( 16 octobre, 2021 )

17 octobre 1961 : un « massacre » imaginaire

 

Communiqué de Bernard Lugan du 14 Octobre
Ce communiqué précis et sans appel est important à diffuser au moment où le président Macron fait sien les mensonges de la propagande du FLN, trahissant de nouveau la France. L.R.
Le 17 octobre prochain, comme chaque année, les autorités françaises, les islamo-gauchistes et le « Système » algérien vont commémorer un massacre qui n’a pas eu lieu…
Sur ce blog, ayant périodiquement à la même date déconstruit l’histoire officielle de ce prétendu « massacre », je me contenterai de renvoyer au chapitre IX intitulé « 17 octobre 1961, un massacre imaginaire » de mon livre « Algérie l’Histoire à l’endroit » en ajoutant ici quelques éléments essentiels à la compréhension du montage culpabilisateur qui nous est imposé :
1) La guerre d’indépendance algérienne se déroula également en métropole. Pour la période du 1er janvier 1956 au 23 janvier 1962, 10 223 attentats y furent ainsi commis par le FLN. Pour le seul département de la Seine, entre le 1er janvier 1956 et le 31 décembre 1962, 1433 Algériens opposés au FLN furent tués et 1726 autres blessés. Au total, de janvier 1955 au 1er juillet 1962, en Métropole, le FLN assassina 6000 Algériens et en blessa 9000 autres.
2) Face à ces actes de terrorisme visant à prendre le contrôle de la population algérienne vivant en France, le 5 octobre 1961, un couvre-feu fut imposé à cette dernière afin de gêner les communications des réseaux du FLN et l’acheminement des armes vers les dépôts clandestins.
3) En réaction, le 17 octobre 1961, le FLN décida de manifester afin de montrer sa force, et pour tenter d’achever sa prise de contrôle des Algériens vivant en métropole.
4) Assaillis de toutes parts, les 1658 hommes des forces de l’ordre rassemblés en urgence, et non les 7000 comme cela est trop souvent écrit, sont, sous la plume de militants auto-baptisés « historiens », accusés d’avoir massacré des centaines de manifestants, d’en avoir jeté des dizaines à la Seine et d’en avoir blessé 2300.
Or, cette version des évènements du 17 octobre 1961 à Paris relève de la légende et de la propagande. Tout repose en effet sur des chiffres inventés ou manipulés à l’époque par le FLN algérien et par ses alliés communistes. Jouant sur les dates, additionnant les morts antérieurs et postérieurs au 17 octobre, pour eux, tout Nord-Africain mort de mort violente durant le mois d’octobre 1961, est une victime de la « répression policière »… Même les morts par accident de la circulation comme nous le verrons plus loin !!!
Cette manipulation fut réduite à néant en 1998, quand le Premier ministre de l’époque, le socialiste Lionel Jospin, constitua une commission d’enquête. Présidée par le conseiller d’Etat Dieudonné Mandelkern, elle fut chargée de faire la lumière sur ce qui s’était réellement passé le 17 octobre 1961 à Paris. Fondé sur l’ouverture d’archives jusque-là fermées, le rapport remis par cette commission fit litière de la légende du prétendu « massacre » du 17 octobre 1961[1].
Le paragraphe 2.3.5 du Rapport intitulé Les victimes des manifestations est particulièrement éloquent car il parle de sept morts, tout en précisant qu’il n’y eut qu’un mort dans le périmètre de la manifestation, les six autres victimes n’ayant aucun lien avec cet évènement, ou ayant perdu la vie postérieurement à la dite manifestation dans des circonstances parfaitement détaillées dans le rapport.
Quel est donc l’état des connaissances aujourd’hui ?
- Le 17 octobre 1961 à Paris, il n’y eut qu’une seule victime dans le périmètre de la manifestation… et ce ne fut pas un Algérien, mais un Français nommé Guy Chevallier, tué vers 21h devant le cinéma REX, crâne fracassé. Par qui ? L’enquête semble attribuer cette mort à des coups de crosse de mousqueton.
- Le 17 octobre 1961, alors que se déroulait dans Paris un soi-disant « massacre » faisant des dizaines, voire des centaines de morts algériens, ni les hôpitaux parisiens, ni l’Institut Médico-Légal (la Morgue), n’enregistrèrent l’entrée de corps de « NA » (Nord-Africain dans la terminologie de l’époque). Ce qui ne veut naturellement pas dire qu’il n’y eut pas de blessés, mais mon analyse ne porte que sur les morts.
- A Puteaux, donc loin du périmètre de la manifestation, deux morts furent néanmoins relevés, or ils étaient étrangers à la manifestation. L’un d’entre eux deux, Abdelkader Déroues avait été tué par balle, quand le second, Lamara Achenoune, avait quant à lui été achevé par balle après avoir été étranglé.
- Le 18 octobre, à 04 heures du matin, le bilan qui parvint à Maurice Legay le directeur général de la police parisienne était donc de 3 morts, pour rappel, Guy Chevallier, Abdelkader Déroues et Lamara Achenoune. Nous sommes donc loin des dizaines ou des centaines de morts et de « noyés » auxquels la bien-pensance française rend annuellement hommage !!!
Conclusion : le seul mort algérien de la manifestation est donc un Français métropolitain…
Certes, postulent les accusateurs de la France, mais les cadavres des Algériens « massacrés » par la police furent reçus à l’IML, l’Institut Médico-Légal de Paris (la Morgue), les jours suivants.
Cette affirmation est également fausse. En effet, l’Annexe III du « Rapport Mandelkern » donne un décompte détaillé des 41 cadavres de Nord-Africains entrés à l’IML de Paris du 19 octobre au 4 novembre. Pour mémoire, le 17 octobre il n’y eut aucune entrée, et 2 le 18 octobre.
Sur ce nombre de 41 morts, 25, soit 13 corps identifiés et 12 corps non identifiés sont mentionnés sous la rubrique « Dossiers pour lesquels les informations disponibles sur la date de la mort ou ses circonstances ne permettent pas d’exclure tout rapport avec les manifestations des 17-20 octobre ». Ceci fait que les 16 autres morts n’ont rien à voir avec la manifestation du 17 octobre.
En ce qui concerne les 25 morts restants, notons immédiatement que le sous-titre de l’Annexe III est singulier car la manifestation dont il est question eut lieu le 17 octobre et non les 19 et 20 octobre. De plus, ce titre est trompeur car il laisse sous-entendre que ces 25 décès auraient donc pu être causés par la police française, chiffre d’ailleurs régulièrement et péremptoirement transformé en morts avérés par certains auteurs ou journalistes. Or :
1) Si ces derniers avaient pris la peine de lire le document en question dans son originalité et son intégralité, et non à travers ses recensions, ils auraient vu qu’en face de chaque corps est porté un numéro de dossier de la police judiciaire suivi de la précision suivante : « Indications relevées dans le dossier d’enquête de la police judiciaire ».
2) Or, grâce à ces « Indications relevées dans le dossier d’enquête de la police judiciaire », il apparait clairement que 17 de ces 25 défunts ont été tués par le FLN, la strangulation-égorgement, l’emploi d’armes blanches etc., n’étant pas d’usage dans la police française… D’autant plus que parmi ces 17 morts, quatre furent assassinés le 19 octobre, soit deux jours après le 17 octobre, à savoir un commerçant qui avait refusé de suivre la grève du 19 octobre décrétée par le FLN et deux autres ligotés et noyés par ce même FLN…
3) Cela interroge donc sur le placement de ces morts dans la rubrique « Dossiers pour lesquels les informations disponibles sur la date de la mort ou ses circonstances ne permettent pas d’exclure tout rapport avec les manifestations des 17-20 octobre ».
Voyons le détail de cette liste :
Corps Identifiés :
- 6 furent tués par le FLN (strangulation, arme blanche, arme à feu)
- 2 décès sur la voie publique (troubles mentaux et alcoolisme)
- 1 décès par crise cardiaque le 21 octobre
- 1 décès par accident de la circulation
- 1 mort à l’hôpital Boucicaut des blessures reçues le 17 octobre.
- 2 morts dont les causes ne sont pas élucidées.
Corps non identifiés
- 7 tués par le FLN (1 arme blanche, 2 noyades, 1 noyade nu, 2 armes à feu, 1 strangulation)
- 1 mort de blessures à la tête. Blessures reçues le 17 octobre ? Nous l’ignorons.
- 1 mort des suites de blessures reçues Place Saint-Michel
- 3 morts dont les causes ne sont pas élucidées.
Conclusion, sur 25 morts « pour lesquels les informations disponibles sur la date de la mort ou ses circonstances ne permettent pas d’exclure tout rapport avec les manifestations des 17-20 octobre », la Morgue n’en a reçu que deux décédés très probablement des suites de blessures reçues le 17 octobre. Une interrogation demeure pour l’un d’entre eux, mais sans aucune certitude.
Soit 2 ou 3 morts des suites de leurs blessures, aucun n’ayant perdu la vie durant la manifestation[2] laquelle n’a donc comme il a été dit plus haut, connu qu’un seul mort, le Français Guy Chevallier.
Nous voilà donc très loin des 50, 100, 200 ou même 300 morts « victimes de la répression » avancés par certains, et pour lesquels François Hollande a reconnu la responsabilité de la France !!!
Mais, plus encore :
1) Le « Graphique des entrées de corps « N.A » (Nord-africains) par jour. Octobre 1961 », nous apprend que du 1er au 30 octobre 1961, 90 cadavres de « NA », furent reçus à l’Institut Médico-Légal. Or, selon les enquêtes judiciaires, chaque décès étant suivi d’une enquête, la plupart de ces morts étaient des musulmans pro-Français assassinés par le FLN !!!
2) Pour toute l’année 1961, 308 cadavres de « N.A » entrèrent à l’IML, dont plusieurs dizaines de noyés. Or, toujours après enquête, il fut établi que la quasi-totalité de ces morts étaient des victimes du FLN (Harkis, partisans de la France, individus ayant refusé d’acquitter « l’impôt de guerre », membres du MNA etc.). Or, une des méthodes d’assassinat du FLN était l’étranglement ou l’égorgement suivi de la noyade…
Pour les historiens de métier, les prétendus « massacres » du 17 octobre 1961 constituent donc un exemple extrême de manipulation de l’histoire.
Quand la liberté de penser sera rétablie dans cette Corée du Nord mentale qu’est devenue la pauvre université française, ils feront l’objet de thèses car ils seront alors étudiés comme un cas d’école de fabrication d’un mythe. Comme Katyn, comme les « charniers » de Timosoara en Roumanie, comme les « couveuses » au Koweit ou encore comme les « armes de destruction massive » en Irak.
Mais, dans l’immédiat, sourds, aveugles ou simples agents d’influence, les butors continueront à ânonner la légende culpabilisatrice du « 17 octobre 1961 ». D’autant plus que, dans l’actuel contexte de tension franco-algérienne, Alger va faire donner ses affidés qui seront complaisamment relayés par ses habituels supplétifs de presse.
Bernard Lugan
[1] « Rapport sur les archives de la Préfecture de police relatives à la manifestation organisée par le FLN le 17 octobre 1961 ». Rapport établi à la demande du Premier ministre, M. Lionel Jospin et remis au mois de janvier 1998 par M. Dieudonné Mandelkern président de section au Conseil d’Etat, président ; M. André Wiehn, Inspecteur général de l’administration ; Mme Mireille Jean, Conservateur aux Archives nationales ; M. Werner Gagneron, Inspecteur de l’administration. En ligne.
[2] Dans une note infrapaginale, Brunet (2011) parle de 13 morts « certains » dont plusieurs blessés décédés ultérieurement. Or, ces morts ne sont pas documentés dans les archives de l’IML. Brunet, J-P., (2011) « Combien y a-t-il eu de morts lors du drame du 17 octobre 1961 ? ». Atlantico, 17 octobre 2011.

