énergie dans la cellule) et donc une production d’énergie intracellulaire insuffisante. Il est déjà connu que les cellules humaines de personnes avec trisomie 21 fonctionnent plus difficilement que chez des personnes sans anomalie chromosomique. Le Professeur Szabo et son équipe viennent de constater que la suppression de la production d’H2S via l’inhibition (mise sous silence) de cette enzyme CBS en laboratoire sur des cellules humaine vivantes normalise les taux de H2S intracellulaire et restaure la capacité de production de l’énergie. Une extrapolation de ces résultats en inhibant la production de H2S en particulier dans les cellules neuronales pourrait améliorer la fonction neuronale et cognitive des personnes atteintes par la trisomie 21 ( syndrome de Down) . Ceci ouvre, tout en restant prudents, de nouvelles voies vers le traitement de certains effets de la trisomie 21 (syndrome de Down) avec potentiellement de nouvelles études cliniques à venir pour améliorer les conditions de vie des personnes avec trisomie 21 .

Grâce au soutien financier de la Fondation Jérôme Lejeune et de l’Université de Fribourg ( Suisse), l’équipe du Professeur Csaba Szabo poursuit ses travaux de recherche d’inhibiteurs pharmacologiques de l’enzyme CBS visant à restaurer la fonction cellulaire chez les personnes porteuses d’une trisomie 21 et envisager ainsi un développement thérapeutique.

La trisomie 21 (syndrome de Down) touche environ une naissance sur mille, affectant plus de 5 millions de personnes dans le monde. la Fondation Jérôme Lejeune, reconnue d’utilité publique depuis 1996, agit pour les personnes atteintes de déficiences intellectuelles d’origine génétique. Au service des malades et de leur famille, la Fondation Jérôme Lejeune poursuit trois objectifs : chercher, soigner, défendre.


Ces travaux ont été effectués en partenariat avec la Fondation Jérôme Lejeune ( Paris) , l’Université de Fribourg et le Fonds National suisse. Les résultats sont publiés dans le premier numéro de septembre 2019 des Proceedings of the National Academy of Sciences ( https://pnas.org/content/early/2019/08/29/1911895116 PNAS, septembre 2019) ; les auteurs sont Theodora Panagaki, Elisa Randi, Fiona Augsburger et Csaba Szabo. « Overproduction of H2S generated by CBS, inhibits mitochondrial Complex IV and suppreses oxidative phosphorylation in Down syndrome”

 

Voilà une grande avancée. Nous en profitons pour vous inciter à aider la Fondation Jérôme Lejeune qui fait un travail extraordinaire. Allez sur son site pour mieux la connaître et faites un don.

L.R.

( 12 septembre, 2019 )

Jean-Louis Touraine (la REM) au sommet de la barbarie nihiliste !

 

Communiqué de l’AGRIF  que nous approuvons totalement

 

On croit être atteint d’hallucinations. Il faut s’y reprendre à deux fois pour bien lire ces mots que le député macronien Jean-Louis Touraine a osé écrire en son jargon : « Il n’y a pas de droit de l’enfant à avoir un père, à quelque moment que ce soit ! ».

À ce jour, aucune barbarie, ancienne ou moderne, n’avait sécrété à ce niveau de responsabilité politique pareille monstrueuse élucubration. Ainsi, dans une société où à chaque instant on invoque, souvent à tort et à travers, les droits de l’homme, c’est le rapporteur de la loi relative à la bioéthique en cours de vote à la chambre des députés qui a pu émettre cette énormité.

Le génial prophète Aldous Huxley dans « Le meilleur des mondes » eut pu la faire proférer à l’un de ses personnages !

Nous voici donc très explicitement menés avec cet idéologue du Grand Orient de France, conseiller chéri de la macronnerie à l’ère des enfants sans pères, à l’ère des enfants qui ne sauraient revendiquer le droit d’avoir un père.

