( 22 juillet, 2021 )

Communiqué officiel de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre suite à la publication du Motu proprio Traditionis Custodes

 

 

 

Fribourg, le 20 juillet 2021

La Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, dont le but est la sanctification des prêtres par l’observance fidèle des traditions liturgiques antérieures à la réforme voulue par le Concile Vatican II (cf. Constitutions n. 8), a reçu le Motu proprio Traditionis Custodes du Pape François avec étonnement.

Fondée et approuvée canoniquement selon les dispositions du Motu Proprio Ecclesia Dei Adflicta de saint Jean Paul II du 2 juillet 1988, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre a toujours professé son attachement à tout le Magistère de l’Église et sa fidélité au Pontife romain et aux successeurs des Apôtres, exerçant son ministère sous la responsabilité des évêques diocésains. Évoquant, dans ses Constitutions, les enseignements du deuxième Concile du Vatican, elle a toujours cherché à s’inscrire dans ce que le pape émérite Benoît XVI a appelé en 2005 : « l’herméneutique de la réforme dans la continuité de l’Église » (Discours à la Curie romaine, 22 décembre 2005).

La Fraternité Saint-Pierre est donc aujourd’hui profondément attristée par les motifs invoqués afin de limiter l’usage du missel de saint Jean XXIII, qui est au centre de son charisme. La Fraternité ne se reconnaît nullement dans les critiques formulées. Il est surprenant que ne soient pas évoqués les nombreux fruits visibles dans les apostolats attachés au missel de saint Jean XXIII et la joie des fidèles de pouvoir bénéficier de cette forme liturgique. Bien des personnes ont découvert ou sont revenues à la foi grâce à cette liturgie. Comment ne pas remarquer par ailleurs que les communautés de fidèles qui y sont attachées sont souvent jeunes et florissantes, et que de nombreux foyers chrétiens, prêtres ou vocations religieuses en sont issus ?

Dans le contexte actuel, nous tenons à réaffirmer d’une part notre fidélité indéfectible au successeur de Pierre, et d’autre part notre volonté de rester fidèles à nos Constitutions et à notre charisme, en continuant à servir les fidèles comme nous l’avons fait depuis notre fondation. Nous espérons pouvoir compter sur la compréhension des évêques dont nous avons toujours respecté l’autorité, et vis-à-vis desquels nous avons toujours agi avec loyauté.

Confiant en l’intercession de Notre-Dame et de notre saint Patron, saint Pierre, nous voulons vivre cette épreuve dans la foi et la fidélité.

 

( 22 juillet, 2021 )

MONSIEUR MACRON, VOUS ÊTES UN MENTEUR !

 

Lu sur « actionfrancaise.net »

 

Décidément d’accord pour une fois avec Bernard-Henry Lévy : Ce virus rend fou !

Le 27 janvier 2021, l’Assemblée parlementaire du conseil de l’Europe déclarait dans sa résolution  2361 que personne ne peut être vacciné contre sa volonté sous la pression. L’assemblée demandait* :

  • de s’assurer que les citoyens et citoyennes sont informés que la vaccination n’est pas obligatoire et que personne ne subit de pressions politiques, sociales ou autres pour se faire vacciner, s’il ou elle ne souhaite pas le faire personnellement ;
  • de veiller à ce que personne ne soit victime de discrimination pour ne pas avoir été vacciné, en raison de risques potentiels pour la santé ou pour ne pas vouloir se faire vacciner ;
  • d’utiliser les certificats de vaccination uniquement dans le but désigné de surveiller l’efficacité du vaccin, les effets secondaires potentiels et les effets indésirables ; 

Monsieur Macron, vous même affirmiez, dès décembre 2020, que jamais la vaccination ne serait obligatoire :

« Je l’ai dit, je le répète : le vaccin ne sera pas obligatoire. Ayons confiance en nos chercheurs et médecins. Nous sommes le pays des Lumières et de Pasteur, la raison et la science doivent nous guider. »

En avril 2021 dans une interview du Parisien vous déclariez :
« La passe sanitaire ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français. Il ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres et cinémas, ou pour aller chez des amis. »

Monsieur le Président, depuis vos annonces ce lundi, les Français se déchirent dans les familles, dans les entreprises, dans les commerces et dans les rues. Nous pourrons dire bientôt, comme pour l’affaire Dreyfus : « Ils en ont parlé », ceux qui ont cru dans vos paroles et ceux qui sont prêts à accepter n’importe quelle mesure pour la plupart dès lors qu’on leur fout la paix ; Car le rush vers la vaccination n’est pas affaire de solidarité ! Non ces Français-là savent déjà que s’ils ne passent pas sous vos fourches caudines, vous allez à nouveau les confiner, les enfermer, les contrôler.

D’autres se soucient de la relance économique, et ils ont bien raison, mais pourquoi devrions-nous choisir entre le confinement et le passe sanitaire ? Pourquoi avoir écarté d’emblée toutes les mesures que des personnes sensées proposaient (dont beaucoup de médecins ou chercheurs qui ne sont pas des imbéciles : Lits hospitaliers supplémentaires, traitements, confinement des personnes âgées ou fragiles, aérateurs dans les écoles… Faut-il rappeler encore et encore que la COVID 19 a une mortalité de 0,05 % et que son pronostic est meilleur que l’an passé en évitant les réanimations lourdes ?

Aujourd’hui des manifestations fleurissent dans bien des villes de France, manifestations de ces Français que vous méprisez : Ils ne font pas partie des sachants selon vos critères. Mais ils ont bien compris que depuis le début de cette crise vous avez dit tout et son contraire. Oui Monsieur le Président, vous êtes un menteur et non nous n’avons plus confiance en vous ! Nous ne voulons pas non plus que vous fassiez notre bonheur sanitaire sans notre accord : Nous ne sommes plus au XVIIIe siècle et nous ne voulons pas d’un despote éclairé !

