( 27 janvier, 2022 )

Sonnez fanfares triomphales : à Orléans, Jeanne d’Arc sera figurée par Clotilde… d’Arc !

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Selon que l’on est plutôt rose ou réséda, on y verra un signe de la providence ou une coïncidence. Mais le hasard, comme le disait Einstein, n’est-il pas Dieu qui se promène incognito ?

La lycéenne de 15 ans qui incarnera Jeanne, cette année, à Orléans, s’appelle Clotilde Forgeot d’Arc et descend de Pierre d’Arc, l’un des frères de la pucelle chère au cœur des Français.

Selon Bénédicte Baranger, présidente de l’association Orléans Jeanne d’Arc, c’est un clin d’œil de l’Histoire mais cela n’a pas été un critère essentiel dans le choix du jury. Ce comité de sélection, qui réunit une dizaine de personnes issues des trois ordres – religieux (l’évêque et l’aumônier de l’association, aussi recteur de la cathédrale), militaire (le délégué militaire départemental et le chef de corps du 12e régiment de cuirassier) et civil (notamment d’anciennes Jeanne) -, vérifie tout d’abord trois conditions : la jeune fille doit habiter depuis au moins dix ans Orléans ou les communes limitrophes, être catholique pratiquante, être scolarisée à Orléans et donner du temps pour les autres (scoutisme, associations caritatives, soutien scolaire de jeunes…). Les candidates sont ensuite auditionnées. Contrairement à d’autres villes où Jeanne est également fêtée, les seuls talents de cavalière ne suffisent pas pour qui veut la figurer. À Orléans, ce sont d’autres qualités qui sont recherchées et le régiment de cavalerie d’Olivet se charge même de former en accéléré les lauréates néophytes en matière d’équitation.

Scolarisée en seconde au lycée catholique Sainte-Croix (!), Clotilde Forgeot d’Arc, que son prénom place aussi sous le patronage d’une autre grande sainte liant indissolublement christianisme et destin de la patrie, partira dans les prochains jours en pèlerinage. Elle s’imprègnera ainsi, étape après étape, de celle qu’elle aura le grand honneur et la lourde charge de représenter : Domrémy, Vaucouleurs, Reims, Compiègne… et Rouen. De l’avis de Bénédicte Baranger, qui fut jadis Jeanne elle-même, le moment le plus émouvant sera sans doute pour elle celui de la remise de l’épée, vécue, année après année, par chacune de ces toutes filles comme un engagement. Pour Charlotte d’Ornellas – Jeanne 2002 -, la « signification » particulière que revêt pour chacun le nom de Clotilde « dit bien ce que sont restées les fêtes à travers les siècles ». « Je suis très jalouse ! » rajoute, dans un rire, la jeune journaliste que l’on sait si attachée à Jeanne d’Arc. « J’aurais tellement aimé porter le même ! »

Cela fait près de six siècles que ces ont lieu, les seules interruptions – neuf au total – n’ont été causées que par des guerres. Et depuis 1945, il y a toujours eu immanquablement une petite Jeanne à cheval pour entrer dans la ville acclamée par la foule… sauf ces deux dernières années, la sanitaire ayant décidément éradiqué toutes les fêtes populaires, y compris les plus chargées, comme celles-ci, de sens et d’espérance. Était-ce bien raisonnable en une période si insensée et pessimiste ?

Il était temps que la pucelle d’Orléans remonte en selle, et après cette interruption, la filiation de Clotilde Forgeot d’Arc sonne comme un trait d’union symbolique, un retour aux sources, un enracinement, une transmission. Du 29 avril au 8 mai prochain, comme dans l’hymne célèbre, les fanfares triomphales sonneront, les cloches des cathédrales s’ébranleront comme au grand jour et la France tout entière (ou presque) saluera la bannière de la Pucelle d’Orléans.

Gabrielle Cluzel

 Directrice de la rédaction de Boulevard Voltaire
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( 27 janvier, 2022 )

Macron est-il sincère ou intéressé quand il rend hommage aux pieds-noirs ?

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Emmanuel Macron vient de recevoir, ce mercredi 26 janvier, des représentants de « la grande famille des rapatriés d’Algérie », selon l’expression d’un de ses conseillers. L’Élysée avait auparavant souligné que son objectif était de « construire à terme une mémoire apaisée, partagée, commune à tout ce qu’ont été jusque-là les mémoires liées à la guerre d’Algérie et à la colonisation ». À entendre son discours, il s’agissait plutôt de se transformer en grand rassembleur des Français et de récolter des voix qui lui font défaut.

Si l’on n’a pas la mémoire courte, on se rappelle qu’en 2017, juste avant l’élection, l’ancien ministre de François Hollande avait déclaré, sur une chaîne de algérienne, que la colonisation représentait pour lui un « crime contre l’humanité », une « vraie barbarie ». Devenu Président, il a choisi l’historien militant Benjamin Stora pour rédiger un rapport sur les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie et a rendu hommage à des complices du FLN. Il faisait ainsi plaisir à l’aile gauche de sa majorité. Aujourd’hui, il fait plutôt des appels du pied à la droite.

Dans son discours, le chef de l’État dit vouloir témoigner « l’attachement de la France aux rapatriés et à leurs familles ». Il évoque notamment la fusillade de la rue d’Isly, le 26 mars 1962, « impardonnable pour la République », où des dizaines de partisans de l’Algérie française trouvèrent la mort. La vérité n’a toujours pas été établie sur les circonstances de ce massacre où des soldats du 4e régiment de tirailleurs, non formés au maintien de l’ordre, ouvrirent le feu, sans sommation, sur une foule pacifique et désarmée, pendant près d’un quart d’heure, malgré les cris répétés de « Halte au feu ! » On relèvera officiellement plus de cinquante morts, dont deux fillettes de dix ans, et deux cents blessés.

Il y a quelque indécence à utiliser, par électoralisme, une telle tragédie pour chercher à apparaître, aux yeux des Français, comme un arbitre impartial de l’Histoire, alors que ses multiples déclarations antérieures ont montré où se portait sa sympathie. Il ne suffit pas de distribuer alternativement les bons et mauvais points des deux côtés pour en donner une vision objective : la stratégie du « en même temps » a ses limites. À sa décharge, les Présidents qui l’ont précédé, de ou de gauche, ont également cherché à séduire, avant les élections, ces rapatriés et leurs familles, se souvenant soudain de leur existence.

Rappelons aux plus jeunes, qui ne l’apprennent pas dans leurs manuels scolaires, que le soir même du 26 mars, s’exprimant à la télévision, le général de Gaulle n’eut pas un mot pour les victimes. Les hommes et femmes politiques de tous bords, qui se réfèrent à cette figure historique, évitent, pour la plupart, d’évoquer ses facettes noires, et notamment la façon dont il s’est débarrassé de l’Algérie, qui était une terre française. Sans doute, en comparaison de Macron, a-t-il la carrure d’un homme d’État, mais s’il a montré la voie de la résistance, s’il était soucieux de l’indépendance et de la grandeur de la France, il est loin d’être le personnage mythique qu’on en a fait.

Il n’est pas glorieux pour le Président en exercice d’instrumentaliser à son profit la douleur des rapatriés qui ont subi ces événements. Ni de prétendre conduire les Français sur le chemin de la « réconciliation » quand, pendant tout son mandat, il les a divisés. Les pieds-noirs et tous ceux qui aiment la France avaient déjà de bonnes raisons de ne pas voter pour lui. Ce n’est pas ce discours, dont on peut douter de la sincérité, qui les fera changer d’avis.

Philippe Kerlouan

 Écrivain
( 27 janvier, 2022 )

ATTITUDE BIPOLAIRE AUTOUR DE LA FUTURE « INVASION DE L’UKRAINE PAR LA RUSSIE »

 

Lu sur « actionfrancaise.net »

 

ENTRE HYSTÉRIE OCCIDENTALE ET CALME APPARENT À KIEV

En réalité nous assistons à deux phénomènes concomitants qui ne sont certainement pas, d’un point de vue géostratégique le seul fait du hasard. La finalisation du contrat Norstream 2 qui amorcerait le déclin de l’influence états-unienne en Europe au profit de la Russie, et le durcissement militaire du gouvernement de Kiev dans le Donbass.

L’agitation autour de l’hypothétique invasion de l’Ukraine par Poutine, vient de la menace que représente l’accumulation sur la frontière de de plus de cent mille soldats, pour répondre à la mobilisation militaire et aux infractions multiples aux accords de Minsk de l’armée ukrainienne. C’est l’occasion pour les USA à travers l’OTAN de faire monter la pression et de torpiller le projet Norstream 2 à son profit.  Le sens pratique des Anglo-Saxons pour s’imposer ne s’est jamais embarrassé du moindre scrupule pour agir avec cynisme, quitte à provoquer une guerre, pourvue qu’elle ait lieu ailleurs qu’en Amérique et loin des dommages collatéraux. Les Européens apprécieront.

Alors que de plus en plus de pays commencent à évacuer leur personnel diplomatique et leurs familles hors d’Ukraine, entretenant l’hystérie autour de la menace d’une invasion (imaginaire) du pays par la Russie, les autorités ukrainiennes appellent à garder son calme en disant que rien n’indique qu’un tel scénario soit imminent. Cette attitude radicalement différente entre Kiev et ses patrons occidentaux a de quoi surprendre, et amène à se poser la question suivante : l’invasion de l’Ukraine par la Russie n’est-elle qu’un conte de fées inventé par l’Occident, ou Kiev joue-t-elle un mauvais remake de la célèbre chanson « Tout va très bien Madame la Marquise » ?