Est désormais venu le temps des « bébés éprouvettes » ! Et demain, évidemment, son extension pour la fabrication de la continuité du « genre humain ». On n’avait entendu cela que dans les sectes socialistes les plus déjantés.

Dans la logique de ce concept sociétal, le père étant désormais superflu, il serait logique que M. Touraine, s’il a des enfants, et ses idéologiquement semblables, donnent l’exemple en abandonnant leurs droits de paternité, ce qui est d’ailleurs légalement possible dans les cas extrêmes de dissolution familiale.

Comment ne pas voir que la subversion sociétale de la macronnerie en arrive aux pires pratiques des totalitarismes où l’enfant ne peut être que la propriété de l’État.

On est là dans le règne du pire racisme, le racisme antihumain.

L’AGRIF

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( 12 septembre, 2019 )

Éoliennes, le vent de la colère

 

Lu sur « Boulevard Voltaire ».

Ajoutons que non seulement l’implantation d’éoliennes ne devraient pas être subventionnée mais qu’en plus chaque éolienne devrait faire l’objet d’une caution versée par l’installateur auprès de l’Etat pour couvrir les frais de remise en état du terrain. Par ailleurs, elles devraient être interdite à moins d’un kilomètre de toute habitation ou monument historique. L.R.

 

Les projets d’implantation d’éoliennes se multiplient un peu partout en France. Parmi les derniers projets en cours, les Hautes-Alpes. Les Hautes-Alpes, c’est pourtant le lac de Serre-Ponçon, c’est un département à la nature préservée, c’est le parc naturel des Écrins, les parcs régionaux du Queyras, des Baronnies. Une centaine d’éoliennes sont prévues. Il y a les Pyrénées, le Maine-et-Loire, le Centre-Val de Loire.

Il y a Chartres. Même le site emblématique de la cathédrale de Chartres, premier site classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, est menacé d’encerclement par des éoliennes. De nombreuses associations appellent à une manifestation, le 21 septembre prochain, pour s’opposer au projet.

Il y a l’Ille-et-Vilaine, en Bretagne, il y a aussi la Dordogne. Le 24 août 2019, près de 600 personnes ont défilé dans les rues de la commune de Saint-Aulaye. Dans le cortège, beaucoup d’élus. Des maires, des députés, des conseillers départementaux. Il y a aussi beaucoup d’associations de protection de l’environnement (la FED, la fédération Environnement durable, Association 3D, Forces Périgord 24, Stop Éolien 16, Vent du bocage). Il y a aussi l’association Chasse, pêche, nature et traditions. Le projet qui porte sur cinq éoliennes de 182 mètres de hauteur fait hurler une bonne partie de la population dispersées sur trois communes – 94 % des habitants concernés se sont prononcés contre.

« Une affaire d’argent »

Pour Jean-Louis Butré le président fondateur de la FED, l’association Environnement durable, « il s’agit d’une affaire d’argent. C’est subventionné ! À partir du moment où des promoteurs installent des éoliennes sur la France, ils gagent beaucoup d’argent qui est pompé sur la facture d’électricité des contribuables français. Les fonds financiers qui alimentent les sociétés éoliennes, il y en a partout ! Il y a des promoteurs d’éoliens qui sont partis avec un milliard d’euros ! »

Pour Julien Aubert, député LR de Vaucluse et rapporteur spécial sur le budget de l’énergie, « il y a des promoteurs qui ont des attitudes de cow-boys et qui ne disent pas toute la vérité sur la manière dont les choses se déroulent. Certains m’ont raconté qu’on leur avait proposé de l’argent pour régler un problème sans avoir à passer par des tribunaux… »

20.000 éoliennes prévues… pas aussi « propres » qu’ont le dit ?

Avec la loi sur la transition énergique, l’État prévoit la mise en place de 20.000 éoliennes partout dans l’Hexagone. Il en existe 8.000, actuellement, dans le pays.