 

 

Plus d’informations sur le blog de Bernard Lugan.

 

 

( 16 octobre, 2021 )

Zuckerberg-Facebook : Administration US à sa botte pour réguler la Toile ? Monnaie universelle ? Sifflet coupé au président des Etats-Unis, demain aux autres ? Décryptage d’un Système

 

Lu sur « Je Suis Français »

 

Les violences de la dernière campagne présidentielle américaine ont fait les choux-gras du Système politico-médiatique dit occidental, d’autant plus volontiers qu’il s’agissait de fêter la défaite de Donald Trump, d’inaugurer l’ère radieuse de la présidence Biden, et, le comble, de condamner, come il se devait, comme c’était si commode, l’invasion du Capitole, devenu enceinte sacrée, par les trumpistes.

Une dernière violence cependant qu’il était difficile de passer sous silence, voire d’approuver, est malencontreusement venue troubler la grande fête démocrate : l’initiative de Facebook et Twitter de couper le sifflet au président encore en exercice des Etats-Unis d’Amérique. Ainsi, désormais, les patrons des réseaux sociaux pourront réguler suivant leur propre et seul jugement, selon leur souveraine décision, la parole publique, celle des Chefs d’Etat, celle des Institutions, celle des intellectuels et des artistes, et celle des pauvres particuliers.

Nous avions jeté en 2019 et 2020 un regard critique, si possible explicatif et lucide, sur la personnalité de Mark Zuckerberg, patron de Facebook, idéologue et virtuel dictateur planétaire, archétype des patrons de ce que nous appelons les GAFA ou GAFAM. Ce regard s’ouvre sur un champ supplémentaire : celui d’une mise en tutelle des Etats et des gouvernants par les idéologues puissants de la Silicon Valley.


À la fin de l’été 2019, le projet dévoilé de Mark Zuckerger de créer via Facebook, une monnaie universelle surplombant celle des États – nommée  Libra – avait défrayé la chronique et, toute inconscience bue – avait soulevé tout de même quelques critiques et même des inquiétudes !