Après les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie, c’est au tour du Canada, des Pays-Bas et de l’Allemagne de proposer aux familles de leurs diplomates de quitter l’Ukraine s’ils le souhaitent, et de recommander à leurs ressortissants de ne pas s’y rendre. Même son de cloche du côté du Japon, qui a aussi recommandé à ses ressortissants de quitter le pays « tant qu’il y a des vols commerciaux », et envisage leur évacuation. La France, de son côté appelle juste ses ressortissants à éviter de se rendre en Ukraine, sauf voyage absolument indispensable.

Dans le même temps, la compagnie aérienne Lufthansa a changé les horaires de ses vols vers l’Ukraine, officiellement pour des raisons opérationnelles, et d’après les médias ukrainiens, ce serait pour éviter que son personnel de bord soit obligé de dormir sur place (avec le risque de se retrouver coincé là-bas en cas d’escalade brutale de la situation).

Face à ces réactions en chaîne des pays occidentaux, le discours appelant au calme et disant qu’il n’y a pas d’invasion imminente de l’Ukraine par la Russie, tenu hier soir par les autorités ukrainiennes, a de quoi provoquer une dissonance cognitive.

En effet, hier, 24 janvier 2022, le Président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a convoqué une réunion extraordinaire du Conseil de Sécurité Nationale et de Défense de l’Ukraine, à l’issue de laquelle beaucoup s’attendaient à des déclarations importantes.

Mais au lieu de cela, à l’issue de la réunion, le ministre ukrainien de la Défense, Alexeï Reznikov a appelé à ne pas paniquer, et a déclaré que les informations dont disposent les autorités ukrainiennes n’indiquent pas que la Russie prépare une invasion de l’Ukraine dans un avenir immédiat.

« Je n’accorde pas une grande importance à un tel scénario. Nos forces armées, notre commandement et notre état-major ont toutes les options en main et savent comment agir. À ce jour, les éléments factuels observés par nos services de renseignement et ceux des pays partenaires (suggèrent) qu’aucune force de frappe n’a été créée par la fédération de Russie indiquant qu’elle lancera une offensive demain. Il n’y a pas de telle menace. Je vous demande donc de ne pas semer la panique », a‑t-il déclaré.

Face à cette déclaration qui se veut rassurante, beaucoup de commentateurs se sont demandé pourquoi Zelensky a réuni en urgence le Conseil de Sécurité Nationale et de Défense de l’Ukraine, si « tout va très bien Madame la Marquise ».

La réponse est peut-être à chercher dans la déclaration qu’a faite le Premier-ministre ukrainien, Denis Chmygal, à l’issue de cette même réunion.

« Le message clé est de ne pas paniquer, de ne pas faire d’accusations infondées. Il est très important aujourd’hui, du point de vue de l’économie, de rester calme, d’être fermement engagé dans notre travail », a‑t-il déclaré.

Ces deux déclarations appelant à ne pas paniquer, alors que la semaine dernière, le ministère ukrainien de la Culture a commencé à distribuer dans les entreprises de Kiev des brochures contenant des instructions à suivre en cas de guerre, et que l’armée ukrainienne accumule dans le Donbass tout ce qu’il lui faut pour une offensive, sonnent quelque peu faux.

Les autorités ukrainiennes ont beau avoir opéré un nouveau revirement de rhétorique, en retirant le projet de loi controversé sur la période de transition (qui viole totalement les accords de Minsk, voir mon article de 2021 à ce sujet), en se disant prêtes à négocier (de Reznikov qui se dit prêt à discuter avec Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense, à la Ukraine avant de se raviser), ou en jurant leurs grands dieux que Kiev ne va attaquer personne, la réalité sur le terrain raconte une toute autre histoire.

En effet, confirmant les informations fournies récemment par la milice populaire de la RPD (République Populaire de Donetsk)l’agence de presse du ministère ukrainien de la Défense, ArmyInform, a annoncé que des instructeurs britanniques entraînent les soldats ukrainiens au maniement des lance-roquettes antichars NLAW, que Londres a livrés il y a peu en grandes quantités à l’Ukraine.

Ce sont aussi des instructeurs britanniques qui ont formé les cinq groupes de sabotage-reconnaissance ukrainiens qui viennent d’arriver en région de Lissitchansk, face à la RPL (République Populaire de Lougansk). D’après les informations de la milice populaire de la RPL, ces groupes ont pour mission de mener des actes de sabotage sur des infrastructures civiles vitales, dont la station d’épuration ouest, qui fournit une partie de l’eau potable de la République.

Et le déploiement des soldats ukrainiens se fait parfois aux dépens de la population civile, comme dans le village de Lopaskino, où les soldats de la 79e brigade des Forces Armées Ukrainiennes (FAU) ont expulsé les habitants de la rue Karl Marx de leurs maisons pour y installer le personnel du 3e bataillon.

La milice populaire de la RPL a aussi signalé une forte augmentation des communications radios sur les fréquences des FAU, que Kiev est en train de préparer des places supplémentaires dans les hôpitaux militaires pour recevoir les malades et les blessés, et que deux fours crématoires mobiles ont été repérés à Kramatorsk.

Dans le même temps, Kiev crée et entraîne des unités de défense territoriale, et il n’y a pas que dans le Donbass que l’armée ukrainienne accumule troupes et équipement. Ainsi, le chef du parlement de Crimée, Vladimir Konstantinov, a déclaré que l’armée ukrainienne a intensifié ses activités près de la frontière avec la péninsule.

« Les soldats ukrainiens ont essaimé sur les zones les plus proches de la Crimée, et le comédien jouant le rôle du président affirme qu’ils « n’oublieront pas » notre péninsule. Cela signifie que nous devons nous préparer à une nouvelle manifestation « d’amour » ukrainien à notre égard », a‑t-il déclaré lors d’une réunion du présidium du Parlement.

Si l’Ukraine semble continuer ses préparatifs pour une offensive dans le Donbass (voire une provocation contre la Crimée), pourquoi alors faire croire que tout va bien ? Premièrement, pour écarter d’elle l’accusation d’avoir provoqué l’escalade et la reprise du conflit, en faisant croire qu’elle n’a pas de plans belliqueux, et qu’elle n’est que la victime de la méchante Russie.

Deuxièmement, parce que l’hystérie occidentale a des effets délétères sur l’économie ukrainienne, comme l’a révélé le lapsus du Premier-ministre Ukrainien. Les annonces de départ des familles des diplomates et de début d’évacuation du personnel de certaines ambassades occidentales, ont fait chuter la hryvnia, rendu les investisseurs nerveux, fait baisser la valeur boursière des grandes compagnies ukrainiennes, et poussé les étrangers à revendre leurs biens immobiliers en Ukraine.

De plus, qui irait prêter de l’argent à un pays sur le point d’être envahi ? Personne. Résultat l’Ukraine pourrait avoir du mal à obtenir de nouveaux prêts pour rembourser les échéances des précédents, et risque le défaut de paiement.

Voilà pourquoi l’Ukraine essaye de calmer le jeu publiquement : pour stopper les pertes financières que subit le pays, alors qu’aucune action militaire n’a encore été menée dans un sens ou dans l’autre. Il est d’ailleurs possible que ces pertes financières dues à l’hystérie médiatique occidentale soient un moyen (créé délibérément par Washington) pour obliger Zelensky à lancer son pays dans une guerre dont il sait qu’il sortira perdant.

Le Président ukrainien est désormais coincé entre Charybde et Scylla. Entre le défaut de paiement et l’effondrement total du pays, ou la reprise de la guerre dans le Donbass, la défaite de son armée, et potentiellement la perte de nouveaux territoires. Deux options qui lui vaudront l’inimitié du peuple ukrainien.

Il reste à voir si une troisième option se dégagera (par miracle) de la réunion qui doit avoir lieu demain à Paris entre les conseillers politiques du Format Normandie.

Christelle Néant (Donbass Insider)
( 26 janvier, 2022 )

Réunion 28 Janvier 2022

 

 

 

L’Association HISTOIRE ET CULTURE

LA LIBRAIRIE DES 2 CITES

Vous invitent à  une

Réunion

Avec

François GUILLAUME

Ancien Président de la FNSEA

Ancien ministre de l’agriculture

Ancien député

Qui nous présentera son livre :

LES DIX COMMANDEMENTS

DE L’HOMME POLITIQUE

 

VENDREDI 28 JANVIER 2022

 

Librairie des 2 Cités

6 Grande Rue à Nancy

17 h 19 h : vente et dédicace du livre

19 h : présentation du livre par François Guillaume suivie d’un débat autour d’un verre avec l’auteur

 

( 25 janvier, 2022 )

La loi Veil est comme un rhizome qu’il faut combattre

 

 

Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune a pris la parole lors de la Marche pour la vie, dimanche 16 janvier 2022.

Voici le texte de son intervention

 

« Vous connaissez la boite de Pandore d’où s’échappent tous les maux de l’humanité et qu’il est trop tard pour refermer ? A chaque nouvelle transgression, on dit que la boite de Pandore est ouverte. Or, je ne crois pas que la loi Gaillot soit une boite de Pandore.

D’abord parce qu’il n’y a pas de différence de nature entre l’avortement à 14, 12 ou 10 semaines. Ce n’est pas plus grave moralement d’avorter à 14 semaines. A ce propos on rappellera que l’avortement est toujours possible jusqu’à 9 mois, pour les enfants handicapés, grâce à la loi Veil dont certains s’obstinent à saluer l’équilibre et la sagesse alors qu’elle entraîne deux fois plus d’avortements qu’en Allemagne ou en Italie.

Mais surtout, il faut se souvenir qu’au fond de la boite de Pandore d’où se sont échappés tous les maux de l’humanité, il restait l’espérance. Je risque donc de vous surprendre en vous montrant qu’au fond de la loi Gaillot, il y a des motifs d’espérance. Pour trois raisons, une qui tient au message, l’autre aux destinataires et la troisième à l’intention véritable du texte.