Armel Joubert des Ouches

 Journaliste Reporter d’Images
( 11 septembre, 2019 )

Erdogan ou les volte-face du Grand Turc

 

Lu sur « Je Suis Français »

 

La Turquie nous donne le spectacle d’un Etat aux alliances toujours changeantes depuis que le parti islamiste AKP s’est emparé du pouvoir en 2002, après une série de dissolutions frappant ses prédécesseurs (parti de la Vertu, parti du Bien-être, parti du salut ) au nom de la laïcité kémaliste.

Pourtant, depuis la fin de la guerre, ce pays avait une politique étrangère stable, liée à l’OTAN, à Israël et aux USA, avec quelquefois des désaccords passagers et toujours pardonnés d’avance, comme dans la crise chypriote ou dans la guerre du Golfe. Cependant tout va changer à partir de la victoire de Recep Tayyip Erdogan en 2002, fournissant ainsi une preuve de pertinence aux analyses de Maurras, Bainville et Carl Schmitt.

Échecs du retour à l’héritage ottoman

Rompant en effet avec la politique kémaliste, fondée sur un nationalisme ethnique pantouranien et sur la mise en pratique du modèle européen, le gouvernement turc va se ressourcer vers l’héritage ottoman, sous l’impulsion du ministre des affaires étrangères Ahmet Davutoglu, un universitaire. Son idée était de retrouver en tant qu’ espaces d’influence les anciennes Willayas, banats et sandjaks de l’ancien empire. Le Proche-Orient, donc, pour commencer, ainsi que l’est du Maghreb. Ce qui se traduisait par un rejet du dédain traditionnel à l’égard des arabes, et par une méfiance accrue pour Israël, ainsi que par une attention plus grande portée à l’Islam politique. Lorsque les « printemps arabes » de sinistre mémoire se manifestèrent, Davutoglu, d’accord avec le Qatar et les « Frères musulmans » joua la chute imminente de Bachar Al Assad, et soutint Morsi en Egypte. Nous savons que cette politique ne porta pas de bons fruits, puisque, en fait d’influence, la Turquie se trouva brouillée avec presque tous ses voisins. On fut même à deux doigts de la guerre avec la Syrie et la Russie. Mais le plus grave est qu’Erdogan se rendit compte que l’alliance américaine faisait bon marché des intérêts vitaux de la Turquie. D’où la démarche schmittienne de redéfinition de l’Ami et de l’Ennemi en fonction d’une politique de grandeur. Or, s’il y avait pléthore d’ennemis, il n’y avait pas d’amis car les ennemis de ses ennemis avaient déjà été désignés comme ennemis par Davutoglu.

Problème kurde et renversement d’alliances …

Un autre problème encore plus crucial lui fut fatal : c’est le problème kurde. Un simple coup d’œil à la carte ethnique de la Turquie montre que tout le sud-est de la Turquie, soit 20% du territoire, contre 5% en Syrie et en Iran et 10% en Irak, abritaient un irrédentisme kurde, un peu moins de la moitié des kurdes vivant en Turquie. Cette question était inexistante dans l’empire ottoman, multinational et multireligieux, et bien entendu, despotique. Le brillant ottomaniste avait simplement oublié que la Turquie était devenue un Etat-Nation, donc vitalement intéressée à juguler le séparatisme. Or l’engagement en faveur d’un changement de régime à Damas butait contre le fait que pour garder leur cap « démocratique », anti-Daech et anti-Bachar, les USA ne trouvaient guère que les kurdes pour soutenir par les armes leurs beaux principes. La Turquie se trouvait donc du côté de son pire ennemi, si elle voulait continuer avec ses alliés. C’est pourquoi Davutoglu fut remercié et évincé de tous ses postes dès 2016. Nous assistons donc aujourd’hui à un début de renversement d’alliances concrétisé par la décision prise par Erdogan en mai dernier d’acheter des missiles russes S-400. Les USA l’ont menacé de sanctions, à commencer par l’exclusion du processus de fabrication, puis par la menace de cesser la livraison de chasseurs-bombardiers américains F-35 et la radiation de la Turquie dans ce programme. Cependant Erdogan a déclaré il y a quelques jours que la Turquie s’assurera l’achat et la production d’avions de combat, étant entendu que les Su-35 et les Su-57 russes pourraient remplacer les avions américains. En contrepartie de cette nouvelle politique, dont les conséquences peuvent être énormes, la Turquie peut compter sur une progression de ses échanges avec la Russie, et notamment la mise en place du gazoduc Turk Stream. Cela dit, la neutralisation des kurdes de l’YPG soutenus par Washington se paiera à l’évidence par la pulvérisation des soutiens pro-turcs anti-Bachar ; d’autre part, se profile également la possible sortie de l’OTAN et la fin des espoirs d’intégrer l’Europe. Or, est-il certain que la Russie puisse donner à Ankara les mêmes garanties que l’Alliance atlantique ? Ce n’est pas sûr. De plus, la Turquie encourt théoriquement les sanctions américaines qui ont coûté si cher aux banques françaises cette année. Pourtant, 59% des Turcs selon un sondage, approuveraient un tel renversement. Il s’agit d’un fait nouveau et important.