Mais Zuckerberg a de la suite dans les idées et dans les ambitions qu’il nourrit : universelles. Aujourd’hui, face au dévoilement brutal des immenses dégâts civilisationnels produits par les réseaux sociaux, en comparaison desquels ceux causés au nigaud archétypal qu’est Benjamin Griveaux comptent à peu près pour zéro, Zuckerberg veut répondre à l’impérieux besoin de régulation du monde digital – besoin qui monte du monde entier – et il entend prendre la main sur le dispositif à mettre en place à cet effet. Comment ? Il vient de l’annoncer. Comme pour son projet de monnaie universelle, en créant une Cour Suprême mondiale supranationale à sa discrétion, chargée de contrôler les trafics. Au désastre civilisationnel s’ajoutera un univers en liberté surveillée. Et espionné comme c’est le cas jusque dans nos alcôves. On peut être assuré que la dite liberté ne sera à peu près octroyée qu’à ceux qui seront rigoureusement conformes à la doxa la plus clairement mondialiste et progressiste. Les avisés, pour éviter les grandes oreilles et les yeux fouineurs, reprendront du papier et des crayons – inespionnables – lorsqu’ils voudront communiquer, s’écrire. Et ils liront dans les livres plutôt que sur les écrans transparents. Les autres seront le lumpen prolétariat de l’ère postmoderne. Des personnes atteintes. De la peste comme les animaux de La Fontaine.

À cette même fin de l’été 2019, où s’affirmait le projet monétaire mondial de Mark Zuckerbeg, nous avions publié à son propos la note qui suit. Pour l’actualiser, il suffit d’ajouter au dossier Zuckerberg le dernier en date de ses objectifs : la Cour Suprême mondiale à sa main qui veillera à notre libre expression le plus efficacement et, bien-sûr, le plus moralement du monde. Benjamin Griveaux pourra dormir sur ses deux oreilles. Les courants de pensée dissidents beaucoup, beaucoup, moins, on s’en doute !

Qui est Zuckerberg ?

Mark Zuckerberg, 35 ans, né à White Plains dans l’État de New York d’un père dentiste et d’une mère psychiatre, a édifié en peu d’années une fortune personnelle de plus de 75 milliards de dollars, la huitième du monde.

Cette richesse inouïe, il l’a tirée de Facebook. Réseau mondialisé, dit social, qui revendique 2,4 milliards d’utilisateurs et réalise 55 milliards de chiffre d’affaires. Les utilisateurs de Facebook auront été les idiots utiles de cette création de richesses en même temps qu’ils devenaient captifs du système Zuckerberg, que leurs données personnelles les plus générales et les plus intimes étaient pillées pour être revendues aux entreprises, publicitaires, organismes divers qui allaient en faire un usage intensif. Jamais création de richesse n’a été aussi dérisoirement payée de retour. Richesse créée pour prix des gigantesques profits réalisés ? Du vent.

Évidemment ni l’intelligence ni la culture de Mark Zuckerberg ne se sont formés sur Facebook. Les sources d’inspiration, les idées-mères, de ce jeune-homme surdoué, ont des origines lointaines et elles sont profondes. Messianiques. Universalistes.

Facebook ne distille ni intelligence, ni culture. Au contraire, il les contredit, les annihile, les empêche s’il y a addiction. L’on sait aujourd’hui comment il vampirise et réduit les capacités cérébrales (Attention, concentration, etc.). Il crée un lumpenprolétariat universel des cerveaux. De nombreuses et sérieuses études du phénomène Facebook prolifèrent en ce moment*. Mettons nos pendules à l’heure : Facebook n’est déjà plus revendiqué comme un fleuron de la modernité. Simplement une machine à sous et à captation de données.

Mark Zuckerberg, lui, rêve de gouvernance mondiale, d’humanité postnationale, d’intelligence artificielle, de transhumanisme, le tout configuré, manipulé, engendré par les Élus en petit nombre destinés à enfanter la planète nouvelle, l’homme nouveau, selon leurs vœux. Ce dernier ne sera pas libre. Les équipes de Mark Zuckerberg sont saisies de ces dossiers.

Mais Mark Zuckerberg a une plus vaste et haute ambition, corrélative, qui n’est rien moins que de créer une monnaie universelle, déjà nommée Libra, laquelle, par-delà et par-dessus États et monnaies nationales, contribuera à l’unité du monde, sous la houlette des Élus, formant cénacle autour de Zuckerberg. Montagne de sucre. Son Royaume est de ce monde. Il n’est pas Jésus. Il est Barabbas, l’agitateur messianique.

Zuckerberg rapporte gros â l’Amérique mais son idéologie est frontalement à l’opposé du nationalisme renaissant des États-Unis. Ce nationalisme profond et décomplexé qu’exprime Donald Trump pour qui « l’avenir appartient aux patriotes, pas aux mondialistes ». Avec son Libra, cette monnaie universelle qu’il a mise en chantier, Zuckerberg, cette fois-ci passe les bornes. Le voici dans l’hubris. Elle sonne souvent la fin du kairos, ce temps de chance, de réussite et de vie opportune dont Zuckerberg a tant bénéficié jusqu’ici.

Mark Zuckerberg ignore ou oublie qu’une monnaie doit être adossée à une puissance publique, à un État, petit ou grand, qui dispose des moyens de défendre ses intérêts, son territoire, ses frontières, ses ressortissants, ses valeurs. Il oublie tout simplement que la puissance publique, les États,  disposent de la force publique, d’une armée, de gens d’armes, d’une police et de prisons. Sur sa montagne de dollars, Mark Zuckerberg, comme tout financier, comme jadis les banquiers juifs ou autres de Milan ou de Florence, d’Amsterdam ou Anvers, ne dispose pas de ces attributs ordinaires qui sont en revanche à la discrétion de n’importe quel roitelet.

C’est la faiblesse des banquiers, des milliardaires, des oligarques, et des financiers, que de risquer d’être jetés en prison par le moindre des pouvoirs politiques, de voir leurs biens confisqués ou spoliés. Si vous trouvez les exemples donnés trop anciens, vous vous trompez. Poutine l’a fait dans son pays. Dominique Strauss-Kahn dirigeait le Vatican ou la Mecque de la finance mondiale, il était, à la tête du FMI, comme un pape du capitalisme universel, lorsqu’il fut emmené, hirsute, hagard et menotté, dans une geôle new-yorkaise. Il était un puissant parmi les puissants. En un instant, il avait cessé de l’être. Il n’était qu’un serviteur de l’Or du monde. Il lui manquait la force publique. Le destin de Carlos Ghosn n’est pas très différent : pétri de puissance et d’orgueil, bouffi de toutes les vapeurs de l’hubris, de toutes les audaces des parvenus de mauvais goût, il a croupi des mois durant, otage de l’Empire du Soleil Levant, non loin du trône du Chrysanthème, prisonnier d’un petit juge nippon, fort d’incarner l’âme et l’histoire de sa patrie. Rideau sur la puissance de l’Argent !