Pour la première fois, la promotion de l’avortement est associée à une vision d’horreur et de dégoût. En effet, parler d’avortement à 14 semaines, c’est admettre – et donc visualiser – la nécessité d’écraser la tête du bébé et de le démembrer. Ce n’est pas nous qui le disons, ce sont les promoteurs eux-mêmes de l’avortement qui disent que cela les dégoûtent. Cela fait près d’un demi-siècle qu’on nous enjoint de ne pas décrire l’avortement comme une horreur pour ne pas exercer de chantage sur les femmes ni les culpabiliser. Mais aujourd’hui, ce sont nos adversaires qui nous donnent matière à illustration. Ils nous fournissent le texte et l’image, le poids des mots interdits et le choc des photos censurées. En bref, les idéologues viennent sur le terrain du réel, sur notre terrain, et là ils vont prendre cher ! Au fond, ils avouent qu’avorter c’est tuer, ce qui est déjà un bon début.

Ensuite, n’oublions pas que ce texte sur l’allongement à 14 semaines a été récusé par tous les professionnels de santé : l’ordre des médecins, l’académie de médecine, le syndicat national des gynécologues obstétriciens et le collège national des gynécologues et obstétriciens français se sont exprimés contre le texte. C’est la première fois qu’on trouve une forme d’unanimité contre une forme d’avortement, en dehors de chez nous ! C’est aussi très prometteur parce que cette méthode qui consiste à se moquer des gens, « à emmerder les Français », en l’occurrence les médecins, va avoir une conséquence. On va assister à un effet d’éviction, comme en Italie où 70 % des médecins ont progressivement déserté la pratique de l’avortement. Au passage, on notera à quel point l’avortement n’est pas un acte médical ni un soin parce qu’on n’a jamais eu besoin de forcer les médecins à faire de la médecine ! Alors qu’on a besoin de leur forcer la main pour pratiquer cet acte contraire à toute la tradition médicale depuis Hippocrate, il y a 2 400 ans…

C’est justement pour cela que la proposition de loi Gaillot a prévu la création d’un répertoire des « bons médecins » prêts à procurer l’avortement à 14 semaines. Cela signifie en creux que les réfractaires seront fichés comme de « mauvais médecins ». Décidemment, c’est devenu une habitude de ficher les gens, les anti-ceci, les anti-cela, les gentils et les méchants, les citoyens et ceux qui ne méritent pas de l’être, ceux qui ont leur place dans le camp du bien et les autres. Ficher les gens est devenu un mode de gouvernement. Mais j’ai l’impression que les Français en sont lassés comme ils sont lassés de la confusion entre le sanitaire et le sécuritaire. Les médecins qui refusent l’avortement sont-ils des terroristes, des citoyens de seconde zone ? Faudra-t-il leur enlever l’autorisation d’exercer ? L’idée de ce fichier ne fonctionnera pas parce que ce n’est l’intérêt de personne d’y figurer, sauf pour le pouvoir politique de pouvoir compter les soutiens du « progrès sociétal ». Car tel est bien l’unique objet de cette loi qui est un marqueur politique : cliver pour ratisser à gauche en vue de l’échéance présidentielle.

Pour conclure, Mme Gaillot et son texte retourneront à un anonymat qu’ils n’auraient jamais dû quitter. Seule restera la loi Veil, toujours inachevée, sans cesse parachevée. La loi Veil est comme un rhizome, cette ramification de racines souterraines qui poussent partout de nouveaux bourgeons qu’il est inefficace de couper parce qu’ils repoussent inévitablement. C’est bien ce système racinaire qu’il faut combattre. La loi Gaillot aura été l’occasion d’avancer quelques pions : oui l’avortement tue, nous ne sommes plus les seuls à le dire, et cette extension du délai a été imposée aux médecins qui n’en voulaient pas. Ceci constitue des premiers pas nécessaires et porteurs d’espoir.  »

( 25 janvier, 2022 )

La Russie antirévolutionnaire ou la Guerre Froide en miroir inversé

 

Lu sur « actionfrancaise.net »

 

Le discours de Vladimir Poutine, devant le club Valdaï en octobre dernier, a été peu commenté en Occident. Ce « think tank » russe défend une vision multipolaire du monde face à l’hégémonie américaine. Étrange silence car il marque une étape majeure dans l’effort russe de retrouver une place centrale dans les affaires du monde en déclinant un nouveau manifeste idéologique. Conseiller en politique internationale pour le Kremlin, Sergey Karaganov affirme que la Russie a passé le cap où son peuple n’est plus obnubilé par la satisfaction de besoins matériels fondamentaux. Le roman national doit reprendre ses droits pour retrouver la même aura que pendant l’époque soviétique. Comme le communisme a failli, il devient essentiel de redéfinir l’idéologie russe en opposition à l’ouest libéral. Pour sa part, Anna Mahjar-Barducci, qui dirige les études russes pour l’Observatoire du Moyen-Orient, a commenté le discours présidentiel et le décryptage du conseiller Karaganov

Un « conservatisme optimiste »

L’Occident, après avoir dominé le monde pendant 500 ans, est sur le déclin. Toute puissance a besoin de valeurs chevillées à son corps idéologique pour mouler le monde à son image. Si elles sont perdues, les empires s’effacent. C’est ce qui est arrivé à Rome et à l’Espagne au XVIIème siècle. Et c’est ce qui a perdu l’Union Soviétique quand l’idée communiste s’est révélée fausse, ajoute Karaganov. Les nations européennes ont camouflé leur endormissement en adoptant ces 50 dernières années une idéologie européiste qui est en train de s’écrouler… La nouvelle idéologie progressiste est, selon Poutine, une fuite en avant de l’Ouest qui souligne la perte de ses valeurs. Non seulement la Russie refuse toute influence progressiste chez elle, mais il est temps – poursuit-il – de devenir le phare conservateur dans le monde. Le Kremlin s’appuie sur les travaux du philosophe anti-libéral Alexander Dugin qui appelle de ses vœux la « 4ème théorie politique ». Le XXème siècle a connu les 3 premières : le libéralisme, puis le communisme et enfin le fascisme. L’alliance entre les libéraux et les communistes a contribué à éteindre le fascisme rapidement. Avec la chute de l’URSS en 1991, le libéralisme est devenu la seule théorie en place, imprégnant la structure idéologique de pays se revendiquant communistes comme la Chine. Selon Dugin, le libéralisme décadent montre son vrai visage totalitaire : derrière les valeurs placardées de « liberté », « d’égalité », se cache la volonté de confisquer le pouvoir. Puisque ni le communisme ni le fascisme ne sont des alternatives viables, la Russie doit être le héraut d’une nouvelle théorie politique. « Il faut réhabiliter la tradition » : c’est la première étape préconisée par ceux qui murmurent à l’oreille de Poutine. Le discours de Poutine affirme que le libéralisme n’est pas « la fin de l’histoire », et il dénonce aussi les similarités entre le libéralisme progressiste et le communisme. Si l’autocrate pragmatique a su utiliser les symboles staliniens pour glorifier le roman national, il veut aujourd’hui montrer que la page communiste est tournée.

La dénonciation des « nouveaux Bolchéviques »

Vladimir Poutine décrit par le menu en quoi, selon lui, le progressisme occidental est un retour au communisme. Les avocats du « progrès social » veulent faire passer l’humanité à un stade de « conscience » plus élevé (le « wokisme »). Les Russes ont connu la même chose avec les Bolchéviques ! Eux aussi voulaient rebâtir un monde en réécrivant l’histoire, en cherchant à détruire toutes les traditions de la société russe. Et ils ont imposé un régime qui réprimait férocement toute opposition. C’est ce qui attend l’Occident, prévient-il, si le combat pour « l’égalité et contre la discrimination » permet à une minorité d’imposer des politiques absurdes. Car le seul moyen de les mettre en place est d’exercer une autorité tyrannique. Les idéologues d’Hollywood vont encore plus loin que les propagandistes du Comité Central du Parti Communiste ! dénonce-t-il… Le débat sur les droits des femmes est un exemple : n’essayez pas d’imiter les Bolchéviques ! Les « droits » accordés aux femmes soviétiques n’étaient qu’une étape : il s’agissait de les transformer en sujets soumis et disponibles comme le bétail des kolkhozes. Même la « théorie du genre » n’est pas nouvelle : la révolution culturelle des années 20 allait dans cette direction en inventant des termes nouveaux pour changer le mode de pensée.

Conclusion

Pour Poutine, le monde a plus que jamais besoin d’un axe conservateur raisonnable mais fort. C’est son ambition affichée de devenir le champion des conservateurs en Occident. Une guerre froide en miroir inversé, avec l’Ouest devenant le bloc révolutionnaire. Stratégiquement, cela permet d’attirer les pays conservateurs d’Europe de l’Est – et d’éteindre leur méfiance face à « l’ogre » russe. Ce nouvel axe idéologique replace aussi la Russie face à la Chine : 30 ans après la chute de l’URSS, il n’y aura pas de retour au communisme en Russie.

Ludovic Lavaucelle
( 24 janvier, 2022 )

Biden en échec

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Les affaires de Joe Biden vont mal. Ce président élu dans les conditions douteuses que l’on connaît fut célébré avec enthousiasme par le monde de la bien-pensance. Enfin la parenthèse Trump était terminée et le valeureux démocrate allait réconcilier l’Amérique qui pourrait de nouveau jouer son rôle impérial. Las, un an après, même la presse américaine qui le soutint tant doit reconnaître que le mandat est bien mal engagé.

Tout n’avait pas si mal commencé, pourtant, avec le vote, en mars 2021, de l’American Rescue Plan (1.900 milliards de dollars) destiné à relancer l’activité économique. Puis, en novembre, celui du plan de modernisation des infrastructures pour 1.200 milliards de dollars. Dans le même temps, le était descendu à moins de 4 % de la population active.