• D’abord parce que la Russie a toujours été l’ennemi naturel de la Turquie, une position qui ne s’est jamais démentie depuis quatre siècles.

• Ensuite parce, dans cette alliance, la Turquie serait jumelée avec l’Iran, autre ennemi traditionnel historique de la Turquie, avec lequel la Russie a entamé un partenariat.

Étrange situation qui fragilise l’OTAN et les Européens

Etrange situation, donc, qui fragilise l’OTAN, et met l’Union Européenne dans une situation inconfortable. Car Erdogan dispose d’un levier redoutable : Il peut faire pression sur les Européens en les menaçant d’ouvrir les vannes de l’immigration, qui ont été fermées (très partiellement) par l’accord euro-turc de 2016. Il peut évidemment obtenir une rallonge financière des Européens qui sont toujours prêts à payer davantage que les six milliards d’euros annuels promis et réglés, mais ce qu’il désire est quasi-impossible à obtenir : un infléchissement de la politique occidentale en Syrie visant à obtenir une zone militarisée turque d’une profondeur de 30 km sur tout le tracé de la frontière syrienne, ce qui réduirait à néant les forces pro-américaines dans la région. Une arme puissante, mais inadaptée au but fixé. De telles manœuvres mettront en lumière la faiblesse des pays européens, mais il est à craindre que la Turquie n’y trouve pas la stabilité diplomatique dont elle a besoin. Reste que ses retournements renforcent la déstabilisation stratégique du monde, multipliant les risques.

Pierre de Meuse

( 11 septembre, 2019 )

Gérard Noiriel ou Pol Pot comme modèle culturel !

 

Communiqué de l’AGRIF

 

« Directeur d’études » à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), l’historien inquisiteur archéo-léniniste Gérard Noiriel vient, dans un délire de fulmination totalitaire contre Éric Zemmour, d’accuser ce dernier de légitimer « une forme de délinquance de la pensée ».

Ces mots sont lourds de sens !

Ils s’inscrivent dans la continuité rhétorique de tous les régimes totalitaires, islamo-chariatiques, nazis ou communistes, fondés sur une « pensée » unique, officielle, obligatoire que nul ne saurait transgresser sous peine d’élimination.

Ainsi en fut-il en Russie dès novembre 1917 avec la mise sur pied par le tortionnaire Dzerjinski de la Tchéka, police politique léniniste, indéfiniment perfectionnée dans des dizaines de pays. Ce fut en particulier au Cambodge de Pol Pot et de ses Khmers rouges que fut mise en œuvre l’éradication génocidaire d’une grande partie du peuple, suspectée de « pensée délinquante ».

Pol Pot avait été à l’école des « intellectuels » français marxistes-léninistes.