Comme le jeune Louis XIV (23 ans) avait fait arrêter Fouquet, qui étant devenu plus riche et, par l’argent, plus puissant que le roi, avait été envoyé finir ses jours en forteresse en province, nous serions le président des États-Unis, nous ferions arrêter illico Mark Zuckerberg pour avoir eu l’audace de songer à créer une monnaie concurrente du dollar – du dollar notamment, car toutes les monnaies nationales sont concernées – nous l’enfermerions en quelque lieu retiré, et néanmoins décent, de la vaste Amérique et nous l’y maintiendrions pour les quelques décennies qui lui restent à vivre. La confiscation de ses biens indûment acquis pourrait servir au sauvetage de la planète. Ce serait une bonne action à laquelle pour l’instant peu de gens ont pensé. Cela pourrait venir car Trump est imprévisible et Zuckerberg, n’est pas son prophète.

Gérard POL

* La civilisation du poisson rouge : Petit traité sur le marché de l’attention de Bruno Patino – Grasset 2019.

La fin de l’individu (Voyage d’un philosophe au pays de l’intelligence artificielle), de Gaspard Koenig, Éditions de l’observatoire, 2019.

 

 

( 16 octobre, 2021 )

Les scandales de l’éolien.

 

Lu sur « Lafautearousseau »

 

 

 

OPINION. Mardi dernier, Barbara Pompili a présenté des mesures pour rendre les éoliennes « acceptables ». Pour Yves Gauthier de l’association Action Écologie, le gouffre financier et le désastre écologique qu’elles représentent ne vont pas faciliter la tâche de la ministre…

Voici des années que les promoteurs de l’éolien ont le monopole de la parole… sans jamais être contredits. Les éoliennes sont pourtant les moulins à vent des temps modernes. Elles font tourner une dynamo qui va convertir l’énergie mécanique du vent en énergie électrique. L’idée paraît bonne, le procédé simple. Les journalistes s’empressent de relayer la bonne nouvelle : « l’énergie verte n’est plus un mythe, nous savons comment la concrétiser ». L’Etat tente de convertir les foules. D’ailleurs, les contribuables sont sollicités, sans qu’on leur demande leur avis, pour subventionner d’énormes pylônes de 600 à 800 tonnes de béton. Chacun reçoit ensuite un gigantesque mât de 80 à 155 mètres qui, non contents de défigurer les paysages, ont un rendement franchement douteux (25 % de leur capacité !) car soumis à l’intermittence du vent.

Le principe de base était si simple et apparemment si révolutionnaire que peu de gens ont songé à creuser davantage la question. Pourtant il y a beaucoup à dire et Action Écologie n’a pas manqué d’aller interroger ceux qui ont trouvé des réponses. Le bilan des éoliennes est fâcheux. La pollution engendrée par ces appareils réside d’une part dans leur principe de fonctionnement et d’autre part dans leur procédé de fabrication. Sans oublier la pollution visuelle qui fait objectivement baisser de 5 à 6% la valeur des habitations à proximité. La plupart des gens n’ont aucune idée des matériaux nécessaires à la construction d’une éolienne : acier, fibre de verre, résine ou plastique, fer ou fonte, cuivre, aluminium et bien sûr les centaines de tonnes de béton nécessaires à ses fondations. Certes la majeure partie est assez facilement recyclable en France, mais on omet souvent de parler des fameuses terres rares. L’extraction de ces dernières est si polluante que la plupart des pays du monde ont laissé ce rôle ingrat à une Chine en situation de quasi-monopole avec plus de 80% de la production mondiale

Financer sciemment ce genre de politique en prétendant faire de l’écologie frise la malhonnêteté. Le gouvernement performe ici dans l’art de se voiler la face.

Le problème des éoliennes ne s’arrête pas là. La durée de vie des éoliennes est en moyenne de 22 ans mais la technologie évoluant, elles sont souvent obsolètes bien avant leurs premières dégradations. Cette péremption précoce oblige les entreprises à les rénover beaucoup plus vite et engendre ainsi des coûts supplémentaires qui alourdissent encore la facture. En matière d’énergie verte on peut trouver beaucoup mieux, d’autant plus que le taux d’émission de gaz à effet de serre est de 12.7 g CO2/kWh pour l’éolien terrestre et 14.8 pour l’éolien maritime tandis que le nucléaire est à peine au-dessus à 16 (1001 pour le charbon, à titre de comparaison). Le nucléaire, lui, prend moins de place dans les paysages, n’est pas sujet aux aléas climatiques et produit infiniment plus pour un coût très modeste et non subventionné. Ajoutons que de nouveaux procédés techniques permettront bientôt de traiter les déchets radioactifs, principale faiblesse de cette énergie.

La farandole du désastre éolien se poursuit avec le bilan de son impact sur la faune locale. Chaque année, ce sont des dizaines de milliers d’oiseaux (parfois espèces protégées !) et autres chauve-souris tués par les pales des éoliennes.

Quand on sait qu’il existe seulement 8000 éoliennes en France et que les pouvoirs politiques ont prévu de plus que doubler leur nombre d’ici 2028, on peut penser que les victimes collatérales se compteront bientôt en dizaines de milliers d’individus. Des études révèlent également que la santé des troupeaux de vaches se dégrade à proximité des éoliennes sans toutefois réussir à en identifier les raisons exactes. Là encore, n’oublions pas non plus la nuisance sonore qui afflige les riverains et oblige parfois le maire à suspendre l’activité du parc éolien. En somme, s’il n’y a pas assez de vent ou si les riverains sont gênés par le bruit, les turbines ne produisent rien. Comme source fiable de production électrique, on n’est pas loin du panneau solaire en pleine nuit.

L’énergie éolienne n’est donc ni verte, ni écologique, ni fiable. On ne pourrait pas terminer convenablement cette critique sans préciser un peu plus l’aspect financier du problème. Il faut savoir que le prix d’achat de l’énergie éolienne est garanti par l’État (avec votre argent bien sûr). En effet, sans l’intervention de l’État, l’éolien n’aurait aucun avenir en France puisque notre pays est doté d’un parc nucléaire de premier ordre qui nous a permis depuis des décennies de devenir totalement autonome en produisant l’une des énergies les moins chères, les plus décarbonées et abondantes au monde (la France revend même régulièrement des excédents à ses voisins européens). Donc l’éolien n’aurait aucune compétitivité. Pourtant, l’État, dans sa sagesse infinie, a décidé qu’il fallait passer à l’éolien en le subventionnant massivement. Il est certainement assez facile de comprendre le principe du vent qui fait tourner une roue. En revanche, le fonctionnement d’une centrale nucléaire paraît bien plus complexe alors qu’il n’en est rien en réalité (c’est de la vapeur d’eau qui fait tourner la roue, le fossé conceptuel n’est pas si considérable…). La fiscalité écologique inaugurée dans les années 90 en France n’a pas fini de vous prendre votre argent. Chaque année, ce seront des milliards d’euros d’impôts dilapidés dans ces projets fumeux qui, non contents de coûter cher et d’être peu ou pas rentables, provoquent aussi une baisse du tourisme et une diminution de la qualité de vie.

Dans les faits, les éoliennes en France ne sont pas rentables et ont un impact négatif sur leur environnement immédiat, aussi bien humain que naturel. Nos politiques se sont-ils sérieusement interrogés avant de les subventionner ? À moins qu’ils se contentent de la vertueuse apparence écologiste accordée par la vue d’un paisible moulin à vent. À l’époque des politiques comptant essentiellement sur leur représentation médiatique pour se faire élire, l’image passe avant tout le reste, y compris le bon sens.