Mais Trump, de son côté, ne resta pas inactif. Il consolida son emprise sur le parti républicain et régla ses comptes avec ceux qui l’ont lâché. Le cas de Liz Cheney est le plus emblématique. Elle fit partie des dix républicains de la Chambre des représentants qui approuvèrent la mise en accusation de Trump après l’assaut du Capitole. Son vote sera justifié par un propos très violent : « Il n’y a jamais eu de plus grande trahison par un président des États-Unis de sa fonction et de son serment à la Constitution. »

La bataille fut rude car Liz Cheney n’était pas n’importe qui. Fille de Dick Cheney, l’ancien vice-président de George Bush et figure emblématique des néo-conservateurs américains, elle jouit d’une belle notoriété et a été réélue dans le Wyoming avec 67 % des voix.

La tornade Trump finit par avoir raison des réticences et Liz Cheney perdit sa place de numéro trois du groupe républicain à la Chambre. Elle aura en prime un adversaire investi par le parti républicain lors du renouvellement de son mandat à la fin de l’année.

C’est alors que les mauvaises nouvelles s’accumulèrent pour Biden. L’inflation fit son apparition à un niveau inédit depuis quarante ans (6,8 % pour 2021). Ajoutée à la flambée du prix de l’énergie, c’est le pouvoir d’achat des Américains qui baisse, contrairement aux années précédentes. Le Covid, qu’il devait « écraser », se porte très bien et tue davantage que sous Trump. On peut, d’ailleurs, souligner que la chaîne CNN, si engagée contre Trump, a retiré de son écran le décompte macabre des morts du virus. Il est toujours distrayant d’observer le comportement des médias donneurs permanents de leçons de morale.

Par ailleurs, sa majorité est infime, notamment au Sénat. Or, deux sénateurs démocrates, Joe Manchin et Kyrsten Sinema, font régulièrement défaut à la majorité démocrate, empêchant l’adoption de plusieurs projets.

Toutes les promesses de Biden sur de grandes lois concernant l’immigration, le climat ou le système électoral sont ainsi en panne et le vieil homme donne l’impression d’être désemparé. Les démocrates sont d’autant plus inquiets que la vice-présidente Kamala Harris, symbole de diversité radieuse pour le camp progressiste, est elle aussi décevante et apparaît de moins en moins comme une candidate naturelle dans trois ans.

En extérieure, la situation n’est guère plus réjouissante et l’« America is back again » de la campagne est devenu d’une triste ironie face aux images de la lamentable retraite d’ de l’été dernier. Mille milliards de dollars dépensés pour offrir le pouvoir à des islamistes sanguinaires, voilà un constat que beaucoup d’Américains n’ont pas digéré.

Dans ce contexte difficile, les élections de mi-mandat qui auront lieu à la fin de l’année suscitent l’inquiétude du camp démocrate, qui craint de perdre la majorité dans les deux Chambres. Ce serait la paralysie pour Biden et l’effervescence chez les républicains qui seront confrontés à un choix cornélien pour savoir qui investir en 2024.

y pense tous les jours.

Antoine de Lacoste

( 23 janvier, 2022 )

Editorial du n° 376 de LA LORRAINE ROYALISTE

 

 

Macron : Un anti Français à tendance dictatoriale

 

Comme toujours en ces périodes électorales mais peut-être encore plus cette fois, nous ressentons une désagréable impression de guerre civile. Il est vrai que c’est le propre de la république de diviser les Français. Constatons aussi que les enjeux sont importants car la France ne cesse de s’enfoncer, de se diluer jusqu’à disparaître, ce que veulent nombre de nos politiques, celui qui occupe actuellement la place de président en premier.  Mais pour l’heure, il songe qu’à sa réélection (en fait depuis 2017), et fait de la « tactique électorale » bien qu’officiellement « non candidat ». Ainsi, il parle, parle, parle… sur tous les sujets, même ceux qu’il ne connaît visiblement pas comme la science et la ou les religions, il ne sait pas trop…  Remarquons cependant que de moins en moins de Français ne l’écoute…

Il parle essentiellement pour essayer de se justifier, se « glorifier » en particulier de sa politique économique. D’après lui, nous serons en pleine progression. Pourtant, à cause de sa politique, nous avons perdu 7,9 % de notre Produit Intérieur Brut (P.I.B.) en 2020 et regagné 6 % environ en 2021, ce qui fait que nous sommes encore largement inférieurs au niveau de 2019 et il n’est pas sur que 2022 permette de le rattraper ! A noter que, dans le monde, la perte moyenne en 2020 est de 3,3 % !  Et beaucoup de pays ont déjà rattrapés voire dépassés le niveau de 2019 ! Or tous ont été touchés par la crise dite du « Covid », mais n’ont pas tous – loin de là – réagit de la même manière. Il n’y a donc pas de quoi se vanter. Par ailleurs, toute cette politique s’est faite par le recours au crédit, crédit que nous aurons beaucoup de mal à rembourser surtout si les taux d’intérêts se mettent à augmenter, ce qui est probable. A noter que Macron se félicite de l’emprunt européen alors qu’il est catastrophique pour la France qui devra rendre plus que ce qu’elle a emprunté au nom de la « solidarité européenne », ce qui est rarement signalé.

Dans ses discours, quand il parle de « réindustrialisassions », « d’indépendance », de « frontières », mais  il ne les voit que dans le cadre « européen », la France a disparu pour lui ! Pour preuve, notons ce scandaleux remplacement sur l’Arc de Triomphe à Paris le drapeau Français par le pseudo drapeau européen.

En fait, pour Macron, la France est trop petite pour lui. Elle n’est qu’une petite province d’une Europe supra nationale dont il espère sans doute devenir un jour le vrai président, pas comme la « présidence tournante » qu’il a inauguré le 1er janvier et qui ne représente rien même s’il veut en jouer sur le plan électoral français. Et ce n’est qu’une étape, sans doute se voit-il, dans son orgueil démesuré, un destin « mondial » ! C’est sans doute la raison pour laquelle il a transformé les cartes d’identité en les faisant bilingue français/anglais. C’est là une marque de la soumission qu’il veut imposer à la France à l’impérialisme américain que refuse par ailleurs la majorité des pays du monde !

Mais, pour cela, il faut au minimum qu’il soit réélu président cette année en France. En dehors de l’économie, il joue sur la crise sanitaire qu’il exagère beaucoup – surtout aujourd’hui – pour instiller la peur chez les Français. Cette peur qui fait tout accepter – du moins apparemment et superficiellement (1) -, y compris les mesures les plus stupides comme le « passe vaccinal » qui n’empêchera nullement la propagation du nouveau variant. Faut-il d’ailleurs l’empêcher ? Beaucoup de spécialistes – souvent favorables aux mesures précédentes – considèrent que l’on doit laisser se propager ce nouveau variant, beaucoup moins dangereux pour arriver plus facilement à une immunité. La peur qui, pense-t-il, poussera beaucoup de personnes à voter pour lui ! L’expérience montre que la peur pousse à soutenir généralement le pouvoir en place, quel qu’il soit. Mais il va encore plus loin dans son désir de faire croire qu’il protège la majorité de la population : outre les insultes ordurières, coutumières chez lui, il va jusqu’à dénier le titre de « citoyen » à ceux qui ne sont pas vacciner pour une raison ou une autre (il n’y a pas que ceux qui le refusent !). Ceci rappelle étrangement les « heures les plus sombres de notre Histoire », je veux dire l’époque de la terreur révolutionnaire lorsque Robespierre et ses amis considéraient leurs adversaires comme des « non citoyens », donc des personnes à abattre au sens stricte du terme jusqu’au génocide vendéen, entre autres. Nous n’en sommes pas encore là mais la tendance est la même !

Anti français à tendance dictatorial, tel pourrait être la définition du président Macron. Il faut l’empêcher de nuire et la meilleure façon est qu’il ne soit pas réélu. Un autre chef d’Etat ferait-il mieux ? Rien n’est moins sur. Depuis le début de la cinquième république – pour ne pas remonter plus loin – nous allons de mal en pis. Cette campagne montre cependant un espoir : une jeunesse nombreuse et déterminée se lève pour dénoncer la destruction programmée de notre pays et veut relever la France. Majoritairement, elle semble se diriger vers un soutien à Eric Zemmour (mais pas uniquement). Ces jeunes – mais aussi de « moins jeunes » – ont le défaut de croire encore possible « une bonne république ». L’histoire nous montre que cet espoir est vain même si, ponctuellement, nous pouvons ralentir le déclin. Aussi, il convient de leur montrer, avec en particulier cette jeunesse royaliste elle aussi en pleine expansion, le chemin du redressement national qui ne pourra de faire à terme qu’avec notre Roi Jean comme chef de l’Etat.

En attendant, je vous souhaite à tous une très bonne année militante.

Philippe SCHNEIDER

(1) Beaucoup de Français, la plupart du temps vaccinés, n’acceptent pas toutes ces obligations.

( 23 janvier, 2022 )

Réflexions sur les présidentielles

Lu sur « lafautearousseau »

Après le grand succès de sa réunion publique à Villepinte (15.000 personnes, alors que, deux heures avant, Mélenchon en réunissait à peine 3.000), Zemmour vient de réussir un nouveau coup d’éclat, avec son triomphe à Cannes : 7.000 personnes dans la salle, 1.000 dehors. Juste avant, à Aubervilliers, donc quasiment « chez elle » et dans une ville de gauche/extrême-gauche depuis des décennies, Anne Hidalgo peinait à en rassembler… 700 !