Il y a aujourd’hui de la graine de Pol Pot culturel dans un Gérard Noiriel, l’idéologue de la répression de la « délinquance de la pensée », idéologue du parfait racisme en sens contraire qu’est le soi-disant antiracisme.

 

L’AGRIF

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( 9 septembre, 2019 )

La France n’est-elle qu’une idée ?

 

Lu sur « Je Suis Français »

 

Le Roman de la France (tome premier : « De Vercingétorix à Mirabeau »), tel est le titre du dernier ouvrage de M. Joffrin, par ailleurs directeur de la rédaction du quotidien Libération. Sur un sujet sans doute inépuisable, on n’apprendra en fait rien qu’on ne sache déjà. L’intérêt du livre est ailleurs et c’est le bandeau qui doit interpeller le lecteur : « Une Histoire de la Liberté ».

Qu’est-ce que cela peut bien cacher ? En fait, rien d’autre que ce qui est écrit à savoir une idéalisation de la France confondue avec la Liberté.

La France n’est-elle qu’une idée ? dans actualités 835493520-191x300Chacun peut bien se faire son idée de la France, même Laurent Joffrin. De Gaulle lui-même ne s’en faisait-il pas « une certaine idée » ? Cependant, cette aspiration à l’idéal, si légitime qu’elle soit, doit être mise en tension avec une approche plus concrète, plus charnelle même. Sinon on sombre dans l’abstraction et, en l’occurrence, la vision messianique et universaliste d’une France-Liberté détachée de ce que Mme Ozouf appelle, dans son beau livre Composition française, « les déterminations » (elle précise : product_9782070437887_195x320-190x300 dans actualités« Nous naissons au milieu d’elles, d’emblée héritiers d’une nation, d’une région, d’une famille, d’une race, d’une langue, d’une culture »), vision messianique qui se révèle illusoire donc néfaste : « Le discours intégriste des universalistes repose sur l’illusion d’une liberté sans attaches. »

Revenons à Laurent Joffrin. Lors des présentations de son livre (par exemple à France Inter, samedi 31 août), en habile homme, il se concilie d’abord les auditeurs par une bonne dose d’honnêteté intellectuelle (« je suis journaliste, pas historien ») qui lui permet d’assumer pleinement l’approche plus séduisante, plus pédagogique même, de l’Histoire que constitue le recours au récit et aux grands hommes (« Ce sont les hommes qui font l’Histoire ») – laissant aux spécialistes et autres universitaires leurs rébarbatives analyses des phénomènes sociaux et économiques. Tout dépend donc de la façon de présenter les personnages et de raconter les événements. On appréciera diversement son intérêt pour les Gaulois, sa passion pour Louis XI, sa critique féroce de Louis XIV (« le personnage le plus horrible de l’Histoire de France »), ou certains titres-slogans démagogiques (« Vive la repentance ! »).

Etonnant, quand même, ce Laurent Joffrin qui reconnaît bien volontiers « un héritage incontestable : celui des racines chrétiennes, celui des rois. » La France ne commencerait donc pas en 1789. En réalité, l’idéologie sous-tend le récit (« Il faut raconter une Histoire de France qui donne sa place à l’idée de progrès et de liberté. »). Retour au bandeau, donc, et foin de l’Histoire, finalement, puisqu’on veut à toute force la faire entrer dans un moule : « La France, c’est une idée qui réunit tout le monde, c’est une idée de liberté », insiste Laurent Joffrin. MM. Sarkozy (en 2015) et Hollande (en 2016) l’avaient déjà dit… Il y aurait donc un sens à l’Histoire de France, celui de l’émergence, après moult avancées et reculs, de cette idée enfin dominante avec Lumières et Révolution – racines chrétiennes et héritage monarchique servant en quelque sorte à Laurent Joffrin de repoussoir. Cette foi dans un prétendu sens de l’Histoire reste bien suspecte.