Yves GAUTHIER.

 

Source : https://frontpopulaire.fr/

 

 

 

 

 

 

( 14 octobre, 2021 )

LA FRANCE DOIT SOUTENIR LA POLOGNE

 

     communiqué de LA RESTAURATION NATIONALE, Centre Royaliste d’Action Française

« L’Action française demande que la France soutienne la Pologne dans ses analyses constitutionnelles, et qu’elle affirme sa souveraineté et son indépendance. »

 

( 14 octobre, 2021 )

L’ENNEMI COMMUN

 

Lu sur « actionfrancaise.net »

 

 

À l’heure où paraîtra cet éditorial, nul doute que l’affaire des sous-marins aura été passée par pertes et profits d’une politique extérieure erratique… ou, malheureusement trop conséquente. Elle ne fera plus, en tout cas, la une des journaux ou des chaînes d’information. Il est vrai que les rodomontades du chef de l’Etat n’auront servi qu’à démontrer une fois de plus notre alignement sur les Etats-Unis, un alignement que ceux des Etats européens, qui ont ouvertement appuyé Joe Biden, ont au moins le mérite de reconnaître, tandis que Macron renverra à Washington l’ambassadeur français en ayant simplement obtenu un échange, de la part des Etats-Unis, une reconnaissance plus grande du fait… européen ! Ou, comment un préjudice directement causé à la France est utilisé pour promouvoir l’Europe par le chef de l’État français lui-même, qui continue ainsi de dissoudre notre souveraineté, dont il a fait le deuil, au profit d’une chimérique « souveraineté européenne ». Et Florence Parly d’en rajouter dans le déni dans Le Monde du 24 septembre : « L’Europe a une opportunité unique de s’affirmer en tant que puissance sur le plan stratégique. » Macron et Parly ont beau sauter comme des cabris, en criant « Europe ! Europe ! » : c’est aux dépens de la France, alors même que l’Europe a fait le service minimum, quand elle ne s’est pas désolidarisée de nous. Une « opportunité » éphémère, surtout.

QUEL AVENIR POUR LA NOUVELLE-CALÉDONIE ?

Demeure évidemment le souci de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, qui fera, le 12 décembre prochain, l’objet d’un troisième et théoriquement dernier référendum, mais rien n’indique que le résultat sera accepté par la partie perdante, d’autant que les enjeux géopolitiques de l’Indo-pacifique, ignorés de la plupart des Français précisément jusqu’à l’affaire des sous-marins, et certainement déjà oubliés par eux, peuvent être explosifs. Malheureusement, la présence de plus en plus agressive de la Chine dans la région n’‘est pas suffisante à faire réfléchir les indépendantistes, surtout animés par la haine de la France, une haine longtemps entretenue, parfois ouvertement, par l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Quel sera leur jeu et celui des Etats-Unis à la veille de ce troisième scrutin, surtout à la suite de l’affaire des sous-marins ? Les dollars, ou leur promesse, vont-ils couler à flot pour encourager le vote indépendantiste, et réaliser le vieux rêve anglo-saxon d’évincer la France de cette partie du monde, au risque, peut-être recherché, d’un tête à tête avec la Chine ? [1]

Quoi qu’il en soit, la situation héritée de l’ère Mitterrand, avec, il faut le préciser, la complicité de la droite parlementaire, serait ubuesque – un troisième référendum en cas de victoire du non aux deux premiers ! —  si elle n’était grosse des plus graves incertitudes, d’autant que le vote loyaliste s’est érodé lors du deuxième référendum. Les trente années qui, depuis les accords de Matignon de 1988, auraient dû préparer l’avenir de l’archipel, avec des mesures exorbitantes du droit commun et même de nos sacro-saintes valeurs républicaines, la Constitution ayant été modifiée en ce sens, n’ont en rien permis de résoudre des tensions que seul un État énergique et soucieux de faire sa part à chacun aurait pu apaiser. Mais l’État, désirant tout d’abord se débarrasser autant par lâcheté que par idéologie « décoloniale » de cette part du territoire national, se réfugie aujourd’hui derrière une neutralité d’autant plus scandaleuse que, quel que soit le résultat – indépendance ou maintien dans le giron français —, une guerre civile n’est pas exclue. La République, là encore, aura montré sa malfaisance, en n’abordant pas de front une situation qu’elle a laissé pourrir, en pensant peut-être que le temps ferait son œuvre. Il l’a fait, mais il est à craindre que ce ne soit en faveur ni de la réconciliation, ni de la présence de la France dans cette partie du monde

LE PAYS LÉGAL EN CAMPAGNE ÉLECTORALE

Mais il est vrai qu’il y a plus important : la préparation de l’élection présidentielle, qui agite tous les égos, même ou peut-être surtout de ceux qui se croient un destin national, parce que, tout simplement, ils n’ont rien d’autre à faire. On ne compte pas le nombre d’hommes politiques, de conseillers, de communicants, de sondeurs qui seraient au chômage, ou trouveraient peut-être enfin à se rendre utiles à leurs concitoyens, si l’élection présidentielle au suffrage universel était supprimée — un avantage supplémentaire et nullement méprisable du retour de la royauté. Jusqu’à Michel Barnier qui, après des décennies de bons et loyaux services à Bruxelles, il est vrai oubliés par sa gestion calamiteuse du Brexit, se rappelle subitement qu’il a un passeport français et se voit en sauveur de la droite, voire de la France, tenant subitement des propos sur nos engagements européens que même Marine Le Pen n’oserait plus tenir ! Ce même Barnier qui, en 2002, publiait pourtant une tribune dans Libération visant à persuader les Français que, compte tenu de ces mêmes engagements européens, il en était fini de la « monarchie républicaine ». Et de nous livrer alors « le grand secret de la présidentielle » — titre de sa tribune — : « La plupart des décisions que les candidats vont s’engager à prendre avec la confiance du peuple ne relèvent plus d’eux seuls. » Et d’ajouter, avec un contentement non feint : « Voilà qui réduit singulièrement, j’en suis conscient, la capacité des candidats à multiplier effets d’annonce et coups de mentons. »  [2] L’impudeur de nos hommes politiques est telle que nous pourrions en avoir le souffle coupé, chaque fois que nous en avons un nouveau témoignage ! Que retiendront les livres d’histoire de ces gigantomachies qui auront opposé, cet automne 2021, à droite, Pécresse, Bertrand et Barnier, à gauche, Hidalgo, Le Foll et Montebourg, et chez les Khmers Verts, Yannick Jadot et Sandrine Rousseau ?

UN CAMP NATIONAL ?