Mais, plus qu’une affaire de chiffres, c »est l’enthousiasme de la foule qui frappait. On ne peut préjuger de rien, bien sûr, mais on est bien obligé de constater que, malgré ce que nous serinent BFM, France info et autres médias aux ordres de la bien-pensance et du politiquement correct, Zemmour « touche » beaucoup de monde. Et c’est tant mieux, même si, on le sait, nous ne fondons aucun espoir sur les élections, en elles-mêmes, pour résoudre les problèmes du pays : après la Chambre bleue horizon de 1919, il y eut le désastreux Cartel des Gauches… L’opinion est versatile, et manipulable (un peu moins aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, tout de même…) et c’est par un changement de Régime que l’on sauvera cette France que tous, dont Zemmour, disent qu’elle est en danger de mort (par déclassement, remplacement, effacement…) sans jamais nommer la source, la cause de cette disparition programmée que l’on dénonce : la république idéologique.

Cependant, ne vivant pas sur Sirius, et étant bien obligés de nous intéresser à ce qui se passe, même si nous ne souhaitons pas mettre ne serait-ce que le petit doigt dans l’engrenage fatal et fatalement mortifère du Pays légal, nous devons bien commenter ce que nous voyons et entendons. Et il vaut mieux commenter du Zemmour que du Macron ou du Mélenchon…

Même si, bien entendu, notre rôle demeure inchangé : en l’occurrence, dire à Zemmour et à ceux que ses paroles électrisent, qu’il leur reste, et qu’il reste à Zemmour, à « terminer » le parcours intellectuel qui les amène à dénoncer tant de maux qui nous accablent; et qu’ils ne peuvent pas se contenter de présenter des remèdes aux symptômes de la maladie, mais qu’ils doivent traiter la maladie elle-même : le Système…

Sinon, comme à Villepinte, Zemmour a énuméré les mesures excellentes qu’il prendrait, une fois élu; on a apprécié que, cette fois-ci, son séjour n’ait pas été perturbé par les faux antifas/vrais terroristes, et que sa déambulation dans la ville et sur le marché lui ait permis de rencontrer le Pays réel; on a apprécié aussi que, cette fois-ci, il n’ait pas cité Danton-le-sinistre mais plutôt Charette, le grand Charette (il est vrai que Philippe de Villiers était dans la salle…); on a regretté qu’il n’ait pas redit son « et surtout Vive la France ! » (sur – tout), mais bon…

Il est clair que, dans l’ensemble, ce que dit et fait Zemmour dans cette campagne « va dans le bon sens », du moins s’il s’agit d’un premier temps, d’un « essai » dont notre rôle consiste à faire en sorte que les Français comprennent qu’il doit être transformé, et qu’il ne peut l’être que par la révolution royale.

Vaste programme ! Nous nous souhaitons à nous-même bien du plaisir !!!!!

 

( 22 janvier, 2022 )

La population du monde francophone atteint 536 millions d’habitants

 

Lu sur « actionfrancaise.net »

 

Après avoir récemment dépassé l’Union européenne, dans ses anciennes frontières incluant le Royaume-Uni, le monde francophone compte désormais 536 millions d’habitants. Une progression essentiellement due à l’Afrique francophone, dont l’émergence démographique et économique mériterait davantage d’attention de la part des pays francophones du Nord, et notamment de la France dont les aides au développement bénéficient principalement aux pays de l’est de l’Union européenne, au mépris de ses propres intérêts.

En se basant essentiellement sur les statistiques démographiques détaillées publiées en juillet dernier par le PRB (Population Reference Bureau), organisme privé américain et une des références mondiales en matière de démographie, la population du monde francophone, qui avait atteint la barre des 500 millions d’habitants fin 2018, peut être estimée à 536,1 millions au 1er janvier 2022. Soit une hausse de près de 2,3 % sur un an (524,1 millions début 2021), et une population creusant l’écart avec celle de l’ensemble constitué par l’Union européenne et le Royaume-Uni (515 millions).

536 millions d’habitants début 2022

Cette estimation correspond à la population du monde francophone dans sa définition géographique la plus stricte et la plus sérieuse, qui ne tient compte que des pays et territoires réellement francophones, dans lesquels la population est en contact quotidien avec la langue française, et où l’on peut « vivre en français ». Un ensemble qui rassemble 33 pays répartis sur quatre continents, et dans lequel ne sont donc pas comptabilisés les parties non francophones de pays comme la Belgique, la Suisse ou le Canada, tout comme un certain nombre de pays membres à part entière de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), mais ne remplissant pas les critères nécessaires afin de pouvoir être considérés comme francophones (tels que le Liban, la Roumanie ou encore la Guinée-Bissau). Et ce, en vertu du fait que le français n’y est pas, seul ou avec une langue locale partenaire, la langue de l’administration, de l’enseignement pour l’ensemble de la population scolaire (au moins à partir d’un certain âge), des affaires et des médias (ou au moins la langue maternelle de la population, sous sa forme standard ou sous une forme créolisée, un peu comme l’arabe dialectal par rapport à l’arabe standard dans les pays du Maghreb).

Dans ce vaste espace, qui s’étend sur près de 16,3 millions de km2, soit près de quatre fois l’Union européenne tout entière (et auxquels s’ajoutent de vastes zones économiques exclusives maritimes – ZEE, dont celle de la France, seconde plus grande au monde avec ses près de 10,2 millions de km2), les cinq premiers pays francophones sont aujourd’hui la République démocratique du Congo (RDC,  94,1 millions d’habitants), la France (68,2 millions, territoires ultramarins inclus, tous statuts confondus), l’Algérie (45,5), le Maroc (37,1) et Madagascar (28,8). Vient ensuite la Côte d’Ivoire, en sixième position (27,4 millions).

Avec une croissance démographique de 2,3 % en 2021, le monde francophone constitue l’espace linguistique le plus dynamique au monde, devant l’espace arabophone (1,9 %, et 461 millions d’habitants (1)), et avait dépassé en 2012 l’espace hispanophone dont la population est aujourd’hui estimée à 474 millions d’habitants (+ 1,0 %). Cette croissance devrait demeurer supérieure à celle des autres espaces linguistiques, et porter la population de l’ensemble francophone à un peu plus d’un milliard d’habitants en 2060. Le rythme de cette progression est toutefois sur une tendance baissière, principalement du fait de la baisse continue du taux de fécondité en Afrique subsaharienne francophone, qui s’établit désormais à 5,4 enfants par femme contre 7 enfants en 1975 (cette diminution progressive étant encore masquée par les conséquences démographiques de la hausse régulière de l’espérance de vie). Au passage, il convient toutefois de rappeler que l’espace francophone demeure assez largement sous-peuplé, même en tenant compte des territoires désertiques ou recouverts par de denses forêts équatoriales. À titre d’exemple, sa population actuelle est à peu près égale à celle de l’ensemble Union européenne – Royaume-Uni, qui est pourtant réparti sur une superficie près de quatre fois moins étendue. Autre exemple plus précis, la Côte d’Ivoire, pays le plus dynamique économiquement du continent africain, en tenant compte à la fois de ses taux de croissance économique et de son niveau de richesse, ne compte que 27,4 millions d’habitants pour un territoire un tiers plus vaste que celui du Royaume-Uni, dans ses frontières européennes (et non deux ou trois fois plus petit, comme l’indiquent la plupart des cartes géographiques en circulation, terriblement déformantes de la réalité… et des esprits). Ce dernier ayant une population de 67,6 millions d’habitants, la Côte d’Ivoire devrait alors compter non moins de 89,5 millions d’habitants pour être aujourd’hui proportionnellement aussi peuplée.

Par ailleurs, il convient aussi de rappeler que le chiffre de 300 millions de francophones fréquemment avancé par l’OIF ne correspond qu’au nombre de personnes ayant au moins une assez bonne maîtrise de la langue française. Ce chiffre, obtenu, par exemple, en ne comptabilisant que le tiers de la population ivoirienne et le quart de celle du Sénégal, ne traduit donc aucune réalité géopolitique ou économique (la population totale d’un pays ou territoire francophone étant le seul critère à prendre en compte pour évaluer l’importance d’un marché). De même, il est également largement inapproprié d’un point de vue social, pour la simple raison que de nombreuses choses de la vie courante se font en français dans les pays et territoires francophones (médias, internet, administration publique, documents commerciaux et comptables…), où l’ensemble de la population est donc en contact quotidien avec la langue française, y compris dans les zones les plus reculées et dans lesquelles le pourcentage de personnes ayant au moins une assez bonne maîtrise de la langue est moins élevé.

Toute statistique ne tenant pas compte de l’ensemble de la population des pays et territoires francophones, et diffusée à un large public (au-delà, donc, d’un certain nombre de hauts fonctionnaires, notamment au sein de l’Éducation nationale en vue d’aider à l’élaboration des politiques d’enseignement et de scolarisation), n’a donc pour seule et unique conséquence que d’induire en erreur les acteurs et décideurs économiques et politiques, ainsi que l’ensemble de la société civile, en dévalorisant considérablement à leurs yeux le monde francophone et la langue française. Une erreur d’appréciation dont peuvent même être victimes les organismes les plus prestigieux, à l’instar de l’organisme publique France Invest, qui publia en 2019 un Guide sur le capital-investissement destiné à de grandes entreprises (Investir dans la croissance des entreprises en Afrique, octobre 2019) et dans lequel était rédigée la phrase suivante au sujet de l’Afrique francophone, Maghreb inclus : « l’Afrique francophone regroupe 260 millions d’habitants ». Plus grave encore, les données de l’OIF peuvent parfois être utilisées par certaines parties cherchant à dénigrer et attaquer la langue française dans leur pays, en faisant croire qu’elle ne concerne que 300 millions de personnes.

Toute diffusion médiatique des chiffres publiés par l’OIF, sans explication préalable et bien claire du critère utilisé, à savoir le niveau au moins assez bon en langue française, peut donc avoir de gravissimes conséquences économiques et géopolitiques, contraires aux intérêts de l’ensemble des pays et peuples francophones du monde. Il est donc satisfaisant de constater que certains organismes commencent à avoir une meilleure connaissance du monde francophone, à l’instar de la direction du MEDEF (principale organisation patronale française) qui prit officiellement ses distances avec les données de l’OIF lors de la première « Rencontre des entrepreneurs francophones » (REF), organisée en France en août 2021, en utilisant uniquement le chiffre relatif à la population totale de l’espace (soit celui de 512 millions, correspondant à la population début 2020).