« Tout pour le peuple, rien par le peuple », Joseph II d’Autriche, comme vous, Monsieur le Président, pensait qu’un peuple se manipule. C’est vrai dans une certaine mesure malheureusement, mais votre rôle est d’éviter qu’il ne se révolte par trop de mesures tyranniques et douteuses. Vous ignorez comme le fit l’empereur d’Autriche, qu’un peuple a une âme et que l’instinct de survie peut aussi le conduire à des excès.

Décidément, le roi capétien savait qu’il était au service de son peuple et non l’inverse et par-dessus tout il aimait la France.

Hildegarde

*https://pace.coe.int/fr/files/29004/html

( 20 juillet, 2021 )

Les Morticoles : il y a 125 ans, une préfiguration de 2021

 

Lu sur « Boulevard Voltaire » ce bel hommage au grand Léon DAUDET

 

Léon Daudet, étudiant en médecine à la fin du XIXe siècle, ne supportait pas des hôpitaux parisiens soumis au despotisme de professeurs agrégés des universités jouant les mandarins arrogants, prétentieux, bouffis d’orgueil et de bêtise. Il détestait ces roitelets, grands et petits pontifes en blouses blanches, utilisant leurs savoirs comme autant d’armes de domination, s’enferrant dans des querelles de soins absurdes, servant avant tout leurs intérêts de carrière, reléguant les malades au second plan. Léon Daudet décida de ridiculiser leurs comportements dignes de Diafoirus en publiant un roman : Les Morticoles.

L’ se trouve simple à résumer. Un naufragé échoue sur une île entièrement commandée par les médecins. La société y prend la forme d’un gigantesque centre hospitalier gouverné par d’implacables lois sanitaires. L’ensemble des citoyens se voit présumé malade. Ceux en bonne santé sont déclarés dissimulateurs et subissent toutes sortes de traitements absolument farfelus. La population vit en cobayes permanents. Comprenant rapidement la situation, le nouvel arrivant décide d’entamer une carrière médicale. Il devient membre du personnel soignant puis, intriguant à merveille, s’élève vers les sommets. Il découvre, à cette occasion, les batailles « savantes » où les théories les plus sérieuses se trouvent devoir affronter les pires élucubrations thérapeutiques. Il apprend surtout qu’en ce lieu, le plus sûr moyen d’obtenir une promotion ne tient pas en la compétence mais en l’art de lécher les orteils des supérieurs.

Léon Daudet, écrivant cet ouvrage, n’imaginait certainement pas la du Covid-19 que la France allait traverser, 125 ans plus tard. Mais il connaissait les hommes. Il savait les moquer. Surtout, il n’ignorait rien des risques et dangers des mécanismes de pouvoirs. Quels que soient leur bonne foi ou leur sincérité, leur sérieux ou leur moralité, leur bassesse ou leur noblesse, les médecins, lorsqu’ils gouvernent une société, ne peuvent que la réduire à un territoire de morticoles. Que leurs diagnostics s’avèrent vrais ou faux, que leurs recommandations soient bonnes ou mauvaises, là se situe la discussion médicale, mais pas le débat politique. Le constat politique fondamental est que notre société accepte de se soumettre, mois après mois, à un pouvoir scientifique imposant sa loi. Nombre de nos droits ont été placés en situation de cérébrale. Notre subsiste, mais en apnée. Chancelante, elle joue les infirmières dociles. Elle tend les compresses. Elle tient les fichiers, contrôle les formulaires. Mais elle ne commande plus. Notre Parlement, depuis bien longtemps, a déposé les armes de la souveraineté qui lui ont été confiées par le suffrage universel. Les députés vivent à plat ventre devant quelques satrapes de la haute administration sanitaire.

Et chacun peut constater, jour après jour, le regard ironique, combien la pratique du léchage d’orteil, si chère aux morticoles, domine notre pays.

Olivier Barrat

 Avocat
( 20 juillet, 2021 )

Emmanuel Macron : un drôle de pèlerin

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Dans certains milieux catholiques, on se plaît à souligner que le Président est le premier chef de l’État qui, non content de visiter Lourdes, sera entré dans l’enceinte du sanctuaire et aura donc vu la grotte de Massabielle.

On voit même, à cette occasion, demander des neuvaines pour sa conversion.

Cela, le lendemain du jour où il a obtenu aux forceps le vote d’une loi prétendue bioéthique qui contient les pires entorses non seulement à la morale chrétienne mais à un fonds anthropologique multimillénaire qu’il est habituel d’appeler la loi naturelle. Possibilité de fabriquer des enfants qui seront confiés à une ou deux femmes et qui, de manière délibérée, ne pourront jamais connaître leur père biologique, vivant ou mort, sans motif médical pour les couples homme-femme (tout cela avec remboursement à 100 % par la Sécurité sociale), autoconservation des gamètes sans motif médical, autorisation élargie de l’expérimentation sur les embryons, autorisation de créer des embryons transgéniques et des embryons-chimères animal-homme.

Cette loi inouïe n’a pu passer qu’en donnant le dernier mot à l’Assemblée nationale, en quoi le Président viole sa parole de construire autour d’elle un large consensus.

Il n’a, certes, pas soutenu une proposition ultra-féministe prévoyant l’extension à 14 semaines de l’avortement volontaire : la levée de boucliers des gynécologues a sans doute plus joué que des scrupules de conscience.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, la n’a pas attendu la pour être dans les usages de l’État français. Depuis que, peu après son baptême, Clovis s’abstint d’apparaître au synode des évêques de Gaule organisé par saint Rémi à Orléans, aucun roi de n’a paru à une assemblée des évêques de France, ni aucun président de la République, jusqu’à la honteuse cérémonie des Bernardins du 19 avril 2018 où , reçu par les évêques, leur expliqua clairement que, dans les questions dites bioéthiques il n’en ferait qu’à sa tête, leur concédant seulement le droit de « poser des interrogations » – pas même de donner leur avis. Ce qui ne les a pas empêchés (manipulés par qui ?) de le gratifier d’une standing ovation.