Mais le camp national, si tant est que cette expression ait jamais signifié quelque chose, peut-il donner des leçons en la matière ? Les luttes d’égos y sont d’autant plus féroces que son expérience du pouvoir s’évanouit dans les limbes de l’histoire et qu’il ne semble plus avoir d’autre fonction que de faire gagner le candidat du camp mondialiste, le seul qui soit l’ennemi commun, qui est aussi celui de la France. Car l’impression qui se dégage du paysage actuel est que certains se croient manifestement candidats à vie, comme s’ils étaient les propriétaires pitoyables d’un droit à haranguer, une fois tous les cinq ans, les Français en leur assénant quelques vérités que, malheureusement, nos compatriotes oublient en se rendant au bureau de vote, lorsqu’ils s’y rendent. Jean-Frédéric Poisson a décidé de rompre avec cette posture, en y mettant des conditions raisonnables. Voilà qui devrait en inspirer d’autres, du moins si leur engagement pour le bien commun de la nation est sincère. Certes, tous ne semblent pas encore s’être déclarés et des sondages à venir, encore eux, inspireront certainement de bonnes, ou de mauvaises, réactions aux candidats professionnels du camp national. Pensons, dans un premier temps, à tous ceux pour lesquels tutoyer les 5 % ressemble déjà à une performance. Ne dit-on pas que les petites ruisseaux font les grandes rivières ? Ensuite, un gros affluent ne sera pas de trop. Mais une fois tous les candidats déclarés, ce sera la campagne elle-même qui en décidera. Pour une large part, seulement : le patriotisme véritable se mesurera alors à l’aune du désintéressement, voire du sacrifice.

François Marcihac

[1] Nous étions — légèrement — plus confiant, il y a presque un an, mais l’analyse de fond reste la même. Cf  notre article du 20 octobre 2020 sur RT France. https://francais.rt.com/opinions/79525-nouvelle-caledonie-sursis-francois-marcilhac

[2] https://www.liberation.fr/tribune/2002/02/12/le-grand-secret-de-la-presidentielle_393537/

 

 

 

( 12 octobre, 2021 )

En 68, Daniel Cohn-Bendit en rêvait : Jean-Michel Blanquer l’a fait !

 

Lu sur « Boulevard Voltaire »

 

Aux yeux de l’électorat conservateur, Jean- Blanquer était pourtant le meilleur. Son prénom, d’abord : si emblématique d’une époque que, sur les réseaux sociaux, il est devenu générique. Sa calvitie de bon aloi, façon Alain Juppé. Sa discrétion naturelle comme s’il n’avait jamais été briefé par aucun Jacques Séguéla. Sa façon débonnaire d’offrir les fables de La Fontaine aux enfants du primaire… Tout, en lui, fleurait la France du Petit Nicolas. Le Petit Nicolas était secrètement amoureux de Marie-Edwige, rêvait de l’épouser dans un bel uniforme d’officier de marine, mais ne pouvait pas imaginer qu’un jour, on lui accorderait le loisir d’en endosser le prénom, la coiffure tressée et la garde-robe, avec la bénédiction de la maîtresse et d’un ministre soucieux d’une « meilleure prise en compte des questions relatives à l’identité de en milieu scolaire »… suivez mon clin d’œil. Conservateur à l’extérieur, progressiste à l’intérieur, et vice versa selon les moments : comme un blouson des années 80, Jean-Michel Blanquer est réversible, c’est le propre du « en même temps ».

Qu’Éric Zemmour ait été le premier à dénoncer cette circulaire (très) haut et (très) fort n’est pas étonnant. « Une idée bête enchante l’Occident : l’humanité, qui va mal, ira mieux sans frontières », écrivait Régis Debray, dans son Éloge des frontières (Gallimard), en 2010. Et, plus loin encore : « Un peuple, c’est une population, plus des contours et des conteurs. » Sans frontières, pas de contours, sans contours, pas d’identité. Et réduite à sa plus simple, sa plus naturelle, sa plus originelle expression, l’identité est celle que crie la sage-femme à votre mère quand vous venez au monde, dans ce lieu cisgenre par essence : la salle d’accouchement.

Cette fameuse circulaire stipule, notamment, que « l’établissement peut autoriser l’élève à occuper une chambre dans une partie de l’internat conforme à son identité de genre ». Aucune féministe pour s’en inquiéter ? Cohn-Bendit et ses comparses en rêvaient en 1968 ? Blanquer l’a fait : ouvrir les dortoirs de donzelles aux garçons… pourvu (encore fallait-il y penser) qu’ils se déclarent filles dans leurs têtes. Qui êtes-vous pour le contester ? Mais si, d’aventure, après s’être installés, ils se sentaient soudain plus virils au milieu de la nuit ?

Ce ne serait pas la première fois, ces derniers temps, que les femmes se feraient rouler. Il y a la question des transsexuels dans le sport – pourquoi donner aux épreuves féminines des barèmes différents si on les laisse se mesurer à des concurrents femmes dans leur tête mais hommes par leur corps ? Il y a aussi leur invisibilisation sémantique progressive avec, dernier épisode en date, outre-Manche, la triste prestation du leader travailliste Keir Starmer, mais aussi, plus inquiétante encore, de Boris Johnson, sommés de faire leur génuflexion devant le dogme woke, et d’affirmer que le col de l’utérus n’est pas le propre de la femme. On attend avec impatience le résultat du frottis de l’un et l’autre.

Mais nuire à la femme n’est pas si grave. Parce que dans le narratif victimaire conçu en abîme et rebaptisé intersectionnalité – une intersection a des priorités -, il y a toujours plus opprimé que soi. En matière de transidentité, la « cis », c’est-à-dire la femme biologique, est décrétée plus privilégiée que le « trans » et doit donc s’effacer. Et si, chassé par la porte en pantalon, le patriarcat revenait par la fenêtre en hauts talons ? Et si le féminisme, sans mauvais jeu de mots, se mordait la queue ?

Si, dans cette affaire, en somme – et cette fois, c’est le discours qui se mord la queue -, le très « misogyne » Éric Zemmour défendait la femme ?

Gabrielle Cluzel

 Ecrivain, journaliste
( 11 octobre, 2021 )

Là où planent force et silence

 

Editorial du numéro 206 (Octobre 2021) de POLITIQUE MAGAZINE

 