Enfin, il convient de rappeler que la connaissance de la langue française dépasse largement les frontières du monde francophone et ses 536 millions d’habitants. En effet, le français est la deuxième langue la plus enseignée au monde, après l’anglais, et il est appris de manière obligatoire dans les établissements d’enseignement primaire et/ou secondaire d’un certain nombre de pays (comme, désormais, dans tous les pays anglophones et lusophones d’Afrique de l’Ouest – du moins théoriquement, faute parfois de moyens, ou encore au Costa Rica), et par la majorité des élèves dans d’autres (notamment dans de nombreux pays européens, ou encore au Liban). Ce sont donc quelques centaines de millions de personnes supplémentaires, à travers le monde, qui ont au moins quelques notions en langue française (chiffre en constante hausse et que l’on peut aujourd’hui estimer à plus de 300 millions, toutes générations confondues).

L’émergence démographique et économique de l’Afrique francophone

La progression démographique du monde francophone résulte essentiellement du dynamisme de l’Afrique francophone, qui croît actuellement à un rythme annuel de 2,7 % (3,1 % pour sa partie subsaharienne). Ce vaste ensemble de 25 pays rassemble désormais 441 millions d’habitants (ou 82,3 % de la population de l’espace francophone) contre seulement 74 millions en 1950, soit à peu près autant que l’Allemagne seule, à ce moment-là (69,5 millions). Cette même année, la population du monde francophone était d’ailleurs estimée à seulement 128 millions d’habitants, soit quatre fois moins qu’aujourd’hui.

Ce dynamisme de l’Afrique francophone se traduit notamment par la montée en puissance des villes africaines, qui occupent désormais huit des dix premières places du classement mondial des métropoles francophones. Selon les projections publiées par l’ONU, dans son dernier rapport sur la démographie mondiale, rédigé en 2019, la capitale congolaise, Kinshasa, conforte sa position au sommet du classement avec une population pouvant être estimée à 15,3 millions d’habitants au 1er janvier 2021, et creusant ainsi considérablement l’écart avec la capitale française, Paris (11,1 millions). Suivent ensuite les agglomérations d’Abidjan (5,4 millions), de Montréal (4,3 millions), de Yaoundé (4,3), de Douala (3,9), de Casablanca (3,8), d’Antananarivo (3,6), de Dakar (3,3) et de Ouagadougou (3,0). Cette dernière aurait ainsi ravi en 2020 la dixième position à la ville d’Alger (2,8 millions), ville « arabo-berbéro-francophone » à l’instar de Casablanca, capitale économique du Maroc et qui viendrait, pour sa part, d’être dépassée par Douala, capitale économique du Cameroun. Il est également à noter que la capitale haïtienne, Port-au-Prince, arrive désormais juste après, à la 11e place (2,9 millions, devant Alger). Au cours de l’année 2020, Haïti était d’ailleurs redevenu le pays le plus peuplé de la Caraïbe, en devançant Cuba dont la population est en constante baisse. Avec ses 11,6 millions d’habitants actuels, Haïti venait ainsi de retrouver une place qu’il avait perdu il y a un peu plus de deux siècles, au cours de la première décennie du 19e siècle.

Mais cet essor démographique du monde francophone s’accompagne également, et globalement, d’un grand dynamisme économique, et notamment en Afrique francophone subsaharienne qui constitue le moteur de la croissance africaine, en plus d’être globalement et historiquement l’espace le plus stable au sud du Sahara (avec le moins de conflits, de tensions ethniques, et une moindre criminalité). Ainsi, cet ensemble de 22 pays a enregistré les meilleures performances économiques du continent pendant huit des neuf années de la période 2012 – 2020 (et pendant sept années consécutives, de 2014 à 2020), avec une croissance annuelle de 3,5 % en moyenne (4,0 % hors cas très particulier de la Guinée équatoriale), contre 2,1 % pour le reste de l’Afrique subsaharienne. Un dynamisme notamment dû aux nombreuses réformes accomplies par la plupart des pays afin d’améliorer le climat des affaires et de progresser en matière de diversification et de bonne gouvernance, et qui est particulièrement important dans les pays de l’UEMOA (majeure partie de l’Afrique de l’Ouest francophone), qui continue à être la plus vaste zone de forte croissance de l’ensemble du continent (5,6 % en moyenne annuelle sur la période 2012 – 2020), et ce, bien qu’elle n’en soit pas la région la plus pauvre (place occupée par l’Afrique de l’Est). Par ailleurs, il convient de rappeler que l’espace UEMOA est également la zone la plus intégrée du continent, devant la CEMAC qui recouvre une partie de l’Afrique centrale francophone. Ces deux exemples d’intégration poussée, loin devant les autres ensembles régionaux, démontrent d’ailleurs que le panafricanisme est avant tout une réalité francophone.

Grâce à ces avancées, et avec un PIB par habitant de 2 326 dollars début 2021 (selon les dernières données de la Banque mondiale), la Côte-d’Ivoire est récemment devenue le premier pays africain disposant d’une production globalement assez modeste en matières premières non renouvelables, à dépasser en richesse un pays d’Amérique latine, à savoir le Nicaragua dont le PIB par habitant atteignait 1 905 dollars (hors États de moins de 1,5 million d’habitants, majoritairement insulaires et ne pouvant être pris en compte pour de pertinentes comparaisons). Une performance réalisée après avoir dépassé le Kenya (1 879 dollars, et pays le plus prospère d’Afrique de l’Est continentale, après Djibouti), et surtout après avoir réussi l’exploit de devancer le Ghana et le Nigeria (2 205 et 2 097 dollars, respectivement), pays voisins regorgeant de richesses naturelles, avec des niveaux de production considérablement supérieures à ceux de la Côte d’Ivoire (à titre d’exemple, la production pétrolière du Nigeria est environ cinquante fois supérieure). Ce dernier devrait d’ailleurs être bientôt dépassé par le Sénégal, et à moyen terme par le Cameroun, qui réalisent souvent des taux de croissance deux ou trois fois plus élevés (et qui affichent un PIB par habitant de 1 472 et de 1 537 dollars, respectivement, et loin de pays comme l’Éthiopie ou le Rwanda, où il s’établit à 936 et 798 dollars, respectivement). La progression de la Côte d’Ivoire résulte d’une croissance de 7,4 % en moyenne sur la période 2012 – 2020, soit la deuxième plus forte progression au monde de ces neuf années (après l’Éthiopie, dont la performance s’explique principalement par le fait qu’elle était le deuxième pays le plus pauvre au monde début 2012, et qui connaît aujourd’hui une guerre civile ayant déjà fait quelques dizaines de milliers de morts).

Pour sa part, et grâce notamment à de nombreuses réformes, le Niger n’est désormais plus le pays le plus pauvre d’Afrique de l’Ouest, ayant récemment dépassé la Sierra Leone (568 dollars par habitant début 2021, contre 509 dollars). De plus, le pays pourrait, dès cette année, dépasser le Liberia, autre pays anglophone côtier (633 dollars). Le Niger est d’ailleurs sur le point de quitter la liste des dix pays les plus pauvres du continent, et dépasserait désormais non moins de 15 pays africains en matière de développement humain, selon le classement de la fondation Mo Ibrahim (plus fiable sur ce point que l’ONU qui place systématiquement – et étrangement – le Niger, au taux de fécondité le plus élevé au monde, à la dernière position du classement, derrière un pays comme le Soudan du Sud qui est pourtant réputé être le moins développé du continent – avec la Somalie, non classée…).

Autre exemple de dynamisme, mais situé en Afrique centrale, le Gabon est devenu en 2020 le pays le plus riche d’Afrique (hors très petits pays, essentiellement insulaires), avec un PIB de 6 882 dollars par habitant début 2021, dépassant ainsi le Botswana, deuxième producteur mondial de diamants, après la Russie (6 405 dollars). Une performance obtenue grâce aux grandes avancées réalisées au cours de la dernière décennie en matière de diversification et de bonne gouvernance.

La croissance globalement assez rapide de l’Afrique subsaharienne francophone est par ailleurs soutenue par une assez bonne maîtrise de la dette publique, cet ensemble demeurant la partie la moins endettée du continent, avec un taux global de dette publique qui s’établirait à 49,4 % du PIB début 2022, selon le FMI (58,4 % pour l’ensemble de l’Afrique francophone, Maghreb inclus). Un niveau largement inférieur à celui de la majorité des pays développés, ainsi qu’à celui du reste de l’Afrique subsaharienne qui se situerait à 62,3 % (68,3 % pour l’ensemble de l’Afrique non francophone). Il est également à noter que seuls deux ou trois pays francophones font chaque année partie des dix pays les plus endettés du continent, et qu’aucun d’entre eux ne fait partie des cinq les plus endettés.

Désormais, seul un des quatre pays les plus pauvres du continent est francophone, à savoir le Burundi, qui se trouve aux côtés du Soudan du Sud, de la Somalie et du Mozambique, trois autres pays d’Afrique de l’Est, qui constitue également la partie la plus instable du continent, puisque l’on y trouve notamment deux des trois pays ayant connu les conflits les plus meurtriers de la dernière décennie, proportionnellement à leur population (le Soudan du Sud et la Somalie). À ces conflits, s’ajoutent un certain nombre de problèmes sécuritaires (terrorisme islamique dans le nord du Mozambique…), et de tensions interethniques, comme en Éthiopie où elles avaient déjà provoqué la mort de nombreuses personnes avant même le début de la guerre civile, fin 2020 (ce qui en fait l’un des pays africains souffrant des plus fortes tensions sociales, avec, en particulier, l’Afrique du Sud et ses plus de 15 000 homicides par an).