La laïcité, royale ou républicaine, n’a jamais eu pour premier but d’humilier le spirituel ni d’éloigner l’État de toute influence religieuse ou morale ; hors de certains excès, son sens fut d’abord de respecter une distance convenable entre les affaires de ce monde et la sphère du sacré, d’exprimer une certaine discrétion des hommes d’action aux prises avec ces réalités pas toutes reluisantes que sont les affaires politiques. Le général , autrement chrétien que Macron, si avare de gestes religieux en public, l’avait compris.

Ce n’est pas par mépris pour la Sainte Vierge que tant d’hommes d’État n’ont pas franchi, à titre public, les limites des sanctuaires, c’est au contraire par respect.

L’actuel Président, dans une démarche qui sent l’électoralisme à plein nez, au sortir d’une étape du tour de France, pièce de sa mécanique préélectorale, n’a pas hésité à poser ses doigts dans l’espace sacré. Il n’est pas sûr que cela lui porte chance.

Roland Hureaux

 Essayiste
( 19 juillet, 2021 )

Macron impose le passe sanitaire : celui qui s’y oppose est un antivax contre le progrès !

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Ça y est, la majorité actuelle au pouvoir nous plonge dans une nouvelle période de crise, avec les manifestations qui se succèdent partout en contre le passe sanitaire.

Décidément, nous en aura fait voir de toutes les couleurs, entre les manifs contre la loi , contre la réforme de la SNCF, contre la hausse de la , contre le projet de loi , contre la PMA sans père, contre les hausses fiscales, etc.

Depuis 2017, la contestation en France rythme le samedi des populations avec, pour conséquence, une hausse de la violence en marge de ces événements, ce qui a pour effet de ralentir considérablement l’activité économique.

On avait espéré que le président de la République et sa majorité démontrent, après les , une posture beaucoup plus pédagogique, rassurante et pleine d’empathie dans la mise en œuvre de leurs décisions. Mais que nenni, les bougres sont plus que jamais déterminés à installer ce climat permanent de conflit, un peu comme si cette situation était leur assurance-vie pour la réélection de Macron l’an prochain.

Ma foi, la stratégie est maintenant au point ! On passe en force une mesure impopulaire, on bombe le torse face aux rétifs, on les menace, on les stigmatise, comme le fait, ce dimanche 18 juillet, dans Le Parisien, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement. On monte les Français les uns contre les autres, on exploite les images des violences, des casses et pillages pour pousser les populations à l’exaspération et pouvoir, in fine, conforter la réaction binaire qui se traduit lors des choix électoraux : l’ordre ou le chaos.

Le passe sanitaire n’est pas expliqué aux populations, Macron le leur impose. Celui qui s’y oppose est contre la France, le progrès, il est antivax et, bientôt, il sera traité de facho. Pourtant, beaucoup d’opposants au passe sanitaire sont vaccinés, donc, les traiter d’antivax est d’une imbécillité digne de la Macronie.

Emmanuel Macron et ses ouailles veulent laisser croire que les opposants au passe sanitaire sont des complotistes. Mais nom d’un chien, pourquoi ces gens sont-ils, chaque fois, dans une posture condescendante ?

Les Français ne sont pas contre les vaccins, ils n’ont pas confiance en ce gouvernement, toute la différence est là, et c’est ce postulat qui est aux origines de la défiance actuelle et des manifestations qui risquent de s’installer durablement dans le pays.

Emmanuel Macron laissera, à ce rythme, l’image du Président le plus brutal de la Ve République, alors qu’il avait promis, en 2017, ramener l’ordre et la paix…

Une belle arnaque !

Verlaine Djeni

( 19 juillet, 2021 )

François: le pape de l’exclusion

 

Communiqué de « RENAISSANCE CATHOLIQUE »

 

La trêve aura été de courte durée : 2007-2021. Par le Motu proprio Traditionis custodes le pape François a relancé la guerre liturgique que son prédécesseur, par le Motu proprio Summorum pontificum, avait suspendue. Tout le monde s’accorde sur le sujet : la mesure est brutale. Ainsi les livres liturgiques postérieurs à Vatican II deviennent « la seule expression de la lex orandi du Rite romain », le missel antérieur à la réforme de 1970 ne pourra pas être utilisé régulièrement dans les églises paroissiales, aucun nouveau groupe ne pourra être constitué, c’est le Siège apostolique qui donnera aux prêtres diocésains l’autorisation de célébrer selon l’usus antiquior, etc. Jean-Marie Guénois a parfaitement formulé l’objectif de ces mesures : « réduire l’influence des traditionalistes ». Celle-ci, en effet, ne cesse de croître. Les « tradis » fournissent régulièrement environ 20% des ordinations sacerdotales annuelles en France et constituent une présence notable dans les diocèses, 5 à 6% du total des pratiquants dans notre pays selon Guillaume Cuchet (La Nef No 338), certainement plus en réalité, à cause du décrochage massif (30% selon Mgr Chauvet) de nombreux fidèles « conciliaires », sensiblement plus âgés que leurs homologues « tradis », suite à la pandémie du coronavirus.

Les raisons d’une exclusion                                                         

Chacun s’interroge. Pourquoi une mesure d’une telle dureté de la part d’un pape dont le moins que l’on puisse dire est que les chantiers qui devraient mobiliser toute son énergie ne manquent pas : scandales financiers à répétition, situation quasi schismatique de l’Eglise d’Allemagne, immense confusion doctrinale et liturgique, effondrement du denier de Saint Pierre, suites des scandales de pédophilie dans l’Eglise, gestion des orgies sexuelles au Vatican etc. ? 