« Avec le départ d’Angela Merkel, le centre de gravité du couple franco-allemand s’est déplacé. Il siège désormais à l’Élysée. » J’ai frémi d’aise ; d’autant qu’on m’avait assuré en 2017 et en 2019, sur un mode interrogatif qui n’était qu’une gracieuseté rhétorique, que Macron était « le nouvel homme fort de l’Europe », ce qui a été en effet très sensible. Mais ce centre grave et fort est modeste. « Il n’y a pas de leadership, nuance-t-on dans l’entourage du chef de l’État. Ce dont l’Europe a besoin c’est de stabilité. Ce qui fait la force du couple franco-allemand, c’est sa force d’entraînement. » On a vu à quel point ça a bien marché ces dernières années et à quel point, sur toutes les questions militaires, industrielles, énergétiques et diplomatiques, l’Allemagne a collé sa roue à celle de la France. Cela fait quatre ans que Macron appelle de ses vœux une Europe de la défense, cela fait quatre ans qu’il échoue, spectaculairement, les Allemands n’ayant jamais soutenu les propositions françaises, quand elles ne les sabotaient pas. Mais le couple franco-allemand entraîne, l’Élysée le dit, les journalistes le répètent. C’est bien simple, Macron se sent si fort qu’il passe tout à Angela : « La chancelière hésite encore à réserver son dernier déplacement officiel à la France. Elle veut aussi aller voir le pape. Mais Emmanuel Macron ne lui en tiendra pas rigueur si elle décide de terminer par le Vatican plutôt que par l’Élysée. » On n’est pas plus aimable ; élégance de puissant. Macron a d’ailleurs prévu de prononcer un deuxième « discours de la Sorbonne », puisqu’on sait tous les heureux effets que le premier a eus sur la politique allemande et européenne. Nul doute que le futur chancelier lui accordera la même attention. C’est ainsi, la force inspire le respect.
Ce n’est pas Biden qui a eu droit à tant de gentillesse et d’intelligence généreusement prodiguées. On nous a même dit, le 22 septembre, que Macron était animé d’une colère froide à son encontre : « Emmanuel Macron ne s’est pas officiellement exprimé, après la rupture par l’Australie d’un contrat de fourniture de douze sous-marins français. Ce silence, qui traduit la colère froide du chef de l’État, ne retombe pas et il devrait durer » (francetvinfo.fr). Déjà, être capable de faire léviter un silence plusieurs jours, chapeau. Ensuite, se dire que Macron est dans un état de colère froide (qui est pourtant une passion triste ©M, ça doit lui faire mal), ça serre le cœur ; la dernière fois que ça lui était arrivé c’était quand Sylvie Goulard avait été jetée de la Commission européenne, malgré le soutien sans faille, bien sûr, d’Ursula von der Leyen, séduite, comme tous les Allemands, par l’homme fort de l’Europe (qui est entraînée par le couple franco-allemand). Alors Biden est allé à Canossa : il a appelé Macron ; le 22 septembre, justement (on avait dû lui passer l’article de francetvinfo.fr), prêt à subir la froide colère de l’homme fort qui fait planer ses silences aussi haut que les drones américains. Et on a vu ce qu’un homme fort obtient : « Les deux chefs d’État ont décidé de lancer un processus de consultations approfondies, visant à mettre en place les conditions garantissant la confiance et à proposer des mesures concrètes pour atteindre des objectifs communs. Ils se rencontreront en Europe à la fin du mois d’octobre pour parvenir à des points d’accord et conserver à ce processus tout son dynamisme » (communiqué officiel de l’Élysée). Ah ! Ça, c’est du concret ! Ça valait le coup de se taire une semaine. On a bien fait de renvoyer les ambassadeurs dans leurs ambassades, tout auréolés du prestige d’excuses si nettes et de gains si lourds.
Après avoir mis au pas Biden et avant de donner son onction au nouveau chancelier allemand, notre président a eu le temps de se pencher un peu au chevet de la France. Laissant d’autres silences planer là-haut, avec les aigles, il a prononcé le 27 septembre quelques bénignes paroles où son goût pour l’innovation numérique s’est allié à son sens du peuple : « Nous avons décidé que les pourboires payés par carte bleue seraient sans charge pour les employeurs et sans impôts pour les salariés qui les reçoivent ». Qui peut prétendre que la relance n’est pas en marche avec des mesures si populaires et énergiques ? Et c’est ainsi que Macron-le-Fort gouverne la France, l’Union européenne et le monde, faisant l’admiration des peuples et la fierté des Français.

Philippe MESNARD

( 11 octobre, 2021 )

Réflexions de Michel Michel à propos de la réponse d’Éric Zemmour à Emmanuel Macron sur l’identité française

 

Lu sur « Je Suis Français »

 

Très belle intervention. Mais il n’est pas tout-à-fait vrai qu’on n’assimile que des individus. La France est aussi une « famille de familles ». Alsaciens, Flamands, Bretons, Basques Corses et Kanaks peuvent être Français comme « Monsieur Brun qui parle pointu ».

C’est aussi une leçon de Maurras et des contrerévolutionnaires qu’il n’est pas nécessaire de renoncer à sa « petite Patrie » pour se conduire loyalement avec la France.

La moindre des choses aurait été qu’on fasse des Harkis une garde d’honneur comme les gardes républicains ou les Mameluks de Napoléon. Vis-à-vis des immigrés Nord-Africains, il faudrait accentuer la conscience de l’époque où leur pays était, avec Saint Augustin, un des joyaux de l’Empire romain. Voilà par exemple ce qui devrait être enseigné en Histoire… Mais la « laïcité » interdit de faire référence à St. Augustin.

Le drame des patriotes Jacobins, c’est qu’ils comprennent bien la fragilité de la fédération qui constitue la France ; en l’absence d’un puissant fédérateur le lien risque de se dissoudre.

En l’absence d’une monarchie héréditaire, la France « se défait sans Roi ». Alors on songe (peut-être est-ce même une nécessité de salut public) à faire la guerre à toutes les communautés, réduisant la nation à n’être qu’une masse d’individus déracinés.

Un fédérateur fort et continu permet la diversité et la transmission de son héritage propre qui constitue sa qualification d’homme. La république en France, c’est l’absence de ce fédérateur à qui dès lors est substitué l’idéologie, le caporalisme bureaucratique et l’anomie individualiste.

Eric Zemmour est excellent car il pose les questions de fond du politique ; mais puisqu’il se résigne à la république il est amené au ridicule de la « francisation des prénoms », c’est-à-dire qu’il faudrait sacrifier son héritage pour devenir Français.

C’est vrai que l’universalisme est le péché mignon de la France. Tous les peuples sont ethnocentriques, ils valorisent leur propre culture; mais la plupart sans vouloir l’imposer aux autres peuples.

L’Occident (les Hellènes les Romains et beaucoup plus les Français ) croit que ce qui est bien pour lui est bien pour les autres. (« les échanges sont enrichissants » disent les marchands). Cela date du temps ou les docteurs de la Sorbonne dictaient la doxa à l’ensemble de la Chrétienté ; et cela pouvait être légitime car « l’Eglise est la seule internationale qui compte »(Maurras).

Mais en dehors de cette catholicité, cet ethnocentrisme au carré vire forcément à Babel, c’est-à-dire au « mondialisme » antihumain. Et lorsqu’on veut imposer à la Hongrie ou à la Pologne, l’avortement comme valeur fondamentale de l’Union Européenne, cela devient odieux.

Allons Zemmour, encore un effort pour ne plus être républicain.

Michel MICHEL

Dernier ouvrage paru

LE RECOURS À LA TRADITION, La modernité : des idées chrétiennes devenues folles, de Michel Michel – Préface de Fabrice Hadjadj – 29 € – Pour commander, cliquez sur l’image. 

Réflexions de Michel Michel à propos de la réponse d’Éric Zemmour à Emmanuel Macron sur l’identité française dans actualités

( 9 octobre, 2021 )

Quand la médecine rejoint le politiquement correct

 

Lu sur « actionfrancaise.net »

 

Les (presque) deux années que nous venons de passer avec la COVID est un remarquable exemple en raccourci de ce que nous vivons en politique depuis quarante ans. : L’installation du politiquement correct ! Souvenez-vous l’arrivée de ce virus en France début 2020 : bien sûr ce fut la panique à tous les étages et l’arrivée des « experts »sur les plateaux télé. Macron leur laissa la main durant un temps et nous entendîmes les médecins s’écharper en lieu et place des politiques. Au moins il y avait un débat. Nous entendîmes Delfressy et Raoult, Salomon et Péronne, Hamon et Toussaint… Nous vîmes qu’ils ne s’aimaient pas.