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La France ne saurait de toute façon se ramener à une idée et, quelque idée qu’on ait d’elle, reste ce qui est premier : la terre de France, son histoire et ses gens. A vouloir la sublimer pour en faire le point oméga de l’humanité, on oublie finalement l’essentiel. Les poètes, de Charles d’Orléans (Portrait) ou Du Bellay à Robert Brasillach, Charles Trénet et même Jean Ferrat, l’ont finalement mieux compris que certains intellectuels

Louis-Joseph Delanglade

( 9 septembre, 2019 )

Afrique du Sud : les cocus ayant cru à la fable de la nation arc-en-ciel peuvent sortir des rangs et avancer de trois pas…

 

 

Communiqué de Bernard Lugan
En Afrique du Sud, pays de Nelson Mandela, des Noirs massacrent d’autres Noirs. Qui plus est, des Noirs immigrés, des frères migrants venus de pays ayant jadis soutenu leur lutte contre le régime blanc…
Comme en 2016, un peu partout, notamment au Natal et dans la région de Johannesburg, les étrangers noirs, qu’ils soient Malawites, Mozambicains, Somaliens, Zimbabwéens, Soudanais ou Nigérians, sont ainsi de nouveau pris pour cible, lynchés, brûlés vifs, cependant que leurs pauvres biens sont systématiquement pillés par des foules ayant échappé à tout contrôle policier.
Voilà de quoi déstabiliser ces cocus idéologiques qui, croyant au mythe-guimauve de la « nation arc-en-ciel », prétendaient que les maux du pays découlant de la domination blanche, une fois la majorité noire au pouvoir, les fontaines de la démocratie laisseraient couler le lait et le miel de la fraternité…
La réalité est évidemment autre car ces tueries xénophobes illustrent l’échec de la « Nouvelle Afrique du Sud » dont les dirigeants ont dilapidé le colossal héritage reçu de l’ancien régime blanc. Résultat :
- Le revenu de la tranche la plus démunie de la population noire est inférieur de près de 50% à celui qu’il était sous le régime blanc d’avant 1994 ;
- 17 millions de Noirs vivent essentiellement des prestations sociales et 14 millions ne survivent que grâce au versement d’une allocation (Social Grant) qui leur assure le minimum vital ;
- Le taux réel de chômage est de près de 35%, et celui des jeunes âgés de 15 à 34 ans de plus de 50%.
En 25 années de pouvoir, l’ANC – le parti de Nelson Mandela -, a donc transformé la prospère Afrique du Sud en un Etat du « tiers-monde » dérivant dans un océan de pénuries, de corruption, de misère sociale et de violences, réalité en partie masquée par les derniers secteurs ultraperformants  encore tenus par des Blancs. Un naufrage économique qui tient en trois points :
1) La production minière nécessite une énorme modernisation et donc de gros investissements ; or, la main d’œuvre noire revendiquant des salaires plombant la compétitivité,  les investisseurs ont délocalisé.
2) Les cadres blancs continuent à quitter le pays, chassés par la discrimination inversée, l’incroyable insécurité et le surfiscalisme.
3) Le secteur agricole, le seul à être excédentaire a été littéralement assassiné par la décision de spoliation des fermiers blancs.
Dans ce pays où un abîme s’est creusé entre une infime minorité de profiteurs noirs et des millions de chômeurs, d’assistés et de travailleurs sous-payés qui paralysent le pays avec de continuels mouvements de revendication, l’abyssal échec économique et social de l’ANC a donc débouché sur des violences xénophobes, les étrangers étant accusés de prendre le travail des plus pauvres.
Au pied du mur, acculé par le bilan de ses détournements et de son incompétence, l’Etat-parti ANC n’a désormais plus que trois options :
1) Chercher à redresser l’économie en empruntant une voie libérale, mais il provoquera alors une révolution.
2) Accuser le bouc-émissaire blanc en tentant de faire croire que la situation est un héritage de l’apartheid et en nationalisant les mines et la terre. La « poule aux œufs d’or » sera alors définitivement  tuée, comme au Zimbabwe, et le pays sombrera encore davantage  dans la misère.