L’argument avancé par le Saint-Père est que ces communautés « doutant du Concile » mettraient en péril l’unité de l’Eglise dont le pape est le garant. L’argument, n’était la gravité du sujet, prêterait à sourire. Quelle unité de l’Eglise quand :

- il n’y a pas deux messes identiques célébrées dans deux églises différentes,

- dans un diocèse les divorcés remariés sont admis à la Sainte communion et pas dans l’autre,

- 69% des catholiques américains affirment ne pas croire à la présence substantielle du Christ sous les apparences du pain et du vin après la consécration ( enquête Pew Research Center-août 2019),

- en toute impunité des prêtres allemands bénissent dans leurs églises, pavoisées aux couleurs arc-en-ciel, des unions homosexuelles, etc.                                                                                                                

Le pape qui a signé la déclaration d’Abou Dhabi affirmant : « Les diversités des religions sont une sage volonté divine » écrit dans la lettre aux évêques accompagnant le Motu proprio : « Rester dans l’Eglise non seulement « avec le corps » mais aussi « avec le cœur » est une condition du salut ». On pense à la fable de La Fontaine : La chauve-souris et les deux belettes : « Je suis Oiseau : Voyez mes ailes/ Je suis souris : Vivent les rats. » Bien loin du Est. Est. Non. Non évangélique.

En outre, en quoi nuisent à l’unité de l’Eglise ceux qui, souvent convertis, assistent à la messe traditionnelle et souhaitent bénéficier d’une pastorale sacramentelle et catéchétique qui a fait ses preuves ? Pourquoi jeter l’opprobre sur eux ? Ils refuseraient le Concile. Pour être franc, l’immense majorité d’entre eux se fiche éperdument du Concile qui ne les intéresse pas et leur apparaît comme une lubie de vieillards idéologues et nostalgiques. Ce que ces fidèles demandent c’est une liturgie qui les porte vers Dieu et un enseignement moral et doctrinal qui leur permette de rester fidèles au Christ et donc de résister aux séductions d’une société apostate.

Laissez-nous faire l’expérience de la Tradition                                                     

Dans les années 70 l’intuition originelle et fondatrice de Mgr Lefebvre se résumait en une formule : « Laissez-nous faire l’expérience de la Tradition ». Cette expérience a été faite et les fruits en sont sous nos yeux. L’apostolat traditionnel, quel que soit son cadre institutionnel, est incontestablement fécond. Les communautés se sont développées, de nombreuses conversions s’y sont opérées. Des familles jeunes et nombreuses les font vivre. Les fameux lapins qui essayent de rester fidèles aux exigences du mariage chrétien, dont se moquait, dans un humour douteux, François.

Notons que, selon le pape, l’objectif des concessions liturgiques de ses prédécesseurs était de ramener les brebis égarées lefebvristes, « en temps voulu au rite romain promulgué par les saints Paul VI et Jean-Paul II ». Ce n’est manifestement pas ce qui s’est passé, à l’encontre de ce que craignaient certains dénonçant le « ralliement » inexorable des prêtres et des laïcs traditionnels qui chercheraient un accord juridique avec les autorités romaines. L’expérience ayant été un succès il est décidé de….mettre fin à l’expérience ??? Le Christ nous a demandé de juger l’arbre à ses fruits et de jeter au feu le figuier stérile. Pas l’arbre qui porte du fruit. Cinquante années après sa clôture les bons fruits du Concile ne seraient toujours pas apparus mais la récolte serait prochaine. Qui le croit ?

Fondamentalement ce Motu Proprio semble marquer la fin de la tentative de Benoît XVI d’établir une herméneutique de continuité entre le Concile Vatican II et l’enseignement antérieur de l’Eglise. La croyance en la continuité entre l’enseignement pré conciliaire et l’enseignement post conciliaire expliquait une forme de bienveillance vis à vis de la messe traditionnelle. En revanche l’hostilité militante de François envers la messe traditionnelle manifeste la conviction que l’Eglise conciliaire, pour reprendre l’expression du cardinal Benelli, est d’une autre nature que l’Eglise qui l’a précédée. On ne rejette pas avec cette violence ceux dont le seul tort est d’avoir cinquante ans de retard. En revanche on lutte farouchement contre ceux que l’on croit être les tenants d’une autre Eglise. Ainsi, paradoxalement, le pape François rejoint-il, sur ce point, les positions de la Fraternité Saint Pie X.

Il faut que tout change pour que rien ne change

Concrètement il semble que, dans la réalité, pas grand chose ne changera. Ce motu proprio est inapplicable. Il va geler la situation mais ne réduira pas l’influence des communautés traditionalistes. En effet :

- le pape a 85 ans et sa position est très affaiblie

- un certain nombre d’évêques sont contents de l’action des communautés traditionalistes

- certains évêques, en particulier en France, ont assez de soucis comme cela. Ils savent, par exemple, que retirer aux communautés traditionalistes l’usage des églises paroissiales serait inéluctablement susciter des manifestations, des occupations d’églises, etc. Plusieurs évêques, prudents, ont immédiatement dit que rien ne changerait dans leur diocèse.

Enfin il ne faut pas négliger le fait que l’opinion publique, catholique ou non, ne comprend pas les raisons de cet ostracisme alors qu’il n’est question, dans la bouche du Souverain Pontife, que de miséricorde, d’accueil, de pardon, de respect de l’autre, etc. L’éditorial étincelant de Michel Onfray, athée revendiqué, « Ite missa est » dans Le Figaro du 19 juillet est le signe manifeste de ces incompréhensions.

Dans une conférence à Paris le 25 juin dernier Mgr Schneider interrogé sur l’éventuelle suppression de Summorum Pontificum n’hésitait pas à déclarer :  »Les fidèles et les prêtres ont le droit à une liturgie qui est une liturgie de tous les saints (…). Par conséquent le Saint-Siège n’a pas le pouvoir de supprimer un héritage de toute l’Eglise, c’est un abus, ce serait un abus même de la part d’évêques. Dans ce cas, vous pouvez continuer de célébrer la messe même sous cette forme : c’est une forme d’obéissance (…), à tous les papes qui ont célébré cette messe ».  