Enfin, il convient de rappeler que les pays francophones sont globalement moins inégalitaires. La République centrafricaine serait même le seul pays francophone parmi les dix pays africains les plus inégalitaires (selon les données de la Banque mondiale relatives à l’indice GINI, qui est toutefois insuffisamment fiable faute de données assez récentes).

Échanges, aides au développement et médias : l’irrationnel manque d’intérêt d’une France peu francophonophile, et dépourvue de vision à long terme.

Pourtant, force est de constater un certain manque d’intérêt de la France pour l’Afrique francophone, qui n’a représenté que 3,6 % de son commerce extérieur en 2019 (et 1 % pour la partie subsaharienne). Cette situation, qui résulte notamment de la faiblesse des investissements productifs réalisés dans ce vaste ensemble (à l’exception de la Tunisie et du Maroc), se manifeste particulièrement en RDC, pays stratégique qui n’est autre que le premier pays francophone du monde, et où l’Hexagone brille par sa quasi-absence. En effet, la part de la France dans le commerce extérieur de la RDC, vaste comme plus de la moitié de l’UE, s’est établie à seulement 0,5 % en 2020 (comme en 2018), très largement derrière la Chine dont la part se situe chaque année autour de 30 % (36 % en 2020). Et comme les années précédentes, la RDC est arrivée bien au-delà de la 100e position dans le classement mondial des partenaires commerciaux de l’Hexagone, dont elle n’a représenté que 0,02 % du commerce extérieur (soit seulement 1 cinq-millième du total).

Ce désintérêt de la France se traduit également au niveau de la part des étudiants originaires du pays dans l’ensemble des étudiants présents en France (0,6 % du total pour l’année universitaire 2018 – 2019, et seulement 1,3 % des étudiants africains), de la part du pays dans les aides françaises au développement (0,5 % en 2019, et très majoritairement par la voie multilatérale, ce qui témoigne de l’extrême faiblesse des relations directes entre les deux pays), ou encore au niveau de la part infime des projets y étant réalisés par les collectivités et structures intercommunales françaises au titre de la coopération décentralisée (< 1 %). La France pourrait pourtant, et sans grande difficulté, accroître sa présence en RDC, dont la forte dépendance vis-à-vis de la Chine risque de nuire, à terme, à la souveraineté et aux intérêts du pays (la Chine a absorbé 41 % des exportations de la RDC en 2020, dont elle est également devenue le principal créancier bilatéral).

Le manque d’intérêt de la France pour l’Afrique francophone s’observe également dans cet autre pays stratégique qu’est Djibouti, un des six pays de l’Afrique de l’Est francophone et qui est en passe de devenir une plaque tournante du commerce international grâce à sa situation géographique stratégique et à des investissements massifs en provenance de Chine. Dans ce pays, qui a enregistré une croissance annuelle de près de 7 % en moyenne sur la période 2012 – 2019, la compagnie aérienne Air France n’assurait, juste avant le déclenchement de la pandémie, qu’un seul vol hebdomadaire direct avec Paris, contre sept vols directs pour Turkish Airlines en direction d’Istanbul, ou encore trois liaisons pour le groupe Emirates vers Dubaï.

De plus, tout ce qui précède vient s’ajouter à une répartition défavorable des aides publiques au développement versées chaque année par la France, et qui ne bénéficient que très minoritairement au monde francophone, face à une Union européenne qui se taille constamment la part du lion. Ainsi, la part des 27 pays francophones du Sud, et leurs 453 millions d’habitants actuels, presque entièrement situés sur le continent africain, oscille généralement entre 15 et 20 % de l’enveloppe globale, avec une moyenne de 17,4 % sur la période de cinq années 2015 – 2019 (soit 2,9 milliards d’euros en moyenne annuelle, aides multilatérales et bilatérales confondues). Dans le même temps, celle de l’UE se situe en général à plus de 40 % de l’effort financier de la France, et essentiellement au bénéfice des 13 pays de sa partie orientale et de leurs 114 millions d’habitants seulement (des pays baltes, au nord, à Chypre au sud, et que l’on appellera UE-13). Sur la période 2015 – 2019, la part de l’UE s’est ainsi établie à 43,1 %, soit 7,2 Mds d’euros en moyenne annuelle (2).

Par conséquent, l’UE s’accapare chaque année l’écrasante majorité des dix premières places des principaux pays bénéficiaires des aides françaises au développement. En 2019, dernière année pour laquelle des données détaillées sont disponibles, sept des dix premières places étaient donc occupées par des pays membres de l’UE, contre seulement deux pour le monde francophone (le Cameroun, premier pays francophone n’arrivant qu’en septième position). Cette même année, la part du monde francophone n’a donc atteint que 20,5 % (soit 3,8 milliards d’euros), alors que celle de l’UE s’établissait à 41,4 % (ou 7,7 Mds d’euros). Quant aux pays de l’UE-13, ceux-ci ont bénéficié d’un effort financier 1,8 fois plus important que pour l’ensemble des 27 pays francophones du Sud (soit 6,7 Mds d’euros, frais administratifs inclus), en dépit d’une population près de 4 fois inférieure début 2019 (et répartie sur un espace 11 fois moins vaste), soit un volume d’aide par habitant 6,5 fois supérieur. Des aides publiques qui sont, de surcroît, octroyées à des conditions plus favorables aux pays de l’UE-13, car intégralement sous forme de dons (un sixième étant remboursable pour les pays francophones) et non assorties de la moindre condition, directe ou indirecte, ni même ponctuelle, en matière d’attribution de marchés.

Ainsi, et bien que peuplée de seulement 1,3 millions d’habitants, l’Estonie a reçu en 2019 une aide française au développement de 166,6 millions d’euros, soit largement davantage (+77 %) que l’aide reçue par le Congo-Kinshasa (93,9 millions), premier pays francophone du monde avec ses 85,7 millions d’habitants début 2019, et dont la capitale Kinshasa est désormais la plus grande des villes francophones avec ses 15 millions d’habitants (et ne cessant de creuser l’écart avec Paris, 11 millions d’habitants). En d’autres termes, le montant de l’aide française par habitant reçue par ce petit pays balte a été non moins de 115 fois supérieure à celle reçue par le Congo-Kinshasa (ou République démocratique du Congo, RDC), soit 125,7 euros par habitant contre seulement 1,1 euro. Autre exemple frappant, le Maroc, un des plus grands et sincères amis de la France, et modèle de développement et de bonne gouvernance pour le monde arabe et le continent africain, a reçu une aide de 243 millions d’euros, soit bien moins que la Pologne à laquelle a été octroyée une somme de 2,103 Mds d’euros. Et ce, pour une population à peu près égale (38 millions contre 36 début 2019 pour le royaume chérifien, qui la dépassera bientôt), et en dépit d’une politique économique et étrangère souvent contraire aux intérêts français.

Des écarts considérables que confirment d’ailleurs les moyennes des aides reçues sur la période de cinq années 2015 – 2019, la Pologne ayant bénéficié d’une enveloppe annuelle de 1,748 Md d’euros en moyenne, contre seulement 0,288 Md pour la Maroc. Quant à l’Estonie et la RDC, la première s’est vue allouer une aide annuelle moyenne de 96 millions d’euros, contre seulement 109 millions d’euros pour le Congo-Kinshasa. Des moyennes qui permettent d’ailleurs de constater une dégradation récente de la situation, et non l’inverse…

Cette politique d’aide au développement est contraire à toute logique économique ou géopolitique. D’un point de vue économique, d’abord parce que les pays de l’UE-13 s’orientent principalement et historiquement vers l’Allemagne, qui arrive très largement en tête des pays fournisseurs de la zone, avec une part de marché d’environ 20 % chaque année (19,5 % en 2019), contre toujours moins de 4 % pour la France, dont les aides massives reviennent donc quasiment à subventionner les exportations allemandes. Une politique que l’on pourrait résumer par la célèbre expression « travailler pour le roi de Prusse », qui semble être désormais la doctrine de la politique étrangère de la France.…

Ensuite, parce que toutes les études économiques démontrent que les échanges peuvent être bien plus importants entre pays et peuples partageant une même langue. À ce sujet, un seul exemple suffit à prouver l’impact économique du lien linguistique : les touristes québécois sont proportionnellement quatre fois plus nombreux que les touristes américains à venir chaque année en France… et à y dépenser. En d’autres termes, toute richesse générée dans un pays francophone au profit de l’économie locale finit par être intégrée en bonne partie au circuit économique d’autres pays francophones, et ce, en vertu d’un mécanisme semblable à celui des vases communicants. D’où le concept de « zone de coprospérité », qui est d’ailleurs une des traductions possibles du terme Commonwealth. Ce lien linguistique explique également en bonne partie la position globalement encore assez bonne de la France en Afrique francophone, dont elle demeure le second fournisseur en dépit d’un certain manque d’intérêt, avec une part de marché globale estimée à 11,5 % en 2019, derrière la Chine, 15,6 %. Une part largement supérieure à celle de l’Allemagne, estimée à 3,9 %, et qui arrive même derrière l’Espagne (7,3 % et troisième fournisseur), l’Italie et les États-Unis (5,5 % respectivement).

Enfin, parce que c’est dans cette même Afrique francophone qu’il convient d’investir massivement, d’une part afin de tirer pleinement profit des opportunités et du dynamisme que l’on trouve dans ce vaste ensemble de 25 pays, partie globalement la plus dynamique économiquement du continent et un de principaux relais de la croissance mondiale, et d’autre part car c’est bien en accélérant l’émergence économique de cet ensemble qu’augmentera encore plus fortement le nombre d’apprenants du français à travers le monde. Et ce, au bénéfice économique et géopolitique de la France, mais aussi au bénéfice de tous les pays francophones du monde.