3) Recourir à la « planche à billets », ce qui, comme au Zimbabwe, provoquera d’abord l’inflation, puis une hyperinflation et la ruine totale du pays.

Pour en savoir plus sur les raisons du naufrage sud-africain : inscrivez-vous au cours de Bernard Lugan
( 5 septembre, 2019 )

Le couple « mère-mère » : une absurdité totalitaire

 

Lu sur « Aleteia » cette très bonne analyse démontrant les mensonges et le totalitarisme du pouvoir macronien.

 

En voulant faire croire qu’un enfant peut avoir deux mères, le gouvernement maquille la réalité. Cette absurdité logique se double d’une intimidation mentale : quand un régime totalitaire veut asseoir son emprise sur la société, il change les mots pour changer les esprits.

Dans le cadre du projet de légalisation de la PMA pour couples de femmes afin que celles-ci puissent avoir des enfants et ainsi fonder une famille à égalité avec les autres familles existantes, une proposition vient d’être faite pour appeler mère-mère le couple de deux femmes faisant un enfant. Les opposants au mariage pour tous avaient prévenu les responsables politiques. Quand le mariage pour tous allait être voté, les couples gays mariés allaient vouloir des enfants. Pour faire des enfants, des difficultés sans nom allaient apparaître et semer une pagaille noire. Nous y sommes et soyons lucides, les problèmes ne font que commencer.

Les problèmes commencent

Un enfant se fait par un homme et une femme et s’élève par un père et une mère. Il ne s’agit pas là d’une invention culturelle mais d’une condition de possibilité de l’humanité. À ce titre, pour faire un enfant et bâtir une famille, il n’y a pas plusieurs possibilités. Il n’y en a qu’une : celle du couple homme-femme comme celle du couple père-mère.

« Ce n’est pas parce que deux femmes sont capables d’élever un enfant qu’elles sont capables de le faire. »

Certes, toutes les cultures ne mettent pas l’accent sur le couple père-mère pour élever un enfant. Cela n’annule pas pour autant l’importance du père et de la mère. Certes, deux femmes peuvent élever un enfant avec succès. Cela n’annule pas le fait que pour faire un enfant il faut un homme et une femme ni qu’à un moment un enfant désire savoir qui est son père ainsi qu’avoir un père. Ce n’est pas parce que deux femmes sont capables d’élever un enfant qu’elles sont capables de le faire. Or, avec la proposition d’appeler le couple formé par deux femmes du nom de mère-mère, que constate-t-on ? On est en train d’inventer, de mentir et de manipuler les esprits.

Absurdité logique

Un couple mère-mère, cela ne veut rien dire. Une mère n’est pas une mère par rapport à une autre mère. Une mère est une mère par rapport à un père. Sans père, il n’y a plus de mère. Jusqu’à présent dans l’humanité, jamais on n’a vu de couple mère-mère. Pour une raison simple : jamais il n’y a eu comme but de construire une humanité ainsi qu’une société ou, de façon délibérée, le père est éliminé. Constatons-le : avec le projet de couple mère-mère c’est ce qui va être le cas. La réalité concrète à cet égard est incontournable.

Quand deux femmes vont vouloir faire un enfant, seule l’une des deux pourra être inséminée. Seule l’une des deux sera donc réellement mère. Ne parlons donc pas de deux pères, cela n’a pas de sens. Certes, la mère non inséminée pourra reconnaître l’enfant et ainsi se dire mère. Mais, un problème logique, juridique et culturel va se poser. Un enfant peut-il avoir deux mères ? Si on permet à une femme de reconnaître comme sien l’enfant de sa compagne, pourra-t-on interdire que demain un enfant décide d’avoir plusieurs pères ou mères ou que plusieurs hommes, plusieurs femmes décident d’avoir le même enfant ?