On ne saurait conclure sans observer le sentiment de trahison que vivent les prêtres et les laïcs, attachés à la liturgie traditionnelle qui ont fait confiance aux autorités romaines, à qui on avait promis la liberté de culte et le respect de leurs convictions. Ils n’imaginaient sans doute pas que cette liberté serait celle de l’indien dans sa réserve…

Sans amertume, ni révolte nous assumons cette nouvelle épreuve dans la prière, sereins, confiants et déterminés, affermis chaque jour dans notre fidélité par les premières paroles de la messe traditionnelle : Introibo ad altare dei. Ad deum qui laetificat juventutem meam  Je monterai à l’autel du seigneur. Vers Dieu qui réjouit ma jeunesse ».                                  

Jean-Pierre Maugendre

( 19 juillet, 2021 )

La justice de « l’état de droit »

 

Lu sur « actionfrancaise.net »

 

 

Les agresseurs de la fac relâchés, les défenseurs condamnés…

 

Nous recevons cette information d’un sympathisant de Montpellier qui a suivi l’affaire de près.  Il apparait clairement que le jugement du tribunal est partial et que le fameux « état de droit » dont se rengorgent les idéologues sectaires et donneurs de leçons pour justement étayer leur sectarisme, atteint des sommets d’immoralité qui donnent la nausée.  Après le discours du président de la République nous annonçant clairement une reprise en main rigide d’un peuple par trop (sanitairement) rebelle, on comprendra qu’un tel jugement du tribunal correctionnel constitue un exemple concret de l’arbitraire généralisé qui s’installe dans le pays. (NDLR)

Le 2 juillet 2021, le Tribunal correctionnel de Montpellier a déclaré « coupables » tous les prévenus qui avaient été renvoyés devant lui pour avoir procédé, le 22 mars 2018, à l’évacuation d’un amphithéâtre de la Faculté de Droit de Montpellier, encore occupé illégalement en pleine nuit par des manifestants extérieurs. Pour rappel, les bloqueurs avaient pour meneurs des membres de Solidaires-Étudiants, des Jeunesses communistes, du NPA et de l’ultra-gauche « anarcho-libertaire » qui anime le réseau de squats local, dont des activistes fichés S. Ce collectif d’extrême gauche bloquait déjà une autre Faculté, celle de Lettres, depuis plus d’un mois, le coût final de cette occupation et des dégradations qu’elle a occasionnée ayant été de plus d’un million d’euros pour la collectivité publique.

À la Faculté de Droit, les bloqueurs venus de l’extérieur avaient déjà été repoussés par un vote des étudiants juristes la veille. Ils reviennent en nombre le lendemain, 22 mars 2018, cinquantenaire du début des évènements dits de Mai-68, pour bloquer par la force un amphi avec quelque 400 intrus et imposer la tenue d’une « AG » : le micro est arraché aux étudiants et enseignants en Droit qui essaient de s’opposer, des étudiants sont insultés et molestés, des étudiantes sont attouchées sexuellement. Les occupants votent « le blocage de l’intégralité des bâtiments de le Fac de Droit » et ce qu’ils nomment « la reconstruction visuelle » de la Fac, c’est-à-dire son « taguage » intégral. De l’alcool et de la drogue circulent très vite. Les agents de sécurité extérieurs recrutés dans l’urgence par l’Université sont complètement débordés et ne parviennent pas à contrôler les entrées. Parce que le doyen, Philippe Pétel, a fait fermer les toilettes, pour inciter les bloqueurs à quitter les lieux, ces derniers urinent dans des bouteilles en plastique et les jettent sur les personnels de la Fac. Plus tard dans la soirée, des occupantes viendront exhiber devant le doyen leurs serviettes hygiéniques et leurs tampons maculés, les lui tendront et les mettront dans les poches de son costume, tout en filmant son humiliation, aussitôt mise en ligne. Vers 20 h, un départ de feu a lieu au sous-sol du bâtiment, rapidement maîtrisé grâce à la vigilance des services techniques. Aux alentours de 22 h, les occupants votent l’expulsion des derniers opposants au blocage qui se trouvaient encore dans l’amphi ! Alors a lieu la première évacuation violente de l’amphithéâtre – celle dont les médias n’ont jamais parlé : les juristes sont expulsés de l’amphi, poussés ou frappés. Des chargés de TD sont molestés, un professeur de Droit reçoit un coup de poing au visage qui lui ouvre la lèvre. Le préfet de l’Hérault, sollicité à plusieurs reprises pour une intervention des forces de l’ordre, répond qu’il n’interviendra à aucune condition dans un bâtiment universitaire. Le doyen, ses personnels et ses étudiants sont abandonnés par l’autorité publique.

Vers minuit, les violences et les vexations commises par les occupants se retournent contre eux : ils sont délogés par quelques personnes qui, à un contre dix, vont les mettre dehors en moins de cinq minutes. Les médias parleront d’une « dizaine de blessés légers ». Pourtant, le dossier judiciaire montre qu’une seule personne, parmi les bloqueurs, s’est vu reconnaître un jour d’ITT au sens pénal, pour « ecchymoses anciennes aux membres inférieurs ». La seule autre personne s’étant vu reconnaître une telle ITT pénale est en fait un professeur de Droit, Jean-Luc Coronel de Boissezon, qui a participé à l’évacuation de l’amphi de sa Faculté et a reçu des blessures légères de certains occupants.

Pourtant, la campagne de presse orchestrée contre le doyen et le professeur entraînera leur persécution par le gouvernement pressé de donner des gages à l’extrême gauche et à ses innombrables relais médiatiques : la ministre de l’Enseignement supérieur diligente contre eux une procédure disciplinaire, qui aboutira le 6 février 2019 à une suspension sans rémunération pendant cinq mois pour le doyen Pétel, et à une révocation définitive, assortie d’une interdiction d’exercer dans tout établissement public, pour le professeur Coronel de Boissezon ! Parallèlement, le Parquet engage des poursuites pénales, qui aboutissent à un procès les 20 et 21 mai 2021. Dès le début du procès, les neuf occupants illégaux qui avaient eu l’audace de se constituer parties civiles se désistent de l’instance, dénonçant une justice bourgeoise au « deux poids deux mesures », ce qui leur permettaient de se victimiser une fois de plus, tout en échappant aux questions embarrassantes sur leurs agissements illicites que l’audience n’eût pas manqué d’occasionner. Les supposées victimes montraient surtout par là qu’elles n’en étaient pas : une vraie victime ne se désiste assurément pas d’un procès. Quant au « deux poids, deux mesures », il a été évidemment inverse tout au long des différentes procédures : au disciplinaire, aucun des syndicalistes et des étudiants parmi les bloqueurs n’a fait l’objet de poursuites ; au pénal, les plaintes déposées contre les occupants ont toutes été classées sans suite par le procureur de la République.