Peu à peu certains furent définitivement écartés. Peu importe l’expertise ! Un néphrologue, un pédiatre, un urgentiste eurent toujours raison contre un virologue ou un immunologiste dès lors que le discours allait dans le bon sens. Émettre un doute, se poser des questions n’était plus acceptable. On attaqua alors ad hominem sans se soucier des arguments

Le Pr Malone, co-inventeur du vaccin ARN dans les années 80 est un bon exemple de ce phénomène. Il émet des réserves sur l’utilisation du vaccin ARN, nous insistons sur l’utilisation et non sur le vaccin. Nous pouvons admettre qu’il est bien placé  pour en parler. Peu importe : dès lors qu’il émet quelques réserves, il est blacklisté.

La presse s’intéresse plus désormais à douter qu’il soit co-inventeur ou à trouver les raisons pour lesquelles il s’interrogerait sur son vaccin sous-entendant qu’il y a forcément des raisons personnelles suspectes (la chose n’étant bien sûr jamais prononcée). Que dit le Professeur ? Il s’interroge sur le changement des normes scientifiques, imposées depuis des années, à l’occasion de cette maladie et sur le raccourcissement des essais cliniques. Il faut habituellement 2 à 3 ans d’études sur les animaux pour vérifier qu’il n’y a pas de possibilité de maladies auto immunes. Il répète que les vaccins sauvent des vies mais il dit aussi que compte-tenu du non respect des protocoles de recherche habituels, il ne faut pas faire de vaccination de masse, selon le principe du bénéfice/risque, privilégier les personnes âgées et les personnes à risque et qu’il ne faut surtout pas vacciner les enfants.

La doxa est depuis le début de l’année : « Faites-vous vacciner, vous serez sauvés et vous sauverez les autres ». Aller contre cette injonction vous place irrémédiablement dans le camp du mal. Malheureusement l’émergence du variant Delta a percuté le discours rassurant des agences de santé : L’exemple le plus frappant est celui d’Israël qui en juin avait vaincu l’épidémie et qui en juillet voyait sa courbe de cas exploser…

Son gouvernement a rendu la 3e dose obligatoire mais sur quelles données ? Il n’y en a pas. La population israélienne est donc devenue cobaye dans son ensemble.

A noter que pendant ce temps les pays en voie de développement  n’ont pas la première dose au grand dam de l’OMS.  Mais où sont les défenseurs de la planète ? Où sont passés les diffuseurs de moraline ?

Que vaut l’argument « faites-vous tous vacciner en Europe dans un monde totalement ouvert qui lui n’est pas vacciné » ? De plus,  nous savons maintenant que la non-transmission du virus après vaccination est un leurre ; les scientifiques oscillent entre 40 et 60 % du taux de transmission… Le bon sens aurait donc dû conduire les politiques publiques à vacciner prioritairement les personnes à risque dans le monde entier ; car le but de la vaccination est de protéger les personnes malades qui risquent leur vie !

Il y a encore six mois, la presse se faisait l’écho de scientifiques disant que l’immunité due au vaccin était supérieure à l’immunité naturelle. Aujourd’hui il semble bien que cette affirmation fut également fausse : Des études israéliennes mais aussi canadiennes montrent que l’immunité naturelle est plus forte et plus durable notamment en raison des fameuses cellules mémoire et des défenses situées au niveau des muqueuses nasales entre autres, contrairement aux vaccins agissant sur la seule protéine Spike et par voie musculaire… La multiplication des rappels n’a pas forcément d’effets linéaires selon les vaccins. Les réponses immunitaires peuvent même diminuer. Nous ne connaissons pas encore les effets d’une troisième dose !

La politique de vaccination universelle inquiète à juste titre de nombreux virologues de par le monde car ils savent qu’il y a des possibilités de « virus d’échappement », le virus mutant en permanence afin de trouver son meilleur terrain de reproduction. Grâce à Dieu, il diminue, le plus souvent, sa virulence…

Compte-tenu de toutes ces incertitudes, nous pouvons nous interroger sur les raisons pour lesquelles les politiques publiques en particulier occidentales se sont polarisées sur la recherche de l’immunité vaccinale collective et non sur la protection des personnes à risque au point de faire sauter le verrou du consentement éclairé nécessaire pour tout acte médical ou chirurgical.

En France, nous avons en plus subi depuis des mois des mensonges, des décisions contradictoires, des annonces catastrophistes sans suite. Madame  Bouadma (réanimatrice !) du conseil scientifique nous annonçait encore fin août 50000 cas par jour à la rentrée scolaire… nous avons appris récemment que plus de 5000 lits avaient été fermés en France. En raison du manque de sérieux de la parole publique, de son manque de prudence, les réseaux sociaux s’emparent de toutes les thèses les plus farfelues. Mais qui peu dire que dans le concours des farfelus les meilleurs se trouvent sur ces réseaux : Chacun se souvient de déclarations de Madame Buzin ou de Madame Sibeth Ndiaye…

Les querelles des scientifiques peuvent être terribles ; elles ne sont pas nouvelles : Nous nous souvenons de Pasteur face à l’Académie à propos du vaccin justement… Nous pouvions espérer que cela se passerais mieux aujourd’hui ; mais la peur est mauvaise conseillère et les luttes de pouvoir sont le propre de l’Homme… Par quelle processus intellectuel l’autorité politico-administrative nous somme alors de « croire les scientifiques » qui tentent eux même de leur propre aveu, de comprendre un nouveau virus ? Sont-ils devenus les nouveaux prêtres de la religion sanitaire ?

Le « politiquement  correct » scientifique s’est bien installé mais jusqu’à quand ? Il semble que la campagne des présidentielles qui s’ouvre vienne à rebatte les cartes. Gageons que les gourous de la pensée unique qui règnent depuis quarante ans commencent à s’interroger sur leurs pratiques. Mais après le vaste chaos, produit par la conjointe activité des experts et des pouvoirs publics, il faudra faire les comptes, et peut-être que tout le monde n’a pas été perdant durant cette « providentielle » pandémie.

Hildegarde
( 9 octobre, 2021 )

Présidentielle ? Plutôt le Roi !!

 

 

 

La campagne présidentielle, ses promesses et ses illusions, ne doivent pas nous écarter de la question essentielle : Quelles sont les institutions politiques les plus capables de préserver notre aujourd’hui et de préparer notre lendemain, et de protéger, de façon pérenne et efficace, ce que nous sommes, en tant que Français, dans notre diversité et en maintenant l’unité française nécessaire à l’harmonie sociale ?
La réponse que nous donne l’histoire, cet immense laboratoire des expériences politiques et sociales, est claire, si l’on suit Jacques Bainville, Georges Bernanos et tant d’autres : la Monarchie royale, fédérative et sociale !!
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