« On ment en faisant croire que ce qui est impossible l’est. »

Intimidation et maquillage

Absurde sur le plan de la simple logique, le projet de couple mère-mère est moralement inacceptable. Quand on a comme volonté d’instituer le couple mère-mère, on a comme volonté d’établir une égalité entre tous les couples et notamment entre le couple père-mère et le couple mère-mère, au nom de la non-discrimination entre couples hétérosexuels et couples homosexuels. Chose impossible. Le couple hétérosexuel pouvant faire un enfant et le couple homosexuel ne pouvant pas en faire un, ces couples ne sont pas égaux et ne le seront jamais. Au nom de la non-discrimination établissons une égalité entre eux : on ment en faisant croire que ce qui est impossible l’est. On devrait pouvoir le dire. On ne le peut. Au XVIIIe siècle, pour éliminer la religion, les Lumières ont inventé la tolérance en faisant passer la foi pour du fanatisme. Aujourd’hui, pour éliminer toute critique les partisans de la PMA font passer ses opposants pour des réacs homophobes.

Quand quelque chose gêne et qu’on ne veut pas le reconnaître, que fait-on ? On maquille. Le politiquement correct est particulièrement habile en cette matière. Ainsi, apparaître comme tolérant étant indispensable pour se faire bien voir sur la scène de la communication, afin de ne pas paraître intolérant on ne va pas appeler un chat un chat mais un félidé domestique d’accompagnement. Avec le projet de couple mère-mère on a affaire à une procédure du même type.

Un manipulation mentale

Pour ne pas apparaître intolérant ni discriminant à l’égard des nouvelles parentalités on a essayé la formule parent 1-parent 2. Comme le parent 2 a fait tiquer, on essaie actuellement la formule, mère-mère. Cette formule qui est absurde et inacceptable est l’essence même du totalitarisme.

« Quand un régime totalitaire veut asseoir son emprise sur la société que fait-il ? Il change les mots en se disant qu’il va ainsi changer les esprits. «

Quand un régime totalitaire veut asseoir son emprise sur la société que fait-il ? Il change les mots en se disant qu’il va ainsi changer les esprits. Les promoteurs de la PMA comme du mariage pour tous sont aujourd’hui bien embarrassés. Ils pensaient qu’il serait facile de changer les mentalités en avançant une grande réforme progressiste. Ils sont bien obligés de constater que la chose est bien plus compliquée que prévu. Taxer le couple homme-femme de ringard et le couple père-mère de réac, est facile. Le supprimer est une autre histoire. Pour faire un enfant, comment se passer du couple homme-femme ? Pour surmonter ces obstacles, il y a deux façons d’y parvenir. La première, dans la grande tradition totalitaire, réside dans la propagande. Nous sommes en plein dedans. Écoutons les médias : matin, midi et soir, il est question de l’homophobie. Résultat : par peur d’être taxé d’homophobe on est prêt à tout accepter, le mariage pour tous, le couple mère-mère et la GPA. Outre la propagande, deuxième façon de faire admettre les nouvelles parentalités : la manipulation mentale par les mots. Mère-mère c’est bien. Cela ressemble à père-mère. C’est égalitaire. Cela fait aussi un peu « tradi » en respectant la mère. Que des avantages.

De la comédie à la tragédie

Élisabeth Badinter a écrit tout un ouvrage afin de dénoncer le mythe de la bonne mère. Il s’agissait alors pour le féminisme de libérer la femme de l’idée qu’une femme est femme quand elle est mère. Aujourd’hui, plus question de rejeter la notion de père. Au contraire ! Faire de la mère un droit est tendance. Hier le mariage était honni comme étant une institution bourgeoise. Aujourd’hui, il est revendiqué haut et fort comme moyen de libération. Celui qui a dit que la condition humaine est une comédie humaine a compris quelque chose à la condition humaine. Celui qui a dit que cette comédie cache toujours une tragédie à venir également.

Bertrand Vergely

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