Ainsi le 2 juillet 2021, alors qu’il n’y avait même plus de parties civiles, et que les avocats de la défense avaient fait la démonstration de l’illégalité et de la dangerosité de l’occupation, le tribunal a prononcé la condamnation de sept personnes : le doyen Pétel est condamné à 18 mois de prison avec sursis et 2 ans d’interdiction de la fonction publique, le professeur Coronel de Boissezon a six mois ferme avec bracelet électronique et huit mois avec sursis ainsi qu’un an d’interdiction de la fonction publique, la compagne du professeur qui l’avait rejoint avec quelques amis à la même peine de prison que son compagnon, une autre personne à un an de prison ferme et trois autres courageux libérateurs de la Faculté à six mois de prison ferme sous surveillance électronique et six mois avec sursis. À part le doyen, tous ont fait appel de ces décisions faites pour décourager tout citoyen, devant la défaillance de l’État, de défendre les biens publics – alors que « tout ce qui est national est nôtre ».

( 19 juillet, 2021 )

Témoignage personnel

 

 

 

Au soir du 14 juillet, j’étais venu assister au traditionnel feu d’artifice tiré à Carnac, en pays chouan. Installé sur la plage, au bord des dunes préservées depuis quelques années déjà (et c’est tant mieux !), j’ai constaté le peu de civisme écologique de quelques (trop nombreux, malheureusement) vacanciers : malgré les limites indiquées par des barrières (trop discrètes) et quelques poteaux, ceux-ci les ont envahies sans délicatesse. Je me suis alors permis d’intervenir, poliment d’abord, puis plus fermement ensuite, en leur indiquant que l’endroit sur lequel ils s’installaient était normalement interdit pour les promeneurs, et ceci pour permettre le maintien et le renouvellement de la biodiversité locale. Or, à plusieurs reprises, les envahisseurs ont refusé de partir, riant de mes conseils et, bientôt, de ma colère malheureusement vaine… Quelques uns, néanmoins, conscients de leur méprise ou n’ayant fait que suivre le mouvement d’envahissement, ont quitté les lieux, comme ce groupe de motards casqués et sympathiques qui n’avaient pas vu les panneaux d’avertissement trop peu nombreux près des barrières et qui entraînèrent d’autres personnes à passer sur la plage plutôt qu’à rester sur les dunes officiellement (mais bien mal) protégées ; mais beaucoup d’intrus sont restés sur place, allant jusqu’à dévorer pizzas et brioches de viande comme pour montrer le peu de cas qu’ils faisaient des lieux pourtant réputés et annoncés fragiles et, au-delà, de l’environnement. Pratiquement tous portaient, leur repas achevé, des masques bleus dont certains furent abandonnés sur place, avec quelques canettes, une fois le feu d’artifice terminé. En quelques dizaines de minutes, des lieux d’ordinaire préservés des pieds et des postérieurs ont été saccagés par l’égoïsme et la bêtise de quelques uns…
Que retenir de cette triste anecdote ?
D’abord l’absence de conscience environnementale de certains de nos compatriotes et l’indifférence de beaucoup d’autres devant les agressions contre notre environnement, même le plus proche ;
Ensuite, l’hypocrisie de ces mêmes agresseurs qui ne respectent les règles que lorsque la force publique (ici malheureusement complètement absente, car trop peu nombreuse devant le nombre de tâches à effectuer pour que la sécurité des spectateurs soit assurée) est visible et active ;
Enfin, le peu de moyens matériels et humains mis en œuvre pour préserver de façon efficace ces dunes, ici protégées par quelques obstacles et poteaux bien insuffisants face à la bêtise et à l’irrespect…
A quelques kilomètres de là, près d’Erdeven, les autorités ont visiblement trouvé une solution, simple et terriblement efficace contre les intrusions non souhaitées : une zone humide, située à quelques dizaines de mètres de la côte et dans laquelle l’on peut apercevoir libellules, batraciens, poules d’eau, hérons, etc., est protégée par une clôture renforcée de barbelés, mais sans priver les promeneurs du spectacle formidable d’une biodiversité riche et réconfortante. Sans doute faudrait-il reproduire cette protection visible sans être agressive pour préserver les richesses de biodiversité des dunes de Carnac…
Jean-Philippe CHAUVIN
( 18 juillet, 2021 )

Afrique du Sud : derrière le chaos, le soulèvement des Zulu

 

Communiqué de l’AFRIQUE REELLE

 

Les très graves émeutes-pillages qui secouent l’Afrique du Sud depuis le 8 juillet dernier ont été déclenchées par la faction pro-Zuma de l’ANC (Zulu), avec pour objectif de déstabiliser la présidence de Cyril Ramaphosa (Venda), auquel elle reproche d’avoir évincé son leader en 2018. La présidence sud-africaine a d’ailleurs été très claire à ce sujet en parlant de « conspiration ethnique » et en inculpant douze hauts cadres zulu de l’ANC qui, selon elle, seraient impliqués dans l’organisation de ces émeutes. Dudane Zuma, un des fils de Jacob Zuma a, quant à lui, clairement appelé les Zulu à se mobiliser.