Et pour ce qui est du niveau géopolitique, justement, le caractère irrationnel de la politique française d’aide au développement s’explique également par le fait que l’écrasante majorité des pays de l’UE, malgré les aides massives versées chaque année par l’Hexagone, vote régulièrement contre les positions françaises au sein des grandes instances internationales, au profit des États-Unis et contrairement à la majorité des pays francophones qui partage avec la France nombre de valeurs et d’orientations communes en matière de politique étrangère, et dont il convient alors d’accroître le poids.

Ainsi, l’intérêt pour la France de consacrer une part aussi importante de ses aides et de son énergie aux pays de l’UE-13 se révèle donc extrêmement marginal, en comparaison avec les avantages économiques et géopolitiques qu’elle tirerait d’une nouvelle répartition plus favorable aux pays du monde francophone. En d’autres termes, la prépondérance européenne dans les aides au développement ne fait incontestablement qu’affaiblir la France au niveau international, tant économiquement que géopolitiquement (les deux étant d’ailleurs, à terme, étroitement liés).

Certes, la France est une grande puissance mondiale, la deuxième ou troisième tous critères de puissance confondus (capacités militaires, économie, technologie, influence géopolitique et culturelle, territoire maritime…). Des critères qui doivent d’ailleurs toujours être pris en compte dans leur ensemble afin de pouvoir correctement apprécier le poids d’un pays (tout comme l’on compare toujours les élèves d’une même classe sur l’ensemble des matières étudiées, et non sur une seule d’entre elles). La France est territorialement présente sur quatre continents et militairement sur cinq continents, notamment grâce aux « DOM-TOM » (ce qui n’est pas le cas de la Russie, par exemple). Grâce à sa vaste zone économique exclusive (ZEE), la seconde plus vaste au monde avec des 10,2 millions de km2, elle compte non moins de 34 pays frontaliers à travers la planète (dont 23 uniquement par mer), ce qui constitue un record mondial, devant le Royaume-Uni (25 pays) et les États-Unis (18 pays). En tant que puissance mondiale, la France se doit donc d’être financièrement présente sur tous les continents, y compris en Europe. Mais afin de consolider ce statut, la France doit privilégier le vaste monde francophone, où le retour sur investissement est bien supérieur, à travers les grandes opportunités économiques qu’il présente désormais, et grâce à sa contribution considérable à l’augmentation du nombre d’apprenants du français à travers le monde, du fait de sa double émergence démographique et économique. La langue étant le principal vecteur d’influence culturelle, avec, in fine, d’importantes répercussions économiques et géopolitiques, la France doit donc investir prioritairement dans son espace linguistique afin d’amplifier la progression de la langue française dans le monde, aussi bien au bénéfice de ses propres intérêts que de ceux de l’ensemble des pays et peuples francophones du monde.

Par ailleurs, il convient de souligner que la priorisation de l’espace francophone est d’autant plus justifiée que la majorité des pays francophones du Sud ont réalisé de grandes avancées en matière de bonne gouvernance. Des avancées qui ont justement contribué à faire de l’Afrique subsaharienne francophone la partie globalement la plus dynamique économiquement et la moins endettée du continent africain, dont elle continue ainsi à être le moteur de la croissance.

Pourtant, les dernières évolutions de la politique française d’aide au développement ne permettent guère de déceler un réel changement d’attitude, et encore moins de paradigme, de la part des autorités françaises. En effet, les récentes augmentations du volume d’aide annoncées pour les années 2020 et 2021 ne changent pratiquement rien à la donne, car accompagnées d’une forte hausse parallèle de la contribution nette de la France au budget de l’UE, qui a augmenté de non moins de 23 % en 2020 (pour un total de 9,5 Mds d’euros), et ce afin de compenser la sortie du Royaume-Uni ainsi que la réduction exigée par certains pays d’Europe de l’Ouest de leur contribution au budget (les « Rabais »).

De toute façon, tant que le monde francophone continuera à ne recevoir qu’un cinquième ou un sixième du total des aides versées par l’Hexagone à des pays tiers, et tant que l’espace composé par les pays francophones du Sud recevra proportionnellement à sa population six, sept ou huit fois moins d’aides que l’ensemble composé par les pays de la partie orientale de l’UE, toutes les déclarations officielles en faveur de la « francophonie » ou de la « francophonie économique » ne seront guère à prendre au sérieux.

Mais toute redéfinition en faveur du monde francophone de la politique française d’aide au développement, au nom des intérêts économiques et géopolitiques de la France, grande puissance engluée, anesthésiée, par les obligations liées à son appartenance à l’UE, ne pourra se faire qu’à travers une redéfinition en profondeur du fonctionnement de celle-ci. Voire, si nécessaire, une sortie pure et simple de la France de cet ensemble qui ne fait que l’épuiser financièrement et l’affaiblir, en l’éloignant du monde francophone, et donc en l’alignant sur les intérêts économiques de l’Allemagne et économico-géopolitiques des États-Unis (notamment à travers une politique hostile à la Russie et une anglicisation forcenée, à laquelle échappent, à leur plus grand bénéfice, la Chine, la Russie et bien d’autres puissances).

Par ailleurs, ce manque d’intérêt des gouvernants français pour le monde francophone, et leur repli sur l’Union européenne, ont donc naturellement des répercussions fort négatives sur le niveau d’intérêt des Français eux-mêmes, qui, maintenus à l’écart, ignorent pratiquement tout de ce vaste espace. À titre d’exemple, la quasi-intégralité de la population française ne sait rien des Jeux de la Francophonie qui se tiennent tous les quatre ans (contraste frappant avec la couverture médiatique dont jouissent les Jeux du Commonwealth au Royaume-Uni), de la Basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro en Côte d’Ivoire (qui n’est autre que le plus grand édifice chrétien au monde, quasi-réplique de la basilique Saint-Pierre de Rome), du concours musical « The Voice Afrique francophone » (qui fût dans sa saison 2016 – 2017, relayée par certains médias nationaux africains, le plus grand concours musical au monde en termes d’audience cumulée, avec son équivalent arabophone), ou encore du peuple acadien, que bon nombre de Français situent en Louisiane…

Or, cette large méconnaissance du monde francophone et de sa dimension mondiale, et outre le fait de faire perdre à nombre d’investisseurs et de représentants de la société civile de multiples opportunités d’échange et de partenariat mutuellement bénéfiques, a pour conséquence préjudiciable de réduire considérablement l’attachement des Français à leur langue. Eux, qui n’ont jamais été si peu intéressés par la promotion et la diffusion de celle-ci à travers le monde, alors même qu’elle n’a jamais été autant parlée et apprise. Et ce, au grand étonnement des francophones extra-européens, auxquels est aujourd’hui entièrement attribuable la progression constante de l’apprentissage du français hors espace francophone, face à une France qui est désormais clairement un frein, et même un obstacle, en la matière (et dont l’inconscience des graves conséquences économiques et géopolitiques de pareille attitude irresponsable dénote une certaine immaturité). Une ignorance française au sujet de l’espace francophone qui s’oppose d’ailleurs à la plus grande culture qu’ont les Britanniques de leur espace linguistique, et qui explique en bonne partie leur attachement viscéral à leur langue, à sa défense et à sa diffusion.

Au nom de leurs propres intérêts, les francophones situés en dehors du continent européen ne doivent donc pas suivre le mauvais exemple de la France en matière de promotion de la langue française, et devraient plutôt s’inspirer du modèle québécois (et britannique) et faire respecter leur langue commune au sein des différentes organisations régionales et internationales, politiques, économiques, culturelles et sportives, dont ils font partie ou avec lesquelles ils sont en étroite collaboration (et notamment au niveau de l’Union africaine et dans le cadre de leurs relations avec l’Union européenne, d’autant plus que l’Afrique francophone est la partie la plus dynamique économiquement, la moins endettée, la plus stable et la moins violente du continent).

À bien des niveaux, la France devrait donc s’inspirer du Royaume-Uni qui a toujours su faire preuve de pragmatisme, d’intelligence stratégique et de vision à long terme en privilégiant constamment son espace géolinguistique, dès les années 1 600 (quatre fois moins peuplée que la France d’alors, l’Angleterre, qui était pourtant très souvent engagée en Europe à travers de nombreuses guerres, investissait proportionnellement, et hors dépenses militaires, environ 30 fois plus que la France dans ses modestes territoires d’Amérique du Nord, très majoritairement française à l’époque…). Et ce, face à une France irrégulière, et qui a toujours fini par payer lourdement ses périodes d’irrationnelle obsession européiste.

De grands efforts doivent donc être faits dans l’Hexagone afin de rattraper un retard considérable en matière d’information et d’éducation. Par ailleurs, l’émergence démographique et économique de l’Afrique francophone devrait en toute logique s’accompagner, à terme, du transfert d’un certain nombre d’institutions panfrancophones des villes du Nord vers celles du Sud, et notamment vers Kinshasa et Abidjan, respectivement première et troisième ville francophone du monde.

1. Le monde arabophone recouvre l’ensemble des pays membres de la Ligue arabe (hors Djibouti et les Comores, où la présence de la langue arabe se limite principalement au domaine religieux), ainsi que les territoires majoritairement arabophones de la Turquie, d’Israël, de l’Iran, du Mali, du Niger et du Tchad.

2. Rapport détaillé du CERMF sur la politique française d’aide au développement (novembre 2021) : « Le monde francophone n’a reçu que 20,5 % des aides françaises au développement en 2019. Face à l’Union européenne qui se taille la part du lion, le monde francophone demeure le parent pauvre de l’aide française au développement » (www.cermf.org/le-monde-francophone-a-recu-cinquieme-des-aides-francaises).

Ilyes Zouari

Président du CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le Monde francophone)

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