Tout le reste n’est qu’analyses journalistiques affligeantes de médiocrité et de superficialité, surtout quand elles présentent ces évènements comme s’il s’agissait d’une simple révolte sociale due à une crise économique aggravée par le Covid…

 

Le retour au réel passe par la mise en évidence de deux étapes distinctes, ce qui permet de ne pas confondre les causes et leurs conséquences:

 

1) Tout est parti du pays zulu, le Kwazulu-Natal, avec pour épicentres les villes zulu de Durban et de Pietermaritzburg, et cela, à partir du moment où Jacob Zuma a été incarcéré. Dans la région de Johannesburg, seuls les townships zulu ont été touchés. Il est remarquable de constater que les zones non-Zulu n’ont pas suivi le mouvement.

 

Les raisons de ce soulèvement sont claires : les Zulu n’acceptent pas le coup d’Etat de 2018 qui a abouti à l’éviction de Jacob Zuma par son vice-président Cyril Ramaphosa. Ils l’acceptent d’autant moins que ce coup de force fut suivi de poursuites judiciaires contre Jacob Zuma, considérées par eux comme une vengeance de ses adversaires ethniques au sein de l’ANC. D’autant plus qu’ils accusent à raison l’actuel président, l’ex syndicaliste Cyril Ramaphosa, d’avoir bâti sa colossale fortune sur la trahison de ses mandants. Nommé dans les conseils d’administration des sociétés minières blanches, il y fut en effet coopté pour son « expertise » syndicale, c’est-à-dire en échange de son aide contre les revendications des mineurs noirs dont il fut le représentant avant 1994 !!!

 

Considérant qu’à travers Jacob Zuma c’est leur peuple qui est attaqué, les Zulu se moquent de savoir qu’il était effectivement totalement corrompu. Englué dans plusieurs affaires de corruption, il a même été pris la main dans le sac d’une gigantesque entreprise de favoritisme d’Etat au profit de la famille Gupta[1] et une commission judiciaire fut désignée pour enquêter sur la gravissime accusation de « State Capture ». Ces gangsters affairistes d’origine indienne avaient en effet réussi à imposer leur droit de regard sur les nominations officielles, ce qui leur avait permis de placer leurs agents à tous les rouages de décision de l’Etat et des entreprises publiques.

 

Estimant que l’Etat-ANC est contre eux, les partisans de Jacob Zuma ont donc pensé qu’ils n’avaient que la violence pour s’exprimer. D’où les premiers évènements du début du mois de juillet, immédiatement suivis, comme toujours en pareil cas, de pillages d’opportunité associés à une puissante et sanglante vengeance contre ces commerçants-usuriers indiens qui, comme des sangsues, vivent aux dépens des paysans zulu. Et ce fut alors que la deuxième étape du mouvement se produisit.

 

2) Conséquence d’un mouvement politique, ces pillages sont le révélateur de la faillite économique et sociale[2] de la « nation arc-en-ciel » si lyriquement chantée par les naïfs au lendemain de la fin de l’ « apartheid ». Le bilan économique de bientôt trois décennies de pouvoir ANC est en effet désastreux avec un PIB qui ne cesse de baisser (3,5% en 2011, 2,6% en 2012, 1,9% en 2013, 1,8% en 2014, 1% en 2015,  0,6% en 2016,  une entrée en récession en 2017 suivie d’un très léger rebond à 0,2% et 0,1% en 2019 et 2020). Les mines, premier employeur du pays ont perdu près de 300 0000 emplois depuis 1994. Quant aux pertes de production et de revenus, elles se conjuguent avec des coûts d’exploitation en hausse constants, cependant que les dramatiques coupures d’électricité  ont eu pour conséquence la fermeture des puits secondaires et la mise à pied de dizaines de milliers de mineurs.

 

En réalité, depuis 1994, l’Afrique du Sud vit sur l’immense héritage légué par le régime blanc. Ses nouveaux maîtres de l’ANC n’ayant pas réalisé les nécessaires et colossaux investissements qu’il était pourtant urgent de faire afin de simplement maintenir les capacités de production. En plus de cela, le climat social a découragé les éventuels investisseurs qui ont préféré faire « glisser » leurs activités vers des pays plus  fiables.

 

L’agriculture avait, elle aussi, perdu plusieurs centaines de milliers d’emplois avant le coup mortel porté aux fermiers le mardi 27 février 2018, quand le parlement sud-africain vota le commencement d’un processus de nationalisation-expropriation sans compensation des 35.000 fermiers blancs.

Résultat, au lieu de se combler, comme l’ANC le promettait  en 1994, les inégalités se sont au contraire davantage creusées. Aujourd’hui 75% des familles noires vivent  en dessous du seuil de pauvreté. Quant au chômage, il est officiellement de 30% de la population active alors que les agences indépendantes parlent de plus de 50% avec des pointes à 80% dans certaines régions.

 

Enfin, chiffre terrible pour tous ceux qui croyaient dans l’avenir de la société « post-raciale » sud-africaine, aujourd’hui, le revenu de la tranche la plus démunie de la population noire est inférieur de près de 50% à celui qu’il était sous le régime blanc d’avant 1994 !!! Ce qui a fait dire à un célèbre chroniqueur noir qu’au rythme auquel se décompose le pays, il va bientôt falloir  se décider à en « rendre la direction aux Boers » !!!

 

Une remarque d’une grande profondeur car le soit disant héritage « négatif » de  «l ‘apartheid » a, des années durant, servi d’excuse aux dirigeants sud-africains. Or, aujourd’hui, personne ne peut plus nier qu’en 1994, quand le président De Klerk hissa au pouvoir un Nelson Mandela incapable de le prendre de force[3], il légua à l’ANC la première économie du continent, un pays doté d’infrastructures de communication et de transport à l’égal des pays développés, un secteur financier moderne et prospère, une large indépendance énergétique, une industrie diversifiée, des capacités techniques de haut niveau et la première armée africaine. Force est également de constater que, libérée de l’ « oppression raciste », la « nouvelle Afrique du Sud » fut immédiatement la proie du parti prédateur ANC dont les cadres, aussi incapables que corrompus, eurent comme objectif principal leur propre enrichissement.

 

Aujourd’hui, l’ANC n’est plus qu’une coquille vide  ayant perdu toute forme idéologique et politique. Fragmenté par une infinité de facteurs, il ne survit plus que comme machine électorale destinée à distribuer des sièges de députés à ses membres. Quant aux masses noires totalement paupérisées, elles constituent un bloc explosif potentiel dont la colère se tournera un jour ou l’autre contre les Blancs qui n’auront plus que le choix entre l’émigration ou le repli vers l’ancienne province du Cap.

 

Décérébrés par l’auto-culpabilisation, par les glapissements des « décoloniaux » et par le sida mental introduit par la « culture woke » (voir à ce sujet mon livre Pour répondre aux décoloniaux), les chapons gras occidentaux continueront pourtant à se pâmer devant la figure tutélaire de Nelson Mandela, tout en continuant à avoir  « les yeux de Chimène » pour le fantasme de la « nation arc-en-ciel ». Ne voyant pas que ce qui se passe actuellement en Afrique du Sud annonce le futur apocalyptique de l’Europe « multiraciale » préparé par les mondialistes, la Commission de Bruxelles et ce pape tiers-mondiste qui ne cesse d’appeler à l’accueil des « Autres »…

 Bernard LUGAN

 

[1] Voir à ce sujet le dossier consacré à cette question publié dans le numéro  du mois de juillet 2017 de l’Afrique Réelle (n°91) sous le titre « Jacob Zuma peut-il survivre au Gupta Gate ? ».

[2] Cette question sera développée dans le numéro du mois d’août de l’Afrique réelle que les abonnés recevront le 1er août.

[3] Voir à ce sujet mon livre « Histoire de l’Afrique du Sud des origines à nos jours ». Editions Ellipses, 2010. Disponible en librairie.

Plus d’informations sur le blog de Bernard Lugan.
( 17 juillet, 2021 )

Le pape François abroge Summorum Pontificum

 

Lu sur Le Salon Beige

 

Dans une lettre apostolique en forme de Motu Proprio, publiée aujourd’hui sous le nom Traditionis custodes, le pape abroge le texte d’apaisement de Benoît XVI. Niant le droit légitime des fidèles et des prêtres, le pape remet toutes les décisions dans les mains des seuls évêques, sous la vigilance du Siège apostolique.

Il appartient à l’évêque diocésain, en tant que modérateur, promoteur et gardien de toute la vie liturgique de l’Église particulière qui lui est confiée, de régler les célébrations liturgiques de son diocèse. Par conséquent, il est de sa compétence exclusive d’autoriser l’utilisation du Missel romain de 1962 dans son diocèse, selon les directives du Siège Apostolique.

Le pape écrit que les fidèles adhérents de ces groupes ne peuvent pas se réunir pour la messe dans les églises paroissiales ! Faudra-t-il retourner dans les rues ? Le pape demande aussi aux évêques de

se garder d’autoriser la constitution de nouveaux groupements.

Le pape demande aussi explicitement de cesser l’érection de nouvelles paroisses personnelles.

C’est un retour au régime d’autorisation au compte-goutte en place avant 1988, la mise à l’écart des personnes attachées au missel de 1962, avec le risque de ranimer la guerre liturgique.

Quant aux prêtres diocésains qui souhaitent utiliser le missel de 1962 (et qui sont de plus en plus nombreux à le faire)… :

Les prêtres ordonnés après la publication du présent Motu Proprio, qui souhaitent célébrer à l’aide du Missale Romanum de 1962, doivent en faire la demande formelle à l’Évêque diocésain qui consultera le Siège Apostolique avant d’accorder cette autorisation.

Les prêtres qui célèbrent déjà selon le Missale Romanum de 1962 doivent demander à l’Évêque diocésain l’autorisation de continuer à jouir de cette faculté.

Le pape invoque, dans une lettre adressée aux évêques, la nécessité de l’unité de l’Eglise

Pour défendre l’unité du Corps du Christ, je suis contraint de révoquer la faculté accordée par mes prédécesseurs. L’usage déformé qui a été fait de cette faculté est contraire aux intentions qui ont conduit à accorder la liberté de célébrer la Messe avec le Missale Romanum de 1962.

Répondant à vos demandes, je prends la ferme décision d’abroger toutes les normes, instructions, permissions et coutumes qui précèdent le présent Motu proprio, et déclare que les livres liturgiques promulgués par les saints Pontifes Paul VI et Jean-Paul II, conformément à la décrets du Concile Vatican II, constituent l’unique expression de la lex orandi du Rite romain.

La publication de ce texte, au nom de l’unité, est pour le moins troublante, à l’heure même où l’épiscopat allemand s’enfonce dans le schisme et l’hérésie. Pour les Allemands, pas de motu proprio pour réparer une unité qui se délite. Troublante également à l’heure où l’on parle de synodalité et de la place des laïcs au sein de l’Eglise. Les laïcs attachés au missel de 1962 sont les grands oubliés de ce texte.

Après le pass sanitaire, voici le pass liturgique… Quelle semaine ! Et quelle humiliation pour Benoît XVI :

Article 1 de Summorum Pontificum

Le Missel romain promulgué par Paul VI est l’expression ordinaire de la lex orandi de l’Église catholique de rite latin. Le Missel romain promulgué par saint Pie V et réédité par le Bienheureux Jean XXIII doit être considéré comme expression extraordinaire de la même lex orandi  de l’Église et être honoré en raison de son usage vénérable et antique. Ces deux expressions de la lex orandi de l’Église n’induisent aucune division de la lex credendi de l’Église ; ce sont en effet deux mises en œuvre de l’unique rite romain.

Article 1 de Traditionis custodes 

Les livres liturgiques promulgués par saint Paul VI et saint Jean-Paul II, conformément aux décrets du Concile Vatican II, sont l’unique expression de la lex orandi du Rite Romain.

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